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"Centième anniversaire de la naissance de Primo Lévi écrivain mémorialiste italien, survivant de l’extermination systématique ou génocide de très nombreux Juifs par l’Allemagne nazie (Shoah) - Avec un récit de trois survivantes du camp d’Auschwitz" par Jacques Hallard

lundi 5 août 2019, par Hallard Jacques



ISIAS Monde juif et judaïsme

Centième anniversaire de la naissance de Primo Lévi écrivain mémorialiste italien, survivant de l’extermination systématique ou génocide de très nombreux Juifs par l’Allemagne nazie (Shoah) - Avec un récit de trois survivantes du camp d’Auschwitz

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 04/08/2019

Série « Divers aspects du monde juif et du judaïsme »

Partie 1 : ’Découverte de l’identité juive, de l’état d’Israël et d’une possibilité de paix au Proche-Orient en évoquant les fils d’Abraham : Ismaël et Isaac, d’après Gérard Haddad’ par Jacques Hallard : mercredi 31 juillet 2019

Partie 2  : Centième anniversaire de la naissance de Primo Lévi, écrivain mémorialiste italien, survivant de l’extermination systématique ou génocide de très nombreux Juifs par l’Allemagne nazie (Shoah)

PLAN : {{}}Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Contribution mémorielle et à usage didactique à l’occasion de 100ème anniversaire de la naissance de Primo Lévi : réunion de documents sur la Shoah, rappel de l’œuvre cinématographique de Claude Lanzmann, la personnalité de Primo Lévy et le récit de trois survivantes du camp d’Auschwitz.

Accès à deux vidéos sur l’Histoire de ce sinistre lieu :

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Sommaire

1. Rappel de l’Histoire de laShoah (génocide juif) selon Wikipédia

2. ’Shoah’ de Lanzmann : les 10 heures qui ont changé la compréhension du génocide des juifs - FRANCE 24 – Vidéo 2:06 ajoutée le 6 juillet 2018

3. Accès à d’autres vidéos sur ce sujet

4. La personnalité dePrimo Levi d’après Wikipédia

5. 100ème anniversaire de la naissance de Primo LEVI

6. Le centenaire de Primo Levi – Enregistrement de France Culture 6 minutes -31/07/2019

7. Poème : ‘Si c’est un homme’ {}

8. Récit de trois survivantes d’Auschwitz Par Nadine Wojakovski 02/08/2019, 12:59 – Document ‘fr.timesofisrael’

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1.
Rappel de l’Histoire de la Shoah (génocide juif) selon Wikipédia

 Cette page contient des caractères hébreux. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur. Cet article possède des paronymes, voir Choa et Shoa. Pour l’article homonyme, voir Shoah (film). « Solution finale » redirige ici. Pour le roman, voir La Solution finale. Photo d’époque Selektion à Auschwitz-Birkenau en mai 1944.

Date 1941 - 1945
Lieu Allemagne nazie et Europe sous domination nazie
Victimes Juifs européens
Type Shoah par balles, chambre à gaz, travaux forcés, malnutrition
Morts environ 6 millions
Auteurs Troisième Reich
Ordonné par Adolf Hitler
Motif La Destruction des Juifs d’Europe, antisémitisme
Participants Wehrmacht, Schutzstaffel
Guerre Seconde Guerre mondiale
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Consultez la documentation du modèle

Photo d’époque  : Insurrection du ghetto de Varsovie, avril-mai 1943. Photo extraite du rapport de mai 1943 de Jürgen Stroop à Himmler. Légende originale en allemand : « Poussés hors de leurs trous ». Certaines des personnes visibles sur cette photo ont été identifiées :
– le petit garçon au premier plan est peut-être Artur Dab Siemiatek, Levi Zelinwarger (près de sa mère Chana Zelinwarger) ou Tsvi Nussbaum ;
– Hanka Lamet, la petite fille à gauche ;
– Matylda Lamet Goldfinger, la mère de Hanka, deuxième en partant de la gauche ;
– Leo Kartuziński, en arrière-plan avec un sac blanc sur l’épaule ;
– Golda Stavarowski, la première femme à droite, au fond, qui ne lève qu’une main ;
Josef Blösche, le SS avec un pistolet-mitraileur à droite, exécuté en 1969.

La Shoah (hébreu : שואה, « catastrophe ») est l’extermination systématique par l’Allemagne nazie d’entre cinq et six millions de Juifs, soit les deux tiers1,a des Juifs d’Europeb et environ 40 % des Juifs du monde3, pendant la Seconde Guerre mondialec,d. On utilise aussi les termes d’« Holocauste », de « génocide juif » ou « génocide nazi », voire « Génocide » tout court6, de « judéocide » ou encore de « destruction des Juifs d’Europe » (Raul Hilberg), des débats opposant historiens et linguistes sur le terme adéquat.

Les Juifs, désignés par les nazis comme leurs « ennemis irréductibles » et assimilés par leur idéologie à une race inférieure, furent affamés jusqu’à la mort dans les ghettos de Pologne et d’Union soviétique occupée, ou assassinés par l’emploi des méthodes suivantes : fusillades massives des Einsatzgruppen sur le front de l’Est — connues sous l’appellation « Shoah par balles » — ; travail forcé et sous-alimentation dans les camps de concentration ; gazage dans les « camions à gaz » ou dans les chambres à gaz des camps d’extermination. Dans ce dernier cas, les corps, privés de sépulture, étaient éliminés par l’usage intensif des fours crématoires, et la dispersion des cendres. Cet aspect de la Shoah en fait le seul génocide industrialisé de l’Histoire. L’horreur de ce « crime de masse »e a conduit, après-guerre, à l’élaboration des notions juridiques de « crime contre l’humanité » et de « génocide »f. Ces crimes ont été jugés imprescriptibles par la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, adoptée par les Nations unies en 1968 et ces notions ont été utilisées postérieurement dans d’autres contextes (génocide arménien, génocide des Tutsi, génocide de Srebrenica, etc.) Le droit international humanitaire a également été enrichi avec l’adoption des Conventions de Genève de 1949, qui protègent la population civile en temps de guerre. Les précédentes conventions de Genève (de 1929), en vigueur durant la Seconde Guerre mondiale, concernaient uniquement les combattants blessés, malades ou faits prisonniers.

L’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale se distingue par son caractère industriel, bureaucratique et systématique qui rend l’action génocidaire nazie unique dans l’histoire de l’humanitég. Paroxysme d’antisémitisme, ce génocide a voulu éliminer une population qui ne représentait aucune menace militaire ou politique, sinon dans l’imagination des bourreaux8. Les femmes, les enfants (y compris les nouveau-nés) et les vieillards furent tout aussi systématiquement traqués et voués à la mort de masse que les hommes adultes. En particulier, 1 500 000 enfants furent victimes de l’anéantissement9. L’extermination physique des Juifs fut aussi précédée ou accompagnée de leur spoliation systématique (aryanisation) et de la destruction d’une part considérable de leur patrimoine culturel et religieux.

Perpétré sur l’ordre d’Adolf Hitler, le crime a principalement été mis en œuvre par la SS et le RSHA dirigés par Heinrich Himmler, ainsi que par une partie de la Wehrmacht, et par de nombreux experts et bureaucrates du IIIe Reich10. Il a bénéficié de complicités individuelles et collectives dans toute l’Europe, notamment au sein des mouvements collaborationnistes d’inspiration fasciste ou nazie, et de la part de gouvernements ou d’administrations ayant fait le choix de la collaboration d’État. L’ignorance du début puis les passivités indifférentes ou lâches de beaucoup ont aussi permis son accomplissement. Au contraire, de nombreux anonymes, souvent au péril de leur vie, se sont dévoués pour sauver des persécutés. Certains d’entre eux reçurent après-guerre le titre honorifique de « Juste parmi les nations ».

Le Troisième Reich a aussi exterminé en masse les handicapés mentaux : leur gazage massif lors de l’Aktion T4 a précédé et préfiguré celui des Juifs d’Europe. Les Roms sont eux aussi victimes d’un génocide connu sous le nom de Porajmos. Les populations civiles slaves notamment polonaises et soviétiques connaissent des pertes importantes causées par des crimes de guerre et des massacres. Mais seul le génocide des Juifs a été conduit de façon systématique et avec acharnement, jusqu’aux derniers jours des camps en 1945.

La Shoah constitue l’un des événements les plus marquants et les plus étudiés de l’histoire contemporaine. Son impact moral, historique, culturel et religieux a été immense et universel, surtout depuis sa redécouverte à partir des années 1960-1970. À côté de l’investigation historique, la littérature de la Shoah offre quelques pistes aux nombreuses interrogations posées à la conscience humaine par la nature et l’horreur exceptionnelles du génocide.

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2.
’Shoah’ de Lanzmann : les 10 heures qui ont changé la compréhension du génocide des juifs - FRANCE 24 – Vidéo 2:06 ajoutée le 6 juillet 2018

Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : http://f24.my/youtube En DIRECT - Suivez FRANCE 24 ici : http://f24.my/YTliveFR Claude Lanzmann, décédé jeudi, reste associé à ’Shoah’, sorti en 1985. Ces 10 heures de témoignages ont permis au grand public de mieux comprendre la nature profonde du processus d’extermination des juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Notre site : http://www.france24.com/fr/ Rejoignez nous sur Facebook : https://www.facebook.com/FRANCE24.videos Suivez nous sur Twitter : https://twitter.com/F24videos - Catégorie : Actualités et politique - À suivre

Source : https://www.youtube.com/watch?v=nKjvklVke0E

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3.
Accès à d’autres vidéos sur ce sujet

Rafle du Vél d’Hiv :’ Ma mère m’a giflé pour me forcer à m’enfuir’L’Express

Claude Lanzmann retrace la vie terrifiante dans les camps d’exterminationIna Culture

AUSCHWITZ raconté par trois déportés #DISCOVERDIMITRY

Survivants d’Auschwitz : libérés mais pas libreseuronews (en français)

War and Remembrance - ’Selection’ Scene at Auschwitz-BirkenauNyJazzGuit

Simone VEIL témoigne des camps (2005)Nicolas Mouton

Témoignage : ’je n’étais pas inquiète’ d’aller à AuschwitzAFP

Témoignage de Simon Ferleger, rescapé de la ShoahMémorial de la Shoah

’C’est après ’Shoah’ de Claude Lanzmann que j’ai raconté’ : Ma rencontre avec Nicolas RothLeHuffPost

Claude Lanzmann : victimes et bourreaux réunis dans ’Shoah’Ina Culture

L’horreur des médecins nazis, un documentaire de Michel CymesBrut 46 k vues

Claude Lanzmann, pourquoi Shoah - Toute l’HistoireToute l’Histoire

Témoignage de Milo Adoner, dans les Sheissekommando de BirkenauMémorial de la Shoah

Le Travail forcé dans les camps nazis - Archive INAIna Histoire

L’histoire des Juifs cachés au zoo de Varsovie portée à l’écranAFP

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4.
La personnalité de Primo Levi d’après Wikipédia

Photo  : Primo Levi dans les années 1950

Primo Levi, né le 31 juillet 1919 à Turin et mort le 11 avril 1987 à Turin, est un écrivain et docteur en chimie italien rendu célèbre par son livre Si c’est un homme, dans lequel il relate son emprisonnement au cours de l’année 1944 dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Monowitz.

Juif italien de naissance, chimiste de profession et de vocation, il entre tardivement dans une carrière d’écrivain orientée par l’analyse scientifique de cette expérience de survivantde la Shoah, dans le but de montrer, retranscrire, transmettre, expliciter. Il est l’auteur d’histoires courtes, de poèmes et de romans.

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5.
100ème anniversaire de la naissance de Primo LEVI

100ème anniversaire naissance de Primo LEVI

Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons,

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis :

Considérez si c’est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connaît pas de repos

Qui se bat pour un quignon de pain,

Qui meurt pour un oui ou pour un non.

Considérez si c’est une femme,

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu’à la force de se souvenir,

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hiver.

N’oubliez pas que cela fut :

Non, ne l’oubliez pas.

Gravez ces mots dans votre cœur

Pensez-y chez vous dans la rue,

En vous couchant, en vous levant.

Répétez-les à vos enfants.

Ou que votre maison s’écroule,

Que la maladie vous accable,

Que vos enfants se détournent de vous.

Primo Levi 1947

Se questo è un uomo

Voi che vivete sicuri
nelle vostre tiepide case,
voi che trovate tornando a sera
il cibo caldo e visi amici :
Considerate se questo è un uomo
che lavora nel fango
che non conosce pace
che lotta per mezzo pane
che muore per un si o per un no.
Considerate se questa è una donna,
senza capelli e senza nome
senza più forza di ricordare
vuoti gli occhi e freddo il grembo
come una rana d’inverno.
Meditate che questo è stato :
vi comando queste parole.
Scolpitele nel vostro cuore
stando in casa andando per via,
coricandovi, alzandovi.
Ripetetele ai vostri figli.
O vi si sfaccia la casa,
la malattia vi impedisca,
i vostri nati torcano il viso da voi.

Primo Levi 1947

Origine : Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN A.P.F.D.H 9 rue Pinel, 75013 PARIS – France

Note importante si vous consultez ce mail sur votre mobile : la gestion de votre abonnement à notre liste de diffusion ne peut se faire qu’à partir d’un ordinateur de bureau ou d’un ordinateur portable.

Source : https://www.droithumain-france.org/100eme-

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6.
Le centenaire de Primo Levi – Enregistrement de France Culture 6 minutes - 31/07/2019 – Dans le cadre des
Actualités
Le Journal de la culturepar Natacha Triou du lundi au vendredi de 8h30 à 8h35.

Au menu de ce journal : un mercredi très cinéma, des marionnettes pour publics avertis, le décès de l’homme de théâtre Jacques Nichet, et le centenaire de la naissance d’un témoin majeur.

Photo - Primo Levi • Crédits : MARCELLO MENCARINI / Leemage - AFP

Commémorer Primo Levi

On commémore aujourd’hui le centenaire de l’écrivain Primo Levi, prisonnier numéro 174 517 à Auschwitz. Né le 31 juillet 1919, l’Italien met fin à ses jours le 11 avril 1987. Par nécessité de témoignage, il devient écrivain et publie l’œuvre majeure Si c’est un homme en 1947, suivi d’une douzaine d’ouvrages sur l’horreur des camps. Primo Levi est l’un des premiers à mettre en œuvre un devoir de mémoire, l’un des premiers aussi à lutter contre l’oubli et contre le négationnisme de la Shoah. 

À lire aussi : Primo Levi et l’expérience concentrationnaire : du témoignage à la désillusion

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-culture/journal-de-la-culture-emission-du-mercredi-31-juillet-2019

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7.
Poème : ‘Si c’est un homme’ Reproduction - Poème Shema sur une plaque commémorative posée sur la façade de l’hôtel de ville de Livourne le 27 janvier 2014 en hommage aux victimes de la Shoah, qui a donné son titre au livre et dont voici la traduction : « Vous qui vivez en toute quiétude Bien au chaud dans vos maisons, Vous qui trouvez le soir en rentrant La table mise et des visages amis, Considérez si c’est un homme Que celui qui peine dans la boue, Qui ne connaît pas de repos, Qui se bat pour un quignon de pain, Qui meurt pour un oui pour un non. Considérez si c’est une femme Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux Et jusqu’à la force de se souvenir, Les yeux vides et le sein froid Comme une grenouille en hiver. N’oubliez pas que cela fut, Non, ne l’oubliez pas : Gravez ces mots dans votre cœur. Pensez-y chez vous, dans la rue, En vous couchant, en vous levant Répétez-les à vos enfants. Ou que votre maison s’écroule, Que la maladie vous accable, Que vos enfants se détournent de vous. Turin, janvier 1947, Primo Levi » Traductrice : Martine Schruoffeneger

Ouvrage : Si c’est un homme (italien : Se questo è un uomo) est un témoignage autobiographique de Primo Levi sur sa survie dans le camp d’extermination nazi d’Auschwitz, où il est détenu de février 1944 à la libération du camp, le 27 janvier 1945.

Chimiste juif italien, il est arrêté en tant que membre de la résistance italienne au fascisme et déporté à Auschwitz en raison de la politique raciale nazie. Ayant survécu au processus de Selektion, il est transféré au camp auxiliaire de Monowitz-Buna et affecté au kommando de chimie de la Buna Werke, une filiale d’IG Farben chargée de produire un ersatz de caoutchouc pour soutenir l’effort de guerre allemand.

Article complet avec notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_c%27est_un_homme

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8.
Récit de trois survivantes d’Auschwitz Par Nadine Wojakovski 02/08/2019, 12:59 – Document ‘fr.timesofisrael’

Leur mission de témoignage sur l’horreur subie sous le nazisme ne s’est pas atténuée à l’approche des 90 ans du trio - s’exprimer est même plus important que jamais

Diaporama : légendes des différentes illustrations

Eva Schloss, (au centre), écoute Charlene Metoyer, membre du conseil d’administration du Newport-Mesa Unified School District lors d’une conférence de presse le jeudi 7 mars 2019 à Newport Beach, en Californie. Mme Schloss a rencontré des lycéens du sud de la Californie qui ont été photographiés en train de faire un salut nazi autour d’une croix gammée formée par des gobelets dans une soirée. Mme Schloss précise que les élèves se sont excusés pour leur comportement et qu’ils n’ont pas réalisé ce que cela signifiait vraiment. (AP Photo/Jae C. Hong)

Une photo de la survivante d’Auschwitz, Dita Kraus, enfant, portant une étoile jaune. (Autorisation)

La survivante d’Auschwitz Bobby Neumann, numéro A-5792. (Crédit : Daniel Morris Photography)

Bobby Neumann, (entourée), à l’âge de 15 ans, lors de son deuxième jour à Auschwitz, une image prise par un photographe nazi découverte dans un album après la guerre. Publié dans ’l’Album d’Auschwitz Album’ par Yad Vashem (Autorisation)

Dita Kraus, survivante d’Auschwitz, numéro 73305, chez elle à Netanya. (Autorisation)

LONDRES — Les tatouages encore visibles sur les poignets de ces trois femmes — les numéros A-5272, A-5792, 73305 — peuvent bien s’effacer petit à petit : leurs souvenirs de la Shoah sont, eux, toujours aussi vifs. Alors que ce trio de survivantes d’Auschwitz deviendront nonagénaires cette année, elles continuent à partager sans relâche leurs récits de tragédie, de traumatisme et d’espoir.

Photo - Eva Schloss, le numéro A-5272, est devenue une autrice publiée et n’a cessé d’intervenir auprès de différents publics. Bobby Neumann – A-5792 – a conservé le silence pendant 50 ans, mais elle s’attaque aujourd’hui, pleine de défi, aux négationnistes. Egalement connue comme la « bibliothécaire d’Auschwitz », Dita Kraus — le numéro 73305 — est devenue kibbutznik en Israël, et son histoire a été racontée dans un livre qu’elle a elle-même rédigé.

A Auschwitz, l’une d’entre elles se cramponnait à l’espoir, tandis que chaque nuit, une autre repoussait son suicide pour encore vingt-quatre heures. Après la libération, toutes les trois devaient devenir des matriarches dans les nouvelles branches de leurs arbres généalogiques soudainement violemment amputés.

Et alors qu’elles fêtent cette année leur 90e anniversaire, toutes les trois considèrent encore leur mission de témoigner factuellement des horreurs qu’elles ont subies sous le joug des nazis comme déterminante. C’est le cas en particulier pour Eva Schloss, qui estime que parler est devenu encore plus nécessaire aujourd’hui qu’auparavant.

Lorsque le Times of Israel s’est entretenu récemment avec cette survivante d’Auschwitz, elle rentrait tout juste à Londres après une tournée de six semaines aux États-Unis.

Celle qui a fêté ses 90 printemps le 11 mai dernier est connue pour être la demi-sœur posthume d’Anne Frank – sa mère, Fritzi, a épousé le père d’Anne, Otto Frank, après la Seconde Guerre mondiale.

Alors qu’elle se rendait récemment dans des auditoriums bondés pour raconter l’histoire de sa survie, elle s’est retrouvée à transmettre son message de tolérance du haut d’une tribune inattendue. Au moment où elle se trouvait en Californie, des lycéens avaient fait les gros titres dans le monde, car il s’était pris en photo en train de faire le salut nazi au-dessus d’une croix gammée formée par des gobelets rouges utilisés pour un jeu à boire. Les images antisémites, l’une accompagnée de la légende « la race des maîtres », étaient devenues virales.

Photo - Eva Schloss, (au centre), écoute Charlene Metoyer, membre du conseil d’administration du Newport-Mesa Unified School District lors d’une conférence de presse le jeudi 7 mars 2019 à Newport Beach, en Californie. Mme Schloss a rencontré des lycéens du sud de la Californie qui ont été photographiés en train de faire un salut nazi autour d’une croix gammée formée par des gobelets dans une soirée. Mme Schloss précise que les élèves se sont excusés pour leur comportement et qu’ils n’ont pas réalisé ce que cela signifiait vraiment. (AP Photo/Jae C. Hong)

Mme Schloss a alors été sollicitée pour se rendre dans l’école privée accueillant ces élèves et pour parler aux adolescents en question ainsi qu’à leurs parents.

Autrice de trois livres sur ce qu’elle a vécu pendant la guerre, elle a découvert que les jeunes impliqués dans les photos n’avaient pas étudié la Shoah à l’école. Elle a réprimandé les parents en leur disant que « vous ne pouvez pas seulement compter sur l’école : c’est votre devoir de dire à vos enfants ce qu’il se passe dans le monde, de leur parler des préjugés ».

Les élèves, âgés de 16 ans, ont été « très émus » quand elle leur a dit qu’elle avait leur âge lorsqu’elle avait perdu son père, son frère aîné et un grand nombre de ses camarades de classe, raconte-t-elle.

« Je voulais vraiment savoir quelle était leur motivation », dit-elle au Times of Israel. « Ils ne m’ont pas réellement apporté de réponse. Mais j’ai pu leur raconter mon histoire ».

Les histoires de ces trois femmes – qui incarnent encore aujourd’hui la définition de la résilience – vous sont présentées ci-dessous.

Eva Schloss a été tatouée deux fois

Eva Schloss, née Geiringer, voit le jour à Vienne, le 11 mai 1929. Peu après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, en 1938, sa famille émigre en Belgique, s’installant finalement aux Pays-Bas. Elle habite le même immeuble d’Amsterdam qu’Anne Frank. Nées à un mois d’écart, les petites filles jouaient parfois ensemble près de chez elles.

A LIRE : « Ma tante a pu trahir Anne Frank » écrit le fils de la Juste de l’Annexe secrète

En 1942, les deux fillettes commencent leur vie dans la clandestinité. Mais au mois de mai 1944, la famille Geiringer est capturée par les nazis après avoir été trahie. La famille est alors transportée au camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau.

Photo d’archive  : Anne Frank. (Crédit : Flickr Commons)

A son arrivée, elle est tatouée du numéro A-5222, mais le jour suivant, tous ceux qui relevaient de ce convoi sont tatoués à nouveau. Elle porte alors le numéro A-5272 – le chiffre sept incisé dans le chiffre deux. La mère et la fille ont ensuite eu la « chance » de travailler toutes les deux dans le bloc connu sous le nom de « Canada », où les effets personnels des détenus assassinés étaient triés et où les conditions de vie étaient légèrement meilleures.

C’est l’espoir qui l’a maintenue en vie, explique la rescapée. Elle n’a cessé d’espérer qu’elle serait libérée un jour et que la vie reprendrait son cours, comme avant. Elle et sa mère seront libérées par les troupes soviétiques en 1945. Elles retournent alors à Amsterdam en passant par Odessa, Istanbul et Marseille.

Elle était très proche de son frère aîné, Heinz, assassiné à l’âge de 17 ans.

« Jamais je ne pourrais pardonner aux nazis d’avoir assassiné une personnalité si merveilleuse, si talentueuse, un génie dans la musique, la peinture et la poésie », assure-t-elle.

C’est Otto Frank qui l’aidera à aller de l’avant après la guerre.

« Otto n’avait aucune haine », explique Mme Schloss. « Il disait : ‘Si tu vis avec cette haine, tu seras extrêmement malheureuse dans ton existence. Tu es jeune et tu peux vivre une belle vie’. »

Puis, à l’âge de 21 ans, elle rencontre son époux, Zvi Schloss, alors qu’elle étudie la photographie à Londres. Le couple s’établira définitivement dans la ville.

Elle nourrit une inquiétude particulière face à l’intolérance qui existe aujourd’hui dans toutes les religions et partout dans le monde.

Photo d’archive  : Depuis la droite : Otto Frank, avec la mère d’Eva Schloss, sa fille et sa grand-mère (Autorisation)

« A Pittsburgh, des Juifs ont été attaqués dans une synagogue. En Nouvelle-Zélande, on s’en est pris aux musulmans et au Sri Lanka aux chrétiens », déplore-t-elle.

« Je ne pense pas qu’il y ait eu, dans l’histoire, des précédents d’une haine si grande contre ceux qui appartiennent à d’autres confessions. Au lieu d’aller de l’avant, nous régressons. Nous devons nous attaquer à ce problème dans sa globalité. Nous devons avoir un enseignement religieux approprié. Il n’est pas acceptable que des fidèles qui se trouvent dans leur lieu de culte soient assassinés », commente-t-elle.

Concernant l’antisémitisme, elle reconnaît qu’il a toujours existé. Elle ne pense pas que la haine anti-juive puisse jamais entièrement disparaître.

« Tant que l’antisémitisme s’exprimera en paroles et non en attaques, tant qu’il ne viendra pas du gouvernement, nous devrons vivre avec. Mais si la situation économique empire, on désignera toujours un épouvantail, et ce sera toujours le Juif », pense-t-elle.

Bobby Neumann : seule survivante de toute une famille

Au mois de janvier 1945, au terme de la marche de la mort entre Auschwitz et Neustadt-Glewe, le corps inconscient et affaibli par le typhus de Bobby Neumann, alors âgée de 15 ans, est posé au sommet d’une pile de cadavres. Elle a glissé, bloquant le chemin d’un médecin de l’armée russe – lui-même juif. Il sent son pouls – faible – et réalisé qu’elle est encore en vie.

Son esclavage de neuf mois, dans l’enceinte d’Auschwitz, vient de prendre fin. Mais avec la liberté vient la brutale réalité : Bobby Neumann, née Eva Birnbaum, est la seule survivante de sa famille.

Neumann est née le 8 mars 1929 à Solyva, dans les montagnes des Carpates, à la frontière entre la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Elle raconte avoir eu une enfance heureuse pendant ses 14 premières années aux côtés de ses parents et de deux frères cadets. Jusqu’à la fin de l’année 1943, les Juifs vivaient côte à côte avec leurs voisins non-Juifs – dont un grand nombre parlait même le yiddish.

Mais tout change au lendemain de Pessah 1944, les soldats hongrois et SS rassemblent les Juifs de Solyva.

« Ils se sont montrés d’une extrême brutalité. Nous avons disposé d’une demi-heure pour prendre une unique valise », se rappelle Bobby Neumann.

Les Juifs sont ensuite emmenés à Munkac, une ville avoisinante, où ils rejoignent les Juifs du reste du secteur dans l’enceinte d’une synagogue. Ils sont ensuite envoyés dans une usine de fabrication de briques.

Photo d’archive - Bobby Neumann, (entourée), à l’âge de 15 ans, lors de son deuxième jour à Auschwitz, une image prise par un photographe nazi découverte dans un album après la guerre. Publié dans « l’Album d’Auschwitz Album » par Yad Vashem (Autorisation)

Trois semaines plus tard, ils sont entassés dans les wagons à bestiaux tristement célèbres, où le temps n’existe plus : « Seulement les sanglots des enfants, le silence, l’incrédulité », raconte-t-elle.

Quelques jours plus tard, ils arrivent dans un lieu dont elle n’avait jamais entendu parler : Auschwitz. Un nombre record de Juifs arrivait jour et nuit dans le cadre du projet génocidaire nazi.

« Nous sommes arrivés dans le noir complet et nous avons vu des cheminées qui fumaient », se rappelle Bobby Neumann. Très rapidement, sa mère et ses deux jeunes frères, Shmuel et Yitzchak Isaac, sont conduits dans les chambres à gaz.

Dans ce chaos, elle aperçoit soudainement son père qui la bénit : « Continue à avancer. Tu dois continuer à avancer. Prends soin de toi et souviens-toi que tu es juive. Hashem [Dieu] te viendra en aide ».

Et en effet, dans les moments les plus durs, elle reconnaît que ces paroles l’ont aidée à ne jamais s’arrêter.

Comme Eva Schloss, elle travaille dans l’entrepôt « Canada », où elle trie les effets personnels des victimes. Elle doit tenir entre ses mains, le cœur brisé, les objets appartenant à sa mère – notamment la natte tressée de Bobby que sa mère avait coupée quand elle était plus jeune et soigneusement conservée. Elle travaille ensuite aux abords du crématorium, où elle croise sa grand-mère et lui parle une dernière fois avant que cette dernière ne pénètre dans le chambre à gaz.

La jeune fille risque sa vie en volant du pain pour ses camarades d’infortune, se faisant régulièrement battre pour cela. Des coups qui ne parviennent pas à l’extraire de son apathie.

Photo d’illustration : Sur cette photo non-datée, des prisonniers se tiennent derrière la clôture électrique du camp de concentration de Dachau, en Allemagne, saluant l’arrivée des Américains (Crédit : AP/File)

« Au contraire », raconte-t-elle. « Chaque nuit, nous allions nous coucher et nous parlions d’aller toucher la clôture électrique. C’était le seul moyen de sortir. Mais quand il fallait le faire, nous disions toujours : ‘Demain’. »

La reconstruction de sa vie, après la guerre, sera plus douloureuse, à plusieurs égards, que les horreurs qu’elle a subies. Après la libération, Neumann passe les trois premières années à Budapest, chez un cousin qui l’avait aidée à se rétablir physiquement. Mais le sentiment immense de langueur, de perte et de confusion perdure.

En 1950, elle rencontre Leopald Neumann, qu’elle épouse. Le couple s’installe à Manchester, au Royaume-Uni, une ville où ils élèveront également leurs cinq enfants et où elle vit encore.

Au lieu de rester dans le passé, elle lutte pour construire une famille et se créer une nouvelle existence, épousant les mêmes traditions orthodoxes « qui étaient si chères » à ses parents. Elle est aujourd’hui la mère, la grand-mère et l’arrière grand-mère fière et heureuse d’environ 100 descendants.

Photo - La famille de Bobby Neumann, survivante d’Auschwitz. (Crédit : Daniel Morris Photography)

Il lui a fallu plus de 60 ans pour raconter enfin son histoire. Elle ne la cachait pas, affirme-t-elle, mais elle se protégeait.

« Mon histoire et l’histoire de la Shoah sont terriblement effroyables. Mais si je l’avais partagée et qu’on ne m’avait pas crue, cela m’aurait fait mal », explique-t-elle.

Mais elle note que la culture a changé. « Les documentaires, les films, les livres ont tous démontré que l’impensable était réellement arrivé. Mes enfants sont grands, ils ont leur propre famille. Peut-être n’ont-ils jamais été trop vulnérables pour entendre ce qui m’était arrivé. Mais il est certain qu’aujourd’hui, ils peuvent apprendre quelle a été mon histoire », se rassure-t-elle.

Pendant des années, Mme Neumann ignore son chagrin. Elle n’est jamais retournée dans sa ville natale et n’a jamais évoqué ce qu’elle avait vécu avec sa famille. Son tatouage — A-5792 — est resté le seul témoignage de son passé. Mais le temps seul ne lui a pas permis de guérir.

« Le temps peut amoindrir peut-être l’impact des mauvaises expériences. Je ne suis pas sûre que cela ait été le cas pour moi. Parce que je sais que si je n’utilise pas mes pensées et mes actions de manière positive, alors le temps peut empirer ma douleur. Pour moi, ce qui guérit vraiment, c’est d’accueillir tout ce que Hashem – ou la vie – place sur votre route, de la meilleure façon possible », dit-elle.

Photo de la survivante d’Auschwitz Bobby Neumann, numéro A-5792. (Crédit : Daniel Morris Photography)

En 2006, elle est sollicitée par l’organisation de sensibilisation juive Aish HaTorah pour accompagner un groupe à Auschwitz, pour donner l’envie aux visiteurs de renforcer leur identité juive.

« Lorsque je suis allée à Auschwitz, cela ne m’a rien fait, de prime abord. Il n’y avait plus rien, à part quelques briques et des baraquements. La douleur que j’ai pu ressentir était la même que celle que je ressentais alors. Ce sentiment est permanent, et il ne change pas, où que je puisse me trouver », note-t-elle.

A une période où le déni de la Shoah ne fait que s’accroître, partager son histoire est devenu d’une importance capitale.

« Ces gens sont indécents, c’est le mois qu’on puisse dire. Alors je tente d’assumer ma part du travail pour contrer les effets de leurs mensonges ».

Une question lui est souvent posée : A-t-elle de la haine pour les nazis ? ». « La haine ne construit rien. La haine vous détruit », répond-elle. Et à ceux qui lui demandent : « Où se trouvait Dieu à Auschwitz ? », sa réponse est simple : « Il était avec moi ».

Dita Kraus, bibliothécaire d’Auschwitz

Quand Alberto Manguel écrit « The Library at Night » (La Bibliothèque dans la nuit) détaillant les grandes bibliothèques du monde, il mentionne une « bibliothèque clandestine pour enfants », faisant référence à une bibliothèque secrète peu connue, co-gérée par une jeune adolescente.

Cette jeune bibliothécaire est une jeune Tchèque de 14 ans nommée Dita Polachova. Elle s’est occupée de la collection de livres d’Auschwitz de 1943 à 1944.

Dita Polachova (aujourd’hui Kraus), qui fêtera ses 90 ans le 12 juillet, a été élevée dans une maison juive laïque, insouciante et aimante, à Prague. Enfant unique de parents intellectuels, sa maison était remplie de livres allemands, tchèques et français, et la lecture faisait partie intégrante de sa vie. Elle était loin de se douter que quelques années plus tard, à Auschwitz, les livres lui permettraient de maintenir son humanité dans ses jours les plus sombres.

Son enfance heureuse se termine brusquement avant ses 10 ans, quand en mars 1939, les nazis envahissent Prague et commencent à entraver la vie des Juifs. En moins d’un mois, son père avocat perd son emploi, et la famille est expulsée par les Allemands, qui veulent s’accaparer son appartement.

Une photo de la survivante d’Auschwitz, Dita Kraus, enfant, portant une étoile jaune. (Autorisation)

En novembre 1942, la jeune fille de 13 ans et ses parents sont envoyés dans le ghetto de Terezin, puis à Auschwitz-Birkenau en décembre 1943. Elle et sa mère sont placées dans un baraquement pour femmes à Auschwitz.

Selon les historiens, le camp, appelé Camp des familles BIIb, a été établi pour cacher le véritable but d’Auschwitz : exterminer les Juifs. Il contenait un bloc d’enfants – le bloc 31 – placé sous la direction du tristement célèbre « Ange de la mort », le Dr Joseph Mengele.

Le bloc des enfants était dirigé par un jeune sioniste charismatique, Fredy Hirsch, que Dita Kraus connaissait de Prague, où il était son professeur de sport.

« Fredy a réussi à faire désigner les jeunes de 14 à 16 ans comme assistants, effectuant toutes sortes de travaux, du balayage du sol à la distribution de la soupe quotidienne », explique-t-elle. « Je suis devenue, avec un autre garçon, la bibliothécaire du bloc, chargée de s’occuper de quelques livres trouvés au hasard parmi les bagages des arrivants à Auschwitz. »

« Abrégé de l’histoire du monde » de HG Wells, en tchèque, un atlas géographique, un ouvrage de Sigmund Freud et des nouvelles de l’écrivain tchèque Karel Capek figuraient parmi les rares titres.

Mais la vie dans le Kinderblock n’a pas empêché les enfants d’être exécutés. En mars 1944, la moitié des enfants vivant dans le baraquement des enfants sont assassinés, et leur cher Fredy Hirsch meurt également, dans des circonstances mystérieuses.

« Le premier convoi de Terezin au camp familial d’Auschwitz-Birkenau arriva en septembre 1943. Chaque convoi avait une durée de vie de six mois », se souvient Dita. « Après l’extermination du convoi de septembre en mars, il était clair que le convoi de décembre, qui comprenait ma mère et moi, serait envoyé dans les chambres à gaz en juin. »

Une esquisse de Dita Kraus du bloc 31 à Auschwitz, le Kinderblock, sous la direction du Dr Joseph Mengele. (Autorisation)

Cependant, en juillet 1944, Dita et sa mère faisaient partie des 1 000 femmes encore valides sélectionnées par Mengele pour aller dans un camp de travail à Hambourg. De là, elles sont envoyées à Bergen-Belsen.

« Même sans chambres à gaz, Bergen-Belsen était une horrible machine à tuer, où les prisonniers affamés sont morts par milliers », explique-t-elle.

L’armée britannique qui libère le camp en avril 1945 y découvre des cadavres en décomposition et des prisonniers malades et affamés. Dita Kraus a attrapé le typhus, une maladie mortelle qui sévit parmi les survivants. La mère de Kraus tombe malade le 27 juin 1945 et meurt deux jours plus tard. Son père avait été tué à Auschwitz, laissant la jeune adolescente orpheline quelques semaines avant son 16e anniversaire. Elle retourne seule à Prague, presque la seule survivante de sa famille.

« Je me sentais perdue. Je n’avais pas de maison, je ne savais pas ce que je devais faire », dit-elle.

Quelques semaines seulement après son retour dans la capitale tchèque, elle a rencontré son futur mari, Otto Kraus, alors qu’elle fait la queue pour obtenir sa carte d’identité. Elle le reconnaît comme étant l’un des instructeurs du bloc des enfants. Ils se marient en 1947 et, en 1949, s’installent en Israël avec leur jeune fils et d’autres amis survivants, au kibboutz Givat Chaim, près de Hadera.

Otto lui-même était écrivain. L’un de ses livres, « Le Mur de Lisa Pomnenka », s’articule autour de son expérience en tant qu’instructeur dans le bloc des enfants d’Auschwitz. Il décédera en 2000.

Photo de Dita Kraus, survivante d’Auschwitz, numéro 73305, chez elle à Netanya. (Autorisation)

Lorsque l’écrivain espagnol Antonio Iturbe découvre dans le livre « The Library at Night » l’existence de la bibliothèque pour enfants d’Auschwitz, il est très intrigué. Il contacte Dita Kraus et finit par la rencontrer à Prague et à Terezin, avant d’écrire le livre fictif sur sa vie intitulé « La bibliotecaria de Auschwitz » (La Bibliothécaire d’Auschwitz).

Cela fait plus de 75 ans que le numéro 73305 de Kraus a été tatoué sur son bras à Auschwitz-Birkenau, mais les souvenirs de son enfer restent vivaces.

La publication de ce livre lui a permis d’affronter son passé et les négationnistes de la Shoah.

« La culpabilité des auteurs nazis du meurtre de millions d’innocents, de familles, de bébés, de vieillards et de femmes, est en train d’être oubliée ou banalisée, si ce n’est carrément niée », dit-elle.

« Quand j’entends parler de gens qui prétendent que cela n’a jamais existé, j’ai envie de hurler : ‘Regardez mon bras, le numéro tatoué, d’où est-ce que ça vient ? Où sont mes parents, mes oncles et mes cousins ? Où sont leurs tombes ?’ »

En savoir plus sur :

The Times of Israël

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Source : https://fr.timesofisrael.com/recit-de-trois-survivantes-dauschwitz/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=a-la-une-2019-08-02&utm_medium=email

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 04/08/2019

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