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"L’« orage de feu » ou pyrocumulonimbus produit lors d’incendies de haute intensité ou mégafeux et les risques sanitaires et pollutions potentielles pour les populations concernées par les substances retardantes utilisées" par Jacques Hallard

jeudi 3 septembre 2026, par Hallard Jacques


ISIAS Forêts Mégafeux Retardants

L’« orage de feu » ou pyrocumulonimbus produit lors d’incendies de haute intensité ou mégafeux et les risques sanitaires et pollutions potentielles pour les populations concernées par les substances retardantes utilisées

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 30/08/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Quelques informations préliminaires et brèves pour commencer cet autre dossier à usage didactique

Mégafeu : c’est un incendie de haute intensité et de grande ampleur, notamment des feux de forêt ravageant une très grande surface boisée. Sans que cette appellation ne corresponde à une définition scientifique précise, leurs effets sont différents de ceux des feux classiques. On parle de « mégafeu » lorsque la surface parcourue est d’au moins 1 000 à 10 000 ha, mais le concept varie selon la taille des régions ou des pays. Alors qu’en Europe on les caractérise à partir de 1 000 ha, aux États-Unis, la taille minimale commence à 10 000 ha[1]. Une étude récente de la NASA élargit la définition des mégafeux : « Entre les changements climatiques et près d’un siècle d’exclusion des incendies, les feux de forêts sont devenus plus extrêmes en termes de taille, de gravité, de complexité du comportement et de la résistance à l’extinction. Ces incendies sont communément qualifiés de mégafeux et se situent aux extrêmes des variations historiques »[2]. Origine du terme - Le terme de mégafeu est apparu dans la littérature américaine en 2013 [3]. Le mot est composé de l’élément formant méga qui provient du grec ancien μέγας, mégas « grand » et du substantif feu issu du latin fŏcus « foyer, feu, âtre »… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9gafeu

Les incendies les plus graves de l’histoire - L’incendie de forêt le plus meurtrier de l’histoire documentée est l’incendie de Peshtigo, survenu le 8 octobre 1871 dans le Wisconsin aux États-Unis, qui a fait entre 1 200 et 2 500 morts. Il a ravagé environ 485.000 hectares. Des vents violents ont transformé des feux de défrichement en une véritable tempête de feu. L’incendie urbain le plus destructeur fut le Grand incendie de Londres en 1666 ou les feux de San Francisco en 1906 après le tremblement de terre ont détruit des villes entières, mais les bilans humains restent difficiles à comparer précisément avec les mégafeux forestiers. En France : le « Grand Feu » ou incendie de 1949 dans le massif des Landes a détruit 50 000 hectares et causé la mort de 82 personnes, restant le plus grave de l’histoire moderne du pays… - À l’échelle mondiale, le plus grand ensemble d’incendies du 21e siècle est la saison des feux de taïga en Sibérie (Russie) de 2003, qui a ravagé près de 22,5 millions d’hectares (55 millions d’acres). D’autres catastrophes d’ampleur historique incluent les feux de brousse en Australie de 2019-2020 (environ 24 millions d’hectares) et la saison record au Canada en 2023 (plus de 17 millions d’hectares)…. 

Pyrocumulonimbus (ou cumulonimbus flammagenitus) : c’est un orage de feu provoqué par une source de chaleur extrême, comme un méga-incendie de forêt ou une éruption volcanique. Ce phénomène redoutable se forme lorsque le brasier modifie la météo locale au point de créer son propre système orageux.

En bref, comment le pyrocumulonimbus se forme-t-il ?

  • Ascension thermique brute - L’incendie surchauffe l’air au sol, l’obligeant à s’élever à toute vitesse à des kilomètres d’altitude, créant un puissant courant ascendant.
  • Aspiration et transport - Cet air emporte avec lui d’immenses quantités de fumée, de cendres et de vapeur d’eau libérée par la végétation qui brûle.
  • Condensation en altitude - En rencontrant l’air très froid de la haute atmosphère, la vapeur d’eau se condense autour des particules de suie pour former un nuage gigantesque.

Pourquoi est-ce le cauchemar des pompiers ?

  • Orages secs et foudre - Les frottements entre les milliards de particules de cendre et d’eau génèrent de l’électricité statique. Les éclairs qui en résultent frappent le sol à plusieurs kilomètres et allument de nouveaux foyers sans qu’aucune pluie ne vienne les éteindre.
  • Vents violents et erratiques - Le nuage aspire l’air par le bas et rejette de violentes rafales descendantes, rendant la direction du feu totalement imprévisible.
  • Projections de braises - Les courants d’air projettent des morceaux de végétation enflammée à des centaines de mètres, propageant le feu à une vitesse hors de contrôle.

Retardant et retardateur de flamme – Plusieurs substances possibles :

En français, le mot retardant désigne principalement une substance conçue pour ralentir ou freiner un processus. Selon le contexte, il fait référence à trois domaines majeurs :

1. La lutte contre les incendies de forêt - Il s’agit du produit rouge vif largué par les avions bombardiers d’eau (comme les Dash ou les Tracker). Composition : il est composé de 80 % à 90 % d’eau et d’un sel ignifugeant (le polyphosphate d’ammonium), qui agit aussi comme un engrais. Rôle : il recouvre la végétation pour former une barrière chimique qui empêche les plantes de brûler, bloquant ainsi la progression des flammes. Couleur : sa teinte rouge provient de l’oxyde de fer (un pigment naturel) ajouté pour que les pilotes repèrent visuellement les zones déjà traitées. Voir : https://www.bfmtv.com/societe/incendies-qu-est-ce-que-le-retardant-largue-par-les-bombardiers-d-eau_AN-201707270049.html

2. La protection des matériaux (Retardateurs de flamme) - Dans l’industrie, les retardants (ou ignifugeants) sont des additifs chimiques intégrés aux plastiques, textiles, peintures ou meubles. Ils ralentissent la propagation d’un début d’incendie et réduisent la formation de fumées toxiques. Source : https://www.generations-futures.fr/actualites/retardateurs-de-flamme/ - Voir également : https://www.cancer-environnement.fr/fiches/expositions-environnementales/retardateurs-de-flamme/

3. La santé et le bien-être masculin - En pharmacie, un spray ou gel retardant est un produit intime à usage externe destiné aux hommes. Il contient souvent un léger anesthésiant local pour réduire la sensibilité et prolonger la durée des rapports sexuels. Source : https://www.zavamed.com/fr/traitements-ejaculation-precoce.html

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Introduction

Ce dossier traite des très importants incendies de forêts ou mégafeux, du phénomène dénommé pyrocumulonimbus ou ‘orage de feux’, de l’usage des produits retardants utilisés, et sur les risques sanitaires encourus et les pollutions potentielles qui en résultent pour les populations vivant dans les zones d’intervention contre les incendies…

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

Annexe - Forêts - « Elles seront les dernières à brûler » : face au chaos climatique, les vieilles forêts résistent - Par Magali Reinert - 26 août 2026 à 15h59 Mis à jour le 27 août 2026 à 14h03 – Publication ‘Reporterre’ (extrait)

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§§§


  • Article Wikipédia sur les Mégafeux
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b8/Zaca1.jpg/250px-Zaca1.jpg?utm_source=fr.wikipedia.org&utm_campaign=parser&utm_content=thumbnail

Front de flammes actif en Californie en 2007.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bc/Day-fire-cdf-01.jpg/250px-Day-fire-cdf-01.jpg?utm_source=fr.wikipedia.org&utm_campaign=parser&utm_content=thumbnail

Mégafeu en Californie près de l’autoroute 99 en septembre 2020.

Un mégafeu est un incendie de haute intensité et de grande ampleur, notamment des feux de forêt ravageant une très grande surface boisée. Sans que cette appellation ne corresponde à une définition scientifique précise, leurs effets sont différents de ceux des feux classiques. On parle de « mégafeu » lorsque la surface parcourue est d’au moins 1 000 à 10 000 ha, mais le concept varie selon la taille des régions ou des pays. Alors qu’en Europe on les caractérise à partir de 1 000 ha, aux États-Unis, la taille minimale commence à 10 000 ha[1]. Une étude récente de la NASA élargit la définition des mégafeux : « Entre les changements climatiques et près d’un siècle d’exclusion des incendies, les feux de forêts sont devenus plus extrêmes en termes de taille, de gravité, de complexité du comportement et de la résistance à l’extinction. Ces incendies sont communément qualifiés de mégafeux et se situent aux extrêmes des variations historiques »[2].

Origine du terme - Le terme de mégafeu est apparu dans la littérature américaine en 2013[3]. Le mot est composé de l’élément formant méga qui provient du grec ancien μέγας, mégas « grand » et du substantif feu issu du latin fŏcus « foyer, feu, âtre ».

Caractéristiques générales - Ce qui caractérise les mégafeux est leur intensité, leurs conséquences, leur durée et leur étendue. Ils sévissent sur tous les continents y compris près du cercle polaire[4]. Les mégafeux ont une violence, une intensité, une étendue et une rapidité de passage supérieures à la normale et sont inextinguibles[3]. Comme pour les tempêtes de feu, leur intensité est si forte qu’ils génèrent leur propre climat[4].

Fonctionnement d’un mégafeu - La fumée des feux monte très haut dans le ciel et forme des pyrocumulus et des pyrocumulonimbus, des nuages aussi dénommés les « dragons cracheurs de feu », qui se chargent en électricité puis provoquent des orages géants, peu chargés en pluie mais avec un fort potentiel de créations d’éclairs qui, en touchant le sol, créent de nouveaux incendies[4],[5].

La fusion de feux entre eux crée un mégafeu, comme lors des feux de brousse de 2019-2020 en Australie, où de très nombreux feux se sont rejoints en un gigantesque brasier[6].

Mégafeux historiques - Des mégafeux se sont produits en Amazonie, Californie, Australie, Sibérie[4], au Groenland[7], dans le bassin méditerranéen[8] et dans celui du Congo[9].

Parmi les pays méditerranéens, c’est l’Espagne, le Portugal, la Turquie et la Grèce qui ont été touchés[8].

À partir du 23 juillet 2018, la Grèce subit l’un des incendies les plus meurtriers du continent européen[10] et de l’histoire récente du pays[11], les feux de forêt en Attique tuant 102 personnes. L’été 2018, la Lettonie et la Suède prennent feu jusqu’au cercle polaire[12].

En Californie, en novembre 2018, un mégafeu a tué 85 personnes et ravagé 60 000 ha[13],[14]. En août 2020, deux autres mégafeux y ont calciné respectivement 127 000 et 116 000 ha[15].

Fin 2019, le Brésil, le Congo, la Russie et les États-Unis ont été victimes de mégafeux à une échelle qualifiée de « sans précédent »[16].

En Australie, durant les feux de brousse de 2019-2020, l’un des mégafeux s’est étendu sur 6 000 km2[17].

En 2023, au Canada les mégafeux ont détruit plus de 17 millions d’hectares de forêt sur une période de cinq mois. Les émissions de dioxyde de carbone représentent celle de l’Inde sur une année complète, soit 647 millions de tonnes[18].

En 2026, la France a fait face à un mégafeu dans la forêt des Landes de Gascogne entre Bordeaux et le bassin d’Arcachon.

Chiffres - Les mégafeux ne représenteraient que 3 % des incendies mais seraient responsables de plus de 50 % des surfaces brûlées de la planète[14]. Le nombre de mégafeux serait en augmentation[14].

La quasi-totalité (96 %) des 500 mégafeux les plus désastreux de la dernière décennie se sont produits pendant des périodes de chaleur ou de sécheresse inhabituelles[16].

Causes - Un mégafeu est dû à divers facteurs, tels que des températures élevées, la sécheresse des sols, la faible hygrométrie de l’air, le changement d’usage des terres, la pression humaine et l’état des forêts[16],[14]. Le rechauffement climatique aggrave la situation et augmente la probabilité d’émergence de mégafeux. Les mégafeux sont le plus souvent d’origine humaine, criminelle ou accidentelle[19].

Les plantations de pins ou d’eucalyptus des exploitations forestières, en raison de leur caractère pyrophyte, sont un facteur de propagation. Ce phénomène a été observé en Espagne, au Portugal, ou en Suède, qui possée une forêt à 70 % industrielle[12].

Théorie du complot - Des théories du complot climato-scepticites affirment que les incendies criminels sont d’origine étatique, gouvernementale ou militaire ou encore que les lobbies écologistes ont une part de responsabilité.

Impacts :{{}}

  • Biosphère - En Australie, les mégafeux ont détruit près de 100 000 km2 de végétation[20].
  • qualité de l’air et la santé des populations - En émettant de grandes quantités de particules fines (PM2.5), ils ont un impact sur la santé des populations. Cette détérioration de l’air est associée à des maladies respiratoires, telles l’obstruction pulmonaire chronique et l’asthme, et des maladies cardiovasculaires[20].
  • émissions de CO2 - Pour les feux australiens de 2019/2020 ce sont environ 900 Mt de CO2. Les feux sibériens de l’été 2020 ont émis 244 Mt de CO2[21]. De plus, les fumées sont montées jusqu’à la stratosphère, la deuxième couche principale de l’atmosphère (entre 12 et 50 km), et ont eu un impact plus important que les éruptions volcaniques modérées des trois dernières décennies[20].

Prévisions - En observant la fréquence accrue d’événements extrêmes, comme la sécheresse ou la canicule, le rapport du GIEC[22] (2019) prévoit une augmentation de la survenance des incendies de forêt, plus particulièrement pour l’Amérique du Nord et l’Europe du Sud. En Europe du Sud, à la fin de ce siècle et pour le scénario RCP8.5, la surface brûlée chaque année pourrait être multipliée par un facteur compris entre 3 et 5 par rapport à la surface actuelle.

Source de l’article complet avec notes et références : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9gafeu

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  • Méga-Feux : Stratégie et résilience de l’habitat – Documentation ‘fondation-maif.fr’{{}}

Comment rendre les habitations intégrant des matériaux biosourcés plus résilientes face aux risques de feux de forêt ?{{}}

méga-feux qui avance vers l'interface forêt-habitation

Nouveau projet ! Mis à jour le 23/04/26{{}}

Avec le réchauffement climatique, les feux de forêt gagnent en intensité et touchent des régions jusqu’ici épargnées. Le projet « Méga-Feux » explore comment rendre nos constructions intégrant des matériaux biosourcés en zone d’interface habitat-forêt plus résilientes aux flammes.

Débroussaillez pour protéger votre maison !

Comprendre le défi des méga-feux {{}}

Chaque année en France, entre 3 000 et 4 000 feux de forêt sont enregistrés, détruisant ainsi jusqu’à 17 000 hectares. En 2022, la Gironde a connu des incendies d’ampleur inédite avec plus de 62 000 hectares brûlés. Cette tendance se poursuit en 2025, avec déjà 37 000 hectares détruits sur le territoire au 7 août 2025. 25 000 bâtiments se situent dans les zones d’interface forêt-habitat à haut risque. Par ailleurs, 80 % des incendies se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations.

L’extension des zones urbaines au contact des forêts accentue ce risque, exacerbé par le réchauffement climatique. Pourtant, les normes actuelles de construction ne tiennent pas compte des spécificités des feux de végétation (températures extrêmes, rayonnement, braises…).

Par ailleurs, le nombre d’habitations neuves construites avec des matériaux biosourcés est en réelle progression. À titre d’exemple, la part de marché des matériaux biosourcés dans l’isolation thermique a atteint 11 % en 2023, tandis que la construction bois représentait 6 % pour le résidentiel neuf et 13 % pour le tertiaire.

Ce projet répond ainsi à un besoin urgent : concevoir un habitat durable, capable de résister au feu de forêt et agir sur l’environnement par le débroussaillement et la réduction de la végétation combustible afin de réduire les risques d’incendie.

C’est dans ce contexte qu’est né le projet MÉGA-FEUX, porté par le chercheur Franck RICHARD et coordonné par l’Institut Pprime (université de Poitiers, CNRS, ISAE-ENSMA) avec l’appui du LEMTA, d’Efectis et de la SCOP Bois et Paille.

Objectif du projet{{}}

Le projet vise à évaluer la vulnérabilité des nouveaux types d’habitat construits avec des matériaux biosourcés (paille, bois, chanvre, ossature bois, ossature bois/paille...) face au risque de feu de forêt. Il s’agit de concevoir des solutions constructives compatibles avec les enjeux climatiques, essentielles pour la transition écologique et les exigences de sécurité face à des feux de forêt de plus en plus fréquents et intenses.

L’ambition est double :

• mieux comprendre le comportement au feu des habitats avec des façades en matériaux biosourcés ;

• proposer des outils concrets pour aider les habitants, les professionnels et les décideurs à anticiper et réduire les risques.

Une méthodologie en quatre étapes {{}}

Étape 1 : Identification, évaluation et cartographie du risque  : Cartographie des zones sensibles, simulation numérique de scénarios d’incendie grâce au modèle hybride « Petit monde » qui couple des approches probabilistes et déterministes pour simuler la propagation du feu à l’échelle du massif forestier et calculer les flux thermiques reçus par les façades. 

Étape 2 : Tests expérimentaux  sur les matériaux et les solutions constructives. Essais en laboratoire sur trois types de façades : une façade de référence (mur/isolation thermique par l’extérieur/enduit) et deux façades en matériaux biosourcés (ossature bois/laine de bois/bardage bois ; ossature bois/paille/enduit). Analyse fine de l’inflammabilité et de la résistance (R) au feu à travers environ 30 essais au cône calorimètre et 9 essais en panneau radiant, avec calibration et validation du modèle d’inflammabilité FTP (Flux Time Product).

Étape 3 : Développement d’outils opérationnels et pédagogiques :

À destination des professionnels (acteurs du bâtiment, gestionnaires du risque et collectivités)

  • Création de guides techniques pour les professionnels du bâtiment en matériaux biosourcés à la suite des tests expérimentaux de R au feu de solutions constructives ;
  • Développement d’un simulateur numérique d’aide à la  gestion du risque de feux de forêt en complément au Plan de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) avec la simulation de différents scénarios d’incendie des bâtiments construits en matériaux biosourcés et la cartographie des zones sensibles qui contribuera à l’évolution de la réglementation relative à la construction.

À destination du grand public : 

  • développement d’un calculateur en ligne accessible pour que chaque particulier puisse évaluer la vulnérabilité de son logement en matériaux biosourcés, 
  • création de vidéos pédagogiques illustrant l’effet du débroussaillement préventif et comparant l’impact des différents matériaux de façade sur la vulnérabilité du bâti.

Étape 4 : Diffusion des connaissances  : publications scientifiques et communication auprès des institutions, professionnels et habitants concernés, ainsi que la participation aux groupes de normalisation (ISO TC92 W14) pour faire évoluer les réglementations de construction en zones à risque.

Retombées attendues du projet {{}}

Ce projet ambitionne de produire des résultats concrets à fort impact :

• formuler des recommandations techniques pour une meilleure conception des façades dans les zones exposées aux feux de forêt et des solutions préventives.

• influencer les futures réglementations en intégrant les spécificités des feux de forêt dans les normes de construction, notamment pour les matériaux biosourcés.

• évaluer le comportement au feu des matériaux biosourcés exposés aux feux de forêt, afin d’identifier les paramètres gouvernant la résilience au feu des habitats écologiques

À terme, il s’agit de faire évoluer les pratiques pour construire des habitats à la fois durables, sûrs et adaptés aux défis climatiques à venir ! 

Organismes de recherche et partenaires :

Institut Pprime, université de Poitiers

Laboratoire LEMTA, université de Lorraine

EFECTIS France

IUSTI, université Aix-Marseille

SCOP Bois et Paille

Principaux intervenants : Franck RICHARD, Enseignant-Chercheur, université de Poitiers - Date de début / Durée 24 mois

Fondation MAIF 275 rue du Stade, 79180 CHAURAY Téléphone : 05.49.73.87.04 - Contact - Mentions légales - © PaPrika Studio, la valeur ajoutée à vos outils digitaux – 2022

Source : https://www.fondation-maif.fr/article-1-1476.html

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  • Mégafeux, du vocabulaire médiatique à la caractérisation scientifique - Publié le 29/09/2025 - Auteur(s) : Aziz Ballouche, professeur émérite en géographie - Université d’Angers – document ‘geoconfluences.ens-lyon.fr’
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/geoconfluences/picto-zen.png

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Les mégafeux occupent une place importante dans l’actualité et sont souvent vus comme une conséquence du dérèglement climatique. S’il n’y a pas de consensus scientifique sur leur définition, il existe bien un effet démontré du changement climatique sur leur fonctionnement et leur intensité. Toutefois, à l’échelle globale, on observe plutôt une diminution des superficies brûlées. En réalité, c’est seulement à une échelle régionale et dans un contexte environnemental précis qu’on peut évaluer l’évolution du risque lié aux incendies de biomasse.

Sommaire :

1. Mégafeux. De quoi parle-t-on ?

2. Comment cela fonctionne-t-il ?

3. Quelles dynamiques ?

En 2022, le magazine Géo écrivait : « À l’heure où la planète semble chaque jour s’enfoncer dans un scénario climatique plus apocalyptique que la veille, les mégafeux se multiplient dans le monde, sous l’effet du réchauffement climatique ». Les incendies qui ont ravagé plusieurs régions du monde en 2025, l’Espagne et le Portugal, mais surtout l’Aude en France au cours de l’été, ainsi que la région de Los Angeles, en Californie en janvier 2025, ont ravivé le débat récurrent depuis quelques années sur ces feux de grande intensité, se propageant sur des espaces importants et causant souvent des dégâts catastrophiques, surtout lorsqu’ils touchent des zones aménagées et peuplées, comme les périphéries de grandes agglomérations. Cette actualité est répétée au cours des dernières années : Amazonie en 2019, Australie en 2019-2020, Sibérie en 2019, 2020, 2021, Canada en 2023, Gironde en 2023, Grèce en 2023 et 2024 ou encore au nord du Japon et en Corée en février-mars 2025 et, comme évoqué plus haut, plusieurs autres régions du monde en 2025... Dans son ouvrage Quand la forêt brûle (2022), la philosophe Joëlle Zask affirmait que « le phénomène des mégafeux agit comme un révélateur de notre rapport à la nature », comme symptôme spectaculaire du réchauffement climatique qu’il contribue à accélérer. Pourtant, si ces événements font la une des médias grand public, un rapide tour d’horizon de la littérature scientifique sur le sujet en montre bien la complexité. Il existe en effet peu de consensus sur l’objet mégafeu, ni de définition universellement acceptée du phénomène et encore moins sur ses causes et mécanismes. Le lien, souvent invoqué, avec le changement climatique existe de façon certaine, mais il est loin d’être simple. Nous proposons donc ici, d’abord de définir plus précisément l’objet du débat, puis d’en décrire le fonctionnement et d’en explorer les processus déterminants.

1. Mégafeux. De quoi parle-t-on ?{{}}

Dans un premier temps, il serait utile de préciser les termes utilisés pour parler des feux et incendies de végétation en général. Le terme générique anglais wildfire n’a pas vraiment d’équivalent en français. En France, on parle principalement de feu de forêt, notamment dans le cadre des plans de prévention des risques d’incendies de forêts (PPRIF) ou dans le langage des médias. En réalité, le terme couvre une large gamme de type de végétation, comprenant aussi maquis, landes, broussailles, parmi lesquels les vraies forêts sont minoritaires (document 1). C’est dans ce sens qu’il faut entendre la notion de feux de forêt dans une grande partie du monde, en particulier les forêts de type méditerranéen et les forêts boréales en Europe (document 2) et en Amérique. Dans les espaces tropicaux, certaines forêts peuvent brûler, mais ce sont surtout des formations de typesavane qui prennent feu, d’où le terme de feu de brousse (document 3). Les régions de steppe et de prairie peuvent aussi connaitre des incendies importants. Dans ces différents cas, l’expression adaptée serait feu de végétation. Cependant, des feux touchent aussi souvent des étendues tourbeuses. De façon générique, nous parlerons donc ici de feu ou d’incendie de biomasse.

Document 1. Évolution des surfaces brûlées à l’échelle mondiale, entre 2002 et 2022, selon les types de végétation concernés{{}}

surfaces brulees par type de vegetation

Source : Global Wildfire Information System, ourworldindata.org / CC BY, adapté par Jean-Benoît Bouron pour Géoconfluences, 2025.

Document 2. Moyenne annuelle des surfaces brûlées (en hectares) dans les principaux pays concernés en Europe{{}}

Source des données : Copernicus EFFIS Statistics portal.

Document 3. Les espaces des feux de brousse en Afrique soudano-zambézienne et à Madagascar{{}}

Incendies en Afrique

Distribution des feux enregistrés par les données MODIS en 2018. Source : Ballouche, 2019.

Si la notion de mégafeu ou méga-incendie est mal définie dans la littérature scientifique, il serait prétentieux de vouloir ici lui donner une délimitation définitive. De fait, le terme est surtout en usage courant dans les médias et les outils d’information du grand public, repris ensuite par les interfaces d’intelligence artificielle. « Les mégafeux sont des incendies de grande ampleur qui se propagent rapidement, dévastant des étendues considérables de terres forestières et menaçant les communautés environnantes » nous dit le site futura-sciences.com (consulté le 14 mars 2025).

Dans la littérature scientifique, la notion de méga-incendie est encore considérée comme un concept émergent utilisé pour décrire les incendies extrêmes par leur taille, leur comportement ou leurs effets, mais sa signification reste ambiguë (Linley et al., 2022). Si le terme a pu apparaitre dans la presse ou le monde des assurances dès les années 1980, il semble bien que sa première utilisation scientifique date de 2005 (Williams et al., 2005). Pourtant, Tedim et al. en 2018, puis Stoof et al. en 2024, notent encore que le désaccord sur les paramètres utilisés pour définir un méga-incendie rend ce terme problématique et ambigu. Selon les auteurs, ces incendies sont définis par divers paramètres, notamment la taille des surfaces concernées (Godfree et al., 2021), leur comportement (French et al., 2016), leur résistance au confinement, le dépassement des capacités des moyens de lutte mobilisés (Tedim et al., 2015, Rigolot et al., 2020) ou encore leurs conséquences socio-économiques ou environnementales (Groisman et al., 2017).

Comme le laisse entendre le préfixe méga (du grec μέγας), l’étendue des surfaces brûlées par l’incendie est un critère majeur dans sa qualification. Pourtant, sur ce critère non plus il n’y a pas de consensus : à partir de 1 000 hectares en Europe, 10 000 aux États-Unis, voire 100 000 dans certaines études en Australie. D’après Linley et al. (2022), 10 000 ha serait le seuil de taille le plus couramment admis, pour des feux résultant d’un ou de plusieurs événements d’inflammation liés. Ces auteurs introduisent aussi deux termes supplémentaires – gigafire (> 100 000 ha) et terafire (> 1 000 000 ha) – pour les incendies d’une ampleur encore plus grande que les mégafeux. Le calcul de ces surfaces diffère cependant selon les sources. Dans les études consultées, il y a finalement peu de grands incendies d’un seul tenant qui couvriraient de telles superficies. Le terme mégafeu est, en fait, appliqué à une grande variété de situations, allant de regroupements d’incendies concomitants dans l’espace et le temps, à des événements distincts qui se sont succédé dans une région, et jusqu’à parfois la somme des incendies sur toute une saison des feux.

De plus, la taille d’un incendie ne dit rien de ses impacts. Outre leurs effets sur l’environnement, la biodiversité, les paysages et les biens, sans parler des victimes potentielles, ces feux se caractérisent par leur comportement qui dépasse tous les efforts de contrôle. C’est pourquoi Stoof et al. (2024) suggèrent que, le terme méga-incendie étant largement utilisé comme un terme émotif, ambigu et informel, il vaudrait mieux réserver son utilisation aux médias ‘grand public’. Pour autant, le terme de fire exceptional event, de plus en plus utilisé par les services américains de lutte contre les catastrophes naturelles, s’il a bien un sens pratique, ne semble pas plus satisfaisant pour toute la communauté scientifique. Des termes alternatifs semblent pouvoir être celui de Very large fires (VLFs), incendies de très grande ampleur, de plus de 5 000 ha d’après Barbero et al. (2015), ou celui d’extreme wildfire event (EWE), événement de feu de forêt extrême, proposé par Tedim et al. (2018). Ce dernier est conçu en tant que phénomène socio-écologique défini à la fois comme processus et résultat.

2. Comment cela fonctionne-t-il ?{{}}

Comme tous les feux et incendies de biomasse, les mégafeux obéissent à un certain nombre de déterminants impliquant les éléments de ce qu’on appelle le triangle du feu : un combustible, un carburant, une étincelle. Nous proposons ici de les décliner ainsi :

  • des facteurs de prédisposition, généralement le type de végétation et le climat, parfois certains modes d’utilisation des sols ;
  • des facteurs d’éclosion, naturels (foudre, éruption volcanique, ignition spontanée) ou anthropiques (causes accidentelles, imprudence, malveillance) ;
  • des facteurs d’extension, principalement la structure et la composition de la végétation, mais aussi le vent et la topographie.

Ainsi, les forêts denses humides équatoriales sont peu prédisposées aux incendies car le climat y est pluvieux toute l’année et la végétation toujours verte, donc non-combustible. En revanche, les forêts méditerranéennes qui subissent des étés chauds et secs et sont en partie composées de résineux, tout comme les forêts boréales, sont plus exposées, car prédisposées au feu. À l’échelle mondiale, ce sont toutefois les milieux de type savane ou les formations arbustives et herbeuses (maquis, landes, steppes, prairies…) qui fournissent l’essentiel des surfaces brûlées (documents 1 et 3). Les facteurs de déclenchement des incendies sont souvent d’origine anthropique mais en proportion très variable selon les types de milieux et les régions. En France, d’après la Base de données des incendies et feux de forêt (BDIFF), 90 % des départs de feux ont pour origine les activités humaines. Ailleurs dans le monde, ce pourcentage peut être encore plus élevé comme pour les feux de brousse des savanes soudaniennes d’Afrique de l’Ouest, mais beaucoup moindre dans les forêts boréales du Canada. Au Québec, 80 % des feux de forêt seraient dus à la foudre.

Les conditions d’extension, donc de propagation, des feux sont un facteur important pour comprendre le fonctionnement des incendies de très grande ampleur. La structure de la végétation est l’élément déterminant, notamment le caractère plus ou moins continu de la biomasse combustible (arborée ou herbeuse) qui permet ou pas la propagation du feu après son éclosion. Les forêts boréales offrent ainsi une bonne prise aux grands feux, de même que certaines formations méditerranéennes assez denses comme les maquis du Portugal et de Grèce (document 2) ou le chaparral californien. En revanche, les savanes soudano-zambéziennes d’Afrique, qui sont certainement les milieux qui brûlent le plus au monde (document 3), sont surtout affectées par de très nombreux feux de brousse d’extension, comparativement, plus modeste ; cela, principalement en raison de la discontinuité de la strate graminéenne combustible et la forte fragmentation d’un paysage savanicole très anthropisé (Caillault et al., 2015 ; Ballouche, 2019). Les savanes sahéliennes, où la strate graminéenne est indigente et très discontinue, ne brûlent que très peu. Le vent, souvent cité comme facteur de propagation des feux, ou la topographie ont, en fait, un rôle secondaire : aggravant mais jamais cause première des incendies. D’autres facteurs climatiques et météorologiques, comme la sécheresse et la température, peuvent jouer un rôle plus direct en renforçant les conditions de prédisposition. Contrairement à ce qui est souvent écrit dans la presse, des facteurs comme la chaleur ou le vent contribuent au déclenchement ou à l’extension des feux mais n’alimentent pas les flammes : c’est le combustible qui joue ce rôle.

Les conditions d’occurrence des incendies de très grande ampleur ne se réduisent pas à ces facteurs plus ou moins naturels. Une fois ces conditions réunies, pour qu’un évènement hors norme justifiant la qualification de méga-incendie se produise, d’autres modalités de comportement du feu et de réponse à ce comportement entrent en jeu. Celles-ci interviennent en amont de l’évènement, comme pendant et après.

En amont, les interventions humaines participent à tous les niveaux dans le déclenchement et la propagation des incendies, comme dans la lutte contre eux. En favorisant les déclenchements mais aussi en les limitant par la prévention et la sensibilisation sur le terrain, et en agissant sur les conditions de propagation au travers de la gestion du combustible par le défrichement, le débroussaillement ou des pares-feux… L’une des définitions des mégafeux est leur résistance au confinement et leur capacité à échapper au contrôle. Par conséquent, les mesures de prévention mises en œuvre, et la gestion du feu une fois déclenché, notamment les moyens de lutte mobilisés, sont essentiels. De la même façon, le caractère extrême ou hors normes de tels incendies se mesure à leurs effets sur les enjeux exposés, qu’il s’agisse des biens et des personnes ou des environnements touchés, comme la biodiversité et les paysages. Cela ne résulte pas seulement de l’intensité ou de l’ampleur de l’incendie mais bien plus souvent de l’exposition et de la vulnérabilité des enjeux et du manque de mesures pour atténuer cette vulnérabilité, voire de l’insuffisance des moyens de lutte ou d’intervention.

3. Quelles dynamiques ?{{}}

Après la mise au point sur ce que sont les incendies de grande ampleur et les facteurs qui interviennent dans leur fonctionnement, il est aussi nécessaire de s’interroger sur les forçages en jeu dans ce fonctionnement et donc les évolutions qui peuvent en résulter. D’après Tedim et al. (2018), le comportement et les effets des mégafeux résultent de l’interaction complexe entre de nombreux facteurs, que l’on peut distinguer en fonction de leur échelle d’action. Ces auteurs distinguent, d’une part, les processus macro, agissant à l’échelle globale ou régionale, comme les forçages climatiques, et, d’autre part, les processus et conditions locaux, qu’ils soient d’ordre biophysique (météorologie, structure de la végétation) ou humains (gestion du risque). Ces forçages sont parfois distingués en forçages descendants, qui opèrent de manière relativement homogène sur de grands espaces, et en forçages ascendants, qui interviennent sur les conditions du déclenchement et de la propagation des feux et qui hétérogénéisent spatialement leur activité (Arseneault et al. 2023).

Parmi les facteurs descendants, on compte les grands types climatiques, avec leurs modes de variabilité, et les tendances climatiques décennales ou séculaires. Des liens entre l’activité des feux aux l’échelles, à la fois globale et régionale, et des phénomènes cycliques comme l’ENSO ont clairement été établis mais l’hypothèse la plus souvent discutée est celle du rôle du changement climatique global. Pour de nombreux auteurs, ce changement climatique semble clairement accroître le risque de feu, notamment celui des incendies de grande ampleur (Barbero et al. 2015, Wu et al. 2021, UNEP 2022, Burton et al. 2024). Le rapport d’experts, diffusé en 2022 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP) et le centre d’information et de données GRID-Arendal, prévoit une augmentation mondiale des incendies extrêmes pouvant atteindre 14 % à l’horizon de 2030, 30 % d’ici à 2050 et 50 % à la fin du siècle. Ce rapport constate que le risque sera élevé même dans des régions peu touchées par les feux incontrôlés, comme l’Arctique. À l’échelle globale, des études comme celle de Burton et al. (2024) démontrent, en utilisant un ensemble de modèles d’incendies, que le changement climatique explique de plus en plus les schémas régionaux de superficies brûlées, avec une augmentation mondiale de 15,8 % pour la période 2003-2019, et surtout avec une contribution grandissante du climat dans la dynamique de feux sur cette période. Aux États-Unis, en Australie ou au Canada, ainsi qu’en Europe, les mêmes tendances sont prédites pour le XXIe siècle (Barbero et al., 2015 ; Groisman et al., 2017 ; Hanes et al., 2019 ; Arseneault et al., 2023). Pour la France, de nombreuses projections des effets du changement climatique sur l’activité des incendies au XXIe siècle, confirment une augmentation générale attendue de l’exposition potentielle aux feux dont l’amplitude varie selon les scénarios du GIEC et les horizons temporels (Pimont et al. 2023) (document 4). Pour autant, en France, les grands feux pris en compte dans cette étude sont ceux supérieurs à 100 ha.

Document 4. Évolution des zones potentiellement sensibles aux incendies de forêts en France d’ici au milieu du XXIe siècle

France 2010-2050 feux de forêt

Source : carte IFN, IGN AEE et Météo France, Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique, mai 2010.

Si la plupart des simulations projettent une augmentation attendue de l’exposition aux feux en lien avec le changement climatique, dans pratiquement tous les milieux, cela ne veut pas forcément dire que les incendies, et à fortiori ceux de grande ampleur, vont augmenter dans les mêmes proportions. Comme le montre le document 1, la tendance mondiale des surfaces brûlées serait même à la baisse. Sur le terrain, il faut en effet prendre aussi en compte le rôle des facteurs ascendants qui sont bien plus importants dans la dynamique réelle des incendies. L’article de Burton et al. (2024), qui établit un effet du changement climatique sur la dynamique des feux, montre aussi que des facteurs de forçage humains ont, en revanche, contribué à réduire la superficie brûlée de 19,1 % au cours de la période d’étude (2003-2019). Comme nous l’avons vu plus haut pour les feux de brousse en Afrique de l’Ouest, dans de nombreuses régions du monde, la dégradation du couvert végétal ou plus généralement sa fragmentation limitent le développement d’incendies de grande ampleur. Dans des pays relativement proches par leurs climats et leurs types de végétation – le Portugal, l’Espagne et le Maroc – la taille des surfaces brulées annuellement est très différentes, en raison même de l’état du couvert végétal. Comme s’en prévaut l’Agence Nationale des Eaux et Forêts marocaine (ANEF), le Maroc se distingue au niveau méditerranéen par le taux le plus faible de surface incendiée par rapport à sa superficie forestière totale, mais cela n’est qu’en partie dû aux « mesures stratégiques d’attaque précoce des feux » de l’agence. L’état très fragmenté de la forêt au Maroc y contribue aussi grandement. En revanche, au Portugal, pays le plus touché par les feux de forêt en Europe, de vastes régions vidées de leur population par la déprise agricole et en grande partie reboisées en pins et en eucalyptus offrent une prise idéale aux grands incendies (document 2). On comprend bien ainsi pourquoi les forêts boréales avec leur vaste extension de résineux sont particulièrement exposées. Cependant, même dans ce cas, au Canada, Arseneault et al. (2023) montrent que la dynamique des feux est fortement influencée par les conditions d’humidité locale ou la nature des forêts, à dominance de résineux ou de feuillus. Les paysages comportant une proportion élevée de jeunes forêts offrent aussi une plus grande résistance à l’allumage et la propagation des feux que les vielles forêts.

Un autre élément remarquable est la vulnérabilité des aires protégées aux incendies de grande ampleur. C’est un fait avéré en Afrique de l’Ouest que la densité des feux de brousse est généralement bien plus élevée dans les parcs nationaux et autres réserves, qu’en dehors de ceux-ci (Caillault et al. 2015). En Australie, les feux de l’été 2019-2020 ont particulièrement touché les parcs nationaux du Sud-Est du pays. On a principalement évoqué à cette occasion les conséquences sur la faune par mortalité directe ou encore par perte d’habitat et de sources de nourriture. Pourtant, les aires protégées, par le fait même que la végétation y est souvent plus dense et plus fournie que dans les espaces environnants, offrent de fait une plus grande vulnérabilité aux incendies de grande ampleur (document 5).

Document 5. Les incendies de 2020 dans le Sud-Est de l’Australie{{}}

Feux en Australie et parcs nationaux

Image du satellite Aqua de la NASA du 4 janvier 2020 montrant les incendies dans le Sud-Est de l’Australie (données MODIS et VIIRS) avec la situation des principaux parcs nationaux : Wollemi Nat. Park, Blue Mountains Nat. Park et Alpine Nat. Park. Source : NASA Earth Observing System Data and Information System (EOSDIS).

On voit ainsi comment, parallèlement à l’augmentation des températures et des sécheresses, les changements d’affectation des terres peuvent soit limiter les conditions favorables aux feux, soit fournir au feu un combustible plus fourni et plus inflammable, et être un facteur clé des incendies. Par exemple, en 2017, Andela et al. ont constaté que la superficie brûlée mondiale aurait diminué de près de 25 % au cours des 18 années précédentes, l’expansion et l’intensification de l’agriculture ayant été les principaux facteurs de cette baisse. En même temps, dans le domaine méditerranéen, en Europe comme en Amérique du Nord, la déprise agricole, le recul du pâturage et du pastoralisme ou la perte des pratiques traditionnelles de brûlage ont permis l’expansion des maquis, garrigues et forêts sur les zones abandonnées et une accumulation de combustible, augmentant ainsi le risque d’incendies de grande ampleur (Rouet-Leduc et al., 2021). Les boisements et reboisements, à la fois à des fins de sylvicoles et de restauration, ont aussi créé des peuplements homogènes d’espèces inflammables telles que les pins et l’Eucalyptus.

Les incendies de grande ampleur se définissent aussi par leur capacité à échapper à la maîtrise des sociétés qui y sont confrontées. La gestion du risque et celle du feu une fois déclenché sont finalement le dernier maillon de cette chaîne dynamique. Une plus grande exposition de l’habitat, une perception inadéquate du risque, une mauvaise organisation de la lutte contre l’incendie et une préparation insuffisante des communautés vulnérables sont autant d’éléments qui peuvent expliquer le développement des événements de feu exceptionnels. Les incendies d’Hawaï en 2023 ou ceux de Los Angeles en janvier 2025 illustrent bien cet état des choses. Dans ce dernier cas, de vives critiques ont été émises sur les infrastructures de lutte contre le feu : bouches d’incendie vides et réserves d’eau insuffisantes, retardant l’attaque précoce des feux, absence de débroussaillage, baisse du budget des pompiers… On a même découvert l’existence de sociétés privées de pompiers dont les services étaient réservés aux plus riches ! (Le Monde du 11 janvier 2025). Les conséquences d’un tel incendie sont certes de grande ampleur et exceptionnelles – une trentaine de morts et des milliers de déplacés, au moins 23 000 ha de forêt brûlés, des milliers de bâtiments partis en fumée, et des pertes économiques estimées entre 250 et 275 milliards de dollars – mais on est bien loin là de la catastrophe naturelle due uniquement au changement climatique (document 6).

Document 6. L’incendie de Palisades, dans l’agglomération de Los Angeles, en janvier 2025{{}}

Incendie de Palisades Californie

Cliché du département de la forêt et de la protection contre les incendies de Californie (Cal Fire), le 8 janvier 2025. Licence Creative Commons BY-NC. Nombreuses photos du même événement prises par les pompiers de Californie (CAL FIRE_Official) sur cette page.

Plus largement, si l’expression de Joëlle Zask sur l’Anthropocène qui serait devenu « pyrocène » a un sens, il convient de plus en plus de dépasser les visions trop déterministes des incendies de grande ampleur et de les concevoir comme un phénomène socio-écologique complexe. Wu et al. (2021), s’appuyant sur une étude approfondie des tendances régionales et mondiales en matière de dynamiques d’incendies de végétation et de surfaces brulées, soulignaient l’importance d’inclure dans les modèles de feux les changements socio-économiques et démographiques, dans un contexte de changement climatique. Dans cette perspectives, les politiques environnementales et de gestion du risque sont peut-être l’élément clé à renouveler, en étant davantage axées sur la prévention des incendies plutôt que sur leur suppression. Un regard critique sur ces politiques est certainement nécessaire. Moreira et al. (2020), suggéraient un changement de paradigme : l’efficacité des politiques ne devant pas être principalement mesurée en fonction de la superficie brûlée, mais plutôt en fonction des dommages et pertes socio-écologiques évités (Rigolot et al. 2020). Il serait, aussi, crucial de reconnaitre et mieux prendre en compte les modes « traditionnels » de gestion des feux dans les différents contextes culturels.

Conclusion{{}}

Avec les réserves nécessaires sur le terme de mégafeu lui-même, la conclusion de cet article ne peut évidemment être univoque.

La plupart des projections du changement climatique, qu’il s’agisse de rapports d’experts ou d’études scientifiques, suggèrent une augmentation de l’exposition au risque d’incendie dans toutes les régions du globe au cours des dernières et des prochaines décennies, souvent accompagnée d’un allongement de la saison favorable aux feux. Malgré leur caractère nécessaire, les facteurs de prédisposition et d’éclosion, le climat et les activités humaines, qui sont invoqués dans ces projections, ne sont jamais suffisants pour expliquer le développement d’incendies de grande ampleur. Ce sont en revanche les facteurs d’extension des incendies et ceux qui déterminent leurs conséquences, environnementales et socio-économiques, qui semblent être la cause essentielle des dynamiques complexes que connaissent ces feux. Une compréhension sérieusement fondée sur les processus de leur fonctionnement, de leur fréquence et de leur distribution spatiale reste difficile à cerner et les données disponibles en ce qui concerne leur gravité sont encore limitées.

Comme l’écrivaient, en 2016, S. Doerr et C. Santín, les perceptions largement répandues dans les médias et certains rapports d’experts selon lesquelles les feux de forêt seraient un problème qui s’accélère, et l’idée associée d’une augmentation de leur fréquence, de leur gravité et des dégâts qui en résultent, doivent être mieux circonstanciées. Malgré d’importantes exceptions, les preuves quantitatives disponibles ne soutiennent pas toujours ces tendances perçues. Les sources d’incertitude susceptibles d’affecter la fiabilité des projections relatives aux feux relèvent autant des scénarios climatiques et des modèles de relations climat-incendie que de l’influence de l’état des combustibles, des rétroactions feu-végétation et des facteurs anthropiques des relations climat-végétation-incendie (Dupuy et al., 2020 ; Rigolot et al., 2020).

La superficie mondiale brûlée a globalement diminué au cours des dernières décennies, notamment en raison de la dégradation et de la fragmentation des couverts végétaux dans beaucoup de régions.{{}}

Paradoxalement, s’il semble, en première approximation, qu’il s’agisse d’un problème global, en relation avec des forçages globaux, cette échelle n’est peut-être pas la plus pertinente pour comprendre le phénomène des mégafeux, autrement dit des incendies de grande ampleur. Une approche géographique qui combine les différentes échelles spatiales, qui dépasse les déterminismes simplificateurs et qui intègre tous les facteurs humains (socio-économiques, politiques et culturels) reste encore à développer pour proposer une vision holistique de l’événement d’incendie exceptionnel en tant que phénomène socio-écologique.


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Mots-clés - Retrouvez les mots-clés de cet article dans le glossaire : climat | dérèglement climatique global | ENSO | forçage | formation végétale | mégafeu | risque.

Aziz BALLOUCHE Université d’Angers, UMR ESO 6590 CNRS - Édition et mise en web : Jean-Benoît Bouron

Pour citer cet article
 : Aziz Ballouche, « Mégafeux, du vocabulaire médiatique à la caractérisation scientifique », Géoconfluences, septembre 2025.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/changement-global/articles-scientifiques/megafeux-du-vocabulaire-mediatique-a-la-caracterisation-scientifique

Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/changement-global/articles-scientifiques/megafeux-du-vocabulaire-mediatique-a-la-caracterisation-scientifique

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FR - Les feux de forêt canadiens dans le nord de l’Ontario ont envoyé d’épais panaches de fumée sur des milliers de kilomètres à l’est et au sud, enveloppant de nombreuses villes américaines d’une brume dangereuse.

Ici, une visualisation de la NASA suit la fumée du 14 au 20 juillet 2026. Des couleurs de fumée plus foncées indiquent une intensité croissante, ce qui correspond à une moins bonne qualité de l’air. Des régions rouges vives indiquent des incendies actifs. ⏸ Studio de visualisation scientifique de la NASA - Écoutez cet article

EN - Canadian wildfires in northern Ontario sent thick plumes of smoke thousands of kilometers to the east and south, blanketing many U.S. cities in hazardous haze. Here, a NASA visualization tracks the smoke from July 14 through July 20. Darker smoke colors indicate increasing smoke intensity, corresponding to worse air quality. Bright red regions indicate active fires. NASA Scientific Visualization Studio

Le Canada est en feu. Plus de 190 feux de forêt qui ravagent l’Ontario en juillet ont jusqu’à présent brûlé plus de 735 000 hectares de forêt boréale ou subarctique. Et la fumée épaisse de ces incendies a étouffé le Midwest américain et la côte Est pendant plusieurs jours de denses volutes de brume dangereuse.

Un scénario similaire s’est produit en 2023, lorsque la fumée d’une année dévastatrice et record d’incendie au Canada a également teinté la silhouette de certaines villes américaines d’orange. Les projections du changement climatique futur suggèrent qu’il y aura probablement beaucoup d’autres événements de ce type.

Qu’est-ce qui explique la hausse des incendies extrêmes en Amérique du Nord ? Voici trois faits parfois contre-intuitifs sur les incendies boréaux qui pourraient aider à percer la brume.

La foudre déclenche les plus grands incendies{{}}

La recette d’un incendie de forêt extrême se compose de trois ingrédients : une source d’allumage ; une végétation sèche prête à brûler ; et un temps chaud et venteux.

Les incendies dans les forêts boréales du Canada sont principalement déclenchés par la foudre ou par des activités humaines : le lancer négligent d’un mégot de cigarette, une braise perdue d’un feu de joie ou une étincelle d’un chemin de fer. En termes de nombre simple d’incendies qu’ils déclenchent chaque année, la foudre et les humains sont à peu près équivalents.

Mais en ce qui concerne la superficie totale brûlée, ce n’est même pas proche. La foudre est de loin la principale source d’inflammation, responsable d’environ 92 % de la surface brûlée — souvent dans les régions les plus reculées du Canada, où les incendies sont généralement surveillés plutôt que combattus.

« La forêt boréale est évoluée pour brûler ; c’est ainsi qu’il se remplace lui-même », explique Chelene Hanes, scientifique spécialisée en incendies de forêt au Service des forêts du Canada, basée à Sault Ste. Marie en Ontario. « Il est écologiquement responsable de laisser les incendies faire ce qu’ils font », tant qu’ils ne menacent pas d’impacter les communautés, dit-elle.

Un feu de forêt qui s’est déclaré vers le 13 juillet 2026 dans le nord-ouest de l’Ontario, au Canada, a traversé la Première Nation Collins, une communauté ojibwa, illustré ici le 22 juillet. Chris Young/The Canadian Press via AP

Le Canada est si vaste et peu peuplé que combattre les incendies dans sa nature sauvage inhabitée n’est pas non plus une bonne utilisation des ressources. Une suppression efficace des incendies nécessite généralement une réponse rapide pour une efficacité maximale, peut-être dans les 30 premières minutes suivant l’allumage. C’est bien moins probable pour les incendies isolés que pour ceux situés dans les zones peuplées.

Les messages publics sur la gestion des incendies ont probablement contribué à une baisse des incendies d’origine humaine d’ici 2018. Mais les données récentes suggèrent que les incendies causés par l’homme sont de nouveau en hausse. Ce n’est peut-être pas parce que les gens sont devenus plus négligents, explique Hanes. Au contraire, à mesure que le changement climatique mondial rend le paysage de plus en plus sec et plus chaud, des étincelles encore plus petites pourraient provoquer d’énormes incendies.

Les pires incendies alimentent le feu{{}}

Les feux de forêt extrêmes — ceux qui brûlent plus de 200 000 hectares de terres — dominent désormais les statistiques annuelles des feux au Canada. Ces géants sont relativement peu nombreux, ne représentant que 3 % des incendies annuels. Mais ils sont responsables de 97 % des terres brûlées.

« Les intempéries extrêmes d’incendie font vraiment vibrer le monde du feu au Canada. Et, je dirais, aussi aux États-Unis », déclare Mike Flannigan, scientifique des incendies de forêt à l’université Thompson Rivers à Kamloops, en Colombie-Britannique.

« Extrême » dans le jargon du feu désigne spécifiquement d’immenses zones brûlées — mais ces grands incendies peuvent aussi être extrêmement intenses, brûlant si fort qu’ils engendrent leur propre météo. La chaleur qui s’élève de ces incendies dans l’atmosphère est de plus en plus susceptible de former des nuages pyrocumulus, des orages de feu qui peuvent à leur tour engendrer plus d’éclairs et déclencher de nouveaux incendies.

« On voit de plus en plus ces pigeons », dit Flannigan. « Ils ont toujours existé, mais leur nombre ne cesse d’augmenter. » La saison des incendies de forêt au Canada de 2023, par exemple, a enregistré le plus grand nombre d’orages provoqués par le feu, avec plus de 140 ; Le précédent record avait été établi en 2021, avec 100 exemplaires.

La suppression des incendies est également beaucoup plus difficile avec ces incendies intenses. En général, les stratégies de confinement des incendies incluent des attaques aériennes directes, telles que la chute d’eau, de produits chimiques ignifuges ou de mousses depuis des avions. Les attaques indirectes sont les prochaines étapes : des opérations de burnout qui brûlent des terres devant l’endroit où le feu se propage avec le vent, tentant de le dépouiller de carburant.

Mais « lorsqu’il y a un incendie vraiment intense, les outils dans la boîte à outils du responsable des incendies commencent à se dégrader rapidement », explique Hanes. « À un certain moment, le feu devient une inondation ou un ouragan — quand il génère sa propre météo, ce n’est plus quelque chose que nous pouvons combattre. »

Les attaques aériennes peuvent gagner un peu de temps en ralentissant les flammes, mais le sol peut encore couver pendant des semaines. « Si vous n’avez pas les points chauds, une semaine plus tard vous aurez un gros vent et c’est parti pour la course », dit Flannigan. Des équipes au sol équipées de caméras infrarouges sont nécessaires pour localiser ces points chauds et les éteindre.

Les gestionnaires des incendies du Canada luttent également contre un autre type d’incendie de forêt : la désinformation sur les réseaux sociaux suggérant que les feux incontrôlables du pays résultent de pratiques de gestion inadéquates. Certaines affirmations suggèrent que maîtriser les incendies devrait être relativement simple, consistant à enlever les arbres plus anciens riches en combustible ou les débris du sol forestier.

Mais ce type de gestion routinière ne serait ni possible ni souhaitable dans l’ensemble des vastes arrière-pays du Canada, qui s’étendent sur environ 300 millions d’hectares. De plus, la logique est erronée, affirment les chercheurs : ces régions n’ont jamais été gérées, il n’est donc pas logique qu’un manque de gestion y soit responsable de la récente augmentation des incendies extrêmes.

Le véritable problème sous-jacent, selon les scientifiques, est que les forêts boréales sont de plus en plus propices aux incendies violents, en raison du changement climatique.

Comment la fumée des feux de forêt impacte la santé{{}}

Lorsque les incendies de forêt dévorent forêts et prairies, ils rejettent de fines particules dans l’air, des fragments inhalables de biomasse environ 30 fois plus petits que la largeur d’un cheveu humain.

Ces minuscules particules peuvent se loger dans les poumons ou se diriger vers la circulation sanguine — et sont donc liées à des lésions pulmonaires, un risque accru de crise cardiaque et une espérance de vie réduite. Des années d’exposition répétée à la fumée des feux de forêt peuvent également augmenter les risques de décès prématuré, selon les chercheurs.

De plus, les gaz présents dans la fumée, y compris le formaldéhyde, le benzène et l’ozone, peuvent également nuire à la santé respiratoire.

En combinant ces dangers liés à la fumée avec des températures élevées — un scénario qui devrait probablement s’accentuer à mesure que la planète continue de se réchauffer — et le risque de mortalité augmente encore, explique Sarah Henderson, directrice scientifique des services de santé environnementale au Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique à Vancouver.

L’impact de la fumée et de la chaleur ensemble est supérieur à la somme de leurs effets individuels, explique Henderson. Alors, quand la fumée estivale se profile, « déménagez dans un bon environnement intérieur avec un air plus frais et plus frais, si possible. »

Cette image de la concentration de petites particules et d’ozone, cartographiée le 17 juillet, montre comment le panache de fumée des incendies a impacté la qualité de l’air dans les villes du nord et du nord-est des États-Unis. Les couleurs violettes indiquent les conditions les plus malsaines.Airnow.gov

Oui, le changement climatique aggrave la situation{{}}

Les prévisions suggèrent que 2026, bien que toujours annoncée comme une année d’incendie, ne détrônera pas 2023 en tant que détenteur du record.

« 2023 était dingue ; c’était hors normes », dit Flannigan. Cette année-là, un record de 15 millions d’hectares — une superficie à peu près de la taille de l’État de l’Illinois — a brûlé au Canada, à partir du début mai. Cela éclipsait le précédent record, à peine 6,9 millions d’hectares.

Aussi choquante que fût 2023, cela fait partie d’une tendance inquiétante à long terme. Une étude d’attribution climatique qui a analysé la saison des feux exceptionnellement sévère dans l’est du Canada a déterminé que le changement climatique a plus que doublé la probabilité de conditions extrêmes d’incendies dans la région.

Le Canada se réchauffe à environ deux fois le rythme mondial, avec des étés plus longs et plus chauds et une fonte des neiges plus précoce. Une atmosphère plus chaude aspire beaucoup plus rapidement l’humidité du combustible mort dans le sol forestier ou dans les sols. Les changements dans le courant-jet de l’hémisphère Nord réduisent également les précipitations. Et les hivers plus chauds élargissent l’aire de répartition des coléoptères des pins qui tuent les arbres. Tout cela signifie plus de carburant disponible à brûler.

« Les grands feux deviennent plus grands, couvrant une plus grande surface et brûlant plus longtemps », dit Hanes. Des paysages plus secs signifient aussi moins de zones humides qui servaient autrefois de pare-feu, et des incendies plus importants peuvent traverser les nombreux lacs du Canada sans être éteints de manière significative.

Dans une analyse de 2025, Hanes, Flannigan et d’autres ont examiné les tendances des incendies du pays depuis le début des registres détaillés dans les années 1950. De 1959 à 2024, l’étude a révélé que les très grands incendies — ceux qui brûlent plus de 20 000 hectares — deviennent plus importants et représentent une plus grande proportion de la superficie brûlée.

Les six années d’incendie les plus actives enregistrées au Canada ont toutes eu lieu dans la dernière décennie, et plus de terres ont brûlé entre 2017 et 2025 que dans l’ensemble du reste des registres.

Et 2023, 2024 et 2025 ont toutes été des années de grands incendies, la première fois qu’il y en a eu trois d’affilée, explique Flannigan. Donc « 2026 a été un test décisif : verrons-nous une nouvelle saison active des incendies au Canada ? Alors on peut probablement s’attendre à en attendre un chaque année, à cause de notre climat changeant. » - « L’avenir », ajoute-t-il, « est chaud et enfumé. »

Citations : {{}}

C.C. Hanes et al. Fire regime changes in Canada : an update. Canadian Journal of Forest Research. 2025. doi : 10.1139/cjfr-2025-0209

E.S. Coker, et al. The synergistic effects of PM2.5 and high temperature on community mortality in British Columbia. npj Clean Air. 2025. doi : 10.1038/s44407-025-00014-9

World Weather Attribution. Climate change more than doubled the likelihood of extreme fire weather conditions in Eastern Canada. 2023

C.C. Hanes et al. Fire-regime changes in Canada over the last half century. Canadian Journal of Forest Research. 2019. doi : 10.1139/cjfr-2018-0293

À propos de Carolyn Gramling E-mail X - Carolyn Gramling est l’auteure d’articles sur la terre et le climat. Elle est titulaire d’une licence en géologie et en histoire européenne ainsi que d’un doctorat en géochimie marine du MIT et de la Woods Hole Oceanographic Institution.

Par Carolyn Gramling17 juin 2026 - Actualités scientifiques

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Source de l’article traduit : https://www.sciencenews.org/article/what-blame-canada-wildfires-toxic-smoke

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  • Un « orage de feu » : qu’est-ce qu’un « pyrocumulonimbus », ce phénomène observé lors de l’incendie en Gironde et jusque-là inédit en France  ? - Par SudOuest.fr - 26 juillet 2026 Mis à jour le 26/07/2026 à 17h20.

Ce phénomène de pyrocumulonimbus a d’autant plus compliqué la tâche des pompiers. © Crédit photo : SDIS33

En Gironde, le brasier a engendré la formation d’un pyrocumulonimbus, un orage de feu capable de générer sa propre météo et de compliquer le travail des pompiers par des déplacements imprévisibles

C’est un phénomène d’ampleur qui n’avait encore jamais été observé en France. Jusqu’à ce que l’incendie de Saumos embrase une grande partie de la Gironde. « Aux alentours de 18 h 20 ce vendredi, le feu s’est transformé en pyrocumulonimbus, un phénomène jamais observé en France, c’est une première », expliquait, samedi, Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d’incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33).

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Ce nuage, sorte « d’orage de feu », s’est créé lorsque, vendredi, vers 17 h 45, l’incendie est passé en phase convective. La chaleur extrême du brasier et le panache de fumée font monter l’air à grande vitesse. Une fois en hauteur, cet air chaud, et très dense, se refroidit, puis la vapeur se condense sur les cendres et forme ensuite un nuage au-dessus du panache.

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Alors que le Sud-Ouest fait face à deux incendies d’une violence rare, en Gironde et dans les Landes, le mercure devrait de nouveau s’emballer en milieu de semaine prochaine. Une « très mauvaise nouvelle »

Ce nuage, appelé pyrocumulus, s’est ensuite transformé en pyrocumulonimbus. Un nuage cette fois capable de générer des éclairs et sa propre météo. Mais sa foudre peut frapper sans pluie et propager l’incendie, tout comme les courants descendants d’air plus froid peuvent transporter des braises qui enflamment le sol. Les nuages peuvent aussi produire de puissants courants ascendants et des « rafales descendantes » générant des vents extrêmement violents pouvant attiser les flammes existantes. Ils peuvent même créer des tornades de feu. En bref, c’est un phénomène très dangereux et incertain.

Le pyrocumulonimbus (ou cumulonimbus flammagenitus) est un orage de feu provoqué par une source de chaleur extrême, comme un méga-incendie de forêt ou une éruption volcanique. Ce phénomène redoutable se forme lorsque le brasier modifie la météo locale au point de créer son propre système orageux.

https://media.sudouest.fr/30069006/1200x-1/la-formation-de-pyrocumulonimbus.jpg?v=1785079202

Visactu

Cette météo particulière, spécifique à l’incendie, complique d’autant plus la tâche des pompiers, car il rend plus imprévisible ses déplacements : des départs de feux peuvent ainsi démarrer à des kilomètres de l’incendie.

Habituel en Australie{{}}

Si la France expérimente pour la première fois ces phénomènes météorologiques extrêmes, l’Australie est déjà habituée. Entre 2001 et 2016, 56 orages de ce genre ont été enregistrés dans le pays. Lors du « samedi noir » dans l’État de Victoria en 2009, les éclairs ont provoqué de nouveaux incendies jusqu’à 100 kilomètres plus loin que l’incendie d’origine.

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Source : https://www.sudouest.fr/faits-divers/incendies/un-orage-de-feu-qu-est-ce-qu-un-pyrocumulonimbus-ce-phenomene-observe-lors-de-l-incendie-en-gironde-et-jusque-la-inedit-en-france-30069006.php

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  • Retardant : article Wikipédia{{}}

Ne doit pas être confondu avec Retardateur de flamme.

Cet article adopte un point de vue régional ou culturel particulier et nécessite une internationalisation (juillet 2026). Merci de l’améliorer ou d’en discuter sur sa page de discussion ! Vous pouvez préciser les sections à internationaliser en utilisant section à internationaliser.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e3/Hercules_C130_bombardier_d_eau_Californie.jpg/250px-Hercules_C130_bombardier_d_eau_Californie.jpg?utm_source=fr.wikipedia.org&utm_campaign=parser&utm_content=thumbnail

Un Hercules C-130 largue du retardant sur une forêt en Californie (1997).

Un retardant est un produit chimique destiné à freiner la propagation des feux de forêt.

Composition et fonctionnement{{}}

Le retardant généralement utilisé en France est le phosphate d’ammonium, substance par ailleurs utilisée dans certains engrais[1].

Le mélange est généralement composé de :

  • 80 % d’eau (solvant principal)
  • 20 % de concentré liquide « retardant », lui-même constitué de :
  • Phosphate d’ammonium ou polyphosphate d’ammonium : sel ignifugeant principal,
  • Agent épaississant : gomme, argile ou autres polymères pour augmenter la viscosité et l’adhérence aux végétaux,
  • Oxyde de fer(III) (Fe₂O₃) : pigment rouge ocre qui colore le mélange pour repérer les zones déjà traitées.
  • Additifs mineurs : agents tensioactifs pour une meilleure dispersion, stabilisants, et parfois de l’hexacyanoferrate de sodium.

La formulation exacte varie selon les marques commerciales (ex. : FIRE-TROL), mais repose toujours sur cette base de polyphosphate d’ammonium (80–95 % du concentré), d’oxyde de fer (0,1–3 %) et d’argile.

Le retardant d’incendie est utilisé surtout sur la végétation intacte en amont (pour créer la barrière chimique qui ralentira la progression du feu). Il ralentit la propagation du feu en agissant à la fois chimiquement et physiquement : sous l’effet de la chaleur, le phosphate se décompose en acide qui provoque une carbonisation de surface de la végétation, formant une barrière isolante qui repousse la température d’inflammation de quelque 300 °C à environ 700 °C. L’agent épaississant permet au produit d’adhérer durablement aux plantes, créant un film protecteur repérable laissant aux pompiers le temps d’intervenir avant que le feu ne gagne du terrain.

Usages - Le retardant est souvent appliqué par largage à partir d’un avion bombardier d’eau ou d’un hélicoptère, mais peut également l’être depuis des engins terrestres….

Lire en totalité sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Retardant

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  • Pollutions - Incendies : quel est ce produit rouge largué sur les forêts ? - Par Scandola Graziani - 17 juillet 2026 à 07h30 Mis à jour le 18 juillet 2026 à 07h00 – Document ‘Reporterre’
Incendies : quel est ce produit rouge largué sur les forêts<small class='fine d-inline'> </small>?

Un Dash Q400-MRE à Bouleternère, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 6 juillet 2026. - © Jean-Christophe Milhet / AFP

Pour freiner les feux de forêt, les pompiers français utilisent du « retardant », un produit rouge vif. Des scientifiques cherchent une alternative car il peut entraîner une fertilisation excessive des rivières et contenir des métaux lourds.

Un puissant jet rouge vif jaillissant d’un camion-citerne, un autre se déversant depuis le ventre d’un avion Dash… Pour maîtriser l’incendie en forêt de Fontainebleau, au sud-est de Paris, les pompiers ont épandu des litres de « retardant ».

A lire sur ce site : https://reporterre.net/Incendies-quel-est-ce-produit-rouge-largue-sur-les-forets

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8.
Présentation synthétique des substances retardantes utilisées dans la lutte contre les feux, avec un focus sur les risques sanitaires et les pollutions potentielles pour les populations vivant dans les zones d’intervention – D’après une requête formulée auprès de ‘ChatGPT’ en août 2026

1. Que sont les produits retardants ?{{}}

Dans la lutte contre les incendies de végétation, plusieurs types de produits peuvent être utilisés :

  • l’eau, parfois additionnée d’agents améliorant son efficacité ;
  • les mousses et agents mouillants ;
  • les retardants à long terme, généralement colorés (souvent rouges), largués par avion ou appliqués au sol ;
  • dans certains contextes industriels, des mousses extinctrices spécialisées.

Les retardants à long terme sont principalement destinés à ralentir la propagation du feu en modifiant la manière dont la végétation brûle.

2. Composition des retardants :{{}}

Les formulations varient selon les fabricants, mais peuvent contenir notamment :

Sels à base de phosphates - Souvent : phosphates d’ammonium ; poly-phosphates. Ils constituent généralement le principal agent retardant.

Additifs - Selon les produits : épaississants ; agents de suspension ; tensioactifs ; stabilisants ; inhibiteurs de corrosion ; colorants permettant de visualiser les zones traitées. La composition exacte peut varier considérablement. Il est donc essentiel d’identifier le produit précis utilisé lors d’une intervention.

3. Risques sanitaires pour les riverains :{{}}

Exposition directe - Une personne peut être exposée par : inhalation d’aérosols ou de poussières ; contact avec la peau ou les yeux ; ingestion accidentelle, notamment chez les enfants ; consommation d’eau ou d’aliments contaminés.

Les effets immédiats peuvent inclure : irritation des yeux ; irritation de la peau ; gêne respiratoire ; irritation du nez et de la gorge ; troubles digestifs en cas d’ingestion importante.

Les personnes souffrant de pathologies respiratoires, les enfants, les personnes âgées et les personnes fortement exposées peuvent constituer des populations plus vulnérables.

Risques liés à la contamination indirecte : {{}}

Après une intervention, le produit peut rester sur : les sols ; les toitures ; les jardins ; les potagers ; les citernes de récupération d’eau de pluie ; les cours d’eau.

Le risque dépend notamment de la quantité déposée, de la distance par rapport aux zones habitées, de la pluie et du ruissellement ultérieur.

4. Pollution des sols et des milieux aquatiques - C’est l’un des principaux sujets de préoccupation. Les phosphates et composés azotés peuvent contribuer à un enrichissement excessif des milieux aquatiques en nutriments. Cela peut favoriser : la prolifération d’algues ; l’eutrophisation des cours d’eau et plans d’eau ; une diminution de l’oxygène disponible dans l’eau ; des perturbations pour les poissons et autres organismes aquatiques.

Un largage accidentel ou important à proximité d’un cours d’eau, d’une zone humide ou d’un captage d’eau peut donc être particulièrement problématique.

5. Cas particulier des mousses et substances fluorées - Il est important de distinguer les retardants utilisés contre les feux de végétation des mousses anti-incendie utilisées notamment contre certains feux industriels ou de carburants.

Historiquement, certaines mousses ont contenu des substances fluorées de la famille des PFAS. Ces substances sont préoccupantes car elles peuvent être : très persistantes dans l’environnement ; mobiles dans les sols et les eaux ; susceptibles de contaminer les nappes phréatiques ; capables de s’accumuler dans certains organismes. Les populations vivant à proximité de zones d’entraînement ou d’intervention répétée peuvent donc être exposées à une pollution durable lorsque de telles substances sont utilisées.

6. Après un incendie : un effet cumulatif - Il ne faut pas considérer le retardant isolément. Après un feu, les populations peuvent être exposées simultanément à :

  • la fumée et aux particules fines ;
  • aux substances toxiques issues de la combustion de bâtiments, véhicules, plastiques ou matériaux divers ;
  • aux cendres ;
  • aux retardants et agents extincteurs ;
  • au ruissellement contaminé après les premières pluies.

NB. Cette combinaison composée peut représenter une source de pollution plus importante que le seul produit retardant.

7. Recommandations pour les habitants concernés - Après une intervention avec largage ou pulvérisation de produits : éviter tout contact direct avec les dépôts visibles ; tenir les enfants et les animaux éloignés des zones contaminées ; laver soigneusement les fruits et légumes des jardins exposés ; nettoyer les surfaces extérieures avant leur utilisation ; éviter de consommer l’eau d’une citerne de récupération si celle-ci a pu être contaminée ; surveiller les puits, sources ou petits cours d’eau proches ; demander aux autorités le nom exact du produit utilisé et sa fiche de données de sécurité ; documenter par photos les dépôts observés et leur localisation.

8. Point essentiel : transparence et surveillance - Pour les habitants d’une zone d’intervention, il serait souhaitable que les autorités communiquent systématiquement : le nom commercial du produit utilisé ; sa composition ; les quantités employées ; les zones concernées ; les éventuelles analyses de l’eau et des sols ; les consignes sanitaires spécifiques.

Conclusion : {{}}

Les retardants peuvent être utiles pour protéger les populations et limiter la propagation des incendies. Cependant, leur utilisation n’est pas sans conséquences environnementales. Les risques dépendent fortement du produit utilisé, des quantités, du lieu de largage et de la proximité des habitations, des cultures et des ressources en eau. Le point le plus important pour les riverains est donc d’obtenir une information précise sur les substances réellement utilisées et, lorsque l’exposition est significative, de mettre en place une surveillance des sols, des eaux et éventuellement des denrées produites localement.

Note en bref - Retardants et agents utilisés lors des feux de végétation : risques sanitaires, impacts environnementaux et protection des riverains{{}}

Objet de la note - Cette note a pour objectif de présenter, de manière accessible aux habitants, associations de riverains et élus locaux, les principales substances utilisées lors de la lutte contre les incendies de végétation, ainsi que leurs effets potentiels sur la santé humaine et l’environnement.

Point important : il convient de distinguer les retardants largués pour ralentir la progression d’un feu des mousses extinctrices spécialisées. Les risques et les compositions ne sont pas nécessairement les mêmes.

En France, le retardant aérien actuellement utilisé par la sécurité civile est principalement composé d’eau et de poly-phosphate d’ammonium, avec divers additifs. Les informations disponibles indiquent qu’il ne doit pas être assimilé aux mousses historiques contenant des PFAS.

Tableau synthétique sur les principales substances ou familles de produits retardants concernées{{}}

Substance / famille

Usage principal

Risques sanitaires potentiels

Impacts environnementaux

Mesures de protection

Eau{{}} Extinction et refroidissement Pas de risque chimique intrinsèque Peut entraîner ruissellement, érosion et transport de cendres ou polluants Éviter les zones d’intervention ; surveiller les eaux après incendie
Polyphosphate d’ammonium{{}} Retardant à long terme : ralentit la propagation du feu Irritation possible en cas de contact ou d’exposition directe selon la formulation ; risque surtout lié à une exposition importante Apport d’azote et de phosphore ; risque d’eutrophisation des milieux aquatiques Éviter les dépôts directs ; protéger cours d’eau, puits, citernes et zones sensibles
Additifs : épaississants, argiles, agents de corrosion, stabilisants{{}} Améliorer l’adhérence, la viscosité, la conservation et l’utilisation du produit Dépend de la substance précise ; irritation ou effets spécifiques possibles Effets variables selon la formulation et les quantités Demander la composition exacte et la fiche de données de sécurité
Colorants / oxyde de fer{{}} Rendre visible la zone traitée Risque généralement limité aux expositions directes et répétées Dépôts temporaires sur sols et végétation Éviter le contact inutile et nettoyer les surfaces contaminées
Mousses extinctrices spécialisées{{}} Certains feux industriels, hydrocarbures ou carburants Dépend fortement de la formulation Certaines formulations historiques ont été associées à des contaminations persistantes, notamment par PFAS Identifier précisément la mousse utilisée et contrôler les eaux et sols si nécessaire
PFAS – selon les produits et usages{{}} Certaines mousses anti-incendie, principalement hors du cadre du retardant aérien classique de végétation Préoccupations concernant notamment certains effets sur la santé, selon les substances et les niveaux d’exposition Très grande persistance environnementale ; contamination possible des sols et des eaux Recherche de la source, analyses ciblées, information des populations et surveillance environnementale

« « « {{}}

Les PFAS sont une famille très vaste de substances persistantes dans l’environnement. Ils peuvent notamment être associés à certaines mousses anti-incendie ; il est donc essentiel de ne pas confondre cette problématique avec celle du retardant aérien phosphaté utilisé pour les feux de végétation.

Rappel des recommandations pratiques pour les habitants - Après une intervention ayant entraîné un largage ou une pulvérisation de produit, il est recommandé de :

  • Ne pas toucher inutilement les dépôts visibles.
  • Éloigner temporairement les enfants et les animaux des zones concernées.
  • Éviter de consommer immédiatement l’eau d’une citerne ayant pu recevoir des retombées.
  • Nettoyer les surfaces extérieures accessibles après avoir obtenu les consignes adaptées au produit concerné.
  • Laver soigneusement les fruits et légumes provenant d’un jardin exposé.
  • Ne pas utiliser un puits ou une source potentiellement contaminée sans information ou analyse appropriée.
  • Photographier les dépôts visibles et noter leur localisation et la date de l’intervention.
  • Demander officiellement aux services compétents le nom commercial du produit et sa fiche de données de sécurité.
  • Signaler toute mortalité inhabituelle de poissons, d’animaux ou toute modification importante de la qualité d’un cours d’eau.

* Accorder une attention particulière aux personnes fragiles : enfants, personnes âgées et personnes souffrant de pathologies respiratoires.

Ce que les riverains peuvent demander aux autorités - Une association de riverains ou une collectivité peut légitimement demander une information claire sur :

  • Le nom exact du produit utilisé ;
  • Sa composition et sa fiche de données de sécurité ;
  • Les quantités approximatives utilisées ;
  • Les secteurs géographiques concernés ;
  • La proximité des habitations, cultures, puits et captages d’eau ;
  • Les mesures de protection prises pour les milieux aquatiques ;
  • Les éventuelles analyses réalisées sur les eaux et les sols ;
  • Les consignes spécifiques données aux habitants.

La transparence est essentielle : elle permet d’éviter à la fois la banalisation d’un risque réel et l’apparition d’inquiétudes injustifiées.

Conclusion finale sur les retardants : {{}}

Les produits retardants constituent un outil de lutte contre les incendies, destiné à ralentir la progression du feu et à faciliter la protection des populations et des biens. Toutefois, leur utilisation peut avoir des conséquences environnementales, en particulier lorsqu’ils atteignent les cours d’eau ou sont entraînés par le ruissellement. Pour les riverains, la priorité est donc de connaître précisément quel produit a été utilisé, où, en quelle quantité et à proximité de quelles ressources sensibles.

Il convient également de rappeler que les conséquences sanitaires et environnementales d’un incendie résultent souvent d’une combinaison de facteurs : fumées, particules, cendres, matériaux brûlés, eaux de ruissellement et, dans certains cas, produits employés lors de l’intervention.

Message central pour une réunion publique - La lutte contre l’incendie est indispensable, mais elle doit s’accompagner d’une information transparente, d’une protection renforcée des ressources en eau et, lorsque l’exposition le justifie, d’une surveillance environnementale adaptée.

Sources documentaires principales : {{}}

  • Anses : travaux sur la pollution liée aux incendies de végétation et leurs effets sur la santé et l’environnement.
  • INRAE : informations sur les effets environnementaux des retardants utilisés dans la lutte contre les incendies.
  • Ministère de la Transition écologique : informations sur les PFAS et leur persistance environnementale.
  • Documentation publique sur la défense de la forêt contre l’incendie et les enjeux environnementaux liés aux retardants.

NB. « Les données relatives aux produits effectivement utilisés lors d’une intervention doivent être confirmées auprès des services compétents et des fiches de données de sécurité correspondantes ».

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Annexe - Forêts - « Elles seront les dernières à brûler » : face au chaos climatique, les vieilles forêts résistent - Par Magali Reinert - 26 août 2026 à 15h59 Mis à jour le 27 août 2026 à 14h03 – Publication ‘Reporterre’ (extrait)

«<small class='fine d-inline'> </small>Elles seront les dernières à brûler<small class='fine d-inline'> </small>» : face au chaos climatique, les vieilles forêts résistent

Là où elles subsistent, les vieilles forêts semblent moins dépérir que les autres face au réchauffement climatique. Leur biodiversité est une des clés de leur robustesse.

Un œil expert repère une vieille forêt à ses vieux et à ses morts. Autrement dit, à l’âge des arbres et la grande quantité de bois morts. Pour les forestiers, une forêt peut en effet prétendre être vieille si elle a plus de 200 ans et si elle n’a pas, ou très peu, été touchée par les activités humaines. La présence de bois morts sur pied et au sol étant une preuve de la deuxième condition. Là, l’absence d’intervention humaine depuis des siècles est une bonne garantie anti-incendies … - Lire la suite par-là < https://reporterre.net/Elles-seront-les-dernieres-a-bruler-face-au-chaos-climatique-les-vieilles-forets

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Outils utilisés :{{}}

  • DeepL pour les traductions  : un service de traduction automatique et d’amélioration de texte en ligne lancé en 2017, qui appartient à la société allemande ‘DeepL GmbH’
  • L’outil d’assistance documentaire ponctuelle de ‘ChatGPT’ pour une synthèse et un tableau récapitulatif des produits retardants utilisables contre les feux « [ChatGPT, prononcé en français [ t͡ʃa.t͡ʒe.pe.te], est un agent conversationnel (chatbot) d’intelligence artificielle développé par OpenAI. ChatGPT utilise des transformeurs génératifs pré-entraînés, tels que GPT-5, afin de générer du texte, des images ou des réponses vocales…] – NB. Le choix du sujet, l’orientation générale du dossier, la sélection finale des informations et des sources, ainsi que la responsabilité éditoriale du document, restent ceux de l’auteur, Jacques Hallard.

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant

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– 30/08/2026

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Pour mémoire - Le site ISIAS a été fondé par Jacques Hallard, ingénieur diplômé du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). L’acronyme ISIAS signifie : Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales. Le projet est géré et mis en ligne avec la collaboration bénévole de Pascal Paquin, également actif sur la plateforme écocitoyenne associative Yonne Lautre.

Les objectifs majeurs du site ISIAS - D’après le document et la charte du projet, ce site poursuit trois buts essentiels :

  • Médiation scientifique et didactique - Proposer des dossiers thématiques, des collectes de documents et des traductions pour diffuser les connaissances scientifiques.
  • Éducation populaire - Offrir un accès gratuit et indépendant à l’information pour encourager les mobilisations citoyennes.
  • Promotion d’alternatives écologiques et sociétales - Alimenter la réflexion autour de la résilience écologique, du climat, ou encore de l’expression artistique engagée.

Ce site se distingue par une démarche éthique stricte : il est entièrement gratuit, dénué de toute publicité ou subvention, et conçu avec une empreinte numérique réduite

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : © ISIAS Forêts Mégafeux Retardants.7.docx

Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !

https://isias.info/local/cache-vignettes/L99xH99/10000000000000c8000000c80ff59cec-f91e7.jpg?1752136363

[Pascal Paquin – Ses travaux sur https://yonnelautre.fr/ ] - et

https://www.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296/

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Avec nos 5 lettres thématiques et deux autres lettres, nous assurons une revue de presse permanente alimentée par des centaines de sources. Avec ces lettres, l’association Yonne Lautre entend, avec humilité mais aussi ténacité, faire oeuvre d’éducation populaire et contribuer aux mobilisations et aux alternatives dans l’Yonne et partout ailleurs. https://yonnelautre.fr/spip.php?article2316

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