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"Jacques de Molay mis à contribution pour former adolescents et jeunes adultes au leadership, à la prise de responsabilités, à l’engagement citoyen, au travail en équipe et à la confiance en soi, avec l’Ordre de ‘DeMolay’ et autres voies" par Jacques Hallard
mardi 28 juillet 2026, par
ISIAS Sociologie Jeunesse
Jacques de Molay mis à contribution pour former adolescents et jeunes adultes au leadership, à la prise de responsabilités, à l’engagement citoyen, au travail en équipe et à la confiance en soi, avec l’Ordre de ‘DeMolay’ et autres voies
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS –
26/07/2026
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
Informations préliminaires pour entrer dans ce dossier de recherche de nature historique et socioogique
Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 à Molay, village de l’actuelle Haute Saône en Franche-Comté, et mort à Paris le 11 ou le 18 mars 1314, est le 23e et dernier maître de l’ordre du Temple. Jacques de Molay entre dans l’ordre à Beaune en 1265[1]. Après avoir combattu en Judée, surnommée « Terre sainte », il est élu à la tête de l’ordre en 1292 alors qu’il se trouve à Chypre[2]. En 1292 l’ordre, des Templiers est en crise, après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latins d’Orient et de Saint-Jean-d’Acre en mai 1291. La défense du sépulcre du Christ étant la raison d’être des Templiers, leur réputation est affaiblie. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l’ordre en orient et en occident, à préparer la reconquête des lieux saints chrétiens et à nouer des alliances solides en Europe. Il échoue dans cette dernière mission. Le 13 octobre 1307, il est arrêté à Paris sur ordre du roi Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d’hérésie et de pratiques obscènes et d’homosexualité. Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiennent pas. À la suite d’un procès inique, Jacques de Molay est exécuté, en mars 1314, sur un bûcher dressé sur l’île aux Juifs, à Paris[3]. La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour des malédictions qu’il a lancées contre le roi de France Philippe le Bel et contre le pape Clément V et contre Nogaret l’agent du roi. La plus célèbre histoire est la suite romanesque Les Rois maudits (1955 à 1977), de Maurice Druon, qui prend pour point de départ l’exécution de Jacques de Molay… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Molay
Ordre des Templiers – L’Ordre du Temple est un ordre religieux et militaire français issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers. Cet ordre fut créé à l’occasion du concile de Troyes dans le royaume de France (ouvert le 13 janvier 1129 [a]) à partir d’une milice de Français chrétiens appelée la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (du nom du temple de Salomon, que les croisés avaient assimilé à la mosquée al-Aqsa). L’ordre des Templiers œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins qui voyageaient pour aller prier dans le saint sépulcre de Jésus-Christ à Jérusalem, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. L’ordre des Templiers participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique contre les musulmans dans les royaumes catholiques de la péninsule Ibérique. Afin de mener à bien ses missions et, notamment, d’en assurer le financement, il constitua, à travers l’Europe catholique d’Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies, pourvus de nombreux privilèges notamment fiscaux. Cette activité soutenue fit de l’Ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois, ou à avoir la garde de trésors royaux. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’Ordre fut, en France, victime de la lutte entre la papauté avignonnaise et le roi de France Philippe le Bel. L’ordre des Templiers fut dissous par le pape français Clément V, le 22 mars 1312[a], date à laquelle il fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l’ordre du Temple. En 2007, ils sont réhabilités par l’Église catholique… La fin tragique des dirigeants de l’ordre des Templiers, accusés en France d’hérésie et d’homosexualité, nourrit maintes spéculations et légendes sur son compte. Les Templiers originaires de France et des autres pays furent transférés (ainsi que les biens de l’Ordre) dans d’autres ordres de droit pontifical, ou bien rejoignirent la vie civile… -
Insigne des templiers. D’argent à la croix pattée de gueules.
Issu du site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_du_Temple
L’Ordre de DeMolay connu également sous le nom de Demolay International depuis les années 1990. est un ordre paramaçonnique (masonic bodies) fondé à Kansas City, au Missouri en 1919, cette société fraternelle et mouvement de jeunesse est devenue internationale. Cet ordre tire son nom de Jacques de Molay, le dernier grand maître des Templiers. Il regroupe des garçons de 12-21 ans, sans obligation de lien de parenté avec un franc-maçon… - Source : Wikipédia – Plus de détails par ici > https://www.demolay-france.org/en-france/
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Ce dossier aborde l’éducation et la formation des adolescents et des jeunes adultes aux valeurs essentielles pour la vie en communauté, dans la vie sociale…
L’accent est tout d’abord mis sur la personnalité historique de Jacques de Molay qui vécut aux 13ème-14ème siècle et connu comme le dernier Grand-maître de l’ordre des Templiers, au destin tragique…
Cela débouche sur l’Ordre de ‘DeMolay’, une organisation contemporaine qui vise à accompagner les jeunes adolescents, adolescentes, avec une note comparative entre les obédiences maçonniques à ce sujet…
Puis est rapportée une émission diffusée par la ‘Grande Loge de France’ : sous l’intitulé « Liberté de conscience : faire, interpréter, transmettre ! », il est évoqué, par un dialogue à trois voix sur la foi et la liberté, un exposé portant sur le judaïsme libéral, le protestantisme et la franc-maçonnerie, soit trois voix qui dialoguent autour d’une même exigence…
Par la suite, sont citées d’autres formations apparentées sur la citoyenneté pour la formation des jeunes avec des projets d’éducation à la citoyenneté, aux médias et à l’information, le parcours citoyen institué en France et visant l’apprentissage des valeurs de la République, de l’école élémentaire à la terminale …
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
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- Note d’introduction de la personnalité de Jacques de Molay
- Article Wikipédia sur la personnalité de Jacques de Molay - Vous lisez un « bon article » labellisé en 2014. Pour les articles homonymes, voir Molay.
- Divers documents sur Jacques de Molay diffusés par ‘templiers.net’
- Vidéo 11:48 - Jacques de Molay, à deux doigts d’une autre histoire ? - Templiers & Savoir Templiers et Savoir 06 décembre 2024
- Jacques de Molay, haut-saônois et dernier Grand-maître des Templiers - Par Arnaud Fromage • Vendredi 10 janvier 2025 - ICI - 26 min - radiofrance.fr/francebleu - Provenant du podcast La Franche-Comté ... Toute une histoire
- Mort de Jacques de Molay, 23e et dernier maître de l’ordre du Temple- 18/03/1314 – Diffusion ‘glnf.fr/fr/’
- En bref - L’Ordre de ‘DeMolay’ une organisation contemporaine qui vise à accompagner les jeunes adolescents adolescentes – Note comparative entre obédiences maçonniques
- Grande Loge de France - Liberté de conscience : faire, interpréter, transmettre ! - Dimanche 19 juillet 2026 (Première diffusion le dimanche 15 février 2026) - France Culture 18 min - Provenant du podcast Divers aspects de la pensée contemporaine - Par Alexis Lacroix
- Autres formations apparentées sur la citoyenneté pour les jeunes
- France - Document de travail : Vade mecum pour accompagner l’engagement des élèves et leur participation aux projets d’éducation à la citoyenneté, aux médias et à l’information - Juin 2026 - Éduquer à la citoyenneté au cycle 4
- France - Le parcours citoyen : de l’école élémentaire à la terminale, apprendre les valeurs de la République - 23/12/2025 – Document officiel Retour au début du sommaire
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Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l’Ordre du Temple, demeure l’une des figures les plus emblématiques du Moyen Âge européen. Son destin tragique, marqué par la fidélité à ses convictions face aux pressions politiques et judiciaires de son époque, a contribué à faire de lui un personnage à la fois historique et légendaire. Au-delà de l’histoire des Templiers, Jacques de Molay incarne des valeurs universelles telles que le courage, l’intégrité, la loyauté et la résistance face à l’arbitraire du pouvoir.
Aujourd’hui encore, son héritage peut être mis à contribution dans différents domaines. Il constitue un symbole inspirant pour la réflexion sur l’éthique, le sens de l’engagement et la défense des principes dans les organisations publiques, privées ou associatives. Son parcours peut également nourrir des travaux portant sur le leadership, la gouvernance, la transmission des valeurs et la préservation du patrimoine historique et culturel.
Enfin, la figure de Jacques de Molay conserve un fort potentiel pédagogique et culturel, permettant de sensibiliser un large public aux enjeux de justice, de mémoire collective et de responsabilité individuelle face aux défis contemporains. Ce dossier a ainsi pour ambition de replacer Jacques de Molay dans son contexte historique tout en mettant en lumière l’actualité des enseignements que son destin exceptionnel peut encore nous offrir. Cette introduction adopte un ton sobre et historique tout en ouvrant la réflexion sur l’utilité contemporaine de la figure de Jacques de Molay, sans verser dans la légende ou les interprétations ésotériques souvent associées aux Templiers.
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Article Wikipédia sur la personnalité de Jacques de Molay - Vous lisez un « bon article » labellisé en 2014. Pour les articles homonymes, voir Molay.
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Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le bûcher, miniature du Maître de Virgile provenant des Grandes Chroniques de France, vers 1380 (British Library).
| Fonctions |
|---|
| Grand maître de l’ordre du Temple |
| 27 avril 1292 - 18 mars 1314 |
| Thibaud Gaudin |
| Supérieur général |
| Biographie | |
|---|---|
| Naissance | Après 1245 Molay |
| Décès | 18 mars 1314 Paris |
| Autres informations | |
|---|---|
| Ordre religieux | Ordre du Temple |
| Condamné pour | Hérésie |
Blason de Jacques de Molay.
Plaque commémorative.
Jacques de Molay, né entre 1244 et 1249 à Molay, village de l’actuelle Haute Saône en Franche-Comté, et mort à Paris le 11 ou le 18 mars 1314, est le 23e et dernier maître de l’ordre du Temple. Jacques de Molay entre dans l’ordre à Beaune en 1265[1]. Après avoir combattu en Judée, surnommée « Terre sainte », il est élu à la tête de l’ordre en 1292 alors qu’il se trouve à Chypre[2].
En 1292 l’ordre, des Templiers est en crise, après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latins d’Orient et de Saint-Jean-d’Acre en mai 1291. La défense du sépulcre du Christ étant la raison d’être des Templiers, leur réputation est affaiblie. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l’ordre en orient et en occident, à préparer la reconquête des lieux saints chrétiens et à nouer des alliances solides en Europe. Il échoue dans cette dernière mission. Le 13 octobre 1307, il est arrêté à Paris sur ordre du roi Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d’hérésie et de pratiques obscènes et d’homosexualité.
Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiennent pas. À la suite d’un procès inique, Jacques de Molay est exécuté, en mars 1314, sur un bûcher dressé sur l’île aux Juifs, à Paris[3].
La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour des malédictions qu’il a lancées contre le roi de France Philippe le Bel et contre le pape Clément V et contre Nogaret l’agent du roi. La plus célèbre histoire est la suite romanesque Les Rois maudits (1955 à 1977), de Maurice Druon, qui prend pour point de départ l’exécution de Jacques de Molay.
Sources Le parchemin de Chinon.
Les sources sur Jacques de Molay sont abondantes mais déséquilibrées : on ne dispose de presque rien sur sa jeunesse, la documentation est plus importante après son accession à la maîtrise en 1292 et enfin les sources deviennent pléthoriques à partir de 1307, date de son arrestation par les militaires du roi Philippe le Bel.
Sur l’homme lui-même, l’historien Alain Demurger estime les sources « lapidaires, imprécises et indirectes »[4].
Les chroniques médiévales contemporaines rapportent les principaux événements survenus pendant sa maîtrise.
La Chronique du Templier de Tyr, dont l’auteur est le secrétaire du grand maître Guillaume de Beaujeu, prédécesseur de Jacques, est favorable à l’ordre du Temple, mais réservée sur Molay lui-même. La chronique de Guillaume de Nangis, moine de Saint-Denis, rapporte le point de vue français[5].
Les archives royales de la couronne d’Aragon et les archives pontificales à Rome contiennent des lettres, des traités et actes administratifs utiles. Certaines lettres et des mémoires ont été rédigés par Jacques de Molay lui-même, avec parfois un contenu personnel mais des dates imprécises[5].
Les procès-verbaux des interrogatoires des Templiers fournissent une masse de documents, évidemment difficiles à interpréter : dans quelle mesure les témoignages et aveux ont-ils été sincères, extorqués sous la torture ou achetés[5] ?
La recherche historique et l’exploration des archives progressent sans cesse. Ainsi l’original du parchemin de Chinon, document essentiel mais perdu dans les archives secrètes du Vatican depuis le XVIIe siècle, a été retrouvé en 2002 par l’historienne Barbara Frale et publié en 2007 avec l’ensemble des documents relatifs au procès[6].
Biographie et suite à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Molay
Jacques de Molay
Fin 1292 - 19 mars 1314
Membre de la famille de Longwy-Rohan, originaire de, Franche-Comté, Jacques de Molay fut élu Maître du Temple à la fin de 1292.
En janvier 1293, il figure à ce titre dans un acte concernant l’île de Chypre. Donc, la date, toujours avancée, de 1298, est fausse.
En 1293, avant juin, il écrivit à Edouard d’Angleterre pour lui annoncer la nomination de Guy de Foresta comme visiteur de l’Ordre dans les îles Britanniques. Nous n’allons pas épiloguer sur le dernier Grand Maître de l’Ordre du Temple, puisque l’étude du procès en fera largement état.
Il mourut sur le bûcher de l’île aux Juifs, le 11 mars 1314, après avoir passé plusieurs années en prison et enduré les plus horribles souffrances.
Quoi qu’il en soit de cette suite de Grands Maîtres, tous les actes se complètent les uns les autres pour donner une liste juste et exhaustive des Supérieurs du Temple.
Quant aux listes des pseudo-templiers, elles sont complètement erronées, et nous répétons ce que nous avons déjà dit dans divers articles : la liste de succession de Jacques de Molay est un faux.
Les dernières paroles de Jacques de Molay{{}}
Nul n’est plus propre à nous servir de transition d’une classe à l’autre que Jacques de Molay, dernier grand-maître de l’ordre du Temple. L’auteur anonyme de la vie de cet illustre compatriote, dans la Biographie universelle, après avoir rapporté l’extinction des Templiers et les circonstances de leur condamnation, ajoute que les documents nombreux, apportés de Rome, il y a quelques années ; la publication de la procédure ; les débats auxquels ont donné lieu la tragédie de M. Reynouard, et l’ouvrage récent de M. Hammer, ont jeté un grand jour sur ce terrible événement du XIVe siècle ; et que l’opinion publique paraît désormais fixée sur l’injustice de l’accusation et sur l’innocence de cet ordre célèbre.
Jacques de Molay, né au château de Rahon, tirait son origine des sires de Longwy, et son nom d’un petit village dépendant de cette terre. Vers l’an 1265, il entra dans cette association religieuse et militaire en 1299, il en fut élu grand-maître à l’unanimité, quoiqu’il ne fût pas alors en Orient.
Le pape, en 1305, le rappelle en France ; en 1307, tous les chevaliers qui se trouvent en Europe sont arrêtes. Leur mort avait été concertée d’avance par Philippe-le-Bel à qui les immenses richesses du Temple portaient ombrage, et qui avait besoin d’argent, ainsi que par Clément V qui peut-être se trouvait engagé malgré lui à seconder ce monarque. Tout le monde connaît le résultat que produisit la question sur les suppôts de l’ordre dont les uns avouèrent dans les tortures et nièrent dans les supplices, dit Bossuet.
Molay avait bien d’abord cédé à la douleur mais il ne tarda pas à se reprocher cette faiblesse, au moment où tous ses juges et tout Paris s’attendaient à le voir confirmer publiquement ses prétendus aveux, à l’aspect du supplice de ses religieux fidèles.
Mais l’on fut bien surpris, dit M. René Aubert de Vertot, lorsque ce prisonnier secouant les chaînes dont il était chargé, s’avança jusqu’au bord de l’échafaud, d’une contenance assurée ; puis, élevant la voix pour être mieux entendu :
« il est bien juste, s’écria-t-il, que dans un si terrible jour, et dans les derniers moments de ma vie, je découvre toute l’iniquité du mensonge, et que je fasse triompher la vérité. Je déclare donc, à la face du ciel et de la terre, et j’avoue quoiqu’à ma honte éternelle, que j’ai commis le plus grand de tous les crimes mais ce n’a été qu’en convenant de ceux que l’on impute avec tant de noirceur, à un ordre que la vérité m’oblige aujourd’hui de reconnaître pour innocent. Je n’ai même passé la déclaration qu’on exigeait de moi que pour suspendre les douleurs excessives de la torture, et pour fléchir ceux qui me les faisaient souffrir. Je sais les supplices que l’on a fait subir à tous ceux qui ont eu le courage de révoquer une pareille confession. »
Jacques de Molay - Gravure anonyme. - Reproduit sous forme électronique
Source Bibliothèque Sainte-Geneviève
« Mais l’affreux spectacle qu’on me présente n’est pas capable de me faire confirmer un premier mensonge par un second, à une condition si infâme : je renonce de bon cœur à la vie qui ne m’est déjà que trop odieuse. Et que me servirait de prolonger de tristes jours que je ne devrais qu’à la calomnie ? »
« Ce seigneur en eût dit d’avantage, si on ne l’eût pas fait taire. On le brûla vif et à petit feu, avec d’autres religieux de son ordre, dans une petite île de la Seine ; et le grand-maître y soutint le caractère qu’il avait déployé quelques jours auparavant en présence du public, s’accusant encore de sa première faiblesse et s’estimant heureux de l’expier par le sacrifice de sa vie. »
Semblable aux martyrs qui célébraient les louanges de Dieu, il chantait des hymnes au milieu de la flamme. Eudes de Mézeray rapporte que l’on entendit alors le grand-maître s’écrier : « Clément ! Juge inique et cruel bourreau je t’ajourne à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge. »
Quelques-uns écrivent, dit René Aubert de Vertot, qu’il ajourna pareillement le roi à y comparaître dans un an.
Peut-être que la mort de ce prince et celle du pape, qui arrivèrent précisément dans les mêmes termes, ont donné lieu à l’histoire de cet ajournement. Tout le monde donna des larmes à un si tragique spectacle, et des personnes dévotes recueillirent les cendres de ces dignes chevaliers. Comme on vient de le voir le caractère du Jurassien est fortement trempé de l’esprit de religion.
Sources : Monnier, Désiré. Les jurassiens recommandables, pages 123 à 126. Lons-le-Saunier 1828. - Bnf
Jacques de Molay - 1292 - 1314{{}}
Jacques de Molay, né vers 1244 dans une famille noble de Franche-Comté, est élu Grand Maître à la mort du moine Gaudin.
Il est alors Maréchal de l’Ordre. C’est un militaire plus qu’un politique, ce qui ne va pas être sans conséquences, dans la chute de l’Ordre ; mais même un diplomate avisé aurait-il pu, face aux « juristes » de Philippe le Bel, sauver l’Ordre ?
Le khan des Tartares Mongols, Kazan, s’est allié au roi d’Arménie pour déclarer la guerre au sultan d’Egypte.
En 1299, il propose aux Templiers et aux Hospitaliers de leur rendre la Terre Sainte (dès qu’il l’aura conquise) s’ils s’associent à son entreprise. Templiers et Hospitaliers lèvent des troupes, et participent à une grande victoire contre le sultan d’Egypte.
Ils retrouvent la Terre Sainte et les villes qu’ils ont quittées dix ans auparavant, mais sans fortifications.
Ils entreprennent de relever les murailles de Jérusalem lorsque le Khan abandonne le terrain conquis pour retourner en Perse mater une révolte.
Templiers et Hospitaliers sont à nouveau seuls face au sultan d’Egypte, et malgré leurs appels pressants à l’Occident, où leur retour dans Jérusalem a provoqué une explosion de joie, les renforts tardent à venir. Pour éviter un carnage comme celui de Saint-Jean d’Acre, ils sont obligés de quitter la ville sainte, et de retourner à Chypre. Le rêve d’une Jérusalem chrétienne est définitivement brisé.
A Chypre, les deux Ordres sont à l’étroit. Le roi de l’île, descendant de Guy de Lusignan, leur a interdit d’y acquérir des propriétés, de crainte qu’ils lui disputent son pouvoir, comme ils l’ont fait aux rois de Jérusalem. Les Hospitaliers s’emparent de l’île de Rhodes, et y installent leur quartier général.
Les Templiers sont tentés de s’implanter en Sicile, dont le souverain entend les utiliser pour une expédition contre la Grèce. Le Templier Roger, qui dirige ce corps expéditionnaire, s’empare d’Athènes, s’avance vers l’Hellespont, ravage une partie de la Thrace.
Lors de l’expédition, les Templiers dédaignent les villes tombées en leur pouvoir ; ils ne gardent pour eux que les richesses pillées.
Richesses que, maladroitement, ils étaleront, tandis qu’on leur reprochera de n’avoir pas su garder la Terre Sainte, en insinuant qu’elle était devenue trop pauvre pour eux…
En 1306, à la demande du pape Clément V, qui a le projet de faire des Templiers une milice pontificale, le quartier général du Temple est transféré à Paris.
L’Ordre est né de chevaliers partis du royaume de France, il y retourne. C’en est fini de la gloire de l’Ordre, de l’épopée templière, et des exploits des chevaliers à la croix pattée dans les déserts de la Terre Sainte.
Philippe le Bel qui, depuis le palais du Louvre, a vue sur le donjon du Temple, prépare sa chute.
Jacques de Molay par Mansuet{{}}
Ce dernier et malheureux Grand-Maître fut recommandé par Boniface à Jean, roi de l’Ile de Chypre qu’il habitait (1298). Le Saint-Père rappelant tous les services de l’Ordre à la mémoire du monarque, lui commanda (1299) de faire une restitution complète des revenus dont il avait privé le Temple et l’Hôpital et de révoquer le décret par lequel il avait interdit aux membres des deux Collèges la construction de maisons et d’églises dans ses Etats [Vertot, t, I. p 622].
Lorsque Gazan, roi des Tartares, eut pillé la Syrie, il députa des ambassadeurs à Rome pour offrir le pays aux Chrétiens et s’y faire envoyer les trois Ordres.
Clément V, assis dans la chaire apostolique, commença de longue main et sans doute sur l’instigation de Philippe-le-Bel, roi de France, à menacer l’Ordre d’une révolution. Le nouveau Pape reprit le projet de fondre en un seul les Instituts du Temple et de l’Hôpital ; Jacques de Molay, dans une justification de haute convenance, lui développa péremptoirement les dangers de cette mesure (1306).
Encore que la Terre-Sainte fût retombée au pouvoir des ennemis de la foi, les Chrétiens méditaient une nouvelle Croisade. Le Souverain Pontife recueillit des consultations, et Molay donna la sienne qui prouvait à la fois sa profonde science militaire et le vaste déploiement de forces qu’eût nécessité l’entreprise. Il supplia Clément de ne point la faire avec peu de monde, mais de rassembler tous les princes et les soldats de l’Europe (1306) [Du Puy, p. 179].
Le Grand-Maître, que soutenait Amaury, prince de Tyr, prit Tortose en Syrie, et combattit bravement les Sarrasins. Sa vaillance fut souvent couronnée de succès. Enfin, chassé par le sultan du Caire, il crut trouver asile en France, où la sanguinaire avarice d’un roi lui réservait le plus affreux martyre.
Sources : Par feu Claude Mansuet Jeune. Chanoine Régulier de l’Ordre de Prémontré, Docteur en Théologie, Prieur de l’Abbaye d’Etival. Edité chez Guillot, Librairie de Monsieur, Frère du Roi, rue Saint-Jacques. Paris. M DCC. LXXXIX.
Jacques de Molay{{}}
L’an 1298, Jacques de Molay, paraît pour la première fois, en 1298, en qualité de grand maître. Il était de la maison des sires de Longvic et de Raon, dans le comté de Bourgogne. Molay est une terre du doyenné de Neublans, au diocèse de Besançon. Jacques de Molay s’était fait connaître à la cour de France, où il avait eu l’honneur de tenir sur les fonts de baptême un des enfants du roi Philippe le Bel. Les historiens ne rapportent que des traits honorables de sa conduite eu Orient.
L’an 1299, le fameux Casan, roi des Tartares Mogols, étant accouru au secours des Arméniens, les Templiers, le grand maître à leur tête, se joignent à lui, contribuent à la défaite des Musulmans, et reprennent plusieurs places, entre autres Jérusalem, où ils restent en garnison mais : ce ne fut pas pour longtemps.
L’an 1300, la ville sainte retombe sous la domination des Musulmans, qui achèvent d’en raser les fortifications. Ce malheur n’abat point le courage du grand maître. Retiré dans l’île d’Arade, il incommode les infidèles au point d’obliger le gouverneur de Phénicie à demander du secours pour le repousser.
L’an 1301, un émir étant venu l’attaquer, la victoire se déclare pour le Musulman. Cent vingt chevaliers sont faits prisonniers et conduits au Caire.
L’an 1303, les troupes du Temple et de l’Hôpital, réunies pour la seconde fois à celles de Casan, font de nouveaux efforts contre le Musulmans. Mais elles furent si maltraitées en deux rencontres que les chevaliers prirent le parti de retourner en Chypre. La même année les Templiers de France prennent le parti du roi Philippe le Bel dans ses démêlés avec le pape Boniface VIII. Ils en furent bien récompensés par la suite !
L’an 1305, de Molay, ses hauts officiers, et tous les sujets de l’ordre en général sont représentés au pape Clément V comme des apostats, des hérétiques, des abominables. Le pape mande en France le grand maître du Temple avec celui de l’Hôpital pour ôter tout sujet de soupçon au premier.
L’an 1306, de Molay arrive, avec soixante chevaliers, à la cour d’Avignon. Le pape l’amuse jusqu’à la conférence de Poitiers.
L’an, 1307, cette conférence se tint entre ce pontife et le roi de France. On y concerta les mesures convenables pour supprimer la chevalerie du Temple. Le grand maître et les précepteurs instruits de ce qui se tramait contre eux vont se jeter aux pieds du pape le suppliant d’informer sur les faits dont on les accuse. On informe, et de quelle manière ?
Deux scélérats renfermés pour leurs crimes, l’un Templier, et l’autre bourgeois de Béziers, sont reçus dénonciateurs contre tout l’ordre.
L’an 1307, le 15 octobre, soixante chevaliers, avec le grand maître sont arrêtés à Paris. Le secret fut si bien gardé, que tous furent saisis à la même heure par toute la France.
L’an 1307, le 22 novembre, le pape mande à tous les souverains de l’Europe de sévir contre les Templiers. Le roi d’Angleterre prend leur défense. Depuis ce temps de Molay, passa des prisons de Paris, en celles de Corbeil ; de là, il fut conduit à Chinon, et enfin ramené à Paris, où l’on acheva son procès, après lui avoir fait subir la question.
L’an 1314, (N.S.), le lundi après la fête de Saint Grégoire le Grand, suivant Guillaume de Nangis, c’est-à-dire le 18 mars, il fut condamné au feu pour n’avoir pas voulu confirmer le aveux qu’il avait faits dans la torture, et les avoir même publiquement rétractés.
L’exécution se fit dans ce qu’on nomme aujourd’hui la place Dauphine. Le grand maître eut pour compagnon de son supplice Gui, frère de Robert III, dauphin d’Auvergne. Tous deux protestèrent de leur innocence en mourant. On a parlé sur les conciles de Paris et de Senlis, tenus en 1310, de l’exécution de plusieurs autres Templiers qui firent les mêmes protestations. Le grand maître avait survécu à son ordre. Clément V étant au concile de Vienne, le supprima dans un consistoire secret tenu le mercredi saint, 22 mars de l’an 1312 ; suppression qu’il publia le 3 avril suivant 1313, dans la deuxième session du concile, et non le 22 mai, comme le marquent D. Félibien et l’abbé de Vertot. Il est remarquable que la bulle qu’il donna le 2 mai suivant, « vi nonas maii », porte que cette suppression n’est point ordonnée par jugement définitif ; mais par sentence provisionnelle ; et cependant elle dispose des biens des Templiers en faveur des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. Le parlement de Paris, en conséquence de cette décision, rendit son arrêt le mercredi après l’Annonciation 1312 (V.S.), pour mettre frère Léonard de Tibertis, procureur général du maître et des frères de l’ordre hospitalier, en possession des biens des Templiers. Mais il adjugea au roi sur ces biens deux cent mille livres, somme alors immense, pour les frais de procédures. Ainsi finit la chevalerie du Temple 191 an après son établissement.
Sources : L’Art de Vérifier les Dates des Faits Historiques. Tome Cinquième, Paris - 1818. Par David Bailie Warden, Saint-Allais (Nicolas Viton), Maur François Dantine, Charles Clémencet, Ursin Durand, François.
Jacques de Molay{{}}
Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers, prit son nom de Molay, petit village du canton de Vitrey où il possédait un château.
Il était encore très jeune lorsqu’il fut admis dans l’ordre du Temple (1265). Il se distingua dans plusieurs rencontres avec les Infidèles. Aussi, ses compagnons le nommèrent-ils grand-maitre à l’unanimité, à la mort de Guillaume de Beaujeu et bien qu’à ce moment il ne fut pas dans l’Orient. En 1299, il aida les chrétiens à reprendre Jérusalem ; mais, dans la suite, il fut forcé de se retirer dans l’Ile de Chypre où il se préparait à venger les revers des catholiques. Mais le pape le rappela en France en 1305, sous prétexte de fusionner en un seul les deux ordres des Templiers et des Hospitaliers.
Molay amena avec lui soixante chevaliers et un trésor considérable. Philippe-le-Bel le choisit pour parrain d’un de ses enfants, afin de mieux cacher ses desseins.
Le 13 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés a la même heure dans toute la France. Des inquisiteurs les livrèrent à la torture et réussirent ainsi à arracher au plus grand nombre d’entre eux l’aveu des crimes honteux dont on les accusait.
Après un procès qui dura quatre ans et qui fut soumis, pour la forme, au concile œcuménique devienne, l’abolition de l’ordre des Templiers fut décrétée par le pape Clément V, sous la pression de Philippe-le-Bel.
Beaucoup de Templiers périrent sur le bûcher en affirmant leur innocence.
Jacques de Molay fut livré à son tour au supplice le 18 mars 1314. Son bûcher était dressé à l’endroit même où est aujourd’hui la statue de Henri IV.
Sources : Histoire du département de la Haute-Saône, avec la biographie des personnages remarquables qui en sont originaires, par A. Fenard. Editeur : G. Guérin Paris 1890
Jacques de Molay{{}}
Département : Haute-Saône, Arrondissement : Vesoul, Canton : Vitrey - 70
Village de Jacques de Molay
La seigneurie appartint à l’origine à une vieille famille de chevalerie comtoise qui en portait le nom, et dont Jacques de Molay, grand maître de l’Ordre des Templiers, est le membre le plus illustre ; elle passa ensuite aux de Lassau et aux de Lillebonne. Ruines du château féodal. Dans l’église, qui est au hameau de Laître, tombes intéressantes du XVIe siècle.
Molay (Jacques de), grand maître des templiers, né à Molay (Jura) plutôt qu’à Molay (Haute-Saône) vers 1243, mort à Paris le 11 mars 1314. Fils d’un simple gentilhomme et entré dans l’ordre du Temple en 1265, il en fut élu grand maître en 1298, non sans une vive opposition. Comme il avait fait déjà ses preuves de bravoure en défendant la terre sainte et était à Chypre où il avait du se retirer avec ses chevaliers, il reçut de Clément V, en juin 1306 ou 1307, l’invitation de venir conférer avec lui au sujet d’un projet de croisade et de fusion des ordres du Temple et de l’Hôpital.
Les deux mémoires qu’il remit au pape sur ces points se trouvent dans Baluze (Vitae paparum Avenionensium, 1693, t. III, col. 176-85).
Venu en France avec soixante chevaliers, il se rendit d’abord à Paris pour rétablir l’ordre dans la maison du Temple, puis se rencontra avec Clément à Poitiers après l’avoir entretenu des attaques dont l’ordre commençait à être l’objet, le pape, qui espérait que l’affaire n’aurait pas de suite, l’avait laissé retourner à Paris et il y avait assisté avec honneur aux obsèques de Catherine de Valois, lorsque le lendemain (13 octobre 1307) Philippe le Bel mit les templiers en état d’arrestation. Interrogé à Chinon par des cardinaux, au milieu d’août 1308, puis à Paris, le 26 novembre 1309, par une commission pontificale gagnée au roi, il eut la faiblesse d’avouer, dans la torture, une partie au moins des excès reprochés aux templiers et de ne pas oser prendre la défense de l’ordre pour ne pas se perdre lui-même ; mais, soldat peu lettré, il se laissa circonvenir et racheta d’ailleurs ses fautes par son attitude à ses derniers instants.
Il ne fut jamais mis en présence du pape qui s’était réservé de connaître de son cas, et il semble avoir été oublié en prison jusqu’au 11 (et non 19) mars 1314 où il comparut, avec quelques grands dignitaires dé l’Ordre, devant une commission de cardinaux et de prélats, pour entendre la sentence prononcée contre eux.
Molay, de même que Geoffroi de Charney, ayant rétracté ses aveux, fut livré au prévôt de Paris et, le jour même, brûlé comme relaps dans l’île des Juifs près du Palais de justice. Le peuple recueillit ses cendres et l’on prétendit qu’il avait ajourné à comparaître devant Dieu té roi et le pape qui moururent en effet aux termes assignés.
Sources : M. Barroux. La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 24 - par une société de savants et de gens de lettres ; sous la direction de MM. Berthelot. Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus, A. Giry. - éditeur : H. Lamirault (Paris)
Jacques-Bernard de Molay{{}}
Département : Haute-Saône, Arrondissement : Vesoul, Canton : Vitrey - 70
Village de Jacques de Molay
Dernier grand-maître des Templiers, prit son nom du village de Molay, près de Cintrey, bailliage de Vesoul, et non, comme on l’a prétendu, du village de Molay, bailliage de Dole.
Vers l’an 1265, il fut admis, encore très-jeune, dans l’Ordre du Temple. A peine arrivé en Palestine, il se distingua contre les infidèles. A la mort de Guillaume de Beaujeu, quoique Molay ne fût pas dans l’Orient, une élection unanime le nomma grand-maître. Il se trouva, en 1299, à la reprise de Jérusalem par les chrétiens. Forcé ensuite de se retirer dans l’île d’Arad, et de là dans l’île de Chypre, il allait rassembler de nouvelles forces, pour venger les revers des armes catholiques, lorsque le pape l’appela en France (1305).
Arrivé avec soixante chevaliers et un trésor considérable, il fut reçu avec distinction par Philippe-le-Bel, qui le choisit pour parrain d’un des enfants de France. En rappelant le grand-maître, la politique qui préparait la destruction de l’Ordre des Templiers avait donné pour prétexte le projet de le réunir à celui de l’Hôpital. Le plan de cette destruction, concerté par le roi et ses agents, fut caché avec tant d’adresse que, le 3 octobre 1307, tous les Templiers furent arrêtés à la même heure dans toute la France. Dès ce moment, les destinées de leur illustre chef furent liées à celles de l’Ordre entier. On sait que cet Ordre avait été institué par des croisés français, dans l’unique but de protéger et de défendre les pèlerins qui se rendaient aux saints lieux. La noblesse et la bravoure des chevaliers, l’utilité et la gloire de leur institution, la rendirent recommandable dès son origine. Les statuts furent dressés dans un concile, et, pendant deux siècles, les privilèges accordés par les papes, la reconnaissance des rois, des grands et du peuple, l’autorité et le crédit qu’augmentaient chaque jour les exploits et les grandes richesses des Templiers, en firent l’Ordre le plus puissant de la chrétienté. Il dut exciter la jalousie, même des rois, parce que dans le haut rang où il s’était élevé il était difficile que tous les chefs et tous les chevaliers se maintinssent toujours dans cette sage modération qui aurait pu seule prévenir ou désarmer l’envie et la haine. Malheureusement pour l’Ordre, le roi de France eut plusieurs motifs de le perdre et le principal, peut-être, ce fut la pénurie du trésor royal, laquelle le rendit moins difficile sur les moyens de s’approprier une partie des biens de l’Ordre, et de jouir de tous pendant longtemps. A l’instant où furent arrêtés le grand-maître et tous les chevaliers qui étaient avec lui dans le palais du Temple, à Paris, le roi occupa ce palais, et s’empara de leurs richesses. En arrêtant les autres chevaliers dans les diverses parties de la France, on saisit aussi leurs biens.
Des inquisiteurs procédèrent aussitôt contre tous, et les interrogèrent en les livrant aux tortures, ou en les menaçant de les y soumettre, ou en joignant aux menaces des moyens de séduction. Partout, ou presque partout, ils arrachèrent au plus grand nombre des chevaliers l’aveu des crimes honteux dont on les accusait, et qui offensaient à la fois la nature, la religion et les mœurs. On croit généralement que le grand-maître lui-même céda comme ceux-ci, à la crainte des tourments et de la mort, ou à l’espérance qu’il obtiendrait quelques conditions favorables pour l’Ordre s’il ne résistait pas aux projets de la politique du roi. Après avoir réussi à justifier ainsi la rigueur des mesures employées, Philippe-le-Bel mit en usage les moyens qui pouvaient achever de perdre l’Ordre et les chevaliers dans l’opinion publique, et réclama dans ce but le concours de Clément V. Cependant le pape, obligé de donner une apparence juridique à son intervention, convoqua un concile œcuménique à Vienne, et nomma une commission qui se rendit à Paris, afin de prendre, contre l’Ordre en général, une information nécessaire et même indispensable pour motiver la décision du concile. La bulle portait que l’Ordre comparaîtrait devant le concile par le ministère de ses défenseurs. Jacques de Molay fut amené en présence des commissaires du pape, et on lui lut, en langue vulgaire, les pièces de la procédure. Quand il entendit des lettres qui lui prêtaient certains aveux, il manifesta son étonnement et son indignation contre une telle assertion.
Un grand nombre de Templiers comparurent après leur chef. L’affaire prit alors un caractère imposant et extraordinaire les chevaliers se montrèrent dignes et de l’Ordre, et d’eux-mêmes, et des grandes familles auxquelles ils appartenaient. La plupart de ceux qui, forcés par les tourments ou la crainte, avaient fait des aveux devant les inquisiteurs, les révoquèrent devant les commissaires du pape. Ils se plaignirent hautement des cruautés qu’on avait exercées envers eux, et déclarèrent, en termes énergiques, vouloir défendre l’Ordre jusqu’à la mort, de corps et d’âme, devant et contre tous, contre tout homme vivant, excepté le pape et le roi, etc. etc. Le grand-maître demandait sans cesse qu’on le conduisît en présence du pape, qui devait le juger. Cinq cent quarante-six Templiers, soit de ceux qui avaient fait des aveux, soit de ceux qui avaient toujours résisté aux moyens des oppresseurs, se constituèrent défenseurs de l’Ordre. Bientôt d’autres chevaliers, détenus dans les diverses prisons de la France, demandèrent à partager cet honorable péril, et ils furent transférés à cet effet dans les prisons de la capital. Alors le nombre des défenseurs fut d’environ neuf cents.
Il était facile de justifier l’Ordre ; et comme ils commençaient à le faire avec un succès qui déconcertait le roi et le pape, on imagina un expédient aussi cruel que prompt ce fut de livrer au jugement des inquisiteurs les chevaliers qui, ayant rétracté les aveux précédents, soutenaient l’innocence de l’Ordre. Tous ceux qui persistèrent dans leurs rétractations furent déclarés hérétiques relaps, livrés à la justice séculière, et condamnés au feu. Ceux qui n’avaient jamais fait d’aveux et qui ne voulurent pas en faire furent condamnés à la détention perpétuelle, comme chevaliers non réconciliés. Quant à ceux qui ne rétractèrent pas les aveux des impiétés et des turpitudes imputées à l’Ordre, ils furent mis en liberté, reçurent l’absolution, et furent nommés Templiers réconciliés. Pour accuser, interroger, juger les prétendus relaps, les condamner aux flammes et faire exécuter le jugement, il suffit du temps qui s’écoula du lundi 11 mai 1308 au lendemain matin. Cinquante-quatre chevaliers périrent à Paris ce jour-là.
Tous les historiens qui ont parlé de leur supplice attestent la noble intrépidité qu’ils montrèrent jusqu’à la mort ; entonnant les saints cantiques, et bravant les tourments avec un courage chevaleresque, ils se montrèrent dignes de l’admiration de leurs contemporains. Les commissaires du pape crurent qu’il n’était plus possible de continuer la procédure quand la franchise, dont la religion faisait un devoir pour éclairer le concile qui devait juger l’Ordre, devenait un prétexte pour conduire les accusés au bûcher ils se retirèrent. Le 13 octobre 1311, jour anniversaire de celui où, quatre ans auparavant, les Templiers avaient été arrêtés dans toute la France, Clément V ouvrit le concile œcuménique de Vienne. On lisait les procédures faites contre l’Ordre quand tout à coup neuf chevaliers se présentent comme délégués de quinze cents à deux mille, et offrent de prendre la défense de l’Ordre accusé. Le pape les fit mettre aux fers, et l’Ordre ne fut point défendu par ces dignes mandataires, quoique les membres du concile fussent d’avis de les entendre.
Pour imposer aux pères du concile, Philippe-le-Bel arriva dans Vienne, accompagné de ses trois fils et d’une suite nombreuse de gens de guerre. Bientôt le pape, sans consulter le concile, publia le décret portant abolition de l’Ordre du Temple. Il parait qu’après ce décret la persécution contre les chevaliers cessa. Cependant Molay restait en prison, réclamant toujours son jugement, que le pape s’était réservé. Clément V nomma enfin trois commissaires ad hoc, en les chargeant de juger en même temps trois autres chefs de l’Ordre. Ces commissaires, ayant appelé les accusés sur un échafaud dressé dans le parvis Notre-Dame, leur lurent une sentence qui les condamnait à la réclusion perpétuelle. Aussitôt Jacques de Molay, rendant hommage à l’innocence de l’Ordre, déclara qu’en parlant ainsi il se dévouait à la mort, mais qu’il aimait mieux renoncer à la vie que de faire des mensonges. L’un des trois chevaliers, Guy, grand prieur de Normandie, parla de même.
Le conseil du roi, assemblé à l’instant, les condamna tous deux à la mort, sans reformer la sentence des commissaires du pape, sans appeler aucun tribunal ecclésiastique à se prononcer. Le bûcher fut dressé à la pointe de la petite île de la Seine, à l’endroit même où est la statue d’Henri IV. Les deux chevaliers montèrent sur le bûcher, que l’on alluma lentement, et ils furent brûlés à petit feu (18 mars 1314). Jusqu’au dernier soupir, ils protestèrent de leur innocence et de celle de l’Ordre (Biographie universitaire, tome XXIX, page 276)
Beaucoup d’ouvrages ont été publiés sur ces événements. Si quelques écrivains ont tenté d’établir la réalité des crimes imputés aux Templiers, d’autres en plus grand nombre se sont constitués les défenseurs de cet Ordre célèbre, et l’opinion publique paraît désormais fixée sur l’injustice des accusations qui servirent de prétexte pour en prononcer l’abolition (1).
1. Un des plus estimables membres de l’académie de Besançon, M. Bousson de Mairet, professeur émérite de littérature, aujourd’hui bibliothécaire de la ville d’Arbois, est auteur d’un poème sur Jacques de Molay, dont M. Rappetti a parlé avec éloge dans la Biographie Didot.
| Sources : Suchaux, Louis. Galerie biographique du département de la Haute-Saône, pages 401 à 405. Vesoul 1864 - Bnf |
Visitée 984296 fois | Update Mercredi 15 Juillet 2026 |
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Vidéo 11:48 - Jacques de Molay, à deux doigts d’une autre histoire ? - Templiers & Savoir Templiers et Savoir 06 décembre 2024
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Découvrez Jacques de Molay comme vous ne l’avez jamais vu ! ⚔️ Souvent réduit au rôle du “dernier maître templier tragique”, Jacques de Molay a en réalité joué un rôle stratégique majeur dans l’Histoire : de ses initiatives pour tenter de reconquérir la Terre Sainte à la mise en place d’une alliance étonnante avec les Mongols, en passant par ses réflexions sur une possible fusion des Templiers et des Hospitaliers. Dans cette vidéo, je vous raconte : Les premières actions de Jacques de Molay pour mobiliser les puissances occidentales 🌍 La spectaculaire alliance templiers-Mongols contre les Mamelouks 🏹 Son projet stratégique de fusion des deux plus grands ordres de chevalerie médiévaux 🏰 Et pourquoi l’Histoire a presque changé, quelques semaines avant la tragique rafle d’octobre 1307. Si vous aimez l’Histoire, les Templiers, les croisades et les récits où la stratégie et le destin se croisent, cette vidéo est faite pour vous ! 🔔 Abonnez-vous pour ne rien manquer des prochaines vidéos sur l’Histoire médiévale et les personnages fascinants qui ont façonné le monde.
Personne mentionnée :
Jacques de Molay
Templiers et Savoir
Source : https://www.youtube.com/watch?v=cpi-VFoVHq4
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Jacques de Molay, haut-saônois et dernier Grand-maître des Templiers - Par Arnaud Fromage • Vendredi 10 janvier 2025 - ICI- 26 min - radiofrance.fr/francebleu - Provenant du podcast La Franche-Comté ... Toute une histoire
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Jacques de Molay est né en Haute-Saône à la fin des années 1240. Issu d’une famille de la petite noblesse comtoise, il deviendra le dernier Grand-maître de l’Ordre du Temple. Rendu célèbre par ‘Les Rois Maudits’ de Maurice Druon, sa vie est nimbée de légendes et de mystère.
Avec Philippe Josserand{{}}
Dans cet épisode...{{}}
Philippe Josserand, professeur d’histoire médiévale à Nantes Université Ouverture dans un nouvel onglet nous raconte la vie de Jacques de Molay. De ses origines familiales entre Jussey et La-Roche-Moray, jusqu’en Terre Sainte, la vie de ce personnage incontournable du Moyen-âge est un vrai roman d’aventure tragique.
Jacques de Molay, issu de la petite noblesse comtoise, a su mettre à profit sa culture et son sens de la diplomatie pour faire grimper son influence au sein de l’Ordre du Temple, qui ne répondait qu’aux ordres de la papauté.
Sa fin tragique dans les flammes du bûcher tendu par le Roi Philippe Le Bel en 1314 font de lui un symbole de la résistance face à l’injustice. Un moment d’Histoire qui a donné matière à la légende des Rois Maudits.
À écouter L’Abbaye de Cherlieu, 900 ans d’histoire
L’invité patrimoine du 16/18 - France Bleu Besançon 20 min
Aujourd’hui la figure de Jacques de Molay influence aussi bien la littérature, la poésie, le cinéma et les séries actuelles.
Philippe Josserand est l’auteur de Jacques de Molay, Le dernier grand-maître des Templiers Ouverture dans un nouvel onglet et de Les Sept vies de Jacques de Molay Ouverture dans un nouvel onglet, tous les deux publiés aux éditions des Belles Lettres.
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L’absence d’archives correctes empêche de pouvoir localiser exactement le lieu et la date de naissance de Jacques de Molay (c. 1244-1314). Néanmoins, des indications retrouvées dans les minutes du procès, dans les archives des royaumes européens de l’époque, nous permettent de penser que Jacques de Molay est né vers 1245 en Haute Saône, dans le Comté de Bourgogne, alors toujours vassal de l’Empire Germanique.
En 1265, il est reçu dans l’ordre à Beaune par Humbert de Pairaud, visiteur de France et d’Angleterre et par Amaury de la Roche, maître de France.
Vers 1270, il est en Orient où son action reste très discrète. On ne sait pas s’il se trouve parmi les survivants d’Acre qui réussissent à s’échapper avec Thibaud Gaudin à Chypre, mais il participe à un chapitre qui se tient dans l’île en automne 1291.
Jacques de Molay, maître de l’ordre{{}}
Il est élu maître de l’ordre avant avril 1292, peu de temps après la mort de Thibaud Gaudin.
Dès son élection, Jacques de Molay s’empresse de parer au plus pressé, il met en place un gouvernement et s’occupe de la défense de l’île de Chypre et du Royaume de Petite Arménie, dernières possessions franques en Orient.
Au printemps 1293, il entreprend un long voyage en Europe, où il règle différents problèmes dans les domaines de l’ordre, mais surtout, il implore l’aide des princes occidentaux et de l’Eglise pour la défense des derniers États Chrétiens.
Au cours de ce voyage, il noue d’étroites relations avec plusieurs monarques, dont Edouard 1er d’Angleterre, Jacques II d’Aragon et le pape Boniface VIII.
Il rentre à Chypre en automne 1296 pour y régler des problèmes survenus avec le roi Henri II.
En 1298, il monte une expédition en Cilicie après la chute de Roche-Guillaume, la dernière place forte du royaume. Malheureusement, les forces chrétiennes ne parviendront pas à profiter de la victoire de Ghâzân, le Khan de Perse sur les Mamelouks à Homs en décembre 1299.
En 1300, il continue de fortifier l’îlot de Rouad en face de Tortose pour en faire une base avancée en vue d’opérations combinées avec les mongols. Mais les mongols, trop occupés par leurs guerres tribales, ne pourront jamais s’allier avec les chrétiens contre les mamelouks.
En septembre 1302, les Templiers de Rouad sont massacrés par les mamelouks égyptiens.
Jacques de Molay abandonne alors cette stratégie de l’alliance mongole qui se révèle être un échec total.
En 1305, le nouveau pape Clément V, sollicite l’avis des maîtres des ordres religieux pour la préparation d’une nouvelle croisade et sur un projet d’unification des ordres.
Le 6 juin 1306, Clément V les convoque officiellement à Poitiers, mais à cause de l’état de santé du pape, l’entrevue avec Jacques de Molay n’aura lieu qu’en mai 1307.
Comme il l’avait déjà mentionné au pape auparavant, Jacques de Molay refuse catégoriquement ce projet d’union entre les ordres.
Cette décision aura de lourdes conséquences pour l’avenir de l’ordre du Temple. D’abord, le roi de France prend ombrage de cette décision, car elle perturbe ses ambitions, de plus elle met à mal les négociations entre Clément V et Philippe le Bel au sujet de la condamnation de la mémoire de Boniface VIII et enfin, elle perturbe l’organisation de nouvelle croisade.
À l’occasion de ce voyage en Occident, Jacques de Molay découvre que des rumeurs calomnieuses courent au sujet des Templiers. Philippe le Bel et ses conseillers vont immédiatement profiter de cette faiblesse et établir un plan pour détruire cet ordre intransigeant.
Le 24 juin, Jacques de Molay est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour discuter des accusations portées contre l’ordre. Il rentre à Poitiers, rassuré par la discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape qu’il diligente une enquête pour laver l’ordre de tout soupçon.
Le 24 Août, Clément V annonce à Jacques de Molay qu’une commission d’enquête est mise en place. Philippe le Bel veut précipiter les choses pour éviter que toute l’affaire qui s’annonce ne reste entre les mains du pape. Le 14 septembre, aidé par Nogaret, il fait transmettre en grand secret à tous ses baillis et sénéchaux un ordre d’arrestation pour tous les Templiers du Royaume et la mise sous séquestre de tous leurs biens.
L’arrestation des Templiers{{}}
Cette opération d’envergure débute le 13 octobre 1307 à l’aube – consulter notre papier « Demandez à un Templier si le vendredi 13 porte malheur… » https://bit.ly/3itdbbD. Tous les Templiers du royaume de France sont arrêtés. Dans quelques commanderies, les Templiers sont massacrés par traîtrise, car les gens d’armes royaux craignent de devoir affronter ces guerriers redoutables en combat loyal.
Jacques de Molay est arrêté dans la maison cheftaine de l’ordre, à Paris. {{}}
Un évènement étrange survient lors du premier interrogatoire de Jacques de Molay le 24 octobre. Au lieu de nier les accusations, il avoue certains faits et ainsi crédite la propagande royale contre l’ordre.
En décembre 1307, Clément V envoie des cardinaux à Paris pour interroger le maître de l’ordre. Devant ceux-ci, Jacques de Molay révoque ses aveux. Il s’engage alors un bras de fer entre Philippe le Bel et Clément V qui se conclut en août 1308 par un compromis entre les deux parties concrétisé par la bulle pontificale « Faciens Misericordiam ». Elle est fulminée par le pape Clément V le 12 août 1308 dans le cadre du procès de l’ordre du Temple.
Elle crée des commissions diocésaines, chargées d’enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l’ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d’un concile œcuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera du sort de l’ordre par la bulle « Vox in excelso ».
Transféré à Chinon avec plusieurs autres dignitaires de l’ordre, comme Geoffroy de Charney, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Gonneville, Jacques de Molay est à nouveau interrogé par des agents royaux. Au cours de cet interrogatoire, il reviendra à ses aveux faits en octobre 1307.
Pendant plus d’une année, la commission pontificale se met en place et commence ses audiences. Jacques de Molay ne pourra y déposer que deux fois vers la fin novembre 1309. A cette occasion, il change de stratégie de défense et veut garder le silence et ne s’en remettre qu’au jugement du pape, se fiant au contenu de la bulle « Faciens Misericordiam ».
Le premier bûcher{{}}
En 1310, plusieurs dizaines de Templiers veulent se présenter devant la commission pontificale pour témoigner en faveur de l’ordre et ainsi mettre à mal tout l’acte d’accusation.
Ce mouvement de protestation est brisé net par la condamnation au bûcher de 54 Templiers jugés comme relaps par Philippe de Marigny le 10 mai 1310.
De plus, les meneurs de ce mouvement de protestation disparaissent des geôles de Philippe le Bel sans laisser de traces.
Le 22 mars 1312, Clément V annonce officiellement l’abolition de l’ordre du Temple lors du Concile de Vienne. Malgré sa volonté et ses demandes insistantes auprès de ses geôliers, Jacques de Molay continue de croupir en prison sans pouvoir être reçu par le pape. Ce dernier consent néanmoins à envoyer 3 cardinaux à Paris en décembre 1313 pour statuer sur le sort des dignitaires.
Arrivés à Paris en mars 1314, le verdict des trois cardinaux est sans appel, les dignitaires de l’ordre sont condamnés à la prison à vie.
L’exécution sur l’île aux Juifs{{}}
Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay s’insurgent avec véhémence contre ce verdict, comprenant qu’ils ont été joués depuis le début par un pape qui ne voulait pas les entendre. Ils révoquent tous les deux les aveux faits et proclament l’ordre innocent de toute accusation portée contre lui, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont aussitôt reconnus comme relaps et livrés par les cardinaux au bras séculier. Un bûcher est installé le jour même sur une île (île de la cité) de la Seine au pied de Notre Dame. Au soir du 11 mars 1314 (ou 18 mars selon certaines interprétations), Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes.
La malédiction{{}}
Dès le XIVe siècle, le destin tragique de Jacques de Molay inspire des auteurs. Boccace parle de lui dans son De casibus virorum illustrium (Des cas d’hommes illustres) comme parfait exemple d’homme modeste que la Fortune a porté au sommet et dont la chute fut d’autant plus spectaculaire. Cependant, c’est souvent la fin des Templiers et de l’ordre qui marque la littérature et en particulier le bûcher spectaculaire de mai 1310 durant lequel 54 templiers sont brûlés.
La légende la plus connue et la plus ancienne autour de Jacques de Molay concerne la malédiction qu’il est censé avoir lancée contre Philippe le Bel et les Capétiens. Selon l’historienne Colette Beaune, cette légende est née après un épilogue stupéfiant pour les contemporains de Philippe le Bel : comment le roi le plus puissant de la chrétienté, doté de trois fils, a-t-il pu voir s’achever sa dynastie et plonger son royaume dans la guerre de Cent Ans ? Dans les mentalités médiévales, comment expliquer la chute de cheval, l’adultère de ses brus, la mort précoce de ses trois fils si ce n’est à cause d’une raison surnaturelle ? La malédiction est cependant plus souvent attribuée à Boniface VIII, pape dont la mort est imputable à Philippe. C’est au XIVe siècle que la malédiction est clairement formulée. Paolo Emilio rédige par la suite une histoire de France pour le compte du roi François Ier où il met en scène la mort d’un Jacques de Molay maudissant le roi et le pape et les convoquant devant le tribunal de Dieu. Les historiens des siècles suivants reprennent son récit.
Cette légende s’est maintenue jusqu’à la suite romanesque historique « Les Rois maudits », rédigée par Maurice Druon entre 1955 et 1977. Cette suite et ses adaptations télévisées contribuent à populariser encore davantage Jacques de Molay et sa malédiction :
« Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… {{}}
Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu {{}}
pour y recevoir votre juste jugement ! {{}}
Maudits ! Maudits ! Maudits ! {{}}
Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »
(Les Rois maudits, 1955)
Une version populaire de la légende attribue à la malédiction la mort de Louis XVI qu’elle situe à la treizième génération après Philippe le Bel, alors que la treizième génération est celle des enfants de Louis XIV.
Absolution du Pape Clément V{{}}
Pour en savoir plus sur le retour en grâce de Templiers vous pouvez lire l’excellent article de Madame Isabelle Heuillant-Donat (Université de Reims - Champagne Ardenne) en date du 19 octobre 2007, paru dans « Libération » et sous-titré : « L’original d’un document des archives vaticanes montre que le pape les avait absous. L’Église communique » (http://www.liberation.fr/jour/2007/10/19/le-retour-en-grace-des-templiers_104208) ou encore sur « France TV Info » avec cet article « Ordre des Templiers : le Vatican publie des archives secrètes. Sept siècles après l’extinction de l’ordre religieux, on apprend que l’Eglise avait tenté de réhabiliter les Templiers à l’issue de leur procès intenté par le roi de France. » https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/ordre-des-templiers-le-vatican-publie-des-archives-secretes_1605519.html
Sources : Wikipédia ; http://www.templiers.org/ ; Libération ; Euronews ; Francetvinfo
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Source (faire copier et coller) : https://www.glnf.fr/fr/articles/?id=9089
Il existe une organisation internationale fondée en 1919 aux États-Unis qui porte son nom : l’Ordre de DeMolay (souvent appelé DeMolay International). Elle s’inspire des qualités attribuées à Jacques de Molay – courage, fidélité à ses idéaux, sens du devoir et intégrité – pour accompagner le développement personnel et civique des jeunes.
Cette organisation a pour vocation de former les adolescents et jeunes adultes au leadership, à la prise de responsabilités, à l’engagement citoyen, au travail en équipe et à la confiance en soi. Elle propose des activités éducatives, culturelles, sociales et caritatives, dans un cadre fondé sur des valeurs morales et humanistes. Historiquement, elle s’adressait aux garçons âgés de 12 à 21 ans, même si certaines juridictions ont aujourd’hui adopté des formules plus inclusives ou mixtes.
L’existence de cet ordre constitue un excellent exemple de l’actualité de la figure de Jacques de Molay. Plus de sept siècles après sa mort, son nom demeure associé à une démarche de transmission des valeurs et de formation de la jeunesse. Son héritage n’est donc pas seulement historique : il trouve une traduction concrète dans l’accompagnement des nouvelles générations vers l’autonomie, la responsabilité et l’engagement au service de la société.
« L’influence de Jacques de Molay ne se limite pas aux pages de l’histoire médiévale. Son nom a été choisi, au XXᵉ siècle, pour désigner une organisation internationale de jeunesse dont la mission est de contribuer à la formation morale, civique et humaine des adolescents. Ce choix témoigne de la permanence des valeurs qu’il incarne : fidélité à ses engagements, sens de l’honneur, esprit de service et capacité à défendre ses convictions avec courage. Dans un monde où l’éducation à la citoyenneté et au leadership des jeunes constitue un enjeu majeur, Jacques de Molay apparaît ainsi comme une figure symbolique dont l’exemple conserve une réelle portée contemporaine. » Cette référence permet de faire le lien entre le personnage historique et une application moderne, concrète et positive de son héritage.
Une obédience maçonnique est souvent citée dans cette approche : Grande Loge Nationale Française (GLNF) : https://www.glnf.fr/
Peut-on connaître la tendance politique de la Grande Loge Nationale de France ? – Requête auprès de ‘ChatGPT’ : La réponse courte est : non, la GLNF n’a officiellement aucune tendance politique. Ses statuts et ses principes interdisent même les débats politiques et religieux dans ses loges. Elle se présente comme une obédience de franc-maçonnerie « régulière et traditionnelle », centrée sur la spiritualité, le symbolisme et le perfectionnement moral de ses membres. Cela étant, il faut distinguer la position officielle et les observations sociologiques.
- La GLNF demande à ses membres de laisser leurs opinions politiques à la porte du temple. Elle affirme ne pas prendre position dans les débats de société ou les controverses politiques.
- Elle exige la croyance en Dieu (ou en un Grand Architecte de l’Univers), ce qui la distingue des obédiences françaises plus libérales qui admettent les athées ou interviennent parfois dans le débat public.
- Elle revendique son appartenance à la franc-maçonnerie régulière internationale, reconnue par plusieurs centaines de Grandes Loges étrangères.
D’un point de vue historique et sociologique, de nombreux observateurs considèrent que la GLNF recrute davantage parmi des profils :
- plutôt conservateurs sur le plan des valeurs ;
- attachés aux traditions et à la spiritualité ;
- souvent issus des milieux économiques, des professions libérales ou de l’encadrement ;
- généralement plus proches du centre droit ou de la droite modérée que de la gauche militante.
Il ne s’agit toutefois pas d’une orientation politique institutionnelle. On y trouve des membres de sensibilités politiques diverses. Il serait donc inexact de qualifier la GLNF de « loge de droite » au sens partisan du terme.
Si l’on compare très schématiquement les principales obédiences françaises :
Obédience |
Rapport à la politique |
Sensibilité générale (très simplifiée) |
| GLNF | Pas de débats politiques en loge | Traditionnelle, spirituelle, plutôt conservatrice sur les valeurs |
| Grand Orient de France | Travaux sur les questions de société | Humaniste, laïque, souvent perçue comme plus progressiste |
| Grande Loge de France | Spirituelle et symbolique | Position intermédiaire, peu engagée politiquement |
| Droit Humain | Mixte et engagée sur des sujets sociétaux | Plus progressiste et humaniste |
Cette présentation reste une simplification sociologique : aucune obédience ne demande à ses membres d’adhérer à un parti politique.
En résumé, si vous cherchez à situer la GLNF sur un axe politique français, il vaut mieux la qualifier de traditionnelle et spirituelle, avec un recrutement historiquement plus conservateur que militant, plutôt que de dire qu’elle est « de droite ». Officiellement, elle se veut au-dessus des clivages politiques et interdit précisément que Bien cordialement. ‘ChatGPT’
8.
Grande Loge de France - Liberté de conscience : faire, interpréter, transmettre ! - Dimanche 19 juillet 2026 (Première diffusion le dimanche 15 février 2026) - France Culture18 min - Provenant du podcast Divers aspects de la pensée contemporaine - Par Alexis Lacroix
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Poursuivant son hommage à la loi de 1905, la Grande Loge de France consacre son émission à la liberté de croire et à la liberté de conscience. Entre judaïsme libéral, protestantisme et franc-maçonnerie, trois voix dialoguent autour d’une même exigence.{{}}
Un dialogue à trois voix sur la foi et la liberté{{}}
Pour cette émission des « Divers aspects de la pensée contemporaine », la Grande Loge de France réunit Stéphanie Van Tittelboom, rabbin de la synagogue de Beaugrenelle à Paris, James Woody, pasteur de l’Église protestante unie de France, et Dominique Losay, Grand Officier à la Culture de la Grande Loge de France.
Croire, c’est faire ? L’approche juive{{}}
’ Le judaïsme, ce n’est pas une question de croire, c’est surtout une question de faire. ’ Stéphanie Van Tittelboom souligne que dans le judaïsme, la pratique précède la compréhension : « On peut pratiquer les fêtes, jeûner à Kippour, sans forcément croire en Dieu. C’est en faisant qu’on comprend. » Elle rappelle qu’il n’y a ni dogme ni credo obligatoire : « Il n’y a pas de dogme, pas de “je crois en Dieu”. Il y a des mitzvot, et c’est leur accomplissement qui permet un travail sur soi. » La pluralité des interprétations est constitutive de la tradition juive : « Dans le Talmud, les rabbins ne sont jamais d’accord… et pourtant tous sont la parole du Dieu vivant. »
Croire, c’est faire confiance : la perspective protestante{{}}
Pour James Woody, la foi est avant tout confiance : « Il y a deux façons de comprendre le mot croire : cocher une liste de doctrines… ou comprendre la foi comme confiance. » Il insiste sur la primauté de la conscience individuelle : « La foi personnelle est supérieure à la foi de l’Église. » La transmission passe par l’apprentissage critique des textes : « On forge la capacité des jeunes à devenir des lecteurs et des interprètes du texte biblique… et surtout à ne pas prendre les textes au pied de la lettre. »
Une foi maçonnique ? L’optimisme de la transformation{{}}
Dominique Losay rappelle que la foi maçonnique est d’une autre nature : « La foi maçonnique, c’est un optimisme sur l’humanité. » Elle repose sur la conviction que chacun porte en lui une capacité de transformation : « Chaque homme a en lui cette capacité d’évolution positive. » La franc-maçonnerie encourage la recherche personnelle de la vérité : « Nous avons chacun notre capacité de discernement face au texte. »
La nécessité du dialogue{{}}
Face aux divisions contemporaines, les trois intervenants défendent le dialogue interconvictionnel. James Woody évoque l’enrichissement mutuel : « Découvrir ce que l’autre a comme part de vérité qui me fait défaut… et s’enrichir mutuellement. » Stéphanie Van Tittelboom reprend l’image des ponts : « Pour fabriquer un pont, il faut être deux, chacun partant d’une rive en espérant se rencontrer au milieu. » Dominique Losay conclut par une référence à Fratelli tutti : « Nous sommes tous frères. »
Avec :{{}}
Stéphanie Van Tittelboom, rabbin de la synagogue de Beaugrenelle à Paris, membre de l’équipe rabbinique de Judaïsme En Mouvement. Diplômée de sciences politiques, de l’Ecole du Louvre et de l’Institut National de Gemmologie.
James Woody, pasteur de l’Église protestante unie de France à la paroisse d’Auteuil à Paris. Attaché au courant du protestantisme libéral, ancien directeur de la rédaction du journal « Evangile et Liberté »
Dominique Losay, Grand Officier à la Culture de la Grande Loge de France.
Références : Franc-maçonnerie Société Sciences et Savoirs Religions – Spiritualité Philosophie Associations – ONG
L’équipe - Alexis Lacroix Journaliste et essayiste - Peire Legras Réalisation - Claire Poinsignon Collaboration
Libre Pensée - La fabrique du roman national-républicain
Divers aspects de la pensée contemporaine 18 min
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Qu’est-ce que la formation à la citoyenneté ? - La formation à la citoyenneté regroupe l’ensemble des actions publiques qui contribuent à apporter aux jeunes des connaissances relatives à la citoyenneté, promeuvent les comportements citoyens – comme le civisme et l’engagement social –, et leur offrent les cadres pour les exercer.
Quels sont les 4 piliers de l’éducation à la citoyenneté ? - Les quatre sous-domaines thématiques de l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) sont la consommation et la production durables ; le changement climatique ; les droits humains et l’égalité entre les genres ; la diversité culturelle et la tolérance.
Éducation à la citoyenneté mondiale{{}}
L’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM), intitulée en anglais Global Citizenship Education (GCE), a pour objet de donner aux apprenants les moyens de prendre une part active et volontariste, tant au niveau local que mondial, à l’édification d’un monde plus juste, plus paisible, plus tolérant, plus inclusif, plus sûr et plus durable.
L’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) est une approche de l’éducation, impliquant les contenus d’apprentissage, les pédagogies et l’environnement d’apprentissage, qui dotent les apprenant(e)s de tous âges des connaissances, des compétences, des valeurs et des attitudes dont ils et elles ont besoin pour s’engager dans le monde et contribuer à construire un avenir plus durable, plus juste et plus pacifique[1].
La citoyenneté mondiale fait référence à un sentiment d’appartenance à une grande communauté et à une humanité commune, afin de former des citoyens et citoyennes informé(e)s et compatissant(e)s, capables de s’engager dans leur communauté aux niveaux local, régional et mondial. En d’autres termes, elle permet d’« apprendre à vivre ensemble » en paix. Elle met l’accent sur l’interdépendance politique, économique, sociale et culturelle, et sur l’interconnexion entre le local, le national et le mondial[2]. L’éducation à la citoyenneté mondiale s’appuie sur l’expérience d’autres processus éducatifs, comme l’éducation aux droits humains, l’éducation pour la paix, l’éducation en vue du développement durable, l’éducation pour la compréhension internationale et interculturelle[3].
L’intérêt croissant pour la citoyenneté mondiale a attiré l’attention sur la dimension mondiale de l’éducation à la citoyenneté et ses implications pour les politiques, les programmes éducatifs, l’enseignement et l’apprentissage[4]. L’éducation à la citoyenneté mondiale repose sur trois dimensions conceptuelles fondamentales (apprentissages cognitif, socio-affectif et comportemental) qui sont communes à ses différentes définitions et interprétations. Elles peuvent servir de base pour définir les buts de l’éducation à la citoyenneté mondiale, les objectifs et les compétences d’apprentissage, ainsi que les priorités pour l’évaluation de l’apprentissage[5].
Les quatre sous-domaines thématiques de l’ECM sont la consommation et la production durables ; le changement climatique ; les droits humains et l’égalité entre les genres ; la diversité culturelle et la tolérance. Bien qu’ils ne couvrent pas l’ensemble des questions abordées, ils se concentrent sur certains des problèmes les plus urgents auxquels le monde est confronté.
Les facteurs structurels et les priorités politiques expliquent certaines des différentes manières dont les pays abordent les domaines thématiques de l’éducation à la citoyenneté mondiale. Par exemple, dans les lieux à forte concentration d’immigrant(e)s ou de réfugié(e)s, l’ECM est souvent utilisée comme un outil de consolidation de la paix et un cadre pour le dialogue, le vivre ensemble et la cohésion sociale[6]. Dans les grandes économies (par exemple, la Chine et les États-Unis d’Amérique), l’ECM s’est concentrée sur le renforcement des compétences individuelles nécessaires pour être compétitif dans l’économie mondiale[6].
Au cours des dix dernières années, les pays ont inclus dans les cursus scolaires des contenus visant à promouvoir la citoyenneté mondiale[6]. En 2012, 49 des 55 (89 %) États membres de l’UNESCO ayant répondu à la consultation mondiale sur l’application de la Recommandation sur l’éducation pour la compréhension, la coopération et la paix internationales et l’éducation relative aux droits humains et aux libertés fondamentales ont indiqué qu’au moins certains thèmes liés à l’éducation à la citoyenneté mondiale (par exemple, les droits humains, la diversité culturelle, les études sur la paix) étaient intégrés dans les politiques éducatives nationales[7].
L’Education à la Citoyenneté Mondiale (ECM) dans l’Union Européenne[8]
Alors que l’utilisation de Education à la Citoyenneté Mondiale dans l’éducation, aux États-Unis, se réfère à l’éducation aux visions du monde et aux différentes valeurs culturelles dans le monde (appelée compétence interculturelle dans l’UE), dans l’UE, développe l’idée en intégrant une seconde composante. Outre les compétences interculturelles, la perspective européenne traite de l’importance de connaître les problèmes mondiaux qui affectent tous les citoyens.
C’est pourquoi la Commission européenne et un certain nombre d’organisations de la société civile plaident pour la promotion de l’éducation à la citoyenneté mondiale (Bourn, 2016), mais il existe des variations d’un pays à l’autre. La culture de la pensée critique est essentielle pour une éducation à la citoyenneté mondiale efficace et les enseignants jouent un rôle central dans l’influence de cette approche. Les jeunes ont besoin de connaissances et de compétences pour comprendre leur rôle et leur contribution au sein de la démocratie européenne.
Radhouane et Maleq (2020) montrent comment la France et l’Angleterre ont donné la priorité à l’Education à la Citoyenneté Mondiale et à la promotion des valeurs nationales dans leurs programmes politiques, en œuvrant contre la radicalisation. En outre, ils donnent des indications sur la mise en œuvre de l’Education à la Citoyenneté Mondiale et préconisent de reconnaître la valeur de l’adoption d’identités multiples. En effet, l’analyse comparative menée par les auteurs révèle que si la France et l’Angleterre ont traditionnellement suivi des voies distinctes en matière d’ECM, leurs trajectoires politiques se sont alignées à la suite d’attentats terroristes, affichant des parallèles significatifs. Dans les deux cas, l’éducation a été placée au centre des stratégies gouvernementales de lutte contre la radicalisation en endossant des principes nationaux et démocratiques appelés “valeurs de la République française’ en France et ’valeurs Fondamentales britanniques’ en Angleterre.
Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, le pouvoir de transformation de l’éducation s’étend bien au-delà des salles de classe, avec une réceptivité croissante de la jeune génération. L’éducation peut changer toute une société, car il est de plus en plus facile d’agir sur les modes de vie et de pensée de la jeune génération. Les Nations unies, par l’intermédiaire de l’UNESCO, promeuvent les valeurs éducatives. L’Education à la Citoyenneté Mondiale apprend à vivre ensemble en paix, à créer une communauté fondée sur les droits de l’homme, le respect et la compréhension mutuelle. Il est évident que le monde est globalisé, tout est interconnecté et les jeunes recherchent une éducation variée et adaptée à leurs besoins.. L’ECM peut être enseignée à l’école par le biais de différentes matières, mais elle peut également être enseignée en dehors de l’école car elle concerne tout le monde : les associations communautaires, les autorités, les médias et la famille. Pour qu’elle fonctionne, les enseignants doivent s’impliquer et disposer du matériel pédagogique approprié. L’ECM réussit lorsque garçons et filles se sentent respectés en tant qu’êtres humains et sont encouragés à participer à la vie de l’école. Le plus important est d’être des citoyens du monde (UNESCO, 2016).
L’Education à la Citoyenneté Mondiale joue un rôle essentiel dans l’éducation des jeunes afin qu’ils réfléchissent davantage aux préoccupations mondiales et qu’ils ouvrent les yeux sur les autres cultures du monde. L’éducation à la citoyenneté mondiale rapproche en tant que communauté du monde entier, et rend plus conscients de la Terre et des problèmes des voisins dans la communauté que créée.
Lire la suite par ici >https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_%C3%A0_la_citoyennet%C3%A9_mondiale
10.
France - Document de travail : Vade mecum pour accompagner l’engagement des élèves et leur participation aux projets d’éducation à la citoyenneté, aux médias et à l’information - Juin 2026 - Éduquer à la citoyenneté au cycle 4 {{}}
L’éducation à la citoyenneté revêt une importance capitale dans la formation des individus et dans le fonctionnement harmonieux de la société. 28 pages
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France - Le parcours citoyen : de l’école élémentaire à la terminale, apprendre les valeurs de la République - 23/12/2025 – Document officiel
Le parcours citoyen - De l’école au lycée, le parcours citoyen s’adresse à des citoyens en devenir qui prennent conscience de leurs droits, de leurs devoirs, de leurs responsabilités.
De l’école au lycée, le parcours citoyen s’adresse à des citoyens en devenir qui prennent conscience de leurs droits, de leurs devoirs, de leurs responsabilités. Adossé à tous les enseignements, en particulier à l’enseignement moral et civique (EMC) et aux éducations transversales (éducation aux médias et à l’information (EMI) notamment), il concourt à la transmission des valeurs et principes de la République en abordant les grands champs de l’éducation à la citoyenneté : la laïcité, l’égalité entre les femmes et les hommes et le respect mutuel, la lutte contre toutes les formes de discrimination, la prévention et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, contre les LGBTphobies, l’éducation à l’environnement et au développement durable, l’utilisation responsable des outils numériques et la lutte contre le harcèlement.
L’enseignement moral et civique (EMC){{}}
Cet enseignement permet aux élèves de comprendre le bien-fondé des règles régissant les comportements individuels et collectifs, le pluralisme des opinions, les convictions, les modes de vie, etc. Il favorise le respect des droits et de la loi.
L’éducation aux médias et à l’information (EMI){{}}
Cette éducation transversale permet aux élèves d’apprendre à lire, à décrypter et produire une information et une image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie.
La participation des élèves à la vie sociale de l’établissement et de son environnement{{}}
Les élèves sont encouragés à s’engager dès que possible dans les instances de la démocratie scolaire, ainsi que dans la vie sociale de l’établissement et de son environnement, à prendre part à une association et à s’impliquer auprès de leur pairs qui ont besoin de soutiens variés.
L’inscription des apprentis à des ateliers débats et philosophiques{{}}
Elle permet aux apprentis de participer à des ateliers débats et philosophiques et de prendre part à des activités sociales et civiques de l’entreprise où se déroulent les périodes d’alternance.
La préparation en amont de la Journée défense et citoyenneté{{}}
Elle permet aux lycéens de mieux anticiper leur participation à la Journée défense et citoyenneté en s’informant sur son déroulement et ses enjeux.
L’enseignement moral et civique{{}}
De l’école au lycée{{}}
L’enseignement moral et civique, mis en œuvre à chacun des niveaux de l’école élémentaire, du collège et du lycée général, technologique et professionnel est central dans le parcours citoyen de l’élève, dont il constitue le moment réflexif.
Un enseignement moral et civique renforcé{{}}
En juin 2024, un nouveau programme a été adopté, s’appliquant progressivement à l’ensemble des classes du cours préparatoire à la terminale :{{}}
- un programme qui définit clairement les contenus d’enseignement pour chaque année ;
- un programme qui approfondit les notions au fil du cursus des élèves ;
- un programme en prise avec les enjeux contemporains, qui intègrent des questions relatives au développement durable et aux médias et à l’information.
Les pratiques actives, reposant sur l’analyse de situations concrètes, l’argumentation, la discussion réglée, le débat, sont encouragées. Des ressources d’accompagnement sont mises à la disposition des professeurs.
L’enseignement moral et civique fait l’objet d’une épreuve écrite du diplôme national du brevet et est intégré dans le contrôle continu dans l’évaluation du baccalauréat.
Un cadre renouvelé pour l’éducation à la citoyenneté{{}}
Le nouveau programme d’EMC s’accompagne d’une redéfinition du cadre plus général de l’éducation à la citoyenneté :
- le préambule du programme fournit un nouveau cadre de compétences civiques et citoyennes pour une culture de la démocratie, en s’inspirant des travaux du Conseil de l’Europe, qui distingue : les valeurs et principes à promouvoir ; les domaines de connaissance où exercer sa compréhension critique ; les attitudes et les aptitudes à développer ;
- le programme invite à articuler les contenus d’enseignement aux heures dédiées à l’engagement et à la participation des élèves, au cycle 4, à des projets d’éducation à la citoyenneté, aux médias et à l’information, ainsi qu’au développement durable, créées par l’arrêté du 15 mars 2024 relatif à l’organisation des enseignements dans les collèges. Prévus explicitement au cycle 4, ces projets peuvent être organisés pour tous les niveaux de l’école élémentaire au lycée. Ces projets permettent de préparer les élèves à devenir des membres actifs et engagés de la communauté, conscients des enjeux de société, capables de contribuer de manière constructive à la vie collective.
L’engagement, un élément fondamental{{}}
L’engagement est un élément fondamental qui peut consister à :
- prendre part à des actions éducatives locales, académiques ou nationales, permettant aux enseignants de traiter concrètement avec leurs élèves des enjeux de citoyenneté comme la mémoire et l’Histoire, avec, par exemple, le Concours national de la Résistance et de la Déportationou La Flamme de l’égalité ;
- participer aux instances de la démocratie scolaire dans son établissement : conseil de la vie collégienne, conseil des délégués pour la vie lycéenne, délégués de classe,éco-déléguésdepuis 2020, instances de l’association sportive.
Le parcours citoyen est enrichi par l’engagement des élèves dans des projets à dimension citoyenne à l’École ou en dehors : participation à une cérémonie commémorative, visite d’un lieu de mémoire, participation individuelle ou collective à des projets citoyens dans le domaine des arts, de la littérature, de l’histoire, rencontres sportives, etc.
La mobilisation de la communauté éducative{{}}
L’ensemble de la communauté éducative a la responsabilité de construire et de faire vivre ce parcours citoyen, en assurant la convergence, la continuité et la progressivité des enseignements et des projets. À cette fin, Ce parcours prend également appui sur la participation de l’élève à la vie sociale et démocratique de la classe et de l’école ou de l’établissement.
Outre les personnels de l’Éducation nationale, Le parcours citoyen repose sur la mobilisation de multiples partenaires de l’École : associations, collectivités locales et territoriales, réservistes citoyens de l’Éducation nationale.
Le livret de citoyenneté{{}}
Un livret de citoyenneté est transmis à chaque élève au terme de la scolarité obligatoire afin qu’ils disposent tous d’un document rassemblant tous ces grands principes et qu’ils puissent attester du niveau de leur engagement.
Il est remis aux élèves en même temps que le diplôme national du brevetau cours d’une cérémonie républicaine. Rituel solennel, en présence de leur famille, cette cérémonie permet de rappeler les temps forts de la scolarité des élèves et de présenter les perspectives, qu’il s’agisse d’obligations ou d’engagements personnels, qui s’ouvriront à eux dès 16 ans, à 18 ans et au-delà.
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Source : https://www.education.gouv.fr/le-parcours-citoyen-5993
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Remerciements à Sandro N. qui m’a fait découvrir le personnage clé de ce dossier : Jacques De Molay
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– 26/07/2026
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