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"Les violences d’après Boris Cyrulnik, Edgar Morin et d’autres auteurs, ainsi que dans les textes sacrés (Torah, Bible, Coran), chez les peuples autochtones amérindiens des Amériques et dans la culture chinoise traditionnelle revue ici – Conseils secours" par Jacques Hallard

dimanche 7 juin 2026, par Hallard Jacques

ISIAS Sociologie Religions Violences

Les violences d’après Boris Cyrulnik, Edgar Morin et d’autres auteurs, ainsi que dans les textes sacrés (Torah, Bible, Coran), chez les peuples autochtones amérindiens des Amériques et dans la culture chinoise traditionnelle revue ici – Conseils secours
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 04/06/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule
Quelques informations préalables et utiles sont tout d’abord proposées pour ce dossier conçu et réalisé à des fins didactuques

Le pourcentage de personnes déclarant avoir subi des violences est un indicateur fréquemment utilisé dans les enquêtes. Il mesure la part d’une population qui déclare avoir été victime d’au moins un acte de violence sur une période donnée (souvent les 12 derniers mois). Par exemple, en France, l’enquête annuelle « Cadre de vie et sécurité » de l’INSEE et du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure mesure ce type d’indicateur. On peut présenter la statistique de manière générale par le pourcentage de personnes ayant déclaré avoir subi au moins une violence physique ou verbale au cours des 12 derniers mois. Exemple : 180 personnes sur 2 000 interrogées déclarent avoir subi des violences. Taux = (180 ÷ 2 000) × 100 = 9 %. Cet indicateur est souvent considéré comme plus représentatif que les seules statistiques policières, car il inclut les violences qui ne sont jamais signalées aux autorités.

Violences et discriminations en hausse en France d’après la 3ème enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » par Source AFP | Société – 1er novembre 2025 | Société - Menée en 2024, la troisième édition de l’enquête ’Vécu et ressenti en matière de sécurité’ (VRS) du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) présente une sélection de statistiques comme le nombre de victimes pour des atteintes suivies d’une enquête, la satisfaction envers les services de sécurité ou encore le sentiment d’insécurité. Les victimes de violences sexuelles, de discriminations et de harcèlement moral sont en forte hausse, selon un rapport statistique du ministère de l’Intérieur. Toutefois, peu d’entre elles portent plainte. C’est ce qu’indique l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » publiée jeudi 30 octobre 2025 par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).

Définition - La violence est l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments naturels. Elle peut être subie ou acceptée comme dans les sports de combat ou les arts martiaux [1]. Selon l’OMS[2], la violence est l’utilisation de la force physique, de menaces contre les autres ou soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. La violence est observable chez les humains comme chez les animaux, ce qui indique sa signification évolutive et biologique [3]. Le mot violence vient du latin vis, qui signifie la « force exercée contre quelqu’un ». Son pluriel vires désigne les moyens utilisés pour exercer la vis[4]… - Wikipédia

La réflexion de Boris Cyrulnik sur la violence : « La violence a toujours existé. Elle est partie intégrante de l’être humain. En chacun de nous existe une violence pulsionnelle, que nous jugulons. Toutefois, certains en arrivent à une violence sans frein, une violence qui s’exprime parfois dès le plus jeune âge, à la crèche, à l’école, à la maison et/ou dans la rue…

La violence repose sur l’idée que les comportements violents ne sont généralement pas le résultat d’une seule cause, mais d’une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Elle peut être favorisée par des traumatismes précoces, des carences affectives ou des expériences d’humiliation. L’environnement familial et social joue un rôle majeur dans l’apparition ou la prévention des comportements violents. Les individus ayant subi des blessures psychiques, ne deviennent pas nécessairement des violents. La capacité de résilience peut permettre de surmonter ces épreuves. La violence est souvent liée à des difficultés dans la construction de l’identité, de l’attachement et de la relation aux autres. La prévention passe par l’éducation, le soutien affectif, l’inclusion sociale et l’accompagnement des personnes vulnérables. La violence ne se réduit pas à l’agression physique. Elle constitue avant tout une rupture du lien à l’autre, un comportement qui nie ou méconnaît l’existence, la subjectivité ou la dignité d’autrui. Dans cette perspective, la violence est un phénomène relationnel qui peut prendre des formes physiques, psychologiques, affectives, éducatives ou institutionnelles. Selon lui, les violences précoces — notamment familiales — peuvent altérer le développement psychique de l’enfant et favoriser ultérieurement des comportements agressifs. Toutefois, il refuse tout déterminisme : une personne victime de violence ne devient pas nécessairement violente. Les processus de résilience peuvent permettre de reconstruire le lien social et l’équilibre psychique…

Voir par exemple Boris Cyrulnik : Violence pulsionnelle et violence totalitaire > Le traumatisme psychique> Le traumatisme psychique chez l’adulte> Traumatismes collectifs (catastrophes naturelles, guerres, etc.) - - Auteur de la publication : Evelyne Josse - 27 avril 2024 - : Le traumatisme Psychique chez l’enfant - Français / Traumatismes collectifs (catastrophes naturelles, guerres, etc.) / Traumatismes individuels / Vidéos chaîne YouTube Resilience Psy… - Source : https://www.resilience-psy.com/boris-cyrulnik-violence-pulsionnelle-et-violence-totalitaire/

Boris Cyrulnik - Philomonaco

Boris Cyrulnik Neuro-psychiatre - https://philomonaco.com/intervenant/boris-cyrulnik/

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Selon Edgar Morin, la violence ne se réduit pas à l’agression physique. Elle peut prendre plusieurs formes : d’ordre physique : atteinte au corps, guerre, coups, meurtre ; d’ordre social et institutionnelle : inégalités, exclusion, domination exercée par des structures sociales ou politiques ; d’ordre symbolique : imposer des idées, des valeurs ou des représentations qui dévalorisent certains groupes. Edgar Morin souligne que la violence est souvent liée à des phénomènes complexes : peur, incompréhension de l’autre, crises sociales, idéologies ou rapports de pouvoir. Pour la combattre, il met l’accent sur la compréhension mutuelle, le dialogue et une pensée capable de prendre en compte la complexité des relations humaines.

« Il y eut ainsi un culte de la violence – une association entre histoire et violence – qui lui conférait une légitimité ; or, c’est cette saturation à l’extrême qui me fait penser à l’idée qu’on ne peut aller au-delà (méta) de la violence que si on est passé par elle ».

Livre : Edgar Morin, compagnon de pensée - Chemins de non-violence alainrefalo.bloghttps://alainrefalo.blog › 2026/05/30 › edgar-morin-co... - Sciences Humaines N°342 : Edgar Morin - https://boutique.scienceshumaines.com › sciences-humai... – Source :https://boutique.scienceshumaines.com/sciences-humaines/342

Etude - La violence du monde, Jean Baudrillard, Edgar Morin - Cairn.info https://shs.cairn.info › ... Voir sur :https://shs.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2003-3-page-163c?lang=fr

Edgar Morin, journaliste à sa manière | Mediapart

Edgar Morin, journaliste à sa manière - https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/300526/edgar-morin-journaliste-sa-maniere

Parmi d’autres auteurs, on peut citer aussi :

René Girard avec son ouvrage majeur : La Violence et le Sacré (1972). Il y développe la théorie du désir mimétique et du mécanisme du bouc émissaire pour expliquer l’origine et la régulation de la violence dans les sociétés.

Pierre Bourdieu connu pour le concept de « violence symbolique », c’est-à-dire les formes de domination qui s’exercent sans recours à la force physique mais à travers les normes, le langage et les institutions.

Michel Wieviorka qui est l’auteur de nombreux travaux sur la violence sociale, politique et urbaine, notamment La Violence (collection « Que sais-je ? »). Il y analyse les causes contemporaines des conflits et des violences collectives.

Hannah Arendt : voir Politique et violence > Voir https://books.openedition.org/europhilosophie/234

Norbert Elias : Le processus de civilisation et la maîtrise de la violence > Voir https://www.philo52.com/articles.php?lng=fr&pg=2461

Voir également : Entre théorie de la paix et continuum de la violence - Réflexion autour du concept de la violence structurelle, par Catherine Flynn, Dominique Damant, Jeanne Bernard et Geneviève Lessard - Diffusion numérique : 26 juillet 2016 > https://www.erudit.org/fr/revues/cswr/2016-v33-n1-cswr02598/1037089ar/

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Violences – Conseils et ressources pratiques en France si nécessaire : {{}}

Prévenir les violences conjugales : agir pour protéger Ma Sécurité ttps ://www.masecurite.interieur.gouv.fr › actualites › p... - Reconnaître ses difficultés ou demander de l’aide est une première étape essentielle pour rompre le cycle des violences. ...

Prévenir et agir contre les violences en milieu scolaire – Eduscol Éduscol - https://eduscol.education.gouv.fr › prevenir-et-agir-con... - L’éducation à la citoyenneté est un levier essentiel pour éduquer contre les violences, transmettre le sens des règles qui régissent la vie en société... – PDF 32 pages

Prévention et traitement des violences sexuelles – Eduscol > https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/guide-reperes-pour-la-prevention-et-le-traitement-des-violences-sexuelles-67950.pdf

Guide pratique - Eduscol - Ministère de l’Éducation nationale Éduscol https://eduscol.education.gouv.fr › document › g... – PDF 80 pages

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Introduction {{}}

Ce dossier est consacré spécifiquement aux violences de toutes sortes et il est composé de documents orientés et très éclectiques sur ce sujet. Une orientation délibérée vise à examiner les considérations résultant d’analyses de textes religieux, des tendances exprimées dans les cultures amérindiennes, d’une part, et exprimées dans la culture chinoise traditionnelle concernant les violences…

Finalement, un tableau comparatif simplifié des tendances générales observées dans certaines traditions culturelles et philosophiques historiques est ajoutée d’après une requête auprès de ‘ChatGPT’

Il est rappelé in fine des conseils donnés en France vis-à-vis des violences physiques et psychologiques (Service Public 19 juin 2025) - / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre), ainsi que des conseils donnés en Chine : « Comment prévenir la violence domestique ? », texte traduit de 如何避免家庭暴力發生?- 保護服務司

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire {{}}

Conseils en chinois - Comment prévenir la violence domestique ? Texte traduit de 如何避免家庭暴力發生?- 保護服務司 - Traduction de Jacques Hallard avec l’aide de ‘DeepL’

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  • Que faire de la violence dans les textes sacrés ? – Publié le 04 mai 2026, 16:14 CEST – Documentations ‘The Conversation France’

La Victoire de Josué sur les Amalécites (1624-1626), par Nicolas Poussin. Musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg, Russie)/Wikipédia

Le Coran comme la Bible comportent de nombreux passages qui peuvent être interprétés comme des appels directs à commettre des actes violents. Est-il possible – et est-il souhaitable – de limiter leur diffusion, spécialement auprès des jeunes ? Faut-il les accompagner d’une notice spécifique ? Ou compter sur la capacité de discernement des lecteurs ?{{}}

Dans une tribune publiée par le Figaro, une quarantaine de personnalités, dont Élisabeth Badinter et la sœur de Samuel Paty, ont demandé l’interdiction d’une dizaine d’ouvrages qualifiés d’islamistes et leur retrait de la plateforme du Pass Culture, dispositif d’accès aux activités culturelles mis en place par le gouvernement français à destination des jeunes entre 15 ans et 20 ans. Les livres incriminés sont, en l’occurrence, pour la plupart, déjà accessibles en ligne gratuitement.

Mais l’un d’entre eux, le Muwatta, retient plus particulièrement l’attention. Il s’agit en effet d’un texte écrit par Malik ibn Abbas, un imam du VIIIᵉ siècle à l’origine du malékisme. Or, ce courant de pensée constitue l’une des quatre écoles canoniques de l’islam sunnite, avec le chafiisme, le hanafisme et le hanbalisme. De plus, le Muwatta est considéré comme le plus ancien traité de jurisprudence islamique et une des principales sources de référence des hadiths, les dires du prophète.

Passages spécifiques du Coran et de l’Ancien Testament{{}}

Les pétitionnaires reprochent à l’imam Malik ibn Abbas d’appeler au meurtre, de légitimer la lapidation et de justifier le fait de « couper la tête » des apostats. À ce titre, on pourrait tout aussi bien envisager de restreindre la circulation du Coran. Le cinquième verset de la sourate du Repentir invite en effet à exterminer les polythéistes : « Tuez les idolâtres partout où vous les trouverez », ordonne-t-il.

« Quand vous rencontrerez les infidèles, ajoute la quatrième sourate, tuez-les jusqu’à en faire un grand carnage. »

Les moudjahidines n’en seront que mieux récompensés. La troisième sourate précise ainsi que « l’indulgence et la miséricorde vous attendent […] si vous mourez ou si vous êtes tués en combattant dans le sentier de Dieu ».

En poursuivant la lecture des textes sacrés des religions abrahamiques, on s’aperçoit cependant que la Bible n’est pas moins sanguinolente. L’Ancien Testament, en particulier, regorge de mille et une précisions sur la manière de sacrifier des animaux et développe une vision très militarisée du monde en comparant le croyant à un soldat ou un mercenaire. D’après le décompte de certains auteurs, il comprendrait entre 600 et 1 700 passages ayant trait à des actes de violence.

À lire aussi : Le littéralisme ou la dangereuse tentation de lire les textes « à la lettre »

Le Seigneur dispose ainsi d’un « arsenal » dont il peut tirer « les armes de sa colère ». Le Livre de Job précise que « la puissance et la terreur appartiennent à Dieu », tandis que l’ange de l’Éternel s’en va tuer 185 000 Assyriens qui voulaient s’en prendre aux Juifs.

Dans le Premier Livre des Psaumes, le Seigneur est une arme de combat au service d’une lutte xénophobe et suprémaciste qui vise à asservir les peuples étrangers et mécréants. Il poursuit ses ennemis, les atteint, les anéantit et les « brise ». Il « extermine » ceux qui le haïssent, les « broie comme la poussière » et les « foule comme la boue des rues » pour mettre Israël « à la tête des nations », assujettir les autres peuples et obtenir l’obéissance des « fils de l’étranger ».

À lire aussi : Le Messie était-il un leader nationaliste ?

Un Dieu sans pitié ?{{}}

Le Dieu de l’Ancien Testament est d’autant plus résolu qu’il ne veut avoir « pitié d’aucun de ces méchants infidèles ». Dans le Livre d’Esaïe, par exemple, il trempe son épée dans le « sang des agneaux » pour punir les peuples voués à l’extermination et exercer sa colère « sur toutes les nations ».

« Il les livre au carnage. Leurs morts sont jetés, leurs cadavres exhalent la puanteur, et les montagnes se fondent dans leur sang. »

Dans le Premier Livre de Samuel, le Seigneur ordonne au peuple d’Israël d’aller punir les Amalécites, une tribu de nomades accusée d’avoir tenté d’entraver la sortie des Hébreux d’Égypte. Il faut effacer la mémoire de cette race maudite et n’en épargner aucun :

« Tu mettras à mort hommes et femmes, enfants et nourrissons, gros bétail et petit bétail, chameaux et ânes. »

Dans le Livre de Jérémie, Dieu ordonne de détruire « les fils de l’Orient », en l’occurrence les populations de la péninsule arabique. Il invite à piller leurs tentes, leurs chameaux et leurs troupeaux jusqu’à ce que leur terre devienne un « repaire de chacals, un désert pour toujours » :

« Personne n’y habitera, aucun homme n’y séjournera. »

Les Égyptiens et leurs alliés éthiopiens et libyens ne sont pas non plus épargnés dans le Livre d’Ezéchiel. Leurs villes seront dévastées et leur territoire est appelé à devenir un désert pendant quarante ans.

De tous les textes sacrés des religions abrahamiques, l’Ancien Testament est en fait le plus violent si l’on en croit des décomptes selon lesquels il comporterait 5,3 % de mots faisant allusion à des tueries ou des destructions, contre 2,8 % dans le Nouveau Testament et 2,1 % dans le Coran.

Alors que faire ? Faut-il aussi retirer la Bible des bibliothèques municipales et de la plateforme du « Pass Culture » ?

Quelles solutions – et en faut-il ? - Les signataires de la tribune du Figaro reprochent aux auteurs d’ouvrages islamistes de ne pas avoir fait « l’exégèse de hadiths ou de sourates pour présenter ce qui, à une époque, constituait la base d’une pratique religieuse datée, ancienne, celle du Moyen Âge arabo-islamique, société guerrière, expansionniste, colonisatrice et esclavagiste ».

À lire aussi : Les multiples significations du mot « djihad »

À suivre ce raisonnement, faudrait-il donc uniquement diffuser des versions de la Bible qui comportent des notes explicatives pour garantir « une mise à distance critique », ou bien insérer un avertissement pour prévenir le lecteur que certains passages peuvent choquer ? Après maintes tribulations, Tintin au Congo a, par exemple, été réédité en 2023 avec un avant-propos expliquant les préjugés coloniaux en vigueur au moment de la première parution de l’album de Hergé. Celui-ci avait en effet été vivement critiqué pour son racisme et sa xénophobie. En 2010, un citoyen belge et le Conseil représentatif des associations noires (Cran) avaient ainsi demandé, en vain, qu’on en interdise la vente. Dans certaines libraires du Royaume-Uni, à partir de 2007, l’album avait été déplacé des rayons enfants vers la section des BD pour adultes.

Le Coran et la Bible sont aussi des livres qui continuent d’être vendus, et pas seulement des textes sacrés et vénérés par les croyants. Il est évidemment important de les contextualiser pour en avoir une compréhension plus fine. Mais on ne peut a priori ni les corriger ni les expurger.

Pour les pouvoirs publics, la situation est d’autant plus inextricable qu’il ne leur revient pas de se mêler des débats des théologiens en vue d’imposer une exégèse plutôt qu’une autre. Tout bien considéré, il vaut donc mieux laisser le Muwatta sur la plateforme du ‘Pass Culture’, reconnaître « la face sombre de la Bible » et apprendre à vivre ensemble avec le legs d’un passé extrêmement violent.

islamisme religion islam sacré Bible judaïsme sunnites violence christianisme fait religieux Coran

Auteur :

https://storage.theconversation.com/hfngx1gt81tjqw6luh1bsid21p9zMarc-Antoine Pérouse de Montclos

Directeur de recherches, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Déclaration d’intérêts - Marc-Antoine Pérouse de Montclos ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

Partenaire - Institut de Recherche pour le Développement (IRD) apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR. Voir les partenaires de The Conversation France

DOI : https://doi.org/10.64628/AAK.eg5wnfsvq

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Caroline Nourry Directrice générale The Conversation France

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États‑Unis : quand les imaginaires religieux justifient (ou non) la guerre en Iran

Que disent la Bible, le Coran et la Torah de la guerre ? - Publié : 21 août 2025, 16:24 CEST {{}}

Les guerres sont souvent menées au nom de conceptions religieuses. Mais que disent vraiment les textes fondamentaux du christianisme, de l’islam et du judaïsme sur la guerre et ses justifications ? Nous avons demandé leur avis à trois experts des différents monothéismes.

La Bible{{}}

Par Robyn J. Whitaker, professeure spécialiste du Nouveau Testament au sein de l’établissement théologique australien University of Divinity.{{}}

La Bible présente la guerre comme une réalité inévitable de la vie humaine. Cela est illustré par cette citation du livre de l’Ecclésiaste :

Il y a une saison pour tout […] un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

En ce sens, la Bible reflète les expériences des auteurs, mais aussi de la société qui a façonné ces textes pendant plus de mille ans : celle du peuple hébreu. Durant l’Antiquité, celui-ci a en effet connu la victoire, mais aussi la défaite, en tant que petite nation parmi les grands empires du Proche-Orient ancien.

En ce qui concerne le rôle de Dieu dans la guerre, nous ne pouvons ignorer le caractère problématique de la violence associée au divin. Parfois, Dieu ordonne au peuple hébreu de partir en guerre et de commettre des actes de violence horribles. Deutéronome 20 en est un bon exemple : le peuple de Dieu est envoyé à la guerre avec la bénédiction du prêtre, bien qu’il soit d’abord demandé aux combattants de proposer des conditions de paix. Si les conditions de paix sont acceptées, la ville est réduite en esclavage. Dans d’autres cas cependant, l’anéantissement total de certains ennemis est demandé, et l’armée hébraïque reçoit l’ordre de détruire tout ce qui ne sera pas utile plus tard pour produire de la nourriture.

Dans d’autres cas, la guerre est interprétée comme un outil à la disposition de Dieu, une punition durant laquelle il utilise des nations étrangères contre le peuple hébreu parce qu’il s’est égaré (Juges 2 :14). Il est également possible d’identifier une éthique sous-jacente aux textes consistant à traiter les prisonniers de guerre de manière juste. Moïse ordonne que les femmes capturées pendant la guerre soient traitées comme des épouses et non comme des esclaves (Deutéronome 21), et dans le deuxième livre des Chroniques, les prisonniers sont autorisés à rentrer chez eux.

En opposition à cette conception de la guerre considérée comme autorisée par Dieu, de nombreux prophètes hébreux expriment l’espoir d’une époque où Il leur apportera la paix et où les peuples « ne s’adonneront plus à la guerre » (Michée 3 :4), transformant plutôt leurs armes en outils agricoles (Isaiah 2 :4).

La guerre est considérée comme le résultat des péchés de l’humanité, un résultat que Dieu transformera finalement en paix. Cette paix (en hébreu : shalom) sera plus que l’absence de guerre, puisqu’elle englobera l’épanouissement humain et l’unité des peuples entre eux et avec Dieu.

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Dans le christianisme, la guerre est considérée comme le résultat des péchés de l’humanité, un résultat que Dieu transformera finalement en paix. Joe Castro/AAP

La majeure partie du Nouveau Testament a été écrite au cours du premier siècle de notre ère, alors que les Juifs et les premiers chrétiens constituaient des minorités au sein de l’Empire romain. Dans ce texte, la puissance militaire de Rome est ainsi sévèrement critiquée et qualifiée de maléfique dans des textes comme l’Apocalypse, qui s’inscrivent dans une démarche de résistance. De nombreux premiers chrétiens refusaient par exemple de combattre dans l’armée romaine.

Malgré ce contexte, Jésus ne dit rien de spécifique sur la guerre, mais rejette cependant de manière générale la violence. Lorsque Pierre, son disciple, cherche à le défendre avec une épée, Jésus lui dit de la ranger, car cette épée ne ferait qu’engendrer davantage de violence (Matthieu 26:52). Cela est conforme aux autres enseignements de Jésus, qui proclame ainsi « heureux les artisans de paix », qui commande de « tendre l’autre joue » lorsqu’on est frappé ou d’« aimer ses ennemis ».

En réalité, on trouve diverses idéologies concernant la guerre dans les pages de la Bible. Il est tout à fait possible d’y trouver une justification à la guerre, lorsqu’on souhaite le faire. Il est cependant tout aussi possible d’y trouver des arguments en faveur de la paix et du pacifisme. Plus tard, les chrétiens développeront les concepts de « guerre juste » et de pacifisme sur la base de conceptions bibliques, mais il s’agit là d’interprétations plutôt que d’éléments explicites inscrits dans le texte.

Pour les chrétiens, l’enseignement de Jésus fournit par ailleurs un cadre éthique permettant d’interpréter à travers le prisme de l’amour pour ses ennemis les textes antérieurs sur la guerre. Jésus, contrepoint à la violence divine, renvoie les lecteurs aux prophètes de l’Ancien Testament, dont les visions optimistes imaginent un monde où la violence et la souffrance n’existent plus et où la paix est possible.

Le Coran{{}}

Par Mehmet Ozalp, directeur du Centre pour les études et la civilisation islamiques de l’université australienne Charles-Sturt (Nouvelles-Galles du Sud).{{}}

Les musulmans et l’islam ont fait leur apparition sur la scène mondiale au cours du VIIe siècle de l’ère commune, une période relativement hostile. En réponse à plusieurs défis majeurs propres à cette époque, notamment la question des guerres, l’islam a introduit des réformes juridiques et éthiques novatrices. Le Coran et l’exemple fixé par le prophète Muhammad – souvent francisé en Mahomet – ont établi des lignes directrices claires pour la conduite de la guerre, bien avant que des cadres similaires n’apparaissent dans d’autres sociétés.

Pour cela, l’islam a défini un nouveau terme, jihad, plutôt que le mot arabe habituel pour désigner la guerre, harb. Alors que harb désigne de manière générale la guerre, le jihad est défini dans les enseignements islamiques comme une lutte licite et moralement justifiée, qui inclut mais ne se limite pas aux conflits armés. Dans le contexte de la guerre, le jihad désigne spécifiquement le combat pour une cause juste, selon des directives juridiques et éthiques claires, distinct de la guerre belliqueuse ou agressive.

Entre 610 et 622, le prophète Muhammad a pratiqué une non-violence active en réponse aux persécutions et à l’exclusion économique que lui et sa communauté subissaient à La Mecque, malgré les demandes insistantes de ses disciples qui voulaient prendre les armes. Cela montre que la lutte armée ne peut être menée, en islam, entre membres d’une même société : cela conduirait en effet à l’anarchie.

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Le Coran insiste sur le fait que la guerre, comme toute réponse à la violence, doit être proportionnée et rester bornée par certaines limites. Steven Saphore/AAP

Après avoir quitté sa ville natale pour échapper aux persécutions, Muhammad fonda à Médine une société pluraliste et multiconfessionnelle. Il prit par ailleurs des mesures actives pour signer des traités avec les tribus voisines. Malgré sa stratégie de paix et de diplomatie, les Mecquois, qui lui restaient hostiles, ainsi que plusieurs tribus alliées, attaquèrent les musulmans de Médine. Il devenait ainsi inévitable d’engager une lutte armée contre ces agresseurs.

La permission de combattre a été donnée aux musulmans par les versets 22:39-40 du Coran :

Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes Capable de les secourir, ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : « Allah est notre Seigneur ». […]

Ce passage autorise non seulement la lutte armée, mais offre également une justification morale à la guerre juste. Celle-ci est d’abord conditionnée à une lutte purement défensive, tandis que l’agression est qualifiée d’injuste et condamnée. Ailleurs, le Coran insiste sur ce point :

S’ils se tiennent à l’écart de vous, s’ils ne vous combattent point et se rendent à vous à merci, Allah ne vous donne contre eux nulle justification (pour les combattre).

Le verset 22:39 vu précédemment présente deux justifications éthiques à la guerre. La première concerne les cas où des personnes sont chassées de leurs foyers et de leurs terres, c’est-à-dire face à l’occupation d’une puissance étrangère. La seconde a trait aux cas où des personnes sont attaquées en raison de leurs croyances, au point de subir des persécutions violentes et des agressions.

Il est important de noter que le verset 22:40 inclut les églises, les monastères et les synagogues dans le champ des lieux qui doivent être protégés. Si les croyants en Dieu ne se défendent pas, tous les lieux de culte sont susceptibles d’être détruits, ce qui doit être empêché par la force si nécessaire.

Le Coran n’autorise pas la guerre offensive, car « certes, Allah n’aime pas les agresseurs ! » (2 :190) Il fournit également des règles détaillées sur qui doit combattre et qui en est exempté (9 :91), quand les hostilités doivent cesser (2 :193), ou encore la manière dont les prisonniers doivent être traités avec humanité et équité (47 :4).

Des versets comme le verset 194 de la deuxième sourate soulignent que la guerre, comme toute réponse à la violence et à l’agression, doit être proportionnée et rester dans certaines limites :

Quiconque a marqué de l’hostilité contre vous, marquez contre lui de l’hostilité de la même façon qu’il a marqué de l’hostilité contre vous.

En cas de guerre inévitable, toutes les possibilités pour y mettre un terme doivent être explorées :

Et s’ils (les ennemis) inclinent à la paix, incline vers celle-ci, et place ta confiance en Allah. (8 :61)

L’objectif d’une action militaire est ainsi de mettre fin aux hostilités le plus rapidement possible et d’éliminer les causes de la guerre, et non d’humilier ou d’anéantir l’ennemi.

Le jihad militaire ne peut par ailleurs pas être mené pour satisfaire une ambition personnelle ou pour alimenter des conflits nationalistes ou ethniques. Les musulmans n’ont pas le droit de déclarer la guerre à des nations qui ne leur sont pas hostiles (60 :8). En cas d’hostilité ouverte et d’attaque, ils ont en revanche tout à fait le droit de se défendre.

Le Prophète et les premiers califes ont expressément averti les chefs militaires et tous les combattants participant aux expéditions musulmanes qu’ils ne devaient pas agir de manière déloyale ni se livrer à des massacres ou à des pillages aveugles. Muhammad a ainsi dit, selon la tradition islamique (sunna) :

Ne tuez pas les femmes, les enfants, les personnes âgées ou les malades. Ne détruisez pas les palmiers et ne brûlez pas les maisons.

Grâce à ces enseignements, les musulmans ont disposé, tout au long de leur histoire, de directives juridiques et éthiques visant à limiter les souffrances humaines causées par la guerre.

La Torah{{}}

Par Suzanne D. Rutland, historienne du judaïsme à l’université de Sydney.{{}}

Le judaïsme n’est pas une religion pacifiste, mais dans ses traditions, il valorise la paix par-dessus tout : les prières pour la paix occupent ainsi une place centrale dans la liturgie juive. Il reconnaît dans le même temps la nécessité de mener des guerres défensives, mais uniquement dans le cadre de certaines limites.

Dans la Torah, et notamment les cinq livres de Moïse, la nécessité de la guerre est clairement reconnue. Tout au long de leur périple dans le désert, les Israélites (c’est-à-dire les enfants d’Israël) livrent diverses batailles. Parallèlement, dans le Deutéronome, ils reçoivent l’instruction suivante (chapitre 23, verset 9) :

Quand tu marcheras en armes contre tes ennemis, garde toi de toute chose mauvaise.

Le chef de tribu Amalek, qui attaqua les Hébreux à leur sortie d’Égypte, est le symbole du mal ultime dans la tradition juive. Les érudits affirment que cela est dû au fait que son armée frappa les Israélites par-derrière, tuant des femmes et des enfants sans défense.

La Torah insiste également sur le caractère obligatoire du service militaire. Cependant, le Deutéronome distingue quatre catégories de personnes qui en sont exemptées :

Le judaïsme n’est pas une religion pacifiste, mais, dans ses traditions, il valorise la paix par-dessus tout. Shutterstock

Il est important de souligner que le mépris de la guerre est si fort dans le judaïsme antique que le roi David n’a pas été autorisé à construire le temple de Jérusalem en raison de sa carrière militaire. Cette tâche a été confiée à son fils Salomon : il lui était cependant interdit d’utiliser du fer dans la construction, car celui-ci symbolisait la guerre et la violence, alors que le temple devait représenter la paix comme vertu religieuse suprême.

La vision de la paix comme destin partagé pour toute l’humanité est développée plus en détail dans les écrits prophétiques, notamment via le concept de Messie. Cela est particulièrement visible dans les écrits du prophète Isaïe, qui envisageait une époque où, comme il le décrit dans sa vision idyllique :

[…] De leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes : une nation ne lèvera pas l’épée contre une autre nation, et on n’apprendra plus la guerre.

La Mishnah, première partie du Talmud (c’est-à-dire le recueil principal des commentaires de la Torah) évoque le concept de « guerre obligatoire » (milhemet mizvah). Cela englobe les guerres racontées dans les textes contre les sept nations qui habitaient la Terre promise avant les Hébreux, la guerre contre Amalek et les guerres défensives du peuple juif. Cette catégorie est donc clairement définie et reconnaissable.

Il n’en va pas de même pour la deuxième catégorie, la « guerre autorisée » (milhemet reshut), qui est plus ouverte et pourrait, comme l’écrit le chercheur Avi Ravitsky, « se rapporter à une guerre préventive ».

Après la période de composition du Talmud, qui s’est terminée au VIIe siècle, ce débat est devenu théorique, car les Juifs vivant en Palestine et dans la diaspora n’avaient plus d’armée. C’était déjà largement le cas depuis la défaite de la révolte de Bar Kokhba contre les Romains (de 132 à 135 après J.-C.), à l’exception de quelques petits royaumes juifs en Arabie.

Cependant, avec l’arrivée des premiers immigrants sionistes sur la terre historique du royaume d’Israël à la fin du XIXe et au XXe siècle, les débats rabbiniques sur ce qui constitue une guerre défensive obligatoire ou une guerre autorisée, ainsi que sur les caractéristiques d’une guerre interdite ont repris de plus belle. Ce sujet suscite aujourd’hui une profonde inquiétude et une vive controverse tant chez les universitaires spécialistes du judaïsme que chez les rabbins.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

religion islam guerre judaïsme christianisme

Auteurs : {{}}

https://storage.theconversation.com/mb9joq8bq1ayrr9rdt9c4nfe9i7mRobyn J. WhitakerAssociate Professor, New Testament, & Director of The Wesley Centre for Theology, Ethics, and Public Policy, University of Divinity

https://storage.theconversation.com/gssc54jffrcfpef24dgh1lix0kkuMehmet Ozalp

Professor of Islamic Studies, Director of The Centre for Islamic Studies and Civilisation and Executive Member of Public and Contextual Theology, Charles Sturt University

https://storage.theconversation.com/gsj91sh90fzm6vxhrwme9frifrrySuzanne Rutland

Professor Emerita in Hebrew, Biblical & Jewish Studies, University of Sydney

Déclaration d’intérêts - Robyn J. Whitaker est affiliée au centre Wesley pour la théologie, l’éthique et les politiques publiques. Mehmet Ozalp est le directeur exécutif du l’Académie pour les sciences islamiques et la recherche. Suzanne Rutland ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

Partenaires - Charles Sturt University et University of Sydney fournissent des financements en tant que membres adhérents de The Conversation AU. Voir les partenaires de The Conversation France

Langues Français English

DOI https://doi.org/10.64628/AAK.hmcya9x6f

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Caroline Nourry Directrice générale The Conversation France

Censurer ou protéger les enfants ? Les livres de jeunesse, une « littérature sous surveillance »

Israël‑Palestine : comment les religions juive et islamique sont mobilisées pour justifier la violence - Publié : 24 août 2025, 17:11 CEST {{}}

Le conflit israélo-palestinien ne se résume en aucun cas à une guerre de religion. Pour autant, l’aspect religieux, mobilisé par bon nombre des représentants des deux parties et, souvent, par leurs soutiens extérieurs, y joue un rôle certain. Haoues Seniguer, directeur pédagogique du Diplôme d’établissement sur le monde arabe contemporain (DEMAC) de Sciences Po Lyon et chercheur au laboratoire Triangle, UMR 5206, CNRS/ENS Lyon, examine ces questions cruciales dans Dieu est avec nous : Le 7 octobre et ses conséquences. Comment les religions islamique et juive justifient la violence, qui vient de paraître aux éditions Le Bord de l’Eau. Extraits de l’introduction.

L’enjeu d’une prise de parole sur le 7 octobre{{}}

Aborder le 7 octobre et ses répercussions relève d’un exercice périlleux, tant les enjeux sont complexes et les sensibilités à incandescence. Plusieurs raisons, plus ou moins légitimes, expliquent cette difficulté. Tout d’abord, le sujet a déjà fait l’objet de nombreuses analyses et prises de position ; dès lors, quel intérêt y aurait-il à ajouter sa voix à ce flot d’interventions, qu’elles émanent de chercheurs avertis ou de commentateurs plus ou moins éclairés ?

Ensuite, dans un contexte où le conflit israélo-palestinien suscite des débats souvent passionnels, ne risque-t-on pas, en s’y engageant, d’exacerber les tensions sans réellement parvenir à faire entendre une voix qui, à tort ou à raison, se voudrait singulière ? Chercher à analyser et à expliquer cet événement d’ampleur mondiale, dans ses développements successifs, ne revient-il pas à s’exposer au risque d’être accusé, comme l’avait autrefois suggéré le premier ministre Manuel Valls, de tenter de justifier l’injustifiable, en l’occurrence les attaques du 7 octobre et l’émotion qu’elles ont suscitée dans le monde ?

Prendre la parole comporte un risque, mais garder le silence ne revient-il pas à abdiquer sur le plan de la pensée et à renoncer à la mission du sociologue du politique ou de l’intellectuel public ? Ces derniers ont en effet le devoir d’éclairer la société, sans quoi les événements et les tragédies demeurent non seulement incompréhensibles et énigmatiques, mais risquent, par cette absence d’analyse, de se répéter et de perpétuer les incompréhensions.

Une approche non exclusiviste centrée sur le religieux dans le conflit israélo-palestinien{{}}

Le cœur de cet ouvrage est de reconsidérer la place du religieux dans l’analyse du conflit israélo-palestinien à travers trois axes principaux qui n’ont pas la prétention d’en embrasser toutes les facettes.

Primo, nous nous interrogerons sur la manière dont le référentiel islamique a été investi et mobilisé discursivement par les principaux instigateurs des attaques du 7 octobre et leurs soutiens. Cela impliquera un retour sur l’idéologie fondatrice du Hamas ainsi que sur les discours des oulémas palestiniens et arabes les plus influents qui ont pour habitude de défendre la cause palestinienne.

Commencez votre journée avec des articles basés sur des faits.{{}}

Secundo, nous examinerons en parallèle les discours israéliens, juifs ou judéo-israéliens, qui justifient, explicitement ou implicitement, l’intervention militaire post-7 octobre en s’appuyant sur une grammaire religieuse et des références tirées des traditions juives.

Tertio, nous analyserons les réactions discursives d’acteurs individuels et collectifs juifs et musulmans en contexte français, afin de mieux comprendre comment le religieux façonne, éventuellement, la perception et la prise de position face à ce conflit dans le choix des mots.

L’analyse se concentrera toutefois principalement sur la façon dont la religion, loin de se cantonner à des injonctions morales, spirituelles ou pacifistes, est au contraire mobilisée pour légitimer diverses formes d’actions belliqueuses, y compris les plus extrêmes. C’est un angle analytique certes sujet à débat, voire à polémique, néanmoins indispensable pour saisir comment la sacralisation d’un conflit peut favoriser des dynamiques de déshumanisation progressive de l’autre, justifiant ainsi, à des degrés divers, sa mise à l’écart, voire son élimination sans autre forme de procès.

La violence n’a guère besoin du secours de la religion pour se déployer et sévir parmi les hommes, il suffit pour en prendre la mesure de regarder du côté de la philosophie morale et politique de Thomas Hobbes (1588-1679) qui explique « qu’on trouve dans la nature humaine trois causes principales de conflit : premièrement, la compétition ; deuxièmement, la défiance ; troisièmement, la gloire ». Mais la religion, elle, peut en devenir un redoutable carburant et adjuvant.

Clarifier les enjeux : éviter les lectures simplistes du religieux{{}}

Toutefois, nous souhaitons dès à présent dissiper certains malentendus sous – jacents : il ne s’agit ni de présenter la religion en général, ni le judaïsme et l’islam en particulier, comme des monothéismes intrinsèquement violents, voués à s’épanouir uniquement dans la violence la plus débridée. Une telle vision serait à la fois réductrice, erronée, injuste et dangereuse.

Par ailleurs, le référentiel religieux et ses ressources ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer le déclenchement et la perpétuation du conflit israélo-palestinien. Les conditions de naissance de l’État d’Israël, les structures sociales et politiques passées et présentes, ainsi que les dynamiques idéologiques dans les deux espaces jouent un rôle tout aussi déterminant dans cette confrontation sanglante vieille à ce jour, en 2025, de 77 ans. Autrement dit, il importe de ne ni minimiser ni absolutiser le rôle de la religion dans ce conflit, tant il est pris dans un enchevêtrement de facteurs historiques, politiques et territoriaux qu’il importe de démêler.

[…]

Cadre théorique et inspirations méthodologiques

Et, précisément, pour parvenir à une lecture plus juste du statut de la religion dans le conflit […], il est essentiel d’adopter un cadre théorique minimal. Certains penseurs ont déjà tracé la voie, et bien que plus nombreux, trois d’entre eux nous ont été particulièrement précieux : le philosophe américain Michael Walzer, le sociologue Mark Juergensmeyer, également américain, et le journaliste franco-israélien Charles Enderlin.

Le premier, dans la préface d’un ouvrage consacré à la politique selon la Bible, entend « examiner les idées sur la politique, les approches du gouvernement et de la loi qui s’expriment dans la Bible hébraïque ». Si la perspective adoptée par le philosophe est intéressante, notre approche s’en distingue et dépasse le seul cadre du judaïsme. En effet, notre démarche consiste à partir des discours des acteurs sociaux contemporains impliqués, à divers titres, dans le conflit avant et après le 7 octobre, qu’ils soient figures politiques ou autorités religieuses.

Nous nous attachons ainsi à analyser la manière dont ils interprètent et mobilisent les textes du corpus juif ou islamique pour légitimer leurs positions et actions. En ce sens, notre approche se situe en quelque sorte à l’opposé de la sienne. Bien que, tout comme lui, nous accordions une importance majeure aux contenus théologiques. Walzer précise d’ailleurs sa position en définissant ce qu’il ne souhaite pas entreprendre dans son étude, tandis que nous faisons précisément le choix d’explorer cette dimension dans le présent travail. Ce contraste nous donne ainsi l’opportunité de clarifier et d’affiner davantage notre propre approche :

« […] Je ne traiterai pas de l’influence des idées bibliques sur la pensée politique occidentale : ni au Moyen Âge, ni au début des Temps modernes (où les textes bibliques étaient très souvent étudiés et cités), ni chez les fondamentalistes religieux de nos jours. »

Nous admettons cependant, à l’instar de Walzer, que la Bible est peut-être avant tout un livre religieux, mais qu’elle reste également un livre politique, dans la mesure où elle fait l’objet, de manière continue, de lectures et d’interprétations politisantes qu’elle ne peut ni empêcher ni interdire.

Mark Juergensmeyer, lui, a consacré un travail « au terrorisme religieux à la fin du XXe siècle, c’est-à-dire aux actes de terreur, perpétrés à l’encontre des civils, que la religion a motivés, justifiés, organisés », en s’efforçant, écrit-il, « de pénétrer l’esprit de ceux qui commanditent ou accomplissent ces actes […] », poursuivant ainsi :

« Il ne s’agit bien évidemment pas pour moi de trouver des circonstances atténuantes à ceux qui sont capables de telles horreurs, mais bien de tenter d’appréhender leur vision des faits, de comprendre comment ils peuvent justifier leurs actes. Mon but étant de comprendre l’environnement culturel à l’origine de ces actes de violence, j’ai étudié les idées qui motivent ceux-ci ainsi que les communautés qui soutiennent les terroristes, plutôt que ces derniers eux-mêmes. »

https://images.theconversation.com/files/686607/original/file-20250820-56-sexsz.jpg?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=237&fit=clip

Ces extraits sont tirés de « Dieu est avec nous : Le 7 octobre et ses conséquences. Comment les religions islamique et juive justifient la violence » d’Haoues Seniguer, qui vient de paraître aux éditions Le Bord de l’Eau.

À l’instar de Juergensmeyer, nous considérons qu’il est essentiel de souligner que les idées, notamment lorsqu’elles sont nourries par la croyance et des convictions religieuses, idéologisées ou non, jouent un rôle déterminant dans l’action, qu’elle soit accomplie ou en devenir. Il serait cependant incomplet d’en rester là. En effet, Pierre Bourdieu (1932-2002) souligne que la réussite d’un acte de langage n’est jamais purement linguistique, mais dépend des conditions sociales qui l’entourent.

En d’autres termes, la parole ne peut être efficace (ou du moins efficiente) que si elle est soutenue par des rapports sociaux, éventuellement des impulsions politiques, qui lui confèrent une légitimité et un pouvoir d’action. Dans cette perspective, nous inscrivons notre réflexion dans la continuité des travaux du sociologue français, selon lesquels un ordre ne peut acquérir une véritable valeur performative que si son émetteur dispose d’une autorité reconnue. De même, l’efficacité du discours politique repose étroitement sur le capital symbolique de l’orateur, d’autant plus cardinal s’il s’appuie sur un volume conséquent de ressources matérielles qui permettront de la sorte un pouvoir d’injonction ou d’influence encore plus décisif.

Auteur ;

https://storage.theconversation.com/lhxpk5qj2oq2xo1v74zbww6tsrajHaoues Seniguer

Maître de conférences HDR en science politique. Spécialiste de l’islamisme et des rapports entre islam et politique, Sciences Po Lyon, laboratoire Triangle, ENS de Lyon

Déclaration d’intérêts - Haoues Seniguer ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

Partenaires : ENS de Lyon apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR. Voir les partenaires de The Conversation France

DOI https://doi.org/10.64628/AAK.juc55unv5

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Caroline Nourry Directrice générale The Conversation France

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  • Les tendances exprimées dans les cultures amérindiennes par rapport aux violences - fr.wikipedia.org
    Quels thèmes ou valeurs reviennent fréquemment dans les traditions amérindiennes ? On peut citer plusieurs grandes orientations communes, tout en gardant à l’esprit qu’il existe une très grande diversité entre les peuples autochtones des Amériques.

Selon Wikipédia, Les populations autochtones d’Amérique constituent les peuples qui habitent originairement les Amériques, avant la colonisation européenne, ainsi que leur descendance. Amérindiens, Indiens d’Amérique et Indiens sont toujours les termes utilisés pour nommer ces peuples dans toute la francophonie, cependant, ces appellations sont aujourd’hui considérées comme désuètes et offensantes au Canada, où l’on privilégie plutôt Premières Nations[a]. La présence humaine dans cette partie du monde remonte au Paléolithique[14]. En 1492, ces peuples occupent la totalité des Amériques : Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud, ainsi que les Caraïbes.

La colonisation européenne a été un événement central et dramatique pour tous les peuples autochtones. Souvent réduits au rang d’inférieurs par les classifications et appellations racistes, réduits en servitude ou en esclavage, chassés de leurs territoires, victimes d’épidémies apportées par les colons, ces peuples furent aussi confrontés à la disparition de leur organisation sociale et de leur mode de vie propre et à la transformation par les colons des paysages, de l’occupation des sols, de l’architecture urbaine ou rurale autochtone. Leurs effectifs diminuèrent à partir du XVe siècle, et de nombreux peuples disparurent avec leurs langues et leurs cultures. Depuis les années 1960, ces peuples revendiquent leur identité (politique, culturelle, linguistique…)[15] et interviennent de plus en plus souvent pour défendre l’environnement des petits territoires qui leur ont été laissés au terme de la conquête. Ils deviennent même peu à peu le symbole privilégié de regroupements écologiques [16]. ;. – Voir la suite par-là > https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique

Il y a bien des problèmes communs qui sont rencontrés chez les peuples autochtones amérindiens : ils ont été et sont trop souvent encore menacés d’expulsion de leurs terres ancestrales qu’ils habitent depuis des générations, et leur accès à l’éducation, aux soins de santé et au logement est restreint. Les défenseurs autochtones des droits humains sont victimes d’intimidation, d’agressions et parfois même d’assassinats, souvent avec le soutien des États.

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  • Théoriser la violence en Amérique - Retour sur trente ans d’ethnographie - Philippe Bourgois, Theorizing Violence in the Americas : A Thirty-Year Ethnographic Retrospective – Par Philippe Bourgois, Corinne Hewlett, Corinne Hewlett - PMCID : PMC3748611 NIHMSID : NIHMS429860 PMID : 23976819 - Author manuscript ; available in PMC : 2013 Aug 21. Published in final edited form as : Homme. 2012 ;203-204(3-4):139–1682.
    Résumé {{}}

EN - This thirty year retrospective analysis of violence at my fieldwork sites in the Americas (Nicaragua, El Salvador, Costa Rica, Panama, USA) explores the importance and difficulty of recognizing the continuities of violence across historical eras as an ethnographer. Expanding on the continuum of violence concept, I propose the utility of identifying the mutually reinforcing interface of three overlapping categories of invisible violence : structural, symbolic and normalized. If theory is meant to help us see more, then theorizing violence through a continuum of categories of invisibility is useful because it contravenes the political effects of the contemporary hyper-visibility of interpersonal and petty criminal street violence. The increasing global reach of a punitive version of corporate neoliberalism over the past two decades has lumpenized large sectors of the urban and rural poor. Recognizing the links between categories of invisible violence in this globalized context of social inequality explains the demobilization of class-based demands for economic redistribution and populist support for physically repressive forms of governmentality that punish the poor deemed unworthy.

FR - Cette analyse rétrospective de la violence, menée sur une période de trente ans dans les sites de mon travail de terrain en Amérique latine (Nicaragua, Salvador, Costa Rica, Panama, États-Unis), explore la portée et les difficultés auxquelles est confronté un chercheur en ethnographie lorsqu’il s’agit d’identifier la continuité de la violence à travers différentes périodes historiques. En m’appuyant sur le concept de « continuum de la violence », je souligne la nécessité d’identifier les points de convergence où se renforcent mutuellement trois catégories de violence invisible qui se recoupent : la violence structurelle, la violence symbolique et la violence banalisée. Si la théorie vise à nous aider à voir plus clair, il est utile de théoriser la violence à travers un continuum de catégories invisibles, car cela permet de contrebalancer l’effet politique généré par la visibilité excessive de la violence interpersonnelle contemporaine et de la petite délinquance de rue. Au cours des vingt dernières années, l’expansion croissante, à l’échelle mondiale, d’un modèle entrepreneurial néolibéral punitif a conduit une grande partie des populations pauvres, tant en milieu urbain que rural, à être marginalisées. Dans le contexte de la mondialisation des inégalités sociales, la reconnaissance des liens entre les différentes formes de violence invisible aide à expliquer pourquoi les revendications de redistribution économique fondées sur la classe s’estompent progressivement, et pourquoi la population soutient des formes de gouvernance qui recourent à la répression physique pour punir les groupes pauvres jugés « indignes ».

(Traduit avec DeepL.com (version gratuite))

Keywords : violence, Amérique centrale/Central America, guerre civile révolutionnaire/revolutionary civil war, La Mosquitía (Nicaragua), Panama, Costa Rica, Salvador, États-Unis/United States, Harlem, San Francisco, néolibéralisme/neoliberalism, drogue/drugs, sans-papiers/undocumented migrants, Lumpen

Anthropologue travaillant depuis 1979 sur la violence, la pauvreté et les inégalités sociales, en Amérique centrale d’abord, puis aux États-Unis, j’ai craint, au fil des ans, d’être véritablement obsédé par la violence. Hélas, il est plus juste de dire que la violence s’est imposée à moi parce qu’elle est, et a toujours été, au cœur de l’organisation du pouvoir dans la vie quotidienne. L’ethnographe risque bien sûr de contribuer à un voyeurisme, une pornographie de la brutalité. Toutefois, le danger est plus grand encore de ne pas voir la violence ; bien souvent le discours anthropologique n’en tient pas compte alors qu’elle accable les populations étudiées. La violence est inégalement répartie dans le monde. La façon dont elle soutient différentes structures de pouvoir et d’exploitation mérite d’être analysée et dénoncée. Hélas, si la violence physique directe se voit aisément, elle ne représente que la partie émergée de l’iceberg et masque bien souvent, aux yeux des chercheurs, des formes moins flagrantes – et variant insidieusement avec le temps – de coercition, de peur et d’assujettissement. En règle générale, ces déclinaisons de la violence ne sont pas perçues ou reconnues en tant que telles par les victimes et les auteurs de violences (qui bien souvent sont une seule et même personne). Pareil aveuglement légitime aux yeux de l’ensemble de la population les politiques publiques punitives qui infligent des souffrances aux plus vulnérables.

La boîte de Pandore de la violence invisible{{}}

L’examen rétrospectif de la visibilité de la violence dans mon travail de terrain au cours des trente dernières années, auquel je me livre ici, s’appuie sur le concept de « continuum de violence » que Nancy Scheper-Hughes et moi-même avons proposé au début des années 2000 (Bourgois 2001 ; Scheper-Hugues & Bourgois 2004a). Les catégories conceptuelles peuvent être aussi absconses qu’éclairantes. Toutefois, en redistribuant et renommant plusieurs notions sur lesquelles j’avais réfléchi au sein de ce continuum, j’espère définir plus précisément trois formes de violence invisible : structurelle, symbolique et normalisée. Je crois qu’elles méritent d’être analysées plus systématiquement car elles occupent une place centrale dans la version répressive du néolibéralisme qui s’est répandue dans une grande partie du monde au début du XXIc siècle. Je m’intéresse particulièrement au passage de la violence politisée à la violence intime qu’on voit à l’œuvre dans de nombreux pays pauvres. La trop grande visibilité de la violence intime légitime les inégalités au sein d’une société et décourage les revendications en faveur d’une redistribution des ressources. Les trois catégories de violence invisible serviront de base concrète à l’analyse des liens qui unissent les innombrables manifestations de violence repérables dans le temps, et plus spécifiquement le développement de la violence intime en ces temps de néolibéralisme globalisé. Depuis la fin de la guerre froide, la méconnaissance de la violence intime – serait-elle délictueuse, criminelle, conjugale, auto-administrée, manipulatrice ou utilitaire – constitue l’un de mes principaux sujets de réflexion sur le terrain, mais aussi dans la relecture et l’analyse réactualisée de mes anciennes notes de travail.

À première vue, la violence intime, qu’elle soit criminelle, délictueuse ou suicidaire, semble être de la seule faute d’individus asociaux et brutaux ou, au mieux, irresponsables et malades. Mais il y a un enjeu de taille à dévoiler les ramifications cachées de la violence. En effet, la violence d’un groupe social a pour contrepoint la vertu d’un autre. Les interprétations de la violence et de la vertu se calquent sur les inégalités matérielles et sont étayées par les hiérarchies du capital symbolique et culturel (Bourdieu 1997).

Le concept de « violence structurelle » est issu du marxisme et de la théologie de la libération mais l’expression fut créée durant la guerre froide par le sociologue norvégien Johan Galtung comme une alternative face aux mouvements révolutionnaires nationalistes et de gauche (Galtung 1969). Paul Farmer est devenu l’un des théoriciens les plus éloquents de ce concept qu’il a utilisé en anthropologie et en médecine (Farmer et al. 2004 ; 2006). Il souligne les ravages que certaines forces politico-économiques établies de longue date provoquent sur le corps des personnes socialement vulnérables. D’autres auteurs ont élaboré des critiques et des clarifications du concept (Scheper-Hughes & Bourgois 2004a ; Wacquant 2004 ; Singer 1996 ; Walter, Bourgois & Loinaz 2004). Invisible, la violence structurelle est cependant modelée par des institutions, des relations, des domaines et des idéologies clairement identifiables : échanges commerciaux inégaux entre nations industrialisées et non industrialisées, systèmes carcéraux, législations discriminatoires, disparités entre les sexes, racisme. Elle se manifeste très concrètement, en matière de santé, dans les inégalités des taux de morbidité, de mortalité et d’accidents du travail qui suivent les lignes de démarcation entre classes, ethnies et statuts sociaux.

Le concept de « violence symbolique », conçu par Pierre Bourdieu, désigne le processus par lequel les dominés intériorisent le statu quo et se reprochent à eux-mêmes leur état de dominés (Bourdieu 1997, 1998 ; Bourdieu & Wacquant 1992). Une insulte ne constitue pas en soi une violence symbolique. Cette dernière s’exerce par le biais d’un processus de dépréciation du dominé, celui-ci finissant par penser que les insultes qu’il reçoit sont fondées ; de même, il en vient à admettre que les hiérarchies de statut et de légitimité qui brident son existence offrent des représentations exactes de ce qu’il est, de ce qu’il mérite et de ce que le monde doit être. Le concept de violence symbolique permet de comprendre le mystère de la reproduction sociale, de saisir pourquoi les dominés tolèrent l’état des choses.

Je développe le concept de « violence normalisée » pour clarifier celui de « violence quotidienne » créé par Nancy Scheper-Hughes et le lier avec les concepts de Michael Taussig de « culture de terreur » (1984), « système nerveux » (1992) et « espace de mort » (1984) qui font écho à la pensée de Walter Benjamin (1968 [1940]) rappelant que, dans l’Allemagne nazie, les plus vulnérables vivaient chaque jour dans un « état d’urgence [everyday emergency] ». Scheper-Hughes s’était inspirée de la critique par Franco Basaglia des traitements dans les hôpitaux psychiatriques dénonçant la production sociale d’une indifférence collective à la brutalité institutionnalisée (Scheper-Hughes & Lovell 1987). Elle a révélé, par exemple, comment 1′ « infanticide invisible » de nouveaux-nés mourant de faim dans les bidonvilles brésiliens était banalisé et inconsciemment légitimé par les habitudes bureaucratiques, des ordonnances médicales inadéquates et le réconfort religieux offert aux mères désespérées (Scheper-Hughes 1996). L’avantage du concept de violence normalisée est qu’elle rejoint la violence quotidienne pour ce qui est de la naturalisation de la brutalité des pratiques institutionnelles avec la répression physique – qu’elle soit conjugale ou policière. La prolifération et la banalisation de ces diverses formes de violence au sein des secteurs dominés peuvent générer un sens commun interactionnel qui rend invisible leur orientation ou même leur existence : ainsi la méconnaissance de la violence conjugale comme amour romantique, le viol comme acte mérité ou voulu, l’assassinat de délinquants comme garantie de l’ordre public, l’ « hypercarcelization » des pauvres et des minorités ethniques comme justice pour la collectivité….

Approfondir la suite sur https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3748611/

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  • Synthèse sur la notion de violence typique chez les peuples autochtones des Amériques – On peut retenir les éléments suivants :
  • Relation étroite avec la nature : la terre, les animaux, les plantes et les éléments naturels sont souvent considérés comme liés aux êtres humains dans un réseau d’interdépendance et une propension naturelle aux thèmes de l’écologie
  • Importance de la communauté : sur le plan social, l’identité collective, l’entraide et les responsabilités envers le groupe occupent souvent une place centrale.
  • Transmission orale : assurée essentiellement par des récits, légendes, chants et cérémonies qui servent à transmettre l’histoire, les connaissances et les valeurs.
  • Respect des ancêtres : la mémoire des générations passées est fréquemment intégrée à la vie spirituelle et sociale.
  • Vision cyclique du temps : de nombreuses traditions mettent l’accent sur les cycles naturels (les saisons, le renouvellement du vivant) plutôt que sur une conception strictement linéaire du temps.
  • Recherche de l’équilibre : par l’harmonie entre les personnes, la communauté, le monde spirituel et l’environnement, qui est un thème récurrent.
  • Spiritualité intégrée au quotidien : les dimensions spirituelles, sociales et environnementales qui sont transmises sont souvent étroitement liées.
    D’une façon générale, les représentations de la violence chez les populations amérindiennes varient selon les peuples et les périodes historiques : certaines traditions valorisent le courage guerrier et la défense de la communauté, tandis que d’autres mettent davantage l’accent sur la médiation, l’équilibre ou la réconciliation. Il n’existe donc pas une seule vision amérindienne de la violence… - JH

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  • Rappel préalable de la culture chinoise traditionnelle : 14 choses à savoir – 16 octobre 2025 – Document ‘culture-chinoise.com’
    Qu’est-ce qui compose la culture chinoise ? Quels sont les grands aspects qui la rendent si fascinante ? Et pourquoi cette civilisation, vieille de plus de 5.000 ans, continue-t-elle d’inspirer le monde entier ?

La culture chinoise, héritée des grandes dynasties comme les Han, Tang et Qing, réunit arts, mythologie, calligraphie, philosophie confucéenne, taoïsme, bouddhisme, cuisine régionale, médecine traditionnelle et fêtes inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO.{{}}

Dans cet article, vous découvrirez :
• Les grandes formes d’expression artistique et littéraire chinoise
• Les philosophies et croyances qui ont façonné la Chine
• Les traditions, vêtements et symboles porte-bonheur encore vivants aujourd’hui

Sans plus tarder, découvrons ensemble les 14 éléments essentiels de la culture chinoise traditionnelle, un voyage à travers le temps et les dynasties qui ont forgé l’âme de la Chine.

1. Littérature chinoise{{}}

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Les tout premiers caractères chinois étaient déjà utilisés sous la dynastie Shang (1700 – 1050 av. J.-C.), l’une des plus anciennes de Chine. Rien d’étonnant donc à ce que la littérature chinoise soit si ancienne et si riche ! Bien que les caractères aient évolué au fil des dynasties, ils ont toujours été utilisés par le peuple chinois dans la culture chinoise pour transmettre la sagesse, les récits et les valeurs du pays.

À cette époque, les érudits écrivaient en chinois classique, une langue unifiée permettant aux habitants des différentes régions, malgré leurs dialectes variés, de se comprendre. Cette forme écrite favorisait la diffusion du savoir et des idées à travers tout l’empire.

Les grands genres et la place de la poésie{{}}

La littérature chinoise traditionnelle regroupe un large éventail de genres : romans, textes religieux, traités scientifiques, ouvrages philosophiques et surtout poésies. Ces dernières occupent une place essentielle dans la culture chinoise, car on les retrouve encore aujourd’hui dans la calligraphie et la peinture. Les poèmes de Li Bai et Du Fu, célèbres poètes de la dynastie Tang, sont encore étudiés et admirés dans toute l’Asie.

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Les œuvres majeures de la littérature chinoise{{}}

Plusieurs œuvres majeures ont profondément marqué la culture chinoise et continuent d’influencer les écrivains modernes. Parmi elles figurent :

  • Les Cinq Classiques du confucianisme (五经 – Wujing), base de la pensée de Confucius, et les Quatre Livres (四书 – Si Shu), textes choisis sous la dynastie Song pour enseigner la philosophie confucéenne.
  • Les Quatre Grands Romans classiques chinois (四大奇书), piliers de la littérature :
    Les Trois Royaumes (三国志演) de Luo Guanzhong, roman historique retraçant la période des Trois Royaumes (169 – 280).
    Au bord de l’eau (浒传) de Shi Nai’an, l’histoire d’un fonctionnaire injustement condamné et sauvé par 108 bandits rebelles.
    Pérégrination vers l’Ouest (西游) de Wu Cheng’en, chef-d’œuvre mythologique où le moine Xuanzang voyage vers l’Inde, accompagné du légendaire roi singe Sun Wukong.
    Rêve dans le pavillon rouge (红楼梦) de Cao Xueqin, roman d’amour et de déclin social symbolisant la chute de la dynastie Qing.
    Ces ouvrages, transmis de génération en génération, forment le cœur de la culture littéraire chinoise. Ils reflètent les valeurs morales, la vision du monde et la poésie de tout un peuple, reliant ainsi passé et présent à travers la beauté des mots.

2. La peinture chinoise{{}}

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La peinture chinoise traditionnelle (国画 guó huà) est l’un des arts les plus raffinés et les plus anciens de la culture chinoise. Présente sur des tableaux, des vases en porcelaine, des rouleaux de soie, mais aussi sur des objets du quotidien, elle mêle harmonieusement calligraphie, philosophie et symbolisme naturel.

Les premières traces de peinture en Chine remontent aux alentours de l’an 100. À cette époque, les artistes décoraient déjà les vases et poteries, notamment en porcelaine, avant que l’art pictural ne s’épanouisse pleinement sous les dynasties Han et Tang. Progressivement, la peinture s’est détachée de la simple ornementation pour devenir un art spirituel à part entière, où l’encre et le geste révèlent l’âme de l’artiste.

Contrairement à la peinture occidentale à l’huile, les artistes chinois privilégient les techniques à base d’eau. Le pinceau est fabriqué en poils d’animaux, et l’encre noire est obtenue à partir de suie de pin mélangée à de la colle animale. Les œuvres sont réalisées sur du papier de riz ou de la soie, mais il est aussi courant de peindre sur des éventails, ombrelles ou paravents, afin que la beauté de l’art circule dans la vie quotidienne.

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Les grands styles et principes esthétiques{{}}

Dans la culture chinoise, deux grands styles dominent la peinture chinoise :

  • Le Gongbi (工笔), au style minutieux et détaillé, riche en couleurs, utilisé pour représenter les portraits, les fleurs et les animaux.
  • Le Xieyi (写意), plus libre et expressif, souvent employé pour les paysages. Ce style vise à capter l’esprit du sujet plutôt que sa forme exacte.
    Depuis plus de deux millénaires, trois grands principes esthétiques guident les artistes chinois :
  • Les nouveaux maîtres doivent honorer les anciens, car le passé est le fondement du présent.
  • Une œuvre réussie reflète le caractère et la vertu de son créateur.
  • L’homme n’est qu’un infime élément de l’univers, et la peinture doit exprimer cette harmonie avec la nature.
    L’un des styles les plus admirés reste le Shanshui (山水), littéralement “montagne et eau”. Ces peintures de paysages représentent des montagnes majestueuses, des rivières, des forêts de bambous ou des chutes d’eau, symbolisant l’équilibre entre le Yin et le Yang. Sous la dynastie Song, ce style a atteint son apogée avec des maîtres comme Fan Kuan et Guo Xi, dont les œuvres sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées du monde.

Encore très apprécié aujourd’hui, le guó huà est enseigné dans de nombreuses écoles d’art et célébré lors d’expositions à travers le pays. Il incarne cette idée chère à la philosophie chinoise : peindre, c’est avant tout méditer sur la beauté du monde et laisser son esprit s’unir à la nature.

3. La musique chinoise{{}}

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L’histoire de la musique chinoise remonte à plus de 8 000 ans, évoluant au fil des dynasties Xia, Zhou, Han et Tang, parallèlement à l’histoire du pays. Elle se distingue profondément de la musique occidentale par sa philosophie, sa structure et son objectif spirituel. Là où l’Occident valorise la mesure et le rythme, la musique chinoise cherche avant tout à exprimer l’émotion et l’harmonie intérieure, en accord avec les principes du taoïsme et du confucianisme.

Les compositeurs chinois accordent moins d’importance aux signatures temporelles et privilégient des mélodies libres, empreintes de sérénité. La musique vise à refléter l’ordre du cosmos et à éveiller la vertu chez l’auditeur. Les sons se fondent dans le silence, invitant à la contemplation.

Les instruments traditionnels et leurs symboles{{}}

Les instruments traditionnels occupent une place essentielle dans cet art millénaire. Le pipa (luth à quatre cordes), le erhu (violon chinois à deux cordes), le guqin (cithare des lettrés) ou encore le dizi (flûte en bambou) sont capables de retranscrire les émotions humaines sans paroles. Chaque instrument a son propre caractère : le guqin, par exemple, était autrefois réservé aux érudits et considéré comme un outil de méditation et de perfection morale.

La musique traditionnelle chinoise est omniprésente : on la retrouve dans les opéras, les spectacles populaires, les cérémonies ancestrales, mais aussi dans les théâtres d’ombres. Jouer d’un instrument traditionnel est perçu comme un signe de raffinement et de respect envers la culture millénaire de la Chine.

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Confucius et la dimension morale de la musique{{}}

Parmi les figures marquantes, Confucius (孔子) a joué un rôle fondamental dans le développement musical dans la culture chinoise. Philosophe et musicien accompli, il enseignait que la musique pouvait éduquer le cœur et apaiser les mœurs. Selon lui : « Pour éduquer quelqu’un, il faut commencer par la poésie, accorder de l’importance aux rites, et parfaire le tout par la musique. » Sous les dynasties Zhou et Han, la musique devint ainsi un outil moral et politique, servant à maintenir l’harmonie sociale.

On distingue aujourd’hui trois grandes formes de musique traditionnelle chinoise :

  • La musique d’opéra, interprétée par de petits ensembles accompagnant les comédiens à l’aide de gongs, de tambours et de claquements de bois, créant des effets dramatiques uniques.
  • Les orchestres de musique traditionnelle, comparables aux orchestres symphoniques européens, réunissant parfois plus d’une centaine de musiciens jouant des œuvres anciennes ou contemporaines avec des instruments traditionnels.
  • Les performances instrumentales en solo, forme la plus pure et la plus poétique, où le musicien dialogue avec son instrument dans une interprétation intime et méditative.
    Encore aujourd’hui, la musique chinoise classique continue d’émerveiller le monde par son équilibre entre simplicité et profondeur. Elle incarne parfaitement l’esprit de la Chine et la culture chinoise : une quête d’harmonie entre l’homme, la nature et l’univers.

4. Kung Fu, l’art martial chinois{{}}

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Le Kung Fu chinois (功夫), bien plus qu’un simple sport de combat, est un véritable art de vivre. Héritier de plusieurs millénaires d’histoire, il symbolise l’union entre le corps, l’esprit et la nature. Si cet art martial est aujourd’hui mondialement connu, c’est autant grâce à ses valeurs spirituelles qu’à sa mise en avant dans le cinéma chinois et international, notamment à travers des figures légendaires comme Bruce Lee, Jet Li ou Donnie Yen.

Le mot Kung Fu signifie littéralement « maîtrise acquise par un travail patient et constant ». Il ne désigne donc pas un style unique, mais un ensemble de disciplines martiales développées sous diverses dynasties, chacune avec ses propres écoles et philosophies.

Le Kung Fu Shaolin{{}}

Le plus célèbre de tous, le Kung Fu Shaolin (少林功夫), est né au monastère Shaolin, dans la province du Henan, durant la dynastie des Wei du Nord (vers le Ve siècle). Il fut influencé par le moine indien Bodhidharma, fondateur du Chan (Zen) chinois, qui enseignait la méditation et des exercices physiques destinés à renforcer le corps et l’esprit. Les moines Shaolin ont ensuite perfectionné ces techniques en un art martial complet, associant agilité, puissance et discipline intérieure.
Les styles du poing du Sud (Nanquan), des jambes du Nord (Beitui) et le célèbre Wing Chun, popularisé par Yip Man et Bruce Lee, en sont issus.

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Le Tai Chi{{}}

Le Tai Chi Chuan (太极拳) est sans doute la forme de Kung Fu la plus pratiquée au monde. Profondément inspiré du taoïsme, il repose sur les principes du Yin et du Yang, cherchant l’équilibre entre force et souplesse, mouvement et immobilité. Pratiqué lentement, le Tai Chi favorise la respiration consciente, la concentration et l’harmonie intérieure.
Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le Tai Chi est autant une méditation en mouvement qu’un art martial défensif. Dans les parcs chinois, il n’est pas rare de voir chaque matin des groupes de pratiquants exécutant ces gestes fluides au lever du soleil.

Le Bajiquan{{}}

Moins connu du grand public mais impressionnant par sa puissance, le Bajiquan (八极拳) trouve son origine dans la province du Hebei. Ce style, réputé pour ses coups secs et explosifs, a longtemps été pratiqué par les gardes impériaux puis par les gardes du corps des dirigeants chinois au XXe siècle.

Apprendre le Kung Fu demande patience, respect et persévérance. Les écoles traditionnelles, encore nombreuses en Chine, transmettent cet art dans un cadre strict, souvent sous la guidance d’un maître (Shifu). Plus qu’une technique de combat, le Kung Fu enseigne la maîtrise de soi, la vertu et la paix intérieure, rappelant que la vraie victoire n’est pas de vaincre l’autre, mais de se dépasser soi-même.

Aujourd’hui, le Kung Fu chinois continue de rayonner dans le monde entier, à la fois comme discipline sportive, philosophie spirituelle et symbole universel de la sagesse orientale.

5. Religion chinoise{{}}

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Lorsque l’on évoque la religion en Chine ou dans la culture chinoise, une question revient souvent : existe-t-il une religion dominante ? En réalité, la Chine n’a jamais connu de religion monothéiste principale. Pays officiellement athée depuis la fondation de la République populaire, il demeure profondément pluraliste, accueillant de nombreuses croyances issues de son histoire millénaire. Pour beaucoup de Chinois, la sagesse se trouve dans la cohabitation des traditions spirituelles, et non dans l’exclusivité d’une seule foi.

Le San Jiao : les trois enseignements{{}}

Au cœur de la religion traditionnelle chinoise se trouve le concept de San Jiao (三教), littéralement « les Trois Enseignements ». Il s’agit d’un syncrétisme spirituel mêlant taoïsme, confucianisme et bouddhisme, trois écoles de pensée qui, au fil des siècles, se sont influencées mutuellement. Dans la pratique, il est courant qu’un même individu vénère Laozi, Confucius et Bouddha, chacun incarnant une dimension complémentaire de la vie spirituelle : la nature, la morale et l’illumination.

Le Taoïsme{{}}

Né il y a plus de 2 000 ans dans la culture chinoise, le taoïsme (道教) a été fondé par le sage Laozi (老子), auteur du célèbre Tao Te Ching. Cette philosophie spirituelle repose sur la recherche de l’harmonie entre l’homme et la nature. Le Tao (道) représente la voie universelle, l’ordre naturel du monde. Son principe central, le Wu Wei (), ou « non-action », ne signifie pas l’inaction, mais plutôt l’art de suivre le flux des choses sans résistance.

Le taoïsme a fortement influencé les arts, la médecine traditionnelle chinoise, la calligraphie, et les arts martiaux. Ses temples, ornés de dragons et d’encens, demeurent aujourd’hui des lieux de paix où les fidèles viennent chercher équilibre, longévité et sagesse.

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Le Confucianisme{{}}

Le confucianisme (儒家), développé il y a environ 2 500 ans par Confucius (孔子), n’est pas une religion au sens strict, mais une philosophie morale et sociale. Son enseignement repose sur la bienveillance (Ren 仁), la droiture (Yi 义) et la piété filiale (Xiao 孝). La maxime « traite les autres comme tu aimerais être traité » résume sa vision d’un monde fondé sur la vertu et l’ordre.
Le confucianisme a profondément façonné la société chinoise : il influence encore aujourd’hui l’éducation, les relations familiales et les rituels traditionnels. Sous les dynasties Han et Song, il est devenu le fondement de l’administration impériale et du système d’examens des fonctionnaires.

Le Bouddhisme{{}}

Introduit en Chine il y a plus de 1 000 ans via les routes de la soie, le bouddhisme (佛教) s’y est implanté durablement. Inspiré par les enseignements de Siddhartha Gautama, il prône la méditation, la compassion et la recherche de l’éveil spirituel. Des moines comme Xuanzang, dont le voyage a inspiré Pérégrination vers l’Ouest, ont contribué à la traduction et à la diffusion des sutras indiens.
Au fil du temps, des branches locales comme le bouddhisme Chan (précurseur du Zen japonais) ou la Terre Pure se sont développées, mêlant doctrines indiennes et croyances chinoises.

Dans la vie quotidienne, beaucoup de Chinois pratiquent une spiritualité multiple : ils peuvent méditer dans un temple taoïste le matin, brûler de l’encens dans un monastère bouddhiste l’après-midi, et honorer leurs ancêtres selon les rites confucéens le soir. Cette souplesse spirituelle illustre l’essence même de la culture chinoise : la recherche de l’harmonie, plutôt que l’opposition.

Ainsi, la religion chinoise traditionnelle n’est pas un système figé, mais un mosaïque vivante de philosophies et de pratiques. Elle incarne la tolérance, la sagesse et la quête d’équilibre entre ciel, terre et humanité, une vision du monde qui continue d’inspirer des millions de personnes encore aujourd’hui.

6. Cuisine chinoise{{}}

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La cuisine chinoise (中国菜) est sans doute l’un des aspects les plus célèbres et appréciés de la culture chinoise traditionnelle. Riche, variée et pleine de symboles, elle reflète la diversité régionale du pays et l’importance accordée à l’équilibre entre les saveurs, les couleurs et les textures. Du canard laqué de Pékin aux raviolis (饺子) du Nord, en passant par les nouilles sautées ou les Baozi moelleux, rares sont ceux qui n’ont jamais goûté à la gastronomie chinoise.

La cuisine en Chine n’est pas seulement un plaisir gustatif : c’est un art de vivre et une philosophie de l’harmonie. Elle repose sur l’équilibre entre le Yin et le Yang, entre chaud et froid, croquant et moelleux, sucré et salé. Les plats varient selon les saisons, les fêtes, et les régions, chacune ayant développé au fil des dynasties impériales sa propre identité culinaire.

Les huit grandes cuisines chinoises{{}}

La Chine est si vaste qu’elle abrite huit grandes traditions culinaires (八大菜系), reconnues pour leur richesse et leur raffinement :

La cuisine du Sichuan (四川菜)

Célèbre pour son poivre du Sichuan et ses saveurs épicées et piquantes. On y déguste le Tofu Mapo, les Nouilles Dandan ou encore le Poulet impérial. Cette cuisine, explosive et aromatique, symbolise la chaleur et l’audace du Sud-Ouest chinois.

La cuisine du Shandong (东菜)

Considérée comme l’une des plus techniques, elle met l’accent sur la fraîcheur des ingrédients et la précision des assaisonnements. Les plats emblématiques incluent la carpe sauce aigre-douce et la soupe aux nids d’hirondelles, autrefois servie à la cour impériale.

La cuisine du Jiangsu (苏菜)

Réputée pour son raffinement visuel et ses mélanges sucré-salé, elle privilégie les cuissons douces et les plats aux arômes légers, comme la viande en gelée ou le Tofu Jingxiang.

La cuisine du Guangdong (广东菜)

Aussi appelée cantonais, est sans doute la plus connue à l’international. Elle mise sur la fraîcheur, la couleur et la délicatesse. On y retrouve les fameux Dim Sum (bouchées vapeur) et le porc à la sauce aigre-douce.

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La cuisine du Zhejiang (浙江菜)

Connue pour ses plats équilibrés et élégants, à base de fruits de mer et de produits de saison. On y savoure les crevettes au thé Longjing et les pousses de bambou printanières, symboles de renouveau.

La cuisine du Fujian (福建菜)

Aromatique et subtile, elle mêle traditions Han et Yue. Son plat le plus célèbre, Bouddha qui saute par-dessus le mur, est un ragoût complexe aux ingrédients nobles, symbole de prospérité.

La cuisine du Hunan (湖南菜)

Cousine épicée du Sichuan, elle se distingue par des saveurs intenses et pimentées, souvent accompagnées de riz. Le porc sauté poivré et la tête de poisson à la sauce pimentée y sont incontournables.

La cuisine de l’Anhui (安徽菜)

Caractérisée par ses cuissons lentes, en ragoût ou à la vapeur, cette cuisine montagnarde met en avant les plantes sauvages, les champignons et les ingrédients naturels, réputés pour leurs vertus médicinales.

Une gastronomie entre art et symbolisme{{}}

En Chine et dans la culture chinoise, la gastronomie est aussi un langage symbolique : chaque ingrédient, chaque forme, chaque couleur porte une signification. Le poisson (yu, 鱼), par exemple, évoque la prospérité, tandis que les nouilles longues symbolisent la longévité.

Les repas sont des moments de partage familial, souvent accompagnés de thé ou de riz, et marquent les grandes étapes de la vie : mariages, fêtes du printemps, nouvel an lunaire

Véritable patrimoine vivant, la cuisine chinoise a été reconnue par l’UNESCO comme un trésor de la culture immatérielle. Explorer ses mille saveurs, c’est découvrir une autre facette de la sagesse chinoise : celle de l’équilibre et de l’harmonie dans chaque bouchée.

7. Les grandes inventions chinoises{{}}

Parmi les nombreuses contributions de la Chine à l’humanité, certaines inventions chinoises ont profondément marqué le cours de l’histoire mondiale. Qu’il s’agisse du papier, de la boussole, de la poudre à canon ou de l’imprimerie, ces découvertes ont façonné la science, la culture et la communication à travers les siècles. Mais au-delà de ces quatre célèbres innovations, la Chine a aussi donné naissance à d’autres trésors de créativité, toujours présents dans la vie quotidienne. Voici quatre inventions emblématiques qui témoignent du génie inventif chinois, transmis depuis les grandes dynasties Shang, Han et Tang.

Les ombrelles chinoises{{}}

Les premières ombrelles chinoises () seraient apparues il y a environ 2 500 ans, sous la dynastie Zhou. Selon la légende, l’artisan Lu Ban, célèbre inventeur et architecte, aurait conçu la première ombrelle en s’inspirant des feuilles de lotus que les enfants utilisaient pour se protéger de la pluie. À l’origine, ces ombrelles étaient installées sur les chars royaux pour abriter les nobles du soleil.
Au fil du temps, elles sont devenues de véritables objets d’art, confectionnées en bambou, soie ou papier huilé, souvent décorées de peintures calligraphiques ou de scènes de nature. Dans la symbolique chinoise, l’ombrelle évoque la protection et la félicité conjugale, et elle demeure encore aujourd’hui un accessoire prisé lors des mariages traditionnels ou des danses folkloriques.

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Le cerf-volant{{}}

Le cerf-volant (风筝) est une autre invention fascinante, apparue il y a plus de 3 000 ans, durant la période des Royaumes combattants. Initialement fabriqué en bois ou en bambou, il servait à des fins militaires : mesurer les distances, transmettre des signaux ou tester la direction du vent avant les batailles.
Sous la dynastie Han, les cerfs-volants sont devenus des instruments de divertissement, symbolisant la liberté et la connexion entre ciel et terre. La ville de Weifang, dans la province du Shandong, est aujourd’hui considérée comme la capitale mondiale du cerf-volant et accueille chaque année un festival international qui attire des artistes venus du monde entier.

Le thé{{}}

Impossible d’évoquer les inventions chinoises sans parler du thé (), boisson millénaire devenue symbole de l’hospitalité chinoise. Selon la légende, il y a environ 4 500 ans, l’empereur Shennong (), père de l’agriculture et de la médecine, faisait bouillir de l’eau sous un arbre lorsqu’une feuille s’y laissa tomber. Intrigué par son parfum, il goûta la boisson… et le thé était né.
Rapidement adopté par toutes les classes sociales, le thé s’est imposé comme un art de vivre sous la dynastie Tang, où sont nées les premières maisons de thé. À cette époque, les feuilles étaient compressées en disques pour faciliter leur transport sur les routes de la soie. En Chine, on peut encore admirer le plus vieil arbre à thé du monde, âgé d’environ 3 200 ans, dans le Yunnan, berceau du thé Pu’er.

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La soie{{}}

Parmi les trésors les plus précieux de la Chine ancienne figure la soie (丝绸), découverte il y a plus de 6 000 ans, probablement sous la dynastie Xia. Selon la légende, l’impératrice Leizu, épouse de l’empereur jaune Huangdi, aurait observé un ver à soie tissant son cocon dans une tasse de thé chaud. Fascinée, elle comprit qu’un fil solide et brillant pouvait en être extrait.
La soie est rapidement devenue un symbole de luxe et de raffinement, prisé par les empereurs et les nobles. Sa fabrication, jalousement gardée secrète pendant des siècles, donna naissance à la mythique Route de la soie, reliant Xi’an à Rome. Ce tissu délicat est encore utilisé aujourd’hui pour la confection de vêtements traditionnels, d’ombrelles ou d’éventails, perpétuant un savoir-faire millénaire reconnu par l’UNESCO comme patrimoine immatériel.

Les grandes inventions chinoises témoignent de la capacité du peuple chinois à observer la nature, à l’imiter et à en tirer des créations à la fois pratiques et poétiques. Elles rappellent que l’innovation, en Chine, n’a jamais été séparée de la philosophie et de la beauté, deux éléments indissociables de son héritage culturel.

8. Les vêtements traditionnels chinois{{}}

Les vêtements traditionnels chinois sont bien plus que de simples habits : ils représentent la culture, l’histoire et l’identité des dynasties qui se sont succédé au fil des millénaires. Chaque tenue, par sa forme, sa couleur et ses broderies, raconte une histoire, exprime une valeur et incarne un idéal d’harmonie entre l’homme et le monde. Bien que la mode ait beaucoup évolué, certaines tenues ancestrales, portées autrefois à la cour impériale ou lors des rituels, continuent de fasciner et d’être portées aujourd’hui, notamment lors des fêtes traditionnelles ou des mariages chinois.

Le Qipao, la robe chinoise{{}}

Le Qipao (旗袍), aussi appelé Cheongsam en cantonais, est sans doute le vêtement traditionnel chinois le plus emblématique. Né sous la dynastie Qing (1644 – 1912), il était à l’origine une robe ample portée par les femmes mandchoues, dissimulant les formes du corps conformément aux coutumes de l’époque.
Ce n’est qu’au début du XXe siècle, à Shanghai, que le Qipao évolue vers sa version moderne : près du corps, élégant et raffiné, souvent en soie brodée et fendu sur le côté. Symbole du mélange entre tradition et modernité, il devient la tenue des femmes lettrées, des artistes et des célébrités chinoises. Aujourd’hui encore, le Qipao est porté lors des cérémonies, des banquets et des défilés de mode, incarnant la grâce féminine chinoise.

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Le Tangzhuang, l’habit officiel moderne{{}}

Le Tangzhuang (唐装), littéralement « vêtement des Tang », est en réalité une création récente, apparue au début des années 1900. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne vient pas directement de la dynastie Tang, mais s’en inspire librement. Ce vêtement combine des éléments du costume mandchou et des influences occidentales.
Reconnaissable à son col droit et à ses boutons en nœuds traditionnels, le Tangzhuang est aujourd’hui porté lors des réceptions officielles, des fêtes du Nouvel An lunaire ou des mariages. Il symbolise une Chine moderne attachée à son héritage culturel tout en s’ouvrant au monde.

Le Hanfu, le vêtement ancestral des Han{{}}

Le Hanfu (汉服), signifiant littéralement « vêtement des Han », est sans doute le plus ancien des habits traditionnels chinois. Il trouve son origine sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.), période durant laquelle la culture chinoise s’est unifiée.

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Ce vêtement fluide, composé d’une robe longue, d’une large ceinture et de manches amples, était porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Le Hanfu a inspiré plusieurs vêtements traditionnels asiatiques, comme le kimono japonais ou le hanbok coréen. Après avoir presque disparu sous les Qing, il connaît aujourd’hui une véritable renaissance culturelle, notamment parmi les jeunes générations chinoises fières de renouer avec leurs racines. Lors des fêtes traditionnelles, des reconstitutions historiques ou des cérémonies de mariage, il est de plus en plus courant de voir des Hanfu somptueusement décorés.

Les accessoires et la symbolique vestimentaire{{}}

Les accessoires traditionnels complètent parfaitement ces tenues : ombrelles chinoises peintes à la main, éventails en soie, épingles à cheveux ornées de jade ou bracelets en perles. Ces éléments ne sont pas que décoratifs, ils expriment la noblesse, la pureté ou la longévité, selon les motifs représentés.

Chaque vêtement traditionnel chinois est un héritage vivant, un pont entre le passé et le présent. À travers le Qipao, le Tangzhuang et le Hanfu, la Chine célèbre sa diversité culturelle et son sens du raffinement, rappelant que l’élégance, dans la tradition chinoise, est toujours porteuse de vertu et de sagesse.

9. Les fêtes traditionnelles chinoises{{}}

Les fêtes traditionnelles chinoises rythment la vie du pays depuis des millénaires. Elles reflètent les valeurs familiales, les cycles lunaires et les croyances ancestrales qui unissent le peuple chinois à la nature et aux esprits. Chaque célébration mêle rituels, couleurs symboliques, plats emblématiques et légendes mythologiques. Si la Chine compte des dizaines de festivals régionaux, quatre d’entre eux occupent une place essentielle dans la culture nationale.

La Fête du Printemps (Chūn Jié)

La Fête du Printemps, ou Nouvel An chinois, est la célébration la plus importante du pays. Célébrée depuis plus de 4 000 ans, elle marque le 1er jour du 1er mois lunaire, généralement entre fin janvier et mi-février.

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Durant quinze jours, les familles se réunissent, les maisons se parent de rouge, couleur du bonheur et de la chance, et l’on suspend des porte-bonheurs et des couplets calligraphiés à l’entrée des foyers.

Les enfants reçoivent les fameuses enveloppes rouges (红包 – hóngbāo), symboles de prospérité, tandis que les villes s’illuminent de feux d’artifice.

Selon la légende, cette tradition remonte au mythe du monstre Nian, une créature repoussée par le bruit, la lumière et la couleur rouge. La fête s’achève le quinzième jour avec le Festival des Lanternes.

La Fête des Lanternes (元宵Yuánxiāo Jié)

Célébrée le quinzième jour du premier mois lunaire, la Fête des Lanternes clôt les festivités du Nouvel An. Les rues se remplissent alors de milliers de lanternes colorées, représentant des animaux du zodiaque chinois ou des symboles porte-chance.
Les familles sortent admirer ces décorations, assistent à des danses du dragon et dégustent les tangyuan (汤圆), petites boulettes de riz gluant fourrées de pâte de sésame sucrée, qui symbolisent l’unité et la réunion familiale.
Cette fête, apparue sous la dynastie Han, est inscrite au patrimoine culturel immatériel de la Chine.

La Fête des Bateaux-Dragons (端午Duānwǔ Jié)

Le cinquième jour du cinquième mois lunaire, la Chine célèbre la Fête des Bateaux-Dragons, une tradition en l’honneur du poète et ministre Qu Yuan, célèbre pour sa loyauté envers le royaume de Chu.

Selon la légende, après sa mort, les habitants auraient jeté du riz gluant (zongzi) dans la rivière pour nourrir son esprit et empêché les poissons de dévorer son corps. C’est ainsi qu’est née la coutume de manger des zongzi (粽子), des triangles de riz enveloppés dans des feuilles de bambou.

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Les festivités incluent également des courses de bateaux-dragons, spectaculaires embarcations décorées, et des rituels de purification : on brûle de l’absinthe, on boit du vin de realgar et on porte des sachets parfumés pour éloigner les mauvais esprits.

La Fête de la Lune (中秋Zhōngqiū Jié)

Célébrée le quinzième jour du huitième mois lunaire, la Fête de la Lune, ou Fête de la mi-automne, est dédiée à la réunion familiale et à la déesse Chang’e, héroïne d’une célèbre légende chinoise. Selon le mythe, Chang’e s’envola vers la lune après avoir bu l’élixir d’immortalité, laissant son époux Hou Yi sur Terre. Depuis, les familles lèvent les yeux vers la lune pour penser à leurs proches éloignés.
Les Chinois se réunissent pour partager un grand repas et offrir les fameux gâteaux de lune ( – yuèbǐng), petits gâteaux ronds symbolisant l’unité et la plénitude.
Dans plusieurs régions, des danses du lion, des lanternes en forme de lapin de jade et des spectacles de musique traditionnelle accompagnent la fête.

Ces quatre grandes fêtes chinoises, célébrées depuis des siècles, sont bien plus que des moments de réjouissance : elles incarnent la philosophie de l’harmonie, la piété familiale et le respect des traditions. Chacune d’elles rappelle combien, en Chine, le temps n’est pas seulement une succession de jours, mais un cercle éternel où se mêlent la nature, les ancêtres et la joie de vivre ensemble.

10. Opéra chinois{{}}

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L’opéra chinois (戏曲 – Xìqǔ) est l’un des arts les plus anciens et les plus raffinés de la culture chinoise. Alliant chant, danse, théâtre, acrobatie et musique, il incarne la fusion parfaite entre art visuel et expression poétique. Si ses origines remontent à plusieurs millénaires, c’est sous la dynastie Tang (618 – 907) que l’opéra prit réellement forme, notamment grâce au poète Li Bai, qui fut l’un des premiers à en décrire les principes dans ses écrits.

Un art complet et symbolique{{}}

L’opéra chinois traditionnel s’inspire en grande partie des grands chefs-d’œuvre littéraires, comme Les Trois Royaumes ou Pérégrination vers l’Ouest. Il raconte des récits de héros, de guerriers, d’amants tragiques ou de dieux mythologiques. Certaines œuvres sont directement issues de romans historiques, d’autres sont des créations originales écrites pour la scène.
Chaque représentation est une expérience sensorielle totale : les chants narrent l’histoire, les mouvements chorégraphiés traduisent les émotions, et les costumes colorés ainsi que le maquillage symbolique transportent le spectateur dans un monde codifié et poétique.

Les visages peints sont un élément essentiel de cet art. Chaque couleur a une signification précise :

  • le rouge symbolise la loyauté et le courage,
  • le noir représente la droiture et la sincérité,
  • le blanc évoque la ruse et la trahison,
  • le bleu et le vert sont liés à la bravoure et à la fougue.
    Ainsi, avant même que l’artiste ne parle, le public sait déjà quel type de personnage il incarne.
    Les grands opéras régionaux{{}}

La Chine compte aujourd’hui plus de 300 styles régionaux d’opéra, chacun avec ses particularités linguistiques et musicales. Les plus célèbres sont :

  • L’Opéra de Pékin ( – Jīngjù) : apparu sous la dynastie Qing, c’est le plus emblématique. Il combine acrobaties, gestes codifiés et musique rythmée par les gongs et les tambours.
  • L’Opéra Yue () : originaire du Zhejiang, il est connu pour sa douceur et sa grâce, souvent interprété par des femmes.
  • L’Opéra Huangmei (黄梅) : mélodieux et lyrique, il se distingue par ses airs populaires et ses thèmes romantiques.
  • L’Opéra Yu () du Henan, plus dramatique et puissant.
  • L’Opéra Cantonais (), vivant et dynamique, célèbre pour ses costumes flamboyants et ses instruments à vent comme la suona.

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Les instruments traditionnels jouent un rôle central : le ‘erhu’ (violon chinois), le pipa (luth à quatre cordes), les tambours, les gongs, et les flûtes en bambou rythment les scènes et accompagnent les acteurs.

L’art du comédien-opéra{{}}

Être un artiste d’opéra chinois exige une maîtrise exceptionnelle. On parle d’un art des « quatre compétences » :
Le chant ( – chàng) : il transmet les émotions et structure la narration.
La parole ( – niàn) : elle requiert une diction parfaite, car les opéras utilisent souvent des dialectes régionaux anciens.
La danse ( – zuò) : le corps exprime autant que la voix ; chaque mouvement a une valeur symbolique.
L’acrobatie et la musique ( – dǎ) : certaines scènes exigent une grande agilité, et les artistes doivent souvent jouer eux-mêmes des instruments.

Les apprentis comédiens commencent leur formation dès l’enfance, étudiant non seulement le chant et le jeu, mais aussi la philosophie confucéenne et la discipline morale, indispensables à la compréhension des rôles.

Toujours populaire aujourd’hui, l’opéra chinois est reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Il reste un moyen privilégié de transmettre les valeurs traditionnelles, les légendes anciennes et la sagesse millénaire de la Chine.
Qu’il soit joué dans un grand théâtre de Pékin, sur une scène de village ou lors d’une fête populaire, il continue d’émouvoir les spectateurs, reliant les générations à travers la beauté intemporelle de la culture chinoise.

11. La médecine traditionnelle chinoise{{}}

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La médecine traditionnelle chinoise (中医 – Zhōngyī) est l’un des piliers les plus anciens et les plus respectés de la culture chinoise. Fondée sur plus de 3 000 ans d’observation du corps humain et de la nature, elle repose sur une conception holistique de la santé : le bien-être résulte de l’équilibre entre le corps, l’esprit et l’environnement. Pratiquée non seulement en Chine, mais aussi au Japon, au Vietnam et en Corée, elle continue aujourd’hui d’être reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme un système médical complet et efficace.

Les principes fondamentaux de la médecine chinoise{{}}

Au cœur de la médecine chinoise se trouve la notion d’harmonie naturelle. Le corps humain est perçu comme un microcosme en interaction constante avec l’univers, régi par deux forces complémentaires : le Yin et le Yang, et les cinq éléments (bois, feu, terre, métal et eau).
Lorsque ces forces sont équilibrées, la santé est maintenue. En revanche, leur déséquilibre engendre la maladie. Le rôle du praticien est donc de restaurer l’équilibre énergétique en favorisant la circulation du Qi (), le « souffle vital » qui traverse les méridiens du corps.

La médecine traditionnelle chinoise vise avant tout la prévention plutôt que la guérison. Elle enseigne qu’un mode de vie harmonieux — sommeil régulier, alimentation adaptée, respiration consciente et maîtrise des émotions — constitue la meilleure des médecines. Cette approche découle de la philosophie taoïste : vivre en accord avec le Dao (), c’est suivre le rythme de la nature et respecter ses limites.

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Les principales disciplines de la médecine chinoise{{}}

La médecine traditionnelle chinoise ne se limite pas à une seule pratique : elle englobe un ensemble cohérent de thérapies, chacune agissant sur un plan différent du corps et de l’esprit :

  • L’acupuncture (针灸 – zhēnjiǔ) : consiste à insérer de fines aiguilles sur des points précis du corps pour réguler le flux du Qi et soulager douleurs ou blocages.
  • La moxibustion (艾灸) : utilise la chaleur dégagée par la combustion d’armoise séchée pour stimuler certains points énergétiques.
  • La phytothérapie chinoise (本草) : repose sur l’utilisation de plantes médicinales, de racines et de champignons (comme le ginseng ou le reishi), administrés sous forme de tisanes, poudres ou décoctions. C’est la méthode la plus courante en Chine.
  • Le Tui Na (推拿) : une forme de massage thérapeutique visant à détendre les muscles, améliorer la circulation du Qi et rééquilibrer les organes internes.
  • La diététique chinoise () : basée sur la nature des aliments (froids, tièdes, chauds) et leur influence sur les organes. Par exemple, le gingembre réchauffe le corps tandis que la pastèque le rafraîchit.
  • Le Qigong (气功) : une gymnastique lente et méditative, associant mouvements doux et respiration profonde pour renforcer l’énergie vitale.
    Une vision globale de la santé{{}}

Contrairement à la médecine occidentale, la médecine chinoise ne traite pas un symptôme isolé, mais cherche à comprendre l’ensemble du déséquilibre. Elle considère les émotions comme un facteur majeur : la colère affecte le foie, la peur influence les reins, la tristesse pèse sur les poumons.

Ainsi, pour retrouver la santé, il faut apprendre à écouter son corps et à cultiver la sérénité intérieure.

En Occident, on associe souvent la médecine chinoise à l’acupuncture, mais en Chine, la plupart des patients consultent davantage pour des traitements à base de plantes. Il est courant de quitter un cabinet avec un grand sac d’herbes séchées, prêtes à être infusées, plutôt qu’avec des aiguilles dans le dos !

Aujourd’hui encore, la médecine traditionnelle chinoise coexiste harmonieusement avec la médecine moderne. Enseignée dans les universités, pratiquée dans les hôpitaux et transmise dans les familles, elle reste un trésor culturel vivant, mêlant science, philosophie et spiritualité.
Elle nous rappelle que la santé ne se résume pas à l’absence de maladie, mais à la recherche constante d’un équilibre intérieur, à l’image de la sagesse millénaire de la Chine.

12. L’astrologie chinoise{{}}

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L’astrologie chinoise (生肖 – shēngxiào), également appelée zodiaque chinois, est l’un des systèmes symboliques les plus anciens et fascinants d’Asie orientale. Présente depuis plus de 2 000 ans, elle continue d’influencer la vie quotidienne, les fêtes, les mariages et même les décisions professionnelles de nombreux Chinois. Bien plus qu’un simple outil de divination, elle incarne la vision cosmique et philosophique de la Chine ancienne, où chaque être humain s’inscrit dans un cycle naturel harmonieux.

Origine et structure du zodiaque{{}}

Les premières traces de l’astrologie chinoise remontent à la période des Royaumes combattants (Zhan Guo, Ve siècle av. J.-C.). Elle fut codifiée sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 9 apr. J.-C.). Elle repose sur un cycle de 60 ans, composé de la combinaison entre 12 branches terrestres (représentées par des animaux) et 10 tiges célestes (liées aux cinq éléments : bois, feu, terre, métal et eau).
Chaque année, mois, jour et même heure correspond à l’un de ces animaux, donnant ainsi une empreinte astrologique unique à chaque individu.

Les douze animaux du zodiaque chinois, dans l’ordre traditionnel, sont :

  • Le Rat () – intelligent et rusé
  • Le Bœuf () – patient et travailleur
  • Le Tigre () – courageux et impulsif
  • Le Lapin () – doux et prudent
  • Le Dragon () – puissant et charismatique
  • Le Serpent () – sage et mystérieux
  • Le Cheval () – libre et enthousiaste
  • La Chèvre () – artistique et bienveillante
  • Le Singe () – malin et curieux
  • Le Coq () – ambitieux et confiant
  • Le Chien () – loyal et juste
  • Le Cochon () – généreux et paisible
    Chaque animal se relie à un élément, au Yin ou au Yang, et à un cycle lunaire, formant ensemble un système d’une grande complexité symbolique.

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La légende de la grande course céleste{{}}

L’une des légendes les plus populaires raconte que l’empereur de Jade ou, selon d’autres versions, l’empereur jaune Huangdi (黄帝), souhaitait organiser un concours pour déterminer quels animaux représenteraient le calendrier. Il invita tous les animaux du royaume à une grande course à travers une rivière.
Le Rat, rusé, grimpa sur le dos du Bœuf et sauta devant lui juste avant la ligne d’arrivée, devenant ainsi le premier du cycle. Le Dragon, bien qu’étant le plus fort, arriva cinquième après s’être arrêté pour aider les humains en apportant la pluie. Depuis, l’ordre des douze animaux est resté inchangé.

Symbolique et usage du zodiaque{{}}

Dans la culture chinoise, chaque signe du zodiaque chinois est porteur de traits de caractère et de compatibilités spécifiques. Par exemple, les personnes nées sous le signe du Tigre manifestent passion et courage, tandis que celles du Lapin montrent un grand sens de la diplomatie et une douceur naturelle.
En Chine, il est courant de consulter l’astrologie pour choisir une date de mariage, une démarche professionnelle, ou même pour nommer un enfant, afin d’attirer la chance et l’harmonie.

Le calendrier lunaire chinois, inventé selon la légende par l’empereur Huangdi vers 2637 av. J.-C., reste la base du zodiaque. Bien que la Chine moderne utilise aujourd’hui le calendrier grégorien, le zodiaque est toujours omniprésent dans les célébrations du Nouvel An lunaire.
Lors de l’année de son signe, appelée ben ming nian (本命年), il est de coutume de porter du rouge — vêtements, ceintures ou bracelets — pour attirer la chance et repousser les mauvaises influences.

L’astrologie chinoise n’est donc pas qu’un héritage ancien : elle est un véritable miroir de la philosophie chinoise, où chaque être, chaque élément et chaque saison s’inscrivent dans un cycle éternel de transformation et de renouveau, en harmonie avec le Tao () et les forces de l’univers.

13. La porcelaine en Chine{{}}

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La porcelaine chinoise (瓷器 – cíqì), souvent surnommée l’or blanc de la Chine, est l’un des symboles les plus raffinés de l’art chinois traditionnel. Admirée à travers le monde pour sa délicatesse, sa transparence et ses motifs peints à la main, elle incarne à la fois le génie technique et le sens esthétique de la culture chinoise. Pendant des siècles, les artisans chinois ont jalousement gardé les secrets de fabrication de la porcelaine, transformant cet art en trésor national convoité par les empereurs, les marchands et les souverains étrangers.

Les origines de la porcelaine chinoise{{}}

Avant l’invention de la porcelaine, les Chinois maîtrisaient déjà l’art de la céramique, utilisée dès la dynastie Shang (1600 – 1046 av. J.-C.) pour fabriquer marmites, jarres et ustensiles de cuisson. C’est sous la dynastie Tang (618 – 907) que la véritable porcelaine fit son apparition, grâce à la découverte d’une argile blanche appelée kaolin (高岭土), cuite à plus de 1 000 °C. Cette innovation permit d’obtenir une matière fine, solide et d’une pureté sans égale.

Sous les dynasties Song et Yuan, la fabrication de la porcelaine atteignit un haut degré de perfection. Les artisans combinaient émail translucide et peinture à l’oxyde de cobalt, donnant naissance aux célèbres porcelaines bleu et blanc, devenues un symbole de l’élégance chinoise. Les artisans réalisaient chaque pièce à la main, du tournage à la peinture, suivant un processus demandant patience, précision et maîtrise du feu.

L’exportation et le secret de fabrication de la porcelaine chinoise{{}}

Les premiers objets en porcelaine arrivèrent en Europe au XIV siècle, transportés par les routes de la soie puis par les commerçants arabes et portugais. Les rois et empereurs européens, fascinés par cette matière translucide et résistante, en firent des objets de collection. Les cours royales françaises, notamment sous Louis XIV, en raffolaient.
Cependant, les alchimistes européens restèrent longtemps incapables de percer le secret du kaolin chinois. Ce n’est qu’au XVIII siècle, avec la création de la manufacture de Meissen en Allemagne, que l’Europe réussit enfin à produire sa propre porcelaine.

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Les grands types de porcelaines chinoises{{}}

Grâce à la diversité des provinces artisanales et à l’évolution des dynasties, la Chine a vu naître une multitude de styles de porcelaines, chacune avec son esthétique propre :

  • Porcelaine Xing (邢瓷) : blanche et fine, apparue sous la dynastie Tang, elle est l’une des premières porcelaines chinoises véritables.
  • Porcelaine Qingbai (青白瓷) : de couleur bleu-vert pâle, élégante et apaisante, produite sous les Song.
  • Porcelaine Yuan (元瓷) : célèbre pour ses décors bleu et blanc à base de cobalt importé de Perse.
  • Porcelaine Ming (明瓷) : la plus connue dans le monde, réputée pour ses motifs floraux, ses dragons et ses paysages mythiques.
  • Porcelaine Blanc de Chine (德化瓷) : d’une blancheur immaculée, originaire de Dehua, elle servait à créer des statues bouddhiques d’une finesse exceptionnelle.
  • Porcelaine Qing (清瓷) : très variée, souvent décorée de scènes détaillées et colorées, typiques de la dynastie Qing.
  • Porcelaine Famille rose (粉彩) : reconnaissable à ses tons roses et dorés, popularisée sous les empereurs Yongzheng et Qianlong.
  • Porcelaine Famille verte (绿彩) : célèbre pour ses motifs de nature et ses nuances vert émeraude éclatantes.
    Aujourd’hui encore, la porcelaine chinoise est considérée comme un chef-d’œuvre artisanal. Les villes comme Jingdezhen (景德), surnommée la capitale mondiale de la porcelaine, perpétuent cet héritage millénaire à travers des ateliers traditionnels et des musées spécialisés.

Objet d’art et de prestige, la porcelaine chinoise n’est pas qu’une prouesse technique : elle est le reflet de l’âme raffinée et du goût pour la perfection qui caractérisent la civilisation chinoise depuis des millénaires.

14. Les porte-bonheur{{}}

Les porte-bonheurs chinois (吉祥物 – jíxiáng wù) occupent une place essentielle dans la culture chinoise traditionnelle. Qu’il s’agisse de couleurs symboliques, de figurines protectrices, de nœuds décoratifs ou de caractères porte-chance, chaque objet est porteur d’un message de prospérité, d’harmonie et de bonheur. Ces symboles, transmis depuis des millénaires, s’enracinent profondément dans la pensée taoïste et confucéenne, où l’équilibre, la famille et la bienveillance sont au cœur de la vie quotidienne.

Les figurines chinoises : gardiennes du bonheur{{}}

Les figurines porte-bonheur sont omniprésentes dans les foyers, les temples et les commerces chinois. Parmi les plus connues :

  • le chat levant la patte (财猫 – Zhāo cái māo), bien que d’origine japonaise, est très populaire en Chine ; il invite la prospérité et les bonnes affaires ;
  • le bouddha rieur (笑佛 – Xiào Fó) symbolise la joie et la bienveillance ; selon la tradition, frotter son ventre attirerait le bonheur ;
  • le dragon chinois (), créature impériale, incarne la force vitale, la chance et la protection divine ;
  • le crapaud Feng Shui à trois pattes (金蟾 – Jīn chán) est souvent placé près de la porte d’entrée pour attirer la richesse ;
  • l’arbre de fortune (发财树 – Fācái shù), décoré de pièces dorées, symbolise la croissance économique et la stabilité du foyer.
    Ces figurines ne sont pas de simples décorations : elles rappellent les valeurs traditionnelles de la Chine ancienne et de la culture chinoise, où chaque symbole agit comme un pont entre le monde terrestre et le monde spirituel.

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Le nœud chinois : symbole d’unité et d’harmonie{{}}

Le nœud chinois (中国 – Zhōngguó jié) est un art décoratif ancestral dans la culture chinoise, apparu sous la dynastie Tang puis popularisé sous les Ming et Qing. Réalisé à partir d’un seul fil soigneusement tressé, il représente l’infini, la chance continue et l’union éternelle.
Les nœuds sont le plus souvent rouges, couleur du bonheur, mais on en trouve aussi jaunes pour la richesse ou verts pour la longévité. Certains sont ornés de pièces anciennes, de gourdes en jade ou de symboles taoïstes, renforçant leur puissance spirituelle.
Suspendus dans les maisons, les voitures ou les temples, ils rappellent les valeurs de l’équilibre (Yin-Yang) et de l’interconnexion qui régissent la pensée chinoise.

Les caractères chinois porte-bonheur{{}}

Les idéogrammes chanceux sont omniprésents pendant les fêtes traditionnelles, surtout lors du Nouvel An lunaire. Le plus célèbre est le caractère (Fú), qui signifie bonheur ou fortune. Il est souvent accroché à l’envers, car le mot dao (到, arriver) et dao (倒, renversé) se prononcent de la même manière : le bonheur arrive.
Un autre caractère très utilisé est le 双喜 (Shuāng xǐ), littéralement « double bonheur », symbole des mariages heureux et de l’union des âmes. On le voit partout dans les cérémonies nuptiales, gravé sur les portes, les lanternes et les vêtements.

Le pouvoir du rouge : couleur de la chance{{}}

Impossible d’évoquer les porte-bonheurs chinois sans parler du rouge, couleur reine en Chine et dans la culture chinoise. Associé au feu dans la théorie des cinq éléments, le rouge symbolise la vitalité, la chance et la protection contre les esprits malveillants.

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On le retrouve dans les lanternes, les décorations du Nouvel An, les vêtements de mariage et les célèbres enveloppes rouges (红包 – Hóngbāo) offertes pour souhaiter prospérité.
Selon la légende, le rouge aurait repoussé le monstre Nian (), une créature terrifiante qui terrorisait les villages chaque Nouvel An. Depuis, cette couleur est devenue un symbole de victoire, de fête et de bonheur collectif.

Un héritage de symboles et de croyances{{}}

Aujourd’hui encore, les porte-bonheurs chinois ornent les maisons, les restaurants et les entreprises, rappelant qu’au-delà de leur beauté, ils véhiculent un message d’optimisme et d’équilibre spirituel.
Ils témoignent de la richesse symbolique de la civilisation chinoise, où chaque forme, chaque couleur et chaque mot possèdent une âme et une énergie propre.
Et si vous voyagez en Chine, vous remarquerez qu’offrir ou recevoir un petit porte-bonheur est plus qu’un simple geste : c’est un vœu sincère de paix et de prospérité.

La culture chinoise, un trésor vivant et intemporel{{}}

Comme nous venons de le voir, la culture chinoise est d’une richesse infinie. Façonnée par plus de 5 000 ans d’histoire, elle englobe une multitude d’aspects, de l’art à la philosophie, de la mythologie aux traditions populaires, qui la rendent à la fois unique et universelle.
Cette culture millénaire n’a cessé d’évoluer tout en conservant son âme, transmettant au fil des dynasties un héritage de sagesse, de spiritualité et de créativité.

L’influence de la Chine s’est étendue bien au-delà de ses frontières, inspirant les civilisations asiatiques voisines, mais aussi le monde occidental à travers la céramique, la calligraphie, la médecine traditionnelle ou encore la pensée confucéenne. Aujourd’hui, à l’ère moderne, cet héritage ancestral suscite un renouveau d’intérêt, car il offre des clés précieuses pour comprendre l’équilibre, la patience et la recherche d’harmonie chères à la philosophie chinoise.

La culture chinoise n’est pas un vestige du passé, mais une source vivante d’inspiration. Elle continue de fasciner, d’unir et d’enseigner à ceux qui prennent le temps de la découvrir.

Pour aller plus loin dans votre exploration de la Chine, découvrez mesebooks dédiés à la culture et à la sagesse chinoise, où je partage avec passion les histoires, symboles et traditions qui font battre le cœur de la Chine éternelle.

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    6.
    En bref, quelles sont les tendances exprimées dans la culture chinoise traditionnelle concernant les violences ?

Il faut distinguer plusieurs courants de pensée qui ont coexisté pendant des siècles en Chine.

1. La préférence pour l’harmonie et l’ordre{{}}

La tradition issue de Confucius met fortement l’accent sur l’harmonie sociale, le respect des hiérarchies et la résolution des conflits par l’éducation morale plutôt que par la force. La violence y est généralement considérée comme un signe d’échec de l’ordre social.

2. L’usage légitime de la force par l’État{{}}

Le courant du légisme, associé notamment à Han Fei, considère que des lois strictes et des sanctions sévères sont nécessaires pour maintenir l’ordre. La coercition et la violence institutionnelle peuvent alors être perçues comme des outils légitimes du pouvoir.

3. La valorisation du stratège plutôt que du combattant{{}}

Des textes comme L’Art de la guerre attribué à Sun Tzu valorisent souvent l’intelligence stratégique. L’idéal est fréquemment de remporter la victoire avec un minimum de combats et de destructions.

4. Les influences taoïstes{{}}

La pensée de Lao Tseu tend à privilégier la modération, la souplesse et l’évitement de la confrontation directe. La violence y apparaît souvent comme contraire à l’équilibre naturel.

5. Les traditions martiales{{}}

La culture chinoise a également développé de riches traditions guerrières et martiales (arts martiaux, défense du territoire, héroïsme militaire). Dans les récits populaires, le guerrier idéal est souvent présenté comme discipliné, loyal et guidé par un sens de la justice plutôt que par l’agressivité.

En résumé - Une tendance forte de la culture chinoise traditionnelle est de considérer la violence comme parfois nécessaire, notamment pour maintenir l’ordre ou défendre la communauté, mais généralement moins valorisée que l’harmonie sociale, la maîtrise de soi et la stratégie. L’idéal n’est souvent pas la force brute, mais la capacité à résoudre les conflits avec le moins de violence possible.

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7.
Tableau comparatif simplifié des tendances générales observées dans certaines traditions culturelles et philosophiques historiques, et non de caractéristiques de tous les individus appartenant à ces cultures quant aux violences. D’après une requête auprès de ‘ChatGPT’

Tradition culturelle

Vision générale de la violence

Quand la violence peut être jugée légitime

Valeurs mises en avant

Cultures amérindiennes (divers peuples) Variable selon les peuples ; souvent intégrée à une vision de l’équilibre entre communauté, nature et monde spirituel Défense du groupe, protection du territoire, parfois prestige guerrier dans certaines sociétés Harmonie, responsabilité collective, courage, respect des ancêtres
Culture chinoise traditionnelle Généralement considérée comme un dernier recours ; préférence pour l’ordre et la stabilité Maintien de l’ordre, défense de l’État, protection de la communauté Harmonie sociale, discipline, stratégie, maîtrise de soi
Culture japonaise traditionnelle Forte valorisation de l’honneur et du devoir ; acceptation de la violence dans certains contextes guerriers Loyauté au seigneur, défense du groupe, accomplissement du devoir Honneur, discipline, fidélité, sacrifice
Tradition européenne chrétienne médiévale Ambivalence : idéal de paix mais reconnaissance de la guerre légitime Défense, protection des innocents, « guerre juste » selon certaines doctrines Justice, courage, foi, ordre politique
Tradition gréco-romaine antique Violence souvent associée à la guerre, à la citoyenneté et à la puissance politique Défense de la cité, conquête, maintien de l’autorité Courage militaire, gloire, vertu civique
Tradition hindoue classique Violence généralement encadrée par le devoir moral (dharma) Protection de l’ordre moral et social, devoir du guerrier Devoir, maîtrise de soi, ordre cosmique
Tradition bouddhique Forte valorisation de la non-violence Quelques exceptions historiques liées à la protection de communautés ou d’États Compassion, non-violence, détachement
Tradition islamique classique Distinction entre violence injuste et violence légitime Défense de la communauté, protection contre l’agression selon les interprétations juridiques Justice, responsabilité, courage, modération

Quelques tendances transversales - Malgré leurs différences, beaucoup de traditions distinguent :

  • La violence légitime (défense, protection, maintien de l’ordre).
  • La violence illégitime (agression gratuite, cruauté, désordre).
  • L’idéal de maîtrise de soi, souvent considéré comme supérieur à l’usage impulsif de la force.
  • Le rôle du guerrier, qui est fréquemment valorisé lorsqu’il agit au service d’une communauté ou d’un principe moral plutôt que pour son intérêt personnel.
    Limites de la comparaison - Il faut être prudent : des entités aussi vastes que la Chine, l’Europe ou les peuples amérindiens regroupent des centaines de sociétés différentes ayant évolué sur de longues périodes. Les attitudes réelles envers la violence ont souvent varié davantage à l’intérieur d’une même culture qu’entre certaines cultures différentes.

Source : contribution résultant d’une requête auprès de ‘ChatGPT’

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Rappel - France - Conseil - Violences physiques ou psychologiques - Vérifié le 19 juin 2025 - Service Public / Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

Une personne vous a volontairement blessé en vous frappant ou en ayant un comportement agressif et hostile ? Il s’agit de violences. Si vous êtes victime ou témoin de tels agissements, vous pouvez faire un signalement aux autorités compétentes. En tant que victime, vous pouvez déposer plainte et vous constituer partie civile pour obtenir la condamnation de l’auteur des faits et une indemnisation. Nous vous présentons les étapes à suivre.

Attention - Si vous êtes victime de violences conjugales ou de violences sexuelles, des organismes dédiés peuvent vous écouter et vous venir en aide.

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Questions ? Réponses ! {{}}

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Conseils en chinois - Comment prévenir la violence domestique ? Texte traduit de 如何避免家庭暴力發生?- 保護服務司 – Traduction de Jacques Hallard avec l’aide de ‘DeepL’

Mettre en place des stratégies de prévention efficaces : Inculquer les principes de la résolution non violente des conflits par l’éducation familiale et scolaire. Demander de l’aide rapidement : Si des conflits surviennent au sein de la famille en raison de problèmes non résolus, solliciter l’aide d’un professionnel pour apprendre des méthodes alternatives de communication et de gestion des conflits afin d’éviter l’escalade de la violence.

Prévenir l’escalade de la violence : En cas de violence, que ce soit la victime ou un proche (famille, amis ou voisins), il est impératif d’appeler immédiatement le 110 (numéro d’urgence de la police) pour intervenir et prévenir toute nouvelle violence. Sensibiliser la communauté à la tolérance zéro face à la violence : Par le biais de la prévention, inculquer le principe de tolérance zéro face à la violence au sein de la communauté.

Cela implique non seulement de s’abstenir de toute violence personnelle, mais aussi de ne faire preuve d’aucune indulgence ni tolérance envers la violence domestique dans son entourage, et de mettre en place un système de signalement communautaire afin de bâtir une communauté saine et apaisée. En présence de signes de violence domestique, il convient d’être attentif aux aspects suivants afin de prévenir les manifestations et l’escalade de la violence :

1. Soyez vigilant si l’autre personne commence à vous intimider, à vous menacer, à faire mine de vous frapper ou à jeter des objets. Cela peut être un signe avant-coureur de violence.

2. Lorsque de petits problèmes surviennent au quotidien, essayez de les résoudre. Ne laissez pas vos émotions s’accumuler, car elles pourraient facilement devenir incontrôlables.

3. Ne provoquez pas l’autre personne lors d’une dispute, afin de l’empêcher d’adopter un comportement nuisible.

4. Soyez attentif aux sentiments des membres de votre famille et évitez d’utiliser des mots négatifs qui pourraient les blesser.

5. Promouvoir l’égalité des sexes et instaurer le principe de l’égalité des droits entre les membres de la famille.

6. Établissez de bonnes relations avec vos voisins ; ils peuvent servir de médiateurs dans les conflits et appeler la police.

資料來源:保護服務司  建檔日期:102-07-02  更新時間:106-08-16 - 衛生福利部地址:115204 台北市南港區忠孝東路6段488號 總機電話:(02)8590-6666 傳真號碼:(02)8590-6000 位置圖 資訊安全隱私權政策 政府網站資料開放宣告 建議最佳解析度為1024*768或以上

Source : https://dep.mohw.gov.tw/DOPS/cp-1160-7996-105.html

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant

C :\Users\Jacques\Downloads\jh.jpg

– 04/06/2026

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier :

Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !

https://isias.info/local/cache-vignettes/L99xH99/10000000000000c8000000c80ff59cec-f91e7.jpg?1752136363

[Pascal Paquin – Ses travaux sur https://yonnelautre.fr/ ]

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