Accueil > Pour en savoir plus > Écologie > Écologie Réflexions Débats > ’« Il faut enseigner à penser dans l’incertitude, à relier au lieu de (…)

’« Il faut enseigner à penser dans l’incertitude, à relier au lieu de compartimenter, à former des esprits capables de dialoguer avec la complexité, un impératif à l’heure où le monde vacille » - Edgar Morin sociologue, anthropologue, philosophe 1921-2026" par Jacques Hallard

lundi 1er juin 2026, par Hallard Jacques

ISIAS Edgar Morin

« Il faut enseigner à penser dans l’incertitude, à relier au lieu de compartimenter, à former des esprits capables de dialoguer avec la complexité, un impératif à l’heure où le monde vacille » - Edgar Morin sociologue, anthropologue, philosophe 1921-2026

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 01/06/2026

https://www.livreshebdo.fr/sites/default/files/styles/image_full_new/public/2026-05/Edgar%20Morin%20%28c%29%20Olivier%20Dion.jpg?h=55357ed3

Edgar Morin en 2023 – Photo Olivier Dion

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Quelques précisions préalables et qui ont été utiles à l’auteur de ce dossier !

À propos - Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 à Paris 9ᵉ et mort le 29 mai 2026 à Paris, est un sociologue, philosophe, écrivain, scénariste et réalisateur français. Wikipédia - Né 8 juillet 1921, 9e Arrondissement, Paris - Décédé 29 mai 2026 (âge 104 ans), Paris – Épouses : Sabah Abouessalam (m. 2012–2026), Edwige Morin (m. 1982–2008), Johanne Harrelle (m. 1972) - Enfants Irène Nahoum, Véronique Nahoum-Grappe - Enseignement Université de Paris… - Wikipédia

Quelle est la religion d’Edgar Morin ? - Edgar Morin affirme un point de vue « d’incroyant radical ». Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence et dit apprécier, à cet égard, le bouddhisme — qui est une religion sans dieu.

Pourquoi Edgar Morin a changé de nom ? - Socialiste et pacifiste dans ses jeunes années, Edgar a toujours été un intellectuel engagé. En 1941, il adhère au Parti communiste et entre en résistance. C’est alors qu’il prend le pseudonyme de Morin en lieu et place de Nahoum, son nom de naissance.

Sabah Abouessalam est une sociologue de l’urbain, née le 13 avril 1959 à Marrakech, au Maroc, marocaine ainsi que naturalisée française le 10 mai 1994. Après avoir été maître de conférences à l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne de 1993 à 2006, puis professeure à l’Institut national d’aménagement et d’urbanisme (INAU)[1] en 2006 au Maroc, elle est sociologue au sein de l’Institut des sciences de la communication du CNRS. Biographie Formation - Après des études secondaires à Marrakech, au Maroc, qui l’ont conduite au baccalauréat, Sabah Abouessalam a effectué des études de sociologie à Grenoble, jusqu’à l’obtention d’une licence en 1979[2]. Elle a soutenu en 1992 à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne une thèse en géographie, rédigée sous la direction de Michel Rochefort et ayant pour titre Pauvreté urbaine et comportements résidentiels à Marrakech[3], pour laquelle elle a obtenu les félicitations du jury. Enseignement et recherches en France puis au Maroc - Après la soutenance de sa thèse, Sabah Abouessalam est nommée maître de conférences à l’Université Paris 1-Sorbonne en 1993. Elle y enseigne jusqu’en 2006 et y dirige le DESS ’Aménagement local et dynamiques Territoriales dans les PED’ de 2000 à 2006. Elle a ensuite été nommée professeure à l’Institut national d’aménagement et d’urbanisme (INAU) de Rabat[4] en 2006. Elle a assuré à ce poste des missions d’enseignement et de recherche, ainsi qu’un grand nombre de conférences de 2006 à 2013, en sociologie urbaine mais aussi en politiques du logement dans les pays en développement, en démocratie participative, citoyenneté et gestion urbaine, en développement local et en médiation sociale. Rencontre et travaux avec Edgar Morin - De 1979 à 1992, Sabah Abouessalam a lu de nombreuses œuvres d’Edgar Morin, dont la pensée a structuré ses réflexions alors qu’elle était étudiante en sociologie puis en urbanisme. Plusieurs sessions de travail et des conférences en commun ont précédé leur rencontre en avril 2009, lors du festival des musiques sacrées à Fès ; depuis, le couple ne se sépare plus[5]. Le couple s’est marié en 2012[6]. Depuis lors, Sabah Abouessalam ne cesse de travailler avec et pour son mari. Elle a contribué successivement aux ouvrages « La voie » en 2011 , puis « Ignorance, Connaissance, Mystère », puis « La France est une et multiculturelle » (Fayard, 2011), puis « L’homme est faible devant la femme » (Presses de la Renaissance, 2013), puis en 2020 « Changeons de voie - Les leçons du coronavirus » (Denoël, 2020). Depuis 2018 - Depuis 2018, Sabah Abouessalam travaille à installer la Fondation Edgar Morin. Le 23 septembre 2020, la Fondation est créée à Paris. Dans un autre domaine, Sabah Abouessalam a tenté en 2013, avec la collaboration de son mari Edgar Morin, de réhabiliter une ferme écologique de sa famille dans la région de Marrakech, s’inspirant de l’agro-écologie de Pierre Rabhi. Selon elle, une telle ferme permettrait « d’inciter les paysans à demeurer dans leurs terres auxquelles serait restituée une rentabilité »[2]. Publications > https://fr.wikipedia.org/wiki/Sabah_Abouessalam

Sabah Abouessalam-MorinLivres de Sabah Abouessalam-Morin - https://www.eyrolles.com/Accueil/Auteur/sabah-abouessalam-morin-134187/

Edgar Morin avec son &#xe9 ;pouse Johanne Harrelle, com&#xe9 ;dienne, mannequin et &#xe9 ;crivaine qu&#xe9 ;b&#xe9 ;coise, le 16 d&#xe9 ;cembre 1975.Edgar Morin avec sa seconde épouse Johanne Harrelle, comédienne, mannequin et écrivaine québécoise, le 16 décembre 1975. - GEORGES PAVUNIC/AFP – Voir https://fr.news.yahoo.com/dois-%C3%A0-edgar-morin-amie-080631175.html

Johanne Harrelle, née Joan Harrell le 29 janvier 1930 à Montréal et morte le 4 août 1994 à l’Île des Sœurs[1], est une comédienne, mannequin et écrivaine québécoise. Elle a été la première femme noire à s’imposer dans le monde de la mode au Québec et au Canada… - Conjoints : Edgar Morin (à partir de 1972), Claude Jutra - https://fr.wikipedia.org/wiki/Johanne_Harrelle

Informations sur la mère des deux filles d’Edgar Morin, émanant de ‘ChatGPT’ - {{}}

La mère des deux filles d’Edgar Morin est Irène « Violette » Chapellaubeau [Née le 4 août 1917 à Hautefort, 24390, Dordogne, Nouvelle-Aquitaine, (également connue plus tard sous le nom de Violette Naville-Morin). Edgar Morin l’a épousée en 1945. Ils s’étaient rencontrés à Toulouse pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’ils suivaient les cours du philosophe Vladimir Jankélévitch et participaient à la Résistance. De cette union sont nées deux filles : Irène Nahoum-Léothaud (née en 1947), sociologue, et Véronique Nahoum-Grappe (née en 1948), anthropologue et essayiste. Le couple Edgar Morin–Violette Chapellaubeau a ensuite divorcé en 1963. Violette s’est remariée avec le sociologue Pierre Naville.

Bas du formulaire{{}}

Livre d’Edgar Morin : Edwige, l’inséparable d’Edgar Morin - Published by Caroline Doudet on 27 juillet 2010

Edwige, l’inséparable d’Edgar MorinUn chant d’amour

« Mon monde était suspendu à son monde. Il est vrai, j’avais une vie sans elle, mais cette vie était irriguée, nourrie de sève par sa vie. J’ai beaucoup aimé, mais elle fut la seule aussi profondément et intensément aimée. Je voudrais pouvoir définir la nature de notre amour. Symbiose est insuffisant. On s’était enracinés l’un dans l’autre. On était entremêlés. C’était l’intégration mutuelle de l’un dans l’autre. Son être était dans mon être, pas seulement compagne aimante-aimée, mais mère et enfant à la fois : mon enfant maternelle ».{}

Ce livre est un véritable coup de cœur, encore une fois. En lisant Amour, poésie, sagesse, j’avais été tellement touchée par la manière dont Edgar Morin parlait d’amour que j’ai voulu aller plus loin, et je suis tombée sur ce récit autobiographique, ode à la femme aimée qu’il vient de perdre. Par certains côtés, cet ouvrage ressemble beaucoup à  Lettre à D. d’André Gortz, en beaucoup plus développé et beaucoup plus poignant aussi : Gortz écrit à Dorine alors qu’elle est toujours vivante, et c’est ensemble qu’ils iront vers la mort. Edgar Morin écrit sur Edwige qu’il vient de perdre, et je dois dire que j’ai vraiment été très touchée et que j’ai même, en certains endroits, versé quelques larmes.

Un amour qui se remémore{{}}

C’est l’histoire d’un amour qui se remémore. L’ouvrage s’ouvre sur une ode au quotidien, aux petites choses, aux petits gestes, aux rituels qui font un couple et une vie. Tout devient sublime dans cette amour sans cesse à l’état naissant, tout est transcendé par l’amour mutuel : le café du matin, l’arrosage des plantes, la musique dans la voiture, le marché. Sans cesse les deux amoureux s’écrivent des petits mots, se font des petits dessins qui sont présents dans le livre.

Puis Edgar Morin nous fait le portrait de son aimée : une femme fascinante, marquée par des expériences douloureuses, une femme encore très enfant, vivant dans son monde imaginaire construit pour supporter la réalité, une femme intuitive et même parfois télépathe, refusant qu’un psy ne vienne violer les secrets de son être. Autant dire que je me retrouve beaucoup dans ce portrait : un être complexe, somme toute épuisant à aimer. Et pourtant, il l’aime. Leur histoire n’a pas été simple au début : beaucoup de retards, de rencontres manquées, mais ils se retrouvent sans cesse sur la route l’un de l’autre, et au bout de dix-sept ans, plusieurs faux départs, des unions chacun de son côté, ils se retrouvent enfin, parce que tel était leur destin.

Des années de bonheur absolu, et puis vient la maladie, la mort, et pour Morin l’impossible deuil de celle qui irriguait sa vie, encore à la fois présente et absente. Ce deuil, il nous le raconte au jour le jour pendant plus d’une année, nous donnant à ressentir ces moments où la moindre chose devient mine émotionnelle et engendre le chaos.

Communiquer par-delà la mort - J’ai donc été très touchée par ce texte poignant. Un détail particulièrement m’a marquée, dont je ne suis pas certaine qu’Edgar Morin l’ait remarqué car il n’y fait pas référence : Edwige fumait beaucoup, et c’est d’ailleurs ce qui l’a tuée. Il essaie d’analyser cette dépendance : « Dans beaucoup de cultures archaïques, le souffle est assimilé à l’âme, et il se peut que le besoin d’aspirer et d’expirer un souffle qui à la fois apaise et stimule corresponde à un besoin de supplément d’âme ». Or, après la mort d’Edwige, Edgar Morin lui-même se met à fumer (de l’herbe…) et je ne serais pas surprise qu’inconsciemment, cela soit un moyen pour lui de communiquer avec son âme jumelle qu’était Edwige, par-delà la mort.

Quoi qu’il en soit, ce texte est une magnifique découverte, un réel plaisir de lecture même si on pleure beaucoup… - Edwige, l’inséparable (lien affilié) - Edgar MORIN - Fayard, 2009

Source : https://carolinedoudet.com/2010/07/27/edwige-linseparable/

Les amours et les emmerdes d’Edgar Morin – Par Samuel Lacroix - Publié le 09 juillet 2024, actualisé le 31 mai 2026 – « Edgar Morin a connu plusieurs histoires d’amour, souvent passionnelles, parfois rocambolesques et tumultueuses. Il les raconte sans fard… » - Article réservé aux abonnés (Je m’abonne)

Photo d’Edgar Morin et de sa compagne Sabah Abouessalam qui lui met un chapeau sur la tête.

Edgar Morin et sa dernière compagne Sabah Abouessalam à Montpellier (2019). © Xavier Malafosse/Sipa

Grand « rousseauphile », Edgar Morin a construit ses Souvenirs un peu à la manière des Confessions. Il s’y livre pour ainsi dire « sans filtre », comme on aime à dire aujourd’hui, n’hésitant pas à s’arrêter sur ses histoires de cœur. Les femmes sont omniprésentes, tout comme les histoires cocasses de séductions et de ruptures. « Sans combustion amoureuse, je ne suis rien  », avoue-t-il.

Les années Violette{{}}

Au début de son autobiographie, notre auteur évoque un amour de jeunesse marquant : Annick Morvan, une étudiante « blonde au beau doux visage » rencontrée à Toulouse en 1941. Lui-même étudiant, Edgar Morin tire une croix sur ses cours et, partant, sur ses examens, pour passer du temps avec celle avec qui il se sent en totale « communion de sentiments, d’idées, de goûts ». La passion dévore le jeune homme, persuadé d’avoir trouvé l’âme sœur. Malheureusement, Annick est déjà amoureuse d’un certain Yourik, qui l’attend à Paris.

Meurtri, le jeune homme se tourne peu à peu vers celle qui deviendra sa première épouse et mère de ses filles, Violette Chapellaubeau. Morin a rencontré l’étudiante en philosophie quelques mois plus tôt, à la faveur d’une manifestation de solidarité pour un professeur menacé de ne plus pouvoir enseigner parce que juif : Vladimir Jankélévitch. Morin devient rapidement ami avec la jeune femme, avec qui il se risque à recouvrir les murs de Toulouse d’inscriptions anti-vichystes certains soirs de témérité, avant que tous deux rejoignent des mouvements de résistance plus structurés. Après-guerre, ils se marient avant de gagner l’Allemagne, où ils passeront deux années. Puis ils rentrent à Paris, où ils logent dans l’appartement de Marguerite Duras, qu’ils quitteront au moment où Violette tombera enceinte. Les années 1950 et 1960 sont marquées par certains remous dans un couple qui tantôt s’ouvre, tantôt se ferme. Morin demande notamment à son épouse d’interrompre une liaison avec un de ses collègues du lycée d’Arras, avant de lui-même s’éprendre de la jeune Marilu Parolini, future secrétaire de rédaction de sa revue Arguments et figure marquante de son film Chronique d’un été (1961). C’est une relation avec une autre italienne, la sociologue Magdalena Talamo, qui mettra le feu aux poudres (Violette et « Magda » se croisent notamment dans le même hôtel de Washington en 1962) et hâtera la séparation des deux époux. Source : https://www.scienceshumaines.com/les-amours-les-emmerdes_fr_47334.html

Edgar Morin : les filles délaissées, le père retrouvé - Article réservé aux abonnés (Je m’abonne) - Par Samuel Lacroix - Publié le 09 juillet 2024, actualisé le 31 mai 2026 – « Au cours de sa vie trépidante, Edgar Morin n’a consacré que peu de temps à ses deux filles. Conscient de cette défection, le père a au fil du temps réussi à retisser des liens avec ses enfants, à la faveur, notamment, de la biographie de son propre père, Vidal Nahoum… - Source : https://www.scienceshumaines.com/les-filles-delaissees-le-pere-retrouve_fr_47335.html - histoire de la pensée

Quelle est la religion d’Edgar Morin ? - Edgar Morin affirme un point de vue « d’incroyant radical  ». Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence et dit apprécier, à cet égard, le bouddhisme — qui est une religion sans dieu.

Quelle est la thèse d’Edgar Morin ? - Considérant qu’aucun problème important ne peut être traité d’un seul point de vue, au prisme d’une seule discipline, Edgar Morin a conceptualisé la notion de pensée complexe au sens du complexus latin. 16 janvier 2019

Que signifie l’incertitude ? - L’incertitude désigne les situations impliquant une information imparfaite ou inconnue. Elle s’applique aux prévisions d’événements futurs, aux mesures physiques déjà effectuées, ou à l’inconnu, et est particulièrement pertinente pour la prise de décision.

Selon Wikipédia - Couramment, l’incertitude est le contraire de la certitude, c’est-à-dire le fait de ne pas être sûr de quelque chose. Le terme peut être relié aux notions suivantes :

  • En sciences[1], en métrologie[2] (physique, chimie, biologie médicale, électronique…), en SHS[3], l’incertitude désigne, d’après Vold, la marge d’« imprécision » sur la valeur de la mesure d’une grandeur physique ou, d’après l’ouvrage ’Vocabulaire international de métrologie’ (le VIM), la dispersion des valeurs qui pourraient raisonnablement être attribuées à une grandeur. Le concept d’incertitude tend à supplanter le concept d’erreur traditionnel. Voir :
  • Le principe d’incertitude ou d’indétermination est un des fondements de la mécanique quantique.
  • En gestion du risque, l’incertitude est liée au fait qu’on s’intéresse à l’avenir à partir de données du passé : on cherche à la quantifier par un risque, non ou mal évaluable, du fait notamment de l’absence de statistiques passées fiables permettant de définir des probabilités de survenue des évènements futurs redoutés. Elle n’est jamais nulle (certitude de l’incertitude) mais peut être très faible. Elle révèle ainsi l’illusion d’une sécurité parfaite.
  • En sport et entre autres en sport d’opposition, l’incertitude évènementielle concerne le caractère imprévisible du comportement adverse (quantités d’actions dont l’adversaire peut faire preuve – plus concrètement, il recouvre le répertoire de gestes, de techniques et de stratégies dont il peut éventuellement faire usage).
  • En psychologie, l’aversion à l’incertitude, une forme d’aversion au risque, est la crainte assez répandue qu’en cas d’incertitude (situation pourtant générale dans la vie et dans la société comme dans tout système dynamique) il y ait plus à perdre qu’à gagner, d’où les tentatives de maintenir le statu quo.
  • En sciences de l’information de la communication, l’incertitude devient une question centrale, notamment en contexte éducatif. Même si elle est perçue comme une source d’inquiétude pour les enseignants, certains chercheurs mettent en avant la nécessité d’initier les jeunes à l’incertitude : en effet, apprendre à l’affronter revient à accepter la complexité, tout particulièrement dans le monde hyperconnecté dans lequel nous vivons et où l’angoisse et l’anxiété peuvent faire surface face à des infox en circulation rapide. Plusieurs chercheurs démontrent que les jeunes qui ressentent de l’incertitude sont ceux qui auront tendance à effectuer des recherches approfondies sur un sujet particulier, et seront ainsi plus enclins à exercer des formes de sérendipité, notion étroitement liée à celle d’incertitude[4]. Néanmoins, malgré son importance, l’éducation à l’incertitude reste encore peu présente dans les pratiques comme dans les textes officiels, en France ou dans le monde[5]. Anne Lehmans fait tout de même un pont entre l’éducation à l’incertitude et le fait pour les élèves que cela pourrait les aider à se forger un esprit critique[5]. Pour Daniel Favre, cette éducation à l’incertitude bénéficierait à chacun et permettrait de faire évoluer ses représentations, tout en développant un sentiment de sécurité cognitive et affective en fonction des sensibilités de chacun[6]….
    La complexité caractérise le comportement d’un système dont les composants interagissent [1], « sans coordination centrale, sans plan établi par un architecte, et menant spontanément à l’émergence de structures complexes » (Alain Barrat)[2]. Le système peut être composé d’un grand nombre d’éléments, mais le chaos déterministe montre qu’un tout petit nombre peut suffire. Le mot complexe vient du latin complexus, qui signifie embrasser, comprendre ou ce qui est tissé ensemble[3]. La complexité est un concept valise[1] que l’on retrouve dans de multiples contextes dont : Complexité de Kolmogorov (informatique), Complexité computationnelle (informatique), Pensée complexe d’Edgar Morin (philosophie), Ingénierie des systèmes… - Voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Complexit%C3%A9

Retour au début du Préambule

Retour au début du dossier


Introduction {{}}

Ce dossier est pleinement consacré à Edgar Morin{{}}

Les documents sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

Retour au début du Préambule

Retour au début du dossier


Sommaire {{}}

Retour au début du sommaire

Retour au début de l’introduction

Retour au début du Préambule

Retour au début du dossier

§§§


  • Joanne Samalens-Lagardère récite ’Liberté’ de Paul Éluard devant Edgar Morin 2024 – La Grande Librairie{{}}
    Edgar Morin ému aux larmes à l’écoute de ’Liberté’ de Paul Éluard. En octobre 2024, sur le plateau de la Grande Librairie, Joanne Samalens-Lagardère, gagnante du concours ’Si on lisait à voix haute’, lisait ce poème devant le philosophe.

Copier l’adresse de la vidéo 3:00 PM · 30 mai 2026

https://pbs.twimg.com/profile_images/903167852714307588/GmBMCh26_x96.jpgLa Grande Librairie @GrandeLibrairie

Source : https://x.com/GrandeLibrairie/status/2060707799827358015

[Addenda - Joanne Samalens-Lagardère remporte Si on lisait à voix haute saison 5 – Voir > https://x.com/education_gouv/status/1801263609625866458

Agée de 12 ans, cette collégienne d’Anglet brille sur France 5, et écrit son propre livre – {{}}

illustration agrandir l’image

Source : https://www.ici.fr/emissions/l-invite-de-la-redaction-de-france-bleu-pays-basque/agee-de-12-ans-cette-collegienne-d-anglet-brille-sur-france-5-et-ecrit-son-propre-livre-9091962

Retour au début du sommaire


  • Annonce du décès d’Edgar Morin à 104 ans - Jean Viard et Eric Fottorino / Juliette Binoche - Publié le samedi 30 mai 2026 à 06:00 - France Inter
    Les invités du 6/9, à 7h50 sociologue et éditeur a bien connu Edgar Morin et journaliste et écrivain et à 8h20 actrice et réalisatrice pour son film ’En Nous’, en salles le 3 juin 2026.{{}}

Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-6-9/le-6-9-du-samedi-30-mai-2026-8820827

Retour au début du sommaire


  • Disparition d’Edgar Morin, la pensée qui ne meurt pas – 30 mai 2026 - Document ‘livreshebdo.fr’{{}}
    Photo en tête de ce dossier

A quelques semaines de son 105e anniversaire qu’il aurait fêté le 8 juillet2026, le sociologue, philosophe, anthropologue et ancien résistant Edgar Morin est mort le 29 mai, a annoncé son épouse Sabah Abouessalam. Auteur d’une œuvre extrêmement prolifique, il aura passé sa vie à penser avec les contradictions dans un monde qui simplifie et à redonner du poids au temps dans une époque qui accélère.

Tout commence à Paris en 1921. Edgar Nahoum naît dans une famille juive sépharade venue de Salonique, héritier d’un double exil, celui des origines et celui du deuil : sa mère meurt alors qu’il n’a que dix ans. Cette faille inaugurale, irrigue déjà son premier roman de jeunesse, L’Année a perdu son printemps, écrit en 1946, redécouvert en 2013 et paru en 2024, où sous le nom d’Albert Mercier, il rejoue le destin d’un orphelin pris dans la montée des périls. 

Lire aussi : Edgar Morin : « Je me suis fait une culture qui relie la science à l’humanisme »

À 16 ans, il emballe déjà des colis pour l’Espagne républicaine. Le combat contre le fascisme prend un sens nouveau sous l’Occupation : communiste en 1941, résistant en 1942, il prend les armes et entre dans la clandestinité sous le nom de Gaston Poncet. En 1943, une erreur lui offre un second nom, « Morin », mal entendu pour « Magnin », en référence à Malraux, qu’il adopte sans le corriger. Il sera désormais celui-là : résistant, écrivain, penseur. 

Au sortir de la guerre, il entre au GPRF, dirige un service de propagande et observe l’Allemagne vaincue et affamée dans L’An zéro de l’Allemagne (1946). Son engagement reste intact, mais les certitudes s’érodent : en 1949, après avoir dénoncé les procès staliniens, il est exclu du Parti. La rupture ouvre une autre fidélité : celle de la pensée critique. 

Edgar Morin rejoint le CNRS, s’empare des faits de société, scrute l’Esprit du temps (Grasset, 1962), La Rumeur d’Orléans (Seuil, 1969) et les mythologies modernes. En 1956, il cofonde Arguments avec notamment Roland Barthes et Colette Audry, une revue publiée jusqu’en 1962 chez Minuit pour penser autrement, contre tous les dogmes. Il s’oppose à la guerre d’Algérie, mais refuse les automatismes d’appartenance. À la logique des blocs, il préfère celle des brèches. Résister, pour lui, c’est refuser les certitudes. 

L’homme-œuvre : une pensée en mouvement{{}}

Au-delà des questions d’engagement politique et de carrière, tout le travail d’Edgar Morin réside peut-être dans le fait d’établir des synergies là où le savoir se voulait morcelé.

Dès 1972, à Royaumont, il réunit biologistes, sociologues, anthropologues, cybernéticiens ; en somme des voix dissonantes qui, sous sa houlette, entendent dépasser les silos disciplinaires. De cette convergence naît Le Paradigme perdu (Seuil, 1973), manifeste d’une vision qui refuse le miroir brisé entre nature et culture, posant l’humain comme un être à la fois singulier, social et biologique, un entrelacs que peu osaient regarder en face.

La complexité est le fil rouge qui irrigue toute sa pensée. Ce n’est plus la réalité qu’il s’agit de décomposer, mais de penser dans ses multiples rebonds, boucles et contradictions, loin des réductions simplistes. En 1982, avec Science avec conscience (Seuil), il nomme enfin cette manière de voir : la pensée complexe. Cette idée trouve son apogée dans l’œuvre de sa vie La Méthode, parue au Seuil entre 1977 et 2004, une encyclopédie vivante, un cycle en six tomes où chaque thème, de la nature à l’éthique, s’enchevêtre dans une danse inlassable d’interactions.

Les sept « principes de reliance »{{}}

Edgar Morin y déploie ses sept « principes de reliance », autant d’outils pour naviguer dans un monde où tout dialogue avec tout. À ce sujet, il confiait à Livres Hebdo en avril 2023 : « Grâce à ma ’méthode’ et à la ’pensée complexe’, une formation polydisciplinaire, j’essaie de relier entre eux différents domaines, différentes disciplines, et de les éclairer. Je me suis fait une culture qui relie la science à l’humanisme Je suis pour ce qui relie, pas pour ce qui divise. »

Mais sa pensée dépasse largement les sphères intellectuelles. Avec Terre-Patrie (Seuil, 1993), coécrit avec Anne-Brigitte Kern, il élargit son regard à la planète tout entière, posant une éthique née de la globalisation, où l’interdépendance humaine rejoint celle de l’écosystème. Et parce que comprendre ne suffit pas, il engage l’idée d’une révolution éducative, déclinée dans La Tête bien faite (Seuil, 1999), Relier les connaissances (Seuil, 1999) et Les Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur (Seuil, 2000) : il faut enseigner à penser dans l’incertitude, à relier au lieu de compartimenter, à former des esprits capables de dialoguer avec la complexité, un impératif à l’heure où le monde vacille.

Ne jamais abandonner le complexe{{}}

Plus encore, le sociologue décèle dans les crises des ouvertures, des métamorphoses à venir. Dans La Méthode (notamment le tome 5, L’Humanité de l’humanité), comme dans La Voie (Fayard, 2011) ou Changeons de voie (Denoël, 2020), il pense l’histoire comme une succession de bifurcations, d’effondrements et de renaissances.

Son regard historique embrasse la tempête et l’espoir. Son œuvre est un chantier toujours en mouvement, un appel à ne jamais abandonner le complexe au profit de la simplification, à toujours chercher les fils qui relient, les ponts qui sauvent.{{}}

Disparition Edgar Morin Édition Seuil Sociologie

Newsletter Livres Hebdo, c’est gratuit. Votre email- Nous contacterEspace annonceursS’abonner au flux RSS

Source : https://www.livreshebdo.fr/article/disparition-dedgar-morin-la-pensee-qui-ne-meurt-pas

Retour au début du sommaire

Le philosophe Edgar Morin est décédé à l’âge de 104 ans

Le philosophe centenaire était une voix importante de la gauche moderne et une figure médiatique très présente. Emmanuel Macron a popularisé une notion qui lui était chère, « la pensée complexe ».

Sociologue, anthropologue, philosophe ou simplement observateur engagé du « vaste monde », on peut dire d’Edgar Morin, qui s’est éteint le 29 mai à plus de 104 ans, qu’il a été tout cela, sans se laisser réduire à aucune de ces identités. Auteur de plus d’une centaine de livres traduits dans une trentaine de langues et relevant aussi bien des sciences humaines, des sciences exactes que de l’actualité la plus immédiate, française ou internationale, Edgar Morin, de par son refus de cloisonner les savoirs ou sa méfiance à l’égard de toute démarche dogmatique, peut être considéré comme un héritier de l’encyclopédisme des Lumières. Il était aussi, avec le regretté Michel Serres, dont il partageait à certains égards l’éclectisme savant, un des penseurs les plus présents dans les médias et les plus connus du grand public.

À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour

Né le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive sépharade originaire de Salonique, le jeune Edgar Nahoum, qui perd sa mère à l’âge de 10 ans, étudie à la Sorbonne et passe ses licences d’histoire et de droit. Après avoir fréquenté les milieux libertaires, qui soutiennent le camp républicain en Espagne, il adhère au Parti communiste français à partir de 1942, période où, sous le pseudo de Morin, il participe à des actions de résistance. Il sera exclu du PCF en 1951 pour avoir critiqué la ligne stalinienne de la direction. « Ce fut comme un chagrin d’enfant, énorme et très court », confiera-t-il plus tard. Une rupture qui survient peu après la publication de son premier livre, L’An zéro de l’Allemagne, consacré à l’occupation de ce pays, à laquelle il participa dans le cadre de l’armée française. Son éloignement du communisme est inséparable d’une démarche critique qui ne le quittera plus et qu’il étaiera à travers tous ses livres, notamment Autocritique (Seuil), qui, paru en 1959, lui vaudra un grand succès.

À lire aussi Que reste-t-il du Parti communiste français ?

Devenu sociologue au CNRS, Edgar Morin publie des ouvrages sur des thèmes novateurs : la mode (Les Stars, 1957), la culture de masse, (L’Esprit du temps, 1962) ou le cinéma (Le Cinéma ou l’homme imaginaire, 1956). Il s’intéresse à un phénomène aussi insaisissable que la rumeur. Dans La Rumeur d’Orléans (1969, Seuil), il analyse une histoire qui défraiera la chronique : des responsables d’un grand magasin avaient été soupçonnés de faire disparaître des femmes pour alimenter un trafic de « traite des blanches » sans que le moindre début de preuve eût été apporté.

Edgar Morin dans son appartement parisien en 1975. GEORGES PAVUNIC / AFP

Théoriser et retranscrire le vécu{{}}

Après plusieurs années passées en Amérique latine, il est invité à l’Institut Salk, à San Diego en Californie, en 1969. Il en reviendra en 1970 avec un Journal de Californie (Seuil), où il étudie cette région comme un laboratoire de la modernité. Puis il entame ce qui sera sa grande œuvre : une somme de six livres intitulée La Méthode (Seuil), dont le premier, La Nature de la nature, paraît en 1977 et le dernier, Éthique, en 2004. Entre-temps paraîtront La Vie de la vie en 1980, La Connaissance de la connaissance en 1986, Les Idées en 1991, puis L’Humanité de l’humanité en 2002. À travers cette suite, qui recouvre tous les domaines de la connaissance, Edgar Morin confronte les méthodes d’analyse des sciences humaines avec celles des sciences biologiques.

Soucieux de tisser des liens entre les sciences et de promouvoir la transdisciplinarité entre elles, il participe avec les biologistes Jacques Monod et François Jacob à la création du Centre international d’études de biologie et d’anthropologie fondamentale, situé à l’abbaye de Royaumont. « Alors qu’un savoir fragmentaire et dispersé nous rend de plus en plus aveugles à nos problèmes fondamentaux, l’intelligence de la complexité devient un besoin vital pour nos personnes, nos cultures, nos sociétés », écrivait-il lors d’un colloque organisé par l’Association pour la pensée complexe, qu’il fonde au début des années 2000. Une « complexité » du latin complexus, « ce qui est tissé ensemble », qui définit en quelque sorte la réalité elle-même de par son caractère irréductible à un schéma unique d’explication.

Pour Edgar Morin qui s’est toujours défini comme un agnostique ou même un « incroyant radical », nulle conception du monde ne peut se considérer comme dépositaire de la Vérité et toutes les représentations philosophiques et religieuses doivent pouvoir coopérer et cohabiter dans un vaste ensemble multi-civilisationnel.

Il suscite une vaste polémique en juin 2002 en cosignant un article avec Danièle Sallenave dans le quotidien Le Monde et intitulé « Israël-Palestine : le cancer » où il dénonce la politique israélienne à l’endroit des Palestiniens. Il ira jusqu’à affirmer que « le peuple le plus persécuté de l’Histoire » était devenu à son tour « persécuteur » ce qui lui vaudra un procès intenté par les associations France Israël et Avocats sans frontière. Certains lui reprocheront son aveuglement face à la résurgence de l’antisémitisme en France qu’il s’obstine à nier ainsi qu’une vision multiculturelle idyllique inspirée par le Mythe d’Al Andalous qui minimise les dangers de l’islamisme en Europe.

Dans l’An 1 de l’ère écologique : la terre dépend de l’homme qui dépend de la terre paru en 2007 (Chez Tallandier), Edgar Morin entame un dialogue avec Nicolas Hulot sur la nécessité de promouvoir une «  politique de civilisation », qui « vise à remettre l’homme au centre de la politique et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être ». Une notion qui connaît un vif succès médiatique, le gouvernement de Nicolas Sarkozy s’en réclamera un temps, provoquant d’ailleurs le désaveu d’Edgar Morin qui se désolidarise du pouvoir en place.

Edgar Morin recevant la Légion d’honneur de la part de François Hollande en 2013 à l’Élysée. BERTRAND LANGLOIS / AFP

Enfin, dans les années 2000, il consacre moult ouvrages à l’actualité, que celle-ci concerne l’éducation, l’environnement ou encore la politique internationale. Il multiplie les livres d’entretien avec des personnalités aussi différentes que Boris Cyrulnik (Dialogue sur la nature humaine, L’Aube 2000), Jean Baudrillard (La Violence du monde, Félin, 2003), Stéphane Hessel (Le Chemin de l’espérance, Fayard, 2011), François Hollande (Dialogue sur la politique, : la gauche et la crise, (L’Aube, 2013) ainsi qu’avec le très controversé Tariq Ramadan (Au péril des idées, Presses du Châtelet en 2014 et l’Urgence et l’essentiel, Éditions Don Quichotte en 2017). Il refusera par la suite de s’exprimer sur les accusations de viol qui ont ruiné la légitimité de l’idéologue islamiste.

Un penseur décisif{{}}

L’ensemble de son œuvre sera jugé avec enthousiasme par certains, avec beaucoup plus de scepticisme par d’autres (notamment Pierre Bourdieu) qui le considéreront comme un commentateur intarissable plutôt que comme un penseur décisif. En multipliant des thématiques de plus en plus alarmistes (La voie : pour l’avenir de l’Humanité chez Fayard en 2017 ou Réveillons-nous chez Denoël, 2022) Morin n’a-t-il pas fini par illustrer ce que Michel Foucault déplorait chez Sartre et les intellectuels d’antan : la prétention à délivrer un message global ? Aussi omniprésent que prolifique, Edgar Morin est devenu au fil du temps une institution comme le montrent les multiples distinctions honorifiques qui lui seront accordées aussi bien en France qu’à l’étranger. En 2019, le Pape François le félicite pour son « esprit d’ouverture aux autres » et le reçoit à Rome.

À lire aussi Le sociologue Edgar Morin fête ses 100 ans à l’Unesco et à L’Élysée

Le philosophe a été élevé à la dignité de grand-croix, la plus haute distinction, à l’occasion de ses 100 ans YOAN VALAT

Le 8 juillet 2021, à la réception qu’il lui consacre à L’Élysée pour fêter son centième anniversaire, Emmanuel Macron le qualifie de « penseur universel » et de « vigie de la planète ». Ses postures d’humaniste transcendantal n’empêchent pas Edgar Morin de prendre parti politiquement. En 2024 après la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, Edgar Morin s’inquiète de ce qu’il appelle « la montée de l’extrême droite en France ». Au Maroc où il réside plusieurs mois par an, il exhorte en 2024 les Africains à « défendre leur culture », des propos que d’aucuns jugeraient populistes s’ils s’adressaient aux Européens.

Au-delà de ses positions aussi discutables que discutées, Edgar Morin a manifesté un amour de la vie et une curiosité intellectuelle à toutes épreuves. Loin de voir en la vieillesse un naufrage, il percevait celle-ci comme une étape ultime qui pouvait témoigner de la fragile grandeur de la condition humaine. « La vieillesse est comme une marche qu’on monte, ce n’est pas un escalier qu’on descend vers la tombe ». Dans un de ses derniers ouvrages, il affirmait aussi : « La vie n’est supportable que si l’on y introduit non pas de l’utopie mais de la poésie, c’est-à-dire de l’intensité, de la fête, de la joie, de la communion et de l’amour ». 

La rédaction vous conseille

Retour au début du sommaire


  • Edgar Morin, la voie de l’espoir dans un monde qui brûle - Par Laure Noualhat - 30 mai 2026 à 15h04 - Mis à jour le 30 mai 2026 à 16h27 - PortraitIdées - Reporterre

    Edgar Morin, la voie de l’espoir dans un monde qui brûle

Penseur inclassable et refusant les catégories, Edgar Morin est mort vendredi 29 mai, à 104 ans. Il laisse à l’écologie ce qu’elle peine à défendre dans le débat public : une pensée capable de tout relier.

Edgar Morin est mort à 104 ans, laissant derrière lui une œuvre immense, sinueuse, et parfois intimidante, souvent citée, moins souvent lue jusqu’au bout. Dans le grand vestiaire des penseurs du XXᵉ siècle, on le range volontiers parmi les sociologues, les philosophes, les humanistes, les inclassables. Mais, il faut lui garder une place du côté de l’écologie. Non pas parce qu’il aurait théorisé les hoquets du climat comme un climatologue ni parce qu’il aurait arpenté les zones humides en bottes, carnet naturaliste à la main. Son apport est ailleurs : Edgar Morin a tenté de donner à l’écologie ce qui lui manque cruellement dans le débat public, une pensée capable de tout relier.

Relier les crises entre elles. Relier l’économie au vivant, la technique au politique, la science à l’incertitude et l’humain à la biosphère. Relier sans tout écraser dans un vaste brouillard mental, relier dans le soin de la complexité. Chez Morin, la complexité n’est pas un mot pour faire savant ou pour renvoyer l’action aux calendes grecques. C’est une discipline mentale, une hygiène de l’intelligence. Une façon de résister à cette vieille passion moderne : découper le monde en petites tranches administrables, puis s’étonner que le réel déborde de partout !

Une crise de notre manière d’appréhender et de comprendre le monde {{}}

C’est là, sûrement, que sa pensée rejoint le plus fortement la crise écologique. Car cette crise n’est pas seulement une affaire de CO2, de biodiversité, de sécheresses, de forêts en flammes ou de glaciers disloqués. Elle est aussi une crise de notre manière d’appréhender et de comprendre le monde. Nous vivons dans des sociétés capables de mesurer, modéliser, mettre en équations, extraire, optimiser, mais qui peinent à saisir les rétroactions, les dépendances, les effets en cascade, les corrélations. Nous savons isoler des indicateurs mais pas habiter un système. Nous parlons de transition, sans nous immerger dans le processus – autrement plus prometteur – de la métamorphose.

Car il faudra changer de corps (grandir ?) pour vivre. Dans Terre-Patrie, écrit en 1993 (éd. Seuil) avec Brigitte Kern, Morin formulait ce qui semble désormais une évidence : l’humanité partage un destin terrestre commun. Pas un destin abstrait, lisse, mondialisé comme un pub pour aéroport, mais une communauté de périls. Le dérèglement climatique, l’arme atomique, les nationalismes, les inégalités, les emballements techniques et les crises démocratiques ne sont pas des dossiers séparés, ils composent une même époque, celle de l’adolescence humaine. Une « polycrise », dirait-on aujourd’hui, où chaque fissure communique avec les autres. Trente-deux ans plus tard, il réitère : cette polycrise « pourrait nous inciter à trouver une nouvelle culture, une nouvelle civilisation sur cette Terre, qui deviendrait une vraie patrie humaine ».

Tenir ensemble ce que l’époque sépare{{}}

Sa « Terre-Patrie » est peut-être trop vaste, trop fraternelle, trop peu attentive aux rapports de force concrets, aux responsabilités historiques, aux ravages coloniaux et capitalistes qui ont fabriqué l’Anthropocène. Le commun terrestre n’est pas également partagé : certains ont beaucoup brûlé, extrait, bétonné ; d’autres paient l’addition. C’est, peut-être, la limite de son humanisme planétaire : il voit puissamment l’unité de destin, moins l’inégalité de la facture.

Mais ce serait une erreur de congédier Morin au motif qu’il aurait trop voulu embrasser. À l’heure où l’écologie est sans cesse sommée de choisir entre expertise froide et colère chaude, entre rapport du Giec et stratégie électorale, entre sobriété individuelle et transformation systémique, sa pensée rappelle une chose précieuse : il faut tenir ensemble ce que l’époque sépare. La science et le récit. Le local et le planétaire. La catastrophe et la possibilité. La peur et le désir. La Terre et la patrie, mais une patrie dénationalisée, agrandie à l’ensemble du vivant qui nous porte.

Edgar Morin disparaît alors que la crise écologique n’a plus besoin d’être annoncée et qu’elle semble moins que jamais solutionnable. Elle est là, dans les sols, dans les nappes, dans les primes d’assurance, les récoltes, les corps fatigués par la chaleur, les villages déplacés, les forêts malades. Le temps n’est plus à découvrir que tout est lié mais à agir comme si nous l’avions véritablement compris. Morin n’a pas pensé le mot écologie comme un sujet mais comme une preuve : la preuve que notre intelligence moderne, trop compartimentée, ne sait plus habiter le monde qu’elle transforme.

L’écologie demande de changer de pensée {{}}

« Pour lui, la réforme de pensée est inséparable d’une réforme de l’éducation, elle-même inséparable d’une réforme de pensée, c’est-à-dire que l’une est nécessaire à l’autre. Cette réforme de pensée est inséparable de la vraie prise de conscience de la réalité des problèmes planétaires, de l’Humanité aujourd’hui. Tout notre système de connaissance est là, selon lui, pour nous rendre aveugles, c’est-à-dire pour produire des connaissances séparées et fragmentées sur un ensemble enchevêtré. Les experts sont des aveugles, les économistes clos sont des aveugles. Nous avons donc un système de connaissance qui nous rend aveugles sur les problèmes fondamentaux et globaux… » écrit Marc Humbert, président de l’association des Convivialistes, dans son hommage. C’est peut-être la leçon la plus exigeante de Morin : l’écologie ne demande pas seulement de changer nos ampoules, nos lois ou nos technologies. Elle demande de changer de pensée. Et cette réforme-là ne se vote pas en une nuit. Elle s’apprend, se travaille, se transmet. Elle oblige à quitter les conforts du simplisme et toutes ces petites cages bien rangées où l’on croit comprendre le monde parce qu’on l’a amputé. Morin aura passé un siècle à refuser ces cages.

« J’ai tendance à croire que tout finira mal. » Au chapitre « Espoir » de Penser avec Edgar Morin (Frémeaux & Associés, février 2026), le lecteur attentif saisira le plus profond paradoxe de ce penseur hors norme, aux yeux toujours rieurs. Il pouvait se tenir droit sur la voie de l’espoir, y compris dans un monde en flammes. « Quand un système ne peut pas traiter ses problèmes vitaux, qui sont en même temps ses problèmes mortels – c’est-à-dire le système Terre ne peut pas traiter la dégradation de la planète, l’arme atomique, l’économie, la faim, l’inégalité – alors un système se désintègre, mais il est capable de se métamorphoser en un métasystème plus riche. Donc, je place mon espoir improbable dans cette métamorphose. » Persuadé que l’espèce humaine est cheminante, il espérait qu’elle saurait tracer des voies… « L’aventure est inconnue, mais il faut penser à ouvrir une voie. Dans tous les domaines, dans tous les sens, il y a mille initiatives qui ne se connaissent pas mais qui sont toutes porteuses d’avenir. » Dans un monde qui se fissure, cette obstination demeure une consigne de survie. Et son legs le plus précieux.

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets.
Entre la présence d’un climato-sceptique à la tête de la première puissance mondiale, un gouvernement français qui flirte avec l’extrême droite, une canicule record dès le mois de mai... Faire vivre l’écologie dans le débat public est un enjeu crucial.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap. Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis. Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits. Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire, ni milliardaire : le média est à but non lucratif. Nous sommes financés à 95% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

  • Personne ne modifie ce que nous publions.{{}}
  • Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui méritent votre attention.
  • Nous pouvons laisser tous nos articles en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.
    Il n’y a pas d’action collective sans information libre. Et c’est grâce à vous qu’elle peut exister.

👉 Un don d’1€, c’est déjà un geste fort.
👉 Un soutien mensuel nous permet d’investir, de financer des enquêtes, de penser dans la durée.

En échange de votre don, pas de t-shirt, pas d’articles réservés.
Mais un journalisme libre, rigoureux et accessible à tous, toujours.

Ça vous prendra moins de 2 minutes. Merci 💚 Je soutiens Reporterre

Si vous en avez les moyens, choisissez un soutien mensuel. Merci. Abonnez-vous à la lettre d’info de Reporterre > Mettre en lumière ce qui se joue en silence - Chaque jour, notre équipe de 26 journalistes enquête, analyse et révèle des informations sur le péril écologique et sur les raisons d’espérer. Reporterre est un des rares médias à but non lucratif, sans actionnaire, et ne vit que des dons. Soutenez Reporterre, même pour 1€. Cela ne prend que 2 minutes. Si vous le pouvez, faites un don mensuel. Merci. 5 452 donateurs soutiennent Reporterre - Objectif de 25 ;000 donateurs avant le 5 juillet 2026 - Je soutiens Reporterre Haut du formulaire

La Quotidienne L’Hebdomadaire L’Étincelle, la mensuelle 100% bonnes nouvelles

Source : https://reporterre.net/Edgar-Morin-l-ecologie-comme-une-preuve

Retour au début du sommaire


  • Idées - Edgar Morin, éclaireur de la pensée écologiste, est mort à l’âge de 104 ans - Par Hervé Kempf - 30 mai 2026 à 10h56 - Mis à jour le 30 mai 2026 à 15h05 - Reporterre

    Edgar Morin, éclaireur de la pensée écologiste, est mort à l’âge de 104 ans

Résistant antifasciste, écologiste de la première heure, le philosophe Edgar Morin est mort, le 29 mai, à l’âge de 104 ans. Il y a dix ans, dans un entretien teinté d’audace et d’espérance accordé à Reporterre, il appelait déjà au rassemblement pour que l’écologie politique l’emporte sur la doctrine néolibérale.

Un éclaireur de la pensée écologiste s’en est allé. Le philosophe Edgar Morin est décédé le 29 mai, à l’âge de 104 ans. Antifasciste libertaire pendant la guerre d’Espagne, résistant au nazisme sous l’Occupation, cet intellectuel populaire n’a eu de cesse depuis les années 1970 de réfléchir, ajuster, convaincre de la nécessité d’une écologie politique.

Reporterre — Edgar Morin, croyez-vous encore à la politique ?{{}}

Edgar Morin — Cela dépend de ce que vous entendez par là. Je crois en la nécessité d’une pensée politique pour une action politique. Ce que je vois, c’est que le vide de toute pensée politique dans les représentants de tous les partis de pouvoir ou d’opposition, un vide rempli par le fait d’être à la remorque d’un économisme, qui n’est même pas l’économie stricto sensu, mais une doctrine de l’économie néo-libérale, avec des mots gri-gri, comme croissance, résorber la dette, compétitivité, etc.

Donc, je vois une situation très dommageable, très grave, très menaçante, mais je pense à la nécessité d’une reconstruction d’une pensée politique, qui est un préalable.

Vous allez réunir des gens qui représentent des partis politiques, la gauche, tout ça, mais il y a aussi une fermentation de pensée politique dans des associations et dans des groupes qui n’ont pas officiellement d’étiquette politique, mais qui portent à mon avis les germes d’un renouveau politique.

Vous avez eu un entretien avec Alain Caillé, qui promeut le convivialisme. Ce mouvement du convivialisme est très important à intégrer dans la pensée politique. Le thème de la convivialité a été introduit dès 1970, par Ivan Illich, en même temps que le message écologique.

Mais alors que le message écologique a fini par prendre – pas aussi puissamment qu’il devrait l’être -, parce qu’il y avait des choses visibles, Tchernobyl, Fukushima, les pluies acides, le réchauffement, la pollution, tout ça est sensible, tous les maux de l’absence de convivialité, d’une civilisation où sont détruites les solidarités, tous ces vices ont été attribués à des facteurs privés.

Ceux qui ne sentent pas bien, qui ont des insomnies, qui ont des maux de tête, qui ont des difficultés digestives, vont consulter le docteur, le psychanalyste, le gourou, ils croient qu’ils ont affaire à des choses personnelles, ce qui est vrai, mais en même temps, ils souffrent d’un mal de civilisation, et ce mal de civilisation n’est pas diagnostiqué. Regardez toutes les souffrances, les myriades de petites souffrances invisibles, causées par la bureaucratisation, aussi bien de nos administrations publiques que de nos grandes entreprises. Les gens téléphonent, ils entendent des petites musiques, on les fait lanterner, le téléphone se coupe, ils vont dans des bureaux, on les renvoie à un autre guichet - on a affaire à un monde de compartimentation, où personne n’aide l’autre, c’est un des exemples de ce mal de civilisation.

Alors, il faut rassembler. Mais chacune de ces associations finit par avoir son autonomie, son petit chef, et dans le fond, ils sont très contents, l’idée d’un rassemblement leur fait peur. C’est comme les nations souveraines qui ont peur de se rassembler.

J’ai cité ce mouvement convivialiste, il y a aussi le mouvement de l’économie sociale et solidaire, il y a le mouvement écologique qui est symbolisé par des agro-écologistes, ils ont une pensée qui déborde ce champ-là, et au-delà de leur propre pensée, la vision du problème écologiste dans le domaine agricole, il y a quelque chose de vital, parce que nous sommes dominés par une agriculture industrialisée, un élevage industrialisé qui est la pire des choses. C’est cela qu’il faut faire régresser.

Mais il faut une volonté capable de surmonter le poids énorme des lobbies économiques, parce que la politique est asphyxiée par les lobbies financiers, par les gens qui ont de l’argent. Le gouvernement actuel comme l’ancien sont entièrement noyautés par les puissances d’argent.

Alors voilà une pensée politique saine : refaire progresser l’agro-écologie, le retour à une agriculture fermière. Il y a aussi l’économie circulaire, où il y a des idées intéressantes. Il y a ce mouvement qui lie développement personnel au développement social, parce que le grand problème aujourd’hui est qu’on ne peut avancer que si on se réforme soi-même et qu’on réforme la société. Réformer soi-même ne veut pas seulement dire être vertueux ou ne pas se mettre en colère pour rien, mais ça veut dire être capable de discernement dans la consommation, éviter les vraies intoxications qui sont les intoxications consommationnistes et automobilistiques, stimulées par la publicité.

Aujourd’hui, vous avez un peu partout des mouvements qui se dessinent pour la sauvegarde des territoires. Cela va dans le sens de ce que je disais dans mon livre La Voie, plus on mondialise, plus il faut dé-mondialiser. C’est-à-dire sauver des territoires désertifiés et par la désindustrialisation et par l’agriculture ou l’élevage industriels, leur redonner une nouvelle vie paysanne, une nouvelle vie citoyenne, il faut ressusciter les petites patries, locales, régionales, nationales, il y a la méta-patrie européenne, il y a la Terre Patrie, il faut redonner vie à toutes ces terres qui meurent. Et aussi dans le nord de la France, où sévit la désindustrialisation. Il ne faut pas croire que c’est le retour à l’industrialisation qui va sauver les choses, il faut au contraire aller vers une re-ruralisation, vers un re-artisanat.

Donc, il y a aujourd’hui la nécessité d’une pensée politique qui rassemble en faisceau les idées de ces mouvements épars et qui ne se rassemblent pas. Pourquoi ne pas faire une fédération du renouveau ? Il ne faut pas chercher un modèle de société, ce qui est grotesque dans un monde toujours en mouvement, mais une voie qui nous évite les catastrophes.

Puisque ces mouvements qui n’arrivent pas à se réunir, les partis politiques pourraient-ils porter le message de cette voie que vous dessinez ? {{}}

C’est ce qu’ils devraient faire. Mais ce n’est que si les mouvements dans la société civile sont assez forts pour porter ces aspirations et ces idées que les politiques pourraient s’en saisir. Mais cela supposerait aussi la mort et la résurrection sous une autre forme de ce qu’on appelle les partis de gauche. Les sources de la gauche, c’est l’idée socialiste qui veut dire d’améliorer la société, l’idée communiste qui veut dire de créer une communauté, c’est l’idée libertaire qui veut dire de s’occuper des individus, à quoi s’ajoute aujourd’hui l’idée écologiste qui dit qu’il faut trouver un autre rapport à la nature. Mais ces idées ne doivent plus s’opposer, comme les sociaux-démocrates qui s’opposaient aux libertaires, et les uns et les autres. C’est des idées fécondes qui doivent être conjointes.

Nous ne sommes même pas à la préhistoire de ceci, même pas au commencement, il y a des balbutiements, mais il faut essayer.

C’est inquiétant si on n’est même pas à la préhistoire alors que la crise écologique s’aggrave rapidement et qu’il y a une aggravation générale de la situation politique et économique ! Est-ce qu’on peut attendre qu’il y ait cette unification des idées ?{{}}

Je crois qu’une résurrection est possible. Mais cela nécessite un diagnostic. Le socialisme a été fort tant qu’il avait un diagnostic fort, posé tant par Marx que par Proudhon, et qui garde en partie sa pertinence. Mais il faut aujourd’hui une pensée plus complexe de l’humain, et aussi une pensée de la mondialisation, pas seulement sous l’angle du processus socio-économique, qui à la fois unifie et disloque le globe - il est très intéressant de voir que c’est en 1990, au moment où l’unification du marché mondial et économique s’est fait que la Yougoslavie s’est disloquée, puis ensuite la Tchécoslovaquie, et aujourd’hui nous voyons le Moyen-Orient se disloquer complètement.

Le même processus formidable de la compétitivité, engagé dans ces années fatales 1990-1995, est aussi une machine désastreuse pour les travailleurs, qui subissent des burn-out, des suicides, des maladies, des perturbations. Tout ce processus énorme, nos politiques n’en ont pas conscience, ils vivent en-dehors de la vie quotidienne des gens.

Il faut prendre conscience de toutes ces souffrances qui n’ont pas de sens réel, efficace. Avant, dans la perspective du communisme, on se sacrifiait pour un avenir meilleur. Mais là, on se sacrifie uniquement pour augmenter les bénéfices du capital, et pour accroitre la condition de servilité du travail. On n’est pas conscient de ces questions, pas seulement au niveau politique, mais aussi au niveau de l’opinion, parce que les gens vivent cela sur le plan de la vie privée, les gens qui souffrent ne replacent pas ce qui leur arrive dans l’ensemble. D’où un fatalisme dans l’opinion, une résignation qui fait considérer comme tout à fait normal le scandale de l’affaire Bettencourt ou que Khadafi ait subventionné la campagne de Sarkozy. Alors, on arrive à un point d’apathie, mais au sein de laquelle peut surgir des accès de fureur aveugle.

C’est à partir d’une pensée que l’action vient. Pour parler du socialisme, il a fallu plus d’un demi-siècle d’incubation pour arriver à la création du parti social-démocrate allemand. Peut-être pourra-t-on voir des prises de conscience accélérées avec l’accumulation des catastrophes.

Mais en France, le mécontentement aveugle se cristallise en faveur du Front national. Il y a ce handicap que le peuple de gauche a dépéri, avec la disparition des instituteurs de campagne, avec la bureaucratisation des professeurs du secondaire, avec tous ces gens qui insufflaient l’idéologie de la Révolution française enrichie par les apports socialiste et communiste à tout un peuple paysan, ouvrier, intellectuel, de classes moyennes - tout ce peuple est en train de disparaître. Par contre, le peuple de droite, qui a toujours existé, est loin de disparaître. Aujourd’hui, la manifestation du mariage pour tous est un triomphe.

Comment peut-on combattre ce fatalisme ?{{}}

Il faut que cette voie d’une politique possible soit énoncée et proposée. Différents économistes ont énoncée une vérité évidente qui n’a pas gagné les sphères gouvernementales : l’austérité et les restrictions, comme par exemple la diminution des allocations familiales, vont diminuer la consommation et aggraver la crise. On arrive au même problème que dans les années 1930, où la crise a été aggravée par les mesures qui ont été prises à l’époque.

Ce monde vit dans un somnanbulisme aveugle. Des économistes comme Joseph Stiglitz ou Michel Santi disent ce qu’il faut faire, mais ils sont isolés, les médias ne diffusent que parcimonieusement ces idées. Il faut créer un courant, remonter la pente, parce que les espérances qui étaient encore fortes au siècle dernier, en dépit des désastres de la Deuxième guerre mondiale, dans un monde meilleur – la société industrielle chantée par Raymond Aron, les lendemains qui chantent par l’autre côté, aussi bien l’ouest que l’est annonçaient un avenir, les uns merveilleux, les autres le meilleur possible. Aujourd’hui, ça, c’est effondré, le futur c’est l’incertitude, et il faut accepter de vivre dans l’incertitude. On n’a aucune recette magique pour passer de l’apathie à l’espoir.

Que diriez-vous aux personnes qui se sentent fatalistes, dans l’apathie ?{{}}

Je leur dirais : une autre politique est possible. Une relance de l’économie est possible, en relançant une économie écologisée, pas seulement par le renouvellement des sources d’énergie, mais aussi par la dépollution généralisée des villes par des parkings autour des villes et la limitation de la circulation automobile, par une évolution de l’agriculture pour qu’on ait une nourriture saine, je leur dirais, il y a une autre voie possible.

On nous accable du poids de cette dette énorme, mais il ne faut commencer à payer la dette que quand l’économie est prospère. Et en voyant ce qui est valable et ce qui ne l’est pas. En Equateur, le gouvernement du président Correa faisait face à une dette où il fallait payer 170 fois le prix de ce qui avait été prêté. Ils ont dit non, et n’ont payé que ce qui était payable. Et nous, on nous donne cette dette comme une sorte de fatalité de la nature.

Nos malheureux dirigeants socialistes ont été convertis par l’argument capitaliste ; en campagne, ils disaient que l’ennemi principal c’est la finance, aujourd’hui, l’allié principal c’est la finance. Dans la mesure où ils sont intoxiqués par ces idées, la situation est très grave.

Comment convaincre ces gens ? Que faire quand on est dans une époque de somnanbulisme ? J’ai vu ça quand j’étais jeune, puisque j’ai vécu les années trente, années de total somnanbulisme, où on n’a pas compris ce qui se passait, avec la prise de pouvoir d’Hitler, avec la guerre d’Espagne, avec Munich. Aujourd’hui, on nous divertit en pensant qu’on va faire quelque chose contre le califat, en faisant des frappes aériennes, mais c’est dérisoire, on n’a aucune politique, on dit qu’on va reconstruire l’Irak alors que l’Irak est complètement désintégré. Là aussi, on a affaire à un manque de lucidité, à un somnanbulisme profond. Comment secouer tout ça ? Je fais ce que je peux, en écrivant des articles, en répondant à ce qu’on me demande. Il faut continuer à prêcher. Le christianisme a mis quatre siècles avant de s’imposer dans l’Empire romain.

Espérons qu’il ne faudra pas attendre quatre siècles ! Quel pourrait être le rôle des partis politiques, si l’on admet que le pire est évitable ?{{}}

Il serait évitable. Si l’on prend le pire de ce qui se passe au Moyen Orient, le pire est évitable par une autre politique, si l’on parle de l’Ukraine, le pire est évitable, il faut trouver des compromis. Mais si l’on parle du cours de la mondialisation, le pire n’est évitable que si l’on commence à penser qu’il faut changer de voie. Parce que nous sommes emportés par un développement incontrôlé des sciences, des techniques, de l’économie, de la finance, du fanatisme – tant qu’on n’a pas conscience de ça et qu’on n’essaye pas de lutter contre ça…

Les partis politiques en ont-ils conscience, par exemple ceux qui vont se retrouver à la Rencontre de Reporterre ?{{}}

Oui, mais ils sont minoritaires, et ils ont une conscience d’une partie seulement des problèmes. Par exemple, la gauche ‘mélenchonienne’ est très juste dans ce qu’elle dénonce, mais ce qu’elle énonce ne va pas assez loin. Ces gens-là devraient puiser dans ce que peuvent leur donner les associations. Dans le passé, la politique de Pierre Mendès-France a été fécondée par un club, le Club Jean Moulin, qui apportait des idées. Aujourd’hui, des associations apportent des idées. Mais les politiques n’y sont pas sensibles.

Vous voulez dire que ces partis politiques se sont coupés du mouvement citoyen et que s’ils veulent retrouver un rôle, il faut qu’ils s’irriguent, qu’ils s’hybrident avec ce mouvement citoyen ?{{}}

Certainement. Mais ils tiennent en main chacun une partie de la vérité. Je fais partie du Collectif Roosevelt, mais pas du parti Nouvelle Donne, qui dit des choses très justes sur la relance économique. Malheureusement, les représentants de l’écologie sur le plan parlementaire et politique ont fait de l’écologie à la petite semaine, mais pas une politique écologique de fond, ils ne sont pas inspirés par une pensée politique de fond. Regardez cette polémique sur la décroissance, c’est un problème de pensée binaire, on oppose la décroissance à la croissance, alors que le vrai problème est de savoir ce qui doit croitre et ce qui doit décroitre.

L’économie écologique doit croître, l’agro-écologie doit croître, mais ce qui doit décroitre, c’est l’industrie du jetable, du futile, toute l’économie de l’obsolescence programmée avec les produits faits pour être détraqués, pour être remplacés, ou les produits nocifs à base de sucre qui devraient être interdits. Mais la puissance de ces industries est énorme, alors que la faiblesse de l’opposition est immense.{{}}

Quelle pourrait être le rôle de l’écologie dans la reconstruction politique ?{{}}

Elle joue un rôle économique clé, parce que la grande relance, c’est l’économie écologisée, mais elle doit aussi être intégrée dans une pensée de nos relations humaines avec la nature, qui doit dicter un certain nombre de comportements dans notre civilisation. Autrement dit, toute politique doit être écologisée, mais on ne peut réduire la politique à l’écologie, parce que les problèmes de la justice, du droit, ne relèvent pas de l’écologie. L’écologie doit faire partie d’un ensemble. Elle peut jouer un rôle vital dans la réponse économique à la crise, mais pas seulement économique, aussi dans une réponse de type humain, anthropologique, afin de nous rendre compte de nos responsabilités humaines, parce que celles que nous avons à l’égard du monde naturel sont les mêmes que celles que nous avons à l’égard de nous-mêmes.

Et si vous pouviez venir à la Rencontre de Reporterre du 6 octobre, que diriez-vous aux intervenants, qui croient encore à la politique ?{{}}

Puisez dans l’apport de ces associations multiples qui sont des lieux de bouillons de culture de nouvelle politique. Essayez d’avoir une conception pertinente du monde actuel et de la situation mondiale, pour baser votre politique. Et ayez de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.

« « « 

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets. Entre la présence d’un ‘climato-sceptique’ à la tête de la première puissance mondiale, un gouvernement français qui flirte avec l’extrême droite, une canicule record dès le mois de mai... Faire vivre l’écologie dans le débat public est un enjeu crucial.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap. Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis. Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire, ni milliardaire : le média est à but non lucratif. Nous sommes financés à 95% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

  • Personne ne modifie ce que nous publions.{{}}
  • Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui méritent votre attention.
  • Nous pouvons laisser tous nos articles en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.
    Il n’y a pas d’action collective sans information libre.
    Et c’est grâce à vous qu’elle peut exister.

👉 Un don d’1€, c’est déjà un geste fort.
👉 Un soutien mensuel nous permet d’investir, de financer des enquêtes, de penser dans la durée.

En échange de votre don, pas de t-shirt, pas d’articles réservés.
Mais un journalisme libre, rigoureux et accessible à tous, toujours.

Ça vous prendra moins de 2 minutes.
Merci 💚

Je soutiens Reporterre

Si vous en avez les moyens, choisissez un soutien mensuel. Merci.{{}}

Abonnez-vous à la lettre d’info de Reporterre

Haut du formulaire

La Quotidienne

L’Hebdomadaire

L’Étincelle,
la mensuelle 100%
bonnes nouvelles  

Bas du formulaire

Sur le même thème :{{}}

https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L450xH300/afp__20260530__b4gj49e__v1__highres__filesfrancesociologyphilosophymorinobit-ae831.jpg?1780146091

Portrait — Idées Edgar Morin, la voie de l’espoir dans un monde qui brûle

https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L449xH300/afp__20260530__b4gj4nq__v2__midres__filesfrancesociologyphilosophymorinobit-a92a7.jpg?1780129445

Entretien — Idées Edgar Morin, éclaireur de la pensée écologiste, est mort à l’âge de 104 ans

Idée — Culture - L’imaginaire : un levier essentiel pour nous sortir du capitalisme mortifère

Entretien — Nucléaire - « J’ai constaté que les myrtilles de Tchernobyl étaient proches de mon petit-déjeuner »

Retrouvez la version longue de cet entretien sur Terrestres ainsi que des extraits du livre de Kate Brown, Plutopia – Une histoire vraie des premières villes atomiques (Actes Sud). Toutes les sources et notes de bas de page sont à retrouver dans la version longue publiée sur Terrestres.

Bas du formulaire

Source : https://reporterre.net/Edgar-Morin-eclaireur-de-la-pensee-ecologiste-est-mort-a-l-age-de-104-ans

Retour au début du sommaire


  • Accès à une sélection de vidéos concernant Edgar Morin{{}}
    Vidéos :{{}}

https://www.facebook.com/reel/2183254922524038

https://www.facebook.com/reel/4344202322574323

https://www.facebook.com/watch?v=1451448316979887

https://www.facebook.com/watch?v=1451448316979887

https://www.facebook.com/watch?v=1451448316979887

https://www.facebook.com/watch?v=1516621320016473

https://www.facebook.com/reel/1391700519449749

https://www.facebook.com/reel/1471992428038035

https://www.facebook.com/photo/?fbid=1384809770361888&set=a.608361284673411

#UEFLyon - Conférence avec Edgar Morin et Pierre Rabhi - YouTube·La Tribune Événements·21 oct. 2020 55 minutes

[UEF2020] Edgar Morin - Pierre Rabhi, « frères d’armes » face à la crise Covid-19 - Denis Lafay - Publié le 23 octobre 2020 à 06:11 - Mis à jour le 04 décembre 2021 à 20:52

Pierre Rabhi et Edgar Morin UEF2020

Edgar Morin et Pierre Rabhi ont été réuni dans un dialogue de quatre heures réalisé quelques jours plus tôt, en marge du forum Une époque formidable 2020 de Lyon.

[Grands Entretiens] - A l’occasion du décès de Pierre Rabhi, La Tribune rediffuse un entretien croisé entre le sociologue et philosophe Edgar Morin et l’agroécologue Pierre Rabhi lors de la conférence ’Une époque formidable’. A priori, leurs pensées semblent bien éloignées des préoccupations immédiates que convoque la gestion des crises sanitaire et économique de la Covid-19. « A priori » seulement. Réunis dans un dialogue exceptionnel de quatre heures réalisé le 3 octobre, voici des extraits de ce moment ’hors du temps’, au cours duquel ils livrent une analyse et des enseignements lumineux. Dans ce grand entretien de 52 minutes, il apparaît finalement que leurs visions du séisme, de sa genèse aux ripostes qu’il convoque, éclairent lumineusement l’indicible moment. Pour écouter et revoir les échanges entre le sociologue et philosophe Edgar Morin et celle de l’agroécologue Pierre Rabhi, rendez-vous ici : https://www.latribune.fr/videos/uef2020-edgar-morin-pierre-rabhi-freres-d-armes-face-a-la-crise-covid-19-860133.html

Retour au début du sommaire


  • Accès à des articles étiquetés EDGAR MORIN et mis en ligne antérieurement sur le site ISIAS.info


Dernières minutes - Matinale spéciale : avec Edgar Morin meurt le siècle des intellectuels - Publié le lundi 1er juin 2026 à 06:30 - France Culture- 2h 29min - Provenant du podcast Les Matins - Par Guillaume Erner – Extraits JH

Ce matin, en hommage à Edgar Morin mort vendredi à 104 ans, à 7h40, Guillaume Erner reçoit l’historien des idées François Dosse. Rejoint à 8h20 par le journaliste Edwy Plenel et Emmanuel Laurentin. À 7h17, Jean Foyer, socio-anthropologue au CNRS, revient sur l’influence de Morin en Amérique latine.

Aujourd’hui au programme des Matins de France Culture{{}}

6h46 : Les Chantiers de la recherche - 10 ans après le vote du Brexit, comment la frontière avec le Royaume-Uni a-t-elle changé ?
Avec Nathan Rizzuto, docteur en Aménagement-Urbanisme de l’université de Lille

7h17 : Les enjeux internationaux - Edgar Morin et l’Amérique latine : la pensée complexe depuis le Sud
Avec Jean Foyer, socio-anthropologue, chargé de recherche CNRS au CREDA.

7h40 : Le Grand entretien - Edgar Morin : avec lui meurt le siècle des intellectuels
Avec François Dosse, historien, professeur des universités émérite. Auteur de « La saga des intellectuels français : 1944-1989 » chez Gallimard

8h20 : Le Grand entretien - La suite
Avec François Dosse et Edwy Plenel, journaliste, cofondateur de Mediapart. Il a publié un hommage intitulé « Edgar Morin, journaliste à sa manière » (Mediapart, 30 mai 2026) et Emmanuel Laurentin, délégué au documentaire de France Culture

Chroniques JOURNAL DE 6H30 du lundi 01 juin 2026 - Journal de 6h30 - France Culture

… …

L’équipe - Guillaume Erner Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture - Félicie Faugère Réalisation - Marie-Lys de Saint Salvy, Mathilde Thon-Fourcade, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux et Jean Leymarie : Collaboration

Accueil France Culture Podcasts de France Culture Les Matins Radio FranceNous contacter

Radio France - Disponible sur Google PlayRadio France - Télécharger dans l’App Store

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-matins/matinale-speciale-avec-edgar-morin-meurt-le-siecle-des-intellectuels-6902606

Retour au début du sommaire

PS. L’auteur de ce dossier, Jacques Hallard, a été très influencé pour ses travaux professionnels et ses actions militantes et bénévoles, par les nombreux livres d’Edgar Morin, et en particulier par l’ouvrage suivant :

La méthode de la Méthode : concentré de la recherche, de la pensée et de l’œuvre de la vie d’Edgard Morin - Cyrille Souche - 17 juillet 2024 - Actualisé le : 17 juillet 2024 - Aux éditions Actes Sud

Un ouvrage lauréat du 3ème Prix “Littérature et Nature” du Fonds culturel de l’Ermitage - Sélection de Livres Cdurable

Sommaire : {{}}

Retour au début de l’introduction

Retour au début du Préambule

Retour au début du dossier


Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant

C :\Users\Jacques\Downloads\jh.jpg

– 01/06/2026

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Edgar Morin.7.docx

Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !

https://isias.info/local/cache-vignettes/L99xH99/10000000000000c8000000c80ff59cec-f91e7.jpg?1752136363

[Pascal Paquin – Ses travaux sur https://yonnelautre.fr/ ]

Mis en ligne via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

Yonnelautre.fr utilise le logiciel libre SPIP et le squelette Koinós. Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

http://yonnelautre.fr/local/cache-vignettes/L160xH109/arton1769-a3646.jpg?1510324931

— -

Bas du formulaire

Portfolio