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"Maroc Ifni : capture de l’eau des embruns en pleine montagne désertique - Petits glaciers artificiels dans la chaîne de l’Himalaya - Vendée : eaux usées recyclées en eau potable - Israël veut remplir la Mer Morte avec la Mer Rouge, Tibériade" par Jacques Hallard

dimanche 31 mai 2026, par Hallard Jacques

ISIAS Eau Ressources Actions

Maroc Ifni : capture de l’eau des embruns en pleine montagne désertique - Petits glaciers artificiels dans la chaîne de l’Himalaya - Vendée : eaux usées recyclées en eau potable - Israël veut remplir la Mer Morte avec la Mer Rouge,
 Tibériade
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 30/05/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Informations préalables pour ouvrir ce dossier réalisé dans un but didactique

Sud Maroc – Sidi Ifni - L’arrivée de l’eau est un soulagement pour Lahcen Hamou Ouali, habitant du village d’Id Achour. Il a enfin de quoi arroser son potager et nourrir ses bêtes : ’Avant, on allait puiser de l’eau et on l’acheminait avec le bétail ou à dos d’âne. Maintenant, l’eau coule à flots’, se réjouit-il. 11 avril 2026

Sidi Ifni (en tamazight ⵉⴼⵏⵉ Ifni, en arabe : سيدي إفني) ou Ifni (avant l’arabisation du nom de la ville) est une ville marocaine de la région de Guelmim-Oued Noun, située au bord de l’océan Atlantique. Après avoir fait partie de la province de Tiznit[1], elle est devenue le chef-lieu de la province de Sidi Ifni en 2009[2], lorsque celle-ci a été créée mais aussi de la tribu berbère des Ait Baâmrane[3]… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Ifni

La province d’Ifni était une ancienne province d’Espagne colonisée en 1934 et située dans le sud-ouest du Maroc, sur la côte atlantique. Le territoire, dont la capitale était Sidi Ifni, a été décolonisé en 1969 pour être intégré à la région marocaine de Souss-Massa-Drâa. Sa superficie était de 1.502 km2 et sa population de 51.517 habitants…. –

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de localisation d’Ifni entouré par le protectorat français du Maroc. Source

Voir aussi Gestion des sols et de l’eau dans le massif d’Ifni Anti-Atlas occidental, Maroc – Une étude approfondie de 2009 par Jean-Jacques Barathon, Hassan El Abbassi and Claude Lechevalier, à lire en annexe à la fin de ce dossier

Sécheresse Himalaya - Source d’eau pour près d’un quart de l’humanité, l’Himalaya est, aujourd’hui, confrontée à une sécheresse sans précédent. Dans les vallées, habitants et agriculteurs tentent de s’adapter pour sauver leurs récoltes, notamment en créant de petits glaciers artificiels destinés à stocker l’eau plus longtemps.

L’Himalaya, [sanskrit  : हिमालय) signifie ’demeure de neige’ en tibétain] ou chaîne de l’Himalaya, est un ensemble de chaînes de montagnes s’étirant sur plus de 2.400 km de long et large de 250 à 400 km, qui sépare le sous-continent indien du plateau tibétain dans le Sud de l’Asie… - Wikipédia

Différence entre l’Himalaya et l’Everest ? - L’Himalaya est la chaîne de montagnes de tous les records. Avec ses 8.848 mètres, l’Everest constitue le point culminant de cette région qui s’étend sur 600.000 km² et traverse cinq pays. Ces terres de contrastes abritent une nature exceptionnelle, une faune diversifiée et une flore exubérante.

Quels sont les pays de l’Himalaya ? - Localisation. Situé dans le Sud de l’Asie, l’Himalaya s’étend sur sept pays : Afghanistan, Bhoutan, Birmanie, Chine, Inde, Népal, Pakistan. Superficie. 750.000 km² - Climat. Globalement tropical malgré des différences notables entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. ..

Voir plus de détails par ici > https://www.aquaportail.com/dictionnaire/definition/130/himalaya

« « « 

La Vendée (/vɑ̃.de/[Note 1]) est un département français traversé par la rivière éponyme, affluent de la Sèvre Niortaise. Il est situé dans la région des Pays de la Loire et dans la province historique du Poitou, le département correspondant à l’ancien Bas-Poitou. L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) et La Poste lui attribuent le code 85. Sa préfecture est La Roche-sur-Yon, ville la plus peuplée et principal centre urbain du département…

Vendée (département)

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vend%C3%A9e_(d%C3%A9partement)

Israël veut remplir la Mer Morte avec la Mer Rouge - L’idée d’une canalisation reliant la mer Rouge à la mer Morte remonte à l’accord de paix de 1994 entre Israël et la Jordanie. Cependant, il a fallu attendre 2013 pour qu’Israël, la Jordanie et la Palestine signent à Washington un protocole d’accord portant sur le projet actuel.

https://www.revue-ein.com/media/redaction/18e584fd1e194963a99164d7fc7e6bca662facc4ea941.jpg

Source : https://www.revue-ein.com/article/le-canal-de-la-mer-morte-histoire-d-une-epopee-inachevee

Le lac de Tibériade, mer de Galilée, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth est un lac naturel d’eau douce d’une superficie de 166 km² situé dans le nord-est d’Israël, à l’ouest de la Syrie, entre le plateau du Golan et la Galilée… - Wikipédia

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/9a73b0dc4ddd589387999b503b007dc9-8075784.jpg?width=360&client_id=eds&sign=c59e1ee0f966985af8d308d155c2c8b34dd3e6f037e4cdceea9a6c0bb3e86fbc

A lire sur ce site > https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2018-11-14/le-lac-de-tiberiade-sur-lequel-le-christ-aurait-marche-sasseche-b0aa77cc-9721-49d2-8ec0-09b9e7344d38

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Introduction

L’objet de ce dossier est de passer en revue successivement les ressources en eau et des actions en cours et conduites dans ces territoires :

  • Sidi Ifni au Maroc{{}}
  • Massif de l’Himalaya {{}}
  • France Vendée {{}}
  • Israël Canal de la mer Morte {{}}
  • Israël Lac de Tibériade ou mer de Galilée, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth
    Les documents sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire {{}}

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  • Maroc – Ifni - ’Maintenant, l’eau coule à flots’ : face à la sécheresse, le Maroc récupère les gouttelettes du brouillard par Emma ALLAMAND (nouvelle fenêtre) | Reportage : Samira EL GADIR et Soufiane YASSINE - Publié le 11 avril 2026 à 18h30 – Document ‘tf1info.fr’
    Source : JT 13h WE
  • Dans les montagnes au sud du Maroc, la terre est durement touchée par la sécheresse.{{}}
  • Pour apporter de l’eau aux agriculteurs locaux, des scientifiques ont eu l’idée de capturer l’eau du brouillard.{{}}
  • Ce reportage de TF1 montre ce système ingénieux et très efficace.{{}}
    Dans le sud du Maroc, au cœur des montagnes de Sidi Ifni, la terre est aride. Le mercure dépasse régulièrement les 40 degrés, et malgré les pluies abondantes en hiver, les cours d’eau sont presque à sec. ’À cause de la sécheresse, les gens sont partis du village vers les villes’, regrette Mounir Abbar, gestionnaire du projet Fog-Water de la fondation Dar Si Hmad, dans le reportage du 13H ci-dessus. Pour pallier le manque d’eau et la désertification des villages, des scientifiques ont imaginé un système inattendu, mais qui fait déjà ses preuves. 

J’écoute le podcast (nouvelle fenêtre)

Ainsi, au sommet du mont Boutmezguida, à 1.200 mètres d’altitude, ils ont installé 124 gigantesques panneaux grillagés et tendus à la verticale. Ces équipements permettent de capturer l’eau du brouillard qui, poussé par les vents froids de l’océan, traverse régulièrement la vallée, même en temps de sécheresse. 

Jusqu’à 100.000 litres d’eau par jour{{}}

’Le brouillard se condense, il tombe sur des gouttières puis passe par des canalisations vers des citernes de stockage’, montre Mounir Abbar à la caméra de TF1. Goutte après goutte, ce système permet de récolter jusqu’à 100.000 litres d’eau par jour de brouillard. L’eau accumulée est ensuite distribuée, grâce à un vaste réseau de tuyaux souterrains, à 160 foyers, soit près d’un millier d’habitants. 

Les flux sont régulés par des compteurs prépayés. Pour ne pas gâcher la ressource, des rations de 5.000 litres d’eau par foyer et par mois ont été mises en place. L’arrivée de l’eau est un soulagement pour Lahcen Hamou Ouali, habitant du village d’Id Achour. Il a enfin de quoi arroser son potager et nourrir ses bêtes : ’Avant, on allait puiser l’eau et on l’acheminait avec le bétail ou à dos d’âne. Maintenant, l’eau coule à flots’, se réjouit-il. Il a fallu 6 ans pour mettre au point ce système qui attire désormais de nombreux investisseurs, y compris étrangers. Grâce à ces fonds, 80 nouveaux panneaux de captation seront installés cette année.

Emma ALLAMAND | Reportage : Samira EL GADIR et Soufiane YASSINE

PERPIGNAN FONTAINE JTA

Lire aussi ’Ça réchauffe le cœur’ : à Perpignan, l’eau coule de nouveau des fontaines après trois ans de sécheresse

Source : https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/video-reportage-tf1-maintenant-l-eau-coule-a-flots-face-a-la-secheresse-le-maroc-recupere-les-gouttelettes-du-brouillard-2435431.html

Dans le sud du Maroc, ils ont réussi à capter de l’eau en pleine montagne désertique. Vidéo 2:43

Source : https://www.facebook.com/watch/?v=2189223211823508

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  • Himalaya : sécheresse sur le toit du monde - Publié le 27/05/2026 22:47 - Vidéo : 4min - Article rédigé par France 2 - A. Portes, C. Dewaegeneire, H. Blondel, H. Riou du Casquer, A. Pandey, V. Ghiri - Édité par l’agence 6Medias - France Télévisions
    Source d’eau pour un quart de l’humanité en dépend, l’Himalaya fait face à une importante sécheresse. Les habitants des vallées tentent de trouver des solutions, en créant notamment de petits glaciers artificiels, pour un résultat loin d’être suffisant.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.{{}}

Derrière la beauté des sommets, l’Himalaya est l’une des plus grandes réserves d’eau douce de la planète. Un quart de l’humanité en dépend. Mais au pied de ces géants, la terre s’assèche. Dans le nord de l’Inde, la récolte a été mauvaise pour Vijay Kapoor, agriculteur. Il a dû renoncer à la moitié de sa production de choux-fleurs, incapable d’irriguer correctement ses champs. ’Les feuilles sont complètement asséchées. Regardez l’état du chou-fleur. Il est complètement sec’, déplore-t-il.

Dans la vallée, 10 000 habitants vivent principalement de l’agriculture. Mais depuis quelques années, leur activité est en péril. L’eau ne descend plus de la montagne. ’Il y a peu de temps, il y avait beaucoup d’eau ici. Le ruisseau coulait par là. On le surnommait la mère de toutes les sources de la vallée. C’est à peine croyable, mais je vous assure qu’il y avait plein d’eau et maintenant c’est tout sec’, explique Vijay Kapoor.

’Cette année, la fonte a été dramatique’{{}}

Pour évaluer l’ampleur de la situation, une fois par an, des scientifiques remontent à la source de cette sécheresse, à plus de 4 000 mètres d’altitude. Le glacier alimente le bassin du Gange, l’un des plus peuplés de la planète. Mais depuis trente ans, il ne cesse de reculer. L’année dernière, ils ont planté des bambous. Aujourd’hui, ils leur permettent de mesurer l’étendue de la fonte. ’Quand on a fait nos mesures il y a un an, le bâton était entièrement enfoui sous la glace’, affirme Jairam Yadav, glaciologue.

Ici, le glacier a perdu 5,50 mètres d’épaisseur. La glace disparaît toujours plus vite et n’a pas le temps de se reformer. ’Cette année, la fonte a été dramatique. Les glaciers fondent trop rapidement. Il n’y a plus assez de neige pour les alimenter. Résultat, ils perdent plus de glace qu’ils n’en gagnent’, détaille Jairam Yadav.

Les habitants trouvent des solutions{{}}

Face à ce compte à rebours, les habitants tentent de retenir l’eau par tous les moyens. Aux creux des montagnes, la solution pourrait ressembler à des colonnes de glace d’une dizaine de mètres de haut. Chaque hiver, des agriculteurs grimpent là où la température descend à -15 degrés. Avec quelques branches et un simple tuyau d’arrosage, ils donnent naissance à des petits glaciers artificiels. ’Les gouttes d’eau projetées par le tuyau au-dessus viennent se déposer sur les branches. Elles gèlent et se transforment en glace’, indique Jigmat Chozang, agriculteur. L’eau est puisée en hauteur pour former un immense réservoir de glace, très dense et plus résistant à la chaleur. Il commencera à fondre pendant la saison sèche. ’En juin et juillet, ce glacier artificiel commencera à fondre et à alimenter le ruisseau. Plus il va fondre, plus le débit va augmenter. Ainsi, le village en contrebas ne manquera pas d’eau’, précise Jigmat Chozang.

Une solution pour les quelques habitants du village. Mais près de 2 milliards de personnes dépendent au quotidien de l’eau de l’Himalaya.

https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/secheresse/himalaya-secheresse-sur-le-toit-du-monde_8031881.html

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  • Rappel - Vidéo - Recyclage des eaux usées : La Vendée à la pointe par M.L. | Reportage TF1 Nicolas Hesse et Xavier Baumel - Publié le 29 mars 2023 à 7h30, mis à jour le 29 mars 2023 à 9h49 – ‘tf1info.fr’
    Source : JT 20h Semaine
  • Le gouvernement doit présenter jeudi son plan pour préserver l’eau, une ressource devenue si précieuse.{{}}
  • Parmi les annonces les plus attendues, figure une meilleure réutilisation des eaux usées, sur laquelle la France accumule du retard.{{}}
  • Mais la Vendée, déjà particulièrement avancée sur le sujet, fait office de ‘précurseuse’.{{}}
    Tous les jours, Richard Chicot inspecte le parcours de son golf : la pelouse doit y être verte et impeccable. ’On arrose les greens et les départs, soit environ 18 hectares’, explique l’intendant de ce domaine de Pornic, en Loire-Atlantique, dans le reportage du 20H de TF1 en tête d’article. Pour ce faire, il récupère une partie des eaux usées (nouvelle fenêtre) traitées par la station d’épuration de la commune. ’L’eau arrive au niveau de la buse, qui va remplir un premier bassin, puis alimenter en cascade ceux qui suivent’, poursuit-il, en pointant l’embouchure d’un large tuyau.

Cette eau, qui ’ne sert qu’à arroser le parcours’, est certifiée ’pure, eau de baignade obligatoire’, ajoute l’intendant, qui explique n’utiliser ’aucune eau publique’. Ce système, mis en place dans les années 1990, est devenu autonome et permet au golf d’économiser près de 50.000 mètres cubes d’eau par an. Un gain particulièrement précieux en cette période de sécheresse inédite sur le territoire français (nouvelle fenêtre), un phénomène appelé à s’aggraver dans les années à venir sous l’effet du réchauffement climatique.

Experte à la une jaquette

Source : https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/golf-agriculture-eau-potable-la-vendee-mise-sur-le-recyclage-de-ses-eaux-usees-2252416.html

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  • En Vendée, les eaux usées sont recyclées avec succès en eau potable grâce à un projet unique en Europe - Publié le 27/05/2026 22:44 - vidéo : 4min - Article rédigé par France 2 - S. Piard, S. Pichavant, G. Le Goff, P. Patry, P. Ngankam, C. Hanssens - Édité par l’agence 6Medias - France Télévisions. Document ‘franceinfo.fr’
    L’une des solutions pour trouver de l’eau dans les régions sèches est le recyclage des eaux usées. Mais certaines communes vont encore plus loin, notamment les Sables-d’Olonne, en Vendée, où l’eau de la douche et des toilettes est dépolluée, filtrée, et traitée, jusqu’au robinet de la cuisine. Un projet unique en Europe.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.{{}}

C’est une eau un peu spéciale qu’on boit aux Sables-d’Olonne (Vendée), comme dans une brasserie de bord de mer. ’C’est l’eau du robinet. Et, tous les jours, on remplit 30 carafes comme ça’, nous explique-t-on. Des carafes avec une eau en partie recyclée, après avoir servi aux douches ou aux chasses d’eau des toilettes. Surprise chez les clients : ’Tant qu’il n’y a pas de bactéries, franchement, c’est de l’eau, quoi’, estime un jeune garçon. ’Je peux en boire, le goût, il ne change pas du tout’, assure un autre client. ’Je ne pense pas être malade’, ajoute un troisième.

Aucun risque de maladie. Aux Sables-d’Olonne, jusqu’ici, ces eaux usées étaient nettoyées en stations d’épuration avant d’être rejetées en mer. Depuis un an, une partie est récupérée et redevient de l’eau potable. À la sortie de la station d’épuration, elle passe dans une usine d’affinage pour être dépolluée, puis une zone végétalisée de filtration pour arriver dans un réservoir naturel, où elle est pompée pour connaître d’ultimes traitements dans une usine d’eau potable. Fin du parcours à votre robinet.

Tout commence donc dans une nouvelle usine ultramoderne équipée de systèmes uniques pour traiter l’eau après la station d’épuration. ’Là, vous voyez un peu le cœur du réacteur, ce qu’on appelle le barrel, où l’on va avoir une filtration qui va être à hauteur d’un million de fois plus petit qu’un cheveu. L’eau usée arrive de l’extérieur et va passer en fait toutes ces couches pour avoir une eau propre qui va être au milieu et continuer tout le processus de traitement’, explique Denis Guilbert, directeur général du syndicat Vendée Eau.

28 millions d’euros investis, une nécessité pour la Vendée{{}}

L’eau va encore être filtrée. Cette fois-ci, naturellement, à l’aide de roches et de végétaux. Coût total du projet : 28 millions d’euros. Mais pas le choix pour la Vendée. D’ici peu, il lui manquera chaque année 8 millions de mètres cubes d’eau, l’équivalent de la consommation de 150 000 personnes. ’La Vendée ne possède pas de fleuve, pas de grande nappe. Elle fait face également à un développement touristique, économique, démographique, et puis au changement climatique comme toutes les régions françaises. Et donc, il nous fallait trouver de nouvelles ressources’, souligne Jacky Dallet, président du syndicat Vendée Eau.

C’est dans un lac qu’arrive l’eau filtrée, un lieu très fréquenté par les pêcheurs. ’Maintenant les gens n’en mangent plus, mais autrefois, les gens les mangeaient’, explique à propos des poissons Pierre-Marie Ferré, qui préside l’association locale des pêcheurs ’La Gaule du Jaunay’. Le projet les a beaucoup inquiétés. Pourraient-ils toujours consommer des brochets et des sandres de ce lac ? Il a fallu du temps pour lever toutes les inquiétudes. ’J’ai assisté à plusieurs réunions, et en fait, on est plutôt satisfait du projet, parce qu’on se rend compte que ça peut améliorer la qualité de l’eau’, reconnaît le pêcheur.

Une eau régulièrement testée{{}}

Veiller sur cette précieuse ressource, c’est le rôle d’Elisabeth Macé, chargée de mission REUT - Vendée Eau. Chaque mois, elle gère des centaines d’analyses. Tout est passé au crible : résidus de pesticides, de médicaments, de PFAS. Vigilance absolue sur cette eau destinée à la consommation : ’Pour l’instant, il n’y a pas d’indicateur de modification substantielle de l’écosystème, en tout cas. Tout va bien. On est content’, assure-t-elle.

Un total de 10 ans de travail pour monter ce projet unique en Europe. Il a fallu une autorisation spéciale de l’État, car la loi ne permet pas encore de réutiliser les eaux usées en eau potable pour des raisons sanitaires. Un obstacle à lever pour reproduire l’expérience ailleurs.

Parmi nos sources - Liste non exhaustive

Réchauffement climatique, électrification... Le ’8h30 franceinfo’ de Jean-Marc Jancovici et Christophe Cassou

Source : https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/secheresse/en-vendee-les-eaux-usees-sont-recyclees-avec-succes-en-eau-potable-grace-a-un-projet-unique-en-europe_8031866.html

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  • Rétrospective - Le canal entre la mer Rouge et la mer Morte bientôt en chantier - Article rédigé par Laurent Filippi - France Télévisions - Publié le 28/11/2016 17:44 Mis à jour le 28/11/2016 17:49
    Le 28 novembre 2016, le ministère jordanien de l’Eau et de l’Irrigation a annoncé avoir choisi 5 consortiums internationaux (Chine, France, Singapour, Canada, Japon) formés de 20 compagnies pour la réalisation d’un canal reliant la mer Rouge à la mer Morte, menacée d’assèchement.

&nbsp ; (REUTERS/Nir Elias) (REUTERS/Nir Elias)

Le niveau de la mer Morte baisse d’environ un mètre par an depuis un demi-siècle. Partagé entre Israël, la Jordanie et la Palestine, ce lac à l’extrême salinité pourrait se transformer en un véritable désert de sel (Nouvelle fenêtre) d’ici à 2050, fragilisant dangereusement l’écosystème et l’économie de cette partie du Moyen-Orient.

« La distribution de l’eau dans la région est un dossier délicat, dans la mesure où la plupart des réserves aquifères souterraines se trouvent en Cisjordanie sous contrôle israélien. Les Palestiniens disent qu’ils sont gravement privés de ressources, contrairement aux colonies de peuplement israéliennes » (moins de 500 m3 par an par personne), rapporte The Guardian(Nouvelle fenêtre).

En 2013, après plus de trente ans de négociations, Israéliens, Jordaniens et Palestiniens acceptent enfin de s’allier pour construire des infrastructures dont une canalisation de plusieurs centaines de kilomètres, appelé canal des deux Mers ou canal de la Paix, pour relier ainsi la mer Rouge et la mer Morte. En décembre 2015, la Jordanie lance un appel d’offres pour l’exécution du projet. 17 consortiums se portent candidats.

La mer Morte se meurt
Au fil des décennies, l’eau du Jourdain, qui coule du lac d’eau douce de Tibériade vers le golfe d’Aqaba, situé au nord-est d’Israël alimente la mer Morte. Mais son débit s’est presque tari. La chaleur intense de la région n’est pas la seule en cause.

Les barrages israéliens construits depuis les années 1960, utilisant en grande partie les eaux du lac de Tibériade pour alimenter en eau potable le pays, ont largement contribué à ce phénomène.

&nbsp ; (Google et Géopolis) (Google et Géopolis)

De plus, de nombreuses activités chimiques prolifèrent autour de la mer Morte, en particulier côté israélien. 600.000 tonnes de sel y sont extraites pour l’industrie agroalimentaire et cosmétique et les nombreux bassins d’évaporation utilisés dans cette industrie contribuent grandement à l’assèchement de la mer Morte.

L’agriculture jordanienne sous serre très gourmande en eau ainsi que les activités économiques de la Syrie et du Liban qui détournent les eaux du Jourdain ont fini par épuiser pratiquement les réserves d’eau.

Un projet évalué à environ un milliard d’euros.
Il devrait permettre de pomper 300 millions de m3 d’eau par an. Le projet d’une usine de dessalement d’eau d’une capacité de 65 à 85 millions de m3 par an est aussi validé. 

Pour l’Etat hébreu, la survie de la mer Morte constitue une priorité économique, notamment pour le tourisme qui s’est développé depuis cinquante ans. De dizaines de sites balnéaires proposent de nombreux soins à base de minéraux.

Au final, le 28 novembre 2016, cinq consortiums sont retenus pour la réalisation de la première phase prévue début 2018, sous la forme d’une concession de 25 ans.

Source : https://www.franceinfo.fr/monde/palestine/le-canal-entre-la-mer-rouge-et-la-mer-morte-bientot-en-chantier_3061697.html

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  • Rappel - Le « Canal de la mer Morte » : histoire d’une épopée inachevée - 29 avril 2024 Paru dans le N°471 à la page 100 – Document ‘revue-ein.com’
    Depuis des millénaires, la mer Morte a fasciné et intrigué les habitants de la région, et plus récemment les voyageurs du monde entier. Nichée entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie, cette étendue d’eau hyper-saline est non seulement l’un des points les plus bas de la surface terrestre, mais aussi un trésor géologique aux vertus curatives renommées. Au cours du xxe siècle, l’idée ambitieuse de revitaliser cette mer atypique a pris racine dans l’esprit des ingénieurs et des dirigeants locaux, avec le projet titanesque de la remplir en utilisant l’eau de la mer Rouge.{{}}

L’histoire de cette entreprise colossale remonte aux années 1960, lorsque les premières discussions sérieuses ont eu lieu entre Israël et la Jordanie sur la possibilité de restaurer la mer Morte, dont le niveau d’eau commençait déjà à baisser en raison du détournement des fleuves qui l’alimentent et de l’extraction de minéraux. Au fil des décennies, différentes propositions ont été avancées. Le projet, souvent appelé « Canal de la mer Morte » ou encore « Canal de la Paix », visait à acheminer l’eau de la mer Rouge, située à une centaine de kilomètres au sud de la mer Morte, vers cette dernière. L’idée initiale consistait à construire un canal monumental pour transporter l’eau salée depuis la côte de la mer Rouge, en passant par le désert aride du Néguev en Israël et la région montagneuse de la Jordanie.

Un chantier aux objectifs multiples : tout d’abord, il visait à rétablir le niveau d’eau de la mer Morte, stabilisant ainsi son écosystème unique et préservant un site d’importance écologique et touristique majeure pour la région. Par la suite, il a également été envisagé que le canal fournisse de l’eau douce et potable aux zones désertiques environnantes, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités agricoles et économiques. Enfin, l’initiative était perçue comme un moyen de renforcer les liens entre Israël et la Jordanie à travers une entreprise commune aux retombées potentiellement bénéfiques pour les deux parties. Au-delà du défi technique qu’il constituait, le « Canal de la paix » incarnait des aspirations à la fois géopolitiques et environnementales, illustrant un rêve de coopération durable au Moyen-Orient. L’idée de relier la mer Rouge à la mer Morte par un canal a été évoquée pour la première fois en 1855 par l’écrivain britannique William Allen. 

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Dans son ouvrage, The Dead Sea - A New Route to India, l’auteur envisageait ce canal comme alternative au canal de Suez, qui tracerait une nouvelle route maritime vers l’Inde. Cependant, cette idée resta dans l’ombre pendant plusieurs décennies. Au cours du xxe siècle, divers plans et études furent successivement élaborés, souvent motivés par des préoccupations croissantes quant au déclin de plus en plus rapide du niveau de la mer Morte. Ces initiatives étaient généralement bilatérales, impliquant Israël et la Jordanie, qui partageaient un intérêt direct dans la stabilité et le développement de la région. Les deux pays ont évoqué pour la première fois le projet de manière officielle et conjointe à l’occasion du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002. Sommet lors duquel le président français Jacques Chirac avait par ailleurs formulé un célèbre cri d’alarme, qui prend tout son écho deux décennies plus tard : « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ». En dépit des nombreux défis et contraintes qu’il impliquait, le projet du canal a connu des développements prometteurs au cours des années 2000, avec des études de faisabilité et des accords préliminaires entre les pays concernés et d’autres acteurs internationaux.

LE PROJET RSDSC  : QUAND LE «  CANAL DE LA PAIX  » A PRESQUE FAILLI ABOUTIR

Inspiré d’un projet qui avait été envisagé pour connecter la mer Morte à la Méditerranée, le Red Sea-Dead Sea Conveyance study program (RSDSC) a été initié en 2005 dans la continuité des discussions engagées entre Israël et la Jordanie. Le RSDSC envisageait une connexion avec la mer Rouge, spécifiquement dans le golfe d’Aqaba : un projet d’envergure de 180 km de long, dont l’estimation des coûts atteignait 10 milliards de dollars au moment de son annonce, avant d’être progressivement revue à la baisse au fil du temps, pour atteindre « seulement » 1 milliard de dollars quelques années plus tard. Pour tenter de concrétiser cette démarche, en 2009, la Banque mondiale a financé une étude de faisabilité de 16 millions de dollars, réalisée par le cabinet d’ingénieurs français Coyne et Bellier. L’objectif était d’évaluer les multiples facettes du projet, et notamment d’arbitrer quelle serait la meilleure option entre un canal à ciel ouvert ou un canal souterrain. 

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Le RSDSC prévoyait initialement de transférer 2000 millions de mètres cubes d’eau par an de la mer Rouge à la mer Morte. Sur cette quantité, 1200 millions de mètres cubes seraient directement déversés dans la mer Morte, tandis que les 800 millions de mètres cubes restants seraient traités dans une usine de dessalement à grande échelle. L’une des caractéristiques les plus innovantes de ce projet était, grâce à un dénivelé de 417 mètres entre les deux mers, de pouvoir pour générer de l’énergie via une centrale électrique produisant entre 150 et 250 millions de watts, laquelle alimenterait notamment une usine de dessalement et d’autres infrastructures locales. De toute évidence, la réussite du projet RSDSC reposait sur une coopération stable entre les trois acteurs principaux de la région : Israël, l’Autorité Palestinienne et la Jordanie. Une entente essentielle, non seulement pour les modalités de construction et de partage des ressources mais aussi pour sécuriser le soutien financier et technique de partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale. Le soutien continu des institutions financières internationales étant absolument nécessaire à la réussite de ce projet visionnaire. 

Le projet RSDSC nourrissait alors des différents côtés l’espoir d’une opportunité sans précédent pour la région non seulement de résoudre les problèmes écologiques liés à l’assèchement de la mer Morte mais aussi de stimuler le développement économique grâce à la création d’emplois et à l’amélioration des infrastructures. Jusqu’au milieu des années 2010, le projet de canal a continué de nourrir de sérieux espoirs : dans le cadre d’un accord tripartite signé en 2013 entre Israéliens, Jordaniens et Palestiniens, c’est finalement le projet d’un aqueduc partant de la mer Rouge, qui serait entièrement construit sur le territoire jordanien, qui a été retenu. Cet accord (qui revoyait à la baisse les objectifs initiaux), prévoyait dans un premier temps de pomper 300 millions de m3 d’eau de mer, de les dessaler dans une usine dédiée au nord du port jordanien d’Aqaba pour obtenir une eau potable qui fait cruellement défaut dans la région, et de transférer les saumures issues du dessalement via un pipeline dans la mer Morte, à 200 km au nord.

UNE COOPÉRATION RÉGIONALE TROP FRAGILE ET DES AMBITIONS DÉMESURÉES{{}}

Mais le chemin vers la réalisation du « Canal de la Paix » fut semé d’embûches : tout d’abord en raison de défis techniques immenses, nécessitant la construction d’un canal sur plus de 100 km à travers des zones désertiques arides et montagneuses. Mais aussi à cause d’un fort impact environnemental potentiel (notamment le mélange des écosystèmes aquatiques distincts des deux mers), qui suscitait des inquiétudes et des critiques de plus en plus vives de la part de différentes ONG. Politiquement, le projet nécessitait une coopération étroite et pérenne entre Israël, la Jordanie, et dans une certaine mesure les autorités palestiniennes ; des partenaires aux relations historiquement volatiles. 

Comme beaucoup le craignaient, les tensions politiques régionales, les conflits territoriaux et les changements de gouvernements successifs ont immanquablement freiné sa progression. La complexité du tracé, qui devait être géopolitiquement acceptable et réaliste pour toutes les parties concernées, a enfin ajouté une difficulté supplémentaire à ce projet déjà techniquement exigeant. La construction d’un canal de cette envergure à travers des paysages aussi variés et hostiles présentait des défis techniques considérables, notamment en termes d’ingénierie hydraulique.

LE PROJET OFFICIELLEMENT À L’ARRÊT DEPUIS 2021{{}}

Plusieurs fois modifié, repensé, retardé, ou suspendu au gré des évènements qui surviennent dans la zone depuis plusieurs décennies, le « Canal de paix » a finalement connu un coup d’arrêt soudain mais que tous redoutaient : le ministre jordanien de l’Irrigation, Mohammad al-Najjar, a officialisé l’abandon du projet le 15 juin 2021, déclarant : « Nos besoins immédiats prennent le dessus et nous n’avons pas réussi à finaliser un accord pour le projet de canal entre la mer Rouge et la mer Morte ». Malgré les efforts déployés par diverses parties prenantes pour faire avancer le projet, il est devenu de plus en plus évident qu’il serait relégué aux pages de l’histoire des grands projets avortés. 

Bien que l’idée de revitaliser la mer Morte demeure toujours d’actualité, de nouvelles approches plus modestes et durables ont été envisagées, mettant l’accent sur la conservation, la gestion des ressources en eau et la coopération régionale sur des actions plus ciblées pour préserver les écosystèmes. En dépit de cet échec, le « Canal de la mer Morte » restera donc un exemple fascinant de l’audace humaine et des défis inhérents à la réalisation de grands projets d’ingénierie et de développement, et aura suscité un réel espoir de coopération régionale et de développement durable. Le bilan de cette initiative pourrait se révéler crucial et riche en enseignements pour les futurs projets liés à la gestion de l’eau et à la coopération internationale dans des régions arides similaires. Et à l’échelle locale, bien que son histoire se soit terminée sans la concrétisation de ses objectifs, le « Canal de la mer Morte » ne manquera pas d’inspirer les discussions et des initiatives visant à préserver et à protéger l’un des trésors naturels uniques de la planète. 

Biodiversité

La Revue l’Eau, l’Industrie, les Nuisances - La Revue l’Eau, L’Industrie, les Nuisances, spécialisée dans le domaine de l’eau propose chaque mois une information de haut niveau. Véritable revue de référence, elle est très introduite depuis plus de trente-cinq ans dans ce secteur.

Source : https://www.revue-ein.com/article/le-canal-de-la-mer-morte-histoire-d-une-epopee-inachevee

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Pourquoi Israël veut Inonder la Mer Morte YouTube·Looking 4·18 mai 2026 – YouTube

Dans cette vidéo :

00:00 Pourquoi la mer morte se meurt

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03:23 La genèse d’un miracle géologique

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07:13 L’asphyxie du Jourdain et de la mer morte

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10:22 Un littoral qui s’enfonce

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12:45 La gestion du dernier litre : l’eau comme dernier dialogue

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14:13 Le projet mer rouge - mer morte : entre prouesse et risque chimique

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20:14 Du pétrole blanc pour sauver la mer morte ?

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Looking 4 - 18 mai 2026 MEGAPROJETS

Pour en savoir plus sur Mammouth AI, c’est juste ici 👉 https://mammouth.ai 🧑‍💻 Pour toute demande commerciale, veuillez me contacter ici 👉 looking4@rookie-agency.com 🔔 Abonne-toi pour plus de mégaprojets, d’exploits d’ingénierie et d’infrastructures qui battent des records 📌 Nouveaux décryptages chaque semaine sur Looking 4. Que diriez-vous si je vous disais que la mer morte pourrait complètement disparaître d’ici 2100 ? Ici, à plus de 430 mètres sous le niveau de la mer, dans la dépression la plus profonde du monde, la mer Morte se meurt. Nichée entre Israël et la Jordanie, cette étendue d’eau salée, si dense qu’on y flotte sans effort, recule d’environ un mètre vingt chaque année.

Pour mesurer l’ampleur de cette hémorragie, dites-vous qu’elle a perdu en seulement cinquante ans, un tiers de sa superficie. Ce recul laisse derrière lui un décor de désolation. Un sol qui s’effondre littéralement sous les pieds des habitants. Des complexes touristiques, jadis fleurons du thermalisme mondial, ne sont plus que des carcasses de béton abandonnées au milieu de nulle part. Mais au-delà du désastre écologique et économique, cette agonie pose une question qui obsède les ingénieurs, géologues et les Chefs d’Etat depuis plus d’un siècle : est-il possible de sauver la mer Morte ?

Cette urgence a cristallisé un projet d’envergure : un canal de transfert conçu pour stabiliser la mer Morte en y injectant les eaux de la mer Rouge. Dans ce nouvel épisode de Looking 4, nous plongerons au fond de la mer morte pour comprendre comment un équilibre millénaire a pu basculer dans cette spirale que personne ne semble vouloir stopper. Des dolines géantes qui dévorent le littoral à l’industrie lourde qui en extrait les dernières richesses, jusqu’aux projets de canaux transfrontaliers reliant deux mers à travers le désert... Voici l’histoire et le destin futur de la mer Morte, les périls et les ultimes espoirs de sauvetage du point le plus bas de notre planète.

Looking 4, ça continue ici pour du contenu exclusif👇 Instagram 📸  / instalooking4  Facebook 🧑‍💻 https://www.facebook.com/profile.php?... Tik Tok 🎥  / looking4_tiktok  Discord 👉  / discord  Script : Maxime Hellegouarch et Théo Dudermel Cadrage et lumière : Lucas Gorry @ivonis_studio Montage, cartes et infographies : Maxime Hellegouarch Mixage : Alexandre Dudermel Chapitres : 00:00 Pourquoi la mer morte se meurt 03:23 La genèse d’un miracle géologique 07:13 L’asphyxie du jourdain et de la mer morte 10:22 Un littoral qui s’enfonce 12:45 La gestion du dernier litre : l’eau comme dernier dialogue 14:13 Le projet mer rouge - mer morte : entre prouesse et risque chimique 20:14 Du pétrole blanc pour sauver la mer morte ? For any Copyright issues, please reach out to us first before filing a claim with YouTube. Send us a message or email detailing your concerns and we’ll make sure the matter is resolved immediately. All contact details in our channel’s ’About’ page ! Please consider ’fair use’ before filing a claim. Thank You ! © 2026 Looking 4 | Tous droits réservés.

MEGAPROJETS82 épisodes

MEGAPROJETS

Source : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=QPRQ7YTG1K8&t=1214

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Addenda - Israël - Le lac de Tibériade (hébreu : יָם כִּנֶּרֶת ; arabe : بحيرة طبريا), mer de Galilée, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth : c’est un lac naturel d’eau douce d’une superficie de 166 km2 situé dans le nord-est d’Israël, à l’ouest de la Syrie, entre le plateau du Golan et la Galilée. Wikipédia

Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.

Étymologie et appellations{{}}

En hébreu, le nom du lac est « mer de Kinneret » (ים כנרת). Il apparaît sous la forme Kinerot dans les scripts d’Ugarit dans l’épopée de Danel et Aqhat, au XIVe siècle avant notre ère. Il figure dans la Bible hébraïque, soit le livre des Nombres (parasha Massei 34,11)[1] : « ...puis elle [la frontière] suivra le bord oriental de la mer de Kinneret » et dans le livre de Josué (13,27)[2], en parlant du territoire de Gad : « …avec le Jourdain pour limite, jusqu’à l’extrémité de la mer de Kinneret, au bord oriental du Jourdain. »

Une explication du nom Kinneret provient d’une allusion à sa forme, kinnor (כנור) signifiant « lyre », d’où kinneret « en forme de lyre ». Selon le Talmud, le nom du lac lui vient du fait que « ses fruits sont doux comme le son de la lyre » (Talmud de Babylone, Meguila 6a). D’après le Talmud de Jérusalem (Méguila 1:1), le nom Kinneret proviendrait des arbres kinnar qui poussaient autour du lac, terme interprété par Marcus Jastrow comme désignant le jujubier de Palestine (Ziziphus spina-christi) et par Moses Margolies comme désignant des roseaux, ce qui donnerait au toponyme le sens de « lieu des roseaux ». Le consensus scientifique est que l’origine du nom est dérivée de l’importante ville de Kinneret de l’âge du bronze et du fer, fouillée à Tell el-’Oreimeh[3].

Tous les écrivains de la Torah et du Nouveau Testament utilisent le terme « mer » (hébreu יָם yam, grec θάλασσα / thálassa, « mer[4] ») pour désigner cette grande étendue d’eau douce, à l’exception de Luc, qui l’appelle λίμνη Γεννησαρέτ / límnē Gennēsarét, « lac de Gennèsaret », forme grecque de Chinnereth[5]. Le Talmud babylonien ainsi que Flavius Josèphe mentionnent la « Mer de Ginosar » - un autre nom dérivé de Kinneret - d’après la petite plaine fertile de Ginosar qui se trouve sur son côté ouest[6]. Ce nom a été transmis dans les langues européennes sous la forme Génésareth.

Il est appelé « lac de Tibériade » dans la Mishna, le Talmud et la Tosefta à cause de sa proximité avec la ville de Tibériade. Sa désignation comme « lac de Guinossar » se rencontre aussi.

Les versions grecque et latine (Mare Galilaeae) des Évangiles, utilisent le nom de « mer de Galilée ». C’est également le cas en anglais aujourd’hui (Sea of Galilee).

Des Omeyyades à la période mamelouke, le lac est connu en arabe sous le nom de Bahr al-Minya, la « mer de Minya », d’après le complexe qasr omeyyade dont les ruines sont encore visibles à Khirbat al-Minya[7].

À l’époque contemporaine, il est appelé (translit.) « Kinneret » ou « mer de Kinneret » en hébreu. La langue arabe (بحيرة طبريا, buhayrat tabariya) et le français utilisent le nom de « lac de Tibériade »…

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  • Pour mémoire - Première mondiale : Israël verse de l’eau dessalée dans le lac de Tibériade presque asséché - Par Sue Surkes 11 novembre 2025, 19:25 – Publication ‘fr.timesofisrael.com’
    Ce projet novateur entend faire venir assez d’eau pour élever le niveau dangereusement bas du lac de 0,5 centimètre par mois ; les services compétents pourraient même doubler le débit si nécessaire{{}}

Des Israéliens sur les bords de la mer de Galilée, le 25 octobre 2025. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Des Israéliens sur les bords de la mer de Galilée, le 25 octobre 2025. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

L’Autorité de l’eau a commencé à acheminer de l’eau dessalée vers le lac de Tibériade, dans le but de relever le niveau de ce lac d’eau douce avec de l’eau de mer traitée.

Ce projet révolutionnaire, qui aura pris des années à parvenir à maturité, est un symbole des succès d’Israël en matière de traitement de l’eau salée – jusqu’alors inutilisable – pour en faire une ressource vitale, compte tenu de la baisse rapide des niveaux du plus important réservoir d’eau douce du pays. Il a été discrètement inauguré le 23 octobre dernier.

L’eau dessalée pénètre dans le lac de Tibériade par la rivière saisonnière Tsalmon par la source d’Ein Ravid, située à environ quatre kilomètres au nord-ouest de ce qui est la source d’eau potable d’urgence d’Israël.

Selon Firas Talhami, responsable de la remise en état des sources d’eau dans le nord d’Israël pour le compte de l’Autorité de l’eau, le projet devrait permettre de relever le niveau du lac d’environ 0,5 centimètre par mois.

Cette mesure a permis de remettre en eau une source asséchée et de pouvoir à nouveau y pagayer, cette fois dans de l’eau dessalée.

Lundi, le niveau du lac était de 213,33 mètres au-dessous du niveau de la mer, à 33 centimètres au-dessus de la limite basse, limite en-deçà de laquelle le pompage risque d’endommager l’écosystème.

Chaque année, Israël tire généralement des centaines de millions de mètres cubes d’eau de ce lac dans le but d’approvisionner les communautés locales et d’augmenter son approvisionnement en eau dessalée.

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Le réservoir d’eau d’Eshkol, dans le nord d’Israël, d’où l’eau s’écoule vers le sud le long du canal national, photographié le 9 mars 2011. (Nati Shohat/Flash90)

Selon Talhami, le débit d’eau dessalée serait maintenu durant les six prochains mois au moins.

Deux tuyaux ont été positionnés à quelques centaines de mètres l’un de l’autre pour amener l’eau au lac, mais un seul d’entre eux, conçu pour un moindre écoulement de l’eau, est actuellement opérationnel, d’un débit de 1 000 mètres cubes d’eau par heure. Le second tuyau pourrait être prochainement activé, suivant les quantités que l’Autorité de l’eau juge nécessaire.

L’Autorité pourrait porter le débit à 1 500, voire 2 000 mètres cubes par heure, souligne M. Talhami, en fonction de plusieurs facteurs, à commencer par la quantité de pluie de cet hiver et la quantité d’eau dessalée excédentaire disponible.

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Des Israéliens profitent de la mer de Galilée juste avant le coucher du soleil par un temps exceptionnellement chaud, le 7 novembre 2025. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Selon les tests effectués par les scientifiques, le projet n’aura pas d’effet délétère significatif sur les écosystèmes, bien que l’on craigne malgré tout que l’eau dessalée ne nuise à l’écologie locale en diluant la salinité relativement élevée du lac.

L’idée du projet est née de plusieurs années de sécheresse désastreuses, entre 2013 et 2018, lorsque le niveau du lac a baissé jusqu’à se rapprocher de son plus bas niveau historique. Dans la mesure où l’eau dessalée pouvait d’ores et déjà être acheminée vers les communautés de Basse-Galilée voisines, les autorités ont décidé qu’elles pouvaient raccorder le lac au système.

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Des travaux sur une canalisation destinée à acheminer de l’eau dessalée dans la mer de Galilée, le 3 juin 2021 (Firas Talhami, Autorité de l’eau)

Pionnier dans la transformation de l’eau de mer salée en eau potable, Israël dessale actuellement suffisamment pour approvisionner la majeure partie de sa population et quelques pays voisins, ce qui a permis de baisser la pression sur le lac de Tibériade et les aquifères souterrains.

L’hiver dernier, la moitié des précipitations annuelles moyennes sont tombées en Israël, et dans les environs du lac de Tibériade, 40 % seulement voire moins, selon les données du Service météorologique d’Israël.

Le total est bien en deçà des volumes prévus et marque un changement radical par rapport aux dernières années, marquées par des pluies suffisantes pour remplir le lac à des niveaux jamais vus depuis des décennies.

Ces douze derniers mois, les signes de la baisse du niveau d’eau du lac de Tibériade étaient on ne peut plus visibles sur les plages, de plus en plus étendues, mélanges de roches et de sols normalement immergés, dominés par des cabines de secouristes repositionnées pour suivre l’eau.

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Un poste de secouriste au bord de la mer de Galilée, le 13 octobre 2025. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Pour cet hiver à venir, l’IMS prévoit 80 % des précipitations annuelles moyennes, mais sans certitude s’agissant de prévisions à long terme.

Dans le cadre du renflouement du lac de Tibériade, il est prévu que 20 millions de mètres cubes d’eau, soit un dixième des quantités habituelles, soient pompés du lac pour alimenter le canal qui achemine l’eau du nord d’Israël vers le sud, plus aride.

Face aux craintes de sécheresse, un peu plus de 2 000 hectares de terres agricoles normalement alimentées par l’eau du lac devraient être privées d’irrigation l’an prochain.

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Source : https://fr.timesofisrael.com/premiere-mondiale-israel-verse-de-leau-dessalee-dans-une-mer-de-galilee-presque-assechee/

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Annexe – Gestion des sols et de l’eau dans le massif d’Ifni Anti-Atlas occidental, Maroc - Management of soils and water in the massif of Ifni. western Anti-Atlas, Morocco - Jean-Jacques Barathon, Hassan El Abbassi and Claude Lechevalier

214  p. 101-111 - https://doi.org/10.4000/norois.3165

Abstract | Index | Outline | Editor’s notes | Text | Bibliography | Notes | Illustrations | References | Cited by | About the authors

Abstracts{{}}

Français English

Due to the arid environment in the Moroccan Anti-Atlas Mountain region, the local population has developed several survival strategies. In order to save water and avoid soil erosion, basins called Allalène, are built in the river beds and across gullies. As well as being beneficial to the water flow, the basins are occasionally submerged, thus improving agricultural production. Along the slopes, small stone walls have been built, which help to reduce soil erosion. They are called Tarhouni or Irharramène. Today this area is changing enormously due to external factors such as rural depopulation and urban development. The consequences are dramatic. The age-old experience of past generations that produced the authentic know-how in managing local environmental resources is being abandoned more and more frequently.

Index terms Mots-clés : aménagement agraire, milieu aride, tradition, protection des paysages

Keywords : arid environment, landscape conservation, tradition, traditional strategies

Geographical index : Anti-Atlas, Maroc

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Les versants sont surtout le domaine des murets

Les autres aménagements réalisés sur les versants

Le fond des vallées est surtout aménagé en bassins à murets ou Allalène

Les aménagements dans les lits des grands oueds

Les équipements réalisés dans les vallons et ravins

Le devenir de ces aménagements agricoles

Conclusion

Editor’s notes - Cet article a été reçu le 20 janvier 2009 et définitivement accepté le 25 juillet 2009.

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1 Le massif d’Ifni constitue l’élément le plus occidental de l’Anti-Atlas marocain. Située à une centaine de kilomètres au sud d’Agadir, un peu au sud du 30e parallèle, cette moyenne montagne aux altitudes modestes (900 m au maximum) présente une remarquable originalité en raison de sa flore relativement dense, constituée par une steppe à euphorbes à laquelle se mêle l’arganier clairsemé. Une telle végétation déjà évoquée par P. Oliva (1972) dans sa présentation de l’Anti-Atlas, peut surprendre car nous sommes ici aux portes du désert et, comme nous le verrons, cette formation végétale contribue largement à la stabilité des sols sur des pentes parfois fortes. Il faut dire, que malgré la modicité des altitudes, le relief du massif d’Ifni ne manque pas de vigueur (fig 1). Certes, de vastes cuvettes d’érosion évidées dans des granites présentent une topographie calme ou doucement vallonnée (bassins de Tagragra, de Mesti ou de Sbouya) mais celle-ci contraste avec les lignes de crêtes, parfois aiguës, de nature lithologique variée (calcaires, formations volcaniques anciennes) qui ceinturent ces « boutonnières » et que les principaux oueds ont incisé lors des périodes humides du Quaternaire. Vers l’ouest, ces hautes croupes dominent un remarquable replat large de quelques centaines de mètres à près d’un km selon les lieux, véritable balcon littoral, taillé en falaise vive par l’océan.

  • 1 On peut se reporter au lexique de ce numéro spécial Maroc de Norois pour retrouver les définitions (...)
    2Le climat actuel n’alimente que rarement les écoulements et les hommes ont dû faire preuve d’ingéniosité pour retenir l’eau afin de pouvoir cultiver ces régions semi-arides ou pour abreuver leurs troupeaux de chèvres et de moutons. Car nous sommes ici dans une montagne peuplée d’agriculteurs sédentaires qui ont, comme dans bien d’autres régions du Maroc, défriché de nouveaux espaces devant la poussée démographique du xxe siècle. Ceci explique que des versants à fortes pentes aient pu être cultivés. Leur abandon récent, lié à l’exode rural, montre la fragilité du milieu et les ravines se multiplient là où la steppe a été détruite. Il ne faut cependant pas exagérer l’importance de l’érosion contemporaine car le climat n’est pas très agressif, les moyennes pluviométriques se situant souvent en dessous de 200 mm et même de 150 mm à Sidi Ifni. Les bassins intérieurs sont encore plus secs en raison de leur position d’abri. En revanche, l’humidité atmosphérique est élevée et atteint ou dépasse 90 % lors des mois d’été. Cela se traduit par la formation de rosées, de brumes ou même de brouillards épais dans le domaine littoral. Cette humidité peut remonter à l’intérieur du massif par l’intermédiaire des principales vallées et cela explique que l’arganier y soit souvent peu représenté. La steppe à euphorbes (Euphorbia echinus, Euphorbia regis-jubae…) occupe l’essentiel du territoire. Elle stabilise les sols, parfois profonds, hérités des périodes plus humides du Quaternaire. La présence de l’océan rend aussi compte de la clémence des températures dont les moyennes sont voisines de 23 °C. Les coups de froid sont exceptionnels tandis que le vent de sud-est, l’Akebli1,peut apporter des chaleurs relativement fortes, même sur le littoral : 48 °C à Sidi Ifni le 22 août 1988 par exemple.

Figure 1 : Relief de la zone d’étude
Relief of study area

Figure 1 : Relief de la zone d’étudeRelief of study area

Zoom Original (jpeg, 384k)

  • 2 Nous ne disposons pas d’information à propos de l’âge de ces aménagements.
    3C’est donc dans ce contexte original que nous avons étudié les aménagements humains, séculaires ou récents2, que les agriculteurs ont développés afin de préserver les sols et tirer le meilleur parti des faibles ressources en eau de la région, les réserves souterraines profondes étant rares et difficiles à exploiter par les techniques traditionnelles. Nous ne ferons pas état ici des données que nous avons pu recueillir sur l’érosion, ses manifestations et son agressivité modérée. Nous nous bornerons à rappeler que la dégradation spécifique que nous avons pu évaluer dans deux bassins versants de la région est de l’ordre de 250 t/km²/an alors que dans le bassin de l’oued Massa assez proche de notre secteur, elle est de l’ordre de 420 t/km²/an (Comité National MAB, 1979). Cette modération de l’érosion n’a pas empêché les agriculteurs de développer des techniques variées pour retenir les sols et l’eau sur les versants ou dans les fonds de vallée. Nous examinerons en premier lieu la variété de ces réalisations puis en second lieu, nous essaierons de voir quel peut être le devenir de ces aménagements.

Les versants sont surtout le domaine des murets

  • 3 Le dialecte local est riche en termes se rapportant aux aménagements. Ce vocabulaire dénote une co (...)
    4Ces murets constitués de pierres sèches portent localement le nom d’Irharramène3 (sing. Arharram) ou Tarhouni (littéralement attache ou attacher). Ces constructions abondent sur de nombreux versants dans les zones cultivées : cuvette de Tagragra, bassin de Mesti et de Sbouya, bassin de l’Assif Timdramt dans la zone de plateaux, front du talus littoral (photo 1)… La disposition de l’appareillage est perpendiculaire à la pente (fig. 2). Elle se fait selon des modalités différentes. Elle peut être linéaire lorsque les murets s’allongent en lignes continues entre les limites du champ aménagé, ou se présenter sous forme discontinue lorsque ces murets sont au contraire fractionnés en éléments isolés, plus ou moins longs. Souvent ces structures sont équidistantes.

Photo 1 : Irharramène et allalène de vallon dans la région littorale.
Dale irharramène and allalène in the littoral area

Photo 1 : Irharramène et allalène de vallon dans la région littorale.Dale irharramène and allalène in the littoral area

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Figure 2 : Coupe du versant au nord de Mirleft
Cross-section of valley side in the north of Mirleft

Figure 2 : Coupe du versant au nord de MirleftCross-section of valley side in the north of Mirleft

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5Le mode de construction obéit toujours aux mêmes principes. Les pierres, de toutes tailles et non travaillées, sont disposées le plus souvent directement les unes sur les autres, sans tri apparent de la taille, pour construire un muret d’épaisseur et de hauteur variables. Selon le type de substrat dominant, les pierres sont des blocs de granite, de calcaire ou de croûte calcaire. La nature lithologique des pierres définit l’aspect et la résistance de la construction. Dans tous les cas, la construction des murets est précédée par un travail long et pénible d’épierrage qui débarrasse les terrains aménagés d’une partie de la charge en éléments grossiers de sols en place. La structure des murets peut admettre de nombreux vides mais elle n’est pas totalement perméable. Des éléments de petite taille, sous forme d’un mélange de cailloux, de sables et de limons sont insérés entre les blocs pour leur servir de ciment et pour boucher les vides interstitiels de grand volume. Cette imperméabilisation des murets se prolonge naturellement grâce aux atterrissements provoqués par les ruptures de charge qui se produisent à leur amont.

6La hauteur des murets varie en fonction de la valeur de la pente du terrain aménagé. Nous avons mesuré des hauteurs d’un mètre sur des déclivités qui avoisinent 45 %. Lorsque la pente a une valeur inférieure à 10 %, la hauteur moyenne est comprise entre 20 et 50 cm. Nous avons constaté que les murets sur les pentes fortes présentent toujours une structure composite lorsque le milieu d’accueil (versant) porte des formations superficielles meubles épaisses. La partie construite, représentant près des deux tiers de la structure, surmonte ici une partie creusée dans le matériel de la couverture meuble. L’origine de cette partie semble liée au travail du sol en vue d’améliorer les conditions de son exploitation par abaissement de la pente. Celle-ci intervient également dans l’espacement entre deux murets successifs. Lorsqu’elle est forte, cet espacement ne dépasse pas 5 à 6 m. Dans ce cas, ces structures consomment beaucoup d’espace, contrairement à ce que l’on peut observer sur les terrains à faible pente, où cette distance peut facilement dépasser 10 m. À l’amont de chaque muret se crée un espace plat fait de matériel fin qui déborde sur le haut du muret dont la largeur dépasse rarement 1 m sur les pentes fortes.

7Selon nos enquêtes, ces murets sont destinés à lutter contre le ruissellement superficiel qui menace les terrains cultivés sur les pentes. Le sens du nom vernaculaire Tarhouni se réfère d’ailleurs à une action de « musellement » qui a pour objet, dans ce domaine, l’arrêt du ruissellement et le maintien sur place des sols cultivés. Ils sont construits par les populations locales. Leur présence en grand nombre perturbe le ruissellement qui, ainsi, ne parvient jamais à se concentrer sur ces terrains. En même temps, ces murets servent de pièges au matériel arraché aux zones touchées par l’érosion à l‘amont. L’accumulation des débris derrière les murets peut créer localement des conditions favorables au développement de la végétation qui y trouve nutriments et humidité.

Les autres aménagements réalisés sur les versants

8De nouvelles structures peuvent exister qui modifient plus ou moins le profil longitudinal des versants.

9Les terrasses de cultures sèches sont rares dans cette partie de l’Anti-Atlas. Celles qui portent des cultures irriguées y occupent également un espace restreint (région de Tiourhza). Mais on observe en maints endroits de petits barrages destinés à contrecarrer l’action du ruissellement superficiel dans des zones à la topographie faiblement ondulée incisée par des vallons à peine encaissés dans la surface du sol. Sur le front du talus côtier  ; les versants portent dans la région de Sidi Boû Lefdayel et dans leur partie inférieure de petits barrages faits de cordons de pierres ou de branches de jujubiers, hauts d’une vingtaine de cm et longs de 2 à 3 m. Ils sont réalisés ici pour empêcher le développement du ravinement.

10Localement, les versants destinés à la culture du figuier de barbarie portent de petites banquettes en forme de sillons larges de 20 à 30 cm, creusés perpendiculairement au sens de la pente. Le matériel mobilisé est déposé à l’aval des sillons en bourrelet (Ardhad) convexe haut de 30 à 40 cm en moyenne. Il est souvent sous-tendu par un lit de blocs de pierre. Ces structures accueillent les plants de figuier de barbarie et servent aussi de réservoirs qui interceptent et collectent les eaux de ruissellement superficiel pendant les averses. Lorsque la récupération des eaux ruissellement est destinée à abreuver les troupeaux, on aménage des cuvettes (Tiferd ou Ifardh) plus ou moins circulaires sur les versants. La quantité d’eau recueillie peut être importante. Les pratiques culturales qui consistent à labourer les parcelles perpendiculairement à la pente pour limiter l’impact du ruissellement sont aussi fréquentes. Les sillons creusés à l’araire permettent, en effet, de briser l’énergie du ruissellement et de stocker l’eau de pluie.

Le fond des vallées est surtout aménagé en bassins à murets ou Allalène

11Ce sont ces Allalène (sing. Allal) qui donnent son originalité à cette partie de l’Anti-Atlas dans le domaine des aménagements traditionnels. On les observe un peu partout mais ils sont plus fréquents dans la zone côtière en particulier dans les communes de Mirleft et de Larb’a’n-Sahel où l’espace cultivé occupe de larges surfaces. Leur répartition est conditionnée par plusieurs facteurs : des précipitations plus fréquentes, l’existence de sol ou de formations meubles, une activité agricole dominante et la présence des hommes. Il s’agit d’ouvrages destinés à la récupération de l’eau de pluie pour les cultures. On peut cependant noter une certaine variété en fonction de la taille des constructions, de leur disposition par rapport aux éléments du contexte morphologique du milieu d’accueil, etc. Le mode d’alimentation en eau permet de les classer en deux grands types.

Les aménagements dans les lits des grands oueds

12Ces milieux accueillent des ouvrages qui récupèrent une partie des eaux de crues (Faïd) et les eaux de ruissellement sur les versants (fig. 3). Cette pratique correspond à ce que l’on appelle habituellement l’inondation dirigée. On en trouve de beaux exemples dans les grandes vallées qui traversent le massif comme l’oued Ifni ou l’Assif Sidi Ali Bouzid dans la Tigragra. Leur structure d’ensemble comporte un dispositif de capture et de conduite de l’eau, un espace irrigué (Allalène) comportant plusieurs parcelles ou planches et des éléments de protection.

Figure 3 : Allalène de fond de vallée (Oued Ifni)
Allalène in the bottom of the Oued Ifni valley

Figure 3 : Allalène de fond de vallée (Oued Ifni)Allalène in the bottom of the Oued Ifni valley

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13L’eau des crues est détournée par un barrage (Ouggoug) perpendiculaire ou oblique par rapport au lit de l’oued. L’ouvrage, constitué de blocs de pierres, de branchages et d’éléments fins pour en assurer une certaine étanchéité, peut atteindre jusqu’à 2 m de haut. De là part un canal long de plusieurs dizaines ou centaines de mètres qui conduit l’eau à la zone irriguée. Ce canal est de taille variable en fonction de la surface à approvisionner. Il se situe au pied du versant, à l’écart du lit de l’oued. Il draine ainsi les ruissellements venus du versant et permet aussi le transport des éléments fins descendus de la pente qui le domine. Les atterrissements provoqués par ces apports latéraux peuvent combler rapidement le canal. Il est donc nécessaire de le curer de façon régulière, ce qui n’est pas toujours le cas en raison du manque de main-d’œuvre. Les limons de crues et ces apports des versants permettent d’amender l’espace cultivé. Ils peuvent être redistribués sur les différentes parcelles irriguées ou constituer de nouveaux terrains de culture lorsqu’ils recouvrent des espaces caillouteux. Ils sont parfois étalés à l’aide d’une large pelle tirée par des animaux assurant un nivellement correct du terrain.

14À partir du canal principal des conduites secondaires permettent l’irrigation des diverses parcelles. Celles-ci se présentent sous forme de cuvettes limitées par des murets hauts de 50 à 80 cm (photo 2). Ils sont constitués à la base de blocs de pierre et surmontés dans leur quart supérieur de matériaux fins sablo-limoneux. Ces murets sont construits de manière à ce qu’ils soient imperméables pour éviter les fuites d’eau. Chaque planche est en effet inondée lors de l’irrigation. Un dispositif fait d’ouvertures dans le tiers supérieur des murets permet de gérer l’eau à l’échelle de l’espace irrigué, en permettant au surplus d’eau de passer d’une planche à l’autre suivant un ordre amont-aval. Ainsi, chaque planche dispose d’un déversoir que l’on appelle Talkharrajt. De forme rectangulaire ou semi-circulaire, il peut être maçonné pour éviter sa dégradation rapide. Lorsque les apports d’eau sont suffisants et le système en bon état de fonctionnement, toutes les planches sont irriguées de façon normale.

Photo 2 : Allalène de fond de vallée (oued Ifni)
Allalène in the bottom of the valley (wadi Ifni)

Photo 2 : Allalène de fond de vallée (oued Ifni)Allalène in the bottom of the valley (wadi Ifni)

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15Du côté du lit de l’oued le terroir irrigué est limité par des digues de pierres hautes de 2 à 3 m et des rideaux de végétation épineuse. C’est aussi une protection contre les bêtes errantes et les tentations humaines.

Les équipements réalisés dans les vallons et ravins

16La disposition des Allalène prend alors l’aspect de véritables barrages édifiés en travers des talwegs (fig. 4, photo 3). La construction des murets doit répondre aux mêmes principes d’efficacité dans la gestion de la ressource en eau. L’Allal doit être imperméable et compact. Les éléments qui le composent (blocs de pierre et éléments fins) doivent être disposés de manière à ce qu’il n’y ait pas de vide dans le corps de l’édifice. Leur présence fragiliserait la construction et favoriserait la présence de rongeurs, véritable menace pour les cultures. C’est pourquoi ces Allalène sont le plus souvent construits par des artisans spécialisés. Les matériaux sont recueillis sur place. On peut aussi y trouver de la végétation qui renforce l’édifice. Ces Allalène constituent de véritables œuvres de maçonnerie dont la hauteur est fonction de la pente du talweg. Elle varie de quelques décimètres à 2 ou 3 m selon les lieux. Dans tous les cas, la partie supérieure est faite d’un couronnement de matériel fin de quelques dizaines de centimètres de hauteur, qui prolonge le remplissage de terre à l’arrière du muret. Ce bourrelet sommital peut aussi servir de passage pour les agriculteurs et son entretien est constant.

Figure 4 : Bassin versant à Allal, situation de vallon
Allal Drainage basin in a dale situation

Figure 4 : Bassin versant à Allal, situation de vallonAllal Drainage basin in a dale situation

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Photo 3 : Allalène de vallon
Dale Allalène

Photo 3 : Allalène de vallonDale Allalène

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17Chaque Allal retient donc à son amont une plus moins grande quantité de matériaux. Ceux-ci sont en général débarrassés de leur charge grossière amenée lors des forts ruissellements dans le talweg. Ces crues apportent aussi des résidus végétaux, des déjections d’animaux et des éléments minéraux ce que l’on nomme Akal n’lfaïd ou sol de crue, très apprécié par les agriculteurs. La disposition de ces matériaux d’amont prend souvent la forme d’une cuvette profonde de 30 à 60 cm. Elle porte le nom d’Allal, par extension. Ces Allalène étagés le long des talwegs forment de véritables escaliers de cultures et d’arbres fruitiers modifiant totalement la pente originelle du talweg.

18L’alimentation en eau des cuvettes est assurée par un réseau de canaux appelés Açarou (ou Assarou) qui récupèrent l’eau de pluie dans les talwegs. De petits barrages sont ainsi édifiés en travers des ravins. Parfois, l’aire de l’impluvium peut s’étendre latéralement en intégrant les versants contigus. Des canaux sont alors aménagés perpendiculairement à la pente. Ils rassemblent les eaux de ruissellement sur le versant et les dirigent vers le vallon équipé en Allalène. Chaque Allal est entouré de clôtures végétales ou de fils de fer barbelé qui assurent une protection contre les animaux. Ces défenses sont d’autant plus sérieusement aménagées que les cultures de la parcelle sont précieuses pour l’agriculteur comme les légumes ou les arbres fruitiers.

19L’irrigation des cuvettes se fait par l’intermédiaire d’un Talkharrajt, située à l’une de ses extrémités, dans le tiers supérieur de l’Allal. Ce déversoir amène le surplus d’eau vers un Açarou latéral qui conduit l’eau vers les cuvettes d’aval. De l’amont à l’aval, les prélèvements des bassins successifs peuvent retenir toute l’eau de ruissellement d’un évènement pluviométrique. Lorsque les quantités sont supérieures aux besoins des bassins, le surplus est évacué vers le talweg pour alimenter d’éventuels aménagements situés plus à l’aval.

20Suivant l’importance de l’encaissement des cours d’eau temporaires aménagés, les réalisations prennent des aspects différents. Dans les ravins encaissés aux versants abrupts, les cuvettes s’étirent généralement en longueur et prennent, de ce fait, une forme triangulaire comme on peut en observer notamment au sud-ouest de la zone étudiée. Lorsque le ravin est trop étroit on construit des Allalène sur le versant. Le dispositif prend alors l’aspect de véritables terrasses. Dans ce cas, le propriétaire doit construire un barrage solide dans le talweg, haut parfois de plusieurs mètres, pour amener l’eau vers les bassins. Si le vallon est au contraire évasé et dominé par des versants à pentes faibles, les bassins ont tendance à s’élargir. Cette disposition est fréquente au nord-est du domaine étudié. Ne disposant pas d’un vocabulaire adéquat pour décrire ce dispositif, A. Humbert (2003) parle de terrasses ou de vallons aménagés. Ils font penser au Tabia et Jessour décrits en Tunisie méridionale, notamment par J. Bonvallot (1986, 2002).

21Grâce notamment à ces aménagements, les populations locales ont pu créer de véritables terroirs agricoles qui contrastent fortement avec les espaces environnants. La récupération des eaux de pluie et des matériaux fins arrachés aux versants par les processus de l’érosion hydrique permettent aux propriétaires des bassins à Allalène de cultiver de nombreuses plantes à la fois, y compris les plus exigeantes en eau (pommes de terre, navets, maïs, fèves, arbres fruitiers…). Cette polyculture est possible chaque fois que les conditions pluviométriques permettent d’inonder les bassins plus d’une fois dans l’année. En moyenne, trois irrigations par an suffisent pour garantir des rendements corrects Le matériel fin emmagasine d’importantes quantités d’eau qui assurent aux plantes cultivées la possibilité d’accomplir leur cycle végétatif. Ces espaces aménagés constituent la fierté de leurs propriétaires. Leur valeur est grande aux plans symbolique et foncier. Ils témoignent d’un savoir-faire subtil dans la gestion des ressources de l’environnement par les populations locales. Nous avons cependant observé de nombreux cas d’abandon de ces aménagements et leur devenir est sans doute problématique.

Le devenir de ces aménagements agricoles

22La situation de ces différents aménagements est extrêmement variable. Les bassins à Allalène sont généralement bien entretenus et on constate même que des travaux sont engagés pour élargir leur domaine dans certains cas. Si dégradation il y a, c’est en général peu important et surtout passager. Le cas des Irharramène est plus complexe et préoccupant. Les formes de dégradation s’y multiplient un peu partout, surtout lorsqu’il y a renoncement aux activités agricoles et en particulier à la culture de l’orge ou son remplacement par la culture du figuier de Barbarie qui ne nécessite pas de présence humaine constante. Les murets tombent alors en ruines.

23La présence humaine s’impose de manière décisive pour les bassins à Allalène. Elle est obligatoire et doit être constante si l’on veut préserver ces structures et assurer leur bon fonctionnement. Celui-ci ne requiert pas la présence du propriétaire sur place lors des épisodes de crue à condition que les travaux d’entretien aient été sérieusement réalisés au préalable (curage des canaux, étalement des atterrissements, réfection des murets et des barrages, rehaussement des faîtes des Allalène). Ces opérations ont lieu, en principe, avant chaque saison de pluie. Ils sont nommés Issfadh. Cependant les imprévus sont nombreux et nécessitent une surveillance constante et cela explique que ces bassins à Allalène se situent le plus souvent près des agglomérations. De plus pour assurer les réparations importantes il faut une main-d’œuvre qualifiée qui fait de plus en plus défaut du fait de l’exode rural important que connaissent ces campagnes. Les départs vers les grandes villes ou l’étranger ont vidé certains villages, en général les plus isolés comme dans la commune rurale du Sbouya qui a perdu 2 500 habitants entre le recensement de 1994 et celui de 2004, soit le tiers de sa population  ! Les conséquences pour les aménagements sont parfois particulièrement graves.

24Les Irharramène sont les premiers à en faire les frais. Ce sont en effet les cultures pluviales, sur les terrains les moins favorables, qui sont abandonnées en premier. La substitution du figuier de Barbarie à l’orge peut aggraver la situation car cette culture ne demande pas d’entretiens particuliers une fois que les jeunes pousses mises en place s’enracinent. Nous avons observé en maints endroits des Irharramène fortement dégradés sur des terrains abandonnés (Issiki) et soumis localement à une érosion importante comme sur le front du talus littoral.

25À de rares exceptions, le cas des Allalène ne semble pas inquiétant pour l’instant mais il n’en sera sans doute pas de même dans un avenir proche. Sur dix personnes rencontrées sur place, neuf sont âgées à très âgées (plus de 65 ans). L’entretien des aménagements est donc souvent une affaire de vieux à condition qu’ils aient les ressources nécessaires. Huit personnes sont sceptiques quant à l’avenir des terroirs aménagés. Leurs descendants sont tous partis à la recherche de conditions de vie meilleures. Tout ce savoir-faire risque lui aussi de disparaître à brève échéance.

26La situation du massif d’Ifni correspond au profond malaise que l’on rencontre dans les campagnes marocaines et en particulier dans les milieux montagnards semi-arides comme le Rif oriental (El Abbassi, 2000, 2006  ; Gauché, 2002). Lorsque les bras familiaux manquent et les traditions communautaires en matière d’aide s’effacent (Touiza), le recours au travail payé devient la seule possibilité pour continuer à prendre soin des espaces aménagés. Cette solution est coûteuse pour une grande partie des populations rurales vivant à la limite du seuil de pauvreté. Seules deux personnes rencontrées se sont lancées dans des travaux d’entretien et d’agrandissement de bassins à Allalène. Il s’agit d’un ancien émigré rentré de France et d’un fonctionnaire retraité. Ces deux initiatives apportent une lueur d’espoir pour la préservation de ce patrimoine agricole et culturel rural.

Conclusion

27Si le massif d’Ifni constitue, au Maroc, une unité géographique tout à fait originale sur le plan biogéographique, il rappelle bien des montagnes maghrébines par son histoire rurale. Sous l’effet d’une poussée démographique récente, les agriculteurs ont développé des techniques de gestion des sols et de l’eau remarquablement adaptées aux conditions difficiles du milieu : versants équipés en murets protecteurs, Allalène des vallons pour recueillir eau et atterrissements bénéfiques. Ces aménagements ont permis pendant un temps de subvenir aux besoins des populations montagnardes. Aujourd’hui l’exode rural massif ne permet plus d’entretenir ces aménagements et de nombreuses ravines emportent les murets ou Irharramène sur les versants où la culture pluviale de l’orge a été abandonnée. Seuls les Allalène sont encore assez bien entretenus car plus productifs mais pour combien de temps  ?

Bibliography{{}}

Bonvallot J., 1986. Tabias et jessour du Sud tunisien. Agriculture dans les zones marginales et parade à l’érosion, Cahiers ORSTOM, sér. Pédol., vol. XXII, p. 163-171.

— , 2002. « Tabias et jessour du Sud Tunisien : Agriculture dans les zones marginales et parade à l’érosion. » Bulletin du Réseau Erosion, n° 2, p. 105-114.

Comité National MAB du Maroc, 1979. Rapport national marocain, dans Actes du séminaire L’érosion et l’aménagement des bassins versants dans les pays méditerranéens, Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, 9e année, n° 30, Rabat, p. 27-45.

El Habassi H., 2000. Le savoir-faire des populations et gestion de l’eau et des sols dans une moyenne montagne semi-aride du Rif Oriental, Bulletin du Réseau Érosion, n° 20, p. 399-428.

— , 2006. Dynamique érosive et populations locales dans le Rif oriental marocain Quels rapports  ?, dans Actes du colloque national L’érosion anthropique : méthodes d’étude, extension et processus, Université de Kénitra, 23 et 24 décembre 2005, à paraître.

Gauché E., 2002. Les campagnes des Beni Saïd (Rif oriental, Maroc) : l’exemple de la crise d’une montagne et de son avant-pays, Thèse de Doctorat, Université de Paris X, 603 p.

Humbert A., 2003. L’Anti-Atlas une montagne moribonde ? Crises et mutations des agricultures de montagne, dans Colloque international en hommage au professeur Christian Mignon, Presses universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, p. 61-72.

Oliva P., 1972. Aspects et problèmes géomorphologiques de l’Anti-Atlas occidental, Revue de Géographie du Maroc, n° 21, (ancienne série), Rabat, p. 43-78.

Notes{{}}

1 On peut se reporter au lexique de ce numéro spécial Maroc de Norois pour retrouver les définitions des termes vernaculaires utilisés ici.

2 Nous ne disposons pas d’information à propos de l’âge de ces aménagements.

3 Le dialecte local est riche en termes se rapportant aux aménagements. Ce vocabulaire dénote une connaissance subtile dans le domaine des pratiques endogènes de conservation des eaux et des sols. Malheureusement ce patrimoine linguistique est en train de se perdre avec la disparition des personnes âgées. Souvent les interlocuteurs que nous avons rencontrés sur le terrain étaient incapables de se mettre d’accord sur le sens à donner à des éléments des structures en place. Il arrive souvent que les appellations changent d’un endroit à l’autre. C’est pourquoi nous avons jugé utile de n’utiliser que les mots les plus usités et qui signifient la même chose dans toute la région. Nous pensons qu’il y a un gros travail à faire dans ce domaine avant qu’il ne soit trop tard.

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Title{{}} Figure 1 : Relief de la zone d’étudeRelief of study area
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References{{}}

Bibliographical reference{{}}

Jean-Jacques Barathon, Hassan El Abbassi and Claude Lechevalier, “Gestion des sols et de l’eau dans le massif d’Ifni Anti-Atlas occidental, Maroc”, Norois, 214 | 2010, 101-111.

Electronic reference{{}}

Jean-Jacques Barathon, Hassan El Abbassi and Claude Lechevalier, “Gestion des sols et de l’eau dans le massif d’Ifni Anti-Atlas occidental, Maroc”, Norois [Online], 214 | 2010/1, Online since 01 June 2012, connection on 29 May 2026. URL : http://journals.openedition.org/norois/3165 ; DOI : https://doi.org/10.4000/norois.3165

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This article is cited by{{}}

  • Mourou, Majda. Adam, Antonin. Clothilde, Cardon. Aderghal, Mohamed. Vaillant, Michel. Benalayat, Lhassan. Romagny, Bruno. (2018) Figuier de barbarie ou arganier ? Nouvelles mutations des systèmes agrosylvopastoraux dans une vallée de la montagne des Aït Baamrane (Maroc). Revue de géographie alpine, 106-3. DOI : 10.4000/rga.4806
  • Mourou, Majda. Adam, Antonin. Cardon, Clothilde. Aderghal, Mohamed. Vaillant, Michel. Benalayat, Lhassan. Romagny, Bruno. (2018) Prickly Pear or Argan Tree ? Agrosilvopastoral Systems of a Mountain Valley in Ait Baamrane (Morocco) Face Changes. Revue de géographie alpine, 106-3. DOI : 10.4000/rga.4877
  • Woodmansee, Adele. Thiziri-Mekaouche, Thalsa. Gérard, Bruno. Ouarghidi, Abderrahim. Power, Alison G.. McDonald, Andrew. (2025) Local irrigation systems, governance, and climate change in the High Atlas Mountains of Morocco. Water Policy, 27. DOI : 10.2166/wp.2025.013
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Jean-Jacques Barathon

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Hassan El Abbassi

Département de Géographie, Université Chouaïb Doukkali, Faculté des Lettres et Sciences Humaines – El Jadida, Maroc

Claude Lechevalier

GECKO - EA 375, Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense, 200, avenue de la République – 92 001 Nanterre, France,

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