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"Les systèmes de chiffrement actuels bientôt obsolètes ? Les magnons (ondes au cœur de la matière solide), la nanophotonique avec Pascale Senellart, Quandela, ‘Alice&Bob’, Pasqal parmi les opérateurs du quantique et … en Europe. Avis" par Jacques Hallard

dimanche 24 mai 2026, par Hallard Jacques

ISIAS Quantique Cyber

Les systèmes de chiffrement actuels bientôt obsolètes ? Les magnons (ondes au cœur de la matière solide), la nanophotonique avec Pascale Senellart, Quandela, ‘Alice&Bob’, Pasqal parmi les opérateurs du quantique et … en Europe. Avis

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 22/05/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Avant-propos :

Si on y réfléchit bien, on pourrait dire qu’on a créé une boucle. 🤔 #Technologie #Humour #Humanité #Recaptcha #TrustMyScience

In Trust My Science noeprdostS 1gll0h7rc uhmgfc72t625all05aimih01c9v92tc16iicli4 - Si on y réfléchit bien, on pourrait dire qu’on a créé une boucle. #Technologie #Humour #Humanité #Recaptcha #TrustMyScience

Dernière minute – France : Un milliard d’euros pour le quantique, 550 millions pour les semi-conducteurs : le président Emmanuel Macron dégaine un nouveau plan innovation - Amélie CHARNAY - Publié le 22 mai 2026 à 07:00 - Ce contenu est réservé aux abonnés de ‘La Tribune’ – « Le président dévoile la suite du premier plan quantique achevé en 2025. Il s’agit non seulement de l’abonder, mais aussi de le mettre en lien avec la filière micro-électronique qui fait l’objet d’un soutien supplémentaire à cette occasion… » - Photo - Source : https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/7017709280387614/un-milliard-d-euros-pour-le-quantique-550-millions-pour-les-semi-conducteurs-emmanuel-macron-sapprete-a-degainer-un-nouveau-plan-innovation


Préambule

Des informations préalables pour ce dossier conçu et réalisé dans un but didactique

Qu’est-ce qu’un système de chiffrage ou chiffrement ? - Le chiffrement est une méthode qui consiste à brouiller les données afin qu’elles ne puissent être lues par personne, à l’exception des parties autorisées. Le processus de chiffrement convertit le texte en clair en texte chiffré à l’aide d’une clé cryptographique.

Voir par exemple : Chiffrement symétrique & asymétrique - PhOeNiX v8.3 (S3curity.info) - 15 juin 2025 #0445 - 0:00 Intro 0:48 Générique 1:19 Présentation 1:58 Qu’est-ce que le chiffrement ? 2:49 Le chiffrement Symétrique 5:35 Le chiffrement Asymétrique 7:11 Le chiffrement Hybride 8:51 Conclusion – Source : https://www.youtube.com/watch?v=DMBEkeSViyM

Magnons - Les magnons sont des modes d’excitation ou ondes de spin. Dans un milieu ferromagnétique isotrope en dessous de la température de Curie, ou dans un milieu Antiferromagnétique en dessous de la température de Néel, les moments magnétiques des atomes sont alignés.

Magnon spintronics | Nature Physics

Source à consulter pour les détails : https://www.nature.com/articles/nphys3347

La nanophotonique, aussi connue sous le nom de nano-optique ou nano-orto, est l’étude de la lumière et de ses interactions avec la matière à des échelles nanométriques.

Personnalité de Pascale Senellart, née Mardon le 21 août 1972 à Corbeil-Essonnes[1], est une physicienne française. Ancienne élève de l’école polytechnique (X93), elle fait sa thèse au Laboratoire de Microstructures et Microélectronique, puis deux post-doctorats dans des laboratoires de recherche industriels, elle rejoint le CNRS comme chargée de recherche en 2002 au Laboratoire de photonique et nanostructures (LPN), laboratoire qui sera intégré en 2016 au C2N (Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies) du CNRS et de l’Université Paris-Saclay. Elle devient directrice de recherche en 2011 et professeure chargée de cours à l’École polytechnique en 2014. De 2018 et 2021, elle porte le projet de création du centre quantique de Saclay et du cursus de formation ARTEQ en technologies quantiques commun aux établissements d’enseignement supérieur du plateau de Saclay. Au sein du domaine d’intérêt majeur SIRTEQ dédié aux sciences et technologies quantiques de la région Ile de France, elle est responsable des activités d’innovation de 2017 à 2022. Elle participe également à la task force créée par le gouvernement pour définir le plan quantique français, inauguré en janvier 2021. Depuis décembre 2023, elle est membre du conseil présidentiel pour la Science auprès du Président Macron[2]. Ses travaux se concentrent sur l’étude de l’interaction lumière-matière à l’échelle d’atomes et photons individuels. Elle étudie les boîtes quantiques semi-conductrices, des nanostructures semiconductrices constituées de quelques milliers d’atomes qui se comportent comme un seul. En les insérant dans des micro cavités optiques, véritables caisses de résonance pour la lumière, elle contrôle le processus d’émission spontanée et peut ainsi générer et manipuler photon par photon. Pascale Senellart est l’auteure de nombreuses innovations[réf. nécessaire] permettant la fabrication contrôlée de sources brillantes de photons uniques et indiscernables ou intriqués en polarisation. En 2017, elle cofonde avec Valérian Giesz et Niccolo Somaschi la startup Quandela, d’abord pour commercialiser une source de photons uniques s’appuyant sur ses travaux de recherche au C2N, puis pour développer un ordinateur quantique à base de photons… - Source : Wikipédia

Pascale Senellart-Mardon | CNRS

Pascale Senellart-Mardon Chercheuse en nano-photonique – Source : https://www.cnrs.fr/fr/personne/pascale-senellart-mardon

Quandela est une start-up française, fondée en 2017 et basée à Massy. Spécialisée dans la photonique quantique, elle développe un ordinateur quantique optique.

Alice & Bob est une start-up française, créée en 2020, spécialisée dans l’informatique quantique.

Pasqal est une jeune pousse française, fondée en mars 2019, spécialisée dans l’informatique quantique, qui travaille sur la mise au point d’un ordinateur quantique à atomes neutres (atomes non ionisés refroidis à quelques microkelvins).

Europe : les clés de la souveraineté - « Le Plan est depuis toujours un carrefour. Il publie ses propres travaux d’éclairage et doit aussi relayer des idées extérieures, librement portées par leurs auteurs. C’est l’esprit de la Collection du Plan, avec cette contribution d’un grand acteur de l’Union européenne, qui inaugure une série de publications sur l’avenir de l’Europe, huit ans après le discours de la Sorbonne du président de la République. Autour d’une idée qui s’est imposée : la souveraineté européenne. » - Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan - Publié le : 24/09/2025 – Lire par ici > https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/europe-les-cles-de-la-souverainete

Compléments recommandés : Haut du formulaire

https://droit.cairn.info/revue-red-...

Europe : les clés de la souveraineté Haut-commissariat à la stratégie et au plan https://www.strategie-plan.gouv.fr › publications › europ... - 24 sept. 2025 — Renforcer la souveraineté et la résilience de l’Union européenne doit être l’obsession de notre génération.

Définir la souveraineté européenne Cairn.info https://droit.cairn.info › revue-red-2021-2-page-75 - Les institutions de l’Union européenne (kratos) correspondent aux canons démocratiques : nous avons un quasi-gouvernement (la Commission) contrôlé par un Sénat ...

La souveraineté et l’Europe : discours de Didier-Roland ... Conseil d’État https://www.conseil-etat.fr › discours-et-contributions - 19 janv. 2026 — Le débat politique autour de l’existence d’une « souveraineté européenne  » se heurte ici à la réalité juridique....

IA Générative - L’intelligence artificielle générative ou IA générative (en anglais : generative artificial intelligence ou GenAI) est un type de système d’intelligence artificielle (IA) capable de générer du texte, des images, des vidéos ou d’autres médias en réponse à des requêtes (aussi appelées invites, ou en anglais prompts)[1],[2]. Elle semble avoir des applications possibles dans presque tous les domaines, avec une balance des risques et des opportunités encore discutée : l’IA générative est en effet aussi source d’inquiétudes et de défis éthiques, techniques et socioéconomiques à la hauteur des espoirs qu’elle suscite. Elle peut contribuer à des usages abusifs, accidentels ou détournés (militaires notamment), à une suppression massive d’emplois, à une manipulation de la population via la création de fausses nouvelles, de deepfakes[3] ou de nudges numériques[4].

L’IA générative questionne aussi philosophiquement la nature de la conscience, de la créativité, de la paternité[5], et crée de nouvelles interactions homme-machine. Elle est encore (en 2024) peu régulée et la difficulté d’évaluer la qualité et la fiabilité des contenus générés ou l’impact sur la créativité et la propriété intellectuelle humaines est croissante. Certains experts craignent que des IA génératives à venir soient capables de manipuler les humains, d’accéder à des systèmes d’armes, d’exploiter des failles de cybersécurité, voire peut-être bientôt d’acquérir une forme de conscience ou de devenir incontrôlable au point de menacer l’existence de l’humanité[6]. Un premier sommet mondial en sûreté de l’IA a été organisé en novembre 2023 à Bletchley Park au Royaume-Uni, où la création d’un équivalent du GIEC pour informer sur les risques liés à l’IA a notamment été discutée[7]… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_artificielle_g%C3%A9n%C3%A9rative

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Introduction

Ce dossier propose un point actualisé sur Ordinateur quantique et Cybersécurité avec des actions de recherche et développement en France, des projections politiques et financières en Europe, et une contribution sociologique intitulée « Comment l’IA a bouleversé l’université : onze normaliens face à ChatGPT »…

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • Cybersécurité - Le jour où l’ordinateur quantique sera pleinement opérationnel ‘Q-Day’ approche : êtes-vous prêts ? - 28 avril 2026 11:49 - journaldunet.com

    Michele De Giorgis

Chronique de Michele De Giorgis Kyndryl France

Avec l’essor du quantique, les systèmes de chiffrement actuels pourraient devenir obsolètes d’ici 2030, imposant d’anticiper dès aujourd’hui la transition vers un environnement ’quantum-safe’.{{}}

Avec l’essor de l’informatique quantique, des perspectives considérables s’ouvrent en matière de recherche, d’optimisation et de détection de fraude. Cette avancée a son revers : le jour où l’ordinateur quantique sera pleinement opérationnel (le fameux “Q-Day”), il sera capable de briser les algorithmes de chiffrement actuels. Une grande partie des mécanismes qui protègent aujourd’hui les échanges deviendra vulnérable.

Beaucoup situent cette échéance autour de 2030. À l’échelle des transformations informatiques, c’est demain. D’autant que la menace est déjà là, elle n’attend pas que les algorithmes soient effectivement brisés. Les attaques dites « harvest now, decrypt later » consistent à intercepter dès aujourd’hui des données chiffrées pour les stocker et les déchiffrer ultérieurement. Les informations à forte valeur et à longue durée de vie (données de santé, secrets industriels, propriété intellectuelle) sont particulièrement exposées.

En parallèle, le cadre réglementaire se précise. Le National Institute of Standards and Technologies (NIST) aux États-Unis prévoit de commencer à retirer progressivement les algorithmes de chiffrement actuels des standards et des usages officiels d’ici 2030. De son côté, l’Union Européenne pousse les infrastructures critiques à adopter des mécanismes de cryptographie post-quantique dans ce même horizon, notamment à travers ses initiatives autour du European Quantum Act, qui vise à structurer et accélérer l’adoption des technologies quantiques. La trajectoire est claire : la transition vers un environnement « quantum-safe » doit être engagée dès maintenant.

Structurer la préparation{{}}

Si le risque quantique peut sembler encore lointain, les décisions à prendre sont immédiates. Elles relèvent autant de la stratégie que de la technique. Les évaluations quantiques permettent justement de transformer une menace théorique en feuille de route opérationnelle.

Plusieurs chantiers doivent être engagés sans attendre :{{}}

● Identifier les systèmes et données les plus exposés, en cartographiant les environnements critiques et en évaluant leur vulnérabilité face aux scénarios de type « harvest now, decrypt later ».

● Définir une trajectoire de migration vers la cryptographie post-quantique (PQC), progressive et cohérente avec les échéances réglementaires, afin d’éviter une transformation précipitée à l’approche de 2030.

● Aligner l’écosystème technologique et les fournisseurs sur les standards émergents, en intégrant des exigences de conformité adaptées dans les choix d’investissement.

● Clarifier la gouvernance du risque quantique, en désignant un responsable, en structurant une task force dédiée et en intégrant ce sujet dans les dispositifs globaux de gestion des risques.

● Renforcer l’agilité cryptographique, c’est-à-dire la capacité à remplacer rapidement des algorithmes devenus vulnérables à mesure que les standards évoluent.

Moderniser pour anticiper{{}}

La préparation au Q-day révèle également un enjeu plus large : la maturité réelle des infrastructures existantes. Des environnements obsolètes, des équipements peu ou mal maintenus, ou encore des processus de gestion des incidents insuffisamment structurés fragilisent l’ensemble du dispositif de sécurité. La cryptographie post-quantique seule ne compensera pas des faiblesses structurelles.

D’où l’intérêt d’intégrer dès à présent la dimension quantique dans les programmes de modernisation en cours (migration cloud, refonte réseau, transformation applicative). Cela évite de traiter le sujet à part et de lisser l’investissement dans le temps. Chaque nouveau projet technologique devrait désormais être évalué à l’aune de sa compatibilité avec un environnement « quantum-safe ».

Le Q-day n’a peut-être pas de date précise, mais les signaux technologiques et réglementaires sont déjà là. Anticiper aujourd’hui permet d’éviter des transformations menées dans l’urgence demain. La préparation au quantique s’impose désormais comme un enjeu stratégique de résilience numérique.

Au fond, la vraie question n’est peut-être pas de savoir quand il arrivera, mais si les organisations seront prêtes le moment venu. Entre anticipation et attentisme, les choix faits aujourd’hui comptent : subir le quantique, ou en faire une opportunité.

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Source : https://www.journaldunet.com/cybersecurite/1549921-le-q-day-approche-etes-vous-prets/

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La course à l’ordinateur quantique ultra-puissant vient peut-être de franchir un cap décisif grâce à une minuscule vague magnétique. Appelées magnons, ces ondes se propagent au cœur de la matière solide, mais leur durée de vie fulgurante interdisait jusqu’ici toute application concrète. En plongeant des sphères cristallines à une température proche du zéro absolu, des physiciens ont réussi l’exploit de multiplier par cent la persistance de ces signaux. Une avancée spectaculaire qui transforme de simples étincelles éphémères en véritables vecteurs d’information capables de relier les puces quantiques de demain.

Ce que vous allez apprendre : {{}}

  • La nature secrète des magnons, ces ondes qui se propagent dans la matière comme des ricochets sur l’eau.
  • L’ingénieux protocole cryogénique qui a permis de geler leur destruction naturelle.
  • Comment cette percée va créer un « bus quantique » universel pour les futurs supercalculateurs.
    Les ricochets magnétiques au cœur de la matière{{}}

Pour comprendre cette révolution, il faut imaginer un caillou jeté dans un étang. Dans le monde de la physique des solides, le caillou est une perturbation magnétique et les ondes qui se propagent à la surface sont appelées des magnons.

Contrairement aux particules de lumière qui voyagent dans le vide ou la fibre optique, les magnons surfent directement à travers la structure des matériaux magnétiques. Leur taille nanométrique en fait des candidats de rêve pour miniaturiser les futurs circuits sur des puces de la taille de celles de nos smartphones actuels.

Mais un mur de taille se dressait devant les ingénieurs : leur espérance de vie. Un magnon survivait à peine quelques centaines de nanosecondes au grand maximum. Une durée infiniment trop courte pour transporter la moindre information de manière fiable avant de se dissiper complètement.

La parade du froid extrême et de la pureté absolue{{}}

Pour briser cette limite, une équipe de chercheurs a combiné deux stratégies audacieuses. La première consistait à exciter des ondes extrêmement courtes pour les rendre « aveugles » aux défauts de surface du cristal, la principale cause de leur destruction prématurée dans les expériences précédentes.

La seconde stratégie relève de la prouesse thermique. Les physiciens ont placé des sphères de grenat d’yttrium et de fer — un matériau magnétique — dans un cryostat surpuissant pour faire chuter la température à 30 millikelvins. À cette température abyssale, frôlant le zéro absolu, les processus thermiques qui détruisent habituellement ces ondes sont instantanément figés.

Le résultat est vertigineux : les magnons ont survécu 18 microsecondes. C’est près de cent fois plus grand que le précédent record mondial. Surtout, en testant des échantillons de qualités différentes, les scientifiques ont prouvé que la seule limite restante n’est plus une loi incontournable de la nature, mais simplement le niveau d’impureté résiduel de la roche utilisée.

https://sciencepost.fr/wp-content/uploads/2026/05/breakthrough-in-magnon-scaled.jpg

Crédit : Ian EhmDe droite à gauche, Rostyslav Serha, Andrii Chumak, David Schmoll et Sebastian Knauer se tiennent devant un cryostat. Cet appareil sert à générer et à stabiliser des températures extrêmement basses.

Le « bus de données » de la révolution quantique{{}}

Grâce à cette longévité décuplée, le statut du magnon vient de changer radicalement. De signal fuyant et vulnérable, il devient une mémoire quantique robuste et un canal de communication ultra-fiable.

Cette découverte offre enfin la pièce manquante aux ingénieurs pour construire des architectures informatiques à grande échelle. Les magnons vont pouvoir agir comme un véritable « bus quantique », une autoroute de l’information capable de connecter des centaines de qubits simultanément le long d’un chemin partagé.

Mieux encore, grâce à leur capacité naturelle à interagir avec de multiples particules élémentaires (comme les photons ou les phonons), ils s’imposent comme les traducteurs parfaits de l’informatique de demain, capables de faire dialoguer des systèmes quantiques hybrides qui s’ignoraient jusqu’à présent.

Brice L.

Rédigé par Brice L. - Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d’une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

En continu : {{}}

Source : https://sciencepost.fr/ordinateur-quantique-lexploit-des-physiciens-qui-ont-reussi-a-dompter-une-onde-qui-sevapore-en-un-eclair/

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  • Ordinateur quantique : l’astuce géniale de chercheurs néerlandais pour faire mieux que Google et IBM par Brice L.11 mai 2026, 18 h 45 min
    L’informatique quantique promet une puissance de calcul phénoménale, mais sa conception se heurtait jusqu’ici à un dilemme technique majeur : fallait-il privilégier des puces faciles à fabriquer mais dont l’architecture est rigide, ou des systèmes à base d’atomes ultra-flexibles mais extrêmement complexes à produire en masse ? Une équipe scientifique vient peut-être de trouver le compromis parfait. En réussissant à déplacer des unités d’information quantique à travers un composant électronique sans en altérer la nature, ces chercheurs ouvrent la voie à des machines à la fois évolutives et industrialisables.{{}}

Ce que vous allez apprendre : {{}}

  • Le casse-tête de la conception quantique et les limites des composants actuels face à la correction d’erreurs.
  • La prouesse technique qui a permis de faire circuler des électrons individuels d’un point à un autre sur une puce en silicium.
  • L’avenir des processeurs quantiques, imaginés comme de véritables réseaux de transit avec des zones de stockage et d’interaction.
    Le grand dilemme des architectes quantiques{{}}

Pour construire un ordinateur quantique viable, il faut un nombre massif de « qubits » (l’équivalent quantique de nos bits classiques) capables de s’associer pour corriger leurs propres erreurs. Jusqu’à présent, l’industrie se divisait en deux écoles. D’un côté, la fabrication de puces électroniques traditionnelles : elles sont faciles à produire en grande quantité, mais les qubits y sont gravés dans le marbre. Si l’on découvre un meilleur moyen de les connecter après la fabrication, la puce est bonne à jeter.

De l’autre côté, l’utilisation d’atomes ou de photons. Ces particules volantes offrent une flexibilité incroyable, permettant de connecter n’importe quel qubit avec n’importe quel autre, ce qui est idéal pour la correction d’erreurs. Le hic ? Ce matériel relève du cauchemar logistique et coûte une fortune à entretenir. Les « points quantiques », des minuscules pièges à électrons gravés sur du silicium, appartenaient jusqu’ici à la première catégorie, celle des composants figés. Mais une récente percée vient de rebattre les cartes.

Des électrons sur les rails{{}}

Dans une collaboration entre l’Université de technologie de Delft et la start-up QuTech, des chercheurs ont réussi l’impensable : rendre les points quantiques mobiles. En alignant plusieurs de ces points sur une puce et en utilisant des impulsions électriques très précises, ils ont pu faire « glisser » un électron individuel d’un point à l’autre.

Loin d’être un simple jeu de chaises musicales, cette mobilité a permis de rapprocher artificiellement deux électrons pour superposer leurs états. Cette manipulation a rendu possible la création de « portes logiques à deux qubits », une opération fondamentale pour lier les particules entre elles (l’intrication) et effectuer de véritables calculs. Les résultats sont impressionnants : les opérations logiques ont affiché un taux de réussite dépassant les 99 %, et l’équipe a même pu réaliser des téléportations quantiques (le transfert instantané d’un état d’une particule à une autre) avec 87 % de succès.

ordinateur quantique suprématie quantique

Crédit : générée par Grok Illustration d’un ordinateur quantique.

L’usine quantique de demain{{}}

Ce succès expérimental redessine totalement l’avenir des processeurs quantiques. Les chercheurs imaginent désormais des puces structurées comme des réseaux routiers miniatures. Les qubits reposeraient tranquillement dans des « zones de stationnement » dédiées au stockage de la mémoire. Dès qu’un calcul ou une correction d’erreur serait nécessaire, ils voyageraient le long de pistes électroniques vers des « zones d’interaction » pour y être manipulés, avant de repartir.

Bien que l’expérience actuelle n’ait mobilisé qu’une simple ligne de six points quantiques et nécessite encore de sérieuses optimisations pour rivaliser avec les leaders du secteur comme IBM ou Google, la preuve de concept est là. Elle démontre qu’il est techniquement possible de marier la flexibilité suprême des systèmes atomiques avec la puissance de production de l’industrie des semi-conducteurs.

L’étude est publiée dans Nature.

Brice L.

Rédigé par Brice L. - Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d’une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

En continu : {{}}

Source : https://sciencepost.fr/ordinateur-quantique-lastuce-geniale-de-chercheurs-neerlandais-pour-faire-mieux-que-google-et-ibm/

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  • Ordinateur quantique : pourquoi la traque du « liquide de spin » vient de prendre un tournant totalement inattendu par Brice L.12 mai 2026, 6 h 22 min
    Pendant des années, les physiciens du monde entier ont traqué le Saint Graal du magnétisme : le « liquide de spin quantique » (QSL). Ce matériau théorique, censé révolutionner l’informatique de demain, semblait enfin avoir été débusqué. Mais une équipe internationale vient de doucher cet espoir. En scrutant de plus près ce « candidat idéal », ils ont réalisé qu’il s’agissait d’une fausse piste, révélant au passage une forme de matière jusqu’alors totalement inconnue de la science.

https://sciencepost.fr/wp-content/uploads/2026/05/michael-dziedzic-O99bWwDMBa8-unsplash-1152x770.jpgCrédit : Michael Dziedzic

Ce que vous allez apprendre :{{}}

  • Pourquoi le liquide de spin quantique est la clé de voûte des futurs super-ordinateurs.
  • Comment deux caractéristiques trompeuses ont induit les physiciens en erreur pendant des années.
  • La véritable nature du matériau CeMgAl 11 O 19, une nouvelle énigme pour la physique moderne.
    La traque du Saint Graal quantique{{}}

Pour comprendre l’enjeu, il faut se plonger dans le monde infiniment complexe de l’informatique quantique. Ces super-ordinateurs, capables de simuler le changement climatique avec une précision inouïe ou de modéliser de nouveaux médicaments à une vitesse exponentielle, souffrent aujourd’hui d’une immense fragilité. La moindre interférence peut corrompre leurs calculs.

C’est ici qu’intervient le fameux Liquide de Spin Quantique (QSL). Dans ce matériau hypothétique, les particules ont une impulsion (le « spin ») extrêmement chaotique et désordonnée, empêchant le système de se figer, même à des températures proches du zéro absolu. Les scientifiques pensent que cette fluidité perpétuelle pourrait rendre le stockage des données quantiques infiniment plus robuste face aux erreurs. Le problème, c’est que si on parvient à en synthétiser en laboratoire, aucun QSL n’a jamais été formellement identifié à l’état naturel.

Le mirage du CeMgAl 11 O 19{{}}

L’espoir était pourtant immense. L’hexaluminate de cérium et de magnésium (CeMgAl 11 O 19) semblait cocher toutes les cases. Il présentait les deux signatures indiscutables d’un QSL : un comportement magnétique totalement instable et un « continuum d’états » flou (une sorte de brouillard quantique impossible à définir clairement).

Mais en multipliant les expériences — en bombardant le cristal de rayons X et de neutrons, en abaissant radicalement sa température et en le soumettant à de puissants champs magnétiques — une équipe de physiciens de l’Université Rice (États-Unis) a fait tomber le masque. Les caractéristiques observées n’étaient pas dues à une phase de liquide de spin quantique. En réalité, c’était l’agencement très inhabituel de ses atomes et une violente bataille entre différentes forces magnétiques internes qui créaient cette parfaite illusion d’optique quantique.

https://sciencepost.fr/wp-content/uploads/2026/05/SpinWaves.webp

Crédit : Gao et al., Sci. Adv. , 2026 Les propriétés du matériau, notamment ses ondes de spin, ont été utilisées pour déterminer sa nature.

Un nouveau territoire physique{{}}

Loin d’être un échec, cette désillusion est une avancée spectaculaire. Elle prouve que les méthodes de détection actuelles des QSL ne sont pas aussi fiables qu’on le croyait, obligeant les scientifiques à revoir entièrement leurs protocoles de recherche.

Surtout, cette « erreur de diagnostic » a permis de classer le CeMgAl 11 O 19 dans une catégorie à part. Les propriétés magnétiques qu’il déploie ne correspondent à rien de connu. Comme l’affirme le physicien Pengcheng Dai : « Il s’agit d’un nouvel état de la matière que nous sommes les premiers à décrire ». S’il ne propulsera pas l’informatique quantique dans l’immédiat, ce matériau accidentellement découvert vient d’enrichir le grand catalogue de la physique moderne.

L’étude est publiée dans la revue Science Advances.

Brice L.

Rédigé par Brice L. Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d’une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

Source : https://sciencepost.fr/ordinateur-quantique-pourquoi-la-traque-du-liquide-de-spin-vient-de-prendre-un-tournant-totalement-inattendu/

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  • La France et l’Allemagne s’allient pour imposer l’Europe dans la course mondiale à l’informatique quantique - Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu - Publié le 12 mai 2026 à 13h03 - clubic.com

    Alexandre Boero

La France et l’Allemagne ont officialisé mardi un partenariat autour des technologies quantiques, pour faire de l’Europe une vraie puissance à l’échelle mondiale. Huit acteurs des deux pays ont signé à Paris une déclaration d’intention prometteuse.{{}}

quantique france allemagne © Summit Art Creations / Shutterstock / Pixabay / Clubic

quantique france allemagne © Summit Art Creations / Shutterstock / Pixabay / Clubic

C’est à l’ambassade d’Allemagne à Paris, ce 12 mai 2026, que les chercheurs, industriels, start-up et financeurs des deux pays se retrouvent pour construire ensemble une Europe quantique compétitive et souveraine. Dans la foulée, huit organisations majeures, du CEA à Quandela, en passant par Fraunhofer et le CNRS, ont signé une déclaration d’intention commune pour accélérer l’émergence d’un véritable écosystème quantique européen.

Paris réunit les deux grandes nations quantiques d’Europe donne rendez-vous au monde{{}}

C’est l’ambassadeur d’Allemagne en France, Stefan Steinlein, qui a pris l’initiative d’organiser cette réception parisienne, avec le soutien de l’ambassade de France en Allemagne, un geste diplomatique qui dit déjà beaucoup de l’importance accordée au sujet du quantique. Plus d’une centaine de représentants des deux pays ont répondu présent, avec des chercheurs de haut niveau côtoient des industriels, des start-up et des investisseurs. On a ici un peu toute la chaîne qui mène une technologie du laboratoire jusqu’au marché.

Cette réunion prolonge un agenda franco-allemand formalisé en août 2025, qui avait déjà posé les bases d’une coopération renforcée entre les deux pays sur le quantique. Car la France et l’Allemagne ne partent pas de rien, toutes deux abritent certains des acteurs les plus avancés au monde dans ce domaine. Alors plutôt que de laisser ces forces vives travailler chacune dans leur coin, l’idée est de les faire converger.

L’objectif est de faire en sorte que chercheurs, industriels, financeurs et décideurs politiques des deux pays travaillent vraiment ensemble, à chaque étape du développement des technologies quantiques. Cela va de la recherche fondamentale jusqu’à leur commercialisation. L’enjeu est réel, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de garantir que l’Europe développe ses propres solutions quantiques, sans dépendre de technologies étrangères, et qu’elle soit en mesure de les déployer à grande échelle.

Huit organisations unies pour un écosystème quantique européen compétitif et souverain{{}}

En marge de la fameuse réception, huit organisations ont signé une déclaration d’intention commune. Dans le lot, cinq sont Françaises, avec le CEA et le CNRS, pour la recherche publique, l’Inria en tant que spécialiste du numérique, Le Lab Quantique et la start-up Quandela, fer de lance de l’informatique quantique photonique qui vient de présenter son très intriguant projet AQeFLU avec Safran. Puis on retrouve deux entités allemandes, Fraunhofer, première organisation mondiale de recherche appliquée et le QUTAC (un consortium d’entreprises allemandes), en plus de l’European Champions Alliance, qui fédère les écosystèmes tech à l’échelle du continent.

Concrètement, les huit signataires se sont mis d’accord sur une série de chantiers prioritaires. Le premier consiste à identifier des applications réelles des technologies quantiques pour les entreprises et les industries. Le second ambitionne de tracer des feuilles de route réalistes pour que ces technologies soient effectivement adoptées à grande échelle en Europe. Ensuite, il y a l’objectif de fluidifier les échanges entre tous les acteurs (chercheurs, industriels, investisseurs et décideurs politiques. Et le quatrième, et non des moindres, doit mettre en lumière les réussites existantes pour encourager d’autres acteurs à sauter le pas.

Le dernier point, qui a son importance, est que cette alliance n’a pas vocation à rester un club fermé. Les huit signataires ont tenu à préciser que d’autres organisations, qu’elles soient européennes ou non, sont invitées à les rejoindre. Un message d’ouverture qui tombe à point nommé, alors que la compétition mondiale autour des technologies quantiques s’intensifie rapidement, portée notamment par les États-Unis et la Chine, et que la force de l’Europe se jouera aussi sur sa capacité à faire bloc.

Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu

Source : https://www.clubic.com/actualite-612715-la-france-et-l-allemagne-s-allient-pour-imposer-l-europe-dans-la-course-mondiale-a-l-informatique-quantique.html

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https://solnum.b-cdn.net/wp-content/uploads/2026/05/quandela-coeur-de-calcul-696x524.jpg

Contrairement aux autres technologies quantiques, la photonique ne nécessite pas de très basses températures pour fonctionner : il n’est pas nécessaire de placer le processeur quantique dans le cryostat avec les générateurs de photons et les détecteurs. Crédit : Alain Clapaud.

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Industrialiser la data : le moment des choix difficiles

En installant son calculateur photonique Lucy au Très Grand Centre de calcul du CEA à Bruyères-le-Châtel, Quandela veut démontrer qu’une autre voie est possible dans la course au quantique. Face aux géants américains et chinois, la startup française prépare une nouvelle levée de fonds et mise sur une technologie photonique présentée comme plus rapide et moins énergivore. Mais comme tout le secteur, elle doit désormais relever le principal défi du marché : passer à l’échelle. 

Une course qui se dispute à l’échelle mondiale 

Face à Quandela, la course vers la suprématie quantique est l’affaire des grandes puissances mondiales. Les entreprises américaines sont celles qui communiquent le plus. IBM fait actuellement figure de leader avec son processeur IBM Quantum Nighthawk et l’architecture Quantum Loon qui vise à être plus tolérante aux pannes, avec une machine FTQC attendue pour 2029. Google talonne Big Blue avec une technologie qui marie supraconducteurs et atomes neutres. On peut aussi citer Microsoft qui a dévoilé son processeur Majorana-1 en février 2025, mais qui est aujourd’hui plus discret. Plus récemment, IonQ a fait sensation en janvier dernier, en annonçant vouloir prendre le contrôle de Skywater, un fondeur de composants, afin d’accélérer son innovation sur les puces quantiques à base d’ions piégés. 

Parmi les autres acteurs clés du marché américain, on peut citer Rigetti Computing qui vient de repousser le lancement de son calculateur à base de supraconducteurs à 108 qubits, ou encore le pionnier D-Wave est connu pour avoir lancé un premier calculateur quantique dès 2011, mais dont approche basée sur le recuit quantique simulé a des cas d’usage plus limités. 

La Chine travaille aussi sur le quantique. La Chine a communiqué sur le Jiuzhang, un processeur photonique chinois dévoilé en 2020, suivi par le Zuchongzhi-2 un an plus tard. Ce dernier, un processeur quantique sur supraconducteur, était donné pour 66 qubits en 2021, puis 105 qubits dans sa version 3, dévoilée en 2025. 

L’écosystème quantique français toujours en pointe 

En France, Atos ne compte pas fabriquer lui-même de processeur quantique, mais s’est allié avec le finlandais IQM Quantum Computers pour proposer à ses clients de travailler sur des algorithmes quantiques. Du côté des startups hexagonales, le programme PROQCIMA du Ministère des Armées est représentatif de l’écosystème quantique français.

Lancé en 2024, ce programme a vu cinq startups françaises sélectionnées pour sa phase initiale : Alice&Bob qui mise sur la technologie des qubits « chat » sur des circuits supraconducteurs, C12 qui s’appuie sur des nanotubes de carbone pour obtenir des qubits plus stables, Pasqal qui piège des atomes froids au moyen de pinces optiques, Quandela qui parie sur la photonique quantique et enfin Quobly qui a fait le choix des qubits spin sur silicium pour utiliser les procédés CMOS industriels existants.

La phase 1 de PROQCIMA de montée en maturité s’achève et la phase 2 débute en 2026 avec la sélection des trois technologies jugées les plus performantes en 2028. Jusqu’en 2032, les 3 candidats sélectionnés devront faire passer leur technologie à l’échelle et les 2 meilleurs devront livrer des prototypes à 128 qubits logiques, sur des architectures capables de monter jusqu’à 2 048 qubits logiques sur les calculateurs commerciaux. Ce programme donne en quelque sorte le tempo à l’écosystème quantique français vers une réelle commercialisation de calculateurs quantiques d’ici les années 30.

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Source : https://www.solutions-numeriques.com/quandela-face-aux-geants-du-quantique-la-bataille-du-passage-a-lechelle/

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  • De la lumière à l’ordinateur quantique : le défi de la physicienne Pascale Senellart, co-fondatrice de la start-up Quandela - Marie Scharff - Publié le 14 mai 2026 à 17h00 - Réservé aux abonnés ‘usinenouvelle.com’
    Transformer la lumière en machine à calculer : c’est l’ambition poursuivie depuis plus de vingt ans par la physicienne Pascale Senellart. {{}}

Spécialiste de nanophotonique, elle développe des dispositifs capables de produire des photons – les grains élémentaires de lumière – un par un, grâce à des « boîtes quantiques », sortes d’atomes artificiels fabriqués dans des semi-conducteurs conçus pour la recherche fondamentale. Au fil des conférences, toujours plus d’équipes réclament ces dispositifs. C’est alors qu’un ancien post-doctorant de son équipe, Niccolo Somaschi, propose de créer une entreprise. « Ce n’était pas dans mon caractère de me dire qu’on allait vendre ces composants », reconnaît-elle. Mais la demande est là et le moment propice.

En 2017, avec Valérian Giesz, ils créent la start-up Quandela. Très vite, l’ambition change d’échelle. « On s’est dit qu’il fallait construire un ordinateur quantique », raconte la physicienne. Aujourd’hui, Quandela fait partie des acteurs européens les plus avancés du calcul quantique photonique. Il a déjà livré plusieurs machines à des centres de recherche et à des industriels, dont l’ordinateur Lucy au CEA. Le quotidien de la chercheuse est désormais partagé entre laboratoire et start-up. « Je fais le grand écart permanent », résume-t-elle.

Ses travaux lui ont valu d’entrer, en 2022, à l’Académie des sciences et de recevoir, en décembre, l’une des quatre médailles 2025 de l’innovation du CNRS. Elle double son engagement scientifique d’un combat pour améliorer la place des femmes dans les sciences. Confrontée à des attitudes sexistes dans certaines instances, elle a signé depuis un manifeste appelant à une meilleure représentation des femmes dans ce domaine encore très masculin.

Vous lisez un article de L’Usine Nouvelle 3753 - Avril 2026 - Lire le magazine

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Source : https://www.usinenouvelle.com/elles-et-ils-font-l-industrie/de-la-lumiere-a-lordinateur-quantique-le-defi-de-la-physicienne-pascale-senellart-co-fondatrice-de-la-start-up-quandela.HXY3ANR455LUJHASMK6BL77VI4.html

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  • Pourquoi Emmanuel Macron veut faire du quantique et des semi-conducteurs un test de souveraineté européenne - Publié le 20/05/2026 à 10:01 - Article rédigé par Philippe Rioux - Document ‘ladepeche.fr’{{}}

    L’ordinateur quantique français Lucy.

L’ordinateur quantique français Lucy. CEA

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Emmanuel Macron, Innovation - High Tech, France - Monde

Philippe Rioux

Journaliste éditorialiste La Dépêche du Midi

L’essentiel - Le chef de l’État présidera, vendredi 22 mai 2026, au Très Grand Centre de calcul (TGCC) du CEA, une séquence importante au forum européen consacré au calcul intensif, au quantique et aux semi-conducteurs. Objectif : faire accélérer l’Europe face aux États-Unis et à la Chine.

Emmanuel Macron se rendra vendredi 22 mai au Très Grand Centre de calcul (TGCC) du CEA, à Bruyères-le-Châtel, pour placer trois technologies au cœur du récit européen de souveraineté : la puissance de calcul, le quantique et les semi-conducteurs. Le TGCC incarne l’une des infrastructures stratégiques françaises de calcul intensif, au moment où l’intelligence artificielle, la défense, la cryptographie, les matériaux et les sciences du vivant dépendent de plus en plus de capacités de calcul souveraines.

Lucy, ordinateur quantique photonique{{}}

Le Forum européen sur la puissance de calcul, les sciences et technologies quantiques et les semi-conducteurs doit réunir chercheurs, industriels, investisseurs et responsables politiques. Autour de la table figurent des acteurs clés de la chaîne de valeur européenne, d’ASML à STMicroelectronics, en passant par Fraunhofer, l’IMEC et plusieurs jeunes pousses françaises du quantique comme Pasqal, Alice & Bob, Quandela, Quobly ou C12. La matinée sera consacrée à la recherche, au financement et aux usages industriels, notamment dans l’intelligence artificielle et la défense. Le président visitera ensuite Lucy, ordinateur quantique photonique, avant un discours attendu à la mi-journée.

Le message de l’Élysée est déjà balisé : faire de ces filières un pilier de l’autonomie stratégique européenne. Emmanuel Macron devrait ainsi défendre une préférence européenne dans les marchés publics, un soutien plus affirmé aux champions industriels et une politique commerciale plus offensive. Le chef de l’État veut aussi accélérer la révision du Chips Act européen et pousser la préparation d’un Quantum Act, pendant quantique du cadre européen sur les semi-conducteurs.

Quantique : émergence d’un écosystème d’environ vingt start-up{{}}

Cette séquence intervient alors que la France revendique les premiers résultats de sa stratégie nationale quantique, lancée en janvier 2021. L’effort annoncé atteint 1,8 milliard d’euros sur la période 2021-2025. Il a permis de financer la recherche, les infrastructures de calcul, les technologies habilitantes et la formation. L’exécutif met en avant une hausse de 25 % des thèses dans le domaine, de 40 % des masters spécialisés et l’émergence d’un écosystème d’environ vingt start-up. Le programme PROQCIMA, doté de 500 millions d’euros sur cinq ans, doit soutenir la commande publique, notamment de défense, avec l’objectif de deux prototypes d’ordinateurs quantiques universels de conception française à l’horizon 2032.

Mais le rendez-vous du 22 mai vise moins à célébrer un bilan qu’à ouvrir une nouvelle étape. La France doit désormais transformer des financements publics, des laboratoires d’excellence et des start-up prometteuses en chaînes industrielles capables de produire, vendre et exporter. C’est le point faible européen : une science de haut niveau, mais une conversion encore insuffisante en marchés, en volumes et en puissance industrielle.

Se hisser au niveau des États-Unis et de la Chine{{}}

Car la concurrence est brutale. Les États-Unis disposent d’un écosystème privé plus profond, d’une capacité supérieure à financer la commercialisation et de grands groupes capables d’intégrer calcul, cloud, semi-conducteurs et intelligence artificielle. La Chine, elle, avance par une stratégie plus centralisée et est particulièrement forte dans les communications quantiques et la structuration de filières nationales. Selon le MIT Quantum Index Report 2025, la Chine détenait 60 % des brevets quantiques en 2024, loin devant ses concurrents.

L’Europe n’est, heureusement, pas hors course. Elle dispose d’instituts, d’industriels et de talents reconnus, mais elle demeure dans la position du poursuivant. La Commission européenne a elle-même identifié le problème : le continent sait produire de la recherche, mais peine encore à transformer cette avance scientifique en puissance économique. La fragmentation des politiques nationales, la faiblesse relative du financement privé et la difficulté à faire émerger des champions continentaux restent les principaux obstacles.

Le quantique et les semi-conducteurs sont devenus des instruments de puissance{{}}

C’est pourquoi le discours attendu d’Emmanuel Macron dépassera le seul cadre technologique. Le quantique et les semi-conducteurs sont devenus des instruments de puissance. Ils conditionnent la sécurité des communications, la capacité de calcul des armées, la compétitivité industrielle et l’indépendance du cloud. Le futur règlement européen CAIDA, destiné notamment à protéger les données et les services cloud contre les effets de lois extraterritoriales américaines, devrait aussi s’inscrire dans cette logique.

Le chef de l’État dispose enfin d’un levier financier. France 2030, doté de 54 milliards d’euros, conserve près de 11 milliards d’euros qui restent à engager. L’Élysée promet des mesures structurantes et des financements importants. Reste à savoir s’ils permettront de franchir l’étape décisive : passer de la souveraineté proclamée à la souveraineté produite.

Dans la bataille mondiale du quantique et des puces, l’Europe ne manque pas d’ambition. Mais elle doit maintenant urgemment prouver qu’elle sait tenir le rythme...

C’est quoi le quantique ?{{}}

Le quantique, c’est la physique de l’infiniment petit, celle des atomes et des particules. À cette échelle, les règles habituelles de laz physique classique ne marchent plus tout à fait : une particule peut ainsi exister dans plusieurs états possibles en même temps. Son comportement est décrit par des probabilités plutôt que par une certitude immédiate. Ce monde quantique a déjà changé notre quotidien : les transistors, les lasers, une partie des écrans et des technologies médicales en viennent.

Pour l’avenir, le quantique pourrait surtout servir à faire des calculs très complexes, aider à découvrir de nouveaux médicaments, améliorer la sécurité informatique, fabriquer des capteurs très précis et optimiser des réseaux ou des transports.

À court terme, le grand public verra surtout des usages indirects - meilleure sécurité, médecine plus fine, calcul plus performant - plutôt qu’un “ordinateur quantique à la maison”.

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Source : https://www.ladepeche.fr/2026/05/20/pourquoi-emmanuel-macron-veut-faire-du-quantique-et-des-semi-conducteurs-un-test-de-souverainete-europeenne-13378984.php

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  • Quantique : Emmanuel Macron va annoncer vendredi son acte 2 pour les champions français – Mai 2026 - Document ‘maddyness.com’{{}}
    Alors que les États-Unis et la Chine accélèrent dans les technologies quantiques, Emmanuel Macron doit annoncer vendredi de nouveaux financements pour les filières quantique et semi-conducteurs.

Une séquence pensée comme un acte 2 de la souveraineté technologique française et européenne, avec de possibles annonces côté startups.

Emmanuel Macron veut donner un nouveau coup d’accélérateur aux technologies critiques. Le chef de l’État doit annoncer vendredi de nouveaux financements pour les filières quantique, électronique et semi-conducteurs, notamment dans le cadre du programme France 2030. L’enjeu est clair : permettre à la France et à l’Europe de rester dans la course face aux États-Unis et à la Chine, alors que la compétition mondiale s’intensifie autour du calcul, des puces et des infrastructures technologiques souveraines.

Le président de la République se rendra pour l’occasion au Très Grand Centre de Calcul du CEA, à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne. Il y visitera Lucy, l’ordinateur quantique photonique installé au sein du TGCC. Cette visite doit servir de décor à une séquence plus large, réunissant membres du gouvernement, chercheurs, industriels, investisseurs et représentants d’institutions françaises et européennes.

À l’issue de tables rondes, Emmanuel Macron doit faire des annonces “très structurantes et très significatives” pour ces deux filières, selon l’Élysée. Leur montant n’a pas encore été précisé, mais elles doivent s’inscrire dans le reliquat de France 2030, programme initialement doté de 54 milliards d’euros, dont environ 11 milliards restent à engager.

La séquence doit aussi permettre à l’exécutif de défendre une ligne européenne plus offensive. L’Élysée évoque la nécessité de faire émerger des champions capables de rivaliser avec les acteurs américains et chinois, mais aussi de pousser une forme de préférence européenne lorsque les capacités existent sur le continent. Le président doit ainsi préciser la position française sur plusieurs textes européens en discussion, notamment autour du Quantum Act et de la révision du Chips Act.

Passer de la recherche au marché{{}}

L’enjeu est particulièrement sensible dans le quantique. Emmanuel Macron avait lancé en 2021 une stratégie nationale dotée de 1,8 milliard d’euros sur la période 2021-2025. Cette première phase a contribué à structurer un écosystème français autour de startups comme Pasqal, Quandela, Alice & Bob, Quobly ou C12, régulièrement citées parmi les acteurs européens les plus avancés du secteur.

Cette stratégie avait été complétée en 2024 par le programme PROQCIMA, doté de 500 millions d’euros sur cinq ans, destiné à soutenir la commande publique dans le domaine du calcul quantique, notamment pour les besoins de défense. Un levier jugé essentiel par l’écosystème, alors que les cas d’usage industriels restent encore en phase d’émergence.

Mais l’Élysée estime qu’une nouvelle étape est désormais nécessaire. Après la structuration de la recherche et l’émergence de premiers champions, les acteurs français doivent générer davantage de revenus, accéder à plus de commandes et démontrer des cas d’usage concrets. Plusieurs startups françaises pourraient d’ailleurs profiter de cette séquence pour annoncer de nouveaux financements ou partenariats.

Les semi-conducteurs dans le sillage de l’IA{{}}

Les semi-conducteurs seront l’autre pilier de cette séquence. Une stratégie nationale d’accélération avait été lancée en 2022 avec 5,5 milliards d’euros, tous engagements confondus. Le sujet est devenu encore plus stratégique avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui renforce la demande en puissance de calcul et en puces avancées.

Dans ce domaine aussi, l’exécutif veut défendre une logique de souveraineté européenne. La France entend soutenir les industriels capables de produire en Europe, dans un contexte de fortes dépendances à l’Asie et aux États-Unis. STMicroelectronics, SiPearl ou Kalray figurent parmi les acteurs régulièrement cités dans cette filière stratégique.

La mobilisation des acteurs français et européens doit ainsi nourrir un message plus large d’Emmanuel Macron en faveur d’une plus grande indépendance technologique du Vieux Continent. Le chef de l’État veut faire de cette souveraineté l’un des fils rouges de sa dernière année de mandat, en lien avec les enjeux d’IA, de cloud, de calcul haute performance, de défense et d’industrie.

Cette prise de parole s’inscrit dans une séquence plus large. Emmanuel Macron doit revenir mardi prochain sur le volet énergétique, avec des annonces en faveur de l’électrification des usages. Le 1er juin, il réunira ensuite à Versailles de grands investisseurs étrangers pour Choose France, l’événement annuel consacré à l’attractivité du pays.

Équipe Pasqal - Crédits - Pasqal

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Source : https://www.maddyness.com/2026/05/20/quantique-emmanuel-macron-va-annoncer-vendredi-son-acte-2-pour-les-champions-francais/

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  • La société française spécialisée dans l’informatique quantique ‘Alice & Bob’ obtient un nouvel investissement de la branche de capital-risque de Nvidia - Information fournie par Reuters • 22/05/2026 à 07:01 – ‘boursorama.com’{{}}
    ((Traduction automatisée par Reuters à l’aide de l’apprentissage automatique et de l’IA générative, veuillez vous référer à l’avertissement suivant : https://bit.ly/rtrsauto )) par Dominique Patton

La société française Alice & Bob a obtenu un financement de la part de NVentures, la branche de capital-risque de l’ NVDA.Ode Nvidia, a-t-elle annoncé vendredi. Ce financement soutient le développement de matériel visant à rendre l’informatique quantique moins sujette aux erreurs, à un moment où l’intérêt pour cette technologie est en plein essor.

La société n’a pas donné de détails sur le montant de l’investissement, qui intervient juste après l’annonce par l’administration Trump de son intention d’investir 2 milliards de dollars dans des prises de participation au sein de neuf entreprises spécialisées dans l’informatique quantique, dans le cadre d’une initiative majeure visant à assurer le leadership américain dans cette technologie émergente.

* Les récentes avancées technologiques ont renforcé l’intérêt des investisseurs pour le potentiel de l’informatique quantique à accélérer des tâches allant de la découverte de médicaments à la modélisation financière en passant par la cryptographie.

* Cette augmentation « massive » des investissements est motivée par la prise de conscience que « l’infrastructure informatique devient de plus en plus cruciale dans nos économies », a déclaré à Reuters Theau Peronnin, directeur général d’Alice & Bob.

* Alice & Bob, qui possède des bureaux à Paris et à Boston, se concentre sur les « cat qubits », un type particulier de qubit quantique conçu pour êtreplusrésistant aux erreurs que les qubits classiques, s’attaquant ainsi à l’ , l’un des principaux problèmes de l’informatique quantique.

* Ce nouvel investissement, qui s’ajoute à un tour de table de série B de 100 millions d’euros levé l’année dernière, fait suite à la collaboration récente entre Alice & Bob et Nvidia sur plusieurs projets qui a permis à l’entreprise de démontrer son talent et sa technologie, a déclaré M. Peronnin.

* La technologie d’Alice & Bob permet de construire des ordinateurs quantiques « très compacts et très rentables », « ce qui nous place vraiment en tête de la course à l’heure actuelle », a-t-il ajouté.

* L’entreprise participe au programme français PROQCIMA, piloté par le ministère des Armées, qui vise à disposer de deux prototypes d’ordinateurs quantiques universels de conception française prêts pour l’industrialisation d’ici 2032.

* « Nous espérons un renforcement de ce programme de marchés publics », a déclaré M. Peronnin, ajoutant que le soutien public aux domaines stratégiques « oblige les entreprises à tenir leurs engagements et contribue à créer des champions ».

NVIDIA 219,5100 USD NASDAQ -1,77%

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  • Quantique : la ‘deeptech’ Pasqal démontre expérimentalement la supériorité des qubits logiques pour résoudre des équations différentielles - Frédéric Monflier Publié le 21 mai 2026 à 14h50 - Réservé aux abonnés ‘usinenouvelle.com’
    Pasqal, qui développe des ordinateurs quantiques, sort ce 21 mai 2026 une prépublication scientifique qui devrait avoir un certain retentissement dans le domaine particulier des atomes froids : la démonstration expérimentale que des qubits logiques sont bien meilleurs que des qubits physiques pour réaliser un calcul complet, à savoir la résolution d’équations différentielles.

Pasqal Quantique

Deyan Parouchev / Pasqal

Un ordinateur quantique de Pasqal, qui exploite une plateforme technologique à base d’atomes froids.{{}}

A l’origine d’ordinateurs quantiques à atomes froids (ou neutres), la deeptech française Pasqal fait coup double. Dans une prépublication scientifique accessible ce 21 mai sur Arxiv, elle présente à la fois la démonstration de ses 2 premiers qubits logiques et un cas d’usage montrant leur supériorité dans la résolution d’équations différentielles, qui décrivent de nombreux phénomènes physiques. Une « première mondiale » pour la plateforme technologique des atomes neutres, indique le communiqué de presse accompagnant cette annonce. L’étude, dont un aperçu est visible depuis avril sur le blog de Pasqal, a été financée par France 2030 et le programme Proqcima, initié par le ministère des Armées.

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Ces erreurs sont provoquées par divers effets indésirables (thermique, électrique, magnétique, etc), qui compromettent la cohérence quantique du qubit, et par les imprécisions des opérations (les portes) réalisées sur ces mêmes qubits. Le qubit logique est la « brique » indispensable au calcul quantique tolérant aux fautes, celui qui promet ces prochaines années le fameux avantage quantique espéré par l’industrie pour de nombreuses applications, comme la découverte de nouveaux matériaux aux propriétés inédites.

Une précision de 50% supérieure{{}}

Dans le cas présent, « il n’y a pas d’avantage quantique car c’est une équation qu’on sait résoudre (de façon classique, ndlr), fait remarquer Antoine Browaeys, directeur de recherche CNRS à l’Institut d’optique, également cofondateur et directeur scientifique de Pasqal. Mais les résultats, grâce à l’encodage logique, gagnent en fidélité. » Pour arriver à cette conclusion, les équipes de la deeptech ont résolu une série de 1000 équations différentielles, grâce à une méthode mathématique particulière (« noyau quantique ») : l’algorithme exécuté sur les qubits logiques améliore la précision des résultats de 50% en moyenne, en comparaison avec le même algorithme sur des qubits physiques. Le gain est même d’un facteur 10 sur un « problème linéaire non représentatif », d’après le communiqué de presse.

« Google ou encore Quera Computing (un concurrent américain de Pasqal dans le domaine des atomes neutres, ndlr) ont déjà fait la démonstration de qubits logiques, du bon fonctionnement de la correction d’erreurs, etc., mais ces qubits logiques n’étaient pas mis en œuvre expérimentalement pour des calculs complets », souligne Antoine Browaeys. Le chercheur fait cependant mention d’une publication il y a quelques semaines de l’américain Quantinuum, qui a exploité des qubits logiques fondés sur des ions piégés pour modéliser un phénomène de magnétisme quantique.

L’avantage de la pratique sur la théorie{{}}

Pasqal a employé, pour son expérience, une machine de R&D, dont les 2 qubits logiques ont été formés à partir de 6 qubits physiques et du code correcteur d’erreurs dit « code de stabilisation CSS (4,2,2) », dans le jargon. La fidélité des portes logiques était de 99,4% et a permis d’effectuer « plus d’une centaine d’opérations logiques » pour résoudre les équations, commente Antoine Browaeys. « En réalisant un calcul complet, on apprend beaucoup sur le hardware et le software, poursuit-il. En analysant les résultats, on s’aperçoit par exemple qu’il est possible de simplifier le circuit quantique (l’ensemble des qubits et des portes permettant l’exécution de l’algorithme, ndlr). » Voilà une démonstration qui devrait contribuer à valoriser Pasqal, qui prépare son entrée en bourse.

À lire aussi : {{}}

Frédéric Monflier, Journaliste

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Source : https://www.usinenouvelle.com/industrie-technologie/deeptech/technos-quantique/quantique-la-deeptech-pasqal-demontre-experimentalement-de-la-superiorite-des-qubits-logiques-pour-resoudre-des-equations-differentielles.VK7V3OUDQZAAZAHNL54VPJNQ5I.html

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  • Comment l’IA a bouleversé l’université : onze normaliens face à ChatGPT - Auteur Camille Nédellec - Image © Tundra Studio - Date 20 mai 2026 – Document ‘legrandcontinent.eu’{{}}
    Études Puissances de l’IA - Nous avons demandé à quelques élèves et étudiants de l’École normale supérieure (en les ‘anonymisant’) comment et pourquoi ils utilisaient l’intelligence artificielle.

    Un portrait en prise directe de la génération IA.

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Si l’IA générative est principalement créée et développée aux États-Unis et en Chine, c’est dans les pays européens que son taux d’adoption est parmi les plus élevés

Cet usage est particulièrement marqué chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans : selon les derniers chiffres d’Eurostat, ils sont 63,8 % au sein de l’Union à utiliser l’intelligence artificielle générative, soit une proportion deux fois supérieure à celle de l’ensemble de la population, qui s’élève à 32,7 % pour les personnes âgées de 16 à 74 ans 1. En France, en Espagne et en Irlande, c’est plus de 40 % de la population qui y a déjà eu recours au deuxième semestre 2025, contre moins de 30 % aux États-Unis et 16 % en Chine.

L’adoption de l’IA est encore plus importante dans la population étudiante. Une enquête Ipsos réalisée pour Epita 2, et dont les résultats ont été publiés en février 2026, révèle que 92 % des étudiants français ont déjà utilisé l’IA dans le cadre de leurs études, et que près d’un étudiant sur deux l’utilise au quotidien. 47 % des étudiants reconnaissent qu’ils auraient du mal à s’en passer.

Mais alors que l’IA s’est fait une place dans les pratiques de travail des étudiants, elle suscite de moins en moins d’enthousiasme.{{}}

Une prise de conscience croissante des problèmes réels et potentiels liés à la technologie, y compris de son impact sur le marché du travail et notamment sur les postes juniors 3, témoigne de l’émergence d’une approche critique diffuse. En l’absence de baromètre comparable permettant de mesurer le rapport de la génération Z à l’IA au sein de l’Union, citons à titre d’exemple les résultats obtenus aux États-Unis en avril 2026 : selon un sondage Gallup, 31 % des sondés déclarent que l’IA les « met en colère », une proportion en nette augmentation par rapport à 2025. Les étudiants français sont 62 % à juger l’IA pas, voire pas du tout éthique ; 61 % à estimer son usage peu sûr ; 52 % à nier son caractère juste et équitable ; 45 % à la trouver non fiable 4

Alors que l’enthousiasme premier suscité par l’IA auprès de la génération Z est en train de s’estomper, nous avons voulu comprendre ce qu’il en était pour un groupe d’élèves et d’étudiants de l’École normale supérieure. Quel que soit leur domaine de spécialité ou leur département de rattachement, les élèves interrogés affirment s’en être largement emparés : d’assistant de rédaction à éphémère compagnon de triche, l’IA est décrite par la plupart comme un outil étrange mais qu’il est devenu de plus en plus difficile d’éviter. 

L’IA suscite des émotions négatives telles que la honte, le désespoir, l’inquiétude et la techno-négativité. Ce sentiment est confirmé par les premiers mots spontanément associés à la technologie par une partie des personnes interrogées : méfiance, risque, terreur. D’autres revendiquent un certain pragmatisme dans l’utilisation de la technologie, tout en admettant par exemple que « si j’en faisais un usage plus intense, je serais probablement plus inquiet de constater ses progrès. »

Pour la quasi-totalité des répondants, l’IA est également une question politique : ses impacts écologiques — « gaspiller six litres d’eau pour créer un chat qui danse sur TikTok, c’est en effet intolérable » — les bouleversements sociaux qu’elle entraîne et les questions qu’elle soulève en matière d’éthique, de données personnelles et d’émancipation citoyenne en témoignent.

Afin de préserver leur anonymat, les prénoms des élèves ont été modifiés.

— Émilie (23 ans) et Tiago (22 ans) sont au département des sciences sociales de l’ENS ;

— Lili (23 ans) et Anastasia (25 ans) sont au département littérature et langage de l’ENS ;

— Claire (22 ans) et Calixte (23 ans) sont au département des sciences de l’Antiquité de l’ENS ;

— Marguerite (22 ans) et Ambroise (24 ans) sont au département des arts de l’ENS ;

— Mona (22 ans) est au département de philosophie de l’ENS ;

— Bérénice (22 ans) est au département d’histoire de l’ENS ;

— Salvador (23 ans) est au département de mathématiques de l’ENS. 

Quand on vous dit IA conversationnelle, quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ? {{}}

Émilie ChatGPT. Probablement parce que OpenAI est l’entreprise qui a popularisé l’intelligence artificielle, du moins pour le grand public. Même si c’est dommage que la représentation de l’intelligence artificielle se réduise à une marque, c’est ce qui vient immédiatement en tête. C’est la beauté de l’antonomase : ChatGPT, c’est un peu le Kleenex de l’IA conversationnelle.

Ambroise Risque. Spontanément, je pense au risque climatique, notamment à cause des quantités énormes d’eau nécessaires à la maintenance des data centers ; au risque informationnel et intellectuel, si les réponses données par l’IA ne sont pas vérifiées et si la régularité des demandes entraîne, de la part de l’utilisateur, une délégation de plus en plus habituelle de la réflexion et de la mémoire à l’IA. 

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Anastasia Méfiance. La conversation est un dialogue entre deux personnes qui se tournent l’une vers l’autre, c’est une relation qu’une IA ne peut qu’imiter pâlement.

Claire Terreur. Il est terrifiant que des êtres humains puissent décider d’entamer une pseudo-conversation avec un non-être. 

Mona Illusion. On ne converse pas avec quelqu’un qui n’a pas de corps.

L’utilisez-vous ? À quelle fréquence et pour quels usages ? {{}}

Bérénice Oui, à des fréquences diverses en fonction de mes activités du moment. Assez régulièrement lorsque je suis confrontée à des normes ou à des compétences technologiques que je ne maîtrise pas ou trop peu (mission nouvelle en stage, nouvelle méthode de recherche, premiers emplois d’Excel, de GIMP ou autre logiciel). Lorsque je peux me reposer sur des compétences déjà acquises ou des contenus facilement accessibles par d’autres moyens (séminaires de recherche, expériences plus pratiques, comme du soutien scolaire,…), je l’utilise très peu, voire jamais.

Mon usage de l’IA dépend de beaucoup de paramètres contextuels : ai-je du temps devant moi pour mener des recherches plus complètes, mais plus chronophages ? Ai-je un référent humain qui pourrait me donner des explications similaires ? Suis-je dans un environnement sain, où je me sens en confiance pour avouer mes difficultés ? Face à un problème, suis-je capable de formuler une recherche claire sur Google, ou ai-je besoin de déléguer l’analyse de la situation à une intelligence autre ? 

Ambroise Cela m’est arrivé deux fois d’utiliser une IA conversationnelle. Étant donné qu’aujourd’hui, de nombreuses applications disent être optimisées par l’IA, je l’ai certainement aussi utilisée de manière indirecte. La première fois, c’était pendant le premier confinement, pour lui faire écrire un poème et en examiner la qualité. La seconde, c’était dans le cadre de mes recherches, pour savoir s’il existait une œuvre en lien avec mon sujet, dont je ne connaissais pas encore l’existence.

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Émilie Oui, tous les jours. Je lui confie des tâches qui m’ennuient comme la communication (sur les réseaux sociaux et pour les mails généraux d’information dans le cadre de mes activités associatives). Je demande aussi beaucoup de création de documents administratifs (attestations sur l’honneur, chartes en tout genre). Si je suis bloquée sur un texte à rédiger, que ce soit un paragraphe de mémoire ou un mail avec des enjeux qui m’angoissent, je fais rédiger une première version à l’IA, quitte à tout reprendre, parce que je trouve ça plus simple de corriger quelque chose que de partir de zéro. Finalement, c’est surtout un assistant de rédaction.

TiagoJ e m’en sers pour écrire du code, nécessaire à la conduite de mes études statistiques. 

Mona Non, jamais. 

L’usage de l’IA est-il associé à une émotion particulière (honte, curiosité, remords, désespoir, techno-négativité ou, au contraire, espoir en l’avenir, euphorie, toute-puissance) ?{{}}

Claire Plutôt techno-négativité et désespoir face à l’avenir, surtout d’un point de vue scolaire. Mais l’usage ponctuel et circonscrit est plutôt associé à la satisfaction de l’efficacité, quand la recherche demandée porte ses fruits.

Marguerite Honte et désespoir. La honte, plutôt pour ce qui relève d’une tâche que nous n’avons pas les compétences ou la patience de réaliser. Le désespoir, lui, s’associe à l’usage relationnel qu’on peut faire de l’IA (remplacer un ami, un psy…). 

Salvador La curiosité. Cette technologie a évolué très rapidement et a rattrapé mon niveau en mathématiques. Si j’en faisais un usage plus intense, je serais probablement plus inquiet de constater de tels progrès. 

Émilie L’arrivée de l’IA dans nos vies, particulièrement depuis ces trois ou quatre dernières années, a suscité de très vives émotions. C’est une avancée majeure mais je ne sais pas si la réaction est proportionnée. Pour ma part, on me présente un outil performant, je l’essaie, je le trouve efficace, je l’intègre à ma pratique. C’est assez pragmatique.

À l’époque de nos parents, les étudiants qui écrivaient leur mémoire ou thèse avec Word devaient préciser que le document était « écrit avec un logiciel de traitement de texte ». On disait déjà alors que c’était l’apogée de la paresse intellectuelle de travailler avec un correcteur orthographique. Aujourd’hui, cela semblerait stupide de s’échiner à écrire une thèse à la main.

Tiago Je ne sais pas trop, de mon côté je prends le problème par tous les bouts et je ne sais pas tellement quoi en dire à la fin…

L’usage que vous en faites-vous semble-t-il intellectuellement honnête ? Ou cela s’apparente-t-il pour vous à de la tricherie ?{{}}

Anastasia J’ai parfois l’impression de tricher intellectuellement : l’IA donne une réponse rapide et relativement simple à des problèmes complexes, ce qui donne l’illusion qu’on avance plus rapidement en l’utilisant. Mais, dans l’ensemble, j’ai l’impression que ma pratique reste relativement honnête : je l’utilise avec un regard critique pour affiner certaines formulations ou idées.

Calixte Non, car l’IA corrige mes fautes de frappe à l’ordinateur, ça m’évite juste une relecture désagréable. En langue vivante par contre, ça permet effectivement de tricher très, très facilement. Mais je ne le fais pas. Promis. Je vous jure.

Émilie Quand je lis « aucune utilisation de l’IA rédactionnelle ne sera tolérée » pour une validation de fin de semestre et que j’utilise quand même ChatGPT pour mon rendu, je me sens assez mal à l’aise, c’est sûr. Mais j’ai l’impression que mon usage reste intellectuellement honnête dans la mesure où je ne laisse pas la production de l’IA se substituer à la mienne.

Je pense que c’est honnête tant que le contenu vient toujours de moi. Je me souviens d’un processus de sélection pour un stage, l’année dernière : on m’avait dit que j’avais été retenue pour l’entretien car j’étais la seule candidate à ne pas avoir utilisé l’IA pour la tâche demandée (proposer un programme de documentaire). Sauf que je l’avais utilisée ! Pour rédiger rapidement une maquette dont j’avais mis plusieurs jours à penser l’orientation.

MonaCe n’est ni une affaire d’honnêteté ni de tricherie, mais de choix. Accepte-t-on de s’avilir intellectuellement, ou pas ?

Avouez-vous sans difficulté, publiquement, que vous utilisez l’IA ? Considérez-vous que son usage soit normalisé à l’ENS ? {{}}

Salvador Son usage me semble plutôt normalisé dans les domaines qui sont les miens, mathématiques et informatique. Il est même fortement encouragé chez mes collègues du Centre de Sciences des Données de l’ENS, un laboratoire spécialisé dans l’IA, où tous les stagiaires, doctorants et chercheurs y ont recours. 

Lili J’ai du mal à admettre que je n’ai pas une tolérance 0 sur mon usage de l’IA. Dans mes cercles amicaux, à l’ENS, il ne me semble pas normalisé. C’est, sinon condamné, du moins regardé très négativement.

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Calixte Oui, oui, je l’avoue publiquement. Même si, en bibliothèque, je regarde à ma droite et à ma gauche avant d’ouvrir ChatGPT. Imaginez si ma directrice me voyait : « Comment vous n’êtes pas encore bilingue en allemand ? » Mais c’est ridicule, d’autant que je fais de l’IA un usage probe et raisonné. Pas vrai ? 

Mona Si je l’utilisais, je l’avouerais sans difficulté, le mensonge à soi-même restant le pire.

Le 17 janvier 2026, Petra De Sutter, rectrice de l’université de Gand, ancienne députée écologiste, a utilisé l’intelligence artificielle pour son discours de rentrée, truffé d’erreurs, ou d’« hallucinations » dans le langage IA. Doit-elle démissionner ? {{}}

Tiago Je trouve cela difficilement pardonnable pour une femme disposant d’une telle autorité (et dont l’âge laisse à penser qu’elle a appris à écrire avant ChatGPT) de faire l’aveu d’une telle nonchalance devant des étudiants à qui l’on répète à longueur de journée qu’il est important de penser par soi-même. 

Émilie Démissionner, cela semble assez sévère dans une période où chacun d’entre nous est en train de s’interroger sur sa pratique vis-à-vis de l’IA. Mais reconnaître que ce n’était pas approprié et apprendre à faire différemment, certainement. 

Calixte Il ne lui reste plus qu’à améliorer son art du prompt…

Considérez-vous qu’utiliser l’IA soit politique ?{{}}

Tiago Je pense que c’est précisément parce que c’est politique qu’il y a une telle différence de perception de l’IA entre l’ENSAE (école de statistique où je suis en double diplôme), où elle est utilisée par absolument tout le monde et ne souffre d’aucune critique en soi (il se trouve quelques personnes pour juger qu’elle nous rend paresseux, mais personne n’envisage réellement de faire sans à l’avenir), et l’ENS, où elle est vue sous un angle bien plus catastrophiste. La pollution induite par les data centers, la souveraineté des données ou encore le monopole des grandes entreprises privées sur l’entraînement des modèles, y ont un écho particulier. 

Mais il y a aussi des raisons plus directement sociologiques : nous sommes des étudiants engagés dans une filière « d’élite », qui plus est dans des domaines littéraires, et la perspective que des machines puissent être aussi performantes que nous sur notre propre terrain nous terrifie probablement. Je pense qu’il y a une vraie crainte, à l’ENS et plus largement dans les milieux « intellos », que le privilège social conféré par cette culture ne s’érode sous l’effet de la généralisation des IA, parce que les écrivains ou les chercheurs sont convaincus, plus que d’autres, d’être irremplaçables. D’ailleurs, le sujet au concours de l’ENS cette année, dans la filière B/L, portait sur une citation qui remettait en cause la capacité d’une machine à produire de la littérature, avec le présupposé qu’un énoncé produit de façon probabiliste (et mécanique) ne peut avoir aucune valeur en lui-même. J’aime personnellement beaucoup cette idée mais, de fait, les IA les plus avancées deviennent capables de démontrer des résultats mathématiques importants et d’écrire des textes que personne, pas même un public de connaisseurs, n’arrive vraiment à distinguer de textes humains…

Bérénice En tant qu’individu, oui, dans la mesure où nos choix de consommation sont politiques, comme décider de manger de la viande ou non, faire ses courses dans tel magasin plutôt qu’un autre. Toutefois, il me semble que c’est une responsabilité avant tout institutionnelle. Par ailleurs, comme individu, cette utilisation est de plus en plus contrainte par le milieu professionnel. Je ne sais pas si son utilisation est en phase avec mes convictions politiques : d’un côté, je n’éprouve pas de culpabilité particulière quant à l’usage que j’en fais. D’un autre, j’ai conscience des conséquences écologiques que cela a : en ce sens, j’essaie de limiter mon usage à des situations où je l’estime nécessaire. 

Anastasia Oui, même si je pense que tout nous engage plutôt à dépolitiser notre utilisation de l’IA aujourd’hui, ce qui est évidemment trompeur.

Émilie Les IA sont politiques. Selon qui les a créées, et donc les contenus sur lesquels elles ont été entraînées, mais aussi leur formatage (quel degré de censure sur certains sujets par exemple), elles portent une vision politique et il faut en avoir conscience quand on les utilise. Pour parler de celle que je connais le mieux : ChatGPT est biberonné aux contenus libéraux et réfléchit de manière caricaturale par thèse, antithèse, synthèse. Cette IA prône le compromis systématique comme solution à tout type de questionnement. Entraînée sur les contenus de LinkedIn, elle rédige de la même manière si on ne lui indique pas explicitement de faire différemment.

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Ensuite, l’IA en elle-même porte une vision politique avec laquelle je suis, je dois dire, plutôt en désaccord : l’idée qu’il faudrait toujours être individuellement plus efficace. Utiliser plus d’énergie, plus de data centers, pour produire plus de contenu. Il y a là une dimension aliénante, sans aucun doute. Mais je ne pense pas qu’un outil porte en lui-même la responsabilité de l’usage qu’on en fait. L’IA pourrait permettre beaucoup de choses bénéfiques. J’espère que ce sera le cas.

En 1980, un « Comité Liquidant ou Détournant les Ordinateurs » (CLODO) a émergé à Toulouse pour protester contre le progrès technologique. Faut-il aujourd’hui saboter les data centers ?

Mona Oui, retour au luddisme ! 

Claire Comment puis-je rejoindre ce comité ?

Ambroise S’il y a sabotage, ce qui importe est que les data centers visés ne soient pas choisis au hasard. Tout se réfléchit. 

Émilie C’est une idée. Gaspiller six litres d’eau pour créer un chat qui danse sur Tik Tok, c’est en effet intolérable. 

Salvador Cet exemple appelle une réflexion plus large sur la technique en général. Cette question mériterait une place bien plus importante dans le débat public aujourd’hui. Je lis en ce moment Le Bluff technologique de Jacques Ellul, qui a une influence assez grande sur mes réflexions personnelles. Je pense que l’on devrait être capable de limiter certaines techniques, ou de mieux encadrer leurs applications, selon des critères décidés démocratiquement et qui pourraient inclure les effets attendus du développement de la technique sur les questions sociales et environnementales. L’application de ce genre de propositions changerait radicalement l’organisation de la société.

Anastasia Cette initiative semble tout droit sortie d’un roman de science-fiction. Je la trouve touchante, mais dérisoire et un peu ridicule.

Êtes-vous chauvin en matière d’IA ? Utilisez-vous plus volontiers des IA françaises que chinoises ou américaines ?{{}}

Mona Il ne manquerait plus que ça ! 

Ambroise Je privilégierais une IA française si je devais en faire à nouveau usage, mais je ne peux pas le garantir. Tout se fera en fonction de la nature de ma demande et de la spécialisation de telle ou telle IA.

Émilie J’aimerais bien, mais Mistral est beaucoup moins bon ! J’ai commencé avec ChatGPT car c’était la plus populaire. Puis j’ai testé DeepSeek quand c’est sorti, mais il n’y a pas de version payante qui garantit que le modèle ne soit pas entraîné sur mes données. Je pense passer à Claude car c’est ce qu’on fait de plus performant en ce moment. Si on avait un Claude français, je l’utiliserais sans hésiter, même si c’était un peu plus cher, pour que mes données soient stockées en France. Malheureusement, nous n’avons pas encore de modèle aussi performant.

Lili Non, ça me paraît un peu indifférent, je ne considère pas qu’une IA française soit plus valable éthiquement qu’une IA d’origine étrangère.

Si vous le connaissiez, que diriez-vous à Elon Musk ? {{}}

Mona Demande à ton robot conversationnel ce que je pense de toi. 

Claire Peu importe le type de questions que je pourrais lui poser, je craindrais trop ses réponses. 

Marguerite Elon Musk semble vivre dans son propre régime de vérité. Chercher à établir une communication quelconque semble assez vain.

Êtes-vous poli avec votre IA ? {{}}

Mona Il n’y aurait aucun sens à être poli avec « elle ». 

Salvador Je pose essentiellement des questions techniques, dans un langage technique. Je ne cherche donc pas à ajouter des marques de politesse.

Lili Non, j’essaie de ne pas l’anthropomorphiser. 

Anastasia J’essaie de ne pas humaniser l’IA. Néanmoins, quand je donne un ordre à une IA, du type « donne-moi telle information », j’éprouve une certaine gêne à parler de cette façon. C’est une sensation étrange. 

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Calixte Souvent, oui. Mais quand elle essaie de me piéger, je l’insulte. C’est la part la plus affective et authentique de mes relations avec l’IA.

Marguerite Oui. On m’a dit un jour que l’IA était plus efficace si on était poli avec elle. Alors, bêtement, je cale des « s’il vous plaît » à la fin de mes demandes. 

Émilie Plutôt non. Mais cela dépend de mon humeur. Au début, je la remerciais systématiquement, mais j’ai arrêté. Si je suis toute seule et que j’ai atteint mon objectif, j’aime le lui dire pour recevoir un petit message de félicitation. Je trouve ça amusant. Entretemps, j’ai aussi découvert que l’IA était plus efficace avec des commandes à l’infinitif que des requêtes avec des conjonctions subordonnées, donc je me suis adaptée.

Que pensez-vous de la novlangue IA ? Vous fascine-t-elle, vous insupporte-t-elle ? Quels sont, selon vous, ses effets sur votre propre façon de vous exprimer et de penser ?{{}}

Calixte Je la trouve insupportable. Aujourd’hui, dès qu’on écrit à peu près correctement, on est soupçonné par des professeurs inquisiteurs d’utiliser l’IA. D’autant que j’adore les tirets cadratins. Sinon, ChatGPT n’est pas toujours très élégant et ses ‘emojis’ sont peu inspirés. Je trouve surtout regrettable qu’on soit contraints d’écrire mal pour montrer au monde qu’on est bien humain. Ça en dit peut-être plus sur l’homme que sur la machine…

Émilie Si on parle de toutes les expressions typiquement IA comme « au carrefour de » ou des ‘emojis’ partout, il faut bien avouer que c’est assez horripilant. Par ailleurs, l’IA a une fâcheuse tendance à écrire comme un élève de sixième si on ne la guide pas. Par exemple, si une IA devait répondre à la première question de cet entretien, elle dirait : « Le premier mot qui me vient à l’esprit quand on me dit IA conversationnelle est… » 

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Mais, à mon sens, il faut aussi cesser d’être hypocrite : si les IA standardisent, c’est parce qu’elles s’entraînent sur des modèles qui ont leurs propres standards. Nous n’avons pas attendu l’IA pour avoir des tournures de phrases classiques dans une lettre de motivation. Nous avions déjà des codes et des normes. Il est aussi malhonnête et naïf intellectuellement de croire qu’écrire une lettre de motivation est un fantastique exercice d’expression personnelle. C’est faux. Et la manière dont l’IA pousse nos conventions d’écriture à l’extrême nous aide peut-être à nous rendre compte de leur bêtise. 

Tiago Le langage généré par IA est plus limité que le langage « naturel ». C’est un problème qui vient d’abord, selon moi, du fait que les IA sont souvent entraînées en anglais (c’est d’ailleurs pour cela qu’on trouve des tirets cadratins dans toutes les phrases générées en français par ChatGPT, car il génère de l’anglais avant de (mal) le traduire). Il en résulte une perte de vocabulaire, mais surtout de richesse dans la syntaxe du français. Limiter le langage borne toujours l’imaginaire, donc la pensée se « standardise » ou se « normalise », comme dirait lui-même ChatGPT. Cela se voit déjà dans la recherche, semble-t-il : les articles écrits avec ou par IA sont moins souvent « à la frontière » du savoir, et recyclent plus fréquemment des choses qui ont déjà été dites ailleurs.

Ambroise Pour moi, une telle uniformisation de la langue et du réel par l’IA ne peut aller sans la recherche de son contraire, c’est-à-dire un renouvellement de la place accordée à la poésie dans nos vies.

En décembre 2025, la maison d’édition Harlequin a annoncé que ses irremplaçables romans à l’eau de rose seraient bientôt traduits par l’IA, au détriment des traducteurs humains. Cette nouvelle vous émeut-elle ? {{}}

Claire J’en suis révoltée, la traduction est tout un art, et penser qu’une machine peut faire ce travail à la place d’un homme, c’est méconnaître la nature même du travail du traducteur.

Anastasia Oui, cette nouvelle m’émeut et me choque. Je pense que peu importe la production culturelle et artistique, la traduction doit rester une affaire humaine. Elle engage la transmission, l’interprétation et donc la lecture d’un texte dans son essentielle complexité, ce que ne peut faire une IA sans simplifier et, donc, fausser le texte original.

Bérénice Elle m’émeut, dans la mesure où des personnes qui se sont orientées à un moment où l’on ne prévoyait pas de tels progrès de l’IA vont se retrouver sans travail, et peut-être sans possibilité de reconversion : cette problématique devrait être traitée par l’entreprise elle-même, qui probablement ne le fera pas. Ensuite, les profits qui découleront de ce choix iront, selon toute probabilité, dans la poche de l’entreprise, sans aucune forme de redistribution : pas de baisse des prix, pas d’augmentation de salaire pour les employés ou pour les créateurs.

Sources : {{}}

Études Les coulisses du plan IA de Xi pour transformer la Chine

Puissances de l’IA Une enquête au cœur des laboratoires qui mettent en œuvre le futur technologique chinois.

Entretiens Faut-il saboter les datacenters ?

Puissances de l’IA Le rejet massif de l’IA aux États-Unis s’inscrit dans l’histoire d’un concept : la techno-négativité.

Archives et discours L’IA est-elle en train de nous remplacer ?

Puissances de l’IA Le diagnostic radical de Roman Yampolsky, commenté ligne à ligne.

Archives et discours La note qui annonce une nouvelle phase dans la guerre de l’IA {{}}Puissances de l’IA

Si le problème de la « distillation hostile » vous est inconnu, il est temps d’y remédier.

Pièces de doctrines Puissances de l’IA

L’IA ne sera pas l’abondance, mais la rareté {{}}Les riches et les pauvres n’auront bientôt plus accès à la même IA. Nous n’avons pas encore mesuré les risques de cette asymétrie.

ÉtudesComment l’IA a bouleversé l’université : onze normaliens face à ChatGPT

Le Grand Continent À propos … Publié par Groupe d’Études Géopolitiques.
© 2026 GEG. Tous droits réservés.

Source : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/05/20/normaliens-generation-ia/

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant

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– 22/05/2026

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