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"Le rêve et l’obsession états-uniens dopés à une idéologie dénommée eugénisme par Francis Galton à la fin du XIXᵉ siècle, se référant à une soi-disant hérédité de l’intelligence et conduisant à des banques de sperme et des tris des embryons" par Jacques Hallard

lundi 18 mai 2026, par Hallard Jacques

ISIAS QI Eugénisme

Le rêve et l’obsession états-uniens dopés à une idéologie dénommée eugénisme par Francis Galton à la fin du XIX siècle, se référant à une soi-disant hérédité de l’intelligence et conduisant à des banques de sperme et des tris des embryons

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 16/05/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

« QI », le roman d’un rêve américain dopé à l’eugénisme

In « QI », le roman d’un rêve américain dopé à l’eugénisme - Documenté à la source des mouvements eugénistes américains, le roman QI (Nil éditions, 2021), de Christina Dalcher, imaginait une société dans laquelle les élèves dont le score « Q » est trop faible sont écartés du système éducatif. Un livre aussi glaçant que salutaire. Cédric Fabre– 1er janvier 2021 - Source


Préambule

Quelques informations préliminaires pour ce dossier à caractère pédagogique

Le QI (quotient intellectuel) : c’est une mesure utilisée pour évaluer certaines capacités cognitives d’une personne, comme la logique, la mémoire, le raisonnement ou la compréhension. Il est obtenu grâce à des tests standardisés comparant les résultats d’un individu à ceux de la population générale. La moyenne du QI est fixée à 100. Un score entre 90 et 110 est considéré comme dans la norme. Un QI élevé peut indiquer de bonnes capacités analytiques ou d’apprentissage rapide. Cependant, le QI ne mesure pas toutes les formes d’intelligence, comme la créativité, l’intelligence émotionnelle ou les compétences sociales. Les résultats peuvent aussi varier selon l’environnement, l’éducation, le stress ou la motivation. Le QI est donc un indicateur utile, mais il ne résume pas la valeur ou le potentiel global d’une personne.

QI - Largement utilisé dans les domaines de l’orientation scolaire et professionnelle, le QI a donné lieu à d’importantes dérives eugénistes peu connues du grand public. Perçu aujourd’hui comme prédictif de succès ou d’échec, il fait l’objet d’une forte demande appuyée par divers professionnels.

L’Eugénisme – « en bref - est une idéologie apparue à la fin du XIXᵉ siècle, visant à « améliorer » l’espèce humaine par la sélection des individus considérés comme les plus aptes.
Le terme a été créé par Francis Galton, inspiré des théories de l’hérédité.
Les partisans de l’eugénisme pensaient qu’il fallait encourager la naissance des personnes jugées « supérieures » et limiter celle des personnes considérées comme « faibles » ou « inaptes ».
Au début du XXᵉ siècle, plusieurs pays ont adopté des politiques eugénistes, comme les stérilisations forcées de personnes handicapées, malades ou pauvres.
Ces pratiques ont particulièrement marqué les États-Unis et certains pays européens.
L’eugénisme a atteint son niveau le plus extrême sous le régime nazi en Allemagne, où il a servi à justifier les persécutions et l’extermination de millions de personnes durant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, cette idéologie a été largement condamnée pour ses conséquences inhumaines et discriminatoires.
Aujourd’hui, les progrès de la génétique et des biotechnologies relancent certains débats éthiques autour de la sélection génétique. Cependant, les lois et les principes des droits humains encadrent strictement ces pratiques afin d’éviter tout retour aux dérives du passé.

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Introduction

Une sélection de documents pour revenir sur le sujet de « la recherche de l’enfant parfait », avec les tests génétiques pour un ’super-bébé : la voie vers un néo-eugénisme ? Et « la dérangeante obsession des États-Unis pour le QI » …

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • Rétrospective - Le retour des surhommes - Ludivine Thiaw-Po-Une, publié le 27 septembre 2012– Document ‘philomag.com’
    Sujet sensible, l’eugénisme oppose deux philosophes outre-Rhin. Face à Peter Sloterdijk qui considère la programmation génétique comme un processus d’amélioration, Jürgen Habermas défend l’égalité des hommes devant la loterie naturelle.

En 1998, Jürgen Habermas, seul philosophe exerçant un magistère intellectuel outre-Rhin, expose ses arguments contre le clonage non thérapeutique dans les deux plus grands journaux allemands, Die Zeit et Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il appelle à légiférer contre ce qu’il appelle le «  clonage libéral  », présenté comme le droit laissé aux parents de contrôler l’héritage génétique de leurs enfants. Trois ans plus tard, dans L’Avenir de la nature humaine, il radicalise son propos en soulevant la question de l’eugénisme. Une allusion, dans l’avant-propos, à l’«  élevage humain  » donne la clé de cette montée en puissance. Elle vise Peter Sloterdijk, brillant essayiste qui avait, en 1999, suscité un beau scandale en publiant Règles pour le parc humain. Évoquant Nietzsche, Peter Sloterdijk y replaçait les interventions génétiques dans le processus de civilisation. L’homme n’a cessé de domestiquer son espèce en sélectionnant les instincts qui améliorent l’humanité. Ce bref ouvrage se demandait pourquoi, à l’avenir, la connaissance des gènes et leur manipulation n’entreraient pas dans un programme de «  planification explicite des caractéristiques  » des individus. Peter Sloterdijk approuvait-il une telle perspective  ? En tout cas, il ne l’écartait pas. La presse dénonça une sympathie pour l’eugénisme, idée qui, en Allemagne, fait irrémédiablement écho au passé nazi. À quoi Peter Sloterdijk répliqua que, derrière cette cabale, il fallait voir à l’œuvre Jürgen Habermas, incapable de se demander si le devenir de l’humanité, en intégrant de nouvelles pratiques sélectives, n’allait pas requérir un réaménagement de l’humanisme démocratique.

Source : https://www.philomag.com/articles/le-retour-des-surhommes

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  • Rappel - L’eugénisme : La recherche de l’enfant parfait - Vidéo dijonsante - 02 sept. 2013
    Inventé au 19ème siècle par Francis Galton dans le but d’améliorer l’humanité, l’eugénisme est l’ensemble des méthodes et des pratiques visant à éradiquer les personnes jugées handicapantes pour la société et à favoriser celles jugées bénéfiques. www.dijon-sante.fr

https://yt3.ggpht.com/ytc/AIdro_kcYrJpOP7hAAoekpgAYBRi5McXenC-5peOxZ9R_KrCtg=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjdijonsante

https://www.youtube.com/@dijonsanteSource : https://www.youtube.com/watch?v=JwEriMKTpbg

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Logo du deuxième Congrès international de l’eugénisme, New York, 1921. Il décrit l’eugénisme comme un arbre dont le tronc est créé à partir des différents champs de connaissances de l’humanité.

L’eugénisme est « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à sélectionner le patrimoine génétique de l’espèce humaine. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État et contraire à la dignité humaine. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait », ou du moins indemne de nombreuses affections graves »[1].

Le terme eugenics a été employé pour la première fois en 1883 par le scientifique britannique Francis Galton, dont les travaux participèrent à la constitution de la mouvance eugéniste. Mené par des scientifiques et des médecins, l’eugénisme qui se met en place au tournant du XXe siècle milite pour une politique d’éradication de caractères jugés handicapants ou de développement de caractères jugés bénéfiques. Son influence sur la législation s’est traduite principalement dans trois domaines : la mise en place de programmes de stérilisation contrainte là où la culture dominante le permettait, un durcissement de l’encadrement juridique du mariage et des mesures de restriction ou de promotion de tel ou tel type d’immigration.

En 1906, l’eugénisme se développe aux États-Unis, avec John Harvey Kellogg, qui fournit des fonds pour aider à la création de la « Race Betterment Foundation » à Battle Creek (Michigan)[2]. Dans un pays où les lois contre le métissage sont en vigueur depuis le XVIIe siècle, la stérilisation contrainte est pratiquée à partir de 1907. On parle en ce cas d’eugénisme négatif. Plus de 64 000 personnes sont ainsi stérilisées entre 1907 et 1963[3]. La Loi d’immigration Johnson-Reed de 1924 est proposée dans un contexte de forte xénophobie visant les immigrants d’Europe orientale et méridionale comme les Juifs issus des pays slaves, les Italiens, les Grecs, les Slaves et les Asiatiques[4],[5].

À partir du 14 juillet 1933, le régime nazi adopte une loi visant à éradiquer les maladies héréditaires par l’euthanasie d’enfants handicapés. Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l’eugénisme a été largement abandonné, bien que certains pays occidentaux (les États-Unis, le Canada et la Suède) aient continué à pratiquer des stérilisations forcées. En 1983[6], Singapour a mis en place, ainsi que la Chine, un système qualifié d’eugéniste[7].

Dans la période contemporaine, les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicalement assistée ouvrent de nouvelles possibilités médicales (diagnostic prénatal, diagnostic préimplantatoire…) qui nourrissent les débats éthiques sur la convergence des techniques biomédicales et des pratiques sélectives. L’eugénisme libéral a émergé comme une alternative non-autoritaire visant à offrir la possibilité aux éventuels parents de modifier génétiquement certaines caractéristiques de leurs futurs enfants[8].

L’éventuelle résurgence d’une forme d’eugénisme, après des décennies de promotion des droits de l’homme, se heurte à des critiques en dehors du débat éthique. En particulier, l’eugénisme négatif apparaît comme une violation des droits humains fondamentaux, qui incluent le droit de reproduction. D’autre part, l’eugénisme peut aboutir à une perte de diversité génétique, perturbant artificiellement des millions d’années d’évolution humaine.

Concept{{}}

L’eugénisme classique peut se définir comme un programme d’amélioration biologique de populations humaines par sélection artificielle. Elle se donne comme science et comme technique, calquée sur l’amélioration des plantes (par exemple, l’horticulture) et des animaux (élevage domestique).

Cet eugénisme s’est développé dans une période historique déterminée, des années 1860 (après la parution de l’Origine des espèces de Charles Darwin, en 1859) jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Jean Gayon distingue quatre « strates » de l’eugénisme à une échelle historique plus vaste, car l’eugénisme s’inscrit dans une longue tradition ancienne, susceptible de persister au XXIe siècle (« retour de l’eugénisme », ou « nouvel eugénisme »)[9].

Avant l’apparition du terme eugénisme, l’idée de sauvegarder les qualités d’une lignée familiale par le contrôle des mariages remonte au moins à l’Antiquité. Dans la République, Platon soutient que, dans la Cité idéale (la Callipolis), l’élite de la société (les gardiens) doit se reproduire uniquement entre elle, afin que la population garde sa qualité ; en utilisant la métaphore animale, il soutient que « il faut de plus élever les enfants des [gardiens], non ceux des [classes laborieuses], si l’on veut maintenir au troupeau toute son excellence »[10].

Ce thème est repris par la littérature utopique des XVIe et XVIIe siècles, comme Utopia de Thomas More, ou La Cité du Soleil de Tommaso Campanella. Campanella soutient qu’il faut unir les « grasses avec les maigres, et les maigrelettes avec les gros », « pour modérer une qualité par son contraire »[11].

Perfectionner l’espèce humaine par des mariages judicieux (« faire de beaux enfants ») devient un thème médical, puis politique, notamment avec Condorcet dans Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (1795). Selon Gayon, ces idées sont « transculturelles et transhistoriques ».

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Une exposition des années 1930.

La deuxième strate est représentée par une coupure majeure, avec la création du mot eugénisme par Francis Galton. Les idées précédentes laissent la place à une idéologie complexe et ambiguë, dans un contexte historique précis. L’eugénisme se présente à la fois comme une technoscience et comme une biopolitique, autorisant des interprétations multiples allant de l’hygiénisme humaniste jusqu’au racisme d’État de l’Allemagne nazie[9].

La troisième strate apparaît à partir des années 1910, où l’eugénisme n’est plus seulement une idéologie, mais aussi une pratique institutionnelle avec des formes juridico-politiques (lois eugénistes) très variées selon les pays. Après la Seconde Guerre mondiale, les termes eugénisme et eugénique sont peu à peu discrédités, jusqu’à associer de fait l’eugénisme et le nazisme[12].

La quatrième strate est constituée par l’apparition d’un nouveau contexte scientifique. L’eugénisme classique « s’appuyait sur une science de l’hérédité plus fantasmée que réelle »[12]. Avec le développement d’une génétique médicale dans la deuxième moitié du XXe siècle, apparaissent des pratiques et des techniques telles que le conseil génétique, le diagnostic prénatal, le diagnostic préimplantatoire… avec le choix individuel ou parental de poursuivre ou non une grossesse[13].

Ce serait alors un retour à l’eugénisme (1992), titre de l’ouvrage de Troy Duster (en), d’un eugénisme nouveau ou domestique, où ce n’est pas l’État ou sa biopolitique qui contrôle la population et sa reproduction, mais les individus eux-mêmes qui utilisent les moyens biotechnologiques mis à leur disposition pour éviter des souffrances réelles ou anticipées. D’où l’existence de plusieurs débats éthiques, portant non seulement sur la difficulté de distinguer entre ce qui est eugénique (sens péjoratif) et ce qui ne l’est pas, mais aussi sur les distinctions individu et société, intentions et effets, contrainte et volontariat[13].

Origines de l’eugénisme galtonien{{}}

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Francis Galton, l’inventeur du terme « eugénisme ».

L’étymologie du mot « eugénisme » est grecque : eu (« bien ») et gennaô (« engendrer »), ce qui signifie littéralement « bien naître ». Ce néologisme a été utilisé pour la première fois en 1883 par le Britannique Francis Galton, cousin de Charles Darwin par le biais d’Erasmus Darwin. La préoccupation de Galton pour l’amélioration de l’espèce humaine précède néanmoins largement l’invention de ce terme. À la fin des années 1850, la lecture de L’Origine des espèces de son cousin Charles Darwin renforce sa conviction sélectionniste. En 1869, dans Hereditary Genius, une étude consacrée au génie des grands hommes britanniques, il conclut à son caractère héréditaire[14]. Il lui paraît alors nécessaire de maintenir les lignées des grands hommes de la nation par une organisation rationnelle des mariages, une discipline qu’il désigne sous le nom de « viriculture ». En 1883, Galton publie Inquiries into human faculty and its development : la viriculture y devient l’eugénisme que Galton considère comme la « science de l’amélioration des lignées » et qu’il entend appliquer aux êtres humains sur le modèle de l’élevage sélectif des animaux.

Eugénisme, spencérisme, pensée évolutionniste{{}}

L’eugénisme ou le galtonisme est souvent amalgamé au spencérisme.

Or, le galtonisme est une conception conservatrice ou néoconservatrice de l’évolution des sociétés forgée par Francis Galton. C’est forcer la sélection naturelle par une sélection artificielle contre des tares supposées, préjugeant une dégénérescence de la société et des individus.

Tandis que le spencérisme est une conception libérale de l’évolution des sociétés forgée par Herbert Spencer. C’est laisser faire la sélection naturelle au sein de la société permettant une régénérescence de la société par elle-même en éliminant naturellement, sans aide extérieure, les moins adaptés à l’environnement social.

Spencerisme et galtonisme sont des pensées évolutionnistes dont la base centrale est exclusivement la sélection naturelle bien que d’autres facteurs soient mis en jeu dans l’évolution de la nature et des sociétés.

Inquiétude de la dégénérescence{{}}

Pour le philosophe Jean-Paul Thomas, « l’eugénisme […] est habité par l’obsession de la décadence »[15]. Dans le contexte de la révolution industrielle, qui provoque un mouvement d’urbanisation et de prolétarisation des populations les plus pauvres, la prolifération désordonnée des classes laborieuses constitue un motif d’inquiétude profond pour les élites victoriennes[16]. Les maux sociaux et sanitaires (tuberculose, syphilis, alcoolisme…) qui se multiplient dans le Royaume-Uni apparaissent comme autant de manifestations de la contamination de l’espèce humaine par les tares congénitales véhiculées par les couches les plus pauvres de la population. Comme l’indique le succès des théories malthusiennes, la différence de fécondité entre classes attire plus particulièrement l’attention des scientifiques britanniques. Galton n’échappe pas à la règle. À terme, les individus les plus pauvres, conçus comme naturellement inférieurs, lui semblent devoir irrémédiablement submerger les représentants des classes sociales aisées qui cumulent les caractéristiques physiques, intellectuelles et morales les plus hautes.

Séparation sociale{{}}

Pour Galton, les classes sociales possèdent des qualités propres, transmises héréditairement. La préservation des qualités des familles de bonne lignée nécessite d’éviter le mélange des sangs qui ne peut conduire qu’à la disparition des caractères les plus hauts de la race humaine. Cette représentation du monde, qui préexiste à ses travaux « eugéniques », le conduit à traduire les différences sociales sur un strict plan biologique. Elle valorise explicitement un modèle d’homme qui correspond précisément au groupe social dont Galton est issu : l’élite de la société britannique correspond pour lui aux professions libérales, aux vieilles familles de l’aristocratie terrienne et aux hommes de science. Les nouvelles fortunes, bâties sur l’industrie et le commerce, ne trouvent pas grâce à ses yeux[17]. Sur le plan politique, l’eugénisme galtonien apparaît ainsi comme une théorie défensive qui vise à protéger un groupe social défini contre une menace largement fantasmée. Sous couvert d’une apparente scientificité, elle revient en effet à préserver le maintien de l’ordre social en exigeant une stricte limitation des unions entre les individus d’origines sociales différentes[18].

Civilisation contre la sélection naturelle{{}}

Les eugénistes trouvent dans la lecture de L’Origine des espèces de Darwin, et dans le déplacement de ses conclusions à l’espèce humaine, une clé explicative de leur hantise de la décadence. De leur point de vue, la civilisation, en enrayant les mécanismes de la sélection naturelle, court à sa perte. Les dispositifs sociaux de protection des plus pauvres, des malades et des plus faibles en général constituent la première de leurs cibles. Pour Clémence Royer, la première traductrice de Charles Darwin en France, la charité chrétienne puis les valeurs de solidarité développées avec les idées démocratiques ne peuvent que mener à la dégénérescence de la race humaine[19].

Galton partage largement les positions de Royer. Comme nombre de ses confrères eugénistes après lui, il s’est converti, après la lecture de l’ouvrage phare de son cousin, à un antichristianisme farouche. Sur le plan politique, s’il n’embrasse pas explicitement le credo de l’anthropologue français Vacher de Lapouge qui entendait substituer à la formule révolutionnaire « Liberté, égalité, fraternité » celle de « Déterminisme, Inégalité, Sélection »[20], il s’oppose aux principes de l’égalité naturelle et donc politique des hommes[21].

Science, alliée du progrès sociétal ?{{}}

Malgré la menace de la dégénérescence, l’eugénisme reste marqué par quelque optimisme (voir l’article Scientisme), pourvu que l’homme daigne utiliser les enseignements de la science. Le salut de la civilisation, en tout cas occidentale, passe par la prise en compte par le politique des acquis scientifiques. Galton place ainsi ses espoirs dans la science, présentée comme un substitut préférable aux religions traditionnelles[22]. Vacher de Lapouge résume cette idée, centrale chez les eugénistes, quand il affirme que « c’est la science qui nous donnera […] la religion nouvelle, la morale nouvelle, et la politique nouvelle »[23]. Si les règles sociales sont venues perturber le processus de sélection naturelle, il faut donc pour les eugénistes exercer, en lieu et place de la nature, les mesures sélectives indispensables à l’évolution de l’espèce humaine, bien que pas nécessairement par les mêmes moyens (on peut évoquer par exemple Singapour accordant des primes à des couples dont les deux membres sont issus de l’enseignement supérieur).

Paradigme héréditariste{{}}

L’eugénisme s’appuie, avec la génétique balbutiante, sur la croyance que les capacités et les aptitudes humaines sont déterminées par des caractères biologiques transmissibles. À l’époque de la première formulation des théories eugénistes de Galton, les travaux de Gregor Mendel ne sont pas encore connus de la communauté scientifique. La connaissance des lois de l’hérédité n’est basée que sur l’expérience des agriculteurs dans la sélection de leurs variétés animales et végétales. Toute l’ambition de Galton est de montrer le caractère héréditaire des « capacités naturelles » de l’homme et d’en comprendre le mécanisme de transmission dans le but avoué de découvrir les moyens d’« améliorer la race humaine » sur le modèle de l’élevage animal. Dès 1869, il lui paraît ainsi « tout à fait possible de produire une race humaine surdouée par des mariages judicieux pendant plusieurs générations consécutives »[24].

Souhaitant découvrir les lois de l’hérédité qui seules pourraient lui permettre de donner une base scientifique à son projet d’amélioration de l’espèce, il adopte une méthode statistique, inédite à l’époque dans le domaine de la biologie, en s’appuyant sur la loi normale gaussienne, dont la densité de distribution dessine une courbe en cloche[25]. Il applique la distribution normale à l’étude des populations, comme l’avait fait peu avant lui le Belge Adolphe Quetelet. Il mesure ainsi les variations par rapport à la moyenne de différents éléments d’une population de pois de senteur et de leur génération suivante, et commence à collecter des données sur la taille et le poids de la population britannique.

Le plus important réside dans le présupposé de sa démarche. Galton applique un schéma explicatif très différent de son confrère belge. Là où Quetelet déduit des régularités statistiques qu’il observe des « causes constantes morales », Galton conclut invariablement à l’origine biologique et héréditaire des phénomènes qu’il étudie[26]. Malgré une méthode innovante, les résultats de Galton furent minces. En 1892, il reconnaît que « le grand problème de l’amélioration de la race humaine n’a pas pour l’instant dépassé le stade de l’intérêt académique »[27].

Entre la science et l’idéologie{{}}

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Alexis Carrel, prix Nobel de médecine 1912, connut un succès international avec son essai eugéniste L’homme, cet inconnu.

Une part du succès de l’eugénisme tient aux liens étroits qu’il entretient avec les principaux courants idéologiques de la fin du XIXe siècle : l’évolutionnisme, qu’il soit libéral-spencérien ou marxiste, le malthusianisme, le darwinisme social ou le racisme trouveront tous à s’articuler à l’eugénisme. Comme l’ensemble de ces idéologies, l’eugénisme tire sa légitimité des rapports qu’il entretient avec la science. L’eugénisme peut ainsi être considéré comme une « idéologie scientifique » au sens que lui donne Georges Canguilhem. Il s’appuie sur une science instituée dont il utilise le prestige pour légitimer un projet politique[28]. L’eugénisme partage avec la science biologique des présupposés héréditaristes et, pour un temps, une même approche statistique des populations. Pour André Pichot, ce rapport n’est cependant pas univoque. Si la science biologique participe à la légitimation de la doctrine eugéniste, cette doctrine renforce en retour le rôle social de la science. Le projet eugéniste participe ainsi à la construction de l’image que la science de la fin du XIXe siècle se fait d’elle-même et qu’elle veut refléter aux yeux du reste de la société : l’eugénisme figure aux côtés de la vaccination ou de l’électricité au nombre des bienfaits que la science entend offrir à l’humanité. La génétique naissante et encore mal assurée y trouve la clé de voûte de son projet de recherche et de sa justification idéologique.

Science Darwin et l’eugénisme

Avant même la définition du terme « eugénisme », Francis Galton s’est inspiré de la théorie de l’évolution de Charles Darwin dans ses travaux, amenant ce dernier à se prononcer sur la question de la doctrine eugéniste naissante. Dans son ouvrage La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe, paru en 1871, Darwin reprend les conclusions de son cousin sur l’hérédité en affirmant qu’il est probable que le « talent » et le « génie » chez l’Homme soient héréditaires[29]. Il lui paraît également vraisemblable que les protections sociales vont à l’encontre de la sélection naturelle[30]. Il se refuse cependant à adopter les conclusions politiques de Galton, plaçant l’esprit de fraternité humaine au-dessus des lois scientifiques : « nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fît une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature », déclare-t-il ainsi dans le même ouvrage[31]. Ce n’est qu’après la mort de son cousin qui intervint en 1882 que Galton commença à appeler « eugénisme » sa philosophie sociale. Le nom de Darwin y resta cependant durablement attaché, à cause de l’implication de sa famille — outre Galton, son fils Leonard Darwin en fut l’un des promoteurs les plus influents au Royaume-Uni — et des principaux défenseurs du darwinisme dans le développement de la doctrine. Les travaux de Galton scellent en effet une union durable entre la science en général, la génétique en particulier, et la doctrine eugéniste[32].

Génétique des populations

Pour André Pichot ou Troy Duster, le succès de l’eugénisme qui s’amplifie au début du XXe siècle est en partie déterminé par des causes internes à l’histoire des sciences, et notamment par la prépondérance de la génétique des populations dans le domaine de la biologie[33].

L’approche de Galton, qui deviendra la biométrie avec l’apport de Karl Pearson, pose en effet les jalons de la génétique des populations qui restera, avec sa variante mendélienne, l’approche dominante en matière de génétique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La génétique des populations se fixe l’objectif de découvrir les lois du modèle darwinien de l’évolution en s’appuyant sur des méthodes statistiques. Ses deux axes de recherche principaux sont l’étude de la fréquence de la version des gènes dans une population (fréquence allélique) et le rôle joué par la sélection naturelle dans cette répartition[34]. En s’appuyant sur la génétique des populations, la théorie de l’évolution connut des développements importants jusqu’à la formulation de la théorie synthétique de l’évolution (ou néo-darwinisme) qui constitue toujours le schéma explicatif dominant.

Eugénisme et génétique des populations, dont les origines sont liées à travers les figures de Galton et Pearson, avaient donc des préoccupations et des méthodes très proches : il s’agissait, grâce au recours à l’étude statistique de grands segments de population, de découvrir les lois régissant l’évolution. Une grande partie des représentants de la génétique des populations de la première moitié du XXe siècle a ainsi exprimé des positions eugénistes, militant même souvent ouvertement dans les principales organisations du mouvement. Le biologiste August Weismann (1834-1914), auteur de la théorie du plasma germinatif, était membre de la société d’hygiène raciale allemande[35]. L’Américain Charles Davenport, l’un des principaux promoteurs de la théorie mendélienne aux États-Unis, fut l’un des leaders de l’eugénisme américain. Les prestigieux biologistes Julian Huxley, John Haldane ou Ronald Fisher, tenu pour le fondateur de la génétique moderne, militèrent quant à eux pour un eugénisme moins dur, que l’on qualifiait de « réformiste »[36].

Au-delà du champ de la biologie, l’inventeur Alexander Graham Bell ou Luther Burbank, un influent agronome américain, ont été d’actifs militants eugénistes. En France les plus célèbres des scientifiques eugénistes furent les prix Nobel de médecine Alexis Carrel et Charles Richet.

Convergences idéologiques…….{{}}

Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme

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  • De l’hérédité de l’intelligence à l’eugénisme - 1869, Londres - Par Jean-François Marmion - Chapitre d’ouvrage - Pages 65 à 68
    Dans la famille Darwin, je voudrais le cousin de Charles. Francis Galton (1822-1911), paraît-il, savait lire à deux ans, mais a quand même attendu l’âge mûr pour étudier les mathématiques et la médecine. D’une curiosité sans limite, il s’intéresse aussi à la géologie, la botanique, la météorologie, sa fortune étant suffisamment importante pour qu’il consacre son existence entière à ses recherches et ses voyages, notamment en Afrique. Ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’un tempérament morose. Dans Le Génie héréditaire (1869), il constate qu’on trouve statistiquement plus de gens illustres dans certaines familles.

On ne parle pas encore de gènes, mais l’hérédité favorise-t-elle l’intelligence de certains individus ? Ou, à l’inverse, leur penchant au crime ? Depuis la théorie de la dégénérescence, ces questions sont dans l’air. Mais là où les partisans de la dégénérescence préconisent avec méfiance de protéger la population contre le dégénéré, Galton estime qu’il est possible d’inverser le processus en travaillant globalement à l’amélioration de l’espèce. Il faut sélectionner les individus, croiser les meilleurs entre eux, sans pour autant travailler à l’éradication des autres. En 1883, Galton invente l’adjectif « eugénique », qui donnera « eugénisme ».

Objectif affiché : le progrès.
En 1884, à la faveur d’une exposition internationale sur la santé prenant place à Londres, Galton, installé dans son laboratoire anthropométrique, mesure une multitude de capacités chez 9 000 sujets (et moyennant participation, en plus …

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  • Chapitre premier. L’eugénisme et ses frontières - Chapitre de ‘Que sais-je ?’ / Repères - Par Pierre-André Taguieff - Pages 7 à 21
    L’eugénisme est souvent confondu avec ce qu’on appelle le « darwinisme social », vocable polémique qui, depuis la fin du xixe siècle, désigne des orientations intellectuelles ou des doctrines politiques fort diverses se réclamant de la théorie darwinienne et n’ayant guère en commun que la célébration de la «  lutte pour la vie  » et de la «  survie du plus apte  » (survival of the fittest) – notion forgée par Herbert Spencer. Elles relèvent du libéralisme, du socialisme, du nationalisme, de l’impérialisme ou du racisme. Il est vrai que les eugénistes et les darwinistes sociaux partagent une vision héréditariste des aptitudes humaines et un diagnostic de base : dans les sociétés modernes, les populations seraient menacées par la dégénérescence, notion mal définie et attrape-tout par laquelle la thèse de la décadence s’habille de scientificité à partir de la seconde moitié du xixe siècle.

Pour ceux qui se réclament de Darwin, la dégénérescence proviendrait d’une interruption de la sélection naturelle dans les sociétés dites «  civilisées  », qui protègent les malades, les «  faibles d’esprit  » et les anormaux, supposés porteurs de tares héréditaires, leur permettant ainsi de les transmettre à leur descendance. Au cours du premier tiers du xxe siècle, la peur de la multiplication des «  inaptes  » (unfit) sera alimentée par les résultats obtenus aux tests d’intelligence. La thèse pessimiste d’un déclin de l’intelligence nationale s’inscrit au cœur de la vision eugéniste du monde social. Les mesures eugénistes proposées sont censées permettre de conjurer le déclin des aptitudes intellectuelles…

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Source : https://shs.cairn.info/l-eugenisme—9782715404007-page-7?lang=fr

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  • Nous entrons dans l’ère neuro-eugéniste ! Par Michel Levy Provençal (Cofondateur de l’agence Brightness ) - Publié le 26 mars 2018 à 15:23
    Alors qu’il a été montré que l’intelligence est majoritairement génétique, les technologies de neuro-augmentation obligent à repenser le rôle de l’école.

Dans son dernier ouvrage, « La Symphonie du vivant », Joël de Rosnay fait l’éloge de l’épigénétique, à la lumière de laquelle il revisite les méthodes de développement personnel. Il est vrai qu’il a été démontré depuis longtemps que l’environnement est un facteur clef de l’expression des gènes dans les organismes vivants, en particulier chez les plantes et les insectes. Chez l’homme, les mécanismes sont en revanche beaucoup plus complexes et plus longs à se vérifier. Par exemple, lorsque l’on étudie ce qui peut faire évoluer nos capacités cognitives, on se rend compte que la génétique l’emporte systématiquement sur l’éducation !

Avec l’accélération des neurosciences et des biotechnologies ces vingt dernières années, les fantasmes eugénistes grandissent et effraient avec raison. Ils sont renforcés par les récentes études qui prouvent que l’intelligence (le QI) est majoritairement dictée par nos gènes. Dans son dernier ouvrage, « The Neuroscience of Intelligence », Richard Haier, professeur à Cambridge, montre que l’héritabilité de l’intelligence augmente avec l’âge : 26 % à cinq ans, 54 % à dix ans, et 80 % à dix-huit ans. Il insinue donc qu’après dix ans les gènes ont plus d’impact que l’école sur l’intelligence de nos enfants !

Pauvreté cognitive{{}}

Certains acteurs, en particulier en Asie, ont déjà choisi de défier la loi du hasard génétique. Jun Wang, le patron d’iCarbonX, s’est donné pour objectif de séquencer plus de 100 millions d’humains dans le but de cartographier les gènes et leur fonction. Dans les dix ans qui viennent, il sera très simple, particulièrement pour les plus riches, de bénéficier de séquençage ADN d’embryons et de sélectionner ainsi ses futurs enfants en fonction de leurs performances cognitives.

Lire aussi :{{}}

> L’inquiétant recul du quotient intellectuel

Comme le souligne très justement Laurent Alexandre : « La transmission du savoir ne peut pas signifier la même chose au XXIe siècle qu’auparavant ! » Aussi, l’hypothèse d’un futur où l’éducation traditionnelle sera moins développée au profit de la sélection et de la manipulation génétiques n’est pas à exclure. Elle nous terrifie car nous renvoie aux moments les plus sombres de notre histoire. Mais nous en sommes bien là ! Les technologies de neuro-augmentation génétique pourraient être envisagées comme un « traitement de la pauvreté cognitive ». C’est exactement ce que Richard Haier propose en conclusion de son ouvrage : faire de l’outil génétique un moyen d’émancipation ! Effrayant et fascinant à la fois… Le débat est ouvert.

Michel Lévy-Provençal

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Source : https://www.lesechos.fr/2018/03/nous-entrons-dans-lere-neuro-eugeniste-987495

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  • Ouvrage -
    Sir Francis Galton : le fondateur de l’eugénisme - Sir Francis Galton : the father of eugenics - Dominique Aubert-Marson*, Maître de conférences, Laboratoire de biologie du développement et de la différenciation neuromusculaire, Université Paris Descartes, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris, France - aubert@univ-paris5.fr - * dominiquemarson@wanadoo.fr
    Résumé{{}}

Explorateur, géographe de talent, météorologiste, biométricien, Sir Francis Galton est aussi le fondateur de l’eugénisme en 1883. L’eugénisme va se développer en se fondant sur une nouvelle théorie de l’hérédité, notamment exposée par Galton, mais aussi sur la théorie de l’évolution de Darwin, appliquée à la société humaine par Spencer. L’eugénisme de Galton est un programme de sélection artificielle pour produire une race humaine supérieure par un contrôle des mariages. Galton est favorable à un eugénisme positif espérant que les gens se fixeraient des objectifs eugénistes en choisissant leur partenaire en vue du mariage. En 1904, à Londres, il expose ses idées devant une foule de médecins et de scientifiques. Son discours, largement diffusé, servira de point de départ aux mouvements eugénistes américain et européen qui se développeront dans la première moitié du XXe siècle.

Abstract{{}}

Not only was Sir Francis Galton a famous geographer and statistician, he also invented “eugenics” in 1883. Eugenics, defined as the scienceof improving racial stock, was developed from a new heredity theory, conceived by Galton himself, and from the evolution theory of CharlesDarwin, transposed to human society by Herbert Spencer. Galton’seugenics was a program to artificially produce a better human racethrough regulating marriage and thus procreation. Galton putparticular emphasis on “positive eugenics”, aimed at encouraging thephysically and mentally superior members of the population to choosepartners with similar traits. In 1904, he presented his ideas in frontof a vast audience of physicians and scientists in London. Hiswidely-publicized lecture served as the starting point for thedevelopment of eugenics groups in Europe and the United States duringthe first half of the 20th century.

© 2009 médecine/sciences - Inserm / SRMS

Bien que J.P. Thomas affirme que « l’eugénisme fut autrefois une idéologie scientifique, il n’est plus aujourd’hui qu’une ânerie, dont on sourirait si sa persistance, bien au-delà du moment de sa destitution par la production progressive de connaissances nouvelles, n’avait donné lieu aux événements tragiques que l’on sait » [1], ce dernier est à nouveau au cœur des discours et des débats éthiques. Avec le développement des techniques de procréation médicalement assistée et la possibilité de diagnostiquer sur l’embryon ou le fœtus toutes sortes de maladies, on parle d’un « retour de l’eugénisme » [2] ou encore d’un « nouvel eugénisme » [3].

L’article 16-4 du Code civil aborde directement la question en interdisant les pratiques eugéniques tendant à la sélection des personnes[4], mais d’autres dispositions de la loi 94-654 autorisent, en les encadrant, certaines pratiques, comme le diagnostic préimplantatoire [5, 21], qui pourraient être qualifiées d’eugéniques. Le terme « eugénisme » provient étymologiquement de eu signifiant bien ou bon et de genos signifiant race ou naissance. Ce néologisme fut inventé par Francis Galton en 1883 mais l’idée eugénique s’était manifestée dans les sociétés antiques : chez les Hébreux, les Grecs et les Romains [6]. Par exemple à Sparte, un comité d’anciens examinait l’enfant nouveau-né et s’il le jugeait « mal venu et mal constitué, ils le faisaient jeter dans ce que l’on appelle les Aphotètes » [7].

Avec l’expansion du christianisme, l’élimination des enfants malformés disparaît, mais on retrouve les idées eugéniques à la Renaissance dans les cités utopiques décrites par More (Utopia, 1516) et Campanella (La Cité du soleil, 1623). À partir du XVIIe siècle, de nombreuses expressions vont désigner ce qui allait devenir l’eugénisme : callipédie (Quillet, 1655), gonocrotie (Millot, 1801), mégalanthropogénésie (Robert Le Jeune, 1803), aristogénie, orthopédie de la race, puériculture, viriculture… [8].

Après 1860, les bases rationnelles de l’eugénisme sont posées : Spencer fonde le darwinisme social en appliquant la théorie de la sélection naturelle aux sociétés humaines, les méthodes statistiques se développent, les travaux de Mendel vont poser les fondements de la génétique, les caractères acquis sont rejetés par Weismann. D’autre part, l’urbanisation et la prolétarisation inhérentes à la révolution industrielle multiplient les maladies infectieuses, la pauvreté, la délinquance, l’alcoolisme, etc. La notion de dégénérescence prend une nouvelle ampleur avec la parution en 1857 du Traité des dégénérescences de Morel : ainsi, à cause de l’hérédité des maladies mentales, les dégénérés menacent la race entière. Deux autres œuvres qui s’intéressent au déclin des races ou des civilisations sont importantes au regard du développement de l’eugénisme : Une autre philosophie de l’histoire pour contribuer à l’éducation de l’humanité (1774) de Herder et Essai sur l’inégalité des races de Gobineau (1853-1855) qui sont tous deux hostiles au métissage, cause de la dégénérescence des nations [1].

Francis Galton : apôtre de la quantification{{}}

Francis Galton (1822-1911), né à Sparkbrook, près de Birmingham dans une vieille famille bourgeoise, est le cousin de Charles Darwin et aussi un parent de la famille Wedgwood, une famille d’industriels. Sa famille fonde de grands espoirs sur son avenir intellectuel car Galton sait lire à deux ans et demi ; à quatre ans, il sait écrire et compter ; à huit ans, il est à l’aise avec les textes latins classiques. Son père souhaitant qu’il devienne médecin comme son grand-père, il débute des études de médecine au King’s College à Londres qu’il abandonne pour s’inscrire à l’université de Cambridge afin de suivre une licence de mathématiques. Préparant cette licence, il travaille beaucoup et est victime d’une dépression nerveuse - dont il aura des rechutes toute sa vie - déclenchée par le fait qu’il ne sort que second aux examens de mathématiques. Cette dépression joua un rôle important dans son choix de se diriger vers des secteurs où il n’aura pas ou peu de concurrents, comme l’hérédité et les statistiques [9].

Galton s’intéresse aux travaux de Quételet qui eut l’idée d’appliquer la théorie des probabilités et les méthodes statistiques aux sciences morales et politiques et aussi à l’anthropométrie, en inventant « l’homme-moyenne ». La statistique, sous toutes ses formes, fascine Galton qui trouve « cette science pleine de beauté et d’intérêt », c’est pour lui « le seul outil qui permette d’ouvrir une voie d’accès au sein du formidable foisonnement de difficultés barrant le chemin à ceux qui désirent faire l’étude scientifique de l’homme ».

En 1845, Galton part pour l’Égypte, la Syrie, l’Afrique du Sud. De ses voyages d’exploration il rapporte des observations qu’il traduit numériquement, mesure les « sauvages » et publie L’Art de voyager qui a obtenu une vaste audience [10]. Puis il se marie avec Louisa Butler mais ils n’auront pas d’enfant. C’est peut-être pour cette raison qu’il s’intéresse à l’étude de l’hérédité et à l’eugénisme. Il fait preuve d’une grande curiosité, parfois extravagante, et publie dans la revue Nature de nombreuses lettres comme par exemple « Comment couper un cake pour le conserver trois jours », une carte de beauté des Îles britanniques, etc. Il est aussi un géographe de talent, membre de prestigieuses associations scientifiques dont la Société royale de géographie. On lui doit le terme d’« anticyclone » (1861) et de ses Meteographica (1863) il tire la première carte météorologique parue dans le Times du 1er avril 1875.

Galton est qualifié par Gould d’« apôtre de la quantification » car il consacra son énergie et son intelligence à son passe-temps favori : la mensuration. Il fut un pionnier de la biométrie, statistiques appliquées à l’anthropométrie, et croyait que « la mensuration était le critère primordial de toute étude scientifique » [11]. Comme l’écrit Thuillier : « […] Galton avait une tournure d’esprit essentiellement mathématique et statistique, il adorait compter ; et Forrest (son biographe) lui-même suggère qu’il avait quelque chose d’obsessionnel dans ce goût du dénombrement et de la mesure » [12]. Sutter le présente comme « un savant trop méconnu dans notre pays, mais l’un des plus grands esprits du XIXe siècle » [13]. Forrest le qualifie de « génie victorien » [14]. Kevles le décrit comme étant « un génie à l’état pur, un pionnier qui passait d’un sujet à l’autre, appliquant des méthodes mises au point dans un domaine pour résoudre un problème dans un autre secteur, souvent sans rigueur, et cependant généralement avec pertinence » [9].

Le « génie héréditaire »{{}}

Si le contexte social joua un rôle important pour le développement de l’eugénisme, l’abandon du concept d’hérédité flexible ou « faible » (soft inheritance) jouera un rôle majeur. Cette hérédité stipule que les modifications acquises par les individus au cours de leur vie sont transmises à la génération suivante. À partir des années 1870, un nouveau concept de l’hérédité se répand : l’hérédité « inflexible » ou « forte » (strong inheritance) qui soutient que chaque organisme est constitué de deux parties : l’une est faite des caractères « patents » qui constituent le corps apparent, l’autre est constituée de caractères « latents » qui seront transmis aux descendants. Galton adhère à ce nouveau concept qui s’imposera vraiment, à partir de 1883, grâce à A. Weismann.

En 1868, Darwin énonce, comme une « hypothèse provisoire », sa théorie de la pangenèse. Cette théorie permet de concevoir la transmission héréditaire des variations selon un mode mécaniste. Darwin postule que les cellules de toutes les parties du corps émettent des « petits grains ou atomes » nommés « gemmules » qui circulent dans le corps et s’agrègent « en éléments sexuels ». Galton, voulant tester l’hypothèse de Darwin, étudia la descendance de lapins gris transfusés avec du sang de lapins blancs. Ce sang était supposé contenir des gemmules de lapins blancs, au bout de plusieurs générations les lapins gris devaient devenir blancs. Les résultats, publiés en 1871 dans un article intitulé « Experiments in Pangenesis by breeding from rabbits of a pure variety », s’avérèrent négatifs, les lapins restaient blancs et il réfuta ainsi la théorie de Darwin qui protesta en affirmant que les gemmules n’étaient pas nécessairement véhiculées par le sang [15]. Galton opta alors pour une conception de l’hérédité proche de celle de Mendel dont les travaux restèrent inconnus jusqu’en 1900. En 1872, pour expliquer l’hérédité, Galton supposa l’existence de « stirps » (du latin stirp : racine), ensemble d’éléments responsables de la transmission des caractères d’une génération à l’autre : « Le stirp d’un enfant peut être considéré comme directement formé d’une partie des stirps de chacun de ses parents : dans ces conditions la structure personnelle de l’enfant n’est rien de plus qu’une représentation imparfaite de leurs propres stirps. » [16]

On lui doit également la plupart des idées sur l’hérédité de l’intelligence qui connurent un grand succès au début du XXe siècle avec le développement d’une école de la psychologie recourant aux tests, aux études de familles et à la statistique [11]. Galton établira ainsi que les qualités intellectuelles, comme les qualités physiques, sont héréditaires. Si l’environnement a une influence, tous les résultats lui donnent à penser que l’appartenance à une « race douée » (nature) joue un rôle majeur, l’environnement (nurture) jouant un rôle mineur. En 1865, Galton fait paraître un article dans la revue Macmillan’s Magazine intitulé « Hereditary talent and character » où il expose l’analyse des biographies d’hommes célèbres en notant le nombre de parents éminents qu’elle possède. Il conclut son étude ainsi : « Je trouve que le talent est transmis par l’hérédité à un degré très remarquable. »

Puis il publie en 1869 Hereditary Genius, an inquiry into its laws and consequences dans lequel il analyse trois cents familles d’hommes éminents en tenant compte de diverses relations de parenté. Galton constate ainsi que 31 % des hommes éminents avaient eux-mêmes un père éminent et que 38 % ont un fils éminent. La conclusion qu’il tire de cette étude statistique est qu’il existe une loi de distribution des capacités dans les familles, c’est-à-dire que plus la parenté est proche, plus la proportion de génies est élevée.

Ses études chiffrées confirment l’existence d’inégalités entre les hommes qui ne connaîtront pas la même destinée sociale : certains réussissent, d’autres non. Galton assimile ainsi la distinction sociale au talent naturel : « Si un homme possède une grande valeur intellectuelle, s’il a le désir de travailler et la capacité de travailler voulue, je ne vois pas comment un tel homme pourrait être réprimé. »

Que Galton soit raciste est un fait incontestable. Dans ses écrits, le terme de race revient fréquemment mais il lui donne des sens différents. Ce terme de race renvoie à l’idée courante de race développée au XIXe siècle, c’est-à-dire race blanche, noire, jaune, etc. Mais Galton lui donne un second sens : la race désigne une classe sociale. Les différences entre les classes sociales, visibles par la réussite sociale, s’expliquent par des facteurs héréditaires. C’est la démarche initiale à partir de laquelle il construira l’eugénisme [1]. Il divise la « race anglaise » en trois classes sociales : l’aristocratie, à laquelle il s’identifie, qui correspond à l’élite et qu’il appelle les « désirables » (the gifted class), la bourgeoisie encore acceptable mais sans talent particulier et une classe importante de pauvres qu’il appelle les « indésirables ». Selon Galton et ses contemporains, la pauvreté correspond à un état biologique : le pauvre est pauvre car il est déterminé biologiquement ainsi. La stratégie eugénique est une stratégie réductionniste qui réduit les problèmes sociaux à des problèmes biologiques. Galton a peur de voir disparaître les élites au profit des pauvres dont le nombre augmente de génération en génération. Ainsi, l’eugénisme est la réponse d’une classe de la société apeurée face à l’angoisse du déclin ou de la dégénérescence et s’inscrit « dans le cadre d’une stratégie défensive » [1]. Galton s’intéressa aussi au système du français Alphonse Bertillon pour l’identification des criminels qui s’appuyait sur leurs mensurations physiques. Comme Cesare Lombroso dans L’Homme criminel (1876) chercha à décrire le « criminel-né » à travers l’étude de portraits photographiques de forçats montrant certaines caractéristiques anatomiques ou physiologiques [17].

L’eugénique… une science ?{{}}

Galton écrit dans ses Mémoires : « Quand j’eus compris que l’hérédité des qualités mentales, sur lesquelles j’avais fait mes recherches, était réelle, et que l’hérédité était un moyen de développer des qualités humaines, beaucoup plus puissant que le milieu, je désirai explorer l’échelle des qualités dans des sens différents, en vue d’établir dans quelle mesure l’enfantement, tout au moins théoriquement, pouvait modifier la race humaine. Une nouvelle race pouvait être créée, possédant en moyenne un degré de qualité égal à celui rencontré seulement jusqu’ici dans les cas exceptionnels. » Pour créer cette « nouvelle race », Galton fonde l’eugénique. En 1883, il emploie dans Inquiries into Human Faculty pour la première fois le mot « eugénique » pour remplacer l’expression de « viriculture » (du latin vir, homme et cultura, culture) qu’il utilisait auparavant. Il définit ainsi l’eugénique : « science de l’amélioration de la race, qui ne se borne nullement aux questions d’unions judicieuses, mais qui, particulièrement dans le cas de l’homme, s’occupe de toutes les influences susceptibles de donner aux races les mieux douées un plus grand nombre de chances de prévaloir sur les races les moins bonnes ».

Le projet galtonien était de réorganiser la société anglaise en utilisant la sélection artificielle pour remplacer une sélection naturelle inefficace. Il constate que les méthodes utilisées par les éleveurs sont efficaces et permettent la reproduction d’animaux sélectionnés pour telle ou telle caractéristique. Pourquoi n’appliquerait-on pas à l’homme cette sélection artificielle afin de produire et de reproduire certains types mentaux comme le génie ? Il proclame sa conviction que « l’amélioration du cheptel humain ne posait aucune difficulté insurmontable ». Il affirme dans Hereditary Genius qu’il est tout aussi facile « d’obtenir par une sélection attentive, les races de chiens et de chevaux dotés de qualités spéciales […] et qu’il serait souhaitable de produire une race humaine supérieurement dotée par les moyens semblables ». Son objectif est avant tout national, et ne concerne que les « désirables », dont il craint la disparition, c’est-à-dire les ingénieurs, les médecins, les professions libérales, les militaires, les hommes d’État, etc. Il faut davantage de bons scientifiques, de bons militaires, etc. pour renforcer la puissance de l’Empire anglais. Il est urgent d’« améliorer la race » car écrit-il : « Nous vivons dans une sorte d’anarchie intellectuelle par manque d’esprits supérieurs. En règle générale, la capacité intellectuelle de nos dirigeants a besoin d’être élevée. Nous voulons des capitaines, des hommes d’État, des penseurs et des artistes plus compétents. » Il est vrai qu’en Angleterre, les « désirables » ont un taux de fécondité plus faible que celui des « indésirables », d’où sa ferme volonté d’arrêter la dégénérescence en adoptant certaines mesures positives afin d’obtenir une élite plus nombreuse, comme un système d’examens et de bourses destiné à encourager la reproduction des élites. L’eugénisme sera donc « la clef d’un programme biologique visant la création d’une prudente méritocratie » [9].

Galton veut faire de l’eugénisme une religion « laïque, substitut scientifique aux religions officielles » et prévoit « qu’une sorte de clergé scientifique prendrait le relais ». Donnant une dimension religieuse à l’eugénisme, il écrit dans The American Journal of Sociology (1905) : « L’eugénisme renforce le devoir social dans de si nombreuses circonstances que les conclusions résultant de son étude devraient recevoir un bon accueil de toute religion tolérante. […] La foi eugéniste étend la philanthropie aux générations futures ; elle rend son action plus pénétrante qu’elle ne l’a été jusqu’ici en prenant en considération les familles et les sociétés dans leur entièreté. […] Elle interdit sévèrement toutes les formes de charité sentimentale qui sont nuisibles pour la race, en même temps qu’elle recherche activement les acres de bonté personnelle compensant la perte de ce qu’elle interdit. Elle attire l’attention sur les liens de l’espèce, et encourage fortement l’amour et l’intérêt pour la famille et la race. En bref, l’eugénisme est un credo viril, plein d’espoir, et faisant appel à nombre des nobles sentiments de la nature. »

Lors du VIIe Congrès international d’hygiène et de démographie, en 1891, qui se tient à Londres, Galton lance une Adresse aux démographes dont le thème central est la fécondité différentielle dans les diverses classes sociales au sein de l’Angleterre mais aussi des différentes fécondités parmi les nations elles-mêmes. Cette Adresse ne reçoit aucun succès, mais devant le peu d’enthousiasme des démographes, Galton ne se décourage pas et fonde plusieurs revues eugéniques comme Biometrika (1901) avec Weldon et Pearson, The Eugenics Review (1908) qui vont stimuler la création de sociétés eugéniques en Europe et aux États-Unis [18]. En 1904, Galton, pensant qu’il est temps d’agir, décide d’exposer ses idées devant la Société de sociologie de Londres dans une conférence-débat intitulée « L’eugénique, sa définition, son but, ses aspirations » où il propose un plan d’action visant à rassembler les connaissances sur l’hérédité, sur les taux de fécondité présents et passés des divers groupes sociaux, sur les influences qui ont déterminé les mariages au cours des âges, et ainsi faire de l’eugénique une discipline à part entière enseignée dans les universités afin de l’introduire « dans la conscience nationale comme une religion ». À cette conférence sont présents de nombreux médecins, les plus grands sociologues et de nombreux scientifiques. Cette conférence eut un vif succès, et sera imprimée et largement diffusée aux États-Unis et en Europe. C’est le point de départ du mouvement eugénique.

Conclusion{{}}

L’enthousiasme pour l’eugénique s’accroît dès le début du XXe siècle et un nombre grandissant de personnes réclame l’adoption de mesures législatives. Les idées de Galton semblent toucher les hommes politiques et les premières législations rendant obligatoire la stérilisation des faibles d’esprit et des criminels furent votées dès 1907 aux États-Unis [19]. À la fin des années 1920, des lois semblables furent votées dans les pays scandinaves et en Allemagne nazie. Puis en octobre 1939, Hitler signa l’ordre de donner une « mort douce » aux malades incurables internés. Ainsi débuta l’opération T4 qui conduisit à la mort 275 000 malades et vieillards [20]. Juste avant sa mort, Galton écrit dans Essays in eugenics (1909) : « Il est avant tout nécessaire, pour que les progrès de l’eugénisme soient couronnés de succès, que ses défenseurs procèdent avec discrétion et ne prétendent pas à une efficacité plus grande que celle que le futur pourrait confirmer ». Le futur confirmera… Les politiques eugénistes mises en place n’eurent aucune efficacité sur le plan biologique et ne servirent qu’à porter atteinte à la dignité humaine.

Illustration

Références{{}}

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  • Duster T. Retour à l’eugénisme. Paris : Kimé, 1992. [Google Scholar]
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  • Article 16-4 du Code civil : « Nul ne peut porter atteinte à l’intégrité de l’espèce humaine. Toute pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est interdite ». [Google Scholar]
  • Article L 2131-4 du Code de santé publique. [Google Scholar]
  • Bresnu PN. L’eugénisme : théorie biologique et pratiques politiques. Université de Paris-Nanterre : Mémoire de DEA, 1985. [Google Scholar]
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  • Gould SJ. La mal-mesure de l’homme, l’intelligence sous la toise des savants. Collection Biblio. Paris : Le Livre de Poche, 1986. [Google Scholar]
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    Table of Contents Abstract Full HTML PDF (230.0 KB) References

Source : https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html

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  • Du test génétique au ’super-bébé’ : vers un néo-eugénisme ? - Jeudi 19 février 2026 - France Culture58 minutes - Provenant du podcast La Science, CQFD - radiofrance.fr/franceculture - Par Natacha Triou

A la fin du 19e siècle, le scientifique Francis Galton, propose d’utiliser la sélection pour produire une race humaine supérieure. C’est l’avènement de l’eugénisme, un courant tombé en disgrâce après 1945 mais que la science moderne pourrait ranimer. Assiste-t-on à l’avènement d’un néo-eugénisme ?

Avec :{{}}

  • Bernard Baertschi Membre du comité d’éthique de l’INSERM et anciennement professeur à l’université de Genève.
  • Julie Steffan Chercheuse au laboratoire de biologie moléculaire de l’hôpital Necker
  • Gaëlle Pontarotti Philosophe, professeure à l’université de Namur
    Le mot eugénique est un dérivé de l’anglais « eugenics », construit à partir du grec eu- (« bien ») et genos (« naissance » ou « race »).

Bien avant l’apparition du terme « eugénisme », des sociétés ont cherché à contrôler la reproduction : sélection à Sparte, incestes royaux en Égypte ou chez les Incas, projets philosophiques chez Platon qui préconise que « l’élite des hommes ait commerce avec l’élite des femmes ». L’idée d’« améliorer » l’humain est donc ancienne.

En 1883, Francis Galton forge le terme « eugenics », à partir des racines grecques eu- (« bien ») et genos (« naissance » ou « race »). Il désigne ainsi une « science de l’amélioration de la race humaine », inspirée de l’élevage animal et des théories évolutionnistes. L’objectif assumé est de favoriser les « meilleurs » et de limiter la reproduction des autres.

Des théories aux politiques d’État{{}}

L’eugénisme ’positif’ encourage certaines unions jugées désirables. L’eugénisme ’négatif’, quant à lui, impose la ségrégation, la stérilisation ou la mise à mort. Ces idées ont nourri des politiques publiques au XXe siècle, jusqu’aux crimes nazis.

Contrairement à la France, les États-Unis et les pays scandinaves ont appliqué des politiques eugénistes (notamment des stérilisations forcées) jusque dans les années 1970. L’Allemagne nazie a poussé cette logique jusqu’à l’extermination.

Les crimes du nazisme, le Procès de Nuremberg et les progrès de la génétique ont mis en lumière l’impasse scientifique et morale de l’eugénisme. La dignité humaine a alors supplanté l’idée d’un « progrès biologique » imposé.

Les ambiguïtés contemporaines{{}}

Les diagnostics prénataux et préimplantatoires, fruits des sciences modernes, visent à éviter des maladies graves, non à ’améliorer l’espèce’. Ils s’éloignent en cela de l’eugénisme traditionnel. Pourtant, ils ouvrent la porte à une forme nouvelle, plus diffuse et potentiellement plus insidieuse.

Sélection d’embryons, scores génétiques, promesses d’optimisation… Allons-nous vers un eugénisme « libéral » ou marchand ? Sans contrainte étatique directe, la pression peut devenir sociale, économique ou idéologique.

Le Code civil interdit toute pratique eugénique visant à organiser la sélection des personnes. La prévention et le traitement des maladies génétiques sont autorisés, mais toute modification transmissible du génome humain demeure prohibée.

Tests génétiques, transhumanisme, start-ups de sélection embryonnaire : les outils évoluent plus vite que l’éthique. L’eugénisme n’est plus un projet affiché, mais il reste une question brûlante concernant nos choix collectifs et individuels.

Aux États-Unis, l’obsession de Donald Trump et de certains géants de la tech pour l’intelligence et l’optimisation humaine laisse transparaître, en sous-texte, des convictions eugénistes et racialistes.

Vers un eugénisme libéral ?{{}}

L’étrange retour du chercheur chinois qui modifiait génétiquement les bébésOuverture dans un nouvel onglet, (Le Monde, 2025)

L’eugénisme réinventé : la reconfiguration racialiste du trumpisme en 2025Ouverture dans un nouvel onglet (The Conversation, 2025)

L’eugénisme et la procréation médicaliséeOuverture dans un nouvel onglet (Inserm, 2025)

L’eugénisme : de quoi parle-t-on ?Ouverture dans un nouvel onglet (Comité consultatif national d’éthique, 2021)

Aux Etats-Unis, la longue histoire de la stérilisation forcéeOuverture dans un nouvel onglet (Le Monde, 2020)

Évolution, eugénisme, transhumanisme… Portrait de l’incroyable famille HuxleyOuverture dans un nouvel onglet (Usbek & Rica, 2019)

« Le transhumanisme n’est qu’un eugénisme relooké »,Ouverture dans un nouvel onglet entretien avec Jacques Testart (Usbek & Rica, 2018)

Retrouvez-nous sur BlueskyOuverture dans un nouvel onglet.

Les références musicales :

Le titre du jour : Telepopmusik, Genetic world

Le générique de début : Altin Gün, Goca dünya

Le générique de fin : Yin Yin, Pingpxng

Chroniques :

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Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-science-cqfd/du-test-genetique-au-super-bebe-vers-un-neo-eugenisme-3689290

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  • Eugénisme, racisme et rhétorique trumpienne : la dérangeante obsession des États-Unis pour le QI - Allane Madanamoothoo – 3 mai 2026 à 17h00 – Document ‘slate.fr’
    Depuis le début du XXe siècle, l’Amérique entretient une relation troublante avec le quotient intellectuel. Au point de l’utiliser à des fins politiques, idéologiques ou pseudo-scientifiques, de Henry H. Goddard à Donald Trump en passant par Jeffrey Epstein.{{}}

Le président américain Donald Trump salue pendant l’hymne national des États-Unis, lors d’un dîner d’État au palais de Lusail, à Doha (Qatar), le 14 mai 2025 à Doha, au Qatar. | Win McNamee / Getty Images Europe / AFP

Le président américain Donald Trump salue pendant l’hymne national des États-Unis, lors d’un dîner d’État au palais de Lusail, à Doha (Qatar), le 14 mai 2025 à Doha, au Qatar. | Win McNamee / Getty Images Europe / AFP

Ce qui avait été conçu comme un outil pédagogique par Alfred Binet et Théodore Simon en France a été importé par le psychologue Henry Goddard aux États-Unis à la fin des années 1900 et s’est rapidement transformé en un instrument de tri social dans ce pays. Aujourd’hui, des start-up californiennes proposent aux parents fortunés de classer leurs embryons selon leur quotient intellectuel (QI) potentiel, tandis que Donald Trump en fait une arme rhétorique contre ses adversaires.

L’obsession des Américains pour le quotient intellectuel (QI) remonte aux thèses eugénistes du début du XXe siècle et perdure encore aujourd’hui. Elle se manifeste tantôt par des actes, tantôt par des paroles. Dans les deux cas, les conséquences ouvrent la voie, comme par le passé, à des pratiques racistes et eugénistes.

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L’importation, la traduction et l’adaptation du test Binet-Simon par Henry H. Goddard{{}}

Le test de mesure de l’intelligence conçu en 1905 par Alfred Binet et Théodore Simon, puis révisé en 1908 et en 1911 et communément appelé « test de QI » plus tard, était initialement destiné à permettre aux enfants en difficulté scolaire de rattraper leur retard. Importé aux États-Unis en 1908 par le psychologue Henry Herbert Goddard à la suite d’un voyage en Europe, il fut très vite détourné de ses fonctions initiales après avoir été traduit et adapté avec un certain manque de rigueur sur le continent américain.

Henry H. Goddard, qui était à la fois un fervent eugéniste et directeur de la Vineland Training School –une école pour les enfants atteints de handicaps physiques et mentaux– dans le New Jersey, a été l’un des chefs de file de ce détournement. Il traduisit et adapta la version de 1908 qu’il expérimenta sur des enfants à partir de 1911. Henry H. Goddard les divisa en trois catégories et les qualifia selon leur degré de déficience en :

  • « Idiots » (2 ans d’âge mental) ;
  • « Imbéciles » (3 à 7 ans d’âge mental) ;
  • « Faibles d’esprit » (8 à 12 ans d’âge mental), qu’il désigna également par le terme « morons » (traduit vulgairement en français par « crétins »).
    D’après Henry H. Goddard, les « faibles d’esprit » représentaient le plus grand risque pour la société, car ils pouvaient se « reproduire facilement ». Il pensait aussi –du moins pendant un certain temps– que ces derniers étaient surreprésentés parmi les criminels, les prostituées et les alcooliques.

En 1913, Henry H. Goddard participa à l’évaluation systématique des immigrés au centre d’accueil d’Ellis Island (New York) par l’intermédiaire du test de QI, traduit et adapté, en dépit des facteurs socioculturels et linguistiques. Les immigrés jugés « faibles d’esprit » étaient renvoyés dans leur pays d’origine.

Le test de QI selon Henry Herbert Goddard. | Research Gate

Le test de QI selon Henry Herbert Goddard. | Research Gate

Le test de QI avait de plus servi à justifier les stérilisations forcées à la suite de l’arrêt Carrie Buck v. Bell, rendu par la Cour suprême le 2 mai 1927. La Cour autorisa la stérilisation contrainte d’une jeune femme, Carrie Buck, internée à tort après avoir été violée, au faux motif de promiscuité et d’un prétendu « faible QI héréditaire ». Sa mère, sa fille et elle avaient toutes trois été qualifiées de « faibles d’esprit » à l’issue d’un test de QI.

Dans sa conclusion, le juge Oliver Holmes déclara : « Il vaut mieux pour le monde entier qu’au lieu d’attendre d’exécuter les descendants dégénérés pour crime, ou de les laisser mourir de faim pour leur imbécillité, la société puisse empêcher ceux qui sont manifestement inaptes de perpétuer leur espèce. Le principe qui soutient la vaccination obligatoire est assez fort pour couvrir la section des trompes de Fallope. […] Trois générations d’imbéciles, c’est assez ! »

Par ailleurs, l’étiquette « faible d’esprit » accolée aux criminels, aux prostituées, aux alcooliques, aux pauvres et aux Noirs renforça les politiques de stérilisation eugénique. Sous l’impulsion de cet arrêt, une trentaine d’États américains promulguèrent des lois autorisant la stérilisation forcée de ces catégories de population. Entre 1900 et 1970, plus de 60.000 personnes considérées comme « faibles d’esprit » furent stérilisées de force.

La banque de sperme de R.K. Graham réservée aux Prix Nobel{{}}

Robert Klark Graham (1906-1997), l’homme d’affaires qui a fait fortune grâce à la création de verres de lunettes incassables, était aussi connu pour sa « banque de sperme de génies ». Cet ardent défenseur de l’eugénisme soutient la théorie de la dégénérescence dans son ouvrage Future of Man (1970). Il affirme que pour enrayer la dégradation de l’espèce humaine, il faudrait limiter la reproduction des individus « moins intelligents » et favoriser celle des « plus intelligents ».

Au début des années 1980, Robert K. Graham passa de la théorie à la création d’une banque de sperme élitiste gratuite : la Repository for Germinal Choice (« Répertoire pour le choix germinal ») en Californie. Son objectif : aider des femmes « intelligentes » à donner naissance à de futurs petits génies afin de « sauver l’humanité ». Seuls des donneurs blancs répondant à des critères exigeants étaient autorisés à faire don de leurs gamètes.

Sur le même sujet :

Le hall des lauréats du prix Nobel au centre d’accueil des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH), à Bethesda, dans le Maryland (États-Unis).

Eugénisme et savants fous : l’histoire controversée de la banque de sperme réservée aux lauréats du prix Nobel

À l’origine, Robert K. Graham ne recherchait que des donneurs parmi les lauréats du prix Nobel. Le co-inventeur du transistor, William Bradford Shockley (1910 -1989), lauréat du prix Nobel de physique en 1956 et partisan de l’eugénisme, en faisait partie, ainsi que deux autres lauréats anonymes.

Toutefois, la rareté des donneurs Prix Nobel et la faible viabilité de leur semence, en raison de leur âge, contraignirent Robert K. Graham à assouplir ses critères de sélection. Il exigea néanmoins un QI d’au moins 130 points pour les autres donneurs. Plus de 200 enfants sont nés de cette banque fermée en 1999, deux ans après la mort de Robert K. Graham. Tous ne sont toutefois pas devenus des génies.

Quand Jeffrey Epstein prévoyait d’être le géniteur d’une vingtaine d’enfants de « super races »{{}}

Jeffrey Epstein, le pédocriminel retrouvé mort dans sa cellule en août 2019 avant son procès pour crimes sexuels, était lui aussi un défenseur de l’eugénisme, d’après une enquête du New York Times publiée la même année. Persuadé sans doute d’avoir un ADN génétiquement supérieur, il envisageait de transformer son ranch au Nouveau-Mexique en un centre de procréation où une vingtaine de femmes, sélectionnées sur des critères académiques et de beauté, seraient inséminées avec ses propres gamètes.

Ce projet n’est pas sans rappeler la Repository Germinal Choice de Robert K. Graham ou, à plus grande échelle, le programme Lebensborn –la fabrique d’enfants « aryens » (grands, blonds aux yeux bleus) sous le régime nazi– dans la mesure où Jeffrey Epstein fantasmait sur les femmes « aux yeux bleus », un signe d’intelligence selon lui.

Différents médias (Le Figaro, The Guardian, The Telegraph, Mother Jones, etc.), après consultation des documents liés à Jeffrey Epstein, publiés par la justice américaine le 30 janvier 2026, ont confirmé l’obsession du prédateur sexuel états-unien pour l’eugénisme et ont rapporté sa fascination pour les « bébés sur mesure », le transhumanisme et le QI.

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La page de la bibliothèque Epstein sur le site web du ministère américain de la Justice affichée sur l’écran d’un ordinateur portable et le document disponible à la bibliothèque Epstein affiché sur l’écran d’un téléphone sont visibles sur cette photo prise à Cracovie, en Pologne, le 4 février 2026. (Photo de Jakub Porzycki/NurPhoto)

Racisme, « bébés sur mesure » et viagra féminin : l’étrange obsession de Jeffrey Epstein pour la génétique et l’eugénisme

Notons que Jeffrey Epstein avait en outre financé la recherche en génétique à travers d’importantes donations à plusieurs institutions scientifiques, notamment :

Donald Trump a quant à lui pour habitude de dénigrer et de remettre en cause le QI de ses opposants politiques ou de quiconque se trouve en désaccord avec lui. En septembre 2025 il a par exemple qualifié sa détractrice Jasmine Crockett, représentante démocrate du Texas au Congrès, de « personne avec un très faible QI ».

En juin de la même année, à la suite d’un différend économique, il s’en prit ouvertement à Jerome Powell, l’actuel président de la Fed –qu’il avait lui-même nommé durant son premier mandat– en le qualifiant de « personne moyennement douée mentalement », à « faible QI » et de « très stupide ».

Fidèle à sa rhétorique de dénigrement utilisée comme posture défensive, il qualifia l’ex-colistier de Kamala Harris, Tim Walz, de « total moron » (vulgairement « vrai crétin » en français), en octobre 2024, lors de sa deuxième campagne présidentielle et affirma au sujet de son ancienne rivale démocrate : « Kamala Harris possède un faible QI et ne peut pas rivaliser avec les dirigeants des autres pays. »

Ses prédécesseurs subirent le même sort. En 2020, il déclara dans un tweet au sujet de Joe Biden : « Il va falloir vous y habituer, encore un autre individu à faible QI ! » Il remit également en cause les études de Barack Obama aux universités Columbia et Harvard.

« Joe Biden s’est emmêlé les pinceaux ce week-end lorsqu’il n’a pas réussi à prononcer correctement une phrase très simple sur sa décision d’être candidat à la présidence. Il va falloir vous y habituer, encore un autre individu à faible QI ! »{}

Rappelons que si Donald Trump s’acharne systématiquement à rabaisser ceux qui lui résistent, c’est aussi –et surtout– pour redorer son image et se valoriser lui-même. Lors de son différend avec Jerome Powell en juin 2025, il affirma : « Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ? »

En 2018, il s’était aussi autoproclamé « un génie très stable », malgré l’absence de toute preuve à ce jour. Une affirmation peu étonnante lorsque l’on sait qu’en 2015, il avait menacé de poursuivre en justice les universités où il avait étudié si elles révélaient ses notes.

Enfin, l’obsession de Donald Trump pour le QI s’enracine vraisemblablement dans son adhésion aux thèses eugénistes du siècle dernier : ses discours sont parsemés de références aux « bons gènes » (les siens, ceux de sa famille et des Américains blancs) et aux « mauvais gènes » (ceux des immigrés illégaux qu’il qualifie tantôt de « criminels », tantôt de « monstres » et tantôt de personnes qui « empoisonnent le sang » du pays).

Perspectives : une obsession jusqu’au tri des embryons en fonction de leur futur QI{{}}

Une étude publiée dans la revue Science en février 2023 révèle que 28% des Américains se disent favorables à la modification génétique de leur bébé pour maximiser ses chances d’intégrer les meilleures universités par la suite. À l’inverse, 38% envisageraient de sélectionner des embryons selon leur QI dans le cadre de leur projet parental.

Certaines start-up américaines, telles que Heliospect Genomics et Nucleus Genomics, affirment déjà être en mesure de trier les embryons en fonction de leur QI potentiel, bien qu’il s’agisse d’une spéculation pour de nombreux scientifiques. Elles proposent à une clientèle fortunée la possibilité de classer les embryons conçus par fécondation in vitro selon leur QI potentiel grâce à une méthode de dépistage génétique. Les futurs parents peuvent ensuite choisir d’implanter le « meilleur » embryon selon différents critères, dont le QI, dans l’utérus de la femme.

Cette idéologie de la reproduction des « plus intelligents » est soutenue outre-Atlantique par Elon Musk, certains mouvements comme la Pronatalist Foundation, ainsi que par les géants de la Tech de la Silicon Valley.

En analysant l’obsession des Américains pour le QI, nous ne pouvons écarter le risque d’un eugénisme plus moderne, plus soft mais aux conséquences tout aussi lourdes : la normalisation de l’idée qu’il existerait des êtres génétiquement « supérieurs » et les dérives eugénistes que cette conviction pourrait encore engendrer…

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Le tri par QI, en toute décontraction.

Eugénisme : une start-up propose à ses riches clients de trier les embryons en fonction de leur QI

Si nous bénéficions d’un droit inaliénable à critiquer les valeurs et les goûts musicaux de nos enfants, une chose est sûre : ils ne sont pas moins intelligents que nous.

Non, nous ne sommes pas moins intelligents que nos parents et nos enfants ne sont pas plus bêtes que nous

Allane Madanamoothoo est docteure en droit de l’université de Toulouse et professeure associée de droit à l’EDC Paris Business School.

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Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

En savoir plus Monde Sciences Etats-Unis quotient intellectuel QI histoire eugénisme

Source : https://www.slate.fr/monde/eugenisme-racisme-rhetorique-trump-obsession-idiote-qi-etats-unis-histoire-quotient-intellectuel-sciences-genetique-ideologie

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  • Comment le QI est devenu l’obsession de l’Amérique - The Conversation - Publié le 03/05/2026 à 21h32 • Mis à jour le 03/05/2026 à 21h32
    INTELLIGENCE • Ce qui avait été conçu comme un outil pédagogique s’est rapidement transformé en un instrument de tri social dans ce pays

The Conversation

Les États-Unis sont-ils obsédés par le quotient intellectuel ?

Les États-Unis sont-ils obsédés par le quotient intellectuel ? - Shutterstock

L’essentiel : {{}}

  • Né comme outil éducatif avec Alfred Binet et Théodore Simon, le test de QI a été détourné aux États-Unis par Henry Goddard en instrument de tri social et eugéniste.
  • Cette logique a nourri des politiques violentes (stérilisations, discrimination) et persiste aujourd’hui dans certaines pratiques et discours, y compris ceux de Donald Trump.
  • Elle réapparaît désormais sous une forme technologique, avec des projets de sélection d’embryons selon leur QI potentiel, ravivant le spectre d’un eugénisme moderne.
    Depuis plus d’un siècle, les États-Unis entretiennent une relation obsessionnelle avec le quotient intellectuel, nous explique Allane Madanamoothoo, professeure associée à l’EDC Paris Business School.

L’obsession des Américains pour le quotient intellectuel (QI) remonte aux thèses eugénistes du début du XXᵉ siècle et perdure encore aujourd’hui. Elle se manifeste tantôt par des actes, tantôt par des paroles. Dans les deux cas, les conséquences ouvrent la voie, comme par le passé, à des pratiques racistes et eugénistes.

L’importation, la traduction et l’adaptation du test Binet-Simon{{}}

Le test de mesure de l’intelligence conçu en 1905 par Alfred Binet et Théodore Simon, puis révisé en 1908 et 1911 et communément appelé « test de QI » plus tard, était initialement destiné à permettre aux enfants en difficulté scolaire de rattraper leur retard. Importé aux États-Unis en 1908 par le psychologue Henri Goddard suite à son voyage en Europe, il fut très vite détourné de ses fonctions initiales après avoir été traduit et adapté avec un certain manque de rigueur sur le continent américain.

Goddard, qui était à la fois un fervent eugéniste et directeur de la Vineland Training School – une école pour les enfants atteints de handicaps physiques et mentaux – dans le New Jersey, a été l’un des chefs de file de ce détournement. Il traduisit et adapta la version de 1908 qu’il expérimenta sur des enfants à partir de 1911. Goddard les divisa en trois catégories et les qualifia selon leur degré de déficience en :

  • « idiots » (2 ans d’âge mental),
  • « imbéciles » (3 à 7 ans d’âge mental)
  • « faibles d’esprit » (8 à 12 ans d’âge mental) qu’il désigna également par le terme « morons » (traduit vulgairement en français par « crétins »).
    D’après Goddard, les « faibles d’esprit » représentaient le plus grand risque pour la société car ils pouvaient se « reproduire facilement ». Il pensait aussi – du moins pendant un certain temps – que ces derniers étaient surreprésentés parmi les criminels, les prostituées, et les alcooliques.

En 1913, Goddard participa à l’évaluation systématique des immigrés au centre d’accueil d’Ellis Island via le test de QI, traduit et adapté, en dépit des facteurs socioculturels et linguistiques. Les immigrés jugés « faibles d’esprit » étaient renvoyés dans leur pays d’origine.

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Le test de QI avait de plus servi à justifier les stérilisations forcées à la suite de l’arrêt Carrie Buck v. Bell, rendu par la Cour suprême le 2 mai 1927. La Cour autorisa la stérilisation contrainte d’une jeune femme, Carrie Buck, internée à tort après avoir été violée, au faux motif de promiscuité et d’un prétendu « faible QI héréditaire ». Sa mère, sa fille et elle avaient toutes trois été qualifiées de « faibles d’esprit » à l’issue d’un test de QI. Dans sa conclusion, le juge Oliver Holmes déclara :

« Il vaut mieux pour le monde entier qu’au lieu d’attendre d’exécuter les descendants dégénérés pour crime, ou de les laisser mourir de faim pour leur imbécillité, la société puisse empêcher ceux qui sont manifestement inaptes de perpétuer leur espèce. Le principe qui soutient la vaccination obligatoire est assez fort pour couvrir la section des trompes de Fallope […]. Trois générations d’imbéciles, c’est assez ! »

Par ailleurs, l’étiquette « faible d’esprit » accolée aux criminels, aux prostituées, aux alcooliques, aux pauvres et aux Noirs renforça les politiques de stérilisation eugénique. Sous l’impulsion de cet arrêt, une trentaine d’États américains promulguèrent des lois autorisant la stérilisation forcée de ces catégories de population. Entre 1900 et 1970, plus de 60.000 personnes considérées comme « faibles d’esprit » furent stérilisées de force.

La banque de sperme de R. K. Graham réservée aux Prix Nobel{{}}

Robert Klark Graham (1906-1997), l’homme d’affaires qui a fait fortune grâce à la création de verres de lunettes incassables, était aussi connu pour sa « banque de sperme de génies ». Cet ardent défenseur de l’eugénisme soutient la théorie de la dégénérescence dans son ouvrage Future of Man (1970). Il affirme que pour enrayer la dégradation de l’espèce humaine, il faudrait limiter la reproduction des individus « moins intelligents » et favoriser celle des « plus intelligents ».

Au début des années 1980, Graham passa de la théorie à la création d’une banque de sperme élitiste gratuite : la Repository Germinal Choice en Californie. Son objectif : aider des femmes « intelligentes » à donner naissance à de futurs petits génies afin de « sauver l’humanité ». Seuls des donneurs blancs répondant à des critères exigeants étaient autorisés à faire don de leurs gamètes.

Notre dossier sur l’intelligence

À l’origine, Graham ne recherchait que des donneurs parmi les lauréats du prix Nobel. Le co-inventeur du transistor, William Bradford Shockley (1910 -1989), lauréat du prix Nobel de physique en 1956 et partisan de l’eugénisme, en faisait partie, ainsi que deux autres lauréats anonymes. Toutefois, la rareté des donneurs Prix Nobel et la faible viabilité de leur semence, en raison de leur âge, contraignirent Graham à assouplir ses critères de sélection. Il exigea néanmoins un QI d’au moins 130 points pour les autres donneurs. Plus de 200 enfants sont nés de cette banque fermée en 1999, deux ans après la mort de Graham. Tous ne sont toutefois pas devenus des génies.

Quand Jeffrey Epstein prévoyait d’être le géniteur d’une vingtaine d’enfants de « super races »{{}}

Jeffrey Epstein, le pédocriminel retrouvé mort dans sa cellule en août 2019 avant son procès pour crimes sexuels, était lui aussi un défenseur de l’eugénisme, d’après une enquête du New York Times publiée la même année. Persuadé sans doute d’avoir un ADN génétiquement supérieur, il envisageait de transformer son ranch au Nouveau-Mexique en un centre de procréation où une vingtaine de femmes, sélectionnées sur des critères académiques et de beauté, seraient inséminées avec ses propres gamètes. Ce projet n’est pas sans rappeler la Repository Germinal Choice de Graham ou, à plus grande échelle, le programme Lebensborn – la fabrique d’enfants « aryens » (grands, blonds aux yeux bleus) sous le régime nazi – dans la mesure où Epstein fantasmait sur les femmes « aux yeux bleus », un signe d’intelligence selon lui.

Différents médias (le Figaro, The Guardian, The Telegraph, Mother Jones…), après consultation des Epstein files publiés par la justice américaine le 30 janvier 2026, ont confirmé l’obsession d’Epstein pour l’eugénisme, et ont rapporté sa fascination pour les « bébés sur mesure », le transhumanisme et le QI.

Notons qu’Epstein avait en outre financé la recherche en génétique à travers d’importantes donations à plusieurs institutions scientifiques, notamment :

  • 6.5 millions de dollars (5.5 millions d’euros) à Harvard pour la création d’un programme de « dynamique évolutive » en 2003 ;
  • 20.000 dollars (17.000 euros) au Worldwide Transhumanist Association (renommée Humanity Plus) en 2011 ;
  • 850.000 dollars (725.200 euros) au laboratoire du Massachusetts of Technology (MIT) entre 2002 à 2017.
    Le QI, arme rhétorique de Donald Trump{{}}

Donald Trump a quant à lui pour habitude de dénigrer et de remettre en cause le QI de ses opposants politiques ou de quiconque se trouve en désaccord avec lui. En septembre 2025 il a par exemple qualifié sa détractrice Jasmine Crockett, représentante démocrate du Texas au Congrès, de personne à « très faible QI ».

En juin de la même année, à la suite d’un différend économique, il s’en prit ouvertement à Jerome Powell, l’actuel président de la Fed – qu’il avait lui-même nommé durant son premier mandat – en le qualifiant de « personne moyennement douée mentalement », à « faible QI » et de « très stupide ».

Fidèle à sa rhétorique de dénigrement utilisée comme posture défensive, il qualifia l’ex-colistier de Kamala Harris, Tom Walz, de « total moron » (vulgairement « vrai crétin » en français) lors de sa deuxième campagne présidentielle et affirma au sujet de son ancienne rivale démocrate :

« Kamala Harris possède un faible QI et ne peut pas rivaliser avec les dirigeants des autres pays. »

Ses prédécesseurs subirent le même sort. En 2020, il déclara dans un tweet au sujet de Joe Biden :

« Il va falloir vous y habituer, encore un autre individu à faible QI ! »

Il remit également en cause les études de Barack Obama aux universités de Columbia et de Harvard.

Rappelons que si Trump s’acharne systématiquement à rabaisser ceux qui lui résistent, c’est aussi – et surtout – pour redorer son image et se valoriser lui-même. Lors de son différend avec Powell en juin 2025, il affirma :

« Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ? »

En 2018, il s’était aussi autoproclamé « un génie très stable » malgré l’absence de toute preuve à ce jour. Une affirmation peu étonnante lorsque l’on sait qu’en 2015, il avait menacé de poursuivre en justice les universités où il avait étudié si elles révélaient ses notes.

Enfin, l’obsession de Trump pour le QI s’enracine vraisemblablement dans son adhésion aux thèses eugénistes du siècle dernier : ses discours sont parsemés de références aux « bons gènes » (les siens, ceux de sa famille et des Américains blancs) et de « mauvais gènes » (ceux des immigrés illégaux qu’il qualifie tantôt de « criminels », tantôt de « monstres » et tantôt de personnes qui « empoisonnent le sang » du pays).

Perspectives : une obsession jusqu’au tri des embryons en fonction de leur futur QI{{}}

Une étude de 2023 révèle que 28 % des Américains se disent favorables à la modification génétique de leur bébé pour maximiser ses chances d’intégrer les meilleures universités par la suite. À l’inverse, 38 % envisageraient de sélectionner des embryons selon leur QI dans le cadre de leur projet parental.

Certaines start-up américaines, telles que Heliospect Genomics et Nucleus Genomics, affirment déjà être en mesure de trier les embryons en fonction de leur QI potentiel, bien qu’il s’agisse d’une spéculation pour de nombreux scientifiques. Elles proposent à une clientèle fortunée la possibilité de classer les embryons conçus par fécondation in vitro selon leur QI potentiel grâce à une méthode de dépistage génétique. Les futurs parents peuvent ensuite choisir d’implanter le « meilleur » embryon selon différents critères, dont le QI, dans l’utérus de la femme.

Cette idéologie de la reproduction des « plus intelligents » est soutenue outre-Atlantique par Elon Musk, certains mouvements comme la Pronantalist Foundation ainsi que par les géants de la Tech de la Silicon Valley.

En analysant l’obsession des Américains pour le QI nous ne pouvons écarter le risque d’un eugénisme plus moderne, plus soft mais aux conséquences tout aussi lourdes : la normalisation de l’idée qu’il existerait des êtres génétiquement « supérieurs » et les dérives eugénistes que cette conviction pourrait encore engendrer…

Cet article est réalisé par The Conversation et hébergé par 20 Minutes.

Eugénisme ou pas ? Le débat autour du diagnostic préimplantatoire des embryons resurgit Sciences Intelligence Etats-Unis Dolnad Trump Affaire Epstein

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Un Britannique de 12 ans a battu Albert Einstein à un test de QI

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Source : https://www.20minutes.fr/high-tech/sciences/4220567-20260503-comment-qi-devenu-obsession-amerique

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  • L’argent ne fait pas les bébés – L’édito de Pierre-Antoine Delhommais - Les éditos du Point - Publié le 12/05/2026 à 18h30 – Extrait de ‘lepoint.fr’{{}}
    ÉDITO. Pour enrayer la chute des naissances, la droite française parie sur les aides financières. Mais l’exemple hongrois illustre les limites des politiques natalistes.

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PHOTOPQR/L’ALSACE/Denis Sollier ; MULHOUSE LE 17/01/07 - UNE FECONDITE RECORD DE 2, 005 NOMBRE MOYEN D’ENFANTS PAR FEMME EN FRANCE.

**AUTORISATION OK ENFANT DU PHOTOGRAPHE** (MaxPPP TagID : maxnewsworldtwo760585.jpg) [Photo via MaxPPP] *** Local Caption ***

La France fait face à une pénurie de bébés. PHOTOPQR/L’ALSACE

Sur le plan démographique aussi, la France décroche. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès (651 000) a dépassé en 2025 le nombre de naissances (645 000). En seulement quinze ans, celles-ci ont chuté d’un quart tandis que l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a reculé de 2,02 à 1,53 enfants par femme, soit son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale (1,56 enfant par femme en 1918).

Alors qu’elle avait longtemps fait figure d’exception au sein d’une Europe aux crèches vides et aux maisons de retraite bondées, longtemps bénéficié d’une démographie nettement plus dynamique que ses grands voisins allemand, italien et espagnol, la France est aujourd’hui rentrée dans le rang. Les conséquences catastrophiques pour la croissance...

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Source : https://www.lepoint.fr/editos-du-point/pierre-antoine-delhommais-crise-demographique-en-europe-la-france-a-t-elle-definitivement-perdu-son-4TYLZK43TBAMJLU3HM6BWVCZTA/

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– 16/05/2026

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

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Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !

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[Pascal Paquin – Ses travaux sur https://yonnelautre.fr/ ]

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