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"Faire face à la fatigue démocratique, éviter l’autoritarisme, faire confiance aux sondages politiques ? Clés pour décrypter et (re)découvir Socrate philosophe grec du Vᵉ siècle avant notre ère homme libre et insoumis dans son temps - Actualités" par Jacques Hallard

mardi 31 mars 2026, par Hallard Jacques

ISIAS Démocratie Histoire Athènes

Faire face à la fatigue démocratique, éviter l’autoritarisme, faire confiance aux sondages politiques ? Clés pour décrypter et (re)découvir Socrate philosophe grec du V siècle avant notre ère homme libre et insoumis dans son temps - Actualités

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 24/03/2026

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

En préparation pour ce dossier réalisé dans un but culturel et didactique

Quels sont les piliers de la démocratie ou indices démocratiques de nos jours ?

  • séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) ;
  • souveraineté du peuple ;
  • élection des représentants ;
  • coexistence de plusieurs partis politiques ;
  • égalité des droits ;
  • respect des libertés (d’expression, d’association, de la presse, etc…).

Athènes (en grec : Αθήνα / Athína, /a.ˈθi.na/[1] ; en grec ancien : Ἀθῆναι / Athễnai — le nom est toujours pluriel) est la plus grande ville et la capitale de la Grèce[2]. En 2011, elle compte 664.046 habitants intra-muros sur une superficie de 39 km2. Son aire urbaine, le Grand Athènes, qui comprend notamment le port du Pirée, en compte plus de 4 millions. Berceau de la civilisation occidentale et dotée d’un riche passé, la ville est aujourd’hui le cœur politique, économique et culturel de la République hellénique, dont elle accueille la plupart des institutions, comme le Parlement, la Cour de cassation et le siège du Gouvernement… - Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Ath%C3%A8nes

Qu’est-ce qui a rendu Athènes célèbre dans l’histoire ?

10 Things Athens, Greece is Known For

Athènes est connue pour être le berceau de la civilisation occidentale, où des ruines antiques côtoient des rues animées et où la mythologie se mêle à la vie moderne.

Rappel des 3 principes de la démocratie athénienne ?

  • le droit de tous les citoyens à la parole, que ce soit à l’assemblée du peuple ou devant les tribunaux ;
  • l’accès de tous les citoyens aux fonctions publiques (par élection ou tirage au sort) ;
  • l’égalité de tous devant la loi.
    La démocratie athénienne s’étend sur près de deux siècles, mais il serait faux de penser qu’il s’agit d’un régime continu : la démocratie de l’époque de Clisthène est sensiblement différente de celle de l’époque de Démosthène. D’où l’intérêt de retracer les évolutions du régime athénien dans une chronologie politique. 30 mars 2024

Socrate (en grec ancien : Σωκράτης / Sōkrátēs /sɔːkrátɛːs/[1]) est un philosophe grec du Ve siècle av. J.-C., né vers -470/469 et mort empoisonné en -399 à Athènes. Il est connu comme l’un des ’fondateurs’ de la philosophie. Socrate n’a laissé aucun écrit, sa pensée et sa réputation se sont transmises par des témoignages indirects. Ses disciples, Platon et Xénophon, ont notablement œuvré à maintenir l’image de leur maître, qui est mis en scène dans leurs œuvres respectives…

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bc/Socrate_du_Louvre.jpg/250px-Socrate_du_Louvre.jpg

Tête de Socrate - Marbre romain (Ier siècle), copie d’un bronze perdu - Wikipédia

Pourquoi Socrate critiqua-t-il la démocratie ? - Socrate reprocha finalement à la démocratie de s’approprier une fonction sans posséder le savoir requis pour la maîtriser. Par le fait même, la démocratie en vient à trafiquer la définition du bon gouvernant pour le rendre accessible à tous, sans qualifications requises.

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Introduction

Ce dossier est consacré à la démocratie :

* un article Wikipédia expose la démocratie

* une contribution nous indique comment « Faire face à la fatigue démocratique »

* puis onze podcasts d’une série permettent de tout savoir sur « Athènes : la cité, ses mythes et sa citoyenneté », en mettant l’accent sur l’épisode 11/11 : « Socrate boit la ciguë »

* ensuite, Hélène Roulot-Ganzmann expose comment « Éduquer à la démocratie à l’ère du numérique » - Journaliste professionnelle depuis plus de 25 ans, Hélène Roulot-Ganzmann a été reporter en Europe et en Afrique avant de poser ses valises au Québec. Installée à Montréal depuis 2009, elle a longtemps travaillé à la pige, principalement pour le quotidien Le Devoir et le magazine Conseiller, avant de prendre la rédaction en chef de Projet J, l’observatoire du journalisme. Elle entre au Devoir en 2019 en tant que coordinatrice des cahiers spéciaux avant d’en devenir directrice adjointe, et aujourd’hui directrice…

https://media.licdn.com/dms/image/v2/D4E03AQGnbgOQnnD1-A/profile-displayphoto-scale_200_200/B4EZvsnZizKgAY-/0/1769201310497?e=2147483647&v=beta&t=IFZDtI371eYaLJfzObNzNDDg0NnATKVNbZiEO1RugZMhttps://ca.linkedin.com/in/h%C3%A9l%C3%A8ne-roulot-ganzmann-9b856b67

* Jean-François Kerléo, Professeur de droit public à Aix-Marseille Université, vice-président de l’Observatoire de l’éthique publique argumente : « Sans intégrité publique, il n’y a plus de démocratie libérale »…

Jean-François Kerléo - Fondation Jean-JaurèsSource : https://www.jean-jaures.org/expert/jean-francois-kerleo/

Enfin, le Pasteur James Woody, ‘Esprit de liberté’, aborde le sujet sous un angle culturel et théologique « Démocraties et démocratie libérale » (rappel 14 juillet 2023)

James Woody, né le 24 août 1972 à Paris, est un pasteur de l’Église protestante unie de France à la paroisse d’Auteuil à Paris, attaché au courant du protestantisme libéral…. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Woody

https://regardsprotestants.com/wp-content/uploads/2025/07/james_woody.jpghttps://regardsprotestants.com/actualites/vie-des-eglises/rencontre-avec-le-pasteur-james-woody/

En prime : une vidéo humoristique avec Anne Roumanoff – « Hamon, Macron & Fillon » 🇫🇷 à retrouver sur ce site : https://www.facebook.com/reel/782936977917161

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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§§§

La démocratie peut donner lieu à des interprétations différentes. Deux sortes de difficultés d’interprétation existent : la première concerne la signification concrète de la souveraineté populaire et son application pratique, par exemple selon que la démocratie est directe (le peuple vote les lois) ou représentative (le peuple élit des représentants qui votent les lois) ; La seconde provient de la diversité des régimes politiques qui se sont revendiqués ou se revendiquent comme démocratie. Pour sortir du premier dilemme, on utilise des critères pour déterminer le degré de démocratie auquel se situe un pays. Pour résoudre la seconde difficulté, on utilise le dénominateur commun des démocraties, c’est-à-dire les principes qui les distinguent des autres régimes politiques.

Le dénominateur commun des démocraties est l’existence d’institutions et de lois qui visent à protéger la population des dérives tyranniques ou dictatoriales que peut exercer une personne ou un groupe quelconque, y compris la majorité. Toute démocratie doit disposer de lois permettant aux citoyens de changer de gouvernement ou de projets politiques légalement, c’est-à-dire sans avoir besoin de recourir à la violence et en respectant les procédures définies par les lois.

On fait également une distinction entre la notion de « peuple » et celle plus restrictive de « citoyens » : tous les membres du peuple ne sont pas automatiquement des citoyens.

La démocratie peut être aussi définie par opposition, notamment dans la classification d’Aristote et de Polybe :

  • aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par un seul (μόνος/monos = seul, unique) ;
  • aux systèmes oligarchiques, où le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’individus (ὀλίγος/oligos = en petite quantité, peu abondant) ;
  • aux systèmes de dictature ou de tyrannie. Karl Popper, par exemple, considère qu’un régime est démocratique s’il permet aux citoyens de contrôler ses dirigeants et aussi de les évincer sans recourir à la violence. Karl Popper a présenté cette théorie dans plusieurs ouvrages dont La leçon de ce siècle[5] et Toute vie est résolution de problèmes[6]. En démocratie, le problème n’est pas de savoir « qui doit gouverner » mais « comment empêcher ceux qui ont le pouvoir d’en abuser ». Le peuple a le pouvoir et le devoir d’évaluer les dirigeants, mais il est impossible que tout le monde dirige en même temps ;
  • aux systèmes aristocratiques, où le pouvoir est détenu par ceux considérés comme « les meilleurs »[7]. Francis Dupuis-Déri considère qu’en France ou aux États-Unis au XVIIIe siècle, l’aristocratie héréditaire (sous le régime monarchique) a été remplacée par une aristocratie élue : selon lui, l’élection, mécaniquement, consiste à choisir les meilleurs pour des fonctions qui exigent des connaissances et elle est une procédure d’auto-expropriation du pouvoir par les citoyens, qui le confient aux élus[8] ;
  • aux systèmes ploutocratiques, où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent le plus de richesses.
    Par ailleurs, le terme de démocratie ne se réfère pas uniquement à des formes de gouvernement mais peut aussi désigner une forme de société ayant pour valeurs l’égalité et la liberté (c’est notamment l’usage qu’en fait Alexis de Tocqueville, qui s’attache plus aux dimensions culturelles et psychologiques qu’au système politique en lui-même)[9].

Recensement des démocraties

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cb/Democracy_claims.PNG/500px-Democracy_claims.PNG

Cette carte montre les gouvernements se réclamant (ou non) de la démocratie en juin 2019.

Carte de l’indice de démocratie publiée par The Economist Intelligence Unit en 2022 : plus le pays est en vert, plus il est considéré comme démocratique [10].

Démocraties à part entière
  • 9,00–10,00
  • 8,00–8,99
Démocraties imparfaites
  • 7,00–7,99
  • 6,00–6,99
  • Régimes hybrides
  • 5,00–5,99
  • 4,00–4,99
  • Régimes autoritaires
  • 3,00–3,99
  • 2,00–2,99
  • 1,00–1,99
  • 0,01–0,99
  • Non évalué.
  • https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/73/Mandela_voting_in_1994.jpg/250px-Mandela_voting_in_1994.jpg

    Nelson Mandela a voté lors des élections générales sud-africaines de 1994. Dans les années 1990, la dissolution de l’apartheid au profit du suffrage universel a permis à des dizaines de millions de Sud-Africains, dont Nelson Mandela, de voter pour la première fois.

    Dans son rapport de 2005, Guerre et paix au XXIe siècle, le Human Security Report Project (en) [11] opère une classification des régimes (dans le but de démontrer le rapport entre respect des droits humains et démocratie, entre autres). Il distingue trois catégories de régimes :

    • démocraties ;
    • anocraties (régimes en transition ou aux institutions instables) ;
    • régimes autoritaires.
      Étant donné la multiplicité des critères invoqués par les régimes pour revendiquer leur appartenance à la démocratie, l’institut retient un faisceau d’indices (établissant un score de régime politique, « polity score » en anglais) pour évaluer la qualité des institutions et des processus politiques. Ce sont en particulier :
    • la manière dont est recruté l’exécutif (élection, nomination, pouvoir héréditaire, libre arbitre des électeurs…) ;
    • les moyens de contrôle sur l’action de l’exécutif (autres pouvoirs : législatif et judiciaire…) ;
    • la manière dont est traitée la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse ou l’opinion publique…) ;
    • la manière dont sont traités les droits de l’homme.
      Selon ses calculs, il y aurait, en 2005, 88 démocraties dans le monde (seuls les pays de plus de 500 000 habitants sont comptabilisés), sachant que l’ONU reconnaît 195 États aujourd’hui. Le nombre de démocraties a significativement progressé depuis 1946. En effet, à cette date, on ne comptait que vingt démocraties [12] sur les 72 États reconnus alors. Ce progrès est dû notamment à la fin de la guerre froide (démocratisation des pays de l’Europe de l’Est) et à la démocratisation du continent sud-américain depuis la fin des années 1980. Ce mouvement tend toutefois à s’inverser au cours des années récentes [13].

    L’organisation non gouvernementale Freedom House publie aussi chaque année une carte des libertés dans le monde, prenant en compte des critères démocratiques tels que l’organisation d’élections libres ou la liberté de la presse. Dans son rapport de 2018, l’ONG estime que 45 % des pays sont libres, représentant 39 % de la population mondiale [14].

    Typologie des démocraties{{}}

    Le terme « démocratie » désigne à l’origine un régime politique dans lequel tous les citoyens participent aux décisions politiques par le vote, le terme « citoyen » excluant notamment les femmes, les esclaves, les enfants et les étrangers [4]. Dès le Ve siècle av. J.-C., Périclès rappelle ce principe dans son célèbre discours : « nous intervenons tous personnellement dans le gouvernement de la cité au moins par notre vote […] » [6],[15].

    La démocratie est devenue un système politique dans lequel la souveraineté est attribuée aux citoyens qui l’exercent de façon :

    • directe lorsque les citoyens adoptent eux-mêmes les lois et décisions importantes et choisissent eux-mêmes les agents d’exécution, généralement révocables. On parle alors de démocratie directe ;
    • indirecte lorsque des représentants sont tirés au sort ou élus par les citoyens [16], pour un mandat non impératif à durée limitée, durant lesquels ils ne sont généralement pas révocables par les citoyens. On parle alors de démocratie représentative ;
    • semi-directe dans le cas de démocraties indirectes dans laquelle les citoyens sont cependant appelés à statuer eux-mêmes sur certaines lois, par les référendums, qui peuvent être soit un référendum d’initiative populaire, soit une possibilité de mettre un veto à un projet de loi, soit une proposition de projet de loi.
      Démocratie directe Article détaillé : Démocratie directe.

    Dans la démocratie directe, le pouvoir est exercé directement par les citoyens, sans l’intermédiaire d’organes représentatifs. Selon les lieux et les époques, la démocratie directe désigne différentes formes de gouvernement ou d’association politique dans lesquels des citoyens sont désignés pour préparer et proposer des lois puis l’ensemble des citoyens sont appelés à décider de leur adoption et de leur application [17].

    Athènes en est un exemple : les citoyens réunis dans l’assemblée ordinaire de l’Ecclésia se réunissent quatre fois par prytanie [N 1], votent la guerre et la paix, tirent au sort des magistrats aux fonctions administratives et exécutives. Les magistrats dont la fonction nécessite une expertise sont élus et révocables par les citoyens. Ceux-ci votent également l’ostracisme, c’est-à-dire la possibilité de bannir un citoyen pendant dix ans. Les décisions sont précédées de débats et prises par majorité à main levée. D’autres assemblées (Boulè, Héliastes et Aréopage) contrôlent le bon déroulement du travail législatif et judiciaire [18].

    D’autres exemples jalonnent l’histoire, généralement dans le cadre d’un exercice local du pouvoir. C’est le cas depuis le XVIIe siècle en Nouvelle-Angleterre, au travers des assemblées communales, où la population des communes réunie en assemblée décide des lois, impôts et budget.

    Les cantons suisses d’Appenzell Rhodes-Intérieures et de Glaris en sont des exemples, notamment au travers des communautés rurales (Landsgemeinde en suisse allemand) où les élections des représentants ont lieu à main levée. La Commune de Paris ou les municipalités du Chiapas (Mexique) gérées par le mouvement zapatiste sont aussi généralement considérées comme des expérimentations de la démocratie directe.

    Des procédures décisionnelles spécifiques sont associées à la démocratie directe, par exemple le référendum, dont le référendum d’initiative populaire, les assemblées populaires, le mandat impératif, qui encadre strictement un individu élu dans ses actions, limitées dans leur durée et dans leur contenu, et la révocabilité des élus.

    Par ailleurs, l’idée de démocratie directe est souvent associée à celle d’autogestion, particulièrement lorsqu’elle se rapporte au domaine économique de la production. Ainsi, le communisme de conseils, et plus généralement nombre de théories libertaires, anarchistes et syndicalistes révolutionnaires sont rapportées à celles de la démocratie directe. De ce fait, les soviets de Russie, jusqu’en 1917, l’Espagne de 1936, ou les conseils ouvriers (par exemple en Allemagne et en Italie au début du XXe siècle ou en Hongrie en 1956) sont considérés comme des expériences de démocratie directe.

    Démocratie indirecte ou représentative Article détaillé : Démocratie représentative.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/04/Forms_of_government.svg/500px-Forms_of_government.svg.png

    Régimes politiques de jure dans le monde (2026)

    Républiques

    Autres :

    • Autres systèmes (gouvernements provisoires)
    • Pas de gouvernement
      Dans une démocratie représentative, les citoyens élisent des représentants qui sont chargés d’établir les lois ou de les exécuter. Historiquement la démocratie indirecte est née d’une contrainte liée à la taille des populations et à l’étendue géographique de certains pays. Dès l’origine de la démocratie, il y a eu des représentants mais c’est avec la naissance des États-Nations qu’elle s’est généralisée à l’ensemble des décisions politiques [19]. Il n’est pas possible de rassembler des millions de personnes en un même endroit et vivant souvent très loin les uns des autres [20]. La démocratie directe n’est possible que pour des collectivités réduites comme les cités-États de la Grèce antique ou des petites organisations.

    Au fil du temps, cette forme de démocratie est devenue de facto synonyme du terme démocratie tout court. Cela est notamment dû au fait qu’il s’agit de loin de la forme de démocratie la plus répandue dans le monde contemporain et que des candidats aux élections comme Andrew Jackson aux États-Unis, au milieu du XIXe siècle se sont réapproprié le terme. Avant cela, les politiciens se disaient souvent anti-démocrates, dans le sens d’être contre ce qui est appelé à présent la démocratie directe [8]. Pour la même raison, démocratie représentative et démocratie tout court sont aussi souvent assimilées à la démocratie libérale et à la démocratie parlementaire. Le militant Étienne Chouard et le politologue Francis Dupuis-Déri dénoncent un retournement sémantique du mot démocratie, qui désignerait selon eux « son strict contraire », c’est-à-dire l’élection[21],[7].

    De grands penseurs ont fourni des descriptions détaillées des démocraties indirectes et représentatives naissantes à partir du XVIIIe siècle. Ainsi Tocqueville, dans son livre « De la démocratie en Amérique » décrit puis analyse finement le système politique américain de démocratie représentative qui se développe dans les années 1830 [22].

    Certains politiciens, dans la France d’avant le milieu du XIXe siècle, utilisent une distinction entre régime représentative et vraie démocratie pour signaler la différence entre une conception fédérale et une conception nationale de la constitution. Dans ce cas, le régime représentatif renvoyait à l’idée de république (même si ce régime existait également en monarchie constitutionnelle) et se distinguait de la notion de démocratie, celle-ci désignant alors le système de gouvernement de la démocratie directe [23].

    En 1789, Emmanuel-Joseph Sieyès par exemple distinguait nettement démocratie et régime représentatif : « Les citoyens qui se nomment des représentants […] n’ont pas de volonté particulière à imposer. […] S’ils dictaient des volontés ce ne serait plus cet État représentatif, ce serait un État démocratique » [24].

    Ce type de démocratie indirecte connaît plusieurs variantes distinctes détaillées dans les sections qui suivent.

    Régime parlementaire{{}}

    Articles détaillés : Régime parlementaire et Monisme et dualisme dans le régime parlementaire.

    Dans les démocraties à régime parlementaire, le Gouvernement est responsable devant le Parlement, duquel il est généralement issu. Le parlement peut donc le destituer en recourant à une motion de censure, dont les modalités varient en fonction des pays. En contrepartie, le gouvernement, responsable de l’exécutif, peut dissoudre l’Assemblée, responsable des lois. S’il y a donc bien séparation des pouvoirs dans un régime parlementaire, celle-ci est souple du fait du contrôle réciproque entre exécutif et législatif.

    On distingue les régimes parlementaires monistes et dualistes. Le premier désigne les régimes dans lesquels le gouvernement n’est responsable que devant le parlement et non devant le chef de l’État (celui-ci joue un rôle minime). Dans le régime dualiste, le gouvernement est responsable à la fois devant le parlement et le chef de l’État.

    Régime présidentiel - Article détaillé : Régime présidentiel.

    À l’inverse du régime parlementaire, le régime présidentiel se caractérise par une séparation des pouvoirs plus stricte. Il s’agit d’un régime représentatif dans lequel le pouvoir exécutif n’a pas de responsabilité politique devant le pouvoir législatif, ce qui signifie que ce dernier ne peut pas le destituer. À l’inverse, le chef de l’État (qui y est aussi chef du Gouvernement), élu au suffrage universel direct ou indirect, dispose de moins de pouvoir sur le Parlement que dans un régime parlementaire, n’ayant pas la possibilité de le dissoudre. Aux États-Unis, principal pays dont le régime est véritablement présidentiel, le Président dispose d’un droit de veto sur les textes de lois.

    Régime semi-présidentiel ou régime mixte - Article détaillé : Régime semi-présidentiel.

    Un régime semi-présidentiel est un régime représentatif ayant à la fois des caractéristiques du régime parlementaire et du régime présidentiel.

    C’est le cas de la Ve République française, dans laquelle le chef de l’État est élu au suffrage universel direct, nomme le Premier ministre et, sur proposition de ce dernier, nomme les autres membres du gouvernement ou met fin à leurs fonctions. Le président de la République ne peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre que si celui-ci présente la démission du gouvernement. Il peut dissoudre l’Assemblée mais celle-ci ne peut remettre en cause que le gouvernement, principalement par une motion de censure. Si le président ne dispose pas de la majorité parlementaire, il est a priori contraint à une cohabitation et perd ainsi une grande partie de son pouvoir au profit du gouvernement et du chef du gouvernement. En ce cas, cette forme de régime se rapproche du régime parlementaire.

    Régime d’Assemblée - Article détaillé : Régime d’assemblée.

    Le régime d’assemblée est un régime représentatif dans lequel une assemblée unique, élue au suffrage universel direct, détient l’ensemble des pouvoirs politiques, les pouvoirs exécutifs et judiciaires étant subordonnés au pouvoir législatif.

    Il fut pratiqué en France entre 1792 et 1795, lorsque la Convention fut chargée d’établir une constitution. Ce régime témoigne que le régime représentatif n’est pas nécessairement associé à une séparation des pouvoirs.

    Démocratie libérale - Article détaillé : Démocratie libérale.

    Une démocratie libérale est une démocratie représentative dans laquelle la capacité des élus à exercer un pouvoir de décision est soumise à la règle de droit et est généralement encadrée par une constitution qui met l’accent sur la protection des droits et libertés des individus, posant ainsi un cadre contraignant aux dirigeants. L’idée de démocratie libérale n’implique pas une forme de régime représentatif particulier, celui-ci pouvant donc être parlementaire, présidentiel ou mixte comme en France. De même, elle n’implique pas un régime représentatif au sens strict, mais peut aussi qualifier un régime semi-direct (telle la Suisse) ou participatif.

    Ainsi, sont généralement associés à la démocratie libérale un certain nombre de principes et de valeurs, qui se rapportent soit aux principes de la représentation démocratique, soit aux principes du libéralisme (y compris du libéralisme économique), parmi lesquels :

    • l’existence d’un État de droit ;
    • l’élection des représentants, aujourd’hui le plus souvent par le suffrage universel direct, avec le principe : un citoyen = une voix (égalité politique) ;
    • la recherche de l’intérêt général et le respect de la volonté générale (ceux-ci étant néanmoins généralement définis par les dirigeants eux-mêmes ; de plus, volonté et intérêt général, en plus d’être des notions abstraites, peuvent apparaître comme possiblement conflictuelles) ;
    • l’égalité des droits (ou égalité face à la loi) ;
    • la garantie des libertés fondamentales, soit, généralement, le respect des droits de l’homme, notamment la liberté de conscience et de culte, la liberté d’expression et de la presse, la liberté de réunion, d’association (celle-ci impliquant le multipartisme, et de circulation, ou encore le droit de propriété et, pour ce qui est des démocraties libérales contemporaines, la liberté de commerce (libre-échange), etc.
      Citoyenneté et droit de vote{{}}

    Le corps politique des citoyens recouvre une partie plus ou moins grande de la population selon des critères qui ne sont ni stables ni universels. En démocratie, un individu n’ayant pas atteint l’âge de la majorité civile (différent selon les pays) n’a pas le droit de vote. Par ailleurs, le droit de vote fut pendant longtemps réservé aux hommes. Le droit de vote des femmes fut établi en 1893 en Nouvelle-Zélande, dans les deux premières décennies du XXe siècle notamment en Suède, Finlande, Norvège, États-Unis, Allemagne, et seulement dans les années 1940 en France, en Italie, ou encore en Espagne seulement entre 1931 et 1936, pour l’être rétabli en 1978. Dans certains États des États-Unis, les Noirs n’obtinrent le droit de vote qu’en 1965.

    Les démocraties européennes, à l’époque coloniale, n’ont pratiquement jamais instauré la démocratie dans leurs protectorats ou leur colonies (soit parce qu’elles ont maintenu ou renforcé des monarchies ou oligarchies en place, soit parce qu’elles ont elles-mêmes mis en place des administrations directes non représentatives des populations locales).

    D’autre part, il est rare que les étrangers en résidence dans les pays démocratiques aient droit de vote, hormis parfois aux élections locales. Enfin certains citoyens peuvent être exceptionnellement déchus de leurs droits politiques par décision de justice en cas de crime ou délit.

    Pour ce qui concerne la France, le droit de vote était en 1958 accordé à certains habitants des colonies, mais pas aux indigènes musulmans d’Algérie. Aujourd’hui [Quand ?] toute personne de nationalité française peut voter en France, ce qui exclut les résidents étrangers, à l’exception des ressortissants de l’Union européenne pour ce qui concerne les élections européennes et municipales [25][source insuffisante].

    Dans la plupart des pays d’Europe, les premières démocraties furent censitaires, c’est-à-dire qu’il fallait justifier d’une certaine fortune pour pouvoir voter, soit par le biais de la propriété terrienne, soit par le biais de l’impôt. Ce fut par exemple le cas en Angleterre et en France jusqu’au XIXe siècle. Quand la déclaration des droits confia le pouvoir au Parlement anglais, les électeurs représentaient moins de 3 % de la population.

    Démocratie par tirage au sort{{}}

    Dans la Grèce antique - Articles détaillés : Démocratie athénienne et Tirage au sort en politique.

    Il peut paraître absurde et dangereux de se fier au tirage au sort dans un régime démocratique, puisqu’il semble exclure toute forme de compétence [26]. C’est ce que constatait déjà Xénophon : « C’est folie que les magistrats de la cité soient désignés par la fève [N 2], tandis que nul ne voudrait tirer au sort ni un pilote, ni un architecte, ni un joueur de flûte, ni tout autre homme de métier, dont les fautes sont bien moins préjudiciables que celles qu’on commet au gouvernement [27]. » Mais cette pratique s’explique : à l’origine, le tirage au sort était un véritable jugement de Dieu, comme l’a bien reconnu Fustel de Coulanges [28].

    C’est dans cet esprit que, bien qu’hostile au tirage au sort en politique, Platon en admettait le principe pour certaines fonctions religieuses, « afin de laisser le dieu lui-même indiquer ses préférences » [29]. Inventé dans des temps archaïques pour désigner les chefs, ce tirage au sort a été conservé par les générations suivantes parce qu’il « offrait l’avantage d’apaiser les sanglantes rivalités des grandes familles » [30]. Même dans les cités oligarchiques, le tirage au sort amortissait les luttes des partis les uns contre les autres et empêchait une faction victorieuse de faire prévaloir sa tyrannie dans tout le gouvernement, et d’exaspérer ainsi l’opposition. Incontestablement, il apportait un facteur de calme dans les cités en limitant la compétition [31]. Alors que l’élection pouvait favoriser la brigue, l’intrigue, voire les fraudes, on crut que le tirage au sort était un moyen de supprimer les manœuvres électorales [30] ; mais pendant longtemps, les modalités habilement sophistiquées du tirage au sort n’empêchèrent ni la cooptation ni la brigue [32].

    Il fallut attendre la réforme de Clisthène, puis celle de 487-486 av. J.-C. — où pour la première fois les neuf archontes furent tirés au sort —, et encore la réforme de 457 — où fut instauré le double tirage au sort, ou « tirage par la fève » — pour voir le tirage au sort devenir un peu plus démocratique [33]. Il allait améliorer la représentativité par l’abaissement des conditions censitaires.

    Vers 403 av. J.-C., une nouvelle réforme visa à éviter la corruption, en élargissant la souveraineté populaire à l’échelle de l’ensemble de chaque tribu, et non plus seulement des dèmes [30]. En outre, en interdisant aussi à la plupart des magistrats d’être rééligibles, on diminuait le développement de personnalités de premier plan et de trop grandes autorités individuelles [34]. Dans la démocratie athénienne, le tirage au sort offrit ainsi à tous les citoyens un droit égal d’accès au Conseil, la Boulè des Cinq-Cents ; le tirage au sort de ses membres, les bouleutes, et l’absence de toute qualification, si ce n’est d’âge, eurent pour effet d’« empêcher que la fonction fût l’objet d’une compétition » [35].

    Pour éviter le danger d’une répartition si aveugle, la démocratie athénienne avait prévu plusieurs garde-fous : d’abord, le tirage au sort ne fut jamais appliqué aux magistratures militaires, en particulier les dix stratèges et les dix taxiarques [36], ni aux magistratures relatives aux finances publiques, qui toutes exigeaient compétences et talent [37] ; il ne fut associé qu’à des magistratures courtes, de l’ordre d’un an pour les archontes, ou d’un jour pour l’épistate (président) des prytanes, et fut assorti d’une obligation de reddition de comptes de la part des magistrats ainsi tirés au sort. Cette présidence d’un seul jour de l’épistate qui présidait la Boulè mais aussi l’Ecclésia éliminait l’influence personnelle et décourageait l’intrigue et les pressions[35] ; enfin, il était combiné avec l’élection de façon à respecter le principe, cher aux penseurs grecs, de la Justice distributive ou égalité proportionnelle, qui donne à chacun ce qui lui revient selon son mérite [38]. Le tirage au sort a ainsi fini par prendre en démocratie un sens égalitaire [39].

    Le tirage au sort, généralement associé à des mesures de démocratie directe comme le vote des lois directement par les citoyens, fut considéré, notamment par Platon, comme caractéristique de la démocratie — bien que le terme de démocratie fût pris chez lui dans le sens péjoratif de « démagogie populaire », régime où règne l’arbitraire au profit de la masse des plus pauvres et de ceux qui ont le moins de mérite —. Ainsi s’explique la condamnation sévère de ce régime dans La République[ 40]->https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie#cite_note-42] ; de même Aristote écrit-il : « Le tirage au sort est considéré comme démocratique, l’élection comme oligarchique [41] », mais il prend bien soin d’ajouter : « tirage au sort de toutes les magistratures, ou du moins de celles qui ne demandent ni expérience pratique ni compétences techniques [42]. »

    Dans le monde moderne{{}}

    Dans De l’esprit des lois, Montesquieu reprend cette conception de la démocratie comme régime où le suffrage a lieu par le sort, là où l’élection « est de l’ordre de l’aristocratie » [43]. Elle est aujourd’hui reprise et valorisée par le philosophe Jacques Rancière [44], comme conséquence de l’idée que la politique n’est pas une affaire de spécialiste. Plus récemment, Étienne Chouard diffuse sur internet l’idée du tirage au sort, notamment appliquée au processus constituant [45].

    Au Canada et plus particulièrement en Colombie-Britannique, le tirage au sort a été employé en 2001 pour la formation d’une assemblée ayant pour but la réforme du mode de scrutin [46]. En France le tirage au sort est aujourd’hui employé pour la formation de jurys d’assises [47]. En 2019, la Convention citoyenne pour le climat réunit une assemblée tirée au sort de 150 citoyens français. Elle fait suite à une série de conférences de citoyens également fondées sur le tirage au sort [48]. Le mot sortition est utilisé outre-manche pour présenter le mode de désignation de représentants par le tirage au sort.

    Systèmes mixtes…{{}}

    Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie

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    • Faire face à la fatigue démocratique - Notre focus du dimanche 15 mars 2026 à 08:30 – Envoi de : The Conversation France
      Une fatigue démocratique taraude notre pays. Elle pourrait se traduire, ce dimanche, par une progression de l’abstention et par une montée en puissance du vote protestataire en direction du RN et de LFI. Il semble désormais urgent d’interroger le fonctionnement même de notre système politique.Pour le politiste Loïc Blondiaux, l’une des réponses passe par la redéfinition du rôle des citoyens dans la conduite des affaires publiques, au-delà du vote.Cet intérêt pour une démocratie participative ou directe se traduit déjà par de nombreuses initiatives, comme les référendums locaux. Alors que 700 « listes participatives et citoyennes » seraient présentées en France ce dimanche, que retenir des expériences menées en Espagne où des coalitions dites « municipalistes » gouvernent des villes depuis 2015 ?Bonne lecture !
    Pour éviter l’autoritarisme, démocratisons la démocratie Loïc Blondiaux, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne La démocratie en France traverse une crise. Il est urgent de regagner la confiance des citoyens en leur donnant un plus grand rôle dans les affaires publiques.

    https://images.theconversation.com/files/723752/original/file-20260313-57-ym1y8j.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C222%2C4786%2C2692&q=45&auto=format&w=668&fit=clipLe référendum local, un outil de démocratie directe qui suscite l’intérêt Raul Magni-Berton, Institut catholique de Lille (ICL) ; Christophe Premat, Stockholm University Le référendum local est le seul outil qui permette aux citoyens, à l’échelle locale, de prendre des décisions politiques contraignantes pour leurs représentants.

    https://images.theconversation.com/files/723259/original/file-20260311-71-to4p1w.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C0%2C4766%2C3177&q=45&auto=format&w=668&fit=clipQuel avenir pour le municipalisme ? Retour sur les expériences de Barcelone et de Madrid Héloïse Nez, Université Paris Cité ; David Hamou, Universidade de Brasília (UnB) Des coalitions municipalistes ont dirigé Madrid pendant quatre ans et Barcelone pendant huit ans. Quel bilan et quelles leçons peut-on en tirer ?

    Pour aller plus loin...

    https://images.theconversation.com/files/723553/original/file-20260312-77-bonrcz.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C0%2C4928%2C2464&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropPeut-on faire confiance aux sondages politiques ? Un statisticien nous donne les clés pour les décrypter Léo Gerville-Réache, Université de Bordeaux En vue de l’élection présidentielle de 2027, nous allons être matraqués de sondages. Quelle confiance accorder à ces chiffres ? Pour le comprendre, il faut se pencher sur les statistiques.

    {{}}

    https://images.theconversation.com/files/721325/original/file-20260302-63-29zgbd.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C346%2C4230%2C2115&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropImmigration : un poids ou un atout pour les finances des communes ? Nur Bilge, Université de Lille À l’occasion de la campagne des élections municipales, une question revient dans le débat public : quel est l’effet de l’immigration sur les finances publiques ? Explication en données et en graphiques.

    https://images.theconversation.com/files/722483/original/file-20260306-57-nnrsle.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C217%2C6000%2C3000&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropDes quartiers qui votent peu, des politiques qui les oublient : une double absence dans les quartiers populaires ? Antoine Lévêque, Université Paris Dauphine – PSL Moins les habitants des quartiers populaires votent, moins leurs demandes sont prises en compte… ce qui les détourne des urnes. Décryptage d’un cercle vicieux avec l’exemple de Vaulx-en-Velin (Rhône).

    https://images.theconversation.com/files/717675/original/file-20260211-76-decppb.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=128%2C0%2C1716%2C858&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropMunicipales 2026 : pourquoi parle-t-on autant de propreté ? Maxence Mautray, Université de Bordeaux Les données montrent que les quantités de déchets et d’encombrants collectés n’ont pas connu d’augmentation spectaculaire au cours des dernières années. Alors pourquoi ce décalage entre volumes réels et sentiment de saleté des villes ?

    https://images.theconversation.com/files/720479/original/file-20260225-57-reee9d.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C0%2C3613%2C1806&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropPolices municipales : des effectifs en hausse… sans effet évident sur la délinquance Adrien Mével, Université de Rennes 1 - Université de Rennes Les effectifs des polices municipales augmentent dans les villes administrées par des maires de droite comme de gauche, sans liens avec l’évolution de la délinquance. Analyse avant les élections municipales.

    https://images.theconversation.com/files/717408/original/file-20260210-56-68pvzb.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C608%2C6048%2C3024&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropMunicipales 2026 : l’extinction nocturne de l’éclairage augmente-t-elle vraiment la délinquance ? Chloé Beaudet, AgroParisTech – Université Paris-Saclay À l’approche des municipales de mars 2026, l’extinction nocturne de l’éclairage public pose la question du sentiment d’insécurité. Une étude inédite lève le voile sur les effets éventuels de ces économies d’énergie sur la délinquance.

    https://images.theconversation.com/files/714305/original/file-20260125-66-q3xq3k.png?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C0%2C1920%2C960&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropLes fusions de communes tiennent-elles leurs promesses ? Gabriel Bideau, Université Paris Cité Dix ans après les premiers regroupements, on peut faire un premier bilan de la politique des « communes nouvelles » , poussée par des acteurs étatiques et locaux.

    https://images.theconversation.com/files/719864/original/file-20260223-56-2x46gs.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C915%2C7685%2C3842&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropPourquoi l’image d’une « France périphérique » peuplée d’électeurs en colère ne résiste pas à l’examen Aurélien Delpirou, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) La notion de « France périphérique » est omniprésente dans le débat public. Pourtant, les recherches en sciences sociales en contestent la pertinence.

    https://images.theconversation.com/files/318906/original/file-20200305-106629-1ck5a90.jpg?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropMunicipales : un scrutin décisif pour le Parti socialiste Rémi Lefebvre, Université de Lille - I-site En plein déclin, le Parti socialiste peut-il profiter des élections municipales pour retrouver une stabilité politique ?

    https://images.theconversation.com/files/720469/original/file-20260225-57-174ahk.jpg?ixlib=rb-4.1.0&rect=0%2C622%2C6357%2C3178&q=45&auto=format&w=668&h=324&fit=cropAlliances au centre, tentation de l’extrême droite : la cohérence de LR à l’épreuve des municipales Émilien Houard-Vial, Sciences Po Les Républicains conservent un solide ancrage municipal. Mais le parti est travaillé par des tensions, entre ralliements au centre, tentations de l’extrême droite et autonomie des élus locaux.

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    • Série « Athènes : la cité, ses mythes et sa citoyenneté – Documents ‘radiofrance.fr/franceinter/podcasts’ {{}}

    Épisode 1/11 : Les Fils de la Terre ont-ils le pied marin ?

    29 nov. 2025 • 36 min

    Épisode 2/11 : Athènes, ville de terre ou de mer ?

    6 déc. 2025 • 37 min

    Épisode 3/11 : L’histoire tragique d’Érechthée, roi d’Athènes

    13 déc. 2025 • 36 min

    Épisode 4/11 : Comment juger équitablement un chien chapardeur ? Aristophane, ’Les Guêpes’ (1/2) 03 janv. 2026 • 35 min

    Épisode 5/11 : Le chien d’Aristophane (2/2) 10 janv. • 36 min

    Épisode 6/11 : Socrate provocateur 17 janv. • 36 min

    Épisode 7/11 : Socrate dans les nuages 31 janv. • 35 min

    Épisode 8/11 : Socrate brûle-t-il ? 7 fév. • 37 min

    Épisode 9/11 : Socrate condamné 14 fév. • 36 min

    Épisode 10/11 : Après la condamnation de Socrate, le mystère s’épaissit 1er fév.2026

    36 min

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    • Épisode 11/11 : Socrate boit la ciguë - Samedi 14 mars 2026 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceinter’ – Durée 14 minutes - Provenant du podcast Quand les dieux rôdaient sur la Terre

    Une gravure illustrant le suicide de Socrate buvant la ciguë ©Getty - mikroman6

    Une gravure illustrant le suicide de Socrate buvant la ciguë ©Getty - mikroman6

    Condamné à mort, dédramatise la fatalité en riant au nez de ses juges et comment il transforme sa fin tragique en baroud d’honneur philosophique. Plongez dans le récit de ses tous derniers instants. {{}}

    Dans ce dernier acte, Socrate ne se défend pas, il provoque et nous entraîne vers des contrées insoupçonnées. Mais bien que condamné à mort, il refuse de se taire. Entre la coupe de poison et une guérison philosophique, découvrez comment la finitude rime chez Socrate avec renaissance.

    L’insoumission d’un homme libre{{}}

    Accusé d’impiété et de corruption de la jeunesse, Socrate fait face à un tribunal populaire de 500 jurés dans une Athènes en pleine tension politique. Mais loin de plaider la clémence, il se compare à un ’taon’ harcelant la cité et choisit alors la provocation plutôt que la soumission. Comment le philosophe a-t-il pu, par son seul art de questionner, ébranler à ce point les certitudes de ses juges ? Plongez au cœur de ce procès historique où la liberté de conscience d’un philosophe se joue face à la peine capitale.

    Vous découvrirez aussi pourquoi, même reconnu coupable, Socrate refuse avec une arrogance déconcertante les issues de secours faciles, préférant la fidélité à ses principes à une fuite déshonorante. L’occasion de comprendre au passage ce qui pousse un homme à accepter l’inacceptable par pur respect des lois.

    Une ultime leçon de philosophie : mourir tranquille{{}}

    Contrairement à ce qu’on pense souvent, ses dernières heures en prison ne sont pas une agonie, mais une explosion de vitalité, de tendresse et de poésie. Alors que la coupe de ciguë approche inexorablement, Socrate entraîne ses amis dans une dernière discussion passionnante sur le destin de l’âme. Vivez les derniers instants aux côtés du philosophe dans un récit qui bascule soudainement vers une cosmologie digne de la science-fiction ? Socrate transforme sa cellule en une porte ouverte sur l’Invisible. Jusqu’à son dernier souffle, il nous laisse face à une ultime énigme, une plaisanterie adressée à son fidèle ami Criton qui continue de défier les siècles. Une ode à l’espérance d’un homme qui désirait mourir en affirmant avoir enfin trouvé la guérison, chapeau bas !

    Textes cités ou mentionnés{{}}

    • Le coq pour payer Esculape : Platon, Phédon, 118a. Traduction par Monique Dixsaut, comme pour les autres citations de ce dialogue.
    • Socrate se comparant à un taon : Platon, Apologie de Socrate, 30d-31a. Traduction par Luc Brisson.
    • Socrate justifiant son retrait de la vie politique : Platon, Apologie de Socrate, 31d-33b.
    • Socrate proposant au jury qu’Athènes l’héberge au prytanée : 36d.
    • Socrate annonçant à ses amis qu’il va tenter de les persuader que la mort peut être un bien : Platon, Phédon, 63e-64a.
    • Définition de la mort : 64b.
    • Organisation de la Terre (mythe). Les cavités où vivent les humains : 108b-109d.
    • Les couleurs de la Terre vue d’en haut : 110c-d.
    • Les merveilles à la surface de la Terre : 110d-e.
    • Les âmes dans les souterrains de la Terre : 114b.
    • Conclusion du mythe : 114c-d.

    Ouvrage conseillé : Platon, Phédon, traduction nouvelle, introduction et notes par Monique Dixsaut, Paris, GF-Flammarion, 1991. C’est un travail extrêmement précis et profond.

    La programmation musicale{{}}

    ETIENNE DAHO
    Sur mon cou

    OLIVIA DEAN
    Lady lady

    Les archives sonores{{}}

    Monique Dixsault, philosophe : La mort

    Thomas Pesquet, spationaute décrit la terre vue et du ciel : sa beauté et sa fragilité (France 2 )

    Socrate réalisé par Roberto Rossellini (1971)

    Parking réalisé par Jacques Demy (1985)

    Société Sciences et Savoirs Religions – Spiritualité Justice Philosophie Procès Philosophie antique Mythologie Grèce antique Mort Platon Socrate

    L’équipe :

    Pierre Judet de la CombePierre Judet de La Combe Helléniste, directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche émérite au CNRS - Xavier Pestuggia Réalisation - Claire Teisseire Collaboration - Laurent Stocker Provenant du podcast Quand les dieux rôdaient sur la Terre animation - Yaël Elhadad Animation

    Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/quand-les-dieux-rodaient-sur-la-terre/quand-les-dieux-rodaient-sur-la-terre-du-samedi-14-mars-2026-2133375

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    • Éduquer à la démocratie à l’ère du numérique - Document ‘ledevoir.com’ - En supplément 80 ans d’Élections Québec - Hélène Roulot-Ganzmann

      « Si on vote à 18 ans, on a de fortes chances de continuer à voter à 55 ans », selon Stéphanie Gaudet, professeure d’études sociologiques et anthropologiques à l’Université d’Ottawa.

    Photo : Getty Images « Si on vote à 18 ans, on a de fortes chances de continuer à voter à 55 ans », selon Stéphanie Gaudet, professeure d’études sociologiques et anthropologiques à l’Université d’Ottawa.

    Alors que la désinformation circule à grande vitesse et que la participation électorale s’effrite, ‘Élections Québec’ multiplie les initiatives d’éducation à la citoyenneté. Celles-ci peuvent-elles renforcer durablement la démocratie ou se heurtent-elles à des forces sociales et numériques plus profondes ?

    Le 2 novembre dernier, aux quatre coins de la province, les Québécois se sont rendus aux urnes pour choisir celles et ceux qui les représenteront à la tête de leur municipalité pour les quatre prochaines années. Mais depuis quelques élections, les adultes ne sont pas les seuls à apposer leurs croix sur les bulletins de vote. Pendant que leurs parents votent, enfants et adolescents disparaissent eux aussi dans leurs propres isoloirs. Bulletin en main, ils répondent à des questions conçues spécialement pour eux : c’est le programme Électeurs en herbe, l’un des nombreux projets développés par Élections Québec.

    Au Québec, la participation aux élections provinciales atteignait 66,15 % dans la population générale en 2022, et 54 % chez les 18-24 ans. Aux élections municipales, c’est encore moins élevé. Et la tendance déborde largement nos frontières : dans la majorité des démocraties occidentales, les taux de participation reculent depuis les années 1980.

    La scène décrite plus haut n’a donc rien de symbolique et elle s’inscrit dans une stratégie plus large : familiariser tôt les jeunes avec les institutions démocratiques, leur donner l’assurance que leur voix compte et ancrer durablement le réflexe de participer.

    Pour Stéphanie Gaudet, professeure d’études sociologiques et anthropologiques à l’Université d’Ottawa et spécialiste de la socialisation politique des jeunes, ce qui compte, c’est le moment de l’entrée dans la vie démocratique.

    « Le premier vote est déterminant, explique-t-elle. Si on vote à 18 ans, on a de fortes chances de continuer à voter à 55 ans. Si on ne commence pas dans la vingtaine, les probabilités diminuent fortement. »

    L’authenticité comme condition{{}}

    Cette entrée précoce dans la vie démocratique crée une trajectoire, affirme la professeure. Mais encore faut-il qu’elle soit authentique. Les initiatives qui portent leurs fruits sont celles où les jeunes ne sont pas instrumentalisés, mais réellement associés à la décision, où ils détiennent un pouvoir concret sur quelque chose qui les concerne.

    La Commission jeunesse de Gatineau en offre un exemple convaincant, illustre Mme Gaudet. Depuis plus de vingt ans, des jeunes y débattent, consultent la population, gèrent un budget et influencent des dossiers bien réels, du transport à l’aménagement urbain. Plusieurs anciens membres sont devenus des élus. L’ex-maire Maxime Pedneaud-Jobin lui-même est issu de cette commission. Mais l’engagement politique ne dépend pas seulement des outils mis en place par Élections Québec ou d’autres organismes, nuance la professeure. Le facteur le plus structurant reste la socialisation familiale.

    « La littérature sur la socialisation politique démontre que le niveau d’éducation de la mère influence le plus fortement l’engagement social et politique. » Stéphanie Gaudet

    Or, au Québec, les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes, chez les 25-34 ans, à détenir un diplôme universitaire. Une transformation silencieuse, mais qui pourrait agir comme levier démocratique à long terme. Tout comme le contexte international : la montée du populisme et l’effritement de certains contre-pouvoirs ont suscité une prise de conscience inattendue, affirme la professeure, qui note que les gens ont conscience que les institutions démocratiques ne sont pas acquises.

    « Ce confort qu’on avait s’effrite. Ça crée à la fois de l’inquiétude et une mobilisation. »

    Crise épistémique{{}}

    Un sursaut, peut-être, mais fragile, car la participation s’inscrit désormais dans un environnement informationnel profondément bouleversé.

    Pour Normand Landry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains et professeur à la TELUQ, le défi dépasse la désinformation. C’est la légitimité du savoir elle-même qui vacille.

    « Nous vivons une crise épistémique. Les figures d’autorité — scientifiques, journalistes, institutions — sont remises en question. La parole d’expert est mise au même niveau que l’opinion. La discussion démocratique s’en trouve fragilisée. La polarisation s’accentue. Et la crédibilité du journalisme est doublement menacée : par une crise financière structurelle et par une méconnaissance croissante de son fonctionnement. »

    L’éducation aux médias devient alors indissociable de la santé démocratique. M. Landry rappelle qu’elle a toujours poursuivi un double mandat : amener les individus à interroger leur propre rapport à l’information et leur permettre de comprendre comment celle-ci est produite, diffusée et façonnée par des intérêts économiques et politiques.

    Cela suppose de maîtriser les outils numériques, de savoir évaluer une source, de s’exprimer et d’agir de manière éthique en ligne. Mais surtout, dit-il, cela exige une capacité d’introspection : accepter de remettre en question ses propres certitudes.

    Le Québec, reconnaît-il, reste « un work in progress » en la matière. La formation continue des enseignants demeure insuffisante. Le temps et les ressources manquent. Et ce qui n’apparaît pas dans le bulletin scolaire tend à devenir secondaire.

    Quoi qu’il en soit, Normand Landry insiste : l’éducation seule ne peut pas tout. Le professeur utilise l’image des deux lames des ciseaux : l’une est l’éducation, l’autre est la réglementation des acteurs du numérique.

    « On met sur l’usager la responsabilité d’avoir une conduite adéquate et on décharge les acteurs de l’industrie de leurs responsabilités, déplore-t-il. L’éducation ne doit pas devenir une mesure palliative à l’absence de réglementation. »

    Réguler l’algorithme{{}}

    Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, partage ce diagnostic.

    « L’éducation est essentielle, mais elle est insuffisante, dit-il. On ne peut pas faire porter aux individus seuls le fardeau de détecter des biais ou des manipulations sur lesquels ils ont très peu de contrôle. »

    Le cadre électoral est rigoureux hors ligne : les dépliants identifient un agent officiel, les dépenses sont encadrées. En ligne, les mécanismes restent flous. Élections Québec a d’ailleurs introduit une recommandation de modification législative pour exiger que les plateformes numériques tiennent un registre des publicités politiques et électorales payées qu’elles diffusent.

    Pour le professeur Pierre Trudel, il faut repenser la régulation à la hauteur du problème. « On ne peut pas simplement reconduire les méthodes héritées de l’époque de l’imprimé, souligne-t-il. Le véritable enjeu, c’est la loyauté algorithmique. Il faut s’assurer que les systèmes qui orientent les messages vers les usagers fonctionnent de manière loyale. »

    Les leviers juridiques existent, poursuit-il. Ce qui manque, c’est la volonté politique et l’expertise technique pour comprendre réellement le fonctionnement des plateformes. Or, selon lui, une loi mal calibrée est pire que pas de loi du tout. Et sans une expertise indépendante, on risque d’adopter des mécanismes inefficaces qui discréditent l’action publique.

    Selon M. Trudel, quand les citoyens ont l’impression que les règles ne s’appliquent pas équitablement — ou que les élus répondent davantage aux groupes d’intérêt qu’au bien commun —, la confiance s’effrite. Un cercle vicieux s’installe alors : désillusion, retrait, baisse de participation.

    Alors, oui, nos trois experts s’entendent sur ce point : former des citoyens critiques est indispensable. Mais encore faut-il que l’environnement dans lequel ceux-ci évoluent ne mine pas, lui non plus, la confiance démocratique.

    Retrouvez tous les programmes d’éducation à la démocratie d’Élections Québec sur son site Internet.

    Source : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/964569/eduquer-democratie-ere-numerique ?

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    • Opinion - Auteur invité - « Sans intégrité publique, il n’y a plus de démocratie libérale » - Jean-François Kerléo - Professeur de droit public à Aix-Marseille Université, vice-président de l’Observatoire de l’éthique publique - Publié le 20 mars 2026 à 17h37 – Document ‘la-croix.com’

      Jean-François Kerléo regrette que les citoyens ne fassent pas de corrélation entre l’action politique et la corruption d’un responsable politique. Photo d’illustration.

    Jean-François Kerléo regrette que les citoyens ne fassent pas de corrélation entre l’action politique et la corruption d’un responsable politique. Photo d’illustration. Elsa Rancel / PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

    L’universitaire Jean-François Kerléo s’alarme du recul de l’exigence d’intégrité des élus. Si la France dispose de standards élevés, cela ne suffit pas à rétablir la confiance. Or la corruption se répercute sur l’activité politique qui se réduit alors à répondre aux intérêts privés. Au mépris de l’intérêt collectif.

    Après avoir connu un regain d’intérêt à partir des années 2000, l’exigence d’intégrité de nos responsables politiques connaît aujourd’hui un reflux inquiétant. Celui-ci se traduit tant dans les récentes réformes législatives que dans les choix électoraux.

    Les lois fondatrices du 11 octobre 2013 ont solennellement affirmé les obligations de dignité, de probité, d’intégrité et de prévention des conflits d’intérêts qui s’imposent à nos responsables politiques. Elles ont créé la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui contrôle les déclarations de patrimoine et d’intérêts de plus de 17 000 assujettis, notamment celles des députés, des sénateurs, des membres du gouvernement et de certains élus locaux.

    Des moyens juridiques, humains et financiers très insuffisants{{}}

    D’autres dispositifs déontologiques ont ensuite été mis en place tels que le référent déontologue, chargé d’accompagner les élus locaux et les agents publics, le registre des représentants d’intérêts, le contrôle par la Haute Autorité de la reconversion professionnelle vers le secteur privé (le « pantouflage ») des décideurs publics, l’obligation pour les collectivités publiques, d’adopter, sous le contrôle de l’Agence française anticorruption, un programme dit de compliance pour prévenir les atteintes à la probité (cartographie des risques, procédure d’alerte éthique, code de déontologie…).

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    La France fait aujourd’hui partie des pays dotés des standards d’intégrité publique les plus élevés au monde. Pourtant, tout ceci n’a pas suffi à renouer avec la confiance, les dernières études démontrant que, même pour l’échelon local habituellement moins exposé à la défiance, les citoyens perçoivent la classe politique comme étant plutôt corrompue et les élus intéressés par leurs propres intérêts.

    Paradoxalement, l’exigence d’exemplarité figure rarement dans les programmes des candidats. Et elle n’apparaît pas déterminante dans le choix des électeurs. Nombre de candidats pénalement condamnés ou suspectés de faits graves de corruption ont été élus dès le premier tour ou qualifiés pour le second tour et sont en position d’être élus. De plus, la HATVP dispose de moyens juridiques, humains et financiers très insuffisants.

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    Les règles visant à assurer le respect de la déontologie publique ne sont toujours pas acceptées par une partie de la classe politique qui rechigne à remplir les déclarations d’intérêts ou de patrimoine. Les responsables politiques se plaignent d’être soumis à un contrôle préalable à leur reconversion professionnelle dans le secteur privé, alors même que la Haute Autorité s’oppose rarement à leurs projets.

    Un risque de clientélisme{{}}

    Récemment, la loi portant création d’un statut de l’élu local est revenue sur certains acquis déontologiques, en restreignant la définition des conflits d’intérêts. Contrecarrant la jurisprudence pénale, elle protège les élus du risque de condamnation pour prise illégale d’intérêts lorsqu’ils votent des subventions aux associations au sein desquelles ils siègent ès-qualités. Elle porte ainsi en elle un risque de clientélisme, favorisant les associations liées à la collectivité par rapport à celles qui ne comptent pas d’élus dans leurs organes dirigeants.

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    Certes, l’exigence d’intégrité publique a toujours été à géométrie variable chez une partie des responsables politiques et des citoyens, qui l’approuvent uniquement lorsque sont en cause des cadres qui ne sont pas de leur bord politique. Plus généralement, il apparaît que les citoyens ne font pas de corrélation entre l’action politique et la classe politique dans son ensemble, qui ne leur inspirent pas confiance et la corruption de tel ou tel responsable politique, qui serait sans conséquence sur la politique qu’il mène et relèverait en quelque sorte d’un mauvais comportement privé.

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    Or, ce lien indissociable doit être rappelé avec force : la corruption se répercute inexorablement sur l’activité politique qui n’est plus fondée sur la satisfaction des besoins de la société mais sur celle des intérêts privés les plus offrants. La politique est alors indirectement privatisée par des acteurs privés puissants qui influent sur le contenu des réformes en achetant le pouvoir des élus et des gouvernants. La corruption remet en cause les principes fondamentaux de la démocratie, de l’État de droit ainsi que du marché économique. Avec la corruption, c’est le règne de la force, de l’arbitraire et de l’avidité.

    Une atteinte à la souveraineté nationale{{}}

    Outre l’enrichissement personnel indu du responsable politique, la corruption révèle son incapacité à rechercher l’intérêt public, à faire des choix commandés par l’intérêt général. En effet, au lieu d’être fondé sur des évaluations sérieuses et des données objectives, le processus décisionnel n’est dicté que par la volonté de satisfaire des intérêts particuliers, éventuellement ceux d’États étrangers, qui promettent avantages financiers, reconversion professionnelle juteuse, coup de pouce électoral…

    L’enjeu s’étend bien au-delà du bénéfice privé que les corrompus tirent de leur comportement puisque la corruption touche des milliers voire des millions de personnes quand des lois, et plus généralement des décisions publiques, sont adoptées en dépit des besoins de la société pour la satisfaction des corrupteurs. Ce sont des intérêts étrangers de régimes autoritaires qui sont favorisés au détriment des acteurs qui respectent les règles du jeu juridique et économique, des passe-droits accordés à des sociétés privées au détriment de la santé, de l’écologie ou de la sécurité des citoyens, des obligations fiscales imposées arbitrairement aux Français quand par ailleurs de nouvelles niches sont créées pour les acteurs influents, des attributions de marchés publics à des copains qui mettent en péril l’économie locale en écartant les entreprises qui ne font pas allégeance aux élus en place… Il s’agit de millions d’euros mal dépensés qui déstabilisent la démocratie, dégradent la qualité des services publics et la vie des citoyens et mettent à mal la saine concurrence entre acteurs économiques.

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    La corruption n’est donc pas qu’un problème d’enrichissement indu de responsables publics. C’est une atteinte à la souveraineté nationale, une trahison des citoyens et un facteur d’inefficacité grave, et même d’affaiblissement, de la puissance publique. Sans intégrité publique, il n’y a plus de démocratie libérale car l’accès au pouvoir est réservé à une élite qui s’auto-protège et se coopte, parce que les décisions adoptées favorisent les intérêts des proches, les richesses se concentrent entre quelques mains et la critique sociale finit par être étouffée.

    L’intégrité publique n’est pas négociable et son exigence doit être un bien commun partagé par l’ensemble des citoyens, au-delà des clivages politiques, des opinions et des intérêts de chacun. Pour toutes ces raisons, l’intégrité publique n’est pas un facteur comme un autre à prendre en compte dans l’acte de voter car elle est inhérente au régime démocratique.

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    • Démocraties et démocratie libérale - 14 juillet 2023 – Pasteur James Woody - Culture, Théologie - Esprit de liberté{{}}
      Il n’est pas rare d’opposer la démocratie à la dictature et de considérer la démocratie comme un bloc homogène. En réalité, il y a une multiplicité de formes démocratiques. C’est la raison pour laquelle parler de « démocratie libérale » n’est pas qu’une coquetterie.

    1. La part du peuple{{}}

    Le point de départ de la démocratie est la participation des personnes qui forment le peuple (dêmos en grec) à la conduite des affaires du pays (kratos désigne le pouvoir, la domination). Cette participation populaire est possible à plusieurs degrés.

    Le peuple se prononce pour établir un roi. C’est le cas en 1 S 11 : Saül vient de remporter une victoire qui délivre une tribu de la menace des Ammonites et le peuple établit Saül pour roi (v. 15). Ensuite Saül règne jusqu’à sa mort, le peuple n’ayant pas spécialement voix au chapitre. Dans ce cas, le peuple a décidé d’avoir un roi, ce qui est un acte de démocratie, puis le roi agit seul. C’est une monarchie de droit démocratique.

    Un degré supérieur de participation populaire est la consultation du peuple ou d’une partie du peuple pour faire des choix politiques. C’est le cas en 1 Rois 12/6,8 où le roi Jéroboam, qui a succédé à son père Salomon sur le trône, consulte les anciens puis les enfants au sujet d’une requête formulée par les tribus du Nord. Il ne suit pas l’avis des anciens et suit l’avis des jeunes. C’est une forme de démocratie participative : celui qui a le pouvoir consulte des groupes représentatifs du peuple.

    Un degré encore supérieur permet au peuple de déposer celui qui a le pouvoir lorsque celui-ci ne l’exerce plus au service de la communauté. C’est ce que font les fils d’Israël qui ne sont pas satisfaits de la réponse de Roboam (1 Rois 12/16), et qui vont établir Jéroboam roi sur tout Israël (1 Rois 12/20). C’est une forme de démocratie de contrôle qui peut s’exercer par des votes voire par une procédure de destitution – ou de rébellion, comme le proposait Calvin à la fin de l’Institution de la Religion Chrétienne, si le souverain trahit la liberté du peuple.

    Assemblée nationale{{}}

    La participation du peuple augmente quand il prend une part dans les délibérations, soit dans le cadre d’une démocratie directe où le peuple décide par référendum, par exemple, soit dans le cadre d’une démocratie représentative où le peuple choisit les personnes qui vont gouverner, pour un mandat limité dans le temps. Les démocraties parlementaires, avec une ou plusieurs chambres, en sont un exemple –contrairement aux anciens et aux enfants dont il est question en 1 Rois 12, le sénat et l’assemblée nationale sont détenteurs du pouvoir législatif, en France ; ils ne sont pas cantonnés à un pouvoir consultatif : ils votent la loi et font donc le droit. La loi permet d’éviter l’arbitraire de celui qui gouverne. Votent ceux qui ont le droit de vote, ce qui n’est pas nécessairement le cas de tout le monde, car il peut y avoir des conditions d’âge, de revenus (suffrage censitaire) et de droits civiques.

    2. Les limites d’accès au pouvoir{{}}

    À ces différents de degrés de participation au politique, nous pouvons aussi considérer que l’accès au pouvoir peut être variable.

    Celui ou ceux à qui le pouvoir sera confié, peuvent être choisis soit dans un groupe restreint – aristocratie (ceux qui détiennent un titre ou une qualité particulière), ploutocratie (ceux qui détiennent les richesses), soit au sein du peuple, sans critère d’exclusion (démocratie plébéienne).

    Les partis politiques peuvent être des voies privilégiées d’accès au pouvoir et, dans une société, plusieurs partis peuvent cohabiter – deux aux États-Unis, bien plus en France. Ce multipartisme traduit le pluralisme de la société en question.

    La « démocratie populaire » est une expression employée par les régimes communistes qui voulaient se distinguer des pays occidentaux qu’ils jugeaient dirigés par la bourgeoisie. Ces démocraties populaires se sont caractérisées par un parti unique qui correspondait à l’idéal d’une société sans classe et sans la domination d’un groupe sur un autre. Pousser au bout la logique du « pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple » (Abraham Lincoln) conduit à avoir un seul parti, puisqu’il n’y a qu’un peuple. Ces démocraties se sont aussi caractérisées par l’absence d’élections régulières, ce qui les rend proche de la version monarchie de droit démocratique élargie aux dimensions du Parti des pays en question.

    3. Les compétences du pouvoir{{}}

    Outre la nature du régime et la manière dont il est possible d’accéder au pouvoir, il est également possible d’observer le périmètre de responsabilité qui est accordé au pouvoir et ses prérogatives principales.

    D’un côté il y a l’absolutisme qui s’exerce sans le moindre partage et sans la moindre opposition, ce qui est visible chez Salomon lorsqu’il élimine l’opposition et les rivaux en 1 Rois 2.

    Il y a le népotisme qui consiste à favoriser les proches, la cour, comme Samuel le dénonce en 1 S 8/14,15 ou comme il en est question au sujet de Salomon dans l’une des traductions grecques de 1 Rois 12.

    Il y a la distribution du pouvoir qui est proposé en Deutéronome 16/18-17/20 entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Cette balance des pouvoirs n’est pas l’instauration de contre-pouvoirs, mais une répartition des responsabilités pour éviter l’arbitraire du pouvoir exécutif qui pourrait légiférer dans le sens qui l’arrange personnellement.

    Il y a également l’institution de l’opposition qu’on peut reconnaître dans l’attitude du personnage Shimeï qui s’oppose ouvertement à David pour lui rappeler l’exigence de justice (2 Samuel 16/5-14). Cette opposition se traduira dans le ministère prophétique dont il est justement question après l’instauration de la balance des pouvoirs, en Deutéronome 18/15-22.

    Tous ces éléments concourent à ce que le pouvoir soit réparti entre des instances capables de faire valoir, ensemble, les aspirations de la société au service de laquelle tous les responsables exercent leurs compétences respectives. Cela peut se faire également selon un principe de subsidiarité qui distribue le pouvoir au plus près des administrés (commune, intercommunalité, canton, région…) ; il s’agit alors d’une démocratie décentralisée.

    Quelles sont ces aspirations ? Elles varient d’une société à l’autre, soit en vertu de la volonté des personnes qui la composent, soit de ceux qui la dirigent. Lorsque la liberté est en tête des préoccupations des responsables politiques, nous pouvons alors parler de démocratie libérale.

    Une démocratie libérale se caractérise non seulement par une liberté politique qui consiste à accorder aux individus des droits et des devoirs dans le domaine politique, par exemple le droit de choisir le mode de gouvernement et les personnes qui exerceront le pouvoir en leur nom. Elle se caractérise aussi par l’orientation donnée à la fonction politique qui a principalement pour responsabilité de garantir les libertés individuelles. Placer la liberté en tête des dix paroles qui constituent le peuple hébreu (« je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Égypte, de la maison de servitude » Exode 20/2 et Deutéronome 5/6) revient à faire de la liberté le principe à partir duquel la société se constitue. Dans ce cas, l’État protège la liberté, sans intervenir dans le domaine privé et sans intervenir de manière autoritaire dans le domaine social.

    4. Les structures du pouvoir{{}}

    La théologie s’intéresse aux fondements de la vie .Par conséquent, elle s’intéresse à ce qui rend l’activité politique possible. Les structures du pouvoir sont donc un objet d’observation.

    Une démocratie libérale peut être organisée de plusieurs manières, par exemple selon un régime présidentiel ou selon un régime parlementaire. Dans le cadre d’un régime parlementaire, plusieurs options sont possibles dans la distribution du pouvoir, dans le nombre d’assemblées délibératives, dans l’emploi du référendum. Les modes de délibération peuvent varier : majorité simple, avec quorum, majorité qualifiée, scrutins à main levée, à bulletin secret, sans vote si le gouvernement engage sa responsabilité – dans la mesure où une procédure de motion de censure du gouvernement existe.

    Ces structures et ces procédures ont des soubassements théologiques au moins implicites. Elles sont élaborées en fonction de l’image qu’on a de Dieu et de l’anthropologie qui en découle.

    Ainsi, considérer la nature pécheresse de l’humain, ce que fait Samuel en 1 S 12/10, 19 (isolément, l’homme ne fait pas le bien qu’il voudrait et il fait le mal qu’il ne voudrait pas – Romains 7/19), conduit à élaborer des structures et des procédures de décision qui protègent la société de décisions qui lui seraient préjudiciables – décisions qui diminueraient les libertés, qui rompraient l’égalité entre citoyens, qui dégraderaient la capacité d’action, d’innovation, de solidarité… Il s’agit de penser les structures politiques en fonction du pire, en fonction de situations où les responsables politiques ne seraient pas animés par le désir d’être au service de la nation ou n’en auraient pas les compétences.

    Les observations des rédacteurs bibliques sur plusieurs centaines d’années de vie politique en sont venu au constat qu’aucune structure politique n’est idéale. D’ailleurs, les rédacteurs de Deutéronome 16-18, après l’exil à Babylone, opéreront un changement de paradigme important : Dieu ne sera plus le garant de la position dominante du souverain, mais le garant de l’impératif de justice, exprimé par la torah dont le roi deviendra le lecteur – le roi ne sera plus le producteur de la loi, mais le lecteur de la loi. Ce n’est plus lui qui rendra la justice, mais un pouvoir judiciaire indépendant. Cette nouvelle manière d’envisager les structures du pouvoir consiste à mettre en place des organisations qui permettront de ralentir, autant que possible, les phénomènes hostiles à l’intérêt général. C’est ce que proposent ces rédacteurs bibliques ; c’est ce qu’indiquera Montesquieu en écrivant qu’il faut « un pouvoir qui arrête le pouvoir ».

    5. La responsabilité individuelle{{}}

    Seulement, un pouvoir qui arrête le pouvoir, c’est un pouvoir qu’il faudrait lui-même arrêter. Ce n’est donc pas cette option qui sera privilégiée, pas plus que faire du peuple le détenteur de la souveraineté : quand il est pris comme une entité à part entière, le peuple ne manifeste pas une capacité supérieure à prendre de bonnes décisions ; c’est le peuple qui décide d’une servitude volontaire en 1 S 8, c’est le peuple qui est instrumentalisé par les explorateurs de Canaan qui préfèrent la servitude d’Égypte à l’aventure de la liberté (Nombres 14). Les démocraties populaires ne sont pas très en phase avec les idéaux portés par ces rédacteurs.

    C’est vers l’individu que l’attention va se porter, l’individu qui se tient face à Dieu, c’est-à-dire face à ce qui a un caractère universel, ce qui crée les conditions d’une vie possible pour chacun, ce qui ressuscite la dignité lorsqu’elle est à terre etc. L’individu qui prend en compte l’exigence divine dans sa réflexion personnelle, devient capable de repérer ce qui est essentiel pour l’humanité et, par conséquent, de reconnaître les menaces que font penser des mesures politiques qui y sont opposées.

    Une démocratie libérale est une manière d’appréhender le domaine politique qui favorise l’expression des individus non seulement par des votes, mais aussi par la discussion infinie entre les personnes. Chacun a droit à la parole. Mieux que cela, la parole de chacun est nécessaire, indispensable, pour que s’élabore une conception de la justice à partir des différentes conceptions de ce qu’est une vie bonne. Une démocratie libérale porte en elle la pluralité dont chaque société humaine est constituée, et elle fait en sorte de nourrir le politique de ce que chacun peut offrir de spécifique pour porter cette société à l’incandescence.

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