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"L’industrie européenne est confrontée à un choc inédit avec une concurrence de son cœur productif : cela appelle un changement profond de logiciel sur l’économie au niveau européen" par Jacques Hallard
mardi 17 mars 2026, par
ISIAS Industrie Europe Chine
L’industrie européenne est confrontée à un choc inédit avec une concurrence de son cœur productif : cela appelle un changement profond de logiciel sur l’économie au niveau européen
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 16/03/2026
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
En bref - En 2024, l’UE a exporté des biens pour une valeur de 213,2 milliards d’euros vers la Chine et elle en a importé pour une valeur de 519 milliards d’euros.
Ecoute préalable suggérée 1 minute 50 : L’Union européenne dévoile son plan ’Made in Europe’, fermant la porte à la Chine - Publié le 04/03/2026 - 22:27 UTC+1 – « Le commissaire européen Stéphane Séjourné a présenté mercredi une stratégie visant à exclure Pékin des financements publics de l’UE en introduisant une préférence européenne dans les secteurs stratégiques »… - Accès > https://fr.euronews.com/my-europe/2026/03/04/lunion-europeenne-devoile-son-plan-made-in-europe-fermant-la-porte-a-la-chine
Ce dossier est consacré à une comparaison des industries européennes et chinoises, à leurs enjeux et orientations politiques recommandées
Les 4 articles qui ont sélectionnés sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
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- Conférence - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois Vidéo 1:55:50 - Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan - Diffusée en direct le 16 février 2026
- Rapport - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois – Document ‘strategie-plan.gouv.fr’ - Publié le : 09/02/2026 - Mis à jour le : 18/02/2026
- Concurrence chinoise : quel avenir pour l’industrie européenne ? - Publié le 12 février 2026 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ - International Économie
- Préférence européenne et ’made in Europe’ : quels sont les enjeux ? - Publié le 6 mars 2026 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ Économie International
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Conférence - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois Vidéo 1:55:50 - Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan - Diffusée en direct le 16 février 2026
Consulter le rapport ’L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois’ : https://www.strategie-plan.gouv.fr/pu... Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, a le plaisir de vous convier à une conférence organisée à l’occasion de la sortie d’un rapport consacré aux défis de la montée en puissance industrielle chinoise pour l’Europe. Ce rapport éclaire de façon inédite l’impact de la concurrence chinoise sur l’industrie européenne, avec des propositions fortes. Après une présentation des principaux enseignements de ce travail, nous organiserons un échange entre des responsables publics, des acteurs économiques et des experts, sur les secteurs européens les plus exposés. Ensemble, nous débattrons des choix stratégiques qui se posent aujourd’hui pour l’Europe. En présence notamment de :
- Nicolas DUFOURCQ, directeur général de Bpifrance
- Alice EKMAN, directrice de la recherche, Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (EUISS)
- Thomas GRJEBINE, économiste, responsable du programme Macroéconomie et finance internationales au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)
- Alexandre SAUBOT, président de France Industrie
La conférence sera animée par Emmanuel CUGNY, président de l’Association des journalistes Economiques et Financiers (Ajef).
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : http://bit.ly/2llZ3BY Toute l’actualité du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan : http://bit.ly/1AUIpc3
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Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan
Source : https://www.youtube.com/watch?v=Og—3iPaw4s
Rapport - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois – Document ‘strategie-plan.gouv.fr’ - Publié le : 09/02/2026 - Mis à jour le : 18/02/2026
L’industrie européenne fait face à un choc sans précédent. En quelques années, la montée en puissance industrielle de la Chine a cessé d’être un phénomène sectoriel pour devenir une menace systémique pour le tissu productif européen. Automobile, batteries, équipements industriels, chimie : les bastions historiques de l’industrie européenne sont désormais directement ciblés.
Dans une analyse inédite, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan documente pour la première fois l’ampleur de ce basculement, en mesurant, secteur par secteur et pays par pays, l’exposition de l’Europe à la concurrence chinoise sur les marchés d’exportation comme sur le marché intérieur. Ce diagnostic met en évidence la nécessité d’un changement de paradigme dans la réponse européenne.
Image d’illustration réalisée par IA
Télécharger l’édito de Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan PDF - 218.1 Ko
Auteurs : {{}}
Thomas Grjebine Économiste, CEPII
Pacôme Lefebvre Stagiaire
https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/styles/ds_1_1/public/files/photo%205.jpg?itok=BITLYcKD
Mattéo Torres Conseiller transversal
« La concurrence chinoise menace désormais le cœur productif de l’Europe. Ce rapport montre que nous ne sommes plus face à un choc sectoriel, mais à une dynamique systémique qui appelle un changement profond de logiciel au niveau européen » Clément Beaune
Une nouvelle phase de concurrence industrielle d’ampleur inédite {{}}
Depuis les années 2010, la Chine a réorienté sa politique industrielle pour monter en gamme et se positionner sur des secteurs à forte valeur ajoutée (véhicules électriques, batteries, machines-outils, pharmacie, robotique). Cette stratégie s’est traduite par la constitution d’un appareil productif d’une ampleur sans équivalent.
La Chine concentre aujourd’hui près d’un tiers de la production manufacturière mondiale, contre environ 15 % pour l’Union européenne, et dégage des excédents commerciaux manufacturiers record. Cette montée en puissance se traduit désormais par une pression directe sur le cœur de l’industrie européenne.
Une industrie européenne attaquée sur deux fronts {{}}
L’étude montre que l’industrie européenne est aujourd’hui exposée simultanément sur ses marchés d’exportation et sur son propre marché intérieur.
- Sur les marchés tiers, les principales économies industrielles européennes (Allemagne, France, Italie) présentent des parts d’exportations menacées souvent supérieures à 25 %.
- Sur le marché intérieur, jusqu’à 55 % de la production manufacturière de l’Union européenne pourrait se trouver exposée à une concurrence chinoise difficilement soutenable à moyen terme. Cette exposition varie fortement selon les pays : elle atteint environ 70 % en Allemagne, 60 % en Italie, 50 % en Espagne et 36 % en France.
Ces dynamiques exposent l’industrie européenne à un risque durable de perte de capacités productives, d’emplois industriels et de maîtrise technologique.
L’automobile, symbole du basculement industriel en cours {{}}
Le secteur automobile illustre particulièrement ce changement d’équilibre. La Chine concentre désormais près de 40 % de la production mondiale de voitures particulières et s’est imposée en quelques années comme le premier exportateur mondial, notamment dans les véhicules électriques.
À l’inverse, les excédents commerciaux automobiles européens, en particulier allemands, se contractent fortement. Près de 13 millions d’emplois directs et indirects sont exposés dans la filière automobile européenne. En Allemagne, les destructions nettes d’emplois industriels s’accélèrent depuis 2024.
Des écarts de coûts de production massifs et non compensables pour l’industrie européenne{{}}
À qualité comparable voire supérieure, les écarts de coûts entre la Chine et l’Europe sont estimés par les industriels entre 30 % et 40 %, et davantage selon les secteurs.
Ces écarts s’expliquent par une combinaison de facteurs structurels : accès privilégié au crédit, foncier industriel à bas coût, prix de l’énergie plus faibles, cadre social et environnemental moins exigeant, subventions publiques massives, effort d’investissement exceptionnellement élevé, concurrence intense sur le marché chinois, montée en gamme technologique rapide, effets d’échelles liés à des chaînes de valeur fortement intégrées, sous-évaluation persistante du taux de change, etc. Il en résulte un système industriel cohérent, qui confère à la Chine un avantage compétitif durable, et difficilement réplicable à court terme par l’industrie européenne.
Deux grandes voies pour permettre à l’Europe de reprendre la main {{}}
Confrontée à une concurrence chinoise devenue systémique, l’Europe fait face à un choix stratégique clair. Les instruments dont elle dispose aujourd’hui, utiles pour répondre à certaines pratiques déloyales ou à des chocs ponctuels, ne sont pas calibrés pour contrer une dynamique concurrentielle globale et durable.
Dans ce contexte, il n’est pas crédible de compenser à court terme, par les seuls gains de productivité ou par l’innovation, des écarts de coûts de production de cette ampleur pour des filières entières exposées à la concurrence chinoise.
Le rapport préconise en conséquence un changement profond de paradigme, autour de deux grandes options visant à neutraliser ces écarts de compétitivité : la mise en place de l’équivalent d’un droit de douane général de l’ordre de 30 % vis-à-vis de la Chine, ou une dépréciation de l’euro de l’ordre de 20 à 30 % par rapport au renminbi. Cette protection sera indispensable, mais elle doit s’inscrire dans un agenda européen de productivité plus large, incluant une stratégie d’innovation et d’investissement accrus.
Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan
Conférence - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois {{}}
Le Haut-commissariat organisait une conférence à l’occasion de la sortie d’un rapport consacré aux défis de la montée en puissance industrielle chinoise pour l’Europe. Voir la rediffusion
Téléchargements - L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois :{{}}
Télécharger le rapport - Écoutez la synthèse en lecture IA
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Thèmes : Industrie Productivité Compétitivité
Publié par Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan
Auteurs : Thomas Grjebine Pacôme Lefebvre Mattéo Torres
Pour aller plus loin : {{}}
Les robotaxis chinois sont-ils l’avenir de la mobilité ? Le véhicule autonome poursuit sa course. Avec l’apprentissage profond et la fusion des données, l’intelligence artificielle a permis...
Innovation - Note d’analyse - 16 mai 2024
https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/2024-12/2.jpg
L’avenir de la voiture électrique se joue-t-il en Chine ?
En dix ans, la Chine a réussi à créer un écosystème d’acteurs nationaux couvrant l’ensemble de la chaîne de fabrication et d’utilissaation…
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Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan contribue à l’action publique par ses analyses et ses propositions. Il éclaire les choix collectifs sur les enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels, dans un cadre national et européen.
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L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois - une analyse comparative - Cette page propose, à travers quatre cartes, une analyse comparative de la menace chinoise pour l’industrie européenne. Ces cartes détaillent successivement, pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, la part des exportations menacée, la part de la production européenne exposée à une forte pression des importations chinoises, la part des avantages comparatifs de chaque pays qui est menacée, ainsi que les investissements chinois annoncés au sein des pays de l’Union européenne.
Une seconde page, spécifiquement dédiée aux exportations, permet de visualiser pour chaque pays européen et chaque secteur d’exportation, l’évolution de la menace au fil des années.
Ce tableau de bord a été réalisé dans le cadre de la note du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan ’L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois’. Les données brutes ont par ailleurs été publiées sur data.gouv.fr.
A consulter : https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/lindustrie-europeenne-face-au-rouleau-compresseur-chinois
Concurrence chinoise : quel avenir pour l’industrie européenne ? - Publié le 12 février 2026 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ - International Économie
L’industrie européenne est confrontée à un choc inédit. En quelques années, la montée en puissance industrielle de la Chine est devenue une ’menace systémique’ pour l’économie européenne selon un rapport publié le 9 février 2026 par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan.
Le rapport publié le 9 février 2026 par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan révèle que l’industrie européenne est désormais confrontée à une concurrence chinoise qui met en péril les secteurs industriels au centre de la spécialisation européenne (automobiles, machines-outils, batteries, chimie...).
Le ’rouleau compresseur’ chinois {{}}
La stratégie de développement chinoise a d’abord ciblé les industries de base (sidérurgie, ciment, chimie) puis s’est étendue à l’ensemble des secteurs industriels. Depuis les années 2010, la Chine a réorienté sa politique industrielle afin de s’imposer sur des segments à forte valeur ajoutée (technologies de l’information, pharmacie, machines-outils, robotique, véhicules électriques…).
La Chine a bâti un appareil productif d’une ampleur inégalée, combinant des coûts faibles, des surproductions massives et une montée en gamme technologique très rapide. Elle concentre près d’un tiers de la production manufacturière mondiale (contre 15% pour l’Union européenne – UE) et dégage des excédents commerciaux manufacturiers record. Cette dynamique devrait s’amplifier à moyen terme.
La Chine est ainsi devenue le premier exportateur mondial de voitures en volume, avec un excédent de 7 millions de véhicules. 40% des voitures produites dans le monde sortent d’usines chinoises.
Des bastions industriels européens exposés à une concurrence inédite {{}}
La pression chinoise touche le cœur de l’industrie européenne (automobile, batteries, équipements industriels, chimie…). Celle-ci est exposée :
- sur les marchés tiers. En moyenne, 24% des exportations de l’UE subissent une pression critique. Cette part est accrue dans les grandes économies industrielles (32% pour Allemagne, 26% pour la France et 25% pour Italie) ;
- sur son marché intérieur. 55% de la production manufacturière de l’Union serait menacée à moyen terme si les tendances actuelles perdurent. Cette proportion varie selon les pays (70% en Allemagne, 60% en Italie, 50% en Espagne, 36% en France).
L’UE peine à rivaliser car ses coûts de production sont 30% à 40% plus élevés, à qualité égale. La montée des importations chinoises l’expose à un risque durable de perte de capacités productives, d’emplois industriels et de maîtrise technologique.
Échanges de biens et services entre l’UE et la Chine en 2024{{}}
A voir à la source ci-après - Graphique : Vie-publique.fr / DILASource : Eurostat (ds-059341), (bop_its6_det).Télécharger les données Créé avec Datawrapper
Commerce extérieur 2025 : amélioration temporaire ou retournement de tendance ?En bref 6 février 2026
https://www.vie-publique.fr/files/styles/card/public/en_bref/Le-Havre.jpg?itok=FoFV1FZP
Comment éviter la marginalisation de l’industrie européenne ? {{}}
Les instruments de défense commerciale actuels, utiles pour répondre à certaines pratiques déloyales ou à des chocs ponctuels, ne suffisent pas pour contrer une stratégie chinoise globale et de long terme. De même, développer la ’préférence européenne’ reste un outil de politique industrielle ciblée.
Le rapport préconise de repenser en profondeur la politique industrielle et commerciale de l’UE afin de mieux protéger ses chaînes de valeur. Il s’agit de compenser les écarts de coûts de production massifs en instaurant un droit de douane de l’ordre de 30% sur les produits chinois ou en dépréciant l’euro de 20% à 30% par rapport à la monnaie chinoise. Ces options supposent la construction préalable d’un échange et d’un rapport de forces crédible avec la Chine, fondé notamment sur la capacité de l’Union à conditionner l’accès à son marché intérieur.
Compétitivité de l’économie européenne : quelles pistes pour renforcer le marché unique ? En bref - 12 février 2026
https://www.vie-publique.fr/files/styles/card/public/en_bref/Sommet.jpg?itok=NZr6p0Vd
Mots clés :
- Économie internationale
- Relations économiques internationales
- Vie économique
- Secteur industriel
- Politique industrielle
Source : https://www.vie-publique.fr/en-bref/302045-lindustrie-europeenne-face-concurrence-chinoise
Préférence européenne et ’made in Europe’ : quels sont les enjeux ? - Publié le 6 mars 2026 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ Économie International
Le principe de la préférence européenne, du ’made in Europe’, va être inscrit dans le droit européen. Exigences de production dans l’Union européenne, normes de performance carbone, marchés publics... La préférence européenne signifie-t-elle un changement de doctrine pour l’Union européenne ?
La proposition de réglement sur l’accélération industrielle (Industrial Accelerator Act) a été rendue publique par la Commission européenne le 4 mars 2026. Il s’agit de consacrer la préférence européenne dans la législation européenne pour protéger les secteurs industriels stratégiques les plus vulnérables à la concurrence internationale tout en restant ouvert aux partenaires commerciaux.
La proposition de règlement introduit :
- des exigences ciblées ’made in Europe’ : seuils de ’fabrication en Europe’, y compris une exigence de 70% de contenu européen pour les véhicules électriques, de 25% pour l’aluminium et 25% pour le ciment, attribution prioritaire des marchés publics... ;
- des normes de performance carbone pour certains marchés publics ;
- des conditions imposées aux investissements étrangers, en termes de contenus européens dans les chaînes de valeur, de main-d’œuvre locale et de transferts de technologies.
Elle concerne :
- les industries à forte intensité énergétique (travaillant l’aluminium, le ciment, l’acier et dans le domaine de la chimie bas carbone) ;
- l’automobile (véhicules électriques, hybrides rechargeables, y compris camions et bus) ;
- les technologies propres (éolien, électrolyseurs, pompes à chaleur, photovoltaïque, nucléaire).
La proposition s’inscrit dans les travaux de la Commission sur la compétitivité. Elle est la première insertion de la préférence européenne dans la législation européenne. Le principe de préférence européenne ou le ’made in Europe’ avait été acté par la Commission européenne dans deux communications, la boussole pour la compétitivité de l’Union européenne (UE) publiée en janvier 2025 et le Pacte pour l’industrie propre publié en février 2025.
La préférence européenne marque un changement de doctrine pour l’UE. Elle décide de
- renouveler sa doctrine du libre-échange pour assumer de protéger ses marchés ;
- réduire les dépendances vis-à-vis de pays tiers dans des secteurs clés ;
- accélérer la décarbonation de l’industrie européenne.
Plus qu’un repli protectionniste, la posture européenne incarne une redéfinition de la mondialisation autour de pôles régionaux plus autonomes, capables de conjuguer compétitivité, durabilité et souveraineté.
Au-delà de la sécurité économique et stratégique, la proposition de règlement représente une opportunité environnementale. En produisant localement, l’empreinte carbone liée aux transports diminue et les normes européennes imposent un contrôle plus strict.
La préférence européenne revêt également une dimension politique. Dans son discours de septembre 2025, Ursula von der Leyen affirmait : ’L’Europe ne peut plus être naïve : sa souveraineté industrielle est une condition de sa liberté politique.’
Le ’fabriqué en Europe’ renvoie à la notion plus large de souveraineté économique, c’est-à-dire à la capacité d’un pays à sécuriser ses chaînes de valeur stratégiques.
C’est l’accumulation de crises – sanitaires, énergétiques, militaires, politiques, économiques – qui ont mis en lumière les dépendances structurelles de l’Europe :
- lors de la pandémie de Covid-19, l’UE a découvert son incapacité à produire en urgence des masques, des médicaments ou encore des respirateurs, plus de 80% des principes actifs pharmaceutiques venant de Chine et d’Inde ;
- l’invasion russe de l’Ukraine, à partir de février 2022, a renforcé le sentiment d’urgence. L’Europe a pris conscience de sa dépendance énergétique à la Russie, qui représentait 40% de ses importations de gaz. La flambée des prix de l’énergie a fragilisé l’industrie lourde et accéléré les réflexions sur une réindustrialisation locale fondée sur les énergies renouvelables. Le planREPowerEU, adopté en 2023, en est une illustration. Il prévoit des investissements massifs pour diversifier les approvisionnements et accélérer la transition énergétique ;
- la rivalité croissante entre l’Union européenne, la Chine et les États-Unis ainsi que entre les deux dernières, a accentué la pression. La loi étatsunienne de réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act) a prévu des subventions pour attirer les usines de batteries, de panneaux solaires et de véhicules électriques. L’UE a répliqué en 2023 avec le Net Zero Industry Act, qui fixe l’objectif de produire 40% des technologies vertes en Europe d’ici 2030.
La présentation de la proposition de règlement sur l’accélération industrielle a été reportée à plusieurs reprises, faute de consensus sur le périmètre géographique entre les gouvernements européens. Les débats ont porté sur la définition exacte du ’made in Europe’ (fabriqué en Europe) entre les défenseurs d’une souveraineté stricte et les partisans d’une approche plus ouverte aux partenaires commerciaux.
D’aucuns ont plaidé pour en limiter la portée à l’Espace économique européen, c’est-à-dire aux pays membres de l’UE, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, quitte à y associer au cas par cas d’autres partenaires, comme le Canada, par la négociation. Le Royaume-Uni, soutenu par l’Allemagne, a fait pression pour être inclus dans une vision plus large du périmètre géographique, à savoir ’made with Europe’ (fabriqué avec l’Europe). D’autres se sont prononcé pour une préférence européenne ’en dernier ressort’ pour les secteurs fragiles. Pour d’autres encore, notamment la France, il était indispensable de garantir que l’argent du contribuable européen bénéficie en priorité aux acteurs européens.
Les débats ont également porté sur l’inclusion dans le ’made in Europe’ de la production réalisée dans les pays ayant signé des accords de libre-échange avec l’UE ou sur un élargissement du ’made in Europe’ aux pays partenaires défendant ’les mêmes valeurs’. Il s’agit de ne pas déstabiliser les chaînes d’approvisionnement des industriels européens et éviter d’entraîner l’Europe dans des bras de fer commerciaux avec ses partenaires. La question devient alors : à combien d’États attribuer cette faveur ?
Globalement, l’UE se retrouve, à l’heure actuelle, face à une contradiction entre l’idée de préférence européenne et sa volonté de multiplier ses partenaires commerciaux pour réduire sa dépendance à la Chine et aux États-Unis.
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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant
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– 16/03/2026
Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales
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