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"Prolifération des data centers (centres de données) polluant l’air, gourmands en foncier, en eau et en électricité : espoir des memristors (résistances dotées de mémoire) ou vers un krach historique de l’IA ?" par Jacques Hallard
samedi 14 mars 2026, par
ISIAS Datacenters IA
Prolifération des data centers (centres de données) polluant l’air, gourmands en foncier, en eau et en électricité : espoir des memristors (résistances dotées de mémoire) ou vers un krach historique de l’IA ?
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 10/03/2026
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
Deux définitions préalables sont proposées avant de commencer ce dossier réalisé dans un but didactique
Data centers - Un centre de données (en anglais data center ou data centre) ou centre informatique, est un lieu où sont regroupés les équipements constitutifs d’un système d’information (ordinateurs centraux, serveurs, baies de stockage, équipements réseaux et de télécommunications, etc.). Ce regroupement facilite la sécurisation, la gestion (notamment l’exécution de calculs et le refroidissement) et la maintenance des équipements et des données stockées. En 2025, il y a près de 12 000 centres de données dédiés ou mutualisés dans le monde [1]. La France en héberge 322, ce qui la classe « au sixième rang mondial derrière les Etats-Unis (5 427) et la Chine (449) [2] ». Ce sont les États-Unis qui en comptent le plus ; selon le Census Bureau, à la fin du premier semestre 2025, ils mobilisaient plus de 50 milliards de dollars d’investissement par an (contre environ 40 pour la construction de bureaux) [3]. Techniquement, un centre de données fournit des services informatiques en environnement contrôlé (climatisation, poussière, alimentation, etc.) et sécurisé (système anti-incendie, contre le vol et l’intrusion, etc.), munis d’une alimentation d’urgence et redondante. Opérationnellement, un centre de données peut être exploité par une entreprise de façon interne ou mis à la disposition de plusieurs entreprises en tant que service externe. Lorsqu’un centre de données est utilisé commercialement pour fournir une prestation de service à des particuliers ou des entreprises, on parle de cloud (nuage) ou de dématérialisation[4], une solution interne (rapidité, sécurité des données hébergées notamment) et cloud (robustesse, maintenance, location de services à la demande) pouvant être hybridées. Energétiquement et en termes climatique, en 2020, leur empreinte carbone augmentait de 9 % par an et pourrait à ce rythme — avant 2030 — atteindre jusqu’à deux fois les émissions annuelles de la France). Leur refroidissement consomme déjà 2 % de l’électricité dans le monde (et pourrait atteindre 4 % en France, au détriment de la transition énergétique). Ces taux pourraient encore exponentiellement augmenter avec les nouveaux usages d’Internet (stockage massif de données, blockchains, streaming, cloud computing, GPU, minage de cryptomonnaies… - Source : Wikipédia
Memristor - En électronique, le memristor (ou memristance) est un composant électronique passif. Il a été décrit comme le quatrième composant passif élémentaire, aux côtés du condensateur, de la résistance et de la bobine [1],[2]. Le nom est un mot-valise formé à partir des deux mots anglais memory et resistor.
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2b/Memristor.png/250px-Memristor.png
Le memristor et sa relation aux quatre variables électriques élémentaires.
Un memristor stocke efficacement l’information car la valeur de sa résistance électrique change de façon permanente lorsqu’un courant est appliqué [3]. Là où une résistance classique apporte une valeur stable de résistance, un memristor peut avoir une valeur élevée de résistance interprétable dans un ordinateur comme un « 1 » en termes logiques, et une faible valeur qui peut être interprétée comme un « 0 ». Ainsi, une donnée peut être enregistrée et réécrite par un courant de contrôle. Dans un certain sens, un memristor est une résistance variable qui, par la valeur de sa résistance, reflète sa propre histoire [3]. Le memristor a été prédit et décrit en 1971 par Leon Chua de UC Berkeley, dans un écrit d’IEEE Transactions on Circuit Theory [4]. Depuis 1971, le memristor était un composant hypothétique, aucun exemple physique n’étant connu. En avril 2008, soit 37 ans plus tard, une réalisation physique du memristor a été relatée par une équipe de chercheurs des laboratoires HP conduite par R. Stanley Williams[5],[6],[7],[8], dans le journal Nature… - Source Wikipédia
Introduction
Ce dossier réunit quelques documents choisis pour éclairer le domaine des data centers (centres de données) et de l’intelligence artificielle IA
Ces articles sélectionnés sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Retour au début de l’introduction
Rappel - L’intelligence artificielle menace notre vie, mais pour une autre raison que celle à laquelle vous pensez - Publié le 02 janvier 2025 à 18:00 – Document ‘futura-sciences.com’->#EINS]
1bis. Rappel - Voici ce que consomme une simple requête ChatGPT – Publié le 3 octobre 2024 à 17:10 – Document ‘futura-sciences.com’
- Ces gigantesques installations qui poussent partout en France cachent un problème que personne ne veut regarder en face - Publié le 1er mars 2026 à 15:00 – Document ‘futura-sciences.com’
- Carte : où en sont les projets de data centers en France ? Marine Protais - Publié le 04/03/26 à 06:00 - Mis à jour le 04/03/26 à 11:02 – Document ‘latribune.fr’
- 40.000 mètres carrés, 80 mégawatts de capacité, dans les coulisses du plus grand data center français - Amélie CHARNAY - Publié le 09/03/26 à 08:00 – Document ‘latribune.fr’
- Explosion des data centers : la France entre dans une zone à risque - Publié le 2 février 2026 à 10:57 – Document ‘futura-sciences.com’
- Cette découverte arrive au bon moment : l’IA pourrait consommer beaucoup moins d’énergie - Publié le 20 janvier 2026 à 13:57 - Document ‘futura-sciences.com’
- L’IA en route vers un krach historique ? Un ex-patron de Goldman Sachs tire la sonnette d’alarme - Lucas Déprez-Rose – 07 mars 2026 à 6h55 - Unsplash - Repéré sur Futurism – Document ‘slate.fr’
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Retour au début de l’introduction
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Rappel - L’intelligence artificielle menace notre vie, mais pour une autre raison que celle à laquelle vous pensez - Publié le 02 janvier 2025 à 18:00 – Document ‘futura-sciences.com’
Tags associés : santé Pollution de l’air Intelligence artificielle Énergie Électricité
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Article rédigé par Nathalie Mayer Journaliste
https://cdn8.futura-sciences.com/s180/images/M11%20copie.jpgRelu par Ghislaine Laussel Secrétaire de rédaction
Des chercheurs de l’université de Californie (États-Unis) ont évalué l’impact sur notre santé de la pollution de l’air provoquée par les data centers qui soutiennent l’intelligence artificielle. © sdecoret, Adobe Stock
Des chercheurs de l’université de Californie (États-Unis) ont évalué l’impact sur notre santé de la pollution de l’air provoquée par les data centers qui soutiennent l’intelligence artificielle. © sdecoret, Adobe Stock
Les capacités de l’intelligence artificielle inquiètent. Mais la technologie fait peser une autre menace sur l’humanité. Une menace tout aussi existentielle pour laquelle les entreprises technologiques devraient être tenues pour responsables.
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Au fil des mois, les mises en garde se succèdent. Des experts s’inquiètent des risques que l’intelligence artificielle fait courir à notre société et à l’humanité tout entière. Plus exactement, des risques qu’un usage malintentionné de cette technologie pourrait nous faire courir. Des scientifiques questionnent aussi les impacts sur le climat - et la ressource en eau - de l’intelligence artificielle. Ils soulignent que la multiplication des data centers qui la nourrissent pourrait mettre en péril les efforts déployés par ailleurs pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.
L’intelligence artificielle pollue l’air que nous respirons{{}}
Et aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Californie à Riverside (États-Unis) attirent l’attention sur un autre effet non souhaité de notre fascination pour l’intelligence artificielle. Car le nombre croissant de data centers dans le monde ne fait pas que faire grimper les émissions de dioxyde de carbone (CO2) du secteur. Il est aussi à l’origine d’une pollution atmosphérique qui devrait provoquer jusqu’à 1 300 décès prématurés par an d’ici 2030 aux États-Unis. En cause, des centrales électriques et des générateurs de secours qui restent alimentés par des combustibles fossiles émettant des particules fines et d’autres polluants comme les oxydes d’azote. Pas seulement dans leur environnement immédiat.
Pour exemple, les chercheurs rapportent que la pollution des générateurs de secours des data centers du nord de la Virginie se propage dans le Maryland, la Virginie-Occidentale, la Pennsylvanie, l’État de New York, le New Jersey, le Delaware et le District de Columbia. Avec des coûts de santé publique déjà de l’ordre de 190 à 260 millions de dollars par an. Si ces générateurs de secours émettent à leur niveau maximum autorisé, le coût annuel sera multiplié par 10 et atteindra 1,9 à 2,6 milliards de dollars !
L’intelligence artificielle pèse sur la santé publique{{}}
Les chercheurs montrent aussi que la production d’électricité nécessaire à former une intelligence artificielle produit une pollution atmosphérique équivalente à plus de 10 000 allers-retours en voiture entre Los Angeles et New York. D’ici 2030, le fardeau de la technologie sur la santé publique devrait ainsi être deux fois plus élevé que celui de l’industrie sidérurgique et rivaliser avec celui de toutes les voitures, bus et camions de Californie. Autant de raisons qui font dire aux chercheurs que les entreprises technologiques devraient être tenues pour responsables de la charge sanitaire qu’elles représentent.
#Pollution de l’air :{{}}
Les data centers ont des conséquences environnementales et sanitaires encore mal connues (ici, grand  ;centre de données en construction dans l’Ohio). © Snehit Photo, Adobe Stock
https://www.futura-sciences.com/san...
Une nouvelle étude bouleverse nos certitudes : chez certains non-fumeurs atteints d’un cancer du poumon, les chercheurs ont identifié les mêmes altérations génétiques que chez les grands fumeurs. Une découverte qui invite à repenser en profondeur les causes de cette maladie.  ;© mh, Adobe Stock  ;  ;
Tags : sante Cancer du poumon chez les non-fumeurs : une étude internationale lève le voile sur un coupable invisible
Des chercheurs de l’université de Californie à Riverside (États-Unis) ont mesuré notre exposition à des plastifiants présents dans l’air. Ils ont été choqués de leurs résultats. © Mark, Adobe Stock
Mortelle pollution aérienne : respirer tue de plus en plus. ©  ;Jacek, Adobe Stock
Tags : sante Ce fléau fait plus de victimes dans le monde que le tabac !
1bis.
Rappel - Voici ce que consomme une simple requête ChatGPT – Publié le 3 octobre 2024 à 17:10 – Document ‘futura-sciences.com’
Article rédigé par Thibault Caudron Journaliste
https://cdn8.futura-sciences.com/s180/images/2-Suzanne-lapauze.PNG
Relu par Suzanne Lapauze Secrétaire de rédaction
Tags associés : planète Environnement ChatGPT Eco-consommation
Une simple requête ChatGPT, comme écrire un courriel de 100 mots, consomme autant d’énergie que 14 ampoules LED pendant une heure. © Freepik
Devenue un geste de plus en plus ancré dans le quotidien, une simple requête à ChatGPT a des conséquences environnementales importantes, comme le révèle un chercheur américain.
En plus de débats moraux, géostratégiques et technologiques, l’intelligence artificielle générative suscite de nombreuses questions sur son impact environnemental. L’année dernière déjà, Greenly avait estimé que la version GPT-3 du nouveau service d’IA émettrait 240 tonnes de CO2 équivalent (CO2e), soit l’équivalent de 136 voyages aller-retour entre Paris et New York. Cette fois, c’est un chercheur à l’université de Riverside aux États-Unis, Shaolei Ren, qui a essayé de déterminer la quantité de ressources consommées par ChatGPT d’OpenAI pour une simple requête comme écrire un courriel de 100 mots.
Pour tourner, les IA ont besoin d’électricité, mais aussi d’une quantité phénoménale d’eau. À tel point que les experts s’inquiètent qu’elles ne précipitent la prochaine pénurie. © Futura
Gourmand en eau et en électricité{{}}
Résultat, cela équivaut à peu près à une bouteille d’eau pleine et à suffisamment d’énergie pour allumer 14 ampoules LED pendant une heure. Des chiffres inquiétants d’autant qu’ils sont à multiplier par le nombre d’utilisateurs dans le monde. Selon le chercheur, si un travailleur américain sur dix écrit un courriel une fois par semaine avec ChatGPT, cela nécessiterait 435 millions de litres d’eau par an, l’équivalent de la consommation pendant un jour et demi de tous les foyers de Rhode Island. En matière d’électricité, cette simple activité permettrait d’éclairer tous les foyers de la ville de Washington pendant 20 jours, soit 121 517 mégawattheures.
Le simple fait de poser des questions à une IA provoque une énorme consommation  ;d’énergie.  ;© mrmohock, adobe stock
Tags : planet
Intensifier le stress hydrique{{}}
Comme Greenly l’année dernière, Shaolei Ren souligne que le problème vient avant tout des datacenters. Les calculs nécessaires à une requête ChatGPT mobilisent des serveurs qui dégagent alors de la chaleur. Il faut donc une énorme quantité d’eau pour faire baisser la température. Or les datacenters sont souvent situés dans des endroits déserts comme l’Arizona et l’Iowa, ce qui risque d’accentuer le stress hydrique déjà présent.
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Ces gigantesques installations qui poussent partout en France cachent un problème que personne ne veut regarder en face - Publié le 1er mars 2026 à 15:00 – Document ‘futura-sciences.com’
Article rédigé par Hugo Ruher Journaliste scientifique
Tags associés : santé Pollution de l’air Big data Intelligence artificielle Pollution Maladies respiratoires
Les data centers ont des conséquences environnementales et sanitaires encore mal connues (ici, grand  ;centre de données en construction dans l’Ohio). © Snehit Photo, Adobe Stock
Les data centers ont des conséquences environnementales et sanitaires encore mal connues (ici, grand centre de données en construction dans l’Ohio). © Snehit Photo, Adobe Stock
Aux États-Unis, des associations protestent contre l’installation des data centers près des zones habitées. Ces constructions pourraient provoquer une importante pollution, et même être la cause de maladies respiratoires, voire de troubles mortels.
Un peu partout en France, des data centers, ces centres de données gigantesques capables de répondre aux besoins croissants de calculs informatiques s’implantent un peu partout. Tandis que l’équipementier Schneider Electric bat des records de profit et que des constructions voient le jour dans l’Aube ou en Saône-et-Loire, des inquiétudes émergent outre-Atlantique autour de ces installations.
Selon la chaîne de l’Ohio WCMH, les data centers seraient en effet sources de problèmes de santé. Le média cite un rapport du CEDS (Community & Environmental Defense Services), une association spécialisée sur les impacts sanitaires des projets de construction, selon lequel ces problèmes sont à prendre au sérieux.
Des risques sanitaires incertains, mais qui inquiètent{{}}
Selon ce rapport, les constructeurs de data centers seraient dans l’obligation de fournir une évaluation des risques d’impact sanitaire avant de débuter le chantier, afin d’éviter l’apparition de maladies chez les résidents qui vivent autour. Une procédure qui n’est pas obligatoire en Ohio par exemple, là où les data centers se sont pourtant multipliés ces dix dernières années.
Les particules fines, nocives pour l’organisme. © Paolese, Fotolia
Tags : sante - Particules fines : quel danger pour la santé ?Lire l’article
Ainsi, autour de la ville de Colombus, capitale de l’État, plus de 130 data centers ont vu le jour, avec plusieurs millions d’habitants vivant à proximité. Mais comment ces bâtiments qui servent au stockage de données informatiques peuvent-ils avoir un impact sur la santé de ces habitants ?
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L’évolution de la demande en électricité liée aux différents besoins des data centers d’ici 2030 : les serveurs, les autres équipements, le refroidissement, les infrastructures. © IEA
D’après le rapport du CEDS, le problème viendrait des émissions de ces centres de données, qui produisent du dioxyde d’azote et de petites particules qui se dispersent dans l’air et peuvent pénétrer dans les poumons lorsqu’elles sont inhalées.
En plus, ces ensembles ont besoin d’être alimentés en énergie, ce qui se fait parfois à l’aide d’énergie fossile, également riche en polluants. Ce sont toutes ces péripéties qui ont poussé certains habitants de l’Ohio à protester contre l’implantation de nouveaux data centers. Récemment, des protestations ont permis aux habitants de la ville d’Hilliard de déplacer le centre prévu plus loin des habitations.
Hyperion est un projet de data center absolument gigantesque. © Meta
Tags : planete
Un gigantesque data center de Meta déclenche une guerre d’opinions aux États-UnisLire l’article
Depuis ce précédent, le CEDS appelle à étendre les études d’impact dans l’État, afin qu’elles ne concernent pas uniquement la pollution atmosphérique et les conséquences environnementales, mais également l’impact sanitaire, encore souvent passé à la trappe. D’après l’organisation, aucun centre de données ne devrait se trouver à moins d’un kilomètre des habitations pour éviter tout problème.
En France, une contestation qui prend forme{{}}
En France également, la grogne monte contre ces installations, même si la santé n’est pas encore le principal angle d’attaque des opposants. Ainsi, dans la Drôme, un projet de construction près de la gare de Valence est contesté en raison de la consommation électrique élevée.
Dans l’Indre également, un projet porté par Google est accusé de pomper les réserves d’eau de la région, mais l’aspect purement sanitaire n’est pas évoqué. Même scénario du côté du Bourget, avec des opposants qui dénoncent les atteintes environnementales.
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En France aussi, les centres de données se multiplient, avec parfois des oppositions. © Production Perig, Adobe Stock
Dans l’ensemble, l’impact sanitaire est encore mal connu. Et pour cause, il dépend énormément du mode d’alimentation des data centers eux-mêmes. Si, comme dans l’Ohio, ils sont nourris aux énergies fossiles, la pollution causée en sera d’autant plus importante.
Des centaines de data centers vont être construits en France d’ici 2030. © Karine Durand.  ;Image d’illustration avec IA Image  ;Bing
Tags : planete
Explosion des data centers : la France entre dans une zone à risqueLire l’article
Quoi qu’il en soit, ces données sont importantes à prendre en compte, car au vu de la demande informatique grandissante, notamment liée à l’usage de l’intelligence artificielle, les data centers risquent de se multiplier, et mieux vaut avoir toutes les cartes en main pour se préparer à leur développement.
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Carte : où en sont les projets de data centers en France ? Marine Protais - Publié le 04/03/26 à 06:00 - Mis à jour le 04/03/26 à 11:02 – Document ‘latribune.fr’
CARTE. Des milliards investis, des annonces de projets qui se chiffrent parfois en gigawatt. Mais face à des données parfois peu claires sur la construction des infrastructures derrière les IA, dont la France veut devenir un pays phare, La Tribune cartographie les 48 projets les plus avancés.
Le Paris Digital Park est un immense campus de data centers situé à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), présenté comme le plus grand de France et l’un des plus puissants d’Europe.
Le Paris Digital Park est un immense campus de data centers situé à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), présenté comme le plus grand de France et l’un des plus puissants d’Europe. Digital realty
Les projets de data centers n’en finissent pas de pleuvoir sur la France. Cent neuf milliards d’euros d’investissements ont été annoncés lors du sommet de l’IA à Paris il y a un an pour faire du pays une terre d’accueil de ces infrastructures. Ces dernières sont indispensables pour développer, puis faire tourner, les modèles d’intelligence artificielle. Avec cette petite phrase d’Emmanuel Macron érigée en nouveau slogan politique : « plug, baby, plug ». Selon les dernières données du gouvernement,sur cette somme, 90 milliards d’euros seraient déjà sécurisés.
Data centers : un essor massif sous haute surveillance{{}}
Dans les dix prochaines années, la France, qui compte déjà environ 350 centres de données, pourrait en accueillir une soixantaine de plus. Leurs capacités seront bien supérieures aux puissances actuelles. Mais derrière les annonces, l’état réel d’avancement des projets reste difficile à évaluer. Il est complexe de connaître les montants effectivement engagés ou les emplois attendus.
Pour y voir plus clair, La Tribune propose une carte des projets en cours, qui sera actualisée régulièrement. Nous en avons recensé 48. Les centres déjà en exploitation n’y figurent pas. Ne sont pas non plus comptabilisés les 63 sites « prêts-à-l’emploi » présélectionnés par le gouvernement lorsqu’aucun porteur de projet n’est encore identifié. Deux exceptions toutefois : Bosquel et Loire-sur-Rhône, dont les candidats retenus pour piloter le projet devraient être prochainement annoncés.
Entre promesses d’investissement et réalités du terrain{{}}
Dans ce secteur, une annonce ne garantit pas une mise en chantier. Des retards administratifs, des contraintes énergétiques, ou des tensions sur les équipements et la main-d’œuvre peuvent freiner, voire stopper certains projets, rapportait récemment une étude de la Coface. Tous les projets identifiés ne sont pas au même stade : moins d’une dizaine sont en construction, d’autres attendent leur permis, certains n’en sont qu’aux discussions préliminaires. D’autres encore sont contestés, notamment en Seine-Saint-Denis, qui accueille déjà une vingtaine de data centers, ou en Essonne. La cause : l’impact sur l’aménagement du territoire, ainsi que la consommation électrique et en eau.
Même si tous ces projets ne sortent pas de terre, la France est devenue un aimant à infrastructures numériques. La question est désormais de comprendre ce que le territoire peut réellement en tirer. Antoine Fournier, président de Thésée DataCenter, rappelle que la construction d’infrastructures a deux objectifs politiques distincts : « renforcer l’activité économique en France ; de l’autre, réduire les dépendances stratégiques », analyse-t-il. Les annonces du sommet de l’IA s’inscrivent selon lui d’abord dans une logique d’attractivité. « L’enjeu était de capter des investissements massifs et d’implanter sur le territoire des capacités qui auraient pu être localisées ailleurs en Europe », explique-t-il.
La France a, à ce titre, réussi à devenir attractive. « Nous observons un mouvement de transfert de serveurs depuis d’autres pays européens vers la France », indique Thésée. Des infrastructures auparavant situées en Allemagne ou aux Pays-Bas sont progressivement redéployées sur le territoire. Cette dynamique est en grande partie liée au contexte énergétique. « Depuis 2022 et la fin du gaz peu cher, la compétitivité de l’électricité nucléaire française constitue un facteur d’attractivité à long terme », rappelle Antoine Fournier. Mais aussi, selon Régis Castané, directeur général d’Equinix France, au renforcement d’un écosystème autour des data centers en France. Et aux facilités législatives promises par la loi de simplification. Mais cette « ébriété numérique », comme l’appelle Fanny Lopez, historienne de l’architecture et des techniques, interrogée sur France Inter, peut aussi mener à « un changement du profil des territoires », une « redondance des infrastructures ».
En matière de souveraineté numérique, les effets de cette boulimie de bâtiments sont par ailleurs mitigés. Si une partie (18) des acteurs positionnés sur les projets de notre carte, sont bien français, il ne faut pas s’y tromper. La plupart d’entre eux sont des acteurs immobiliers (Altarea, H&DC), qui devront s’associer à des entreprises du data center et de l’IA.
En la matière, le secteur est encore dominé par des entreprises extraterritoriales. « Les acteurs français représentent moins de 10 % du poids économique du secteur », rappelle Antoine Fournier. On compte toutefois plusieurs acteurs de l’IA et du cloud français : OpCore (Iliad), Sesterce (une start-up de l’IA), Mistral (quoique en association avec un fonds émirati et Nvidia) et Éclairion. En matière de fonds d’investissement, les acteurs en dehors de la BPI sont étrangers. Les acteurs des data centers en colocation (qui louent leurs salles aux serveurs de clients) sont pour les plus gros américains ou japonais : Digital Realty, Equinix, Telehouse. Même si les Français Thésée ou Data4 sont présents sur quatre projets.
Emploi : des retombées directes limitées{{}}
En matière d’emploi, le nombre de postes directs reste faible, surtout comparé aux montants investis ou aux effectifs des anciens sites industriels. « Cela ne fait pas rêver : un data center génère en moyenne quelques dizaines d’emplois permanents », souligne Thésée. L’ordre de grandeur avancé est d’environ un emploi par mégawatt installé, même si cela varie selon le profil des clients et l’intensité des usages. Les acteurs mettent donc en avant les retombées indirectes, parfois confondues dans leur communication avec les emplois directs.
« Les opérateurs sont avant tout de grands acheteurs industriels », précise Antoine Fournier. Sur les chantiers, l’effet est plus visible : « Lors d’une phase de construction, le nombre de personnes mobilisées peut représenter plusieurs fois l’effectif permanent du site. » Ce sont donc chez les constructeurs et les fournisseurs de matériaux électriques comme Vinci et Schneider qu’il faudrait, selon lui, réellement calculer l’impact sur l’emploi. Mais l’étape de construction ne durera pas éternellement…
Méthodologie : comment nous avons construit cette carte
Pour alimenter cette carte, nous avons contacté les opérateurs de data centers concernés. Tous ne nous ont pas répondu. Nous nous sommes également appuyés sur les articles de La Tribune, notamment ceux de nos rédactions régionales, ainsi que sur la presse économique et spécialisée. Trois sources nous ont permis de recouper nos informations : la Direction générale des entreprises (DGE) pour les 26 sites sécurisés depuis le sommet de l’IA, l’association « Le Nuage était sous nos pieds » et le collectif Dirty Data, qui réunit des journalistes d’investigation internationaux, dont Mathilde Saliou de Next.ink.
Légende de la carte :
Étoile : projet « fast-track » (procédures de raccordement accélérées)
Jaune : projet de moins de 100 MW
Orange : projet entre 100 et 250 MW
Rouge : projet entre 250 et 500 MW
Violet : projet de plus de 500 MW
Voir en plein écran - Marine Protais
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40.000 mètres carrés, 80 mégawatts de capacité, dans les coulisses du plus grand data center français - Amélie CHARNAY - Publié le 09/03/26 à 08:00 – Document ‘latribune.fr’
Le centre de données du Digital Park, à la Courneuve, est hors norme, de par sa taille et sa puissance. Mais il illustre aussi la concentration croissante de ce type d’infrastructures en région parisienne.
Le Paris Digital Park à la Courneuve.
Le Paris Digital Park à la Courneuve. La Tribune
Avec sa forme en anneau surmontée d’une résille métallique ponctuée de losanges, le Paris Digital Park de La Courneuve, en région parisienne, s’est presque imposé comme l’archétype du data center. Il sert d’ailleurs à illustrer aujourd’hui la plupart des articles sur les centres de données de notre pays. Pourtant, il se distingue à la fois par son design et son gigantisme. Si vous en doutez, sachez seulement que, sur son toit, pas moins de 72 groupes électrogènes sont prêts à être utilisés en cas de panne d’électricité.
C’est le plus grand data center français, s’étendant sur 40 000 mètres carrés d’espace dédié aux clients. Mais aussi et surtout, le plus puissant, avec 80 mégawatts de capacité électrique informatique pour les clients pour une consommation actuelle de 20 mégawatts. À l’intérieur, se trouvent non pas un mais quatre centres de données, construits de façon identique et livrés progressivement entre 2022 et 2025.
Dans les couloirs menant aux salles informatiques.
Dans les couloirs menant aux salles informatiques. (Crédits : La Tribune)
Géants du web, chaînes de télévision, banques et avocats{{}}
Cela sent presque encore la peinture. Les murs jaunes et blancs paraissent immaculés et les couloirs semblent vides, malgré la centaine de personnes se relayant 24 heures sur 24 sur le site. Pourtant, l’activité est bien à son comble. « Nous avons atteint aujourd’hui un taux d’occupation de plus de 80 % et nous commençons à rencontrer des problèmes de pénurie », relève Fabrice Coquio, président de la branche française de Digital Realty, l’entreprise américaine propriétaire de cette infrastructure.
Des hyperscalers comme Microsoft ou AWS, Google, mais aussi des acteurs du cloud français comme OVHcloud et Outscale, des cabinets d’avocats, des assureurs, des banques, des consultants, des opérateurs télécom, des acteurs de la cybersécurité et des ministères y stockent leurs données sur 630 000 serveurs. En tout, on compte une centaine de clients très variés.
En conséquence, on ne pénètre pas dans les salles informatiques sans passer plusieurs sas de sécurité et poser ses pieds sur des tapis collants destinés à enlever les poussières et particules fines de nos chaussures. Le tout pour éviter qu’elles ne contaminent les serveurs et perturbent leur fonctionnement. À l’intérieur des salles informatiques, des cages à perte de vue renferment des baies avec des serveurs. Nous passons devant ceux d’une chaîne de télévision française.
Les baies avec des serveurs sont installées dans des cages.
Les baies avec des serveurs sont installées dans des cages. (Crédits : La Tribune.)
Un système de refroidissement capital{{}}
Il existe également tout un système de tuyauteries pour faire fonctionner le système de refroidissement dit de Direct Liquid Cooling (DLC), qui consiste à faire circuler un liquide froid directement au contact des microprocesseurs pour les refroidir. Une technologie utilisée depuis longtemps dans les supercalculateurs et qui est en train de remplacer l’ancien système de refroidissement par air des centres de données.
Les aéro-refroidisseurs.
Les aéro-refroidisseurs. (Crédits : La tribune)
Jusqu’à 20 degrés en terrasse technique extérieure, l’air extérieur suffit pour assurer le refroidissement. Au-delà, les groupes de froid entrent en action, et à partir de 30 degrés, des aéro-refroidisseurs s’appuyant sur un procédé adiabatique avec des gouttes d’eau viennent s’ajouter en solution de secours. Malgré la chaleur qui dépasse la trentaine de degrés dans les salles, on s’attarde un peu trop longtemps et une alarme se déclenche.
Les tuyauteries pour refroidir directement les micro-processeurs avec un système de ‘Direct Liquid Cooling’. (Crédits : La Tribune.)
Direction le cœur du site : les Meet Me Room, équipées simplement d’une armoire où arrivent les fibres optiques des opérateurs réseaux venues de l’extérieur, pour s’interconnecter à celles des clients des serveurs, de manière à échanger les données. « On cumule ici des milliers de connexions. Ce sont des térabits de capacité qui sont échangés dans cette salle. On peut comparer cela aux millions de passagers qui passent chaque année dans un aéroport », souligne Fabrice Coquio.
La concentration des data centers en périphérie de Paris{{}}
Ce site hors norme illustre parfaitement la concentration extrême des infrastructures informatiques et télécom françaises. La région Île-de-France abrite en effet environ un tiers des data centers du pays mais accueille la majorité des grandes infrastructures. Principalement parce que la capitale se hisse à la cinquième place mondiale des hubs Internet, d’après le classement de Telegeography.
Ses infrastructures télécom très haut débit et son raccordement à des câbles sous-marins assurent des latences très faibles et l’ont rendu incontournable pour installer un centre de données, en plus d’une électricité abondante. « Nous avons choisi La Courneuve avant tout parce que Paris est le cinquième hub Internet mondial mais aussi parce c’était déjà un site industriel, qu’il y avait de la place et un raccordement électrique », confirme Fabrice Coquio.
Les énormes groupes électrogène sur le toit.
Les énormes groupes électrogènes sur le toit. (Crédits : La Tribune.)
Même si des experts numériques, comme la chercheuse en géopolitique Ophélie Coelho, estiment qu’un modèle de développement plus distribué sur le territoire est possible, cette concentration ne cesse de se renforcer, comme notre récente carte des data centers en France l’a montré récemment. « L’Île-de-France connaît une croissance continue du nombre de data centers, marquée par une nette accélération au cours des deux dernières décennies », confirmait, en juin 2025, l’Observatoire des data centers en Île-de-France.
Ces infrastructures ont d’abord éclos en Seine-Saint-Denis, en petite couronne, et se déplacent maintenant de plus en plus loin du cœur de la capitale, « avec des projets de plus grande envergure ». Un effet masse qui finit par susciter l’inquiétude des riverains, comme un temps à Wissous, dans l’Essonne, et plus récemment au Bourget ou à Dugny, en Seine-Saint-Denis.
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Explosion des data centers : la France entre dans une zone à risque - Publié le 2 février 2026 à 10:57 – Document ‘futura-sciences.com’
[Explosion au sens de développement soudain qui rompt un équilibre, un état de stabilité ; boom]
https://cdn8.futura-sciences.com/s180/images/Karine-Durand-photo.jpgArticle rédigé par Karine Durand Spécialiste météo extrême et environnement
https://cdn8.futura-sciences.com/s180/images/ghislaine-laussel-2-.jpgRelu par Ghislaine Laussel Secrétaire de rédaction
Des centaines de data centers vont être construits en France d’ici 2030. © Karine Durand.  ;Image d’illustration avec IA Image  ;Bing
Des centaines de data centers vont être construits en France d’ici 2030. © Karine Durand. Image d’illustration avec IA - Image Bing
Ils se multiplient par dizaines chaque année, et leur construction dans une commune suscite à chaque fois de vifs débats. Où que vous habitiez, il est désormais impossible de ne pas en croiser un sur son chemin : les data centers. Leur nombre explose en France, et avec, les inquiétudes sur leur impact environnemental.
Dès que nous utilisons l’intelligence artificielle, nous faisons appel à l’un de ces data centers. Certains sont localisés en France, et beaucoup d’autres à l’étranger. L’Ademe recense 352 data centers en activité dans l’Hexagone début janvier 2026, alors qu’il y en avait 250 en 2022.
Les data centers représentent donc à eux seuls 2,2 % de la consommation électrique annuelle de la France, nous informe l’Ademe, « soit l’équivalent de l’électricité consommée par 9 à 10 agglomérations de plus de 100 000 habitants pendant un an ».
Malgré cela, la grande majorité de notre usage de l’IA dépend des data centers situés à l’étranger, ce qui n’est pas une bonne nouvelle : si, en France, notre électricité est faiblement carbonée, « une grande partie des data centers situés à l’étranger fonctionnent avec des mix électriques en moyenne beaucoup plus émetteurs de CO2 », précise un nouveau rapport de l’agence.
Selon la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), la France est le pays qui a reçu le plus d’investissements directs étrangers pour la construction de data centers en 2025.
Vers une crise en France comme c’est le cas dans d’autres pays ?{{}}
Pour autant, l’explosion du nombre de data centers en France suscite de vives inquiétudes pour l’environnement. À l’horizon 2030, le nombre de data centers devrait atteindre 500 en France. Des bâtiments plus ou moins gigantesques sont nécessaires (de 1 000 à 10 000 m2), et donc des terres, mais pas seulement.
L’impact de l’intelligence artificielle sur l’environnement est encore mal connu. © Image générée par Grok
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Au Texas, État américain qui abrite certains des plus gros data centers du monde, ces nouvelles usines du numérique provoquent chaque été la colère des habitants, des agriculteurs et des éleveurs. Les data centers, très gourmands en eau, accentuent la pénurie hydrique, conduisant certaines municipalités à imposer des restrictions aux habitants, comme la réduction du temps passé sous la douche pour les habitants.
La France se dirige-t-elle vers un avenir similaire ? Tout dépend des grandes décisions qui seront prises ces prochaines années et de notre usage de l’IA, mais la crise présente au Texas est loin d’être impossible en France. L’Ademe a modélisé 5 scénarios d’évolution possible :
- Scénario tendanciel : si on ne change rien{{}}
Les tendances observées aujourd’hui se prolongent, avec un nombre de data centers qui augmente fortement et avec celui-ci, des émissions de gaz à effet de serre qui s’ajouteront aux tensions sur « les ressources énergétiques, hydriques et foncières ».
- Scénario 1 : réduire la demande numérique{{}}
Dans ce scénario, nos usages de l’IA sont limités par un encadrement strict, en fonction de leur utilité. Cela nous mènerait à un « ralentissement de la croissance, puis une baisse progressive des consommations électriques des data centers à long terme ».
- Scénario 2 : organiser et prioriser les usages{{}}
« Les implantations sont encadrées et les usages numériques priorisés en fonction de leur utilité sociale, environnementale ou sanitaire ». Le but est de maîtriser les consommations, d’avoir une vision plus écologique (avec récupération de la chaleur des data centers par exemple) « sans décroissance brutale ».
- Scénario 3 : s’appuyer sur l’innovation{{}}
Aucune limitation n’est imposée et l’usage de l’IA continue à progresser. Seule différence, les innovations technologiques et l’utilisation d’une électricité bas-carbone permettent de limiter l’impact sur l’environnement.
- Scénario 4 : compenser les impacts{{}}
L’usage de l’IA continue d’exploser mais « les solutions technologiques sont principalement mobilisées pour compenser les impacts environnementaux ». Un scénario qui risque d’accentuer « la dépendance aux infrastructures hors du territoire national ».
Les citoyens et entreprises doivent se montrer responsables face à l’IA{{}}
L’IA est une révolution technologique dont le monde ne semble pas prêt à se passer. Mais, alors que beaucoup de citoyens et d’entreprises sont prêts à faire des efforts en matière de transport ou encore d’alimentation, peu se soucient de leur consommation numérique.
« Les entreprises et les usagers ont également un rôle déterminant ». Plus la demande en IA est grande (et bien souvent pour des contenus sans grande utilité), plus la consommation des data centers explose, ainsi que leur nombre. L’Ademe le rappelle, nos choix « dessinent le futur du numérique et son empreinte environnementale ».
#Environnement {{}}
Un ruban brun d’origine naturelle, mais aux conséquences encore imprévisibles, s’étire d’un continent à l’autre. © XD avec ChatGPT
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Article rédigé par Edward Back Journaliste hi-tech
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Relu par Xavier Demeersman Rédacteur en chef
Des chercheurs chinois ont mis au point une nouvelle méthode pour réduire considérablement la consommation énergétique des IA. © Image générée avec Dall-E
Face à l’explosion de la consommation énergétique de l’intelligence artificielle, des chercheurs chinois ont tenté une nouvelle approche très prometteuse. En s’appuyant sur des memristors et une technique innovante, ils ont pu réduire considérablement la consommation électrique de réseaux neuronaux profonds.
L’intelligence artificielle est très gourmande en énergie, ou plutôt c’est le cas des supercalculateurs sur lesquels elle tourne. Toutefois, il existe des pistes pour réduire cette consommation. L’une d’entre elles est de faire fonctionner les réseaux neuronaux sur une architecture de calcul analogique en mémoire à base de memristors.
Les memristors sont des résistances dotées d’une mémoire. Les calculs sont effectués de manière locale en utilisant leurs propriétés physiques, plutôt que de s’appuyer sur des processeurs et des puces graphiques comme c’est actuellement le cas. Traditionnellement, l’entraînement s’effectue sur un ordinateur ou un supercalculateur classique, puis les poids de l’IA sont transférés directement dans les memristors. Toutefois, il existe un obstacle de taille : ces composants sont imparfaits et génèrent du bruit, ce qui induit des erreurs réduisant considérablement les performances et la stabilité de l’IA.
EaPU : transformer l’imperfection en atout{{}}
Dans un article qui vient de paraître dans la revue Nature Communications, des chercheurs du laboratoire du Zhejiang en Chine ont mis au point une nouvelle technique d’entraînement très prometteuse. Elle est baptisée error-aware probabilistic update (EaPU), ou mise à jour probabiliste tenant compte des erreurs. L’IA accepte les petites erreurs inférieures au seuil de tolérance des memristors, et évite de mettre à jour les paramètres pour la moindre petite variation. Au lieu de mettre à jour tous les paramètres à chaque étape de l’apprentissage, le réseau neuronal en met à jour moins de 0,1 %. Ce détail est crucial lorsque l’on sait que l’écriture d’un memristor est bien plus énergivore que la lecture.
Le résultat est une réduction de la consommation énergétique pour l’entraînement d’un facteur de 50 par rapport à d’autres méthodes avec des memristors. De plus, avec moins d’usure due aux écritures, l’espérance de vie des appareils est multipliée par 1 000 ! La méthode EaPU augmente la précision de 60 %, toujours par rapport aux autres méthodes à base de memristors, ce qui la rend similaire à celle d’un supercalculateur classique. Selon les chercheurs, la consommation énergétique est divisée par six ordres de grandeur, soit environ un million, en comparaison à un système basé sur des puces graphiques.
Une technique applicable aux LLM ?{{}}
Les chercheurs ont déjà validé leur méthode sur une matrice de memristors de 180 nanomètres, entraînant des réseaux neuronaux pour des tâches de débruitage d’images et de super-résolution, obtenant des résultats similaires à ceux obtenus avec des méthodes conventionnelles, tout en utilisant beaucoup moins d’énergie.
Les chercheurs ont été limités par leur matériel, mais pensent que la technique EaPU devrait fonctionner sur les grands modèles de langage (LLM), ce qu’ils comptent tester à l’avenir. Ils pensent aussi qu’elle n’est pas limitée aux memristors, et pourrait aussi être utilisée sur d’autres technologies comme les transistors ferroélectriques et la mémoire vive magnétorésistive (MRAM).
Alors que la côte est des États-Unis pourrait bientôt connaître des coupures de courant tournantes en raison de la demande énergétique des centres de données, selon le Wall Street Journal, une telle réduction de la consommation des IA tomberait vraiment au bon moment. Encore faudra-t-il qu’elle puisse être adoptée à grande échelle.
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Devenue incontrôlable, l’IA sera une menace pour les relations sociales, le travail et un accélérateur de guerres asymétriques. © XD avec  ;ChatGPT
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L’IA en route vers un krach historique ? Un ex-patron de Goldman Sachs tire la sonnette d’alarme - Lucas Déprez-Rose – 07 mars 2026 à 6h55 - Unsplash - Repéré sur Futurism – Document ‘slate.fr
Face aux investissements record observés dans le domaine de l’intelligence artificielle, l’expert financier Lloyd Blankfein redoute une bulle spéculative et voit dans l’emballement actuel les prémices d’une crise comme celle des ‘subprimes’ en 2008.{{}}
Sommes-nous à l’aube d’un nouveau krash boursier ? | Maxim Hopman via Unsplash
Sommes-nous à l’aube d’un nouveau krash boursier ? | Maxim Hopman via
Le silence est parfois plus parlant que le brouhaha des processeurs. Dans les bureaux de Wall Street, une petite musique commence à monter, très loin d’être apaisante. Alors que l’intelligence artificielle (IA) grignote de plus en plus d’aspects de nos vies, certains anciens de la finance ayant vécu de gros krachs récents commencent à regarder l’horizon avec inquiétude.
Lloyd Blankfein fait partie de ces anciens. L’homme qui a dirigé Goldman Sachs pendant la crise des subprimes de 2008 n’est pas du genre à paniquer pour rien. Pourtant, ses récents propos rapportés par le média Futurism font froid dans le dos. Pour lui, nous ne sommes pas simplement face à une innovation technologique, mais peut-être devant un gouffre financier que nous avons nous-mêmes creusé. « Je ne sens pas encore la tempête, mais les chevaux commencent à hennir dans l’enclos », prévient-il avec une poésie qui cache mal une mise en garde brutale.
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Le chiffre a de quoi donner le tournis : 650 milliards de dollars. C’est la somme astronomique que les géants de la tech prévoient d’injecter dans l’intelligence artificielle en 2026. Des centres de données gigantesques sortent de terre comme des champignons, gourmands en énergie et en puces électroniques, ponctionnant les ressources de notre planète. Mais il y a un problème : pour l’instant, ces investissements massifs sont loin d’être rentables. On construit des autoroutes numériques incroyables, tout en cherchant encore qui sera capable de les payer sur le long terme.
Cette déconnexion entre les dépenses et les revenus réels rappelle furieusement la bulle internet des années 2000. À l’époque, il suffisait d’ajouter « .com » à son nom pour voir sa valeur s’envoler. Aujourd’hui, le suffixe « AI » produit le même effet magique. Mais comme le souligne l’article de Futurism, plus d’un tiers des gestionnaires de fonds pensent désormais que les entreprises surinvestissent dans des infrastructures physiques sans garantie de retour. Le risque ? Que tout ne s’écroule d’un coup.
L’heure de vérité approche pour la bulle du siècle{{}}
Lloyd Blankfein pointe du doigt un danger encore plus vicieux, le « levier caché ». C’est ce mécanisme invisible qui a transformé une crise immobilière locale en effondrement mondial en 2008. « Tout le monde disait que le monde n’était pas endetté, jusqu’à ce que vous découvriez soudainement qu’il y avait énormément de risques liés aux hypothèques en Islande », rappelle-t-il. En clair, nous ne savons pas encore où se nichent les dettes toxiques liées à l’IA, mais elles sont là, tapies dans l’ombre des bilans comptables des grandes entreprises et des startups surévaluées.
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Le logo Nvidia sur un téléphone portable, en contraste avec un graphique boursier affiché sur un écran d’ordinateur. | Dominika Zarzycka / NurPhoto / AFP
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L’IA devait révolutionner le monde du travail, elle fait surtout bosser plus pour presque rien
Si la bulle éclate, ce ne sont pas seulement les milliardaires de la Silicon Valley qui trinqueront. Lloyd Blankfein s’inquiète de voir des entreprises d’IA s’ouvrir aux investissements publics au moment le plus précaire. « Quand vous faites perdre de l’argent aux consommateurs individuels, c’est-à-dire aux contribuables et aux citoyens, les gens au gouvernement deviennent très, très en colère », explique-t-il. Le risque social est immense si l’épargne populaire est engloutie dans ce pari technologique.
Certains experts comparent déjà l’économie américaine actuelle à un seul et unique grand pari sur l’intelligence artificielle. Si cette technologie ne parvient pas à transformer la productivité aussi vite que prévu, les actifs aujourd’hui valorisés à des prix fous ne trouveront tout simplement plus d’acheteurs sur le marché. Au final, l’IA restera sans doute une technologie majeure, tout comme internet l’est resté après l’an 2000. Mais le chemin pour y parvenir risque d’être jonché de hauts et de bas financiers. Lloyd Blankfein estime que nous arrivons à la fin d’un cycle : la technologie est peut-être artificielle, mais la douleur d’un krach, elle, sera bien réelle pour des millions de gens.
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