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"Le petit renard de Bastien, ‘le petit prince’ (avec un renard), la fable chinoise du tigre et du renard, Kitsune (狐 renarde japonaise) 巴斯蒂安的小狐狸,《小王子》(有狐狸),中国寓言故事《老虎和狐狸》,狐狸(日本狐狸) par Jacques Hallard
lundi 23 février 2026, par
ISIAS Création artistique Poésie Symbolique
Le petit renard de Bastien, ‘le petit prince’ (avec un renard), la fable chinoise du tigre et du renard, Kitsune (狐 renarde japonaise)
巴斯蒂安的小狐狸,《小王子》(有狐狸),中国寓言故事《老虎和狐狸》,狐狸(日本狐狸)
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 22/02/2026 (ex.03/2022)
Bastien’s little fox, ‘the little Prince’, the Chinese fable of the tiger (year symbol 2022) and the fox, Kitsune (japanse vixen) - Bastians kleiner Fuchs, der ‘kleine Prinz’, die chinesische Fabel vom Tiger (Symbol des Jahres 2022) und vom Fuchs, Kitsune (japanische Füchsin)
Plan du document : Création Introduction Sommaire Auteur
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« Le petit renard de Bastien » : travail au pinceau chinois avec couleurs de Jacques Hallard – 2022-2026 {{}}
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Ce travail mis en ligne sur isIASS.info tourne autour du renard !
« Le renard est avant tout un symbole de ruse ou d’intelligence, selon le contexte du rêve. Dans une première approche, il peut représenter l’intelligence du rêveur, mais aussi son isolement, sa marginalité. ... Dans une deuxième approche, il peut symboliser un homme rusé, séducteur et prédateur… »
Les 19 documents rapportés ici ont été répartis dans les 3 sections suivantes :
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Consultations des archives de Solange Cruveillé - Institut de recherche ‘intersite’ en études culturelles - Université de Montpellier Paul-Valéry Route de Mende 34199 Montpellier Cedex 5 - Standard de l’Université : 04 67 14 20 00
Outils de traduction utilisés : GoogleTraduction, Yandex, DeepL
Maintenance informatique et traitements d’images : Bastien M.
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- [Vidéo] Tutoriel vidéo d’une belle aquarelle peinte à la main d’un petit renard dans la forêt - Comment peindre un renard à l’aquarelle – Traduction par Jacques hallard du 18 février 2022 d’un article en chinois : 视频】森林里的小狐狸唯美水彩手绘视频教 - 狐狸水彩怎么画 - 来源 :微博/网络
- Peinture chinoise d’un renard, étape par étape – Traduction de Jacques Hallard : 狐狸的国画画法步骤 - 来绘画网 发布于 2018-05-08 11:11:12 - 分类:动物国画
- L’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry : « Le Petit Prince » (avec un renard)
- Sélections multilingues : Français – 选择 Chinois – English - Deutsche Sprache.
- « Le Petit Prince » : le conte qui aura su apprivoiser l’humanité - Publié le : 06/04/2013 à 14:29 - Nicolas Gary
5bis. S’il te plaît, apprivoise-moi...Le Petit Prince et le Renard (dit par Denis Decoster) – Vidéo 2:16 - 11 décembre 2020 - Denis D.
- Fable chinoise du renard et du tigre – Traduction de Jacques Hallard - Référence : 狐假虎威 - 有一天,一只老虎正在深山老林里转悠,突然发现了一只狐狸,便迅速抓住了它,心想今天的午餐又可以美美地享受一顿了。
- Texte « Le renard et le tigre » - 狐狸和老虎 - Conte chinois (IIIéme – Ier siècle av. JC) – Version ‘jpbrecht.free.fr’
- Le Renard et le Tigre dans les fables et les légendes chinoises – Version ‘chine.in’ © Chine Informations - La Rédaction
- Le symbolisme du renard dans les légendes chinoises - © Chine Informations - La Rédaction
9bis. La réécriture de l’amour charnel dans les premières traductions françaises du Liaozhai zhiyi - Li Jinjia - https://doi.org/10.4000/ideo.251
- Le symbolisme du renard dans les légendes chinoises - Article principal : Renard. Articles connexes : Renard dans la culture et Liste des renards de fiction. Document ‘Wikipédia’
- La femme-renarde dans les contes chinois – Document Wikipédia
- Symbolisme du renard dans les légendes chinoises - Posté par othoharmonie le 3 février 2012
- La symbolique du renard - Manuel G
- Fantômes dans l’Extrême-Orient d’hier et d’aujourd’hui – « Le renard est un animal qui peuple l’univers des légendes chinoises » - Longue étude complète de Solange Cruveillé - Institut de recherche intersite en études culturelles- Iriec/ Université Paul-Valéry Montpellier-III – Références ‘books.openedition.org › pressesinalco’
- Le Renard à Neuf Queues (Jiu Wei Hu) – Extrait – Document ‘mandarin-factory.com’
- Le Kitsune 狐, renard japonais aux multiples pouvoirs - juin 15, 2020 – Document ‘universdujapon.com’
- Interprétation du rêve Renard en psychologie et psychanalyse
- Que signifie le renard en tant qu’animal totem ? [Spiritualité Psychanalyse Amérindiens Bible Totem] - Par Elisa Poch de Feliu, Rédactrice. 2 juillet 2020 – Document ‘education.toutcomment.com’
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- Rubrique sur la peinture
[Vidéo] Tutoriel vidéo d’une belle aquarelle peinte à la main d’un petit renard dans la forêt - Comment peindre un renard à l’aquarelle – Traduction par Jacques hallard du 18 février 2022 d’un article en chinois : 视频】森林里的小狐狸唯美水彩手绘视频教 - 狐狸水彩怎么画 - 来源 :微博/网络 | 原作者:@图片水印 | 发布:Aug 25, 2017 次关注
Camp d’entraînement au crayon de couleur de 14 jours : recrutement gratuit pour une durée limitée, WeChat : 851022193 – Source : Weibo/Web | Auteur original : @ImageWatermark | Publié le 25 août 2017.
Les temps de travail sont les suivants - Beaucoup d’étudiants qui aiment peindre à l’aquarelle aiment peindre de petits animaux, parmi les nombreux petits animaux, un petit renard doit être considéré comme un animal très populaire, n’est-ce pas ? Il est très mignon et intelligent. Je pense que les filles vont l’aimer après tout.
Dans le cours d’aquarelle d’aujourd’hui, nous allons peindre un mignon petit renard. L’arrière-plan est une forêt. Il y a un mignon petit renard dans la forêt, veux-tu le peindre ensemble ?
Voir les conseils d’exécution en détail sur ce site ! https://www.youyix.com/shuicai/1924.html
Peinture chinoise d’un renard, étape par étape – Traduction de Jacques Hallard : 狐狸的国画画法步骤 - 来绘画网 发布于 2018-05-08 11:11:12 - 分类:动物国画
Venez sur ‘painting.com’ - Posté le 2018-05-08 11:11:12 - Catégorie : Peinture chinoise d’animaux
Voir le rendu final ici
Voir la progression de l’œuvre ici
Commentaires pour la réalisation :
1. Dessine les yeux, le nez et la queue.
2. dessinez le front, en notant la forme comme un éventail.
3、Dessinez le contour des joues de chaque côté.
4、Dessinez les repères sur le visage. Remplissez les oreilles.
5. dessinez l’un des membres antérieurs, en notant sa relation avec la tête.
6、Dessinez le dos, la poitrine et l’abdomen.
7、Dessinez les membres postérieurs sur un côté. Les jambes doivent avoir une impression de force.
8、Dessinez les membres antérieurs et postérieurs de l’autre côté.
9, ajoutez la queue épaisse, et enfin dessinez les pattes et les taches sur la queue et remplissez les moustaches.
Astuce : ajouter quelques accents de feuilles pour créer une variation éparse et du vert pour enrichir le tableau.
Source : http://www.xnmeishu.com/html/course-107.html
L’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry : « Le Petit Prince » (avec un renard)
Le Petit Prince est une œuvre de langue française, la plus connue d’Antoine de Saint-Exupéry. Publié en 1943 à New York simultanément à sa traduction anglaise1, c’est une œuvre poétique et philosophique sous l’apparence d’un conte pour enfants.
Traduit en quatre cent cinquante-sept langues et dialectes2, Le Petit Prince est le deuxième ouvrage le plus traduit au monde après la Bible3.
Le langage, simple et dépouillé, parce qu’il est destiné à être compris par des enfants, est en réalité pour le narrateur le véhicule privilégié d’une conception symbolique de la vie. Chaque chapitre relate une rencontre du petit prince qui laisse celui-ci perplexe, par rapport aux comportements absurdes des « grandes personnes ». Ces différentes rencontres peuvent être lues comme une allégorie.
Les aquarelles font partie du texte4 et participent à cette pureté du langage : dépouillement et profondeur sont les qualités maîtresses de l’œuvre.
On peut y lire une invitation de l’auteur à retrouver l’enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) ». L’ouvrage est dédié à Léon Werth, mais « quand il était petit garçon »…
Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Petit_Prince
- Sélections multilingues : Français – 选择 Chinois – English - Deutsche Sprache.
Français - « L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur » - In ‘Le Petit Prince et le Renard’ d’ Antoine de Saint-Exupéry, (1900-1944, un écrivain, poète, aviateur et reporter français). Source
Citation - Extrait partiel pour commencer :
« Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... » - Chapitre XXI : https://microtop.ca/lepetitprince/chapitre21.html
中文 - 我对你来说只是一只狐狸,就像十万只狐狸。但如果你驯服我,我们将需要对方。对我来说,你将是世界上独一无二的。我将为你成为世界上独一无二的...。> https://www.jy135.com/duhougan/553718.html
《小王子》里的哪句台词最打动你?- “对我来说,你只是一个小男孩,就像其他成千上万个小男孩一样没有什么两样。我不需要你。你也不需要我。对你来说,我也只是一只狐狸,和其他成千上万的狐狸没有什么不同。但是,如果你驯养了我,我们就会彼此需要。对我来说,你就是我的世界里独一无二的了;我对你来说,也是你的世界里的唯一了。” - https://wukong.toutiao.com/answer/6350135276634898689/
阅读小王子的整个故事 - 2021-09-24 12:42:10 > https://www.jy135.com/duhougan/553718.html
English – ‘The little Rrince’ and the fox - « I am for you only a fox like a hundred thousand foxes. But, if you tame me, we will need each other. You will be for me unique in the world. I will be for you unique in the world... » - Chapter XXI - . . . One sees clearly only with the heart. Anything essential is invisible to the eyes. . . . It’s the time that you spent on your rose that makes your rose so important. . . . You become responsible for what you’ve tamed. You’re responsible for your rose. . . .” – More > https://www.sparknotes.com/lit/littleprince/section7/
Deutsch - ’Der kleine Prinz’ und der Fuchs - « Ich bin für dich nur ein Fuchs, der hunderttausend Füchsen gleicht. Aber wenn du mich zähmst, werden wir einander brauchen. Du wirst für mich einzigartig auf der Welt sein. Ich werde für dich einzigartig in der Welt sein... » - In Zitate Lebensweisheiten vom Kleinen Prinzen - © 1950 und 2014 Karl Rauch Verlag, von Solvejg Hoffmann - Die großen Themen des Lebens wie Liebe und Freundschaft werden in der wunderbaren Geschichte vom Kleinen Prinzen groß geschrieben. Wir haben die schönsten Zitate des berühmten Klassikers herausgesucht. Die schönsten Zitate des Kleinen Prinzen - https://www.geo.de/geolino/mensch/16107-rtkl-zitate-lebensweisheiten-vom-kleinen-prinzen
« Le Petit Prince » : le conte qui aura su apprivoiser l’humanité - Publié le : 06/04/2013 à 14:29 - Nicolas Gary
Le 6 mars 1943, était publié un ouvrage révolutionnaire de tendresse, de poésie, un conte tout à la fois philosophique et profondément humain, illustré par les dessins d’Antoine de Saint Exupéry. Le manuscrit original, conservé à la ‘Pierpont Morgan Library’ de New York, a généré un véritable engouement sur toute la planète : plus de 134 millions d’exemplaires vendus et des traductions en 220 langues. L’histoire du Petit Prince a changé la face du monde.
Ce 6 avril 2013, Le Petit Prince fête donc ses 70 ans. Un anniversaire qui n’a pas fait prendre une ride au personnage, amplement décliné depuis. Si l’on se souvient des adaptations douteuses en série animée, qui ont donné une nouvelle vie à cet être extraordinaire, dernièrement, les éditions Gallimard ont également publié un ouvrage numérique avec des animations. Autrement dit, le message du Petit Prince reste toujours aussi vivant.
Sur cet astéroïde où réside le Petit Prince, dans ses voyages et ses rencontres, la métaphore le dispute à la réalité, au point que toutes deux s’entremêlent : il est impensable de séparer cette rose, cultivée avec amour, de la parabole qu’elle contient. Et l’éditeur Reynal & Hitchcock qui le fit paraître en avril 1943 ne s’y est évidemment pas trompé. L’édition anglaise est rapidement suivie, la même année, par la version française. Ce n’est que trois ans plus tard que les éditions Gallimard, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, publieront sous leur nom cet ouvrage, accompagné des aquarelles inimitables.
La fable, racontant comment un aviateur perdu en plein désert, avec un avion en panne, rencontre un petit bonhomme aux cheveux d’or, qui lui demande de lui dessiner un mouton, touche immanquablement chaque lecteur. Et il ne s’agit pas d’une simple phrase trouvée par terre : le Petit Prince est une oeuvre merveilleuse, qui abolit toute frontière et suscite l’unanimité.
Intemporelle, et ne laissant aucune prise au passage des années, cette histoire dispose de tant de niveaux de lecture qu’elle ne s’oublie jamais.
Nous ne publierons que cet extrait vertigineux, pour en rappeler l’essence (et l’essentiel) :
C’est alors qu’apparut le renard :
– Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
– Je suis un renard, dit le renard.
– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
– Ah ! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta :
– Qu’est-ce que signifie ’apprivoiser’ ?
– Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie ’apprivoiser’ ?
– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie ’apprivoiser’ ?
– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie ’créer des liens...’
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
– Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu’elle m’a apprivoisé...
– C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...
– Oh ! Ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
– Sur une autre planète ?
– Oui.
– Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
– Non.
– Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
– Non.
– Rien n’est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
– S’il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.
– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
– Que faut-il faire ? dit le petit prince.
– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur... Il faut des rites.
– Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
– C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
– Ah ! dit le renard... Je pleurerai.
– C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise...
– Bien sûr, dit le renard.
– Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
– Bien sûr, dit le renard.
– Alors tu n’y gagnes rien !
– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
– Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses :
– Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
– Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard :
– Adieu, dit-il...
– Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
– Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir………
C’est alors avec une émotion que le journaliste doit arrêter son clavier à un moment. On pourrait tout dire et tout répéter encore, sur le Petit Prince, c’est encore lui qui aura le dernier mot. « L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur. »
L’essentiel reste donc de lire cette oeuvre magnifique. Toute glose en devient superflue.
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5bis.
S’il te plaît, apprivoise-moi...Le Petit Prince et le Renard (dit par Denis Decoster) – Vidéo 2:16 - 11 décembre 2020 - Denis D.
Petit extrait du chapitre 21 du Petit Prince de Saint Exupéry, prenons le temps de créer des liens solides même si cette année nous prive de beaucoup de tendresse.
Source pour écouter : https://www.youtube.com/watch?v=I510LsFqRDY
Fable chinoise du renard et du tigre – Traduction de Jacques Hallard - Référence : 狐假虎威 - 有一天,一只老虎正在深山老林里转悠,突然发现了一只狐狸,便迅速抓住了它,心想今天的午餐又可以美美地享受一顿了。
Un jour, un tigre se promenait dans la forêt lorsqu’il aperçut soudain un renard et l’attrapa rapidement, pensant qu’il allait encore avoir un bon déjeuner aujourd’hui.
Le renard était rusé de nature et savait que s’il était attrapé par le tigre aujourd’hui, ses perspectives n’étaient pas bonnes ; alors il inventa un mensonge et dit au tigre : ’J’ai été envoyé par l’Empereur du Ciel pour être le roi de toutes les bêtes des montagnes et des forêts.
Le tigre était sceptique quant aux paroles du renard, alors il demanda : ’Quelle preuve as-tu pour être le roi de toutes les bêtes ?’. Le renard s’empressa de dire : ’Si tu ne me crois pas, tu peux venir avec moi dans les montagnes et les forêts et je te montrerai : de tes propres yeux, tu verras comment toutes les bêtes sauvages ont peur de moi.’
Le tigre pensa que c’était une bonne idée, alors il laissa le renard ouvrir la voie ; il le suivit et ensemble ils s’enfoncèrent tous deux dans la forêt.
Les lapins, les chèvres, les cerfs, les ours noirs et les autres animaux de la forêt eurent une peur bleue en voyant arriver le tigre.
Après avoir fait le tour des lieux, le renard dit fièrement au tigre : ’Tu vois maintenant ? Qui, parmi toutes les bêtes de la forêt, toutes sans exception ont peur de moi et me craignent beaucoup !’
Le tigre ne savait pas que les bêtes avaient peur de lui, mais il a cru le mensonge du renard futé.
Le renard a non seulement évité d’être mangé par le tigre, mais il s’est également fait remarquer devant toutes les autres bêtes.
Morale : nous devons apprendre à voir clair et à nous méfier des ruses de ceux qui sont malins comme le renard.
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Texte « Le renard et le tigre » - 狐狸和老虎 - Conte chinois (IIIéme – Ier siècle av. JC) – Version ‘jpbrecht.free.fr’
Le tigre, ayant capturé un renard dans la forêt, voulut en faire son repas. Le renard, rusé compère, lui dit sans sourciller :
– Tu ne dois pas me manger, je suis envoyé par l’Empereur du ciel pour être Roi chez les animaux. Il t’en cuira si tu désobéis aux ordres de l’Empereur céleste.
Vu la petite taille du renard, le tigre faisait peu de cas de ses vantardises.
Le renard reprit :
– Si tu doutes de mes paroles, mets-toi derrière moi, nous allons faire un tour dans la jungle. Tu verras comment les animaux seront frappés de terreur à ma vue.
Le tigre y consentit. Les voilà partis, le renard devant, le tigre derrière, suivant de près.
À la vue du tigre, tous les animaux s’enfuient pris de panique. Se retournant alors vers le tigre, le renard lui dit d’un air triomphant :
– Regarde, tous me craignent ! Et le tigre d’acquiescer.
– C’est exact, tu jouis d’un prestige incontestable. Dès qu’ils te voient, ils se sauvent tous.
‘Anecdotes des Royaumes combattants’. Éditions en langue française de Pékin.
Source : http://jpbrecht.free.fr/francais/francais_cinquieme/SITE%20S%205/Renart/t_rtigre.htm
Le Renard et le Tigre dans les fables et les légendes chinoises – Version ‘chine.in’ © Chine Informations - La Rédaction
Le tigre ayant capturé un renard dans la forêt, voulut en faire son repas. Le renard, rusé compère, lui dit sans sourciller :
– Tu ne dois pas me manger, je suis envoyé par l’Empereur du ciel pour être Roi chez les animaux. Il t’en cuira si tu désobéis aux ordres de l’Empereur Céleste.
Vu la petite taille du renard, le tigre faisait peu de cas de ses vantardises.
Le renard repris :
– Si tu doutes de mes paroles, mets-toi derrière moi, nous allons faire un tour dans la jungle. Tu verras comment les animaux seront frappés de terreur à ma vue.
Le tigre y consentit. Les voilà partis, le renard devant, le tigre derrière, suivant de près.
A la vue du tigre, tous les animaux s’enfuient pris de panique. Se retournant alors vers le tigre, le renard lui dit d’un air triomphant :
– Regarde, tous me craignent !
Et le tigre d’acquiescer :
– Certes, tu jouis d’un prestige incontestable. Dès qu’ils te voient, ils se sauvent tous.
Référence : Fables et légendes chinoises > https://chine.in/guide/categorie-fables-legendes-4.html
La Chine 中国 (Zhongguó), pays de l’Asie orientale, est le sujet principal abordé sur CHINE INFORMATIONS (autrement appelé ’CHINE INFOS’) ; ce guide en ligne est mis à jour pour et par des passionnés depuis 2001. Cependant, les autres pays d’Asie du sud-est ne sont pas oubliés avec en outre le Japon, la Corée, l’Inde, le Vietnam, la Mongolie, la Malaisie, ou la Thailande. Nous contacter
Chine Informations - Guide de voyage sur la Chine
Source : https://chine.in/guide/renard-tigre_386.html
Rubrique sur la Symbolique : l’art d’interpréter les symboles, par l’analyse psychologique, par l’ethnologie comparée, par tous les processus et techniques de compréhension qui constituent une véritable herméneutique du symbole - Source
Le symbolisme du renard dans les légendes chinoises - © Chine Informations - La Rédaction
Illustration - L’origine des renards, tout comme les démons et les esprits, joue un rôle clef dans nombre de légendes Chinoises.
L’un des contes parmi les plus célèbres de la mythologie Chinoise est le ’Liao Zhai’ [voir à la suite de cet article] qui décrit le renard tel un animal empli de sagesse, tout comme d’autres légendes, en effet, après une longue méditation dans des cavernes de montagnes durant des siècles, il en acquit des pouvoirs magiques incommensurables.
L’esprit du renard prenait souvent la forme d’une jeune belle femme provocatrice. Ces esprits étaient le plus souvent maléfiques, et ils avaient pour objectif de séduire les hommes afin de leur accaparer leur énergie yang et ainsi conserver leur immortalité.
En raison de ces légendes sur les démons renard, les femmes qui ont une liaison avec les hommes mariés se référent souvent aux esprits de renard ou ’Hu Li Jing’.
Bien que la plupart des légendes condamnent l’esprit du renard comme étant un démon maléfique, plusieurs histoires l’ont mis dans une position plus clémente, dont leur seul désir est de chercher un compagnon afin de partager avec lui les bonheurs de la vie humaine, mais ils rencontraient une fin tragique si leurs véritables identités étaient découvertes.
Minh Quan - Article relatif : Le Renard et le Tigre
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Source : https://chine.in/guide/symbolisme-renard-dans-les-legendes_1269.html
9bis.
La réécriture de l’amour charnel dans les premières traductions françaises du Liaozhai zhiyi - Li Jinjia - https://doi.org/10.4000/ideo.251
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Le Liaozhai zhiyi 聊斋志异 de Pu Songling 蒲松领 (1640-1715) est l’une des œuvres les plus traduites en langue française de toute la production littéraire chinoise classique.
La première présentation de l’œuvre de Pu Songling en France est due à Camille Imbault-Huart, qui a publié en 1880 dans la revue Journal Asiatique 1 une brève notice sur le Liaozhai zhiyi et sur son auteur, accompagnée d’une traduction de « Zhong li » 种梨, un des récits les plus connus du recueil. Quant à la première traduction française du Liaozhai zhiyi publiée en volume, il s’agit des Contes chinois 2 du général Tcheng-Ki-Tong, datée de 1889. Ce livre se compose d’un ensemble de 26 textes de longueur relativement importante, relevant tous du genre chuanqi. A partir de cette époque, une vingtaine de traductions du Liaozhai zhiyi se sont succédées en France et constituent un corpus assez considérable. Parmi les versions françaises du Liaozhai zhiyi les plus significatives, nous pouvons citer, en plus des Contes chinois de Tcheng-Ki-Tong, Contes chinois 3 (1923) de J. Halphen, Contes magiques 4 (1925) de Louis Laloy, Cinquante contes chinois 5 (1938) de Pierre Daudin, Contes extraordinaires 6 (1969) de l’équipe d’Yves Hervouet, Contes fantastiques 7 (1986) de Li Fengbai et de Denise Ly-Lebreton et, enfin, Chroniques de l’étrange 8 (2005) d’André Lévy.
L’histoire déjà séculaire de ces translations de Liaozhai zhiyi peut se partager, selon le critère de la méthode choisie, en deux périodes dont la charnière se situe autour des années 1930 : avant cette date, la méthode prédominante était sans conteste l’adaptation, les traductions proprement dites arrivent ensuite. A de rares exceptions près, les premières traductions françaises du Liaozhai zhiyi publiées durant un demi-siècle, soit de 1880 à 1930, sont à considérer comme des « traductions adaptatrices ». A en juger par leur rapport avec l’œuvre originale, elles ne sont ni des traductions fidèles, ni des adaptations refondues, mais des formes hybrides à cheval entre ces deux positions.
D’un côté, elles suivent dans leurs grandes lignes le fil conducteur du texte original sans jamais entreprendre une réorganisation globale du récit ; de l’autre côté, de multiples modifications se font sentir presque dans tous les paragraphes et éloignent ces traductions de l’œuvre originale tant sur le plan narratif que sur le plan stylistique. Peu soucieux de respecter l’œuvre de Pu Songling, les premiers traducteurs n’ont pas hésité à réduire, à supprimer ou à réécrire des pans de l’histoire jugés répétitifs ou malséants.
Tout un système de déformations est mis en œuvre sous leurs plumes dans le but de faciliter la réception du recueil de Pu Songling auprès des lecteurs français, aussi bien du point de vue littéraire qu’idéologique. Il va sans dire que, devant un seul et même texte original, la sélection des passages à modifier et la manière de procéder varient d’un traducteur à l’autre et comportent une part de contingence.
Néanmoins, face à certains motifs du Liaozhai zhiyi, presque tous les traducteurs de cette époque ont ressenti la nécessité d’intervenir et l’ont fait chacun à leur façon. Ainsi, dans la réécriture de ces motifs réside une caractéristique constante et commune aux premières traductions du Liaozhai zhiyi. Les scènes d’amour et d’acte sexuel constituent un de ces motifs sur lesquels la réécriture adaptatrice s’est focalisée….
Lire la suie à la source : https://journals.openedition.org/ideo/251?lang=en
Références :
- 1 Journal Asiatique, 1880, Août-Septembre, n° 117, p. 281-284. Le récit de Pu Songling est traduit s (...)
- 2 Tcheng-Ki-Tong, Contes chinois, « Préface » du traducteur, Paris, Calmann Lévy, 1889.
- 3 J. Halphen, Contes chinois traduits du chinois, « Préface » du traducteur, Paris, Champion, 1923. (...)
- 4 Louis Laloy, Contes magiques d’après l’ancien texte chinois de P’ou Soung-Lin (L’Immortel en exil)(...)
- 5 Pierre Daudin, Cinquante contes chinois extraits du Leao-tchai Tche-yi, traduits intégralement en (...)
- 6 Contes extraordinaires du Pavillon du Loisir, traduit du chinois sous la direction d’Yves Hervouet (...)
- 7 Contes fantastiques du Pavillon des Loisirs, traduction de Li Fengbai et de Denis Ly-Lebreton, « I (...)
- 8 Chroniques de l’étrange, traduit du chinois et présenté par André Lévy, édition établie par Jacque (...)
Source : https://journals.openedition.org/ideo/251?lang=en
Le symbolisme du renard dans les légendes chinoises - Article principal : Renard. Articles connexes : Renard dans la culture et Liste des renards de fiction. Document ‘Wikipédia’
Illustration du Roman de Renart.
La symbolique du renard est vaste et associe généralement cet animal à la flatterie, au mensonge, à la malice et à la ruse. De nombreux peuples ont remarqué les mœurs rusées du renard et les traduisent de manières différentes dans leurs récits mythologiques.
En Europe{{}}
Dans l’imaginaire européen, le renard est associé à la flatterie, au mensonge, à la malice et à la ruse. Chez les peuples du nord de l’Europe, le renard est l’un des animaux emblématiques de Loki, dieu scandinave du feu et de la malveillance. Par ailleurs, Renarde semblerait recouvrir une Dise Matrone du Rhin. Selon certaines sources, il aurait guidé Orphée dans sa descente aux Enfers. Le renard est aussi le symbole des habitants de la ville grecque de Messène (voir Créontadiès).
Dans la mythologie grecque, le renard de Teumesse est une créature fantastique rattachée au cycle thébain.
L’enfant au renard est une anecdote rapportée par Plutarque et qui devient très populaire dans l’Antiquité comme symbole des rigueurs de l’éducation spartiate : l’enfant préfère se laisser dévorer les entrailles plutôt que d’avouer le vol d’un renardeau qu’il cache dans son manteau.
En Amérique{{}}
Son nom espagnol, zorro, est aussi celui d’un célèbre justicier masqué héros de nombreuses fictions.
En Asie{{}}
Photo - Statue de kitsune au sanctuaire shinto dédié à Inari, adjacent au temple bouddhiste de Nara
Dans de nombreux pays d’Orient (Chine, Iran, Japon, Mongolie), c’est un personnage double : dans le folklore chinois, la femme-renarde est décrite comme tantôt bienveillante, tantôt malfaisante.
Dans le folklore japonais, les renards, ou kitsune, sont les messagers et représentants d’Inari, la divinité de l’agriculture sur Terre. On dit que les renards japonais ont adopté certaines mœurs des humains, en particulier celles concernant le mariage. Les kitsune sont rusés, jouent des tours et sont doués de pouvoirs magiques, comme de pouvoir se transformer en femme-renarde. N’importe quel kitsune est censé pouvoir se métamorphoser quand il atteint un âge avancé (souvent une centaine d’années), et ses pouvoirs ne cessent de croître avec le temps. Parallèlement, de nouvelles queues lui poussent, et il peut devenir un renard à neuf queues.
Notes et références – Annexes à la source…
Renard Le symbolisme du renard dans les légendes chinoises [archive]
Portail des canidés - Catégories : Renard dans la culture Symbolique
Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolique_du_renard
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La femme-renarde dans les contes chinois – Document Wikipédia – Reproduction en couleurs
Reproduction - Femme-renarde de Sūshi Sawaki, tiré des Hyakkai zukan.
La femme-renarde (chinois : 狐狸精 ; pinyin : húlíjīng ; Wade : hu²li²ching¹ ; EFEO : houliking ; cantonais Jyutping : wu⁴lei⁴zing¹) est un personnage chinois récurrent des contes de Pu Songling, intitulés Liáozhāi zhìyì (Contes étranges du studio du bavard1). On trouve également un yōkai de ce type dérivé du kitsune dans le folklore japonais appelé yōko (妖狐 ?). Il s’agit d’une renarde qui se métamorphose en une charmante et agréable jeune fille pour séduire les héros ; la femme-renarde est décrite comme un esprit tantôt dangereux, tantôt bienfaisant.
Dans la mythologie{{}}
Dans la mythologie chinoise, on croit que toutes les choses sont capables d’acquérir des formes humaines, des pouvoirs magiques et l’immortalité, à condition que la Lune et le Soleil leur fournissent suffisamment d’énergie, sous certaines formes, comme le souffle ou l’essence de l’homme.
Les esprits des renards que l’on rencontre dans les contes et légendes sont généralement des femmes qui apparaissent comme jeunes et belles. Dans la mythologie chinoise, un des esprits de renard qui avaient la plus mauvaise réputation était Daji (妲己), dépeinte dans le roman Ming L’Investiture des dieux (Fēngshén yǎnyì). Il s’agit de la fille d’un général, fort belle, qui a été mariée de force au cruel tyran Zhou Xin (纣辛). L’esprit d’un renard à neuf queues qui a été au service de la déesse Nüwa, que Zhou Xin avait offensée, prend possession du corps de l’épouse, en expulsant l’âme véritable de Daji. Avec son nouveau mari l’esprit, sous les traits de Daji, imagine toutes les cruautés possibles et invente de nombreuses façons de torturer, par exemple forcer les fonctionnaires intègres à saisir des piliers métalliques portés au rouge2. De telles cruautés conduisent à la révolte de nombreuses personnes, y compris d’anciens généraux de Zhou Xin eux-mêmes, révoltés et ont lutté contre la dynastie Shang, celle de Zhou Xin. Finalement, le roi Wen de Zhou, un des vassaux de Shang, fonde une nouvelle dynastie nommée d’après son pays. L’esprit du renard qui se trouvait dans le corps de Daji est chassé par la suite par Jiang Ziya (姜子牙), le premier chef de gouvernement de la dynastie Zhou, et son esprit condamné par Nüwa elle-même pour son excessive cruauté.
De façon générale, les esprits-renards étaient considérés comme dangereux, mais certains récits dans le Liaozhai Zhiyi de Pu Songling nous montrent des histoires d’amour entre un jeune homme et un renard qui a pris les traits d’une jolie fille.
L’esprit-renard a été également utilisé comme un facteur explicatif dans l’incidence des attaques du Koro, une psychose ethnique que l’on trouve dans le sud de la Chine et en Malaisie en particulier3.
On fait mention de l’esprit-renard dans le bouddhisme chan chinois. Linji Yixuan (d.866) a dit : « Les moines jeunes et insuffisamment mûris, ne comprenant pas cela, croient à ces esprits-renards… » Les « esprits-renards » dans ce cas sont des voix qui parlent de cette manière ou un dharma. Ils sont perçus comme des influences malveillantes qui conduisent les égarés naïfs4.
Source de l’article complet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Femme-renarde
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Symbolisme du renard dans les légendes chinoises - Posté par othoharmonie le 3 février 2012
L’origine des renards tout comme les démons et les esprits joue un rôle clef dans nombre de légendes Chinoises.
L’un des contes le plus célèbre de la mythologie Chinoise est le « Liao Zhai » qui décrit le renard tel un animal empli de sagesse, tout comme d’autres légendes, en effet, après une longue méditation dans des cavernes de montagnes durant des siècles, il en acquit des pouvoirs magiques incommensurables.
L’esprit du renard prenait souvent la forme d’une jeune belle femme provocatrice. Ces esprits étaient le plus souvent maléfiques, et ils avaient pour objectif de séduire les hommes afin de leur accaparer leur énergie yang et ainsi conserver leur immortalité.
En raison de ces légendes sur les démons renard, les femmes qui ont une liaison avec les hommes mariés se référent souvent aux esprits de renard ou « Hu Li Jing ».
Bien que la plupart des légendes condamnent l’esprit du renard comme étant un démon maléfique, plusieurs histoires l’ont mis dans une position plus clémente, dont leur seul désir est de chercher un compagnon afin de partager avec lui les bonheurs de la vie humaine, mais ils rencontraient une fin tragique si leurs véritables identités étaient découvertes.
Minh Quan - Cet article a été publié le Vendredi 3 février 2012 à 15:07 et est catégorisé sous RENARD. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Source : http://francoise1.unblog.fr/2012/02/03/symbolisme-du-renard-dans-les-legendes-chinoises/
13.
La symbolique du renard - Manuel G | juillet 13, 2020 – Document ‘lefrontal.com’ – Photo
Le totem du renard est universel. C’est un animal qui peut vivre dans les déserts, dans l’Antarctique et dans n’importe quel habitat terrestre. Il est donc célèbre pour sa capacité d’adaptation à tout environnement. Le renard se trouve partout dans le monde et ce, depuis des temps immémoriaux. Il fait partie des traditions et des philosophies de tous les continents.
Symbolique du renard : Dextérité / Camouflage.
La sagesse du renard comprend : Changement de forme, Dextérité, Don d’observation, Dissimulation, Camouflage, Courage féminin, Invisibilité, Capacité de voir ce que les autres ne remarquent pas, Persistance, Calme et Rapidité.
Le Renard symbolise non seulement l’astuce que confère l’intelligence mais aussi la capacité de trouver des solutions aux nouveaux problèmes qui se présentent. Si aucun animal n’arrive à traverser la rivière, le renard trouvera un tronc et le poussera ou trouvera un chemin de traverse.
Un paysan racontait avoir vu un renard s’épouiller ainsi : en se mettant à l’eau avec un bâtonnet dans la bouche. Au fur et à mesure que l’eau le couvrait, les puces allaient vers le haut, jusqu’à ce que… toutes se retrouvent sur le bâtonnet. Le renard crachait alors celui-ci et sortait de l’eau… épouillé.
En outre, le renard nous apprend à ne faire qu’un avec notre entourage. Finalement, précisons que le renard est considéré comme le protecteur de l’unité familiale, principalement dans l’adversité ou dans les mauvais moments, car il domine les moyens de survivre, même au plus dur de l’hiver.
En Chine, le symbolisme des renards est lié à l’autre vie. Selon les croyances populaires, voir un renard était un signe de l’esprit des défunts.
Dans le symbolisme celte, le renard était un guide reconnu pour sa sagesse. Les Celtes pensaient que le renard connaissait intimement les bois et que c’est la raison pour laquelle ce serait un incroyable guide dans le monde des esprits.
Au Japon, le renard est considéré comme l’esprit de la pluie et le messager d’Inari, le dieu du riz. Au Japon, le renard symbolise aussi la longévité et la protection contre le mal. Par contre, en Chine, on dit que les esprits des renards éloignent les hommes de leurs épouses et c’est la raison pour laquelle on appellerait les amantes des maris des « renardes ».
Dans la tradition des peuples natifs d’Amérique du Nord, le symbolisme des renards a deux interprétations particulières. Les tribus du Nord voient le renard comme un messager intelligent et noble. En revanche, les tribus des prairies considèrent le renard comme un escroc qui joue de mauvais tours pouvant parfois causer la mort de leur pauvre victime.
Mais, en général, toutes les cultures s’accordent à faire du renard le totem de l’astuce, de l’intelligence, de l’agilité de raisonnement, de l’ingéniosité et du savoir.
Il est étonnant de voir un renard chasser. Tout son corps est pointé comme une flèche - droit et fermement dirigé. C’est un message symbolique pour nous, afin que nous établissions une mentalité déterminée qui se centrerait fermement pour « mettre dans le mille » de nos désirs.
La teinte rouge du renard est un emblème solaire. En tant que tel, le renard nous parle symboliquement de passion vitale, de désir, d’intensité et d’expressivité.
Photo - En alchimie, on dit que les renards sont les créateurs de l’Elixir de la Vie. On pense aussi qu’ils peuvent prendre une forme humaine durant la nuit et visiter les personnes âgées, leur donnant des gorgées d’Elixir mystique pour prolonger leur vie et raffermir leur santé. En tant qu’animal solaire, le renard est le symbole du feu alchimique.
Le renard, en tant que totem, nous encourage à penser plus loin et différemment, à aviver notre ingéniosité et à utiliser notre intelligence de façon différente et créative. Il nous transmet aussi un message : essayer de voir les choses différemment. Il nous pousse à prendre conscience de certaines de nos habitudes et à agir en ayant un autre angle de vue.
Le renard nous rappelle aussi que nous devons utiliser tous les recours qui sont à notre disposition (visibles et invisibles) pour arriver à nos fins. Parfois, cela signifie utiliser des méthodes peu orthodoxes.
Le renard nous encourage également à prendre conscience de notre entourage.
Le renard est extraordinairement efficace et adaptable, il change incroyablement de façon d’agir et s’adapte toujours aux nouvelles situations. En tant que totem, il nous pousse à cesser de nous plaindre et à nous adapter à notre entourage. Le renard se fond dans celui-ci. C’est pourquoi il arrive toujours à retourner les choses (entourage et situations) à sa faveur.
Si le renard se présente à vous comme totem, prenez la peine de méditer avec son esprit - vous serez probablement surpris de la profondeur de vue que cette créature a à vous offrir.
Propriétés magiques du renard en tant que totem{{}}
L’astuce, l’intelligence, la concentration sur les objectifs importants de la vie et l’adaptation à l’environnement sont les qualités que le totem du renard apporte à celui qui les invoque.
Si vous avez besoin de créativité et d’ingéniosité, il est probable que le totem du renard apparaisse dans votre vie. Le renard est un totem idéal pour réussir et progresser dans la vie.
Intéressé par la symbolique ? → 60 animaux, oiseaux et insectes et leurs symboliques
Source : https://www.lefrontal.com/symbolique-du-renard
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Fantômes dans l’Extrême-Orient d’hier et d’aujourd’hui – « Le renard est un animal qui peuple l’univers des légendes chinoises » - Longue étude complète de Solange Cruveillé - Institut de recherche ‘intersite’ en études culturelles- IRIEC / Université Paul-Valéry Montpellier-III – Références ‘books.openedition.org › pressesinalco’
En quoi l’image du renard est-elle proche de celle du fantôme dans les récits fantastiques chinois ? Foxes and ghosts in Chinese ancient and classical writings : a short comparative study - 在中国传奇志怪故事,狐狸形象如何接近鬼︖ (Comment la figure du renard se rapproche-t-elle d’un fantôme, dans un conte légendaire chinois)
Résumés –{{}}
Français - Le renard est un animal qui peuple l’univers des légendes chinoises depuis l’Antiquité. Son image n’a ensuite cessé d’évoluer dans l’imaginaire collectif jusqu’à en faire un personnage de contes fantastiques (zhiguai, chuanqi), mais aussi de fictions. Tour à tour craint ou vénéré, démonisé ou divinisé, bestialisé ou humanisé, ses facettes sont multiples. Mais l’un des traits qui le caractérise le plus au fil des siècles et des dynasties est le rapport qu’il entretient avec le monde des morts et de l’au-delà, jusqu’à en faire un être proche voire difficilement dissociable des fantômes. C’est ce lien que nous nous proposons d’étudier ici, en nous appuyant principalement sur des écrits anciens et classiques, qu’il s’agisse de traités médicaux et scientifiques ou bien de contes de l’étrange.
English - The fox has been a popular animal in the universe of Chinese legends since Antiquity. Its image has since evolved in the collective imagination and it has become a character of imaginary tales (zhiguai, chuanqi) but also of fictions. Alternatively feared or worshipped, demonized or deified, bestialised or humanized, its facets are wide ranging. But one of its main features over centuries and dynasties is the relationship which it maintains with the world of the dead and the hereafter, sometimes becoming close and even difficult to dissociate from ghosts. This is the link we will be studying in this article, relying mainly on ancient and classical writings - medical and scientific treaties or unusual tales.
中文 中国古代有很多关于狐狸的传说。对狐狸的民俗信仰慢慢地让狐狸的形象成为志怪和传奇个个虚构的人物。有时候人们非常害怕它,把它妖魔化︔有时候人们崇敬它,把它神化。在一些故事里,对狐狸的态度、思想和感情的描写都非常拟人化。所以狐狸在中国古典文学中的形象是多变的。特别是在过去几百年的不同朝代,人们都把狐狸与死人及来世密切联系在一起,而且狐狸跟鬼有很多同样的特点。为了揭开鬼和狐狸之间的关系,本文章为此特别研究关于狐狸的中国古代小说和题材。
Entrées d’index - Mots clés : renard, fantastique, zhiguai, chuanqi, démon, humanisation - Keywords : foxes, zhiguai, chuanqi, demon, humanization
Texte intégral – [Les renvois chiffrés se retrouvent dans le texte]
- 1 Les autres caractères donnés dans ces expressions désignent respectivement les immortels ((...)
- 2 Voir Leo Tak‑Hung Chan, qui fait une allusion directe à ces expressions dans le titre de s (...)
- 3 D’après le terme employé par Li Jianguo [李剑国], 2001, Zhongguo hu wenhua 中国狐文化 (la Culture vulpine (...)
- 4 Voir à ce sujet l’article de Xiao Xiangming [肖向明], Yang Linxi [杨林夕], 2007/2, « Gudai wenxu (...)
1 Les renards (hu 狐) et , sont devenus au fil des siècles, les personnages emblématiques des récits fantastiques chinois. En témoigne la façon dont on désigne en chinois les créatures de l’étrange : hu xian gui yi 狐仙鬼異, hu gui jing mei 狐鬼精魅, gui hu hua yao 鬼狐花妖 et xian shen hu gui 仙神狐鬼 - 1. En outre, les expressions tan hu lun gui 談狐論鬼 et tan hu shuo gui 談狐說鬼 (« parler des renards et des fantômes ») ont fini par désigner le fait de discourir sur l’étrange et le surnaturel - 2. Fantômes et renards sont tellement représentatifs des contes de l’étrange chinois qu’ils constituent une culture propre : la « culture spectrale » (gui wenhua 鬼文化 - 3) et la « culture vulpine » (hu wenhua 狐文化 4).
2 On peut donc se demander si renards et fantômes partagent des points communs au-delà du fait qu’ils sont les uns comme les autres des personnages récurrents de la littérature fantastique chinoise. Ont-ils les mêmes caractéristiques et les mêmes pouvoirs ? L’attitude des humains à leur égard est-elle identique ? Se côtoient-ils ? À première vue, il n’est pas évident de voir ce qui peut les rapprocher : en effet, les uns appartiennent au monde naturel et animal tandis que les autres évoluent dans le monde de l’au-delà.
- 5 Pour cette raison, nous utiliserons tout le long de notre travail les caractères non simpl (...)
- 6 Pour une étude détaillée du renard dans la culture chinoise, notre thèse de doctorat : Sol (...)
- 7 En effet, dans la Chine ancienne et classique, le gui ne désigne pas uniquement le (...)
3 Nous allons donc tenter d’apporter quelques éléments de réponse en nous intéressant dans un premier temps aux œuvres historiques et philosophiques de la Chine ancienne, ce qui nous permettra de remonter aux origines des croyances et de mieux comprendre les caractéristiques communes aux fantômes et aux renards. Puis nous étudierons plusieurs récits fantastiques du Ier millénaire de notre ère mettant en scène ces deux genres de créatures de l’étrange, pour voir ce qui les rapproche et ce qui les distingue 5. Le sujet étant immensément vaste, nous traiterons uniquement des renards démoniaques (et non des renards bienveillants ou inoffensifs 6), et des gui en tant qu’âmes malveillantes de personnes décédées 7. Enfin, dans une dernière partie, nous aborderons un thème bien particulier, celui de la séduction et des relations lubriques entre humains et « succubes » renardes ou fantômes, en nous penchant sur les histoires célèbres des dernières dynasties impériales.
- 8 Le renard produit toutes sortes de sons : glapissements, aboiements, grognemen (...)
4 Très tôt, les cris du renard (hu ming 狐鳴) sont interprétés comme des signes de mauvais augure. Parfois ils ressemblent à des cris humains, à des pleurs de nouveau-né ou à des rires étranges et effrayants 8. Aussi les assimile-t-on en Chine à des cris d’esprits et de fantômes. Sans oublier que les renards sortent surtout la nuit, et que la période des amours arrive à la fin de l’hiver, lorsque les jours sont froids et courts et les nuits inquiétantes. Mais rapidement, d’autres particularités du renard vont attirer l’attention des humains et susciter la peur, et il finira par partager d’autres nombreux points communs avec les fantômes.
- 9 Comme l’explique J. J. M. de Groot, 1892-1919, The Religious System of China, vol. VI, (...)
- 10 Voir Jean‑Steve Meia, 2003, le Renard, p. 45-48.
- 11 Sur le souffle vital, les principes du yin et du yang, et le développement (...)
- 12 Huainan zi 淮南子, chap. 3, 2a. Voir la traduction de Rémi Mathieu, dans Rémi Mathieu, Ch (...)
- 13 Un extrait du Guanzi 管子 sur le passage de l’hiver au printemps écrit d’ailleurs à (...)
5Les fantômes dépendent du yin 陰 9. Qu’en est-il du renard ? Animal nocturne, il entre souvent en activité aux heures qui précèdent le lever du soleil 10. On considère ainsi qu’il évolue entre la nuit et le jour, entre l’ombre et la lumière, entre la fraîcheur et la chaleur, et donc entre le yin et le yang 陽 11. Le Huainan zi 淮南子 rappelle en outre que les animaux à poils ou à plumes – espèces qui volent ou qui marchent – ressortissent au yang, tandis que ceux qui portent carapace ou écailles – espèces qui hibernent ou se tapissent au fond des trous – ressortissent au yin 12. Dans le cas du renard, nous sommes en présence d’un animal à poils et qui marche, ce qui le rattache au yang, mais qui vit aussi dans des terriers et autres cavités, ce qui le rattache au yin. Aussi croit-on que le renard, qui vit entre le yin et le yang, peut aisément changer de forme 13.
- 14 Nous entendons par cavités naturelles les grottes, les troncs d’arbres etc. Voir (...)
- 15 Voir à ce sujet le Huainan zi 淮南子, chap. 2, 3 et 4.
- 16 Voir Li Shouju [李壽菊], 1995, Huxian xinyang yu hulijing gushi 狐仙信仰與狐狸精故事 (Croyance en l (...)
- 17 Ouvrage dénonçant les superstitions de l’époque. Pour une version en chino (...)
- 18 Traduction personnelle (sauf indication contraire, toutes les traductions qui suivront (...)
- 19 Ouvrage de la dynastie des Jin, qui comporte deux parties de 20 et 50 chapitres et qui (...)
- 20 Baopu zi 抱朴子, 3 : « Hu, li, chai, lang jie shou babai sui, man wubai sui, (...)
6De plus, le fait de vivre dans des terriers ou de s’accommoder de cavités naturelles 14 le dote d’une grande longévité. En effet, la terre est censée regorger d’énergie vitale – qi 氣 15 : or, accroître sa quantité de qi permet de vivre plus longtemps, et vivre vieux permet d’acquérir le don de métamorphose, notamment pour les animaux 16. Le philosophe Wang Chong 王充 (27-97 ?) des Han orientaux écrit d’ailleurs dans son Lunheng 論衡 17 : « Les esprits sont des essences de créatures âgées, l’essence de ces créatures peut devenir humaine ; les créatures qui ne sont pas très âgées peuvent également changer de forme et prendre une apparence humaine 18. » Le « Livre du Maître qui embrasse la simplicité » (Baopu zi 抱朴子 19) du lettré taoïste Ge Hong 葛洪 (283-343) explique enfin : « Le renard, le chat sauvage, le chacal et le loup peuvent tous vivre jusqu’à huit cents ans ; dès l’âge de cinq cents ans, ils peuvent prendre forme humaine. 20 »
7 Dès l’Antiquité, les Chinois mettent en avant une particularité bien précise du renard : le fait qu’il soit opportuniste et carnassier. Ainsi, au ive siècle avant notre ère, le philosophe Mengzi 孟子 note dans son ouvrage éponyme que les cadavres humains laissés à l’abandon étaient les proies d’animaux carnassiers, dont le renard faisait partie :
- 21 Mengzi 孟子, livre III, « Teng wen gong 滕文公 », chap. I, 5 : « Gai shangshi c (...)
C’est que, dans les temps anciens, on n’enterrait pas ses proches. Quand ils mouraient, on les emportait pour les jeter dans les fossés. Lorsque l’on repassait quelque autre jour, des renards les avaient dévorés, des mouches et moustiques les avaient grignotés, un spectacle à vous mettre la sueur au front, à vous obliger à détourner le regard 21.
- 22 Voir Jean‑Steve Meia, 2003, le Renard, p. 56-77.
- 23 Lü Buwei [呂不韋], 1979, Lüshi chunqiu 呂氏春秋 (Annales du pays de Lü), chap. 10 (...)
- 24 Voir Jean‑Pierre Jost, Yan‑Chim Jost, 2005, le Renard, p. 114 ; T. Watters(...)
8 Mencius décrit ici le comportement des renards comme quelque chose de naturel : le renard mange effectivement de tout, et il est avéré qu’il lui arrive d’être charognard et de déterrer les ossements 22. Lü Buwei 呂不韋 (?-235 av. J.‑C.), dans les « Annales du pays de Lü » (Lüshi chunqiu 呂氏春秋), parle d’ailleurs de tombes creusées profondément et sur de hautes collines pour éviter que les renards ne viennent déterrer les ossements humains 23. En outre, les renards élisent souvent domicile dans des cimetières et des tombes laissées à l’abandon 24. Ils côtoient donc le monde des morts par l’habitude qu’ils ont de fréquenter les cimetières et de ronger les ossements humains. Mais cela va plus loin : ces habitudes de vie vont devenir d’une importance capitale dans l’attribution au renard de pouvoirs surnaturels.
9 Le fait que le renard suce et ronge les ossements humains va en effet décupler sa capacité à se métamorphoser en humain. Pour une raison simple : les os sont la source de l’âme po 魄, et le lieu de la renaissance ; or, l’âme po, est l’âme corporelle, susceptible de devenir gui 鬼 (« revenant ») et de venir troubler le monde des vivants. Maxime Kaltenmark explique à ce sujet :
- 25 Voir Maxime Kaltenmark, 1998, « Symbolisme traditionnel et religions populaires »Dicti (...)
Nous avons une âme-souffle [hun 魂] qui provient du Ciel et y retourne après la mort, et une âme corporelle [po 魄] qui est destinée à retourner à la terre d’où elle provient. Après la mort, le hun devient un esprit aérien [shen 神] ; quant à la destinée du po, tantôt il est censé résider dans les os, par conséquent dans la tombe, tantôt on le croit errant dans un pays des morts situé dans les profondeurs de la terre, au septentrion : c’est là qu’étaient les Sources jaunes25.
10 Comme le renard dévore les cadavres, cela a fini par inciter à penser qu’il s’emparait aussi de leur âme et serait alors capable de se métamorphoser en humain, comme le suggère Rémi Mathieu :
- 26 Voir Rémi Mathieu, 1985, « Aux origines de la femme-renarde en Chine », p. 100.
On peut penser qu’en s’emparant du corps physique, le renard se saisissait encore de l’âme qui y était au repos, et qu’incorporant les os il ingérait d’un même mouvement les possibilités de réincarnation ou de renaissance du cadavre […]. Le renard est yin et symboliquement proche de la terre où il vit caché. S’emparant de l’âme inférieure, elle-même en rapport avec la terre, il est plus apte que quiconque à lui faire opérer une transformation matérielle qui débouchera sur une métamorphose physique, mais non mentale 26.
- 27 Voir Marcel Mauss, 1910, « La démonologie et la magie en Chine », reprodui (...)
11 Reprenant les informations données par de Groot dans son ouvrage The Religious System of China, Marcel Mauss propose la théorie inverse : ce serait l’âme humaine d’un défunt – donc le gui –, primitivement animale, qui prendrait possession du corps d’un animal, lequel possèderait a son tour des humains 27.
12 Le lien entre renards et fantômes est donc ténu : énergie yin, cimetières, tombes, cadavres, monde des morts. Mais cela ne s’arrête pas là : une fois métamorphosé en humain, le renard va s’en prendre aux humains, de la même façon que les gui.
- 28 Voir supra note 9.
- 29 Voir Henri Doré, 1926, Manuel des superstitions chinoises, p. 85 : « Si le (...)
- 30 Jiao Yanshou est notamment resté célèbre pour son étude approfondie du Liv (...)
- 31 Ibid., « Kui zhi Sheng 睽 之 升 » : « Laohu qu wei, dongxi wei gui, bing wo zhangnü 老狐屈尾, (...)
- 32 Ibid., « Cui zhi Jiji 萃之既濟 » : « Laohu duo tai, xingwei guxing, wei mei we (...)
- 33 Site archéologique de la province du Hunan où on découvrit dans les années (...)
- 34 Voir Ma Jixing [马继兴], 1992, Mawangdui gu yishu kaoshi 马王堆古医术考释 (Étude philologique de (...)
13 Les fantômes ressortissent au yin, et la fréquentation excessive du yin est préjudiciable à la santé d’un humain 28. Il en est de même pour les renards. Si les gens les craignent, ce n’est pas tant pour leurs cris que pour leurs pouvoirs maléfiques. Cela est particulièrement visible au début de notre ère. Sous les Han, les alchimistes et les sorciers étaient souvent appelés pour soigner les malades : les différents maux étaient alors perçus comme autant de cas de possession par des esprits, des fantômes et des démons 29. Jiao Yanshou 焦延壽, fonctionnaire et lettré des Han occidentaux 30, affirma dès lors que les renards âgés pouvaient rendre les gens malades. On trouve en effet dans son ouvrage divinatoire « Forêt des mutations » (Yilin 易林) le passage suivant : « Le vieux renard, la queue pliée, se comporte à la manière d’un gui ; il a possédé ma fille aînée 31. » Il ajoute plus loin : « Les vieux renards ont plusieurs formes. Ils empoisonnent les esprits, à la manière de démons ou de gobelins 32. » Le plus ancien livre de médecine chinoise, les « Cinquante-deux prescriptions médicales » (Wushi’er bingfang 五十二病方), retrouvé dans le tombeau de Mawangdui 馬王堆 33, affirme enfin à deux reprises que le renard peut rendre les gens malades 34.
- 35 Œuvre qui regroupe mythes anciens et généalogie divine.
- 36 Ibid., juan 9. Repris dans le Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Zhi Boyi 郅伯夷 ».
- 37 Livre rédigé par l’historiographe Wei Shou 魏收 sous la dynastie des Qi du Nord, (...)
14 À la même époque, on prétend que les démons renards coupent subrepticement les cheveux des gens (jie ren fa 截人發). Les « Généralités sur les mœurs et les coutumes » (Fengsu tongyi 風俗通義 35) de Ying Shao 應劭 (140-206) racontent l’histoire du courageux Zhi Boyi 郅伯夷 qui passa une nuit seul dans un pavillon hanté. Une ombre de près d’un mètre cinquante de haut surgit et essaya de l’attraper. Boyi lui jeta sa couverture dessus, puis, avec la ceinture de son épée, ligota les pieds du démon. Il l’éclaira pour regarder de plus près et découvrit qu’il s’agissait en fait d’un vieux renard sans poils. Le lendemain, il monta ouvrir la soupente du pavillon : il y trouva plus de cent chignons 36. Le « Livre des Wei » (Weishu 魏書 37) relate aussi que des renards coupaient les cheveux des passants dans les rues. Cela se produisit en l’an 477, ce qui eut pour effet d’effrayer la population pendant plusieurs mois :
- 38 Il s’agit de l’empereur Xiaowen 孝文 (467-499) des Wei du Nord (386-534) qui régna de 47 (...)
- 39 L’impératrice douairière Wenming, de son vrai nom dame Feng 馮氏 (442-490), devint (...)
- 40 Weishu 魏書, « Lingzheng zhi 靈征志 » : « Gaozu Taihe nian wuyue xinhai, you hu (...)
Le cinquième mois de la première année de règne Taihe 太和 [477-499] de l’empereur Gaozu 高祖 38, un démon renard coupa les cheveux des humains. On pensa alors que c’était le signe que l’impératrice douairière Wenming 39, qui avait pris le pouvoir, était coupable de mauvais agissements 40.
- 41 Tout comme les ongles, le sang, la salive. Voir à ce sujet Jean Przyluski, 1914, « L’o (...)
- 42 Voir J. J. M. de Groot, The Religious System of China, vol.V, Taipei : Neudruck der Au (...)
- 43 Voir Hou Hanshu 后漢書, « Qiao Xuan zhuan 橋玄傳 » (« Biographie de Qiao Xuan ») et « Ma Ron (...)
- 44 Il s’agit du plus ancien recueil admis de zhiguai.
- 45 Lieyi zhuan 列異傳 : « Hu qun qian ren, de wei shen ye 狸髡千人, 得為神也 ».
15 Ici, le fait qu’un renard coupe des cheveux est perçu comme un signe du Ciel pour dénoncer le mauvais comportement de l’impératrice, qui usurpa le pouvoir en 476 en assassinant l’empereur Xianwen 獻文. Mais en quoi couper les cheveux est-il néfaste aux hommes ? Dans la Chine ancienne, les cheveux étaient censés porter la vie 41 : posséder les cheveux de quelqu’un équivalait à lui prendre sa force, et perdre ses cheveux était conçu comme une chose terrible 42. Une peine ancienne appelée kun 髡 consistait même à raser la tête des prisonniers 43
Les livres de médecine de l’époque parlent également d’une maladie appelée familièrement « la tête rasée par un fantôme » (gui ti tou 鬼剃頭), où les cheveux tombent sans raison et où le patient perd toute énergie. Un passage du Lieyi zhuan 列異傳 44 de Cao Pi 曹丕 (187-226) nous dit en outre : « Un renard qui coupe les cheveux de mille personnes obtient le droit de devenir un être céleste 45. » Ainsi, le renard, en s’emparant de cheveux humains, absorbe une partie de l’énergie vitale de ses victimes et renforce la sienne.
16 Dans un autre registre, on retrouve fantômes et renards ensemble sur quelques décors de bas-reliefs de tombes de hauts personnages. Un exemple connu est celui de la sépulture du préfet Feng Huan 馮煥 dans le district de Quxian 渠縣, datée de 121 ap. J.‑C. Dans son ouvrage sur la statuaire chinoise, Victor Segalen (1878-1919) nous donne la description suivante :
- 46 Victor Segalen, 1995, Chine, la grande statuaire, p. 49.
[Aux piliers de Que 闕 à Quxian 渠縣], dans le Sichuan – de date imprécise, mais sans doute comprise dans le iie siècle – on trouve, sous une taille réduite, d’étranges scènes. Le personnage aux manches biscornues, le maigre personnage flottant, dansant, sorte de montreur ou dompteur qui précède le cheval ailé, n’est pas seul. Du même style, du même geste inquiétant, vont, viennent, s’entrebattent, se tiraillent, se culbutent, tombent du ciel et marchent sur les mains : les bêtes soli lunaires, les renards à neuf queues, les corbeaux à trois pattes, des jongleurs et des acrobates, des singes avec ou sans queue, toute une ruée de fantômes fantasques 46…
- 47 Pour une version en chinois, voir Xu Shen [许慎], 1985, Shuowen jiezi 说文解字 (Dictionnaire (...)
- 48 Ibid. : « Hu, yaoshou ye, gui suo cheng zhi 狐。妖獸也,從鬼所乘之. » À propos du car (...)
17 Le rapprochement est encore plus explicite dans le Shuowen jiezi 說文解字47, premier dictionnaire analytique chinois datant de l’époque des Han orientaux, dans lequel Xu Shen 許慎 (58-147) présente le renard comme « une bête nuisible qui sert de monture aux fantômes 48 ».
Fantômes et renards dans les récits fantastiques chinois du Ier millénaire
- 49 L’expression « Six Dynasties » (liuchao 六朝) désigne l’époque de l’histoire de Chine qui (...)
- 50 Ou « récits de l’étrange ». Nous reprenons ici l’expression de Robert Ford Campany dans (...)
- 51 Genre de l’anecdote de type long (en opposition aux menus propos de type xiaos (...)
18 Si dans l’Antiquité chinoise on parle principalement des renards et des fantômes dans les ouvrages à teneur historique et philosophique, la tendance s’inverse à partir des Six Dynasties 49 avec une prédominance des thèmes dans les récits fantastiques chinois : d’abord les zhiguai 志怪 (« récits d’étrangetés » 50), puis, à la fin du Ier millénaire, les chuanqi 傳奇 (« transmission de l’extraordinaire » 51). C’est en grande partie grâce à ces nombreuses histoires que nous pouvons nous faire une meilleure idée de l’évolution de l’image de l’une et de l’autre figure dans l’imaginaire populaire de l’époque.
- 52 Le mot « démoniser » n’est pas encore répertorié dans les dictionnaires de français (...)
- 53 Li Fang, natif du Hebei, était un fonctionnaire des Cinq Dynasties. Il est l’auteur de (...)
- 54 Nous prenons ici comme référence l’édition en dix volumes publiée par la m (...)
19 Au début de notre ère, malgré leurs points communs, renards et fantômes sont la plupart du temps présentés distinctement dans les contes fantastiques : le renard garde principalement l’image d’un animal démonisé 52, et, à ce titre, est souvent rangé dans les chapitres relatifs à la nature et aux animaux aux dons surnaturels, tandis que les fantômes, pour leur part, sont classés aux rubriques « esprits et revenants » (鬼,神魂). De plus, la quantité de récits concernant ces derniers est encore supérieure à celle des récits vulpins. Ce constat est marquant lorsqu’on s’intéresse au « Vaste recueil de l’ère de la Grande Paix » (Taiping guangji 太平廣記 – ci-après TPGJ) compilé au xe siècle sous la direction de Li Fang 李昉 (925-996) 53. Cet ouvrage est d’une importance capitale, car il regroupe la majorité des histoires non officielles, soutras bouddhistes, prières taoïstes et récits anecdotiques datant des Han jusqu’au début des Song (960-1279). On se rend compte aisément en parcourant son index que le nombre de récits sur les renards (hu 狐), même s’ils sont nombreux, reste encore inférieur à celui des histoires de fantômes (gui 鬼) : sur un total de 500 rouleaux, on relève 83 histoires vulpines réparties sur 9 rouleaux (nos 447-455), contre 461 récits sur les fantômes répartis sur 40 rouleaux (nos 316-355) 54.
Persistance des croyances anciennes
- 55 Il s’agit d’un recueil de mirabilia du ive siècle composé par Gan Bao sous (...)
20 En lisant les récits du TPGJ consacrés aux renards, on se rend compte que la plupart des caractéristiques qui les rapprochent des fantômes sont reprises, notamment la fréquentation des cimetières et les diableries. Une histoire du Soushen ji 搜神記 (À la recherche des esprits) 55 de Gan Bao 干寶 (280-360) raconte notamment :
- 56 Arrière-petit-fils de l’empereur Jing des Han (qui régna de -157 à -141). Gongchuan 廣川 (...)
- 57 Luan Shu 欒書 : célèbre général de la principauté de Jin à l’époque des Printemps et Aut (...)
Le souverain de Guangchuan 56 des Han prenait plaisir à piller les tombes. Un jour, il ouvrit la sépulture de Luan Shu 57 : il y trouva un cercueil et des objets funéraires complètement pourris. Seul un renard blanc se trouvait là, qui à la vue des intrus prit peur et s’enfuit. La suite du roi le pourchassa sans parvenir à l’attraper, mais le toucha à une patte avec une hallebarde.
Ce soir-là, le souverain rêva d’un homme à la barbe et aux sourcils blancs qui lui demanda : « Pourquoi m’avez-vous blessé au pied gauche ? », avant de le frapper au pied gauche avec un bâton. Lorsque le prince se réveilla, son pied était gonflé et douloureux. Un ulcère se développa, qu’il dut traîner jusqu’à sa mort.
- 58 Source : « Han Guangchuan wang 汉廣川王 » (TPGJ, rouleau 447), tiré du Soushen ji 搜神記, chap. 15, « Lua (...)
漢廣川王好發冢。發欒書冢,其棺柩盟器,悉毀爛無余。唯有白狐一頭,見人驚走。左右逐之不得,戟傷其足。
是夕,王夢一丈夫須眉盡白,來謂王曰:“何故傷吾左足?”以杖叩王左足。王覺腫痛,因生瘡,至死不差。58
- 59 Le personnage du renard lettré diffère des autres renards démoniaques métamorphosés en (...)
- 60 Soushen ji 搜神記, chap. 18., « Azi 阿紫 », in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记 (...)
- 61 Le conte reprend un passage du Mingshan ji 名山記 (Notes sur les montagnes cé (...)
21 Le Soushen ji nous propose aussi deux cas de métamorphose en lettrés de renards hantant les cimetières 59. Mais c’est surtout l’apparition du personnage de la femme-renarde qui nous intéresse. Une histoire du Soushen ji raconte notamment comment un soldat est ensorcelé par une renarde métamorphosée en beauté qui l’emmène vivre dans une tombe : il finit par agir comme un renard. Il sera retrouvé grâce à des chiens et ne recouvrera ses esprits qu’une dizaine de jours plus tard 60. Dans cette histoire, on associe la renarde à la sexualité, à travers Azi 阿紫 – ou Zizi 紫紫 – littéralement « la Pourpre », une femme débauchée dont elle serait l’incarnation. Un homme succombant aux plaisirs amoureux court le danger de devenir un renard, comme ce fut le cas pour Azi, punie pour sa lascivité 61. Les récits de renardes rejoignent donc à ce titre les histoires où des humains sont victimes de revenantes nuisibles.
- 62 Voir Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Wuxing lao li 吳興老狸 » (« Le vieux renard de Wuxing »). (...)
- 63 Ouvrage historique sur la période des Printemps et Automnes (770-476 av. J.‑C.), septi (...)
- 64 Voir ibid., « Li Qiu zhangren 黎丘丈人 ».
22 Dès la dynastie des Han, les gens craignent particulièrement le renard, qu’ils considèrent comme un dangereux démon. Le don de métamorphose en humain offre en effet au renard la possibilité de partager en secret la vie des humains, sans être découvert et donc chassé. Il arrive que des renards en jouent et prennent l’apparence de personnes réelles, pour mieux tromper leurs victimes.
Dans le Soushen ji, on peut lire que sous la dynastie des Jin, deux jeunes hommes qui travaillent un jour dans leur champ voient soudain leur père courir vers eux, les insulter et les frapper. Ils rentrent chez eux informer leur mère de l’incident : cette dernière gronde son mari, lequel, étonné, rétorque qu’il n’a rien fait, qu’il doit sûrement s’agir d’un tour joué par quelque démon. Il conseille alors à ses fils de tuer ce démon s’il se manifeste à nouveau. Un autre jour, le père, inquiet qu’il n’arrive quelque chose à ses fils, se rend aux champs pour voir si tout va bien. En le voyant arriver, les fils, croyant à tort qu’il s’agit du démon, le tuent et ensevelissent son corps. Une fois rentrés, ils célèbrent leur victoire sans se douter de leur erreur : en effet, le vrai renard, métamorphosé sous les traits du père, se trouve déjà chez eux. Un an plus tard, un prêtre taoïste vient à passer par là. Il informe les deux fils que leur père possède une puissance démoniaque. Cela met le père très en colère : il demande aux enfants de sortir et chasse le religieux. Ce dernier ne s’y résout point et rentre dans la maison : le père se métamorphose en un gros vieux renard et se cache sous le lit. On l’attrape et on le tue. Les fils comprennent alors qu’ils ont tué leur propre père. Rongés par le remord et la haine, ils lui offrent une vraie sépulture et portent le deuil. Plus tard, le premier fils se suicide, tandis que l’autre meurt de désespoir 62. Si ce récit nous intéresse tout particulièrement, c’est qu’il démontre que, déjà, démons renards et gui se rapprochent et se mélangent dans l’imaginaire collectif : en effet, il y a peut-être confusion ici entre renard et fantôme, car cette histoire est la copie presque exacte d’une histoire de la « Chronique des Printemps et Automnes suivant la tradition » (Zuo Chunqiu Zuozhuan 春秋左傳 63) qui met en scène un fantôme – gui – et non un renard 64.
- 65 Voir « Yin Yuan 尹瑗 » (TPGJ 454), source : Xuanshi zhi 宣室志.
- 66 Voir « Feng Jie 馮玠 » (TPGJ 451), source : Guangyi ji 廣異記.
- 67 Voir « Weishi Zi 韋氏子 » (TPGJ 454), source : Xuanshi zhi 宣室志.
- 68 Ibid.
- 69 Volumineux recueil d’anecdotes de l’étrange composé par Dai Fu 戴孚 au viiie(...)
23 Dans la littérature fantastique des Tang (618-907), les renards possèdent de grands pouvoirs qui leur permettent d’être invisibles, de lire dans les rêves ou les constellations65, de changer les objets de place, ou même de forme. Ainsi, des feuilles de papier deviennent des vêtements 66, un crâne humain une coupe d’alcool 67, de l’urine de vache du vin 68, des tombeaux ou de simples terriers de splendides résidences. Dans tous les cas présentés, une fois la nature du démon renard découverte ou bien une fois le renard tué, les objets reprennent leur forme d’origine. Le « Vaste recueil d’étrangetés » (Guangyi ji 廣異記 69) nous raconte par exemple une histoire où un renard, loin de craindre les chiens, arrive à les soumettre à sa guise :
- 70 Actuelle Shangqiu 商丘 dans la province du Henan.
Sous la dynastie des Tang, un vieux renard vivait près de la tombe du roi Song de Suiyang 70. À date fixe, tous les chiens de la ville venaient le voir. Le renard s’asseyait au sommet du tertre tandis que les chiens restaient alignés à ses pieds.
Wang Lao de Luoyang possédait un couple de chiens capables de mettre en pièces les démons : ils en avaient d’ailleurs déjà tué beaucoup. Les gens du coin réunirent de l’argent pour lui louer ses animaux et attraper le renard. Wang partit en premier, en menant ses chiens. Mais les deux animaux se rendirent directement près de leurs autres compagnons et se couchèrent à plat ventre sans bouger, réduisant ainsi à néant les grands espoirs de tous.
Aujourd’hui, quand on se trouve face à un problème insoluble, on dit en plaisantant : « Allons chercher les chiens du vieux renard de Suiyang ! »
- 71 Voir « Wang lao 王老 » (TPGJ 451).
唐睢陽郡宋王冢旁有老狐,每至衙日,邑中之狗,悉往朝之,狐坐冢上,狗列其下。
東都王老有雙犬能咋魅,前后殺魅甚多,宋人相率以財雇犬咋狐。王老牽犬往,犬乃逕詣諸犬之下,伏而不動,大失宋人之望。
今世人有不了其事者,相戲云:“取睢陽野狐犬。”71
- 72 Ou « Forêt de perles du Jardin du Dharma » : encyclopédie bouddhiste en 100 chapitres (...)
- 73 Ville située dans l’actuel Henan.
- 74 Voir « Song Daxian 宋大賢 » (TPGJ 447). On trouve une histoire similaire dans (...)
- 75 Recueil de xiaoshuo des Tang, écrit par Niu Su 牛肅 (ixe siècle).
- 76 Voir « Yuan Jiazuo 袁嘉祚 » (TPGJ 451), source : Jiwen 紀聞.
- 77 Voir « Zheng Hongzhi 鄭宏之 » (TPGJ 449).
- 78 Voir « Li Chang 李萇 » (in TPGJ 452).
- 79 Recueil de zhiguai et de chuanqi en langue classique écrit par Liu Fu 劉斧 des Song du N (...)
- 80 Voir Qingsuo gaoyi 青瑣高議, « Dong gou yexing shansi hujing 董遘夜行山寺聞狐精 ».
24 L’activité habituelle des démons renards – c’est aussi vrai pour les fantômes – consiste à effrayer les humains et à hanter les lieux déserts. Une histoire de la « Forêt de perles du Jardin des Lois » (Fayuan zhulin 法苑珠林 72) raconte notamment que sous la dynastie des Sui 隋 (581-618), un certain Song Daxian 宋大賢 (« Song le Grand Sage ») s’arrêta une nuit dans un pavillon hanté par un démon à l’ouest de Nanyang 南陽 73. Le démon à l’aspect effrayant arriva et saisit une tête de mort. Mais Song n’eut pas peur : il tua la créature, qui s’avéra être un vieux renard 74. Un récit tiré des « Histoires entendues » (Jiwen 紀聞 75) raconte aussi qu’une habitation était hantée par des renards qui s’en prenaient aux occupants : finalement, le nouveau propriétaire fit preuve de perspicacité et trouva le terrier des renards. Il les tua tous, à l’exception du plus vieux, qui resta à son service pour lui prédire l’avenir 76. Une autre histoire du Jiwen reprend le même scenario : le personnage principal, grâce à son courage et à sa droiture, capture lui aussi un renard fauteur de troubles, avant de bénéficier des services d’un chien-esprit nommé Huangjue 黃撅 (« le Jaune sans queue »), qui lui prédit chances et malheurs futurs 77. D’autres fois, il peut également s’agir d’une renarde fauteuse de troubles, comme dans un récit du Guangyi ji où une renarde métamorphosée sous les traits d’une femme vêtue de blanc s’en prend aux occupants de la demeure qu’elle hante 78. Une histoire du cinquième rouleau des « Remarquables opinions sous la fenêtre treillissée verte » (Qingsuo gaoyi 青瑣高議 79) raconte par ailleurs que le temple bouddhique Bijia 逼家 de Dingzhou 訂州 était hanté par un grand nombre de démons et d’esprits : certains moines mouraient de peur, et du coup, le temple se vidait peu à peu de ses occupants. Seul un vieux maître resta, et rien ne lui arriva malgré son grand âge. Tous les jours il récitait quelques rouleaux du « Sutra du gardien de Bouddha au pilon de diamant » (Jingang jing 金剛經) et il comprit bientôt qu’il suffisait qu’il n’ait pas peur pour que les démons ne puissent rien contre lui 80.
- 81 On finit même par utiliser le sang du renard sous les Jin dans des rituels de métamorp (...)
- 82 Et parfois le contraire. On peut trouver des cas de métamorphose d’ours en renards, ma (...)
- 83 Même si l’esprit-renard (hulijing) désigne principalement un renard métamorphosé en hu (...)
25 La croyance en la capacité de métamorphose du renard s’amplifie dès la dynastie des Wei 魏 (220-265), puis sous les Jin 晉 (265-420) et les Dynasties du Nord et du Sud 南北朝 (386-589) 81. Le renard peut se métamorphoser en un animal différent (serpent, ours, cheval) 82 ou en être humain, notamment en jeune beauté, comme nous l’indiquent les récits du Soushen ji vus plus haut. Il devient alors un esprit, jing 精 : c’est la naissance de « l’esprit-renard », hulijing 狐狸精 83.
- 84 Recueil de chuanqi d’époque Tang.
26 Les auteurs des Tang vont innover sur ce sujet, et parler d’un rituel bien précis : le rituel de métamorphose du renard, qui consiste la plupart du temps à se coiffer d’un crâne humain. Le « Recueil d’étrangetés » (Jiyi ji 集異記 84) de Xue Yongruo 薛用弱 (ixe siècle) raconte notamment comment un moine bouddhiste, vivant selon les règles de l’ascèse, aperçoit une nuit près d’un tas d’ossements une renarde essayer plusieurs crânes, puis utiliser des feuilles et des herbes pour se métamorphoser en belle femme :
Ne prêtant pas attention au moine qui reposait à l’ombre d’un arbre, la démone renarde ramassa des crânes humains : elle les posait sur sa tête et les secouait, délaissait ceux qui tombaient et en choisissait d’autres. Elle en essaya ainsi quatre ou cinq, jusqu’à ce qu’elle en trouve un qui reste bien en place. Alors elle ramassa des feuilles d’arbres, des fleurs et des herbes, pour s’en couvrir le corps. Elle regarda de part et d’autre, et aussitôt les végétaux se transformèrent en vêtements. Un instant plus tard, elle s’était métamorphosée en femme et se dirigeait d’un pas gracieux au bord du chemin, à l’affut d’un passant.
- 85 Voir « Seng Yan Tong 僧晏通 » (TPGJ 451). On trouve une histoire identique dans Chen Meng (...)
初不虞晏通在樹影也,乃取髑髏安于其首,遂搖動之,倘振落者,即不再顧,因別選焉。不四五,遂得其一,岌然而綴。乃褰擷木葉草花,障蔽形體,隨其顧盼,即成衣服。須臾,化作婦人,綽約而去。乃于道右,以伺行人。85
- 86 Recueil de biji de Duan Chengshi 段成式 (803-863).
27Un passage des « Miscellanées de Youyang » (Youyang zazu 酉陽雜俎) 86) précise l’importance des constellations, plus précisément de la Grande Ourse, dans ce rituel :
Les anciens disaient qu’il existait un renard sauvage qu’on appelait « le Renard pourpre ». La nuit, il frappait le sol de sa queue pour produire du feu. Lorsqu’il voulait agir en démon, il devait poser un crâne humain sur sa tête et se prosterner face à la constellation de la Grande Ourse. Si le crâne tenait en place, il se métamorphosait en humain.
- 87 Voir « Liu Yuanding 劉元鼎 » (TPGJ 454).
舊說,野狐名紫狐,夜擊尾火出,將為怪,必戴髑髏拜北斗,髑髏不墜,則化為人矣。87
28 Avec ce rituel, le démon renard se rapproche davantage des fantômes : il ne ronge plus les ossements et les crânes, il s’en pare pour prendre l’apparence qu’avait la personne avant de décéder. Ces nouvelles croyances marqueront les esprits. Bai Juyi 白居易 (772-846) leur consacrera même un poème intégral dans « la Renarde des vieux cimetières » (Guzhong hu 古冢狐) :
Quand un esprit-renard est devenu vieux, dans une tombe à l’abandon,
_ Il se transforme en une femme à la mine engageante.
_ Son museau se fait visage poudré, son poil, chignon,
_ Sa longue queue se change en robe cramoisie et traînante.
_ Puis, à pas lents, elle hante les rues désertes du village,
_ Et aux approches de la nuit, choisissant un lieu écarté,
_ Tantôt elle chante et danse, et tantôt pleure tristement,
_ Sans hausser l’arc de son sourcil, sans lever son joli visage,
_ Quand tout à coup elle se met à sourire, quelle joie !
_ Alors c’est à peine s’il se trouve un homme pour n’être pas séduit.
- 88 Bai Juyi, 1999, Bai Juyi quan ji 白居易全集 (Œuvres complètes de Bai Juyi), p. 54. Traducti (...)
古冢狐,
_ 妖且老,
_ 化為婦人顏色好.
_ 頭變云鬟面便妝, 大尾也作長紅裳.
_ 徐徐行傍換荒村路,
_ 日欲暮時人靜處.
_ 或歌或舞或悲啼,
_ 翠眉不舉花顏低 ;忽然一笑千萬態,
_ 見者十人八九迷. 88
29 La renarde devient alors l’animal choisi pour incarner la beauté du diable et les dangers encourus pour la santé, la famille et la vie sociale si on se laisse aller aux plaisirs de la chair. Le thème sera récurrent sous les dynasties suivantes, jusqu’à supplanter celui des renards tapageurs et démoniaques.
Rapprochement des renards et des fantômes : l’importance des figures féminines
- 89 C’est l’un des recueils de récits fantastiques qui contient le plus de contes vulpins. (...)
- 90 Pour plus d’informations sur Ji Yun, se reporter à la notice de Jacques Dars, in André L (...)
30 Sous le IIe millénaire de notre ère, les renards et les fantômes ont tendance à se rapprocher avec encore plus d’évidence sous la plume des écrivains qui font coexister les deux types de personnages, jusqu’à parfois brouiller la perception du lecteur qui ne sait plus à quelle créature de l’étrange il a affaire. C’est particulièrement vrai pour les figures féminines. En effet, si le portrait littéraire des démons renards ne subit que de légères modifications par rapport aux récits passés – comme on peut le constater à la lecture du Yuewei caotang biji 閱微草堂筆記89 de Ji Yun 紀昀 (1724-1805) 90 – les renardes, pour leur part, se font beaucoup plus nombreuses, puissantes et énigmatiques.
Du bon usage des pratiques sexuelles
- 91 Voir Luoyang qielan ji 洛陽伽藍記, « Sun Yan 孫岩 » et Soushen ji 搜神記 « Azi 阿紫 ». Voir supra.
- 92 Le thème des courtisanes se développe dans la littérature chinoise à partir des Tang e (...)
31 On trouve déjà sous le Ier millénaire de notre ère quelques récits mettant en scène des renardes démoniaques métamorphosées en humaines qui viennent séduire les humains 91. C’est cependant sous les Song (960-1279) et les Ming (1368-1644) que ce type d’histoires va se généraliser. Les « Contes de séduction vulpine » (Humei congtan 狐媚叢談) donnent notamment du renard l’image d’une créature séduisante et féminine : le titre même du recueil préfère le terme humei 狐媚 – « séduction de renard » – à celui de humei 狐魅 – « démon renard ». L’image de la renarde finit donc par rappeler inévitablement celle des filles de joie, dans le sens où les deux sont de grandes séductrices aux mœurs légères qui donnent du plaisir physique aux hommes 92.
- 93 Voir à ce sujet l’article d’Henri Maspero, « Les procédés de “nourrir le p (...)
- 94 Sur la notion des principes mâle et femelle (yin et yang), voir Marcel gra (...)
- 95 Voir à ce sujet l’ouvrage de Joseph Needham, 1954, Science and Civilization in China. (...)
- 96 Il s’agit de l’un des trois volumes des San Yan 三言 (les Trois propos) – recueil de réc (...)
- 97 Voir Feng Menglong 冯梦龙, Jingshi tongyan 警世通言, conte no 3. Pour plus de précisions sur ce conte, vo (...)
- 98 Roman érotique et historico-légendaire d’un certain Yanyansheng 艳艳生 de Hangzhou 杭州. Da (...)
32 Mais pour quelles raisons les démones renardes cherchent-elles à commercer charnellement avec des humains ? Leur but est en fait d’accroître leur énergie pour vivre plus longtemps et atteindre l’immortalité 93. Pour cela, elles mettent en pratique les préceptes sexuels taoïstes de l’alcôve. L’homme doit normalement renforcer son énergie yang au contact des femmes, dont l’énergie yin est censée être inépuisable. C’est le principe sexuel taoïste de base établi dès la dynastie des Wei et des Jin : « cai yin bu yang 釆陰補陽 » (« exploiter le yin pour fortifier le yang ») 94.
À l’inverse, si l’homme ne retient pas sa semence et s’adonne aux plaisirs sexuels sans retenue au mépris des principes sexuels taoïstes, il s’affaiblira, tombera malade et verra sa durée de vie raccourcie 95. Les exemples de renardes démoniaques pratiquant ces méthodes sont nombreux dans les récits fantastiques chinois des dernières dynasties impériales. Citons notamment une histoire des « Propos pénétrants pour avertir le monde » (Jingshi tongyan 警世通言 96) de Feng Menglong 冯梦龙 (1574-1646), dans lesquels une renarde dévore son amant lorsque l’énergie sexuelle de ce dernier diminue97 ; ou encore les « Lascives aventures du palais de Zhaoyang » (Zhaoyang qushi 昭陽趣史 98), dans lesquelles une renarde pratiquant le taoïsme pour atteindre l’immortalité décide de se métamorphoser en beauté et de fréquenter des humains pour leur voler leur énergie vitale.
- 99 Théorie confirmée par Wolfram Eberhard, qui écrit : « Depuis déjà deux mil (...)
- 100 Les dynasties Song et Ming, présentées comme une grande période de fréquentation des (...)
33 Le rapprochement entre prostituées et renardes ne s’arrête pas à leur côté séducteur ou à leurs compétences sexuelles : les unes comme les autres sont également nuisibles à la santé des hommes. Les prostituées nuisent aux hommes par les maladies sexuelles qu’elles peuvent leur transmettre, tout comme les renardes nuisent aux hommes en leur volant leur énergie vitale, toujours par des pratiques sexuelles 99. On apparente notamment la syphilis à une possession démoniaque, et les prostituées à des démones renardes 100. D’où le parallèle proposé par Jean Levi dans son article « Le renard, la morte et la courtisane dans la Chine classique » :
- 101 Voir Jean Levi, 1985, « Le renard, la morte et la courtisane dans la Chine classique » (...)
Les renardes […] sont triplement dangereuses : socialement d’abord (comme voleuses de maris et briseuses de ménages, elles troublent l’une des institutions les plus essentielles à la survie du groupe), dangereuses encore par leur nature animale (l’intrusion de la nature au sein de la société est toujours signe de dérèglement et source de conflits) ; dangereuses enfin et surtout parce qu’elles portent en elles le souffle des puissances chthoniennes (et l’alliance entre le monde des vivants et le monde des morts ne peut se faire sans péril) 101.
34 La renarde est un condensé des trois : de l’animal, elle possède la ruse et la fourberie ; avec la courtisane, elle partage la débauche, la séduction et les connaissances sexuelles ; de la revenante, elle détient le caractère mortel et mystérieux. On peut donc parler d’érotisation de la renarde, d’érotisation de la mort, de mise en garde contre les dangers de la beauté et de la luxure.
- 102 Pour une présentation du Pai’an jingqi, voir la notice dans André Lévy, 2000, Dictionn (...)
- 103 Pour une version en chinois, voir Ling Mengchu [凌蒙初], 2002, Erke pai’an jingqi (...)
- 104 Pour une étude complète de cette histoire, voir Chang Fu‑Jui, in Inventaire analytique (...)
35 Il serait cependant réducteur de considérer les renardes comme de simples démons séducteurs et nuisibles. Leur beauté et l’aura mystérieuse qui les entoure suscitent parfois un sentiment d’amour chez les mortels qui les côtoient, et les écrivains des dernières dynasties impériales se prennent de passion pour ces personnages qu’ils veulent rendre plus sensibles et bienveillants, en leur prêtant notamment des sentiments humains. Ling Mengchu 凌蒙初 (1580-1644), dans le deuxième volume de son « Frapper sur la table de surprise émerveillée » (Erke pai’an jingqi 二刻拍案警奇 102) raconte par exemple au chapitre 29 les conséquences d’une liaison avec une créature de l’étrange, qu’elle soit revenante ou renarde 103. Un premier poème affirme d’abord que tous les êtres ont le pouvoir d’aimer, qu’il s’agisse d’humains, de fantômes ou de démons. Suit un conte d’introduction sur une revenante morte d’amour pour son ancien prétendant, mandarin rencontré dans une auberge près du Lac de l’ouest de Hangzhou : tous deux auront une relation suivie, puis la maîtresse regagnera les Sources jaunes, après avoir donné à son amoureux un médicament contre le souffle des morts – yinqi 陰氣 – dont il subit les effets néfastes suite à ses relations physiques avec elle. Le conte principal, qui se déroule en 1464, s’intéresse à la rencontre entre un humain et une renarde. Un certain Jiang 蔣, marchand itinérant du Zhejiang, descend un jour dans une auberge de Hanyang tenue par la famille mandarinale Ma 馬. Il tombe vite amoureux de leur fille et souhaite l’épouser, malgré sa condition de marchand, qui plus est étranger à la région. Une nuit, la fille vient lui rendre visite, et les nuits suivantes également. Il dépérit de jour en jour et avoue sa liaison à un ami qui le met en garde contre les renardes qui sévissent dans la région et lui donne alors un sac percé contenant des graines de sésame à offrir à la mystérieuse maîtresse. Les graines ainsi semées le mènent à la grotte d’une renarde qui avoue pratiquer le dao depuis presque mille ans pour fabriquer le cinabre interne – neidan 內丹 – et qui s’est unie à Jiang pour lui prendre son énergie yang. Mise à nu, elle procure à Jiang les herbes nécessaires à son rétablissement, d’autres pour rendre la vraie fille des Ma malade, d’autres enfin pour la guérir et ainsi lui permettre de l’épouser 104.
- 105 Jean Levi fait notamment le commentaire suivant : « Les liaisons avec les (...)
- 106 Sur le thème du mariage et de l’amour, mais aussi de l’éthique confucianiste et de la (...)
36 C’est un fait : les histoires d’amour entre humains et créatures surnaturelles (plus particulièrement renardes et revenantes) se multiplient sous les Ming et les Qing (1644-1911). Les écrivains s’en donnent à cœur joie et reprennent les thèmes du passé en y intégrant des ingrédients érotiques et sentimentaux. Est-ce simplement pour divertir le lectorat, ou bien les lettrés de l’époque aspiraient-ils à l’amour libre, ou bien à l’amour avec une femme sexuellement émancipée mais qui ne se prostituerait pas pour autant ? À moins que ces contes ne fassent tout simplement l’apologie de l’amour vrai, sincère et passionné, mais souvent impossible ? Certes, les fins souvent malheureuses peuvent sous-entendre que ce genre de relations, si belles soient-elles, n’est qu’un pur fantasme, mais les histoires expriment toutefois ce désir des hommes chinois de vivre un amour parfait, en dehors du carcan du mariage 105. On retrouve le thème de l’amour contrarié, qui se développe en Chine dès le viie siècle : avec la renarde et la revenante s’exprime un amour imaginaire, rêvé, interdit, dans l’autre monde, affranchi des contraintes sociales. Néanmoins, cet amour ne débouche sur rien, il est temporaire, il n’est qu’illusion. Bien souvent, le couple ne tient pas, ou bien il n’y a pas de descendants, ce qui symbolise la mort de la lignée. On peut donc se demander si ces contes ne véhiculeraient pas au contraire une sorte de morale qui ferait l’apologie du mariage et de la famille pour perpétuer la lignée et la bienséance sociale, tout en dénonçant paradoxalement les contrariétés, l’ennui et le manque de plaisir et de bonheur que ce genre de normes implique 106.
- 107 Œuvre considérable qui comprend 16 livres et 431 récits réunissant histoir (...)
37 Toujours est-il que quantité d’histoires d’amour impliquant renardes ou revenantes se succèdent dans les recueils de contes du IIe millénaire. Mais peu d’auteurs osent mêler les deux. Pu Songling 蒲松齡 (1640-1715), dans ses Chroniques de l’étrange (Liaozhai zhiyi 聊齋志異) – ci-après LZ 107), va le faire avec brio. C’est le cas dans « la Futée » (« Qiaoniang 巧娘 », LZ 075 : 303-312) où un eunuque naturel nommé Lian est aidé par une renarde, tante Hua, qui lui rend ses attributs virils et lui offre sa fille Benjamine. Il entretient par la suite une relation avec une revenante, la Futée. Tante Hua, outrée, oblige le jeune homme à épouser Benjamine. La Futée, chagrinée, disparaît. Lian se rend sur sa tombe et l’appelle : elle réapparaît, un bébé dans les bras. Dans « La compagne des renardes » (« Hu qie 狐妾 », LZ 119 : 466-471), Liu Dongjiu, en poste à Fenzhou, voit entrer quatre filles dans son bureau. Il comprend qu’il s’agit de renardes. Elles sont venues lui offrir la main de la plus jeune d’entre elles, une revenante qu’elles ont adoptée. Elle se révèle être une épouse parfaite et l’aide dans différentes épreuves. Dans « la Rieuse » (« Yingning 嬰寧 », LZ 048 : 191-203), le jeune lettré Wang Zifu tombe fou amoureux d’une belle fille appelée Yingning, qui ne s’arrête jamais de rire, comme si elle était folle, et vit chez la tante de Wang. Il finit par l’épouser. Mais sa mère lui affirme que sa sœur est décédée depuis longtemps : en réalité, Yingning est la fille de l’oncle de Wang et d’une renarde, confiée aux bons soins d’une revenante. Elle donnera plus tard naissance à un fils, aussi rieur qu’elle. Nous terminerons avec le conte le plus marquant, celui de « Fragrance de Lotus » (« Lianxiang 蓮香 », LZ 069 : 268-280), dans lequel une prostituée nommée Fragrance de Lotus vient rendre visite à un certain Xiao Shang. La nuit suivante, une fille nommée Li vient à son tour. Mais la santé du jeune homme se détériore. Les deux femmes se disputent et disent toutes deux la vérité : Fragrance est une renarde bienveillante qui ne pratique pas l’aspiration du qi et Li est une revenante. Fragrance soigne son amant et Li le quitte pour ne plus lui nuire. Ici, la revenante se révèle plus dangereuse que la renarde : par amour, elle cessera toute relation avec son amant, tandis que la renarde lui sauvera la vie. La renarde entretient par ailleurs des relations sexuelles avec un mortel par pur plaisir, mais aussi par amour : elle se retrouve dans la position de la sauveuse et non plus de la succube.
- 108 Avis partagé également par Zhang Zhenjun 张振军, qui écrit : « Les histoires (...)
- 109 Wang Xijie [王希杰], 1998, Dongwu wenhua xiaopin ji 动物文化小品集 , p. 286-289 : « On trouve da (...)
38 Pu Songling a fait évoluer l’image des renardes dans la littérature chinoise. Il prend également plaisir à raconter toutes sortes d’histoires d’amour entre humains et créatures de l’étrange, qu’il s’agisse de fantômes, de démons ou d’esprits d’animaux et de fleurs1 08. Il est à ce titre qualifié de « Maître des renards et des fantômes » – gui hu jushi 鬼狐居士 – mais aussi de « Grand maître des contes vulpins » – xie huli de dashi 寫狐狸的大師 109.
39 Notre étude sur les renards et les fantômes dans les récits fantastiques chinois nous a permis de faire plusieurs constats : tout d’abord, on remarque que dans la Chine ancienne, la distinction entre les deux est bien établie, même s’ils partagent déjà plusieurs points communs ; au début de notre ère, les similitudes se multiplient, tant au niveau de l’apparence que du comportement, jusqu’à brouiller les différences entre les deux dans certains récits ; enfin, sous les dernières dynasties impériales, les deux se rejoignent à travers le portrait de séduisants personnages féminins qui, la plupart du temps, portent préjudice à leurs amants humains. Kang Xiaofei, auteur d’un ouvrage très complet sur le culte du renard en Chine, arrive aux mêmes conclusions lorsqu’elle écrit :
- 110 Voir Kang Xiaofei, 2006, The Cult of the Fox, Power, Gender, and Popular Religion in Lat (...)
In Ming-Qing texts, foxes and ghosts are still closely related, and they are either members of the same family or rivals with similar capacities. […] Both foxes and ghosts were considered the cause of a particular kind of illness : through sexual intercourse they would drain men’s yang essence and endanger their lives. 110
- 111 Voir supra notes 3 et 4.
- 112 Voir le constat de Leo Tak‑hung Chan à propos des renards du Yuewei caotang bi (...)
- 113 Voir Rania Huntington, 2003, Alien Kind, p. 2, 5.
- 114 Ibid., p. 73.
- 115 Voir Kang Xiaofei, 2006, The Cult of the Fox , p. 77.
- 116 En effet, les renards bienveillants se consacrent souvent à l’étude des Classiques ou bi (...)
40 Malgré tout, si le renard et le fantôme se ressemblent sur certains points et qu’ils se croisent régulièrement dans la littérature fantastique chinoise, chacun possède des caractéristiques qui lui sont propres : c’est pour cette raison qu’on parle de « culture spectrale » (gui wenhua 鬼文化) et de « culture vulpine » (hu wenhua 狐文化)111. Chacun évolue dans un monde bien particulier. Les sinologues qui se sont penchés sur la question mettent souvent en avant le fait que l’esprit-renard est à la frontière de plusieurs mondes : il se situe entre les humains et les fantômes 112, il transgresse les catégories 113, il est entre le yang et le yin, entre le monde des vivants (par sa nature animale) et le monde des morts (par ses capacités surnaturelles) 114, alors que les fantômes, eux, sont essentiellement yin et rattachés au monde des morts. Cette part de vie et d’énergie positive est bien visible dans l’histoire de « Lianxiang » de Pu Songling présentée plus haut : la renarde, même si elle partage la couche de son amant humain, choisit de ne pas porter atteinte à sa santé, alors que la revenante, de par sa nature même, est forcément préjudiciable, qu’elle le veuille ou non 115. En ce sens, les renards sont sans doute plus libres que les fantômes : plus de choix s’offrent à eux pour s’affranchir de leur condition 116, ils peuvent plus facilement contrôler leur énergie, et ils sont mieux armés pour parcourir à leur aise les différents milieux dans lesquels ils évoluent.
Notes{{}}
1 Les autres caractères donnés dans ces expressions désignent respectivement les immortels (xian 仙), les esprits d’animaux et d’éléments de la nature (jing 精), les démons (mei 魅), les gobelins (yao 妖), les divinités (shen 神). Voir Gudai Hanyu cidian 古代汉语词典 (Dictionnaire de chinois ancien), 2000, p. 813, 1046, 1691, 1825 et 1387.
2 Voir Leo Tak‑Hung Chan, qui fait une allusion directe à ces expressions dans le titre de son livre The Discourse on Foxes and Ghosts (1998). Voir aussi Rania Huntington, 2003, Alien Kind, p. 2 ; Ma Ruifang [馬瑞芳], 1993, Pu Songling pingzhuan 蒲松齡評傳 (Biographie critique de Pu Songling), p. 179, 2001, Shengui huyao de shijie, Liaozhai renwu lun 神鬼狐妖的世界, 聊斋人物论 (le Monde des esprits-renards et autres fantômes, personnages des Chroniques de l’étrange).
3 D’après le terme employé par Li Jianguo [李剑国], 2001, Zhongguo hu wenhua 中国狐文化 (la Culture vulpine en Chine).
4 Voir à ce sujet l’article de Xiao Xiangming [肖向明], Yang Linxi [杨林夕], 2007/2, « Gudai wenxue “gui” wenhua zhi liubian 古代文学“鬼”文化之流变 » (Développement de la culture « spectrale » dans la littérature chinoise ancienne), p. 246-255.
5 Pour cette raison, nous utiliserons tout le long de notre travail les caractères non simplifiés. Seuls les noms d’ouvrages modernes et contemporains seront donnés en caractères simplifiés.
6 Pour une étude détaillée du renard dans la culture chinoise, notre thèse de doctorat : Solange Cruveillé, 2009, le Renard dans les textes chinois de l’époque pré-impériale à la dynastie des Qing.
7 En effet, dans la Chine ancienne et classique, le gui ne désigne pas uniquement les fantômes, mais toutes sortes d’esprits mauvais. Nous faisons le choix dans notre étude de ne traiter que des gui en tant que fantômes (anciens humains), en nous basant sur le sens le plus ancien du caractère, tel qu’il est présenté dans le Shuowen jiezi 說文解字 de Xu Shen 許慎 : « 人所歸爲鬼。 » Voir également à ce sujet les définitions que donne le Gudai Hanyu cidian 古代汉语词典 (Dictionnaire de chinois ancien), 2000, p. 517. Voir aussi Anthony Yu, 1987, « ‘Rest, Rest, Perturbed Spirit !’ Ghosts in traditional Chinese prose fiction », p. 398-399 ; Zuo Hongying [左红英], 2007, Shi lun Yuewei caotang biji hu gui ticai de miaoxie 试论《阅微草堂笔记》狐鬼题材的描写 (Portrait de renards et de fantômes dans les Notes de la chaumière des observations subtiles), p. 2. ; Yang Yanmei [杨艳梅], 1995, « Zhongguo gudian wenxue zhong de hugui xianxiang toushi 中国古典文学中的鬼狐现象透视 », in Jilin shifandaxue xuebao : renwen kexue ban 吉林师范大学学报 :人文科学版,janvier 1995, p. 35.
8 Le renard produit toutes sortes de sons : glapissements, aboiements, grognements, jappements, gloussements, hululements, gémissements, cliquètements, etc…, principalement en période de rut. Les scientifiques ont enregistré pas moins de quarante sons différents selon les circonstances avec un registre sonore sur cinq octaves. Le glapissement est le cri le plus impressionnant. Il est émis en guise de menace ou d’avertissement pour les renardeaux, avec une note finale proche du cri du paon. Voir à ce sujet Jean‑Pierre Jost, Yan‑Chim Jost, 2005, le Renard, p. 66.
9 Comme l’explique J. J. M. de Groot, 1892-1919, The Religious System of China, vol. VI, p. 929-930) : “The Yang and the Yin are divided into an infinite number of spirits respectively good and bad, called shen and kwei ; every man and every living being contains a shen and a kwei, infused at birth, and departing at death, to return to the Yang and the Yin. […] A shen, being a part of the beneficent half of the Universe, is naturally considered to be a good spirit, a god ; a kwei, belonging to the opposite half, is a spirit of evil, a spectre, a demon. It is then evident that there can be nothing good in the world but that which comes from the shen, and no evil but which the kwei cause or inflict.”
10 Voir Jean‑Steve Meia, 2003, le Renard, p. 45-48.
11 Sur le souffle vital, les principes du yin et du yang, et le développement des courants de pensée qui s’y rattachent (école du Yin et du Yang, école des cinq phases, taoïsme, pratiques des fangshi ou alchimistes), voir Isabelle Robinet, 1991, Histoire du taoïsme des origines au xive siècle, p. 16 ; Angus C. Graham, 1986, Yin/Yang and the Nature of Correlative Thinking ; Anne Cheng, 1997, Histoire de la pensée chinoise, p. 237-243.
12 Huainan zi 淮南子, chap. 3, 2a. Voir la traduction de Rémi Mathieu, dans Rémi Mathieu, Charles Le Blanc (éd. et trad.), 2003, Philosophes taoïstes, II. Huainan zi, p. 103. Pour une version en chinois, voir Liu An (éd.), 1978, Huainan zi zhu 淮南子注 (Le Huainan zi annoté).
13 Un extrait du Guanzi 管子 sur le passage de l’hiver au printemps écrit d’ailleurs à propos du renard : « Quand il est blanc, le renard aide à la mutation du yin et du yang. » (« Hu bai ying yinyang zhi bian 狐白應陰陽之變 ») – Voir Guanzi 管子, 1985, « Sibu congkan zhengbian », chap. 4, § 84). Jean Levi (1985, « Le renard, la morte et la courtisane dans la Chine classique », p. 120) relève à ce propos une connotation sexuelle « universellement admise » : les échanges entre le yin et le yang évoquent en effet irrémédiablement les relations sexuelles entre hommes et femmes. Voir plus bas, 3e partie du présent article.
14 Nous entendons par cavités naturelles les grottes, les troncs d’arbres etc. Voir Jean‑Pierre Jost, Yan‑Chim Jost, 2005, le Renard, p. 40-46.
15 Voir à ce sujet le Huainan zi 淮南子, chap. 2, 3 et 4.
16 Voir Li Shouju [李壽菊], 1995, Huxian xinyang yu hulijing gushi 狐仙信仰與狐狸精故事 (Croyance en l’immortel renard et histoires de hulijing), p. 32.
17 Ouvrage dénonçant les superstitions de l’époque. Pour une version en chinois, voir Wang Chong [王充], 1974, Lunheng 论衡. Pour une traduction en français, voir Wang Chong [王充], 2011, Balance des discours. Sur le Lunheng et Wang Chong, voir également Anne Cheng, 1985, Histoire de la pensée chinoise, p. 300-303 ; Nicolas Zufferey, 1995, Wang Chong (27-97 ?), notamment p. 260-268 sur la mort et les fantômes.
18 Traduction personnelle (sauf indication contraire, toutes les traductions qui suivront seront de l’auteur). Voir Wang Chong, 1974, Lunheng 论衡, rouleau 22, « Ding gui pian 訂鬼篇 » : « Gui zhe, lao wu jing ye. Fu wu zhi lao zhe, qi jing wei ren ; yi you wei lao, xing neng bianhua, xiang renxing. 鬼者,老物精也.夫物之老者,其精為人 ; 亦有未老,性能變化,像人形. »
19 Ouvrage de la dynastie des Jin, qui comporte deux parties de 20 et 50 chapitres et qui traite du taoïsme, des pratiques exorcistes, mais aussi des arts alchimiques. Pour une version en chinois, voir Ge Hong 葛洪, 1986, Baopu zi 抱朴子 (Livre du Maître qui embrasse la simplicité). Pour une traduction partielle et une présentation de l’ouvrage, voir Ge Hong, 1999, la Voie des divins immortels.
20 Baopu zi 抱朴子, 3 : « Hu, li, chai, lang jie shou babai sui, man wubai sui, ze shan bian wei renxing 狐,狸,豺,狼皆壽八百歲,滿五百歲,則善變為人形. »
21 Mengzi 孟子, livre III, « Teng wen gong 滕文公 », chap. I, 5 : « Gai shangshi chang you bu zang qi qin zhe : qi qin si, ze ju er wei zhi yu he. Ta ri guo zhi, huli shi zhi, ying rui gu zuo zhi. Qi sang you ci, ni er bu shi. 蓋上世嘗有不葬其親者:其親死,則舉而委之於壑。他日過之,狐狸食之,蠅蚋姑嘬之。其顙有 泚,睨而不視. » Traduction francaise d’André Lévy : Mengzi, 2008, le Livre de Mencius, p. 122.
22 Voir Jean‑Steve Meia, 2003, le Renard, p. 56-77.
23 Lü Buwei [呂不韋], 1979, Lüshi chunqiu 呂氏春秋 (Annales du pays de Lü), chap. 10, « Mengdong 孟冬 », 3b, « Jie sang 節喪 » : « Zang qian ze huli jue zhi […] Gu fan zang bi yu gao ling zhi shang, yi bi huli zhi huan 葬淺則狐狸抇之 […] 故凡葬必於高陵之上,以避狐狸之患. » Voir la traduction française d’Ivan P. Kameranović (Lü Buwei, 1998, Printemps et Automnes de Lü Buwei, p. 151-152) : « Enterrer trop en surface, c’est [risquer de faire du corps] la proie des renards. […] C’est pourquoi on enterre en principe au sommet d’une haute colline, afin d’éviter les dégâts des renards. »
24 Voir Jean‑Pierre Jost, Yan‑Chim Jost, 2005, le Renard, p. 114 ; T. Watters, 1974, “Chinese fox-myths”, p. 47, 51.
25 Voir Maxime Kaltenmark, 1998, « Symbolisme traditionnel et religions populaires »Dictionnaire de la civilisation chinoise, , p. 675. Le Huainan zi 淮南子 – chap. 9, « Zhu shu xun 主朮訓 » (« L’art du maître ») – nous dit également : « Les souffles célestes forment l’âme spirituelle, les souffles terrestres l’âme corporelle. » (Trad. Rémi Mathieu dans Rémi Mathieu, Charles Le Blanc (éd. et trad.), 2003, Philosophes taoïstes, II. Huainan zi, p. 368.)
26 Voir Rémi Mathieu, 1985, « Aux origines de la femme-renarde en Chine », p. 100.
27 Voir Marcel Mauss, 1910, « La démonologie et la magie en Chine », reproduit dans Œuvres, 2. Représentations collectives et diversité des civilisations (1969), p. 619-624.
28 Voir supra note 9.
29 Voir Henri Doré, 1926, Manuel des superstitions chinoises, p. 85 : « Si les descendants ne leur font pas d’offrandes et négligent les sacrifices, les âmes délaissées se vengent sur les vivants, leur envoient des calamités, des maladies. » Voir aussi J. J. M. de Groot, 1892-1919, The Religious System of China, vol. VI, p. 932 : “Spectres [are] the chief causation of disease and plague.”
30 Jiao Yanshou est notamment resté célèbre pour son étude approfondie du Livre des mutations (Yijing 易經) à partir duquel il a composé l’ouvrage de divination Yilin 易林 (également appelé Jiaoshi Yilin 焦氏易林). Pour une édition en chinois, voir Jiaoshi Yilin 焦氏易林, 1979.
31 Ibid., « Kui zhi Sheng 睽 之 升 » : « Laohu qu wei, dongxi wei gui, bing wo zhangnü 老狐屈尾,東西為鬼,病我長女. »
32 Ibid., « Cui zhi Jiji 萃之既濟 » : « Laohu duo tai, xingwei guxing, wei mei wei yao 老狐多態,行為蠱性,為魅為妖. »
33 Site archéologique de la province du Hunan où on découvrit dans les années 1970 trois tombes datant des Han occidentaux.
34 Voir Ma Jixing [马继兴], 1992, Mawangdui gu yishu kaoshi 马王堆古医术考释 (Étude philologique de l’art médical chinois de Mawangdui), p. 813 et p. 484.
35 Œuvre qui regroupe mythes anciens et généalogie divine.
36 Ibid., juan 9. Repris dans le Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Zhi Boyi 郅伯夷 ».
37 Livre rédigé par l’historiographe Wei Shou 魏收 sous la dynastie des Qi du Nord, comportant 130 chapitres et retraçant l’histoire de la dynastie des Wei du Nord (386-534). Pour une version en chinois, voir Weishu 魏书, Taibei : Dingwen shuju, 1980.
38 Il s’agit de l’empereur Xiaowen 孝文 (467-499) des Wei du Nord (386-534) qui régna de 471 à sa mort. Gaozu est le nom de son titre impérial posthume.
39 L’impératrice douairière Wenming, de son vrai nom dame Feng 馮氏 (442-490), devint à quatorze ans la concubine impériale de Wen Chengdi 文成帝 avant de se voir conférer le titre d’impératrice puis de devenir impératrice douairière.
40 Weishu 魏書, « Lingzheng zhi 靈征志 » : « Gaozu Taihe nian wuyue xinhai, you humei jie renfa. Shi Wenming taihou linchao, xing duo bu zheng zhi zheng. 高祖太和元年五月辛亥,有狐魅截人發。時文明太后臨朝,行多不正之征. »
41 Tout comme les ongles, le sang, la salive. Voir à ce sujet Jean Przyluski, 1914, « L’or, son origine et ses pouvoirs magiques », p. 6.
42 Voir J. J. M. de Groot, The Religious System of China, vol.V, Taipei : Neudruck der Ausgabe Leiden, 1969, p. 598.
43 Voir Hou Hanshu 后漢書, « Qiao Xuan zhuan 橋玄傳 » (« Biographie de Qiao Xuan ») et « Ma Rong zhuan 馬融傳 » (« Biographie de Ma Rong »).
44 Il s’agit du plus ancien recueil admis de zhiguai.
45 Lieyi zhuan 列異傳 : « Hu qun qian ren, de wei shen ye 狸髡千人, 得為神也 ».
46 Victor Segalen, 1995, Chine, la grande statuaire, p. 49.
47 Pour une version en chinois, voir Xu Shen [许慎], 1985, Shuowen jiezi 说文解字 (Dictionnaire analytique).
48 Ibid. : « Hu, yaoshou ye, gui suo cheng zhi 狐。妖獸也,從鬼所乘之. » À propos du caractère yao 妖, que nous traduisons généralement par « démon », on notera ici notre traduction par l’un des sens anciens du caractère, à savoir « néfaste, calamiteux, de mauvais augure » (yaoxiang 妖祥 / 祅祥). Voir Gudai Hanyu cidian 古代汉语词典 (Dictionnaire de chinois ancien), 2000, p. 1825-1826. Duanyu Cai 段玉裁 (1735-1815), qui commenta le Shuowen jiezi à l’époque Qing, interprète ce passage de la même façon (voir Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise, version numérique sur le site de la BIU de Montpellier, 2016).
49 L’expression « Six Dynasties » (liuchao 六朝) désigne l’époque de l’histoire de Chine qui regroupe la dynastie des Wu 吳 (sous les Trois Royaumes, 222-280), celle des Jin orientaux 東晉 (317-420) et les Quatre Dynasties du Sud 南朝 : Song 宋, 420-479 ; Qi 齊, 479-502 ; Liang 梁, 502-557 ; Chen 陳, 557-589.
50 Ou « récits de l’étrange ». Nous reprenons ici l’expression de Robert Ford Campany dans son ouvrage Strange Writing (1996, p. 21-26). Les récits de l’étrange concernent tous les événements inexpliqués et étranges, souvent dus à des manifestations surnaturelles de fantômes, d’esprits et de démons. Ils fleurissent sous les dynasties du Nord et du Sud et se présentent sous une forme brève. Voir aussi Kenneth Dewoskin, 1974, The Sou-shen chi and the chih kuai Tradition ; Leo Tak‑Hung Chan, 1998, The Discourse on Foxes and Ghosts, p. 6-11.
51 Genre de l’anecdote de type long (en opposition aux menus propos de type xiaoshuo 小說) apparue en Chine au viiie siècle et développée largement dès le xe siècle, rédigée en langue classique, où le narrateur raconte ce dont il a été le témoin, direct ou indirect. Sur les chuanqi, voir s. v. dans André Lévy, 2000, Dictionnaire de littérature chinoise, p. 42-45 ; Curtis Adkins, 1976, The Supernatural in T’ang Chu’an-ch’i Tales, p. 13 ; Chang Han‑liang, 1980, “Towards a structural generic theory of T’ang Ch’uan-chi”, p. 25-49.
52 Le mot « démoniser » n’est pas encore répertorié dans les dictionnaires de français moderne. Néanmoins, le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) range le terme « démonisation » dans son explication du mot « démon » et le définit ainsi : « Démonisation : Action de rendre démon, démoniaque. » Le terme « démonisation » convient plus que tout autre ici : on ne peut pas, en effet, parler de « diabolisation » au sens où on l’entend en Occident, le renard en Chine passant véritablement du statut d’animal à celui de « démon », et non de « diable ».
53 Li Fang, natif du Hebei, était un fonctionnaire des Cinq Dynasties. Il est l’auteur de la grande encyclopédie Taiping yulan 太平御覽 ainsi que du Wenyuan yinghua 文苑英華 (Florilège littéraire). Le Taiping guangji doit son nom à la période Taiping Xingguo 太平興國 (976-984), première période de règne de l’empereur Taizong (qui régna de 976 à 997). Pour une présentation plus complète du Taiping guangji (ou « Somme »), de ses études et des traductions disponibles, voir notre article « Études et traductions occidentales sur le Taiping Guangji 太平廣記 » de 2011. Sur les projets de compilations et d’encyclopédies d’époques Tang et Song, voir le no hors-série Qu’était-ce qu’écrire une encyclopédie en Chine ? de la revue Extrême-Orient, Extrême Occident (Florence Bretelle‑Establet, Karine Chemla (dir.), 2007), et plus spécialement les articles de Jean‑Pierre Drège, « Des ouvrages classés par catégories : les encyclopédies chinoises », et Johannes L. Kurz, “The compilation and publication of the Taiping yulan and the Cefu yuangui.”
54 Nous prenons ici comme référence l’édition en dix volumes publiée par la maison d’édition de Beijing, Zhonghua shuju 中华书局, en 2010.
55 Il s’agit d’un recueil de mirabilia du ive siècle composé par Gan Bao sous la dynastie des Jin et contenant de nombreux mythes et légendes de l’Antiquité et des premiers siècles de notre ère. C’est l’ouvrage le plus représentatif des Six Dynasties en ce qui concerne la littérature fantastique chinoise. Il regroupe 464 contes, répertoriés en 20 chapitres. Dans le TPGJ, c’est également le recueil qui contient le plus grand nombre de récits vulpins – ou hulijing gushi 狐狸精故事 –, avec 17 histoires. Pour une version en chinois, voir Gan Bao [干宝], 1985, Soushen ji 搜神记. Pour une traduction en français, voir Gan Bao [干寶], 1992, À la recherche des esprits.
56 Arrière-petit-fils de l’empereur Jing des Han (qui régna de -157 à -141). Gongchuan 廣川 : dans l’actuelle province du Hebei.
57 Luan Shu 欒書 : célèbre général de la principauté de Jin à l’époque des Printemps et Automnes (vie siècle av. J.‑C.).
58 Source : « Han Guangchuan wang 汉廣川王 » (TPGJ, rouleau 447), tiré du Soushen ji 搜神記, chap. 15, « Luanshu zhong 欒書冢 » (in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记小说大观 (Inventaire des notes au fil du pinceau d’époques Han, Wei et Six Dynasties), 1999, p. 395).
59 Le personnage du renard lettré diffère des autres renards démoniaques métamorphosés en humains par le fait qu’il est la plupart du temps bienveillant, érudit et cultivé. Voir Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Zhang Hua 張華 » (in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记小说大观 (Inventaire des notes au fil du pinceau d’époques Han, Wei et Six Dynasties), 1999, p. 416-418). Voir la traduction intégrale de Jean Levi, in Gan Bao [干寶], 1992, À la recherche des esprits, p. 189-190. Voir aussi Li Fang 1985, Taiping yulan 太平御覽, chap. 909, 7a, et Li Fang, 1961, Taiping guangji 太平廣記, chap. 442. Pour la deuxième histoire, voir Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Hu boshi 胡博士 » ; voir aussi Taiping yulan 太平御覽, chap. 909, 7a-b, et chap. 32, 3b.
60 Soushen ji 搜神記, chap. 18., « Azi 阿紫 », in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记小说大观 (Inventaire des notes au fil du pinceau d’époques Han, Wei et Six Dynasties), p. 419. Voir aussi le récit « Chen Xian 陳羨 » (TPGJ 447).
61 Le conte reprend un passage du Mingshan ji 名山記 (Notes sur les montagnes célèbres), dixième rouleau du Shiyi ji 拾遺記 (ou Shiyi lu 拾遺錄, « Annales oubliées ») de Wang Jia 王嘉 (ou Wang Zinian 王子年) (?-393 ?), recueil de zhiguai des Jin orientaux.
62 Voir Soushen ji 搜神記, chap. 18, « Wuxing lao li 吳興老狸 » (« Le vieux renard de Wuxing »). Nous mettons cependant ici un petit bémol, puisque ce récit, comme son titre l’indique, met peut-être en scène un chat sauvage (li 狸) et non un renard (hu 狐).
63 Ouvrage historique sur la période des Printemps et Automnes (770-476 av. J.‑C.), septième des « Treize Classiques » (ou « Treize Canons »), ensemble des textes fondamentaux du confucianisme. Pour une version en chinois, voir Chunqiu Zuozhuan 春秋左傳, 1981.
64 Voir ibid., « Li Qiu zhangren 黎丘丈人 ».
65 Voir « Yin Yuan 尹瑗 » (TPGJ 454), source : Xuanshi zhi 宣室志.
66 Voir « Feng Jie 馮玠 » (TPGJ 451), source : Guangyi ji 廣異記.
67 Voir « Weishi Zi 韋氏子 » (TPGJ 454), source : Xuanshi zhi 宣室志.
68 Ibid.
69 Volumineux recueil d’anecdotes de l’étrange composé par Dai Fu 戴孚 au viiie siècle de notre ère et préfacé par le peintre, poète et calligraphe taoïste Gu Kuang 顧況 (c. 725-c. 814). Cet ouvrage est pratiquement perdu aujourd’hui (il nous en reste seulement deux pages), mais certains de ses récits sont répertoriés dans d’autres compilations, notamment dans le TPGJ.
70 Actuelle Shangqiu 商丘 dans la province du Henan.
71 Voir « Wang lao 王老 » (TPGJ 451).
72 Ou « Forêt de perles du Jardin du Dharma » : encyclopédie bouddhiste en 100 chapitres écrite sous la dynastie des Tang par Daoshi 道世 (?-683) et terminée en 668.
73 Ville située dans l’actuel Henan.
74 Voir « Song Daxian 宋大賢 » (TPGJ 447). On trouve une histoire similaire dans le Soushen ji 搜神記, chap. 18 « Song daxian 宋大賢 » (in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记小说大观 (Inventaire des notes au fil du pinceau d’époques Han, Wei et Six Dynasties), p. 419-420), ainsi que dans le Shenxian zhuan 神仙傳, « Luan se 欒色 » (voir Chen Menglei [陈梦雷], 1972, Gujin tushu jicheng 古今图书集成, p. 699).
75 Recueil de xiaoshuo des Tang, écrit par Niu Su 牛肅 (ixe siècle).
76 Voir « Yuan Jiazuo 袁嘉祚 » (TPGJ 451), source : Jiwen 紀聞.
77 Voir « Zheng Hongzhi 鄭宏之 » (TPGJ 449).
78 Voir « Li Chang 李萇 » (in TPGJ 452).
79 Recueil de zhiguai et de chuanqi en langue classique écrit par Liu Fu 劉斧 des Song du Nord et largement inspirés de récits antérieurs.
80 Voir Qingsuo gaoyi 青瑣高議, « Dong gou yexing shansi hujing 董遘夜行山寺聞狐精 ».
81 On finit même par utiliser le sang du renard sous les Jin dans des rituels de métamorphose. Voir à ce sujet Baopuzi neipian jiaoshi 抱樸子內篇校釋, 1996, chap. 16. Voir aussi Ge Hong, 1966, Alchemy, Medicine, Religion in the China of A.D. 320, p. 277.
82 Et parfois le contraire. On peut trouver des cas de métamorphose d’ours en renards, mais aussi de chevaux en renards : voir Shuzhu jinian 書竹紀年, 33e année du roi Xuan 周宣王, repris dans Soushen ji 搜神記, rouleau 6, « Ma hua hu 馬化狐 » (« Un cheval métamorphosé en renard »), in Han Wei Liu Chao biji xiaoshuo daguan 汉魏六朝笔记小说大观 (Inventaire des notes au fil du pinceau d’époques Han, Wei et Six Dynasties), p. 317.
83 Même si l’esprit-renard (hulijing) désigne principalement un renard métamorphosé en humain, on trouve cependant encore parfois les anciens termes employés pour parler des renards démoniaques, même métamorphosés (notamment huyao 狐妖 et humei 狐魅).
84 Recueil de chuanqi d’époque Tang.
85 Voir « Seng Yan Tong 僧晏通 » (TPGJ 451). On trouve une histoire identique dans Chen Menglei [陈梦雷], 1972, Gujin tushu jicheng 古今图书集成, p. 700, « Seng Zhi Yuan 僧志元 ».
86 Recueil de biji de Duan Chengshi 段成式 (803-863).
87 Voir « Liu Yuanding 劉元鼎 » (TPGJ 454).
88 Bai Juyi, 1999, Bai Juyi quan ji 白居易全集 (Œuvres complètes de Bai Juyi), p. 54. Traduction légèrement modifiée de celle de Robert van Gulik, 2001, la Vie sexuelle dans la Chine ancienne, p. 267-269.
89 C’est l’un des recueils de récits fantastiques qui contient le plus de contes vulpins. L’ouvrage réunit différents recueils de contes : Luanyang xiaoxia lu 灤陽消夏錄 (Passe-temps d’un été à Luanyang – 1789), Rushi wowen 如是我聞 (Voici ce qu’on m’a conté – 1791), Huaixi zazhi 槐西雜志 (Mélanges à l’ouest du sophora – 1792), Guwang tingzhi 姑妄聽之 (Écoutons toujours – 1793) et Luanyang xulu 灤陽續錄 (Suite à Luanyang – 1798). L’ensemble est constitué de 24 rouleaux et 1200 rubriques, avec des notes, des anecdotes personnelles ou entendues à diverses occasions, des faits divers étranges, des récits commentés. Ji Yun adopte le style des zhiguai des dynasties du Nord et du Sud, avec des récits de mirabilia concis, sans descriptions détaillées, écrits dans un style simple mais en langue classique. Il reprend également toutes les croyances anciennes sur le renard, avec une prédilection pour le thème des renards lettrés. Pour une version en chinois, voir Ji Yun [纪昀], 1994, Yuewei caotang biji zhushi 阅微草堂笔记注释.
90 Pour plus d’informations sur Ji Yun, se reporter à la notice de Jacques Dars, in André Lévy, 2000, Dictionnaire de littérature chinoise, p. 133-134. Voir aussi l’introduction de Jacques Dars dans sa traduction de Ji Yun, 1998a, Passe-temps d’un été à Luanyang, p. I-XVI. Voir encore l’ouvrage très complet de Leo Tak‑Hung Chan, 1998, The Discourse on Foxes and Ghosts.
91 Voir Luoyang qielan ji 洛陽伽藍記, « Sun Yan 孫岩 » et Soushen ji 搜神記 « Azi 阿紫 ». Voir supra.
92 Le thème des courtisanes se développe dans la littérature chinoise à partir des Tang et se poursuit jusqu’aux Ming. Pour une étude de la place des courtisanes dans la société et la littérature des Tang, voir Liu Kairong [刘开荣], 1948, Tangdai xiaoshuo yanjiu 唐代小说研究 (Recherches sur le xiaoshuo d’époque Tang), p. 55-78. Voir également Robert van Gulik, 2001, la Vie sexuelle dans la Chine ancienne, p. 219-235.
93 Voir à ce sujet l’article d’Henri Maspero, « Les procédés de “nourrir le principe vital” », in le Taoïsme et les Religions chinoises, Paris : Gallimard, 1971, p. 481-589. Voir également Marcel Granet, 1999, la Pensée chinoise, p. 414-423 ; Catherine Despeux, 1990, Immortelles de la Chine ancienne ; Farzeen Baldrian‑Hussein, 1984, Procédés secrets du joyau magique ; Muriel Baryosher‑Chemouny, 1996, la Quête de l’immortalité en Chine.
94 Sur la notion des principes mâle et femelle (yin et yang), voir Marcel granet, 1999, la Pensée chinoise, p. 101-126. Voir aussi Robert van Gulik, 2001, la Vie sexuelle dans la Chine ancienne, p. 64-65, 74-76 ; Anne Cheng, 1997, Histoire de la pensée chinoise, p. 241-243 ; Song Shugong [宋书功], 1991, Zhongguo gudai fangwu yangsheng ji yao 中国古代房屋养生集要 (l’Art de cultiver son énergie yang en chambre dans la Chine ancienne).
95 Voir à ce sujet l’ouvrage de Joseph Needham, 1954, Science and Civilization in China. Voir également Johan Chang, 2005, le Tao de l’art d’aimer.
96 Il s’agit de l’un des trois volumes des San Yan 三言 (les Trois propos) – recueil de récits de type huaben 話本 publié entre 1620 et 1627 par Feng Menglong –, les deux autres étant le Yushi mingyan 喻世明言 (Propos éclairants pour édifier le monde) et le Xingshi hengyan 醒世恒言 (Propos éternels pour éveiller le monde).
97 Voir Feng Menglong 冯梦龙, Jingshi tongyan 警世通言, conte no 3. Pour plus de précisions sur ce conte, voir la notice d’André Lévy, in Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire, 1979, vol. VIII-2, p. 366.
98 Roman érotique et historico-légendaire d’un certain Yanyansheng 艳艳生 de Hangzhou 杭州. Daté de 1621, il retrace l’histoire de deux sœurs débauchées (à l’origine une renarde à neuf queues et une hirondelle) et de leurs frasques et manigances au palais impérial sous le règne de l’empereur Cheng 成 (33-7 av. J.-C.) de la dynastie des Han occidentaux. Pour une traduction en français de Christine Barbier‑Kontler, voir Nuages et pluie au palais des Han, 1996.
99 Théorie confirmée par Wolfram Eberhard, qui écrit : « Depuis déjà deux mille ans, la tradition veut que le renard soit lié aux maladies sexuelles » (1983, Dictionnaire des symboles, p. 298).
100 Les dynasties Song et Ming, présentées comme une grande période de fréquentation des prostituées, connaissent en effet une explosion de la syphilis (yangmeichuang 楊梅瘡), qui s’attrapait fréquemment dans les maisons closes. Voir Xie Zhaozhe [谢肇浙], 1975, « Wu zazu 无杂俎 » ; Liu Dalin [刘达临], 1991, Zhongguo gudai xingwenhua 中国古代性文化 (le Sexe dans la Chine ancienne), p. 783 ; Robert van Gulik, 2001, la Vie sexuelle dans la Chine ancienne, p. 79, 384-385.
101 Voir Jean Levi, 1985, « Le renard, la morte et la courtisane dans la Chine classique », p. 111.
102 Pour une présentation du Pai’an jingqi, voir la notice dans André Lévy, 2000, Dictionnaire de littérature chinoise, p. 188-190.
103 Pour une version en chinois, voir Ling Mengchu [凌蒙初], 2002, Erke pai’an jingqi 二刻拍案警奇, p. 357-367. Pour une traduction française d’André Lévy, voir Ling Mong tch’ou, 1988 (1970), l’Amour de la renarde, p. 265-285. Pour une traduction anglaise, voir John Scott (trad.), 1973, “The merchant and the fox”, p. 131-161.
104 Pour une étude complète de cette histoire, voir Chang Fu‑Jui, in Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire, 1981, vol. VIII‑3, PII, 29, p. 1256-1260.
105 Jean Levi fait notamment le commentaire suivant : « Les liaisons avec les prostituées (avec les renardes) […] sont des alliances parallèles, des ménages doubles apportant ce que le mariage ne donne pas et ne doit pas donner : plaisir et tendresse. » (1985, « Le renard, la morte et la courtisane dans la Chine classique », p. 135).
106 Sur le thème du mariage et de l’amour, mais aussi de l’éthique confucianiste et de la position sociale et familiale de la femme en Chine, voir Angela Leung, 1983, « l’Amour en Chine ».
107 Œuvre considérable qui comprend 16 livres et 431 récits réunissant histoires de diables, d’animaux aux dons surnaturels et de manifestations étranges. Pour une traduction française, voir Pu Songling, 2005, Chroniques de l’étrange (Liaozhai zhi yi 聊齋誌異).
108 Avis partagé également par Zhang Zhenjun 张振军, qui écrit : « Les histoires d’amour entre humains et démones écrites par Pu Songling marquent la maturité des récits chinois sur l’amour entre humains et créatures de l’étrange : elles sont des fleurs rares dans le monde des récits d’amour classiques. » (Pu Songling bixia de renyao lian gushi, biaozhi zhe woguo ren yu yilei lian’ai xiaoshuo de chengshu, shi gudian aiqing xiaoshuo de yi zhi qipa. 蒲松龄笔下的人妖恋故事,标志着我国人与异类恋爱小说的成熟,是古典爱情小说的一枝奇葩) : Zhang Zhenjun [张振军], 1996, « Cong renshen lian dao renyao 从人神恋到人妖恋 » (« De l’amour entre humain et divinité à l’amour entre humain et démon »), p. 105).
109 Wang Xijie [王希杰], 1998, Dongwu wenhua xiaopin ji 动物文化小品集 , p. 286-289 : « On trouve dans les Chroniques de l’étrange beaucoup d’histoires magnifiques. Quels en sont les protagonistes ? Les renards ! Passionnés, pleins de sentiments humains et emplis d’humanité. » (Ta de Liaozhai zhiyi you xuduo jingcai meili de gushi, zhurenweng naishi huli. Duo qing duo yi fu yu renqing renwei. 他的聊斋志异有许多精彩美丽的故事,主人翁乃是狐狸。多情多义富于人情人味.)
110 Voir Kang Xiaofei, 2006, The Cult of the Fox, Power, Gender, and Popular Religion in Late Imperia land Modern China, New York : Columbia University Press, 2006, p. 73-74. Voir notre compte-rendu de lecture sur cet ouvrage dans la revue Études chinoises : Solange Cruveillé, 2008, “Kang Xiaofei, The Cult of the Fox », in Études chinoises XXVI, janvier 2008, p. 375-379.”
111 Voir supra notes 3 et 4.
112 Voir le constat de Leo Tak‑hung Chan à propos des renards du Yuewei caotang biji 閱微草堂筆記 de Ji Yun, dans The Discourse on Foxes and Ghosts (1998), p. 145.
113 Voir Rania Huntington, 2003, Alien Kind, p. 2, 5.
114 Ibid., p. 73.
115 Voir Kang Xiaofei, 2006, The Cult of the Fox , p. 77.
116 En effet, les renards bienveillants se consacrent souvent à l’étude des Classiques ou bien à la pratique du taoïsme pour atteindre l’immortalité (alors que les démons renards s’en prennent aux humains pour leur voler leur énergie vitale).
Autrice : Solange Cruveillé - Institut de recherche ‘intersite’ en études culturelles- Iriec/ Université Paul-Valéry Montpellier-III
Du même auteur :
- Jade, or, porcelaine..., Presses universitaires de la Méditerranée, 2021
- Préface in Jade, or, porcelaine..., Presses universitaires de la Méditerranée, 2021
- Trésors précieux et mystérieux dans la Chine du premier millénaire : étude des récits du Taiping guangji 太平廣記 consacrés aux bao 寶 in Jade, or, porcelaine..., Presses universitaires de la Méditerranée, 2021
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Le Renard à Neuf Queues (Jiu Wei Hu) – Extrait – Document ‘mandarin-factory.com’
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Illustration - Les mythes chinois sur les esprits du renard à neuf queues se sont répandus au Vietnam, en Corée et au Japon, et les histoires d’esprits du renard abondent dans toutes ces cultures.
En Chine, l’esprit de renard (Jiu Wei Hu) est un habile métamorphe, Jiu Wei Hu est une espèce de renard à la belle fourrure blanche et à neuf queues qui hurle comme un nouveau-né et mange les gens. Les premières légendes parlent de renards intelligents qui se cachent au plus profond des montagnes où ils étudient et pratiquent la magie taoïste dans le but d’atteindre l’immortalité. Plus ils acquièrent de la sagesse, plus ils font pousser de queues, et après un millier d’années, les esprits de renard les plus habiles font pousser neuf queues et deviennent immortels. Ils peuvent prendre la forme de n’importe quel humain, homme, femme, vieux ou jeune bien que leur queue très touffue les trahisse souvent. L’idée que les métamorphes sont frustrés par leur queue est un thème récurrent dans les mythes chinois. Le Roi Singe, par exemple, peut-être le métamorphe le plus habile de tous, a toujours du mal à savoir quoi faire de sa queue lors de ses transformations.
Notre article touche à sa fin, nous espérons que vous en avez appris plus sur les monstres de la mythologie chinoise. Nous avons traité lors de cet article 7 créatures mais la mythologie chinoise est très riche et ils en existent beaucoup d’autres avec des légendes tout aussi épiques et intéressantes qui ne manqueront pas d’être racontées prochainement sur notre blog.
Source : https://mandarin-factory.com/blogs/blog-chine/7-monstres-chinois-et-leurs-legendes
Créature emblématique du folklore japonais, le Kitsune est un animal magique particulièrement populaire au Japon.
Le Kitsune (狐) est un esprit renard appartenant à la famille des yokai, créatures surnaturelles japonaises. Animal polymorphe, il possède de nombreux pouvoirs dont celui de prendre l’apparence d’une jeune femme.
On raconte qu’il serait le messager d’Inari, déesse du riz et du commerce. De nature rusée, ce yokai adore jouer des tours aux humains.
Découvrez le portrait et les légendes de cette créature envoûtante. 🤩
Histoire du Kitsune
origines du kitsune
Illustrations d’ Utagawa Kuniyoshi. A gauche : Déesse Inari accompagnée de son renard messager / A droite : Le prince Hanzoku effrayé par un Kitsune.
Le terme kitsune se traduit par « renard » ou « esprit renard » en japonais. Selon certains scientifiques, ce yokai serait né de légendes très anciennes d’origine chinoise, coréenne ou indienne avant d’intégrer le folklore nippon.
L’esprit renard à 9 queues était appelé Huli Jing en Chine et Kumiho en Corée. D’autre part, la créature se rapproche également du Rakshaka indien qui possédait lui aussi des pouvoirs d’illusionnisme et un caractère espiègle. Toutefois, certains Japonais pensent que le Kitsune proviendrait d’un concept indigène.
Par ailleurs, le renard apparaît dès le 11e siècle dans le Konjaku Monogatari, un recueil japonais rassemblant une collection de contes populaires asiatiques. On raconte que les renards et les hommes vivaient ensemble en harmonie dans l’ancien Japon. C’est pourquoi, contrairement à ses homologues chinois et coréen, le Kitsune est considéré comme bienveillant dès le 9e siècle aux yeux de la culture nippone, tout comme son cousin le Tanuki.
Si la véritable origine du Kitsune est plutôt floue, ce dernier fait l’objet de nombreuses légendes et croyances shinto, taoïste et bouddhistes. Dans les récits, on lui confère de véritables pouvoirs magiques et une intelligence très affûtée. 🤓
💥 Les pouvoirs magiques du Kitsune
pouvoirs kitsune
A gauche : Art by ©yuchenghong / A droite : Unknow
Le yokai a une apparence semblable au renard commun, toutefois il est pourvu de plusieurs queues. Pour connaître l’âge d’un Kitsune il suffit de compter combien il en a. En effet, tous les cent ans, cette créature mythique se voit pousser une nouvelle queue. Le Kitsune peut en posséder jusqu’à neuf, signe d’expérience avancée et de sagesse. Ce dernier se voit vêtu d’un pelage blanc.
Par ailleurs, au fur et à mesure des années, ses pouvoirs magiques augmentent. Ainsi, à ses cent ans, il acquiert le pouvoir de métamorphose et peut prendre une forme humaine, généralement celle d’une jeune femme séduisante. Le yokai est donc souvent associé à une figure féminine.
| Extrêmement intelligente et malicieuse, la femme renarde envoûte les hommes et s’amuse à leur jouer des tours. Souvent bienveillante, elle peut parfois devenir maléfique selon les situations. Vous devez savoir qu’elle est très susceptible et rancunière. Par conséquent, gare à ne pas la froisser si vous ne voulez pas qu’elle vous jette une malédiction terrible. 😨 En revanche, elle se révèle très fidèle et sincère. En général, c’est une âme juste qui apporte de bonnes choses si on la respecte. |
A un âge mûr, le Kitsune devient extrêmement puissant et peut prendre n’importe quelle apparence. Il a le pouvoir de lire dans les pensées, de prendre possession des esprits et des rêves. Ainsi, la créature fantastique peut manipuler les humains et influencer leurs destins.
Certains Kitsune très puissants ont la faculté de prédire l’avenir et de moduler l’espace-temps. Enfin, le renard céleste est également connu pour être le maître de l’illusion. On dit qu’il crée le feu en frottant ses queues. 🔥
Les différents types de Kitsune{{}}
types de kitsune
Illustrations de Matthew Meyer. A gauche : Myôbu / A droite : Nogitsune.
Il existe plusieurs sortes de Kitsune liées aux 13 éléments de la mythologie japonaise tels que le ciel, le feu, la terre, le vide, etc. On raconte que chaque renard est connecté à un élément en particulier qui va déterminer son tempérament.
Dans certaines légendes, les Kitsune possèdent un collier de 12 perles autour du cou, pour symboliser ces éléments. Le 13e étant représenté par la créature elle-même.
Parmi les types de Kitsune les plus connus, on peut citer les Myôbu et les Nogitsune.
- Les Myôbu sont des Kitsune bienveillants liés à l’élément céleste et à la divinité Inari. Leur rencontre est signe de bon présage.
- Associés à l’élément du vide, les Nogitsune sont particulièrement espiègles, mais pas forcément malintentionnés. Toutefois, prenez garde à ne pas attirer leurs foudres.
Les Bakemono Kitsune sont des fantômes. Il faut savoir qu’après leur mort, les renards magiques ont le choix de sacrifier une de leurs queues pour revenir sur Terre ou de se transformer en esprit. C’est un peu l’équivalent de notre chat à 9 vies.
Légendes populaires autour du Kitsune{{}}
Certaines croyances racontent que les femmes qui sortent seules au crépuscule sont en réalité des renardes. 🦊
Plusieurs mythes rapportent que ces femmes ont parfois des difficultés à cacher leur vraie nature. Elles craignent leurs ennemis les chiens et les hommes de foi qui auraient le pouvoir de les démasquer. Par ailleurs, le reflet du miroir ou encore l’emprise de l’alcool révélerait leur véritable identité. Alors, si vous avez un doute sur la nature de vos copines, vous savez ce qu’il vous reste à faire. 😉
Dans l’imaginaire japonais, lorsque la pluie se met à tomber un jour ensoleillé, cela signifie qu’un mariage entre un Kitsune et un humain a eu lieu. C’est généralement un signe de bon présage. Les enfants nés de cette union auraient une apparence humaine avec quelques pouvoirs hérités de leur mère. Une des légendes les plus populaires est celle de Kuzunoha.
La légende du Kitsune Kuzunoha, une belle histoire{{}}
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Représentations du Kitsune Kuzunoha. A gauche par Utagawa Kuniyoshi / A droite par Matthew Meyer.
Dans la forêt de Shinoda, une renarde au pelage blanc se retrouva piégée par un chasseur qui cherchait un remède médicinal. Passant par-là, le jeune Abe no Yasuna fut pris de pitié et décida de venir en aide à l’animal. Il combattu le chasseur et délivra la créature épuisée.
Reconnaissante envers son sauveur, la renarde prit une forme humaine et lui rendit visite pour panser ses blessures. Au fur et à mesure du temps qu’ils passaient ensemble, les deux êtres tombèrent éperdument amoureux. Charmé par la belle Kuzunoha, Abe no Yasuna ne tarda pas à la demander en mariage. Plus tard, ils eurent un fils nommé Seimei. Ayant hérité d’une partie des pouvoirs de sa mère, l’enfant possédait une intelligence et des facultés remarquables.
Un jour, alors que sa mère contemplait les chrysanthèmes du jardin, le jeune Seimei découvrit le bout d’une queue de renard. Démasquée, Kuzunoha fut obligée de quitter sa famille. Avant de partir, elle donna rendez-vous à son bien-aimé dans la forêt où ils s’étaient rencontrés.
Lorsqu’Abe no Yasuna et son fils se rendirent dans les bois, ils aperçurent un majestueux renard blanc. C’était en réalité Kuzunoha qui leur apparaissait sous sa forme animale pour leur révéler qu’elle était le kami de la forêt de Shinoda. Avant de retourner à sa vie sauvage, la renarde offrit à son fils le pouvoir de comprendre et de communiquer avec les animaux.
La légende du Kitsune Tamamo no Mae, une sombre histoire{{}}
légende tamamo no mae
Représentations du Kitsune Tamamo no Mae. A gauche par Utagawa Kuniyoshi A droite par Matthew Meyer.
Une autre légende raconte l’histoire d’une jeune femme belle et intelligente qui avait envoûté l’empereur Toba no In et son fils.
La mystérieuse Tamamo no Mae avait une culture étonnante malgré sa jeunesse. Son esprit perçant, son apparence toujours impeccable et sa beauté sans pareil éblouissaient la Cour, si bien qu’elle fut surnommée la Demoiselle Joyau lumineux.
Un jour, l’empereur et son fils tombèrent tous les deux gravement malades sans explication. Après avoir convoqué plusieurs prêtres et testé de nombreux remèdes sans succès, ils appelèrent une astrologue pour comprendre l’origine de ce mal.
Abe no Yasuchika qui possédait également un don d’exorcisme ne tarda pas à découvrir la véritable identité de Tamamo no Mae. La belle jeune femme s’avérait être une renarde à 9 queues particulièrement maléfique.
Une chasse fut organisée pour exécuter la dangereuse créature qui avait alors pris la fuite. Après avoir été tuée par une flèche, la renarde se transforma en pierre maudite qui avait le pouvoir de tuer tous ceux qui la touchait.
Dans une autre légende, Tamamo no Mae était un esprit bienveillant qui dissipait les forces du mal. Un carillon annonçait toujours son arrivée en sonnant 13 fois, en symbole des 13 éléments de la mythologie.
Signification du Kitsune dans la culture japonaise{{}}
sanctuaire kitsune
Statues de Kitsune au temple Toyokawa Inari, préfecture d’Aichi.
Les Kitsune sont connus pour être les gardiens et messagers d’Inari. De ce fait, leurs statues peuplent les sanctuaires de la divinité shintoïste. Vénérés par les Japonais, ils sont également considérés comme des kamis protecteurs, notamment vis-à-vis des mauvais esprits.
Les artistes nippons et le théâtre kabuki font régulièrement référence au renard à 9 queues dans leurs œuvres. Cependant, si le Kitsune est aussi célèbre c’est en partie grâce aux mangas, aux animés et aux jeux vidéo qui se sont largement inspirés du mythe sous sa forme humaine ou animale.
Dans le célèbre film d’animation Naruto, le personnage de Kyûbi représente un esprit renard qui prend possession du héros. Plus tard, le dessin animé Pokémon sort Goupix et Feunard, deux versions dérivées du Kitsune. Par ailleurs, la femme renarde s’invite dans plusieurs jeux vidéo tels que League of Legends pour le plus grand plaisir des gamers.
kitsune dans culture pop
En haut : Kyûbi dans Naruto / En bas, à gauche : Pokémon Feunard / En bas, à droite : Pokémon Goupix.
Signification du masque de Kitsune{{}}
Si vous avez bien suivi jusque-là, vous aurez compris que les Kitsunes sont les messagers de la déesse Inari. A ce titre, ils sont eux-mêmes vénérés comme des kami (divinités shinto). Avant la période des récoltes, les sanctuaires ⛩️ dédiés à la déesse du riz et de la fertilité organisent des célébrations où les participants peuvent porter des masques de Kitsune. Le but étant d’attirer les bonnes faveurs des divinités pour s’assurer une bonne récolte. 🌾
Mais là où vous aurez le plus de chance de porter votre masque de renard, ce sera durant les matsuri (festivals japonais populaires).
Le festival le plus connu est le Oji Kitsune no Gyoretsu (litt. ’la parade des renards Oji’). Cet événement a lieu la veille du Nouvel An, à Tokyo, et rassemble des centaines de personnes déguisées ou maquillées en renard. La parade défile jusqu’au sanctuaire d’Oji pour faire la première prière de l’année.
Mais pourquoi donc, me diriez-vous ? Cette tradition part d’une légende selon laquelle, tous les ans, les Kitsunes se réunissent sous un arbre pour accueillir la nouvelle année à venir. Ensuite, ils prennent la forme d’humains déguisés en Kitsune pour se rendre discrètement au sanctuaire d’Oji pour la première visite annuelle. Hey, ce n’est pour rien qu’on dit ’rusé comme un renard’. 😄
Si vous êtes dans le coin en cette période, c’est l’occasion de passer un réveillon inoubliable et peut-être, qui sait, d’observer quelques Kitsunes dissimulés dans la foule. 😉
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Source : https://universdujapon.com/blogs/japon/kitsune
Le renard est avant tout un symbole de ruse ou d’intelligence, selon le contexte du rêve. Dans une première approche, il peut représenter l’intelligence du rêveur, mais aussi son isolement, sa marginalité. Il vit loin de la société des hommes et n’est pas un animal grégaire. Il ne vit pas en meute.
Dans une deuxième approche, il peut symboliser un homme rusé, séducteur et prédateur. C’est le renard qui pénètre dans le poulailler pour voler des poules qu’il va dévorer. Il agit de façon insidieuse, par la ruse, comme un hors-la-loi. À ce titre, il représente le séducteur qui pénètre dans le domaine des autres pour voler leur femme, c’est-à-dire la séduire. Sa ruse, son pelage flamboyant et sa queue touffue illustrent bien cette apparence séduisante.
Traditionnellement, c’est ce sens de malin, rusé ou fourbe – avec une notion de nuisible pour l’homme – qui se retrouve dans l’ensemble des traditions populaires du globe, s’agissant du renard.
Une seconde lecture, plus initiatique, nous amène au renard du Petit Prince, livre essentiel, à la symbolique dense. Ici, le renard figure l’homme intelligent, en marge de la société, l’homme à la recherche de lui-même, de l’amour et de la fraternité véritable. Le renard tisse des liens avec des êtres authentiques face à une société figée qui le rejette, celle qui a perdu le sens de ses valeurs. Il symbolise alors l’intelligence du cœur.
Dans ce sens toujours positif, le renard, c’est Zorro, le justicier rusé, secret et solitaire.
Cette définition provient du Nouveau dictionnaire des rêves de Tristan-Frédéric Moir (Editions L’Archipel) et du sitetristan-moir.fr
Source : https://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Dictionnaire-des-reves/Renard
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Que signifie le renard en tant qu’animal totem ? [Spiritualité Psychanalyse Amérindiens Bible Totem] - Par Elisa Poch de Feliu, Rédactrice. 2 juillet 2020 – Document ‘education.toutcomment.com’
Le renard est l’un des animaux totems le plus vénéré et le plus apprécié, car ce n’est pas seulement un bel animal, mais en tant qu’animal spirituel, il est l’un des meilleurs, surtout pour les personnes créatives ou celles qui vivent des situations compliquées, car l’un des enseignements du renard est de se sortir de toute sorte de situations.
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Si vous ne savez pas ce que signifie le fait de voir un renard sur la route, de voir un renard apparaître dans une situation particulière, ou si vous avez simplement rêvé de cet animal ou si vous pensez que le renard est un animal de pouvoir, ne manquez pas cet article de Tout COMMENT sur la signification du renard en tant qu’animal totem. Bonne lecture !
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Index :
- Signification spirituelle du renard
- Signification spirituelle du fait de voir un renard
- Symbole du renard en psychanalyse
- Symbole du renard dans la Bible
- Quelle est la signification du renard chez les Amérindiens ?
- Autres significations du renard en tant qu’animal totem
Signification spirituelle du renard {{}}
Le renard est un animal connu pour son incroyable adaptabilité à son environnement. Qu’il s’agisse d’un habitat désertique, arctique ou tout autre habitat terrestre, le renard a su s’adapter à tous les types d’environnement. C’est pourquoi il est l’un des animaux les plus universels et les plus connus, puisqu’il vit sur tous les continents depuis la nuit des temps.
C’est également la raison pour laquelle le renard est l’un des animaux les plus rusés et intelligents, car il a une grande capacité à trouver des solutions à tout type de problème qu’il rencontre, même si celui-ci est nouveau pour lui. Une légende populaire raconte qu’un fermier aurait vu un renard plonger dans l’eau avec un bâton dans la gueule tourné vers le haut. Le renard, semble-t-il, était plein de puces, car le paysan les avait toutes vues quitter le corps du renard et grimper sur le bâton, pour tenter de survivre. Quand toutes les puces étaient sur le bâton, le renard le jetait et sortait de l’eau. Cette légende, vraie ou non, est un excellent exemple de ce que le renard est capable de faire.
D’autre part, avez-vous déjà vu un renard chasser ? Lorsqu’il identifie sa proie, son corps se resserre et se pointe vers elle comme une flèche. Si le renard est notre animal totem, ce fait curieux nous rappelle que nous devons nous concentrer sur notre objectif si nous voulons l’atteindre.
Pour toutes ces raisons, le renard a également été considéré comme un grand protecteur, car il nous aide à faire face avec ruse à tout type de situation qui puisse se présenter à nous, aussi mauvaise soit-elle.
Les leçons du renard en tant qu’animal totem{{}}
Lorsque le renard totem entre dans notre vie, il nous apprend des choses telles que les suivantes :
- Penser autrement : le renard nous aide à penser de manière plus créative et ingénieuse, à aiguiser notre esprit et à tirer le meilleur parti de notre intelligence. Le renard nous aide à prendre conscience de nos habitudes et à envisager les choses d’un autre point de vue, ainsi qu’à agir d’une manière différente que d’habitude.
- S’adapter aux situations : le renard n’abandonne pas, ne se plaint pas, mais s’adapte à tout environnement et à toute circonstance qu’il rencontre, et c’est précisément l’une de ses principales leçons. Le renard, en tant qu’animal totem, vient nous dire que si nous nous mêlons à l’environnement, aux situations, aussi mauvaises soient-elles, nous pouvons les utiliser à notre avantage.
- Atteindre nos objectifs : lorsque le renard entre dans notre vie, c’est, entre autres, pour nous aider à atteindre nos objectifs. Le renard veut que nous concentrions toutes notre énergie sur eux, que nous nous battions pour eux sans distractions. Il veut avant tout que nous les réalisions nous-mêmes, par nos propres moyens.
Que signifie le renard en tant qu’animal totem ? - Signification spirituelle du renard
Signification spirituelle du fait de voir un renard {{}}
Beaucoup de personnes, attentives aux signes spirituels ou de la vie, rencontrent un renard et se demandent ce qu’il peut signifier spirituellement, c’est-à-dire ce que la vie, l’univers ou Dieu essaie de leur dire à propos de la rencontre avec cet animal.
Comme pour tout ce qui est spirituel, il n’y a pas de formule mathématique pour le deviner. La meilleure chose, en fin de compte, est d’écouter notre voix intérieure, parce que même si nous n’y croyons pas, nous savons toujours pourquoi les choses se passent, même si nous ne voulons pas le reconnaître. Cependant, il peut arriver que vous rencontriez un renard et que vous ne connaissiez pas la signification de cette rencontre. Cela peut aussi arriver parce qu’il n’est peut-être pas encore temps pour vous de savoir ce que cela signifie.
Cependant, si vous pensez que cette rencontre est due à votre animal totem, demandez-lui de faire passer le message plus clairement, et attendez. Le message vous parviendra à un moment donné, peut-être sous la forme d’un rêve. Si ce n’est pas le cas, c’est peut-être parce que c’est vous qui devez en découvrir le sens. Cependant, une autre possibilité est de vous adresser à un voyant professionnel de qualité pour vous guider, ou même pour vous dire quel animal spirituel vous accompagne.
Symbole du renard en psychanalyse {{}}
Dans de nombreux films et livres, le renard a toujours été dépeint comme un animal rusé, voire même un peu malicieux, comme par exemple dans le Robin des bois de Disney, où le personnage principal est un renard et excelle dans sa grande intelligence pour déjouer le roi et ses sbires. C’est parce que l’intelligence du renard est si populaire qu’elle a fini par être représentée comme telle d’une certaine manière.
Bien sûr, psychologiquement, nous pourrions interpréter le renard d’une manière différente et totalement unique. C’est-à-dire que nous pouvons inconsciemment associer le renard à quelque chose de complètement opposé et indépendant de sa signification spirituelle en raison d’une expérience passée dont nous ne nous souvenons peut-être même pas. Le cerveau, comme toujours, est un grand mystère !
Symbole du renard dans la Bible {{}}
Les caractéristiques que nous avons mentionnées du renard, à savoir sa ruse et malice, n’en ont pas fait un animal particulièrement sympathique dans la Bible. Pourtant, et curieusement, l’on retrouve assez souvent le renard dans le bestiaire biblique au Moyen Âge, notamment dans les enluminures des bréviaires. Mais, si ces caractéristiques du renard lui confèrent une image négative qui le fait comparer aux faux prophètes, sa réputation se retourne parfois plus favorablement en en faisant un instrument de Dieu.
Quelle est la signification du renard chez les Amérindiens ? {{}}
Chez les Amérindiens, la symbolique du renard a eu deux interprétations tout à fait opposées. Certaines tribus voyaient le renard comme un messager noble et intelligent, tandis que d’autres, au contraire, croyaient que le renard était un tricheur qui aimait jouer des tours aux gens, voire même provoquer la mort !
Autres significations du renard en tant qu’animal totem {{}}
Chaque culture a ses propres croyances, et il en va de même pour le renard et son symbole, un animal très spécial dans les différentes sociétés et religions :
- Chine : Dans ce pays, le renard est symbole de l’au-delà. On pense que le fait de croiser un renard est un signe de la part d’un esprit défunt.
- La symbolique du renard chez les Celtes : Pour la culture celtique, le renard était un guide et un protecteur, reconnu avant tout pour sa grande sagesse. Les Celtes, amoureux de la nature, disaient que puisque les renards connaissent bien les forêts, ils constituent un excellent guide dans le monde des morts.
- Japon : Au Japon, par contre, les renards sont considérés comme des messagers du dieu du riz, ainsi que des esprits de la pluie. D’autre part, dans ce pays, le renard est également considéré comme un grand protecteur contre le mal, ainsi que comme un symbole de longévité.
- Alchimie : dans cette très ancienne croyance, on disait que les renards cultivaient l’élixir de vie. Ils croyaient également que les renards pouvaient se transformer en humains la nuit pour rendre visite aux anciens et leur donner une gorgée de cet élixir, prolongeant ainsi leur vie et améliorant leur santé. D’autre part, en alchimie, le renard était également considéré comme un symbole du feu.
Cependant, en général, toutes les cultures ont coïncidé au cours de l’histoire pour considérer le renard comme un animal rusé, agile, ingénieux et plein de sagesse. Si votre animal totem est le renard, vous avez de la chance, car c’est l’un des animaux les plus puissants qui existent !
Que signifie le renard en tant qu’animal totem ? - Autres significations du renard en tant qu’animal totem
Vous êtes arrivé à la fin de notre article ! Maintenant que vous savez tout sur le renard en tant qu’animal totem, nous espérons qu’il vous accompagnera. Sinon, découvrez dès à présent Comment identifier son animal totem ! À bientôt sur ToutCOMMENT !
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