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"Les scientifiques de l’IPBES, sorte de GIEC pour la biodiversité, alertent pour préserver le vivant et présentent des pistes pour réconcilier nature et économie - Les ‘Soulèvements de la Terre’ déconstruisent la "figure d’éco-terroriste"" par Jacques Hallard
dimanche 15 février 2026, par
ISIAS Biodiversité Soulèvements
Les scientifiques de l’IPBES, sorte de GIEC pour la biodiversité, alertent pour préserver le vivant et présentent des pistes pour réconcilier nature et économie - Les ‘Soulèvements de la Terre’ déconstruisent la ’figure d’éco-terroriste’
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 15/02/2026
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
Rétrospective - Changement climatique - Comment “Les Soulèvements de la Terre” réinventent la lutte écologique - Octave Larmagnac-Matheron publié le 21 juin 2023 ; source : https://www.philomag.com/articles/comment-les-soulevements-de-la-terre-reinventent-la-lutte-ecologique
Quelques précisions préliminaires pour ce dossier conçu et préparé dans un but didactique
La biodiversité désigne la variété des formes de vie sur la Terre. Ce terme est composé du préfixe bio (du grec βίος / bíos, « vie ») et du mot « diversité ». Elle s’apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l’espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d’organisation et entre eux. Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable. L’adoption de la Convention sur la diversité biologique (CDB) au cours de ce sommet engage les pays signataires à protéger et restaurer la diversité du vivant [1]. Au-delà des raisons éthiques, la biodiversité est essentielle aux sociétés humaines qui en sont entièrement dépendantes à travers les services écosystémiques. 2010 a été l’année internationale de la biodiversité, conclue par la Conférence de Nagoya sur la biodiversité, qui a reconnu l’échec de l’objectif international de stopper la régression de la biodiversité avant 2010, et proposé de nouveaux objectifs (protocole de Nagoya). En 2012, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un groupe d’experts intergouvernemental sur le modèle du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a été lancée par le programme des Nations unies pour l’environnement pour conseiller les gouvernements sur cette thématique. En 2019, le nombre d’espèces menacées d’extinction est évalué à un million [2] … - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biodiversit%C3%A9
Le rapport de l’IPBES servira de base fondamentale pour savoir où nous en sommes et où nous devons aller en tant que communauté mondiale afin de motiver l’humanité à réaliser la Vision 2050 de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité, « Vivre en harmonie avec la nature ».
Qu’est-ce que l’IPBES, la plateforme sur la biodiversité ? - Dernière modification : 14 octobre 2024 - L’essentiel :
La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a été créée en 2012. Cette plateforme publie régulièrement des travaux scientifiques sur l’état de la biodiversité à destination des gouvernements de ses États membres. Ces travaux servent d’appui aux négociations internationales pour freiner le déclin de la biodiversité.
La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques est un groupe international d’experts sur la biodiversité. Il est présidé depuis mai 2019 par Ana María Hernández Salgar… - Source : Wikipédia - Création : 21 avril 2012 - Fondateurs : Programme des Nations unies pour l’environnement · Voir plus - Président : David O. Obura (en) (depuis 2023) - Organisation mère : Programme des Nations unies pour l’environnement
GIEC - Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un organisme intergouvernemental chargé d’évaluer l’ampleur, les causes et les conséquences du changement climatique en cours… - Source : Wikipédia - Création : 1988 - Fondateurs : Assemblée générale des Nations unies, Bert Bolin
Les Soulèvements de la Terre (SDT ou SLT) sont un collectif écologiste radical et contestataire français. Fondé en janvier 2021, ce mouvement est opposé à l’accaparement des terres et lutte contre certains projets d’aménagement, notamment les « méga-bassines », des autoroutes, ou encore le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Il exprime ses revendications par des manifestations et mène des actions de désobéissance civile et de sabotage d’infrastructures industrielles qu’il considère comme polluantes. Il rassemble une centaine d’associations ou de collectifs et revendique, en juin 2023, rassembler plus de 110.000 personnes, qui manifestent leur appartenance au mouvement. Le 21 juin 2023, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin annonce la dissolution du mouvement, provoquant de vives réactions, notamment de la part d’Amnesty International et de la Ligue des droits de l’homme. Cette dissolution est suspendue en référé le 11 août 2023, puis annulée le 9 novembre 2023 par le Conseil d’État. Création - Les Soulèvements de la Terre sont un collectif fondé en janvier 2021 à Notre-Dame-des-Landes[2], en France, par d’anciens membres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes[3],[4]. Il se décrit dans un communiqué comme une « coalition qui regroupe des dizaines de collectifs locaux, de fermes, de sections syndicales, d’ONGs à travers le pays ». Socialter le décrit comme une « nébuleuse activiste », tandis que certains membres insistent sur le fait que Les Soulèvements de la Terre sont avant tout une « campagne d’actions » [2]. Il regroupe des militants du mouvement climat, de la mouvance autonome et des paysans [2]. Le premier appel des Soulèvements de la Terre est signé par des chercheurs en histoire et sciences sociales (Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, Anselm Jappe, François Jarrige, Kristin Ross, Sophie Wahnich), des écrivains (Alain Damasio, Baptiste Morizot, Alessandro Pignocchi, Nathalie Quintane) et des figures politiques écologistes (José Bové, Corinne Morel Darleux) [5]. Il apparait dans un contexte de diversification du mouvement pour le climat en France et à l’international, avec de nombreux groupes comme Scientifiques en Rébellion, Dernière Rénovation [6] ou Terres de Luttes [7], qui s’ajoutent aux mouvements citoyens proches de la désobéissance civile comme Youth for Climate, Fridays for Future ou Extinction Rebellion [7]. Ces mouvements ont en commun une critique des projets d’aménagement, appelés « grands projets inutiles et imposés », et remettent en cause le productivisme. Les Soulèvements de la Terre, pour Nicolas Celnik et Fabien Benoit, s’inscrivent ainsi dans les « techno-luttes »[ 8]. En juin 2023, le mouvement déclare regrouper une centaine d’associations et collectifs et plus de 110.000 personnes revendiquent leur appartenance aux Soulèvements de la Terre [9]. Le logotype utilisé comme symbole visuel du collectif, utilisé en électricité pour représenter la mise à terre, soit de connecter un circuit électrique à la terre pour se protéger des risques d’électrocution [10],[11].
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/4/4d/Logo_Les_Soul%C3%A8vements_de_la_Terre.png/233px-Logo_Les_Soul%C3%A8vements_de_la_Terre.pngLire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Soul%C3%A8vements_de_la_Terre
Actualités - : Reportage ’Agro en colère’ : une partie de l’école d’ingénieurs agronomes ‘AgroParisTech’ bloquée par des étudiants - Des élèves ingénieurs agronomes ont organisé le blocage d’une partie d’AgroParisTech, pour notamment une ’cogestion’ entre le gouvernement et la FNSEA, principal syndicat agricole, dans la construction des politiques publiques. Article rédigé par Edouard Marguier Radio France - Publié le 24/01/2026 06:20 – Source : https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/reportage-agro-en-colere-une-partie-de-l-ecole-d-ingenieurs-agronomes-agroparistech-bloquee-par-des-etudiants_7761119.html
Ce dossier parle du sauvetage de la biodiversité et des services écosystémiques à partir d’un rapport de l’IPBES, d’une part, et se poursuit avec quelques contributions sur le mouvement controversé ‘les Soulèvements de la Terre’, d’autre part…
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Retour au début de l’introduction
- Et si les entreprises participaient au sauvetage de la biodiversité ? - Vendredi 13 février 2026 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceinter’ de 3 minutes - Document ‘Provenant du podcast Debout la Terre’
- L’IPBES adopte le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité - Mise à jour : 23 janvier 2026 – Document ‘ofb.gouv.fr’
- Résumé à l’intention des décideurs du rapport de l’évaluation mondiale de l’IPBES
de la biodiversité et des services écosystémiques – Extrait de ‘files.ipbes.net’ - Au cœur des Soulèvements - Lundi 9 février 2026 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceinter’ de 41 minutes - Provenant du podcast La Terre au carré
- Entretien avec Léna Lazare et Martin Fraysse - Les Soulèvements de la Terre : « Nous essayons de construire des alliances là où l’on nous attend le moins » - Par Léa Dang , publié le 04 juillet 2025 – Document ‘socialter.fr’
- Cinéma : un documentaire sur les Soulèvements de la Terre fait parler des militants pour ’déconstruire’ la ’figure d’éco-terroriste’ - Article rédigé par Grégoire Lecalot - Radio France - Publié le 11/02/2026 17:21 – Document’’ franceinfo.fr/culture’
- Comme 90% des Français, Karine Le Marchand pousse un coup de gueule : ’Nous voulons une France avec des villages...’ - Publié le 11 février 2026 à 11:30 - Par Léa Ouzan – Document ‘melty.fr/people’
- Message de Basta ! – « On en Agro ! » - 12 février 2026 à 07:03 - Par Nolwenn Weiler – Quelques extraits de Basta Info Média
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Retour au début de l’introduction
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Et si les entreprises participaient au sauvetage de la biodiversité ? - Vendredi 13 février 2026 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceinter’ de 3 minutes - Document ‘Provenant du podcast Debout la Terre’
Debout la Terre - Celia Quilleret
Entreprise et écologie ©Getty - Shomos uddin
Entreprise et écologie ©Getty - Shomos uddin
C’est un rapport passé un peu inaperçu qui a attiré mon attention cette semaine. Les scientifiques de l’IPBES, l’équivalent du GIEC, pour la biodiversité, alertent sur le rôle des entreprises pour préserver le vivant. Ils présentent une centaine de pistes pour réconcilier la nature et l’économie.{{}}
Avec Célia Quilleret, journaliste Environnement à France Inter
C’est une injustice flagrante : quand les experts du Giec (groupe international d’experts sur le climat) sortent un rapport sur le réchauffement et ses risques, ça fait souvent la une de l’actualité, les politiques, les milieux économiques, s’en emparent. Tant mieux, heureusement, vue l’urgence !
Mais quand il s’agit de nature, c’est silence radio ou presque. Il n’y a plus personne.
Pourtant, lundi, c’est bien l’équivalent du Giec sur la biodiversité qui s’est réuni à Manchester, en Grande-Bretagne. Le nom de ce groupe de scientifiques, l’IPBES, pour plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, ne fait pas rêver.
Mais ces 80 experts ont rédigé un rapport édifiant dans l’espoir que la biodiversité, le vivant riment enfin avec économie, entreprises.
On en est loin ! Si rien ne change, ce n’est plus seulement la biodiversité qui sera en danger critique d’extinction, mais les entreprises elles-mêmes !
Mais comment réconcilier entreprises et biodiversité ?{{}}
’En changeant de modèle’ dit tout de suite Clément Feger, l’un des auteurs du rapport, scientifique à AgroParisTech. Car aujourd’hui ’la recherche de croissance crée un déséquilibre systémique qui met en danger les entreprises**’.
Or la protection de la nature peut devenir une solution, une clé pour les rendre plus robustes. Les chercheurs n’ont pas planché trois ans pour rien. Ils proposent une centaine de solutions : financer des projets de restauration de forêts, de mangroves, conditionner des prêts aux efforts des entreprises, faire en sorte que la régénération des écosystèmes soit rentable.
Concrètement, si une entreprise préserve les chauves-souris, elle peut sauver ses plantations de café ! Si une autre restaure des zones humides, elle garantit son accès à l’eau.
Et si, dans les entreprises, la nature pouvait siéger au conseil d’administration avec une voix, et même un droit de veto ? L’initiative est trop rare encore mais elles sont déjà une dizaine à tenter l’aventure en France selon la juriste Marine Calmet, qui défend cette proposition avec son ONG ’Wild Legal’.
Les entreprises ne peuvent pas tout !{{}}
Non, le rapport le dit, elles ont besoin d’un cadre. De politiques publiques cohérentes pour considérer la nature comme une priorité. Il faut arrêter par exemple les financements néfastes à la biodiversité : 7.000 milliards de dollars en 2023, dont 2000 milliards de financements publics.
Si l’Europe subventionne l’agriculture intensive ou la pêche industrielle, les entreprises n’y sont pour rien. Or si l’on réorientait ces flux, 400 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2030 !
On rêve... Mais en attendant, une autre actu a fait bondir Philippe Grancdolas, écologue au CNRS. L’Europe veut autoriser à vie 49 pesticides. Cela ne va pas aider l’agrochimie à changer de modèle ! Dommage.
Total Energies à nouveau à la barre{{}}
La semaine prochaine, la major pétrolière sera au tribunal judiciaire de Paris. Deux jours d’audience jeudi et vendredi.
Ce sont des ONG, Notre affaire à tous et Sherpa qui assignent l’entreprise pour manquement à son devoir de vigilance. Depuis la loi de 2017, les entreprises doivent limiter leurs impacts sur l’environnement.
Tiens, si la nature avait 1 voix au sein du Conseil d’administration de Total Energies, elle serait peut-être mieux entendue ?
Environnement Économie Climat Biodiversité Entreprises – Marchés Énergies – Ressources Protection de la nature Écologie politique Dépenses publiques – Budget de l’État Nature Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
L’équipe - Célia Quilleret Journaliste Environnement à France Inter
Un ’coffre-fort biologique’ pour sauvegarder les espèces animales 2 min
Le dicamba, cet herbicide qui fait bondir défenseurs de l’environnement et trumpistes aux Etats-Unis
Chausey, un exemple des aires marines protégées qui ne le sont pas dans les faits
Contre les pollueurs, des ’arrestations citoyennes’ so british
La loi Duplomb, le retour, au mépris de la science ?
L’ énergie des dix prochaines années sera nucléaire
Nucléaire et renouvelables : où trouvent-ils toute cette énergie ?
L’IPBES adopte le premier rapport mondial sur les liens entre entreprises et biodiversité - Mise à jour : 23 janvier 2026 – Document ‘ofb.gouv.fr’
Crédit photo : Anastasia Rodopoulou / IISD
Le 8 février 2026, le résumé pour les décideurs de la 1ère évaluation mondiale sur les liens entre entreprises et biodiversité a été approuvé et adopté par l’ensemble des pays membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
La 12e plénière de l’IPBES s’est tenue du 3 au 8 février 2026 à Manchester. À cette occasion, les 150 pays membres de ce groupe international d’experts sur la biodiversité se sont réunis pour échanger sur le « Rapport d’évaluation méthodologique sur l’impact et la dépendance des entreprises à l’égard de la biodiversité et des services écosystémiques rendus à l’humanité ».
Fruit d’un travail de 2 ans qui a mobilisé 80 experts issus de 35 pays, ce rapport scientifique de plus de 400 pages est accompagné d’un résumé pour les décideurs (Summary for policymakers) d’une cinquantaine de pages qui synthétise les principaux éléments. À l’issue de nombreuses sessions d’échanges en plénières et en groupes de travail, le résumé pour les décideurs a été adopté le 8 février à l’unanimité des délégations présentes et représentées. Il sera diffusé dans l’ensemble des langues officielles de l’IPBES (dont le français) auprès des décideurs publics et privés des États membres, des entreprises et organisations non gouvernementales.
Les messages clés{{}}
Si cette évaluation met en évidence le fait que tous les acteurs économiques, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité, ont un impact sur la biodiversité et dépendent fortement des services écosystémiques, le rapport souligne surtout que les paramètres actuels ne permettent pas de créer les conditions favorables à des actions en faveur de la biodiversité et contribuent à rendre les entreprises vulnérables aux risques systémiques.
Selon l’IPBES, les systèmes de soutiens et de sanctions sont actuellement insuffisants pour inciter les entreprises à prendre de réelles mesures pour lutter contre l’érosion de la biodiversité. En parallèle, d’importantes subventions sont accordées à des activités néfastes à la biodiversité. En 2023, les subventions publiques et les investissements privés ayant des impacts négatifs directs sur la nature étaient estimés à 7 300 milliards de dollars.
Pour créer ces conditions favorables, le rapport insiste sur la nécessité de faire évoluer les cadres politiques, juridiques et règlementaires, les systèmes économiques et financiers ainsi que les valeurs sociales et culturelles. Ces changements ne pourront aboutir qu’en accentuant les actions collectives et la collaboration entre acteurs économiques et politiques.
Cependant, de nombreux leviers d’action peuvent dès maintenant être activés par les entreprises et les institutions financières pour réduire leurs impacts sur la biodiversité. En mesurant leurs impacts et leurs dépendances et en agissant pour réduire leur contribution aux pressions sur la biodiversité, elles peuvent limiter les risques, saisir de nouvelles opportunités et améliorer leurs performances environnementales. Ces actions peuvent s’appuyer sur une gouvernance renforcée, des mesures opérationnelles adaptées, une mobilisation de l’ensemble de la chaîne de valeur et, pour les acteurs financiers, une réorientation des financements vers des activités à impacts positifs. Il est à noter que les entreprises peuvent agir sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, en amont, en aval, ainsi que bien sûr sur leurs activités propres.
Par ailleurs, les entreprises peuvent renforcer l’efficacité de leurs démarches en s’appuyant davantage sur la science, mais aussi sur les connaissances locales, traditionnelles et les pratiques éprouvées. Enfin, un enjeu majeur demeure : consolider la base de connaissances existante en comblant les lacunes, tant dans la production de savoirs que dans leur application concrète.
- The methodological assessment of the impact and dependency of business on biodiversity and nature’s contributions to people (Summary for policymakers) - English (ouverture dans une nouvelle fenêtre)
Le duo OFB – FRB, un atout solide pour la délégation française{{}}
Lors de cette 12e plénière, la délégation française était représentée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement, avec l’appui de la Fondation pour la recherche et la biodiversité (FRB) comme coordinateur scientifique et national.
Plus largement, la FRB héberge le secrétariat scientifique du Comité français pour l’IPBES. Cet organe de consultation tripartite, composé de représentants des organismes de recherche, des ministères et administrations publiques impliqués sur les questions de biodiversité ainsi que des représentants de la société, a pour rôle de mobiliser l’expertise française dans les travaux de l’IPBES et d’encourager le dialogue entre la science et la politique.
En tant qu’établissement public chargé de la protection de la biodiversité, l’Office français de la biodiversité était également pleinement mobilisé lors de cette 12e plénière de l’IPBES. Au sein de la délégation française, les experts missionnés par l’OFB ont apporté leurs éclairages sur de nombreux points techniques, notamment sur les outils et méthodologies disponibles, en s’attachant à ce que les messages délivrés restent clairs et accessibles pour les publics concernés.
En complément des travaux en séance, l’OFB a pu présenter aux congressistes et aux parties prenantes mobilisées lors de la journée ouverte aux acteurs de la société civile, l’outil « ACT Biodiversité », développé en partenariat entre l’ADEME et l’OFB.
À l’issue des travaux, l’OFB, en coordination avec la FRB, assurera la diffusion des messages clés auprès des entreprises et des réseaux d’entreprises ou institutions territoriales concernées, dont les Agences régionales de la biodiversité.
L’OFB soutient plusieurs projets de protection de la haute mer
-
- Accompagnement technique & financier
- Aires protégées
- Résumé à l’intention des décideurs du rapport de l’évaluation mondiale de l’IPBES de la biodiversité et des services écosystémiques – Extrait de ‘files.ipbes.net’
Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques ; Statements from key partners page 2
AVANT-PROPOS page 4
DÉCLARATIONS DES PARTENAIRES CLÉS page 6
REMERCIEMENTS page 9
PRINCIPAUX MESSAGES
A. La nature et ses contributions vitales aux populations
B. Les facteurs directs et indirects de changement
C. Les objectifs en vue de conserver et d’utiliser durablement la nature et de parvenir à
la durabilité
D. La nature peut être conservée, restaurée et utilisée de manière durable
page 21
CONTEXTE
A. La nature et ses contributions vitales aux populations
B. Les facteurs directs et indirects de changement
C. Les objectifs en vue de conserver et d’utiliser durablement la nature et de parvenir à
la durabilité
D. La nature peut être conservée, restaurée et utilisée de manière durable
page 49
ANNEXES
ANNEXE 1
Cadre conceptuel et définitions
ANNEXE 2
Indication du degré de confiance
ANNEXE 3
Lacunes en matière de connaissances
ANNEXE 4
Projet de tableau des lacunes en matière de connaissances
Consulter le site suivant : https://files.ipbes.net/ipbes-web-prod-public-files/2020-02/ipbes_global_assessment_report_summary_for_policymakers_fr.pdf
Au cœur des Soulèvements - Lundi 9 février 2026 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceinter’ de 41 minutes - Provenant du podcast La Terre au carré
La terre au carré
Vidéo de 46 minutes - Voir à la source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-lundi-09-fevrier-2026-4758516
Affiche de ’Soulèvements’, le film documentaire de Thomas Lacoste (2026) - Sister Productions
Suite aux mobilisations du printemps 2023 et alors que des vagues de répressions submergent Les Soulèvements de la Terre, le réalisateur Thomas Lacoste rencontre celles et ceux qui donnent de l’élan à ce mouvement, à la croisée de cultures politiques paysannes, autonomes et ouvrières. {{}}
Avec :
- Thomas Lacoste, réalisateur et éditeur
- Ludivine Bantigny, historienne, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux et des engagements politiques
« J’espère que, tels des astres, la dignité et l’intégrité des protagonistes de ce film sauront éclairer la nuit qui vient. » déclare le réalisateur de documentaires Thomas Lacoste à propos de Soulèvements, son nouveau film qui sort en salles le 11 février prochain. Portrait choral d’un mouvement qui s’est installé dans le paysage des luttes écologistes, ce long-métrage donne la parole à des femmes et des hommes engagés au sein des Soulèvements de la Terre. A travers seize visages et autant de récits, Thomas Lacoste dévoile le contre-champ des mobilisations contre des projets d’aménagements qui menacent le vivant : le chantier de l’A69, les méga-bassines à Sainte-Soline, un tronçon de téléphérique en haut d’un glacier... Et, si les images d’archives illustrent l’action et la joie militante, les entretiens dévoilent dans le temps long une parole brute et sensible, au cœur de l’activité des bases arrières- à savoir tout ce qui permet au mouvement d’exister et de fonctionner en dehors des temps d’action et dont la démarche se résume ainsi : vivre et lutter.
Au printemps 2023{{}}
Le film prend sa source dans une fenêtre temporelle particulière, en écho à la répression et la criminalisation du mouvement après la manifestation de Sainte-Soline, le 25 mars 2023 dans les Deux-Sèvres. En deux heures, 5 200 grenades et un déploiement de forces de l’ordre massif sont opposés à 30 000 personnes venues défendre un commun. Dans cette même séquence, des arrestations auront lieu et la décision de dissoudre les Soulèvements de la Terre sera prononcée, une tentative cassée en décembre 2023 par le Conseil d’État. L’ampleur de la répression aura pour immédiat corollaire une levée de sympathie dans tout le pays avec la création de plus de 150 comités locaux, plus de 200 000 personnes qui se réclameront membres des Soulèvements de la Terre parmi lesquelles des personnalités publiques telles que Philippe Descola ou Annie Ernaux afin d’affirmer leur soutien.
Pour construire le film, Thomas Lacoste cherche à s’éloigner du discours militant et insiste sur d’autres dimensions qui structurent le mouvement des Soulèvements de la Terre : l’amour des territoires, les réseaux de subsistance, la transmission des savoir-faire paysans, la puissance du lien intergénérationnel...
À écouter
La répression croissante des militants écologistesLa Terre au carré 39 min
Un engagement par l’expérience{{}}
L’historienne Ludivine Bantigny, présente lors de plusieurs avant-premières du film, souligne l’importance de laisser de la place à l’expérience sensible et aux affects au sein des mouvements sociaux. Elle évoque la ‘repolitisation’ des émotions et, à cet égard, la poésie des séquences contemplatives du vivant renforce le discours politique en lui donnant une épaisseur et une profondeur tangibles. Cette démarche permet aussi de s’éloigner de l’imaginaire du militantisme au sens militia - le militaire - et de se tourner vers un rapport sensoriel au vivant, de mobiliser les affects heureux pour éclairer la politique. C’est d’autant plus crucial pour ne pas avoir une lecture réductrice du mouvement et de renverser la perspective d’un militantisme qui serait forcément contre ou anti. Ici c’est une lutte pour.
Les Soulèvements de la terre sont nés après l’expérience de la zone à défendre à Notre-Dame-des-Landes et s’inscrivent dès lors dans l’héritage de cultures politiques diverses, qui se croisent et s’enrichissent : culture autonome, paysanne, naturaliste, mouvement climat, féministe. L’engagement vient donc à la fois du terrain et de la pensée et s’inscrit dans le sillage de plusieurs grandes figures telles qu’Elisée Reclus, Simone Weil ou Françoise d’Eaubonne. En cela, leurs modes d’actions sont inspirés de luttes passées : désarmement, blocages, occupations avec un postulat de base : la mobilisation doit modifier une situation.
À écouter
Fatima Ouassak : ’Face à une écologie politique ’rabougrie’, il faut donner du souffle’La Terre au carré 47 min
On remarque aussi des échos avec mai 68 au regard de l’événementialité qui implique un surgissement au sens fort du terme. Les militants participent à des mobilisations qui, vécues dans la chair pendant plusieurs jours, un peu à la manière des journées de barricades, poussent à s’engager durablement. La figure ouvrière et révolutionnaire Rosa Luxembourg soulignait qu’une grève est plus formatrice que le fait de lire des livres de théorie. Dans les Soulèvements, on retrouve un équilibre entre le partage de savoir-faire pour atteindre l’autonomie, une très grande connaissance du vivant, des territoires et des techniques, et, une part conséquente de stratégie et une culture politique très développée.
Pour en savoir plus, écoutez l’émission...
Programmation musicale
14h19
Olivia Dean Lady lady Album Lady Lady (2025) Label CAPITOL
14h36
David Walters Vini jwen mwen Album Ti Love (2026) Label HEAVENLY SWEETNESS
Environnement Politique Vie citoyenne Écologie Écologie politique
L’équipe :
Mathieu Vidard
Mathieu Vidard Journaliste français - Jérôme Boulet Réalisation - Lucie Sarfaty Chargé(e) de programme - Attachés(ées) de production : Anna Massardier Joelle Levert Jean-Philippe Veret Emma Bouvier
- Nous contacter
Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-lundi-09-fevrier-2026-4758516
Entretien avec Léna Lazare et Martin Fraysse - Les Soulèvements de la Terre : « Nous essayons de construire des alliances là où l’on nous attend le moins » - Par Léa Dang , publié le 04 juillet 2025 – Document ‘socialter.fr’
https://www.socialter.fr/images/article/t/sdtentretien_1751622838-1170x749.png
Photos : Iorgis Matyassy
En renouant avec l’action directe de masse et en popularisant des luttes clairement en rupture avec le système capitaliste, les Soulèvements de la Terre ont, depuis 2021, transformé en profondeur le mouvement écologiste. Leur ligne de bataille est claire : se défendre contre l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres et de l’eau. Pour cela, ils multiplient les tactiques, de l’occupation des terres au « désarmement » de l’industrie écocidaire, et tissent des alliances multiples au-delà des sphères écologistes. Pour Socialter, les militants Léna Lazare et Martin Fraysse reviennent sur l’évolution du mouvement, depuis les mobilisations contre les mégabassines et la tentative de dissolution en 2023 jusqu’aux plus récentes campagnes contre l’extrême droite et l’industrie militaire.
Les Soulèvements de la Terre ont fait irruption dans le paysage politique en 2021. Avec le recul, comment ont-ils transformé le champ de l’écologie politique en France selon vous ?{{}}
Léna Lazare Pendant le confinement, nous étions plusieurs personnes issues du mouvement climat et des luttes locales à faire le bilan et à nous demander ce qu’on allait faire ensuite. Avec les Soulèvements de la Terre, nous avons pensé une stratégie à partir des luttes locales pour cibler des entreprises écocidaires, nationales ou multinationales comme Lafarge ou Bayer-Monsanto. Et nous avons, depuis nos premières campagnes, contribué au renouveau des pratiques d’actions directes de masse, en introduisant la notion de « désarmement1 ».
L’autre apport majeur des Soulèvements de la Terre, c’est le lien avec la paysannerie. Si des alliances avec des paysans ont toujours existé dans l’histoire des luttes locales, ce lien a longtemps été un impensé dans le mouvement climat. Cette approche en direction du monde agricole est nouvelle, et elle est vraiment importante pour nous.
Entretien issu de notre hors-série « De la lutte à la victoire », en kiosque, librairie et sur notre boutique.
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Martin Fraysse Notre démarche vise à « ramener l’écologie sur terre2 » par la lutte contre l’artificialisation, le béton et l’agro-industrie. Contrairement aux débats sur le réchauffement climatique, souvent perçus comme abstraits ou trop théoriques, ces combats nous permettent d’identifier clairement des responsables pour lutter contre le chaos climatique : on sait qui sont les accapareurs de terres. Cette dimension tangible est centrale dans notre démarche. Nous voulons recentrer les luttes écologistes sur la localisation et la neutralisation des infrastructures toxiques, et cela demande de passer à l’action pour les mettre à l’arrêt. En seulement quatre ans, nous sommes passés de la formulation et l’expérimentation d’hypothèses à l’émergence d’un mouvement d’ampleur nationale.
La pratique du sabotage, que vous avez rebaptisé « désarmement », a été utilisée par les Soulèvements de la Terre lors de l’occupation de centrales à béton sur le port de Gennevilliers ou lors des mobilisations contre les mégabassines dans les Deux-Sèvres. En quoi s’inscrit-elle dans le concept de « contre-violence » forgé par l’éco-féministe Françoise d’Eaubonne ?
M. F. Désarmer une infrastructure toxique, c’est la mettre temporairement hors d’état de nuire. Si nous parlons de désarmement, c’est bien parce que les infrastructures nocives sont des armes contre le vivant. Pour nous, il est donc important de le formuler de cette manière, bien qu’une riche tradition militante revendique le recours au sabotage.
L. L. Merci d’avoir cité Françoise d’Eaubonne, car il est important de rappeler l’histoire de nos luttes. Nous avons en effet une démarche similaire à la sienne. Cette notion de contre-violence introduit l’idée que, si nous exerçons une certaine forme de violence à certains endroits, toutes les actions que nous menons visent à faire face à une violence systémique bien plus grande, qui nous condamne tous si l’on n’agit pas3. Donc, de la même manière que l’expression « contre-violence », le terme « désarmement » permet de renverser les discours qui nous criminalisent.
En lire plus sur Françoise d’Eaubonne
Depuis la mobilisation massive contre la mégabassine de Sainte-Soline, le 25 mars 2023, le mouvement a en effet subi une très forte répression politique. Celle-ci a-t-elle eu un effet sur la vitalité des Soulèvements de la Terre ?
L. L. Il n’y a pas eu de recul suite à la répression. La tentative de dissolution a plutôt permis de visibiliser toutes les personnes qui se sentaient appartenir au mouvement et de faire démarrer plus rapidement les comités locaux. Aujourd’hui, comme nous ne fonctionnons pas selon un système d’adhésions, nous ne pouvons pas dire combien nous sommes précisément. En plus des 150 000 personnes4 qui ont manifesté leur soutien au moment de la tentative de dissolution, on sait qu’il y a aujourd’hui plus d’une centaine de comités locaux actifs sur le territoire français.
Sans compter toutes les dynamiques sœurs qui se développent à l’étranger en Catalogne, avec les Revoltes de la Tierra, en Belgique, au Canada avec les Soulèvements du fleuve et en Suisse avec le mouvement Grondements des terres.
« Sans les cantines, les bénévoles qui gardent les enfants ou les équipes qui assurent les briefs juridiques, rien ne tiendrait. Toute cette logistique forme une fondation solide, ramifiée et capable d’encaisser de nombreux chocs. »
M. F. Il y a aussi de nombreuses initiatives autour du mouvement, comme les Greniers des Soulèvements qui produisent de la nourriture pour fournir les cantines lors des gros épisodes de mobilisation ; les Caves des Soulèvements, une alliance de vignerons qui vendent du vin pour le mouvement ; ou encore les Bâtisseurs des terres qui se réunissent pour réfléchir à la manière de construire des habitations avec moins de béton. Toutes ces dynamiques irriguent et enrichissent les Soulèvements de la Terre.
Les violences policières lors des manifestations à Sainte-Soline ou lors de la mobilisation contre l’A69 ont en tout cas laissé des traces indélébiles, tant sur les corps que dans les esprits des militants présents sur place. Comment les Soulèvements de la Terre pansent les maux des luttes passées et anticipent ceux à venir ?
L. L. Après le traumatisme de Sainte-Soline, une volonté de mieux se structurer lors des manifestations a émergé. Au Village de l’eau de 20245, nous avons organisé des formations inspirées du mouvement allemand Ende Gelände, connu pour ses actions massives contre des mines de charbon en Allemagne depuis 2015. Lors de leurs manifestations, les participants sont divisés en fingers, des unités autonomes qui se répartissent des rôles précis au sein des cortèges. Lorsqu’ils ont envahi à 5 000 la mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler, en Rhénanie, ils ont eu une semaine de formation en amont. À Sainte-Soline, où nous étions 30 000, se coordonner au cours de l’action était un vrai défi.
M. F. Avec les militants de la lutte contre l’A69, nous tentons d’instaurer une véritable culture du débrief. Après chaque action, nous fixons une date, généralement deux semaines plus tard, pour revenir ensemble sur ce que nous avons vécu. Suite aux violences policières subies dans le cadre de la mobilisation6, les militants ont aussi créé une cellule d’écoute psychologique animée par un réseau de psychologues bénévoles, en plus des groupes préexistants chargés de faire le lien avec des avocats et de donner des conseils pour se protéger pendant et après les mobilisations.
L. L. J’ai l’impression qu’à chaque manif, c’est de mieux en mieux ! Désormais, il y a aussi le réseau national des « bambineries » pour la garde d’enfants. Et nous avons mis en place des processus de veille sur les oppressions systémiques7 sur les camps. Des militants se retrouvent très régulièrement pour continuer à peaufiner cette organisation. Pour que les nouveaux aient conscience qu’ils ne sont pas seuls une fois sur place lors de grosses mobilisations, nous leur distribuons des petits livrets de base arrière.
M. F. Geneviève Azam utilise une expression que j’aime beaucoup : « La base avant, c’est la base arrière. » Sans les cantines, les bénévoles qui gardent les enfants ou les équipes qui assurent les briefs juridiques, rien ne tiendrait. Toute cette logistique forme une fondation solide, ramifiée et capable d’encaisser de nombreux chocs. Évidemment, ce n’est pas parfait, mais c’est ce qui rend nos mouvements durables.
Dans votre manifeste Premières secousses, sorti l’année dernière, vous proposez comme perspective politique le « démantèlement ». Pouvez-vous nous en dire plus ? En quoi se différencie-t-il du désarmement ?
M. F. Le démantèlement, c’est la phase qui vient après le désarmement. Cette étape consiste dans un premier temps à analyser les différentes filières, comme celles du béton ou de l’agro-industrie, et à identifier les maillons de la chaîne qui contribuent à rendre certains territoires inhabitables. L’enquête nous donne les moyens de comprendre comment rendre cette chaîne inopérante, et d’imaginer par quoi la remplacer. Par exemple, aux Soulèvements de la Terre, nous nous sommes concentrés sur le système des bassines.
Qu’est-ce qu’une bassine ? C’est un dispositif qui pompe dans la nappe phréatique et vole l’eau qui s’écoule dans les rivières et jusqu’aux villages. Nos actions visent à les faire disparaître – en les débâchant, par exemple – pour que l’eau retourne à la terre. Mais pour comprendre l’origine du problème, il faut remonter plus loin. Pourquoi ces bassines existent-elles ? Si elles ont été mises en place, c’est principalement pour irriguer des cultures de maïs, une plante tropicale très gourmande en eau l’été. Ce maïs est lui-même souvent destiné à l’exportation, ou à nourrir des animaux d’élevage industriel, dans un système soumis à la spéculation sur les matières premières…
« Si l’on parle de plus en plus de “carbofascisme”, c’est bien parce le fascisme et l’extractivisme marchent main dans la main. Si on ne s’y oppose pas maintenant, dans dix ans, qui sait si on pourra toujours lutter pour l’environnement ? »
L. L. C’est à ce carrefour que se rejoignent l’action concrète – qu’il s’agisse de blocage, de désarmement ou d’occupation – et la réflexion sur la manière de se réapproprier nos conditions matérielles d’existence. Pour aller au bout du démantèlement d’une filière, il faut à la fois être offensifs et, dans le même temps, commencer dès à présent à construire la société à laquelle nous aspirons. C’est un objectif vers lequel nous tendons, tout en sachant que la tâche est immense. Le démantèlement est une stratégie à long terme qui nous permet de ne pas nous limiter à des actions coup de poing.
Même si désarmer une mégabassine a des effets puissants, il est clair que pour obtenir l’abandon définitif de ces infrastructures, il faudra nous coordonner, multiplier les actions et continuer à proposer des alternatives. Cela passe aussi par l’alliance avec des paysans, voire d’anciens travailleurs de l’agro-industrie qui prennent aujourd’hui conscience des dégâts causés par ce secteur.
Vous tentez également de tisser des liens avec le milieu ouvrier en vous déplaçant sur des piquets de grève. Pouvez-vous revenir sur les débuts de cette alliance et dire où elle en est aujourd’hui ?
L. L. Les liens avec les syndicats ont toujours existé. Les Soulèvements de la Terre sont depuis le début une coalition avec la Confédération paysanne, et les mobilisations contre les mégabassines ont été portées conjointement dès le départ avec la CGT et Solidaires. Depuis un an, nous essayons toutefois d’être plus actifs dans la construction d’alliances, là où l’on nous attend le moins, en allant par exemple apporter des produits paysans sur les piquets de grève des salariés de Michelin ou de l’entreprise logistique Geodis.
C’est à ces endroits que l’on crée des liens. Les conversations avec les salariés nourrissent nos réflexions sur le démantèlement d’une filière. Comment s’allier avec les travailleurs et travailleuses pour qu’ils reprennent du pouvoir dans leur entreprise ? Comment faire pour ne pas avoir à choisir entre l’écologie et l’émancipation des travailleurs ?
M. F. Par ailleurs, l’opposition caricaturale entre écolos et travailleurs est un mythe qui vise à désolidariser ces mouvements entre eux. Les gens veulent tous la même chose : être en mesure de nourrir leurs enfants, ne pas être éreintés par leur travail, ne pas vivre dans un environnement pollué…
Les ouvriers d’une usine de ciment ou d’une raffinerie ont conscience qu’ils travaillent dans un secteur polluant et qu’il faudrait faire mieux. Pourquoi ne pas leur laisser la décision de ce qu’il va advenir de leur usine ?
L. L. Nous rappelons aussi que démanteler ne veut pas dire délocaliser ni désindustrialiser. Le devenir de ces industries doit être le fruit de discussions entre les habitants d’un territoire et les travailleurs. C’est pour cette raison que nous allons continuer à affirmer notre soutien aux ouvriers d’industries polluantes qui veulent le maintien de leur emploi dans un premier temps. Tout comme les syndicalistes ne vont pas arrêter de venir à nos mobilisations. Pour la suite, nous avons à cœur de développer des alliances avec les travailleurs de l’agro-industrie. Car à mesure que les paysans disparaissent, le nombre de salariés agricoles précarisés, très peu syndiqués et exposés à tout un tas de produits chimiques, augmente.
Pourquoi viser le démantèlement du secteur agro-industriel en priorité ?
L. L. Nous pensons qu’il n’y aura pas de monde écologique sans paysans. Or, la classe paysanne est en train de disparaître. Quand nous parlons du complexe agro-industriel, nous visons la bourgeoisie agro-industrielle, c’est-à-dire des dirigeants comme Arnaud Rousseau [directeur de la multinationale Avril (marques Lesieur, Puget…) et président de la FNSEA, NDLR]. Pour nous, ce sont eux les « agri-managers », pas nos voisins paysans installés en conventionnel. Nos cibles ne sont ni des personnes ni des fermes isolées, mais bien l’ensemble d’un système hiérarchisé avec, tout en haut, les dirigeants de multinationales et tout en bas, les salariés agricoles.
Cibler le complexe agro-industriel nous permet également d’aborder la question des économies de subsistance. En tant que paysanne, j’estime que nous avons un rôle à jouer pour faire durer les piquets de grève. On ne peut pas tenir sur le long terme si l’on ne produit pas sa propre nourriture. Avancer face au complexe agro-industriel a donc un double effet : lutter de manière offensive contre des industries avec un lourd poids dans le ravage écologique en cours et, d’autre part, renforcer notre autonomie.
M. F. Lors de la grande vague d’exode rural, la deuxième génération d’ouvriers installés en ville gardait encore des liens avec des membres de leur famille à la campagne. C’est ce qui a fait tenir les piquets de grève et contribué à la force et l’autonomie du mouvement ouvrier : même sans salaire, ils pouvaient compter sur leur famille pour les nourrir. L’industrialisation de l’agriculture a non seulement coupé ces liens entre les villes et les campagnes, mais aussi entre les gens et leur capacité de subsistance.
Êtes-vous nombreux aujourd’hui au sein des militants des Soulèvements de la Terre, comme toi, Léna, à avoir retranscrit cet engagement dans votre quotidien en vous impliquant dans un projet d’agriculture paysanne ?
L. L. Nos campagnes d’action ont permis à des personnes éloignées du monde agricole – comme une majorité de la population française aujourd’hui – de se relier à nouveau à ces enjeux. Il y a de plus en plus de jeunes militants écolos qui décident de se lancer dans la paysannerie au sein des Soulèvements de la Terre. Cela a fait naître des vocations, même si le parcours est semé d’embûches ! Parmi nos camarades de lutte, certains sont d’ailleurs moins présents car ils sont en train de s’installer.
De mon côté, cela fait deux ans que je suis en cours d’installation. Je serai officiellement « exploitante » en janvier. Pour le moment, je suis encore entre deux statuts : j’ai commencé une activité agricole dans une coopérative d’activité paysanne tout en étant en train d’acquérir ma ferme. J’ai aussi fait en sorte de choisir une spécialité compatible avec mes engagements militants : en cultivant des céréales et des légumineuses, je peux plus facilement m’organiser et me libérer une journée de temps en temps pour assister à des réunions.
Y a-t-il d’autres engagements parallèles qui influencent votre boussole théorique au sein du mouvement ?
M. F. Je pense que chaque personne qui participe aux Soulèvements de la Terre apporte son expérience. Pour ma part, le courant duquel je me sens le plus proche est une forme d’écoféminisme queer. Son apport aux Soulèvements de la Terre et, plus largement, à l’écologie politique, c’est le refus d’un retour à la Terre fantasmé qui s’appuierait sur l’archétype de l’église au milieu du village, avec papa aux champs et maman à la maison en train d’élever les enfants. Pour nous, les notions de territoire, de famille ou de communauté sont beaucoup plus diverses et nuancées.
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La définition d’un territoire appartient aux gens qui l’habitent et qui le font vivre. Les habitants de la Vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, en parlent très bien. Ils accueillent depuis longtemps des personnes migrantes et pour eux, revendiquer leur territoire comme une terre d’accueil est une part de leur identité. Leur vallée n’est pas qu’un simple découpage administratif.
On s’oppose aussi très fortement à l’essentialisation de la nature. La nature n’est ni binaire ni hétérosexuelle : elle est foisonnante et plurielle. Il ne peut donc y avoir de véritable émancipation face au cataclysme écologique si cela se traduit par une forme de patriarco-fascisme. L’infusion des valeurs queers dans les Soulèvements de la Terre est en cela une force : elle permet de lier l’écologie à la lutte contre toutes les dominations, et d’imaginer des formes de résistance et de solidarité qui refusent à la fois l’autoritarisme et les normes patriarcales.
Le front des Soulèvements de la Terre s’est, en effet, élargi : antifascisme, coalition pour désarmer le militarisme, lutte anticoloniale en soutien à la Palestine… Qu’apporte cette présence sur une multiplicité de terrains ? N’avez-vous pas peur de diluer vos forces ?
L. L. Il s’agit de luttes communes avec d’autres organisations, qui ne sont pas seulement portées par les Soulèvements de la Terre. Il reste qu’on y met de l’énergie, donc cela pose des questions, notamment celle de l’épuisement de nos forces. Mais au vu de la menace fasciste ou du génocide en Palestine… On se sentirait bizarre en nous levant le matin si nous n’organisions que des actions contre des entreprises comme Lafarge ou contre les mégabassines. Pour l’instant, dès qu’une envie collective de rejoindre une coalition se manifeste, nous la suivons.
Contre l’armement, les raisons de nous impliquer sont nombreuses : suite aux violences policières dans les quartiers, lors de mouvements sociaux comme celui des Gilets jaunes ou de la manifestation massive de Sainte-Soline, il était devenu urgent pour nous de faire quelque chose contre les armes de la police. Il s’est avéré que nos revendications collaient avec plusieurs associations de soutien à la Palestine. Cette convergence des luttes nous permet aussi d’avancer en apprenant des pratiques des autres. Car si les Soulèvements de la Terre ont pris autant d’ampleur, c’est en étant créatifs.
M. F. On estime aussi qu’il s’agit d’un juste retour, car beaucoup d’associations sont venues nous aider quand on en avait besoin. Et puis, qu’est-ce qu’il y a de plus anti-écolo qu’une guerre ? Rien. Et qu’est-ce qu’il y a de plus anti-écolo que le fascisme ? Rien non plus ! Le front fasciste avance partout dans le monde, en lien avec les plus gros intérêts financiers de la planète. Si l’on parle de plus en plus de « carbofascisme », c’est bien parce le fascisme et l’extractivisme marchent main dans la main. Si on ne s’y oppose pas maintenant, dans dix ans, qui sait si on pourra toujours lutter pour l’environnement ? Élargir le front, c’est donc le rendre plus solide. Cela permet aussi d’anticiper. Si la menace fasciste arrive, on ne sera pas chacun dans son sillon.
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1. Le terme de « désarmement » est revendiqué pour la première fois suite à des actions contre le cimentier Lafarge lancées par les Soulèvements de la Terre et Extinction Rebellion le 29 mars 2021. Préféré au vocable « sabotage », il désigne le fait de mettre hors d’état de nuire une entreprise néfaste comme un acte de légitime défense.
2. Lire l’introduction « Faire atterrir l’écologie : pour une lutte terre à terre » dans Les Soulèvements de la Terre, Premières secousses, La fabrique, 2024.
3. Lire le chapitre « Paradoxes de la confrontation » dans Premières secousses, op. cit.
4. Depuis une pétition nommée « Nous sommes les Soulèvements de la Terre », lancée durant la tentative de dissolution.
5. Sous l’impulsion des Soulèvements de la Terre et de l’association Bassines non merci, le Village de l’eau a réuni des militants écolos, paysans et syndicalistes à Melle (Deux-Sèvres) en juillet 2024 pour échanger et se former à l’action directe collective.
6. Les manifestations contre l’A69 ont donné lieu à des affrontements répétés et des expulsions violentes des forces de l’ordre contre les opposants.
7. Par exemple, les violences sexistes et sexuelles, le racisme, le validisme…
Les Soulèvements de la Terre{{}}
Collectif informel créé lors des « Assises de la Terre », organisées sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes il y a quatre ans, les Soulèvements de la Terre ont organisé depuis plusieurs « campagnes » d’action ciblées contre les mégabassines, le cimentier Lafarge ou encore l’empire du milliardaire Bolloré… Ils sont composés d’un comité national et plus d’une centaine de comités locaux, libres d’organiser des actions autonomes sur leur territoire. Tous les six mois, les « interludes » rassemblent l’ensemble des sympathisants pour décider ensemble des prochaines campagnes à venir.
Martin Fraysse - Martin Fraysse est l’un des membres actifs des Soulèvements de la Terre, qu’il a rejoints en 2023. Fils de paysan en élevage bio, il est engagé dans les luttes paysannes aux côtés de la Confédération Paysanne depuis 2014. Issu initialement de la contestation de l’A69 et des luttes pour les droits des femmes et des minorités LGBT, il a intégré la commission communication des Soulèvements de la Terre, où il s’occupe en particulier des questions liées à l’artificialisation. Il anime en parallèle des formations sur le soin, le féminisme et les bases théoriques du mouvement, via l’arpentage du manifeste Premières secousses (La fabrique, 2024).
Léna Lazare - Née en 1998 à Calais, Léna Lazare est militante aux Soulèvements de la Terre depuis leur création en 2021. Elle a fondé en 2018 les mouvements Désobéissance écolo puis Désobéissance écolo Paris, qui prônent une écologie de rupture. L’année suivante, elle participe à la création du collectif Youth for Climate France, à l’origine des grèves pour le climat en France. Après une rencontre avec des paysans sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, elle interrompt ses études de physique à la Sorbonne pour se former à l’agroécologie. Elle est depuis installée dans l’Orne (Normandie), où elle reprend une ferme pour cultiver des légumineuses et des céréales dans le but de produire du pain et du miso.
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Socialter est un magazine bimestriel français créé en septembre 2013 par Olivier Cohen de Timary [1] qui traite principalement des thématiques écologiques, démocratiques et de l’économie sociale [2]. Il est diffusé à 45 000 exemplaires [1]. Historique - À l’origine, Socialter est un blogue, né d’un voyage effectué en 2010 par Olivier Cohen de Timary et Alban Leveau-Vallier, qui entendait donner la parole à des « acteurs du changement » qui contribuent à créer une « économie plus juste et durable » [1]. En 2013, à la suite d’un financement participatif[3], Socialter devient un magazine bimestriel et adopte pour slogan « Le magazine de l’économie nouvelle génération ». En novembre 2017, Philippe Vion-Dury, ancien journaliste à Rue89, est nommé rédacteur en chef. En avril 2018, à l’occasion d’une nouvelle formule, le slogan devient « Le magazine des transitions ». Le magazine multiplie les parutions spéciales (8 entre début 2018 et fin 2020) en se consacrant chaque fois à une thématique (les low-tech, la collapsologie, la démarche zéro déchet, les imaginaires…). En 2019, Olivier Cohen de Timary cofonde un autre magazine indépendant, Tempura. Le 15 juin 2021, le magazine se dote d’une nouvelle formule avec une maquette entièrement renouvelée [4]. En 2023, 4 des 6 salariés quittent Socialter, dont la directrice artistique, Marine Benz, le rédacteur en chef, Philippe Vion-Dury et son adjoint, Clément Quintard [5], ainsi que de nombreux pigistes [6]. Une enquête du média Arrêt sur images fait état d’un « mal-être général » de salariés qui dénoncent le « sous-effectif de la rédaction ». Les trois salariés démissionnaires fondent quelques mois plus tard le média Fracas [7]. Ligne éditoriale : Selon sa charte éditoriale, Socialter entend « repolitiser le débat avec une question en tête : comment faire évoluer la société vers plus de justice, plus de démocratie, dans le respect des équilibres écologiques »…- Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Socialter
Cinéma : un documentaire sur les Soulèvements de la Terre fait parler des militants pour ’déconstruire’ la ’figure d’éco-terroriste’ - Article rédigé par Grégoire Lecalot - Radio France - Publié le 11/02/2026 17:21 – Document’’ franceinfo.fr/culture’
Le documentaire, sorti mercredi en salle, retrace les actions et raconte l’engagement de plusieurs militants du mouvement écologiste à travers 16 portraits.
Des personnes appartenant à des mouvements écologistes, dont celui des Soulèvements de la Terre, manifestent contre un projet de méga-bassines, près de Billom (Puy-de-Dôme), le 11 mai 2024. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
Des personnes appartenant à des mouvements écologistes, dont celui des Soulèvements de la Terre, manifestent contre un projet de méga-bassines, près de Billom (Puy-de-Dôme), le 11 mai 2024. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
Un documentaire sur les Soulèvements de la Terre sort mercredi 11 février dans les salles de cinéma. Un mouvement opposé à l’agriculture industrielle et à l’accaparement des terres que Gérald Darmanin a tenté de dissoudre en 2023, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, après les manifestations contre la méga-bassine de Sainte-Soline. Le conseil d’Etat avait cassé la décision. Le réalisateur, Thomas Lacoste, a posé sa caméra devant plusieurs militants filmés dans leur quotidien. Ils lèvent le voile sur leurs engagements et ce qui les motive.
Dans la séquence d’ouverture du film, nous sommes dans une ferme de l’ouest de la France, avec une lumière dorée sur un troupeau de vaches maraîchines. Face caméra, la jeune éleveuse membre des Soulèvements de la Terre raconte son arrestation après la mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui a vu la création du mouvement. ’Les flics arrivent cagoulés, masqués, armés jusqu’aux dents, se souvient-elle. Ils te sortent de ton lit [alors qu’on est] à poil. Ils ont mis les services antiterroristes sur le coup. Je me suis dit : ’ils n’ont pas mieux à faire ?’ Ça m’a écœurée.’
’Il y avait cette idée d’accueillir des récits intimes, lance Thomas Lacoste, le réalisateur du film. L’objectif aussi pour nous, c’était de déconstruire cette tentative de chimère étatique qu’a été l’apparition de la figure de ’l’écoterroriste’. Je pense que cette histoire en cache une autre tout à fait réelle qui est une tentative d’’écoterroriser’ les populations et pour que le plus grand nombre ne vienne pas rejoindre ces groupes.’
Des jeunes ’pris par des phénomènes éco-anxieux’{{}}
Notre-Dame-des-Landes, Sainte-Soline, l’autoroute A69… Le film évoque tous ces mouvements qui ont résonné dans l’actualité, mais à travers 16 portraits de jeunes ou moins jeunes qui les ont vécus. ’Le paysage collectif de ce mouvement est porté par la jeunesse’, raconte-t-il.
’Il y a énormément de jeunes femmes parce que le mouvement est fortement habité par les différents héritages des féminismes.’
Thomas Lacoste, réalisateur à franceinfo
Et à travers ces récits, Thomas Lacoste espère faire passer un message : ’On voit énormément de jeunes gens en salle, et ils disent être très souvent pris par des phénomènes éco-anxieux et [disent] que le film leur fait beaucoup de bien parce qu’ils découvrent qu’il est possible de vivre autrement.’ En 2023, quand le gouvernement a tenté de rendre illégal et de dissoudre le mouvement(Nouvelle fenêtre), 200 000 personnes en France s’en sont publiquement déclarées membres.
Un documentaire sur les Soulèvements de la Terre fait parler des militants pour ’déconstruire’ la ’figure d’éco-terroriste’. Reportage de Grégoire Lecalot
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Voir également : Culture - Soulèvements de la Terre : un film déconstruit « la figure de l’éco-terroriste » collée aux militants - Par Jeanne Cassard - 11 février 2026 à 07h00 Mis à jour le 12 février 2026 à 07h00 – Sur ce site : https://reporterre.net/Thomas-Lacoste-realisateur-de-Soulevements-Il-fallait-deconstruire-la-figure-de-l
Comme 90% des Français, Karine Le Marchand pousse un coup de gueule : ’Nous voulons une France avec des villages...’ - Publié le 11 février 2026 à 11:30 - Par Léa Ouzan – Document ‘melty.fr/people’
Figure populaire du petit écran et défenseuse autoproclamée de la ’France des campagnes’, Karine Le Marchand hausse le ton sur Instagram face à la crise agricole.
Depuis plus de dix ans, Karine Le Marchand fait partie des visages les plus familiers du paysage audiovisuel français. Portée par le succès de L’Amour est dans le pré sur M6, elle affiche une grande proximité avec ’la France des campagnes’. Elle a ainsi noué un lien particulier avec un public attaché au monde rural.
Chevalier de l’Ordre du mérite agricole, elle s’est peu à peu imposée comme l’une des voix médiatiques les plus visibles. Ces dernières semaines, alors que la colère paysanne a ravivé le malaise d’un secteur en crise, l’animatrice a de nouveau pris la parole. Elle veut se placer au plus près du terrain comme au cœur du débat politique.
Karine Le Marchand, figure populaire et engagée{{}}
Au fil des années, Karine Le Marchand s’est construite une image d’animatrice ’entière’. L’animatrice n’hésite pas à mêler témoignages intimes et prises de position tranchées. Cette posture lui vaut autant de soutien que de critiques. Mais elle revendique le droit de sortir du simple divertissement pour aborder des sujets de fond, qu’il s’agisse de la détresse paysanne ou des fractures de la société française.
Lors de la récente mobilisation des agriculteurs, Karine Le Marchand n’est pas restée silencieuse, ni cloîtrée en studio. On l’a vue au petit matin sur l’autoroute, venue soutenir les manifestants. Ces derniers dénoncent l’effondrement de leurs revenus, le poids des normes et un rapport de force jugé écrasant avec la grande distribution. À l’approche d’un Salon de l’agriculture sous haute tension, elle a choisi Instagram pour s’adresser directement au gouvernement.
Une porte‑voix de la colère agricole{{}}
Elle y affirme ’enrager’ face à l’inaction des pouvoirs publics et vise nommément Marc Fesneau, Gabriel Attal et Bruno Le Maire, à qui elle demande ’des actes et non pas des discours de plus’. Au cœur de son propos, une idée simple : ’Ceux qui nous nourrissent doivent pouvoir se nourrir’, martèle‑t‑elle. Elle accuse notamment la grande distribution d’avoir trop longtemps profité d’un système injuste. Elle s’interroge sur les difficultés d’application de la loi Egalim. Celle loi est censée protéger la rémunération des producteurs, et propose une plateforme de signalement des ’tricheurs’. L’animatrice estime que 150 fonctionnaires ne suffiront jamais à contrôler la totalité des pratiques.
Pour l’animatrice, la réponse passe par des prix minimum fixés avec les agriculteurs eux‑mêmes, des sanctions financières lourdes pour les contrevenants, et la création d’un fonds pour l’agriculture alimenté par ces pénalités. Elle plaide aussi pour un crédit d’impôt qui permettrait aux consommateurs de soutenir directement les ’petits exploitants’ et agriculteurs. Elle prévient que ’le temps presse’, décrivant un rapport de force ’pot de fer contre pot de terre’ qui dure depuis trop longtemps.
’Nous voulons une France avec des villages…’{{}}
C’est dans ce contexte qu’elle signe un véritable coup de gueule. Elle évoque la France qu’elle dit vouloir défendre : ’Les producteurs sont soutenus par 90% des Français. Nous voulons une France avec des villages, des tracteurs, des coqs et des vaches, des fruits et légumes, des céréales. Nous souhaitons des agriculteurs heureux et fiers de leur travail’, écrit‑elle. Karine Le Marchand dresse un tableau idéal d’un pays où le monde rural ne serait plus relégué au second plan. Derrière la formule, elle oppose une vision d’une France vivante. Une France nourrie par ses paysans, à celle d’un territoire en voie de désertification, étranglé par les logiques de prix toujours plus bas.
Ce cri du cœur intervient alors que l’animatrice se trouve par ailleurs au centre d’une polémique autour d’une anecdote racontée sur le plateau de CNews. Ses propos sur son arrivée à Paris en 1986 ont été dénoncés comme racistes par deux députées qui ont saisi l’Arcom. Elle affirme, de son côté, que ces phrases ont été sorties de leur contexte. Elle décrivait un ressenti de l’époque, tout en rappelant être elle‑même fille d’un père originaire du Burundi. Entre engagement en faveur des agriculteurs et polémique sur la manière de parler de l’immigration et de la diversité, Karine Le Marchand cristallise ainsi les tensions d’une France qui s’interroge autant sur son avenir rural que sur son identité.
À propos de l’auteur - Léa Ouzan - Passionnée par le journalisme depuis l’enfance, j’ai obtenu un Master de Journalisme au CELSA. Depuis plus de dix ans, je me consacre au journalisme web, en explorant des thématiques qui me tiennent à cœur : la culture, le divertissement, célébrités. Sur Melty, je m’efforce de proposer des contenus rigoureux, accessibles et ancrés dans l’actualité.
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Message de Basta ! – « On en Agro ! » news@info.basta.media - 12 février 2026 à 07:03 - Par Nolwenn Weiler – Quelques extraits de ‘news@info.basta.media’
40.000 fermes ont disparu ces trois dernières années, soit un peu plus de 250 par semaine ou 35 par jour... Face à cette saignée, des communes et leurs élu·es se mobilisent, pour garantir l’accès de leurs populations à une alimentation locale et de qualité. Mais que peuvent-iels faire ? Voici quelques exemples.
Protéger les terres agricoles de la spéculation, de l’urbanisation grâce à des zones agricoles protégées (ZAP). C’est ce que fait la commune de La Roquebrussanne (Var). Depuis 2013, la commune a intégré une ZAP dans son document d’urbanisme en vue de préserver les espaces agricoles de toute pression foncière. Cette zone protégée s’étend sur 1081 hectares, soit 30 % du territoire communal.
| Zones agricoles proches du captage de Nort-sur-Erdre en Loire-Atlantique. Manifestants en route pour un rassemblement demandant la fin de l’usage de pesticides sur ces zones de captage, et une alimentation locale de qualité. 11 février 2026. © Nolwenn Weiler |
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| Fournir les cantines scolaires en aliments bio et locaux. Depuis 2022, les collectivités sont tenues par la loi de servir au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Un certain nombre d’entre elles ne respectent pas cette obligation légale (20 sur les 97 villes préfectures enquêtées par Agir pour l’environnement). D’autres ont fait le choix d’aller bien au-delà. C’est le cas de Saint-Étienne, Périgueux et Bordeaux, dont la part de produits bio en restauration collective atteint respectivement 74,5 %, 70,8 % et 66,2 %, d’après une enquête toute récente de l’association Agir pour l’environnement. Pour encourager les installations agricoles, en garantissant des débouchés aux producteur·ices, d’autres communes investissent dans des paniers bio pour les femmes enceintes, via les « ordonnances vertes », encouragées par de nombreux soignants.Autre levier pour les élu·es : rejoindre le réseau national des fermes publiques, qui a vu le jour en septembre 2025. Emmené par la ville pionnière de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), ce réseau entend « fédérer, accompagner et promouvoir les fermes publiques à l’échelle nationale ».Trois critères essentiels définissent les fermes publiques : une gouvernance publique (commune, métropole, département, région ou établissement public), une production dédiée à la restauration collective ou à un service public lié à l’alimentation (cantines, crèches, centres de loisirs, Ehpad, épiceries sociales…) et un engagement en faveur de l’agriculture biologique. Chaque ferme disparue, chaque hectare agricole bétonné, chaque litre d’eau contaminé réduit la capacité des communes à nourrir localement leur population », alerte l’ONG Terre de liens, qui a lancé un appel aux maires à l’automne dernier en vue des élections municipales de mars 2026. Mais les membres de cette organisation, qui réunit dix-neuf associations territoriales, ne sont pas les seul·es à considérer l’importance du pouvoir des élu·es locaux.À la fin du mois de novembre 2025, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, qui ne défend pas exactement le même modèle agricole que Terre de liens, a publié un éditorial dans le quotidien Ouest-France où il « en appelle à toutes celles et tous ceux qui travaillent la terre : osez vous engager, osez vous présenter sur les listes aux prochaines élections municipales. Pour être présents là où se décident les projets de vie de nos villages : l’eau, l’énergie, l’alimentation, la mobilité, l’aménagement ».Il dit vrai : car les élu·es des communes exercent aussi leur pouvoir dans des instances où se dessinent certaines politiques publiques, celles de l’eau par exemple, et des manières de la partager ou la protéger des pollutions (agricoles, par exemple).Enfin, dernière bonne raison d’interroger les élu·es des communes sur leurs ambitions en matière agricole : ils et elles font partie des grand·es électeur·ices qui choisissent nos sénateur·ices, dont certain·es s’illustrent par des propositions de loi peu favorables à l’intérêt général, et à la santé des agriculteur·ices, comme l’illustre le projet de loi Duplomb. | |
| Fournir les cantines scolaires en aliments bio et locaux. Depuis 2022, les collectivités sont tenues par la loi de servir au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Un certain nombre d’entre elles ne respectent pas cette obligation légale (20 sur les 97 villes préfectures enquêtées par Agir pour l’environnement). D’autres ont fait le choix d’aller bien au-delà. C’est le cas de Saint-Étienne, Périgueux et Bordeaux, dont la part de produits bio en restauration collective atteint respectivement 74,5 %, 70,8 % et 66,2 %, d’après une enquête toute récente de l’association Agir pour l’environnementPour encourager les installations agricoles, en garantissant des débouchés aux producteur·ices, d’autres communes investissent dans des paniers bio pour les femmes enceintes, via les « ordonnances vertes », encouragées par de nombreux soignants.Autre levier pour les élu·es : rejoindre le réseau national des fermes publiques, qui a vu le jour en septembre 2025. Emmené par la ville pionnière de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), ce réseau entend « fédérer, accompagner et promouvoir les fermes publiques à l’échelle nationale ».Trois critères essentiels définissent les fermes publiques : une gouvernance publique (commune, métropole, département, région ou établissement public), une production dédiée à la restauration collective ou à un service public lié à l’alimentation (cantines, crèches, centres de loisirs, Ehpad, épiceries sociales…) et un engagement en faveur de l’agriculture biologique. « Chaque ferme disparue, chaque hectare agricole bétonné, chaque litre d’eau contaminé réduit la capacité des communes à nourrir localement leur population », alerte l’ONG Terre de liens, qui a lancé un appel aux maires à l’automne dernier en vue des élections municipales de mars 2026. Mais les membres de cette organisation, qui réunit dix-neuf associations territoriales, ne sont pas les seul·es à considérer l’importance du pouvoir des élu·es locaux.À la fin du mois de novembre 2025, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, qui ne défend pas exactement le même modèle agricole que Terre de liens, a publié un éditorial dans le quotidien Ouest-France où il « en appelle à toutes celles et tous ceux qui travaillent la terre : osez vous engager, osez vous présenter sur les listes aux prochaines élections municipales. Pour être présents là où se décident les projets de vie de nos villages : l’eau, l’énergie, l’alimentation, la mobilité, l’aménagement ».Pour aller plus loin : ➤ Où sont passées les fermes françaises ? Cartographie du nombre de fermes en 1988 et 2020 par Terre de liens et Territoires fertiles | ➤ Faire pousser des cantines bio et locales (webinaire) 27 janvier 2026 / Le collectif Les pieds dans le plat |
Traiter la tuberculose bovine autrement que par l’abattage total, c’est possible, à condition de s’armer de détermination, de patience et d’un solide réseau de solidarité. Cette recette a permis à Sophie et Philippe Sicre, éleveurs dans les Pyrénées-Atlantiques, de négocier un protocole de soins alternatif. Leur expérience est racontée par Sophie Chapelle dans Basta !. ➤ Lire sur Basta !Dans le Var, celleux qui ne peuvent pas conduire ou n’ont pas de voiture, ni de bus à disposition peuvent compter sur Atchoum, une plateforme qui se présente comme « la réponse à vos souhaits en matière de mobilité ». Ambition de cette entreprise : sortir les habitant·es des milieux ruraux de leur isolement géographique. Comment ? Vous le saurez en lisant ce reportage de Marcelle, « média de solutions ». ➤ Lire sur Marcelle Ministres et parlementaires ne savent plus quoi faire pour accélérer la crise agricole, écologique et sanitaire. Ces derniers temps, ils se sont montrés particulièrement inventifs.Commençons par l’agrandissement des élevages industriels : ils seront facilités par l’article 3 de la loi Duplomb, qui prévoit de relever le seuil en dessous duquel un élevage industriel peut continuer à s’agrandir automatiquement sur simple enregistrement ou déclaration, sans faire l’objet d’une procédure d’autorisation, plus longue et complexe, impliquant une enquête environnementale et sanitaire. Il se pourrait même que lesdits élevages sortent carrément de la catégorie des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), selon une brillante idée de notre ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Qu’importe que l’agriculture et les élevages représentent à eux seuls près de 10 % des accidents recensés dans les ICPE ces 10 dernières années…
Photo prise à Nort-sur-Erdre, en Loire-Atlantique, mercredi 11 février 2026 © Nolwenn WeilerTerminons avec cette enquête lancée après la nomination d’Anne Le Strat, ancienne PDG d’Eau de Paris, à l’Office français de la biodiversité. C’est le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a demandé cette enquête, « sous la pression de syndicats », indique Mediapart, alors qu’Anne Le Strat était la cible d’une violente campagne d’insultes et de menaces, par exemple « Il faut lui raser le crane à cette p... d’écolo bobo ».
C’est l’un des (effrayants) résultats d’une étude publiée fin janvier par l’association PAN Europe (réseau européen de lutte contre les pesticides), qui a fait analyser une soixantaine de pommes « conventionnelles » de treize pays européens, dont la France. Près des trois quarts des échantillons contiennent des pesticides classés parmi les plus dangereux pour la santé, et un tiers contiennent des pesticides neurotoxiques. Bon appétit ! Basta ! est 100 % indépendant, sans pub, en accès libre et financé par ses lecteur·ices. Entrez dans la communauté de nos soutiens grâce à un don (défiscalisable à 66 %).
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| Retour au début du sommaire Retour au début de l’introduction Retour au début du Préambule Retour au début du dossier Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant
C :\Users\Jacques\Downloads\jh.jpg– 15/02/2026Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives SociétalesSite : https://isias.info/ Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France Courriel : jacques.hallard921@orange.fr Fichier : ISIAS Biodiversité Soulèvements.7.docx Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !
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