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"Face à la menaçante perte de vitesse d’un gigantesque système de courants marins (Amoc), l’engagement variable des enseignes de distribution pour le climat et l’inaction écologique : réformes ou révolution ?" par Jacques Hallard
jeudi 5 février 2026, par
ISIAS Climat AMOC Commerce Psychosociologie
Face à la menaçante perte de vitesse d’un gigantesque système de courants marins (Amoc), l’engagement variable des enseignes de distribution pour le climat et l’inaction écologique : réformes ou révolution ?
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 05/02/2026
Voir les détails dans ce dossier > Décryptages - 10 raisons de l’inaction écologique
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
Des informations préliminaires pour débuter ce dossier préparer à usage didactique
Amoc - (Atlantic Meridional Overturning Circulation) –
L’AMOC est un ensemble de courants complexes dont le Gulf Stream et le courant du Labrador comptent parmi les plus connus. Il transporte les masses d’eaux chaudes – situées entre la surface et 1.000 m de profondeur – de l’équateur vers le nord de l’océan Atlantique. 30 juillet 2024
Gulf Stream, circulation de retournement, AMOC - Le Gulf Stream est un segment du gyre océanique de l’Atlantique Nord qui longe les côtes orientales de l’Amérique du Nord direction nord-est puis se disperse en plusieurs tourbillons. Ce n’est donc pas un gigantesque fleuve d’eau chaude circulant à l’intérieur de l’Atlantique du Mexique à la Norvège, comme on l’a parfois représenté. Les courants d’eau chaude qui rejoignent l’Europe sont aujourd’hui appelés par les climatologues la circulation de retournement (en anglais Atlantic meridional overturning circulation, AMOC). Cette circulation est composée d’eaux chaudes originaires du Golfe du Mexique qui rejoignent les côtes européennes avant de se refroidir, de bifurquer et de plonger en profondeur entre le sud du Groenland et le Labrador. Son fonctionnement est complexe et elle connaît d’importantes variations saisonnières et interannuelles. Elle est un segment de la circulation thermohaline mondiale. Par l’intermédiaire des masses d’air circulant d’ouest en est et se réchauffant à son contact, la circulation de retournement joue un rôle régulateur dans les climats d’Europe du nord-ouest, qu’on a appelé à tort « tempérés » malgré leur très grande variabilité et leur saisonnalité très contrastée et marquée par les extrêmes. Les modélisations actuelles n’annoncent pas la disparition de la circulation de retournement dans un avenir prévisible, mais elles indiquent qu’elle pourrait connaître des perturbations entraînant des hivers plus froids et des étés plus caniculaires, dans un contexte de réchauffement moyen de l’atmosphère terrestre soumis à de fortes variations locales. (JBB) Juillet 2021, dernières modifications : décembre 2023, octobre 2025 - PDF - Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/gulf-stream-circulation-de-retournement-amoc
La psychosociologie est l’étude des problèmes communs à la psychologie et à la sociologie, s’intéressant en particulier à la façon dont le comportement individuel est influencé par les groupes auxquels appartient l’individu. Il s’agit d’un courant transdisciplinaire d’apparition récente qui rassemble des psychologues, des sociologues et des scientifiques de différentes branches… - Source
La psychologie sociale est la branche de la psychologie qui étudie de façon empirique comment « les pensées, les émotions et les comportements des individus sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite d’autres personnes » [1]. Dans cette définition, proposée initialement en 1954 par Gordon Allport [2], les termes « présence imaginaire ou implicite » indiquent que l’influence sociale indirecte est possible, même en l’absence physique d’autres individus, par l’intermédiaire de normes sociales perçues ou intériorisées. La psychologie sociale procède selon la méthode scientifique et s’appuie sur des mesures quantitatives (par exemple : mesures du comportement observé en laboratoire lorsque des individus sont placés dans des situations expérimentales, mesures par questionnaires, mesures physiologiques, imagerie cérébrale), ou qualitatives (par exemple : observations de terrain dans des situations naturelles, entretiens semi-directifs, focus groups). Les psychologues sociaux étudient les processus mentaux impliqués dans les comportements humains liés aux interactions sociales. Ces recherches concernent un grand nombre de situations et de variables (indépendantes et dépendantes) dont les liens sont souvent représentés sous forme de modèle théorique. La psychologie sociale est parfois considérée comme un domaine interdisciplinaire situé à l’intersection de la psychologie et la sociologie. Edward Jones conclut toutefois à la catégorisation de la psychologie sociale comme une sous discipline de la psychologie en comparant le volume de production scientifique dans le domaine attribué à des psychologues à celui attribué à des sociologues [3]. En France et en Belgique, les diplômes de master et de doctorat en psychologie sociale sont délivrés dans le cadre d’un cursus en psychologie. Néanmoins, les contributions à la psychologie sociale des chercheurs en sociologie sont importantes et ont parfois conduit à distinguer la psychologie sociale « sociologique » de la psychologie sociale « psychologique » [ 4]. L’approche sociologique met davantage l’accent sur les variables macroscopiques (telles que la structure sociale) alors que l’approche psychologique se focalise plutôt sur les variables individuelles (telles que les dispositions internes). Les deux approches sont complémentaires et s’enrichissent mutuellement [5]. D’autres proximités disciplinaires existent, notamment avec l’économie comportementale [6] dans le domaine de la prise de décision ou encore avec les sciences cognitives dans le domaine de la cognition sociale [7]… - Source
Un biais cognitif est une déviation dans le traitement cognitif d’une information. Le terme biais fait référence à une déviation de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes ou des erreurs apparaissent dans un raisonnement ou un jugement. L’étude des biais cognitifs fait l’objet de nombreux travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale et plus généralement dans les sciences cognitives. Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l’esprit humain[1] à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, relations sociales, etc. Du point de vue de leurs domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de perception, d’évaluation, d’interprétation logique. Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique puisqu’ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base). Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l’évolution humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante, tandis qu’ils se révèlent inadaptés à un milieu artificiel moderne… - Source
« Les biais cognitifs servent souvent d’alibi à l’inaction écologique, ce qui occulte des causes systémiques essentielles, comme le montre l’exemple des océans ».
Ce dossier s’articule autour de trois considérations majeures :
- Les courants océaniques complexes, donc l’Amoc (Atlantic Meridional Overturning Circulation), en relations avec les dérèglements climatiques
- La prise en compte du climat dans une enseignes commerciales de distribution de produits, dont Lidl, champion des supermarchés européens …
- La faute de nos biais cognitifs pour expliquer les comportements … psychosociologiques et les excuses de l’inaction écologique, et comment y répondre, soit par la voie des réformes, soit par des réactions plus vives souvent qualifiées historiquement de révolution …
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
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- La circulation thermohaline d’après Wikipédia
- Alerte sur notre thermostat – Document ‘defense.gouv.fr’ - Climat et Défense
- Rétrospective - AMOC, le climat à contre-courant - Pascale Lherminier sur France Culture
- Océan & climat - Campagne océanographique CROSSROAD : vital pour le climat mondial, le courant océanique AMOC ralentit-il sous l’influence du changement climatique ? - Publié le 30 juillet 2024 – Document ‘ifremer.fr’
- Décryptage - Des hivers à -18 °C à Paris ? Cinq questions sur l’Amoc, le système de courants marins qui pourrait s’effondrer - Par Gaël Lombart - Le 16 janvier 2026 à 12h37 – Document ‘leparisien.fr’ Futurs,Environnement,Climat
- En France, difficile de faire ses courses dans une enseigne engagée pour le climat - 27/01/2026
- Business model en transition - Lidl, champion des supermarchés européens sur le climat ? Par Clément Fournier Journaliste économie durable - Publié le 27 janvier 2026 – Document ‘huffingtonpost.fr’
- Climat, pollution... Faut-il cesser de ‘psychologiser’ l’inaction ? - Documents ‘theconversation.com’
- La faute de nos biais cognitifs, vraiment ? Comment cette notion fabrique l’inaction écologique - Publié : 15 janvier 2026, 10:30 CET - Document ‘theconversation.com’
- Crise climatique : faut-il des réformes ou une révolution ? Débat entre Pierre Charbonnier et Philippe Descola - Enregistrement ‘France Culture’ de 38 minutes - Mercredi 28 janvier 2026 - Provenant du podcast Questions du soir : le débat
- Décryptages - 10 raisons de l’inaction écologique - Publié le 10 mai 2024 - Béatrice Héraud, Rédactrice en chef – Document ‘youmatter.world’
- Le douze excuses de l’inaction, et comment y répondre - Publication : 16/07/2020 - Mis à jour : 02/10/2025 – document ‘bonpote.com’
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La circulation thermohaline mondiale correspond au couplage de plusieurs cellules de convection océaniques et participe à la redistribution de la chaleur. Animation de la circulation thermohaline.
La circulation thermohaline, appelée aussi circulation océanique profonde, est la circulation océanique engendrée par les différences de densité (masse volumique) de l’eau de mer, à l’origine de courants marins de profondeur. Ces différences de densité proviennent des écarts de température et de salinité des masses d’eau, d’où le terme de thermo — pour température — et halin — pour salinité.
À l’échelle de la Terre, la circulation océanique de surface et la circulation océanique profonde forment une immense boucle de circulation que l’on nomme boucle thermohaline à l’origine d’un grand cycle qui brasse les eaux et convoie la chaleur à l’échelle du globe.
Caractéristiques
Température, salinité et densité sont reliées par la fonction d’état[1] de l’eau de mer. Les eaux refroidies et salées plongent au niveau des hautes latitudes dans l’Atlantique-Nord (Norvège, Groenland, et mer du Labrador) et descendent vers le sud, à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km, formant l’eau profonde Nord-Atlantique. La remontée de ces eaux se fait principalement par mélange vertical dans tout l’océan. Les scientifiques estiment qu’une molécule d’eau fait ce circuit entier en environ 1 000 à 1 500 ans. Il existe également des zones de formation d’eau dense dans l’océan Austral, au niveau des mers de Ross et de Weddell[2]. Dans la réalité, il est difficile de séparer la circulation engendrée par les gradients de densité seuls des autres sources de mouvement des masses d’eau, telles que le vent ou les marées[3]. Pour étudier cette circulation à grande échelle, les scientifiques préfèrent donc utiliser une notion mieux définie : la circulation méridienne de retournement (CMR[4] ou MOC pour Meridional Overturning Circulation)[3].
La circulation thermohaline a des conséquences encore mal estimées aujourd’hui sur le climat.
Circulation méridienne de retournement
La notion de circulation thermohaline est imprécise et il en existe plusieurs définitions [3]. Si elle est majoritairement vue comme la circulation liée aux forçages thermique et halin qui lui donnent son nom, il est maintenant établi que ces seuls forçages ne sont pas suffisants pour maintenir cette circulation et que le mélange turbulent lié au vent et aux marées joue un rôle primordial, notamment dans la remontée des eaux profondes[3],[5]. Progressivement, la notion de circulation méridienne de retournement, ou MOC, s’est substituée à celle de circulation thermohaline [6]…. – Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Circulation_thermohaline
Alerte sur notre thermostat – Document ‘defense.gouv.fr’ - Climat et Défense
L’AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation) est un ensemble de courants complexes. Il transporte les masses d’eaux chaudes – situées entre la surface et 1 000 m de profondeur – de l’équateur vers le Nord de l’océan Atlantique. Cols bleus vous explique les implications sécuritaires qui découleraient de son effondrement.
La circulation des courants océaniques
Souvent perçus comme des phénomènes à évolution lente et prévisible, les changements climatiques laisseraient ainsi aux sociétés humaines le temps de s’adapter progressivement. Cette perception occulte néanmoins les risques sécuritaires que représentent les points de bascule climatique. Une fois dépassés, ces seuils critiques conduisent à un basculement du système climatique global, empêchant tout retour en arrière.
Parmi les points de bascule climatique identifiés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) figurent des changements importants de circulations globales dont le ralentissement, voire l’effondrement, de l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning circulation). Souvent confondu avec le Gulf Stream, il est le principal courant de l’océan Atlantique.
Il est responsable de la circulation océanique à grande échelle des eaux chaudes de l’équateur et de l‘hémisphère Sud vers les latitudes du Grand Nord. Les eaux chaudes, une fois arrivées au pôle Nord, se densifient avant de plonger vers l’équateur. Cet équilibre nous permet notamment de bénéficier d’un climat tempéré en Europe agissant ainsi comme un « thermostat ».
Les conséquences des changements climatiques altèrent le fonctionnement de ce mécanisme reposant sur la circulation thermo-haline, c’est-à-dire sur la température et la salinité. Le réchauffement des eaux ainsi que la fonte des glaciers perturbent le fonctionnement de l’AMOC qui menace de s’effondrer d’ici 2090. Si celui-ci venait à être bouleversé, le climat global serait complètement déréglé, engendrant une baisse drastique des températures, en particulier dans l’hémisphère Nord.
Compte-tenu de sa dimension planétaire, l’AMOC présente de nombreuses interactions avec d’autres points de bascule du système climatique. C’est notamment le cas pour les moussons qui seraient fortement perturbées. Les capacités océaniques d’absorption et de redistribution de chaleur et de CO² seraient fortement altérées, conduisant à une accélération de l’acidification océanique et à une intensification des changements climatiques. Le rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère (2019) affirme qu’un ralentissement de l’AMOC est très probable au cours du 21e siècle, et qu’un effondrement ne peut être exclu. Il est donc nécessaire d’initier une réflexion sur l’imbrication de ce phénomène avec les enjeux de sécurité qu’il constitue.
Les conséquences sécuritaires d’un retournement de l’AMOC
L’environnement dans lequel les armées opèrent risque d’être totalement modifié. À ce titre, l’AMOC a été placé au cœur d’une étude de sécurité américaine dès 2003. La récente convergence des résultats des modèles climatiques autour d’un ralentissement de l’AMOC a relancé la dynamique de recherche. Plusieurs conséquences sécuritaires en cascade sont à prévoir en cas de perturbation ou d’effondrement de l’AMOC. Tout d’abord, le déclenchement d’une nouvelle ère glaciaire dans le Nord de l’Europe. La polarisation des conditions météorologiques estivales (plus chaudes) et hivernales (plus froides) conduirait selon toute vraisemblance à une multiplication et une intensification des phénomènes extrêmes. Ainsi, la production agricole européenne serait fortement affectée avec de fortes incidences sur notre souveraineté et sécurité alimentaire 1.
Deuxième conséquence : le déplacement et la baisse du stock des ressources halieutiques. Celles- ci se déplaceront vers des eaux plus tempérées (latitudes plus basses), en dehors de la zone économique et exclusive (ZEE) de la France où elle pourraient être victime de pêche illégale et illicite. Troisième conséquence : la perturbation de la navigation et de propagation acoustique. Enfin, le ralentissement ou l’effondrement de l’AMOC accroîtront la stratification océanique, ce qui pourrait fortement altérer les capacités de défense anti-sous-marine. En étudiant les évolutions de la propagation acoustique dans six zones de l’océan Atlantique Nord et de l’Ouest du Pacifique, à partir des projections climatiques du GIEC, nous constatons une augmentation marquée de la perte de transmission acoustique dans l’Atlantique Nord. La région Arctique semble également particulièrement touchée par ce phénomène. En matière de lutte anti-sous-marine, un changement structurel des couches d’eau conduirait à repenser les logiques de conception et d’exploitation des appareils propulsifs dans le but de maintenir l’impératif de discrétion.
Face aux conséquences d’une déstabilisation de l’AMOC, il est primordial de continuer à prendre en compte l’ensemble des effets au sein de documents de prospectives et d’études sécuritaires. Dans cette perspective, le service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) met à jour régulièrement une base de données qui alimente les études prospectives. Ces éléments assurent notre pleine connaissance du milieu maritime, préalable à des actions correctives afin de pouvoir réagir.
Source : note publiée par L’Observatoire Défense et Climat en mai 2025 sur « Les implications sécuritaires et de défense des points de bascule climatique », rédigée par Julia Tasse et Martin Collet, dans le cadre du contrat cadre pour le compte de la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS).
Consulter les autres travaux de l’Observatoire sur le site internet https://defenseclimat.fr/
1. Le phénomène a été illustré par une étude scientifique britannique de 2020 sur les conséquences de l’effondrement de l’AMOC sur le secteur agricole.
Ministère des Armées et des Anciens combattants - info.gouv.fr
Source : https://www.defense.gouv.fr/marine/cols-bleus/cols-bleus-magazine/decryptage/alerte-notre-thermostat
En 2023, Le GIEC jugeait très improbable un effondrement de l’AMOC d’ici la fin du siècle. Dans une récente lettre, certains experts estiment ce risque sous-estimé. Qu’est-ce que ce courant ? Comment influence-t-il le climat ? Son effondrement est-il imminent ? Quelles en seraient les conséquences ?
Avec :
- Didier Swingedouw Climatologue au Laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux (EPOC), à Bordeaux.
- Pascale Lherminier Physicienne
Consulter la rediffusion de l’ Emission ici
Le réchauffement climatique menace un vaste ensemble de courants marins dans l’océan Atlantique : l’AMOC. Selon 43 experts internationaux, nous avons sous-estimé les risques de sa mise à l’arrêt. Quels en serait les conséquences ?
L’AMOC, pour l’acronyme anglais de ’circulation méridienne de retournement de l’Atlantique’, est un système de courants océaniques, dont le Gulf Stream fait partie. C’est l’un des moteurs importants du climat, qui joue un rôle crucial dans la redistribution de la chaleur sur l’ensemble de la planète et c’est notamment grâce à lui que notre climat en Europe occidentale est tempéré. Dans une récente lettre, des experts insistent sur les effets collatéraux de son ralentissement, voire de son effondrement. Car il s’agit désormais d’un risque probable.
© RadioFrance Date of publication 10 December 2024
Océan & climat - Campagne océanographique CROSSROAD : vital pour le climat mondial, le courant océanique AMOC ralentit-il sous l’influence du changement climatique ? - Publié le 30 juillet 2024 – Document ‘ifremer.fr’
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Voir l’image sur https://www.ifremer.fr/fr/presse/campagne-oceanographique-crossroad-vital-pour-le-climat-mondial-le-courant-oceanique-amoc - Thalassa, navire de la Flotte océanographique française opérée par l’Ifremer et sa filiale d’armement Genavir
Ifremer, Stéphane Lesbats{{}}
La circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) joue un rôle fondamental pour le climat en régulant la température de l’hémisphère Nord. Cette circulation océanique reste mal connue et le changement climatique pourrait bouleverser sa dynamique dans les décennies à venir. Le 29 juillet, une équipe de scientifiques de l’Ifremer, de l’Université de Breme et de l’Université de Hambourg prend le large à bord du Thalassa, navire de la Flotte océanographique française opérée par l’Ifremer et sa filiale d’armement Genavir, en direction des eaux de Terre-Neuve pour la campagne CROSSROAD. Objectif : étudier cette zone clé de l’AMOC où les eaux froides subpolaires et chaudes subtropicales se rencontrent.
La campagne océanographique CROSSROAD, financée en partie par l’ANR (Agence nationale de la recherche), s’inscrit dans le cadre du projet européen EPOC (Explaining and predicting the ocean conveyor) dont l’objectif est de comprendre le fonctionnement de la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC), son évolution passée et future, ainsi que son impact sur le climat.
L’AMOC est un ensemble de courants complexes dont le Gulf Stream et le courant du Labrador comptent parmi les plus connus. Il transporte les masses d’eaux chaudes – situées entre la surface et 1000 m de profondeur – de l’équateur vers le nord de l’océan Atlantique. Au contact de l’atmosphère très froide des hautes latitudes, ces masses d’eaux se refroidissent, deviennent plus denses et plongent alors vers les abysses avant de retourner vers l’Atlantique Sud et l’océan Austral. Cette circulation est souvent représentée de façon schématique comme un tapis roulant qui transporte de la chaleur du sud vers le nord mais aussi des nutriments, du carbone et de l’oxygène. Elle influence ainsi l’écosystème océanique et le climat des continents qui bordent l’Atlantique. La différence de densité de l’eau de part et d’autre de l’Atlantique est l’un des moteurs de l’AMOC et le réchauffement des pôles ou la fonte des glaces, dus au changement climatique, pourraient modifier ce facteur. Sont-ils déjà affectés ? Assistera-t-on bientôt, comme certaines publications scientifiques l’affirment, à un ralentissement voire un effondrement de l’AMOC ?
Pour l’instant, nous manquons de données pour affirmer que l’AMOC ralentit sous l’influence du changement climatique. Nos séries temporelles de mesures in situ sont trop peu nombreuses, et il nous faut plus de données pour identifier si les tendances observées sont dues à la variabilité naturelle de l’AMOC ou à un ralentissement lié au changement climatique
Damien Desbruyères : Chef de mission et chercheur Ifremer au laboratoire d’océanographie physique et spatiale.
Pour déchiffrer plus finement la circulation dans l’Atlantique, l’équipe de scientifiques a choisi de se rendre dans une section clé pour le fonctionnement de l’AMOC : Terre-Neuve, une zone spécifique où la dynamique de courants est très énergétique et se combine à un relief sous-marin complexe pour venir perturber le transport des eaux profondes et froides vers le sud et « casser » le tapis roulant.
L’objectif de la campagne CROSSROAD est de comprendre par où passent les masses d’eaux froides et denses qui plongent au niveau des hautes latitudes, et comment elles sont modifiées le long de leur trajet pour rejoindre les régions subtropicales
Damien Desbruyères
Un « profileur » unique au monde déployé pour la première fois {{}}
Pour répondre aux objectifs de la campagne, l’équipe scientifique cartographiera la dynamique de l’océan sur la zone d’étude à l’aide de différents instruments de mesures et notamment d’un nouveau « mouillage » conçu en partie par l’Ifremer et déployé pour la première fois. Ce câble vertical possède un capteur « profileur » qui monte et descend mécaniquement le long du mouillage, là où d’ordinaire les mouillages classiques possèdent des capteurs fixes. Il récoltera pendant 2 ans des informations en continu sur l’ensemble de la colonne d’eau et mesurera notamment les variations de température et de vitesse des courants à une échelle très fine (quelques centimètres) pour mieux comprendre et quantifier le mélange des masses d’eau.
Les scientifiques mettront également à l’eau des flotteurs Deep Argo. Ces profileurs autonomes sont capables de plonger de la surface jusqu’à 4 000 mètres de profondeur. Ils se déplacent avec les courants tout en mesurant la température, l’oxygène et la salinité des masses d’eau.
Grâce à ses capteurs et à ses bouteilles de prélèvement d’eau, la rosette bathysonde – qui sera également déroulée depuis le bord jusqu’au fond – permettra d’obtenir des « empreintes » de l’océan à des endroits précis et à différents niveaux de la colonne d’eau. Ces mesures ponctuelles à haute résolution seront un atout considérable pour décrire le fonctionnement des branches de l’AMOC au voisinage de Terre-Neuve, mais également pour vérifier, et éventuellement corriger, les données transmises par les flotteurs Deep Argo et les mouillages de courantométrie déjà mis à l’eau l’année dernière.
Les données récoltées et les connaissances qu’elles permettront d’acquérir sur le fonctionnement des courants et de l’AMOC serviront, à plus long-terme, à améliorer les modèles de climat utilisés par le GIEC
Damien Desbruyères
Décryptage - Des hivers à -18 °C à Paris ? Cinq questions sur l’Amoc, le système de courants marins qui pourrait s’effondrer - Par Gaël Lombart - Le 16 janvier 2026 à 12h37 – Document ‘leparisien.fr’ Futurs,Environnement,Climat
Ce bouleversement qui pourrait survenir dans quelques décennies ne remet pas en cause le réchauffement climatique, dont il est d’ailleurs une conséquence.
Les scientifiques redoutent des épisodes de gels intenses si ce système de courants océaniques venait à basculer. LP/Philippe Lavieille
Les scientifiques redoutent des épisodes de gels intenses si ce système de courants océaniques venait à basculer. LP/Philippe Lavieille
Depuis un an et demi, l’alerte revient régulièrement sur le devant de la scène, attisé par un reportage (comme au 20 Heures de France 2, ce mardi) ou la publication de nouvelles analyses. La perte de vitesse de l’Amoc, un gigantesque système de courants marins, menace l’Europe d’hivers plus durs, avec des chutes spectaculaires du mercure, à l’horizon 2100. Certains y verraient de quoi remettre en cause le réchauffement climatique, mais rien n’est moins faux. On fait le point.
Qu’est-ce que l’Amoc ?{{}}
L’Amoc — Atlantic Meridional Overturning Circulation — est un système de courants océaniques qui transporte de l’eau chaude depuis les tropiques vers le nord de l’Atlantique, puis renvoie des eaux plus froides en profondeur vers le Sud. C’est lui qui, en grande partie, explique pourquoi l’Europe occidentale est plus douce que d’autres régions à la même latitude. New York est plus régulièrement paralysé par le blizzard que Barcelone.
Le célèbre Gulf Stream, avec lequel on la confond parfois et qui est localisé à l’ouest de l’Atlantique, n’en est en réalité qu’une composante, un seul courant. L’Amoc, elle, est un véritable « tapis roulant » océanique, fondé sur des différences de températures et de quantité de sel entre les masses d’eau. On la mesure grâce à des indicateurs depuis une trentaine d’années.
Pourquoi l’Amoc fait-elle peur aujourd’hui ? {{}}
Des scientifiques alertent depuis quelques années sur l’affaiblissement de l’Amoc sous l’effet du réchauffement. La fonte accrue de la glace groenlandaise ajoute de grandes quantités d’eau douce à l’Atlantique Nord, perturbant en hiver le fonctionnement normal du courant. Résultat : moins de chaleur transportée vers le nord de l’Atlantique et des hivers plus froids ou plus instables en Europe du Nord-Ouest.
À voir aussi - En Antarctique, un sanctuaire pour sauver la mémoire des glaciers - Le 17 janvier 2026
Fin octobre 2024, 44 climatologues ont adressé une lettre ouverte au Conseil nordique des ministres (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède et leurs territoires autonomes) qui a eu un certain retentissement médiatique. Le courrier soulignait que le risque d’effondrement avait probablement été sous-estimé et que le scénario d’un net ralentissement ou d’un arrêt partiel restait possible au cours de ce siècle.
« Les conséquences, notamment pour les pays nordiques, seraient probablement catastrophiques », écrivaient les auteurs, qui évoquaient des « phénomènes météorologiques extrêmes sans précédent » et une « viabilité de l’agriculture en Europe du Nord-Ouest » menacée. En novembre, l’Islande a qualifié le potentiel effondrement de « menace existentielle ».
Si l’Amoc s’effondre, fera-t-il froid en France ?{{}}
Si l’Europe du Nord serait bien la première concernée, la France pourrait connaître, en cas d’effondrement de l’Amoc, des épisodes de froid extrême l’hiver. D’après un article publié en juin dans la revue Geophysical Research Letters, la température à Paris pourrait plonger à -18 °C, Lyon connaître -18,6 °C, Lille frôler les -19 °C tandis que l’Alsace tremblerait sous -28 °C. Ce qui fait dire au JT de France 2 que la Seine pourrait se transformer en grand glaçon autour de 2100.
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Attention, toutefois : il ne s’agit pas de températures moyennes, mais de pointes basses attendues environ une fois par décennie dans ce scénario. « Cela ne veut pas dire que l’hiver serait toujours plus froid qu’aujourd’hui, mais qu’il surviendrait ponctuellement des phénomènes extrêmes, aussi intenses que courts dans la durée, qui perturberaient la faune, la flore et nous-mêmes, tempère l’océanographe Julie Deshayes, directrice de recherche au CNRS. Le -18 °C, je n’y crois pas trop. Ces événements se rapprocheraient davantage des épisodes que nous avons connus il y a quelques semaines. »
Est-ce que ça remet en cause le réchauffement climatique ?{{}}
Non. Le réchauffement climatique est une réalité solide : les gaz à effet de serre continuent de réchauffer l’atmosphère et les océans. La diminution de l’Amoc ne contredit pas le phénomène. Elle en est même une manifestation.
Si une Amoc plus faible pourrait tempérer l’effet du réchauffement dans certaines zones en hiver, sur l’ensemble du globe, la tendance à la hausse des températures resterait prédominante. « L’Amoc intervient dans la redistribution de chaleur. S’il fait plus froid en Europe, il fera plus chaud dans la forêt amazonienne et plus globalement dans l’hémisphère sud », résume le climatologue Didier Swingedouw, directeur de recherche au CNRS.
« On ne va pas tomber dans une ère glaciaire. Vous ne trouverez pas un scientifique qui vous dira cela. C’est une manipulation des climatosceptiques pour dire que le système climatique va trouver lui-même une solution à l’effet de serre d’origine anthropique », accuse Julie Deshayes.
« Mais ce ne serait pas une bonne nouvelle que l’Amoc s’effondre, poursuit l’océanographe. Cela signifierait que l’océan ne joue plus son rôle de régulateur du climat. Les organismes y seraient affectés par l’addition de chaleur dans les eaux les moins profondes où ils vivent majoritairement. Il y aurait bien plus de CO2 donc d’acidité. Ce serait une catastrophe dans la catastrophe… »
Quand pourrait-on voir ces changements ?{{}}
C’est sans doute le point le plus délicat. Une quarantaine de modèles climatiques s’intéressent à ce que l’Amoc pourrait devenir à l’horizon 2100. « Ils montrent tous une diminution, mais ne convergent pas sur son ampleur », explique Didier Swingedouw. En tenant compte des multiples incertitudes, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime peu probable un effondrement d’ici la fin du siècle.
Dans une étude publiée en août dans Environmental Research Letters, des chercheurs ont analysé les scénarios après 2100 et jusqu’à 2500. Pour l’ensemble des simulations, un affaiblissement durable de l’Amoc apparaît très nettement au cours du siècle prochain. Il serait alors trop tard pour agir : toujours selon ces données, le point de bascule — le moment où le changement serait irréversible — surviendrait 50 à 100 ans avant que l’effondrement ne soit visible.
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En France, difficile de faire ses courses dans une enseigne engagée pour le climat - 27/01/2026 06:30 - Par Clément Giuliano - Document ‘www.huffingtonpost.fr’
L’ONG Réseau action climat est partenaire d’une étude européenne sur les engagements des entreprises de grande distribution à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les supermarchés français sont mal classés dans parmi les enseignes européennes pour leurs faibles engagements sur le climat.
LAGEAT PERROTEAU / Hans Lucas via AFP
Les supermarchés français sont mal classés dans parmi les enseignes européennes pour leurs faibles engagements sur le climat.
En bref : {{}}
• L’étude de Questionmark et Réseau action climat montre que les enseignes françaises sont mal classées en termes d’engagement climatique.
• Carrefour, 12e, est le seul à publier une feuille de route climatique. Les groupes néerlandais sont en tête grâce à des politiques ambitieuses.
• Lidl France n’est pas incluse, mais ses résultats à l’étranger sont positifs. E.Leclerc et Aldi ferment le classement.
L’IA au HuffPost {{}}
Lorsqu’on se préoccupe de la planète, chaque achat compte. Dans une étude publiée ce mardi 27 janvier en partenariat avec l’ONG française Réseau action climat, le think tank néerlandais Questionmark dresse un classement des enseignes de grande distribution européennes en fonction de leur engagement pour le climat.
« Les supermarchés ont une responsabilité majeure dans la transition vers une alimentation saine et durable, en raison de leur influence sur les consommateurs et de leur pouvoir sur les filières agricoles et agroalimentaires », souligne Morgane Créach, directrice générale du Réseau action climat, en introduction du classement baptisé « Superlist ».
Et si vous souhaitez privilégier une chaîne engagée dans la réduction des gaz à effet de serre, mieux vaut faire vos courses… dans un autre pays que la France. En effet, les groupes hexagonaux arrivent assez loin dans le classement, qui regroupe – à quelques exceptions près – les trois principales enseignes des huit pays étudiés (France, Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Royaume-Uni, Suède, Suisse).
Un groupe français bon dernier{{}}
Le leader français de la grande distribution, E.Leclerc, parvient à se classer en dernière position des 27 enseignes européennes prises en compte dans l’étude, évaluées sur deux critères principaux : leur engagement à réduire les émissions et celui de promouvoir des protéines végétales en alternative à la viande, dont l’élevage constitution une source de pollution importante.
E.Leclerc n’a pas encore publié ses objectifs climatiques pour se conformer à l’Accord de Paris et ne s’est pas engagé à proposer davantage de protéines végétales à ses clients. Vingtième sur 27, Intermarché parvient à faire un peu mieux car le groupe « souhaite développer sa gamme de produits d’origine végétale et stimuler ses ventes en incluant la surface en rayon et en publiant ces produits à proximité de leurs équivalents d’origine animale ».
Premier groupe français dans le classement – en 12e position seulement –, Carrefour est « le seul supermarché en France à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs [climatiques] à court terme », salue Questionmark.
Les groupes néerlandais en tête{{}}
Pourquoi les enseignes françaises sont-elles si mal classées ? « Aucun des supermarchés français ne s’est engagé à atteindre la neutralité carbone » d’ici 2050, pointe notamment le rapport. « Les résultats sont meilleurs dans les pays où il y a des politiques publiques ambitieuses et une réglementation sur la transition vers le végétal ou l’élevage durable », observe auprès du HuffPost Benoît Granier, responsable « alimentation » au Réseau action climat.
Résultat, les trois groupes néerlandais testés occupent les 1re, 3e et 4e places du classement, comme vous pouvez le voir dans le graphique ci-dessous, le gouvernement ayant fixé des objectifs ambitieux d’augmentation de la part des protéines végétales dans l’alimentation du pays.
Classement Superlist 2026 des enseignes de la grande distributions les plus engagées pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Classement Superlist 2026 des enseignes de la grande distribution les plus engagées pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre.{{}}
L’enseigne Lidl France, qui représente environ 10 % de parts de marché en France, n’a pas été étudiée, mais rien n’indique que les bons résultats de Lidl Pays-Bas (1er), Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e) seraient également enregistrés dans l’Hexagone. Dans une étude proche publiée par le Réseau action climat à l’échelle de la France en mai dernier, Lidl se plaçait juste devant Intermarché. Dans ce classement également, Carrefour était considérée comme l’enseigne la plus engagée sur le climat, et E.Leclerc et Aldi fermaient le classement.
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Business model en transition - Lidl, champion des supermarchés européens sur le climat ? Par Clément FournierJournaliste économie durable - Publié le 27 janvier 2026 – Document ‘huffingtonpost.fr’
Lidl, champion européen de la grande distribution sur le climat ? - Photo de VLADISLAV BOGUTSKI sur Unsplash
Un rapport européen place Lidl en tête des acteurs européens de la grande distribution les plus engagés en matière de transition climatique, mais avec des disparités selon son pays d’implantation. Les filiales de l’enseigne low-cost aux Pays-Bas, en Pologne, en Espagne et en Allemagne ont ainsi adopté un positionnement radicalement différent et plus ambitieux de celui de Lidl France.
Climat, pollution... Faut-il cesser de ‘psychologiser’ l’inaction ? - Documents ‘theconversation.com’{{}}
De nombreuses notions scientifiques sont régulièrement mobilisées pour expliquer ou pour contrer l’inaction environnementale. On peut ainsi penser aux biais cognitifs ou encore aux sciences comportementales, qui incitent les individus à adopter des comportements plus « vertueux ». Or, ces deux lectures psychologisantes ont le même défaut : elles invisibilisent les causes matérielles, sociales et politiques du problème et en font peser toute la responsabilité sur les individus.
Commençons par les biais cognitifs individuels : en plaçant la cause de l’inaction climatique dans notre cerveau, on donne en réalité un alibi aux industries ayant intérêt à maintenir l’exploitation intensive de la nature. Des chercheurs en psychologie détaillent, en la déclinant à l’exemple des océans, pourquoi cette explication, fût-elle séduisante, ne suffit pas.
Les politiques publiques sont pourtant friandes des outils issus des sciences comportementales. En particulier pour la gestion des déchets, domaine où les incitations et autres « nudges » sont souvent vus comme efficaces à court terme et peu coûteux pour la collectivité. Ils agissent pourtant comme un masque qui détourne l’attention des problèmes structurels : infrastructures de stockage des déchets mal pensées en habitat collectif, conditions de travail des gardiens et des éboueurs, ou encore conflits entre acteurs (par exemple, bailleur, métropole, prestataires, habitants).
Dans ces conditions, où trouver l’inspiration pour agir ? Une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) a mobilisé une approche originale, fondée sur l’analyse linguistique des récits de la transition. En s’appuyant sur plus de 550 initiatives écologiques menées en France depuis les années 1980 et sur la façon dont les différents acteurs (y compris médiatiques) les ont racontées, cette recherche permet de voir un panorama des narratifs se dessiner : attachement au territoire, importance des liens sociaux et transformation culturelle des comportements en sont les trois piliers.
Bonne lecture !
Sarah Sermondadaz, cheffe de rubrique Environnement + Énergie
La faute de nos biais cognitifs, vraiment ? Comment cette notion fabrique l’inaction écologique - Publié : 15 janvier 2026, 10:30 CET - Document ‘theconversation.com’
Auteurs :
https://storage.theconversation.com/3xokr57tqmvi68yt1f8t285vxcgjPierre-Yves Carpentier
Doctorant en Psychologie Sociale, Politique et Environnementale, Université Côte d’Azur
https://storage.theconversation.com/rilxo48akb2sxn54gz07fq05siahBenoît DérijardChercheur en écologie marine, Université Côte d’Azur
https://storage.theconversation.com/ulzs1mpv0v24hhldlw346kozbxmbClara VincendonDoctorante en psychologie sociale et de l’environnement, Université Côte d’Azur
Déclaration d’intérêts :
Pierre-Yves Carpentier est membre de l’association Alternatiba06 qui œuvre pour l’écologie.
Benoit Dérijard a reçu des financements du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), de l’Université Côte d’Azur, du FEAMPA (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture), de la Région Sud et de l’OFB (Office Français de la Biodiversité).
Clara Vincendon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Partenaires - Université Côte d’Azur apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR. Voir les partenaires de The Conversation France
DOI https://doi.org/10.64628/AAK.eevkrx7cn
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Face à l’urgence écologique, l’inaction est souvent justifiée par nos biais cognitifs individuels. Mais cette lecture psychologisante occulte l’essentiel. Des causes politiques, économiques et sociales sont à l’œuvre dans l’effondrement du vivant actuel. On le verra à travers l’exemple des océans et des milieux marins.{{}}
Face à l’urgence climatique, pourquoi sait-on mais n’agit-on pas ? Telle est la question posée par l’activiste Camille Étienne dans son documentaire Pourquoi on se bat ? (2022). Parmi ses invités figure Sébastien Bohler, journaliste et chroniqueur, notamment connu pour son essai le Bug humain (2019). Dans l’ouvrage, il explique que notre cerveau privilégierait le court terme au détriment de la planète. Il en conclut qu’il faut rééduquer notre cerveau pour déclencher l’action collective.
Ce discours, qui attribue l’inaction écologique à des biais cognitifs, c’est-à-dire à des mécanismes automatiques du cerveau, est repris par de nombreuses communications grand public. Sa simplicité est séduisante, mais il pose plusieurs problèmes. En effet, il ne dit rien des écarts considérables de comportements que l’on peut observer entre individus ou sociétés, il occulte les facteurs politiques, économiques et culturels et surtout il offre un alibi aux industries qui ont tout intérêt à maintenir l’exploitation intensive de la nature.
Cette explication est attrayante, mais ne permet pas de comprendre ce qui organise l’inaction ni d’y apporter des solutions concrètes et efficaces. Le cas du milieu marin illustre particulièrement cette logique : la gouvernance de l’océan est particulièrement délicate dans un contexte où prédomine l’exploitation économique, alors que les problèmes qui en découlent (catastrophes environnementales, destruction des moyens de subsistance de celles et ceux qui en dépendent ailleurs dans le monde…) sont souvent invisibilisés.
L’exemple des océans{{}}
L’océan constitue un bon exemple des limites de ce discours. Il s’agit du principal espace naturel à être exploité en continu à l’échelle planétaire : pêche, transport maritime, tourisme, sans parler de l’exploitation minière. Les prélèvements massifs y ont conduit à un effondrement global des espèces marines.
Cette découverte est relativement récente. En effet, la recherche océanographique s’est développée plus tardivement que ses équivalents terrestres, du fait, entre autres raisons, des difficultés d’accès du milieu marin. Ce retard explique en partie pourquoi la prise de conscience environnementale liée à la mer a été plus tardive que celle concernant les forêts ou les terres agricoles, par exemple.
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De plus, l’océan a un statut particulier : c’est un bien commun global. Or, dans notre économie actuelle, les ressources libres et non régulées tendent à être surexploitées, les acteurs économiques cherchant à maximiser leurs bénéfices individuels avant que la ressource ne s’épuise. Cette dimension collective rend la gouvernance océanique complexe et retarde sa mise en place, puisqu’elle est dépendante de la coopération internationale.
Surtout, l’océan est un milieu qui nous est étranger : la dégradation des fonds, la raréfaction des espèces ou l’acidification des eaux se produisent hors de nos champs sensoriels. Ce contexte est particulièrement propice à l’émergence de biais cognitifs pour expliquer leur effondrement écologique.
Des biais réels mais surestimés{{}}
Depuis les années 1980, la recherche sur le sujet a montré qu’il existait à la fois des biais psychologiques et des remèdes à ces derniers. Pour n’en citer que quelques-uns : biais d’optimisme, de présentisme (c’est-à-dire, notre tendance à préférer les résultats immédiats au détriment des résultats futurs) ou encore distance psychologique.
Appliqués à l’écologie, ils se traduisent par une minimisation des risques environnementaux, qui sont alors perçus comme lointains, temporaires ou réversibles. De ces constats naît l’idée que l’inaction environnementale serait préprogrammée dans notre cerveau de façon universelle et que les solutions devraient viser cette partie rétive de nos psychologies.
Autre exemple : le phénomène de « shifting baseline » (aussi appelé amnésie environnementale), qui décrit la tendance pour chaque nouvelle génération à réévaluer comme « normal » un état de plus en plus dégradé de la nature. Pour le milieu marin, les professionnels prennent alors pour référence des niveaux de biodiversité déjà appauvris. Chaque nouvelle étape de dégradation des écosystèmes est ainsi intégrée comme un nouvel état stable, ce qui rend la perte globale plus difficile à voir.
https://www.actionsustainability.com/resources/shifting-baselines-in-biodiversity-conservation
L’évolution de la taille des poissons pêchés en Floride (États-Unis) depuis les années 1950 représente un bon exemple de « shifting baseline ». Action Sustainability
Les biais cognitifs possibles sont nombreux : les facteurs individuels participant à l’inaction écologique sont depuis longtemps étudiés, connus et intégrés. Mais leur influence sur l’inaction climatique est surestimée.
À lire aussi : Inaction climatique : et si on était victime du biais de « statu quo » ?
Quand les biais cognitifs tombent à l’eau{{}}
Souvent mobilisés pour expliquer les comportements humains, ces biais peinent pourtant à décrire toute la réalité. Raisonnons par l’absurde : s’il existe des biais universels qui nous poussent à minimiser les enjeux environnementaux, voire à détruire l’environnement, comment expliquer les écarts parfois importants en termes de croyances et de comportements que l’on peut observer d’une personne à l’autre, d’une société à l’autre ?
Comment expliquer que, pour nombre de sociétés, le terme de nature n’existe tout simplement pas, parce qu’il n’y a pas de différence faite entre ce qui est considéré comme soi (humain) et comme autre, animal ou végétal ?
L’effondrement écologique ne peut se comprendre sans faire l’analyse des sociétés qui y contribuent et qui exacerbent nos biais individuels. Dans nos sociétés industrialisées, l’accroissement du capital structure à la fois nos environnements sociaux et nos motivations. Or, l’avènement des sociétés capitalistes n’a pas été le résultat de seuls biais cognitifs ou de processus biologiques universels : il a été mené par une petite fraction de l’humanité qui, avec les moyens matériels et politiques adéquats, a pu l’imposer à la majorité, entraînant la rupture des rapports sociaux et environnementaux préexistants.
Dans les milieux marins, l’effondrement écologique s’explique surtout par les conditions économiques et politiques qui le rendent possible à l’échelle globale : pêche industrielle peu régulée, marchandisation de la biodiversité marine (tourisme, aquaculture…), intérêts économiques et politiques liés au contrôle de l’extraction minière et énergétique (hydrocarbures offshore, minerais marins)… Le tout inscrit dans un système économique global fondé sur l’accumulation.
Tout cela montre que l’effondrement écologique actuel est davantage la conséquence d’arrangements sociopolitiques que de biais cognitifs individuels qui nous pousseraient naturellement à détruire les écosystèmes. Il nous faut sortir de cette vision et agir sur les causes systémiques qui produisent l’inaction.
En effet, nous pouvons agir sur les organes politiques et économiques qui encadrent la gestion des milieux naturels, dont les milieux marins. Or, c’est précisément ce que les discours majoritaires sur les biais psychologiques empêchent de faire. En légitimant l’idée selon laquelle ces biais universels – car inscrits dans notre biologie – seraient à l’origine des problèmes d’exploitation, ils invisibilisent les rapports de pouvoir, déresponsabilisent les politiques et fournissent des outils permettant ensuite de justifier l’inaction.
À lire aussi : Climat : comment l’industrie pétrolière veut nous faire porter le chapeau
Déplacer la focale de l’individuel au collectif{{}}
Que faire ? Individuellement, il est bien sûr possible d’agir sur sa consommation de produits issus de la surpêche et de l’exploitation animale, de limiter les déplacements polluants ou encore de rejoindre des collectifs afin de gagner en capacité d’action et d’information.
Quels arguments pour convaincre et engager à l’action ? La recherche en psychologie et en communication environnementale a identifié six « vérités clés » :
- le changement climatique existe,
- il est créé par nos sociétés industrielles,
- il existe un consensus scientifique,
- il a des conséquences graves sur l’humanité et la biodiversité,
- la majorité des personnes en sont inquiètes et veulent agir,
- enfin, des actions efficaces existent.
L’action collective doit ensuite œuvrer à tous les niveaux, du local à l’international, en gardant pour boussole :
- le respect des droits et de la dignité des populations,
- une gouvernance la plus égalitaire et démocratique possible,
- et la mise en place de mesures efficaces, contrôlées et collaboratives de gestion des biens communs, tels que des aires marines protégées exigeantes.
https://images.theconversation.com/files/712165/original/file-20260113-62-n439zt.jpg?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=754&fit=clip
Les aires marines protégées, en fonction de leur degré de protection, peuvent être plus ou moins efficaces. Issu de Kirsten Grorud-Colvert et al. (2021)
L’effondrement du climat et de la biodiversité ne sont donc pas des fatalités, mais les conséquences des systèmes sur lesquels nous pouvons avoir un impact – à condition de les réorienter vers des modèles plus justes et soutenables.
océan psychologie biais biais cognitifs action climatique « Ici la Terre » inaction climatique
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Gabrielle Maréchaux Journaliste-éditrice rubrique Environnement + Energie
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Crise climatique : faut-il des réformes ou une révolution ? Débat entre Pierre Charbonnier et Philippe Descola - Enregistrement ‘France Culture’ de 38 minutes - Mercredi 28 janvier 2026 - Provenant du podcast Questions du soir : le débat
Questions du soir : le débat
Une personne brandit une pancarte ’il faut agir’ lors d’une manifestation pour le climat en septembre 2020 à Paris ©AFP - Thomas SAMSON
Une personne brandit une pancarte ’il faut agir’ lors d’une manifestation pour le climat en septembre 2020 à Paris ©AFP - Thomas SAMSON
Fin septembre 2025, Pierre Charbonnier dévoilait son livre “La coalition climat. Travail, planète et politique au XXIe siècle” dans lequel il rend compte des conditions dans lesquelles une coalition climat pourrait voir le jour.{{}}
Avec :
- Pierre Charbonnier, philosophe, chercheur à Sciences-po
- Philippe Descola, anthropologue français, professeur émérite au Collège de France
L’Union européenne, qui pourrait être porteuse d’une coalition climat, a récemment reculé sur le plan écologique, sous le poids croissant de l’extrême droite, en affaiblissant des lois protectrices via l’Omnibus 1. Les agissements de Trump à l’international peuvent-ils rebattre les cartes et pousser l’Union européenne à s’impliquer dans une coalition et porter un projet d’ampleur face aux États-Unis et la Chine ? Dans ces conditions, cette coalition climat peut-elle voir le jour ? Est-ce une utopie ? Un projet encore trop flou ? Comment cette coalition climat pourrait se matérialiser ?
“Le problème écologique”, expose Pierre Charbonnier, “nous met en face d’un dilemme fondamental à l’égard de la modernisation”. “Soit” dit-il, “on considère que la centralité de l’État dans la vie sociale, avec son rôle d’organisateur de la société etc, est sur la sellette”. Soit, et c’est la voie que le philosophe choisit, “on considère pour ce référentiel moderne de démocratie sociale progressiste, qu’il peut encore prendre conscience des risques qu’il engendre et de regarder, à partir du problème que posent les gagnants et les perdants de la transition, comment on peut compenser les pertes de certains, inciter des investissements qui vont vers d’autres styles, d’autres choix technologiques, vers d’autres infrastructures, d’autres formes de consommation, d’autres formes de vie aussi, et d’autres choix géopolitiques”.
De son côté, Philippe Descola ne “nie pas la nécessité de politique publique” qu’évoque Pierre Charbonnier, mais il pense que si l’on “se cantonne à ça, on n’aura pas beaucoup transformé la façon, d’abord, dont nous concevons le rapport à la nature, ni les rapports entre humains” car on sait que l’on “ne peut pas continuer à coupler l’émancipation politique et la production infinie du bien-être, tout simplement parce que la planète est un système de ressources finies”. C’est pour cette raison qu’il faut donc pour l’anthropologue, “imaginer, au-delà de ces politiques publiques, des façons d’imaginer d’autres manières d’entretenir des rapports entre humains et autres qu’humains”, qui “trancheraient sur le système que nous connaissons à l’heure actuelle”.
À écouter
https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2025/11/422e7d53-10dc-421b-aff0-c74838b8b690/120x120_sc_000-837v49e.jpgCOP30 : l’Europe fait-elle marche arrière sur l’écologie ? - Questions du soir : le débat - 38 min
Pour aller plus loin :{{}}
Pierre Charbonnier, ’La coalition climat, travail, planète et politique au XXIe siècle’, Seuil, 2025
Philippe Descola, ’Politiques du faire-monde’, Seuil, 2025
À écouter :
L’anthropologie, une arme contre le changement climatique ? Discussion avec Philippe Descola Questions du soir : l’idée 24 min
L’équipe
Quentin Lafay
Quentin Lafay Ecrivain et scénariste, producteur de l’émission ’Questions du soir’ - Stéphanie Villeneuve Production déléguée - Mathias Mégy – Collaboration Diane de Vanssay – Collaboration - Antoine Ayral Collaboration - Léa Racine Réalisation et mise en onde
Décryptages - 10 raisons de l’inaction écologique - Publié le 10 mai 2024 - Béatrice Héraud, Rédactrice en chef – Document ‘youmatter.world’
1. Fatalisme écologique
2. Des freins marqués politiquement dans un contexte électoral tendu
Alors que la transformation durable de nos sociétés et de nos économies subit une contestation de plus en plus « vocale », il est important de comprendre les obstacles sociaux, psychologiques et politiques qui freinent le changement des mentalités et conduisent à l’inaction écologique. C’est ce à quoi s’est attelé le nouvel Observatoire des Opinions écologiques (Obope) qui vient de livrer son étude sur les freins des Français concernant la transition écologique réalisée par Cluster 17. Le point, en infographie.
« On parle beaucoup d’écologie mais on ne fait rien…ou si peu. Nous avions envie de comprendre les raisons de l’écart entre l’impression d’une conscience généralisée de l’urgence écologique et sa traduction marginale dans la réalité politique et sociale. Connaître les arguments et leur sociologie permet en effet d’améliorer la capacité à mobiliser », souligne Edouard Virna, l’un des jeunes co-fondateurs de l’Observatoire des Opinions Ecologiques (Obope). Pour ce faire, celui-ci s’est associé à Cluster 17, un laboratoire d’études de l’opinion qui travaille selon une méthode particulière de segmentation des sociétés en clusters, en réunissant les individus selon leur système de valeurs, de niveau de vie, de pensée politique et d’attitude.
De cette étude (voir méthodologie plus bas), il en ressort une variété de raisons justifiant l’inaction écologique : du déni climatique aux contraintes économiques en passant par le désespoir ou au contraire un surcroît d’optimisme. Dans beaucoup de cas, ces arguments ne sont pas forcément majoritaires dans l’opinion. On voit par exemple que 66% des Français pensent que des mesures contraignantes sont en réalité nécessaires face à l’urgence écologique. Mais pour être acceptées, celles-ci doivent être « justes » : 55% des sondés ne veulent pas s’engager pour l’environnement tant que les « premiers responsables » (non nommés) n’y mettent pas du leur.
Fatalisme écologique{{}}
Cependant, prises ensemble, ces différentes oppositions nuisent à l’action, d’autant plus qu’elles peuvent être très « vocales » et portées par des populations influentes. Leurs arguments sont d’autant plus compliqués à démontrer que « s’ils peuvent s’appuyer sur des considérations pratiques et matérielles » non abordées dans le rapport, « ils sont également motivés par des perspectives psychologiques et sociales et sont de l’ordre de la conviction intime et/ou de la fausse excuse », estime Edouard Virna.
C’est notamment le cas du « fatalisme » écologique dont la « tentation grandit », un peu partout dans le monde et notamment en France, selon l’édition 2024 du baromètre de la transition écologique réalisé par Elabe pour Veolia. On y voit que 13% des Français interrogés estiment qu’il est trop tard pour limiter le dérèglement climatique et les pollutions (+4 pts par rapport à la moyenne des pays étudiés) et que seuls 32% pensent que l’on peut y arriver (-27 pts).
En savoir + : Comment mieux parler d’écologie pour rendre la transformation durable désirable ?
Des freins marqués politiquement dans un contexte électoral tendu{{}}
L’un des points soulevés par l’étude Obope est notamment le marquage politique des freins. On voit ainsi que les les électeurs de droite et d’extrême droite (ainsi que catégories d’âge les plus élevées et les plus riches), sont prépondérants dans l’individualisme, le climato-rassurisme (et le technosolutionnisme), le fait de pointer la responsabilité d’autres pays ou l’hostilité à l’écologie en général. Cela est corrélé par d’autres études comme celle de l’Institut Jean Jaurès sur le climato-scepticisme comme « nouvel horizon du populisme français » ou le baromètre de la transition écologique de Véolia. Dans ce dernier, on voit ainsi que le déni climatique est prépondérant dans les conservateurs et populistes d’extrême droite dans tous les pays évalués, dont la France (+25 points par rapport à la moyenne nationale).
Cela pose notamment question dans le contexte électoral actuel. Alors que le 9 juin, les populations des 27 États membres votent pour renouveler le Parlement européen, les derniers sondages montrent une montée en force des populismes et de l’extrême droite dans tous les pays. C’est aussi le cas en France.
La liste du Rassemblement national, emmenée par Jordan Bardella, caracole largement en tête, à 32%. Elle est bien loin devant celle de la majorité présidentielle (15,5%) ou celle du PS/Place publique (12%), selon le baromètre politique d’Odoxa, réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, publié le mardi 30 avril. Or les partis politiques de droite et d’extrême droite ont fait de la remise en question des réglementations écologiques un argument de poids de leur campagne. Dans un tel contexte, on ne peut que s’inquiéter de la poursuite de l’ambition européenne en matière de transformation écologique.
Vers une polarisation de la société sur la question écologique ?
L’étude Obope est basée sur un sondage adressé à un échantillon de 1529 personnes en juillet 2023 et le traitement des données brutes a été réalisé par l’Institut Cluster 17. Il est composé d’une série de 31 affirmations de positionnement face à la transformation écologique, face auxquelles les sondés devaient positionner leur accord sur une échelle allant de tout à fait en désaccord à tout à fait d’accord. « Certaines affirmations sont volontairement formulées de manière relativement biaisée. L’objectif était de tester des idées fortes, parfois formulées sous forme de “punchlines” que l’on pourrait entendre dans les médias et d’évaluer si, malgré leur formulation provocatrice, ces propositions parviennent à récolter de l’adhésion », souligne l’Obope.
Par exemple : « La démocratie a montré ses limites face au défi écologique : il ne faut plus hésiter à passer en force (type 49.3 ndlr) pour faire adopter des mesures écologiques urgentes et nécessaires ». Cette affirmation à la formulation « radicale » a par exemple reçu 40% d’opinions favorables, notamment chez les électeurs de Yannick Jadot, mais divise profondément les jeunes par exemple alors que curieusement les plus âgés s’y montrent plus favorables. De l’autre côté, la question de savoir si « la prise de mesures écologiques ambitieuses paralyserait le pays » divise les Français en 2 : 48% sont d’accord et autant contre. Des points qui tendent à montrer une polarisation de la société.
Comment rendre la transformation écologique désirable ?
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Le PIB pourrait chuter de 50% d’ici la fin du siècle du fait du changement climatique
Source : https://youmatter.world/fr/decryptages/10-raisons-inaction-ecologique/
12.
Le douze excuses de l’inaction, et comment y répondre - Publication : 16/07/2020 - Mis à jour : 02/10/2025 – document ‘bonpote.com’
Picture of Thomas WagnerThomas Wagner
Source : https://bonpote.com/climat-les-12-excuses-de-linaction-et-comment-y-repondre/
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