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"« Les effets de la malnutrition sur le corps ne s’arrêtent pas lorsque la nourriture arrive : l’inflammation et les problèmes intestinaux peuvent tourmenter les survivants » - Situation au Proche-Orient" par Jacques Hallard

dimanche 3 août 2025, par Hallard Jacques

ISIAS Malnutrition Palestine Israël

« Les effets de la malnutrition sur le corps ne s’arrêtent pas lorsque la nourriture arrive : l’inflammation et les problèmes intestinaux peuvent tourmenter les survivants » - Situation au Proche-Orient

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 03/08/2025

Description de cette image, également commentée ci-après

Le ruban orange représentant la malnutrition Source

https://www.revueconflits.com/wp-content/uploads/2023/12/Histoire-Israel-Palestine.png

Se repérer / Proche-Orient - Voir en annexe de ce dossier

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Préambule

Quelques informations préliminaires et brèves pour ouvrir ce dossier brûlant

“Selon l’OMS, la malnutrition se définit par les carences, les excès ou les déséquilibres dans l’apport énergétique et/ou nutritionnel d’une personne.” Un enfant ou un adulte est considéré en situation de malnutrition modérée lorsque le rapport entre son poids et sa taille représente 70 à 80 % de la norme établie.

Les différentes formes de malnutrition - Il existe quatre grands types de dénutrition : l’émaciation, le retard de croissance, l’insuffisance pondérale et les carences en vitamines et en minéraux. 1er mars 2024

Quels sont les types de maladies liées à la malnutrition ? - La malnutrition est un concept qui recouvre à la fois la dénutrition, le surpoids et l’obésité, et également d’autres maladies non transmissibles (MNT) liées à l’alimentation comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires (maladies du cœur) et les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que certains cancers.

Actualités  :

Pour chasser les Palestiniens de leurs terres, en Cisjordanie, certains colons israéliens sabotent les canalisations d’eau, les puits ou les stations de distribution d’eau. Ces dernières semaines, les colons ont multiplié les attaques sur la source d’Ein Samiyah, près de Ramallah. 31 juillet 2025

Dans la bande de Gaza, l’ONU recense 1.373 Palestiniens tués en attendant de l’aide depuis fin mai 2925 - L’Organisation des nations Unies pointe notamment le rôle de la Fondation humanitaire de Gaza, un organisme soutenu par Israël et les Etats-Unis… - Article rédigé par franceinfo avec AFP France Télévisions - Publié le 01/08/2025 14:26 Mis à jour le 01/08/2025 15:00 –

Les Palestiniens affluent vers le corridor de Netzarim pour recevoir des denrées alimentaires limitées dans la ville de Gaza, le 1er août 2025. (HASSAN JEDI / ANADOLU)Source : https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/l-onu-souligne-que-1-373-palestiniens-ont-ete-tues-en-attendant-de-l-aide-depuis-fin-mai-selon-l-onu_7411942.html

Insuffisant, cher, dangereux pour la population... Pourquoi le largage aérien d’aide humanitaire sur la bande de Gaza est critiqué par des ONG - Linh-Lan Dao - France Télévisions - Publié le 02/08/2025 07:26 Mis à jour le 02/08/2025 15:48 – « ’De la part du gouvernement d’Israël, il est cynique d’autoriser des largages, alors qu’il est en son pouvoir de laisser l’aide entrer librement dans la bande de Gaza’, juge Pierre Motin, responsable de plaidoyer pour la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine… » - Source : https://www.franceinfo.fr/monde/palestine/gaza/insuffisant-cher-dangereux-pour-la-population-pourquoi-le-largage-aerien-d-aide-humanitaire-sur-la-bande-de-gaza-est-critique-par-des-ong_7410181.html

Une attaque contre la souveraineté alimentaire et le patrimoine semencier autochtone en Cisjordanie : les forces israéliennes démolissent l’unité de multiplication des semences de la banque de semences de l’UAWC à Hébron – 1er août 2025 – Diffusé par ‘viacampesina.org’ - Source

Voir également ceci > Israël attaque une banque de semences paysannes en Cisjordanie occupée < https://reporterre.net/Israel-attaque-une-banque-de-semences-paysannes-en-Cisjordanie-occupee

Union des comités de travail agricole (UAWC) - L’Union des comités de travail agricole (UAWC) est la plus grande institution de développement agricole en Palestine. L’UAWC a été créée en 1986 en réponse à la situation sociopolitique vulnérable à laquelle sont confrontés les agriculteurs palestiniens, en raison des politiques professionnelles israéliennes. Depuis sa création, l’UAWC a progressivement gagné la confiance d’un certain nombre de donateurs internationaux très influents pour développer des projets et des programmes qui profitent chaque année à plus de 30.000 petits agriculteurs, tous situés dans les régions vulnérables et touchées par les conflits de Cisjordanie et de Gaza. Bande. Leurs projets varient de l’aménagement des terres agricoles, de la mise en œuvre de l’approvisionnement en eau, du renforcement des capacités, du développement des moyens de subsistance des femmes rurales, de la sensibilisation juridique, des interventions d’urgence et d’autres projets de développement agricole. Site Web : https://uawc-pal.org - Les partenaires – © Copyright : Facilité par Global Land Tool Network (GLTN) et UNHABITAT, 2025 - Source

Vision suggérée : pour mémoire, il y a 12 ans, l’auteur de ce dossier parlait – parmi les choses les plus importantes - des aliments et de l’eau potable – Voir cette vidéo 7:43 - Dailymotion · NaturAile Jacques Hallard à Natur’Alpilles - Vidéo Dailymotion - Dailymotion · NaturAile - 27 février 2013

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Introduction

Ce dossier aborde un sujet fondamental : la malnutrition chez les êtres humains, et il est spécialement orienté vers la situation présente en Palestine et en Israël

Globalement, « la faim dans le monde baisse légèrement mais continue de progresser en Afrique » …

La pénurie alimentaire résultant de la guerre entre Hamas et Israël sur la bande de Gaza relance la nécessaire aide, notamment avec le largage sur Gaza : ’Lutter contre la famine, ce n’est pas juste compter des avions’…

Par ailleurs, dans le « Cisjordanie occupée : à Kafr Malik, l’arrivée d’eau sabotée par les colons israéliens », d’une part, et il est rapporté que « Les forces israéliennes démolissent l’unité de multiplication des semences de la banque de semences de l’UAWC à Hébron, d’autre part…

Plis généralement, les articles suivants ont été choisis :

* La malnutrition chez les enfants d’après l’UNICEF – Document ‘www.unicef.fr’

* La Malnutrition selon l’Organisation Mondiale de la Santé - 1er mars 2024 – Document ‘who.int’

* L’article Wikipédia sur la malnutrition : il fait le tour com0let de la question

Une traduction de la synthèse de T. Hesman Saey pour ‘Sciences News’ expose que : « Les effets de la malnutrition sur le corps ne s’arrêtent pas lorsque la nourriture arrive : l’inflammation et les problèmes intestinaux peuvent tourmenter les survivants. De nouveaux traitements peuvent réparer certains dommages... »

Ont été ajoutes en annexes des rappels sur :

  • Le conflit israélo-palestinien : ce qui a fait dérailler le processus de paix (Revue Conflits – Moyen-Orient – 07 octobre 2024)
  • Des cartes montrant la réduction progressive du territoire de la Palestine sont-elles trompeuses ? (Article rédigé par Linh-Lan Dao pour France Télévisions - Publié le 03/11/2023 06:02…
    Pour finir ce dossier, sont proposés des compléments sur des articles qui se rapportent à des notes actualisées sur deux sites visités par Jacques Hallard à l’issue du XVIIIème Congrès international d’Horticulture à Tel-Aviv (17-25 mars 1970) : à Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, d’une part, et Battir en Cisjordanie, d’autre part…

Dernière minute – 02 août 2025 à 15h00 – Selon ‘Le Monde.fr’ - « Une libération de Marwan Barghouti par Israël serait essentielle pour avancer vers la paix et une solution à deux Etats » - TRIBUNE. Un collectif d’intellectuels appelle, dans une tribune au « Monde », à la libération du leader palestinien, membre du Fatah...

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

Rappel - Conflit israélo-palestinien : ce qui a fait dérailler le processus de paix – Revue Conflits – Moyen-Orient –7 octobre 2024

Rappel - Ces cartes montrant la réduction progressive du territoire de la Palestine sont-elles trompeuses ? Article rédigé par Linh-Lan Dao - France Télévisions - Publié le 03/11/2023 06:02 - Mis à jour le 09/11/2023 17:25

Compléments – Notes actualisées sur 2 sites visités par Jacques Hallard à l’issue du XVIIIème Congrès international d’Horticulture à Tel-Aviv (17-25 mars 1970) : Kiryat Shmona et Battir

Dernière minute – 02 août 2025 à 15h00 - Le Monde.fr - « Une libération de Marwan Barghouti par Israël serait essentielle pour avancer vers la paix et une solution à deux Etats » TRIBUNE. Un collectif d’intellectuels appelle, dans une tribune au « Monde », à la libération du leader palestinien, membre du Fatah...

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  • La faim dans le monde baisse légèrement mais continue de progresser en Afrique - Publié le : 28/07/2025 - 19:17 – Document ‘rfi.fr’{{}}
    Alors que la faim recule dans le monde, elle progresse en Afrique. C’est l’un des constats alarmants du rapport annuel publié ce lundi 28 juillet, par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’agence alerte sur l’impact durable de l’inflation des prix alimentaires et appelle à des mesures urgentes pour protéger les plus vulnérables.

[Image d’illustration] Une mère tenant son enfant souffrant de malnutrition dans une section de rétablissement de premier stade de l’unité de nutrition gérée par ALIMA (Alliance pour l’action médicale internationale) de l’hôpital Tchad/Chine à Ndjamena, au Tchad, le 13 mai 2022.

[Image d’illustration] Une mère tenant son enfant souffrant de malnutrition dans une section de rétablissement de premier stade de l’unité de nutrition gérée par ALIMA (Alliance pour l’action médicale internationale) de l’hôpital Tchad/Chine à Ndjamena, au Tchad, le 13 mai 2022. AFP - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Par : RFISuivre

Conflits armés, sécheresses, stagnation de la production agricole… La FAO dresse un panorama sombre de l’insécurité alimentaire en Afrique. À ces fragilités structurelles s’ajoutent les conséquences des chocs récents comme la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la flambée des prix. Les aliments les plus nutritifs – fruits, lait, œufs – deviennent ainsi inaccessibles pour une large part des ménages.

David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire à la FAO, observe une dégradation du contenu des assiettes : « Les produits de base comme l’huile de palme, le riz ou le blé ont vu leur prix augmenter plus vite que d’autres produits comme les fruits et légumes sur les marchés locaux. Mais comme les gens sont plus pauvres, ils ont sacrifié la consommation des fruits et des légumes pour maintenir leur apport calorique sur les produits de base.  »

Un nouvel indicateur mondial, validé cette année, montre que seul un quart des enfants africains mangent suffisamment varié, mettant ainsi en avant des carences, des retards de croissance et des vulnérabilités. « Certains enfants en Afrique ne voient pas ou ne verront pas ces aliments dans leurs assiettes avant l’âge de 7 ou 8 ans. Le but, ce n’est pas juste de manger. C’est de manger bien, pour assurer une bonne santé et un développement aussi bien physique qu’intellectuel », précise David Laborde.

Aujourd’hui, plus de 300 millions de personnes sur le continent ne mangent pas à leur faim, une situation qui entraîne des conséquences profondes : malnutrition infantile, affaiblissement du capital humain, ralentissement de la croissance économique.

Parmi les pays les plus touchés figurent le Nigeria, la Somalie, le Soudan ou encore la République centrafricaine. À l’inverse, le Maroc et l’Algérie affichent de meilleurs indicateurs nutritionnels.

La FAO prévient que sans investissements massifs dans l’agriculture, dans l’adaptation au changement climatique et dans la protection sociale, l’Afrique comptera, d’ici cinq ans, la moitié des personnes sous-alimentées dans le monde.

Un scénario qui l’éloigne un peu plus de l’objectif fixé par la communauté internationale, celui d’éradiquer la faim d’ici 2030.

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Rapport de la FAO : l’Afrique subit de plein fouet la recrudescence de la faim dans le monde

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Dans l’actualité : États-Unis France Diplomatie Territoires palestiniens Thaïlande

Source : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250728-la-faim-dans-le-monde-baisse-l%C3%A9g%C3%A8rement-mais-continue-de-progresser-en-afrique

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  • Largage d’aide sur Gaza : ’Lutter contre la famine, ce n’est pas juste compter des avions’ - Publié le : 31/07/2025 - 18:29 - Modifié le : 31/07/2025 - 18:35 - Par : Sophian AUBIN Entretien Moyen-Orient – Document ‘france24.com’
    Décryptage avec l’ancien président d’Action contre la faim, Pierre Micheletti.

Israël autorise depuis dimanche l’acheminement d’aide humanitaire par les airs à Gaza. Plusieurs pays larguent des dizaines de tonnes de vivres par avion auprès d’une population menacée par la famine. Cette aide peut-elle soulager les Gazaouis ?

Un avion de transport militaire C-130 Hercules de la Royal Jordanian Air Force survole le nord de la bande de Gaza lors d’un largage d’aide humanitaire le 27 juillet 2025.

Un avion de transport militaire C-130 Hercules de la Royal Jordanian Air Force survole le nord de la bande de Gaza lors d’un largage d’aide humanitaire le 27 juillet 2025. © Bashar Taleb, AFP

Des largages d’aide sur la bande de Gaza sont autorisés depuis dimanche 27 juillet par Israël, qui a déclaré une pause des combats à des fins humanitaires, dans certains secteurs de l’enclave.

Sous pression internationale, l’État hébreu a permis l’entrée de 120 camions d’aide sur le territoire. L’accès humanitaire par voie terrestre demeurant toutefois très limité, plusieurs pays ont choisi de passer par les airs.

Le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne, la France, les Émirats arabes unis et la Jordanie ont déjà largué – ou vont larguer – par avion des dizaines de tonnes d’aide humanitaire sur Gaza. Paris doit ainsi acheminer 40 tonnes d’aide à partir de vendredi 1er août.

Il s’agit de répondre à une situation d’une gravité inédite : la bande de Gaza est désormais menacée d’une ’famine généralisée’, selon l’ONU.

Cette méthode suscite l’inquiétude de plusieurs voix du secteur humanitaire. Pierre Micheletti, médecin, ancien président d’Action contre la faim et de Médecins du monde, fait le point pour France 24.

France 24 : Le volume total d’aide livrée depuis dimanche – par avion et par camion – est-il insuffisant  ? 

Pierre Micheletti : Il faut être honnête sur cette réalité. Nous nous trouvons face à un ’gap’ volumétrique considérable. Avant les événements dramatiques d’octobre 2023 et la guerre qui embrase Gaza depuis, entre 500 et 600 camions entraient quotidiennement à Gaza. Rappelons qu’ils ne contenaient pas uniquement des denrées alimentaires, mais aussi des médicaments et d’autres produits indispensables.

Aujourd’hui, on annonce une centaine de camions par voie terrestre, en plus des quelques largages aériens. On voit bien qu’on n’est pas du tout sur le rétablissement des flux antérieurs.

Quand on examine les envois aériens, toutes origines confondues, la question est : vont-ils atteindre une volumétrie suffisante pour nourrir deux millions de personnes, assez vite, face à l’urgence actuelle ? J’en doute.

Et on ne parle ici que du volume d’aide brut qui parvient sur le territoire. Lutter contre la famine, ce n’est pas juste compter des avions et des camions d’aide alimentaire : c’est veiller à la mise en œuvre effective des quatre composantes de la sécurité alimentaire, dont la disponibilité que je viens d’évoquer.

Quels problèmes posent ces acheminements par voie aérienne ?

Ils posent problème au regard du deuxième pilier de la sécurité alimentaire : l’accessibilité. La nourriture peut arriver sur le territoire, mais est-ce que la population civile, selon son état de faiblesse, son état de dénutrition, ses moyens de locomotion, va pouvoir aller à la rencontre de ces colis ? Il y a une question d’accès géographique – selon où les gens se trouvent – mais aussi un accès financier.

Un marché noir fleurit sur le territoire, et il risque d’être renforcé par le largage aérien. En effet, si cette nourriture distribuée gratuitement entre dans un circuit de marché noir, est-ce que la population aura les moyens de l’acquérir ?

Cette question se pose d’autant plus pour les plus pauvres – et on peut penser que sur les deux millions de survivants à Gaza, peu sont dans une situation financière favorable.

Il y a aussi le risque lié à la précision nécessaire de ces envois aériens. Comment éviter des accidents s’ils tombent sur des zones densément peuplées ? C’est un danger que j’ai pu constater sur d’autres territoires, comme au Soudan du Sud.

Troisième pilier, troisième faille : l’utilisabilité. Même si des gens parviennent à rentrer chez eux avec quelques kilos de farine, encore faut-il pouvoir la cuisiner – avoir des gamelles, du combustible, de l’eau potable, et préparer la nourriture dans des conditions qui ne créent pas de diarrhées catastrophiques. Les gens étant en déplacement constant, ils ne se déplacent pas forcément avec gamelles, carburant et eau potable.

Quatrième pilier : la stabilité dans le temps. On peut se demander si ces largages sont un effet d’annonce éphémère ou si on va instaurer l’équivalent d’un véritable pont aérien.

Autre enjeu : trouver les moyens logistiques et sécuritaires pour que les zones d’atterrissage ne deviennent pas le théâtre de violences entre les populations, qui sont dans des logiques de survie.

Pensez-vous que cette méthode d’acheminement relève davantage de la communication que de l’humanitaire  ?

Je ne veux pas être excessivement critique, car ces largages aériens sont absolument nécessaires. Mais attention à une logique qui serait purement de ’marketing humanitaire’ ou purement cosmétique, qui consisterait à dire : ’De quoi vous plaignez-vous ? La nourriture est larguée sur le terrain !’ C’est bien plus complexe que cela dans la pratique.

Sans parler des Gazaouis les plus vulnérables : les malades, les enfants très dénutris dont la prise en charge nécessite une nutrition par sonde gastrique, ou parentérale, par perfusion. Assister ces populations blessées, malades, d’enfants très dénutris doit relever d’un processus de réalimentation médicalisé. Or, présentement, nous en sommes très loin.

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Source : https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20250731-largage-aide-gaza-lutter-contre-famine-pas-juste-compter-des-avions

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  • Cisjordanie occupée : à Kafr Malik, l’arrivée d’eau sabotée par les colons israéliens - Publié le : 31/07/2025 - 06:51 - Par : RFISuivre- Avec notre envoyée spéciale à Kafr Malik, Alice Moreno
    Alors que le monde s’indigne de la situation humanitaire à Gaza, les violences se poursuivent également en Cisjordanie occupée, où un demi-million de colons israéliens illégaux sont installés. L’une des armes employées par certains colons pour chasser les Palestiniens de leurs terres est l’approvisionnement en eau. Ils sabotent les canalisations, les puits ou les stations de distribution d’eau. Ces dernières semaines, les colons ont multiplié les attaques sur la source d’Ein Samiyah, près de Ramallah : pas moins de dix-huit villages s’approvisionnent à cette source.

Des colons israéliens se baignent dans la source Ein Samiyah près du village de Kafr Malik, en Cisjordanie occupée, le 15 juillet 2025, alors que des Palestiniens sont écartés de son utilisation, essentielle pour eux.

Des colons israéliens se baignent dans la source Ein Samiyah près du village de Kafr Malik, en Cisjordanie occupée, le 15 juillet 2025, alors que des Palestiniens sont écartés de son utilisation, essentielle pour eux. © AFP/Zain Jaafar

Au sommet d’une colline, Jihad Gnimat, conseiller à la municipalité de Kafr Malik, pointe la vallée en contrebas : « C’est l’objet de la discorde ! » Il désigne la station de distribution d’eau. Il y a quelques semaines, des colons l’ont vandalisée. « Ils ont pris le contrôle des ordinateurs qui permettent normalement d’envoyer l’eau vers les villages. Couper l’eau comme ça, c’est un moyen d’assoiffer les gens et de tenter de les déplacer. »

En seulement quelques mois, plusieurs avant-postes de colons israéliens sont apparus sur les collines voisines. « Vous voyez la voiture des colons en bas, ils ont installé une porte qui ferme l’accès à la route, quiconque tente d’y accéder s’expose à une attaque », explique encore Jihad Gnimat.

Impossible d’accéder à l’eau en contrebas. En attendant, la compagnie des eaux achemine des camions citernes. 

La région de Kafr Malik compte de nombreuses fermes, très dépendantes des ressources en eau : « Il faut que je donne de l’eau à mes moutons. J’ai besoin de 1 000 litres d’eau chaque jour », indique Adham, berger de 21 ans.

Le coût de l’eau en citernes est bien trop élevé pour lui. « Avant, cela me coûtait 300 shekels par mois, maintenant cela monte à 2 500 shekels. Je songe à vendre certains de mes moutons. » Le jeune homme est très inquiet, sa sécurité financière est en jeu. Mais il l’assure, jamais il ne quittera son village.

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Syrie : après le cessez-le-feu, les combattants bédouins demandent aux autorités d’intervenir à Soueïda

L’émissaire américain rencontre le Premier ministre israélien et prévoit de se rendre à Gaza

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En Syrie, l’esprit du père Paolo Dall’Oglio rassemble les différentes communautés

Le président français Emmanuel Macron (ici, à Berlin, en Allemagne, le 23 juillet 2025).

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Source : https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250731-cisjordanie-occup%C3%A9e-%C3%A0-kafr-malik-l-arriv%C3%A9e-d-eau-sabot%C3%A9e-par-les-colons-isra%C3%A9liens

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Communiqué de presse de l’UAWC

Une attaque contre la souveraineté alimentaire et le patrimoine semencier autochtone{{}}

Hébron – 31 juillet 2025, Dans une grave escalade de son attaque contre la souveraineté agricole palestinienne, les forces militaires israéliennes ont effectué ce matin un raid violent visant l’unité de multiplication des semences de la banque de semences de l’Union des comités des travailleureuse agricoles (UAWC), située dans la ville d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

À l’aide de bulldozers et de machines lourdes, l’armée israélienne a détruit les entrepôts de stockage et l’infrastructure de l’unité, où étaient conservés des équipements essentiels, des semences et des outils pour la reproduction des semences indigènes. La destruction a été effectuée sans avertissement, sous protection militaire, et constitue un coup dur pour les efforts palestiniens visant à préserver la biodiversité locale et à assurer la souveraineté alimentaire.

https://viacampesina.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/israeli-attack.jpg?wsr

Ce ciblage délibéré d’une installation agricole civile est une attaque stratégique contre les fondements mêmes de la résilience palestinienne. La banque de semences a joué un rôle essentiel dans la sauvegarde des variétés de semences traditionnelles et dans l’autonomisation des petits agriculteur⋅rices grâce à la reproduction et à l’échange de semences au niveau local.

Cette attaque survient dans un contexte de violence accrue de la part des colons, d’accaparement des terres et d’efforts systémiques de l’occupation israélienne pour démanteler les moyens de survie des communautés palestiniennes. La destruction d’une banque nationale de semences est un acte d’effacement, destiné à rompre les liens générationnels entre les paysan⋅nes et leur terre.

Nous appelons tous les partenaires internationaux, les défenseur⋅euses des droits de l’homme et les mouvements de solidarité à s’élever avec force contre ce crime.

Nous demandons instamment une intervention internationale immédiate afin que l’occupation israélienne soit tenue pour responsable de ses violations répétées des droits de l’homme, de l’environnement et de l’agriculture.

Vous trouverez ci-joint une vidéo montrant ce qui s’est passé.

Cette publication est également disponible en English : liste des langues séparées par une virgule, Español : dernière langue. Email

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Politiques publiques : FAO – CSA Traité sur les semences (TIRPAA) Décennie des Nations unies pour l’agriculture familiale Systèmes alimentaires pour les peuples Conseil des droits de l’homme

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Source : https://viacampesina.org/fr/les-forces-israeliennes-demolissent-lunite-de-multiplication-des-semences-de-la-banque-de-semences-de-luawc-a-hebron/

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  • La malnutrition chez les enfants d’après l’UNICEF – Document ‘www.unicef.fr’{{}}

© UNICEF/UN0559934/Dubourthoumieu

Sommaire : {{}}

1. Qu’est-ce que la malnutrition  ?

2. Des conséquences dévastatrices, voire mortelles

3. Les chiffres clés de la malnutrition infantile dans le monde

4. Ils témoignent

5. Les actions de l’UNICEF pour lutter contre la malnutrition

Qu’est-ce que la malnutrition  ? {{}}

La malnutrition est une des premières causes de mortalité et de morbidité infantiles. Résultat d’une alimentation mal équilibrée, aussi bien en quantité qu’en qualité, elle constitue un problème majeur pour la santé et le bon développement des enfants. 

“Selon l’OMS, la malnutrition se définit par les carences, les excès ou les déséquilibres dans l’apport énergétique et/ou nutritionnel d’une personne.”

Un enfant ou un adulte est considéré en situation de malnutrition modérée lorsque le rapport entre son poids et sa taille représente 70 à 80 % de la norme établie. Lorsque ce rapport est inférieur à 70 %, on parle alors de malnutrition sévère, une des formes les plus graves de la maladie.

Les différentes formes de malnutrition{{}}

Plusieurs formes de malnutrition existent  : 

La dénutrition (émaciation, retard de croissance, insuffisance pondérale) {{}}

La faim insoupçonnée (les carences en vitamines ou en minéraux) {{}}

Le surpoids ou l’obésité {{}}

La malnutrition aiguë{{}}

La malnutrition aiguë sévère est la forme de dénutrition la plus mortelle. Elle se développe rapidement, notamment dans des régions en conflit et dans les zones affectées par les conséquences du changement climatique. 

Selon le dernier rapport mondial sur les crises alimentaires (GRFC), 282 millions de personnes à travers 59 pays et territoires ont connu des niveaux élevés de faim aiguë en 2023. 

Au cœur de ces crises alimentaires, les femmes et les enfants sont les premières victimes. En 2023, plus de 36 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient de malnutrition aiguë dans 32 pays.

La malnutrition chronique{{}}

La malnutrition chronique touche 149 millions d’enfants dans le monde. Elle se développe lentement, dans un contexte de pauvreté structurelle où les enfants n’ont pas accès à une alimentation équilibrée. Ses conséquences (retard de croissance, affaiblissement du système immunitaire, etc) sont en grande partie irréversibles.   

Des conséquences dévastatrices, voire mortelles{{}}

Lorsqu’un enfant souffre de malnutrition, la graisse disparaît en premier et par la suite, ses muscles commencent à fondre {{}}

Si les carences s’aggravent, l’organisme de l’enfant consomme ses propres tissus et son système immunitaire s’affaiblit {{}}

Le risque de décès augmente alors de façon drastique. Les enfants malnutris ont jusqu’à 11 fois plus de risques de mourir que les enfants qui ont une alimentation adéquate {{}}

Si un enfant en situation de malnutrition n’est pas pris en charge avant l’âge de 2 ans, il traînera des séquelles à vie {{}}

Les chiffres clés de la malnutrition infantile dans le monde {{}}

Dans le monde, un enfant sur 4 de moins de 5 ans souffre de malnutrition : une des premières causes de mortalité infantile.

Ces dernières années, les enfants ont été confrontés à un ensemble de conflitset de catastrophes climatiques qui ont mis en péril leur accès à la nourriture. 

200 000 000 {{}}

La pauvreté alimentaire, principal facteur de malnutrition, touche 200 millions d’enfants de moins de 5 ans dans le monde

149 millions d’enfants souffrent d’un retard de croissance {{}}

45 millions d’autres souffrent d’émaciation {{}}

Et 37 millions d’enfants souffrent de surpoids et d’obésité {{}}

L’Afghanistan, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, Haïti, le Kenya, Madagascar, le Mali, le Niger, le Nigéria, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad et le Yémen sont les 15 pays les plus touchés. 

Ils témoignent {{}}

Au Soudan, en Somalie, en Haïti, à Gaza, et partout où la malnutrition sévit, les équipes de l’UNICEF travaillent sans relâche pour que chaque enfant soit soigné et nourri.

«  Il est important de rappeler que nous avons toutes et tous le pouvoir d’agir. Nous pouvons tous œuvrer en faveur d’une meilleure prise en charge des mères et des enfants face à la malnutrition.  » {{}}

Témoigne Elodie Gossuin, ambassadrice de l’UNICEF France

Découvrir la vidéo ©UNICEF France / Decoin

Les actions de l’UNICEF pour lutter contre la malnutrition{{}}

Les programmes de nutrition déployés par l’UNICEF dans plus de 130 pays visent à prévenir et traiter toute forme de malnutrition chez les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et allaitantes. 

Sur le terrain, nos actions sont réparties selon les catégories suivantes   : {{}}

En 2024, grâce au soutien de l’UNICEF, 12,2 millions d’enfants de moins 5 ans ont été dépistés pour identifier des cas de malnutrition.

Soutenir nos actions contre la malnutrition infantile - Le saviez vous ? 75% de votre don est déductible de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 1000€ par an. Je fais un don

Pour aller plus loin : {{}}

Rapport Mondial sur les Crises AlimentairesLa famine des enfants Le droit à l’alimentation

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Source : https://www.unicef.fr/convention-droits-enfants/alimentation/malnutrition-infantile-et-des-enfants/

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  • La Malnutrition selon l’Organisation Mondiale de la Santé - 1er mars 2024 – Document ‘who.int’
    Principaux faits :{{}}
  • La malnutrition sous toutes ses formes comprend la dénutrition (émaciation, retard de croissance, insuffisance pondérale), les carences en vitamines ou en minéraux, le surpoids, l’obésité et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation.{{}}
  • En 2022, le nombre d’adultes en surpoids était de 2,5 milliards, dont 890 millions de personnes obèses alors que 390 millions d’adultes souffraient d’insuffisance pondérale.{{}}
  • On estime qu’en 2022, à l’échelle mondiale, 149 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient d’un retard de croissance (ils étaient trop petits pour leur âge), 45 millions étaient émaciés (trop maigres pour leur taille), et 37 millions étaient en surpoids ou obèses.{{}}
  • La dénutrition joue un rôle dans près de la moitié des décès d’enfants âgés de moins de 5 ans. Ces décès surviennent principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. {{}}
  • Les conséquences économiques, sociales, médicales et sur le développement de la charge mondiale de la malnutrition sont graves et persistantes, aussi bien pour les individus et leurs familles que pour les communautés et les pays.{{}}
    Vue d’ensemble{{}}

Par « malnutrition  », on entend les carences, les excès ou les déséquilibres dans l’apport énergétique et/ou nutritionnel d’une personne. Ce terme couvre trois grands groupes d’affections :

  • la dénutrition, qui comprend l’émaciation (faible rapport poids/taille), le retard de croissance (faible rapport taille/âge) et l’insuffisance pondérale (faible rapport poids/âge) ;
  • la malnutrition liée à l’apport en micronutriments, qui comprend la carence en micronutriments (manque de vitamines et de minéraux essentiels) ou l’excès de micronutriments ; et
  • le surpoids, l’obésité et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation (par exemple, les cardiopathies, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et certains cancers).
    Les différentes formes de malnutrition{{}}

La dénutrition{{}}

Il existe quatre grands types de dénutrition : l’émaciation, le retard de croissance, l’insuffisance pondérale et les carences en vitamines et en minéraux. La dénutrition rend les enfants en particulier beaucoup plus vulnérables face à la maladie et au risque de décès.

On qualifie d’« émaciation » un faible rapport poids/taille. Il est souvent le signe d’une perte de poids récente et grave due au fait qu’une personne n’a pas pu s’alimenter suffisamment et/ou qu’elle a été atteinte d’une maladie infectieuse, par exemple la diarrhée, qui lui a fait perdre du poids. Un jeune enfant souffrant d’émaciation modérée ou sévère présente un risque accru de décès, mais cette affection peut être traitée.

Le retard de croissance est un faible rapport taille/âge. Il résulte d’une sous-nutrition chronique ou récurrente à laquelle sont habituellement associés plusieurs facteurs : des conditions socioéconomiques précaires, un mauvais état de santé et une mauvaise nutrition de la mère, des maladies fréquentes, et/ou, au premier stade de la vie, une alimentation et des soins du nourrisson et du jeune enfant qui ne sont pas adaptés. Le retard de croissance empêche les enfants de réaliser leur potentiel physique et cognitif.

Pour les enfants présentant un faible rapport poids/âge, on parle d’insuffisance pondérale. Un enfant en insuffisance pondérale peut présenter un retard de croissance, souffrir d’émaciation, ou de ces deux types de dénutrition.

Malnutrition liée à l’apport en micronutriments{{}}

Les apports inappropriés en vitamines et en minéraux, à savoir en micronutriments, peuvent aussi être regroupés. Les micronutriments permettent au corps de produire des enzymes, des hormones et d’autres substances essentielles à une bonne croissance et un bon développement.

L’iode, la vitamine A et le fer sont les plus importants pour la santé publique à l’échelle mondiale. Les carences dans ce domaine représentent une menace majeure pour la santé et le développement des populations du monde entier, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes dans les pays à revenu faible.

Surpoids et obésité{{}}

Une personne est en surpoids et/ou obèse lorsque son poids est trop élevé par rapport à sa taille. Une accumulation anormale ou excessive de graisse peut avoir des conséquences néfastes pour la santé.

L’indice de masse corporelle (IMC) met en rapport le poids d’une personne et sa taille, et il est habituellement utilisé pour déterminer le surpoids et l’obésité. Il est défini comme le poids en kilogrammes divisé par la taille en mètres au carré (kg/m2). Chez les adultes, le surpoids est défini comme un IMC supérieur ou égal à 25 alors qu’on parle d’obésité à partir d’un IMC à 30. Pour les enfants et les adolescents, les seuils de l’IMC correspondant au surpoids ou à l’obésité varient en fonction de l’âge.

Le surpoids et l’obésité découlent d’un déséquilibre entre l’énergie consommée (excès) et l’énergie dépensée (déficit). Dans le monde entier, la tendance est à la consommation d’aliments et de boissons plus caloriques (à forte teneur en sucre et en graisses) et à une activité physique plus réduite.

Maladies non transmissibles liées à l’alimentation{{}}

Les maladies non transmissibles liées à l’alimentation comprennent les maladies cardiovasculaires (par exemple les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux, qui ont souvent un lien avec l’hypertension), certains cancers et le diabète. Une mauvaise alimentation et une mauvaise nutrition font partie des principaux facteurs de risque pour ces maladies à l’échelle mondiale.

Étendue du problème{{}}

En 2022, environ 390 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus dans le monde souffraient d’insuffisance pondérale, alors que 2,5 milliards étaient en surpoids, dont 890 millions de personnes obèses. Parmi les enfants âgés de 5 à 19 ans, 390 millions étaient en surpoids, dont 160 millions étaient obèses ; ils étaient 190 millions à être maigres (rapport IMC/âge inférieur de plus de deux écarts types à la valeur médiane de référence).

En 2022, on estimait à 149 millions le nombre d’enfants âgés de moins de 5 ans qui présentaient un retard de croissance, alors que 37 millions étaient en surpoids ou obèses.

La dénutrition joue un rôle dans près de la moitié des décès d’enfants âgés de moins de 5 ans. Ces décès surviennent principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Populations à risque{{}}

Tous les pays du monde sont touchés par une ou plusieurs formes de malnutrition. La lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes est l’un des défis les plus importants pour la santé mondiale.

Les femmes, les nourrissons, les enfants et les adolescents sont particulièrement exposés au risque de malnutrition. L’optimisation de la nutrition au début de la vie — en particulier au cours des 1000 jours qui s’écoulent entre la conception d’un enfant et son deuxième anniversaire — garantit le meilleur départ possible dans la vie et a des effets positifs à long terme.

La pauvreté amplifie le risque de malnutrition et les dangers de la malnutrition. Les personnes qui ont peu de ressources sont plus susceptibles d’être touchées par différentes formes de malnutrition. En outre, la malnutrition augmente les dépenses en soins de santé, réduit la productivité et ralentit la croissance économique, ce qui peut alimenter un cercle vicieux de pauvreté et de mauvaise santé.

Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition{{}}

Le 1er avril 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2016 2025 Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition, une occasion exceptionnelle de lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes. Dans le cadre de la Décennie, un calendrier concret pour la mise en œuvre des engagements pris lors de la Deuxième Conférence internationale sur la nutrition a été déterminé afin d’atteindre, d’une part d’ici 2025, un certain nombre de cibles relatives à la nutrition et aux maladies non transmissibles liées à l’alimentation au niveau mondial et, d’autre part, les cibles pertinentes du Programme de développement durable à l’horizon 2030 — plus particulièrement les objectifs 2 (Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable) et 3 (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge).

Pilotée par l’OMS et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition lance un appel pour une action stratégique dans 6 domaines clés :

  • créer des systèmes alimentaires durables et résilients favorisant une alimentation saine ;
  • garantir une protection sociale et une éducation à la nutrition pour tous ;
  • mettre en conformité des systèmes de santé avec les besoins nutritionnels et assurer la couverture universelle des interventions nutritionnelles essentielles ;
  • faire en sorte que les politiques commerciales et d’investissement améliorent la nutrition ;
  • mettre en place des environnements sûrs et favorables à la nutrition à tous les âges ; et
  • renforcer et promouvoir partout la gouvernance et la responsabilisation dans le domaine de la nutrition.
    Action de l’OMS{{}}

L’objectif de l’OMS est que la malnutrition sous toutes ses formes disparaisse dans le monde entier et que la santé et le bien-être de chacun soient garantis. En vertu de la stratégie pour la nutrition 2016-2025, l’OMS collabore avec les États Membres et les partenaires pour garantir un accès universel à des interventions nutritionnelles efficaces et à une alimentation saine provenant de systèmes alimentaires durables et résilients. L’OMS utilise sa capacité à fédérer pour définir, harmoniser et défendre des priorités et des politiques faisant progresser la nutrition à l’échelle mondiale. L’Organisation part de bases factuelles pour établir des lignes directrices fondées sur des cadres scientifiques et éthiques solides. Elle appuie l’adoption d’orientations et la mise en œuvre d’actions efficaces en matière de nutrition. Enfin, elle suit et évalue la mise en œuvre des politiques et des programmes ainsi que les résultats en matière de nutrition.

Ces travaux sont encadrés par le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, adopté par les États Membres en 2012 dans le cadre d’une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé. Les mesures visant à mettre fin à la malnutrition sont également essentielles pour atteindre les cibles en matière d’alimentation du Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 (en anglais), de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent 2016-2030 (en anglais), ainsi que du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Focus : Décennie d’action pour la nutrition Alimentation saine Maladies non transmissibles Obésité et surpoids Allaitement Normes de croissance de l’enfant

Principaux repères : Obésité et surpoids 7 mai 2025Alimentation saine 23 octobre 2018

Maladies non transmissibles 23 décembre 2024 -Régions de l’OMS À propos Demandes d’informations Newsletters Politique de confidentialité

© 2025 - OMS

Source : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/malnutrition

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  • Article Wikipédia sur la Malnutrition - Cet article concerne la faim dans le monde. Pour l’état de manque, voir Sous-alimentation.
    Malnutrition{{}}

Description de cette image, également commentée ci-après

Le ruban orange représentant la malnutrition.

Données clés
Traitement
Spécialité Endocrinologie, médecine de soins critiques et nutrition
Classification et ressources externes
CIM-10 E46
CIM-9 263.9
MedlinePlus 000404
eMedicine 985140
MeSH D044342
Patient UK Malnutrition

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La malnutrition est un état physiopathologique résultant de l’influence combinée de la sur- ou sous-nutrition (déficience ou excès de calories ou d’un ou plusieurs nutriments) et d’autres facteurs (génétiques, inflammatoires…) sur la composition du corps[1] et sur ses fonctions biologiques.

Son origine peut être une quantité de nourriture inadaptée au besoin (apport calorique insuffisant ou excessif) ou l’ingestion d’aliments de mauvaise qualité (carences nutritionnelles ou excès de sucre, de protéines, de sel, de graisses…) ; d’autres facteurs, notamment psychologiques et pathologiques, interviennent également.

La maigreur squelettique, symbole habituel de la malnutrition, illustre les effets de la sous-nutrition, mais la malnutrition prend bien d’autres formes, dont l’obésité. Quels que soient la forme et le poids du corps, une personne peut être malnutrie. Et, qu’une personne ait une allure maigre, normale ou obèse n’indique pas l’état de malnutrition.

La malnutrition n’est pas la sous-alimentation ou la suralimentation (en). Mais la sur- ou sous-alimentation sont des causes de malnutrition.

Dans les pays en développement elle est souvent liée à la « sous-alimentation » mais partout dans le monde, d’autres formes de malnutrition existent, débouchant notamment sur l’obésité et sur de graves carences. L’Organisation des Nations unies (ONU) parle à ce propos de « faim invisible » ou « faim cachée » (hidden hunger en anglais)[2], affectant deux milliards de personnes, carencées en oligo-éléments et en vitamines, ce qui peut causer des maladies mortelles. La « faim cachée » (« déficience en micronutriments ») existe aussi dans les pays développés[3] (phénomène de malbouffe, décrivant une nourriture à forte densité énergétique et pauvre en éléments nutritifs).

Dans certains contextes, la consommation de certains aliments riches en minéraux (céréales complètes, légumineuses, noix…) n’empêchent pas des carences en minéraux, si leurs minéraux sont rendus non biodisponibles par des anti-nutriments (tanin, acide phytique, lectines, inhibiteurs d’enzymes) naturellement présents.

Parce qu’elle réduit la qualité de vie, la santé publique et réduit la longévité, la malnutrition fait l’objet de travaux de recherche. Rien qu’au Royaume-Uni, son coût a été estimé (en 2005) à plusieurs milliards d’euros par an[4].

Éléments de définition{{}}

Une étude a (en 2010) montré qu’il n’y a pas d’accord entre experts sur la définition précise ou scientifique[5] de la malnutrition[6]. Elle est souvent définie comme un état pathophysiologique[6] ou une pathologie systémique aux conséquences et étiologies multiples. Séparer les approches quantitative et qualitative est obsolète et réducteur.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), la FAO, les organisations humanitaires s’y consacrant, les experts et les différentes études faites sur le sujet conviennent qu’elle peut être la conséquence de plusieurs facteurs, le plus souvent associés. Les carences alimentaires sont fréquemment à la fois quantitatives et qualitatives, elles sont une cause très fréquente de malnutrition, mais d’autres facteurs entrent très souvent aussi en jeu, allant de la génétique au microbiote intestinal en passant par des processus inflammatoires et des tabous religieux et éléments culturels.

La suralimentation (qui conduit à l’obésité) découle d’un bilan nutritionnel positif. La dénutrition découle d’un bilan nutritionnel négatif[7]. Il semble y avoir (en 2010) un consensus sur le fait que la définition de la malnutrition doit inclure au moins les notions de carence en énergie, carence en protéines et diminution de la masse lipidique, de même que des effets sur les fonctions du corps et de l’esprit, et l’inflammation[6]. Beaucoup d’experts insistent su le caractère involontaire de perte de poids, sur la mesure de l’IMC et des apports nutritionnels. Mais aucun consensus n’existe en termes de seuils.

Les relations entre les calories, le sucre, les lipides, les protéines, les oligoéléments (vitamines notamment) et la survenue de maladies courantes ou rares sont de mieux en mieux comprises, de même que l’importance du microbiote intestinal, grâce notamment à un suivi de 150 substances biochimiques fondamentales dans nos aliments par le département américain de l’Agriculture, et à diverses bases de données. Mais une étude récente (2020)[8] basée sur l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle, conclut que le régime alimentaire humain comprend au moins 26 000 éléments biochimiques – dont la grande majorité est encore inconnue [9]. En 2020, Sharon Friel (chercheuse en équité face à la santé à l’Université de Canberra) et ses collègues montrent que le système alimentaire n’est pas juste et que « le pouvoir du commerce mondial peut l’emporter sur les besoins environnementaux et nutritionnels »[9] ; le commerce mondial peut entraver les efforts de lutte contre la malnutrition[10] en freinant l’adoption de lois et réglementations pertinentes pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de nutrition (et de changement climatique, le climat étant l’un des facteurs de production alimentaire), d’autant plus que « les règles du commerce mondial établies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont juridiquement contraignantes pour les pays, alors que les politiques sur le changement climatique ou la nutrition ne le sont souvent pas ».

Quelques exemples illustrent ce qu’est la malnutrition :

  • Niger (été 2005) : les principaux cas de malnutrition rencontrés sont essentiellement dus à une carence majeure en apport alimentaire, du fait de la prolongation de la sécheresse et de l’invasion des zones cultivables par des criquets, ces deux causes ayant conduit à des récoltes très insuffisantes ;
  • Liberia (2004-2005) : l’apport alimentaire est suffisant pour les populations, à la fois grâce à des récoltes et des importations non négligeables, ainsi que grâce à des distributions alimentaires régulières par le PAM. Mais les taux de malnutrition sont importants, surtout en zone urbaine ; essentiellement en raison de pratiques de soins inadaptées, dont les causes sont multiples. Les mères ne peuvent fournir à leur enfant des soins efficaces, du fait d’un déficit cognitif, de troubles post-traumatiques, d’une relation pathologique avec l’enfant, etc.
  • Afghanistan (2002-2005) : si les carences alimentaires jouent un rôle important dans la malnutrition du pays, on constate aussi que beaucoup d’enfants refusent les soins (alimentation y compris) qui leur sont prodigués, du fait d’un traumatisme psychologique important (comme au Rwanda après le génocide, et dans beaucoup de camps de réfugiés et déplacés dont les résidents ont vécu des événements traumatiques).
  • Europe (2006) : 57 % de la population a un apport insuffisant en iode[11],[12], et 10 % de la population souffre d’anémie[11].
  • États-Unis : 25 % des enfants sont carencés en magnésium, calcium et vitamines A, D et E[13] et 50 % manquent de vitamines D et E[13].
    Ces exemples montrent qu’une approche purement alimentaire de la malnutrition ne peut suffire ; la plupart des acteurs internationaux luttant contre la malnutrition ont dû adapter leur prise en charge avec des programmes parallèles, allant de la stimulation psycho-sociale des mal-nourris à leur prise en charge psychologique.

L’obésité relève souvent également de la malnutrition (mais ce n’est pas sa seule étiologie ; des facteurs génétiques peuvent conduire à une surabsorption des nutriments). Des causes anatomiques ou physiologiques acquises (troubles acquis du fonctionnement des organes de la digestion, ou de la mobilité, par exemple) existent aussi, avec un apport alimentaire inadapté étant une conséquence d’un trouble psychologique ou d’un mode de vie.

La baisse de nutriments (great nutrient collapse) et vitamines présents dans l’alimentation due à l’élévation du CO2[14],[15],[16], des pratiques agricoles intensives[17] et à l’appauvrissement des sols ont également un impact. Le bétail peut aussi être affecté par une carence en minéraux[18].

L’augmentation des carbohydrates dans l’alimentation augmente la production de T3 de la thyroïde, ce qui augmente les besoins en iode[19]. Les sources environnementales naturelles d’iode pour la population deviennent alors insuffisantes et la déficience en iode se développe[19]. Depuis la révolution agricole il y a 10 000 ans, l’homme base son apport énergétique sur les carbohydrates dans pratiquement toutes les régions du monde, entraînant une déficience en iode globale[19].

Effets{{}}

Mortalité{{}}

La mortalité ferait suite à une malnutrition dans 58 % des cas de mortalités générales en 2006 : « dans le monde, 62 millions d’individus, pour toutes causes de mort, décèdent chaque année ». Un individu sur douze dans le monde est mal-nourri[20]. En 2006, plus de 36 millions d’individus sont morts de la faim ou de maladies généralement liées à des insuffisances alimentaires[21].

D’après l’OMS, la malnutrition est la plus grande cause de mortalité juvénile, présente dans la moitié des cas[22]. Six millions d’enfants meurt de faim chaque année[23]. Le sous-poids et les restrictions alimentaires causent annuellement 2,2 millions de décès chez les enfants. La lactation faible ou inexistante cause 1,4 million de morts. D’autres insuffisances, comme le manque de vitamine A ou de zinc, par exemple, en comptent 1 million. La malnutrition chez les enfants de moins de 2 ans est un cas irréversible. Les enfants mal-nourris grandissent avec des complications de santé. Leurs propres enfants sont également plus petits que la norme. La malnutrition était auparavant perçue comme empirique dans certaines maladies comme la rougeole, pneumonie et la diarrhée. Mais la malnutrition cause aussi bien les maladies et peuvent être mortelles[22].

Conséquences{{}}

La malnutrition

  • diminue l’immunité et augmente donc les risques d’infections et de maladies ; par exemple, elle est un risque majeur dans le développement de la tuberculose[24].
  • affecte la capacité de travail et de vie sociale ; là où l’accès à l’eau potable et à une nourriture de qualité est inexistant, une faible énergie physique et psychologique est ressentie, et les victimes sont incapables de remplir les tâches quotidiennes ou fournir ou acquérir une éducation correcte (chez les enfants).
  • affecte la santé reproductive et le développement physique, neurocérébral et cognitif du jeune enfant, d’où l’importance accordée à la nutrition chez la femme enceinte et allaitante et chez le jeune enfant[25].
  • enfants, personnes âgées[26],[27], malades[28] (et patients hospitalisés[29]) y sont plus vulnérables.
    Psychologie{{}}

La malnutrition, dans la forme d’une carence en iode, est « la cause la plus répandue de trouble mental dans le monde »[30]. Même une carence modérée en iode, particulièrement chez les enfants et femmes enceintes, diminue l’intelligence de 10 à 15 de QI[30]. Les effets les plus visibles et conséquentes — sans compter le crétinisme ou le nanisme — affecte une minorité, particulièrement localisée dans les villages[30].

La malnutrition peut être source ou conséquence d’une douleur morale. Un traitement nutritionnel peut aider à soigner la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie et le trouble obsessionnel compulsif, les quatre troubles mentaux les plus répandus dans les pays développés[31].

Un traitement supplémentaire pour aider à améliorer et à stabiliser l’humeur incluent l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA), la vitamine B12, la vitamine B9 et l’inositol.

Cancer{{}}

Le cancer est désormais présent dans les pays en développement. D’après une étude faite par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), « dans les pays en développement, les cancers du foie, de l’estomac et de l’œsophage sont les plus répandus […] ». Le cancer du poumon augmente rapidement avec le tabagisme. Les pays développés incluent les cancers du colon, du rectum, du sein et de la prostate — et peuvent être causés par l’obésité, le manque d’exercice (de sport), l’alimentation et l’âge[32].

Hyponatrémie{{}}

Un manque réel d’eau, sans renouvellement en sel de sodium et de potassium, mène à l’hyponatrémie, qui peut de loin conduire à une intoxication par l’eau d’un niveau dangereux (ainsi, en 2007, une américaine nommée Jennifer Strange est morte durant un concours de buveurs d’eau[33]. Plus souvent, l’hyponatrémie survient lors d’une endurance à long terme (compétitions et entraînements tels que les marathons ou triathlons) et cause petit à petit des troubles incluant maux de tête, étourdissements et confusion ; dans de très sévères cas elle implique un coma, des convulsions et la mort.

Conséquences mondiales 2023{{}}

En 2006, plus de 3,5 milliards de personnes souffrent de carence en fer, deux milliards sont en danger de carence en iode et 200 millions d’enfants d’âge préscolaire sont victimes d’insuffisance en vitamine A[34].

Dans les pays en développement, les insuffisances alimentaires causent des maladies comme le kwashiorkor, l’anémie (qui attaque le système sanguin et empêche la concentration), le rachitisme (qui empêche le développement normal des os de l’enfant) ou la cécité (causée par des carences en vitamine A). Le rapport de 2004 de l’Unicef et la Banque mondiale dresse un bilan terrifiant[35] : les carences en fer parmi les bébés de 6 à 24 mois affectent le développement mental de 40 à 60 % des enfants des pays en développement ; les carences en iode ont fait reculer la capacité intellectuelle de ces pays de 10 à 15 %, et causent la naissance de 18 millions d’enfants handicapés mentaux par an ; le manque de vitamine A entraîne la mort d’un million d’enfants chaque année.

Chez les adultes, les plus affectés sont souvent les femmes : l’anémie causée par le manque de fer entraîne la mort de 60 000 jeunes femmes pendant leur grossesse ou leur accouchement ; le manque d’acide folique cause un décès par maladie cardiaque sur dix. Les carences s’additionnent et rendent l’organisme plus vulnérable à d’autres maladies. L’impact économique est énorme, la baisse d’énergie associée aux carences causant une chute de 2 % du PNB dans les pays les plus affectés[35].

La sous-alimentation affecte quelque 800 millions de personnes dans le monde, tandis que l’obésité affecte plus de 300 millions de personnes (voir ces articles pour les détails). Selon MSF, en moyenne sur 2009, un enfant est mort de malnutrition toutes les six secondes (soit plus de cinq millions sur l’année). La lutte contre la malnutrition est par ailleurs l’un des huit Objectifs du millénaire pour le développement, initiés en 2000 par l’ONU. La troisième cible de cet objectif vise à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de malnutrition entre 1990 et 2015.

Dans un rapport publié en octobre 2014, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) insiste sur le fléau souvent négligé de la faim invisible. Cette forme de malnutrition touche plus de 2 milliards de personnes et survient lorsque l’apport ou l’absorption de vitamines et minéraux ou oligo-éléments (zinc, iode, fer, vitamines A et B) ne suffisent pas à assurer une bonne santé et un bon développement [36].

Lutte contre la malnutrition{{}}

L’action contre la malnutrition prend en compte les caractéristiques de cette pathologie qui ont été décrites ci-dessus. Elle vise plus particulièrement les enfants qui sont les premiers touchés, causant la mort de 2,6 millions d’enfants chaque année dans le monde[37].

Elle est menée par une grande variété de structures depuis les organisations internationales jusqu’aux associations humanitaires.

La fortification de produits alimentaires consiste à ajouter un élément chimique à un produit afin de lui apporter des vitamines et minéraux qui ne sont pas naturellement présent. C’est une pratique courante pour lutter contre les déficiences[38].

Dans les pays développés, les céréales de petit déjeuner sont souvent fortifiés pour lutter contre les carences de la population[39]. En Australie, 40 % du fer provient des céréales et 20 % du fer provient de la viande[39],[40]. En Grande Bretagne, 45 % du fer vient des céréales et 20 % viennent de la viande[39],[41].

De nombreux pays fortifient le sel pour contrer la carence en iode. Mais après ouverture de l’emballage du sel, 50 % de l’iode a disparu[42].L’iode contenu dans le sel iodé est biodisponible à 10 %[42].

Actions notables de dépistage/prévention{{}}

l’Unicef s’efforce de prévenir les pires effets de la malnutrition en accordant aux pays des financements et des aides pour distribuer des micronutriments essentiels pour renforcer le système immunitaire, comme le fer et la vitamine A, durant les campagnes de vaccination ou à travers des aliments enrichis.

L’Unicef, les gouvernements, les producteurs de sel et des organisations du secteur privé tentent aussi d’éliminer la carence en iode, qui est la principale cause des retards mentaux et des lésions cérébrales évitables, dans le cadre de la campagne d’information sur l’iodation universelle du sel (USI).

Dans les communautés, l’Unicef explique aussi comment offrir aux enfants une bonne nutrition aux personnes qui en ont la charge, en pratiquant l’allaitement maternel, par exemple.

Dans les situations d’urgence, l’Unicef évalue les besoins nutritionnels et sanitaires des populations affectées, encourage l’allaitement maternel en créant des espaces protégés pour les femmes enceintes et qui allaitent, fournit des micronutriments essentiels, soutient des centres d’alimentation thérapeutique pour les enfants atteints de malnutrition grave et fournit des vivres pour les orphelins[43].

Le lait riche en énergie spécialement fabriqué pour les enfants sévèrement malnutris, l’est généralement en mélangeant du lait de vache (lait en poudre), de l’huile et du sucre[44]. Or en région tropicale les chèvres produisent un lait de qualité et souvent moins cher[44]. Des études ont montré qu’il était aussi efficace que le lait de vache pour lutter contre la malnutrition[44].

Antenna Technologies[45] a développé des outils et des formations pour produire de manière locale, durable et pérenne un complément alimentaire exceptionnel : la spiruline, une micro-algue qui peut être cultivée localement et apporte des nutriments indispensables tels la vitamine A, les acides aminés essentiels, le fer… En relation avec des structures locales, Antenna développe dans différents pays d’Afrique et d’Asie des bassins de production de spiruline qui accèdent ensuite à l’autonomie financière par la commercialisation d’environ 60 % de la production, le reste étant distribué dans des écoles, dispensaires, hôpitaux… Pour compléter, des centres d’éducation à la nutrition et des cultures légumières sont maintenant développées.

En 2011 au Niger, l’ONG ALIMA a développé une nouvelle approche de dépistage de la malnutrition[46]. Dans la région du Sahel, les visites en centres de santé sont peu fréquentes et lorsque les enfants sont dépistés, ils sont souvent dans des états avancés de maladie les plaçant face à un risque accru de complications[47]. Face à ce constat, ALIMA a mis en place avec son partenaire BEFEN (Bien-être de la femme et de l’enfant au Niger) une stratégie visant à former les mères à l’utilisation des bracelets de périmètre brachial MUAC pour détecter plus rapidement les premiers signes de la malnutrition et permettre une meilleure prise en charge des enfants atteints[48]. Cette approche a ensuite été adoptée par l’UNICEF ainsi que plusieurs ministères de la santé nationaux dans les pays d’intervention d’ALIMA. À ce jour[Quand ?], plus d’1 million et demi de mères ont été formées à l’utilisation de ce bracelet[49].

Épidémiologie{{}}

Article détaillé : Liste des pays par taux de malnutrition.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/33/Nutritional_deficiencies_world_map_-_DALY_-_WHO2002.svg/250px-Nutritional_deficiencies_world_map_-_DALY_-_WHO2002.svg.png

Espérance de vie corrigée de l’incapacité concernant la malnutrition sur 100 000 habitants en 2002[50]

  • Aucune donnée
  • Moins de 150
  • 150-300
  • 300-450
  • 450-600
  • 600-750
  • 750-900
  • 900-1050
  • 1050-1200
  • 1200-1350
  • 1350-1500
  • 1500-1750
  • Plus de 1750
    Il existe 920 millions d’individus en malnutrition en 2010, 80 millions d’individus de plus qu’en 1990[51],[52] bien que le monde fabrique assez de nourriture pour nourrir tout le monde — 6 milliards d’individus — et puisse théoriquement nourrir le double — 12 milliards d’individus[53].

Année

1990

1995

2005

2008

Nombre d’individus mal-nourris (millions)[54] 843 788 848 923

Année

1970

1980

1990

2005

2007

Pourcentage des individus sous-alimentés[55] 37 % 28 % 20 % 16 % 17 %

Notes et références à lire à la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Malnutrition

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  • Les effets de la malnutrition sur le corps ne s’arrêtent pas lorsque la nourriture arrive : l’inflammation et les problèmes intestinaux peuvent tourmenter les survivants. De nouveaux traitements peuvent réparer certains dommages – Traduction du 1er août 2025 par Jacques Hallard d’un article de T. Hesman Saey en date du 28 mai 2024 à 9h30 – Titre d’origine : Malnutrition’s effects on the body don’t end when food arrives – Diffusion ‘sciencenews.org’
    Référence : https://www.sciencenews.org/article/malnutrition-inflammation-gut-therapies

A large crowd of children stretch out plates and pots over a wooden railing toward a person dishing out food.

Une grande foule d’enfants tend des assiettes et des casseroles au-dessus d’une balustrade en bois en direction d’une personne qui distribue de la nourriture. Si les enfants survivent à la malnutrition, ils peuvent être confrontés à des problèmes de santé toute leur vie. {{}}

À Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où ces enfants attendent de la nourriture le 19 février 2024, environ 10% des enfants de 2 ans et moins souffrent de malnutrition, selon un rapport de mars de l’UNICEF. MOHAMED ABED/AFP par l’intermédiaire de Getty Images

Denise Potvin, une infirmière qui travaille actuellement à Rafah, une ville du sud de Gaza, a vu quelque chose de nouveau récemment : la malnutrition chez les jeunes enfants. Avant la guerre actuelle entre Israël et le Hamas, “ce n’était pas quelque chose qui aurait [été] traité”, dit Potvin. ’Maintenant, nous voyons des cas.”

En mai, 31 personnes, dont au moins 28 enfants, étaient décédées de malnutrition. Dans le sud de Gaza, jusqu’à 9 pour cent des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Dans le nord de Gaza, la fraction est plus importante — jusqu’à un quart des enfants souffrent de malnutrition et jusqu’à 4 pour cent souffrent de malnutrition sévère, selon un rapport antérieur de l’agence.

Le Partenariat intégré de classification de la Phase de sécurité alimentaire a averti dans un rapport en mars 2025 que la famine était imminente dans la partie nord de Gaza et que le reste de Gaza était également menacé.

Les enfants de Gaza ne sont pas seuls. Des enfants en Afghanistan, au Soudan, au Nigéria, au Yémen, en Haïti, au Pakistan, en République démocratique du Congo et dans d’autres pays souffrent de malnutrition en raison des conflits, de la pauvreté, des catastrophes naturelles et d’autres facteurs qui les laissent soudainement sans nourriture (SN : 1/8/20).

Ces perturbations brutales peuvent entraîner une malnutrition aiguë et une émaciation, et — si la situation se prolonge — une malnutrition chronique, un retard de croissance et parfois la mort. L’année dernière, on estime que 36,4 millions d’enfants dans le monde souffraient de malnutrition aiguë, dont 9,8 millions souffraient de malnutrition sévère, selon le Réseau d’information sur la sécurité alimentaire.

L’OMS estime qu’en 2022, environ 149 millions d’enfants avaient un retard de croissance (ils sont trop petits pour leur âge) et 45 millions avaient une émaciation (trop maigres pour leur taille), dont plus de 13 millions avec une émaciation sévère. Ces chiffres n’incluent pas les enfants qui souffrent de malnutrition modérée. Près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans, en particulier d’enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire, sont causés par la dénutrition, selon l’OMS.

Même pour les enfants qui reçoivent un traitement, la malnutrition peut entraîner des conséquences à vie. Ceux-ci incluent une forte probabilité de mourir dans l’année suivant la guérison, un retard de croissance et une capacité réduite à atteindre leur pleine capacité intellectuelle, même à l’âge adulte.

La malnutrition affaiblit le système immunitaire

Un corps souffrant de malnutrition doit dépenser de l’énergie sur des éléments essentiels comme le fonctionnement du cœur et des poumons — et pour ce faire, il réduira dans d’autres domaines importants, explique Indi Trehan, pédiatre à l’Université de Washington à Seattle. “Certaines des choses pour lesquelles il ne dépensera pas beaucoup d’énergie sont de plus en plus grandes, ce qui fait partie du travail du corps des enfants”, dit-il. “Cela ne va pas dépenser beaucoup d’énergie pour développer des neurones et des connexions cérébrales”, guérir les coupures et les éraflures, ou maintenir la température corporelle.

L’une des réductions les plus graves concerne le système immunitaire, dit Trehan. “Le système immunitaire s’effondre en quelque sorte”, laissant les personnes malnutries susceptibles de mourir d’infections que les personnes bien nourries peuvent plus facilement surmonter.

Par exemple, dans une revue des études sur la malnutrition, les chercheurs ont découvert que les enfants modérément en insuffisance pondérale pour leur âge étaient deux fois plus susceptibles de mourir d’une pneumonie que les enfants ayant un poids santé. De même, les enfants malnutris infectés par le VIH ont quatre fois plus de risques de mourir que les enfants malnutris séronégatifs, selon une autre étude.

Qu’est-ce que la malnutrition ?

Une femme vêtue d’un chemisier orange avec un foulard léger enroulé autour de sa tête tient un jeune enfant. Un homme portant un masque chirurgical enroule un ruban adhésif en papier autour du bras du bambin pour dépister la malnutrition.

A woman in an orange blouse with light scarf wrapped around her head holds a young child. A man wearing a surgical mask wraps a paper tape around the toddler’s upper arm to screen for malnutrition.

Dan Kitwood/Galerie d’images

La gravité de la malnutrition est mesurée en mesurant la taille, le poids et la circonférence du bras des enfants pour déterminer à quel point ils sont éloignés de la moyenne pour leur âge ou leur taille, comme ce travailleur de ‘édecins sans frontières’le fait dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, pour les personnes fuyant la guerre civile en cours au Soudan. Les enfants malnutris peuvent présenter un retard de croissance (ils sont trop petits pour leur âge), une émaciation (trop maigres pour leur taille) ou les deux. Les enfants souffrant de malnutrition modérée tombent de deux à trois écarts-types en dessous du score moyen poids pour taille, tandis que les enfants souffrant de malnutrition sévère tombent de plus de trois écarts-types en dessous de la moyenne.

Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère peuvent également avoir un gonflement des mains et des pieds connu sous le nom d’œdème nutritionnel ou kwashiorkor et peuvent être si malades qu’ils sont incapables de manger.

À Rafah, Potvin, qui travaille avec l’organisation médicale humanitaire internationale Médecins Sans Frontières, également connue sous son abréviation française MSF, observe la dynamique de renforcement entre la malnutrition et le système immunitaire. “Vous voyez tout le monde vivre dans des tentes, des situations surpeuplées, des situations avec un manque d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement”, dit-elle.

Ces conditions peuvent augmenter le risque que les enfants malnutris contractent des maladies infectieuses qui peuvent, à leur tour, aggraver la malnutrition. Dans les cliniques de MSF à Rafah, “nous constatons de nombreuses infections des voies respiratoires, des maladies diarrhéiques et différentes affections cutanées”, explique Potvin.

Même après le traitement, les enfants autrefois malnutris peuvent mourir - Réparer la malnutrition n’est pas aussi simple que de donner à manger à un enfant.

À l’échelle mondiale, seulement 3 pour cent des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère reçoivent un traitement vital, estime MSF. Environ 1 enfant sur 5 hospitalisé pour malnutrition sévère mourra avant d’être libéré, explique Gerard Bryan Gonzales, nutritionniste en santé publique à l’Université de Gand en Belgique. Même après leur retour à la maison, les enfants ont tendance à mourir.

Une revue de 2018 de plusieurs études publiées dans ‘PlusOne’ a vélé que jusqu’à 10 pour cent des enfants gravement malnutris meurent dans l’année suivant leur sortie de l’hôpital. Extrapolé à un niveau mondial, cela pourrait signifier que des centaines de milliers, voire des millions d’enfants gravement malnutris meurent même après avoir reçu un traitement contre la malnutrition. Le chiffre réel pourrait être encore plus élevé, car jusqu’à 45% des enfants ont abandonné l’étude et leur sort n’a donc pas pu être déterminé, ont rapporté les chercheurs.

Dans une étude sur des enfants gravement malnutris au Kenya, Gonzales et ses collègues ont constaté qu’environ 10 pour cent des enfants, 177 sur 1 704, sont retournés à l’hôpital après leur sortie. On ne sait pas pourquoi tant d’enfants meurent après avoir été traités pour malnutrition, explique James Njunge, biochimiste au programme de recherche KEMRI-Wellcome Trust à Kilifi, au Kenya. Ce que l’on sait, c’est qu’au moment où les enfants souffrent de malnutrition, une cascade complexe a commencé dans leur corps qui peut ne pas être complètement réversible. Njunge et ses collègues étudient le sang et les déchets d’enfants décédés de malnutrition sévère après avoir quitté les hôpitaux de plusieurs pays. L’équipe espère savoir si certaines protéines, hormones, nutriments, microbes intestinaux ou d’autres facteurs peuvent expliquer la mort des enfants. L’inflammation et le métabolisme endommagé étaient associés à la mort chez les enfants gravement malnutris au Kenya et au Malawi, ont rapporté Njunge et ses collègues dans ‘cience Advances’en 2022.

Mais il y a un autre facteur conflictuel.

Certaines familles peuvent ramener leurs enfants à la maison avant qu’ils ne soient complètement rétablis, contre avis médical, dit Njunge, parce que les parents doivent s’occuper d’autres enfants ou retourner au travail. L’inflammation persiste longtemps après la guérison Même lorsque les enfants se rétablissent et ont rattrapé leurs pairs pour le poids, les épisodes de malnutrition peuvent causer des dommages internes qui peuvent persister pendant des années.

Des travaux récents suggèrent que certains enfants malnutris ont une inflammation ’très, très agressive’ contre des infections actives ou des morceaux de bactéries qui peuvent s’échapper de leurs intestins, dit Njunge. “La réponse inflammatoire est censée être une bonne chose pour vous protéger de ces agents pathogènes”, dit - il, mais lorsqu’elle est trop forte, elle peut endommager les tissus et les organes. De plus, l’inflammation peut altérer la façon dont le corps absorbe et utilise les nutriments, dit-il. ’Tous ces facteurs peuvent entraîner des lésions organiques et c’est ce qui finit par entraîner la mortalité.”

Par rapport aux enfants bien nourris de leurs communautés, 264 enfants gravement malnutris au Zimbabwe et en Zambie présentaient encore des signes d’inflammation élevée dans le sang un an après leur sortie de l’hôpital, Jonathan Sturgeon, pédiatre à l’Université Queen Mary de Londres, et ses collègues ont rapporté le 28 février dans Science Translational Medicine. “Le fait que [l’inflammation] ait continué pendant au moins un an après la sortie était une surprise’, dit Sturgeon. Et l’inflammation n’est pas seulement dans le sang des enfants. C’est aussi apparent dans leurs tripes, dit Sturgeon. Habituellement, les parois intestinales des personnes ont de minuscules structures ressemblant à des doigts appelées villosités. Ces petits doigts augmentent la surface qui peut absorber les nutriments. Mais chez les enfants souffrant de malnutrition sévère, les villosités “deviennent assez émoussées, assez plates, assez minces, assez friables”, explique Sturgeon. Ces changements ’ reflètent certains des changements inflammatoires de l’intestin que vous voyez chez les enfants de l’Ouest atteints d’une maladie inflammatoire de l’intestin.”

Ce type de changement des villosités pourrait signifier que même après la fin de la malnutrition, les enfants peuvent avoir des difficultés persistantes à absorber les nutriments dont leur corps a besoin pour grandir et se développer correctement, peut-être les préparant à une vie de problèmes de santé.

Ce que la malnutrition fait à l’intestin{{}}

La malnutrition freine la croissance des villosités intestinales (en haut à gauche), ces extensions en forme de doigts qui aident à absorber les nutriments dans les intestins. Chez certains enfants souffrant de malnutrition sévère, les villosités sont pratiquement absentes (en haut à droite), même après un traitement standard (en bas à gauche). Mais l’ajout d’un composé appelé teduglutide à l’alimentation thérapeutique peut aider à restaurer la croissance de ces structures (en bas à droite).

Four panels showing cross sections of the intestinal lining of children with malnutrition. In the upper left panel, purple colored finger-like extensions can be seen. The upper left panel has none of the fingers. The lower left is a pinkish slice of tissue with none of the fingers. Several pinkish fingers can be seen in the lower right panel.

Sturgeon et ses collègues ont testé des médicaments susceptibles de réparer la muqueuse intestinale chez les enfants souffrant de malnutrition. L’équipe a découvert qu’une molécule appelée teduglutide réduisait les marqueurs de l’inflammation chez les enfants traités pour malnutrition sévère en Zambie et au Zimbabwe. Ce composé, utilisé pour traiter le syndrome de l’intestin court, a également permis de restaurer la croissance des villosités, ont rapporté les chercheurs le 17 avril dans Nature Communications.

De nouveaux traitements sont en cours de développement pour lutter contre la malnutrition.{{}}

D’autres chercheurs développent également de nouveaux traitements pour aider les enfants à faire face aux conséquences durables de la malnutrition. Par exemple, les enfants souffrant de malnutrition ont souvent des microbiomes intestinaux sous-développés, explique Jeffrey Gordon, chercheur sur le microbiome à la Faculté de médecine de l’Université de Washington à St.Louis (SN : 2/18/16).

Chez la plupart des enfants, la montée et la chute de certains types de bactéries intestinales suivent un schéma prévisible. Mais ce schéma est perturbé chez les enfants souffrant de malnutrition. Chez ces enfants, “il y a des caractéristiques de la communauté microbienne qui semblent plus jeunes ou plus immatures que ce à quoi on pourrait s’attendre en fonction de l’âge chronologique”, explique Gordon. Ces perturbations peuvent affecter le développement des intestins et du système immunitaire des enfants, entraînant peut-être des problèmes digestifs durables et des problèmes du système immunitaire, dit-il. Gordon et ses collègues ont mis au point un aliment thérapeutique qui favorise la croissance des microbes intestinaux (SN : 6/7/21).

C’est un mélange de farines de pois chiche et de soja, de pâte d’arachide et de purée de banane verte. Les chercheurs ont testé l’aliment favorisant les microbes par rapport à un aliment thérapeutique standard composé de riz, de lentilles et de lait en poudre, et ont découvert qu’il aidait les enfants à prendre du poids plus rapidement même si l’aliment expérimental contient moins de calories, a rapporté l’équipe de Gordon dans le New England Journal of Medicine en 2021.

La raison pour laquelle les bébés ont pris du poids est due à deux souches de bactéries Prevotella copri, qui ont décomposé les molécules de l’aliment nourrissant les microbes, ont rapporté les chercheurs le 19 mars dans Nature Microbiology. Savoir comment les microbes et les molécules spécifiques des aliments fonctionnent ensemble peut aider les chercheurs à concevoir des aliments thérapeutiques encore meilleurs pour traiter ou même prévenir la malnutrition à l’avenir, dit Gordon.

La malnutrition peut suivre les enfants jusqu’à l’âge adulte{{}}

Parce que tant d’enfants meurent de malnutrition, peu d’études ont été en mesure de déterminer les conséquences à long terme de la famine infantile sur les adultes. Ce que les chercheurs savent, c’est que la malnutrition sévère ou l’exposition à la famine dans l’enfance est associée à un risque accru d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires et de problèmes métaboliques tels que le diabète, ont rapporté Gonzales de l’Université de Gand et ses collègues dans BMJ Global Health en 2021. Une partie du problème peut être la teneur élevée en matières grasses des régimes qui sont traditionnellement utilisés pour traiter la malnutrition, dit Gonzales. “Cela pourrait trop stresser le système [de sorte] que le corps présente cette dérégulation persistante à long terme”, dit-il.

À l’heure actuelle, les stratégies de traitement visent à empêcher les enfants de mourir au cours de la prochaine année. ” Nous essayons maintenant de vraiment étudier si nous donnons aux enfants ce dont ils ont vraiment besoin’, dit Gonzales. ’Les traitons-nous de manière à ce qu’ils survivent non seulement, mais qu’ils prospèrent également ?” C’est une question sensible au facteur temps, dit Trehan.

Si les jeunes enfants ne reçoivent pas une nutrition adéquate pendant que leur cerveau se développe, “vous n’allez pas rattraper votre retard, peu importe la qualité de vos écoles et de votre rééducation et des choses comme ça après coup.” Les personnes qui survivent à une malnutrition sévère pendant l’enfance peuvent être un peu plus courtes que si elles avaient reçu suffisamment de nourriture pour atteindre leur potentiel génétique, dit Trehan. Ce n’est probablement pas grave. “Nous n’essayons pas de développer une armée de basketteurs”, dit-il.

Mais le retard de croissance peut aussi être un indicateur de développement intellectuel manqué (SN : 3/21/13). ’Nous voulons une armée d’enfants intelligents qui peuvent ensuite faire de bonnes études, puis obtenir de bons emplois et ensuite aider leurs sociétés à se développer. Avec la malnutrition’, vous frappez vraiment une population à long terme.” Les personnes qui avaient été gravement malnutries dans leur enfance au Congo étaient moins susceptibles à l’âge adulte de déclarer bien réussir à l’école, avaient moins d’éducation et une estime de soi inférieure à celle de leurs pairs dans leurs communautés qui n’avaient jamais souffert de malnutrition, ont rapporté des chercheurs en 2020 dans PLOS One. Et ce ne sont pas seulement les personnes qui ont souffert de pénuries alimentaires qui en paient le prix, dit Gonzales. Lorsque des problèmes de santé chroniques chez les adultes surviennent chez des personnes anciennement malnutries, les systèmes de santé du monde entier sont stressés.

De nombreuses personnes qui ont survécu à la malnutrition dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont depuis déménagé dans des pays plus riches où elles peuvent alourdir le fardeau de la maladie, dit - il. “C’est un problème mondial qui nécessite des solutions mondiales.”{{}}

Note :

A version of this article appears in the July 13, 2024 issue of Science News.

Une version de cet article paraît dans le numéro du 13 juillet 2024 de Science News.

Citations :{{}}

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Global Network Against Food Crises and Food Security Information Network. 2024 Global report on food crises.

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K. Chandwe, et al. Malnutrition enteropathy in Zambian and Zimbabwean children with severe acute malnutrition : A multi-arm randomized phase II trialNature Communications. Published online April 17, 2024. doi : 10.1038/s41467-024-45528-0.

Tina Hesman Saey

About Tina Hesman Saey - E-mail X - Tina Hesman Saey is the senior staff writer and reports on molecular biology. She has a Ph.D. in molecular genetics from Washington University in St. Louis and a master’s degree in science journalism from Boston University.

À propos de Tina Hesman Saey - Tina Hesman Saey est rédactrice principale et chroniqueuse en biologie moléculaire. Elle est titulaire d’un doctorat en génétique moléculaire de l’Université Washington de Saint-Louis et d’un master en journalisme scientifique de l’Université de Boston.

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Annexes {{}}

Rappel - Conflit israélo-palestinien : ce qui a fait dérailler le processus de paix – Revue ConflitsMoyen-Orient –07 octobre 2024


Comment en est-on arrivé là ? Alors que l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre et la guerre de Gaza datent tout juste de un an, et que l’absence de résolution de la question palestinienne ne menace d’embraser toute la région, l’auteur retrace l’histoire des négociations entre Israéliens et Palestiniens et les raisons de leur échec.{{}}

Marwan Sinaceur est professeur de psychologie sociale à l’ESSEC. Il a un Ph.D. de l’Université Stanford aux États-Unis. Il est spécialiste de la résolution des conflits, des émotions humaines, et de la culture arabe. Il a publié sur ces thèmes dans des revues académiques telles Nature Human Behaviour, Psychological Science, et Journal of Applied Psychology. Ancien Fellow au Stanford Center on Conflict and Negotiation et ancien professeur à l’INSEAD, il a enseigné depuis plus de trente ans en France et dans douze autres pays, notamment le Maroc, le Liban et la Turquie.

L’attaque terroriste effroyable du Hamas, avec près de 1.200 morts et 250 otages (majoritairement des civils, certains toujours en captivité), et les bombardements meurtriers indiscriminés et terribles du gouvernement israélien, avec plus de 42.300 morts, 96.000 blessés, et 2 millions de déplacés (majoritairement des civils, dont 40% d’enfants), ont remis le conflit israélo-palestinien tragiquement sur le devant de la scène.

Certains présentent le conflit comme inéluctable. Mais les horreurs d’aujourd’hui n’étaient pas inéluctables. Les occasions manquées furent nombreuses, et il s’en est fallu de peu que le processus de paix ne réussisse.

https://www.revueconflits.com/wp-content/uploads/2023/12/Histoire-Israel-Palestine.png

Carte histoire Israël Palestine

L’assassinat de Rabin{{}}

Les accords d’Oslo, signés en 1993, ont soulevé un immense espoir. Le principe était simple : territoires contre paix. Ils promeuvent la paix contre la restitution des Territoires Occupés par Israël depuis la guerre de 1967, sur la base des résolutions du Conseil de Sécurité. Israël et l’OLP de Yasser Arafat (fédération de mouvements indépendantistes laïcs) se reconnaissent mutuellement. L’OLP reconnaît l’État d’Israël et accepte son droit à la paix et à la sécurité. Ces accords font suite à des négociations secrètes commencées par des rencontres informelles, loin des projecteurs. Ils font aussi suite à une déclaration de Arafat en 1988 par laquelle il reconnaît le droit à l’existence d’Israël. En clair, les accords d’Oslo préconisent une solution à deux États. Ils établissent une autorité intérimaire palestinienne dans les Territoires Occupés et se donnent une période transitoire de cinq ans (soit jusqu’en 1998 !) pour aboutir à un règlement permanent.

Très vite, les choses déraillent. En novembre 1995, Yitzhak Rabin, leader des accords d’Oslo et du camp de la paix en Israël, est assassiné par un terroriste ultraorthodoxe israélien. Benyamin Netanyahou conduit alors l’opposition aux accords d’Oslo et joue un rôle direct dans l’échauffement des esprits qui précède l’assassinat : dans ses manifestations, des personnes portent des panneaux représentant Rabin en uniforme nazi ou chantent « À mort Rabin ! ». Suite à la disparation de Rabin, en mai 1996 des élections se tiennent en Israël : Netanyahou l’emporte de peu (50,5%) face à Shimon Peres qui veut alors poursuivre les accords d’Oslo et le processus de paix. En pleine période pré-électorale, en février-mars 1996, le Hamas commet une série de quatre attentats terroristes en Israël, aveugles et indiscriminés. Bilan : 58 morts israéliens. Par ailleurs, les Arabes israéliens boycottent en majorité les élections, ce qui affaiblit d’autant Peres. Il est clair que ces deux événements jouent un rôle clé dans l’accession au pouvoir de Netanyahou.

Arrivé au pouvoir, Netanyahou arrive à saboter la mise en application des accords d’Oslo en faisant traîner en longueur les négociations avec l’OLP de Arafat, devenue l’Autorité palestinienne, entre 1996 et 1999. Comme le rapporte le Washington Post, Netanhyanou lui-même s’est vanté d’avoir fait échouer les accords d’Oslo au moyen de fausses déclarations et d’ambiguïtés ; il n’hésite pas à redéfinir les termes de l’accord à son avantage (par exemple, sur la notion de « zones militaires »). Il est farouchement opposé à l’établissement d’un État palestinien (Charles Enderlin, Le rêve brisé, pp. 55-59, 2002).

À cette époque, Peres reproche à Netanyahou que sa politique risque d’affaiblir l’OLP et l’Autorité palestinienne. Il l’avertit explicitement, qu’à force, cela fait le jeu du Hamas. La stratégie de Netanyahou consiste à affaiblir l’Autorité palestinienne comme interlocuteur des négociations, afin de faire monter en puissance les extrémistes du Hamas, et en conséquence montrer qu’il n’y a pas d’interlocuteur, donc pas d’accord possible avec les Palestiniens, donc pas de raison de leur concéder un État. À travers les horreurs d’aujourd’hui, on voit combien l’avertissement de Peres dans les années 1990 fut prémonitoire.

Les négociations de Camp David{{}}

Malgré tout, l’espoir persiste des deux côtés. Et en 1999, Ehud Barak, nouveau leader du camp de la paix en Israël, est élu. Comme Rabin, Barak a le prestige d’avoir servi dans l’armée et le courage des grands leaders politiques capables de faire la paix avec l’ennemi. Comme Rabin, il a l’intention de vraiment aboutir à un accord global et durable avec les Palestiniens. Et en 2000, se tiennent à Camp David les négociations de la dernière chance, sous l’auspice de Bill Clinton. Clinton est pressé, il est à la fin de son mandat et voudrait rester dans l’histoire comme le Président américain qui a réconcilié Israéliens et Palestiniens.

Les négociations de Camp David (11-25 juillet 2000) sont mal préparées. Clinton convoque les deux parties en juillet, malgré les réticences de Arafat qui estime que les négociations ne sont pas encore mûres. Dès lors, c’est le coup de théâtre. Une offre est mise par l’équipe de Barak sur la table dès le début des négociations à Camp David. Comme le rapporte Robert Malley, conseiller de Clinton pour le Moyen-Orient, l’offre a été mise sur la table beaucoup trop tôt, à un moment où « ni les Israéliens ni les Palestiniens ne s’étaient préparés à complètement comprendre les peurs et les besoins de l’autre partie ». La discussion sur une offre est venue avant que les deux parties ne comprennent réellement les intérêts sous-jacents de l’autre, en particulier avant qu’elles n’aient pu parler des questions épineuses comme le statut de Jérusalem, la sécurité, ou le statut des réfugiés palestiniens (Aaron Miller, The much too Promised Land : America’s elusive search for Arab-Israeli peace , 2008 ; New York Times, 26 juillet 2001). Dans nos propres recherches, nous avons montré comment faire une offre tôt plutôt que tard est généralement peu efficace dans une négociation : faire une offre tôt réduit l’échange d’informations entre les négociateurs et crispe les choses. Une offre faite tard permet que les gens comprennent d’abord les intérêts des autres et explorent des solutions créatives, avant que de rentrer dans le marchandage. L’intention de Barak était louable, cependant : il voulait éviter l’approche graduelle d’Oslo : il voulait arriver à un accord final global et éviter de perdre un précieux capital politique en le dilapidant par des négociations intermédiaires. Mais on voit que tout est question d’équilibre et de timing dans les négociations complexes : arriver au final à un accord qui englobe tous les points, mais discuter d’offres tard plutôt que tôt.

Au final, les négociations de Camp David échouent. Sans doute y avait-il trop d’empressement, trop de tension de part et d’autre. Trop de pression publique également, et surtout trop peu de temps. Les deux équipes de Barak et Arafat repartent de Camp David bredouilles. Mais l’échec est loin d’être rédhibitoire. C’est le jeu normal de négociations complexes que les choses prennent de temps. Et les négociations doivent être faites en secret, loin des projecteurs.

Mais c’est là que les choses déraillent. Barak est dépité. Il laisse se créer une version fâcheuse des négociations de Camp David, à savoir qu’il aurait fait une offre extrêmement généreuse que Arafat aurait refusée. Bref, il rejette l’entière responsabilité de l’échec des négociations sur Arafat. Il s’avère que cette version est fausse, comme le souligne Malley, qui a observé de près les négociations pour la partie américaine (et, faut-il le souligner, pour lui éviter toute accusation d’antisémitisme, se trouve être juif). La description précise des négociations par Malley se trouve dans son article Fictions about the Failure at Camp David (New York Times, 8 juillet 2001). En réalité, les deux parties étaient prêtes à des compromis et voulaient résoudre le conflit, mais il n’y a pas eu assez de temps, pas assez d’exploration des intérêts, pas assez de discussions autour des questions épineuses, trop de pression publique. La discussion des offres est venue trop tôt dans la négociation et a empêché l’exploration de solutions créatives (Aaron Miller, The much too Promised Land : America’s elusive search for Arab-Israeli peace , 2008). La déception pour les deux camps est d’autant plus grande que les espoirs étaient élevés.

Les conséquences de Camp David{{}}

C’est là que le désastre commence. La version de Barak se diffuse dans l’opinion publique. Il répète à l’envi et les médias répètent à l’envi qu’il n’y a pas de partenaire palestinien pour la paix. Le camp de la paix s’effondre en Israël. Ce n’est qu’une année après que les commentateurs israéliens et américains rétablissent la vérité complexe des négociations de Camp David, et qu’une version plus équilibrée de l’histoire émerge dans les médias israéliens et américains. Mais c’est trop tard : le mal est fait.

Mais c’est là qu’Arafat tient une égale part de responsabilité. Peu de temps après, fin septembre 2000, la seconde intifada éclate, et ce sont de nouveau des morts. Arafat n’a sans doute pas fomenté volontairement la seconde intifada, mais il laisse faire. C’est, là aussi, une erreur tragique. Ce qui met le feu aux poudres de la seconde intifada est la visite d’Ariel Sharon, alors chef de l’opposition en Israël, sur l’esplanade des Mosquées et le mont du Temple, le 28 septembre 2000. Cette visite de Sharon sur l’un des lieux sacrés pour le judaïsme et l’islam est, clairement, une provocation. Mais les Palestiniens tombent dans la provocation, dans le piège tendu. Ils réagissent par des manifestations qui dégénèrent vite en cycle de répression et de violence. En 15 jours, on compte plus de 110 morts arabes et 10 morts juifs. C’est le coup de trop dans le processus de paix. Le camp de la paix en Israël ne se remettra jamais de cette seconde intifada. Arafat pensait peut-être qu’il n’y avait pas de différence entre Barak et Sharon, là aussi c’est une grave erreur. Avec la seconde intifada, les Palestiniens affaiblissent leur interlocuteur pour la paix et renforcent les factions hostiles à la paix en Israël.

Peu de gens savent, cependant, que les négociations entre les équipes de Barak et d’Arafat ont continué… et ont été finalement couronnées de succès. Les négociations entre Israéliens et Palestiniens ont, en effet, abouti en janvier 2001. C’est l’accord de Taba, dans lequel les Israéliens et les Palestiniens ont concilié quasiment, ou sont proches quasiment de concilier, de manière exhaustive, leurs positions (Charles Enderlin, Le rêve brisé, pp. 343-351, 2002 ; Aaron Miller, The much too Promised Land : America’s elusive search for Arab-Israeli peace , 2008). Le communiqué israélo-palestinien officielénonce « que des progrès substantiels ont été accomplis sur chacune des questions qui ont été discutées », et surtout « qu’il sera possible de résoudre les différences restantes et atteindre un accord de paix permanent entre les deux parties ». Les négociations sont interrompues du fait des élections israéliennes qui approchent en février 2001. Dans ces élections, Barak est défait : l’idée qu’il n’y a plus de partenaire pour la paix et la seconde intifada précipitent Sharon au pouvoir.

Quand Sharon arrive au pouvoir, il continue la politique de Netanyahou. Le processus de paix devient un processus élusif, sans volonté d’arriver à un accord final. Dans les années 2000, on parle de processus de paix en oubliant que le seul intérêt d’un processus est qu’il aboutisse à un résultat. Sharon érige un mur qui permet l’annexion effective de la moitié des colonies de Cisjordanie, soit autant de territoire palestinien annexé de fait par Israël (10% du territoire de Cisjordanie, 85% des colons). En 2005, il se désengage unilatéralement de Gaza, en évacuant les colonies de Gaza, mais sans négociation avec l’Autorité palestinienne. Deux ans après, le Hamas prend le pouvoir dans la bande de Gaza, et la bande de Gaza est ostracisée, sous le joug d’un blocus permanent des gouvernements israéliens qui se succèdent. L’échec du processus de paix comme la corruption de Arafat et de l’Autorité palestinienne jouent un rôle déterminant dans la montée du Hamas. Contrairement à Arafat et l’Autorité palestinienne, le Hamas s’oppose à l’existence d’un État juif et aux accords d’Oslo. Cela sied à Nétanyahou qui, lorsqu’il revient au pouvoir à la fin des années 2000, continue sa politique de 1996-1999 et privilégie le Hamas au détriment de l’Autorité palestinienne. Il le dit très clairement : « le Hamas, c’est bon pour nous ». Faire monter les fanatiques permet une fois encore de clamer qu’il n’y a pas d’interlocuteur pour la paix. Le processus de paix est mort et enterré.

Les imperfections des accords d’Oslo{{}}

Plusieurs imperfections dans les accords d’Oslo peuvent également expliquer l’échec du processus de la paix, qui facilitent la tâche de Netanyahou en 1996-1999 et rendent la tâche d’autant plus ardue pour Barak et Arafat en juillet 2000. Tout d’abord, les accords d’Oslo ne sont qu’un accord intérimaire. Les discussions difficiles, notamment sur le statut de Jérusalem et le statut des réfugiés palestiniens, sont reléguées à des négociations futures. La logique des négociateurs israéliens et palestiniens était louable et de bon sens : l’idée était de créer d’abord la confiance, en montrant qu’un accord même partiel était possible, et de laisser pour plus tard les questions les plus épineuses. Le problème est que ces questions épineuses ne sont pas du tout intégrées dans l’accord, alors qu’elles auraient pu être discutées à la fin des négociations, mais avant la signature de l’accord. En effet, le momentum le plus grand pour faire ou obtenir des concessions, c’est juste avant la signature de l’accord. Il est plus difficile de négocier sur les questions épineuses une fois qu’il ne reste plus qu’à négocier les questions épineuses. En négociation, un principe essentiel est le donnant-donnant (ou échange de concessions réciproques), ce qui est facilité par le fait de considérer toutes les questions de manière simultanée, et non séquentielle.

Mais les accords d’Oslo ont créé aussi des complications sur le terrain. Ils créent trois zones administratives en Cisjordanie : une zone où l’Autorité palestinienne a toute l’autorité (18%), une zone où l’Autorité palestinienne n’a que l’autorité civile (22%), une zone où Israël garde le contrôle entier (60%). Une conséquence non voulue est que cela complique les déplacements pour les Palestiniens au quotidien pour passer d’une zone à une autre, avec la multiplication des check-points et des frustrations en résultant. Les accords d’Oslo ne débouchent pas nécessairement sur un mieux-être immédiat pour la population.

Surtout, la colonisation et les implantations israéliennes en Cisjordanie n’ont jamais été freinées par les accords d’Oslo. Comme le note Charles Enderlin, on passe de 106.000 colons en 1992 à 151.000 en juin 1996 (Le rêve brisé, p. 56, 2002). Il y en a plus de 450.000 aujourd’hui en Cisjordanie, selon le décompte du Jerusalem Post, ainsi que 220.000 à Jérusalem-Est selon l’organisation israélienne Shalom Akhshav. Aujourd’hui, la Cisjordanie est un gruyère où il est impossible d’avoir une contiguïté territoriale entre les différents morceaux palestiniens. Les Palestiniens en Cisjordanie sont l’objet de multiples violences de la part des colons israéliens, comme l’arrachage des oliviers, le captage des ressources en eau, l’expulsion de maisons, etc., comme le relatent les organisations israéliennes telles B’Tselem (179 morts palestiniens en Cisjordanie avant les attaques du 7 octobre sur l’année 2023 selon CNN). De fait, la colonisation a rendu non viable un État palestinien. Pour les Palestiniens, les accords d’Oslo n’ont donc pas abouti à une réalité tangible.

À une conférence au Stanford Center on Conflict and Negotiation à laquelle l’auteur a assisté en 2004, le philosophe israélien Avishai Margalit déclarait qu’il y a deux choses différentes : la paix et la justice. La justice, disait-il, est éminemment subjective, car la perception de ce qui est justice pour les Israéliens ne correspond pas à la perception de ce qui est justice pour les Palestiniens (et réciproquement). Si on veut la justice, on n’aura pas la paix. Si on veut la paix, il faut vouloir ne pas avoir justice. Il faut espérer qu’un jour, Israéliens et Palestiniens retrouveront un chemin de la paix. Il s’en est fallu de peu, à plusieurs reprises, qu’ils n’y réussissent.

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Actes attribués au Hezbollah au Liban et au nord et au centre d’Israël.

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Rappel - Ces cartes montrant la réduction progressive du territoire de la Palestine sont-elles trompeuses ? Article rédigé par Linh-Lan Dao - France Télévisions - Publié le 03/11/2023 06:02 - Mis à jour le 09/11/2023 17:25

Ce visuel partagé sur X est imprécis, représentant sous le nom de Palestine des territoires aux statuts très différents. Il illustre toutefois la réduction des terres sous autorité palestinienne au profit d’Israël.

https://www.franceinfo.fr/pictures/GSGeCreX1NS8m4_CmgMHbjCZmLs/100x100/filters:format(jpg)/2024/07/04/linhlan-avatars-live-6686bd33cb2bc793646363.pngLinh-Lan Dao

Capture d’écran d’un message publié sur le réseau social X par le compte de la juriste et militante Rima Hassan, le 24 octobre 2023. (RIMAHAS / X)

Capture d’écran d’un message publié sur le réseau social X par le compte de la juriste et militante Rima Hassan, le 24 octobre 2023. (RIMAHAS / X)

Un Etat de Palestine grignoté continuellement par l’Etat d’Israël, entre 1946 et 2016 ? C’est l’évolution que semble démontrer une série de quatre cartes très partagée sur les réseaux sociaux depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. ’Aujourd’hui, il ne reste que des miettes de territoires’, s’indigne, dans un message sur X (ex-Twitter)(Nouvelle fenêtre), Rima Hassan, fondatrice de l’Observatoire des camps de réfugiés et du collectif Action Palestine France, qui a publié ce montage le 24 octobre. Pour la juriste franco-palestinienne, ce visuel illustre un ’nettoyage ethnique’ de la population palestinienne.

’Cette carte est fausse’, ’propagande mensongère’, lui répondent plusieurs utilisateurs, parfois très virulents. Cette publication est-elle trompeuse ? Franceinfo a contacté des experts et consulté d’autres cartes de ces territoires pour comprendre le litige. Malgré des informations manquantes, ces visualisations reflètent une tendance bien réelle du recul des territoires sous autorité palestinienne.

L’origine de ces cartes n’est ni précisée dans le message de Rima Hassan, ni clairement établie. Toutefois, un contributeur de la bibliothèque numérique(Nouvelle fenêtre) de l’Université de Cornell (Etats-Unis) mentionne une première apparition en 2003 dans le journal de voyage d’un révérend britannique, Thomas Biles, ayant sillonné la région pendant près de vingt ans. Le révérend attribue cet ensemble de cartes, baptisé ’Palestinian loss of land, 1946-1999’ (’Perte de terres par les Palestiniens’) à l’ONG britannique Palestine Solidarity Campaign. Franceinfo a retrouvé d’autres déclinaisons de ce visuel, avec des légendes et des dates différentes, sur des plateformes de défense des Palestiniens, comme l’association France Palestine Solidarité(Nouvelle fenêtre) (lien vers un fichier pdf).

Première publication de la carte ’Perte des terres palestiniennes 1946-1999’ dans le livre ’A Puppy Dies : And Other Stories from the Holy Land ’ (2003) de Timothy Biles. (Cornell University – PJ Mode Collection of Persuasive Cartography)

Première publication de la carte ’Perte des terres palestiniennes 1946-1999’ dans le livre ’A Puppy Dies : And Other Stories from the Holy Land ’ (2003) de Timothy Biles. (Cornell University – PJ Mode Collection of Persuasive Cartography)

La chaîne américaine d’information américaine MSNBC avait diffusé ces cartes à l’antenne en octobre 2015, puis présenté des excuses, quelques jours plus tard. ’Nous nous sommes rendu compte que les cartes n’étaient pas factuellement exactes et nous regrettons les avoir utilisées’, expliquait alors la présentatrice Kate Snow(Nouvelle fenêtre).

Des frontières réelles, mais une Palestine qui n’était pas indépendante{{}}

La totalité des experts interrogés par franceinfo s’accordent sur un point : cette série de cartes présente une tendance bien réelle. Il s’agit ’d’une représentation, plus simple certes, de la réalité de la colonisation galopante du territoire palestinien’, résume Sandrine Mansour, chercheuse au Centre de recherches en histoire internationale et atlantique de l’Université de Nantes. ’C’est juste pour ce qui est de la tendance : l’augmentation du territoire contrôlé par Israël, et la diminution du territoire plus ou moins contrôlé par les Palestiniens’, confirme Dominique Vidal, journaliste spécialiste de l’histoire du conflit israélo-palestinien.

Alors, pourquoi ce visuel est-il attaqué ? En l’absence de légende, la première carte laisse entendre qu’il existait un Etat palestinien souverain en 1946. En 1948, l’Etat d’Israël n’est pas créé sur ’les terres d’une Palestine indépendante, mais celles de la Palestine sous mandat britannique’, rectifie Michael Mehrdad Izady, essayiste spécialiste du Moyen-Orient. En ce sens, la première carte du visuel est trompeuse.

’Il n’y a jamais eu de Palestine indépendante. Il existait cependant un territoire de Palestine faisant partie de l’Empire romain. Après la Première guerre mondiale, la Jordanie a été créée à partir de la moitié orientale de cette Palestine historique, tandis que la moitié occidentale a été reprise par la Société des Nations (ancêtre de l’ONU), explique le professeur au New York Institute of Technology. Celle-ci a réutilisé l’appellation romaine de ’Palestine’ lorsqu’elle a confié le mandat de cette ’moitié occidentale’ au Royaume-Uni en 1922, dans le cadre du démantèlement de l’Empire ottoman par les puissances occidentales. En 1946, comme l’indique cette carte établie par l’ONU(Nouvelle fenêtre), les Arabes et les Juifs cohabitaient sur un même territoire appelé Palestine, les Arabes représentant près des deux tiers de la population.

Une répartition recomposée par la guerre{{}}

Le sous-titre de la deuxième carte du quadri-ptyque indique ’UN Plan. 1947’. On peut supposer qu’elle représente la répartition des territoires imaginée dans le cadre du plan de partage proposé par l’ONU, et voté le 29 novembre 1947. A cette époque, l’Etat d’Israël n’existe pas encore, puisque sa proclamation n’intervient que l’année suivante. Ce plan de partage, dont les frontières sont présentées par une carte de l’ONU(Nouvelle fenêtre), prévoit un Etat juif et un Etat arabe indépendants, tandis que Jérusalem et les lieux saints sont placés sous régime international. ’L’Etat juif a vu le jour, pas l’Etat arabe’, pointe Dominique Vidal.

Le 14 mai 1948, l’indépendance de l’Etat d’Israël est proclamée. La première guerre israélo-arabe éclate le lendemain. Ce sont les frontières à l’issue de ce conflit, remporté par Israël, que l’on voit sur la troisième carte du visuel publié par Rima Hassan, qui montre la région entre 1949 et 1967. Le visuel omet de mentionner que la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont alors annexés par la Jordanie, et la bande de Gaza occupée par l’Egypte, résultat d’accords de cessez-le-feu et d’armistices négociés tout au long de l’année 1949.

C’est lors de ce premier conflit israélo-arabe que se produit l’exode forcé de la population arabe palestinienne : environ 750 000 Palestiniens quittent leur foyer, un épisode qu’ils appellent la ’Nakba’, ’catastrophe’ en arabe. Le conflit aboutit à la création d’une ligne de démarcation entre Israël et la Palestine, en vigueur jusqu’en 1967, année de la guerre des Six-Jours. C’est aussi le début de la colonisation israélienne, qui s’accélère en 1977 quand le Likoud, parti de droite israélien, arrive au pouvoir.

L’illustration de la colonisation de la Cisjordanie{{}}

La dernière carte du visuel de Rima Hassan est probablement destinée à montrer, en vert, les territoires plus ou moins sous contrôle palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, dont l’armée israélienne s’est retirée en 2005. Il s’agit du résultat des accords d’Oslo de 1993, qui ont mené à la reconnaissance mutuelle entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine.

Comme le montre une carte du Monde diplomatique(Nouvelle fenêtre), les accords d’Oslo ont conduit à la division de la Cisjordanie en trois catégories de territoires : A (sous contrôle palestinien), B (sous contrôle mixte) et C (sous contrôle israélien). Un statut transitoire instauré pour cinq ans, à la suite duquel les zones C devaient passer sous le statut A ou B, dans l’objectif d’aboutir à la création d’un Etat palestinien souverain. ’Cette étape n’a toujours pas été accomplie à ce jour’, souligne l’ONG Amnesty International(Nouvelle fenêtre).

Le cartographe et géographe Philippe Rekacewicz a réalisé une série de quatre cartes similaires à celles partagées par Rima Hassan, qu’il a transmises à franceinfo. Plus détaillées, elles permettent de comprendre la composition géographique de la Palestine sous mandat britannique (1922-1948) et les frontières administratives des territoires israéliens et palestiniens entre 1948 et 2012. Elles reflètent, comme la série partagée sur les réseaux sociaux, la réduction progressive du territoire sous autorité palestinienne, en particulier après la guerre de 1948-1949.

Série de cartes représentant la composition démographique de la Palestine mandataire (1922-1948) et les frontières administratives des territoires sous autorité israélienne et palestinienne, de 1947 à 2012. (PHILIPPE REKACEWICZ)

Série de cartes représentant la composition démographique de la Palestine mandataire (1922-1948) et les frontières administratives des territoires sous autorité israélienne et palestinienne, de 1947 à 2012. (PHILIPPE REKACEWICZ)

Pour l’historienne Sandrine Mansour, le document partagé par l’activiste Rima Hassan ’résume la politique israélienne et la poursuite de son projet : le maximum de terres avec le minimum de population palestinienne’. Après son tweet très critiqué, Rima Hassan a publié sur X une série de cartes du Monde diplomatique(Nouvelle fenêtre), plus étayées que celles qu’elle avait initialement partagées.

Afin de mesurer le morcellement du territoire contrôlé par les Palestiniens, la chercheuse franco-palestinienne Sandrine Mansour invite aussi à consulter le projet de cartographie Conquer and Divide(Nouvelle fenêtre) de B’Tselem, une ONG israélienne de défense des droits humains dans les territoires occupés, ainsi que les cartes des restrictions d’accès en Cisjordanie(Nouvelle fenêtre) du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Elles illustrent les conséquences de la colonisation sur le territoire de la Cisjordanie. En 2022, 5,5 millions de Palestiniens vivaient en territoire occupé, tandis que 700 000 colons israéliens habitaient dans 250 colonies, en violation du droit international.

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Vrai ou fauxGuerre dans la bande de Gaza

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Fichier:Franceinfo.svg — Wikipédia

Source : https://www.franceinfo.fr/vrai-ou-fake/vrai-ou-faux-ces-cartes-montrant-la-reduction-progressive-du-territoire-de-la-palestine-sont-elles-trompeuses_6156030.html

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Compléments – Notes actualisées sur 2 sites visités par Jacques Hallard à l’issue du XVIIIème Congrès international d’Horticulture à Tel-Aviv (17-25 mars 1970) : Kiryat Shmona et Battir

Vidéo 4:29 - Reportage : ils refusent de quitter Kiryat Shmona - i24NEWS Français - 25 juillet 2024

https://yt3.ggpht.com/J5VP8qhUKj7sN5DHIam1w0JCdfyrnVHq9qvacxpe5ZyY6rr89S26SrP6cfmLrC_JrVtaKkLtWw=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rji24NEWS Français

Source : https://www.youtube.com/watch?v=5jRsifNCitw

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Kiryat Shmona après Wikipédia {{}}

Kiryat Shmona

(he) קִרְיַת שְׁמוֹנָה (ar) كريات شمونة

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Kiryat Shmona

Kiryat Shmona durant l’hiver 2006

Qiryat Shemona, en hébreu, קִרְיַת שְׁמוֹנָה, ou Kiryat Shmona qui veut dire « Cité des huit », est une ville israélienne, située près de la frontière libanaise, à l’extrême nord-est du pays. Elle a été fondée en mai 1949 sur l’emplacement de l’ancien village arabe de Al-Khalisah. Selon le Bureau central des statistiques israélien, la population était de 23.100 habitants lors de l’année 2007. Selon la collecte des données faites en 2019, la population est à cette date de 25.512 habitants. La majorité de ses habitants sont aujourd’hui des juifs originaires du Maroc. Géographie La cité de Kiryat Shmona est située dans le doigt de la Galilée, au sein de la vallée de la Houla, à environ cinq kilomètres au sud et deux kilomètres à l’est de la frontière avec le Liban. Son altitude est d’environ 150 mètres……. – Lire la suite sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiryat_Shmona

Histoire – Fondation {{}}

Musée historique de Kiryat Shmona, autrefois la mosquée d’Al-Khalisah

Par Drormiler — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, - https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43370924

La ville a été fondée en mai 1949 sur l’emplacement de l’ancien village arabe de Al-Khalisah dont les habitants ont fui leur commune après la prise de Safed par la Haganah pendant la guerre israélo-arabe de 1948. Les habitants du village avaient tenté de trouver un accord avec les autorités israéliennes qui avaient rejeté leurs propositions[1]. Kiryat Shmona fut, au départ des Arabes palestiniens, un village qui servit de camp de transit (en hébreu : ma’abara) dont les premiers résidents furent des juifs yéménites arrivés dès juillet 1949. Les relations entre les immigrants et les vétérans des kibboutzim voisins furent tendues[2] ; cette situation correspond à bien d’autres cas où les kibboutzim, tenus par des ashkénazes, ont échoué à intégrer les immigrants juifs orientaux[3]. Le camp de transit de Kiryat Shmona s’est transformé ensuite en ville de développement, à l’exemple d’autres ma’abarot ; cette mutation eut lieu dans ce cas précis dès 1953. Si, dans les premières années, les immigrants étaient originaires du Yémen et de Roumanie, par la suite, arrivèrent surtout des juifs en provenance du Maroc… - Lire la suite sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiryat_Shmona

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Vidéo 3:45 - Battir : la beauté saisit les yeux et le cœur{{}}

Battir : la beauté saisit les yeux et le cœur

https://www.gstatic.com/images/branding/product/1x/youtube_32dp.pngYouTube·Christian Media Center - Français·15 nov. 2019

YouTube – Source : https://www.youtube.com/watch?v=DGmhwY2Tvr4

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Article Wikipédia sur la localité palestinienne de Battir بتير en Cisjordanie

31° 43′ 29″ nord, 35° 08′ 12″ est

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e0/City_icon_%28Noun_Project%29.svg/40px-City_icon_%28Noun_Project%29.svg.png

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3f/Nuvola_Palestinian_flag.svg/40px-Nuvola_Palestinian_flag.svg.png

Battir
Vue du village et des terrasses en 2023

Battir (en arabe بتير) est un village de Cisjordanie, dans les territoires palestiniens occupés, bâti sur le site de l’ancienne Betar. Le village est situé à 5 km à l’ouest de Bethléem et au sud-ouest de Jérusalem. Le site est occupé depuis l’âge du fer et c’est le lieu de la dernière bataille de la révolte de Bar Kokhba en 135. Le site est habité durant les périodes byzantines et ottomanes, et à l’époque du mandat britannique les habitants en sont enregistrés comme des musulmans. Battir est situé à proximité de la ligne de chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, qui a servi de ligne d’armistice entre Israël et la Jordanie de 1949 jusqu’à la guerre des Six Jours, à l’issue de laquelle il a été occupé par Israël. Battir possède une population d’environ 4.000 personnes et dépend désormais de l’Autorité palestinienne. Les terrasses cultivées et le réseau d’irrigation sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2014 [1]….

Battir est renommée par son système d’irrigation

Battir possède un système d’irrigation unique qui utilise des terrasses artificielles et un système destiné à détourner manuellement de l’eau. Ce réseau datant de l’époque romaine est relié à sept sources qui ont alimenté le village et les champs en eau pendant 2 000 ans[ 12]… [Détails dans l’article suivant]- Source de l’article Wikipédia complet > https://fr.wikipedia.org/wiki/Battir

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Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir – Document UNESCO ‘whc.unesco.org’{{}}

Ce site est situé à quelques kilomètres au sud-ouest de Jérusalem, dans les hautes terres entre Naplouse et Hébron. Le paysage de collines de Battir comprend une série de vallées agricoles, widian, caractérisées par des terrasses de pierre, certaines irriguées pour la production maraîchère, d’autres sèches et plantées de vignes et d’oliviers. Le développement de ces terrasses cultivées, dans un environnement très montagneux, s’est appuyé sur un réseau de canaux d’irrigation alimenté par des sources souterraines. L’eau collectée grâce à ce réseau est attribuée selon un système traditionnel de répartition équitable entre les familles du village de Battir, situé à proximité de ce paysage culturel.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0 - Anglais Français Arabe Russe Espagnol Japonais Néerlandais

Lien vers une image > https://whc.unesco.org/uploads/thumbs/site_1492_0004-600-600-20140923114655.webp

Valeur universelle exceptionnelle - Brève synthèse UNESCO{{}}

Battir est un important paysage culturel palestinien, l’adaptation d’un réseau de vallées profondes à des fins agricoles grâce à un bon approvisionnement en eau. Le système d’irrigation complexe de cet approvisionnement en eau a conduit à la création de terrasses en pierre sèche qui pourraient avoir été exploitées depuis l’Antiquité. Les terrasses agricoles, par l’utilisation de ce système d’irrigation, ont constitué la base d’une forte présence de l’agriculture grâce à la culture des oliviers et des légumes. La région continue cette culture de nos jours.

Le système unique de distribution de l’eau qu’utilisent les familles de Battir témoigne d’un ancien système de répartition équitable alimentant en eau les terrains agricoles en terrasses selon un simple calcul mathématique et un programme précis de rotation et de gestion du temps.

Critère (iv) : L’architecture en pierre sèche représente un exemple exceptionnel de paysage illustrant le développement d’établissements humains près de sources d’eau, et l’adaptation des terres à l’agriculture. Le village de Battir, qui s’est développé à proximité de ce paysage culturel, et qui est habité par des cultivateurs qui ont travaillé et travaillent encore ces terres, témoigne de la durabilité de ce système et de sa persistance depuis au moins un millénaire. Le système traditionnel de terrasses irriguées est un exemple remarquable d’expertise technique, qui constitue une partie intégrante du paysage culturel.

Critère (v) : La situation stratégique de Battir et la présence de sources ont été les deux principaux facteurs qui incitèrent les habitants à s’installer dans cette région et à en façonner les pentes abruptes en terres cultivables. Le bien est un exemple exceptionnel d’utilisation traditionnelle des terres, représentatif de nombreux siècles de culture et d’interaction humaine avec l’environnement. Les pratiques agricoles utilisées pour créer ce paysage vivant incarnent l’une des plus anciennes méthodes d’agriculture connues de l’humanité, et sont une importante source de revenus pour les communautés locales. 

Intégrité - Le paysage culturel de Battir comprend des terrasses anciennes, des sites archéologiques, des tombes creusées dans le roc, des tours de guet agricoles et surtout un système d’irrigation intact, représenté par un bassin de retenue, des rigoles et autres. L’intégrité de ce système traditionnel d’irrigation est garantie par les familles de Battir, qui en dépendent.

Authenticité - Le système d’irrigation et la culture ont peu changé au cours du temps. Le paysage culturel possède un haut niveau d’authenticité. Cela va être sérieusement détruit par la construction de la barrière de séparation, qui détruira également une grande partie du paysage et de l’ensemble de terrasses, visuellement aussi bien que matériellement, en raison de la route de service des deux côtés de la barrière.

Éléments requis en matière de protection et de gestion - Le paysage culturel est bien protégé par la législation palestinienne, notamment par la Charte nationale pour la conservation du patrimoine culturel palestinien, rédigée avec la contribution de l’UNESCO et de l’ICCROM. Un plan de gestion est en cours de finalisation par le Conseil du village, et des mesures sont prises pour préserver les terrasses, les sentiers et le système d’irrigation. Un écomusée a été créé pour garantir un système durable de gestion et de protection. Ces efforts ont été menés en véritable partenariat avec les principaux partenaires concernés et la communauté locale.

Activités 1

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Paysages Culturels

Actualités

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Journée mondiale de l’Olivier, 26 Novembre

26 November 2020

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[Uniquement en anglais] UNESCO Ramallah Office and the Palestinian Ministry of Tourism and Antiquities celebrate the inscription of two Palestinian World Heritage sites

27 July 2016

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[Uniquement en anglais] World Heritage Volunteers 2015 Action Camps welcome the International Youth Day on 12 August

11 August 2015

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Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et la Liste du patrimoine mondial en péril

20 June 2014

État de Palestine Date d’inscription : 2014

Critères : (iv)(v) Bien : 348,83 ha Zone tampon : 623,88 ha Dossier : 1492 En série : oui - Liste du patrimoine mondial en péril - Année d’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril - 2014 - présent

Avertissement - Les dossiers de proposition d’inscription produits par les États parties sont publiés par le Centre du patrimoine mondial sur son site Internet et/ou dans des documents de travail afin de garantir la transparence, l’accès à l’information et de faciliter la préparation d’analyses comparatives par d’autres États parties soumissionnaires. Le contenu de chaque dossier de proposition d’inscription relève de la responsabilité exclusive de l’État partie concerné. La publication d’un dossier de proposition d’inscription, y compris les cartes et les noms, ne saurait être interprétée comme exprimant une prise de position de la part du Comité du patrimoine mondial ou du Secrétariat de l’UNESCO à propos de l’histoire ou du statut juridique d’un pays, d’un territoire, d’une ville ou d’une zone, ou de ses frontières. Les polygones pour ce bien géo-référencés seront disponibles quand les données SIG seront reçu. Pour découvrir le potentiel des données SIG, veuillez visiter le navigateur des sites de l’UNESCO..

État de conservation (SOC) par année

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Le patrimoine mondial La Convention Texte de la ConventionCompendium Déclaration de principes Orientations L’emblème du patrimoine mondial Les États parties Organisations Consultatives Centre du patrimoine mondial Emplois & Stages Qui fait quoi

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© UNESCO Centre du patrimoine mondial 1992-2025

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Source : https://whc.unesco.org/fr/list/1492/

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Dernière minute – 02 août 2025 à 15h00 -

Le Monde.fr - « Une libération de Marwan Barghouti par Israël serait essentielle pour avancer vers la paix et une solution à deux Etats » TRIBUNE. Un collectif d’intellectuels appelle, dans une tribune au « Monde », à la libération du leader palestinien, membre du Fatah...

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant

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– 03/08/2025

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Malnutrition Palestine Israël.7.docx

Mis en ligne bénévolement par le co-rédacteur par Pascal Paquin https://fr.linkedin.com/in/pascal-paquin-a85690296 - comme toutes les autres contributions publiées sur ISIAS !

https://isias.info/local/cache-vignettes/L99xH99/10000000000000c8000000c80ff59cec-f91e7.jpg?1752136363

[Pascal Paquin – Ses travaux sur https://yonnelautre.fr/ ]

Mis en ligne via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

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