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"Recherches sur des évènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle : Guerre civile chinoise (1927–1949), Grand Bond en Avant (1958–1962), Révolution culturelle (1966–1976), Place Tian’anmen en 1989" par Jacques Hallard

lundi 7 juillet 2025, par Hallard Jacques



ISIAS Cultures Orient Occident Partie 5

Recherches sur des évènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle : Guerre civile chinoise (1927–1949), Grand Bond en Avant (1958–1962), Révolution culturelle (1966–1976), Place Tian’anmen en 1989

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 04/07/2025

Série ‘Orient et Occident : bien, mal et beauté’

Présentation de la série : voir à la fin de ce dossier

Partie 5 - Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

https://img.lemde.fr/2021/08/30/0/0/1394/922/664/0/75/0/732e7a6_975693563-image0.jpeg

« Prospérité commune », le nouveau mantra de Xi Jinping pour la Chine - L’empire du Milieu souffre d’un problème de redistribution des revenus : 1 % des Chinois les plus riches détiennent 30,6 % de la richesse nationale. Par Frédéric Lemaître (Pékin, correspondant) - Publié le 31 août 2021 à 02h20, modifié le 31 août 2021 à 09h17 – Source : https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/08/31/prosperite-commune-le-nouveau-mantra-de-xi-jinping-pour-la-chine_6092818_3234.html


Préambule

Quelques informations préliminaires et présentation de quelques personnages chinois réputés, pour cette Partie 5 de la Série ‘Orient et Occident : bien, mal et beauté’ mise en ligne sur le site ISIAS

Chine - L’expression « empire du Milieu » est une expression française utilisée pour désigner la Chine, provenant du chinois (chinois traditionnel : 中國 ; chinois simplifié 中国 ; pinyin : Zhōngguó), et signifiant « pays du Milieu »… - Source

Illustration.Sun Yat-Sen dans les années 1910.

Sun Yat-sen (chinois simplifié : 孫中山 ; chinois traditionnel : 孫逸仙 ; pinyin : sūnzhōngshān ; cantonais Jyutping : syun¹ jat⁶sin¹ ; zhuyin : ㄙㄨㄣ 〡ˋ ㄒ〡ㄢ, Sun Yat-sen étant la prononciation en cantonais qui s’est exportée en Occident ; le nom se prononce Sūn Yìxiān en mandarin), plus connu en Chine sous son surnom Sun Zhongshan (en mandarin, chinois : 孙中山 / 孫中山, sūn zhōngshān, cantonais Jyutping : syun¹ zung¹saan¹, zhuyin : ㄙㄨㄣ ㄓㄨㄥ ㄕㄢ), également appelé Sun Wen (孫文), (12 novembre 1866 – 12 mars 1925) est un révolutionnaire et homme d’État chinois. Il est considéré comme « le père de la Chine moderne ». Il a eu une influence significative dans le renversement de la dynastie Qing (dont le dernier représentant a été Puyi) et l’émergence de la république de Chine. Sun Yat-sen, l’un des fondateurs du Kuomintang, a été le premier président de la république de Chine en 1912 et, entre 1917 et 1925, dirigea plusieurs gouvernements basés dans le Sud de la Chine, qui visaient à réunifier le pays alors en proie à la domination des seigneurs de la guerre. Formé à l’étranger, Sun est considéré comme l’un des dirigeants les plus grands et les plus importants de la Chine moderne, mais sa vie politique a été marquée par une lutte constante et un exil fréquent. Après le succès de la révolution de 1911, il démissionna rapidement de son poste de président de la république de Chine nouvellement fondée et céda son poste à Yuan Shikai. Il s’exila bientôt au Japon pour des raisons de sécurité, mais revint fonder un gouvernement révolutionnaire dans le sud de la Chine, pour défier les seigneurs de guerre qui contrôlaient une grande partie du pays. En 1923, il invite des représentants de l’Internationale communiste à Canton (Guangzhou) pour réorganiser son parti et forme une alliance fragile avec le Parti communiste chinois. Il n’a pas vécu assez longtemps pour voir son parti unifier le pays sous son successeur, Tchang Kai-shek, lors de l’Expédition du Nord. Il mourut à Pékin d’un cancer de la vésicule biliaire en 1925. L’héritage principal de Sun est sa philosophie politique connue sous le nom de Trois principes du peuple : Mínzú (民族主義 ; Mínzúzhǔyì) ou nationalisme (indépendance vis-à-vis de la domination étrangère), Mínquán (民權主義 ; Mínquánzhǔyì) ou « droits du peuple » (parfois traduit par « démocratie »), et Mínshēng (民生主義 ; Mínshēngzhǔyì) ou moyens de subsistance du peuple (parfois traduit par « communautarisme »)[1]. Il est surnommé le « Père de la nation » dans l’actuelle république de Chine (Taïwan) et le « Précurseur de la Révolution » dans la république populaire de Chine pour son rôle déterminant dans le renversement de la dynastie Qing lors de la Révolution de 1911. Sun est unique parmi les dirigeants chinois du XXe siècle car il est largement vénéré à la fois par le Parti communiste chinois continental et par le Kuomintang de Taïwan… - Source

Illustration.Zhou Enlai en 1966

Zhou Enlai (chinois simplifié : 周恩来 ; chinois traditionnel : 周恩來 ; pinyin : Zhōu Ēnlái ; Wade : Chou En-lai ; EFEO : Tcheou Ngen-lai), né le 5 mars 1898 à Huaiyin (aujourd’hui Huai’an, Jiangsu) et mort le 8 janvier 1976 à Pékin, est un homme d’État chinois. Il est le premier Premier ministre de la république populaire de Chine, sous les ordres de Mao Zedong d’octobre 1949 jusqu’à sa mort. Il a joué un rôle dans la consolidation du contrôle du pouvoir du Parti communiste chinois, a mis en place une politique étrangère et a développé l’économie de la république populaire de Chine. Diplomate habile et qualifié, Zhou Enlai est ministre des Affaires étrangères entre 1949 et 1958. Préconisant une coexistence pacifique avec l’Occident après l’impasse de la guerre de Corée, il participe aux accords de Genève en 1954 et aide à orchestrer la visite de Richard Nixon en Chine en 1972. Il est à l’origine des politiques menées face aux crises diplomatiques avec les États-Unis, Taïwan, l’Union soviétique (après 1960), l’Inde et le Viêt Nam. Zhou Enlai est également connu pour être un soutien de longue date de Mao Zedong, en particulier en ce qui concerne la politique étrangère chinoise. Leurs personnalités opposées en ont fait une équipe efficace selon Henry Kissinger, le diplomate américain qui a beaucoup travaillé avec les deux hommes : « Mao dominait tous les rassemblements ; Zhou s’en imprégnait. La passion de Mao s’efforçait d’écraser l’opposition ; l’intelligence de Zhou cherchait à la persuader ou la manipuler. Mao était sardonique ; Zhou perspicace. Mao se considérait comme un philosophe ; Zhou comme un administrateur ou un négociateur. Mao était avide d’accélérer l’histoire ; Zhou se contentait de l’exploiter [ 1]. » En grande partie grâce à son expertise, Zhou Enlai parvient à survivre aux purges des grands dirigeants durant la révolution culturelle des années 1960. Ses tentatives de réduire les dommages des Gardes rouges et ses efforts pour protéger les autres de la colère de ces derniers l’ont rendu très populaire après les événements. Alors que la santé de Mao commence à décliner en 1971 et 1972, Zhou et la bande des Quatre mènent une lutte interne pour prendre la direction de la Chine. Mais la santé de Zhou Enlai est également défaillante et il meurt huit mois avant Mao Zedong, le 8 janvier 1976. L’effusion de chagrin du peuple à Pékin tourne à la colère envers la bande des Quatre, menant au mouvement du 5 Avril. Bien que Hua Guofeng lui succède, c’est Deng Xiaoping, l’allié de Zhou Enlai, qui parvient à vaincre politiquement la bande des Quatre et à prendre finalement la place de Mao Zedong en tant que chef suprême de la Chine en 1977… - Source 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Yuan_Longping_in_1962.jpg/330px-Yuan_Longping_in_1962.jpgYuan Longping en 1962.

Yuan Longping (chinois : 袁隆平 ; pinyin : yuán lóngpíng), né à Pékin le 7 septembre 1930 et mort à Changsha le 22 mai 2021[1], est un professeur et agronome chinois de l’université agronomique de Changsha (Hunan) spécialisé dans la culture du riz. Il est également directeur-général du Centre national chinois de recherche et développement du riz hybride. En 2004, il reçoit le prix Wolf (agriculture)[2]. Il a également reçu le prix scientifique Mahathir 2011, remis par l’ancien Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad[3],[4]. Source

Système de pensée typique en Chine - La Chine est depuis deux millénaires régie par un système de pensée complet formé du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme, le confucianisme exerçant la plus grande influence. L’influence de Confucius en Asie de l’Est est telle qu’on peut la comparer à celles de Platon et Jésus en Occident. Il n’est pas le fondateur d’une religion, mais a créé avec ses disciples, sur la base de la pensée de son époque, un système rituel achevé et une doctrine à la fois morale et sociale, capable de remédier selon lui à la décadence spirituelle de la Chine de l’époque [2]. Pendant la révolution culturelle chinoise, une propagande politique initiée par Mao Zedong en 1973 faisait la critique de Confucius, associée systématiquement à celle de Lin Piao, sous le nom de Pi Lin, Pi Kong.

Confucianisme - Le confucianisme, Rújiā (儒家) « école des lettrés » puis Rúxué (儒学) « enseignement des lettrés » Rúxué, est l’une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuse de Chine. Elle s’est développée pendant plus de deux millénaires à partir de l’œuvre attribuée au philosophe Kongfuzi, « Maître Kong » 孔夫子 (551-479 av. J.-C.), connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la période des Royaumes combattants puis violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur du premier empire, elle a été imposée par l’empereur Han Wudi (-156 -87) en tant que doctrine d’État et l’est restée jusqu’à la fondation de la république de Chine (1911). Elle a aussi pénétré au Viêt Nam, en Corée et au Japon où elle a été adaptée aux circonstances locales [1]. À partir du milieu du IXe siècle se sont dégagés divers courants constituant le néoconfucianisme (Lǐxué 理学, Dàoxué 道学, Xīnxué 心学, etc.), qui en est devenu la version officielle au XIIIe siècle. Sous la dynastie Qing est apparu le Hànxué (漢学), critique du néo-confucianisme, puis au XXe siècle, le nouveau confucianisme… - Source : Wikipédia

Notion de Ren (confucianisme) en Chine

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Ren (chinois :   ; pinyin : rén ; wade-giles : jen) est un concept essentiel de l’éthique du confucianisme qui peut être traduit par « bienveillance  » [1]. C’est une vertu d’humanité, de mansuétude, recherchée par l’homme de bien (junzi), qui se réfère au bien qu’un homme peut faire à un autre. La pratique du ren a pour norme li, la moralité [2]. Les composantes du ren concernent les relations de l’homme confucéen : parents, souverain, amis. La piété filiale y est considérée comme le ciment des rapports sociaux et hiérarchiques : « Être bon fils, être simplement bon fils et bon frère, c’est déjà prendre part au gouvernement ». (Entretiens, II, 21). Le ren est donc essentiellement relationnel. Le caractère chinois se compose de deux éléments : « homme » et « deux ».

Quatre composants du Ren chinois……. – Lire la suite sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren_(confucianisme)

Populations d’Extrême-Orient : Miao (ethnie chinoise)

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Song Zuying, chanteuse chinoise de la minorité miao en costume miao.

Les Miao (chinois : 苗族 ; pinyin : miáo zú ; litt. « peuple Miao ») sont un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la république populaire de Chine, également appelés Méo (苗) au Viêt Nam au moins depuis le XIXe siècle[1]), notamment sous l’Indochine française[2] ou Hmong au Laos. Article détaillé : Hmong - Détails à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Miao_(ethnie)

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Introduction {{}}

Ce dossier – réalise dans un but didactique - constitue la Partie 5 de la Série ‘Orient et Occident : bien, mal et beauté’ mise ligne sur ISIAS

Pour débuter, la notion du bien et du mal est exprimée dans un texte traduit du chinois : 什么是好,什么是坏。事物好像本身并没有好和坏的, « Ce qui est bon et ce qui est mauvais : les choses ne semblent pas être bonnes ou mauvaises en elles-mêmes… »

Puis quelques documents ont été sélectionnés – certains traduits du chinois - pour donner une chronologie des événements majeurs de l’histoire de la République populaire de Chine au XXème siècle

Plus spécialement, il a été fait appel à des recherches sur les évènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle, avec l’aide de ‘ChatGPT’ au cours de requêtes permettant de préciser plusieurs façons de voir les choses, selon l’outil employé, et d’ identifier les différences de style ou d’approche de ces évènements dramatiques en Chine au cours du 20ème siècle…

Puis la culture chinoise maléfique est esquissée avec une préface et un exposé de l’essence du terme « Ren » dans le confucianisme, par une traduction d’un document titré « 邪恶的中国文化—前言与儒家的“仁”的本质 - 文学城 »

Ensuite est donné le sens de l’expression ’chiens de paille’, (草狗 / 草人 ; il s’agit en fait « de figurines qui étaient utilisées lors des rituels religieux dans la Chine ancienne. On les traitait avec respect pendant la cérémonie, mais on les jetait une fois leur rôle accompli », selon la réponse à une demande effectuée auprès de ‘ChatGPT’…

Le dossier se termine avec la reprise d’une longue « Chronique des années noires en Chine : 1958-1978 - Parcours d’une étudiante, du collège à l’université », une sorte de « dit » narratif d’une autrice anonyme, dans un document diffusé par ‘journals.openedition.org’, Janvier-Juin 2011 -, et portant sur ‘Chine : regard croisé’

Les articles choisis pour ce dossier – rédigé dans un but didactique -, sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire {{}}

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  • 什么是好,什么是坏。事物好像本身并没有好和坏的 - La notion du bien et du mal exprimée en Chine – Traduction du 24 juin 2025 par Jacques Hallard d’une note intitulée « 好与坏有什么区  » du 16 décembre 2022

Ce qui est bien et ce qui est mal. Les choses semblent n’avoir aucun attribut bon ou mauvais en elles-mêmes. Mais pour la même chose, la même personne, ou la même personne à différents moments de sa vie, aura des conclusions différentes sur ses qualificatifs : bons et mauvais.

Au contraire, c’est très courant que si deux personnes ne peuvent pas se retrouver, la conclusion sur les bons ou les mauvais attributs d’une chose est tout à fait clair. Ainsi, une chose n’a pas d’attributs ’bons’ et ’mauvais’ fixes, même à un instant donné.

Les choses ne sont que la création du changement qualitatif du système original qui l’a produit. Les choses elles-mêmes, bonnes et mauvaises, les êtres humains et le comportement humain, ne sont que le résultat et l’apparence du système plus primitif qui l’a produit.

Il existe de nombreux systèmes autour de nous. Ce sont des systèmes naturels et incontournables. Ce sont les mêmes que les nôtres. Certaines personnes sont tangibles et d’autres intangibles.

Nous sommes également destinés à accompagner ces systèmes pour prospérer, puis décliner, et finalement mourir. Je n’ai pas lu grand-chose sur le livre de l’idole sur deux écrans en trois jours, je ne sais pas si c’est vrai. Il n’y a pas de bien ou de mal absolu, noir et blanc se côtoient dans ce monde. Lorsque vous examinez un problème, vous devez le considérer dans son semble autant que possible.

Diffusion : https://zhuanlan.zhihu.com

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Zhihu (chinois : 知乎 ; pinyin : Zhīhū) est un site de questions et réponses de type Quora et un agrégateur de nouvelles. Initialement basé à Chengdu et avec des créateurs du Sichuan, en Chine, le site Web a été lancé le 26 janvier 2011. Le nombre d’utilisateurs enregistrés sur Zhihu dépassait 10 millions à la fin de 2013 et atteignait 17 millions en mai 2015, avec 250 millions de pages vues par mois… - Source

Le Sichuan (en chinois : 四川 ; pinyin : Sìchuān ; Wade : Ssŭ-chʻuan ; EFEO : Setchouan ; en pinyin postal : Szechwan « Quatre rivières ») est une province de la république populaire de Chine, située dans la région sud-ouest du pays, dont le chef-lieu est Chengdu. Population de la province : 83 674 866 hab. (2020[1])

Sichuan

Carte indiquant la localisation du Sichuan (en rouge) à l’intérieur de la Chine. Source

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  • L’invasion de la Chine par l’Alliance des Huit Nations et la signature du Traité de Xinchou (1900.6-1901.7)
    Le développement du mouvement patriotique anti-impérialiste Boxer menaçait les intérêts de l’impérialisme en Chine. En Juin 1900, l’Alliance de huit nations composée des armées de la Grande-Bretagne, des États-Unis, de l’Autriche, de l’Italie, de l’Allemagne, de la France, du Japon, de la Russie et d’autres pays, s’empara du fort de Dagu puis occupa Tianjin. Le 14 août, les forces de la coalition ont rassemblé près de 20.000 personnes pour s’emparer de Pékin. L’impératrice douairière Cixi et l’empereur Guangxu se sont enfuis précipitamment à Xi’an. Lors de l’évasion de la Cour Qing, elle a appelé tous les pays à l’armistice et à négocier la paix. Le 7 septembre 1901, le gouvernement Qing fut contraint de signer le traité de Xinchou. Le ’Traité de Xinchou’ stipule que la Chine paiera 450 millions de taels d’argent en compensation, qui seront remboursés en 39 ans, avec un principal et des intérêts de 980 millions de taels (jusqu’à l’abolition du ’Traité de Xinchou’ en 1943, le paiement effectif sera d’environ 670 millions de taels) ; il stipule la démolition de Dagu et des forts de Pékin à la côte, et le stationnement de troupes étrangères à 12 endroits de Pékin à la côte ; il stipule qu’il est interdit aux Chinois de créer ou de rejoindre des organisations de défense des droits de l’homme. une nature anti-impérialiste, et les contrevenants seront exécutés ; et ainsi de suite. Le Traité de Xinchou est le premier traité inégal signé par 11 pays pour opprimer la Chine pour la première fois depuis la guerre de l’opium et la plus grave perte de pouvoir en Chine. Il marque la formation finale de la société semi-coloniale et semi-féodale de la Chine.
  • La création de la Société des Nations de Chine (20 août 1905)
    Sun Yat-sen, le précurseur de la Révolution démocratique chinoise, a activement promu les activités révolutionnaires anti-Qing depuis la création de la Ligue Xingzhong en 1894. Il a contacté divers groupes révolutionnaires chinois au Japon et a officiellement créé la Ligue chinoise à Tokyo le 20 août 1905. Le but était de se débarrasser du ‘Ku Klux Klan’, de restaurer la Chine, d’établir la République de Chine et de restaurer les droits fonciers. Par la suite, Sun Yat-sen a publié le ’Discours du Quotidien du peuple’ dans le ’Quotidien du Peuple’ et a proposé trois populismes tels que le nationalisme, le popularisme et le populisme.

La Ligue chinoise est un parti politique révolutionnaire bourgeois établi sur des principes démocratiques, et le sanminisme est devenu la plate-forme théorique pour guider la révolution anti-Qing.

3. Après le soulèvement de Wuchang et le déclenchement de la révolution Xinhai (1911.10.10) après la création de la Ligue, Sun Yat-sen, Huang Xing et d’autres révolutionnaires ont organisé de nombreuses révoltes armées, ce qui a favorisé l’arrivée de la situation révolutionnaire nationale. Le mouvement constitutionnel bourgeois est également florissant. Le 10 octobre 1911, sous la direction des révolutionnaires, la Nouvelle Armée de Wuchang lança un soulèvement. Partout dans le pays ont répondu les uns après les autres. Les provinces devinrent indépendantes les unes après les autres et se séparèrent du gouvernement Quin. En décembre, Sun Yat-sen est rentré au pays depuis l’étranger et a été élu président par intérim. Le 1er janvier 1912, le Gouvernement provisoire de la République de Chine est établi à Nankin. Le 12 février, l’empereur de la dynastie Qing a été contraint d’abdiquer, la dernière dynastie féodale de Chine a été détruite et la monarchie de deux mille ans a été renversée, et une nouvelle page de l’histoire chinoise a été ouverte.

4. Le gouvernement de Yuan Shikai a accepté la demande du 21e article faite par le gouvernement japonais à la Chine (1915)

En janvier 1915, le gouvernement japonais a fait une demande du 21e article à la Chine qui mettait gravement en danger la souveraineté de la Chine. Après des négociations répétées, le Japon n’a pas bougé et a soumis un ultimatum au gouvernement chinois le 7 mai. Le 8 mai, Yuan Shikai a présidé la réunion et a décidé de tout accepter sauf l’article 5, qui sera discuté plus tard, a officiellement répondu au Japon le 9 mai. Cette décision a été contestée par la population de tout le pays. L’Association nationale de l’éducation a décidé que les écoles du pays utiliseraient le 9 mai comme ”Anniversaire de la honte nationale’.

5. La revendication de Yuan Shikai auprès de l’empereur et son échec (1916.1)

Le 12 décembre 1915, Yuan Shikai accepta la recommandation du Tribunal des suffragettes et accepta d’être l’empereur. Le 13, il a accepté les félicitations de la centaine de fonctionnaires de Zhongnanhai. Le 31, il a été ordonné de changer la cinquième année de la République de Chine en première année de Hong Xian et le palais présidentiel en palais de Xinhua. Le jour du Nouvel An 1916, Yuan Shikai se déclara ’empereur Hongxian.’La revendication de Yuan Shikai à l’empereur a été contestée par tout le pays, et Tang Jiyao, le gouverneur du Yunnan, Cai E, le commandant en chef de la Première Armée de l’armée du protectorat, et Sun Yat-sen ont successivement publié des déclarations discutant de Yuan. Yuan Shikai a été contraint d’annoncer l’abolition du système impérial le 22 mars et Yuan est décédé de maladie le 6 juin.

6. Mouvement patriotique du Quatrième mai (1919)

Le 4 mai 1919, en raison de l’échec diplomatique du gouvernement de Pékin à la Conférence de paix de Paris, plus de 3 000 étudiants de l’Université de Pékin et de 13 autres écoles se sont rassemblés et ont organisé des manifestations devant la place Tiananmen, mettant en avant des slogans tels que “Différends étrangers pour la souveraineté, expulsion interne des pirates nationaux”, “Annuler l’article 22”, “Refuser de signer le Traité” et exiger la punition de Cao Rulin, Zhang Zongxiang et Lu Zongyu. Les manifestations ont été réprimées par les autorités. Après le 3 juin, la vague de patriotisme anti-impérialiste s’est répandue dans les vastes zones urbaines et rurales du pays, en particulier à Shanghai. Il y a eu un point culminant de grèves étudiantes, de grèves ouvrières et de grèves de commerçants. Depuis lors, la classe ouvrière est officiellement montée sur la scène politique chinoise. Le 6, les autorités de Pékin ont dû libérer tous les étudiants arrêtés. Le 28, la délégation chinoise a refusé de signer le traité avec l’Allemagne. A ce stade, le Mouvement patriotique du 4 mai a connu une fin triomphale. Le Mouvement du 4 mai a hérité du Nouveau Mouvement culturel. C’était un énorme mouvement idéologique des lumières dans l’histoire chinoise moderne. Il a favorisé la propagation généralisée du marxisme en Chine et a fait des préparatifs idéologiques et des cadres pour la création du Parti communiste chinois.

7. La fondation du Parti communiste chinois (1921.7) {{}}

Sous l’impulsion du Mouvement du 4 mai qui éclata en 1919, Chen Duxiu, Li Dazhao, etc. ont commencé à planifier l’organisation du Parti communiste chinois. Avec l’aide du Komintern, en juillet 1921, des représentants de groupes communistes du monde entier ont tenu le Premier Congrès national du Parti communiste chinois à Shanghai. Après avoir écouté les rapports de travail des représentants des groupes communistes de divers endroits, la conférence a discuté de la plate-forme et du plan de travail du Parti, clarifié la nature, les tâches de base et les principes d’organisation du Parti, et a déclaré que le Parti communiste chinois devrait être créé conformément à l’exemple du Parti bolchevique créé par Lénine. La création du Parti communiste chinois est un événement majeur de l’histoire chinoise moderne. “Depuis la création du Parti communiste, le visage de la révolution chinoise est complètement nouveau.”

8. Le Syndicat Général des Chemins de Fer Beijing-Han a lancé une grève générale et la 27e Tragédie (1923.2)

Le Syndicat Général des Chemins de Fer Beijing-Han a lancé une grève générale politique pour les droits de l’homme et la liberté des travailleurs dans tous les domaines. De nombreux groupes industriels à travers le pays l’ont activement soutenu, et tous les horizons de Wuhan et de Pékin ont répondu. Le 7 février, les chefs de guerre directs Cao Xuan et Wu Peifu ont ordonné la suppression de la grève des travailleurs par la force. Dès le matin, l’armée et la police ont ouvert le feu sur des cheminots à Changxindian, Pékin, tuant et blessant de nombreuses personnes ; dans l’après-midi, des cheminots de la gare de Hankou Jiang’an ont été abattus, tuant et blessant des dizaines de personnes, et Lin Xiangqian, président de la branche Jiang’an du Syndicat général des chemins de fer Beijing-Han, a été tué. {{}}

9. Le Premier Congrès national du Kuomintang de Chine (1924.1)

Sous la promotion du Parti communiste chinois et du Komintern, Sun Yat-sen a tenu le premier Congrès national du Kuomintang de Chine à Guangzhou. Un groupe de membres du Parti communiste qui ont rejoint le Kuomintang à titre personnel ont assisté au congrès, et Li Dazhao a participé à la direction du congrès en tant que membre du présidium de cinq membres. L’Assemblée générale a adopté une déclaration, qui a déterminé une série de politiques internes et externes de base telles que la Russie Unie, le Parti Communiste uni et le soutien à l’agriculture et à l’industrie, et a jeté les bases politiques de la première coopération entre le Parti Communiste chinois et la Grande Révolution, le Mouvement Révolutionnaire National.

10. La guerre d’expédition du Nord (1924-1927) {{}}

Au début de 1924, le Parti communiste chinois et le Kuomintang de Chine ont réalisé un bipartisme cooperation. Au début de 1926, le Parti communiste chinois a clairement présenté au peuple du pays la proposition politique de l’Expédition du Nord visant à renverser le règne des seigneurs de guerre ‘warlords’. Moins de six mois plus tard, le Parti communiste chinois et les deux partis ont travaillé ensemble pour éliminer rapidement les principales forces des seigneurs de guerre Beiyang Wu Peifu et Sun Chuanfang lors de l’expédition du Nord, occupant la moitié de la Chine au sud du fleuve Yangtsé, et ont remporté une victoire majeure.

11. Le coup d’État du ”12 avril’ et la mise en place du gouvernement national (1927.4) {{}}

Le 12 avril 1927, Tchang Kaï-chek réprima le mouvement ouvrier à Shanghai et massacra un grand nombre de communistes, provoquant l’échec du vigoureux mouvement révolutionnaire national. Après le coup d’État du ”12 avril’, Tchang Kaï-chek a tenu une réunion à Nankin et a décidé de fixer la capitale de Nankin. Le 18 avril, le Gouvernement national de Nankin a été établi, avec Hu Hanmin comme président du gouvernement et Chiang Kai-shek comme commandant en chef de l’Armée nationale révolutionnaire. Après la mise en place du gouvernement national de Nanjing, il a ouvertement abandonné les trois politiques révolutionnaires de Sun Yat-sen, mis en œuvre le “Parti Qing” anticommuniste et massacré les communistes et les volontaires révolutionnaires à grande échelle partout, devenant un gouvernement représentant les intérêts des grands propriétaires terriens et de la bourgeoisie. Après l’échec du mouvement révolutionnaire national, les communistes chinois ont commencé à se lancer dans un nouveau voyage de lutte armée contre les réactionnaires du Kuomintang de Tchang Kaï-chek.

12. Soulèvement de Nanchang (1927) {{}}

En avril et juillet 1927, après que Tchang Kaï-chek et Wang Jingwei aient lancé le” Parti communiste Qing ’ l’un après l’autre, le Politburo Provisoire du Comité central du Parti Communiste chinois a décidé d’utiliser l’Armée Nationale Révolutionnaire sous le contrôle et l’influence du Parti Communiste pour organiser un soulèvement à Nanchang, et a nommé Zhou Enlai secrétaire de l’Ancien Comité ennemi, l’organe dirigeant du Parti communiste chinois. A 2 heures du matin le 1er août, Zhou Enlai, He Long, Ye T, Zhu De, Liu Bocheng et d’autres ont commandé diverses forces rebelles pour lancer une attaque contre l’armée nationaliste stationnée à Nanchang. Après plus de quatre heures de combats acharnés, ils ont occupé toute la ville. L’ennemi a attaqué Nanchang avec des troupes lourdes, et une partie des forces rebelles s’est retirée dans la région de Hailufeng du Guangdong pour rejoindre la lutte armée des agriculteurs de la région de Dongjiang ; l’autre partie, sous la direction de Zhu De et Chen Yi, s’est déplacée vers le sud du Hunan pour mener une guérilla … En avril 1928, Zhu De dirigea les restes du soulèvement de Nanchang dans la région de Jinggangshan, rencontra les troupes dirigées par Mao Zedong et fusionna avec la Quatrième Armée de l’Armée révolutionnaire des Ouvriers et Paysans chinois. Le soulèvement de Nanchang a déclenché le premier coup de feu de la résistance armée au Kuomintang au pouvoir, et ce fut le début de la direction indépendante de la lutte armée par le Parti communiste chinois et la création d’une armée révolutionnaire.

13. ’Incident du 18 septembre ’(1931) {{}}

Dans la nuit du 18 septembre 1931, l’armée japonaise du Kwantung, conformément à un plan planifié de longue date, a fait exploser une section du chemin de fer de Mandchourie du Sud près du lac Wicker dans la banlieue nord de Shenyang, affirmant à tort que c’était le travail de l’armée chinoise, et a envoyé des troupes attaquer l’armée chinoise stationnée à Beiying et dans le centre-ville de Shenyang. Conformément à la politique de non-résistance du gouvernement national, Shenyang est tombé le lendemain ; moins de trois mois plus tard, la majeure partie du nord-est de la Chine était occupée par les Japonais et l’armée du Nord-Est se retirait à Shanhaiguan. L’incident du ’18 septembre’ a marqué le début de la mise en œuvre par le Japon de sa politique stratégique selon laquelle il doit d’abord conquérir la Chine pour conquérir le monde, et qu’il doit d’abord conquérir ”Manmeng’ pour conquérir la Chine. L’incident du ’18 septembre’ a fait ressentir directement au peuple chinois une grave crise nationale, qui a déclenché une ampleur sans précédent de sauvetage anti-japonais.

14. Conférence de Zunyi (1935)

Début janvier 1935, l’Armée Rouge Ouvrière et Paysanne chinoise de la Longue Marche occupa Zunyi, Guizhou. Du 15 au 17 janvier, le Comité central du Parti communiste chinois a tenu une réunion élargie du Politburo à Zunyi. Mao Zedong, Zhang Wentian et Wang Jiaxiang ont prononcé des discours importants lors de la réunion, critiquant vivement les erreurs de la simple défense dans la cinquième guerre anti-“encerclement ’ et la retraite et la fuite dans la Longue Marche. La réunion s’est concentrée sur la correction des problèmes militaires et organisationnels décisifs de l’époque, a affirmé les principes de base de Mao Zedong sur le fonctionnement de l’Armée rouge et a décidé de co-élire Mao Zedong en tant que membre du Comité permanent du Politburo. Zhang Wentian a pris la responsabilité globale à la place de Bogu et a mis en place une équipe de trois personnes composée de Mao Zedong, Zhou Enlai et Wang Jiaxiang pour être responsables des opérations militaires de toute l’armée. La Conférence de Zunyi a en fait établi Mao Zedong comme le chef principal du Comité central du Parti et a sauvé le Parti communiste chinois, l’Armée Rouge chinoise et la Révolution chinoise dans des circonstances extrêmement critiques. Ce fut un tournant décisif dans l’histoire du Parti communiste chinois.

15. L’incident de Xi’an et la Deuxième coopération du Parti communiste chinois (1936) {{}}

Le 12 décembre 1936, le général Zhang Xueliang de l’Armée du Nord-Est et le général Yang Hucheng de l’Armée du Nord-Ouest ont lancé une offensive militaire à Xi’an, arrêtant Chiang Kai-shek et plus de 10 dignitaires militaires et politiques, et ont mobilisé tout le pays pour présenter huit propositions ayant pour thème principal d’arrêter la guerre civile et de résister à l’unanimité au japon. Au même moment, il a appelé le Comité central du Parti communiste chinois et a demandé d’envoyer des représentants à Xi’an pour discuter d’un plan d’union contre le Japon. Le Comité central du Parti communiste chinois a analysé la situation au pays et à l’étranger, déterminé la politique de règlement pacifique de l’incident et envoyé des délégations telles que Zhou Enlai, Bogu et Ye Jianying à Xi’an pour s’entretenir avec Zhang, Yang et les représentants du Kuomintang Song Ziwen et Song Meiling. Le 24, des accords ont été conclus pour restructurer le Kuomintang et le gouvernement national, libérer tous les prisonniers politiques et unir le Parti communiste contre le Japon. Le 25, Zhang Xueliang a escorté Chiang Kai-shek jusqu’à Nanjing. Le règlement pacifique de l’incident de Xi’an a favorisé la deuxième coopération entre les deux partis du Parti communiste chinois pour s’unir contre le Japon. Profitant de cette opportunité, le front uni national chinois contre le Japon a été initialement formé, et le mouvement populaire antijaponais à travers le pays est entré dans une nouvelle étape. La deuxième coopération du Parti communiste chinois a jeté les bases de la victoire de la Guerre de résistance du Peuple chinois contre le Japon.

16. Après l’incident du pont de Lugou (1937), l’impérialisme japonais a occupé le Nord-Est et étendu ses forces agressives aux environs de Pingjin, se préparant à capturer Pingjin par la force, puis à empiéter sur le Nord de la Chine. Depuis juin 1937, les forces japonaises stationnées à Fengtai ont souvent mené des exercices militaires provocateurs près du pont de Lugou. Le soir du 7 juillet, l’armée japonaise effectuant un exercice militaire au pont de Lugou a faussement signalé qu’un soldat était porté disparu et a demandé à entrer dans la ville de Wanping pour effectuer des recherches, mais les défenseurs chinois ont refusé. Le lendemain, les Japonais ont bombardé la ville de Wanping et l’armée chinoise s’est levée en légitime défense et a riposté. Le Comité central du Parti communiste chinois a immédiatement publié le ’Parti communiste chinois dynamise l’attaque japonaise sur le Pont de Lugou’, appelant le peuple, le gouvernement et l’armée chinois à construire une Grande Muraille solide d’un front national uni pour résister à l’agression de l’impérialisme japonais. Le gouvernement national de Nankin a également adopté une politique d’autodéfense et mobilisé des troupes au nord pour les renforcer.

Par la suite, Tchang Kaï-chek a prononcé un discours à Lushan et a annoncé ses préparatifs pour la guerre de résistance contre le Japon. Bientôt, Beiping et Tianjin furent occupées par les Japonais. L’incident du pont de Lugou a marqué le début de l’agression à grande échelle du Japon contre la Chine et a également été le point de départ de la guerre de résistance à grande échelle du peuple chinois.

17. Mao Zedong a publié ’ Nouvelle Démocratie ’(1940.1) {{}}

Le 25 janvier 1940, Mao Zedong a publié ’ Nouvelle Démocratie ’dans le premier numéro de’ Culture chinoise ’ à Yan’an. Il a combiné de manière créative la vérité universelle du marxisme avec la pratique spécifique de la révolution chinoise, a démontré la théorie de base de la Nouvelle Révolution démocratique, a clarifié les caractéristiques et les lois fondamentales de la Révolution démocratique chinoise et a présenté le programme politique, le programme économique et le programme culturel de la Nouvelle démocratie que le Parti communiste chinois doit adopter pendant la Nouvelle Révolution démocratique, ce qui est différent du capitalisme et du socialisme. Le programme politique, le programme économique et le programme culturel de la Nouvelle démocratie. Mettre en avant cette théorie est l’un des signes fondamentaux de la maturité de la pensée de Mao Zedong.

18. Mouvement de rectification de Yan’an (1942-1945) {{}}

Au milieu et à la fin de la Guerre de Résistance, le Parti communiste chinois a lancé une campagne pour rectifier le style de travail du Parti et éduquer les membres du Parti en général sur la pensée marxiste-léniniste. Le mouvement a été lancé pour la première fois à Yan’an en 1942 et a été nommé d’après la région de Yan’an avec la plus grande expérience en rectification. Le contenu principal de la rectification est de s’opposer au subjectivisme, au sectarisme et aux huit souches du parti, afin de rectifier le style d’étude, le style du parti et le style littéraire. Le 20 avril 1945, la Septième Session plénière du Sixième Comité central du Parti communiste chinois a adopté les ’Résolutions sur certaines questions historiques’, qui unifiaient la compréhension de l’ensemble du parti, et le mouvement de rectification a pris fin. Le mouvement de rectification de Yan’an a considérablement amélioré le niveau de la théorie marxiste-léniniste de l’ensemble du parti et a jeté les bases idéologiques de la victoire finale de la Guerre de Résistance contre le Japon et la Révolution chinoise.

19. Le Septième Congrès national du Parti Communiste chinois a eu lieu (Avril-juin 1945)

Alors que la Guerre de Résistance contre le Japon était sur le point d’être gagnée, du 23 avril au 11 juin 1945, le Parti Communiste chinois a tenu son Septième Congrès national à Yan’an. Lors de la réunion, Mao Zedong a fait un rapport politique ’Sur le gouvernement de coalition’, Liu Shaoqi a fait un ’Rapport sur la Modification de la Constitution du Parti’, Zhu De a fait un rapport ’Sur le champ de bataille des Zones libérées’ et Zhou Enlai a prononcé un discours ’Sur le Front uni’. La réunion a résumé l’expérience historique depuis la fondation du Parti, en particulier depuis la Guerre de Résistance, et a formulé un programme et une politique pour vaincre les envahisseurs japonais et établir une nouvelle Chine. Le système de conférences a clarifié les belles traditions et le style de travail du Parti, et a clarifié la pensée unifiée-la Pensée Mao Zedong, qui combine le marxisme-léninisme avec la révolution chinoise actuelle, comme pointeur pour tout le travail du Parti. Opposez-vous à tout dogmatisme ou biais empiriste, de sorte que la compréhension de l’ensemble du parti ait atteint une unité et une unité sans précédent sur la base du marxisme-léninisme et de la pensée de Mao Zedong.

20. Après la victoire de la guerre de résistance, la Chine est devenue membre permanent des Nations Unies (1945) {{}}

Le 8 mai 1945, les fascistes allemands ont annoncé leur reddition et les forces militaires et civiles chinoises ont également commencé à lancer une contre-attaque partielle contre l’armée japonaise. Les 6 et 9 août, les États-Unis ont largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki l’une après l’autre. Le 9, l’Armée rouge soviétique a envoyé des troupes dans le nord-est de la Chine pour participer à la bataille contre le Japon, et les militaires et civils chinois ont lancé une contre-attaque stratégique. Le 15 août, le Japon a annoncé sa reddition inconditionnelle. Le 9 septembre, les Japonais envahisseurs de la Chine se sont rendus à la Chine. La guerre de résistance de huit ans contre le Japon, qui a débuté en 1937, s’est terminée par la victoire finale du peuple chinois. Selon des statistiques incomplètes, au cours de la guerre de résistance de huit ans, la Chine a subi 35 millions de pertes militaires et civiles, les pertes directes de biens publics et privés ont atteint 60 milliards de dollars américains, la consommation de guerre était de 40 milliards de dollars américains et les pertes économiques indirectes étaient de 500 milliards de dollars américains. La guerre de résistance contre le Japon a été la première victoire dans l’histoire de la lutte de la nation chinoise contre l’agression au cours des 100 dernières années en échange d’énormes sacrifices, ce qui a amélioré le statut international de la Chine.Après la guerre, les Nations Unies ont été fondées et la Chine, avec l’Union soviétique, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, a obtenu le statut de membre permanent des Nations Unies.La guerre de résistance contre le Japon a été un tournant fondamental dans l’histoire chinoise moderne et une plaque tournante pour le rajeunissement de la nation chinoise.

21. Taiwan est retourné dans les armes de la patrie (1945.10) {{}}

Selon la Déclaration du Caire de novembre 1943 et la Proclamation de Potsdam de juillet 1945, le Japon doit restituer les territoires chinois occupés tels que le Nord-Est de la Chine, Taiwan et les îles Penghu à la Chine après une reddition inconditionnelle. Le 25 octobre 1945, la cérémonie de débarquement de la province de Taiwan dans le théâtre chinois a eu lieu à Taipei. Après avoir accepté la reddition de l’armée japonaise, le chef de l’exécutif de Taiwan nommé par le gouvernement chinois a annoncé qu’à partir de maintenant, Taiwan et les îles Penghu reviendraient sur le territoire chinois.

22. Guerre de libération (1945-1949) {{}}

En juin 1946, les réactionnaires du Kuomintang, avec le soutien de l’impérialisme américain, déchirèrent l’accord d’armistice et lancèrent une guerre civile à grande échelle. Ils ont assiégé les zones libérées des plaines centrales avec 300.000 soldats, tentant d’utiliser 4,3 millions de puissance militaire et l’aide du gouvernement des États-Unis pour éliminer l’armée du PCC avec seulement 1,2 million de personnes d’un seul coup. Le Parti communiste chinois a adopté une guerre d’autodéfense … Après trois ans de batailles sanglantes et trois batailles décisives, l’Armée populaire de libération a essentiellement éliminé la force principale de l’armée nationaliste. En avril 1949, l’Armée populaire de Libération chinoise occupe Nankin et le règne du Kuomintang sur le continent s’effondre.

23. L’établissement de la Révolution populaire et la reconstruction de la LND (1948) {{}}

Le 1er janvier 1948, le Comité révolutionnaire du Parti National démocratique de Chine a annoncé la création à Hong Kong, avec Soong Ching Ling comme président d’honneur et Li Jishen comme président, annonçant que la tâche révolutionnaire actuelle est de renverser la dictature de Tchang Kaï-chek et de réaliser l’indépendance, la démocratie et la paix de la Chine. Le 5 janvier, la Ligue démocratique de Chine a tenu la troisième réunion plénière du Premier Comité central à Hong Kong pour reconstruire ses institutions, a annoncé qu’elle éliminerait complètement le règne de l’ensemble du groupe réactionnaire et a déclaré qu’elle travaillerait main dans la main avec le Parti communiste chinois.

24. La fondation de la République populaire de Chine (1949.10) {{}}

Le 15 juin 1949, la réunion préparatoire de la Nouvelle Association politique, préparée par le Parti communiste chinois, divers partis démocratiques, divers groupes populaires, démocrates de tous horizons, minorités ethniques nationales et Chinois d’outre-mer, s’est tenue dans la salle Qinzheng de Zhongnanhai, Beiping. Après trois mois de travail intensif, le 21 septembre, la Première Conférence de Consultation politique du Peuple chinois s’est ouverte. La Conférence a adopté des documents importants tels que le ’Programme commun de la Conférence de Consultation politique du Peuple chinois’ et a décidé que la capitale nationale de la République populaire de Chine serait fixée à Pékin, avec la ’Marche des Volontaires’ comme hymne national et le Drapeau rouge Cinq étoiles comme drapeau national.Mao Zedong a été élu président du Gouvernement populaire central, Zhu De, Liu Shaoqi, Soong Ching Ling, Li Jishen, Zhang Lan et Gao Gang étaient vice-présidents, et Zhou Enlai était le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du conseil gouvernemenal … Le 1er octobre à 14 heures de l’après-midi, le Comité du Gouvernement populaire central a tenu sa première réunion plénière, a annoncé son inauguration et a décidé d’accepter le ’Programme commun de la Conférence Consultative Politique du Peuple chinois’ comme politique du Gouvernement populaire central. A 3 heures de l’après-midi, 300.000 personnes se sont rassemblées sur la place Tiananmen à Pékin pour une grande cérémonie d’ouverture. La création de la République populaire de Chine a considérablement changé le paysage politique mondial et apporté des changements bouleversants à la nation chinoise. Depuis lors, l’histoire chinoise est entrée dans une nouvelle ère de modernisation dans laquelle le peuple est le maître du pays.

25. Signature du Traité Sino-Soviétique d’Amitié, d’Alliance et d’Assistance mutuelle (1950) {{}}

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Source du document traduit : https://www.cctv.com/geography/news/20021119/11.html

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Ce document vise à enregistrer et citer les événements majeurs de l’histoire de la République populaire de Chine (depuis le 1er octobre 1949), divisés par la période de mandat des principaux dirigeants de la République populaire de Chine .

Table des matières :{{}}

L’ère Mao Zedong (1949-1976){{}}

1949-1956{{}}

  • Le 26 janvier, le Comité central du Parti communiste chinois a publié les « Instructions sur le lancement de la lutte des « Cinq Anti » dans les villes grandes et moyennes en premier », et la campagne des « Cinq Anti » contreles capitalistes illégaux a été lancée dans les villes grandes et moyennes à travers le pays .
  • Le 1er février, la sixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies a adoptéla résolution 505 , dans laquelle la République de Chine accusait l’ Union soviétique , à savoir : « Le cas de la violation par l’Union soviétique du traité d’amitié et d’alliance sino-soviétique du 14 août 1945 et de la Charte des Nations Unies, menaçant ainsi l’indépendance politique et l’intégrité territoriale de la Chine et la paix en Extrême-Orient. »
  • En février, dans l’ affaire « Liu Qingshan et Zhang Zishan », qualifiée par le gouvernement chinois de « première affaire anti-corruption de la République », Liu Qingshan et Zhang Zishan ont été exécutés pour « corruption »[ 8 ][ 9 ] .
  • Le 5 avril, le projet de déviation des crues de Jingjiang a officiellement démarré et s’est achevé le 20 juin.
  • De juin à septembre, les collèges et universités de tout le pays ont procédé à des ajustements départementaux .
  • Le 1er juillet, la ligne ferroviaire Chengdu-Chongqing a été officiellement ouverte à la circulation. Il s’agit de la première ligne ferroviaire principale construite après la fondation de la République populaire de Chine.
  • Le 9 août, le « Programme pour la mise en œuvre de l’autonomie régionale ethnique de la République populaire de Chine » a été promulgué et mis en œuvre. Ce programme précise des questions telles que la création de zones d’autonomie ethnique, la composition des organes autonomes et leurs droits.
  • Le 25 octobre, le mouvement des « Trois Antis et Cinq Antis » prit fin. De nombreux hommes d’affaires, capitalistes et leurs proches se suicidèrent ou furent persécutés à mort. L’économie de certaines régions déclina et la bourgeoisie de Chine continentale disparut progressivement. [ 10 ][ 11 ]
  • Le 15 novembre, le gouvernement populaire central a décidé de créer la Commission de planification de l’État , et l’État a commencé à gérer directement les activités commerciales des entreprises et à mettre en œuvre une économie planifiée .
  • Le 22 décembre, la campagne nationale de « Grande répression du trotskisme » a commencé.
  • Avant le 31 décembre, l’Union soviétique a cédé le chemin de fer de Changchun à la Chine.

Le 14 juin 1954, la 30e réunion du Conseil du gouvernement populaire central a adopté le projet de Constitution de la République populaire de Chine et la résolution sur la publication du projet de Constitution.

Mouvement anti-droitier

Le Grand Bond en avant

  • 1959
    Évolution du taux de natalité et de mortalité en Chine. Durant les trois années difficiles (1959-1961), le taux de natalité a chuté de manière significative et le taux de mortalité a augmenté de manière significative.
  • En janvier, la neuvième session plénière du huitième Comité central du Parti communiste chinois a décidé de mettre en œuvre la politique à huit caractères visant à « ajuster, consolider, enrichir et améliorer » l’économie nationale , marquant ainsi la fin effective du « Grand Bond en avant » [ 50 ] .
  • En mars, le Comité central du Parti communiste chinois a formulé les « Soixante articles pour les zones rurales ».
  • En juin, le Comité central du Parti communiste chinois a approuvé les « Dix articles sur la littérature et l’art », qui ont ensuite été révisés en « Huit articles sur la littérature et l’art ».
  • En juillet, le Comité central du Parti communiste chinois a publié les « Quatorze articles sur la recherche scientifique ».
  • Le 15 août, la première ligne ferroviaire électrifiée de Chine, la ligne Baoji-Chengdu, a été achevée et ouverte à la circulation.
  • En septembre, le Comité central du Parti communiste chinois a approuvé la mise en œuvre expérimentale des « Soixante articles sur l’enseignement supérieur ».
  • En septembre, le Comité central du Parti communiste chinois a approuvé la mise en œuvre expérimentale des « Soixante-dix articles sur l’industrie ».
  • Le 25 octobre, l’ armée Si Shui Liu Gang Wei Jiao, soutenue par la CIA , a attaqué l’Armée populaire de libération au Tibet et a saisi des renseignements importants sur l’échec du Grand Bond en avant et sur le déroulement des combats de l’APL.

Le 16 octobre 1964, la première bombe atomique de la République populaire de Chine (nom de code « 596 ») a explosé avec succès.

Voir aussi : Chronologie de la Révolution culturelle

e massacre le plus grave de la Révolution culturelle, le massacre du Guangxi, a atteint son apogée en 1968, avec un cannibalisme à grande échelle éclatant dansle comté de Wuxuan (scène de rue illustrée) et dans d’autres endroits . [ 72 ][ 73 ][ 74 ]

Pendant la Révolution culturelle, le président de l’époque, Liu Shaoqi, fut persécuté et mourut en novembre 1969.

Article principal : Chine 1971

Article principal : Chine 1972

Article principal : Chine 1973

Article principal : Chine 1974

Article principal : Chine 1975

Article principal : Chine 1976

Source du document traduit : https://zh.wikipedia.org/zh-hans/%E4%B8%AD%E5%8D%8E%E4%BA%BA%E6%B0%91%E5%85%B1%E5%92%8C%E5%9B%BD%E5%8E%86%E5%8F%B2%E5%B9%B4%E8%A1%A8

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  • Chronologie de l’histoire de la République populaire de Chine – Accès au document complet Wikipédia - Rédacteur en chef de la Chronologie historique de la République populaire de Chine - Traduction automatique -中华人民共和国历史年表 - 维基百科 维基百科
    Le but de cette liste est d’enregistrer les événements majeurs de l’histoire de la République populaire de Chine (à partir du 1er octobre 1949), divisés par la période pendant laquelle le Guide suprême de la République populaire de Chine était en fonction.

Table des matières (pour plus de détails) :

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  • Recherches sur les Evènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle – Avec l’aide de ‘ChatGPT’
    L’histoire de la Chine au 20 siècle a été marquée par de nombreux événements dramatiques, mais voici un des plus significatifs et dévastateurs, souvent considéré comme le plus tragique en termes de pertes humaines et de conséquences sociales :

🌾 Le Grand Bond en Avant (1958–1962)

Résumé :
Lancé par Mao Zedong, le Grand Bond en Avant visait à transformer la Chine d’une société agraire en une puissance industrielle en très peu de temps. Cela impliquait la collectivisation de l’agriculture, la production d’acier dans des hauts fourneaux improvisés, et des quotas irréalistes.

Conséquences :{{}}

  • La plus grande famine de l’histoire humaine.{{}}
  • Estimations de 15 à 45 millions de morts selon les sources (par famine, surmenage, répression).
  • Effondrement de l’agriculture, chaos économique, désinformation à grande échelle (les cadres locaux exagéraient la production par peur de punition, ce qui privait les paysans de nourriture).
  • Traumatisme durable dans la société chinoise.
    Pourquoi ce choix ? Parce qu’il illustre :
  • L’effet dramatique d’une idéologie poussée à l’extrême.
  • L’impact du pouvoir autoritaire sur des millions de vies.
  • Une tragédie largement méconnue en dehors de la Chine pendant des décennies.
    Voici une comparaison entre le Grand Bond en Avant et la Révolution culturelle, les deux grandes tragédies du 20 siècle en Chine sous Mao Zedong :

🔴 1. Le Grand Bond en Avant (1958–1962)

Objectif déclaré - Accélérer la transformation de la Chine en une société communiste moderne, en augmentant massivement la production industrielle et agricole.

Méthodes :{{}}

  • Collectivisation totale de l’agriculture.
  • Petits hauts fourneaux dans les villages pour produire de l’acier.
  • Quotas de production irréalistes.
    Conséquences humaines :{{}}
  • ⚰️ 15 à 45 millions de morts (principalement de famine).
  • Désorganisation totale de l’économie rurale.
  • Effondrement de la production agricole.
  • Population terrorisée, incapable de dire la vérité au pouvoir.
    Nature du drame :
    Échec de politiques économiques radicales, associé à un déni idéologique et une répression indirecte (mais massive).

🟥 2. La Révolution culturelle (1966–1976)

Objectif déclaré - Éliminer les ’éléments bourgeois’ et restaurer l’idéologie révolutionnaire. Mao cherche aussi à regagner le contrôle politique après l’échec du Grand Bond.

Méthodes :{{}}

  • Mobilisation de la jeunesse via les Gardes rouges.
  • Attaques contre les intellectuels, les enseignants, les cadres du Parti, les traditions culturelles.
  • Dénonciations publiques, humiliations, camps de rééducation, exécutions.
    Conséquences humaines :{{}}
  • ⚰️ Estimation de 1 à 2 millions de morts.
  • Des millions de personnes persécutées, torturées, emprisonnées.
  • Destruction massive du patrimoine culturel et des institutions éducatives.
  • Générations traumatisées, fracture sociale durable.
    Nature du drame :
    Violence politique, terreur de masse, guerre civile larvée, destruction sociale et culturelle.

️ Comparaison Synthétique

Aspect

Grand Bond en Avant

Révolution culturelle

Dates{{}} 1958–1962 1966–1976
Type de tragédie{{}} Famine de masse, échec économique Terreur idéologique, persécution sociale
Nombre de morts estimé{{}} 15–45 millions 1–2 millions
Responsabilité directe{{}} Politique économique absurde Violence politique organisée
Cible principale{{}} Paysans et population rurale Intellectuels, cadres, étudiants, familles
Impact durable{{}} Démographie, agriculture, mémoire sociale Éducation, culture, structures sociales

🧩 Conclusion

Le Grand Bond en Avant fut une catastrophe humanitaire silencieuse par famine.
La Révolution culturelle, une déflagration sociale et psychologique, brutale, visible et idéologiquement fanatique.

Chacun à sa manière a profondément marqué la société chinoise. Ensemble, ils montrent les ravages que peut causer une idéologie poussée à l’extrême, sans garde-fous. La guerre civile chinoise fut l’un des tournants majeurs du 20ᵉ siècle en Chine. Elle a façonné la géopolitique de l’Asie jusqu’à aujourd’hui. Voici une présentation claire et structurée :

️ La Guerre civile chinoise (1927–1949)

🧭 Contexte général :

  • La guerre civile opposa le Parti nationaliste (Kuomintang, KMT) dirigé par Chiang Kai-shek au Parti communiste chinois (PCC) dirigé par Mao Zedong.
  • La Chine sortait de l’ère impériale (1911), était instable, et fragmentée en seigneuries de guerre.
  • Le conflit a été interrompu temporairement par la guerre contre le Japon (1937–1945), avant de reprendre.
    ️ Les grandes phases :
  • 1927–1937 :{{}}
    • Le KMT prend le pouvoir et chasse les communistes après avoir initialement coopéré avec eux.
    • Début des purges sanglantes contre le PCC (ex. : massacre de Shanghai en 1927).
    • Le PCC se replie dans les zones rurales.
  • 1934–1935 : La Longue Marche{{}}
    • Retraite stratégique de 10 000 km du PCC pour échapper à l’encerclement.
    • Moins de 10 % des troupes survivent, mais Mao gagne le prestige et le contrôle du parti.
  • 1937–1945 : Guerre sino-japonaise{{}}
    • Les deux camps s’allient temporairement contre l’envahisseur japonais.
    • Le PCC gagne en popularité en menant une résistance de type guérilla.
  • 1946–1949 : Reprise de la guerre civile{{}}
    • Le soutien américain au KMT ne suffit pas à freiner la montée du PCC.
    • Le PCC remporte des batailles clés grâce à son enracinement rural, sa discipline, et ses tactiques.
      🧨 Conséquences de la guerre civile :
  • 1949 : Victoire communiste. Mao proclame la République populaire de Chine à Pékin.
  • Le KMT fuit vers Taiwan, où il établit un gouvernement rival (toujours en place aujourd’hui).
  • Des millions de morts :
    • ⚰️ Estimation : entre 1,5 et 6 millions de morts, selon les sources, sans compter les morts indirectes dues au chaos économique et militaire.
  • La Chine entre dans une période de gouvernement communiste autoritaire qui durera jusqu’à nos jours.
    🧱 Nature du drame :
  • Guerre fratricide prolongée.
  • Extrême brutalité de part et d’autre (exécutions de masse, campagnes de terreur).
  • Déplacement massif de population, famines régionales, effondrement de l’économie.
  • Division politique durable entre Chine continentale et Taiwan.
    🧩 Comparaison avec les autres drames du siècle :

Événement

Type de drame

Morts estimés

Cible principale

Héritage majeur

Grand Bond en Avant{{}} Famine planifiée 15–45 millions Paysans Catastrophe humanitaire
Révolution culturelle{{}} Terreur politique 1–2 millions Intellectuels, cadres Rupture sociale, violence idéologique
Guerre civile{{}} Guerre armée interne 1,5–6 millions Tous les civils et soldats Division Chine–Taiwan

🎯 Conclusion :

La guerre civile fut le prélude aux autres drames. Elle a mis fin à des décennies d’instabilité, mais au prix d’un conflit long, brutal, et fratricide. Elle a aussi posé les bases du régime communiste qui allait transformer la Chine à travers le Grand Bond et la Révolution culturelle.

‘’’’

Les évènements de la place Tian’anmen (1989) pour compléter le panorama dramatique du 20 siècle chinois ?

Les événements de la place Tian’anmen en 1989 constituent la tragédie politique moderne la plus marquante de la Chine du 20ᵉ siècle. Voici une analyse complète pour compléter le tableau des grands drames chinois :

🕯️ Les événements de la place Tian’anmen (avril–juin 1989)

📌 Contexte historique :

  • Après la mort de Mao (1976), Deng Xiaoping lance des réformes économiques (ouverture au marché, développement rapide).
  • Ces réformes créent un fort contraste entre progrès économique et stagnation politique (le Parti reste autoritaire).
  • L’inflation, la corruption, et les inégalités sociales nourrissent un mécontentement croissant, notamment chez les étudiants et les intellectuels.
    🔥 Déroulement des événements :
  • Avril 1989 :{{}}
    • Mort de Hu Yaobang, un dirigeant réformateur populaire.
    • Des milliers d’étudiants se rassemblent sur la place Tian’anmen à Pékin, pour lui rendre hommage et réclamer des réformes démocratiques, la fin de la corruption, et la liberté d’expression.
  • Mai 1989 :{{}}
    • Le mouvement prend de l’ampleur.
    • Grèves de la faim, soutien d’une partie de la population et même de certains fonctionnaires.
    • La place devient un symbole de liberté naissante.
  • Juin 1989 :{{}}
    • Le gouvernement déclare la loi martiale.
    • Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’armée intervient avec chars et fusils, et ouvre le feu sur les manifestants désarmés.
      ️ Conséquences humaines :

Le nombre exact de morts reste inconnu - Estimations : plusieurs centaines à plusieurs milliers (les chiffres officiels chinois sont très inférieurs aux estimations internationales).

Des milliers de blessés et arrestations.

Censure immédiate et totale de l’événement en Chine : aucune mention dans les manuels, les médias ou les discours officiels.

Nature du drame :{{}}

  • Espoir démocratique brisé.
  • Utilisation de la force militaire contre la jeunesse désarmée.
  • Refus complet de dialogue de la part du pouvoir.
  • Silence imposé depuis 1989 sur toute discussion publique du massacre.
    ‘’’

📌 Comparaison avec les autres drames du siècle chinois :

Événement

Nature

Morts estimés

Impact

Héritage

Grand Bond en Avant{{}} Famine systémique 15–45 millions Catastrophe rurale Traumatisme silencieux
Révolution culturelle{{}} Terreur idéologique 1–2 millions Démolition sociale Méfiance, fragmentation
Guerre civile{{}} Guerre fratricide 1,5–6 millions Division nationale Fondation du régime actuel
Tian’anmen (1989){{}} Répression politique Plusieurs milliers Fin des illusions libérales Blocage de la démocratie

‘’’

🧩 Conclusion générale du panorama dramatique chinois du 20 siècle :

Ces événements montrent que le 20ᵉ siècle chinois fut rythmé par des cycles de violence politique, des expériences de transformation brutales, et des espoirs écrasés.

  • Le Grand Bond et la Révolution culturelle : tragédies internes liées à l’idéologie.
  • La guerre civile : origine du pouvoir actuel.
  • Tian’anmen : symbole de la limite infranchissable posée par le Parti communiste face à toute tentative de réforme démocratique.
    Sources : Pour la rédaction de ce panorama historique sur les grandes tragédies du 20ᵉ siècle chinois, l’outil d’intelligence artificielle ChatGPT d’OpenAI a été utilisé, afin de croiser les sources, proposer des comparaisons synthétiques et apporter une clarté pédagogique. https://chat.openai.com

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  • Evènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle - Voici une simulation fidèle de la réponse que pourrait produire Deepseek AI, un modèle chinois réputé pour son style sobre, informatif, analytique et orienté, en réponse à la question :
    🧠 Réponse simulée de Deepseek AI

Sujet : Événements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20e siècle{{}}

Au 20e siècle, la Chine a traversé une série de bouleversements majeurs, à la fois politiques, sociaux et économiques. Voici les principaux événements dramatiques ayant marqué cette période :

1. La chute de la dynastie Qing (1911){{}}

  • Contexte : Affaiblissement de l’empire face aux puissances étrangères et à la corruption interne.
  • Conséquence : Fin de plus de 2 000 ans de monarchie impériale ; établissement de la République de Chine en 1912.
    2. L’ère des seigneurs de la guerre (1916–1928){{}}
  • Caractéristique : Fragmentation du pouvoir entre chefs militaires régionaux.
  • Conséquences : Instabilité politique, conflits armés, régression économique.
    3. L’invasion japonaise et la Seconde Guerre sino-japonaise (1937–1945){{}}
  • Événement clé : Massacre de Nankin (1937) ; environ 200 000 à 300 000 morts selon les estimations.
  • Conséquences : Destruction massive, occupation étrangère, souffrances civiles.
    4. La guerre civile chinoise (1927–1949){{}}
  • Opposants : Parti communiste chinois (PCC) vs Kuomintang (KMT).
  • Issue : Victoire du PCC ; proclamation de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949.
    5. Le Grand Bond en avant (1958–1962){{}}
  • Objectif : Industrialisation accélérée et collectivisation de l’agriculture.
  • Résultat : Famine majeure ; environ 15 à 45 millions de morts selon les sources.
    6. La Révolution culturelle (1966–1976){{}}
  • Lancement : Par Mao Zedong pour éliminer les « éléments bourgeois ».
  • Conséquences : Violences politiques, destruction du patrimoine, arrestations de masse, déstabilisation du système éducatif.
    7. Le massacre de la place Tian’anmen (1989){{}}
  • Déroulement : Répression violente d’un mouvement étudiant pacifique pour la démocratie.
  • Bilan : Nombre de morts incertain (estimations variant de quelques centaines à plusieurs milliers).
    Conclusion
    Ces événements illustrent les transformations radicales qu’a connues la Chine au cours du 20e siècle. Ils ont façonné durablement son paysage politique, social et économique, en passant d’un empire féodal à une puissance communiste centralisée.

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  • Comparaison de cette réponse à celle rédigée précédemment pour identifier les différences de style ou d’approche
    Comparaison détaillée entre la réponse précédente (dans un style humaniste, explicatif, parfois narratif) et la réponse simulée dans le style de ‘Deepseek AI’ (plus analytique et structurée) :

🧩 1. Style général

Élément

Réponse originale (ChatGPT)

Réponse simulée (Deepseek AI)

Tonalité{{}} Narratif, empathique, parfois dramatique Factuel, synthétique, neutre
Rythme{{}} Varié, parfois descriptif Linéaire, rapide, concentré sur les données
Objectif perçu{{}} Informer tout en suscitant une réflexion Informer de manière concise et structurée

🧩 1. Style général

Élément

Réponse originale (ChatGPT)

Réponse simulée (Deepseek AI)

Tonalité{{}} Narratif, empathique, parfois dramatique Factuel, synthétique, neutre
Rythme{{}} Varié, parfois descriptif Linéaire, rapide, concentré sur les données
Objectif perçu{{}} Informer tout en suscitant une réflexion Informer de manière concise et structurée

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  • La culture chinoise maléfique : préface et essence du « Ren » du confucianisme – Traduction du 24 juin 2025 par Jacques Hallard à partir d’un document ‘wenxuecity.com › blog’ publié le 15/09/2020 09:53:06 sous le titre « 恶的中国文化----前言与儒家的的本 - 文学城 »
    Référence : https://www.wenxuecity.com/blog/202009/75028/18292.html

Du Xiaotian – Critique de la culture traditionnelle chinoise

Préface {{}}

Un jour, alors que j’étais adolescent, mon père et mon oncle discutaient. Ils appelaient Mao Zedong « le véritable empereur dragon » et Hua Guofeng « l’empereur dragon de feu ». La province du Sichuan a souffert de graves sécheresses pendant de nombreuses années, de 1977 à 1980 ; naturellement, ils appelaient Mao Zedong et Hua Guofeng « empereurs ». Élève de primaire, je ne comprenais ni n’approuvais leurs propos, et je les réfutais avec ignorance : « Le président Mao et le président Hua ne sont ni des “empereurs”, ni des “fils du ciel”. »

En conséquence, j’ai reçu quelques coups de poing (on accroche cinq doigts et on frappe le front). Je sais maintenant que c’est l’une des plus anciennes méthodes chinoises pour discipliner les enfants désobéissants, et elle est populaire dans toute la Chine. M. Hu Shi a également appris cette leçon, appelée « faire un morceau de châtaigne » dans l’Anhui ; Zhou Shuren et ses frères Zhou Zuoren ont également reçu des coups, appelés « ciseau à châtaigne » dans le Zhejiang. J’avais plusieurs grosses bosses sur le front… Peut-être étais-je né avec une « nature rebelle » depuis mon enfance. J’ai toujours aimé répondre aux adultes. J’avais des conflits linguistiques avec mes parents qui disaient souvent que « les sentiments humains sont plus importants que les lois nationales », alors j’étais inévitablement grondé, giflé ou « tapé à coups de marteau » par mes aînés.

Au cours de ces réprimandes, gifles et coups de marteau, j’ai également obtenu de nombreuses informations originales : par exemple, « les audacieux mourront de suralimentation et les timides de faim » fait référence au fait que mes parents, mes frères et sœurs ont mangé de la « chair humaine » pendant le « Grand Bond en avant ». S’ils n’avaient pas mangé de « chair humaine », ils seraient morts de faim. Plus d’un tiers des membres de l’équipe de production sont morts de faim ; « Le deuxième père boiteux » « exagérait et falsifiait les informations » pendant le « Grand Bond en avant » et falsifiait la production céréalière.

En conséquence, la production céréalière de l’équipe de production n’était pas suffisante pour être remise à l’État… À la fin du « Grand Bond en avant », ses jambes furent brisées par les survivants, le laissant handicapé à vie ; pendant la « Révolution culturelle », mes cousins ​​éloignés « Chunwazi » et « Fuer » critiquaient leur propre oncle. Notre oncle avait un seau à fumier autour du cou et, masqué, il le remuait sans cesse. Le chronométreur de l’équipe de production utilisait son pouvoir pour « échanger de la viande » – donnant plus de points de travail à la femme qui couchait avec lui. Pendant la « lutte armée », le jeune cadre révolutionnaire de l’équipe de production risqua sa vie pour sauver celle du secrétaire du parti du district, puis lui demanda de faire avancer les choses par la porte de derrière, ce qui l’obligea à offrir des cadeaux. Un cousin frappa à mort le fils illégitime de sa mère veuve à coups de houe. Les membres de l’équipe de production adverse envoyèrent les voleurs venus de loin, arrêtés, à la briqueterie et les brûlèrent vifs. Lors du banquet funéraire, le grand-oncle septuagénaire renversa la table et partit, l’hôte ayant fait preuve de négligence en ne lui accordant pas la « place d’honneur » à table…

Quand j’étais à l’université, je discutais souvent avec un camarade de classe qui dormait sur la couchette inférieure. Sa famille ancestrale se trouvait dans le Jiangsu et il était un descendant de ‘boat people’. Ses parents étaient tous deux employés du Corps de récupération agricole d’Aksu (Licorice) du Xinjiang, et il était né et avait grandi au Xinjiang. Lorsqu’il évoquait les émeutes ouïghoures du Xinjiang et la façon dont Wang Zhen traitait les émeutiers ouïghours, dès qu’un émeutier apparaissait dans un village, tous les villageois, sans distinction de sexe et d’âge, étaient tués.

Lorsque les Ouïghours parlaient de Wang Zhen, leur visage changeait instantanément, à tel point que lorsque les enfants pleuraient la nuit, il leur suffisait de dire « Wang Zhen est là » pour qu’ils cessent immédiatement de pleurer. Bien sûr, il évoquait aussi la « barbarie » des Ouïghours. Lorsque les Ouïghours se révoltaient, si leurs meilleurs amis Han rendaient visite à des proches, cet ami Han avait des ennuis et les Ouïghours lui coupaient les oreilles... Il a parlé de l’incident au cours duquel un soldat du Corps de récupération agricole du Henan qui « privilégiait les fils aux filles » a tué sa propre fille à coups de pied...

Après avoir rejoint le monde du travail, j’ai personnellement expérimenté le système de gestion des entreprises publiques chinoises.

Après mon exil en Europe, j’ai d’abord travaillé dans un restaurant chinois, où j’ai pu constater de visu comment les patrons chinois traitaient leurs employés, notamment les « travailleurs illégaux ». J’ai également écouté diverses légendes sur la pègre chinoise, vu de mes propres yeux les Chinois « lâches » et évoqué l’image de la pègre que j’en avais moi-même vécue.

Plus tard, lorsque j’ai travaillé dans une entreprise européenne, j’ai vraiment compris ce que signifiaient les « droits de l’homme », ce que signifiait le « respect » et ce que signifiaient la « liberté, l’égalité et la fraternité »... Alors, je me suis désespérément détaché du cercle de vie chinois et je suis devenu complètement et confortablement un « faux étranger » que le peuple chinois méprisait.

Cela m’a fait réfléchir sérieusement aux raisons pour lesquelles la façon de penser et de se comporter des Chinois est si différente de celle des Européens et des Américains. Même les Chinois qui vivent en Europe et en Amérique depuis de nombreuses années, dont certains sont de deuxième génération, ont reçu une éducation européenne et américaine dès leur enfance, mais leur comportement est quasiment identique à celui des Chinois du continent. Les aborigènes vivant à Hong Kong ont reçu une éducation britannique dès leur enfance et ont même obtenu des diplômes d’universités britanniques. Leur façon de penser et de se comporter est quasiment identique à celle des Chinois du continent.

Je me suis ensuite plongé dans les écrits chinois anciens, en les combinant à mon expérience personnelle, et je les ai étudiés et explorés avec soin, pour finalement me forger ma propre opinion sur l’idéologie et la conscience culturelle du peuple chinois. C’est la raison fondamentale pour laquelle j’ai écrit ce livre. Suis-je un traître ? Je refuse d’y penser. J’espère simplement que tous les Chinois, et en particulier les « chiens de paille » au fond, pourront vivre une vie digne et comprendre véritablement ce que sont les « droits de l’homme », le « respect » et la « liberté, l’égalité et la fraternité ».

Aujourd’hui, je comprends parfaitement qu’il était tout à fait « correct » pour mon père et mon oncle d’appeler Mao Zedong et Hua Guofeng « Fils du Ciel » à l’époque. Dans leur conscience idéologique et spirituelle, Mao Zedong et Hua Guofeng étaient les véritables « empereurs féodaux confucéens ».

[Addenda – Bo Yang - Relation avec le paragraphe suivant à vérifier - Bo Yang (chinois traditionnel : 柏楊 ; chinois simplifié : 柏杨 ; pinyin : Bó Yáng ; zhuyin : ㄅㄛˋ 〡ㄤˊ ; prononciation taïwanaise : Bó Yáng) est un écrivain chinois né à Kaifeng (Henan) le 7 mars 1920 et mort à Taipei (Taiwan) le 19 avril 2008. Biographie - Son nom à la naissance est Guo Dinsheng (郭定生), nom plus tard changé en Guo Yidong (郭衣洞). Bo Yang est son nom de plume. Militant de droite durant les années 1930-1940, il s’installe à Taïwan après 1949. Il y publie des écrits marqués par l’anticommunisme, et se fait aussi connaître pour ses histoires d’amour. Il se fait ensuite aussi connaître dans le genre du zawen, essai satirique, dans lequel il excelle : il traite notamment de la corruption politique ou policière. L’indépendance d’esprit de l’écrivain gêne le pouvoir. Au prétexte d’une traduction de la bande dessinée Popeye, interprétée comme une critique du dirigeant Tchang Kaï-chek, il passe huit ans en prison (1968-1977), en tant que « conspirateur communiste ». Après sa libération, il s’intéresse surtout à l’histoire. Il traduit notamment en chinois moderne le Zizhi Tongjian de Sima Guang (xie siècle)[1]. L’aspect de critique sociale de son œuvre lui a valu d’être qualifié de « Voltaire chinois » par le New York Times. Son essai Abjects chinois, cinglant portrait des Chinois, s’est largement vendu à Taiwan. Publié en Chine continentale, il a été interdit par les autorités[2]. Il a dirigé le bureau d’Amnesty international à Taiwan de 1994 à 1996. Il meurt à Taipei le 29 avril 2008 à l’âge de 88 ans[3], d’une pneumonie[4]. Source ]

Suite du document traduit

M. Bo Yang a écrit un livre intitulé « La laideur chinoise », qui a failli susciter des attaques de la part des Chinois du monde entier (l’auteur était à l’avant-garde de la « jeunesse en colère » qui s’opposait à lui). L’analogie de M. Bo Yang entre la culture chinoise et la « culture des pots de sauce soja » est tout à fait logique. Cependant, sa conscience spirituelle a ses limites fatales : il analyse et décortique la culture traditionnelle chinoise de l’intérieur. Lui-même membre de la « culture des pots de sauce soja », il ne peut donc analyser et décortiquer en profondeur la véritable essence de la culture traditionnelle chinoise ! M. Bo Yang reconnaît la « laideur » des Chinois, mais il ignore pourquoi ils sont « laids » ; il reconnaît que la culture chinoise est une « culture des pots de sauce soja », mais il ignore la véritable origine de cette « culture des pots de sauce soja ». Tout comme « Je ne connais pas le vrai visage du mont Lu, car je suis dans cette montagne. »

J’utilise l’idéologie et la conscience culturelle de la civilisation chrétienne pour analyser et décortiquer l’idéologie et la conscience culturelle traditionnelles de la Chine. Je m’appuie sur la position de « chiens de paille  » de la Chine, sur les principes de « fraternité et d’égalité » du christianisme et sur le « concept juridique » de la civilisation européenne pour analyser et expliquer l’essence de l’idéologie et de la conscience culturelle traditionnelles de la Chine.

Par conséquent, lorsque j’ai écrit ce livre, je n’ai été influencé par aucune école de pensée de l’histoire chinoise, ni perturbé par la conscience partisane et communautaire de la société chinoise moderne. J’ai complété ce recueil universitaire avec « une capacité de réflexion indépendante et libre et une personnalité indépendante ».

Bien sûr, si nous regardons la culture traditionnelle chinoise du point de vue des puissants ou de la classe supérieure de la société, il ne fait aucun doute que la conscience idéologique et culturelle de la théocratie impériale féodale confucéenne est la « culture la plus parfaite » au monde, car ce type d’idéologie et de culture est une culture qui n’épargne aucun effort pour sauvegarder les intérêts des puissants.

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Préface  : Différences de conscience idéologique et culturelle entre les « chiens de paille » chinois et les citoyens européens et américains

Si vous marchez dans les rues de Chine et observez dix Chinois, vous constaterez que ces dix Chinois ont à peu près la même conscience mentale envers la société et le pays ; si vous marchez dans les rues d’Europe et des États-Unis et observez dix Européens et Américains, vous constaterez que ces dix Européens et Américains ont une conscience mentale quelque peu différente envers la société ou le pays, et peuvent même aller dans des directions opposées.

Le système de conscience idéologique et culturelle de la suprématie des droits civiques capitalistes européens et américains modernes diffère fondamentalement de celui de la théocratie féodale confucéenne orientale : dans l’idéologie des citoyens ordinaires en Europe et aux États-Unis, il n’existe aucune différence de statut entre les dirigeants du régime politique et les citoyens ordinaires, et ils sont égaux ; les élus sont soutenus par les contribuables, et non par l’État. Si le gouvernement fait preuve de bonnes compétences en matière de gouvernance, il est dans son droit et son devoir, et ne mérite ni éloges ni louanges ; s’il est incompétent, il manque à son devoir et doit être massivement sanctionné jusqu’à son éviction.

La culture du pouvoir des empereurs féodaux confucéens et de la théocratie dans l’histoire chinoise a toujours été dénuée d’éléments humains. Aux yeux des tenants de la théocratie féodale confucéenne, les gens ordinaires, au bas de l’échelle, ne sont pas différents des porcs et des chiens, c’est-à-dire qu’ils « considèrent les peuples du monde comme des épouvantails ».

En réalité, ces tenants de la théocratie féodale confucéenne considéraient le peuple comme du bétail. Guan Zhong, célèbre homme politique de la période des Printemps et Automnes, a écrit un ouvrage intitulé « Le Peuple Pastoral » sur la manière de gouverner le peuple ; l’empereur Wen de la dynastie Han, considéré par les confucéens comme l’un des quatre grands monarques sages de l’histoire féodale chinoise et l’empereur le plus bienveillant envers le peuple au bas de l’échelle, a écrit les mots suivants dans son édit visant à abolir la cruelle loi de la responsabilité collective : « … De plus, ceux qui dirigent le peuple et le guident vers le bien sont des fonctionnaires.

Ceux qui ne peuvent pas le guider et le punissent par des lois injustes sont ceux qui nuisent au peuple et sont violents… » Ils ont tous utilisé le mot « 牧 » directement. Le sens originel de « 牧 » est « nourrir » le bétail. Cela indique clairement que les dirigeants féodaux théocratiques confucéens considéraient le peuple comme du bétail et l’élevaient comme tel ; ils ne le considéraient jamais comme un « peuple » comme eux-mêmes !

Les empereurs féodaux chinois étaient déifiés par le confucianisme comme les fils du ciel (c’est-à-dire le Fils du Ciel), les maîtres du monde. Le pays tout entier était donc sa propriété privée : vêtements, nourriture, esclaves, beauté… autant de biens destinés à satisfaire ses divers désirs et besoins ; tout ce dont l’empereur se servait était appelé « Yu » : le carrosse impérial, le trône impérial, les repas impériaux, les femmes étaient des « pinyu », et avoir des relations sexuelles avec des femmes était appelé « Yuxing »… Le sens originel du mot « Yu » était de conduire du bétail pour tirer une charrette. Cela montre clairement et clairement que l’empereur considérait tous les peuples du monde comme du bétail à servir ; et les tenants de la théocratie féodale confucéenne, à tous les niveaux, considéraient naturellement leurs subordonnés comme du bétail à servir.

Les « chiens de paille » du bas de l’échelle sociale se qualifient eux-mêmes d’« hommes de paille » face à la théocratie féodale confucéenne, ce qui signifie qu’ils sont prêts à se laisser guider et faire paître par les puissants comme du bétail, et à être conduits et exploités par eux.

Les Chinois ont peut-être compris que même les puissants du bas de l’échelle – personnel de la sécurité sociale ou membres de l’équipe de défense conjointe de la sécurité urbaine – peuvent étaler leur pouvoir insignifiant sans scrupules, sans parler de la théocratie féodale confucéenne de plus haut niveau.

On rapporte que le secrétaire du comité municipal du Parti d’un canton d’une province du Sud est l’empereur local de la ville. Sa voiture spéciale circule librement en ville et ne respecte absolument pas le code de la route. Tous les autres véhicules doivent lui céder le passage, sous peine de lourdes sanctions. Un conducteur a respecté le code de la route et n’a pas cédé le passage au secrétaire municipal du Parti. Le secrétaire du Parti de la ville a immédiatement envoyé des hommes pour frapper et maltraiter le chauffeur, le frôlant de plein fouet. Un secrétaire du Parti d’un comté de la province du Shanxi est allé inspecter le travail du canton sous sa juridiction. Tous les fonctionnaires du canton, grands et petits, ont dû se rendre à la frontière pour saluer le secrétaire du Parti du comté. Sinon, les fonctionnaires du canton qui ne l’accueilleraient pas subiraient une fin honteuse.

J’ai vu un jour un agent de sécurité municipal abuser de la force contre un patient souffrant de troubles mentaux, le frappant et lui infligeant des décharges électriques à coups de matraque à plusieurs reprises. Dès que le fou se réveillait et disait quelque chose d’irrespectueux à l’agent de sécurité, il était immédiatement frappé et électrocuté… et de nombreux spectateurs étaient présents. Les habitants, indifférents, gentils et timides, ne pouvaient qu’observer, et quelques-uns acclamaient même les agents de sécurité, mais beaucoup exprimaient aussi de la pitié sur leurs visages.

Cela montre qu’ils ne sont pas vraiment indifférents et dénués de toute compassion humaine. Cela s’explique par leur terreur face à la théocratie féodale confucéenne du Parti communiste chinois, qui n’est soumise à aucune contrainte. Ils sont engourdis et impuissants à résister. Peut-être ont-ils eux-mêmes été harcelés par les dignitaires du Parti communiste et n’ont-ils pu que ravaler leur colère ; ils sont donc habitués à la terreur de la théocratie et aux abus de force des tenants de cette théocratie féodale confucéenne. (Ceci est l’expérience personnelle de l’auteur, et n’est en aucun cas inventé.)

Selon un article du journal sud-coréen ‘Chosun Ilbo’ du 25 mai 2002, le 16 mai, dans la cour d’un commissariat de police de la ville de Tumenjiang, en Chine, des journalistes ont vu des agents de la sécurité publique nord-coréens charger plus de 100 « transfuges nord-coréens » (des Nord-Coréens ayant fui vers la Chine) dans deux gros camions. À ce moment-là, ces « transfuges nord-coréens » avaient le nez percé d’anneaux de fer et étaient attachés avec des fils de fer de plus d’un mètre de long, et étaient conduits par des agents de la sécurité publique nord-coréens.

La plupart de ces transfuges nord-coréens étaient des hommes âgés de 30 à 40 ans, ainsi que des femmes d’une vingtaine d’années, des femmes âgées et plusieurs enfants. Les paumes des « transfuges nord-coréens » étaient également percées de fils de fer et leurs mains menottées avec des menottes en plastique. Après avoir été chargés dans les camions, les agents de sécurité publique nord-coréens ont attaché les fils de fer aux camions pour empêcher les « transfuges nord-coréens » de s’échapper sur la route... Le style d’escorte cruelle et inhumaine des « transfuges nord-coréens » par les agents de sécurité publique nord-coréens mentionné ci-dessus a fait froncer les sourcils des passants chinois continentaux face à cette scène barbare et tragique...

Si une violation aussi grave des droits de l’homme se produisait en Europe et aux États-Unis, la population protesterait sans aucun doute avec force, provoquant de graves troubles sociaux. Cependant, après des millénaires de théocratie féodale confucéenne, les « chiens de paille » chinois sont depuis longtemps habitués à de telles violations graves des droits de l’homme, qui peuvent toucher leurs compatriotes à tout moment. Leur regard renfrogné exprime déjà une profonde sympathie et une profonde pitié pour la tragique expérience des « transfuges » nord-coréens.

L’idéologie capitaliste européenne et américaine moderne, privilégiant les droits civiques et le système de conscience culturelle, diffère fondamentalement de l’idéologie confucéenne orientale et de son système de conscience culturelle. {{}}

Dans l’idéologie des citoyens ordinaires d’Europe et des États-Unis, il n’existe aucune différence de statut entre les dirigeants du régime politique et les citoyens ordinaires, et ils sont égaux. Les élus sont soutenus par les contribuables, et non par l’État. Si le gouvernement fait preuve de bonnes compétences en matière de gouvernance, il est dans son droit et son devoir, et ne mérite ni éloges ni louanges. S’il est incompétent, il manque à son devoir et doit être massivement sanctionné jusqu’à son éviction.

Cependant, dans l’idéologie des « chiens de paille » de la classe inférieure en Chine, qui est dominée par le système de conscience idéologique et culturelle confucéen, l’empereur ou les dirigeants du parti au pouvoir sont très au-dessus, sacrés et inviolables, et sont les donateurs ; les « chiens de paille » de la classe inférieure sont guidés par l’empereur ou le gouvernement, plutôt que les « chiens de paille » de la classe inférieure nourrissent l’empereur ou le gouvernement ; et les « chiens de paille » de la classe inférieure s’agenouillent et obéissent absolument et inconditionnellement à l’empereur ou à la théocratie gouvernementale, et ne peuvent avoir aucun comportement idéologique et conscient qui offense ou s’oppose à l’empereur ou à la théocratie gouvernementale ; par conséquent, si les politiques de l’empereur ou des dirigeants du gouvernement sont légèrement bénéfiques aux « chiens de paille » de la classe inférieure, ils n’épargneront aucun effort pour chanter les louanges de la grâce de l’empereur, le peindre sous un jour rose, ou être reconnaissants envers les dirigeants, et verser des larmes de gratitude.

Churchill, héros de la Seconde Guerre mondiale, que l’on peut qualifier de sauveur du peuple britannique, a sauvé le peuple britannique des ravages de l’Allemagne nazie, mais a subi une cuisante défaite aux élections démocratiques d’après-guerre. Il n’a eu d’autre choix que de déclarer, impuissant : « Le grand peuple est ingrat ! » Mais ses propos étaient inexacts : Churchill a mené le peuple britannique à la victoire sur les nazis allemands, ce qui était le devoir et l’obligation inéluctables que lui avait confiés le peuple britannique. En substance, Churchill n’avait aucune dette envers le peuple britannique, mais s’est simplement acquitté de son devoir.

Mao Zedong, le Chinois, a grandement contribué à l’unification de la Chine continentale. Aux yeux des « chiens de paille » de Chine continentale, il était fondamentalement le même que Churchill aux yeux du peuple britannique. Cependant, dans la conscience idéologique et culturelle de la théocratie impériale féodale confucéenne et dans l’idéologie idéologique et politique des « chiens de paille » armés chinois, Mao Zedong était le sauveur de ces « chiens de paille » de Chine continentale. Il a naturellement apprécié les louanges de ces « chiens de paille » et a incité ces derniers à s’agenouiller, à vénérer et à exprimer leur gratitude envers la théocratie communiste de Mao Zedong.

Lorsque le groupe dirigeant Hu-Wen abolit la taxe agricole en vigueur en Chine depuis plus de 2 500 ans, les « chiens de paille » ruraux de Chine continentale lui en furent reconnaissants et versèrent des larmes de gratitude. En réalité, cette lourde taxe agricole aurait dû être abolie depuis longtemps et d’importantes subventions agricoles auraient dû être accordées…

Dans l’histoire chinoise, les prisonniers de guerre chinois n’ont eu aucune chance de se soulever : ils ont été soit massacrés par l’ennemi, soit exilés. Par exemple, pendant la guerre de Corée, un petit nombre de prisonniers de guerre volontaires, animés d’un esprit populiste affirmé, sont retournés en Chine malgré les conditions préférentielles accordées par les États-Unis ou Taïwan, mais ont finalement subi le sort d’un exil à vie à la frontière.

Cependant, de retour dans leur pays, les prisonniers de guerre en Europe et aux États-Unis ne seront pas discriminés et seront traités en héros. Par exemple, le général Charles de Gaulle, héros national français, a été capturé par l’armée allemande pendant la Première Guerre mondiale et a vécu dans un camp de prisonniers de guerre allemand pendant deux ans. De retour en France, il s’est appuyé sur ses excellents talents militaires pour rapidement progresser dans l’armée française, devenant un héros français pendant la Seconde Guerre mondiale, fondateur de la Troisième République française et élu président de la République à trois reprises.

[NB. Les faits historiques avérés sont d’une autre nature JH){{}}

Dans les performances artistiques des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin en 2008 et de Londres en 2012, les deux grands réalisateurs de l’Est et de l’Ouest

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin : la grandeur grandiose, luxueuse et incomparable de dizaines de milliers de personnes, la scène immense exagérée, les costumes uniformes magnifiques et exagérés (même les marins portaient les « hauts chapeaux et larges ceintures » de Confucius), les mouvements uniformes, les mêmes instruments de musique, même les expressions faciales des acteurs étaient exactement les mêmes (sérieux, froids, sacrés, moralisateurs, inaccessibles)... ont pleinement démontré l’essence de la culture confucéenne : tous les Chinois ne peuvent avoir qu’une seule voix, un seul mouvement, une seule pensée et un seul rêve ; ont pleinement démontré que les réalisateurs chinois, armés de l’idéologie confucéenne et de la conscience culturelle, aimaient montrer le pouvoir divin suprême arrogant et ignorant, égocentrique de l’Empire céleste, et le prestige national « incomparable » de l’Empire central que seul le monde peut respecter ; ont pleinement démontré la poursuite de la nation chinoise pour la vanité superficielle, l’ostentation et le luxe ; Des « scandales », tels que le playback de la petite fille et les grandes empreintes de pas des feux d’artifice, synthétisées par des effets spéciaux informatiques, ont reflété, de l’extérieur, le manque d’intégrité, le manque de fiabilité et la fraude de la nation chinoise. Le drapeau olympique a été escorté jusqu’au site par des soldats de la République, ce qui démontre que la Chine a toujours été une société dominée par la puissance militaire. Quiconque contrôle la puissance militaire chinoise contrôle le moteur de la société chinoise.

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Londres  : il va sans dire que le peuple britannique tout entier (principalement ouvriers, ingénieurs, nobles, etc. ;.) a créé ensemble les Jeux olympiques, recréant la vie et les scènes de travail de divers personnages de la Grande-Bretagne pendant la révolution industrielle ; lors de la représentation finale, des centaines d’acteurs bénévoles de différentes couleurs de peau, de différentes lignées, de différents secteurs d’activité et de différents vêtements ont chanté leurs propres chansons, dansé leurs propres danses et fait leurs propres activités… À première vue, la scène était chaotique et chaotique, mais en réalité, elle était ordonnée, sans aucune influence ni interférence… Toutes sortes de scènes de vie d’une liberté et d’une harmonie totales !

Cela a pleinement illustré l’essence de la civilisation capitaliste moderne : liberté, égalité, fraternité, respect mutuel… Il y avait aussi des plans ouvertement « truqués » lors de la cérémonie d’ouverture : l’agent 007 du film a escorté la reine d’Angleterre tel un chevalier et a été largué par hélicoptère jusqu’au stade principal des Jeux olympiques. La « Reine » lors du saut en parachute était fausse (la vraie Reine était la vraie Reine à d’autres moments). Mais cela ne signifie pas que les Britanniques sont une nation d’imposteurs : chacun sait qu’il s’agissait d’une mise en scène, et la Reine octogénaire ne pouvait pas réellement sauter en parachute, et le réalisateur a délibérément montré un gros plan de la « Reine » en train de sauter en parachute, qui est différente de la vraie Reine (même les spectateurs non avertis peuvent le voir).

Cela montre également que la Grande-Bretagne est une monarchie constitutionnelle et un pays capitaliste ; sous la menace terroriste des fondamentalistes islamiques, des agents aux compétences uniques, omnipotents et prêts à se sacrifier à tout moment, protègent en permanence la sécurité des Britanniques et des Jeux olympiques… Le drapeau olympique était escorté par des représentants des Nations Unies, des personnalités antigouvernementales célèbres (une Indienne qui a vivement critiqué les gouvernements britanniques successifs et est considérée comme une « catastrophe » par les gouvernements britanniques successifs), etc., ce qui montre que la Grande-Bretagne est une société véritablement démocratique et ouverte au monde entier.

Hong Kong est un autre exemple. Sous la domination coloniale britannique, Hong Kong était un paradis pour les pauvres et les faibles de Chine continentale. Des millions de pauvres du continent ont fui vers Hong Kong, et la plupart ont été accueillis par le gouvernement colonial britannique, qui leur a permis de vivre et de travailler à Hong Kong. Après son retour au gouvernement chinois, Hong Kong est devenue un terrain de jeu pour les riches et les puissants de Chine.

Aujourd’hui, Hong Kong n’accepte que les demandes d’immigration des riches Chinois. De plus, les politiques du gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong après le retour ont progressivement favorisé la classe aisée et ignoré les intérêts fondamentaux de la classe pauvre, rendant les Hongkongais ordinaires de plus en plus « anti-riches »… Telle est l’attitude des régimes politiques issus de la civilisation confucéenne et de la civilisation chrétienne envers les personnes de tous horizons : la civilisation confucéenne sert les puissants et ne ménage aucun effort pour préserver leurs intérêts fondamentaux ; La civilisation chrétienne favorise les pauvres et les faibles, et peut prendre soin des intérêts des pauvres et des faibles autant que possible, et bien sûr, elle protège également les intérêts fondamentaux de tous les individus autant que possible, afin que tous les individus puissent parvenir à un équilibre des intérêts.

La civilisation confucéenne est comparable au tofu apprécié des Asiatiques de l’Est, tandis que la civilisation chrétienne est comparable au fromage apprécié des Européens et des Américains.

En moulant des graines de soja nature et en y ajoutant une grande quantité d’eau et de coagulants chimiques (sulfate de calcium), on obtient un tofu blanc, parfumé et tendre. L’essence de la civilisation confucéenne est de « gouverner le pays par l’éducation et le faire prospérer par l’étiquette ». Grâce aux efforts inlassables des générations successives de la classe confucéenne, une grande quantité d’eau a été ajoutée, ce qui a donné naissance à la « culture brillante » colorée d’aujourd’hui. Lorsque le lait (de chèvre, de jument, etc.) est bouilli à haute température et vigoureusement remué, la majeure partie de l’eau est extraite et l’essence du lait reste, ce qui permet de le transformer en divers fromages.

La civilisation européenne a évolué au cours d’une longue histoire, en éliminant divers courants inutiles, et s’est développée jusqu’à devenir les diverses caractéristiques culturelles actuelles qui semblent chaotiques en surface, mais qui sont en réalité bien organisées. {{}}

 

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独啸天

Source : https://www.wenxuecity.com/blog/202009/75028/18292.html

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  • Sens de l’expression ’chiens de paille’ dans la culture chinoise – Selon une demande à ‘ChatGPT’{{}}
    L’expression « chiens de paille » provient de la philosophie taoïste (notamment du Dao De Jing / 道德 de Laozi). Dans ce texte ancien, il est écrit que « le Ciel et la Terre sont indifférents et traitent tous les êtres comme des chiens de paille ».

🧠 Interprétation - Les chiens de paille (草狗 / 草人) étaient des figurines utilisées lors des rituels religieux en Chine ancienne. On les traitait avec respect pendant la cérémonie, mais on les jetait une fois leur rôle accompli. Ainsi, cette métaphore symbolise :

  • La nature impersonnelle de l’univers ou du Tao.
  • Le caractère éphémère et instrumentalisé des choses et des êtres.
  • La futilité des apparences et du statut social.
    On retrouve cette image dans le chapitre 5 du Dao De Jing :

天地不仁,以万物为刍狗
Les Cieux et la Terre ne sont pas bienveillants ; ils considèrent les dix mille êtres comme des chiens de paille.

🈶 Écriture en chinois simplifié - Voici la traduction de ’chiens de paille’ en chinois simplifié : 刍狗 (chú gǒu) - 刍 = herbe fauchée, fourrage - 狗 = chien

🔹 刍狗 = chien de paille ou de fourrage ---

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Du Grand Bond en Avant (Da yuejin, 1958-1960) à la Grande Famine (Kunnanshiqi, 1959-1961), jusqu’au répit de 1964-1965

Les fonderies d’arrière-cours et l’extermination des moineaux

Le désastre s’installe dans le pays

Refonte idéologique du lycée et embrigadement des élèves

Le terrible hiver 1961

La Grande Famine : une catastrophe d’origine politique

Les camps de rééducation (laogai)

Je perds un rein : sous-nutrition et manque de sommeil

Retour au lycée (1964) : un court répit avant la tourmente

Un deuxième cataclysme : la Révolution culturelle (Wenhua dageming)

Les Gardes Rouges (Hong weibing)

Mettre les minorités ethniques au pas

L’assèchement du lac : un exemple de décision contre-productive

Les prisons de rééducation d’entreprise : les niupeng (1969)

Épilogue : la réalisation de mon rêve, l’Université

[Addenda - Pierre Gentelle (né le 7 juillet 1933 à Marseille et décédé le 4 octobre 2010 à Paris 8e[1],[2]) est un géographe spécialiste de la Chine et des zones arides (Asie centrale, Chine, Moyen-Orient), directeur de recherche émérite au CNRS. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Chine contemporaine et l’Asie centrale, et a participé activement à l’animation du « réseau Asie »[3], mis en place en 2001 par le CNRS, la Maison des sciences de l’homme (MSH), la Fondation nationale des sciences politiques et l’EHESS… - Suite ]

Notes de la rédaction :

Voici un texte rare, traduit du chinois, que Pierre Gentelle tenait à publier en France pour témoigner des avanies subies par le peuple chinois dans son histoire récente. Il s’agit d’une chronique biographique racontée par une femme chinoise qui a choisi de rester anonyme. Le récit commence depuis ses années de collège en 1958 jusqu’à son entrée tardive à l’université en 1978 alors qu’elle avait plus de trente ans, processus longuement retardé à cause de la Révolution culturelle. L’intérêt de ce témoignage poignant, qui met en perspective plusieurs générations, est de porter à la connaissance des lecteurs maints détails de la vie quotidienne de ces années sombres vécues par les paysans et les citadins, d’abord entre 1958 et 1962, pendant le Grand Bond en Avant et la Grande Famine, puis pendant la Révolution culturelle jusqu’à l’arrivée de Deng Xiaoping en 1978. Le regard porté sur cette époque, à la fois tragique et stupéfiante, est celui d’une famille qui avait un mauvais ‘chengfen’, c’est-à-dire une antécédence sociale considérée comme anti-révolutionnaire, en l’occurrence une famille dont le père a été un général du Guomindang assassiné en 1950.

Ces années sombres constituent encore aujourd’hui un grand traumatisme dans les esprits et les corps de ceux qui l’ont vécu il y a 40 à 50 ans. Mieux connaître cette période permet aussi de mieux comprendre l’évolution des mentalités actuelles dans une Chine transformée par « l’hyper-modernité ».

Paradoxalement, les mêmes procédés qui ont favorisé l’embrigadement de la population sous Mao sont encore là, mais dans un contexte différent. Or, ces contrôles et formatage des masses par les processus de subjugation et d’aliénation, puis de fragmentation ne sont pas spécifiques à la Chine : ils existent aussi aujourd’hui dans le monde occidental sous d’autres formes comme ils l’ont été dans d’autres conditions en Allemagne dans les années 1930 ou au Japon dans les années 1930-1940, des pays pourtant « développés ».

Cette dimension psycho-sociale, qui est la trame de cette chronique, constitue donc une opportunité pour réfléchir et aider à mieux diagnostiquer les fondements des comportements de groupe et des pathologies sociales, en Chine comme ailleurs. La nouvelle génération chinoise des mégapoles a déjà commencé à oublier cette période qui est pourtant celle de leurs parents et grands-parents. Ce texte se veut donc un hommage au peuple de Chine qui a traversé les pires épreuves en faisant preuve d’une grande résilience. Ce processus de résistance et d’adaptation aux difficultés serait selon Pierre Gentelle l’un des moteurs de la transformation fulgurante de la Chine actuelle.

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Du Grand Bond en Avant (Da yuejin, 1958-1960) à la Grande Famine (Kunnanshiqi, 1959-1961), jusqu’au répit de 1964-1965

1 En 1958, toute la Chine s’est précipitée dans un mouvement politique et économique promu par Mao Zedong, le Grand Bond en Avant (Da yuejin). Il a été symbolisé dès le début par le développement soudain d’un secteur industriel dénommé Dalian gangtie (« forger le fer et l’acier ») dans le but de rattraper le retard économique avec l’Occident. C’est ainsi qu’a commencé le funeste Grand Bond en Avant qui a bouleversé la vie de toute la population chinoise, du plus jeune au plus vieux, et a engendré la pire famine du xxe siècle qui aurait fait près de trente millions de morts.

Les fonderies d’arrière-cours et l’extermination des moineaux

2 Cette année-là, dans une province rurale de Chine du Sud, ma mère Leiying a été envoyée pour travailler à la campagne. Une nuit, à 2 heures du matin, on lui a demandé d’aller de toute urgence à Langwan, la « vallée du chacal ». En arrivant sur les lieux, elle a vu une multitude de gens qui se pressaient autour de petits fours de brique (fig. 1) : ils allumaient les feux, ajoutaient du charbon et des objets métalliques de toutes sortes : boites, casseroles, bêches… Puis tous s’immobilisaient comme des statues. Et au moment où le fer rouge se mettait à couler, cette foule agglutinée se mettait à sauter de joie en s’écriant :

On a dépassé l’Angleterre et l’Amérique ! On a dépassé l’Angleterre et l’Amérique !

3 Puis, ils rajoutaient à nouveau du charbon de bois dans les fours ainsi que des objets de fer.

4 À cette époque, j’avais treize ans et j’étais en classe de cinquième ; je me souviens avoir passé toute la nuit avec mes camarades derrière le stade de football. Là les lycéens construisaient d’autres petites fonderies tandis que les collégiens, qui prenaient cela très au sérieux, venaient offrir aux lycéens tous leurs objets métalliques pour les fondre. Tous attendaient ce moment excitant où l’on contemplait le liquide rouge s’écouler, symbole de réussite du pays. Mais au bout de plusieurs jours, je me suis demandée pourquoi un liquide si magnifique donnait un fer si moche que personne n’utilisait et qui restait dans un coin du terrain de sport. Je me rappelle aussi cette nuit où ma mère avait couru à Langwan pour aider un de ses collègues qui avait été mordu par un chien enragé. Le dimanche, j’ai accompagné ma mère jusqu’à l’hôpital. Mais quand on est arrivée au seuil de la chambre, on l’a vu attaché sur son lit avec une corde de chanvre. Les cheveux en désordre, se débattant de tout son corps, il aboyait comme un chien. Sa femme était désespérée ; elle pleurait et voulait toucher son mari, mais à plusieurs reprises l’infirmière l’a arrêtée en criant :

Surtout ne vous approchez pas de lui, il risque de vous transmettre la maladie.

5 Ma mère et ses collègues ont alors saisi sa femme pour la protéger et la calmer. En rentrant, ma mère qui marchait dans la nuit le cœur battant, priait à voix haute en disant : Amitofo, le Bouddha, protégez-moi !

6 Puis cette période folle s’est terminée laissant la terre couverte de mauvais fer. Et les gens sont partis.

Figure 1 – Représentation d’un haut fourneau en activité durant le Grand Bond en Avant (dessin Zhengsheng)

Figure 1 – Représentation d’un haut fourneau en activité durant le Grand Bond en Avant (dessin Zhengsheng)

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7 Le Grand Timonier demanda alors à tout le peuple de lancer un nouveau mouvement appelé Chu sihai en vue de détruire ce qu’il appelait les quatre pestes : les mouches, les moustiques, les rats et les moineaux (aujourd’hui Chu sihai est une marque de pesticides chinois).

Comme il s’imaginait que ces oiseaux dévoraient le riz dans les champs, on devait les anéantir. Cette année-là, en 1959, j’étais en classe de quatrième et nous avons tous participé à la chasse aux moineaux. Un jour, tous les élèves de l’école ont été envoyés au pied de la montagne de Huqi. Le professeur responsable nous a harangués en disant :

Répondons à l’appel du pays : exterminons l’un des quatre malfaiteurs, le moineau !

8 Chaque enfant s’est alors emparé d’un bout de branche et s’est mis à frapper les broussailles pour empêcher les moineaux de se poser. Au même moment, des tambours se sont mis à vibrer et des haches à frapper. Des bourdonnements et des hurlements par milliers accompagnaient l’action : Je te tue moineau ! Je te tue, toi l’un des quatre malfaiteurs !

9 Soudain, la montagne s’est mise à frémir ; effrayés, les moineaux ont commencé à se fatiguer et à s’affoler, puis à tomber. Beaucoup d’entre eux étaient des oisillons encore chauds et on s’amusait à les toucher.

10 À ce moment, une voix forte a retenti : Arrêtez ! Ce que vous faites est cruel. Les moineaux sont utiles, ils mangent les insectes nuisibles !

11 C’était notre professeur de biologie, avec ses grosses lunettes rondes ; il paraissait très fâché. Mais au bout de quelques minutes, les hurlements et les coups ont recommencé à résonner dans la montagne. Les garçons du collège étaient très excités, ils agitaient des bâtons et couraient en pourchassant les moineaux jusqu’à leurs derniers souffles. À la fin de la journée, la montagne était couverte de cadavres d’oiseaux. Harassés, mais satisfaits, les élèves ont jeté leurs bouts de bois et sont descendus en courant comme des bancs de poissons. De retour au lycée, le professeur a été convoqué par le comité de critiques. Alors qu’il avait lui-même beaucoup de choses à dire, on ne l’a même pas laissé s’exprimer (fig. 2). Au contraire il a été obligé d’écouter toutes les critiques. Un professeur a déclaré : L’attitude de petit capitaliste du professeur Chen est inacceptable. Il désobéit aux ordres de nos dirigeants.

12 Moi qui aimais ses cours sur les plantes et les animaux, je le regardais maintenant avec compassion.

Figure 2 – Durant la Révolution culturelle, les professeurs dits « anti‑révolutionnaires » étaient soumis à des séances d’autocritique ; l’humiliation publique la plus connue était celle de « l’avion à réaction »

(dessin Zhengsheng, d’après une photo publiée dans Chang et Halliday, 2006)

https://journals.openedition.org/com/docannexe/image/6158/img-2-small480.jpg

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13 À partir de 1959, le pays est tombé dans une famine terrible. Les gens manquaient de tout, et on devait acheter les produits avec des tickets, mais on en avait très peu. Ainsi ma mère se privait pour nous laisser de la nourriture. De nombreux enfants et adultes ont développé la maladie du « ventre gonflé » (œdème de l’abdomen) par sous-nutrition. Lors des réunions de propagande pendant lesquelles on récitait le Petit Livre rouge, les chefs des commissions de quartier répétaient : La patrie s’occupe de vous, les malades peuvent aller à l’hôpital pour obtenir un certificat. Avec cela, vous pouvez venir au bureau de commission pour manger du soja, ça soigne les ventres gonflés.

14 C’est ainsi que j’ai accompagné ma voisine au bureau de la commission pour qu’elle mange quelques fèves de soja dans un bol.

Le désastre s’installe dans le pays

15 Après le Dalian gangtie, est survenue la période désastreuse de Kunnanshiqi (« époque difficile » oula Grande Famine). Les associations ont alors construit des fermes et planté du riz et des céréales pour tenter de combattre la famine. Au printemps 1960, ma mère a été envoyée par son entreprise de légumes dans une ferme pour cultiver du maïs et des tomates. Je me rappelais que cela faisait déjà dix ans que mon père était mort. Par ma mère, je savais qu’il était un grand patriote, un général du Guomindang, mais il avait été assassiné en 1950 par le régime maoïste dans des conditions sinistres ; son corps n’avait pas été enterré, mais volontairement laissé aux chiens. J’avais à peine cinq ans. Aujourd’hui, dans la tourmente, nous n’avions plus de père pour nous protéger ! La famille a alors envisagé de se séparer et, en juillet, avec mon petit frère, nous sommes partis du collège alors que Airao, notre frère aîné, terminait le lycée. Pour lui, son rêve était d’entrer à l’université, mais il était barré par l’administration à cause de son mauvais chengfen. Du coup Grand frère s’est replié sur lui-même ; il est devenu silencieux, il a maigri comme un singe, ses yeux se sont creusés derrière ses lunettes. Très vite, il a dû s’inscrire au banshichu, le « bureau des affaires de quartier ». Puis il a trouvé un travail de porteur de terre pour la construction de l’aéroport. Ces petits boulots, appelés dalanzhan (« faire la guerre au désordre »), étaient la seule opportunité de travailler pour les adolescents qui avaient de mauvais antécédents sociaux.

16 De mon côté, je désirais ardemment poursuivre mes études à la faculté des Arts car j’adorais la littérature et dessiner, mais mon professeur principal n’était pas d’accord. Son refus était probablement dû à l’exclamation, « c’est vrai ? », que j’utilisais très souvent sans m’en rendre compte. Il a donc imaginé que je doutais du socialisme : par conséquent, je n’avais pas le droit d’entrer à l’université. Mais cela, je ne l’ai su que plus tard. Alors, avec Petit frère Aixun, nous avons été envoyés pour nous inscrire chacun dans une école d’agriculture. Celle d’Aixun était toute nouvelle alors que la mienne, Gaonong, avait été construite au début des années 1900, c’est-à-dire à la fin de la dynastie Qing (1644-1912). Le certificat d’inscription dans la main, notre mère, s’est mis à pleurer : Il est encore si jeune et obligé de quitter la maison.

17 Toute la famille était bouleversée. Ma mère a demandé un congé pour préparer les bagages de ses enfants et réparer les couettes.

18 Depuis la disparition de mon père en 1950, ma mère avait vainement tenté de trouver du travail, mais personne ne voulait l’embaucher à cause de son mauvais chengfen (épouse d’un général du Guomingdang). Finalement, elle a pu installer un étal de légumes dans la rue, juste à côté d’une connaissance qui n’était autre que l’un des élèves de Papa lorsque celui-ci enseignait dans la célèbre Académie Militaire de Huangpu, près de Canton, fondée par Sun Yat-Sen en 1924. Depuis, cet homme avait sauvé de nombreuses vies pendant la guerre sino-japonaise, mais après 1949, personne n’osait l’employer. Avec sa femme, ils étaient contraints de vendre des légumes pour survivre. C’est d’ailleurs à ce moment, dans la même rue, que ma mère s’est cassé le bras en moulant du tofu sur l’étal : le docteur Zhang l’a guérie. Puis en 1956, le mouvement Gongsiheying est arrivé. Tous les étals ont été remplacés par l’entreprise de légumes de l’État et les particuliers en sont devenus les employés. Au même moment, notre maison a été réquisitionnée par la secrétaire du parti de l’entreprise de légumes. C’était une grande femme, qui avait été une prostituée avant 1949 ; dès que les communistes ont pris le pouvoir, elle a adhéré immédiatement au Parti Communiste Chinois (PCC), ce qui lui a permis de devenir rapidement chef de l’entreprise de légumes. Du jour au lendemain, notre famille de cinq personnes a dû se replier sur une chambre louée, très sombre et étroite, au plafond abîmé. La pluie tombait sur le lit, c’était un cauchemar ! Dans l’entreprise de légumes, les salaires étaient décidés par des groupes. Comme la « cheftaine » trouvait que ma mère n’était pas assez dynamique, elle l’a envoyée dans le groupe du transport en ricanant : L’épouse d’un officiel doit travailler beaucoup pour se rééduquer !

19 Par rapport aux hommes, ma mère avait évidemment moins de force. À la fin du mois, elle touchait le salaire le plus faible, soit entre 3 et 8 yuans. Avec une somme si maigre, elle n’arrivait même pas à nourrir ses enfants avec du riz, et forcément sans légumes. Elle a donc été obligée de vendre les couettes pour survivre. C’était si douloureux pour elle de voir partir ses trois enfants sans rien.

Ils ont une couette si abîmée, comment vont-ils passer l’hiver sans matelas en coton ! Je les laisse souffrir…

20 Pendant ces moments de désespoir, elle pensait fortement la nuit à son mari, mais elle savait qu’il ne reviendrait plus jamais. Elle nous demanda de s’approcher et dit :

Souvenez-vous, dès que vous vous installez, dans le chantier ou bien à l’école, trouvez du foin pour les lits. Quand j’étais à la ferme, j’ai fait la même chose, sinon on ne peut pas passer l’hiver.

Maman, ne t’inquiète pas ! Je vais acheter les matelas en coton dès que je touche mon salaire, a déclaré Grand frère en pleurant.

21 Grand frère était non seulement le meilleur de sa classe, mais c’était aussi un fils très respectueux. Je me souviens bien de l’époque de son lycée ; comme on n’avait pas assez d’argent, il ne mangeait qu’une fois par jour. Puis il a attrapé une maladie gastrique, mais il ne disait rien à notre mère. Un dimanche, quand il est rentré, il m’a vu en train de manger, alors il s’est mis à pleurer. Très surprise, je lui ai demandé ce qu’il avait. Il m’a raconté la vérité, mais m’a interdit de le dire. Comme je ne pouvais plus garder le secret, j’ai tout raconté. Alors notre mère s’est mise aussi à pleurer, puis elle m’a dit : Dépêche-toi ! Va au parc trouver des légumes sauvages. Je vais faire un repas pour ton frère.

22 Sans argent pour prendre le bus, avec mon jeune frère nous avons marché pendant plusieurs heures pour arriver au lycée. Nous y sommes arrivés très tard dans la nuit, tout le monde était couché. On a trouvé notre frère dans sa chambre ; comme il avait peur de réveiller ses camarades, il nous a emmenés dans le couloir. Là nous lui avons donné le riz et les légumes sauvages qu’il a engloutis en moins d’une minute. Puis il nous a dit d’un ton sérieux : Il ne faut plus m’apporter de repas ! Demain vous irez à l’école !

23 Le lendemain, ma mère a emprunté de l’argent et le lui a amené au lycée en disant : Airao, il ne faut plus te laisser souffrir comme çà !

24 Avant de se coucher, ma mère nous a dit en me touchant la tête : Même si on est très pauvre, n’oubliez pas d’être une bonne personne. C’est votre père qui le disait.

Refonte idéologique du lycée et embrigadement des élèves

25 Au lycée agricole, durant la première semaine, nous avons organisé une réunion de classe ; le professeur principal Muo nous a distribué des formulaires et demandé d’indiquer notre origine sociale (chengfen). Comme mon père était décédé, j’ai mentionné la profession de ma mère : vendeuse. Cela me paraissait très bien car ainsi l’école n’allait pas savoir que mon père était un ancien officier militaire de haut rang. Je montrais le papier à ma meilleure amie Li Wenxin, car je voulais qu’elle fasse de même, son chengfen n’étant pas bon. Dès mon arrivée au lycée agricole, j’ai tout de suite apprécié cette fille calme et humble. Au premier coup d’œil de mon formulaire, elle a été tétanisée ; elle a regardé partout autour de nous, puis elle m’a murmuré : Il ne faut pas remplir comme ça, si quelqu’un le sait, tu vas te faire prendre ! C’est le règlement, on doit remplir la profession du père.

26 Et j’ai été prise d’une angoisse soudaine.

27 À chaque cours de Lettres, je pensais et réfléchissais beaucoup ; notre professeur Muo ne ressemblait pas du tout à un professeur de Lettres, mais à un professeur de Sciences politiques. Un jour il nous a demandé : Écrivez sur une feuille les noms des livres que vous lisez depuis la rentrée, et dès que vous avez fini, vous me l’apportez.

28 Chaque groupe donna ses feuilles ; le professeur jeta un coup d’œil et s’étonna de ma réponse : Lin Ailian, tu es la seule à lire toutes ces pestes, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7… ! Comment vas-tu faire ? Le président Mao a dit que plus on sait, plus on est réactionnaire, le savoir ici ce sont ces pestes que tu lis ! Tu viendras dans mon bureau à la recréation !

29 Dans son bureau, je fus obligée d’écouter ses enseignements : Tu es née dans une famille de très mauvaise classe sociale, c’est pour cela qu’il faut reprendre le bon chemin, mais tu continues d’empoisonner ton esprit ! Puisque c’est comme ça, tu vas écrire des textes de critique sur les deux livres que tu as lus. La semaine prochaine on commencera les cours de travaux manuels, tu devras mettre toute ton énergie afin de te rééduquer.

30 Cependant je ne savais pas comment critiquer ces livres que j’adorais. Alors j’ai imité les analyses du Journal des jeunesses chinoises, et j’ai critiqué Nekhlioudov, le héros du roman Résurrection de Léon Tolstoï, d’avoir un humanisme bourgeois ; je critiquais aussi Lin Daojing, le héros du Chant de la jeunesse de Yang Mo, d’avoir un comportement de petit capitaliste, et je les donnais au professeur Muo.

31 Au lycée agricole, les cours de travaux manuels étaient fréquents. On plantait des choux, des radis, des piments, des patates douces, du colza. Il y avait des camarades qui se plaignaient : C’est quoi ces cours ? On ne fait que produire !

32 Souvent le sol était sec et dur, on était penché en avant comme tous les paysans, dos vers le ciel et visage contre terre. À la fin de ces cours, j’étais tellement épuisée que je ne pouvais plus me tenir debout, mais je n’osais pas le dire, car j’avais très peur que mon professeur le sache. Pendant la pose de midi, comme les courbatures me faisaient mal, je m’appuyais contre les arbres, et je rêvais souvent en somnolant. Un élève, voyant que je ne me plaignais jamais, disait : Regardez Lin Ailian, elle est maigre, elle n’est pas en bonne santé, mais elle n’est jamais fatiguée ! De plus, toutes les filles se reposent pendant leurs règles, mais elle non !

33 Je me sentais gênée et je mentais : Mais je ne suis pas fatiguée.

34 Et pourtant, dans mon journal j’écrivais : Je suis tellement fatiguée, mais je dois changer ma pensée, pour lutter contre mon origine sociale. Maintenant, le regard du professeur Muo n’est plus aussi courroucé contre moi, ma fatigue n’est donc pas inutile.

35 Un jour, le professeur Muo nous a demandé soudainement d’écrire de nouvelles chansons populaires très en vogue à l’époque : imagination, exagération, romantisme, c’étaient leurs caractéristiques. Ce soir-là, j’ai fini par trouver ma chanson. Les paroles commençaient par : Dieu du ciel, je suis ton maître,/Je t’ordonne de pleuvoir maintenant !/Roi de la terre, tu es mon esclave,/Je veux que tu te réveilles de ton hivernage !/À vos ordres, Maître,/J’obéis à vos commandements,/Je suis votre serviteur,/Mais je veux savoir : qui êtes-vous ?/Je n’habite ni au firmament,/Ni aux temples des enfers,/J’habite aux villages des « Communes populaires »,/Je suis un paysan moderne de la nouvelle Chine !

36 Le professeur Muo a lu à haute voix mon œuvre devant toute la classe.

Le terrible hiver 1961

37 Il a fait très froid et humide au cours de l’hiver 1961. Ma mère qui travaillait à la ferme n’avait pas de lit. Ses collègues hommes ont donc décidé de lui en fabriquer un en bois grossier. Maman a appris à creuser la terre et à semer les graines ; Grand frère venait tous les week-ends et lui a demandé instamment de se reposer pendant qu’il labourait la terre à sa place. Durant la récolte de qinggang, ma mère a fabriqué une poche spéciale, attachée à sa ceinture, ce qui lui permettait de cueillir les graines avec les deux mains et de doubler ainsi son rendement. D’ordinaire on ne mangeait pas les graines de qinggang, mais en cette période de grande disette, tout était bon pour survivre. La technique consistait à moudre les graines, puis à cuire une sorte de farine pour faire des gâteaux, mais leur consommation provoquait des troubles digestifs. Pour survivre, beaucoup étaient contraints de voler de la nourriture, par exemple à la cantine, et même d’aller dans les poubelles pour gratter les os. Comme ma mère n’a jamais eu cette attitude, les cuisinières de la cantine lui ont demandé de travailler avec elles. Et depuis ce jour, chaque week-end, maman a ramené à la maison un fagot de bois pour économiser, mais par suite du poids des bûches, une douleur au bras ne la quittait plus.

38 Un jour, Grand frère est allé à la ferme pour la voir, mais il l’a trouvée très souffrante, allongée sur le lit. Il s’est alors précipité pour emprunter une charrette avec une couette de coton, et l’a transportée jusqu’à l’hôpital de la ville, distant de 10 km. Le diagnostic est tombé : c’était une infection aiguë de la rate. Le chirurgien a donc décidé de l’opérer dans l’heure, sinon elle risquait de mourir. Après l’opération, Grand frère a appris que ce problème à la rate était dû à la sous-nutrition. Très inquiet, il a décidé de vendre son sang à l’hôpital. L’aiguille plantée dans son bras maigre, le visage pâle, il voyait couler ce sang avec lequel il allait pouvoir gagner de l’argent et surtout obtenir des tickets d’achat. C’est ainsi qu’il a réussi ensuite à acheter de la viande et d’autres produits qui lui ont permis de préparer de la bonne soupe tous les jours. Ragaillardie par ces aliments, petit à petit, maman a guéri. Vous avez vraiment un bon fils ! On vous admire ! disaient les autres malades de la même chambrée.

39 Ma mère a souri, elle était si fière de son fils. Quant à moi et à mon petit frère, nous n’étions pas au courant de la maladie de notre mère. On ne l’a appris que plus tard quand on est allé la voir à la ferme. Par la suite, Grand frère m’a raconté ce qui s’était passé : Je tournais dans les couloirs de l’hôpital avec une grande inquiétude. Comment avoir des tickets d’achat rapidement ? Et soudain j’ai pensé que je pouvais vendre mon sang.

40 Puis il a ajouté : Ne dites jamais cela à maman !

41 Dix ans plus tard, par un ami de mon frère, ma mère a appris cette affaire de vente de sang. Alors elle est devenue soudainement silencieuse et on a vu les larmes couler sur son visage.

42 Au cours de cet hiver, il faisait 2 ou  °C à l’intérieur du lycée agricole. Je ne supportais plus ce froid qui me pénétrait jusqu’aux os. La nuit, je n’avais aucun matelas et aucune bonne couette en coton, mais seulement une couverture fine et dure dans laquelle je me recroquevillais jusqu’à l’aube. Je me souvenais alors que maman nous avait dit de chercher du foin. Mais comment faire car il n’y avait plus de foin, il était déjà utilisé pour la litière des cochons. Dans ces conditions, je n’arrivais plus à dormir et je rêvais au soleil de l’été, à un bon feu, à de grosses couettes et à papa revenant à la maison. Et quand la température s’est mise à descendre encore plus bas, j’ai vraiment commencé à avoir peur. Je ne voulais plus continuer à souffrir ainsi. Alors, au moment où tous les camarades se couchaient, je descendais de mon lit, sortais de la chambre et commençais à courir sur le terrain de sport. La nuit était si calme et la lune si pure, je n’entendais que le son de mes pas. Comme des diamants bleus, les étoiles scintillaient dans le ciel. La nuit était belle. Soudain je pensais à la grande cuisine et à ses fourneaux. Je me précipitais vers la cantine et pénétrais à l’intérieur. Les quatre grands fourneaux n’étaient pas éteints. Quelle chaleur, mon Dieu ! Dehors, le vent soufflait doucement. Toutes mes douleurs s’en allaient, j’étais apaisée. Comme les chiens commençaient à aboyer, je me disais : N’aie pas peur, ce ne sont que les chiens des paysans.

43 La chaleur continuait de réchauffer mon corps affaibli, mais cette fois je me sentais angoissée par cette obscurité. Au moment du premier chant du coq, je remerciais Dieu d’être là. La faible lumière de l’aube m’a fait lever la tête : une ampoule était pendue au plafond. J’allumais cette lampe providentielle : c’était le paradis ! Et je me disais : C’est ici que je vais lire les romans que j’aime tant et en plus dans la douce chaleur !

44 Le lendemain, quand la nuit est tombée, j’ai amené Une maison de poupée, la fameuse pièce de théâtre du Norvégien Henrik Ibsen, ainsi que mon journal et un petit tabouret. Je pénétrais dans la cuisine et me jetais dans ce recoin de paradis. Assise tranquillement, je commençais à lire, je n’avais plus rien à craindre. Quand le sommeil commençait à m’envahir, je posais ma tête sur la jambe ou bien contre le mur, et je rêvais de la douceur de ma mère. Comme le printemps était encore loin, je décidais de garder le secret de cette cache pour franchir cette période si dure. En effet, le travail de la journée était très pénible et, de plus, on mangeait très mal. Malheureusement je ne me suis pas rendu compte que le manque de sommeil pouvait aussi détériorer ma santé. J’étais aussi naïve que la petite fille aux allumettes dans le bois enchanté. Mais finalement grâce à ce fourneau, je ne suis pas morte de froid. Et le plus important, c’était de pouvoir m’évader en lisant paisiblement. Durant tout l’hiver 1961, j’ai fini de lire tous les romans interdits conseillés par mon grand frère dont Hamlet de Shakespeare et Les Misérables de Victor Hugo. Je suis rentrée à la maison pour passer le Nouvel An du calendrier occidental. Dès que j’ai vu mon grand frère, je me suis mise à pleurer. Dans le lit, il y avait de nouvelles couettes en coton. Ils ont donc réussi à les acheter grâce à leur dur labeur. Mais Grand frère devenait de plus en plus maigre. Il a pris mes épaules et m’a dit : Tu n’es pas assez couverte. Je vais t’acheter des vêtements.

45 Un manteau en coton, décoré de fleurs bleues et blanches, et un pantalon vert assez épais m’ont réchauffée immédiatement. Depuis lors, à l’école, je dors en portant ce pantalon.

46 Un week-end, Grand frère et sa petite amie sont rentrés à la maison pour passer un jour en ma compagnie. Elle était une fille très belle, et adorait rire. Discrètement, elle m’a dit : Dans la cantine du chantier, ton frère choisit toujours le repas le moins cher.

47 Cette révélation m’a beaucoup affectée. Et je me félicitais de ne pas lui avoir dit que je mourrais de froid à l’école. Plus tard, mon frère est allé avec son amie rencontrer sa famille. Son père était un jardinier qui avait un excellent chengfen. Immédiatement il a demandé le chengfen de mon frère. Il lui a répondu honnêtement « général du Guomindang » et la réponse du père de son amie ne s’est pas fait attendre : Dehors ! Je t’interdis d’aimer ma fille !

48 Celle-ci a alors fondu en larmes car elle aimait mon frère. Auparavant elle m’avait raconté leur rencontre : Tous les soirs après le travail, Grand frère et son copain vont dans les champs. Là, au sommet d’un tas de paille, il se plaît à interpréter des chansons mélancoliques. Beaucoup de filles se mettent à pleurer en écoutant ses chansons. On l’appelle le Prince des chanteurs. En fait il n’aime que moi et je l’aime aussi car il n’est pas paresseux et finit toujours le boulot vite et bien.

49 Quarante ans plus tard, elle pense toujours à Grand frère, mais il est marié et a une famille.

La Grande Famine : une catastrophe d’origine politique

50 À l’école, on nous a annoncé qu’un élève, Luocheng, était forcé d’arrêter ses études. L’histoire a commencé au retour des vacances d’hiver. Cet élève avait maigri terriblement. Pendant la récréation, son meilleur ami, disait : Toute la famille de Luo est morte de faim !

51 J’étais très choquée : Luo nous a raconté que lorsqu’il est rentré dans son foyer, il n’y avait plus personne dans le village. Alors il est vite rentré chez lui, a ouvert la porte et a vu plusieurs cadavres dans le lit : ses parents et son petit frère. Les corps étaient déjà raides et il a dû les enterrer rapidement. Il a appris aussi que nombre de paysans des villages alentours étaient morts de famine. Dans les lieux les plus touchés, les rares survivants recherchaient des plantes sauvages, mangeaient les écorces des arbres et souvent tombaient à terre d’épuisement. Face à cette hécatombe, les gouvernements des districts ont fait creuser d’immenses fosses pour enterrer les morts. Avec une colère froide, Luocheng continuait à raconter ce qui s’était passé. Dans les villes, on a parlé de « Grand bond en Avant », mais à la campagne on organisait des « communes populaires », des « cantines publiques » ; on labourait ensemble, on mangeait ensemble. Pourtant à la cantine, on avait toujours très faim. Car, chose incroyable, il était interdit de manger chez soi : on devait donner toute l’alimentation à la commune populaire. La famine n’était donc pas due à une catastrophe naturelle comme les politiques le disaient ; la terre, elle, produisait des récoltes grâce au travail des paysans.

52 Comme tous les chefs des districts craignaient d’être à la traîne, ils envoyaient des émissaires annonçant des chiffres de récolte mensongers. Mais après la récolte, en raison de la situation catastrophique des campagnes, ils devenaient fous d’inquiétude. Afin de cacher la vérité, ils sont donc venus dans les villages prélever un impôt en nature appelé gongniang (« le riz pour l’État »). Les fonctionnaires ont ainsi tout ramassé, maison par maison : les légumes, le riz, les piments, les haricots, et toutes les nourritures que les villageois ne parvenaient pas à cacher. Ils ont tout prélevé, fouillant dans les commodes et recoins, dans tous les pots. Et quand ils ne trouvaient rien, ils frappaient les paysans ! Après leur passage et depuis, on n’avait plus rien à manger, c’était la misère, mais une misère provoquée par l’État, et non par la nature. Comme Luocheng avait dit la vérité, on l’a donc dénoncé. Après avoir écouté sa version, l’école lui a posé des questions. Quand il est sorti du bureau de la Commission du Parti, j’ai vu qu’il était silencieux et terrifié, comme s’il était tombé dans un puits très profond, s’attendant à une catastrophe prochaine. Il commençait à se culpabiliser et se disait en marchant : Tu calomnies le Parti et l’État, ça ne sert à rien de te cultiver.

53 Il est alors tombé malade et a dû quitter l’école.

54 L’année suivante, de retour des vacances d’hiver, Zhao Liyun, un camarade qui venait de la même région que celle de l’élève, nous a appris qu’il avait vu Luo errant dans la rue comme un vagabond. Je baissais la tête et tentais de retenir mes larmes. Quelques jours plus tard, je rencontrais par hasard mon ancien professeur, Monsieur Tong, qui marchait très lentement sur le pont de Jinsuo. Je me souvenais que c’était lui qui m’avait interdit d’entrer à l’université. Il était pâle et très amaigri, et même tellement faible que je ne pouvais pas m’empêcher de le saluer. Il était très ému de revoir son ancienne élève qu’il avait critiquée autrefois parce qu’elle semblait douter du socialisme. Alors il m’a avoué qu’il était malade et allait à l’hôpital pour se faire soigner les poumons. Très triste, je décidais de l’accompagner. Il m’a demandé de rester un peu. Sur la chaise, il me disait en suffoquant : Ma femme et mes deux filles ont été obligées de rentrer à la campagne, dans notre foyer du Sichuan, car elles n’avaient pas de travail. Mais elles sont mortes de faim là-bas.

55 La voix faible, la tête contre le mur, les yeux noirs et secs, Monsieur Tong semblait désespéré, et a ajouté : J’ai donc très vite demandé à mon fils d’abandonner ses études pour trouver un travail, grâce à ça il a pu sauver sa vie.

56 Juste avant de me dire adieu, il m’a dit : Pardonne-moi, Ailian !

57 Il est décédé quelques jours plus tard d’insuffisance respiratoire.

Les camps de rééducation (laogai)

58 Ma mère était extrêmement inquiète de n’avoir plus de nouvelle de notre petit frère. Plus tard on a appris que le collège agricole où il se trouvait ne demandait aux élèves que de défricher des terres incultes. Avec Grand frère, nous sommes allés à la ferme pour consoler ma mère.

Il m’a quitté alors qu’il avait à peine fini l’école primaire pour aller cultiver les terres. Mon chéri adoré, où es-tu ?, se lamentait sa mère. Maman, petit frère va revenir !, disions-nous pour tenter de consoler notre mère.

59 Plus tard, le commissariat du quartier a informé mon grand frère :

Votre frère a été emmené dans un train par Dasheng, le grand gars de notre quartier. Ils sont allés jusqu’à Pékin, mais ils ont été renvoyés ici. Comme il appartient à une classe sociale minable, il a été renvoyé dans une ferme de Chentu pour trois ans de laogai.

60 La ferme de Chentu était en réalité un camp de rééducation pour ceux qui avaient des idées différentes de celles du gouvernement. On y trouvait beaucoup d’intellectuels, d’artistes, de scientifiques et d’enseignants, et certaines gens de mauvais chengfen. À cette époque, le président Mao voulait nettoyer complètement les cerveaux de ceux qui ne pensaient pas comme le Parti à travers le travail pénible des champs. Il y avait alors plusieurs dizaines de fermes de laogai dans chaque province. Les condamnés étaient astreints à 5 ou 10 ans de travaux forcés, mais beaucoup ont fini leur vie là-bas. À la mort de notre père en 1950, Petit frère n’avait que quatre ans. Comme on n’avait pas d’argent pour qu’il aille à l’école maternelle, je l’ai amené avec moi en classe préparatoire. Petit frère aimait beaucoup rire et était en très bonne santé. À sept ans, il courait déjà très vite et, à chaque recréation, il jouait au jeu de « trappe-trappe » avec ses copains. Les deux chefs choisissaient alors leurs partenaires, mais à chaque fois, Petit frère était choisi en premier. Alors il disait : Si vous me choisissez, alors vous choisissez aussi ma sœur.

61J’étais la plus faible de la classe. Dès qu’un membre d’un des deux camps sortait de son territoire, il pouvait être fait prisonnier. Mais il n’y avait que Petit frère qui leur échappait car personne ne pouvait le toucher. Et chaque fois, on lui demandait de venir nous sauver. Il rigolait très fort et criait : Comptez sur moi !

62 Il esquivait l’un par la droite, l’autre par la gauche, et fonçait sur nous comme un éclair. Nous, nous faisions une longue queue, en tendant nos mains pour qu’il vienne nous délivrer. Et lorsqu’il nous touchait la main, nous étions libres de revenir dans notre camp.

63 Petit frère me manquait beaucoup et j’avais peur pour lui : je suis donc allée à la ferme de Chentu pour le voir. Dès que je l’ai aperçu, je me suis mis à pleurer. Grande sœur, pourquoi pleures-tu ? dit-il en me voyant.

64 Je trouvais le bureau de la ferme et demandais au directeur : Je voudrais savoir si les criminels du laogai de Chentu sont condamnés comme ennemis du peuple ou à cause de conflits internes ?

65 Le directeur a répondu : Bien sûr, c’est à cause de conflits internes, regardez, nous n’avons aucune arme.

66 J’étais soulagée par sa réponse et je lui ai répondu : Je vous prie d’être patient avec mon petit frère, il n’a que treize ans !

67 Ce jour-là, l’équipe de Petit frère était dans le verger et taillait les branches des pommiers. Pendant la pose, il m’a dit : Regarde, je vais plonger dans la rivière !

68 Il est alors monté lestement sur un pilier, puis a plongé dans la rivière bleue et a nagé au loin. Quand il est remonté, il s’est approché de moi et m’a murmuré : Je vais sortir d’ici !

69 Choquée par ses paroles, je lui ai dit doucement : Surtout ne fais pas ça, sois sage, apprends à bien travailler ici et tu sortiras dans trois ans !

70 Mais mon petit frère m’a répondu très étonné : Tu veux vraiment que je reste ici ?

71 Quelque temps après, la ferme de Chentu nous a signalé que mon frère avait fugué. Entre-temps, j’avais reçu une lettre dans laquelle il me racontait qu’il s’était enfui en Mongolie intérieure. Là-bas il coupait les herbes et s’occupait des moutons pour les bergers. Les prairies étaient magnifiques, ajoutait-il. À ma grande surprise, il avait laissé une adresse et je lui ai répondu sans réfléchir :

Mon très cher Petit frère, reviens, reviens à la ferme de Chentu, comme ça, tu pourras alléger ton infraction, reviens à temps, ta sœur t’aime et t’attend.

72 Et comme prévu, Petit frère est rentré à la ferme. J’étais pressée d’aller le voir. Il m’a dit qu’il avait reçu ma lettre et comme la famille lui manquait trop, il est revenu. Mais depuis son retour, il a planté des arbres fruitiers pendant plus de dix ans, et non pendant trois ans ! Toute la famille était catastrophée. Pourquoi Petit frère était-il victime de telles injustices ? J’avais alors quinze ans et je souffrais tant. Je pensais alors à Jean Valjean, le héros malheureux des Misérables de Victor Hugo.

Mais ici, en Chine, nous n’étions pas en régime capitaliste, mais en régime socialiste ! Plus tard, je me suis mise à regretter énormément d’avoir répondu à sa lettre. Mon pauvre Petit frère, si vif et énergique, lui qui plongeait dans la rivière, s’était enfui de la prison comme un cheval fou, et avait couru dans la vaste prairie, libre comme un aigle dans le ciel d’azur. Mais il avait été pris dans la tempête avec une sœur qui l’entravait. Je pleurais amèrement car je me sentais coupable d’avoir détruit sa vie. J’avais laissé mon petit frère se faire prendre au piège et devenir esclave. S’il n’y avait pas eu cette lettre, peut-être serait-il déjà très loin. Et même s’il avait été renvoyé dans la ferme par la force, je souffrirais moins. Plusieurs années après, des gens ont demandé à Petit frère : Mais pourquoi n’as-tu pas fui au Sud ?

73 Il a répondu en rigolant :Même la fille de Liu Shaoqi s’est fait prendre à la frontière sud ; à 14 ans, je n’avais pas assez d’argent pour aller si loin.

Je perds un rein : sous-nutrition et manque de sommeil

74 En 1962, un an et demi après le retour de Petit frère à la ferme de Chentu, je suis tombée malade. Je me souviens comme si c’était hier, j’avais 17 ans. Chaque nuit, je me levais sept à huit fois pour aller aux toilettes et cela empirait. J’ignorais ce que j’avais jusqu’au jour où les maux de tête ont été si forts que je tombais à terre en plantant des tomates. Li Wenxin et d’autres camarades m’ont accompagnée à l’infirmerie. Comme j’avais de la fièvre, le docteur Hong m’a donné des médicaments. Puis il a écrit une ordonnance pour que j’aille à l’Hôpital provincial. Ensuite tu me donneras les résultats, m’a-t-il dit.

75 Là-bas, un docteur très maigre à la peau sombre m’a examinée. Il revenait juste d’Indonésie après avoir été expulsé. Après l’analyse d’urine, il m’a annoncée sans hésiter : Tu dois être hospitalisée immédiatement !

76J e n’ai pas compris la gravité de ma maladie et j’ai continué à labourer la terre. Dix jours après quand je suis retournée à l’Hôpital provincial, le docteur chinois d’outre-mer était très choqué : Comment, tu n’es pas encore hospitalisée ?

77 Alors il m’a demandé de refaire l’analyse d’urine. Après avoir vérifié le dossier, il a pris ma main pour me conduire dans la chambre des malades de médecine générale. J’ai appris plus tard que j’aurais pu garder mon rein si je m’étais fait soigner rapidement. En attendant, j’ai pris les médicaments et eu des injections tous les jours. À ce moment-là, il y avait un groupe de stagiaires que j’observais et écoutais attentivement. Ils consolaient les patients et discutaient entre eux des symptômes. J’admirais la vie de ces étudiants en médecine. Et cela m’a fait beaucoup souffrir de ne pas avoir le droit, ainsi que Grand frère, d’aller à l’université.

78 Un mois et demi plus tard, ma situation s’est aggravée. J’ai été transportée dans la salle d’opération car je devais absolument me faire enlever le rein gauche. L’intervention a duré plus de dix heures. Après mon réveil, j’ai senti tout de suite une grande douleur, à gauche, dans le ventre. Je venais de réaliser que j’avais perdu un rein ! La doctoresse stagiaire est venue me réconforter. Je lui demandais : Docteur Li, pourquoi mon rein est-il abîmé ?

79 Elle m’a répondu : Tu as manqué de nourriture, ton corps était déjà très faible ; en plus tu travaillais beaucoup dans la journée et tu manquais de sommeil dans la nuit. La bactérie de la tuberculose aime beaucoup les corps affaiblis. À un moment donné, ton rein a été envahi. Maintenant tu dois absolument protéger ta santé !

80 J’ai hoché la tête et je suis tombée en larmes. Je me consolais intérieurement en me disant que Dieu m’avait aidée à obtenir les frais d’hospitalisation, mais il n’avait pas pu empêcher le démon de la maladie de me détruire. Une fois sortie de l’hôpital, je me suis soignée à la maison. J’ai alors tout écrit dans mon journal afin de mettre de l’ordre dans mes pensées. Je réalisais que j’avais cru dans le socialisme comme beaucoup de mes camarades, travaillant comme une folle, ignorant ma fatigue. Je n’ai donc pas mangé suffisamment, pas assez dormi également, et c’est ainsi que j’ai perdu mon rein. Mais je ne pouvais pas dire tout cela à ma mère, elle aurait été trop triste. D’ailleurs de toute ma vie, je n’ai jamais décrit à ma mère mes nuits passées au lycée. Depuis ce jour, j’ai décidé de me protéger.

Retour au lycée (1964) : un court répit avant la tourmente

81 Après mon opération, je suis restée à la maison, sur mon lit, avec piqûres et médicaments. Au moment de chaque rentrée scolaire, je pensais aux étudiants, le sac sur le dos, qui étaient pris dans les universités pour une année d’étude. Je ne pouvais m’empêcher de penser avec amertume au destin malheureux de mon grand frère et au mien. C’est alors que le désir d’entrer à l’université s’est ancré en moi.

Recommencer tout à zéro, refaire le lycée général, me disais-je afin de pouvoir passer l’examen d’entrer à l’université de Beijing !

82 On était en 1964, l’année qui a vu la fin de la période de famine. Quelque temps après, on a même observé un relâchement des mesures politiques. Non seulement des bars à café sont apparus, mais on a autorisé aussi l’ouverture d’écoles privées, et l’administration tenait moins compte des classes sociales.

Le Principal Huang, un professeur renommé qui était à la retraite, a recruté plusieurs bons professeurs pour fonder le lycée de Yucai. Comme avant 1949, le Principal Huang semblait vouloir revenir aux anciennes traditions et tous les professeurs étaient pleins d’ardeur. Les cours étaient denses, on pratiquait des sports de balle, l’athlétisme et la nage ; il y avait même des activités culturelles (concours de chant, de théâtre et de poésie). Il n’y avait plus de notions de lutte des classes et de rééducation par le travail ! Comment ne pouvais-je pas me réjouir ! Le lycée Yucai m’offrait une vie souriante et me redonnait confiance en moi après l’âpreté du lycée agricole : j’étais dans un autre monde.

83 Comme j’avais toujours des résultats excellents, la professeure de chinois me donna la responsabilité de déléguée ; parfois, elle lisait mes rédactions devant toute la classe. J’aimais aussi la géométrie et la chimie. La professeure de géométrie nous donnait toujours une question très difficile à faire avant le cours ; plus tard, elle a reconnu que ces questions m’étaient destinées car elle pensait que j’étais la seule à pouvoir les résoudre. Avant l’examen de fin d’année, elle m’a demandé de faire quelques fiches de révision en dessinant des figures géométriques. J’adorais cet exercice et je me souviens que je les dessinais joliment bien. Cela tombait sous le sens, j’admirais beaucoup ma professeure. Il y avait des camarades qui disaient en rigolant : La porte de la faculté de médecine s’ouvre pour Lin Ailian !

84 Mais au fond de moi, je voulais aller à la faculté des Lettres de Beijing car l’amour pour la littérature était toujours resté ancré dans mon cœur. Mais, à cette époque, personne ne savait qu’une nouvelle tourmente se préparait.

Un deuxième cataclysme : la Révolution culturelle (Wenhua dageming)

85 Lors de ma deuxième année de lycée, en 1966, une autre catastrophe est arrivée dans tout le pays. Elle avait pour nom « Révolution culturelle » ; celle-ci s’est répandue partout comme une traînée de poudre sur une terre déjà martyrisée. Le feu de cette révolution, venue de Pékin, s’est ensuite propagé dans toutes les campagnes. Le système éducatif a été le premier touché : toutes les écoles ont arrêté les cours et les universités n’ont plus recruté d’étudiants. Cette immobilisation étonnante a duré onze ans, jusqu’en 1977, soit un an après la mort de Mao !

Les Gardes Rouges (Hong weibing)

86 Répondant à l’appel du Grand Timonier Mao Zedong, collégiens et lycéens ont fondé les Hong weibing, munis de leurs sinistres brassards rouges. Le but était de détruire, disaient-ils, le féodalisme, le capitalisme et le révisionnisme. À partir de ce moment, les jeunes Gardes Rouges ont poursuivi et frappé sans pitié une multitude de gens tout en les harcelant mentalement. Certains mouraient, d’autres devenaient handicapés et tous étaient traumatisés à vie. Les personnes visées étaient, entre autres, les anciens fonctionnaires, les « démocrates », les scientifiques, les enseignants, les écrivains, les artistes, en somme tous ceux qui réfléchissaient. Comble de l’ironie, certaines personnes visées étaient les propres parents des Gardes Rouges. En outre, plus ils frappaient fort, plus ils se sentaient fidèles à Mao. Un proche de ma famille a ainsi été frappé très durement. Transporté sur une chaise, il est mort vingt minutes plus tard.

87 Comme j’avais un mauvais chengfen, je faisais partie des fameuses cinq catégories « noires » : propriétaire foncier, paysan riche, contre-révolutionnaire, mauvais élément, « droitiste ». Par conséquent, je n’avais pas le droit de participer aux milices des Gardes Rouges. Mais un jour, on m’a dit que tout le monde devait se rendre au grand rassemblement qui devait se tenir sur la place devant le bâtiment de la Poste. La cible était Monsieur Huang, notre Principal. Je suis arrivée là-bas le cœur battant ; j’ai vu alors notre gentil Principal qui était poussé dehors ; il portait une plaque de fer très lourde sur laquelle était marquée « réactionnaire de l’éducation ». À côté de lui, il y avait aussi notre professeur de littérature chinoise et de mathématique (avec ses anciens élèves) qui était également « un réactionnaire de l’éducation ». Un monde fou se pressait sur la place. Je constatais alors que les Gardes Rouges n’étaient autres que les élèves de notre propre lycée. Ils ont alors pris la tête de notre Principal et l’ont mis sur le sol pour qu’il avoue ses crimes. Mais le courageux directeur a refusé.

Dis, pourquoi n’as-tu pas écouté le Président Mao, pourquoi est-ce que tu t’évertues à enseigner et à séduire ainsi les jeunes pour qu’ils aillent à l’université ? Pourquoi les guides-tu à marcher sur la voie du capitalisme et non sur la voie du marxisme ?

88 Poussé par la foule qui le regardait à terre, j’essayais d’essuyer mes larmes. Quelques jours après, en tentant d’éviter les horribles Gardes Rouges, nous nous sommes rendus au chevet du vieux Principal qui était très malade et allongé sur un lit. À notre arrivée, il a baissé la tête en essuyant ses larmes. Bientôt, une nouvelle est arrivée. Le Grand Timonier appelait les Gardes Rouges à faire le dachuanlian, c’est-à-dire à faire le lien avec tous les autres Gardes Rouges du pays afin de répandre le feu de la Grande Révolution culturelle à travers les provinces, les villes, les cantons et les villages pour abattre les « capitalistes » et fonder la dictature du prolétariat. Mao, le Grand Timonier, alla sur la place Tian’anmen pour accueillir les Gardes Rouges de toutes les provinces. Cette nouvelle a eu beaucoup d’effet sur la population, y compris sur moi et mes deux copines. Désormais, nous voulions nous aussi aller à Pékin pour voir le président Mao. Ayant finalement réussi à trouver des certificats de Gardes Rouges, nous nous sommes rendues en nombre à la gare avec des drapeaux, puis nous avons forcé le passage et réussi enfin à monter dans le train spécialement prévu pour transporter les Gardes Rouges. Dans le train, depuis la fenêtre, ce que je voyais n’étaient que champs en friche, il n’y avait plus de récolte, les machines ne tournaient plus. J’entendais alors dans ma tête la voix du slogan : il faut faire la révolution !

89 Mais alors que le train arrivait à Huaihua, je me suis sentie très mal. J’avais mal au ventre et les yeux en feu et je ne pouvais même pas aller aux toilettes car les couloirs, comme les toilettes, étaient bondés de monde. À la gare suivante, j’ai donc été obligée de descendre et de prendre un autre train pour rentrer chez moi. Sans doute était-ce mon destin de ne pas voir le Grand Timonier.

90 La Révolution culturelle s’est développée alors avec plus de frénésie : les peintures et ouvrages anciens étaient confisqués et brûlés ; les temples étaient détruits ; les gens n’osaient plus parler de culture ou dire ce qu’ils pensaient. Ils avaient la hantise d’être dénoncés. Dans les librairies, on ne voyait que le Petit Livre rouge de Mao. Et dans tous les théâtres du pays, on ne jouait que huit pièces. Le Président Mao n’arrêtait pas de dire : Nous devons faire la Révolution jusqu’au bout ! La Grande Révolution culturelle doit durer en permanence.

91 Moi qui adorais la littérature et l’art, petit à petit je commençais à détester cette réalité sinistre. Face à un avenir aussi incertain, j’ai crié dans mon cœur : Mais pourquoi suis-je née dans ce monde-là ? Quel sens a ma vie ?

92 De nombreuses années plus tard, quand les Gardes Rouges ont enfin ouvert les yeux, ils se sont rendu compte avec effroi qu’ils avaient détruit inutilement leur jeunesse. Ils ont écrit beaucoup de chansons tristes et misérables qui contrastaient complètement avec celles de la Grande Révolution culturelle.

Mettre les minorités ethniques au pas

93 Mes études au lycée se sont arrêtées en 1966. C’est alors que j’ai décidé de prendre mon indépendance pour ne plus être une charge pour ma mère. Pour ce faire, je suis allée au bureau du quartier m’inscrire pour participer à la construction de la route destinée à rejoindre le Vietnam pour lutter contre les Américains. Je suis alors partie pour une ville située très loin de la capitale de la province, malgré le changement de hukou, le certificat de résidence qui permet aux autorités de surveiller les déplacements. En 1966, j’ai donc pris le train avec mes nouveaux collègues, puis on a continué en bus jusqu’à un petit village. Casser les cailloux, utiliser les grandes masses, exploser la roche avec de la dynamite, telle était notre tâche. Malgré ma fragilité, j’ai supporté tout cela, me permettant de gagner de l’argent comme les autres. On pratiquait une sorte d’éducation militaire et j’acceptais ce type de lavage de cerveau. Signe de soumission, les cheveux des filles étaient tous coupés très courts.

94 Un matin de dimanche, avant de partir pour la ville, le chef de notre équipe a rassemblé soudainement toutes les filles et nous a demandé à chacune de prendre un ciseau. Notre mission était de couper les tresses des filles de la minorité miao, et de détruire les broderies sur leurs tabliers. Notre chef militaire nous a déclaré avec force :

Les pensées de Mao Zedong doivent s’installer ici, nous devons expurger le poison féodal qui reste chez ces gens.

95 Je ne voulais pas y aller, mais je n’osais pas le dire car je craignais d’être virée. Enfin je suis partie en suivant mes collègues avec un ciseau dans la main. Dès notre arrivée sur le marché, on a entendu la chanson populaire qui disait : Nous naviguons dans les mers avec le Grand Timonier à la barre, nous faisons la révolution guidée par la pensée de Mao.

96 C’était l’automne, et sur le marché, beaucoup de villageois de plusieurs ethnies étaient en train de vendre leurs produits : poires jaunes, châtaignes, noix et petits poissons du lac. J’étais attirée par cette animation populaire tandis que le chef disait :

Faites attention, maintenant vous devez aller sur les filles possédant de longues tresses et des broderies sur la poitrine. Dès que je donne l’ordre, vous foncez vers elles et vous coupez !

97 À ce moment-là, je voyais très bien les filles miao avec leurs longues tresses noires et leurs broderies colorées qui scintillaient sous le soleil. Je les observais avec beaucoup d’admiration et j’imaginais la scène quand elles nettoyaient leurs cheveux devant la cour de la maison. Mais tout à coup la voix du chef m’a réveillée :

Préparez-vous !

98Je me persuadais intérieurement : C’est vrai, ces choses-là sont du poison féodal, du poison féodal.

99 « Action ! » Suivant l’ordre lancé par notre chef, une vingtaine de jeunes filles soldats aux cheveux courts se sont lancées comme des flèches sur les filles des campagnes. Mes collègues ont pris les longues tresses et les ont coupées en morceaux en criant vers le ciel. Ensuite, elles ont saisi les tabliers brodés et les ont arrachés de leurs poitrines. Sur ces broderies magnifiques, il y avait des fleurs, des oiseaux, des dragons et des phénix, mais toutes ces merveilles ont été détruites d’un coup. Comme les autres camarades, j’ai pris à partie fortement une fille du village et sans hésiter, je me suis mise à couper ses tresses et à détruire ses broderies. Cette fille qui n’avait jamais vu tout ce monde en folie était terrifiée et me regardait les yeux embués de larmes, puis elle est partie en courant comme un lapin fuyant le tigre. Les femmes miao couraient dans tous les sens en essayant de protéger leurs tresses et broderies. En voyant toute cette détresse, tout à coup j’ai eu très mal au cœur. La capitaine de notre classe, la plus âgée, était très fière ; elle criait :

Voyez cette foule de campagnardes stupides ! Elles ne savent même pas que les broderies appartiennent au féodalisme, au capitalisme et au révisionnisme. La Révolution culturelle est arrivée et elles, elles continuent de traîner avec de longues tresses.

100 Les hommes présents, qui étaient pourtant les pères et les frères de ces femmes, étaient stupéfaits et ne savaient que faire. Alors la douleur et la honte m’ont envahie le cœur. Mais le chef nous a rassemblées et a déclaré avec force : La révolution que vous faites aujourd’hui est excellente ! Je vais vous citer à l’ordre du mérite !

101 En entendant ces paroles, je suis devenue toute excitée et je me suis dite : Enfin, je défends moi aussi la pensée de Mao !

102 Mais un grand regret et une vive douleur vis-à-vis de ce peuple sont restés à jamais dans mon cœur.

103 C’est alors que j’ai décidé d’aider une famille de mon village d’accueil, mais cela ne pouvait pas effacer la honte que je ressentais au fond de moi. Dans la maison située à côté de la route nationale, un bébé venait de naître. L’arrière-grand-père m’a dit : Mon petit-fils et mon arrière-petit-fils n’ont pas de prénoms officiels car la tradition chez nous veut que les prénoms soient donnés par les professeurs.

104 Comme la nuit tombait, le jeune papa de 18 ans est rentré à la maison. Tous les jours, il participait à la construction d’un réservoir de rétention. La boue jaune sous les pieds, les vêtements en tissu grossier bleu, ce garçon grand et timide ne semblait pas être allé à l’école. Sa belle jeune femme aux pieds nus, avec les mêmes vêtements bleus, était également très timide ; elle avait deux longues tresses noires qui sautaient sur son dos. Elle était en train de nourrir son bébé avec une pomme de terre chaude sortant du four. J’étais choquée : comment un bébé de deux mois pouvait-il déjà digérer les pommes de terre ? Mais cet enfant était pourtant en bonne santé. Ses yeux brillaient, ses bras et jambes n’arrêtaient pas de gigoter. J’étais fortement ébranlé par ce spectacle où je voyais que la vie était à la fois si forte et si fragile. Comme j’avais déjà enseigné, certes peu de temps, je pouvais leur donner des prénoms, mais allaient-ils accepter ? Je l’ai demandé au vieux monsieur avec circonspection. À cet instant, cet arrière-grand-père a sauté de joie et est monté à l’étage pour aller chercher un épais volume recouvert de poussière. C’était le livre de l’histoire des noms de sa famille. Il m’a demandé de m’asseoir et m’a raconté : le nom de famille s’appelait Yan alors que la génération de son petit-fils s’appelait Jia et celle de son arrière-petit-fils, Heng. Les jours suivants, j’ai beaucoup réfléchi. Enfin j’ai trouvé deux prénoms magnifiques pour le père et le fils. Comme le père s’appelait Jiaqin Yan, le fils pourrait s’appeler Hengpeng Yan. Je dis à l’arrière-grand-père le sens du prénom : Jiaqin veut dire que votre petit-fils est très diligent et j’espère que votre arrière-petit-fils deviendra comme un grand aigle et qu’il pourra déployer ses ailes et voler très haut dans le ciel.

105 En entendant mes paroles, ses yeux se sont remplis de larmes ; puis, en s’essuyant le nez, il m’a remerciée longuement. Peu après, je suis partie car je craignais de ne pas supporter leur gratitude que je ne méritais pas.

L’assèchement du lac : un exemple de décision contre-productive

106 Pendant la fête nationale d’octobre 1966, j’ai obtenu quelques jours de congé. Je pouvais enfin prendre un bus pour voir mon cousin Shuang. Il enseignait à l’université de la ville qui était située juste au bord du lac. Un paysan m’a conduite avec sa charrette. En regardant l’immense étendue d’eau, je lui ai demandé où se trouvait l’université ? Très loin, en face de la mer ! m’a-t-il dit.

107 Au bout de quelques heures de route, je me demandais pourquoi on ne voyait jamais l’autre rive. Ce lac était-il si grand ? J’étais un peu inquiète tandis que le fermier, en souriant fièrement, ajoutait : Quand on va pêcher les petits poissons, on n’arrive jamais au milieu du lac !

108 La charrette continuait à déambuler alors qu’un mince voile de brume commençait à recouvrir la surface de l’eau. Plus haut, les oiseaux volaient librement dans la brise. Devant une telle splendeur, assurément c’était bien ici mon pays. En plus, les filles de la région étaient si magnifiques. Mais depuis l’affaire des tresses coupées, je me sentais honteuse et je regrettais amèrement mon action ; aussi je tenais à voir mon cousin pour lui parler à cœur ouvert. À ce moment, dans la charrette, j’avais peur que les femmes de la famille de ce paysan soient au courant. « ça y est, on arrive ! » a dit le paysan en me montrant l’immeuble gris solitaire de l’université.

109 À l’intérieur de moi, je me disais : Merci, mon pays !

110 Je descendais de la charrette en sautant et comme je voulais le dédommager, il m’a dit : Ce n’est pas nécessaire.

111 J’ai couru après la charrette pour mettre une pièce dedans. Et la même voix intérieure disait : Je suis vraiment désolée, mon pays !

112 Enfin, j’ai retrouvé mon cousin Shuang après deux ans de séparation. Avec ses yeux grands et limpides, sa bouche toujours fermée, il était doux et triste comme toujours. Il était si brillant dans ses études qu’il aurait pu enseigner à l’université dès sa licence obtenue. Mais dans la capitale provinciale, la faculté a discrètement échangé sa candidature avec celle de l’épouse d’un militaire. Le résultat a été qu’il a dû s’installer ici, dans la région la plus reculée de la province, pour trouver un poste. L’antécédent familial défavorable avait joué un rôle important dans cette affectation. Ensuite je lui ai raconté le forfait que j’avais commis. Il m’a alors dit en me tapant doucement sur mes épaules :

Ne pleure pas, c’est fait. Les villageois sont des gens aimables et honnêtes ; je vais leur expliquer que tu étais forcée et que tu leur demandes de te pardonner.

113 Après ses paroles, je me suis sentie un peu plus rassurée.

114 Dans la soirée, nous étions debout devant le bâtiment de l’université et, face à nous, s’étendait le vaste lac. En regardant voler les oies sauvages, mon cousin, qui enseignait la géographie, disait :

Il y a plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux rares qui vivent d’ici. La plus célèbre est la grue à cou noir. On peut dire qu’il est comme un poumon de la terre. Allez, je t’emmène là-bas pour voir les oiseaux de plus près !

115 Arrivés au bord de l’eau, les nuages au couchant ont commencé à s’assombrir. On s’est assis sur l’herbe, les pieds dans l’eau. Il y avait comme une atmosphère de douce mélancolie qui planait. Doucement, ne dérange pas les grues. OK.

116 À cet instant, une grue s’est mise à glisser [voler] légèrement dans l’air immobile et s’est posée sur le miroir d’eau en refermant rapidement ses grandes ailes. Un moment plus tard, les autres grues se sont avancées vers moi, leurs jambes fines et élancées fendant l’eau, sans aucun bruit, comme dans une danse silencieuse. Mon cousin s’est arrêté de respirer en les regardant discrètement. La lune était grande et ronde ; sa lumière pure se reflétait sur le lac qui ressemblait à un tissu de soie fine. Je tournais ma tête : mon cousin semblait si serein et si concentré que j’imaginais qu’il devenait une grue libre et sauvage.

117 Sous la lumière de la lune, il m’a ensuite raconté une histoire :

Est-ce que tu sais qu’il y avait ici un pasteur anglais ? Il est arrivé au début des années 1900 et n’a jamais quitté ces lieux depuis. Il a donné toute sa vie au peuple. Il a fondé l’école, l’hôpital, la piscine et le premier stade de foot dans cette région de Chine. Il a même inventé les caractères miao. Les Miao l’appelaient Professeur, Docteur, Roi. La plupart des enfants ont pu aller à l’école. Parmi eux, beaucoup ont même obtenu la licence et le doctorat ! Grâce à lui, 95  % de la population miao du secteur sont devenus chrétiens. Mais il est mort lors d’une épidémie à l’âge de 51 ans. Il n’a pas pu se soigner car il avait donné tous les médicaments à ses élèves. Les gens ont pleuré longtemps sa disparition. Il a été enterré à côté du lac.

118 Shuang s’arrêta un peu, puis reprit lentement : Mais ce n’est plus le cas maintenant. Depuis 1949, le pays ne permet plus d’avoir sa propre croyance. Celle-ci n’existe que chez les gens âgés.

119 Vingt ans plus tard, l’ancien lycée a demandé à mon cousin de venir y travailler, mais celui-ci a refusé. Il a toujours préféré enseigner près du lac jusqu’à sa retraite. Entre-temps, il s’est marié avec une fille de sa ville d’adoption. En 1977, juste après la Révolution culturelle, j’ai reçu une lettre dans laquelle il me racontait le drame advenu à ce lac qu’il aimait tant. Pendant l’hiver 1970, 10.000 travailleurs sont venus des différents cantons du district et se sont rassemblés pour assécher le lac afin de récupérer de nouvelles terres arables. Les slogans de l’époque étaient du style : « Déplacer les montagnes pour remplir la mer », « cultiver des champs à la place du lac », « planter du riz ».

120 Les ouvriers travaillaient dans le vent et sous une pluie glacée. Ces travaux ont duré deux ans et ont coûté plus de 1 300 000 yuans ; onze personnes y sont mortes. En outre, les forêts des alentours ont été détruites de sorte que l’ensemble de l’écosystème a été gravement dégradé. Ainsi le climat local a changé : il faisait très sec en hiver et le printemps était souvent accompagné de tempêtes de sable. Les températures ont beaucoup baissé pendant l’été et l’automne, et il pleuvait sans arrêt. L’ensoleillement étant plus court, le climat s’est refroidi. Les maladies ont augmenté à la fois chez les hommes et les animaux. Le niveau des nappes phréatiques s’est abaissé provoquant une pénurie d’eau dommageable pour les habitants et les troupeaux. De petits séismes ont même eu lieu à cause de la contraction du sous-sol vidé de son eau. De nombreuses espèces animales et plantes aquatiques ont ainsi disparu. Enfin, le lac et la ville ont perdu leur emblème, la célèbre grue à cou noir qui migrait ici.

Les prisons de rééducation d’entreprise : les niupeng (1969)

121 En 1967, après avoir participé pendant un an aux travaux de construction d’une route, je suis rentrée chez moi, dans la capitale de la province. À cette époque, Grand frère travaillait dans une usine de métallurgie. Il aimait bien faire des blagues. En 1967, un jour il nous a raconté :

Avant le Grand frère russe nous faisait la leçon, mais maintenant on se dispute avec lui. À l’université, on les interrogeait sur leur point de vue à propos de Krouchtchev. Et quand ils ont vu l’humoriste Huanghaner, ils lui ont demandé : « Dis, comment tu le trouves ce Krouchtchev ? » Et il répondit : « Tu parles de Khrou, le crâne d’œuf ? Je ne me suis jamais intéressé à lui. Demandez à quelqu’un qui l’admirait ! ». Le secrétaire se retint un moment, puis explosa de rire.

122 Ces blagues me faisaient penser à l’époque où j’étais encore à l’école primaire, en deuxième année. Le 5 mars 1953, on a reçu l’ordre de nous réunir tous dans la grande cour pour écouter la radio, en direct de Moscou, car Joseph Staline, le petit Père des peuples, était mourant. Sur une table était posée une radio et, à chaque minute, on recevait une traduction de la Radio centrale sur l’évolution de son état de santé. On a attendu ainsi pendant toute la journée, jusqu’à sa mort vers 17 heures. À cet instant, on a vu que les professeurs et les élèves les plus âgés avaient les larmes aux yeux. Après, je suis partie aux toilettes, mais en revenant, j’ai butté contre un caillou et je me suis affalée. Comme j’avais très mal, je me suis mise à pleurnicher. Du coup, Hao, la professeure d’Arts plastiques, s’est approchée de moi et a vu que j’avais les larmes aux yeux. Prenant ma main, elle m’a conduite dans la grande cour et a dit aux autres professeurs : Cette gamine est très sensible, elle sait pleurer pour le petit Père des peuples !

123 Un dimanche de 1969, alors que Grand frère venait de rentrer de l’usine, la porte de la maison s’est ouverte brutalement. Xiaowu, un de ses camarades ouvriers est entré précipitamment et a dit d’une voix essoufflée : Il faut vite que tu partes, demain on va te convoquer ! - Me convoquer, pour quoi faire ? demanda Grand frère.

124 Ils disent que tu écoutais la radio des ennemis. Mais j’ai répondu que ce n’est pas toi qui as cherché à écouter et que la radio n’était pas à toi. Mais ils disent que ta classe sociale est la plus mauvaise de tous. Je ne pars pas, je n’ai pas commis de crime, a répondu Grand frère. Si je fuis, ils vont encore me poser plus de questions ! Merci beaucoup en tout cas !

125 L’usine où Grand frère travaillait était constituée surtout d’ouvriers originaires du nord-est industriel de la Chine ; tous les matins, ils chantaient La classe ouvrière dirige tout, appliquant avec ardeur la plus haute instruction du Grand Timonier, à savoir la lutte des classes. Comme Xiaowu venait d’une famille d’ouvriers, tous le considéraient comme quelqu’un sur qui l’on pouvait compter. Il était un ami très proche de mon grand frère, mais les autres ne le savaient pas. Le lendemain, lundi, Grand frère est parti tôt pour travailler. À la nuit tombée, qu’elle n’a pas été notre surprise de voir Xiaowu tout excité. Il était très inquiet et a dit :

Débarrassez-vous vite de vos affaires, demain c’est la rafle ! Ils disent que si l’on trouve quelque chose prouvant que ton frère garde des contre-révolutionnaires de son père, il va être arrêté. Puis il sera enfermé dans un niupeng comme du bétail.

126 Puis Xiaowu a disparu. Je me demandais comment on allait se débarrasser de toutes nos photos, souvenirs et objets de famille. Le soir, alors que j’étais en train de m’inquiéter, ma mère est arrivée, fatiguée par une longue journée de travail. Comme je ne savais pas retenir mes mots, je lui ai parlé tout de suite de l’affaire de Grand frère. Complètement tétanisée, ma mère est soudainement devenue une autre personne. Sans prendre le temps de réfléchir, dans un réflexe de survie, elle a dit fermement : Il faut tout brûler, ne rien laisser. Mon fils ne doit pas être accusé !

127 Comme nous n’avions pas de cheminée dans cette vieille maison de bois, nous avons brûlé les objets directement dans une cuvette métallique : il y avait des photos de mon père, de ma mère, de ma grand-mère et de mon grand-père ; on a brûlé également page par page les carnets de dessins et les calligraphies de mon père, puis le magnifique éventail dessiné par mon père et la photo de mariage de mes parents. Ma mère était assise, très belle avec sa frange ; elle portait une robe chinoise avec un manteau, et ses deux mains étaient couvertes par des gants en fourrure. Debout, à côté de ma mère, mon père avait fière allure avec son costume blanc, son chapeau et une canne à la main. Cette photo avait été prise à Xi’an, l’ancienne capitale de l’Empire, juste après leur mariage. Mais quelque temps après, le 7 juillet 1937, a éclaté l’incident du pont Marco Polo, près de Pékin, qui a marqué le véritable début de la guerre sino-japonaise. Par la suite, mon père a reçu l’ordre d’aller défendre Taiyuan, la capitale du Shanxi, contre l’envahisseur japonais (bataille de Xinkou). Sur une autre photo, on voyait mon père après le combat : il était amaigri et paraissait plus vieux, et je ressentais combien il avait donné pour sa patrie.

128 Enfin, il ne restait plus qu’un verre en jade gris de mon père : je le serrais dans mes bras, je ne voulais pas le détruire, mais ma mère l’a pris et l’a cassé avec un marteau. En même temps, maman avait très peur que les voisins voient la fumée et préviennent le banshichu chargé de surveiller les habitants. Mais pour moi, c’était comme si toutes ces choses brûlaient dans mon cœur. Les images des photos de ma mère et de mon père défilaient dans ma tête : ils étaient si beaux et si amoureux tous les deux et très appréciés par tous, avec un avenir plein de promesses. Puis en un instant, j’imaginais la porte de notre maison enfoncée, Grand frère avec un bandeau sur les yeux, emmené par la police, un fusil dans le dos… Finalement, tous les objets ont été brûlés et les cendres soigneusement enlevées. Ma mère, qui avait déjà plus de 50 ans, s’est assise en soupirant longuement. « Bouddha, protégez mon fils ! » répétait-elle à mi-voix.

129 Comme il était très tard, je me suis endormie à côté d’elle. Je me souvenais qu’on m’avait obligée à humilier les femmes miao, et maintenant c’était nous qui subissions le mal dans notre propre maison. Cette vie n’avait vraiment aucun sens. Faire du mal aux petites gens, écraser les faibles, bafouer la culture de nos ancêtres, était-ce cela la Civilisation ?

130 Le lendemain, personne n’est venu à la maison. Mais l’usine de métallurgie où travaillait mon frère a su que Xiaowu avait prévenu Grand frère et qu’il était inutile de faire des recherches. Peu de temps après, le Commissariat de la Révolution de l’usine a décidé de punir Grand frère. Ainsi, tous les jours, dès que mon frère finissait son travail, il était enfermé dans le niupeng où il était forcé de réciter les paroles du Petit Livre rouge du Président Mao. Les niupeng avaient une triste réputation : c’était des sortes de prisons d’entreprise, qu’on appelait des « baraques à bœufs » car les coupables étaient comparés à du bétail, des démons ou des serpents. En plus de cette humiliation, son salaire a été fortement diminué. Quelques mois plus tard, j’ai été interrogée par la police ; elle m’a demandé d’écrire une lettre pour dénoncer mon frère. Ce rapport devait s’appeler : Témoignage à propos des paroles réactionnaires de Lin Airao. Mais quel comportement réactionnaire mon frère avait-il ! Je n’arrivais pas écrire une telle absurdité. Enfin j’ai écrit un rapport mentionnant que Lin Airao était triste parce qu’il ne pouvait pas aller à l’université alors qu’il avait été un excellent élève au lycée. Il ne comprenait pas pourquoi on devait regarder son identité sociale. Si l’université ne prenait en compte que ses résultats scolaires, ce serait magnifique. Enfin quelques semaines après, mon frère a pu sortir du niupeng.

131 Pendant les années 1990, au début de l’ouverture de la Chine, beaucoup d’entreprises d’État ont été privatisées, mais sans que les ouvriers en profitent. Autrefois située dans le Nord-Est, l’usine de métallurgie est venue s’installer ici, vers 1958, pour aider l’Ouest de la Chine à se développer. Mais soudainement l’entreprise a accumulé les malheurs avec la faillite et le chômage de la plupart des ouvriers. Quant aux ouvriers restants, ils n’avaient qu’un salaire de misère. Puis, s’ensuivirent deux affaires lamentables. Un vieil ouvrier s’est d’abord suicidé tandis que dans une autre famille, alors que les deux enfants n’avaient plus mangé de viande depuis longtemps, le couple a dépensé ses derniers 4 yuans pour acheter un peu de viande. Après ce qui devait être leur dernier repas, toute la famille s’est suicidée. À cette époque, il y a déjà plus de vingt ans, Grand frère avait déjà quitté l’usine. Mais apprenant cette histoire désespérante, le cœur lourd il a décidé d’assister à la cérémonie de leurs obsèques.

Épilogue : la réalisation de mon rêve, l’Université

132 À cause de mon appartenance aux « cinq catégories noires », pendant douze ans, je n’ai fait que des métiers provisoires, par exemple, comme institutrice remplaçante dans les campagnes. Un an après la mort de Mao, en 1977, Deng Xiaoping a rétabli le baccalauréat et les universités ont commencé à recruter de nouveaux étudiants en enlevant dans le formulaire d’inscription la sinistre case intitulée : « classe sociale de la famille ». Cependant, les universités ont exigé une dissertation pour l’inscription des étudiants les plus âgés, ce qui a dissuadé la plupart de ces candidats. Moi aussi, j’étais désespérée, je n’avais plus qu’à dire adieu à mon rêve !

133 L’année suivante, j’occupais une fonction de remplaçante dans un collège. Ce jour-là tous les enseignants étaient réunis dans le gymnase pour participer à une étude politique. Sur l’estrade, certains disaient : La seule façon de vérifier la vérité est de pratiquer.

134 Alors que d’autres discutaient du dernier film japonais de Junya Sato : Kimi yo fundo no kawa wo watare, une professeure commentait :

Voilà un vrai film, alors que les nôtres comme Les enfants des héros, Après et avant la bataille, La montagne d’azalée, sont vraiment démodés.

135 Alors que j’étais en train de suivre les débats enflammés, un ami de longue date m’a apporté un journal et a dit : Camarade, regarde, cette année pour s’inscrire à l’université, il n’y a plus besoin d’écrire une dissertation !

136 Je regardais la période des dates d’inscription sur le journal : on était le dernier jour ! De plus, l’examen d’entrée était dans dix jours. Après avoir consulté ma montre, j’ai pris mon vélo pour me diriger au plus vite vers le lieu d’inscription !

137 J’avais 33 ans, ma fille 9 ans et cela faisait 12 ans que j’attendais ce moment. Lorsque je suis arrivée à destination, j’ai vu que le bureau d’inscription était en train de fermer ses portes. Je pénétrais avec empressement en disant : Excusez-moi, il y a encore 5 minutes, inscrivez-moi s’il vous plaît !

138 C’est à ce moment que j’ai reconnu la secrétaire, c’était Liu, la directrice d’une école maternelle dans laquelle j’avais travaillé. Je me souvenais qu’elle était très stricte. Pendant la Révolution culturelle, elle avait été critiquée par les Gardes Rouges (comme mon ancien Principal) car elle avait une ancienne photo sur laquelle on la voyait avec un soldat américain. Blessée gravement, elle a failli mourir.

139 En me voyant, elle s’est mise à ironiser et a refusé de m’inscrire : Tu veux aller à l’université à ton âge ? D’ailleurs c’est l’heure, il faut que je ferme !

140 À ces paroles, je me suis mise en colère : Avant, à la Maternelle, tu me demandais d’écrire beaucoup de chansons pour les enfants, comme celle pour le repas sur le riz blanc et les paysans, pour le petit-déjeuner, pour le coucher. Je les écrivais le soir et je te les rendais dès le lendemain. Mais aujourd’hui c’est comme ça que tu me remercies. Ce n’est pas encore l’heure, je veux m’inscrire, c’est mon droit ! - D’accord, je t’inscris, mais apporte-moi tous tes certificats de travail.

141 Je pensais que tout était fini, comment pouvais-je chercher tous ces certificats en si peu de temps ? Dépitée, je décidais de m’en aller. - Hé, reviens ! Je vois que tu es résolue, je peux t’aider ! - Plus besoin de certificats ?

142 Je demandais le cœur battant : Si, il faut les certificats, c’est le règlement. Ce soir tu vas aller tous les chercher et me les ramener demain ! - Ce soir ? Chercher tous les certificats ? J’ai travaillé dans plusieurs écoles primaires des banlieues, comment vais-je les chercher tous ? Dans la nuit ? - Demain je t’attends, rapporte-moi seulement deux certificats ! dit-elle fermement.

143 À ses dernières paroles, je poussais un ouf de soulagement. Cette femme avait « la langue acérée, mais un cœur de tofu » comme disait le dicton chinois.

144 Le lendemain, j’ai pris les certificats de travail des écoles rurales. Elle m’attendait et m’a demandé de remplir chaque case l’une après l’autre. La procédure terminée, j’étais très excitée et je la remerciais chaleureusement. Alors elle m’a dit : Hier, c’était juste pour te tester, pour voir si tu voulais vraiment t’inscrire à l’université à ton âge. Bon, maintenant si tu passes ou pas, c’est ton affaire !

145 De retour à la maison, je suis vite allée chercher des fiches pour commencer les révisions. Neuf jours après, j’ai réussi l’examen d’entrée à l’Université. C’était l’automne, mon rêve d’aller à l’université venait de se réaliser. Après la Révolution culturelle, on devait recommencer tout à zéro : l’industrie, l’agriculture, la culture, l’enseignement.

Chaque domaine avait été fracassé et il fallait désormais tout reconstruire petit à petit. Je voulais suivre les cours de « Lettres chinoises », mais par suite du manque de professeur d’anglais et de mon âge, j’ai été obligée d’étudier cette dernière langue. Après avoir lutté pied à pied la moitié de ma vie, j’ai juste eu la possibilité d’aller à l’université et, en plus, dans un domaine que je n’avais pas choisi. Alors, depuis ce jour, je n’ai jamais cessé d’encourager mes étudiants, ma fille et mon petit-fils de se battre pour accomplir leurs rêves comme cela a été le cas pour moi.

Table des illustrations :

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Titre Figure 1 – Représentation d’un haut fourneau en activité durant le Grand Bond en Avant (dessin Zhengsheng)
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Pour citer cet article - Référence papier - Anonyme, « Chronique des années noires en Chine : 1958-1978 », Les Cahiers d’Outre-Mer, 253-254 | 2011, 35-68.

Référence électronique - Anonyme, « Chronique des années noires en Chine : 1958-1978 », Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 253-254 | Janvier-Juin 2011, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 18 juin 2025. URL : http://journals.openedition.org/com/6158 ; DOI : https://doi.org/10.4000/com.6158

Auteur Anonyme - Droits d’auteur :

CC-BY-NC-ND-4.0Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire. Source : https://journals.openedition.org/com/

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Présentation de la Série ‘Orient et Occident : bien, mal et beauté’{{}}

Partie 1 : ’L’interculturalité est très présente dans l’œuvre du passeur de cultures François Cheng, auteur d’origine chinoise d’expression française, poète et calligraphe, traducteur, essayiste, romancier, universitaire, académicien’ par Jacques Hallard - 15 juin 2025 - ISIAS Philosophie Cultures Orient Occident

Partie 2 - ’Les relations Chine-Occident au prisme de l’histoire et jusqu’à aujourd’hui : des approches philosophiques, géopolitiques, linguistiques, psychosociologiques et spirituelles autour des arts libéraux, sciences humaines et sociales’ par Jacques Hallard - 22 juin 2025 - ISIAS Cultures Orient Occident

Partie 3 - Regards croisés sur les pensées et philosophies orientales (Chine et Inde) avec les contributions de François Cheng, Roger-Pol Droit, Jean François Billeter, Benjamin Isodore Schwartz, Alan Watts et Fritjof Capra

Partie 4 – ’L’importance de la pensée critique et du jugement moral pour éviter que le mal radical ne soit banalisé au travers des normes et que la violence ne soit pas exercée par des individus autoritaires, au comportement coercitif et intolérant’ par Jacques Hallard 29 juin 2025 - ISIAS Cultures Orient Occident

Partie 5 - Recherches sur des évènements dramatiques dans l’histoire de la Chine au 20ème siècle : Guerre civile chinoise (1927–1949), Grand Bond en Avant (1958–1962), Révolution culturelle (1966–1976), Place Tian’anmen en 1989

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 04/07/2025

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