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"Après la Conférence mondiale sur l’océan à Nice en juin 2025 : traité sur la haute mer, pollution plastique, fonds marins, pêche illégale, aires marines protégées, canicule marine et élévation du niveau de la mer…" par Jacques Hallard

dimanche 22 juin 2025, par Hallard Jacques

ISIAS Océan Climat Géopolitique

Après la Conférence mondiale sur l’océan à Nice en juin 2025 : traité sur la haute mer, pollution plastique, fonds marins, pêche illégale, aires marines protégées, canicule marine et élévation du niveau de la mer…

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 22/06/2025

Circulation thermohaline - In « Y a-t-il vraiment 5 océans sur Terre ? » – MNHN - CC BY-SA 3.0 Brisbane – Détails dans ce dossier

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Quelques informations préalables

Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d’eau salée comprise entre deux continents. En fait, il s’agit plutôt d’un volume dont l’eau est en permanence brassée par des courants marins. Approximativement 70,8 % de la surface de la Terre est recouverte par l’océan mondial… - Source : Wikipédia

Quelle est la différence entre la mer et l’océan ? La mer est plus petite qu’un océan : le plus petit des océans, l’océan Arctique quatre fois plus grand que la plus grande des mers, la mer d’Arabie. Les océans sont reliés les uns aux autres, alors que les mers peuvent être intérieures, enfermées dans les terres, comme la mer Noire. 06 mars 2024

Quel est le rôle de la circulation thermohaline ? - Ensemble, certains courants de surface et de profondeur forment la circulation thermohaline. Cette circulation participe à la distribution de la chaleur sur la Terre.

Voir aussi : La circulation océanique

Qu’est-ce que la circulation thermohaline atlantique ? - Elle fait partie de ce que l’on appelle la circulation thermohaline, qui est encore plus grande et qui s’étend sur tout le globe. Dans l’Atlantique Nord, de l’eau froide et salée descend dans les profondeurs et attire de l’eau du sud, qui transmet sa chaleur à l’atmosphère au large de l’Europe.

Voir également :

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Courant méridienne de retournement atlantique (AMOC) - MétéoSuisse

La circulation thermohaline et son association avec le climat mondial - Effets sur le climat mondial et la vie marine - La circulation thermohaline est un véritable tapis roulant qui transporte l’oxygène de la surface vers les profondeurs. Les courants marins profonds suspendent les détritus organiques riches en nutriments des fonds marins, et la remontée d’eau les ramène à la surface où ils peuvent être utilisés par la vie marine.

Pour en savoir plus > Le changement climatique impacte la circulation thermohaline - Colin Jago, Président de GeoMôn – Document UNESCO

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Introduction

Ce dossier propose une sélection de documents actualisés – réunis dans un but didactique – à la suite de la Conférence mondiale sur l’océan lors d’un sommet, organisé par la France et le Costa Rica, et qui s’est tenu à Nice France du 9 au 13 juin 2025, avec quelques études en rappel sur ce sujet…

Ont été ajoutées des ressources documentaires complémentaires en français sur cette 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3, Nice, juin 2025) : les outils * ‘ChatGPT’ et ‘Le Chat Mistral’ ont été utilisées à cet effet et peuvent être comparés dans leur formulation exposée…

* Pour mémoire : les agents conversationnels à intelligence artificielle ou « chatbots » sont des assistants virtuels qui utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour dialoguer avec des utilisateurs : ces systèmes numériques sont capables d’interagir avec leurs utilisateurs en langage naturel, à l’écrit comme à l’oral… - Voir par exemple « chatbot, aussi nommé dialogueur ou agent conversationnel » - Source

Tous les articles sélectionnés pour réaliser ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • Conférence mondiale sur l’océan : traité sur la haute mer, pollution plastique, fonds marins… ce qu’il faut retenir du sommet de Nice - Publié le 13.06.2025 - Florian Chaaban – Document ‘touteleurope.eu’
    La troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan s’achève avant tout sur une mobilisation et des avancées importantes malgré quelques déceptions. Du 9 au 13 juin, responsables politiques du monde entier ont uni leurs voix pour tenter de tracer un cap vers un avenir durable pour les océans.{{}}

Pierre angulaire de la protection des mers et des océans, le traité sur la haute mer devrait entrer en vigueur en janvier 2026 - Crédits : UN Photo Evan Schneider

Pierre angulaire de la protection des mers et des océans, le traité sur la haute mer devrait entrer en vigueur en janvier 2026 - Crédits : UN Photo Evan Schneider

Après cinq jours d’âpres négociations, la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3) touche à sa fin. Du 9 au 13 juin, la communauté internationale s’est réunie à Nice avec un objectif clair : trouver des solutions concrètes pour assurer un avenir durable aux océans. ’Jamais la communauté internationale n’avait mobilisé autant de [responsables politiques]’, avait salué Emmanuel Macron dans son discours inaugural.

Au total, 63 chefs d’État et de gouvernement et 174 délégations (accompagnés de nombreux scientifiques et d’ONG) ont répondu à l’invitation de la France et du Costa Rica pour prendre des engagements communs en faveur de ces espaces marins plus que jamais menacés. Du traité sur la haute mer aux fonds marins, en passant par la lutte contre la pollution plastique ou la pêche illégale, voici cinq choses à retenir de ce rendez-vous capital pour l’avenir de notre planète.

Une nette accélération sur la haute mer

C’était probablement le principal enjeu de ce sommet. Signé par 136 États depuis le 20 septembre 2023 au siège des Nations unies à New York, le traité sur la haute mer ou BBNJ (pour ’Biodiversity beyond national jurisdiction’) avait besoin d’un grand coup d’accélérateur pour espérer entrer en vigueur dans les prochains mois. Concrètement, celui-ci doit permettre d’établir des zones marines protégées à grande échelle en haute mer. Ces zones situées hors des espaces maritimes contrôlés par les États et qui représentent deux tiers des océans de la planète comprennent en effet de riches puits de carbone, permettant de re-capturer le CO2 dégagé dans l’atmosphère, ainsi que des réservoirs biologiques majeurs, qui font l’objet de nombreuses convoitises.

Avant le sommet, début juin 2025, seules 29 ratifications avaient été enregistrées. Un chiffre qui a presque doublé en l’espace de cinq jours. ’56 pays ont ratifié le traité et 14 sont prêts à le signer le 23 septembre. C’est une victoire considérable’, s’est félicité ce 13 juin l’envoyé spécial du président de la République pour l’UNOC 3, Olivier Poivre d’Arvor. Dans la pratique, ce traité doit être ratifié par 60 pays pour entrer en vigueur. 120 jours doivent aussi s’écouler après la 60e ratification pour que le texte s’applique. Ainsi, ’le traité sera mis en œuvre début janvier 2026’, a assuré Olivier Poivre d’Arvor, annonçant par ailleurs la tenue d’une ’COP1’ sur les océans à l’automne l’année prochaine.

Pas de réel bond en avant sur les fonds marins

Dès l’ouverture du sommet, les dirigeants de la planète avaient durci le ton face à la décision de Donald Trump de lancer unilatéralement l’exploitation des ’nodules’ polymétalliques dans les eaux internationales du Pacifique. Comme le secrétaire général des Nations unies António Guterres avant lui, Emmanuel Macron a garanti le 10 juin que ’la haute mer ne sera plus le Far West’.

Le multilatéralisme est mis à mal à cause de certains États. La forte présence politique à Nice confirme [cependant] que même s’il manque un pays comme les États-Unis qui représentent 8 % des voix, 92% des autres copropriétaires des océans’ peuvent faire entendre la leur, a appuyé Olivier Poivre d’Arvor. Première puissance maritime de la planète, le pays de l’Oncle Sam était le grand absent de ce sommet. 

Cette rhétorique ferme n’a toutefois pas permis d’élargir sensiblement la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, passée de 32 à 37 pays seulement, sur les 169 États membres de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), chargée de rédiger un code minier. Les pays engagés se réuniront à Kingston (Jamaïque) en juillet dans l’espoir d’adopter ce code réglementaire.

Hébergeant des richesses encore largement à découvrir, les fonds marins sont depuis longtemps une source de crispation entre les grandes puissances. Sur ce point, la Commission européenne a indiqué en juin 2022 que l’exploitation minière en eaux profondes devrait être interdite jusqu’à ce que les connaissances scientifiques sur ses conséquences soient plus poussées. Elle souhaite attendre que les techniques d’extraction ne causent pas d’effets néfastes et que l’environnement marin soit efficacement protégé.

La lutte contre la pollution plastique à un tournant

Chaque année, 10 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetés dans les océans – soit l’équivalent d’un camion-poubelle déversé chaque minute. Un véritable fléau et un enjeu de premier plan dont l’Union européenne s’est saisie. Depuis le mois de juillet 2021, une directive européenne interdit la mise sur le marché des pailles, couverts et assiettes en plastique à usage unique au sein de l’UE. Elle prévoit également un meilleur recyclage des bouteilles.

En parallèle, les efforts se multiplient à l’échelle mondiale. Après qu’un premier accord a lancé les négociations vers un traité international juridiquement contraignant contre la pollution plastique en mars 2022, ce combat a pris une nouvelle dimension à Nice. À l’occasion de l’UNOC 3, 96 pays, dont la France, ont fait un pas de plus dans ce sens. ’Nous demandons l’adoption d’un objectif mondial visant à réduire la production et la consommation de polymères plastiques primaires à des niveaux durables’, écrivent les signataires de cette déclaration. L’accord pourrait être finalisé cet été, du 5 au 14 août 2025 à Genève (Suisse). Fin décembre 2024, les 170 États réunis à Busan (Corée de Sud) n’étaient pas parvenus à s’accorder sur le sujet. 

L’engagement pris va permettre qu’à Genève, nous puissions amener des pays comme le Brésil, gros producteur d’hydrocarbures, à un traité important dans la réduction de la production plastique. Le recyclage est un sujet mais il ne résout absolument pas le problème. J’espère que nous parviendrons à un traité plastique ambitieux’, a confié Olivier Poivre d’Arvor.

Un ’pas important’ a également été franchi ’dans la reconnaissance de la pollution sonore comme enjeu environnemental mondial’. Dans le cadre de l’UNOC 3, 37 États ont lancé la ’Coalition de haute ambition pour un océan plus silencieux’, à laquelle l’UE a également adhéré.

Le combat contre la pêche illégale s’intensifie
La lutte contre la pêche illégale est devenue urgente. Pour un poisson recherché, cinq sont rejetés à la mer. Chaque minute dans le monde, treize tonnes de poissons sont pêchées pour rien et dans des zones non autorisées. Alors que l’océan se vide à trop grande vitesse, l’UNOC 3 a été l’occasion d’intensifier le combat mené contre la pêche illégale.

103 États ont aujourd’hui ratifié l’accord dit ’Fish 1’ de l’Organisation mondiale de commerce qui mettra fin aux subventions à la pêche illégale, dont 14 au cours de l’année 2025 dans le cadre de la mobilisation internationale autour de l’UNOC. 23 pays ont désormais ratifié l’Accord dit ’du Cap’ de l’Organisation maritime internationale relatif à la sécurité à bord des navires de pêche, qui entrera en vigueur dès la ratification d’assez de flottes pour atteindre un total de 3 600 navires de pêche. Alors que 2 935 navires sont désormais éligibles, l’engagement de plusieurs pays lors de l’UNOC3 devrait permettre une entrée en vigueur effective à la fin de l’année 2025.

Par ailleurs, la Chine, pays majeur dans les enjeux globaux de pêche, a annoncé sa ratification du Port State Measures Agreement (PSMA) relatif aux mesures du ressort de l’État du port de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui compte aujourd’hui 82 États parties. ’Nice est aux océans ce que Paris a été pour le climat. Nous avons enfin créé un cadre international qui va permettre de réguler les choses’, avait souligné Emmanuel Macron le 10 juin sur le plateau de France 2, témoin de la prise de conscience globale.

Des avancées timides sur les aires marines protégées

La préservation de la biodiversité marine fait l’objet d’une attention particulière de la part de la Commission européenne. L’exécutif européen s’est ainsi fixé pour objectif de protéger 30 % des 11 millions de km2 de mers de l’Union européenne en 2030.

De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal, la Grèce, de nombreux pays partout dans le monde ont annoncé la création d’aires marines protégées (AMP), ou le renforcement des aires existantes, notamment en y interdisant le chalutage de fond. Ainsi, les espaces marins du globe pourraient dépasser les 10 % d’AMP à l’issue de la conférence, contre 8,34 % auparavant. ’Un progrès important mais insuffisant’, concède l’envoyé spécial du président de la République sur les océans. Et la France n’est pas en reste. 

La plus grande AMP du monde va voir le jour en Polynésie française. La quasi-totalité de la zone économique exclusive de l’archipel, soit 4,55 millions de km2, va être placée sous protection minimale tandis qu’une partie de cette zone (900 000 km2) sera reconnue en protection dite stricte, où toute activité est interdite, selon des éléments fournis par le ministère français de la Transition écologique. Plus largement, le gouvernement veut placer 4 % des aires marines françaises hexagonales en ’zone de protection forte’ d’ici fin 2026, alors qu’aujourd’hui, ce chiffre s’élève à 0,1 %. En ajoutant les aires marines françaises d’outre-mer, le chiffre grimpe à 14,8 % des eaux françaises, contre 4,8 % aujourd’hui.

Face au chalutage de fond, qualifié par de nombreuses ONG ’d’activité destructrice’ vis-à-vis de laquelle il faut réagir au plus vite pour éviter un désastre écologique, États et chercheurs travaillent main dans la main afin de trouver des solutions. Dans le cadre du Pacte européen pour l’océan présenté le 9 juin par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’exécutif européen prévoit une ’approche au cas par cas’ sur cette question.

Alors que l’océan a ’été maltraité pendant des siècles’, les différentes parties réunies à la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan ont la volonté de laisser un héritage durable. ’Nous ne pourrons plus jamais reculer’, a insisté Olivier Poivre d’Arvor. ’Une déclaration finale a été discutée, les discussions ont été assez strictes. Celle-ci est plus ambitieuse que celle de Lisbonne [en 2022] et détermine un agenda précis’, conclut-il.

Les énergies fossiles, principales causes du réchauffement climatique, ne devraient pas figurer dans cette déclaration. Le texte pointe ’les effets néfastes du changement climatique’ pour l’océan et ses écosystèmes, sans pour autant plaider en faveur d’une transition vers l’abandon des énergies fossiles, comme lors de la COP28 de Dubaï en 2023. Entre avancées significatives et pointe de regrets, l’UNOC 3 aura quoi qu’il arrive gagné un pari : celui de remettre les océans, élément essentiel à l’équilibre de la planète, au centre du jeu.

En savoir plus sur la mer et les océans 🌊

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Mers et océans : quel rôle pour l’Union européenne ?

Comment l’Union européenne agit face au fléau du plastique dans les mers et les océans ?

Qu’est-ce que la politique commune de la pêche de l’Union européenne ?

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#Bio#Changement climatique#Commission européenne#Eau#ONU#Pêche#Plastique#Pollution

Comment l’Union européenne agit face au fléau du plastique dans les mers et les océans ?

Source : https://www.touteleurope.eu/environnement/unoc-3-traite-sur-la-haute-mer-pollution-plastique-fonds-marins-ce-qu-il-faut-retenir-du-sommet-de-nice-sur-les-oceans/

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  • Rétrospective - Océans - Changements climatiques - Changements observés – Document ‘climat.be’ Le site belge pour une information fiable sur les changements climatiques - Informations et services officiels : www.belgium.be
    La température des océans augmente

La température des eaux de surface est en train d’augmenter dans tous les grands ensembles océaniques. Au cours des 100 dernières années, on a d’abord enregistré une période de réchauffement (1910-1945), suivie d’une période de refroidissement. Mais depuis les années 1970, la température des eaux de surface n’a fait qu’augmenter. Au niveau mondial, la surface de l’océan (jusqu’à 75m) s’est réchauffée de plus de 0,1 °C par décennie depuis 1971.

L’eau des océans s’est déjà réchauffée jusqu’à une profondeur d’au moins 3000 m.{{}}

Les océans ont absorbé la plus grande partie de la chaleur ajoutée au système climatique : entre 1971 et 2010, les océans ont absorbé 93 % du surplus d’énergie engendré par le réchauffement climatique (les sols ont absorbé 3 %, la fonte des glaces 3 % et l’atmosphère 1 %). On s’attend à ce que le réchauffement terrestre à long terme soit plus élevé que le réchauffement océanique.

Chart

Chart with 261 data points. The chart has 1 X axis displaying Time. Data ranges from 1955-03-01 00:00:00 to 2020-03-01 00:00:00. The chart has 1 Y axis displaying values. Data ranges from -8.006949 to 19.231487. End of interactive chart.

Évolution du contenu thermique des océans (mesuré dans les 700 premiers mètres de profondeur) : le graphique montre la différence par rapport à la valeur moyenne d’une longue période (1955-2006) (NOAA)

La température de l’eau de la mer du Nord se réchauffe actuellement avec une vitesse comprise entre 0,023 °C par an dans la partie septentrionale et 0,053 °C par an dans la partie centrale et méridionale. En fonction du scénario retenu, une élévation de la température de l’eau de mer de 2,5 °C à 3,5 °C est prévue d’ici 2100 pour la Mer du Nord belge.

Le niveau des mers s’élève

Selon le dernier rapport du GEIC (2013), le niveau moyen des mers s’est élevé de 19 cm entre 1901 et 2010. Le taux moyen d’élévation était d’environ 1,7 mm/an au cours du 20ème siècle. Ce taux est passé à environ 3,2 mm/an entre 1993 et 2010.

Le phénomène de montée du niveau de la mer (NASA)

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Une observation systématique de l’ensemble du globe par six satellites, entreprise par l’agence spatiale européenne entre 1992 et 2012, montre le caractère non homogène de cette élévation du niveau des mers. Au large des Philippines par exemple, l’océan est monté de plus de 10 mm/an entre 1992 et 2012 alors que le niveau a baissé en quelques endroits au sud de l’Alaska.

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En Belgique, en 2010, le niveau moyen de la mer a augmenté de 103 mm à Ostende, de 115 mm à Nieuport et de 133 mm à Zeebrugge par rapport à 1970. Ces chiffres correspondent à une élévation moyenne de respectivement 2,6 mm, 2,9 mm et 3,3 mm par an sur les quatre dernières décennies.

Un changement du niveau moyen de la mer le long de la côte peut avoir diverses causes : mouvement vertical des terres elles-mêmes, changement local dû à des modifications des courants ou des vents dominants... ou bien il peut s’agir d’une modification du volume des océans sur l’ensemble de la planète.

Il est plus que probable que l’élévation enregistrée au cours des 100 dernières années soit en majeure partie liée à une augmentation du volume de l’eau des océans suite aux différents facteurs résultant du réchauffement climatique :

  • expansion de l’eau sous l’influence de l’élévation des températures
  • fonte des calottes polaires et des glaciers
  • fonte du permafrost
  • dépôts de sédiments sur le fond des mers
    Selon les experts du GIEC, le niveau moyen de la mer va continuer à augmenter au cours du 21ème siècle : il est très probable que l’élévation soit supérieure au taux observé entre 1971 et 2010, en raison de l’augmentation du réchauffement de l’océan (dilatation thermique), et de l’augmentation de perte de masse des glaciers et calottes glaciaires. L’augmentation projetée du niveau de la mer pour 2081- 2100 relativement à la période 1986-2005 varie (en fonction des scénarios) entre 26 à 55 cm et 52 à 98 cm. 

Voir https://climat.be/cache/800/800/doc/gmt9-fig2-slr.png?1597385493 >

Projection de l’élévation du niveau moyen mondial de la mer (en mètre) au cours du XXIe siècle par rapport à la période 1986-2005, selon 2 scénarios très différents : un scénario avec une forte baisse des émissions (RCP2.6) et un scénario ’statu quo’ ou ’business as usual’ (RCP8.5) (Agence européenne pour l’environnement)

En raison des longues échelles de temps associées aux transferts de chaleur entre la surface de l’océan et l’océan profond, le réchauffement de l’océan continuera encore pendant des siècles, ainsi que la dilatation thermique, menant à une élévation du niveau de la mer de l’ordre de 1 à 3 m.

Au-delà d’un certain seuil de réchauffement (situé entre 1 et 4 °C par rapport au niveau préindustriel), la fonte quasi-complète de la calotte glaciaire du Groenland à l’échelle d’un millénaire ou plus causerait une hausse du niveau de la mer jusqu’à 7 m supplémentaires.

Les océans s’acidifient{{}}

30 % des émissions anthropiques de CO2 ont été absorbées par les océans, ce qui cause son acidification. A l’heure actuelle, le pH* de l’eau est passé de 8,2 à 8,1 depuis le début de l’ère industrielle, ce qui correspond à un changement de 30 % de l’acidité océanique.

L’acidification des océans au cours des dernières décennies se produit une centaine de fois plus rapidement que sur les 55 derniers millions d’années.

Le pH moyen des eaux de surface devrait tomber à 7,7 ou 7,8 d’ici 2100, dépendant des futures émissions de CO2. Cette acidification affecte de nombreux organismes marins (en particulier ceux utilisant le carbonate de calcium, comme les coquillages), les écosystèmes marins et les activités de pêche.

Agrandir l’image - © 123rf- Richard Whitcombe

Selon le GIEC, sur certaines îles, plus de 90 % des récifs coralliens ont été affectés. 

*Le pH permet de mesurer le degré d’acidité d’une solution, il varie de 0 (pour une solution très acide) à 14 (pour une solution très basique). Un pH de 7 correspond à une solution neutre.

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Source : https://climat.be/changements-climatiques/changements-observes/oceans

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  • Rappel - Y a-t-il vraiment 5 océans sur Terre ? - Document ‘mnhn.fr’
    La perception de la géographie de la Terre a largement changé au fil du temps. Si on a longtemps considéré qu’il n’existait que 3 océans, aujourd’hui les livres de géographie en définissent 5. Pour autant, dans la réalité scientifique, toutes ces masses d’eau ne forment qu’un seul et même océan mû par des courants globaux.

Une perception pratique pour nommer le monde {{}}

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Carte de Jacques Devaulx (’pilote en la marine’) datant de 1583, représentant la ’mer océane’ le long de l’Europe - © Gallica - BnF - Bibliothèque nationale de France

Aux origines : un seul océan {{}}

Avec les six continents, on apprend à l’école et on voit sur les mappemondes qu’il y a cinq océans : le Pacifique, l’Atlantique, l’Indien, l’Arctique et l’Austral. Pour autant, cette vision de l’espace maritime est assez récente. En Grèce antique, on parlait d’un okeanos (Ὠκεανός), une immensité d’eau salée qui entourait l’ensemble des terres habitées. À la Renaissance, où quatre grands continents sont nommés, il n’existe encore qu’un océan global et partagé : l’article ’Océan’ de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, tome 11 en 1751 précise bien qu’il existe une ’immense étendue de mer qui embrasse les grands continents du globe que nous habitons’, qui serait, en revanche, divisé en plusieurs mers afin que les navigateurs distinguent les lieux où ils se trouvent.

Premières scissions de l’océan {{}}

C’est donc pour délimiter et appréhender l’espace que sont créées des portions océaniques. 

Ce n’est qu’au XIXe siècle que les cartographies mentionnent une triade océanique, où les étendues maritimes ont chacune un nom qui leur est propre. La trilogie Atlantique, Indien et Pacifique devient alors connue de tous. L’océan glacial Arctique est reconnu bien que rarement indiqué, et l’on connait assez mal l’Austral.

En 1928, l’Organisation hydrographique internationale (OHI) reconnait internationalement la division des zones maritimes en 5 océans : cela permettra de faciliter les transports et les cadres juridiques entourant ceux-ci, et notamment ceux des assurances.

Le méridien du cap Horn délimite alors la frontière entre l’Atlantique et le Pacifique, tandis que le méridien du cap des Aiguilles marque la limite entre Atlantique et océan Indien. Le Pacifique est séparé de l’Indien le long d’une pointe méridionale de la Tasmanie et l’océan Austral, hydronyme que l’Organisation hydrographique internationale (OHI) a préféré en 2000 à celui d’’océan Glacial Antarctique’, est limité par le 60e parallèle sud, ce qui correspond plus ou moins à la position du courant glacial circumpolaire sud. 

L’OHI a hésité à reconnaître l’océan Austral : bien qu’il soit cité dans la première nomenclature de 1928, il ne l’est plus dans celle de 1953 pour être finalement rétabli au début du XXIe siècle. L’existence de l’océan Glacial Arctique fut quant à elle moins contestée, même si son étendue de 13 millions de kilomètres carrés a pu être jugée trop petite et que ses limites, fixées en 1953 par l’OHI, sont complexes. En effet, celles-ci ne correspondent pas à des littoraux mais à une série de segments tracés entre des îles, coïncidant plus ou moins, mais pas toujours, avec le 80e parallèle nord. 

En somme, les frontières océaniques sont avant tout des conventions qui correspondent difficilement à une réalité scientifique

Un seul océan{{}}

En effet, s’il est si difficile de tracer des limites entre ’océans’, c’est avant tout car aucune barrière physique majeure ne permet de les délimiter. Les mers et océans sont ainsi largement interconnectés, et il serait plus juste de parler d’un océan unique.

Histoire géologique d’un seul océan{{}}

Il y a 250 millions d’années, les continents étaient regroupés en un grand bloc de terre dénommé ’Pangée’ et les surfaces maritimes en un seul vaste océan dit ’Panthalassa’. Au fil du temps, la Pangée s’est fragmentée en diverses plaques continentales qui, en s’écartant, semblaient scinder l’océan. 
Pour autant, les eaux de chaque ’bassin’ ne restent pas en vase clos dans l’espace que l’on délimitait faussement : les eaux marines, en perpétuel mouvement, finissent par visiter chacun de ces bassins océaniques. En effet, un mouvement global prend place et celui-ci a pour moteur la circulation ’thermohaline’.

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Circulation thermohaline CC BY-SA 3.0 Brisbane

Une circulation océanique globale {{}}

Cette interconnexion est particulièrement visible lorsque l’on observe les grands courants océaniques et la circulation thermohaline. Cette dernière est le moteur à l’origine du déplacement de toutes les masses d’eaux de la planète. Ainsi, le Gulf stream pousse des masses d’eau chaude vers les mers de Norvège et vers le Groënland où elles refroidissent et plongent vers le plancher océanique. Le fond de l’océan est donc tapissé d’eau froide salée venant des pôles qui, après plusieurs milliers d’années, sont chargées de nutriments, plus chaudes et moins salées, et remontent vers la surface des milliers de kilomètres plus loin. Ces lieux, véritables hotspots de biodiversité, sont des oasis de vie océanique. Les nutriments sont en effet disponibles pour toute la vie en surface et notamment les algues qui participent activement à la production d’oxygène sur la planète.

Certains courants bien identifiés traversent ainsi divers océans tels qu’on les décrit dans les manuels de géographie : le courant équatorien passe de l’Atlantique au Pacifique pour finir dans l’océan Indien. Le courant circumpolaire antarctique, courant le plus puissant du monde, est un autre exemple de cette échelle globale : il encercle l’Antarctique et relie tous les océans de l’hémisphère Sud. 

Ainsi, les courants marins dans cet océan mondial régissent le climat mais accompagnent aussi la vie sur Terre. Ce mouvement global lie tous les plans d’eau et les connecte en un seul océan

Une seule région océanique {{}}

Pour les espèces qui vivent dans l’océan, ces délimitations géographiques anthropo-centrées n’ont aucune réalité. Pensons ainsi à la baleine à bosse qui migre des eaux chaudes tropicales aux eaux polaires, passant ainsi par plusieurs bassins océaniques dans chaque hémisphère. Celle-ci ne s’arrête pas à une frontière précise mais peut naviguer dans l’océan global. 

D’autre part, les espèces dépendantes des ressources marines peuvent également naviguer entre plusieurs bassins océaniques. C’est le cas par exemple des sternes arctiques, l’un des oiseaux dont la migration est la plus grande ! En effet, on peut les observer en Europe durant l’été et en Antarctique l’hiver, ce qui représente des voyages de plus de 70 000 km. Les sternes se nourrissant de poissons, elles longent l’océan mais se déplacent entre divers bassins.

Qui plus est, avec le réchauffement climatique, des espèces qui n’allaient pas du tout dans ces espaces migrent de plus en plus vers les pôles afin d’y trouver des températures plus fraîches. On le voit notamment chez certaines raies et requins qui migrent progressivement vers le Nord.

En somme, la découpe de l’océan en plusieurs océans ne revêt aucune réalité physique, et n’est pas non plus fondée sur des limites infranchissables pour les espèces maritimes. Ces délimitations sont le résultat de conventions sociales qui révèlent la perception d’une société de l’océan à une période précise. 

Un unique océan en danger{{}}

L’océan, unique et interconnecté, subit de plein fouet les conséquences des activités humaines à cause d’innombrables pressions exercées sur lui. Le réchauffement global des eaux bouleverse les équilibres écologiques : les récifs coralliens blanchissent et déclinent, menaçant les écosystèmes qui en dépendent, tandis que la montée des eaux met en péril les petites îles du Pacifique et modifie les littoraux du monde entier. Parallèlement, la pollution — plastique, lumineuse, sonore ou chimique — contamine la vie marine dont les sociétés humaines dépendent. Par ailleurs, ces impacts ne sont pas répartis équitablement : les nations industrialisées, principales responsables des émissions de gaz à effet de serre et des pollutions océaniques, laissent les pays du Sud en première ligne des conséquences. Face à cette injustice environnementale, la préservation d’un océan sain et durable repose sur une responsabilité partagée, impliquant une gouvernance équitable et des actions concertées pour restaurer et protéger ce bien commun indispensable à l’humanité.

Relecture scientifique - Guillaume Massé Océanographe au Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN) et chef de la Station marine de Concarneau du Muséum (UMR 7159 – LOCEAN – département « Origine et Évolution »). 

Sylvie Dufour © MNHN - J.-C. Domenech

Sylvie Dufour Biologiste, physiologiste, spécialiste des organismes aquatiques, chargée de mission mer au Muséum national d’Histoire naturelle

Lire aussi :

Pourquoi l’océan est-il salé ?

Les Cétacés, des mammifères remarquables

Manifeste du Muséum. Un océan en commun - À paraître le 28 novembre 2024 - Édition bilingue avec un cahier iconographique central, collectif, coordonné par Frédérique Chlous, anthropologue, professeure du Muséum, et Sylvie Dufour, biologiste, directrice de recherche émérite du CNRS au Muséum ; broché à rabats 10,5 × 18,5 cm 76 pages 8,50 € TTC

Quoi de neuf au muséum ?

Événement Votre été 2025 au Musée de l’Homme 13 juin 2025

Institution Lauréats 2025 du Prix de la Fondation ENGIE - Talents de la recherche au Muséum 11 juin 2025

Événement Tous en selle pour le Tour de France de la biodiversité ! 10 juin 2025

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Source : https://www.mnhn.fr/fr/y-a-t-il-vraiment-5-oceans-sur-terre

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  • Océan – Document pédagogique ‘geoconfluences.ens-lyon.fr’{{}}
    L’Océan mondial couvre 70,8 % de la surface de la Terre, soit 361 millions de km², pour un volume évalué à 1 332 millions de km³. Son étendue est répartie de façon très dissymétrique entre l’hémisphère austral très maritime avec ses 80,9 % de surfaces océaniques, et l’hémisphère boréal plus continental avec 60,7 % d’océans. L’usage de la majuscule se justifie, comme pour la Terre ou le Monde, par le fait que c’est aussi un toponyme, un espace habité et, dans un sens, un lieu (planétaire).

Les interrelations Océan-Terre sont permanentes, et comme l’a montré Jean-René Vanney (1991), c’est l’Océan qui domine la Terre, par l’expansion des fonds océaniques, moteur tectonique de la planète, par l’impulsion du cycle de l’eau, moteur de tous les échanges hydroclimatiques, par l’origine de la vie. L’interface Océan-Terre est particulièrement favorable aux établissements humains, ce qui amène à penser que les véritables unités de peuplement de la planète ne sont pas continentales mais océaniques.

On distingue, traditionnellement et par convention, cinq océans. Les trois plus vastes – l’océan Pacifique, l’océan Atlantique, l’océan Indien – ont des surfaces respectives de 180, 106 et 75 millions de km². L’océan Antarctique est parfois considéré comme un simple prolongement des océans Atlantique, Indien et Pacifique. Il se différencie également du reste de l’Océan mondial par la présence d’une discontinuité thermique accusée des eaux de surface, entre le 38e et le 40e parallèle sud ; il totalise 30 millions de km².

Enfin, l’océan Arctique, au nord des littoraux européens et américains est le plus petit avec ses 14 millions de km². Les noms des océans sont très récents ; Christian Grataloup (2015) en a retracé l’histoire dans Géoconfluences. Ainsi, un abrégé de géographie de 1825 appelle « grand Océan » ce qu’on appellerait aujourd’hui l’Atlantique (Crozat, 1825 cité par Clerc, 2019).

Le cloisonnement introduit par les continents et les caractères thermiques ne saurait masquer l’unicité de l’Océan mondial dont les eaux communiquent largement entre elles entre 35° et 70° S.

L’Océan mondial est aussi un Océan global dont le fonctionnement doit être vu dans sa totalité selon une pensée systémique, dans son unicité qui le distingue du continent et des autres planètes, et dans sa sphéricité, en interrelation avec les enveloppes rondes en rotation sur la planète. Il est au cœur de questions d’envergure planétaire, notamment pour l’évolution du système climatique et le maintien de la biodiversité, et de convoitises tout aussi globales : exploitation des richesses halieutiques ou fossiles, et la maritimisation de l’économie mondiale : plus de 80 % du commerce mondial transite désormais par les océans.

Pour autant, l’Océan mondial ne fait guère l’objet d’une gouvernance mondiale. Il tend à être de plus en plus continentalisé, quadrillé de lignes administratives et politiques, dans une dynamique de territorialisation. Le terme de merritoire forgé par Camille Parrain (2012), néologisme signifiant que l’océan mondial est un territoire, un espace habité, rend compte de cet état de fait.

(MCD) janvier 2015, dernière modification (JBB, SB, CB) septembre 2022

Références citées :{{}}

Pour compléter avec Géoconfluences{{}}

Océans et mondialisation

Contact Archives Recherche avancée Qui sommes nous ?

Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/ocean

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  • Rappel – Ce que les scientifiques redoutent le plus est en train de se produire dans les océans - 02 10 2024 – Document ‘futura-sciences.com’
    OcéanRéchauffement climatique

[EN VIDÉO] L’inquiétant réchauffement des océans En 2020, les océans ont absorbé l’équivalent de 20 sextillions de joules. Jamais depuis 1955...

Copernicus vient de publier son huitième rapport sur l’état de l’océan et le constat est plus qu’alarmant.

Ces derniers mois, les océans ont été confrontés à des anomalies exceptionnelles, parmi lesquelles des vagues de chaleur sous-marines très profondes, des floraisons inattendues du plancton, une fonte massive des glaces de mer, mais aussi une augmentation de la hauteur des vagues.

Pour réaliser ce rapport, 120 experts du monde entier ont étudié les observations satellites, ainsi que les mesures effectuées dans l’eau. Le rythme de réchauffement des océans a fortement accéléré depuis les années 1960 et il a presque doublé depuis 2005. La température moyenne mondiale des océans gagne +0,13 °C par décennie. Tous les océans sont concernés, avec une intensité qui varie : la mer Noire gagne +0,65 °C par décennie et la mer Méditerranée gagne +0,41°C par décennie. D’une manière générale, les océans de l’hémisphère nord se réchauffent beaucoup plus vite que ceux de l’hémisphère sud.

Un cinquième de la surface des océans a connu une canicule marine{{}}

L’une des premières caractéristiques de ces derniers mois est la multiplication des canicules marines, notamment autour de l’Europe et de la Méditerranée. En 2023, 22 % de la surface globale de l’océan a connu au moins une vague de chaleur sévère à extrême, soit un cinquième de la surface des océans. L’océan Atlantique est particulièrement touché : la surface qui a connu une vague de chaleur est passée de 20 à 90 % entre 1982 et 2023. En 2022, près des deux tiers de la mer Baltique ont souffert d’une vague de chaleur marine. Du côté de l’Irlande et de la péninsule ibérique, les températures ont dépassé la norme de +6 °C par rapport à la normale au cours de ces canicules marines qui ont duré en moyenne 145 jours. Ces vagues de chaleur ne sont pas seulement longues et intenses, elles sont également profondes : ces températures anormalement élevées ont été mesurées jusqu’à 1 500 mètres de profondeur dans la mer Méditerranée. Ces canicules marines ont perturbé la migration des espèces, dégradé les écosystèmes et mené à des mortalités de masse dans certaines zones. 

Les points désignent les zones concernées par des canicules marines en 2023 (rouge) et en 2022 (rose). En bleu, les zones où des vagues extrêmes ont été signalées, et en vert, les floraisons inattendues du plancton. © CopernicusAgrandir l’image

Les points désignent les zones concernées par des canicules marines en 2023 (rouge) et en 2022 (rose). En bleu, les zones où des vagues extrêmes ont été signalées, et en vert, les floraisons inattendues du plancton. © Copernicus

Des anomalies en série dans les océans{{}}

Un événement extrême particulièrement étonnant s’est produit en Crète en 2022 : un coup de froid intense dans l’eau a provoqué une « floraison extrême et tardive du plancton ». Le mélange des eaux froides et des chaudes a favorisé la concentration de nutriments, ce qui a fait exploser la floraison du plancton.

L’acidité de l’eau a également fortement progressé : +30 % depuis 1985.

Autre conséquence à fort impact sur les côtes : les plus hautes vagues du monde tendent à être de plus en plus grandes. 

Aucune bonne nouvelle à signaler du côté des pôles, puisque les deux souffrent d’une fonte sans précédent des glaces de mer. En Arctique, 2,2 millions de km² ont fondu depuis 1979 en raison d’une hausse de la température de +4 °C. En Antarctique, l’équivalent de trois fois la France en termes de glaces de mer a disparu depuis les années 1980. 

L’évolution des glaces de mer dans les pôles est sans appel. © Sirinporn, Adobe Stockagrandir l’image

L’évolution des glaces de mer dans les pôles est sans appel. © Sirinporn, Adobe Stock

Rappelons que les océans sont des puits de carbone : ils absorbent les gaz à effet de serre et la chaleur excessive à hauteur de 90 %. En temporisant le climat, ils emmagasinent trop de chaleur et se réchauffent donc à grande vitesse avec une cascade d’effets sur leur fonctionnement et la biodiversité qu’ils contiennent.

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Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-ce-scientifiques-redoutent-plus-train-produire-oceans-116435/

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  • Science, éducation, médias : quels rôles pour les climatologues aujourd’hui ? Conversation avec Éric Guilyardi - Publié : 11 juin 2025, 11:39 CEST – Document ‘theconversation.com’
    Auteur :

https://cdn.theconversation.com/avatars/311545/width170/image-20250609-56-tn6tqh.jpgÉric Guilyardi

Directeur de recherche au CNRS, Laboratoire d’océanographie et du climat, LOCEAN, Institut Pierre-Simon Laplace, Sorbonne Université

Déclaration d’intérêts - Éric Guilyardi est membre du Comité d’éthique du CNRS et du Conseil scientifique de l’Éducation nationale. Il est aussi président de l’Office for Climate Education et expert auprès de l’UNESCO et de l’OCDE.

Partenaires - Sorbonne Université apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR. Voir les partenaires de The Conversation France

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Portrait d’Éric Guilyardi.

Éric Guilyardi est océanographe et climatologue, spécialiste de modélisation climatique. Il s’intéresse tout particulièrement au phénomène climatique El Niño. Il a été auteur principal du 5e rapport du GIEC et a contribué au 6e. Il anime également une réflexion sur l’éthique de l’engagement public des scientifiques. Ce grand entretien, mené par Benoît Tonson, est l’occasion de mieux comprendre les liens entre l’océan et le climat et de réfléchir à la place du scientifique dans les médias et plus généralement dans la société, au moment où se tient la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc 3) à Nice.

The Conversation : Quels sont les liens entre le climat et l’océan ?{{}}

Éric Guilyardi : Le climat résulte de nombreuses interactions entre les composantes de ce que l’on appelle le « système Terre », dont l’atmosphère, l’océan, les surfaces continentales et la cryosphère (toutes les portions de la surface des mers ou terres émergées où l’eau est présente à l’état solide). L’océan est au cœur du système Terre car c’est son principal réservoir d’énergie. Les deux premiers mètres de l’océan contiennent en effet autant d’énergie que les 70 km de la colonne atmosphérique qui la surplombe ! Profond en moyenne de 4 000 mètres son immense inertie thermique en fait un gardien des équilibres climatiques. Par exemple, dans les régions au climat océanique, cette inertie se traduit par moins de variations de température, que ce soit dans une même journée ou à travers les saisons. L’océan est également un acteur des variations lentes du climat. Par exemple, le phénomène El Niño sur lequel je travaille, résulte d’interactions interannuelles entre l’océan et l’atmosphère qui font intervenir la mémoire lente de l’océan, située dans le Pacifique tropical ouest, vers 400 mètres de profondeur. Allant chercher une mémoire plus en profondeur, l’océan est également source de variations lentes qui influencent le climat depuis l’échelle décennale (mémoire vers 1 000 mètres de profondeur) jusqu’à des milliers d’années (entre 2 000 et 4 000 mètres).

L’océan joue un rôle fondamental dans le changement climatique, à la fois parce qu’il permet d’en limiter l’intensité, en absorbant à peu près un quart des émissions de carbone que l’activité humaine envoie dans l’atmosphère (via la combustion des énergies fossiles).

L’océan est donc notre allié, puisqu’il permet de limiter les impacts du changement climatique, mais il en subit également les conséquences. Sous l’effet de l’augmentation de la température, l’eau se dilate, elle prend plus de place et le niveau de la mer monte. La moitié de l’augmentation du niveau marin global (4 mm/an et environ 20 cm depuis 1900) est due à cette dilatation thermique. L’autre vient de la fonte des glaciers continentaux (en montagne, mais aussi de la fonte des calottes polaires en Antarctique et au Groenland).

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Dans le couple océan-atmosphère, l’atmosphère c’est un peu le partenaire nerveux, qui va vite : une dépression, qui se crée par exemple au nord du Canada, traverse l’Atlantique, arrive en Europe et disparaît au-dessus de la Sibérie aura une durée de vie de quelques semaines. Les structures équivalentes dans l’océan sont des tourbillons plus petits mais plus lents qui peuvent rester cohérents pendant des années, voire des dizaines d’années.

Vous avez commencé à évoquer El Niño, qu’est-ce que c’est ?{{}}

É. G. : Ce sont les pêcheurs sud-américains qui ont donné le nom d’El Niño a un courant chaud qui est présent tous les ans au moment de Noël le long des côtes du Pérou et du Chili (d’où « l’Enfant Jésus », El Niño en espagnol). Le reste de l’année, et en « année normale », des eaux froides et riches en nutriments remontent des profondeurs, faisant de cette région une des plus poissonneuses de la planète.

Mais certaines années, le courant chaud reste toute l’année – cela devient une année El Niño et la pêche s’arrête, un signal que l’on retrouve dans les registres de pêche depuis des siècles.

Alors qu’est-ce qu’il se passe ? Dans le pacifique, les années « normales » (Fig. 1), des alizés soufflent d’est en ouest. Ces vents font remonter des eaux froides venant des profondeurs à la fois le long de l’équateur, dans l’est, mais aussi le long des côtes du Pérou et du Chili. L’eau chaude des tropiques s’accumule à l’ouest, autour de l’Indonésie et du nord de l’Australie.

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https://images.theconversation.com/files/673586/original/file-20250611-62-lnal0o.png?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=754&fit=clipAgrandir l’image

Schéma de la différence entre une année normale et une année El Niño. La thermocline est la zone sous-marine de transition thermique rapide entre les eaux superficielles (chaudes) et les eaux profondes (froides). Fourni par l’auteur

Certaines années, des anomalies peuvent perturber ce système. Cela peut venir d’une anomalie de température vers le centre du Pacifique, par exemple sous l’effet de coup de vent d’ouest, des vents qui vont contrer les alizés pendant un moment. Si on a moins de différence de température, on a moins d’alizés, donc moins de remontée d’eaux froides. De l’eau plus chaude va s’étendre dans l’est et amplifier l’anomalie initiale. Le système s’enraye, les alizés s’affaiblissent et des anomalies de température de plusieurs degrés Celsius apparaissent dans d’immenses régions du Pacifique central et du Pacifique Est. Ces perturbations vont durer un an et c’est ce que l’on appelle un événement El Niño.

Aujourd’hui, on comprend bien les mécanismes de base de ce phénomène, on sait prévoir les impacts pour le bassin pacifique ainsi que pour les nombreuses régions de la planète que ‘El Niño’ influence. On sait que l’anomalie se produit à intervalles irréguliers (tous les trois à sept ans). Le dernier a eu lieu en 2023-2024.

On parle également de La Niña, qu’est-ce que c’est ?{{}}

É. G. : C’est la petite sœur d’El Niño, dont les impacts sont en miroir puisque l’on assiste à des anomalies froides dans le Pacifique central et Est, liées à des alizés plus forts, au lieu d’anomalies chaudes. On peut la décrire comme une année normale avec des alizés plus forts. Ce n’est pas un miroir parfait car El Niño a tendance à être plus fort et La Niña plus fréquent.

Depuis quand travaillez-vous sur ce sujet ?{{}}

É. G. : J’ai d’abord fait une thèse sur les échanges océan-atmosphère à partir du milieu des années 1990. À cette époque, il n’existait pas encore de modèle climatique global en France. On en avait un qui simulait l’atmosphère, et un autre, l’océan. Mon premier travail a donc consisté à « coupler » ces deux modèles. J’ai commencé à m’intéresser au phénomène El Niño lors d’un postdoctorat dans un laboratoire d’océanographie (le LODYC, ancêtre du LOCEAN). J’ai poursuivi mes recherches à l’université de Reading en Grande-Bretagne avec des spécialistes de l’atmosphère tropicale. En effet, pour comprendre El Niño, il faut s’intéresser à la fois à l’atmosphère et à l’océan. À cette époque, je développais des simulations informatiques et j’analysais comment ces simulations représentaient le phénomène El Niño.

On a vraiment assisté à de grandes avancées depuis les années 1990. Non seulement nous arrivons à représenter El Niño dans ces modèles, mais la prévision saisonnière opérationnelle permet aujourd’hui de prévoir El Niño six neuf mois à l’avance. C’est-à-dire qu’on a suffisamment bien compris les mécanismes et que nous disposons d’un réseau d’observation de qualité.

Une des découvertes à laquelle j’ai contribué, à la fois importante et étonnante, a été de démontrer le rôle prépondérant de l’atmosphère dans la définition des caractéristiques d’El Niño. Pendant longtemps, nous avons considéré qu’un phénomène qui arrive tous les 3 à 7 ans était principalement une question d’océan et d’océanographe, car liée à la mémoire lente de l’océan.

Grâce à des modèles toujours plus précis, nous nous sommes en fait rendu compte que l’atmosphère jouait un rôle dominant, en particulier à travers le rôle des vents, des flux de chaleur, de la convection atmosphérique et des nuages associés.

Pourquoi est-ce si important d’étudier ce phénomène en particulier ?{{}}

É. G. : El Niño est la principale anomalie interannuelle du climat à laquelle les sociétés et les écosystèmes doivent faire face. On a vu l’impact sur la pêche au Pérou ou au Chili. Aujourd’hui, la décision d’armer ou non les flottes de pêche de ces pays dépend des prévisions saisonnières d’El Niño, d’où leur importance.

Il y a d’autres impacts liés à ce que nous appelons des « téléconnections », c’est-à-dire des sortes de ponts atmosphériques qui connectent les anomalies du Pacifique tropical aux autres régions du globe, en particulier dans les tropiques. Par exemple, en Indonésie, une année El Niño particulièrement marquée peut diviser la récolte de riz par deux. Il y a aussi de nombreux impacts en l’Afrique, en particulier en Afrique de l’Est : des inondations pendant El Niño, des sécheresses pendant La Niña, avec des impacts humanitaires très sévères dans des pays déjà vulnérables. Les agences humanitaires utilisent aujourd’hui les prévisions saisonnières pour pouvoir anticiper ces événements extrêmes et leurs impacts. Il y a aussi des impacts en Californie, qui voit ses précipitations augmenter pendant El Niño et diminuer pendant La Niña, amplifiant les impacts de la sécheresse liée au changement climatique.

On lie souvent ces événements extrêmes au changement climatique, peut-on faire un lien direct entre El Niño et le changement climatique ?{{}}

É. G. : Il y a trois aspects à retenir sur les liens avec le changement climatique : l’un avéré, un autre qui est une question de recherche et enfin un aspect trompeur. Celui qui est avéré vient du fait qu’une atmosphère plus chaude contient plus d’humidité. Donc quand il pleut plus, il pleut encore plus du fait du réchauffement climatique. Pendant El Niño, il y a par exemple des précipitations intenses dans certaines régions qui étaient plutôt sèches, par exemple le Pacifique central ou les côtes du Pérou et du Chili. Il y en a d’autres en Afrique centrale et de l’est, comme nous l’avons vu aussi. Donc ces événements extrêmes vont être plus extrêmes du fait du réchauffement climatique. Ce premier aspect est bien documenté, en particulier dans les rapports du GIEC.

La seconde question qui se pose est de savoir si El Niño lui-même va changer. Est-ce que son intensité, sa fréquence, sa localisation vont évoluer ? Cela reste une question de recherche. Il y a une série d’études basées sur des résultats de modélisation qui suggère que la fréquence des événements les plus forts pourrait augmenter. Mais il faut rester prudent car ces simulations numériques, fiables à l’échelle saisonnière, ont encore des biais à plus long terme. Il reste de nombreuses questions dont la communauté scientifique s’empare avec énergie.

Enfin, l’aspect trompeur est de penser qu’El Niño accélère le changement climatique. C’est d’abord une confusion d’échelle de temps : El Niño modifie la température planétaire d’une année sur l’autre alors que le réchauffement la modifie dans le temps long (décennies). Ensuite, il est arithmétiquement compréhensible qu’El Niño modifie la température moyenne car le Pacifique tropical représente un quart de la surface de la planète. Mais cela ne veut pas dire que la température augmente de façon durable sur le reste du globe. La focalisation de la communication climatique sur la température moyenne annuelle et d’éventuels records une année particulière encourage cette confusion.

Comment prévoit-on El Niño ?{{}}

É. G. : Aujourd’hui les systèmes de prévisions opérationnels, par exemple à Météo-France ou au Centre européen de prévision à moyen terme en Europe ou à la NOAA aux USA, prévoient ce phénomène environ 6 à 9 mois à l’avance. Un réseau d’observation couvre le Pacifique tropical composé essentiellement de bouées fixes et dérivantes et de satellites. Ce réseau permet de mesurer la température, les courants et les autres paramètres qui vont permettre d’établir avec précision l’état actuel de l’océan qui est la base d’une prévision de qualité. On va ainsi pouvoir détecter l’accumulation de chaleur dans le Pacifique Ouest, qui se traduit par une anomalie de température de plusieurs degrés vers 300 mètres de profondeur, et qui est un précurseur d’El Niño.

Cette condition nécessaire n’est pas suffisante car il faut un déclencheur, en général une anomalie de vent d’Ouest en surface. Le fait que celle-ci soit plus difficile à prévoir explique la limite de prévisibilité à 6 à 9 mois.

Par exemple, en 2014, Le système était rechargé en chaleur en profondeur et les prévisions indiquaient une forte probabilité d’El Niño cette année-là… qui n’a pas eu lieu car l’atmosphère n’a pas déclenché l’événement. Il a fallu attendre 2015 pour avoir El Niño et évacuer cette chaleur accumulée vers les plus hautes latitudes.

Les enjeux de recherche actuels, issus des besoins de la société, sont de prévoir plus finement le type d’El Niño. Va-t-il être plutôt fort ou plutôt faible ? Sera-t-il localisé plutôt dans l’Est du Pacifique ou plutôt dans le centre ? Les enjeux de prévision sont importants puisque les impacts ne seront pas les mêmes.

On le voit, vos travaux ont un impact sur certaines grandes décisions politiques, vous avez fait partie des auteurs du cinquième rapport du GIEC, cela vous a également exposé au système médiatique, comment l’avez-vous vécu ?{{}}

É. G. : J’ai d’abord pensé qu’il était important de partager ce que nous scientifiques savons sur le changement climatique, donc j’y suis allé. Sans être forcément très préparé et cela a pu être un peu rock’n’roll au début ! Ensuite, grâce à des media training, j’ai mieux compris le monde des médias, qui a des codes et des temporalités très différents de ceux du monde de la recherche. Depuis, les sollicitations viennent en fait de toute part, elles ne sont pas que médiatiques. En ce qui me concerne, j’ai décidé de principalement m’investir dans l’éducation, à travers la présidence de l’Office for Climate Education, qui a pour mission d’accompagner les enseignants du primaire et du secondaire pour une éducation au climat de qualité et pour toutes et tous. C’est un engagement qui fait sens.

Je suis également engagé dans une réflexion sur le rôle du scientifique dans la société. Nous avons créé un groupe de réflexion éthique au sein de l’Institut Pierre-Simon Laplace pour échanger collectivement sur ces enjeux science-sociéte et les différentes postures possibles.

Cette réflexion était essentiellement individuelle ou faite entre deux portes dans les couloirs de nos laboratoires. Les enjeux sont tels que nous avons décidé de nous en emparer collectivement. Cela m’a amené å rejoindre le Comité d’éthique du CNRS pour lequel j’ai co-piloté un avis sur l’engagement public des chercheurs. « L’engagement public », c’est quand un chercheur s’exprime publiquement en tant que chercheur pour pousser à l’action (par exemple une biologiste qui dit « vaccinez-vous » ou un climatologue qui suggère de moins prendre l’avion). C’est donc différent de la médiation ou de la communication scientifique qui n’ont, en général, pas cet objectif « normatif ». L’engagement public ainsi défini ne fait pas partie de la fiche de poste des chercheurs, mais c’est important que des scientifiques puissent le faire. Car si ce n’est pas eux qui interviennent dans le débat public, ce sera peut-être des personnes avec moins d’expertise.

Mais n’est-ce pas un risque pour le chercheur de s’engager ainsi ?{{}}

É. G. : Si bien sûr ! Un risque pour sa réputation académique, pour l’image de son institution, voire même pour l’image de la recherche. Pour le faire de façon sûre et responsable, il faut donc avoir conscience des valeurs que porte un tel engagement et en faire état. Car l’expression publique, même d’un chercheur, n’est pas neutre. Les mots que l’on va choisir, le ton de sa voix, la façon de se présenter, portent un récit et donc des valeurs. Clarifier ces valeurs personnelles pour ne pas tromper son auditoire, le laissant croire à une prétendue neutralité, a aussi l’avantage de ne pas risquer d’être perçu comme militant.

C’est un travail d’acculturation nouveau pour notre communauté, que d’autres sciences pratiquent depuis plus longtemps, comme les sciences médicales. Nous devons collectivement mieux comprendre la société et ses ressorts pour n’être ni naïfs, ni instrumentalisés, et rester pertinents. Il faut par exemple être particulièrement vigilant avec des porteurs d’intérêts privés (entreprises, ONG, partis politiques) qui peuvent vouloir chercher une forme de légitimation de leur agenda auprès des chercheurs.

Qu’est-ce qui a changé dans votre pratique des médias après toutes ces réflexions ?{{}}

É. G. : Tout d’abord, j’interviens nettement moins dans les médias. Les journées n’ont que 24 heures et je me suis rendu compte que ma valeur ajoutée n’était pas très élevée, l’angle de l’interview étant la plupart du temps décidé à l’avance. De plus, la pression sur les journalistes rend l’expression d’une nuance très difficile. L’injonction à prendre parti entre deux positions extrêmes me semble stérile même si je comprends que cela puisse faire de l’audimat.

J’ai joué ce jeu pendant un temps, mais j’ai fini par me rendre compte que je participais à un récit essentiellement catastrophiste et que mes tentatives de nuances étaient vaines. Et je ne parle même pas des réseaux sociaux, avec leurs algorithmes conçus pour polariser, que je ne pratique donc pas. Ce type de récit d’alerte a sans doute eu son utilité mais je suis convaincu qu’il est aujourd’hui contre-productif. Je suis aussi de plus en plus gêné quand on me tend le micro pour me demander ce qu’il faudrait faire. On entend souvent le message : « on connaît les solutions mais on ne les met pas en œuvre parce que, soit l’on n’écoute pas assez les scientifiques, soit il y a des “méchantes” entreprises, soit il y a des politiques incompétents ». Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait des solutions clairement identifiées. Pour moi, le défi environnemental (climat, biodiversité, pollution) est comme la démocratie ou les droits de l’Homme, il n’y pas de solutions mais une attention de tous les instants, une réflexion démocratique sur le monde que nous voulons, le niveau de risque acceptable, le niveau d’inégalités acceptable, etc. C’est une discussion essentiellement politique, au sens noble du terme, dans laquelle l’avis des scientifiques n’a pas plus de poids que celui de chaque citoyen. Trop donner la parole aux scientifiques (ce que vous faites dans cet interview !) c’est risquer de dépolitiser des enjeux essentiels et ouvrir la porte à un backlash des populations.

D’où l’importance de l’éducation, pour bien percevoir la complexité des enjeux, bien différencier les registres de connaissance (scientifique, croyances, valeurs…), comprendre les liens et l’articulation entre les différents défis, et éviter ainsi de tomber dans des visions étroites du monde ou de l’avenir, forcément angoissantes. Le sentiment simpliste qu’il y aurait des solutions peut aussi générer de la colère envers les dirigeants qui ne les mettraient, donc, pas en œuvre.

Que proposez-vous pour avancer ?{{}}

É. G. : Tout d’abord retrouver de la nuance, de la complexité, affirmer haut et fort qu’il n’y a pas que le climat et la température moyenne de la Terre dans la vie, apprendre à préparer l’avenir positivement.

Il y a 17 objectifs du développement durable qui sont autant de sources de malheur humain. A mes yeux de citoyen, il n’y en a pas un qui serait plus important ou plus urgent que les autres. Les éventuelles priorités dépendent de la société que nous voulons, du niveau de risque acceptable et sont donc ancrées localement et culturellement. Regardez comment les différents pays ont fait des choix politiques très différents face au même virus pendant le Covid ! Placer le débat d’abord au niveau du monde que nous voulons, c’est faire un grand pas en avant, même si le chemin reste long.

On me traite souvent « d’optimiste » face à tous ces défis. Mais en fait, pour moi, la période que nous vivons est passionnante ! Nous sommes face à une transition majeure, rare dans l’histoire de l’humanité. Oui c’est vrai, et il ne faut pas se voiler la face, cette transition aura son lot de risques et de malheurs et il y a des intérêts du monde ancien qui résisteront longtemps et farouchement. Mais un nouveau monde de possibles s’ouvre à nous – c’est terriblement excitant, en particulier pour les jeunes !

climat El Niño océan modélisation engagement Agence nationale de la recherche (ANR) Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) Grand entretien Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc)

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Source : https://theconversation.com/science-education-medias-quels-roles-pour-les-climatologues-aujourdhui-conversation-avec-eric-guilyardi-257585

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Lors du sommet UNOC3, Conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tient à Nice, organisée par la France et le Costa Rica, 95 pays, dont Israël ont signé l’appel pour un Traité ambitieux sur les plastiques (“Nice wake up call for an ambitious plastics treaty”), réaffirmant une ambition commune et mondiale de mettre fin au fléau de la pollution plastique, conformément au mandat de la résolution 5/14 de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement. La pollution plastique est une problématique mondiale aux conséquences néfastes pour l’environnement et la santé humaine. Chaque année, environ 460 millions de tonnes de plastiques sont produites. Sans action énergique, cette quantité va tripler d’ici 2060. 

1. Appeler à l’adoption d’un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation de polymères plastiques primaires 

2. Mettre en place une obligation juridiquement contraignante pour éliminer progressivement les produits plastiques les plus problématiques et les substances chimiques préoccupantes, en soutenant l’élaboration d’une liste mondiale de ces produits et substances 

3. Améliorer, par une obligation contraignante, la conception des produits plastiques et s’assurer d’un impact environnemental minimal et qui protège la santé humaine 

4. Se doter d’un mécanisme financier à la hauteur de l’ambition du traité et soutenant sa mise en œuvre efficace 

5. S’engager en faveur d’un traité efficace et ambitieux qui peut évoluer dans le temps et réagir aux changements des preuves et connaissances émergentes.

La cinquième Assemblée des Nations Unies pour l’environnement avait adopté en mars 2022 une résolution historique en vue de négocier un traité mondial pour mettre fin à la pollution plastique, fondé sur une approche globale couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques. Après cinq premières sessions de négociations (Uruguay, France, Kenya, Canada, et Corée du Sud), une session « CIN-5.2 » se tiendra à Genève (Suisse) du 5 au 14 août 2025. Source France Diplomatie

Montée du niveau des eaux{{}}

Par ailleurs, les villes israéliennes d’Eilat et Ashkelon ont rejoint la coalition de villes et régions côtières « Ocean rise & coastal resilience ». Les initiateurs de cette coalition souhaitaient rassembler un millier de villes et régions représentant un milliard de personnes menacées par l’élévation du niveau des océans. A ce jour, elle a réuni 300 élus, maires et gouverneurs. L’élévation du niveau de la mer est une conséquence directe du changement climatique. Ce phénomène est dû pour moitié au réchauffement des océans, mais pour l’autre moitié à la fonte des glaces.

Lors du One Planet – Polar Summit, les scientifiques avaient exprimé leurs craintes que les effets irréversibles de l’effondrement de la cryosphère n’entraînent une hausse significative du niveau de la mer. D’ici 2050, plus d’un milliard de personnes seront confrontées à des risques accrus liés à l’élévation du niveau de la mer. Lors du One Ocean Summit organisé à Brest en 2022, plus de 40 villes côtières se sont réunies pour faire face à cette menace dans le cadre du programme Sea Ties, coordonné par la Plateforme Océan & Climat…

Données spatiales{{}}

On attend à présent de savoir si l’Agence spatiale israélienne (ISA) va rejoindre l’alliance Space4Ocean. Space4Ocean (S4O), initiée par le CNES, est une coalition internationale axée sur l’action visant à connecter le secteur spatial avec les acteurs marins et maritimes afin de renforcer les efforts de préservation, de conservation et de protection des océans. Fondée sur la science et exploitant les données spatiales, les mesures in situ et des modèles numériques avancés, l’Alliance répond aux défis majeurs des océans et des zones côtières, contribuant ainsi aux cadres politiques mondiaux tels que les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, en particulier l’ODD 14. Elle a été officiellement lancée lors de la 3e Conférence des Nations Unies sur les océans (UNOC3).

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UNOC-3 : Israël signe l’appel de Nice pour un Traité ambitieux sur les plastiques et rejoint la coalition Ocean Rise (montée du niveau de la mer)

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Source : https://israelscienceinfo.com/unoc-3-israel-signent-lappel-de-nice-pour-un-traite-ambitieux-sur-les-plastiques-et-rejoint-la-coalition-ocean-rise-montee-du-niveau-de-la-mer/

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  • Une sélection de ressources complémentaires en français sur la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3) à Nice en juin 2025 ; parmi les suggestions de ‘ChatGPT’
    📰 Articles & revues scientifiques

Article du Press‑ONU (dernier communiqué) : met en lumière l’adoption d’une coalition de 33 États (dont la France) et la volonté d’un moratoire sur l’exploitation des grands fonds marins, ainsi que la volonté de protéger 30 % des océans en Zones Économiques Exclusives youtube.com+15youtube.com+15fr.wikipedia.org+15.

Greenpeace Luxembourg “Dans les coulisses” (18 juin 2025) : reportage immersif avec focus sur les campagnes et résultats concrets, y compris le traité BBNJ et un traité sur les plastiques

Revues francophones pertinentes :{{}}

Journal de la Société des Océanistes : revue scientifique en français (et anglais) spécialisée sur les sciences naturelles et sociales marines fr.wikipedia.org+4fr.wikipedia.org+4fr.wikipedia.org+4.

Cahiers de la Méditerranée : publication semestrielle de l’Université Côte d’Azur, idéale pour des analyses sur la Méditerranée et les politiques côtières.

Téthys : revue trimestrielle de biologie marine, illustrée, produite par la Station marine d’Endoume à Marseille.

🎥 Documents didactiques en français - Pour mieux comprendre les enjeux présentés à Nice :

Discours officiel de l’ONU présentant la feuille de route proposée.

Débat grand public animé par Marco Paumier, éclairant sur les avancées concrètes.

🔍 Ressources complémentaires

Article Wikipédia (français) sur la 3ᵉ Conférence : description du déroulement, des événements préparatoires et des prises de parole officielles fr.wikipedia.org+12fr.wikipedia.org+12youtube.com+12youtube.com+1youtube.com+1youtube.comyoutube.com.

Océans Connectés : média francophone dédié aux sciences marines, proposant souvent des analyses pédagogiques autour de l’UNOC fr.wikipedia.org+1information.tv5monde.com+1.

En résumé :

Type

Ressource

Description

Communiqués officiels Press‑ONU Moratoire sur grands fonds marins, aires protégées
Synthèse journalistique Toute l’Europe 5 points clés du sommet
Reportage ONG Greenpeace Luxembourg Résultats concrets et campagnes
Revues scientifiques J. Socié. Océanistes, Téthys, Cahiers Méditerranée Analyses thématiques
Vidéos pédagogiques Marina Levy, ONU, analyse grand public Explication des enjeux

Source - D’après une requête formulée par Jacques Hallard pour ISIAS.info auprès de ‘ChatGPT’

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  • Trois documents complémentaires en chinois qui abordent la 3ème Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3) tenue à Nice  en juin 2025 avec des résumés approfondis en français des trois textes chinois – Contribution de ‘ChatGPT’ :
    📄 1. 综述:新华社报道《联合国海洋大会为全球海洋治理提出方案》- Résumé : l’agence de presse Xinhua a rapporté que « la Conférence des Nations Unies sur les océans propose des solutions pour la gouvernance mondiale des océans »

内容 : 回顾会议期间发布的《尼斯海洋行动计划》,阐释中国在“扩大海洋保护区”、“航运业脱碳”、“海洋污染治理”等方面的政策举措和国际承诺。报道指出截至6月13日,共有136个成员签署相关协议,其中50个已批准 sis.gov.eg+4ocean-climate.org+4unocnice2025.org+4icdf.org.tw+3app.xinhuanet.com+3oceandecade.org+3

{{}}综述丨新华社报道《联合国海洋大会为全球海洋治理提出方案》- Ce texte publié par Xinhua le 14 juin 2025 propose une vue d’ensemble claire des résultats de la conférence UNOC3 à Nice :

Présentation du «  Plan d’action de Nice pour l’océan  », qui cible la biodiversité marine via des mesures concrètes pour la gouvernance océanique au niveau mondial sdgs.un.org+1unesco.org+1.

Mention des engagements chinois : extension des aires marines protégées, réduction de la pollution marine, ainsi qu’une forte participation aux accords internationaux.

Mise en avant du rôle proactif de la Chine, notamment par le biais de sa stratégie «  partenariat bleu  », où elle partage ses pratiques et technologies marines. Une session parallèle organisée par le ministère chinois des Ressources naturelles et la Fondation SEE a notamment exposé plusieurs projets concrets, comme le développement d’un outil de gouvernance marine (COAST) utilisant des données marines, l’intelligence artificielle et un accès libre pour les décideurs Séniors.

Des experts internationaux ont salué l’approche chinoise, jugée exemplaire en matière de restauration écologique et de régulation des activités en eaux profondes.

📄 2. UNESCO 中文稿:《联合国海洋大会:教科文组织呼吁加大海洋学研究投入》- Version chinoise d’un document de l’UNESCO : « Conférence des Nations Unies sur les océans : l’UNESCO appelle à accroître les investissements dans la recherche océanographique »

内容 : 强调海洋科学的重要性,呼吁全球提升海洋科学研究预算,并宣布在海底测绘和全球观测网络方面的新举措。提到已动员2000艘船参与海洋观测,到2035年争取10,000艘 unesco.org

UNESCO 中文稿:une dépêche UNESCO (13 juin 2025) résume les initiatives scientifiques soutenues à Nice :

La Directrice générale Audrey Azoulay insiste sur la nécessité de tripler les investissements en sciences marines, actuellement inférieurs à 2 % des budgets nationaux.

Nouveaux efforts majeurs :

    • Cartographie des fonds marins – la couverture a augmenté de moins de 6 % en 2017 à 26,1 %, grâce à des partenariats publics-privés incluant le Japon. UNESCO propose d’ouvrir ces données au public oceandecade.org.
    • Réseau mondial d’observation maritime en temps réel – plus de 2 000 navires, y compris civils et de recherche, ont été équipés ; objectif  : 10 000 navires d’ici 2035 pour surveiller météo, océanographie et sécurité maritime.
    • Science participative (eDNA) – Collecte d’ADNe dans 21 zones du Patrimoine mondial, identifiant environ 4 500 espèces ; extension à 25 zones supplémentaires prévue unesco.org+1unesco.org+1.
    • 内容 : 聚焦在会议前期召开的一个海洋科学术大会,强调科学为联合国海洋峰会提供决策基础,内容包括海洋生态压力、气候变化应对及相关政策建议 - Contenu : Focus sur la conférence académique ’One Ocean Science’ tenue au début de la conférence, soulignant que la science constitue la base de la prise de décision au Sommet des Nations Unies sur les océans, y compris la pression écologique marine, la réponse au changement climatique et les recommandations politiques connexes {{}}oceandecade.org
      “Ocean Decade” 官方中文文章《一个海洋科学大会:第三届联合国海洋大会的科学基础》- Décryptage de l’Ocean Science Congress (OOSC), congrès : premier fondement scientifique de la conférence UNOC3 :

Tenue du OOSC du 3 au 6 juin 2025 à Nice, rassemblant plus de 2.000 experts internationaux pour orienter scientifiquement le Plan d’action de Nice unesco.org+4oceandecade.org+4news.xmu.edu.cn+4.

Thèmes dominants  : pression anthropique sur les océans, résilience et restauration des écosystèmes marins, et intégration des résultats dans les politiques publiques à l’échelle locale et mondiale.

Un événement marquant  : l’intervention du Dr Jiao Nianzhi (Global ONCE), avec sa stratégie «  Triple REAL  » : scientifique, réalisable, reproductible ; écologique, éthique, équitable ; ambitieux, actionnable, atteignable ; juridique et normatif ns.xmu.edu.cn.

Ce congrès de Nice inaugure un modèle innovant ’science politique action’, ancrant la conférence dans une approche scientifique robuste. Il vise à renforcer l’appui décisionnel fondé sur la science, dans la continuité des travaux de la Décennie des sciences océaniques (2021-2030).

🔎 En synthèse :

Document

Focus principal

Points clés

Xinhua{{}} Politique & gouvernance Plan de la réunion à Nice, rôle actif de la Chine, outil COAST, partenariat bleu
UNESCO{{}} Sciencé & financement URGENT - besoin d’investissements, données publiques, eDNA et réseau océan
Ocean Decade{{}} Fondation scientifique OOSC, triple REAL, modèle science→politique→action

Source - Source - D’après une requête formulée par Jacques Hallard pour ISIAS.info auprès de ‘ChatGPT’

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  • Quelques articles, revues scientifiques et vidéos didactiques complémentaires en français : ils traitent de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan vient de se dérouler à Nice en Juin 2025 – Contribution de ‘Le Chat Mistral’
  • Site officiel de la Conférence des Nations unies sur l’Océan : Ce site fournit des informations détaillées sur les objectifs et les préparatifs de la conférence, ainsi que des liens vers des consultations et des événements associés. Vous pouvez y trouver des ressources et des articles en français. En savoir plus
  • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : Ce site propose des informations sur la conférence, y compris les participants et les enjeux. Vous pouvez y trouver des articles et des déclarations officielles. En savoir plus
  • Touteleurope.eu : Ce site offre un aperçu complet de la conférence, y compris les dates, les participants et les enjeux. Vous pouvez y trouver des articles et des analyses en français. En savoir plus
  • Université Côte d’Azur : En tant que partie prenante officielle de la conférence, l’Université Côte d’Azur propose des informations sur les événements scientifiques et les discussions internationales liés à la conférence. En savoir plus
  • France TV Pro : Ce site propose des vidéos et des documentaires en français sur la conférence, ainsi que des émissions spéciales couvrant les différents aspects de l’événement. En savoir plus
  • Site du Gouvernement Français sur la Mer : Ce site fournit des informations détaillées sur la conférence, y compris les objectifs, les participants et les événements associés. En savoir plus

    La Mer en commun – Année de la Mer | Seaquarium

Source - D’après une requête formulée par Jacques Hallard pour ISIAS.info auprès de ‘Le Chat Mistral’

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Collecte de documents et agencement, traductions, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 22/06/2025

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Océan Climat Géopolitique.7.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

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