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"Des clés pour comprendre le conflit israélo-palestinien d’hier à aujourd’hui et l’impossible [?] coexistence Israël-Palestine : position de la rabbine française D. Horvilleur et des entrepreneuses qui reconstruisent leurs communautés" par Jacques Hallard

dimanche 1er juin 2025, par Hallard Jacques


ISIAS Histoire contemporaine Proche-Orient

Des clés pour comprendre le conflit israélo-palestinien d’hier à aujourd’hui et l’impossible [?] coexistence Israël-Palestine : position de la rabbine française D. Horvilleur et des entrepreneuses qui reconstruisent leurs communautés 

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 21/05/2025

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Des femmes issues d’un large éventail de la société israélienne rassemblées pour la première conférence de Kumi au Sapir College, près de Sderot, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Noa Sharvit)

In Dans l’ouest du Néguev, en Israël, les apprenties entrepreneuses reconstruisent elles-mêmes leurs communautés : « plus de 300 femmes ont rejoint Kumi, œuvre d’une Israélienne née en Australie, pour prendre confiance, se former ou obtenir des fonds de démarrage pour des projets que personne ne portait… » - Par Sue Surkes 19 mai 2025 – A lire dans ce dossier


Préambule

Ce dossier – conçu dans un but didactique – fait suite à celui-ci :

’Des ensembles multiculturels, intergénérationnels, se référant aux trois religions monothéistes abrahamiques partagent les cultures musicales de la Méditerranée malgré 8 décennies d’Histoire tumultueuse au Proche-Orient’ par Jacques Hallard - 21 mai 2025 - ISIAS Musique Histoire Palestine Israël

On se replace ici dans ce contexte incertain et difficile du Proche-Orient pour mieux cerner des faits d’histoire contemporaine et citer quelques positions, initiatives et actions de quelques femmes courageuses d’obédiences religieuses diverses en Israël…

Le conflit israélo-palestinien, qui déchire cette région du Proche-Orient depuis des décennies, est l’un des conflits les plus complexes et tenaces du monde contemporain. À sa base, il est le résultat d’une combinaison de facteurs, notamment les différences religieuses, les revendications territoriales et les intérêts géopolitiques… -Source

En savoir plus par ici > 9 éléments pour comprendre la guerre palestino-israélienne et le conflit complexe au Moyen-Orient - BBC Role, Mundo 26 octobre 2023, ou par là avec de courtes vidéos > https://www.lumni.fr/dossier/les-conflits-israelo-palestiniens#1 [Avec Lumni, une plateforme éducative numérique de l’audiovisuel public français permettant aux élèves de la maternelle à la terminale de consolider les notions des programmes scolaires en proposant des contenus certifiés pour que les élèves et étudiants puissent réviser les notions de leurs programmes, et pour leur apporter également une aide dans l’organisation de leur scolarité [1],[2],[3]. Source

Delphine Horvilleur, née le 8 novembre 1974 à Nancy, est une écrivaine [1] et femme rabbin française appartenant à l’organisation juive libérale Judaïsme en mouvement, issue du Mouvement juif libéral de France et de l’Union libérale israélite de France [2],[3]. Elle est membre du Conseil des rabbins libéraux francophones ainsi que directrice de la rédaction de la revue Tenou’a...

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b0/Delphine_Horvilleur_par_Claude_Truong-Ngoc_mars_2019_%28cropped%29.jpg/330px-Delphine_Horvilleur_par_Claude_Truong-Ngoc_mars_2019_%28cropped%29.jpgDelphine Horvilleur (2019) - Source

Tenou’a - Atelier de pensée(s) juive(s) : c’est une revue trimestrielle de pensée juive publiée par l’Association Tenou’a. Créée en 1981 par le rabbin Daniel Farhi, elle fut publiée par le Mouvement juif libéral de France (MJLF) jusqu’au printemps 2013. Delphine Horvilleur est la directrice de la rédaction. Antoine Strobel-Dahan est le rédacteur en chef. Francis Lentschner est directeur de la publication, Élie Papiernik est le directeur artistique et Yael Hollenberg la chargée de mission. « Tenou’a, תנועה » signifie « mouvement » en hébreu. Source

L’autrice pour The Jerusalem Post, Kylie Eisman Lifschitz, une avocate de Jérusalem originaire d’Australie est aussi PDG de Work Well, présidente de Mavoi Satum et fondatrice de Kumi (initiatives pour le financement pour les femmes et les filles en Israël). Elle contribue ainsi au sein de l’organisation Kumi avec plus de 300 femmes dans le but de les aider à prendre confiance, à se former et/ou à obtenir des fonds de démarrage pour des projets dans leurs communautés dans le Néguev au sud d’Israël…

« Kumi est une initiative qui appelle les femmes à se lever, à prendre des initiatives et à créer une forte présence féminine dans le leadership du changement social dans la région du Néguev occidental. Le programme servira de plate-forme pour l’entrepreneuriat local chez les femmes de la région, fournira des outils pratiques, aidera à renforcer la résilience et dirigera des processus dans le but de créer un réseau de femmes influentes des communautés pour construire une vaste infrastructure régionale pour un avenir meilleur… » - Source : https://www.kumi-sherise.com/en

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Introduction

Dans un premier temps, des articles et des études – textes et vidéos - ont été sélectionnés pour mieux comprendre sur l’histoire et les enjeux du conflit Israélo-Palestinien

Dans un deuxième temps, des actualités ont été choisies pour mettre en relief des prises de position et des actions - et leurs conséquences -, telles que celle de « la rabbine Delphine Horvilleur qui sort du silence pour dénoncer la « faillite morale d’Israël » sur la bande de Gaza », d’une part, et d’autre part, le lancement d’une organisation appelée Kumi (Lève-toi), créée par Kylie Eisman Lifschitz, une avocate de Jérusalem originaire d’Australie, par ailleurs militante des questions de genre : là, « dans l’ouest du Neguev en Israël quelques centaines d’apprenties entrepreneuses reconstruisent elles-mêmes leurs communautés… » …

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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§§§

Version anglophone :  • Vidéo  Version russe :  • Конфликт Израиля и Палестины - на карте  Version arabe :  • الصراع الاسرائيلي الفلسطيني  Version espagnole :  • El conflicto Israelí-Palestino  Version japonaise :  • イスラエル・パレスチナ問題  Version portugais (Brésil) :  • COMPREENDA TODO O CONFLITO ISRAEL-PAL...  Version allemande :  • Die Geschichte von Palästina und Isra...  - Musiques (YouTube Audio library) Dark Zephyr - Audio Hertz - Programme de montage utilisé : Adobe After Effects -------- Sources Israël, Palestine : Vérités sur un conflit - Alain Gresh Comment le peuple juif fut inventé - Shlomo Sand The Hundred Years’ War on Palestine - Rashid Khalidi Les Origines du conflit israélo-arabe (1870-1950) - Georges Bensoussan -------- Chapitrage 00:00 Une brève histoire ancienne des Juifs 03:48 Les pogroms en Russie 05:07 Naissance du mouvement sioniste 06:41 Chute de l’empire ottoman 08:02 La Palestine sous mandat britannique 09:11 La grande révolte arabe 10:33 La Seconde Guerre mondiale 11:47 Le plan de partage de l’ONU 13:05 La guerre civile 14:39 La guerre israélo-arabe de 1948-1949 16:26 La crise du canal de Suez 17:46 La résistance palestinienne 19:26 La guerre du Kippour 20:46 Tentatives de paix 22:17 La seconde intifada 23:55 La bande de Gaza 25:40 Guerre contre le Hamas 26:52 Quel avenir ? -------- https://www.geo-history.com/content/f... #Israël #Palestine #Conflit #Gaza #Jérusalem #Sionisme #guerre #hamas #hezbollah #Résumé #Comprendre #Histoiregéo

https://lh3.googleusercontent.com/dbD1HuQYPZK0zJJTyVjELLXN1CQ5H8z33Z9TalAIPpFO28pQm7PIuH8nPOA-ORdkbxs0H1uutaU7gp4Dark Zephyr Audio Hertz Dark Zephyr

Musique

https://yt3.ggpht.com/bG5FfL5FJcShKHtIR-S4rsZszbxMjPjZOBMzmi1PCMCY9N-WMUpZV6uAJ9p8QxDat0yT6krKGA=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjHistoire Géo

Source : https://www.youtube.com/watch?v=UUdIiMOC260

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Ce conflit, une guerre de Cent ans selon Rachad Antonius [4], trouve racine dans des revendications territoriales, historiques, religieuses et culturelles, sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire.

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte d’Israël avec la Cisjordanie et la bande de Gaza, 2007.

Les principaux aspects du conflit comprennent l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, le statut de Jérusalem, les colonies israéliennes, la question des frontières et de la sécurité d’Israël.

L’opposition arabe au sionisme apparaît dès le début du mandat britannique sur la Palestine, avec de nombreuses émeutes et massacres et une révolte arabe entre 1936 et 1939. Après la Seconde Guerre mondiale, alors que le Royaume-Uni s’oppose à l’accueil en Palestine des rescapés juifs des camps de concentration nazis, ce sont les Juifs qui se révoltent. Ne pouvant plus gérer le mandat, les Britanniques en transfèrent la responsabilité à l’Organisation des Nations unies nouvellement créée, qui se prononce en faveur du partage de la Palestine en novembre 1947.

Cette décision conduit au déclenchement d’une guerre civile en Palestine, qui six mois plus tard devient la première guerre israélo-arabe. Le conflit conduit à l’exode d’Arabes palestiniens qui deviennent des réfugiés, et à l’arrivée en Israël de réfugiés juifs chassés des pays arabes.

La guerre des Six Jours, en juin 1967, provoque un nouvel exode palestinien depuis la Cisjordanie vers la Jordanie, ainsi que l’arrivée en Israël de près de 600 000 Juifs en provenance des pays arabes, chassés de chez eux. Les mouvements de populations ont débouché sur le problème des réfugiés palestiniens, qui sont près de cinq millions aujourd’hui. Israël présente aussi une minorité d’environ deux millions d’Arabes israéliens.

Le Conseil de Sécurité et l’Assemblée générale des Nations unies ont à ce jour émis près d’une centaine de résolutions dans le but de résoudre le conflit, sans jamais y parvenir. Plusieurs négociations et conférences de paix ont également eu lieu.

Histoire…….

Lire la suite à la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_isra%C3%A9lo-palestinien

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Comprendre tous les aspects de la situation en Palestine : historique, social, économique, politique et humain. De la déclaration Balfour à l’échec du « processus de paix », ce numéro fait le point sur un conflit colonial qui dure. Inclus, une carte-affiche « Pour un Palestinien, 50 km en 5 h de route », « checkpoints » militaires compris.

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Numéro coordonné par Akram Belkaïd et Olivier Pironet - Conception graphique : Boris Séméniako - Photogravure : Patrick Puech-Wilhem - orrection : Monique Devauton

Duplicité arabe, impasse palestinienne Akram Belkaïd et Olivier Pironet

Source : https://www.monde-diplomatique.fr/mav/157/

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https://www.ehess.fr/sites/default/files/styles/taille_image_contenu__870/public/actualite/image_d_accroche/conf_ip_rs_848x430_0.jpg?itok=g0gLpDse

En février 2024, l’EHESS a organisé un cycle de débats, ouverts aux publics, intitulé « Israël-Palestine : penser le conflit d’hier à aujourd’hui », avec des chercheuses et chercheurs en sciences sociales de l’EHESS et d’autres institutions.

Pour répondre à la demande d’information et de débat public au sein de l’EHESS, dans le monde académique et plus généralement dans la société, l’EHESS a souhaité proposer, à travers ce cycle de débats, un espace d’analyse et de réflexion offrant des perspectives de sciences sociales sur le passé et le présent d’Israël et de la Palestine.

Les intervenantes et intervenants invités, chercheuses et chercheurs en sciences sociales de l’EHESS et d’autres institutions partenaires, apportent des éclairages sur les racines historiques du conflit, ainsi que sur les sociétés israélienne et palestinienne depuis les Accords d’Oslo de 1993 et s’efforcent de comprendre les réactions que le conflit actuel suscite au Moyen-Orient, en Europe et aux États-Unis. Ce cycle est introduit par une première table ronde portant sur les dénominations émanant des mondes de l’enseignement, de la recherche et du journalisme pour définir le conflit.

Soucieuse de faire vivre la démocratie universitaire, l’EHESS souhaite ainsi porter, dans la cité, un éclairage à l’aune des méthodes de sciences sociales. Elle souligne la nécessité de résister aux tensions actuelles, de mobiliser un savoir à la fois érudit et critique et de reconnaître la légitimité des deux entités, israélienne et palestinienne, pour penser l’avenir. Elle espère que ces conditions, à la fois scientifiques et humanistes, permettront un débat serein, loin des polémiques actuelles.

Les débats et interviews des intervenantes et intervenants en amont du cycle sont disponibles en vidéos sur la chaîne YouTube de l’EHESS et ci-dessous.

Déclaration liminaire du président de l’EHESS au cycle de débats ’Israël-Palestine : penser le conflit d’hier à aujourd’hui’ < Lire le message

Programme {{}}

  • Jeudi 1er février 2024, 17h-19h - « Israël-Palestine : les mots pour le dire »
    Campus Condorcet, Centre de colloques, auditorium 250

    Avec Joëlle Alazard (présidente de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie - APHG), Benjamin Barthe (Le Monde) et Guillaume Gendron (Libération).
    Animé par Nora Hamadi (journaliste) 

Entretiens réalisés en partenariat avec Politika

  • Jeudi 8 février 2024, 18h-20h - « Israël-Palestine : aux sources d’un croisement de l’histoire »
    Campus Condorcet, Centre de colloques, auditorium 150
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    Avec Sylvie-Anne Goldberg (EHESS, CRH) et Henry Laurens (Collège de France).
    Animé par Hamit Bozarslan (EHESS, Cetobac)

Entretiens réalisés en partenariat avec Politika

  • Jeudi 22 février 2024, 17h-19h - « Israël et Palestine, d’Oslo à la guerre de Gaza »
    Campus Condorcet, Centre de colloques, auditorium 250
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    Avec Sylvaine Bulle (LAP) et Jean-Paul Chagnollaud (iReMMO).
    Animé par Hamit Bozarslan (EHESS, Cetobac)

Entretiens réalisés en partenariat avec Politika

  • Lundi 26 février 2024, 17h-19h - « Le Moyen-Orient face à la guerre : Turquie, Iran, monde arabe »
    Campus Condorcet, Centre de colloques, auditorium 250
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    Avec Ahmet Insel (Université de Galatasaray), Marie Ladier-Fouladi (CNRS, CETOBaC) et Matthieu Rey (CNRS, Ifpo).
    Animé par Hamit Bozarslan (EHESS, Cetobac)

Entretiens réalisés en partenariat avec Politika

Contact presse presse@ehess.fr

Source : https://www.ehess.fr/fr/communiqu%C3%A9/isra%C3%ABl-palestine-penser-conflit-dhier-aujourdhui-cycle-d%C3%A9bats-lehess-revivre-en-vid%C3%A9o

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  • Guerre Israël/Palestine : les clés pour tout comprendre - Thomas Snégaroff - 11/04/2024 - LCP - Assemblée nationale - 20 avril 2024 #LCP #assembléenationale
    Genèse, motivations des deux camps, implications religieuses... Il est parfois compliqué de saisir les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien. La collaboration entre Vincent Lemire et Thomas Snégaroff permet d’y remédier. Ce qui était initialement un podcast à succès prend désormais la forme d’un livre pédagogique augmenté de 50 cartes qui explique la guerre à travers six dates clés, sans parti pris. La solution du conflit israélo-palestinien peut-elle se trouver en analysant son historique ? Grand témoin : Thomas Snégaroff, historien, journaliste et co-auteur de « Israël/Palestine : anatomie d’un conflit » (Les Arènes) Intégralité de l’émission ici 👉 https://bit.ly/3W78VmP Abonnez-vous à la chaîne YouTube LCP Assemblée nationale ! https://bit.ly/2XGSAH5 et retrouvez-nous sur notre site : https://www.lcp.fr/ pour tous nos replays Suivez-nous sur les réseaux ! Twitter :  / lcp  Facebook :  / lcp  Instagram :  / lcp_an  #LCP #assembléenationale

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Source :https://www.youtube.com/watch?v=QvsDoW0ZT5g

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  • Histoire contemporaine - Palestine – ‘Voix de faits’ - La Palestine en cartes, citations, faits et chiffres – Documentation ‘monde-diplomatique.fr’
    En 1993, le premier ministre israélien Itzhak Rabin (1992-1995) se félicitait de l’accord encadrant la « collaboration » entre l’armée israélienne et la police palestinienne dans les territoires occupés, conclu lors des négociations secrètes menées en Norvège. Selon lui, le transfert de certaines tâches sécuritaires aux Palestiniens permettrait de « dispenser — et c’est le plus important — l’armée israélienne de devoir les accomplir elle-même ». In Sean F. McMahon, The Discourse of Palestinian-Israeli Relations, Routledge, Londres, 2013.

6.154 Palestiniens sont incarcérés dans les prisons israéliennes. Parmi eux, 463 sont maintenus en détention administrative (emprisonnés sans procès, pour une durée de six mois reconductibles) et 250 sont des enfants. Addameer, novembre 2017.

« Depuis les années 1970, la position de la France [à l’égard de la Palestine], si ambivalente qu’elle soit, mérite grande attention. L’émergence de puissantes voix pro-israéliennes qui cherchent non seulement à étouffer toute parole palestinienne en France et au-dehors, mais aussi à distordre et à dissimuler les événements liés à la lutte, est un élément important de la politique intérieure française qui a transformé le discours public sur la question palestinienne (…) ». Joseph A. Massad, La Persistance de la question palestinienne, La Fabrique, Paris, 2009.

À l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, les Israéliens ont conquis 6 000 km 2 de territoire palestinien supplémentaires par rapport à la superficie de l’État attribué aux Juifs lors du plan de partage de l’ONU (29 novembre 1947), qui s’élevait à 14 000 km2. Dès 1937, David Ben Gourion, futur premier ministre d’Israël, expliquait : « Après la formation d’une armée importante dans le cadre de l’établissement de l’État [juif], nous abolirons la partition et nous nous étendrons à l’ensemble de la Palestine. »> In Simha Flapan, The Birth of Israel, Pantheon, New York, 1988.

De l’occupation au morcellement Cécile Marin Aperçu

De l’occupation au morcellementAgrandir l’image

109 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes ou les colons au cours de l’année 2016. Leur moyenne d’âge était de 23 ans et 33 d’entre eux avaient moins de 17 ans. De leur côté, 15 Israéliens ont trouvé la mort. Ma’an News Agency, 1er janvier 2017.

Sous Israël, la Palestine{{}}

En 1951 est créé le Comité israélien des noms de lieux, destiné à changer la toponymie de la Palestine. Dans un discours prononcé à l’université Technion (Haifa), le 19 mars 1969, le général Moshe Dayan (1915-1981) revient sur cette entreprise d’effacement de la mémoire palestinienne :

« Des villages juifs ont été construits à la place des villages arabes. Vous ne connaissez même pas les noms de ces villages arabes, et je ne vous blâme pas parce que ces livres de géographie n’existent plus. Non seulement les livres n’existent plus, mais les villages arabes ne sont plus là non plus. (…). Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’ait eu auparavant une population arabe. » Cité par Haaretz, Tel-Aviv, 4 avril 1969.

1,5 % - C’est la proportion des Palestiniens chrétiens en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, estimés à environ 52 000 personnes. Avant 1948, ils constituaient environ 20 % de la population de Palestine. Institute for Middle East Understanding, 2013.

https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH766/murlogo-0cc60.png?1659809145

« Pour l’essentiel, les membres de l’Autorité [palestinienne] de Ramallah se satisfont de leur statut personnel, sur le plan du bien maigre prestige qui leur est accordé par le fait de diriger une entité sous occupation, et des salaires plus que suffisants (…). Ils sont, non pas forcément heureux, mais repus. » Roger Heacock, La Palestine. Un kaléidoscope disciplinaire, CNRS Éditions, Paris, 2011.

Un mur d’acier contre les palestiniens{{}}

En 1923, Vladimir Jabotinsky (1880-1940), inspirateur du parti Irgoun (futur Likoud, droite), fondé en 1931, exposait en ces termes sa vision du projet sioniste en Palestine, qui irrigue aujourd’hui encore la stratégie des dirigeants israéliens :

« La colonisation sioniste, même la plus limitée, doit soit cesser, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population locale. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une grande puissance indépendante de cette population, derrière un mur d’acier infranchissable. (…) Un accord avec les Palestiniens sur une base volontaire est impossible. » Vladimir Jabotinsky, Le mur d’acier : Nous et les Arabes, Rasswyet, Berlin, 4 novembre 1923.

L’exode des Palestiniens Cécile Marin Aperçu

L’exode des PalestiniensAgrandir l’image

Autonomie limitée{{}}

Les accords intérimaires israélo-palestiniens du 28 septembre 1995, dits Oslo II, divisent la Cisjordanie en trois zones de souveraineté distinctes, qui se répartissent aujourd’hui comme suit :

• la zone A (18 % du territoire), où s’exerce l’« autonomie » palestinienne ;

• la zone B (21 %), où la responsabilité civile incombe aux Palestiniens et la sécurité aux Israéliens ;

• la zone C (61 %), contrôlée exclusivement par ces derniers.

Les colonies juives — hors Jérusalem-Est — sont pratiquement toutes situées en zone C, mais certaines s’étendent désormais en zone B. La grande majorité des Palestiniens vit dans les zones A et B.

800 000 Palestiniens, parmi lesquels 15 000 femmes et plusieurs dizaines de milliers de mineurs, sont passés par les geôles israéliennes depuis 1967, soit 40 % de la population masculine de Cisjordanie et de Gaza et 20 % de la population totale. Institute for Palestine Studies et International Middle East Media Center News, 2014.

20 ans - C’est l’âge médian de la population de Cisjordanie et de Gaza, dont 39,2 % a moins de 15 ans. La tranche d’âge des 15-29 ans représente 29,8 % de cette population. Palestinian Central Bureau of Statistics, 2016.

https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH541/keffieh-783bc.png?1659807638

« La cause palestinienne n’est pas une cause pour les Palestiniens seulement, mais une cause pour chaque révolutionnaire, où qu’il se trouve, la cause des masses exploitées et opprimées de notre époque. » Ghassan Kanafani
Journaliste, auteur de plusieurs romans (dont Retour à Haïfa, Actes Sud, 1999), Ghassan Kanafani, né à Acre en 1936, fut également le porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dès sa création, en 1967. Le 8 juillet 1972, à Beyrouth, il est tué par une bombe placée dans sa voiture par les services secrets israéliens.

Le 29 octobre 2015, comme presque chaque nuit, l’armée israélienne envahit le camp de réfugiés d’Aïda, à Bethléem (Cisjordanie). Un habitant filme la scène : « Nous sommes l’armée d’occupation. Si vous jetez des pierres, nous vous gazerons jusqu’au dernier — les jeunes, les enfants, les vieux… vous mourrez tous. » « Israeli forces threaten Palestinian refugees over loudspeaker », Middle East Eye, 30 octobre 2015.

621 - C’est le nombre d’enfants de moins de 17 ans tués par les forces israéliennes entre le déclenchement de la seconde Intifada, le 29 septembre 2000, et le 29 septembre 2004. Health, Development, Information and Policy Institute, 2004.

Enjeu démographique Cécile Marin Aperçu

JH2025-05-15T22:12:00J

Enjeu démographiqueAgrandir l’image

En Palestine, le produit intérieur brut (PIB) par habitant (exprimé en parité du pouvoir d’achat) s’établit à 5 020 dollars (4 195 euros). Côté israélien, il s’élève à 36 576 dollars (30 577 euros). L’Année stratégique, Armand Colin, Paris, 2017.

5.154 - La bande de Gaza compte 5.154 personnes au km², soit [une] densité de population [parmi les plus élevées] de la planète. Le territoire côtier, dont la superficie est de 365 km², abrite 1,9 millions d’habitants. « Palestinian Central Bureau of Statistics, 2016 », Middle East Eye, 30 octobre 2015.

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Handala - Créé par le dessinateur palestinien Naji Al-Ali (1936-1987), Handala est l’un des personnages les plus connus du monde arabe. Âgé de dix ans, les mains jointes derrière le dos, pieds nus, les cheveux en épis pointés vers le soleil, il n’est jamais représenté de face et ne se retournera que lorsque le peuple palestinien aura un État. Naji-Al Ali, qui n’eut de cesse de dénoncer Israël, la complicité des Occidentaux mais aussi la compromission des pays arabes, fut assassiné, à Londres, le 22 juillet 1987. Son meurtrier ne fut jamais retrouvé. Le Mossad mais aussi des services secrets arabes furent suspectés.

Engagement{{}}

« Après avoir visité Israël en 2005, puis la Cisjordanie l’année suivante, j’ai été profondément ému et inquiet par ce que j’ai vu, et j’ai décidé d’ajouter ma voix à celles qui cherchent une solution équitable et légale au problème — pour les Juifs aussi bien que pour les Palestiniens. (…) Après plus de vingt ans de négociations, une population palestinienne sans défense vit toujours sous l’occupation, tandis qu’on lui prend plus de terres, qu’on y bâtit plus de colonies et qu’on emprisonne plus de Palestiniens, qu’on les blesse ou qu’on les tue, eux qui luttent pour le droit de vivre dignement et en paix, d’élever leurs enfants, de cultiver leur terre, d’aspirer à tous les rêves des êtres humains, comme nous autres. » Roger Waters, fondateur du groupe Pink Floyd, « Why I must speak out on Israel, Palestine and BDS » (« Pourquoi je dois m’exprimer à propos d’Israël, de la Palestine et de BDS »), Salon, 17 mars 2014.

Dès 1914, l’écrivain Khalil Sakakini (1878-1953), figure emblématique de la communauté chrétienne de Palestine et considéré comme l’un des pères du nationalisme arabe, entrevoyait les menaces que faisait peser le sionisme sur son pays :

« Les sionistes veulent mettre la main sur la Palestine, cœur des contrées arabes et maillon central entre la péninsule arabique et l’Afrique. Ils entendent briser ce maillon et diviser la nation arabe afin d’empêcher son unité et sa cohésion. Il faut que le peuple palestinien soit lucide sur leurs intentions et qu’il n’oublie pas qu’il possède une terre et une langue. Si vous voulez mettre un peuple à mort, coupez-lui la langue, saisissez ses terres — c’est précisément ce que veulent faire les sionistes avec nous. » Khalil Sakakini, Le mouvement sioniste, Al-Iqdam, Le Caire, 23 février 1914.

10.500 actes de violences ont été perpétrés en Cisjordanie par les colons israéliens contre des civils palestiniens ou leurs biens entre 2004 et 2015. Palestine Monitoring Group, 2015.

Population de Jérusalem Cécile Marin Aperçu

Population de Jérusalem

Autonomie Agrandir l’image

« Toute solution [au problème palestinien] exigera pour être valable d’être approuvée par les représentants légitimes du peuple palestinien. Aucun autre État arabe n’a le droit de décider en lieu et place du peuple palestinien (…) » Houari Boumediene, discours aux étudiants, Alger, 25 décembre 1969.

229 colonies israéliennes sont réparties en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Elles hébergent plus de 600 000 colons, dont 200 000 dans la partie orientale de la ville sainte, aux côtés de quelque 3 millions de Palestiniens. Peace Now, 2017.

Rétrogradation{{}}

« Afin d’exprimer concrètement notre soutien au peuple opprimé de Palestine, l’ANC a adopté, à l’unanimité, une résolution enjoignant le gouvernement sud-africain à rétrograder immédiatement et sans condition l’ambassade d’Afrique du Sud en Israël en un bureau de Liaison » Résolution prise lors de la conférence nationale bisannuelle du Congrès national africain (ANC), Johannesburg, 20 décembre 2017.

1.652 oliviers ont été arrachés par les colons dans les champs palestiniens en 2016 (contre 11 254 en 2015). Nations unies, OCHA, 2017.

Au cours de l’année 2017, les autorités israéliennes ont confisqué 978 hectares de terres en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, démoli 500 habitations et structures palestiniennes et construit huit nouvelles colonies dans les territoires occupés. Centre de recherche sur la terre (LRC), Jérusalem-Halhul, 2017.

Gaza :{{}}

À quoi rêvent les enfants de Gaza ? - Qui dira la peine des survivants ?

Comment font-ils pour traverser ces temps tragiques en maintenant le désir d’être humain et vivant ?

Qui racontera la geste de ceux dont chaque acte est un exploit ?

Olivia Elias, Ton nom de Palestine, Al Manar, Neuilly-sur-Seine, 2017.{}

Gaza enfermée Cécile Marin

Gaza enferméeAgrandir l’image

Indignation - « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation. » Stéphane Hessel, Indignez-vous !, Indigène Éditions, Montpellier, 2010.

85 % du tracé du mur de séparation construit par Israël serpente à l’intérieur de la Cisjordanie, isolant 9,4 % du territoire palestinien. UNOCHA, 2014.

https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH302/cloture-ba489.png?1659807656

Liaisons coupables{{}}

Selon un rapport coordonné par plusieurs organisations, dont l’ONG palestinienne Al-Haq, l’AFPS et la CGT, cinq groupes bancaires français –BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE, Axa– « gèrent des participations financières ou détiennent des actions auprès de banques et entreprises israéliennes qui contribuent au financement des colonies dans le territoire palestinien occupé », en violation du droit international. Le document souligne également la responsabilité de l’État français. Les Liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne, Collectif, CGT, Paris, mars 2017.

En septembre 2011, le président Mahmoud Abbas dépose la candidature de la Palestine comme membre à part entière de l’Unesco. L’admission sera effective le 31 octobre suivant. Israël et les États-Unis décident aussitôt de cesser leur contribution financière à l’organisation (les deux pays ont annoncé en octobre 2017 leur retrait de l’agence). L’éditorialiste centriste Fareed Zakaria, très écouté dans les milieux décisionnaires américains, justifie la position de Washington : « Il n’y a qu’une seule façon de voir émerger un État palestinien. Seulement si les Israéliens donnent leur accord. Ils ont la terre, ils ont les armes, ils ont l’argent ». « Zakaria : I oppose the Palestinian U.N. bid for practical reasons », CNN, 22 septembre 2011.

2.145 Palestiniens ont été tués lors de l’offensive israélienne contre Gaza en 2014 (6 juillet-26 août). Parmi les victimes, on compte 581 enfants et 261 femmes. Département des négociations de l’OLP, 2014.

« Ce que lancent les Palestiniens, ce sont leurs propres pierres, les pierres vivantes de leur pays. » Gilles Deleuze, « Les Pierres » (1988), dans Deux régimes de fous, Les Éditions de Minuit, Paris, 2003.

Qui reconnaît la Palestine ? Cécile Marin

Qui reconnaît la Palestine ?Agrandir l’image

Je vous appelle - Tawfiq Zayyad

Je vous appelle, je serre vos mains - J’embrasse la terre sous vos souliers

Et je dis : je me sacrifie pour vous - Je vous offre, de mes yeux, son éclat - Je vous offre, de mon cœur, sa chaleur

La tragédie que je vis, est ma part de vos tragédies

Je vous appelle… - Dans mon pays, je ne me suis jamais abaissé - Ni n’ai courbé mes épaules

Contre mes oppresseurs, je me suis levé - Orphelin, dépouillé et nu-pieds

Je vous appelle… - Dans la paume de mes mains, j’ai porté mon sang - Je n’ai jamais mis en berne mes pavillons.

J’ai préservé l’herbe verte sur les tombes de mes ancêtres

Je vous appelle… -
Ancien maire de Nazareth et député communiste au Parlement israélien, le poète et romancier palestinien Tawfik Zayyad (1929-1994) a composé ce texte en 1966. Il est devenu un des hymnes de la résistance.

On s’arrête, on réfléchit

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En perspective : {{}}

Guerres sans fin contre les Palestiniens Alain Gresh, juin 2021 Aperçu

Après onze jours de conflit qui ont fait 230 morts palestiniens et 12 morts israéliens, Israël et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu sans conditions préalables. L’arrêt des hostilités n’a pas apaisé les tensions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, pas plus qu’il ne règle les questions de fond. À défaut de disposer d’un État viable et de ne plus subir la colonisation, les Palestiniens continueront de se battre pour leurs droits. →

À Gaza, un peuple en cage Olivier Pironet, septembre 2019 Aperçu

Alors que les Israéliens sont appelés à élire un nouveau Parlement le 17 septembre, la bande de Gaza n’en finit pas de sombrer. Depuis treize ans, Tel-Aviv soumet le territoire palestinien dirigé par le Hamas à un blocus militaire dévastateur. Combien de temps la population pourra-t-elle tenir ? →

Le Hamas à l’épreuve du pouvoir Wendy Kristianasen, juin 2006 Aperçu

Le document signé par l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens en Israël pourrait constituer une base pour mettre un terme à l’épreuve de force entre le Fatah et le Mouvement de la résistance islamique (...) →

La Palestine n’a pas disparu - Edward W. Said, mai 1998

L’initiative prise par le premier ministre britannique Anthony Blair d’inviter à Londres, les 4 et 5 mai, MM. Yasser Arafat et Benyamin Nétanyahou ainsi que la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright (...) →

Histoire Géographie Démographie Géopolitique Israël Proche-Orient Palestine (Gaza) Palestine (Jérusalem) Palestine (Cisjordanie)

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  • TV - Israël-Palestine, l’impossible coexistence ? - Huit décennies d’une Histoire tumultueuse, racontée du point de vue des acteurs en prise directe avec les événements - France 5 - 3 épisodes disponibles - Accueil
    À propos : {{}}

Les attaques terroristes et sans précédent du Hamas, le 7 octobre 2023, ont plongé Israël dans une crise inédite et ont fait basculer le Proche-Orient dans un nouveau chapitre sanglant de son histoire, qui bouscule nos sociétés et la géopolitique mondiale.

Parce que le devoir d’informer et la compréhension de l’actualité nécessitent de regarder l’Histoire, France Télévisions propose le documentaire inédit « Israël - Palestine, l’impossible coexistence ? » sur sa plateforme france.tv et sur France 5.

Cette œuvre en trois épisodes, exceptionnellement documentée, écrite par Charles Enderlin, réalisée par Dan Setton, retrace et décrypte l’histoire tumultueuse des relations entre Israël et la Palestine.

Un récit éclairant, qui condense la complexité et le temps long du conflit pour permettre à tous de mieux en connaître les racines, en décrypter les enjeux, jusqu’à la crise et aux souffrances actuelles. Et garder l’espoir de la paix.

À (re)voir : {{}}

Israël-Palestine, l’impossible coexistence ? Épisode 1 - Au commencement (1948-1993) 57 min 16 s

Israël-Palestine, l’impossible coexistence ? Épisode 2 - Paix ou guerre (1993-2005) 56 min 11 s

Israël-Palestine, l’impossible coexistence ?

  • Épisode 3 - La descente aux enfers (2005-2023) 1 h 2 min

    Fichier:France.tv - logo 2022.svg — Wikipédia

Source : https://www.france.tv/france-5/israel-palestine-l-impossible-coexistence/

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  • Israël-Palestine : la lente agonie de la solution à deux États - 29 avril 2025 – Document ‘Nations Unies’ Paix et sécurité

    Un enfant devant un bâtiment détruit à Gaza.

© UNFPA Un enfant devant un bâtiment détruit à Gaza.

Alors que les combats font rage à Gaza et que la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, le chef de l’ONU a mis en garde, mardi, contre l’effondrement imminent de la perspective d’un État palestinien viable.

« Pour la solution à deux États, le glas a presque sonné », a tranché d’un ton grave António Guterres, lors d’un débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies consacré au Moyen-Orient. 

Depuis des décennies, la perspective d’un État palestinien coexistant pacifiquement aux côtés d’Israël est présentée par l’ONU comme la seule issue politique viable au conflit israélo-palestinien. 

Mais selon M. Guterres, cet horizon s’éloigne inexorablement. « L’engagement politique en faveur de cet objectif de longue date n’a jamais été aussi ténu », a-t-il reconnu, pointant du doigt la négation persistante des aspirations nationales palestiniennes.

Aggravation continue depuis le 7 octobre{{}}

Le tournant brutal de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, a porté un nouveau coup à l’idée d’une solution négociée. 

António Guterres a évoqué une situation humanitaire « qui dépasse aujourd’hui l’entendement » dans l’enclave, où plus de 50.000 Palestiniens ont été tués durant le conflit, dont près de 2.000 depuis la rupture du cessez-le-feu, le 18 mars. Femmes, enfants, journalistes et travailleurs humanitaires, les victimes dépassent très largement le cadre des combattants.

Quant aux armes employées contre les civils palestiniens, elles ne se limitent pas non plus aux bombes. Depuis près de deux mois, Israël bloque toute livraison de nourriture, de carburant et de médicaments dans Gaza, dont les deux millions d’habitants sont désormais pris en tenaille entre les frappes aériennes et la faim. 

Le Secrétaire général s’est dit alarmé par les déclarations de représentants d’Israël concernant l’utilisation de l’aide humanitaire comme moyen de pression militaire. « L’aide humanitaire n’est pas négociable », a-t-il martelé, et « les civils doivent être protégés ».

En février 2025, avant la rupture du cessez-le-feu, les Palestiniens déplacés dans le sud de Gaza rentraient en masse dans le nord de l’enclave.© WHO

En février 2025, avant la rupture du cessez-le-feu, les Palestiniens déplacés dans le sud de Gaza rentraient en masse dans le nord de l’enclave.

Semaine d’audiences à la JH2025-05-19T22:15:00J

CIJ 

Ces propos faisaient écho à ceux prononcés la veille, à La Haye, par la conseillère juridique des Nations Unies, à l’ouverture d’une semaine d’audiences de la Cour internationale de justice (CIJ) sur les obligations humanitaires d’Israël envers les Palestiniens. Devant les juges du tribunal onusien, censés émettre un avis sur la question à l’issue des audiences, Elinor Hammarskjöld a estimé que l’État d’Israël, en tant que puissance occupante, avait l’obligation, en vertu du droit international humanitaire, de faciliter l’acheminement de l’aide à la population gazaouie.

Nokukhanya Jele, de l’Afrique du Sud, s’adresse à la CIJ, à La Haye, dans le cadre des audiences sur les obligations humanitaires d’Israël envers les Palestiniens.© ICJ/Frank van Beek

Nokukhanya Jele, de l’Afrique du Sud, s’adresse à la CIJ, à La Haye, dans le cadre des audiences sur les obligations humanitaires d’Israël envers les Palestiniens.

Or, l’absence complète d’approvisionnement dans l’enclave depuis le 2 mars pousse les résidents au bord du gouffre. En fin de semaine dernière, le Programme alimentaire mondial (PAM) a notamment annoncé avoir épuisé l’ensemble de ses stocks alimentaires destinés aux résidents de Gaza. 

Depuis Genève, le chef des droits humains de l’ONU, Volker Türk, a lancé mardi un appel pressant à la communauté internationale pour éviter l’effondrement pur et simple de l’aide dans la bande. 

« Alors que le blocus total de l’aide essentielle à la survie entre dans sa neuvième semaine, des efforts internationaux concertés doivent être déployés pour empêcher cette catastrophe humanitaire d’atteindre une ampleur sans précédent », a-t-il appelé dans un communiqué de presse. 

Cisjordanie : une annexion de fait{{}}

Mais la crise ne se limite pas à Gaza. En Cisjordanie, dont fait officiellement partie Jérusalem-Est, « les opérations militaires israéliennes et l’emploi d’armes lourdes dans des zones résidentielles, les déplacements forcés, les démolitions, les restrictions de circulation et l’expansion des colonies transforment radicalement les réalités démographiques et géographiques », a averti le Secrétaire général.

À cela s’ajoutent les violences de colons israéliens, qui « se poursuivent dans un climat d’impunité, parfois avec la complicité de soldats israéliens », tandis que des communautés palestiniennes entières sont « victimes de destructions à répétition ».

Cette transformation sur le terrain compromet un peu plus chaque jour la faisabilité d’un État palestinien contigu. « Les Palestiniens sont cantonnés dans certains endroits et contraints d’en quitter d’autres », a noté António Guterres, décrivant une logique d’enfermement et de fragmentation territoriale.

Appel au sursaut international{{}}

Face à ce constat, le Secrétaire général a dénoncé l’inertie diplomatique. « Ce n’est pas le moment d’exprimer rituellement son soutien, de cocher une case et de passer à autre chose. Nous avons dépassé le stade des cases à cocher : le temps presse », a-t-il martelé. Il a exhorté les États membres à ne plus se contenter de déclarations de principe, mais à « traduire les paroles en actes ».

Si la fenêtre de la paix est sur le point de se refermer, elle demeure cependant entrouverte. Tout en tirant le constat de l’impasse politique actuelle et de l’aggravation constante de la situation dans les territoires palestiniens, dont l’occupation israélienne a été « jugée illicite » par la Cour internationale de justice, le Secrétaire général a appelé les États membres à prendre « des mesures irréversibles pour concrétiser la solution à deux États ».

M. Guterres a salué la tenue prochaine d’une conférence internationale sur la question, co-organisée en juin par la France et l’Arabie saoudite, comme l’occasion de revitaliser le soutien international. « Le monde ne peut pas se permettre de voir la solution à deux États s’évanouir », a-t-il dit.

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 Gaza

Articles :

CIJ : la conseillère juridique de l’ONU rappelle à Israël ses obligations humanitaires

Au Caire, le chef de l’ONU rejette tout « transfert forcé » des Palestiniens de Gaza

Des enfants meurent, des États plaident : la CIJ face à l’urgence à Gaza

Suivre l’actualité : précédents articles sur le sujet >

Gaza : une cinquantaine d’employés de l’UNRWA arrêtés et maltraités par Israël depuis 2023 29 avril 2025

Paix et sécurité - Plus de 50 membres du personnel de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ont été détenus et maltraités « de manière inhumaine » par les autorités israéliennes depuis le 7 octobre 2023, s’est indigné mardi, son chef, Philippe Lazzarini.

Source : https://news.un.org/fr/story/2025/04/1155111

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  • Conflit - Gaza : la rabbine Delphine Horvilleur sort du silence pour dénoncer la « faillite morale d’Israël » - Par Simon Blin publié le 9 mai 2025 à 15h – Document ‘liberation.fr’ Dossier
    Dans un texte publié sur le site Tenoua, l‘écrivaine reconnaît s’être tue trop longtemps sur les responsabilités de l’Etat hébreu dans « la tragédie endurée par les Gazaouis ». Elle appelle à un « sursaut de conscience ».

Delphine Horvilleur, à Paris, en 2023. Delphine Horvilleur, à Paris, en 2023. (Laura Stevens/Libération)

Est-ce un tournant ? Delphine Horvilleur, rabbine, écrivaine, philosophe, avait l’habitude de rendre les coups face à la flambée des discours et des actes de haine contre les Juifs depuis le 7 octobre 2023, que l’agression du rabbin d‘Orléans, en mars, venait une nouvelle fois illustrer. Au lendemain des meurtres du Hamas en Israël, elle s’était dite « terrassée » par le silence et le manque d’empathie témoignés à l’égard des Juifs.

Un peu plus de quatre mois après l’attaque terroriste, elle publiait Comment ça va pas ? Conversation après le 7 Octobre (Grasset) où elle revisitait son héritage culturel pour tenter de faire face au traumatisme. Parce qu’elle est une personnalité influente du débat public et intellectuel, une voix du judaïsme libéral en France, une femme de gauche qui défend l’universalisme et l’égalité, ses prises de parole comptent.

Le billet de Thomas Legrand Gaza : le réveil salutaire d’Anne Sinclair et Delphine Horvilleur

Dans un court texte publié ce jeudi sur le site Tenoua, consacré à la pensée juive et dont elle est la directrice de rédaction, Delphine Horvilleur sort du silence. « Toute autocritique menace l’union sacrée, se fait traîtrise ou, pire, carburant pour un ennemi qui cherche à nous détruire », écrit-elle dans un billet intitulé « Gaza/Israël : Aimer (vraiment) son prochain, ne plus se taire ».

Elle confesse : « Moi-même, j’ai ressenti souvent cette injonction au silence. J’ai parfois bâillonné ma parole pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux qui me menacent, ceux qui diabolisent et déshumanisent un peuple, et s’imaginent aider ainsi un autre. J’ai censuré mes mots face à ceux qui trouvent des excuses à une déferlante antisémite “ici” au nom d‘une justice absente “làbas. »

« Une déroute politique et une faillite morale »{{}}

Et si elle ne se taisait pas, l’autrice déplorait surtout ces derniers mois le retour d’un langage antisémite, notamment au sein d’une partie de la gauche politique qui embrasse la cause palestinienne, mais a parfois été accusée de relativiser les actes commis par le Hamas. Récemment, Delphine Horvilleur avait même été au cœur d’une passe d’armes avec Blanche Gardin, qu’elle a comparée à Dieudonné dans une vidéo au sujet d’un sketch de l’humoriste l’été dernier, lors d’une soirée de mobilisation en faveur du cessez-le-feu à Gaza.

Dans son texte sur Tenoua, l’écrivaine poursuit : « Je me suis tue mais, aujourd’hui, il me semble urgent de reprendre la parole. Je veux parler, au nom de “l’amour du prochain” ou plutôt de ce que ce verset biblique (si mal traduit) en dit vraiment. » Soit un amour qui n’est pas « inconditionnel » ou « aveugle », mais qui implique « d‘ouvrir les yeux d‘un proche sur ses fautes » et tend « dans sa direction un miroir pour qu’il s’observe ». Et c’est justement « par amour d‘Israël », dit-elle, qu’elle parle aujourd’hui. « Par la douleur de le voir s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale. Par la tragédie endurée par les Gazaouis, et le traumatisme de toute une région. »

« On n’apaise aucune douleur en affamant des innocents »{{}}

Alors que le cabinet de la sécurité israélien a annoncé la semaine dernière que Tsahal allait élargir son offensive dans la bande de Gaza et que celle-ci prévoyait « l’émigration volontaire » de ses habitants, déclenchant la colère des familles des otages aux mains du Hamas, la philosophe rappelle que l’amour d‘Israël « n’est pas celui d‘une promesse messianique, d‘un cadastre de propriétaire ou d‘une sanctification de la terre ». Mais qu’il est « un rêve de survie pour un peuple que personne n’a su ou voulu protéger », ainsi que « le refus absolu de l’annihilation d‘un autre peuple pour le réaliser ».

Défendre Israël consiste, appelle-t-elle, « à un sursaut de conscience », « à soutenir ceux qui refusent toute politique suprémaciste et raciste qui trahit violemment » son histoire, « ceux qui ouvrent leurs yeux et leurs cœurs à la souffrance terrible des enfants de Gaza », « ceux qui savent que seuls le retour des otages et la fin des combats sauveront l’âme de cette nation », « ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien », « ceux qui savent qu’on n’apaise aucune douleur, et qu’on ne venge aucun mort, en affamant des innocents ou en condamnant des enfants ».

Pour aller plus loin :{{}}

Conflit israélo-palestinien Israël Gaza, l’engrenage Palestine Antisémitisme Hamas Guerre au Proche-Orient

Guerre à Gaza : Nétanyahou affirme que Paris, Londres et Ottawa « encouragent » un nouveau 7 Octobre

Emmanuel Macron, Keir Starmer et Mark Carney ont dénoncé lundi 19 mai l’action d’Israël et menacé l’Etat hébreu « d’actions concrètes » s’il ne met pas fin à l’offensive militaire. Moyen-Orient20 mai 2025

Israël compte « prendre le contrôle » de Gaza, levée partielle du blocus sur l’aide humanitaire, frappes meurtrières… L’actu du conflit au Proche-Orient ce lundi 19 mai -Moyen-Orient 19 mai 2025

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Source : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/gaza-la-rabbine-delphine-horvilleur-sort-du-silence-pour-denoncer-la-faillite-morale-disrael-20250509_GFT2WA6VEND7DL75WXXLW2UHBQ/

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  • Prises de parole d’Horvilleur, Sinclair et Sfar sur Gaza : l’immense difficulté pour de nombreux Juifs à critiquer Israël - Par Romain Jeanticou- Réservé aux abonnés - Publié le 16 mai 2025 à 17h12 - Publication ’telerama.fr’
    Peur d’alimenter l’antisémitisme, injonction à se taire… Après des prises de position perçues comme tardives, le politiste Yoav Shemer-Kunz et l’avocat Arié Alimi, engagés pour la Palestine, reviennent sur les enjeux qui pèsent sur la parole des Juifs.{{}}

Le 8 mai, Delphine Horvilleur a évoqué, au sujet d’Isarël, « une déroute politique et une faillite morale ».

Le 8 mai, Delphine Horvilleur a évoqué, au sujet d’Isarël, « une déroute politique et une faillite morale ». Photo Yann Rabanier pour Télérama

Qualifier d’inattendues les prises de parole concomitantes de la rabbin Delphine Horvilleur, la journaliste Anne Sinclair et l’auteur de BD Joann Sfar sur Gaza n’est pas leur faire offense. Depuis le début de la réplique dévastatrice aux massacres commis par le Hamas, tous trois avaient régulièrement affirmé le droit d’Israël à se défendre, mais largement évité de parler des Palestiniens. Jusqu’au 8 mai et la publication par Delphine Horvilleur dans sa revue Tenou’a d’un texte où elle évoque pour la première fois « une déroute politique et une faillite morale » d’Israël, « la souffrance terrible des enfants de Gaza » et l’impossibilité d’un avenir israélien « sans avenir pour le peuple palestinien ».

Le lendemain, l’ancienne star de TF1 Anne Sinclair, déjà critique du gouvernement Netanyahou en mars dans Le Point, écrit sur Instagram que son action à Gaza est « légitime » mais « indéfendable » dans sa forme et appelle à « l’arrêt de cette guerre ». Puis le dessinateur Joann Sfar y dénonce à son tour « les déplacements de population forcés » et « le nettoyage ethnique » promis par l’État hébreu. Les interventions sont courtes, pesées, mais leur importance se mesure à l’écho qu’elles trouvent immédiatement. Importance due à la notoriété de ces trois personnalités juives, et surtout à leur changement de positionnement public.

À lire aussi :

Manifestations contre le Hamas à Gaza : “Ce n’est pas l’explosion, mais ce sont de premières étincelles”

Car si elles affirment ne plus vouloir « se taire » sur Gaza, elles ont participé à vilipender des défenseurs de la Palestine — députés, ONG ou militants —, laissant parfois penser qu’elles mettaient dans le même sac propos antisémites et critiques légitimes. En particulier ceux parlant de « génocide » — notion juridique débattue, dont le « risque » est estimé « plausible » par la Cour internationale de justice. Sur le bilan de l’intervention israélienne — plus de cinquante mille morts selon le ministère de la Santé du Hamas –, elles s’étaient peu ou pas exprimées.

Anne Sinclair considère que l’action d’Israël à Gaza est « légitime » mais « indéfendable » dans sa forme.

Anne Sinclair considère que l’action d’Israël à Gaza est « légitime » mais « indéfendable » dans sa forme. Photo Patrick Swirc /Modds

« Je suis content qu’ils commencent à comprendre, mais un peu amer : on dit qu’ils brisent le silence, alors qu’ils ont participé à réduire au silence les voix comme les nôtres, pointe le politiste franco-israélien Yoav Shemer-Kunz, chercheur à l’université de Strasbourg et cofondateur du réseau European Jews for Palestine. Ils restent dans l’émotion, comme s’il s’agissait d’une crise humanitaire due à un tsunami, alors qu’il faut agir politiquement, en exigeant que l’armée et le gouvernement responsables rendent des comptes. » Arié Alimi, avocat juif engagé pour la cause palestinienne et contre l’antisémitisme, juge à l’inverse bienvenue cette évolution : « Il faut accueillir toute parole de solidarité avec les Palestiniens, peu importe les intentions et le timing. J’aurais préféré qu’elle s’exprime plus tôt et plus fort, mais la disqualifier va à rebours de l’impérieuse nécessité de former une coalition la plus large possible pour empêcher le génocide. »

Moi aussi, j’ai un profond amour pour Israël, c’est mon pays. Mais assurer son impunité ne nous profite pas.

Yoav Shemer-Kunz, chercheur à l’université de Strasbourg et cofondateur du réseau European Jews for Palestine.

Horvilleur, Sinclair et Sfar justifient leur réaction tardive par la peur, d’abord, d’alimenter l’antisémitisme en dénonçant les exactions israéliennes. La rabbin explique avoir « bâillonné » sa parole pour éviter de « fournir la moindre munition au “camp” d’en face » et de « nourrir les immondices ». Anne Sinclair écrit, elle, que l’antisémitisme « nous a contraints à faire bloc » et Joann Sfar est allé dans le même sens lors d’une conférence à Tel-Aviv, fin avril : « S’il n’y avait pas l’antisémitisme caché derrière chaque critique possible [d’Israël], on critiquerait Israël avec autant de joie qu’on critique la France. »

De fait, les actes antisémites ont connu une hausse fulgurante en France, et les Juifs sont souvent associés à l’action d’Israël, dont ils ne sont pourtant pas comptables. Mais s’abstenir de la critiquer évite-t-il de nourrir la bête immonde ? « Je comprends ce réflexe de peur, mais il faut le dépasser pour voir ce qui est juste pour tous », répond Arié Alimi. Pour Yoav Shemer-Kunz, Horvilleur désigne par « le camp d’en face » non pas les antisémites mais le mouvement pro-palestinien auquel elle ne voudrait pas offrir d’arguments. « Moi aussi, j’ai un profond amour pour Israël, c’est mon pays. Mais assurer son impunité ne nous profite pas. Nous allons au suicide collectif avec un gouvernement suprémaciste et génocidaire. »

Joan Sfar a dénoncé sur Instagram « les déplacements de population forcés » et « le nettoyage ethnique » promis par l’État hébreu.

Joan Sfar a dénoncé sur Instagram « les déplacements de population forcés » et « le nettoyage ethnique » promis par l’État hébreu. Photo Jean-Francois Robert pour Télérama

Delphine Horvilleur évoque aussi « l’injonction au silence » pesant sur les Juifs, dont on comprend qu’elle peut être personnelle, mais aussi le fait de tiers. « J’ai vécu cette logique d’assignation qui oblige à être solidaire d’Israël quoi qu’il arrive, confie l’avocat Arié Alimi. Mon soutien à la Palestine m’a valu des choses très dures, de la colère et de la culpabilisation. Aujourd’hui, je parviens à ne pas en avoir honte. » Yoav Shemer-Kunz raconte avoir présenté un exposé sur l’histoire palestinienne lors d’un cours de français suivi à son arrivée en France. L’un des autres élèves, Israélien lui aussi, était venu lui dire : « Il ne faut pas faire ça, on peut en parler, mais pas devant les autres. » La question palestinienne est considérée comme « du linge sale à laver en famille, alors que c’est un sujet de droit international », remarque l’universitaire.

“Oukase moral”{{}}

Lors de la conférence à Tel-Aviv, gêné par une question du public sur la politique israélienne, Joann Sfar avait répondu : « Dès que j’ouvre ma bouche, on me dit : “De quel droit tu parles, tu n’es pas israélien.” […] Nous n’avons pas la liberté de parler comme vous parce que nous ne sommes pas citoyens israéliens. » Les Juifs non-israéliens ne seraient pas légitimes pour critiquer Israël. « Je rejette profondément cet oukase moral entendu toute mon enfance, réagit Arié Alimi. C’est une construction narrative qui nous enferme dans une identité unique et vise à empêcher la critique d’Israël par les Juifs, qui a plus de poids que celle des non-Juifs. »

Considéré comme « anti-israélien » dès son adolescence parce qu’il s’intéressait à la colonisation, Yoav Shemer-Kunz a fait son service militaire pour « être reconnu comme faisant partie de la société israélienne ». « Ça n’a rien changé. En Israël, il faut être mort pour la nation pour être légitime, sauf qu’eux ne parlent plus. » Il souligne le « prix à payer » familial, social et professionnel pour ceux qui, comme lui, ne respectent pas ces règles. « Mais comment pourrais-je dormir avec l’idée que Gaza va être rasée en mon nom ? » Arié Alimi voit dans ces prises de parole imprévues une « rupture ». « Les moments de bascule tiennent à peu de chose, à quelques voix dont la puissance symbolique a un effet sur l’opinion. Je crois et j’espère qu’il va être beaucoup plus difficile pour les contempteurs des Palestiniens d’être entendus et que nous serons plus efficaces pour stopper l’horreur. »

Sollicités, Delphine Horvilleur, Anne Sinclair et Joann Sfar ont décliné nos demandes d’interview. Cet article est en accès libre aujourd’hui

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Société Antisémitisme Palestine Conflit israélo-palestinien Israël

Source : https://www.telerama.fr/debats-reportages/prises-de-parole-d-horvilleur-sinclair-et-sfar-sur-gaza-l-immense-difficulte-pour-de-nombreux-juifs-a-critiquer-israel-7025677.php

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  • Tribune - L’appel de Delphine Horvilleur : « Gaza/Israël : aimer (vraiment) son prochain, ne plus se taire » - Publié le 12 mai 2025 à 17h29 – Document ‘la-croix.com’
    Delphine Horvilleur Ecrivaine et rabbin, autrice de Euh...Comment parler de la mort aux enfants (Bayard/Grasset, 2025)

Dans le conflit au Proche-Orient, Delphine Horvilleur dénonce l’injonction au silence et appelle Israël à un « sursaut de conscience ».

Dans le conflit au Proche-Orient, Delphine Horvilleur dénonce l’injonction au silence et appelle Israël à un « sursaut de conscience ». DIDIER ALLARD / INA via AFP

Alors que le conflit au Proche-Orient ne cesse de s’enliser, La Croix partage le message vibrant de Delphine Horvilleur (1). Publiée dans le média Tenoua, cette tribune dénonce l’injonction au silence, et appelle Israël à un « sursaut de conscience », au nom de son amour d’Israël et de son attachement au sionisme.

Sur les murs de ma synagogue sont gravés quelques mots, tirés d’un des versets les plus célèbres (et les moins bien compris) de la Bible : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

L’adage, à la manière d’une « tarte à la crème », énonce la bonne conscience des religions monothéistes : on s’en gargarise comme pour se convaincre qu’au fond, on ne se veut que du bien. C’est charmant mais on sait que ces mots n’ont jamais empêché qui que ce soit de recourir à la violence, à l’intolérance ou au prosélytisme. L’autre a certes tout notre amour, dès qu’il est notre « prochain » mais, à l’instant où il se fait un peu « lointain », de nos croyances ou nos convictions, mérite‐t‐il encore notre attention ?

À lire aussi : Conflit israélo-palestinien : « Il faut dépasser la haine plutôt que croire qu’elle n’existe pas »

Le phénomène n’est pas propre aux religions. Tendez l’oreille vers tant de discours actuels, polarisés à l’extrême. La méfiance est radicale vis-à-vis du « salaud » d’en face. Et c’est particulièrement vrai quand il s’agit de débattre du Proche‐Orient.

Injonction au silence{{}}

Très vite, chacun défend son « prochain » (et uniquement lui !), et la parole se censure… On se tait pour éviter de fournir la moindre munition au « camp » d’en face. Toute autocritique menace l’union sacrée, se fait traîtrise ou, pire, carburant pour un ennemi qui cherche à nous détruire. Alors chut… taisons‐nous plutôt que de faire le jeu d’une quelconque récupération. Il y va de la sécurité de nos idées ou de nos enfants.

Moi‐même, j’ai ressenti souvent cette injonction au silence. J’ai parfois bâillonné ma parole, pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux qui me menacent, ceux qui diabolisent et déshumanisent un peuple, et s’imaginent aider ainsi un autre. J’ai censuré mes mots face à ceux qui trouvent des excuses à une déferlante antisémite « ici » au nom d’une justice absente « là‐bas ». J’ai entendu dans leur bouche les accords d’une haine ancestrale, la mélodie de ceux qui sont convaincus d’être du bon côté de l’histoire.

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Je me suis tue mais, aujourd’hui, il me semble urgent de reprendre la parole. Je veux parler, au nom de « l’amour du prochain », ou plutôt de ce que ce verset biblique (si mal traduit) en dit vraiment. Il est écrit : « Si tu sais adresser des reproches à ton prochain » et alors : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cet amour n’a rien d’inconditionnel ou d’aveugle. Il implique au contraire, dans la Bible, d’ouvrir les yeux d’un proche sur ses fautes, et de tendre dans sa direction un miroir pour qu’il s’observe.

Par amour pour Israël{{}}

C’est donc précisément par amour d’Israël que je parle aujourd’hui. Par la force de ce qui me relie à ce pays qui m’est si proche, et où vivent tant de mes prochains. Par la douleur de le voir s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale. Par la tragédie endurée par les Gazaouis, et le traumatisme de toute une région.

Comme beaucoup d’autres Juifs, je veux dire que mon amour de ce pays n’est pas celui d’une promesse messianique, d’un cadastre de propriétaire ou d’une sanctification de la terre. Il est un rêve de survie pour un peuple que personne n’a su ou voulu protéger et il est le refus absolu de l’annihilation d’un autre peuple pour le réaliser. Il est la conviction, déjà énoncée par ses fondateurs, que cet État doit être à la hauteur d’une histoire ancestrale et, selon les termes de sa déclaration d’Indépendance, « tendre la main » à tous les pays voisins et à leurs peuples.

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Cet amour d’Israël consiste aujourd’hui à l’appeler à un sursaut de conscience…
Il consiste à soutenir ceux qui savent que la Démocratie est la seule fidélité au projet sioniste.
Soutenir ceux qui refusent toute politique suprémaciste et raciste qui trahit violemment notre Histoire.
Soutenir ceux qui ouvrent leurs yeux et leurs cœurs à la souffrance terrible des enfants de Gaza.
Soutenir ceux qui savent que seuls le retour des otages et la fin des combats sauveront l’âme de cette nation.
Soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien.
Soutenir ceux qui savent qu’on n’apaise aucune douleur, et qu’on ne venge aucun mort, en affamant des innocents ou en condamnant des enfants.

C’est seulement par ce soutien que s’énonce un véritable amour du prochain. Pas comme une promesse niaise et inconditionnelle, mais comme une exigence morale qui doit préserver l’humanité de chacun d’entre nous, et permettre au « prochain humain », c’est-à-dire une génération à naître, de connaître autre chose que la haine.

(1) Delphine Horvilleur, Euh… Comment parler de la mort aux enfants, Coédition Bayard/Grasset, 108 p., 14,90 €.

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Source : https://www.la-croix.com/a-vif/l-appel-de-delphine-horvilleur-gazaisrael-aimer-vraiment-son-prochain-ne-plus-se-taire-20250512

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11.
Israël - Dans l’ouest du Neguev, des apprenties entrepreneuses reconstruisent elles-mêmes leurs communautés - Par Sue Surkes – 18 mai 2025, 11:20 - Document ‘fr.timesofisrael.com

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l’environnement du ‘Times of Israel’

Sue Surkes

Plus de 300 femmes ont rejoint ‘Kumi’, œuvre d’une Israélienne née en Australie, pour prendre confiance, se former ou obtenir des fonds de démarrage pour des projets que personne ne portait{{}}

Des femmes issues d’un large éventail de la société israélienne rassemblées pour la première conférence de Kumi au Sapir College, près de Sderot, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Noa Sharvit)

Des femmes issues d’un large éventail de la société israélienne rassemblées pour la première conférence de Kumi au Sapir College, près de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Noa Sharvit)

Après des mois d’atermoiements, paralysée par la peur de parler en public, Avital a fini par raconter son histoire devant une salle remplie de femmes. Sans qualification, Avital avait trouvé un travail d’assistante du directeur d’un cabinet d’architecture, mais les cris et humiliations que ce dernier lui faisait vivre l’avaient conduite à deux reprises à l’hôpital pour des crises de panique. Au bout de 17 ans, elle a fini par réagir et donner sa démission, a-t-elle expliqué.

Les quinze femmes venues l’écouter étaient stupéfaites. « Pourquoi ne pas être partie plus tôt ? » lui a demandé l’une d’elles. « Comment votre mari a-t-il pu vous laisser là ? » lui a demandé un autre. Son mari lui avait dit de « trouver le moyen de faire face », a répondu Avital. À la fin de sa prise de parole, Avital, qui a depuis trouvé l’emploi de ses rêves au sein d’une petite équipe de football, a fondu en larmes de soulagement, tandis que les autres femmes l’applaudissaient et se rassemblaient autour d’elle pour lui donner une accolade de groupe.

Avital et son public font partie des quelque 300 femmes du Neguev occidental membres d’un tout nouveau programme d’émancipation des femmes appelé Kumi (Lève-toi), créé par Kylie Eisman Lifschitz, une avocate de Jérusalem originaire d’Australie, par ailleurs militante des questions de genre.

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Dana Sameach, porte-parole du Conseil régional de Bnei Shimon, dans le sud d’Israël, et facilitatrice chez Kumi. (Crédit : Noa Sharvit)

D’une durée de six mois, ce programme comprend deux conférences et 13 sessions bimensuelles pour des groupes de 30 femmes maximum dans 11 localités de la région. Sur 400 candidates, 330 femmes déjà actives au sein de leur communauté ou désireuses de s’impliquer ont été retenues pour le programme (pour l’heure) gratuit.

Les intervenants de ce cours donnent des conseils en matière d’image de marque et de présentation personnelle, pour une communication efficace, un bon esprit de cohésion, former à la direction d’équipes ainsi qu’à la gestion de crise, au réseautage et à la recherche de partenariats, à la négociation, à la levée de fonds, à la créativité et, surtout, au renforcement de la confiance en soi.

Loin de se contenter de donner aux participantes des outils pratiques en matière d’entrepreneuriat, l’initiative les encourage à travailler dans une perspective stratégique et de réseauter de façon à trouver des partenaires féminines dotées de l’expertise dont elles ont besoin. Elle apporte également des fonds de démarrage pour les projets.

L’auteure de cet article a assisté à l’avant-dernière session d’un groupe dans le Conseil régional de Merhavim, à l’est de Gaza. Au cours de cette réunion, deux participantes ont évoqué leurs expériences et toutes ont été invitées à renseigner des formulaires détaillés sur leurs projets : certaines ont d’ailleurs été invitées à présenter le leur. La plupart des participantes semblaient dans la trentaine ou la quarantaine. Seules certaines d’entre elles ont accepté de donner leur nom de famille lorsqu’elles ont été approchées par le Times of Israel.

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Littal, qui souhaite aider les personnes ayant perdu des proches dans des accidents de la route, lors d’une réunion de Kumi au Conseil régional de Merhavim, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

C’est Dana Sameach, porte-parole charismatique du conseil régional voisin de Bnei Shimon, qui a animé cette session, n’hésitant pas à confier de quelle manière elle avait supporté la pression d’être l’aînée d’une fratrie d’olim iraniens.

Ces femmes du peuple, qui s’étaient manifestement liées lors des précédentes réunions, rayonnaient d’une force intérieure palpable. Certaines ont donné des détails surprenants – et souvent choquants – de leur vie, allant de la perte d’un être cher à l’abandon en passant par les violences domestiques ou le viol, sans faire l’impasse sur la rédemption, la reconstruction et, au final, le succès.

Toutes avaient des rêves, et certaines d’entre elles commençaient à savoir comment les réaliser.

Originaire de Peduim, moshav des environs d’Ofakim, Littal a évoqué les accidents de la route mortels qui l’ont privée de l’un de ses frères, quand elle avait 17 ans, et de ses deux parents, à l’âge de 24 ans. Après des études dans le domaine de la santé mentale, elle travaille avec des personnes âgées mais rêve d’aider celles et ceux qui ont perdu des êtres chers et, dans le même temps, faire évoluer les mentalités en matière de conduite automobile en Israël, particulièrement chez les jeunes.

« Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre que j’étais capable de parler de ma douleur », a-t-elle déclaré.

Nof Yofi Amiel, arabophone, titulaire d’un doctorat en éducation physique et sportive et ayant travaillé avec des jeunes Bédouins en difficulté, souhaite construire des ponts entre les communautés israéliennes à travers le sport. (Crédit : Noa Sharvit)

« Kumi est arrivé au moment où je me posais des questions sur le sens de mon activité. J’ai besoin d’aller sur le terrain pour aider et protéger les gens : Kumi m’a donné les outils pour le faire et ouvert la porte à des partenariats potentiels. »

Sigal, dont le fils soldat a récemment été blessé à Jénine, en Cisjordanie, lors d’un incident qui a coûté la vie à certains de ses compagnons d’armes, portait un short en jean déchiré, des collants colorés et une multitude de colliers, de bagues et de piercings. Elle qui intervient dans les écoles maternelles pour raconter des histoires aux tout-petits envisage de donner des conférences lors de randonnées communautaires dans le but d’améliorer la santé mentale et physique des participants.

Nitzan, qui s’est présentée comme une innovatrice environnementale, est impatiente de créer des étagères spéciales pour les épiceries des moshav, de façon à mieux mettre en avant les produits locaux et l’artisanat. Selon elle, ce serait propice à l’économie circulaire et apporterait un supplément de revenu aux résidents du moshav tout en leur donnant à voir les côtés positifs de leurs voisins.

« Ils pourraient ainsi découvrir, par exemple, que telle fille agaçante fait d’excellents cupcakes ou que l’agent pénitentiaire est un céramiste de talent », explique-t-elle.

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De gauche à droite : Yasmin, Dana et Sigal travaillant sur les détails d’un café communautaire pour leur moshav, lors d’une réunion de Kumi au Conseil régional de Merhavim, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Seule dans son coin, occupée à faire le tri dans ses pensées – comme elle le dit elle-même -, on retrouve Nof Yofi Amiel, mère de trois enfants originaire du moshav Patish. Son frère Oz Davidian est devenu le 7 octobre 2023 un héros national en sauvant pas moins de 120 festivaliers terrifiés par l’attaque du Hamas lors du festival Nova, non loin du kibboutz Reïm. La maison de Nof, en périphérie du moshav, a été le premier refuge des festivaliers secourus. Dans les heures qui ont suivi l’attaque terroriste, le mari de Nof a été rappelé au titre de la réserve et elle a dû évacuer le moshav avec ses enfants et le chien en direction d’un kibboutz situé près d’Eilat, où elle ne connaissait personne. « Ce sont les femmes qui nous ont aidés, pour absolument tout », se souvient-elle. Avec son doctorat en éducation physique et sportive et la maîtrise de l’arabe, elle souhaite mettre son expérience avec les jeunes bédouins à risque au service de son projet d’unir les jeunes Bédouins et les Juifs grâce au sport.

Yasmin, Sigal et Dana, qui travaillent ensemble à un projet de café communautaire géré par des jeunes du moshav en partenariat avec des membres plus âgés de la communauté, viennent elles aussi du moshav Patish. Les jeunes, expliquent-elles, ont des problèmes depuis l’attaque du Hamas et ont besoin d’aide pour retrouver des sources de résilience. Les femmes expliquent que le moshav a refusé l’idée du café, mais que Kumi leur a donné suffisamment confiance pour poursuivre leur projet malgré cela.

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Oria (à droite), qui aide les familles d’enfants autistes, et Oshrit, qui souhaite développer un projet qu’elle a lancé pour nourrir les soldats, lors d’une réunion de Kumi au Conseil régional de Merhavim, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

L’une des femmes les plus calmes est Oria, jeune femme orthodoxe venue du moshav Gilat et qui a passé deux ans et demi au centre hospitalier pour enfants Schneider de Petah Tikva avec sa fille en bas âge, pour un cancer (dont elle a guéri depuis). « Elle était très malade et je me sentais très seule à l’hôpital », se souvient Oria. « J’ai travaillé avec des familles d’enfants autistes et eux aussi se sentent très seuls. » - Son projet – pour lequel elle cherche des partenaires – consiste à proposer des après-midi holistiques pour ces familles. « Grâce à Kumi, je pense que je suis capable de le faire », confie-t-elle. « J’ai créé une entreprise et grâce aux relations que Kumi m’a aidé à nouer, je vais travailler avec des enfants autistes au Centre familial d’Ofakim. » - Elle ajoute : « Moi qui pensais que je ne savais rien faire, j’ai l’impression d’exploser et d’avoir trouvé quelque chose qui me parle et que je me sens appelée à faire. »

Parmi les plus extravertis du groupe, citons l’artiste et personnalité de la radio Yaarit Cana, qui avait noué un lien avec Helen Hajaj par l’intermédiaire de Kumi. Toutes deux sont des mères célibataires qui ont connu l’extrême pauvreté et sont parvenues à sortir du marasme et réussir. Elles ont déjà rédigé le business plan d’un nouveau podcast destiné aux femmes qui s’appellera « Yalla, Kumi ! » (« Allez, lève-toi ! ») et présentera des histoires de réussite féminine et créera une base de données de femmes entrepreneures pour encourager les partenariats commerciaux.

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Yaarit Cana (à gauche) et Helen Hajaj, lors d’une réunion de Kumi au Conseil régional de Merhavim, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel) - Hajaj explique que, faute de pension alimentaire, elle avait fait du marketing en ligne une source de revenus. Depuis qu’elle est chez Kumi, elle a mis en place un cours numérique pour former d’autres femmes à la question et ainsi devenir plus indépendantes sur le plan économique.

La fondatrice de Kumi, Eisman Lifschitz, mère de cinq enfants, s’est installée en Israël il y a de cela 27 ans. Elle a travaillé pendant une dizaine d’année à l’American Jewish Joint Distribution Committee avant de devenir activiste dans le domaine des droits des femmes. Elle est aussi l’ex-présidente de Mavoi Satum, qui vient en aide aux femmes dont les maris refusent de leur accorder le divorce.

Eisman Lifschitz donne les chiffres de la sous-représentation des femmes à tous les niveaux du gouvernement, de la vie publique et des affaires en Israël. Par exemple, les femmes ne représentent qu’un quart des membres de la Knesset, 14 % des ministres et 6 % des maires.

Selon le Jewish Funders Network, l’écart salarial médian entre hommes et femmes travaillant à temps plein est de 25,4 %, contre une moyenne de 12 % au sein des pays de l’OCDE, ce qui relègue Israël à l’avant-dernière place du classement des 44 pays en matière d’inégalité salariale entre les sexes. Le ministère des Finances estime cet écart à 16 % à 18 %.

Suite au pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1.200 personnes ont été assassinées dans le sud d’Israël et 251 ont été enlevées dans la bande de Gaza, Eisman Lifschitz a remarqué que si les femmes jouaient un rôle démesuré dans la reconstruction de leurs communautés, peu de programmes spécifiques ou de sources philanthropiques étaient disponibles pour elles.

Elle s’est donc associée à Supersonas, plateforme de mise en relation des femmes qui réussissent pour amener davantage de femmes à des postes de direction, et au ‘Western Negev Cluster’, association qui regroupe 11 conseils régionaux et municipaux.

Elle a créé une organisation appelée ‘She Rise’ pour collecter des dons destinés à bénéficier à des projets pour les femmes et les filles, en plus du programme Kumi avec les conseils. Elle a collecté près d’1,5 million de shekels auprès des Jewish Federations of Northern America (JFNA), des Schusterman Family Philanthropies-Israël, de la Fédération UJA du Grand Toronto et d’Applied Materials, entreprise technologique dont le siège se trouve aux États-Unis.

« Quand les femmes sont arrivées ici, il y avait beaucoup de douleur », se rappelle Eisman Lifschitz.

https://static-cdn.toi-media.com/fr/uploads/2025/05/WhatsApp-Image-2025-05-06-at-19.27.20-300x480.jpegKylie Eisman Lifschitz. (Crédit : Yael Ilan)

« Cela m’a décidée à les aider à se doter d’une communauté. Mais elles ont aussi besoin de se reconstruire car elles vivent avec des traumatismes qui existaient avant le 7 octobre. Cela fait longtemps que je gravite dans le milieu des femmes et du pouvoir : je sais que les femmes sont nombreuses à se demander comment se réinventer et trouver sa place dans ce monde difficile. » - Elle estime que les femmes sont les plus à même de dire dans quelle mesure les familles évacuées peuvent revenir chez elles, près de Gaza et des frontières nord, mais qu’elles ne sont pas suffisamment consultées par les autorités.

Les femmes n’ont pas seulement besoin de sécurité, d’accès aux transports ou d’un emploi : elles ont également besoin d’une communauté et de retrouver un sentiment d’appartenance, estime-t-elle.

« Les besoins des femmes sont uniques », conclut Eisman Lifschitz, qui espère développer Kumi dans le nord d’Israël. « Elles ne sont pas des hommes au rabais. Les femmes contribuent à rendre la vie plus vivable pour nous tous. Ça suffit, le bénévolat : faisons en sorte de prendre le pouvoir et d’être des sources d’influence. »

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Source : https://fr.timesofisrael.com/dans-louest-du-neguev-des-apprenties-entrepreneuses-reconstruisent-elles-memes-leurs-communautes/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=a-la-une-2025-05-18&utm_medium=email

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