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"Méthanisation : un processus qui permet de produire du biogaz à partir de la fermentation de déchets organiques pour les transitions énergétique et agricole : rappels et actualisation en France et dans le monde" par Jacques Hallard
jeudi 15 mai 2025, par
ISIAS Energies Méthanisation Biogaz
Méthanisation : un processus qui permet de produire du biogaz à partir de la fermentation de déchets organiques pour les transitions énergétique et agricole : rappels et actualisation en France et dans le monde
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 13/05/2025
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
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La méthanisation ou production de biogaz à partir de déchets organiques divers - Sujet traité dans ce dossier
Trait d’humour :
SIEL-TE 42 Sem Soleil - Le SIEL-Territoire d’énergie Loire
In ‘Sem Soleil’ : un tiers investisseur engagé pour le territoire – ‘Sem Soleil’ permet de conserver une maîtrise publique sur des projets énergétiques en associant les territoires, un principe au cœur des préoccupations du SIEL-Territoire d’énergie Loire qui est en effet actionnaire de la Sem Soleil à plus de 80%. L’objectif est de faciliter le développement des énergies renouvelables sur le territoire tout en garantissant des retombées territoriales et un suivi par les collectivités locales… - Source : https://www.te42.fr/nos-activites/energies-renouvelables/sem-soleil/
Quelques informations brèves pour entrer dans de dossier concocté pour un usage didactique
Didactique - Dont le but est d’instruire, d’informer, d’enseigner : ouvrage didactique. Se dit de ce qui vise à l’explicitation méthodique d’un art, d’une science, de quelqu’un qui poursuit ce but dans ses propos, son attitude…
La méthanisation est un processus qui permet de produire du biogaz à partir de la fermentation de matières organiques. Ce gaz est ensuite utilisé pour produire de l’énergie sous forme de biométhane, d’électricité, de chaleur ou encore de biocarburant pour faire fonctionner des véhicules.
Qu’est-ce que le biogaz ? - Le biogaz est un gaz issu le plus souvent de la fermentation d’éléments organiques sous l’action de micro-organismes. Ce processus de fermentation, qui se produit spontanément dans les écosystèmes naturels (marais, rizières, sols, intestins de mammifères, etc.), est appelé méthanisation.
Quel est le principe de la méthanisation ? - Le processus de méthanisation s’effectue dans une unité de méthanisation composée d’un méthaniseur ou digesteur, où les matières organiques sont décomposées par des micro-organismes dans une cuve à température optimale, autour de 40°, et en l’absence d’oxygène, générant ainsi du méthane. 17 avril 2024
Quelle est la différence entre biogaz et biométhane ? - Le biogaz, comme le biométhane, sont des gaz renouvelables issus de la valorisation des déchets organiques. Le biogaz est le produit direct sortant d’une unité de méthanisation. Il est produit par la fermentation des matières organiques dans le digesteur. Il est composé à 60% de méthane et à 40% de CO2. Il peut être utilisé pour co-générer de la chaleur et/ou de l’électricité.
Le biométhane est un biogaz dont on a retiré le dioxyde de carbone, le sulfure d’hydrogène et l’eau. Grâce à ce procédé d’épuration, le biométhane possède les mêmes caractéristiques que le gaz naturel et peut être injecté dans le réseau. La production de biométhane permet ainsi d’augmenter la part de gaz vert dans notre consommation de gaz, ce qui favorise la transition énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre… - Source : https://www.terega.fr/labo/quelle-est-la-difference-entre-biogaz-et-biomethane/
Déchets organiques ou déchets fermentescibles. Ce sont les résidus d’origine végétale ou animale qui peuvent être dégradés par des micro-organismes pour lesquels ils représentent une source d’alimentation…
La fermentation des déchets fermentescibles, ou méthanisation, est une autre méthode de valorisation de ces déchets. Elle consiste à extraire du biogaz à partir des déchets organiques grâce à l’action de bactéries dans un milieu anaérobie (c’est-à-dire sans oxygène).
Organisme anaérobie ; c’est un organisme vivant dans un milieu dépourvu d’oxygène moléculaire (absence totale d’oxygène). Tout organisme anaérobie, comme des bactéries, peut se passer d’oxygène (anaérobiose facultative) ou ne peut survivre en présence d’oxygène (anaérobiose stricte). Beaucoup de parasites internes sont de nature anaérobie facultative.
En chimie, anaérobie se dit aussi d’une réaction métabolique qui se déroule sans présence d’oxygène. Dans le cadre de la décomposition, voir la décomposition anaérobie et pour la fermentation, la fermentation anaérobie…
Ce dossier centré sur la méthanisation fait suite à celui-ci :
’Puissant gaz à effet de serre, le méthane est produit par les élevages, dans les milieux naturels humides, dans les rizières et dans les permafrosts dont les émissions de gaz à effet de serre augmentent avec le réchauffement’ par Jacques Hallard - 12 mai 2025 - ISIAS Méthane Climat
Les documents ont été choisis, d’une part pour dresser un panorama rétrospectif avec des rappels explicatifs, et d’autre part pour proposer une actualisation de la méthanisation, tant en France qu’au niveau mondial…
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Les documents en rapport avec ce dossier et mis en ligne sur le site ISIAS sont à découvrir :
- A partir des documents étiquetés méthane > https://isias.info/spip.php?page=recherche&recherche=m%C3%A9thane
- A partir des documents étiquetés biogaz > https://isias.info/spip.php?page=recherche&recherche=biogaz
Retour au début de l’introduction
- Rétrospective - Où en est réellement le biométhane en France en 2019 ? - G.N., le 15/04/2019 à 15:50 – Document ‘batiactu.com’
- Rappel - Risques liés aux installations de méthanisation - 11 février 2011 – Texte édité par ‘agriculture.gouv.fr’
- Rappel - La méthanisation agricole en questions - 12 juin 2017 – Document ‘agriculture.gouv.fr’
- Biogaz et biométhane : transformer nos déchets en énergie – Documentation’ ifpenergiesnouvelles.fr’
- La méthanisation au service des transitions énergétique et agricole – Documentation émanant de ‘wwf.fr’
- Biométhane - Une énergie vraiment verte ? – Document ‘batiactu.com/edito’
- La méthanisation présente un bilan environnemental très positif et renforce notre autonomie énergétique » - Anaïs Marechal, journaliste scientifique - Le 6 avril 2022
- Méthanisation agricole : quels risques, quels avantages ? - Agriculture, Climat – Document ‘Greenpeace’
- Un aperçu clair des avantages, inconvénients et du bilan de la méthanisation en France à ce jour (mai 2025), d’après une requête auprès de ‘ChatGPT’ :
- Une recherche sur les applications de la méthanisation (production de biogaz) dans les principaux pays utilisateurs dans le monde d’après une requête auprès de ‘ChatGPT’
- France - Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation renforce les moyens de Bpifrance pour lancer un nouveau Prêt Sans Garantie permettant de faire émerger 400 nouveaux projets de méthanisation à la ferme - 19 avril 2019 Communiqué de presse
- D’autres sons de cloche - La face cachée de la méthanisation - Billet de blog 27 février 2024 - YVES FAUCOUP Chroniqueur social Abonné de Mediapart - Billet n° 790
- Le biogaz à l’honneur à l’Expo Universelle d’Osaka au Japon - 10/05/2025 - La rédaction document ‘gaz-mobilite.fr’ Energie
- Biogaz : la France en produit plus malgré un ralentissement des nouvelles installations - Par Ugo PETRUZZI - Publié le 18 avril 2025 – Document ‘revolution-energetique.com’
- France - Le soutien au développement du biogaz d’après la Cour des comptes - 06 mars 2025
Retour au début du sommaire
Retour au début de l’introduction
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Rétrospective - Où en est réellement le biométhane en France en 2019 ? - G.N., le 15/04/2019 à 15:50 – Document ‘batiactu.com’
Bioénergies. Combien d’unités de production de biogaz sont en service au début de l’année ? Quel est le rythme de progression de cette énergie ? Où se situent les régions les plus dynamiques ? La France est-elle en retard ou en avance par rapport à ses voisins ? Autant d’interrogations auxquelles Sia Partners répond dans une étude dédiée.
Les acteurs du gaz en sont convaincus : le biométhane sera un vecteur important de la transition énergétique en cours. Pour preuve, le nombre d’unités installées est en forte croissance depuis 2014, et la mise en place des tarifs d’achat ; en 2018, 32 nouveaux sites d’injection ont été raccordés (+73 %) portant le parc total à 84 unités en service. Leur production cumulée atteint les 1,32 TWh/an. Sia Partners analyse : ’Le parc est essentiellement composé d’installations agricoles de faible capacité injectant sur le réseau de distribution et 57 % des unités sont concentrées sur les régions Ile-de-France, Grand Est, Haut de France et Bretagne’.
A lire aussi :
GRDF et WWF France coopèrent pour accélérer le développement du biométhane
Finistère : une centrale biométhane pour alimenter une ville entière
Pour l’heure, ces quatre régions ’qui rassemblent des gisements d’agriculture et d’élevage importants et qui bénéficient d’incitations locales’ disposent chacune d’une douzaine d’installations opérationnelles, tandis que les régions de l’ouest du pays (Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine et Centre) en ont six ou sept chacune. En queue de peloton, la Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur n’ont qu’une usine chacune. Mais dans un avenir proche, cette répartition pourrait légèrement évoluer. Le nombre de projets en file d’attente a presque doublé en 2018 pour dépasser aujourd’hui les 660 dossiers inscrits, totalisant une capacité cumulée de 14 TWh/an, correspondant à l’objectif d’injection de 2028 dans l’estimation basse de la PPE revue.
Ces projets se concentrent dans le nord du territoire (110 unités dans les régions Hauts de France et Grand Est) mais également en Normandie, Île-de-France et Nouvelle Aquitaine (une soixantaine chacune). L’arc méditerranéen, avec une trentaine de projets répartis entre PACA et Occitanie, reste en retrait sur cette énergie.
Au niveau européen, les chiffres plus anciens (fin 2017) placent la France au 4e rang européen en nombre d’installations (loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni) mais seulement au 6e rang pour la production, en raison d’une taille des unités qui est inférieure. Cependant, l’Hexagone rattrape son retard à grandes enjambées.
Source : https://www.batiactu.com/edito/ou-est-reellement-biomethane-france-2019-56129.php
Rappel - Risques liés aux installations de méthanisation - 11 février 2011 – Texte édité par ‘agriculture.gouv.fr’
sécurité au travail santé gestion des risques
Les installations de méthanisation constituent un outil de valorisation des déchets des productions agricoles qui correspond aux objectifs du développement durable.
Cependant, ces installations ne sont pas sans risques pour les opérateurs ou leur environnement car les biogaz peuvent conduire à des risques d’incendie, d’explosion, d’intoxication, d’anoxie ou de pollution. Il importe de maîtriser ces risques pour disposer d’une installation sûre.
En l’absence d’oxygène, les biogaz sont produits par la fermentation de matières organiques animales ou végétales. La composition des biogaz varie en fonction de la nature des substrats entrants et des conditions opératoires.
Le document ci-après réalisé par l’INERIS a pour objectif de fixer les exigences minimales de sécurité à adopter lors de la conception, de la construction et de l’exploitation d’une installation de méthanisation agricole.
Il s’adresse aux différents acteurs (bureaux d’études, conseillers agricoles, sociétés spécialisées en charge de la construction, exploitants, pouvoirs publics…) susceptibles d’intervenir au cours de ces différentes phases de réalisation d’une installation de ce type.
Si une installation est susceptible de présenter des risques particuliers provenant de la mise en œuvre de produits spécifiques et/ou de procédés non décrits dans ce document, il est vivement recommandé de réaliser une analyse des risques spécifiques des installations.
Règles de sécurité des installations de méthanisation agricole (mai 2009)
Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
https://agriculture.gouv.fr/Source : https://agriculture.gouv.fr/risques-lies-aux-installations-de-methanisation
Rappel - La méthanisation agricole en questions - 12 juin 2017 – Document ‘agriculture.gouv.fr’{{}}
méthanisation élevage FAQ
Qu’est-ce que la méthanisation ?
La méthanisation est un processus biologique permettant de produire une énergie renouvelable, appelée le biogaz, par la dégradation de matières organiques par des bactéries dans un milieu sans oxygène.
C’est un processus qui peut avoir lieu naturellement dans certains milieux comme les marais, mais que l’on peut aussi mettre en œuvre volontairement dans des installations dédiées : les méthaniseurs.
Les matières organiques pouvant être méthanisées sont nombreuses. On parle de méthanisation agricole ou méthanisation « à la ferme » lorsque ces matières proviennent des activités agricoles : effluents d’élevage (fumier, lisier), résidus de récolte, déchets de l’industrie agro-alimentaire ou de la restauration,... et que ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui mettent en œuvre la méthanisation.
Quelles matières peut-on méthaniser ?
Une large gamme de matières organiques peut être traitée par la méthanisation :
- les effluents d’élevage (fumiers, lisiers) ;
- les résidus de récolte ;
- les déchets de l’industrie agro-alimentaire ;
- les déchets de la restauration et les biodéchets des ménages ;
- certains déchets d’entretien d’espaces verts et déchets de tontes ;
Quels sont les intérêts environnementaux de la méthanisation agricole ?
La production d’énergie renouvelable
La méthanisation agricole produit du biogaz, majoritairement constitué de méthane (CH4), qui peut être transformé en électricité et/ou en chaleur, ou être injecté dans le réseau de gaz naturel : on parle alors de « biométhane » ou « gaz vert ». Ainsi, en permettant de remplacer des énergies fossiles, la méthanisation agricole contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Une alternative aux engrais et fertilisants de synthèse
La méthanisation agricole permet également de traiter les déchets biodégradables, et il en ressort en résidu appelé digestat. Dans le cas du traitement des effluents d’élevage, la méthanisation permet la transformation de l’azote organique en azote minéral, plus facilement assimilable par les plantes. La gestion agronomique de la fertilisation est alors facilitée et optimisée. Le digestat offre donc une alternative intéressante aux engrais et fertilisants de synthèse.
À télécharger : Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) pdf (document accessible) - 2.33 Mo
Source : https://agriculture.gouv.fr/la-methanisation-agricole-en-questions
Biogaz et biométhane : transformer nos déchets en énergie – Documentation’ ifpenergiesnouvelles.fr’
Énergies renouvelables Biogaz
S’éclairer, se chauffer ou encore rouler grâce à nos déchets ? C’est possible ! Obtenu par fermentation de matières organiques, le biogaz peut être utilisé pour produire de l’électricité, de la chaleur, et même de l’engrais. Le biogaz épuré, appelé biométhane, aux caractéristiques équivalentes à celles du gaz naturel, peut être utilisé dans les réseaux de gaz naturel ou comme carburant pour les moteurs. Une source d’énergie renouvelable aussi prometteuse que vertueuse… mais dont le coût reste encore relativement élevé, nécessitant un soutien des pouvoirs publics.
Sommaire :
• Qu’est-ce que le biogaz ?
• Comment fabrique-t-on du biogaz ?
• Le biogaz, une source d’énergie renouvelable
• Le biogaz, des atouts pour l’environnement
• Un soutien public nécessaire pour développer la filière biogaz
Biogaz et biométhane
Le biogaz est un gaz issu le plus souvent de la fermentation d’éléments organiques sous l’action de micro-organismes. Ce processus de fermentation, qui se produit spontanément dans les écosystèmes naturels (marais, rizières, sols, intestins de mammifères, etc.), est appelé méthanisation. Il est aujourd’hui maîtrisé par l’homme et permet de valoriser nos déchets tout en remplaçant certaines sources d’énergie fossiles. À la clé : une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.
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D’autres voies de production ?
De nouvelles méthodes de production de biogaz par gazéification de ressources lignocellulosiques (paille, tiges de plantes, copeaux de bois, etc.) ou par méthanation (production de méthane de synthèse par conversion du monoxyde ou du dioxyde de carbone bio en présence d’hydrogène) sont actuellement en phase d’expérimentation ou de démonstration. La méthanisation de microalgues est également envisagée à plus long terme.
Comment fabrique-t-on du biogaz ?
Toutes les matières organiques, qu’elles soient d’origines animale ou végétale, peuvent être méthanisées pour être transformées en biogaz. À l’heure actuelle, on utilise le plus souvent :
- des déchets agricoles (déjections animales, résidus de récoltes comme les pailles, etc.),
- des déchets verts (tontes de gazon, etc.),
- des déchets d’industries agroalimentaires (abattoirs, vignes, laiteries, etc.),
- des boues de stations d’épuration.
La méthanisation doit avoir lieu dans une installation confinée appelée digesteur, en l’absence d’oxygène. Les micro-organismes naturellement présents dans la matière organique dégradent celle-ci et produisent le biogaz, ainsi qu’un résidu appelé digestat.
Le biogaz est un mélange de :
- 50 à 70 % de méthane,
- 20 à 50 % de gaz carbonique (CO2),
- quelques traces d’azote, d’ammoniac et de sulfure d’hydrogène.
Seul le méthane est exploité, après épuration des autres gaz (selon son niveau de pureté, le CO2 pourrait également être valorisé).
Les différents types d’unités de méthanisation
La méthanisation peut être pratiquée à plusieurs échelles. Les unités les plus modestes se trouvent en milieu agricole (on parle de méthanisation « à la ferme ») et sont exploitées par un agriculteur ou un groupe d’agriculteurs.
Il existe aussi des installations collectives de plus grande taille valorisant principalement des déchets urbains ou industriels :
• unités centralisées (déchets de différentes origines liés au territoire d’implantation),
• unités industrielles (déchets de l’industrie agro-alimentaire, de la chimie ou de la papeterie),
• unités spécialisées dans le traitement des boues d’épuration des eaux usées,
• unités de méthanisation d’ordures ménagères (gérées par les collectivités ou des entreprises spécialisées).
Le biogaz, une source d’énergie renouvelable {{}}
Le biogaz peut avoir plusieurs usages :
- La production de chaleur : le biogaz est brûlé dans une chaudière pour dégager de la chaleur. Celle-ci doit être utilisée au plus proche de la source de production pour limiter les dissipations / pertes thermiques,
- La production d’électricité : le biogaz est brûlé et l’énergie dégagée alimente un générateur qui produit de l’électricité,
- La cogénération : il s’agit de la production combinée d’électricité et de chaleur. C’est le mode de valorisation le plus fréquent du biogaz. L’électricité est produite par un générateur, tandis que la chaleur est récupérée dans le système de refroidissement et les gaz d’échappement et valorisée localement
- La production de carburant véhicule : avant d’être utilisé en tant que carburant dans un véhicule, le biogaz doit être épuré de certains éléments (le gaz carbonique, l’eau et le sulfure d’hydrogène, corrosif pour les moteurs). On obtient alors du biométhane quasiment identique au GNV (gaz naturel pour véhicule). Cette valorisation est encore peu développée et concerne surtout les flottes captives (transport urbain, etc.).
En France, les bus de la métropole lilloise roulent ainsi au biométhane depuis 2006. {{}}
- L’injection dans un réseau de gaz naturel : comme pour la production de carburant, le biogaz doit d’abord être épuré de certains composants pour donner du biométhane. Ce dernier peut alors être injecté dans les réseaux de gaz naturel existants. Cette valorisation est plus fréquente en Suède, en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En France, 76 sites de méthanisation ont injecté 0,7 Twh de biométhane dans les réseaux de gaz naturel en 2018. On estime le potentiel cumulé des 660 projets, en attente de raccordement des installations d’injection de biométhane, à 14 Twh/an (source GRDF), chiffre qui est à comparer à une consommation française de gaz naturel de 465 Twh en 2017.
- Les résidus non digérés par les bactéries (digestat) peuvent subir un traitement (notamment pour éliminer les agents pathogènes) avant de servir comme engrais agricole. Ils se substituent ainsi aux fertilisants chimiques.
Le biogaz, des atouts pour l’environnement{{}}
La méthanisation est une solution qui permet à la fois de valoriser de la matière organique (ce qui réduit la quantité de déchets organiques à traiter par d’autres filières) et de produire de l’énergie.
Elle contribue dans ce cadre à diminuer les émissions de gaz à effet de serre en permettant de remplacer les énergies fossiles par du biogaz pour la production de chaleur, d’électricité ou de carburant. Sa production et son utilisation maîtrisées évitent de plus des émissions non contrôlées dans l’atmosphère de méthane, un gaz à effet de serre au potentiel de réchauffement 28 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans d’après le GIEC.
Enfin, l’utilisation du digestat (résidu non transformé en biogaz) évite quant à elle le recours à des engrais minéraux chimiques, dont la fabrication nécessite des ressources fossiles.
Un soutien public nécessaire pour développer la filière biogaz{{}}
En Europe, le biogaz représente en 2016 près de 8 % de la production d’énergies renouvelables et l’équivalent de 4 % de la consommation de gaz naturel. L’Allemagne est le principal producteur (la moitié de la production européenne), puis viennent le Royaume-Uni et l’Italie. À eux trois, ces pays couvrent 80 % du total européen.
La France se positionne au 5e rang des pays européens producteurs de biogaz. Le développement de la méthanisation y est plus récent et a volontairement privilégié l’utilisation de biodéchets, notamment les effluents d’élevage, contrairement à d’autres pays dont la production repose principalement sur des cultures dédiées (maïs, betterave à sucre ou fourragère, prairies, sorgho, etc.). Afin de concilier le développement du biogaz et le respect des enjeux liés à l’usage des sols, un décret datant de 2016 limite à 15 % l’approvisionnement des méthaniseurs par des cultures alimentaires.
Un doublement de la production européenne est envisagé d’ici à 2030. Mais un soutien financier reste nécessaire pour atteindre cet objectif, car le prix du biogaz n’est pas encore compétitif par rapport aux énergies fossiles. Les tarifs de rachat de l’électricité ou du biométhane sont la mesure la plus courante mise en œuvre. La baisse envisageable des coûts de production, et surtout la hausse du prix du CO2, sont aussi de nature à améliorer la compétitivité du biogaz.
En Europe, le biogaz représentait en 2016 près de 8 % de la production d’énergies renouvelables.{{}}
Objectif pour la France : 10 % de gaz d’origine renouvelable en 2030
La loi française de transition énergétique de 2015 a pour objectif l’injection de 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux en 2030. La Programmation pluriannuelle de l’énergie présentée par le ministère de la Transition écologique et solidaire en novembre 2018 confirme comme objectif une part de biogaz de 10 % dans la consommation de gaz en France à 2030, sous réserve d’une réelle baisse des coûts.
La fermentation des déchets agricoles, qui est le meilleur moyen aujourd’hui pour produire du gaz renouvelable en France, est privilégiée. La France comptait, début 2018, 405 installations de méthanisation dont 230 à la ferme.
Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire > Conclusions du groupe de travail ’Méthanisation’ (mars 2018)
IFPEN : Nos expertises > Biogaz
Pour aller plus loin > Biogaz en Europe : quelles perspectives ?
Nouvelle technologie de purification éco-efficiente du biogaz : première démonstration mondiale
Communiqués de presse Énergies renouvelables Biogaz
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La méthanisation au service des transitions énergétique et agricole – Documentation émanant de ‘wwf.fr’ {{}}
La méthanisation, ou production de biogaz à partir de déchets et résidus agricoles s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et offre une réponse à trois enjeux principaux : la production d’une énergie renouvelable pouvant se substituer aux énergies fossiles et contribuant ainsi à un futur système énergétique 100% renouvelable, une solution de valorisation des biodéchets et un appui à la transition du secteur agricole grâce à la mise en place de pratiques agroécologiques. Le WWF France soutient le développement d’une filière de méthanisation agricole, mais sous certaines conditions…
Pour approfondir le sujet : Dérèglement climatique, Objectif : Alimentation, Objectif : Climat & Énergie, Transition énergétique
Méthanisation : de quoi parle-t-on ? {{}}
La loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte fixe à 10% la consommation de gaz renouvelable à l’horizon 2030, objectif auquel la méthanisation contribue d’ores et déjà.
La méthanisation consiste en la dégradation, sous l’action de bactéries, de matières organiques (ou substrats) telles que les matières agricoles et effluents d’élevage (biomasse végétale, fumier, lisier), les biodéchets (une partie des déchets verts et ménagers), les déchets de l’industrie agro-alimentaire, les boues de stations d’épuration. Cette réaction, appelée digestion anaérobie (en l’absence d’oxygène), produit du biogaz et du digestat.
A l’état brut, le biogaz peut être valorisé sous forme d’électricité, de chaleur, voire les deux (cogénération), ou bien il peut être épuré en biométhane (débarrassé de son CO2 principalement pour ne garder presque que du méthane) afin de pouvoir être injecté dans le réseau de gaz ou utilisé comme carburant (comprimé et alors appelé bioGNV ou bioGNC, ou bien liquéfié pour faire du bioGNL).
Le digestat est la matière organique digérée en sortie de processus comparable à du fumier ou du lisier. Ses caractéristiques dépendent des matières introduites dans le digesteur. Les digestats peuvent être riches en éléments nutritifs (azote, phosphore et potassium, essentiels pour la croissance des plantes). Des précautions doivent être néanmoins prises quant à leur utilisation mais ils peuvent ainsi se substituer aux engrais de synthèse sous certaines conditions.
Comprendre le processus de méthanisation en infographieVue agrandie >
Comprendre le processus de méthanisation en 3 étapes : collecte de matières organiques, méthanisation, valorisation.{{}}
Les prérequis d’une filière responsable{{}}
Pour certains agriculteurs, l’utilisation du digestat permet de diminuer les apports d’engrais minéraux de 30% : cela peut représenter une économie de 4€ par Mégawatt-heure de biogaz produit. (Source : ENEA consulting).
La méthanisation peut contribuer à l’autonomie des territoires, d’un point de vue énergétique et agricole, si elle s’appuie sur des pratiques agricoles vertueuses, en particulier à travers :
- Une démarche d’économie circulaire locale, en s’intégrant dans les flux de biomasse du territoire (biodéchets par exemple) et en assurant une bonne concertation avec tous les acteurs concernés afin de garantir l’acceptation du projet et ne pas entrer en concurrence avec d’autres usages jugés prioritaires.
- Une stricte non-concurrence avec l’alimentation, en s’assurant que la méthanisation reste au service des systèmes de production auxquels elle s’adosse et permette, voire facilite leur transition agroécologique. Des cultures intermédiaires, dites “à vocation énergétique” (CIVE), peuvent aussi servir d’intrant tout en offrant une couverture des sols entre deux cultures principales. Pourvu que l’ensemble du système agricole soit bien pensé en conséquence, celles-ci permettent de maîtriser l’impact sur la production alimentaire et d’offrir des services agroécologiques pertinents pour la protection du sol, de l’eau et de la biodiversité ;
- La valorisation agronomique des digestats, en les substituant aux engrais de synthèse lorsqu’ils s’adaptent aux besoins des sols et des plantes, à la suite de post-traitements adaptés si nécessaire ;
- La maîtrise des risques de pollution des sols, de l’air et de l’eau ainsi que des impacts sur la biodiversité à travers une opération et des substrats de qualité, , et des modalités de stockage et d’épandage du digestat adaptées.
- La maximisation de l’efficacité énergétique et la minimisation des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du processus
Travailler avec les entreprises : les enjeux du déploiement de la méthanisation{{}}
Dans le cadre de partenariats avec les entreprises, le WWF France engage directement les acteurs économiques pour les accompagner dans l’élaboration et l’application de critères de durabilité robustes pour le développement de la méthanisation. Cette démarche vise en particulier à confronter nos travaux aux réalités du monde économique et à contribuer à un essor vertueux des énergies renouvelables, en apportant une vision la plus holistique possible des enjeux et difficultés auxquels ces secteurs doivent faire face - notamment en matière de préservation de la biodiversité.
En 2018, le WWF France a initié un partenariat avec GRDF, principal distributeur de gaz en France. Cette collaboration a amené, entre autres, à la définition d’un cadre de durabilité de la méthanisation agricole partiellement synthétisé dans la section précédente et détaillé dans un rapport publié en mars 2020 intitulé “méthanisation agricole, quelles conditions de durabilité de la filière en France ?”. Plus récemment, un point de situation a été réalisé en analysant les évolutions de la filière au regard des “quatre recommandations pour un passage à l’échelle soutenable” formulées dans le rapport précité. Cette étude a fait l’objet d’une publication en février 2024 (“durabilité de la méthanisation agricole : défis et opportunités”).
En parallèle, le WWF France a engagé fin 2022 une collaboration avec Air Liquide Biogas Solutions, une filiale du groupe Air Liquide dédiée à la production et valorisation de biométhane. L’objectif de cette coopération est de définir un cadre de durabilité pour la production de biométhane pour un acteur industriel, au-delà des cadres réglementaires existants. Pour cela, le WWF France et Air Liquide Biogas Solutions ont organisé des groupes de travail rassemblant plusieurs experts du secteur, afin d’établir des principes, des critères et un ensemble d’indicateurs permettant de cadrer et évaluer la durabilité des projets de l’entreprise. Les contours et les conclusions de ce projet sont accessibles sur un document de synthèse publié par Air Liquide.
Documents à télécharger : {{}}
Rapport — Agricultural anaerobic digestion (EN) What are the conditions for the sector’s subtainability in France ? PDF - 1.46 Mohttps://www.wwf.fr/sites/default/fi...
Pour approfondir le sujet : Dérèglement climatique, Objectif : Alimentation, Objectif : Climat & Énergie, Transition énergétique
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Source : https://www.wwf.fr/champs-daction/climat-energie/transition-energetique/methanisation
Biométhane - Une énergie vraiment verte ? – Document ‘batiactu.com/edito’{{}}
L’étude de Sia Partners rappelle les avantages prêtés au biométhane : la valorisation d’une quantité importante de déchets (3,2 millions de tonnes dont un tiers de déchets ménagers et un autre tiers de boues de stations d’épuration), la création d’emplois (3 ou 4 pour chaque installation en exploitation, soit un potentiel de plus de 2.300 postes) et la production d’engrais organique de bonne qualité qui permet de réduire de moitié la consommation d’engrais chimiques.
Dans le domaine des transports (bioGNV), l’utilisation de cette source d’énergie permet de diminuer les émissions de CO2 à seulement 30 grammes/km contre 190 grammes pour l’essence et même 40 grammes pour les véhicules électriques alimentés avec le mix électrique français actuel. Côté potentiel, le biogaz dispose d’un gisement hypothétique de 360 millions de tonnes composé de déjections d’élevages (51 %), de résidus de cultures (31 %), des déchets des industries agro-alimentaires, de boues d’assainissement et de déchets ménagers.
Une quantité importante de résidus capables de fournir plus de 200 TWh d’énergie. La filière ajoute qu’en 2030, 132 Mt seront effectivement mobilisables pour une production de 56 TWh. Sia Partners note : ’Le potentiel méthanogène varie fortement selon le type ou la qualité des produits et peut atteindre plus de 350 m3 de biométhane produit pour une tonne de matière brute de tourteaux de colza’. D’où de grandes différences entre les masses de matières disponibles et les potentiels énergétiques.
A lire aussi :
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- Eolien, photovoltaïque, biogaz, où en sont les parcs français ?
Sur les tarifs, l’étude précise : ’Depuis 2014, l’Etat a favorisé les petites unités agricoles avec des tarifs de rachat du biométhane injecté plus favorables, mais la réglementation va sans doute évoluer vers un système d’appels d’offres qui poussera la filière à baisser les coûts. Le dimensionnement des appels d’offres assurerait un plafond aux dépenses liées au développement du biométhane dans le budget des pouvoirs publics’. Le prix, qui est actuellement d’une centaine d’euros par MWh, devrait rapidement décroître pour tendre vers un prix cible de 67 €/MWh dès 2023 et de seulement 60 €/MWh en 2028. Pour les plus petites installations, un guichet ouvert restera disponible aux installations qui ne passeront pas par les appels d’offres. La profession souhaite établir le seuil de capacité à 400 m3/heure. La présentation prochaine de la PPE révisée pour les périodes 2019-2023 et 2024-2029 lèvera le voile sur les ambitions réelles de la France en matière de biogaz.
Comment produit-on le biométhane ?
Les intrants sont multiples : déchets agricoles, cultures dédiées, déchets industriels, déchets ménagers, boues de stations d’épuration… Brassés pendant plusieurs jours dans un digesteur privé d’oxygène, ils sont dégradés par des bactéries qui produisent du méthane (50 à 70 % de CH4) ainsi que du CO2 (entre 30 et 40 %) plus des traces de H2S et de vapeur d’eau. Un résidu solide, appelé digestat, est également obtenu.
Avant d’être utilisé, le biogaz est déshydraté et désulfuré. Il est ensuite épuré de son CO2 pour atteindre un taux de 90 % de CH4. Plusieurs technologies coexistent : membrane, cryogénie, absorption chimique ou physique, lavage à l’eau… Le biométhane est enfin contrôlé par chromatographie avant d’être injecté sur le réseau ou compressé/liquéfié pour être transporté et stocké.
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https://produits.batiactu.com/img/dossier300/20250219_092424_banniere_600x250.jpg
Source : https://www.batiactu.com/edito/ou-est-reellement-biomethane-france-2019-56129.php
La méthanisation présente un bilan environnemental très positif et renforce notre autonomie énergétique » - Anaïs Marechal, journaliste scientifique - Le 6 avril 2022 | Document ‘polytechnique-insights.com’
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Julien Thual expert au service valorisation des déchets de l’Ademe
En bref :{{}}
- Les effluents (eaux usées) d’élevages sont responsables d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’élevage.
- Ces émissions sont liées à leur mode de stockage et de traitement. Au 1er janvier 2022, on dénombre 1175 unités de méthanisation en France, dont 805 utilisaient des effluents agricoles en 2021.
- La méthanisation continue de se développer avec, ces dernières années, une forte dynamique qui a notamment permis l’ajout de 1,5 TWh de capacité annuelle installée.
- Il est indispensable d’encadrer cet usage afin d’éviter la concurrence alimentaire. En France, cette part est limitée réglementairement à 15 % des zones cultivées, et est actuellement comprise entre 3 et 6 %.
Cet article fait partie du quatrième numéro de notre magazine Le 3,14, dédié à
l’agriculture. Découvrez-le ici.
Émetteurs de méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O), les effluents (eaux usées) d’élevage sont responsables d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’élevage 1.
Ces émissions sont liées à leur mode de stockage et de traitement. Les solutions d’atténuation consistent à réduire le temps de stockage, séparer les phases solide et liquide, couvrir les fosses ou encore utiliser des inhibiteurs de nitrification ou d’uréase (transformation de l’urine).
Dernier levier en plein développement : la méthanisation. Elle consiste à récupérer le méthane issu de la décomposition anaérobie — sans oxygène — de la matière organique. Le biogaz peut être transformé en électricité et chaleur dans des unités de cogénération, ou injecté directement dans le réseau de gaz. Le résidu, appelé digestat, est utilisé pour fertiliser et amender le sol. Les unités de méthanisation utilisant des effluents d’élevage peuvent être installées à la ferme, en couverture sur les fosses à lisier déjà existantes ou centralisées au sein d’un territoire.
Comment se porte la filière méthanisation des effluents agricoles ?{{}}
Au 1er janvier 2022, on dénombre 1175 unités de méthanisation en France, dont 805 utilisaient des effluents agricoles en 2021. Les unités de méthanisation traitant les déchets ménagers et industriels n’évoluent pas beaucoup, tandis que celles de station d’épuration se dirigent vers l’injection de biométhane. En revanche, les installations à la ferme et centralisées augmentent fortement, elles représentent le plus gros potentiel en France : le parc d’installations à la ferme est passé de 38 unités en 2010 à 661 en 2020 2. Quelques projets de méthanisation de grande taille existent, mais les nouvelles installations sont essentiellement de taille petite à moyenne, traitant entre 10 000 et 20 000 tonnes de déchets par an.
Historiquement, la filière méthanisation s’est portée sur la cogénération d’électricité et de chaleur, qui représente 72 % des unités à la ferme ou centralisées en 2020 [2]. Mais depuis 5 ans, la tendance est à l’injection de biométhane dans le réseau de gaz. À la ferme, la valorisation en injection est passée de 41 à 114 unités entre 2018 et 2020. La même dynamique est observée pour les installations centralisées, passées de 15 à 55 unités en injection sur la même période.
Qu’est-ce qui explique cet engouement pour l’injection de biométhane ?{{}}
En premier lieu, la volonté de substituer du gaz naturel importé en priorité par le biométhane plutôt que l’électricité. Dans le contexte actuel, le biométhane présente l’intérêt majeur de fournir une énergie renouvelable et souveraine pour la France et l’Europe. Autre argument en faveur de l’injection de biométhane : l’efficacité énergétique. La cogénération d’électricité seule présente une efficacité de 35 %, qui monte jusqu’à 50 % voire 55 % si on valorise également la chaleur. L’injection de biométhane présente une efficacité énergétique proche de 85 %.
La validation des bonnes performances de la technologie a ouvert la voie à une diffusion plus large de ce type de projet. Aujourd’hui la réglementation exige d’étudier en priorité la faisabilité d’une installation en injection. Ces projets sont cependant plus coûteux : l’investissement moyen est de 5,5 millions d’euros, contre 2 millions d’euros pour la cogénération.
Quel rôle peut jouer la méthanisation pour réduire l’impact climatique de l’élevage ?
Elle est identifiée comme l’un des premiers leviers de réduction des GES liés à l’élevage. Chaque projet permet d’éviter, en moyenne, le rejet de 2 600 tonnes équivalent CO2 dans l’atmosphère. L’Inrae a réalisé la première analyse du cycle de vie (ACV) concernant le biométhane issu de méthanisation agricole 3. Elle y établit un bilan environnemental prenant en compte la production d’énergie, la gestion des effluents et la fertilisation des sols. Les performances environnementales sont améliorées de 60 à 85 % pour 16 des indicateurs considérés. Aucune amélioration n’est observée pour 5 indicateurs, et le système est moins performant pour quelques indicateurs, notamment à cause du recours accru à l’énergie électrique. Les points d’attention sont la maîtrise des émissions fugitives de biogaz et le respect des bonnes pratiques à l’épandage des digestats.
La méthanisation offre également une solution pour traiter les biodéchets du territoire, diversifier l’agriculture, permettre un retour au sol de la matière organique et réduire l’usage d’engrais minéraux. C’est un avantage majeur pour augmenter notre autonomie concernant la fertilisation des sols.
Pensez-vous que la méthanisation va continuer à se développer ?{{}}
Oui. Nous observons une dynamique forte depuis trois ans, avec 1,5 TWh de capacité annuelle supplémentaire installée chaque année. L’objectif de la Programmation pluriannuelle de l’énergie — atteindre 6 TWh en 2023 — va être dépassé dès cette année ! Nous estimons le potentiel de production à 30–35 TWh de biométhane en 2030, et 90–130 TWh en 2050 4. Il existe également un fort potentiel au niveau des couvertures de fosse à lisier, ces unités de microméthanisation ne traitant que des effluents d’élevage et valorisant le biogaz en autonomie sur les élevages. 40 existent aujourd’hui, alors qu’il existe plusieurs dizaines de milliers de fosses à lisier.
Dispose-t-on de suffisamment de biomasses ? France Stratégie5 estime que les gisements existants sont deux fois moindres que ceux pris en compte dans la Stratégie nationale bas-carbone.
Les effluents d’élevage sont la ressource prioritaire à utiliser. Ce gisement doit être complété de substrats plus méthanogènes (comme les végétaux) afin de trouver un bon compromis technico-économique. Dans nos travaux prospectifs, le gisement mobilisable en tonnages bruts est constitué de 50 % d’effluents d’élevage, 30 % de cultures intermédiaires et 20 % d’autres déchets. Les cultures ou couverts intermédiaires sont indispensables pour atteindre nos objectifs de production d’énergie renouvelable.
Certains pays comme l’Allemagne ont choisi de produire des cultures annuelles dédiées à la production d’énergie. Il est indispensable d’encadrer cet usage pour éviter la concurrence alimentaire. En France, cette part est limitée réglementairement à 15 % des zones cultivées, et est actuellement comprise entre 3 et 6 %.
Certains riverains s’opposent à l’installation d’unités de méthanisation, dénonçant les nuisances sonores, olfactives ou les risques d’explosion. Est-ce un frein au développement de la filière ?{{}}
Les unités de méthanisation sont des installations classées pour la protection de l’environnement, elles sont donc soumises à de nombreuses réglementations de prévention des risques environnementaux et pour les populations. Par leur activité agricole d’origine, les exploitants sont déjà habitués à gérer les effluents d’élevage : seule la gestion du biogaz est nouvelle et demande formation et rigueur d’exploitation. Les risques en cas d’accident concernent surtout le personnel des exploitations et non les riverains.
Ma crainte se situe plutôt au niveau des installations de très grande taille, dont la pérennité des approvisionnements et les performances environnementales peuvent être questionnées. L’intégration locale des projets ne joue pas en faveur de ces installations.
Références : {{}}
4 Transition(s) 2050, Ademe Editions, novembre 2021.↑
Anaïs Marechal
Méthanisation agricole : quels risques, quels avantages ? - Agriculture, Climat – Document ‘Greenpeace’{{}}
Une croissance exponentielle{{}}
La méthanisation est un procédé utilisé, entre autres, dans l’agriculture, et qui transforme de la matière organique en digestat et en gaz. Cette filière connaît actuellement une croissance exponentielle en France : elle est passée d’une production énergétique d’un TWh en 2007 à près de sept TWh en 2019, et a généré un chiffre d’affaires de 840 millions d’euros.
Cette façon de valoriser les déchets organiques est donc particulièrement promue aujourd’hui, notamment dans le secteur agricole. Fin 2021, il existait en effet 1175 unités de méthanisation en France, dont environ 70% sont dites “agricoles” (les autres sont les unités traitant les déchets ménagers, les eaux usées des stations d’épuration et quelques unités dites “centralisées” traitant différentes matières telles que les biodéchets issus de la restauration ou encore des coproduits de l’industrie agroalimentaire). Le développement de la méthanisation, enfin, fait partie intégrante du volet agricole du plan d’investissement public “France 2030”.
La méthanisation, une production d’énergie renouvelable et circulaire{{}}
Cette popularité est fondée sur les avantages que présente une telle façon de produire de l’énergie. Renouvelable et circulaire car elle permet de valoriser les déchets organiques issus des exploitations agricoles et de leur production, elle est présentée comme un facteur de diversification indispensable de notre mix énergétique et d’émancipation vis-à-vis des énergies fossiles. Sa production génère du digestat qui est utilisable sous forme de fertilisant, ce qui renforce l’autonomie des exploitations agricoles dotées d’une unité de méthanisation. Enfin, ces unités de méthanisation représentent une amélioration potentielle des conditions de travail des agriculteurs par la diversification de leurs revenus (certains travaux de recherche montrent néanmoins qu’il est parfois difficile pour les exploitant·es agricoles de dégager un revenu de cette activité).
La méthanisation n’est pas une solution miracle{{}}
Pour autant, la méthanisation ne doit pas être promue comme une solution miracle. En effet, les inconvénients et les risques que présente cette filière sont nombreux. Il est tout d’abord à noter que cette filière est encore relativement jeune : ses impacts à grande échelle sont encore difficiles à appréhender et, à l’échelle locale, les conséquences de la méthanisation sur les sols et l’eau sont méconnues. Les impacts de cette technologie dépendent fortement des lieux et des exploitations dans lesquels les unités de production sont installées : les configurations de fonctionnement de ces unités et leurs externalités sont très variées.
Certains grands projets de méthaniseurs sont décriés par des collectifs de riverains et des associations locales en raison de l’opacité de ces projets et des nuisances liées à la production des méthaniseurs. Ainsi, l’opposition monte dans les régions qui investissent le plus dans cette filière, comme c’est le cas de la région Grand-Est. Car en plus des nuisances directes, l’utilisation de cette technologie présente des risques d’incidents et de pollution importants : le débordement d’un méthaniseur à Châteaulin en 2020 a pollué un cours d’eau à l’ammoniac, privant ainsi d’eau potable 180.000 personnes durant plusieurs jours.
Par ailleurs, il est possible que le développement de cette filière aboutisse à une approche plaçant la production agricole au service de la production d’énergie, modifiant de fait la production associée à certaines terres agricoles. Ce risque a bien été identifié par lerapport sénatorial de septembre 2021 à ce sujet. La méthanisation ne doit en aucun cas devenir l’activité principale des agricultrices et des agriculteurs ni être le fait d’entreprises dédiées, au risque de générer une compétition dans l’utilisation des terres et de devenir une source de profits pour les grands groupes plutôt qu’un procédé de valorisation des déchets agricoles au service des agriculteurs et des agricultrices. Une telle orientation aurait en effet des impacts dramatiques en matière d’environnement, de compétition des terres et d’accès au foncier, puisque des hectares de culture seraient accaparés par des groupes industriels non agricoles et dédiés à la production intensive de céréales pour alimenter les méthaniseurs, ces dernières ayant un plus grand pouvoir calorifique que les coproduits des élevages.
Une technologie à encadrer rigoureusement{{}}
Si la méthanisation est une technologie intéressante et présentant de réels intérêts écologiques, sociaux et économiques, son utilisation et son développement doivent donc être strictement encadrés et son impact environnemental précisément évalué. Tout projet d’installation de méthaniseur doit faire l’objet d’une étude d’impact environnemental et de concertations solides avec les riverains et riveraines.
Enfin, le développement de cette technologie ne doit pas être brandi pour faire oublier les nécessaires transformations à opérer au sein de notre système agricole. Parmi celles-ci, le développement des pratiques agroécologiques, l’amélioration de la rémunération des producteurs et des productrices, la désindustrialisation de l’élevage, la relocalisation et la végétalisation de notre production alimentaire sont prioritaires.
Source : https://www.greenpeace.fr/methanisation-agricole-quels-risques-quels-avantages/
Un aperçu clair des avantages, inconvénients et du bilan de la méthanisation en France à ce jour (mai 2025), d’après une requête auprès de ‘ChatGPT’ :
✅ Avantages de la méthanisation
- Valorisation des déchets organiques{{}}
- Utilise des déchets agricoles, agroalimentaires, boues de stations d’épuration ou biodéchets.
- Réduit les volumes de déchets et leur impact environnemental.
- Production d’énergie renouvelable{{}}
- Génère du biogaz (méthane), utilisé pour produire de l’électricité, de la chaleur ou être injecté dans le réseau gazier.
- Réduit la dépendance aux énergies fossiles.
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre{{}}
- Captage du méthane naturellement émis par la dégradation des matières organiques.
- Substitution au gaz naturel fossile.
- Production de digestat utilisable comme engrais{{}}
- Fertilisant organique issu du processus, réduisant le recours aux engrais chimiques.
- Revenus complémentaires pour les agriculteurs{{}}
- Nouveaux débouchés économiques et diversification des activités agricoles.
❌ Inconvénients de la méthanisation
- Nouveaux débouchés économiques et diversification des activités agricoles.
- Coût d’investissement élevé{{}}
- Une unité de méthanisation représente plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d’euros.
- Complexité technique et réglementaire{{}}
- Exploitation délicate, maintenance régulière, suivi des intrants strict.
- Risques environnementaux si mal gérés{{}}
- Fuites de méthane, pollution des sols et de l’eau en cas de mauvaise gestion du digestat.
- Acceptabilité sociale variable{{}}
- Nuisances olfactives, trafic routier, conflits locaux autour de certains projets.
- Compétition potentielle avec l’alimentation humaine ou animale{{}}
- Si des cultures dédiées sont utilisées (maïs ensilage), il y a débat sur le « gaspillage » de terres agricoles.
📊 Bilan de la méthanisation en France (2024)
- Si des cultures dédiées sont utilisées (maïs ensilage), il y a débat sur le « gaspillage » de terres agricoles.
- Environ 1 600 unités de méthanisation en fonctionnement fin 2023.
- Près de 800 injectaient du biométhane dans le réseau gazier.
- Objectif gouvernemental : 10 % de gaz renouvelable dans le réseau en 2030.
- Potentiel non encore pleinement exploité, surtout sur les biodéchets urbains et industriels.
- Forte dynamique dans certaines régions agricoles (Grand Est, Bretagne, Pays de la Loire).
Tendances actuelles :{{}}
- Soutien public encore important (aides de l’ADEME, tarifs d’achat garantis).
- Volonté d’industrialisation des projets, mais besoin de rester ancré localement.
- Pression sur la rentabilité avec la baisse progressive des subventions.
Voici une carte interactive des installations de méthanisation en France, mise à jour en février 2025, disponible sur le site Gaz Mobilité :Gaz-Mobilite.fr+1Gaz-Mobilite.fr+1
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Carte des sites d’injection de biométhane en France
Carte des sites d’injection de biométhane en France
Cette carte vous permet de visualiser les sites de production de biométhane à l’échelle nationale, avec des filtres par région, type d’installation (agricole, industriel, STEP, etc.), réseau de distribution (GRDF, GRTgaz) et capacité de production. Elle offre une vue claire de la répartition géographique des unités de méthanisation en France. Gaz-Mobilite.fr
Pour une analyse plus détaillée, notamment au niveau régional, le projet ValorMap propose une base de données spatialisée permettant de visualiser les potentiels du méthane des résidus et coproduits des agro-industries pouvant être mobilisés en méthanisation. Cette carte interactive est accessible gratuitement aux exploitants d’entreprises agro-alimentaires et d’installations de méthanisation. valormap.hub.inrae.fr
Une recherche sur les applications de la méthanisation (production de biogaz) dans les principaux pays utilisateurs dans le monde d’après une requête auprès de ‘ChatGPT’
Voici un aperçu des informations que nous pouvons explorer :
1. Principaux pays producteurs de biogaz par méthanisation{{}}
La méthanisation est un procédé important pour la production de biogaz à partir de matières organiques, et plusieurs pays ont adopté cette technologie à grande échelle. Parmi les leaders, on trouve :
- Allemagne : Un des leaders mondiaux en méthanisation, avec un large réseau de fermes de méthanisation qui produisent du biogaz à partir de déchets agricoles et de matières organiques. L’Allemagne a mis en place des politiques incitatives telles que les ’Feed-in Tariffs’ pour encourager la production de biogaz.
- Chine : La Chine a une politique de soutien forte pour le biogaz, en particulier dans les zones rurales où les résidus agricoles et les déchets organiques peuvent être transformés en énergie. Ils ont des projets d’envergure visant à réduire la dépendance au charbon.
- États-Unis : Aux États-Unis, la production de biogaz se fait principalement dans le secteur de l’agriculture (fermes de méthanisation) et de l’industrie alimentaire. L’approche diffère légèrement avec un fort accent sur l’utilisation du biogaz pour la production d’électricité.
- France : La France a également développé un marché de la méthanisation en forte croissance, en particulier dans les zones agricoles. Le gouvernement encourage les projets de méthanisation pour la transition énergétique, notamment à travers des subventions et des crédits d’impôt.
- Brésil : Le Brésil est un autre pays où la méthanisation prend de l’ampleur, en particulier pour la gestion des déchets agricoles et pour soutenir l’industrie du bioéthanol.
2. Les principaux types d’applications de la méthanisation{{}}
La méthanisation est utilisée dans de nombreuses applications, principalement pour la production de biogaz. Voici quelques exemples :
- Production de biogaz pour la production d’électricité et de chaleur : La conversion du biogaz en électricité ou en chaleur est la principale application dans beaucoup de pays. En Allemagne, par exemple, la production de biogaz sert non seulement à la production d’énergie mais aussi à l’injection dans les réseaux de gaz.
- Utilisation du digestat comme fertilisant : Après la méthanisation, le résidu, appelé digestat, est riche en nutriments et est utilisé comme fertilisant dans l’agriculture. Cela permet de fermer la boucle en réutilisant les déchets organiques.
- Mobilité : Le biogaz est également utilisé dans certains pays comme carburant pour les véhicules. En Allemagne et en Suède, des infrastructures existent pour l’utilisation du biogaz dans les transports.
- Déchets alimentaires et urbanisation : Dans les grandes villes, la méthanisation est aussi utilisée pour traiter les déchets alimentaires et les déchets urbains organiques.
3. Les défis et perspectives{{}}
Malgré son potentiel, la méthanisation fait face à plusieurs défis :
- Coûts de production : Les installations de méthanisation peuvent nécessiter des investissements initiaux élevés, ce qui peut freiner l’adoption dans certains pays.
- Collecte et traitement des déchets : La gestion des matières premières est essentielle. La mise en place de systèmes efficaces de collecte de déchets organiques est cruciale pour la rentabilité des projets de méthanisation.
- Infrastructures : Il faut aussi des infrastructures adéquates pour la gestion et la distribution du biogaz, ce qui peut être un frein dans certaines régions du monde.
4. Exemples de projets réussis{{}}
- Projets communautaires en Inde : En Inde, des projets de méthanisation communautaire ont permis de traiter les déchets organiques des villages tout en produisant de l’énergie.
- Méthanisation en milieu urbain en Suède : La Suède a réussi à intégrer la méthanisation dans les villes avec des usines de traitement des déchets organiques et une production de biogaz utilisée dans les transports publics.
5. Politiques et soutiens gouvernementaux{{}}
Les politiques publiques jouent un rôle clé dans l’essor de la méthanisation. Des subventions, des prix garantis pour l’électricité produite à partir de biogaz, et des incitations fiscales sont des leviers importants pour encourager les investissements dans ce secteur.
Il existe des fabricants de méthaniseurs au Royaume-Uni. Par exemple, le Royaume-Uni est mentionné comme l’un des leaders en Europe en termes de nombre d’installations de méthanisation, ce qui suggère la présence d’une industrie locale de fabrication de méthaniseurs…
France - Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation renforce les moyens de Bpifrance pour lancer un nouveau Prêt Sans Garantie permettant de faire émerger 400 nouveaux projets de méthanisation à la ferme - 19 avril 2019 Communiqué de presse{{}}
Grand plan d’investissement méthanisation bpifrance
La méthanisation agricole contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur agricole tout en assurant un complément de revenus pour les agriculteurs. Le plan « Énergie Méthanisation Autonomie Azote » vise la création de 1 000 installations de méthanisation agricole d’ici 2020. La France en compte aujourd’hui plus de 400 en fonctionnement.
Afin d’accélérer le rythme d’installation des méthaniseurs agricoles, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a doté un fonds de garantie publique, permettant à Bpifrance de distribuer un Prêt Sans Garantie, destiné aux exploitants agricoles, qui, seuls ou en groupe, investissent dans une installation de méthanisation agricole.
D’un montant compris entre 100 000 € et 500 000 €, ce prêt vise à faciliter le bouclage des tours de table financiers en prenant notamment en charge les études, et une part du solde des investissements et besoins en fonds de roulement nécessaires au démarrage du projet, sans prise de garantie sur l’entreprise, ni caution personnelle du dirigeant. Il sera proposé sur une durée de 12 ans maximum, avec un différé d’amortissement en capital jusqu’à 2 ans.
Les porteurs de projets sont invités à se rapprocher des Directions Régionales de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) et du réseau de Bpifrance en régions.
La création du Prêt Méthanisation Agricole s’inscrit dans le volet agricole du Grand Plan d’Investissement. Il a pour ambition d’accompagner la réalisation de 400 nouveaux projets dans les 5 prochaines années, pour un montant total de financement d’environ 100 M€.
Anne Guérin, directrice exécutive en charge du Financement et du Réseau Bpifrance déclare : « La Transition énergétique et écologique est un axe stratégique de Bpifrance, qui se positionne comme un acteur important du financement des entreprises porteuses de projets d’efficacité énergétique et de développement d’énergies renouvelables. Avec ce nouveau Prêt Sans Garantie, Bpifrance se félicite de favoriser le développement de la méthanisation agricole en facilitant la concrétisation des tours de table financiers, et amplifie ainsi sa contribution aux objectifs de politiques publiques en matière de transition énergétique et écologique. »
Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, déclare : « L’agriculture contribue aux objectifs nationaux de transition énergétique. La méthanisation agricole doit prendre plus d’ampleur et plus rapidement : cette offre de prêts sans garantie sera une incitation forte au développement de nouveaux projets de méthanisation agricole. Cette garantie publique facilitera le financement des projets portés par des agriculteurs pour lesquels l’installation d’un méthaniseur représente un investissement important. »
À propos de Bpifrance{{}}
Bpifrance finance les entreprises – à chaque étape de leur développement – en crédit, en garantie et en fonds propres. Bpifrance les accompagne dans leurs projets d’innovation et à l’international. Bpifrance assure aussi, désormais leur activité export à travers une large gamme de produits. Conseil, université, mise en réseau et programme d’accélération à destination des startups, des PME et des ETI font également partie de l’offre proposée aux entrepreneurs.
Grâce à Bpifrance et ses 48 implantations régionales, les entrepreneurs bénéficient d’un interlocuteur proche, unique et efficace pour les accompagner à faire face à leurs défis.
Plus d’information sur : www.bpifrance.fr - https://presse.bpifrance.fr/ -
Suivez-nous sur Twitter : @Bpifrance - @BpifrancePresse
Contacts presse - Service de presse de Didier Guillaume - Tel : 01 49 55 59 74 ; cab-presse.agriculture@agriculture.gouv.fr
Bpifrance - Nathalie Police - Tél. : 01 41 79 95 26 ; nathalie.police@bpifrance.fr
D’autres sons de cloche - La face cachée de la méthanisation - Billet de blog 27 février 2024 - YVES FAUCOUP Chroniqueur social Abonné de Mediapart - Billet n° 790
Les pouvoirs publics se lancent dans un programme démesuré en faveur de la méthanisation, sans que le grand public n’en soit informé et sans que les inconvénients et dangers ne soient mis en avant. Comment riverains, scientifiques, écologistes et paysans s’y opposent.
Pour tenter de se montrer impliqué dans la transition écologique, le pouvoir cherche à développer la production de méthane (CH4), un gaz produit par des réactions chimiques provoquées par l’homme sur de la matière organique transformée. Des esprits peu informés se disent : c’est très bien, comme les panneaux photovoltaïques. Sauf que dans les deux cas, les autorités procèdent comme d’habitude : à l’arrache, et souvent en mentant par omission, quand il faudrait y aller avec réflexion, modération et réelle concertation locale.
Illustration 1
Le discours officiel pousse les agriculteurs à investir massivement dans la méthanisation, en leur faisant miroiter des royalties, plutôt que de faire en sorte qu’ils soient rémunérés correctement pour leurs productions agricoles. Le rendement énergétique est faible, les subventions de l’État très élevées. Quant aux riverains, ils n’ont que leurs yeux pour pleurer : odeurs pestilentielles, passages répétés de camions, perte de valeur de leur maison devenue quasiment invendable, coût des dégradations des routes à la charge des communes et départements (soit des contribuables).
C’est à cela que le Gers s’est trouvé confronté depuis quelques années : dans les vallées de l’Osse et du Lizet, en Astarac et en Fezensac, impactant les citoyens des villages Montesquiou, Saint-Arailles, Castelnau-d’Anglès, Lamazère et L’Isle-de-Noé. Une association s’est créée en 2020, ABIVIA (Association Bien Vivre en Astarac et en Fezensac) : elle ne conteste pas la micro-méthanisation à la ferme qui traite ses propres déchets pour son autoconsommation d’énergie mais elle s’oppose aux projets financiers et industriels, à l’opposé des valeurs écologiques raisonnées et de la préservation de la biodiversité.
Alors même que le sujet ne défraye pas la chronique, on constate que de nombreux citoyens s’inquiètent partout en France parce qu’ils sont confrontés à un méthaniseur près de chez eux ou qu’un projet d’installation se profile à l’horizon. En Occitanie, dans le Gers, département rural, des réunions ont lieu pour partager l’information, avec l’aide de scientifiques, témoignant du danger de la méthanisation industrielle et développer la mobilisation pour s’opposer aux installations. Pour le moment, cela reste relativement confidentiel, mais tout cela laisse augurer que les réactions pourraient prendre de l’ampleur tant l’attitude des autorités font fi de cette inquiétude en déroulant des argumentaires lénifiants, progressant au pas de charge pour imposer leur programme.
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14 avril 2023 : à Montesquiou (570 hab, 27 km d’Auch), Maison du Temps libre, devant 80 personnes, Fabienne Lasportes, à l’origine de la création d’ABIVIA, explique que c’est en juin 2020 que le projet a été découvert par hasard : un projet prévoit 29,99 tonnes de matière traitée par jour à Montesquiou soit plus de 10 000 par an.
Daniel Chateigner est en visio-conférence : il est professeur des universités (Caen), coordonnateur du Collectif scientifique national sur la méthanisation raisonnable (CSNM), né en 2018, qui regroupe 30 scientifiques indépendants, de toutes disciplines (dont deux académiciens). Par ailleurs, le Collectif National Vigilance Méthanisation canal historique (CNVMch) rassemble des citoyens, riverains, usagers, qui se mobilisent contre les dérives de la méthanisation. Celle-ci est un danger pour les sols qu’elle appauvrit, pour la bio-diversité, elle pollue les eaux, elle provoque une dépréciation immobilière (- 30 %), provoque des nuisances (odeurs, santé, transports, bruit). Le gain par contre est limité : cela n’apporte que très peu d’énergie, stress accrue pour les paysans, coût élevé.
Daniel Chateigner montre, tableaux à l’appui, que 90 % des digestats (matière organique non dégradées) sont rejetés, que le lisier de porcs produit peu de méthane. Du coup, les méthaniseurs plantent du maïs et autres végétaux pour obtenir plus de méthane, ce qui est une aberration. Le rendement énergétique est extrêmement faible (4 %, contre 16 % pour l’éolien et 40 % pour l’hydraulique). Par ailleurs, le coût est considérable et suppose de fortes subventions. 1884 méthaniseurs en service en France, sur 5100 ha : ils sont pour le moment en moyenne à 13 km les uns des autres. S’ils sont plus nombreux, l’espace entre eux va se réduire et poser d’énormes problèmes pour le voisinage. Ils sont 14 dans le Gers, dont 7 agricoles, 4 industriels, 3 collectes de déchets. Les chiffres du CSNM ne sont pas contestés, les autorités lui réclament même ses bases de données.
Pascal Levieux, pour les Amis de la Terre 32 et le GROG (Groupe de réflexion sur l’eau gersoise), expose les risques des rejets sur la qualité de l’eau : il importe toujours d’éviter de polluer plutôt que de tenter après coup de traiter. Or ces installations industrielles ne sont pas contrôlées. Il aurait été logique que de tels projets polluants fassent au préalable l’objet de concertation, c’est ce qu’il faut exiger pour le Gers face à l’injonction de l’État de démultiplier le nombre d’installations. Selon le CSNM, il y aurait eu 315 incidents de méthaniseurs en France entre 1996 et 2020, provoquant de graves pollutions [le chiffre atteint à ce jour, février 2024, 500 accidents/incidents]. La question de l’eau est un prochain gros dossier que le Gers aura à résoudre, comme partout ailleurs.
Olivier Arnaudon témoigne : arrivé dans le Gers, espérant y trouver la sérénité, il a vu un projet de méthaniseur qui veut s’installer à 200 mètres de chez lui. Il constate les gaspillages : par exemple, des agriculteurs faisant pousser du maïs et arrosant sans cesse pour, à terme, faire du méthane ! Il s’insurge contre l’appauvrissement des sols, qui perdent 50 à 60 % de leur fertilité. On fait miroiter aux agriculteurs de super-profits, tandis que les terrains avoisinants perdent de leur valeur.
Pour Éric Eula (en visio), qui est ingénieur-consultant dans l’industrie (automatisme et informatique), membre du CNVMch, la sécurité industrielle n’est pas assurée au niveau des installations à ce jour en France. Faute de contrôleurs, à cause des lacunes des pouvoirs publics, les contrôles n’ont pas lieu. Les accidents en France sont plus nombreux qu’en Allemagne avec pourtant moins de méthaniseurs.
Daniel Chateignier accuse les gros investisseurs industriels d’avoir une stratégie consistant à tromper les agriculteurs, jouant sur le soutien de l’État, alors même que sur le fond la méthanisation n’a aucun intérêt, bien au contraire. Il lâche que c’est en lisant Mediapart du 13 mars 2023 qu’il a compris : en apprenant que 12 députés, 6 sénateurs, et 3 ministres sont actionnaires de TotalEnergies (qui a mis en place la plus grosse unité de méthanisation à Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques, BioBéarn).
C’est alors que Jean-René Cazeneuve, député Renaissance, rapporteur du budget de l’État à l’Assemblée Nationale, qui était venu protégé par quatre gendarmes, n’hésite pas à s’insurger : selon lui, cette mise en cause des actionnaires de Total est « déplacée ». Il considère que les données avancées sont « incompréhensibles » et regrette qu’il n’y ait pas dans cette assemblée de point de vue contradictoire émanant de scientifiques. Contesté pour son intervention, il revendique de pouvoir ici s’exprimer. Il admet qu’il y ait des nuisances mais il faut évaluer avantages et inconvénients : « on ne peut pas être contre tout » (nucléaire, méthaniseur, éolien, solaire), « sinon il reste la bougie » !
17 février 2024, à Lasséran : la Confédération Paysanne organise un colloque méthanisation. Le matin est consacré, à destination des paysans et paysannes, acteurs et actrices du monde agricole, à la technique de la méthanisation. Est-elle à recommander aux paysannes et paysans ? Est-elle compatible avec l’agriculture paysanne ? Quels sont les risques d’accidents ? Quel impact a-t-elle sur les sols ? Quels sont les risques, les accidents possibles ? Le colloque n’a pas pour but de traiter des petites installations à l’échelle d’une ferme, avec une pollution moindre (voir en annexe le site de Picojoule), sachant qu’en réalité sur une ferme les déchets sont peu importants, une grande partie d’entre eux pouvant être tout simplement compostés.
Les scientifiques qui interviennent sont Jean-Pierre Le Lan, Eric Eula, Régine Ferron (agronome, spécialisation économie, du mouvement Eaux et Rivières de Bretagne) et Georges Baroni (ingénieur en physique industrielle et énergies, expert auprès de la commission européenne Environnement, membre du groupe de travail méthanisation au ministère, commission énergies à la Confédération Paysanne). Le secrétaire général de la Préfecture est présent ainsi que le député Jean-René Cazeneuve et Éric Cadoré, conseiller régional PC, représentant la présidente de Région, Carole Delga.
L’après-midi, une conférence-débat s’adresse aux citoyennes et citoyens, et aux actrices et acteurs des territoires.
Jean-Pierre Le Lan, professeur à l’Université d’Anger, en retraite, membre du CSNM et du CNVMch), venu de Bretagne, s’emploie à montrer « la face cachée de la méthanisation ». Il explique d’abord ce qu’elle est : produire de l’électricité et de la chaleur à partir du biogaz (devenant du biométhane, une fois épuré et odorisé). Il y a deux façons de le valoriser : la cogénération, avec une turbine sur place, pour produire chaleur et/ou électricité (994 installations) ; l’injection, avec envoi dans le réseau de gaz, pour le chauffage ou la cuisson (514 installations). Soit 1705 installations en 2022 (contre 711 en 2018), progression donc très rapide.
Des énormes tuyaux, autoroutes du gaz, sont enfouis et des petits tuyaux le sont pour aller chercher le gaz « au cul des méthaniseurs » : soit, en Occitanie, 19 000 km gérés par GRDF. Des plans régionaux biomasse (biogaz, biocarburants, combustion bois forestier) ont été adoptés, en février 2020 pour l’Occitanie (avec en perspective 28 TWh en 2050 soit 2,8 millions d’appartements chauffés sur l’année, sur un total de 87 TWh d’énergie renouvelable), en octobre 2021 pour le Grand-Est (38 TWh en 2050). Ainsi, sur l’ensemble du territoire, de 2022 à 2026, la production de gaz vert va décupler (passant de 7 Térawatt-heure à 85 TWh), en Occitanie, elle va tripler et dans le Gers elle sera multipliée par 15.
https://static.mediapart.fr/etmagine/article_zoomed/files/2024/03/06/carte-implantation.jpgAgrandit l’image Document GRDF
Le problème est que le biogaz est ’vendu’ avec un argument fortement mis en avant aujourd’hui : il serait facteur de réduction des gaz à effet de serre (GES). Or Jean-Pierre Le Lan n’y croit pas : il suspecte, s’appuyant sur une étude québécoise qui le dit, que le méthane issu d’un élevage de porcs, par exemple, produirait cinq fois plus de gaz à effet de serre (GES). Et en injection, deux fois plus de CO2 renvoyé dans l’atmosphère. Une étude d’un membre du CSNM, Jean-Pierre Jouany, a mis en évidence une émission de GES de la méthanisation très supérieure à celle du gaz fossile (voir son article paru dans la Revue francophone du développement durable).
Or la SFEC (Stratégie française énergie climat) a pour perspective de décupler d’ici 2050 la production de biogaz, avec augmentation des GES : « la loi énergie-climat n’est pas prête à être votée, mais des décisions [d’installations] seront prises avant l’adoption d’une loi ».
« Il y a baleine sous gravillons »{{}}
En effet, la technologie n’est pas au point, elle est embryonnaire. Mais l’énergie produite est achetée 5 à 10 fois le prix du marché (soit 100 € le MWh de plus que le prix du marché), soit un total d’un milliard d’euros en 2024 au frais du consommateur et du contribuable ! Il y a anguille sous roche, ou plus précisément, pour Jean-Pierre Le Lan, « baleine sous gravillons », car ce n’est et ne sera jamais rentable sans subventions indirectes : les coûts indirects sont nombreux, d’une part pour l’extension du réseau (dépenses invisibles aux citoyens : pour la seule Haute-Marne, coût de 600M€, somme astronomique), d’autre part sur la santé, pour les routes endommagées, accidents, incendies, primes diverses variées (PAC à l’hectare, labels : HVE [haute valeur environnementale], bas carbone), allègements de taxes.
Tout est fait pour échapper au contrôle de la population. Selon les textes, il y a trois procédures existantes pour ces Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE) selon les volumes traités. Si c’est inférieur à 30 tonnes/jour, c’est une déclaration (pas ou très peu de contrôles) ; si c’est entre 30 et 99,99 T/jour, c’est un enregistrement (simplification administrative, avec consultation publique, mais les remarques éventuelles des citoyens ne sont pas rendues publiques) ; à partir de 100 T/jour, c’est une autorisation (avec enquête publique et étude d’impact environnemental). Dans les faits, la majorité des projets sont sous le régime de la ’déclaration’, cela évite les contrôles et exclut le projet de la base de données des géorisques. Des projets prévus à moins de 30 T/jour, donc en ’déclaration’ au moment de la construction, sont ensuite surdimensionnés pour être à moins de 100 tonnes/jour, de telle sorte qu’ils passent en ’enregistrement’, sans faire l’objet d’une enquête publique et d’un dialogue public (une loi de décembre 2018, a porté le seuil d’autorisation de 60 à 100 tonnes afin que davantage d’installations s’affranchissent de l’enquête publique). Un témoin rapporte qu’une personnalité préfectorale a reconnu qu’il en était bien ainsi. C’est le cas de l’installation de Belloc Saint-Clamens, celle de Pellefigue dans le Gers et du projet, récemment validé par le préfet, de Castelnau-Barbarens.
La méthanisation est-elle sinon verte du moins vertueuse ?{{}}
Sur le plan sociétal, elle a l’inconvénient des odeurs, du bruit, de la perte de valeur de l’habitat, des paysages abîmés, des accidents. Elle favorise les gros exploitants et les agro-industriels. Elle ne crée pas d’emplois, elle agit même plutôt à la baisse sur l’emploi. Sur le plan sanitaire, elle risque de favoriser le développement de germes pathogènes (antibiorésistance) et de sulfure d’hydrogène (H2S). Sur le plan énergétique, la production nette est minime, voire nulle, au pire l’énergie produite peut être inférieure à l’énergie consommée. Elle provoque des pollutions graves, incendies (comme en Bretagne), explosions liées à l’inflammabilité du méthane, dégagements imprévus de toxiques gazeux. Sur le plan agronomique, le taux d’humus et de fertilisation des sols est en danger, les digestats polluent les eaux et les sols, les études manquent pour observer l’impact sur la vie des sols ; l’air se charge en ammoniac, gaz précurseur de particules fines, en protoxyde d’azote (N2O).
Globalement, la méthanisation telle qu’elle est envisagée est contraire à un modèle souhaitable d’agriculture. Sur le plan climatique, ce n’est pas bon pour le climat, ce n’est pas une énergie renouvelable (dans la mesure même où on vise aussi une réduction des déchets). Le méthane est un puissant gaz à effet de serre, 83 fois supérieur au dioxyde de carbone. Un méthaniseur a une durée de vie de 16 ans, au-delà il a trop de fuites (officiellement, on prétend qu’il n’y a que 0,5 % de fuites, alors que le taux, élevé, est de 4 % en moyenne). Un exploitant d’une telle installation est soumis à une formation qui dure… une demi-journée !
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des déchets organiques (biodéchets) des ménages et des professionnels est obligatoire. Il serait préférable de les destiner au sol (compostage) mais certains militent pour qu’ils aillent dans les méthaniseurs (qui seront de ce fait de moins en moins agricoles).
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On m’a signalé par ailleurs que les centres de collectes de déchets verts, alimentés par les entreprises, prévus pour le compostage à grande échelle, récupérant jusqu’alors ces déchets gratuitement, envisagent d’assurer désormais cette collecte moyennant finance, avec peut-être la perspective de fournir des méthaniseurs. Ce serait le cas de Covalrec dans la zone industrielle de Lamothe, à Auch. Dans cette même zone, un site de méthanisation industrielle (plus de 100 T/jour) a été construit en 2013 par le groupe Naskeo, filiale du groupe Keon. Le site, exploité par Dalkia Biogaz, filiale d’EDF, fournit de l’électricité à 16 % de la population de la capitale gersoise. Il a fait l’objet d’une fuite de déchets organiques en juin 2019… signalée par un voisin ! Les pompiers redoutaient la toxicité et l’explosion, six compagnies étaient mobilisées. Finalement, la fuite a été circonscrite. Début janvier de cette année, dans le Gers, un hangar où était stocké du maïs broyé en cours de fermentation, destiné à une unité de méthanisation, a pris feu : 36 pompiers ont été mobilisés, de crainte que l’incendie n’atteigne le méthaniseur. Déversements sauvages de digestats dans un cours d’eau à Fontrailles (65) en mars 2023, polluant la Baïse qui s’écoule dans le département du Gers : selon la société Agrogaz, il n’y aurait eu aucun dysfonctionnement. Incendie dans un méthaniseur d’Alsace à Ungersheim en septembre dernier...
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Daniel Chateigner, cité plus haut, a envoyé un message : « Dans un rapport accablant pour les usines de méthanisation, nos collègues scientifiques américains arrivent aux mêmes conclusions que nous : plus de GES qu’avec le gaz fossile, subventions injustes et inappropriées, pollutions inacceptables, contrôles quasi inexistants, effets sanitaires pour les riverains, greenwashing organisé par les acteurs pour générer un nouveau marché, énergie délivrée extrêmement faible et sans conséquence sur la transition énergétique, bilan carbone désastreux. Quand prendra-t-on réellement conscience de cette impasse ? » [voir en annexe lien avec Biogas or Bull].
Pascal Levieux, des Amis de la Terre, apporte une précision juridique : les pouvoirs publics peuvent très bien se passer des conclusions d’une enquête publique. Il s’interroge sur le milliard (d’euros) caché : dans quelles poches va-t-il ? Compte tenu de la crise climatique, le bassin d’Adour-Garonne (Gers et Hautes-Pyrénées) devrait perdre 40 % de volume d’eau, tous les usages seront impactés. Or la méthanisation est grosse consommatrice d’eau, même si c’est un angle mort dans les multiples instances qui en causent : déjà les cultures traitées exigent de l’eau, le processus de méthanisation exige de l’eau même si c’est nulle part chiffré, il en est de même pour la condensation (déshumidification du gaz, séchage) et pour le nettoyage des machines. Pascal Levieux a calculé qu’avec 30 méthaniseurs cela représente vraisemblablement 600 000 m3 par an sur le département. Ces prélèvements devraient être pris en compte par les AUP (autorisation unique pluriannuelle de prélèvement), mais sous quel régime : usage industriel ou irrigation ? Cette question de l’eau est un élément de plus disqualifiant la méthanisation… et les pouvoirs publics qui négligent ce problème crucial. L’individualisation des dossiers et des projets permet de masquer la vision globale et la perception des risques.
Illustration 12Brochure Région Occitanie
La loi APER du 10 mars 2023 (accélération de la production d’énergies renouvelables) contraint le Gers à créer plus d’unités de méthanisation qu’ailleurs dans la région, d’où l’apparition tous azimuts de projets, dans la précipitation. Les Amis de la Terre demandent à ce qu’un Comité des énergies soit créé dans le Gers afin de déterminer un schéma des énergies qui tiennent compte de leurs impact sur le territoire et sur le cadre de vie.
Jean-Pierre Monnet, de la Fédération des chasseurs du Gers, prend la parole et dit que les chasseurs combattent tout ce qui peut porter atteinte à la biodiversité. Il constate que les cultures sont fauchées très tôt, pendant la nidification de toutes les espèces. Les engins, très rapides, opérant de nuit, pendant le repos des petits animaux, broient les faons, les oiseaux. Dans les balles de foin ou de paille, on trouve des cadavres de lièvres et de chevreuils. C’est un phénomène général, accru avec la méthanisation, qui elle-même se développe parce que les éleveurs confrontés à la grippe aviaire ont été incités à faire davantage du vert (donc accroissement du fauchage). Des associations de chasse ont fait l’acquisition de drones pour repérer des animaux avant la fauche. Par contre, les déchets n’ont pas d’impact direct pour la chasse. Un responsable de la pêche abonde dans l’opposition à la méthanisation car les écoulements de jus polluant dans les ruisseaux puis les rivières ont des conséquences graves sur la vie aquatique.
Josiane Pradayrol, maire d’Espeyroux, est venue spécialement du Lot pour témoigner : son village comprend 98 habitants, et un projet de méthanisation a provoqué d’importants clivages. Le propriétaire de l’installation n’habite pas le village. Au démarrage, une torchère a brûlé pendant un mois, en pleine canicule. Elle a provoqué une pollution énorme en CO2 : limitrophe à une route, elle aurait pu provoquer une catastrophe, comme à Feyzin [en 1966, près de Lyon, dans une raffinerie, une fuite de propane s’enflamme suite au passage d’une voiture à proximité puis explose : 18 morts, dont 11 pompiers]. L’odeur pestilentielle qui se dégage et le bruit permanent du chargeur ne permettent pas au propriétaire d’une maison proche de la mettre en location. Il n’y a pas de haies pour cacher les stockages. Les digestats sont répandus, les routes sont dégradées. Une retenue d’eau stocke 30 000 m3 pour arroser le maïs destiné au méthaniseur ! Le site est déjà en vente, selon des rumeurs TotalÉnergies serait intéressé.
Un habitant du Lot, spéléologue, témoigne de l’inquiétude pour deux méthaniseurs à Gramat et Mayrac. Les eaux souterraines peuvent être polluées pas seulement par les digestats, mais aussi par les herbicides et pesticides. Il existe bien une carte des cours d’eau souterrains mais difficile de repérer quel méthaniseur sera à l’origine d’une pollution. Le monde souterrain c’est la minéralogie, les grottes ornées et les gisements paléolithiques. Les craintes découlent du fait qu’on n’a pas de réponses. Le ministère de l’environnement a bien dépêché des agents qui ont passé trois mois sur place pour produire un rapport de 400 pages concluant à des actions relevant de l’État et du méthaniseur, et surtout la mise en place d’un observatoire qui a été bien vite enterré en passant du Département à la Région puis à l’État !
Un autre intervenant évoque l’azote, le CO2 et aussi les composés pharmaceutiques, produits vétérinaires, qui s’éliminent peu : une partie est filtrée dans les sédiments et peu ressortir des années plus tard.
Laure et Dominique, de Gazaupouy (au nord du Gers), contestent un projet à 13 millions d’euros lancé par quatre agriculteurs (appelé ’projet à la ferme’). La réunion d’information a été une mascarade : elle n’a été annoncée que 15 jours avant, les entrées étaient filtrées, le projet a été minimisé, présenté comme « vertueux, écologique », avec assurance que les maisons ne perdront pas de la valeur. Une lettre des habitants adressée en recommandée aux quatre auteurs du projet n’a pas été retirée.
Fabienne Lasportes constate qu’il en a été de même à Montesquiou. Le projet devait avoir lieu d’abord à Montesquiou/Saint-Arailles (où les élus locaux unanimes se sont dits défavorables au projet), puis à Lamazère puis finalement à nouveau à Montesquiou/Saint-Arailles. On est passé de 82 T/jour à Lamazère à un ’petit projet’ à Montesquiou/Saint-Arailles à 29 T/jour, soit 10500 tonnes/an, pour un coût pour l’État de 19 millions d’euros de subventions sur 15 ans (le KWh qui vaut 50 € est acheté 150 € par GRDF). Fabienne, très engagée dans le mouvement contre les méga-méthaniseur, agricultrice elle-même comme son mari, a fait évaluer la valeur de sa maison : perte de 50 % si le méthaniseur est proche, et si elle arrive à la vendre ! Alors même qu’une brochure officielle prétend qu’il n’y a aucun effet sur la valeur immobilière (GRDF donne 4 exemples où cela n’aurait pas d’impact sur les valeurs immobilières... alors qu’il y a plus de 1700 sites). Un agent immobilier a déclaré que dès qu’une maison se trouve proche d’un méthaniseur elle est considérée comme invendable (même si, tant que le méthaniseur n’est pas construit, il n’y a pas obligation légale de l’indiquer lors de la vente, mais obligation morale certainement).
Patrick Kopff, des Amis de la Terre [AMT] et de Génération Écologie, a appris de bonne source que l’État considérait que le Gers ne produisait que 1/3 de ce qu’il consomme d’où la nécessité que ce département soit un bon élève (peu d’habitants, contestations faibles) et développe de l’énergie (dont le méthane, mais aussi le photovoltaïque, l’éolien). Il suggère qu’un slogan publicitaire soit lancé qui pourrait réveiller les consciences et qui dirait : « Faites tout de suite évaluer votre maison car, avec le projet de méthanisation, elle ne vaudra plus rien demain ». A Sarrant, un projet de parc de panneaux photovoltaïques est prévu sur 50 hectares [à ce jour, on recense des projets connus sur plus de 600 ha de terres agricoles sur le département du Gers et ce n’est pas fini]. Alors que le Gers a une valeur (paysages, gastronomie), on est en train de le détruire : les AMT demandent un moratoire. Par ailleurs, sont prévus dans le Gers, un centre de tri des déchets à Masseube, et un parc photovoltaïque à Haget, tous deux vivement contestés.
Les gros de l’agro{{}}
Sylvie Colas, paysanne installée en polyculture-élevage, porte-parole de la Confédération Paysanne du Gers, secrétaire nationale de la Conf’, considère qu’être paysan ce n’est pas se plier aux industriels qui visent non pas la qualité mais la quantité et le profit : pour eux, tous les coups sont permis. Ils accaparent le foncier et, malheureusement, ils trouvent des agriculteurs pour se compromettre, tandis que des petits paysans finissent avec des pensions de retraite misérables. La Bretagne vit sous la pression des gros de l’agriculture industrielle (cf. le livre de Nicolas Legendre, Silence dans les champs). Aujourd’hui, les artisans n’ont plus le droit de s’installer n’importe où mais pour les méthaniseurs, pas de restrictions, sous prétexte que cela relève du statut agricole. Il y a eu deux accidents dans le Gers, dont un en janvier : un hangar stockant du maïs broyé pour la méthanisation a brûlé. C’est très dangereux et les pompiers ne sont ni préparés ni équipés pour ce type d’incendie. Un jour, il pourrait y avoir en France un accident mortel. Des maires s’inquiètent car des administrés leur demandent des comptes. Des dissensions éclatent dans les villages à propos des projets d’installation.
Sur l’exploitation de M. Rousseau, le patron de la FNSEA, il a été constaté 18 anomalies. Aujourd’hui, pour la moindre petite véranda, il faut effectuer une déclaration compliquée, mais une installation inesthétique de méthaniseur ne pose aucun problème. C’est le deux poids deux mesures qu’on retrouve aussi dans le traitement politique et policier des manifestations. On a vu qu’avoir de gros tracteurs facilite la réception par le ministre, alors que, pour un seul communiqué, la Confédération se fait incendier par le gouvernement.
Elle rappelle les combats anciens menés dans le Gers (sur les OGM il y a 20 ans, lutte qui rassembla un soir 1000 personnes, les mobilisations contre les méga-fermes de poulets comme à Lannepax). Elle parle de « force et de fidélité », et aussi de fractures entre agriculteurs : des installations de production de méthane prévoient 1000 hectares. Les citoyens ne veulent pas payer le bio, trop cher, on les comprend car ils ont déjà payé pour financer le modèle de l’agriculture industrielle qui détruit la santé, les retraites, les écoles communales. Question politique par excellence. Le premier ministre, Gabriel Attal, a déclaré la guerre à l’agriculture paysanne en baissant les normes. Pour les rapprocher de l’Espagne et niveler dans le sens du poil (suppression des taxes sur la pollution des méthaniseurs). Attal propose une agriculture d’il y a 40 ans, et autorise l’étiquetage de la viande de synthèse (c’est déjà le cas en volailles, bientôt en bovins). Quant à la réforme de France Travail, Sylvie annonce que des agriculteurs au RSA ont reçu leur première lettre leur demandant d’effectuer 15 heures au service de la collectivité alors qu’ils ont leurs champs à semer, leur jardin à cultiver.
Sylvie Colas remercie Fabienne Lasportes pour son engagement contre les méthaniseurs. Elle regrette que GRDF et la Chambre d’agriculture invitée n’étaient pas là. Ces interventions sont suivies d’une discussion avec Alain Duffourg, sénateur Union centriste, qui confie qu’il n’est favorable ni aux parcs photovoltaïques ni aux gros méthaniseurs.
M’inspirant de propos tenus par Noémie Calais, éleveuse de porcs noirs bio dans le Gers, co-autrice de Plutôt nourrir, je crois que l’on peut poser ainsi la question : qu’est-ce qui est moderne aujourd’hui ? Monter des structures type mégaméthaniseurs qui vont enfermer les agriculteurs dans des systèmes de production intensifs pour les années à venir, en les rendant dépendants et fragiles face aux aléas climatiques qui ne vont faire que s’aggraver ? Ou bosser tous ensemble à la résilience de nos territoires, en favorisant l’agriculture nourricière, en installant des paysans nombreux, en favorisant les interactions sol-végétaux-animaux ?
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Illustration 16
. Collectif National Vigilance Méthanisation canal historique : site ici et page Facebook ici. Définition de la méthanisation. Observations sur la méthanisation en général.
. Facebook ABIVIA : ici.
. La méthanisation est-elle compatible avec l’agriculture paysanne ?, par la Confédération Paysanne (4 pages).
. Voir la série d’articles sur Médiapart La méthanisation agricole, un or vert pas si vertueux (septembre 2022).
. La méthanisation, stade suprême de l’agriculture industrielle, par Claire Lecoeuvre, dans Le Monde diplomatique de décembre 2022 : description sur deux pages de l’évolution du phénomène accélérée par la rupture des approvisionnements en gaz provenant de Russie. Entre les prévisions de production citées et ce que j’évoque dans cet article, on mesure à quelle vitesse elles évoluent. Claire Lecoeuvre décrit comment le dispositif de l’Etat tend à privilégier les grosses installations. Elle évoque les substrats non agricoles accentuant le danger des digestats. Elle critique une agriculture industrielle qui pour se sauver se livre à une industrialisation pire encore, avec dommages sur l’environnement. Elle décrit des petites installations (plus précisément en Occitanie, comme en Ariège, avec méthaniseur en voie séche et discontinue).
. Voir site de Picojoule, installé à Ramonville Saint-Agne (31), qui propose une petite micro-méthanisation.
. Non à la méthanisation collective dans la vallée d’Osse et du Lizet (Gers), film proposé par l’association ABIVIA Gers, membre du Collectif national de vigilance méthanisation canal historique, réalisé par Laurent Lainé, avec la voix de Jean Fornerod (4mn54).
Non à la méthanisation collective dans la vallée de l’Osse et du Lizet (Gers) © Laurent Lainé
Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et là. ’Chroniqueur militant’. Et bilan au n° 700 et au n° 600.
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Le biogaz à l’honneur à l’Expo Universelle d’Osaka au Japon - 10/05/2025 - La rédaction document ‘gaz-mobilite.fr’ Energie
Le biogaz à l’honneur à l’Expo Universelle d’Osaka
Evènement - Journée poids lourds BioGNV
https://www.gaz-mobilite.fr/img/agenda/20250325160709.jpg
Le 15 mai 2025 sur le circuit de Dreux, dans l’Ouest Parisien, GRDF et ses partenaires vous invitent à une journée consacrée aux poids lourds BioGNV.
Un évènement associant ateliers thématiques, networking et essais dynamiques sur piste.
Le Japon présente à l’Exposition universelle d’Osaka 2025 un pavillon circulaire et autosuffisant, centré sur la durabilité, le réemploi et les énergies renouvelables. {{}}
Une architecture inspirée du vivant{{}}
Le Japon dévoile une vision inédite de son pavillon pour l’Exposition universelle d’Osaka 2025 (13.04 – 13.10.25)=. Imaginée par l’agence Nikken Sekkei et le designer Oki Sato, la structure est pensée comme un organisme vivant, en constante transformation.
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Prenant la forme d’un anneau monumental, le bâtiment est composé de bois lamellé-croisé empilé en strates semi-transparentes.
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« Notre objectif était de créer un pavillon véritablement vivant, qui incarne la circulation et le renouvellement de manière tangible », explique Oki Sato.
L’économie circulaire au cœur du projet{{}}
Le pavillon met en scène une économie circulaire à travers différents éléments : eau, énergie, matières organiques et algues. Ces ressources sont réutilisées sous diverses formes, parfois surprenantes. Les algues, par exemple, sont intégrées dans le mobilier, les œuvres exposées ou les produits alimentaires présentés.
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Une installation met en lumière le processus de méthanisation. Les déchets alimentaires produits sur le site de l’Expo — environ une tonne par jour — seront collectés par des camions électriques, puis transformés en biogaz directement dans le pavillon. Ce gaz servira à alimenter une partie du bâtiment.
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Une vie après l’exposition
Conçu dès l’origine comme une structure temporaire réutilisable, le pavillon pourra être démonté à la fin de l’événement. Ses panneaux modulaires seront redistribués pour de futurs projets architecturaux à travers le Japon.
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Source : https://www.gaz-mobilite.fr/actus/biogaz-honneur-expo-universelle-osaka-4168.html
Biogaz : la France en produit plus malgré un ralentissement des nouvelles installations - Par Ugo PETRUZZI - Publié le 18 avril 2025 – Document ‘revolution-energetique.com’ Biomasse
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https://cdn.revolution-energetique.com/cdn-cgi/image/width=3840/https:/cdn.revolution-energetique.com/uploads/2025/04/methaniseur-getty-modif-par-re.jpgIllustration : Getty, modifiée par RE.
Alors que les nouvelles installations de biogaz ralentissent, la production de biométhane injecté en France a pourtant enregistré une hausse de 27 % en 2024, relève le lobby du gaz.
D’après le 10ᵉ panorama des gaz renouvelables, publié début avril par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), GRDF, Gaz et Territoires, Teréga et Natran, 11,6 térawattheures (TWh) ont été injectés dans les réseaux, contre 9,1 TWh en 2023. Ce volume représente 3,2 % de la consommation nationale de gaz naturel, l’équivalent énergétique de 756 000 foyers ou 40 000 camions et bus roulant au biogaz.
Cette progression s’explique par la montée en puissance des unités produisant déjà du biogaz, plutôt que par l’arrivée de nouveaux sites. Seules 79 nouvelles installations ont été mises en service en 2024, contre 139 en 2023, 149 en 2022 et 151 en 2021. Le niveau d’installation de nouveaux sites producteurs est similaire à celui de 2019. Le parc total atteint 731 sites en service, tous alimentés par des biodéchets agricoles, agroalimentaires, ménagers ou issus de stations d’épuration.
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Un appel à maintenir les subventions pour les petits projets{{}}
Le ralentissement vient de plusieurs facteurs : la révision à la baisse des tarifs d’achat en 2020, les crises, sanitaire et énergétique successives, mais aussi les contraintes réglementaires, comme la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) qui freine, selon le lobby, le développement de nouvelles installations en zone rurale ou périurbaine.
Dans ce rapport, le lobby du biogaz, secteur qui emploie environ 7 500 personnes, alerte sur la nécessité de maintenir un soutien public notamment pour les petits projets de moins de 25 GWh/an afin de mailler finement le territoire. Elle propose également de mettre en place des aides directes à la consommation de gaz renouvelable pour stimuler la demande, dans un contexte de prix du gaz fluctuant et encore peu favorable au biométhane.
Côté objectifs, la prudence est de mise{{}}
Côté perspectives, les professionnels saluent l’objectif intermédiaire de 44 térawattheures (TWh) d’ici 2030 inscrit dans la future PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) actuellement en discussion au Parlement. Mais ces derniers trouvent que le cap de 79 TWh pour 2035 « manque clairement d’ambition », auprès de l’AFP.
Autre point de vigilance : l’oubli persistant des technologies complémentaires comme la pyrogazéification ou la méthanation qui permettent de valoriser d’autres types de déchets ou de coupler la production de gaz renouvelable à l’hydrogène et à la capture de CO₂.
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France - Le soutien au développement du biogaz d’après la Cour des comptes - 06 mars 2025{{}}
Alors que la France s’est fixée l’objectif de ne plus recourir au gaz naturel fossile en 2050, le biogaz constitue un levier majeur pour permettre cette transition. De plus, la crise des prix de l’énergie de 2021 à 2023 a mis en évidence l’intérêt du biogaz pour la sécurité d’approvisionnement en énergie.
Le biogaz est un mélange gazeux composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone produit grâce à la méthanisation (fermentation de matières et déchets organiques). Il permet la production d’électricité, de chaleur et, lorsqu’il est épuré, de biométhane injecté dans le réseau de gaz naturel.
Enfin, outre le biogaz, la méthanisation produit une matière, le digestat, qui peut servir de fertilisant agricole et se substituer aux engrais minéraux produits à partir d’énergie fossile. Les politiques publiques menées jusqu’à aujourd’hui ont permis, au moyen d’importants fonds publics, le développement de cette énergie renouvelable.
Fin 2023, la France comptait 1 911 unités de méthanisation, principalement agricoles et de petite ou moyenne taille, délivrant une production totale d’énergie de près de 12 TWh de gaz et d’électricité (hors production de chaleur).
La France s’est fixée l’objectif de quadrupler la production de biogaz d’ici à 2030 (50 TWh), selon le projet de prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie. Eu égard à cette ambition, la politique publique de soutien au biogaz fait désormais face à de nombreux défis : maîtriser la dépense publique et le prix pour le consommateur, garantir la disponibilité de la biomasse nécessaire à la production de biogaz et permettre un partage équilibré avec le monde agricole de la valeur issue de la production.
Rapport Lire le document (PDF - 8 MB)
Synthèse Lire le document {{}}
| Communiqué | Lire le document (PDF - 234 Ko) |
Source : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-soutien-au-developpement-du-biogaz
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