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"Les « couleurs » de l’hydrogène : un discours trompeur pour la transition énergétique (Aurore Richel) - Les raisons qui poussent l’Europe à miser sur l’hydrogène pour respecter son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050" par Jacques Hallard

samedi 26 avril 2025, par Hallard Jacques


ISIAS Energies Hydrogène

Les « couleurs » de l’hydrogène : un discours trompeur pour la transition énergétique (Aurore Richel) - Les raisons qui poussent l’Europe à miser sur l’hydrogène pour respecter son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 26/04/2025

Série ‘Filières à hydrogène ‘bas carbone’ Partie 1

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

https://www.innovation24.news/wp-content/uploads/2025/02/shutterstock_1937922025-Converti.jpg

Rappel : distinguer les couleurs de l’hydrogène [le blanc est à ajouter]

Hydrogène naturel en Bretagne : des résultats « intéressants » présentés à un congrès mondial | Le Télégramme

Photo / Hydrogène naturel en Bretagne : des résultats « intéressants » présentés à un congrès mondial - Article réservé aux abonnés ‘Le Télégramme’ - Par Frédéric Jacq - Le 25 octobre 2024 à 06h03 – « La Bretagne regorge-t-elle d’hydrogène naturel dans son sous-sol ? Le projet H2-Brit, financé par la Région Bretagne, a livré ses premières conclusions présentées les 25 et 26 novembre 2024 lors du congrès mondial du secteur, à Paris… » Source {{}}


Préambule

Ce dossier – réalisé à des fins didactiques - rouvre le sujet de l’hydrogène envisagé ici sous l’angle de l’hydrogène bas carbone qui est, en France, actuellement produit par électrolyse de l’eau à partir de l’électricité issue du réseau électrique français qui comporte une part importante d’électricité nucléaire…

On peut consulter utilement au préalable les articles étiquetés ‘Hydrogène’ et mis en ligne antérieurement sur ISIAS – Ils sont à retrouver à partir d’ici < https://isias.info/spip.php?article1931

Qu’est-ce que la neutralité carbone ? La neutralité carbone ne veut pas dire la suppression des émissions de gaz à effet de serre. Selon la définition du Parlement Européen, la neutralité carbone, c’est ’l’équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone’.

Un puits de carbone ou puits CO₂ désigne le processus qui extrait certains des gaz à effet de serre (CO₂) de l’atmosphère, soit en les détruisant par des procédés chimiques, soit en les stockant sous une autre forme. Exemple : le dioxyde de carbone est souvent stocké dans l’eau des océans, les végétaux ou les sous-sols. Les forêts et les océans absorbent environ la moitié des émissions de carbone. Les océans constituent même un stockage durable pour ce carbone : en effet, tout excès de CO2 qui s’y dissous est entraîné depuis la surface vers les eaux profondes. Les modèles numériques annoncent qu’il peut y être immobilisé pendant plusieurs siècles. Au contraire, les forêts rejettent dans l’atmosphère le CO2 qu’elles ont absorbé (photosynthèse) beaucoup plus rapidement : entre 20 et 80 ans selon qu’il s’agit de forêts tempérées, tropicales ou boréales… - Source – Autres sources :

Puits de carbone : définition, fonctionnement et exemples carbo https://www.hellocarbo.com › blog › compenser › puits... - 29 avril 2024 — On appelle puits de carbone, les réservoirs qui captent et stockent le CO2 de l’atmosphère. Ces réservoirs peuvent être naturels ou artificiels… - .

Puits de carbone : définition, fonctionnement, enjeux – Youmatter youmatter.world https://youmatter.world › Home › Définitions - 20 mars 2023 — Un puits de carbone est un mécanisme naturel ou artificiel qui absorbe et stocke le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère ...

Que signifie atteindre la neutralité carbone en 2050 ? - Il s’agit de viser l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et ce que notre territoire est capable d’absorber via les écosystèmes gérés par l’être humain (forêts, prairies, sols agricoles, zones humides…). Pour plus d’information, se reporter à cette étude :

Qu’est-ce que la neutralité carbone et comment l’atteindre d’ici 2050 ? - En vertu de la loi européenne sur le climat, l’Union européenne s’engage à adopter la neutralité carbone d’ici 2050– Voir les détails dans cette étude <

Qu’est-ce que la neutralité carbone et comment l’atteindre d’ici 2050 ? - En vertu de la loi européenne sur le climat, l’Union européenne s’engage à adopter la neutralité carbone d’ici 2050. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? - Date de publication : 03-10-2019 Date de dernière mise à jour : 13-04-2023 - 14:41 – Source : https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20190926STO62270/qu-est-ce-que-la-neutralite-carbone-et-comment-l-atteindre-d-ici-2050

Aurore Richel, née à Liège le 25 juillet 1977, est un docteur en sciences chimiques belge, spécialisée dans la chimie verte et des ressources renouvelables. Elle est professeur ordinaire à l’Université de Liège où elle dirige le Laboratoire de Biomasse et Technologies Vertes… - Wikipédia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Aurore_Richel.jpg/330px-Aurore_Richel.jpgProfesseure d’université à Liège Belgique

Le tableau ci-après synthétise les couleurs données aux différentes formes production de l’hydrogène [traité dans ce dossier]

https://www.innovation24.news/wp-content/uploads/2025/02/Capture-decran-2025-02-05-a-23.50.23-990x702.png

Lorsque l’on parle d’hydrogène, on associe souvent la molécule à une couleur, alors que celle-ci est incolore dans la nature. Cette couleur correspond en fait à la fois au mode de production de la molécule, mais aussi à l’énergie primaire utilisée par ce mode de production. Ces deux éléments déterminent l’empreinte carbone de la molécule produite et la couleur que l’on attribue alors à l’hydrogène.

Le tableau ci-dessus synthétise ainsi les couleurs de l’hydrogène. Pour le mettre à jour, il serait nécessaire d’ajouter un process dans l’hydrogène vert (à côté de la thermolyse de la biomasse), celle de la technologie « biologique », pour inclure les nouveaux process de production d’hydrogène très bas carbone à partir de bactéries.

Pour le reste, on constate que la production par électrolyse peut être verte, rose ou jaune… selon la source de production de l’électricité utilisée pour produire l’hydrogène. Jaune pour le réseau électrique français ; gris ou noir pour l’allemand (centrale charbon, et à gaz). Enfin, l’hydrogène bleu correspond à une production d’hydrogène gris, mais avec un captage du CO2 qui de ce fait diminue l’empreinte carbone.

Il serait cependant intéressant de placer la couleur de l’hydrogène plus largement dans un contexte d’économie circulaire en analysant un cycle de vie plus large de la production à l’usage, y compris l’usage des sous-produits….

Définitions proposées par ‘ChatGPT’ :

🔹 Hydrogène vert

« L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité issue de sources d’énergie renouvelable (comme le solaire, l’éolien ou l’hydroélectricité). Ce procédé ne génère pas d’émissions de CO₂, ce qui en fait un vecteur énergétique propre et durable. Il est considéré comme un pilier de la transition énergétique vers une économie décarbonée ».

🔹 Hydrogène blanc

« L’hydrogène blanc est un hydrogène d’origine naturelle, présent dans la croûte terrestre. Il est généré par des processus géologiques spontanés, comme l’oxydation de roches ferreuses (ex. : la serpentinisation) ou la radioactivité naturelle. Contrairement aux autres formes d’hydrogène, il n’a pas besoin d’être fabriqué : il peut être extrait directement du sous-sol, ce qui suscite un fort intérêt en raison de son potentiel à faibles émissions et de son abondance possible encore mal connue ».

Comment est produit l’hydrogène blanc ? - Contrairement à l’hydrogène gris, produit à partir de combustibles fossiles (gaz naturel), ou à l’hydrogène vert, obtenu par électrolyse de l’eau avec des énergies renouvelables, l’hydrogène blanc est extrait directement du sol sous sa forme moléculaire H2, éliminant ainsi la nécessité de techniques de transformation ... 08 novembre 2023

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Introduction

Ce dossier est la 1ère Partie d’une série intitulée ‘Filières à hydrogène ‘bas carbone’

Il est proposé ici 3 rétrospectives sur ce sujet et 2 rappels :

* Un débat : l’hydrogène produit par les seules renouvelables ? Ni possible, ni durable

*Une étude : « L’économie de l’hydrogène, ou quand le rêve de Jules Verne se confronte aux réalités industrielles »…

* Le document d’Aurore Richel intitulé « Les « couleurs » de l’hydrogène, un discours trompeur pour la transition énergétique » - Titre emprunté pour ce dossier… (Document ‘theconversation.com’ )

* Une extension des définitions et des informations d’après une requête de ‘ChatGPT’ du 24 avril 2025

* Une synthèse des points de vue critiques émis par Jean-Marc Jancovici et d’autres experts ou institutions concernant l’hydrogène vert et l’hydrogène blanc, en date du 24 avril 2025 (selon ‘ChatGPT’)

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • Rétrospective - Pour une approche « colorblind » de l’hydrogène - Tribune signée par Maxime Sagot, de France Hydrogène. Publié le 17.06.2022 - Par Maxime Sagot – [« colorblind » = sans préjugé ?] - Actualités Électricité Environnement-
    Hydrogène vert, bleu, jaune ou gris, le paysage de l’hydrogène apparait à première vue très coloré. A l’heure où des politiques ambitieuses sont encouragées à Paris comme à Bruxelles, on adopte plus volontiers une approche « colorblind » pour parler d’hydrogène renouvelable et d’hydrogène bas-carbone. {{}}

Petit tour d’horizon de cet arc-en-ciel de l’hydrogène.{{}}

Dans le monde, près de 90 millions de tonnes d’hydrogène sont aujourd’hui produites et consommées, principalement par des raffineries, l’industrie des engrais (ammoniac) et la chimie. En quasi-totalité, cet hydrogène conventionnel est produit à partir d’énergies fossiles. Il est dit noir ou marron lorsqu’il est issu de la gazéification du charbon (houille ou lignite). C’est le cas en Australie ou en Chine, qui produit jusqu’à 33 millions de tonnes d’hydrogène carboné. L’hydrogène gris est lui produit par vaporeformage du gaz naturel, comme en France où environ 800 000 tonnes/an sont consommées. Sa production est particulièrement émettrice de gaz à effet de serre : plus de 20 kgCO2eq/kgH2 produit pour de l’hydrogène noir ou marron et 11 kgCO2eq/kgH2 pour l’hydrogène gris.

En France, la production d’hydrogène émet ainsi près de 10 Mt de CO2 par an, soit près de 3 % des émissions nationales. A l’heure où l’AIE, l’IRENA et plus d’une quarantaine de pays dans le monde s’intéressent au développement de cette molécule pour la transition énergétique, l’enjeu est de substituer l’hydrogène marron ou gris par d’autres formes d’hydrogène. L’hydrogène peut ainsi non seulement servir à décarboner les secteurs industriels où il est déjà consommé comme matière première, mais aussi être un candidat pour de nouveaux usages dans la sidérurgie par exemple, en remplacement du charbon (procédé de réduction directe du minerai de fer, DRI), ou encore dans les transports où il peut alimenter et décarboner des modes de transports routiers, ferroviaires, maritimes, fluviaux et aériens, soit directement, soit sous la forme de dérivés (ammoniac, méthanol, carburants de synthèse).

L’hydrogène bas-carbone, pilier de la transition énergétique{{}}

Connue de longue date, l’électrolyse de l’eau est la principale technologie de production décarbonée d’hydrogène en développement partout dans le monde. Matures techniquement, diverses technologies, comme les électrolyseurs alcalins ou PEM, sont prêtes au déploiement, malgré des coûts encore onéreux. L’hydrogène produit par électrolyse était, avant la crise de l’énergie, trois à quatre fois plus cher que l’hydrogène gris. Ce procédé totalement décarboné ne consomme que de l’électricité et de l’eau, et ne rejette que de l’hydrogène et de l’oxygène. Si l’électrolyseur est alimenté en électricité générée par du solaire, de l’éolien, ou de l’hydraulique, « l’hydrogène vert » qui en résulte est alors considéré comme renouvelable. Pour être qualifié de tel selon l’UE, son bilan carbone devra se situer en deçà de 3,38 kgCO2eq/kgH2, soit une réduction de 70% des émissions par rapport à l’hydrogène gris. Plus généralement, l’hydrogène est dit vert lorsqu’il est issu de sources renouvelables, y compris grâce à d’autres procédés utilisant de la biomasse ou du biogaz.

La crise énergétique amplifiée par le conflit russo-ukrainien change la donne pour le monde de l’énergie. L’augmentation du prix du gaz naturel laisse entrevoir une meilleure compétitivité de l’hydrogène renouvelable, plus rapidement atteignable. C’est pourquoi l’Europe s’est fixée l’objectif ambitieux de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable à 2030 dans son nouveau plan RePowerEU de sorties des hydrocarbures russes.

Une telle ambition nécessite des investissements massifs dans des capacités renouvelables additionnelles : jusqu’à + 300 GW de solaire ou + 135 GW d’éolien offshore si cet effort devait reposer sur une filière uniquement. Pour alléger cette pression, d’autres formes d’hydrogène doivent pouvoir être encouragées. L’hydrogène rose est produit en alimentant un électrolyseur par de l’électricité nucléaire, tandis qu’il devient jaune lorsqu’il s’approvisionne en électricité de réseaux électriques abondamment déjà décarbonés comme en Norvège, en Suède, ou en France, qui combine nucléaire et EnR. S’il n’est pas « vert », cet hydrogène bas-carbone répond à des exigences de décarbonation similaires. A Bruxelles, la taxonomie européenne des activités durables définit un seuil de 3,0 kgCO2eq/kgH2 pour guider les investisseurs privés.

Capture, séquestration ou valorisation du CO2 dans la production d’hydrogène{{}}

Les techniques de capture, séquestration ou valorisation du CO2 (CCUS) constituent une autre grande voie pour décarboner la production actuelle d’hydrogène. L’hydrogène bleu est produit à partir d’énergies fossiles mais en captant les émissions de CO2 qui en résultent, avant de les séquestrer ensuite sous terre ou de les valoriser dans l’industrie, pour produire des carburants de synthèse par exemple. L’avantage est que les équipements de CCUS peuvent être installés sur les installations existantes. Mais les performances réelles de décarbonation de l’hydrogène bleu font l’objet d’un intense débat de la communauté scientifique. Comme l’explique l’ADEME, dans une publication récente, les émissions fugitives le long des chaines d’approvisionnement en gaz naturel ou encore les différents procédés de CCUS sont des variables importantes qui peuvent alourdir le bilan carbone de l’hydrogène bleu.

Ce panel ne serait pas complet sans évoquer encore l’hydrogène turquoise. Produit par la pyrolyse du méthane, ce procédé fournit un co-produit de carbone solide, valorisable dans l’industrie. Prometteuse, la technologie n’est toutefois aujourd’hui pas encore suffisamment mature. Enfin, l’hydrogène natif, présent à l’état naturel sous forme gazeuse dans des couches géologiques, est quant à lui dit blanc et constitue une dernière voie en cours d’exploration un peu partout dans le monde comme au Mali, où un puits d’hydrogène blanc est déjà exploité au village de Bourakébougou.

capture, séquestration ou valorisation du CO2

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Source : https://www.lemondedelenergie.com/pour-approche-colorblind-hydrogene-soutenons-formes-renouvelables-bas-carbone/2022/06/17/ Bas du formulaire

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  • Rétrospective - Un article de contribution à la réflexion sur les Energies – « Vous avez dit hydrogène ? » - Publié le 25 mai 2023 - Lavictoire - 10 avril 2023 – Publié par ‘cade-environnement.org’
    Un soudain engouement européen pour l’hydrogène oblige à essayer de clarifier l’actualité de cet élément promu maintenant par les médias comme la 7ème merveille de notre avenir.

L’hydrogène premier élément de la classification de Mendeleïev est très abondant sur terre, sous forme atomique (eau, hydrocarbures, …) mais rare à l’état naturel sous forme moléculaire.

Il est surtout le seul combustible non carboné, donc non producteur de CO2 au cours de sa combustion et donc susceptible de participer aux objectifs mondiaux de réduction des gaz à effet de serre parmi lesquels la principale cible est la réduction du dioxyde de carbone CO2.

1. Engouement européen{{}}

En mars 2020 la Commission européenne définissait une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe (comprenons l’Union européenne)[1] dont un des fondamentaux consistait à « Soutenir l’industrie sur la voie de la neutralité climatique » et affirmait que la réduction des émissions dans l’industrie dépendrait d’un principe de primauté de l’efficacité énergétique, primauté qui nécessiterait une approche plus stratégique à l’égard des industries des énergies renouvelables.

Très rapidement à la suite de l’annonce de cette nouvelle stratégie industrielle de l’Europe la Commission européenne énonçait sa vision pour un hydrogène propre, et définissait sa stratégie de l’hydrogène pour une Europe climatiquement neutre [2], l’hydrogène étant considéré par la Commission européenne comme pouvant servir de matière première, de carburant, de vecteur énergétique et de solution de stockage, son utilisation ne causant pas d’émissions de CO2 et pratiquement pas de pollution atmosphérique.

Ce document essaie de synthétiser les raisons qui poussent l’Europe à miser sur l’hydrogène pour respecter son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050.{{}}

La France, en bon élève européen, suit le mouvement en semblant oublier que l’utilisation industrielle de l’H2, en France, date de plus de 50 ans mais commence tout d’abord par rappeler les tous premiers éléments qui peuvent appuyer cette décision.

2. Quelques rappels concernant l’H2{{}}

2.1 Caractéristiques générales de l’hydrogène [3]

Il est inodore, ce qui est un facteur de risque, sa flamme est incolore, ce qui présente un inconvénient (invisible donc non détectable visuellement) et un avantage (la chaleur ne rayonne pas, donc a moins de risque d’enflammer d’autres objets ou surface à proximité).

Il n’est pas toxique.

L’H2 présente certaines caractéristiques qui induisent des risques spécifiques en matière de sécurité́.

Gaz inflammable [4] et très léger, il a une diffusivité́ élevée et sa gestion oblige à tenir compte de risques de fuites.

Il peut fragiliser certains matériaux métalliques ce qui rend son stockage particulier.

2.2 · Comparaison énergétique de différentes sources d’énergie

Il semble intéressant les caractéristiques calorifiques qui militent en faveur de l’hydrogène comme source particulièrement énergétique, en comparaison des sources habituelles.

Ces premières caractéristiques énergétiques permettent de comprendre l’intérêt de l’hydrogène mais également les risques associés.{{}}

3. Les différentes sources de production de l’hydrogène [5]{{}}

3.1 Qu’est-ce que l’hydrogène ?

Comme l’électricité, l’hydrogène est principalement un vecteur énergétique et non une énergie en tant que telle, car il est produit au moyen d’une réaction chimique à partir d’une ressource primaire.

Actuellement, pour des raisons économiques, l’hydrogène est issu à 95 % de la transformation d’énergies fossiles, dont pour près de la moitié à partir du gaz naturel.

3.2 Où se trouve l’hydrogène ?

Les ressources principales permettant de produire le dihydrogène H2 (que l’on appelle hydrogène par abus de langage) sont l’eau et les hydrocarbures (le charbon, le pétrole ou le gaz).

En effet, chaque molécule d’eau est le fruit de la combinaison entre un atome d’oxygène et deux atomes d’hydrogène, suivant la formule H2O.

Les hydrocarbures sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène. C’est par exemple le cas du méthane, constituant principal du gaz naturel dont la formule est CH4, l’une des combinaisons les plus simples pour les hydrocarbures.

L’hydrogène existe aussi à l’état naturel. Les premières sources naturelles d’hydrogène ont été découvertes au fond des mers dans les années 70 et plus récemment à terre.

3.3 Comment produit-on de l’hydrogène ?

Les principales techniques de production existantes sont les suivantes :{{}}

 le reformage du gaz naturel à la vapeur d’eau est la technique la plus répandue. Il s’agit de faire réagir du méthane avec de l’eau pour obtenir un mélange contenant de l’hydrogène et du CO2. Le CO2 émis par ce procédé pourrait éventuellement être capté et stocké pour produire un hydrogène décarboné. En lieu et place du gaz naturel, l’utilisation du biométhane (méthane issu de la fermentation de la biomasse) constitue aussi une solution pour produire un hydrogène décarboné ;

 l’hydrogène peut aussi être produit à partir d’eau et d’électricité, c’est l’électrolyse de l’eau. L’électrolyseur sépare une molécule d’eau en hydrogène et en oxygène. Cette voie est encore peu répandue car nettement plus coûteuse (2 à 3 fois plus chère que le reformage du gaz naturel) et réservée aujourd’hui à des usages spécifiques, comme l’électronique, qui requièrent un niveau élevé de pureté ;

 la gazéification permet de produire, par combustion, un mélange de CO et d’H2 à partir de charbon (solution qui émet beaucoup de CO2) ou de biomasse.

4. Les couleurs actuelles de l’hydrogène{{}}

Rare à l’état naturel une qualification de cet H2 a été adoptée en fonction l’énergie primaire utilisée pour l’obtenir et de l’empreinte carbone du procédé d’obtention.

Mais il faut également ajouter l’H2 blanc ou naturel qui est issu de l’oxydoréduction de métaux contenant du fer au niveau hydrothermal ou de la rupture des molécules d’eau provoquée par un rayonnement ionisant et libération des gaz contenus dans le manteau terrestre.

C’est également le cas de l’H2 quand une eau à forte teneur de plutonium ou d’uranium subit une radiolyse.

5. Pourquoi l’H2{{}}

Les deux principales raisons pour lesquelles l’H2 semble intéresser notre avenir sont les suivantes.

L’hydrogène est un moyen efficace pour stocker massivement et sur de longues durées, l’électricité, issue des sources intermittentes (éolien, solaire par exemple) qui ne pourrait pas être immédiatement consommée en la transformant en H2, stockable dans des cavités salines (par exemple) ou dans des tanks pour être ultérieurement générateur d’énergie.

Ce principe est largement développé dans un concept P2G (Power to gaz) développé par exemple par GRDF [6] .L’H2 peut également être utilisé avec une pile à combustible dans laquelle, couplé avec un apport d’air, il y a production d’électricité.

Cela intéresse donc tout le domaine de la mobilité légère (flottes d’utilitaires électriques) et lourde (poids lourds, trains, bateaux, avions, …) selon la taille de la pile à combustible.

Il est clair que ce domaine renforce la tendance forte à recourir à la traction électrique actuelle [7].

6. Rendement global de la filière H2{{}}

Il ne faut cependant pas oublier que l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur énergétique implique plusieurs étapes :

sa production de l’hydrogène,

son stockage,

son transport,

sa distribution,

et la reconversion de l’H2 stocké en électricité.

Ainsi le rendement global de la filière dépend certes du procédé de fabrication mais son transport jusqu’au lieu d’utilisation, au sein d’un réseau de distribution non encore défini participe aux facteurs importants dans le rendement global de cette source d’énergie.

Le rendement énergétique global, « power to H2 to power », de la source d’électricité à la roue d’un véhicule hydrogène par exemple, est de l’ordre de 25 à 30 %.

En ce qui concerne les besoins en infrastructures de transport de l’hydrogène, ils resteront limités car la demande sera initialement satisfaite par l’hydrogène produit à proximité ou sur site.

Dans certaines régions, une injection dans les réseaux de gaz naturel est possible, mais il y a lieu de commencer à planifier des infrastructures de transport pour des distances moyennes avant de penser à considérer l’H2 comme la source unique des mobilités, légères et lourdes.

7. Les objectifs européens à 2030 et 2050{{}}

L’Union européenne (UE) a décidé de développer une puissance de 6 GW d’électrolyseurs de H2 renouvelable en 2024 pour produire 1 million de tonnes de H2 qui seront, à la demande, générer une électricité « décarbonée ».

Pour 2030 l’UE prévoit une puissance 40 GW en Europe et 40 GW au voisinage de l’Europe de manière à pouvoir assurer une production de 10 millions de tonnes de H2 renouvelable dans des conditions compétitives et fluides.

L’H2 doit ainsi représenter 13-14% du bouquet énergétique européen en 2050

La priorité pour l’UE est le développement de l’hydrogène renouvelable, produit par électrolyseurs, alimentés par énergie éolienne et solaire, cet H2 étant alors une source de stockage d’électricité bas carbone totalement renouvelable.

8. Que dit la France{{}}

8.1 Stratégie

En 2020 le Ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance et la Ministre de la Transition écologique, ont présenté la stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné [8], cela constituant un axe prioritaire d’investissement pour la France, compte tenu :

des enjeux environnementaux : l’H2 est pourvoyeur de nombreuses solutions pour décarboner l’industrie et les transports ;

des enjeux économiques : l’H2 offre l’opportunité de créer une filière et un écosystème industriels créateurs d’emplois ;

des enjeux de souveraineté énergétique : pour réduire notre dépendance vis-à-vis des importations d’hydrocarbures ;

des enjeux d’indépendance technologique : pour valoriser les atouts dont dispose la France dans la compétition mondiale.

Comme on peut le voir il s’agit d’objectifs louables mais les sujets du transport, du stockage et de la distribution de l’H2 n’y sont pas évoqués et le rendement de la chaine globale, comme indiqué dans le paragraphe 8 précédent est particulièrement impacté par ces sujets.

8.2 Objectifs 2030

Il semble que les objectifs de la France pour 2030 soient de déployer 6,5 GW d’électrolyseurs avec un objectif de production de 600 kilotonnes d’H2

9. La mobilité, principal champ de développement de l’usage de l’H2{{}}

Contributeur majeur à l’effet de serre, la mobilité est, sans conteste, après l’industrie lourde, le principal champ d’expérimentation des nouveaux usages de l’H2 qui y est cependant en concurrence avec d’autres sources d’énergies décarbonées dont les batteries [9].

10. Conclusion{{}}

La France était précurseur en matière de l’utilisation de l’H2 comme énergie de certaines mobilités (Air Liquide [10], Alstom [11] par exemple). Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de s’en faire un axe prioritaire ?

Mais le chemin est long avant de pouvoir disposer de l’H2 au coin de la rue pour recharger nos véhicules équipés de piles à combustible et avant que tous nos transports routiers et ferrés soient également mus de pareille manière.

Dans cet engouement ne sommes-nous pas en train de considérer que notre consommation énergétique redevient sans limite car la filière H2 envisagée par l’Europe est dépendante de sa production à base d’électricité et ce d’autant plus que le caractère intermittent de l’éolien voit, dans l’H2, son défaut disparaitre.

Lavictoire 10 avril 2023

Références :{{}}

[1] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52020DC0102&from=EN

[2] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52020DC0301&from=EN

[3] https://s3.production.france-hydrogene.org/uploads/sites/4/2018/02/1.2.pdf

[4] Sa « plage d’inflammabilité » ou « d’explosivité » dans l’air est beaucoup plus étendue que celle du méthane et d’autres gaz .

[5] https://s3.production.france-hydrogene.org/uploads/sites/4/2018/02/1.2.pdf

[6] https://librairie.ademe.fr/cadic/7514/resume_etude_powertogas_ademe-grdf-grtgaz.pdf

https://librairie.ademe.fr/cadic/7514/etude_powertogas_ademe-grdf-grtgaz.pdf

[7] https://www.pragma-industries.com/fr/

[8] https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=5C30E7B2-2092-4339-8B92-FE24984E8E42&filename=DP%20-%20Strat%C3%A9gie%20nationale%20pour%20le%20d%C3%A9veloppement%20de%20l%27hydrog%C3%A8ne%20d%C3%A9carbon%C3%A9%20en%20France.pdf

[9] https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/securite-hydrogene.pdf?v=1674552377 page 30

[10] https://www.airliquide.com/fr/groupe/activites/hydrogene

[11] https://www.alstom.com/press-releases-news/2022/10/growing-portfolio-hydrogen-traction-regional-trains

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Source : https://www.cade-environnement.org/2023/05/25/hydrogene-vous-avez-dit-hydrogene/

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  • Rétrospective - Point de vue de l’ADEME - Optez pour l’hydrogène renouvelable et bas carbone [non daté]
    Vecteur énergétique à fort potentiel, l’hydrogène ouvre la voie à de nombreuses possibilités pour décarboner les secteurs industriels et le transport.{{}}

Sommaire :

•Comprendre l’hydrogène renouvelable et bas carbone

•Défi de la production et de l’utilisation de l’hydrogène

•L’hydrogène dans l’industrie

•Les usages de l’hydrogène dans la mobilité lourde

•Les services ADEME en région

•Financer vos projets

•Retours d’expérience

•Les projets hydrogène en France

Comprendre l’hydrogène renouvelable et bas carbone{{}}

L’hydrogène ne constitue pas une énergie primaire au même titre que le vent, le charbon ou le pétrole. C’est un vecteur d’énergie comme l’électricité et pour le produire, il est nécessaire d’extraire les atomes d’hydrogène des ressources qui en contiennent (l’eau, les hydrocarbures, la biomasse). Ainsi, ce sont les procédés mis en œuvre pour l’extraction de l’hydrogène qui déterminent son empreinte environnementale.

  • L’hydrogène carboné (parfois appelé hydrogène gris) est fabriqué par vaporeformage de gaz naturel sans captage ni stockage du CO2 ou encore par électrolyse alimentée par une électricité carbonée. L’usage de l’hydrogène carboné est associé à d’importantes émissions de gaz à effet de serre en amont, accentuant ainsi le changement climatique.
  • L’hydrogène renouvelable (parfois appelé hydrogène vert) peut être produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité provenant de sources d’énergie renouvelable (solaire, éolienne, hydraulique…).
  • L’hydrogène bas carbone est, en France, actuellement produit par électrolyse de l’eau à partir de l’électricité issue du réseau électrique français qui comporte une part importante d’électricité nucléaire.
    L’hydrogène renouvelable et bas carbone offre la possibilité de décarboner certains secteurs pour lesquels la réduction des émissions de CO2 s’avère difficile : transport et mobilité lourde, chimie, raffinage ou sidérurgie. Cela est particulièrement vrai lorsque l’électrification directe des usages n’est pas possible.

La poursuite du développement des sources renouvelables électriques (éolien, photovoltaïque, hydraulique) permet de réduire le coût de production de l’hydrogène encore trop élevé. En parallèle, l’industrialisation de la fabrication des équipements favorise une baisse des coûts.

De l’hydrogène carboné à l’hydrogène renouvelable et bas carbone{{}}

L’hydrogène est historiquement utilisé dans l’industrie (raffinage, chimie). Il est produit à partir de ressources carbonées comme le gaz naturel. L’enjeu est de décarboner ces usages.

Schéma sur l’hydrogène produit à partir de ressources carbonées en France (transcription détaillée ci-dessous)Agrandir ce schéma

Dans une démarche de transition écologique, l’hydrogène renouvelable et bas carbone joue un rôle pour décarboner les usages dans le transport et l’industrie. Il est produit à partir d’électricité renouvelable et d’eau.

Schéma simplifié des étapes de fabrication de l’hydrogène (transcription détaillée ci-dessous)Agrandir ce schéma

Relever le défi de la production et de l’utilisation de l’hydrogène{{}}

Les principaux usages actuels de l’hydrogène sont :

  • le raffinage des carburants, pour leur désulfurisation
  • la production d’engrais azotés (l’hydrogène sert alors à synthétiser l’ammoniac)
    L’ensemble des usages industriels représentent environ 780 000 tonnes d’hydrogène par an et mobilisent essentiellement des ressources fossiles entraînant l’émission de 8,7 millions de tonnes de CO2 par an.

L’objectif est donc de développer l’utilisation de l’hydrogène renouvelable et bas carbone pour réduire l’impact environnemental de ces usages. Cette démarche s’appuie sur l’industrialisation et le déploiement de moyens de production par électrolyse.

Dans l’industrie, l’hydrogène renouvelable et bas carbone se présente également comme une solution de décarbonation de différents procédés : production d’acier, production de méthanol et fours à haute température (verrerie, tuiles et briques).

Les usages de l’hydrogène dans la mobilité lourde{{}}

La solution hydrogène renouvelable et bas carbone s’avère également pertinente lorsqu’elle est utilisée pour la mobilité lourde :{{}}

  • transport collectif de personnes : bus, autocars, trains et bateaux
  • transport de marchandises : camions, véhicules utilitaires et fret
    L’hydrogène répond aux besoins exigeants des véhicules lourds : poids, encombrement et temps de recharge. Les véhicules hydrogène répondent en partie aux évolutions réglementaires (ZFE, abandon des motorisations essence / diesel, etc.).

Produire de l’hydrogène par électrolyse{{}}

Produire de l’hydrogène par électrolyse consiste à dissocier les molécules d’eau (H2O) en dioxygène (O2) et dihydrogène (H2) grâce à un courant électrique. Les émissions de CO2 de la production d’hydrogène par électrolyse proviennent principalement de la production d’électricité en amont. Si l’électricité utilisée est d’origine renouvelable, l’hydrogène produit peut être qualifié de renouvelable.

En France, l’électrolyse de l’eau émet au maximum 2,77 kgCO2/kgH2 sur l’ensemble du cycle de vie, soit 4 fois moins que le procédé de vaporeformage de gaz naturel.

Impact carbone pour la production d’un kg d’hydrogène en France (transcription détaillée ci-dessous)Agrandir le graphique

cer vote projet d’hydrogène renouvelable et bas carbone{{}}

Études d’opportunité et de faisabilité du déploiement de l’hydrogène sur un territoire{{}}

Ce dispositif a pour but d’initier ou d’approfondir la réflexion sur les besoins d’hydrogène en réalisant les études préalables en amont des décisions d’investissement dans des usages et infrastructures hydrogène.

Appel à projets Briques technologiques et démonstrateurs hydrogène{{}}

Cet appel à projets a pour objectif de soutenir les travaux d’innovation visant à développer ou améliorer les composants et systèmes liés à la production, au transport d’hydrogène et à ses usages.

Appel à projet Écosystème territoriaux hydrogène - EcosysH₂{{}}

Cet appel à projet vise à soutenir le déploiement d’infrastructures de production, de distribution et d’usages d’hydrogène renouvelable ou bas carbone afin de contribuer au développement de la filière ainsi qu’à la décarbonation de l’industrie et des activités de transport.

Projets hydrogène en France {{}}

Carte de France métropolitaine, de Guyane et de Réunion des projets hydrogène soutenus par l’ADEME (transcription détaillée ci-dessous)Accès à la carte pour l’agrandir

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  • Rappel - Débat : l’hydrogène produit par les seules renouvelables ? Ni possible, ni durable - Publié : 1er novembre 2020, 17:57 CET – Autrice : Caroline Nourry – Document ‘The Conversation’

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Caroline Nourry Directrice générale ‘The Conversation France’

L’hydrogène suscite un intérêt grandissant mais cette médiatisation de la filière traduit souvent une grande confusion sur un sujet qui, depuis Jules Verne (1875), n’a cessé d’alimenter les utopies. On pense ici à J.B.S. Haldane (1923) et, plus près de nous, Jeremy Rifkin et son Économie hydrogène (2002).

Trois objectifs différents sont visés dans les différents « plans hydrogène » rendus publics récemment.

  • Un « verdissement » de la production d’hydrogène de 1 Mt/an en France et 60 Mt/an au niveau mondial pour les industriels « non énergétiques », soit les secteurs de la chimie, de la production d’ammoniac et d’engrais et du raffinage de produits pétroliers.
  • Un développement des usages énergétiques de l’hydrogène pour décarboner la mobilité lourde (trains, bus et poids lourds) et les réseaux de distribution de gaz.
  • L’utilisation de l’hydrogène comme moyen de stockage/déstockage permettant l’intégration des renouvelables dans le mix électrique.
    Ces trois objectifs sont-ils atteignables par le seul recours à l’électricité des renouvelables, comme certains l’appellent de leurs vœux ?

La Commission européenne considère elle-même cette option comme la seule pertinente, sans aucune argumentation sérieuse toutefois, hormis la baisse avérée mais trompeuse, des coûts de l’électricité renouvelable (solaire photovoltaïque et éolienne) pour produire l’hydrogène par électrolyse.

On mesure là très probablement l’influence de Jeremy Rifkin, qui écrivait dans L’Économie hydrogène :

« Si cette nouvelle technologie n’est pas abandonnée aux grands fournisseurs d’électricité, les piles à combustible permettront à chaque être humain de produire et même d’échanger sa propre électricité. L’ensemble de nos institutions économiques, politiques et sociales, ainsi que nos modes de vie s’en trouveraient transformés. »

Aujourd’hui, seule une estimation précise des ordres de grandeurs et un regard objectif posé sur la formation du coût de production de l’hydrogène par électrolyse, permettent de comprendre que ces objectifs ne peuvent avoir ni le même niveau de priorité, ni forcément aller de pair.

L’impossible compétitivité{{}}

Pour comprendre la formation du coût de production d’hydrogène par électrolyse – un procédé trois fois plus coûteux environ en énergie que le vaporeformage de gaz naturel utilisé presque exclusivement aujourd’hui –, il faut non seulement prendre en compte le prix de l’électricité mais aussi les coûts d’investissement et de maintenance des électrolyseurs.

Comment imaginer que l’utilisation des seuls surplus d’électricité renouvelable, comme l’avancent les différents plans hydrogène, permettrait d’assurer des coûts compétitifs de production d’hydrogène par électrolyse ?

Ces surplus sont construits par accumulation des excédents générés de manière intermittente tout au long de l’année, aux instants où la puissance produite excède la puissance consommée et qui, du fait du fonctionnement du marché de l’électricité, peuvent être vendus à prix très bas, voire négatifs.

Dans ce mode de production, les coûts d’investissement et de maintenance d’installations, nécessairement largement surdimensionnées, domineraient très largement dans la formation du prix au kg de l’hydrogène produit. Les électrolyseurs doivent en effet être dimensionnés à la puissance maximale, même si dans le cas d’alimentation par les surplus, cette puissance n’est atteinte que sur un nombre d’heures très réduit à l’année.

Des études détaillées de l’IEA et, pour la France, de RTE soulignent clairement ce point.

À lire aussi : Comment fonctionnent les voitures à hydrogène ?

La question centrale des électrolyseurs{{}}

Quelques illustrations chiffrées – reposant sur les lois de la physique, les performances actuelles des électrolyseurs et les perspectives des besoins exprimées dans les plans – permettent d’appréhender l’énormité du défi que représente la production massive d’hydrogène décarboné par électrolyse, dans l’optique d’une neutralité carbone pour 2050.

Pour produire 1 kg d’hydrogène – dont le contenu énergétique de 35 kWh équivaut à celui d’environ trois litres de pétrole et correspond, en gros, à l’énergie stockable dans une batterie automobile de 300 kg – par électrolyse, il faut, en tablant sur un rendement actuel de 70 %, dépenser 50 kWh d’électricité. Soit, en prenant le tarif de 42 €/MWh du mécanisme ARENH, 2,1 €/kg.

L’amélioration du rendement des électrolyseurs permettrait de se rapprocher du coût de production par vaporeformage – soit environ 1,5 €/kg. Mais il faut encore ajouter la contribution du coût d’investissement et de maintenance des électrolyseurs, qui dépend on l’a vu fortement de leur temps d’utilisation.

Il faudra donc une baisse drastique du coût des électrolyseurs pour rendre le procédé compétitif.

La situation la plus favorable, car évitant les surcoûts liés au surdimensionnement, correspondra toujours à celle où les électrolyseurs fonctionnent à leur capacité maximale sur la plus longue partie de l’année, c’est-à-dire aux facteurs de charge les plus élevés.

Doubler la production d’électricité{{}}

La première ambition du plan hydrogène français consiste à substituer totalement 400 kt d’hydrogène décarboné à celui produit par vaporeformage.

Quelle quantité d’électricité faut-il consommer pour y parvenir ? Environ 20 TWh… ce qui requiert une puissance d’électrolyse minimale de l’ordre de 2,5 GW, mais qui devrait être jusqu’à dix plus élevée en utilisant les seuls surplus d’électricité renouvelable.

Avec un coût d’investissement et de maintenance minimal de l’ordre de 1300 €/kW actuellement, cela fait au total, pour des électrolyseurs fonctionnant à pleine charge toute l’année, plus de 3 milliards d’euros au minimum !

Même en espérant une division par deux du prix des électrolyseurs, il faudra d’énormes investissements pour installer une puissance suffisante permettant d’aller au-delà du verdissement de l’hydrogène consommé par l’industrie.

Le plan français ambitionne de substituer, d’ici 2050, 20 % de la consommation finale d’énergie, ce qui correspond actuellement à 31 Mtep de ressources fossiles. Il faudra pour cela produire environ 10 Mt H2/an, nécessitant de l’ordre de 500 TWh d’électricité, ce qui impliquerait donc un doublement de la production nationale.

Comment pourrait-on faire face à une telle augmentation ? Avec l’éolien off-shore ? Son potentiel est estimé pour la France à une capacité de 22 à 30 GW – 65 et 85 TWh/an dans le meilleur des cas. Avec le solaire PV ? La dizaine de GW installés fin 2019 ont produit au plus 12 TWh en 2019.

12 TWh, c’était aussi la production annuelle de la centrale nucléaire de Fessenheim. Une telle centrale alimentant 1,5 GW d’électrolyseurs produirait 250 ktH2/an. Avec les 3 000 éoliennes de 2 MW de puissance unitaire, pouvant permettre de produire chaque année la même quantité d’énergie, il faudrait pour cela, compte tenu de la différence de facteur de charge, installer une capacité d’électrolyse de l’ordre de 9 GW, c’est-à-dire six fois plus grande.

Le nucléaire reste incontournable{{}}

Le solaire et l’éolien ne permettront jamais de produire, en France, les énormes quantités d’électricité requises si l’on veut substituer l’hydrogène aux ressources fossiles ; quant à son rôle d’intégrateur des renouvelables – systématiquement mis en avant –, il ne va pas du tout de pair avec les deux premiers objectifs.

Si la priorité est bien de trouver avec l’hydrogène – directement ou indirectement par la production de carburants de synthèse à base d’hydrogène –, un substitut aux ressources fossiles carbonées, en le produisant donc à partir d’électricité décarbonée, il faut nécessairement combiner optimisation des investissements dans les électrolyseurs, en les faisant fonctionner avec la plus forte charge annuelle, et électricité à bas coût.

L’idée d’utiliser pour cela l’électricité produite à partir de sources renouvelables et surtout ses surplus, pourtant séduisante, s’avère être la plus coûteuse et aussi la plus gourmande en ressources minérales. Cela s’explique déjà par le nécessaire surdimensionnement des installations évoqué plus haut, et pourrait s’avérer encore plus crucial si l’on choisissait l’option des électrolyseurs de type PEM (membranes à échange de protons), qui ne peuvent éviter pour le moment le recours à l’utilisation de métaux nobles. Ce n’est clairement pas une solution durable et à laquelle donner la priorité des investissements.

D’autant que le solaire et l’éolien ne permettront jamais de produire les énormes quantités d’électricité requises. Les Allemands en ont bien conscience, leur plan hydrogène prévoyant l’importation massive d’hydrogène. On peut aussi évoquer la stratégie japonaise, qui envisage d’importer annuellement 10 Mt d’hydrogène en 2050.

Pour rendre possible cette indispensable substitution, il faut investir dans la R&D sur les électrolyseurs, comme le prévoit le plan français dans son actualisation toute récente, mais l’énorme défi ne pourra pas être relevé sans le recours au nucléaire. Ce qui implique aussi d’investir dans la R&D sur le nucléaire de quatrième génération, les réacteurs à très haute température en particulier, qui permettraient, en combinaison avec l’électrolyse à haute température, la production massive et bon marché de cet hydrogène dont rêvait Jules Verne.

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Source : https://theconversation.com/debat-lhydrogene-produit-par-les-seules-renouvelables-ni-possible-ni-durable-148663

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  • Rappel - L’économie de l’hydrogène, ou quand le rêve de Jules Verne se confronte aux réalités industrielles - Publié : 9 septembre 2020, 20:01 CEST •Mis à jour le : 10 octobre 2024, 10:00 CEST – Autrice Aurélie Djavadi – Document ‘The Conversation’

    AvatarAurélie Djavadi - Cheffe de rubrique Éducation + Jeunesse

L’hydrogène, déjà vanté par Jules Verne en 1875, ne pourra être vraiment « vert » que s’il est produit à partir de renouvelables. Le premier enjeu de la révolution de l’hydrogène consiste donc à basculer vers une production non carbonée, et ceci à l’échelle industrielle.{{}}

De Jules Verne à Jérémy Rifkin, nombreux ont été les visionnaires promettant une révolution de l’hydrogène. Écoutons l’ingénieur Cyrus Smith, personnage principal de L’Île mystérieuse (1875) :

« Oui, mes amis, je crois que l’eau sera un jour utilisée comme combustible, que l’hydrogène et l’oxygène qui la constituent fourniront une source de lumière et de chaleur inépuisable. »

Longtemps considéré comme un mirage, l’hydrogène revient en force dans le paysage énergétique. Devenu un enjeu de compétitivité, il figure désormais dans tous les scénarios prospectifs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a récemment livré un rapport sur l’état d’avancement des projets d’hydrogène vert dans le monde.

Serions-nous à la veille d’une révolution majeure grâce à ce gaz découvert en 1766 par le chimiste Cavendish, baptisé quelques années plus tard « hydrogène » par Lavoisier ?

Si l’hydrogène n’est pas le miracle du roman de Jules Verne, il peut en revanche constituer un vecteur accélérant la transition énergétique vers des sources renouvelables. À condition qu’on l’affranchisse de sa dépendance actuelle à l’égard des énergies fossiles, ce qui n’est pas une mince affaire.

L’hydrogène d’aujourd’hui : un sous-produit des énergies fossiles{{}}

Représentant 75 % de la masse gazeuse du soleil, l’hydrogène est considéré comme l’élément le plus abondant de l’univers. Sur Terre, il est peu présent à l’état pur : très léger, il s’échappe de ses réservoirs naturels. En l’état actuel de nos connaissances, le potentiel de récupération de l’hydrogène présent dans le sous-sol est limité.

L’hydrogène est toutefois présent tout autour de nous, combiné à d’autres éléments. On le trouve ainsi dans chaque molécule d’eau. Associé au carbone, il est dans tous les végétaux et animaux. Les énergies fossiles, elles-mêmes issues de la décomposition de la matière vivante, ne font pas exception.

Pour obtenir de l’hydrogène pur, il faut donc le séparer de ces autres éléments.{{}}

Depuis 1975, la production mondiale d’hydrogène a plus que quadruplé. Elle a été portée par l’industrie du pétrole, qui en utilise des quantités croissantes pour désulfurer les combustibles et par l’industrie chimique pour la production d’ammoniac.

Ce développement rapide n’a pas contribué à la décarbonation des économies. Il a au contraire contribué à l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre.

D’après l’AIE, la production mondiale d’hydrogène a atteint 97 Mt en 2023, pour des rejets atmosphériques de CO2 de 920 Mt, soit l’équivalent de 3,3 fois les émissions de la France. Dans sa grande majorité, l’hydrogène est produit à partir du gaz naturel ou du charbon. Aussi, la carte de ses producteurs se superpose avec celle des producteurs d’énergie fossile.

https://images.theconversation.com/files/624549/original/file-20241009-15-5wpaz0.png?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=754&fit=cliphttps://images.theconversation.com/...

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Principaux producteurs d’hydrogène dans le monde. IRENA (2022), Geopolitics of the Energy Transformation, The Hydrogen Factor, Fourni par l’auteur

Tant que l’hydrogène reste un sous-produit des énergies fossiles, rouler à l’hydrogène ou l’utiliser pour produire de la chaleur permet de réduire les pollutions locales, mais pas d’abattre les rejets de CO2.

Le premier enjeu de la révolution de l’hydrogène consiste donc à basculer vers une production non carbonée.

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Hydrogène bleu ou vert, ou la montée de l’hydrogène décarboné{{}}

« L’hydrogène gris » désigne celui obtenu directement à partir du gaz naturel ou du charbon. Par kilogramme produit, son empreinte carbone atteint 10 à 12 kg de CO2 lorsqu’il est produit à partir de gaz, et de 22 à 26 kg lorsqu’il est produit à partir du charbon.

Une première voie pour limiter son empreinte carbone consiste à coupler sa production à des installations de captage récupérant une partie du CO2 avant qu’il ne se dissipe dans l’atmosphère. On obtient alors de « l’hydrogène bleu », limitant les dégâts climatiques sans s’affranchir de la dépendance aux énergies fossiles.

Dans les conditions actuelles, l’hydrogène gris revient à environ 1,5 €/kg en Europe et un peu moins aux États-Unis ou en Chine où gaz et charbon sont bon marché. Par ailleurs, les coûts de stockage et de transport sont limités par la proximité entre les sites de production et de consommation, tous deux situés dans des raffineries ou des complexes pétrochimiques.

Le coût des installations de capture et stockage de CO2 est de l’ordre de 1 €/kg. Autrement dit, avec un prix du CO2 de 100 €/tonne, il deviendrait rentable de basculer de l’hydrogène gris vers l’hydrogène bleu. En l’absence d’un tel prix, combler cet écart d’un euro n’est possible qu’avec des incitations politiques qui font trop souvent défaut.

Une autre voie pour produire l’hydrogène est celle de l’électrolyse, qui utilise l’énergie électrique pour récupérer l’hydrogène présent dans l’eau. Si on utilise une électricité produite avec du gaz naturel ou du charbon, l’opération n’a aucun intérêt pour le climat : on rejette, par cette voie, plus de CO2 qu’en séparant directement l’hydrogène depuis le gaz naturel.

En couplant un électrolyseur à une source décarbonée d’électricité, on obtient de « l’hydrogène vert », non émetteur de CO2. C’est la voie qui est actuellement développée partout dans le monde, du fait de la très forte baisse du coût des énergies renouvelables.

L’opération est particulièrement intéressante lorsqu’on dispose d’importantes capacités de production éolienne ou solaire. Leur coût unitaire à la production est devenu compétitif, tant face aux filières fossiles que nucléaires, mais leur injection à grande échelle dans les réseaux se heurte à la difficulté de l’intermittence. L’électrolyse permet alors de stocker les excédents d’électricité en les transformant en hydrogène qui devient un intégrateur des sources renouvelables dans le système énergétique.

Comment rendre l’hydrogène vert compétitif{{}}

Le coût de production de l’hydrogène vert par l’électrolyse dépend de trois paramètres : le prix de l’électricité utilisée, le coût de l’électrolyseur, les coûts de transport et de stockage qui pèsent dans la balance sitôt que le lieu de consommation est éloigné du site de production.

Actuellement, le coût du kg d’hydrogène vert se situe dans une fourchette de l’ordre de 3 à 8 €/kg, soit de deux à cinq fois celui de l’hydrogène gris. Mais il est dans une dynamique de forte baisse, sous l’impact de la baisse du coût de l’électricité verte et de celui de l’électrolyse.

Les différents plans hydrogène visent à accélérer le mouvement grâce aux changements d’échelle de la production d’électrolyseurs et aux investissements dans les infrastructures de stockage et distribution. Cet argent public mobilisé du côté de l’offre permet d’accélérer l’industrialisation des pilotes issus de la recherche et développement.

Les aides à l’utilisation de l’hydrogène vert sous forme de complément de prix sont plus discutables sous l’angle économique. Elles n’incitent pas suffisamment les producteurs à baisser leurs coûts et stimulent la consommation d’énergie. Elles pourraient être fortement réduites ou disparaître pour un prix du CO2 de l’ordre de 100 à 250 €/T.

La production d’hydrogène vert à partir de biomasse renouvelable est une autre voie qui pourrait s’avérer intéressante pour son intégration territoriale. Elle en est encore au stade expérimental. Deux options sont testées en France : à partir du bois (projets de Vitry-le-François et de Strasbourg) ou à partir de biomasse agricole (utilisation du chanvre dans la Sarthe).

On peut également produire de l’hydrogène sans émettre de CO2 à partir du méthane par plasmalyse, un procédé qui est en train de sortir des laboratoires de recherche pour tester sa faisabilité industrielle (projets Sakowin et Spark Cleantech en France).

Les nouveaux usages de l’hydrogène{{}}

Pour contribuer à la décarbonation, il ne suffit pas de massifier la production d’hydrogène vert. Il faut également s’occuper des émissions en aval. Or, si on utilise de l’hydrogène vert pour désulfurer les carburants ou produire de l’ammoniac, on ne réduit pas les émissions en aval, très élevées dans le cas de la filière ammoniac. Il faut donc développer des usages qui permettent de réduire les émissions de CO2 là où elles sont les plus difficiles à obtenir.

L’hydrogène permet en premier lieu de décarboner des procédés industriels où les substituts à l’énergie fossile sont difficiles à développer. Dans la production primaire d’acier, première source d’émissions industrielles de CO2 dans le monde, le charbon est à la fois utilisé comme source d’énergie et agent réducteur du minerai. L’hydrogène peut s’y substituer et fournir de l’acier zéro carbone. Le premier pilote industriel testant cette voie fonctionne en Suède, dans le cadre du projet Hybrit.

Dans le secteur des transports, les applications les plus intéressantes concernent plutôt le transport maritime, le transport ferroviaire quand les lignes ne sont pas électrifiées et les véhicules utilitaires lourds pour lesquels le poids des batteries est une contrainte majeure. Dans le secteur spatial, l’hydrogène est déjà utilisé en substitution du kérosène pour le décollage des fusées, mais il n’est pas encore vert…

Enfin, on peut injecter jusqu’à 10 ou 20 % d’hydrogène vert dans les réseaux de gaz, nettement plus si on convertit une partie de cet hydrogène en méthane via un procédé appelé « méthanation ». Il est également possible de reconvertir l’hydrogène en électricité pour les besoins d’équilibrage du réseau (stockage inter-saisonnier).

La Chine, championne du déploiement hydrogène{{}}

D’après l’IRENA, l’Agence internationale des énergies renouvelables, l’essentiel du potentiel de production de l’hydrogène vert se situe dans les pays les mieux dotés en ressources solaires et éoliennes. L’application de ce principe conduirait à une cartographie tout à fait nouvelle des producteurs d’hydrogène.

Ce n’est toutefois pas le chemin pris par le déploiement de l’hydrogène vert, qui met en concurrence trois compétiteurs principaux.

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Potentiel de production d’hydrogène vert dans le monde. IRENA (2022), Geopolitics of the Energy Transformation, The Hydrogen Factor, Fourni par l’auteur

L’Union européenne a mis en place un cadre juridique complet dans le cadre de sa stratégie de l’hydrogène lancée en 2020. Malgré des moyens financiers importants et la création d’une banque de l’hydrogène, la montée en régime ne s’effectue pas au rythme escompté. Aussi, la Cour des comptes européenne estime que les objectifs de production et d’utilisation d’hydrogène vert en 2030 ont peu de chances d’être atteints.

Aux États-Unis, la production d’hydrogène vert est supportée par des crédits d’impôt dans le cadre de l’Inflation Reduction Act. Les soutiens sont bonifiés lorsque les projets font appel à des électrolyseurs produits aux États-Unis. Malgré ces aides, l’hydrogène vert se heurte à une solide concurrence de l’hydrogène gris qui bénéficie des tarifs ultra compétitifs du gaz. Par ailleurs, la demande n’est pas toujours au rendez-vous.

Dans ce contexte, l’AIE a révisé à la baisse ses prévisions de production et d’utilisation mondiales d’hydrogène vert à l’horizon 2030. Les trois principaux obstacles identifiés sont la remontée des taux d’intérêt, l’incertitude sur la demande et la surestimation initiale des économies d’échelle dans la fabrication des électrolyseurs.

Seule exception à ces révisions : la Chine qui a renforcé sa position et dispose aujourd’hui de 60 % des capacités mondiales d’électrolyse. Comme cela a été le cas pour les panneaux photovoltaïques et les batteries, le rythme plus rapide du déploiement permet au pays de réaliser des économies d’échelle et de diminuer ses coûts plus rapidement que ses compétiteurs.

Pour éviter que l’avance chinoise ne crée un avantage compétitif difficile à rattraper, il faut donc accélérer le déploiement de l’hydrogène vert. Ce sera un enjeu important pour la nouvelle mandature en Europe, mais également en France où l’instabilité politique des derniers mois a créé un dangereux attentisme.

L’enjeu est de faire de l’hydrogène, non pas cette énergie « inépuisable » à laquelle rêvait l’ingénieur de L’Île mystérieuse, mais un puissant intégrateur des énergies renouvelables dans le système énergétique de demain.

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Les promoteurs de l’hydrogène le présentent souvent comme une pièce maîtresse de la transition, notamment à travers des métaphores comme les « couleurs » verte ou bleue pour la présenter sous un jour décarboné. La molécule a certes un rôle à jouer, mais elle est souvent présentée sous un jour bien trop optimiste.{{}}

Certains le voient bleu, rose ou vert. Beaucoup prétendent qu’il deviendra une pièce maîtresse de notre approvisionnement énergétique, pour le chauffage, le transport par avion et par camion, et même qu’il permettra de stocker les énergies renouvelables intermittentes. Pour certains, il représente l’énergie du futur, celle dont les usages, variés et illimités, permettront de détacher nos économies des combustibles fossiles.

Cette merveille de potentialités, c’est l’hydrogène, la molécule la plus petite de toute la chimie. C’est sur ses frêles atomes que certains placent l’avenir énergétique d’États entiers, voire celui de l’Europe. Depuis quelques années, une nouvelle économie s’est construite autour de l’hydrogène, soutenue par des plans nationaux et des investissements hors norme. Pourtant, comme on le montrera ici, cet engouement repose davantage sur l’efficacité de la communication et du storytelling que sur des faits scientifiques concrets.

L’empreinte carbone XXL de l’industrie hydrogène{{}}

Avant qu’il ne soit considéré comme une option énergétique viable par l’opinion publique et les décideurs politiques, l’hydrogène était surtout connu comme réactif dans le raffinage pétrolier ou dans la production d’ammoniac et de méthanol.

Aujourd’hui encore, la quasi-totalité de l’hydrogène disponible sur le marché, soit presque 95 millions de tonnes, se destine à ces applications, tandis que l’utilisation de l’hydrogène à des fins énergétiques demeure marginale.

L’une des contraintes majeures de l’hydrogène est qu’il n’est pas naturellement présent en quantités significatives sur Terre, excepté dans quelques rares gisements géologiques. Cela signifie que l’hydrogène doit être produit avant de pouvoir être utilisé.

Aujourd’hui, sa synthèse repose presque exclusivement sur des intrants fossiles et nécessite de grandes quantités d’énergies non renouvelables. À l’heure actuelle, la molécule est obtenue soit par vaporeformage du gaz naturel, soit par gazéification du charbon ou bien par vapocraquage des hydrocarbures pétroliers.

Ces méthodes de production, qui sont les options industrielles les plus efficaces et rentables, reposent toutes sur des matières premières fossiles carbonées. La production d’hydrogène à partir d’eau, quoique très médiatisée, reste encore rare à un stade industriel.

Quelle que soit la méthode de production industrielle actuellement utilisée, des émissions substantielles de dioxyde de carbone (CO2) sont générées sans être atténuées, auxquelles s’ajoutent des émissions fugitives de méthane substantielles sur l’ensemble de la chaîne d’exploitation de certaines ressources fossiles. En 2022, elles dépassaient le milliard de tonnes, conférant à la chaîne de production de l’hydrogène l’une des plus grandes empreintes carbone de toute l’industrie manufacturière.

De Jules Verne à Jeremy Rifkin, le mythe de l’hydrogène propre{{}}

Compte tenu de ce bilan carbone alarmant, il est donc paradoxal de constater qu’une molécule au départ utilisée comme réactif chimique artificiel soit désormais vantée comme une énergie propre dans un monde en quête de solutions au réchauffement climatique.

Pour comprendre cette nouvelle perspective, il est crucial de remonter à ses origines, qui se trouvent davantage chez les écrivains et les économistes que chez les scientifiques.

https://images.theconversation.com/files/622428/original/file-20240930-16-arpnm.jpg?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=237&fit=clipAgrandir la photo

Photographie de Jules Verne en 1878.

Jules Verne imaginait déjà l’hydrogène comme la future énergie de l’humanité, destinée à remplacer le charbon.

Plus récemment, l’essayiste Jeremy Rifkin a prophétisé que cette molécule deviendrait une ressource énergétique illimitée pour les nations confrontées aux pénuries de pétrole. Rifkin estimait même que l’hydrogène, rendu accessible par un réseau mondial de distribution, pourrait initier une révolution économique. Vu de la sorte, l’hydrogène serait la promesse d’un infini énergétique pour nos sociétés qui se heurtent à la finitude des ressources qui les nourrissent.

Divers arguments tout à fait justifiables soutiennent cet engouement croissant pour l’hydrogène.

  • Tout d’abord, il serait concevable de produire la molécule de manière moins polluante grâce à l’électrolyse de l’eau, un procédé qui décompose l’eau en hydrogène et en oxygène à l’aide d’un courant électrique. L’abondance de l’eau sur notre planète rendrait l’hydrogène pratiquement inépuisable.
  • Ensuite, cet hydrogène pourrait être utilisé dans des piles à combustible ou par des moteurs ou des turbines pour produire de l’électricité, un travail mécanique ou de la chaleur. Une transformation au cours de laquelle l’hydrogène ne générerait que de l’eau comme seul sous-produit, qui réintégrerait alors le cycle naturel.
  • Enfin, la possibilité de produire l’hydrogène localement offrirait la perspective d’un système énergétique souverain, un idéal auquel aspirent de nombreux pays industrialisés.
    Voilà pour les promesses. Dans la pratique, celles-ci se heurtent à une réalité plus complexe, et servent surtout à renforcer un imaginaire dans lequel l’hydrogène est présenté comme une panacée à nos problèmes énergétiques.

Une affaire de narratifs plutôt que de réalisme{{}}

La filière hydrogène se construit ainsi dans une aura d’optimisme collectif, nourri par des termes comme « durabilité », « innovation », « circularité » et « autonomie ». Ce dernier peut s’interpréter, à l’aune de la théorie de la convergence symbolique, comme un ensemble de narratifs partagés par un groupe social qui s’autorenforcent progressivement.

Au-delà de cette rhétorique récurrente, les défenseurs de l’hydrogène, qu’ils soient industriels, membres de groupes de pression ou acteurs sociopolitiques, cherchent avant tout à en renforcer l’acceptabilité publique et, au final, à influencer certaines décisions réglementaires.

Pour cela, ils emploient un langage souvent simplifié. Celui-ci, paré de couleurs et autres aphorismes inventés par des sociétés privées, permet d’atténuer les incertitudes techniques encore présentes. Cela permet notamment d’éloigner le débat des rendements de conversion par électrolyse de l’eau, qui sont encore modérés. Cela permet aussi de dissimuler certaines dérives éthiques et environnementales, sur lesquelles on reviendra ci-dessous.

Il convient de rappeler que l’hydrogène, hormis en ce qui concerne les quelques gisements géologiques disponibles, n’est pas une source d’énergie en tant que telle : il faut de l’énergie primaire pour le synthétiser.

Or, si on veut développer une filière hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau, celle-ci ne peut être vraiment vertueuse que si l’électricité utilisée est d’origine renouvelable (notamment solaire et éolien) ou « bas carbone » (dont l’énergie nucléaire).

Dans le cas contraire, si la production d’hydrogène repose sur le mix énergétique mondial actuel, l’impact carbone de l’hydrogène, sur l’ensemble de la chaîne de production, restera aussi élevé que celui de la production actuelle d’hydrogène à partir de certaines matières carbonées fossiles.

Utiliser de l’eau pour produire de l’hydrogène ne doit donc pas être considéré comme un gage absolu d’innocuité environnementale.

Produire ailleurs pour consommer ici ? Le défi du transport{{}}

Pour produire de l’hydrogène avec un impact environnemental réduit, il faut donc disposer de suffisamment de capacités en électricité renouvelable, ce dont manquent cruellement la plupart des pays qui ont inscrit l’hydrogène parmi leurs priorités pour assurer leur transition énergétique. C’est notamment le cas de la France et de la Belgique.

https://images.theconversation.com/files/622431/original/file-20240930-16-8aq0nc.jpg?ixlib=rb-4.1.0&q=45&auto=format&w=237&fit=clipAgrandir l’image

Des panneaux solaires dans un village malgache. KRISS75/Shutterstock

Une solution largement soutenue consiste donc à délocaliser cette production vers des pays tels que le Maroc, l’Algérie et la Namibie, où les conditions solaires et/ou éoliennes sont favorables. Le problème, c’est que l’accès à l’énergie et à l’eau y est déjà limité…

Cette approche contraste donc avec les promesses initiales de l’hydrogène et pose un certain nombre de questions éthiques. Il apparaît désormais clairement que la promesse d’autonomie énergétique de l’hydrogène ne tient pas : elle repose sur l’appropriation de ressources énergétiques de pays tiers.

D’autant plus qu’une production délocalisée implique de réfléchir à des stratégies efficaces pour transporter l’hydrogène sur de longues distances. En effet, l’hydrogène est un gaz peu dense, difficile à stocker et à transporter.

Chaque industrie a sa propre idée sur la façon d’y parvenir :

  • Les groupes gaziers plaident pour transformer l’hydrogène en méthane afin d’utiliser les infrastructures existantes de gazoducs ou de LNG.
  • Les géants maritimes privilégient une transformation en ammoniac ou méthanol.
  • Les industriels pétroliers et aériens favorisent les hydrocarbures synthétiques, comme le e-kérosène, pour leur efficacité.
  • D’autres, enfin, envisagent de construire des gazoducs spécifiques pour créer une « vallée de l’hydrogène » en Europe, reliant les principaux sites industriels par un réseau de haute technologie.
    Ces approches multiples, dont certaines auront un effet délétère sur le climat et les écosystèmes, ne font qu’entretenir l’utopie de l’omnivalence de l’hydrogène et continuent de nourrir l’enthousiasme des marchés financiers.

Le risque d’accroître notre dépendance aux énergies fossiles{{}}

Faire croire que l’hydrogène est la solution ultime à nos problèmes énergétiques et climatiques est donc trompeur, et risque d’encourager les consommateurs à utiliser davantage d’énergie, plutôt que de miser sur davantage de sobriété.

Le risque serait aussi de croire que l’hydrogène est exempt de toute problématique environnementale. Ce n’est pas le cas : cette molécule présente un potentiel de réchauffement global assez élevé, estimé à environ 11,6 sur 100 ans.

En outre, si la demande en hydrogène n’est pas régulée, compte tenu des contraintes techniques, géopolitiques et éthiques qui pèsent sur l’électrolyse de l’eau, la production d’hydrogène risque de continuer à dépendre du charbon, du gaz fossile ou des produits pétroliers. Et alors, loin de nous éloigner des matières fossiles, l’hydrogène risque d’accroître notre dépendance à leur égard.

Pas une source d’énergie, mais une molécule{{}}

L’hydrogène n’est pas une source d’énergie en soi, mais une molécule, qu’il convient de traiter comme telle. Son utilisation comme carburant pour les bus, les trains, ou comme combustible pour les systèmes de chauffage domestique ou industriel ainsi que dans les centrales thermiques n’est pas appropriée. Dans de nombreux secteurs, une électrification directe ou un stockage dans des batteries stationnaires sont des options plus efficaces que l’hydrogène.

C’est d’autant plus dommage que la filière hydrogène, si elle ne détourne pas les investissements indispensables au déploiement des énergies renouvelables et à la mise en place de plans d’optimisation énergétique, possède un réel potentiel, ce que le GIEC a confirmé

L’hydrogène restera ainsi indispensable pour la fabrication de méthanol, d’ammoniac et d’engrais azotés, ainsi que pour les réactions d’hydrogénation dans les secteurs chimique, pharmaceutique et agroalimentaire.

De plus, en tant qu’agent de réduction puissant, il pourrait remplacer le coke dans la production des minerais de fer, offrant ainsi une solution pour réduire les émissions de carbone dans la chaîne de production de l’acier.

Enfin, sous certaines conditions strictes et surveillées, l’hydrogène pourrait également jouer un rôle partiel dans le transport maritime et l’aviation, notamment sous forme de méthanol, d’ammoniac ou d’hydrocarbures alternatifs, ouvrant ainsi de nouvelles options de marché transitoires.

En résumé, l’hydrogène n’est ni une panacée à nos maux climatiques ni une source d’énergie illimitée qui nous permettrait de maintenir aveuglément notre mode de vie sans remettre en question l’urgence de remodeler nos systèmes de production et de consommation. Au contraire, seule une approche axée sur une production plus responsable de l’hydrogène et sur une gestion stricte de ses applications pourra en faire un allié crédible de la transition énergétique.{{}}

L’hydrogène ne pourra pas se développer sur la base de discours simplistes et de promesses techniques exagères. Son véritable potentiel ne se réalisera que si nous en acceptons la complexité.

énergie transition énergétique hydrogène méthane gaz industrie pétrolière

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Sarah Sermondadaz Cheffe de rubrique Environnement + Énergie

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Source : https://theconversation.com/les-couleurs-de-lhydrogene-un-discours-trompeur-pour-la-transition-energetique-237522

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  • Extension des définitions et informations d’après une requête de ‘ChatGPT’ du 24/04/2025 - Version plus technique, illustrée et résumée sous forme de tableau

Type d’hydrogène

Méthode de production

Source d’énergie utilisée

Impact environnemental

Caractéristiques

Hydrogène vert{{}} Électrolyse de l’eau{{}} Électricité renouvelable (solaire, éolien, hydroélectricité) Aucune émission de CO₂ ; énergie propre Le plus écologique. Utilisé dans la transition énergétique.
Hydrogène blanc{{}} Extraction naturelle (génération géologique) Processus géologiques naturels{{}} Faibles émissions en fonction de la méthode d’extraction Peut être extrait directement de la croûte terrestre par des processus géologiques.
Hydrogène rose{{}} Électrolyse de l’eau{{}} Électricité nucléaire{{}} Faibles émissions ; dépend de la gestion des déchets nucléaires Produit avec de l’électricité nucléaire, moins de CO₂ mais risque lié aux déchets radioactifs.

Explications complémentaires :{{}}

  • Hydrogène vert : La production d’hydrogène vert est l’une des options les plus respectueuses de l’environnement, car elle utilise des énergies renouvelables pour électrolyser l’eau, séparant ainsi l’hydrogène de l’oxygène sans émissions de gaz à effet de serre.
  • Hydrogène blanc : Cet hydrogène est produit naturellement dans la croûte terrestre, notamment par des réactions chimiques spontanées (ex. : serpentinisation). Bien que son extraction soit encore en phase de recherche, il pourrait offrir une solution avec une empreinte carbone très faible, mais cela dépend des technologies d’extraction utilisées.
  • Hydrogène rose : Produit via électrolyse de l’eau utilisant de l’électricité nucléaire, il est considéré comme une alternative bas carbone car l’électricité nucléaire n’émet pas de CO₂. Cependant, il existe des préoccupations liées à la gestion des déchets radioactifs.
    Une synthèse actualisée des technologies récentes et des initiatives en cours concernant la production d’hydrogène blanc (ou hydrogène natif), ainsi que les pays impliqués dans ces projets.{{}}

🔬 Technologies émergentes pour la production d’hydrogène blanc

L’hydrogène blanc est un gaz naturellement présent dans le sous-sol, produit par des réactions géochimiques. Contrairement à l’hydrogène vert (issu de l’électrolyse de l’eau) ou gris (issu du reformage du méthane), l’hydrogène blanc peut être exploité sans transformation chimique, ce qui en fait une source d’énergie potentiellement plus économique et décarbonée.

Les technologies actuelles se concentrent sur :

  • Le forage exploratoire : utilisé pour détecter et évaluer les concentrations d’hydrogène dans le sous-sol.
  • L’analyse géochimique : permet de comprendre les processus de formation et d’accumulation de l’hydrogène.
  • Le développement de capteurs spécifiques : destinés à détecter la présence d’hydrogène dans les formations géologiques.​The Australian
    🌍 Pays engagés dans l’exploration de l’hydrogène blanc

🇲🇱 Mali

Le Mali est pionnier dans l’exploitation de l’hydrogène blanc. Depuis 2012, le village de Bourakébougou utilise un gisement naturel d’hydrogène pour produire de l’électricité. Ce gisement, découvert accidentellement en 1987, est unique en son genre et continue d’être étudié pour comprendre son potentiel et sa reproductibilité. ​Le Monde.fr+2The New Yorker+2H2 Mobile+2euronews+4Le Télégramme+4Financial Times+4

🇫🇷 France

La France a récemment accordé un premier permis exclusif de recherche à la société TBH2 Aquitaine pour explorer l’hydrogène blanc dans les Pyrénées-Atlantiques. D’autres demandes sont en cours d’instruction, notamment par les sociétés 45-8 Energy et Storengy. ​Wikipédia+2Notre Environnement+2H2 Mobile+2H2 Mobile+1Wikipédia+1

En mai 2023, un important gisement d’hydrogène naturel a été découvert en Lorraine par une équipe du CNRS et de l’Université de Lorraine. Les estimations préliminaires suggèrent la présence de 46 millions de tonnes d’hydrogène, soit plus de la moitié de la production annuelle mondiale actuelle d’hydrogène gris. ​euronews

🇺🇸 États-Unis

Aux États-Unis, plusieurs entreprises explorent activement l’hydrogène blanc. La société Koloma, basée à Denver, a levé 82 millions d’euros pour financer des forages d’hydrogène. Elle a déposé 16 brevets relatifs à l’exploitation de l’hydrogène géologique. ​Le Télégramme+1The Australian+1

Par ailleurs, l’entreprise australienne HyTerra a commencé des forages dans le cadre de son projet Nemaha au Kansas, visant à évaluer les réserves d’hydrogène naturel aux États-Unis. ​The Australian

🇦🇺 Australie

L’Australie est également active dans ce domaine. L’entreprise Gold Hydrogen a obtenu des autorisations pour explorer environ 80 sites dans le sud du pays. Le premier forage a été réalisé en octobre 2023, révélant un gisement potentiel de 1,3 million de tonnes d’hydrogène avec une pureté de 90 %. ​Le Télégramme

🇪🇸 Espagne

En Espagne, la société Helios Aragón prévoit de forer en 2024 un réservoir estimé à plus d’un million de tonnes d’hydrogène naturel dans le nord-est du pays. Ce projet pourrait offrir une alternative moins coûteuse à l’hydrogène vert, avec un coût estimé à 0,50 euro par kilogramme contre environ 5 euros pour l’hydrogène vert. ​euronews

️ Défis et perspectives

Bien que prometteur, le développement de l’hydrogène blanc fait face à plusieurs défis :​

  • Incertitudes géologiques : la présence et la concentration d’hydrogène dans le sous-sol varient considérablement selon les régions, rendant l’exploitation incertaine.
  • Manque d’infrastructures : l’absence d’infrastructures spécifiques pour l’extraction et le transport de l’hydrogène blanc freine son développement à grande échelle.
  • Cadre réglementaire : dans de nombreux pays, la législation n’est pas encore adaptée à l’exploitation de cette ressource naturelle.​ Le TélégrammeNotre Environnement
    Néanmoins, l’intérêt croissant pour cette source d’énergie décarbonée pourrait accélérer les recherches et les investissements dans ce domaine.​

— -

En vue de l’exploration mondiale de l’hydrogène blanc : des initiatives récentes (vor plus loin)

Suite à une requête auprès de ‘ChatGPT’, plusieurs critiques sont régulièrement formulées à propos de l’hydrogène vert et de l’hydrogène blanc, tant sur les plans techniques, économiques, environnementaux, que géopolitiques. Voici une synthèse critique structurée pour chacun :

🌱 Hydrogène vert : critiques principales

1. Forte consommation d’énergie{{}}

  • ❗️La production par électrolyse de l’eau nécessite une grande quantité d’électricité.
  • ❗️Même si cette électricité est renouvelable, son détournement vers la production d’hydrogène peut ralentir la décarbonation d’autres usages (chauffage, transports, etc.).
    2. Rendement global faible{{}}
  • ⚠️À chaque étape (électrolyse, stockage, transport, reconversion), des pertes d’énergie surviennent.
  • ➡️ Le rendement global du “puits à la roue” peut descendre à 20–30 %, soit bien en dessous de l’électricité directe ou des batteries.
    3. Coût encore élevé{{}}
  • 💰 En 2025, le coût de l’hydrogène vert reste environ 3 à 6 €/kg, plus cher que l’hydrogène gris (<2 €/kg).
  • 💸 Cela freine son adoption à large échelle, sauf avec subventions massives.
    4. Besoins en eau douce{{}}
  • 💧La fabrication nécessite 9 litres d’eau par kg d’hydrogène produit.
  • 🌍 Dans des zones arides (Afrique, Moyen-Orient), cela peut entrer en conflit avec les besoins humains et agricoles.
    5. Verdissement trompeur (“greenwashing”){{}}
  • ⚠️ Certains projets dits “verts” utilisent de l’électricité de réseau peu ou pas décarbonée.
  • ⚠️ D’autres projets exportent de l’hydrogène au détriment des populations locales (ex : Maroc ou Namibie), sans bénéfice local tangible.
    🧱 Hydrogène blanc : critiques et limites

1. Technologie encore immature{{}}

  • 🧪 L’exploitation de l’hydrogène géologique est encore à un stade expérimental.
  • ⚠️ Les volumes exploitables, la régularité des flux et la durabilité des gisements sont incertains.
    2. Manque de cadre réglementaire{{}}
  • ⚖️ Dans de nombreux pays, aucune loi n’encadre spécifiquement l’exploration et la propriété de l’hydrogène natif.
  • 💼 Cela crée un vide juridique et freine les investissements.
    3. Accès difficile et risques environnementaux{{}}
  • 🛢️ L’extraction peut nécessiter des forages profonds, avec des risques similaires à ceux de l’exploitation minière ou pétrolière : fuites, pollution, perturbation des aquifères.
  • 🌋 Certaines sources d’hydrogène sont en milieux tectoniquement actifs ou sensibles (ex. zones volcaniques ou sismiques).
    4. Concentration géographique des gisements{{}}
  • 🌍 Les sources connues sont rares et souvent dans des zones peu développées (Mali, Outback australien).
  • ⚠️ Cela peut générer des formes de néocolonialisme énergétique si les ressources sont exploitées sans bénéfices locaux.
    5. Faible reconnaissance scientifique jusqu’à récemment{{}}
  • 🕳️ Longtemps ignoré, le concept même d’hydrogène géologique a été marginalisé.
  • ⚠️ Les données géologiques manquent encore pour cartographier mondialement son potentiel.
    Retour au début du sommaire

  • Une synthèse des points de vue critiques émis par Jean-Marc Jancovici et d’autres experts ou institutions concernant l’hydrogène vert et l’hydrogène blanc, en date du 24 avril 2025 (selon ‘ChatGPT’)
    🧭 Jean-Marc Jancovici : positions sur l’hydrogène

🔹 Sur l’hydrogène vert et la mobilité

Jean-Marc Jancovici exprime des réserves quant à l’utilisation de l’hydrogène dans les transports. Il estime que cette source d’énergie ’ne résout pas les problèmes’, notamment pour l’aviation. ​Gocar+2YouTube+2H2 Mobile+2BFMTV

🔹 Sur l’hydrogène blanc

Concernant l’hydrogène blanc, Jancovici reconnaît son potentiel pour des applications industrielles stationnaires, telles que la sidérurgie ou la production d’ammoniac. Il souligne que l’hydrogène blanc pourrait remplacer une partie de la consommation actuelle d’hydrogène gris dans ces secteurs. ​VacheVerte.fr : le blog écolo

Extrait incontournable d’un entretien avec Jancovici sur l’hydrogène blanc > https://www.youtube.com/shorts/xEd2tJN4__4

🧪 Autres critiques institutionnelles et scientifiques

🔸 Hydrogène vert : critiques de la Cour des comptes européenne

La Cour des comptes européenne a émis des critiques sur la politique de l’UE en matière d’hydrogène vert, soulignant des objectifs de production ambitieux sans planification réaliste.​ Climat et Vérité

🔸 Hydrogène blanc : prudence scientifique

L’IFP Énergies nouvelles (IFPEN) reconnaît le potentiel de l’hydrogène blanc comme une énergie propre et compétitive, avec un coût de production estimé entre 0,5 et 1,5 euro/kg. Cependant, l’IFPEN souligne que l’exploitation industrielle de cette ressource est encore à ses débuts, nécessitant des recherches supplémentaires pour évaluer sa viabilité à grande échelle.​ IFP Énergies Nouvelles

📌 En résumé

Critique principale

Hydrogène vert 🌱

Hydrogène blanc

Rendement énergétique Faible Inconnu / variable
Coût actuel Élevé Potentiellement bas
Maturité technologique Moyenne Faible
Cadre réglementaire En cours Quasi-inexistant
Acceptabilité sociale Variable À construire
Potentiel de décarbonation Fort Élevé mais incertain

— 

Une sélection d’images libres de droits provenant de plateformes réputées.

D’après ‘ChatGPT’, des images sont disponibles pour un usage commercial, mais il est recommandé de vérifier les licences spécifiques de chaque image avant utilisation.

🌱 Hydrogène Vert

L’hydrogène vert est généralement représenté par des installations industrielles associées à des sources d’énergie renouvelable comme l’éolien et le solaire. Voici quelques images pertinentes :​

  • Production d’hydrogène vert à partir d’énergies renouvelables{{}}
    Source : Technique Solaire
  • Installation industrielle d’hydrogène vert avec éoliennes{{}}

Source : Dassault Systèmes

  • Réservoirs d’hydrogène dans un paysage verdoyant{{}}

Source : Futura Sciences

Hydrogène Blanc

L’hydrogène blanc, étant une ressource naturelle, est souvent illustré par des paysages géologiques ou des installations de forage. Voici quelques images représentatives :​

  • Site de forage pour l’hydrogène naturel{{}}
    Source : Le Télégramme
  • Paysage géologique potentiellement riche en hydrogène blanc{{}}
    Source : Euronews

📚 Banques d’images supplémentaires :

Pour enrichir davantage un article, vous pouvez consulter les plateformes suivantes qui offrent une multitude d’images libres de droits :

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 26/04/2025

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

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Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

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