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"Se mobiliser pour le droit à l’alimentation – Revoir la concentration des acteurs des semences, de l’agriculture et de l’alimentation, ainsi que le rôle du méthane en agriculture - Agriculture et énergie solaire peuvent cohabiter" par Jacques Hallard

dimanche 20 avril 2025, par Hallard Jacques


ISIAS Agriculture Alimentation Climat

Se mobiliser pour le droit à l’alimentation – Revoir la concentration des acteurs des semences, de l’agriculture et de l’alimentation, ainsi que le rôle du méthane en agriculture - Agriculture et énergie solaire peuvent cohabiter 

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 20/04/2025

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Préambule

Rappel sur le méthane en agriculture :

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture - Mis à jour le 12 février 2021 | Commissariat général au développement durable - Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture

  • Les émissions de GES de l’agriculture
  • Le CH4 et le N2O émis par l’agriculture
  • Évolution des émissions de GES de l’agriculture
  • Ressources
    L’agriculture est le deuxième poste d’émissions de GES de la France (19 % du total national et 85 MtCO2 eq. émis en 2019). Les émissions de GES de l’agriculture sont caractéristiques, car majoritairement composées d’autres molécules que le CO2 et issues de processus biologiques. L’élevage (fermentation entérique et gestion des déjections) est la source de 68 % des émissions nationales de méthane (CH4) et la culture des sols (fertilisation minérale et organiques) de 80 % des émissions nationales de protoxyde d’azote (N2O). Le secteur de l’agriculture intègre également environ 11 Mt de CO2 eq., liés à la consommation d’énergie par les engins agricoles et sylvicoles. Les émissions de GES de l’agriculture ont diminué de 8 % entre 1990 et 2019. Les GES associés à l’usage des sols ou leur changement d’usage ne sont pas intégrées au secteur de l’agriculture mais à celui de de l’utilisation des terres, changement d’affection des terres et foresterie.

Lire la suite …Les émissions de GES de l’agriculture

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Introduction

Après une mise en garde du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) qui s’engage « pour le droit à l’alimentation : une mobilisation essentielle », il est proposé un Tour d’horizon actualisé sur l’agriculture provenant de l’excellent site ‘lafaimexpliquee.org

Ensuite une étude de ‘theconversation.com’, met en exergue le levier du méthane qui pourrait constituer un levier à utiliser en agriculture vis-à-vis de climat… et un document publié par ‘rse-magazine.com’ dont l’auteur rapporte une étude prometteuse dont les résultats indiquent que l’agriculture et l’énergie solaire peuvent cohabiter…

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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§§§

En France, plus de 8 millions de personnes souffrent de la faim, et près de 18 % des agriculteurs et agricultrices vivent sous le seuil de pauvreté. En parallèle, notre système alimentaire met en danger la biodiversité et nuit à la santé de chacun d’entre nous.

Face à ces enjeux, le CFSI rejoint plus de 60 organisations, dans le cadre du Manifeste pour une mobilisation politique forte en faveur du droit à l’alimentation. Ces organisations appellent ensemble à l’adoption d’une loi-cadre pour garantir le droit à l’alimentation en France, un droit fondamental qui doit être pleinement respecté. Cette loi s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux de la France en la matière.
Adopter cette loi, c’est permettre à chaque individu de choisir une alimentation saine, respectueuse de l’environnement, tout en garantissant une vie digne et en bonne santé, pour soi-même et pour les générations futures.

Origine de l’information < https://www.cfsi.asso.fr/le-cfsi-sengage-pour-le-droit-a-lalimentation-une-mobilisation-essentielle/

Renouvellement du label Don en confiance 2025

Comité Français pour la Solidarité Internationale - Qui sommes-nous ? Nos actions Nos projets Agir avec nous

Le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) rassemble 26 organisations engagées pour la lutte contre la faim et les inégalités. < FAIRE UN DON

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  • Tour d’horizon actualisé sur l’agriculture - Message de mars 2025 émanant de lafaimexpliquee.org –
    En ce mois de mars 2025, sur lafaimexpliquee.org, nous aimerions attirer votre attention sur les sujets suivants :

Les acteurs de l’alimentation et de l’agriculture - Première partie  : Les États et les organisations inter-gouvernementales

Un monde complexe, dans lequel les intérêts s’affrontent constamment… [lire]

Opinion : L’agriculture pour la résilience économique lors des crises politiques et financières - Le cas du Bangladesh par Saifullah Syed - Pendant des décennies, un cadre de politiques solide et cohérent a permis de construire une agriculture résiliente capable de faire face aux turbulences politiques et financières... [lire

L’accaparement vert : opérations financières juteuses, communautés dépossédées, mais peu d’impact sur les émissions de CO2 - La nouvelle solution pour lutter contre le changement climatique ? [lire

Opinion : Les tarifs imminents menacent l’approvisionnement en nourriture 
par Matt Freeman - Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump mettent en danger la sécurité alimentaire aux États-Unis et dans le monde… [lire

Le thème de ce mois est INÉGALITÉS.

Après une phase de diminution, depuis le milieu des années 1990, la pauvreté stagne et les inégalités se creusent dans le monde. Cette évolution est loin d’être un phénomène « naturel » inévitable, sinon souhaitable, comme voudraient le faire croire certains. Plutôt, elle résulte de caractéristiques fondamentales du système économique en place. [lire

Après une phase de diminution, depuis le milieu des années 1990, la pauvreté stagne et les inégalités se creusent dans le monde. Cette évolution est loin d’être un phénomène « naturel » inévitable, sinon souhaitable, comme voudraient le faire croire certains. Plutôt, elle résulte de caractéristiques fondamentales du système économique en place. [lire

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— -

Les acteurs de l’alimentation et de l’agriculture - Deuxième partie  : Les entreprises privées

[Note de l’auteur : pour un retour aux sources suggérées dans le cours de ce texte, veuillez repartir de la source d’origine ‘lafaimexpliquee.org’]

1. Un peu d’histoire

Le désengagement des États, commencé sur une grande échelle dans les années 1980, a laissé une place de plus en plus importante, voire centrale, aux entreprises privées dans les systèmes alimentaires.

Le fort mouvement de libéralisation économique observé pendant la période Margaret Thatcher au Royaume-Uni (1979-1990) et la présidence de Ronald Reagan aux États-Unis (1981-1989), dans les pays à haut revenu, et la mise en œuvre par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel dans les pays à revenu intermédiaire et faible, ont favorisé le développement du secteur privé au niveau mondial, national et local.

L’objectif de la libéralisation des échanges - institutionnalisée lors de la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) - et de la privatisation de l’économie était d’augmenter l’efficacité des économies et d’accélérer la croissance.

En outre, les entreprises numériques jouent un rôle de plus en plus important à tous les niveaux des systèmes alimentaires en y collectant et analysant des masses considérables de données et en apportant des services de conseils technico-économiques

D’ailleurs, le désengagement des États de la vulgarisation et du conseil, en particulier auprès des agriculteurs, s’est accompagné de l’apparition de conseillers privés qui peuvent être soit directement employés par les grandes entreprises de l’amont, soit par des entreprises de conseil avec un volet numérique d’importance variable.

Enfin, une véritable « industrie de la certification » s’est développée peut-être en réaction aux critiques de plus en plus vives sur les impacts négatifs des systèmes alimentaires par la société - particulièrement par les consommateurs, mais également à cause de la crainte d’une intervention de l’État sous forme d’une législation trop contraignante, ou de futures conséquences d’abus qui pourraient résulter en actions de justice pouvant entraîner des amendes considérables

Avec la financiarisation croissante du système alimentaire, l’influence des entreprises de la finance (banque, fonds de pension et autres investisseurs) se fait sentir davantage, ce qui suscite des inquiétudes par rapport à la transition alimentaire, étant donnée la priorité accordée par les financiers au court terme et aux profits immédiats.

Figure 1 - Les principales multinationales de l’agroalimentaire en 2013 < {{}}

Micro- et méga-entreprises

À côté de cette diversité fonctionnelle, il y a également une diversité de taille considérable des entreprises du système alimentaire. Celle-ci peut varier
énormément

Cohabitent à la fois le petit agriculteur indien qui cultive une fraction d’hectare et dont la production peut s’évaluer à quelques centaines de dollars par an (une partie variable de cette production peut être autoconsommée par la famille), et le géant de la grande distribution WalMart dont le chiffre d’affaires annuel est de plusieurs centaines de milliards de dollars.

La tendance observée est à la concentration accélérée des entreprises. Elle s’accompagne de l’émergence de géants qui peuvent contrôler une part considérable de l’activité dans un domaine particulier. C’est la concentration horizontale. Ainsi, on constatait qu’en 2020, les quatre entreprises les plus importantes pesaient 65 % dans l’industrie agrochimique, 58 % de l’industrie des produits vétérinaires, 52 % pour la production de semences, et 45 % pour l’équipement agricole, en chiffre d’affaires.

La figure 2 illustre cette idée en montrant la structure et les liens existant dans l’industrie semencièren >{{}}

Figure 2 - Structure de l’industrie semencière (1996-2022) < Agrandir le schéma

De plus en plus, la concentration se fait aussi verticalement, certaines grandes entreprises développant des activités à différents niveaux des filières agroalimentaires.

Par exemple, certaines multinationales du commerce agricole disposent d’unités de production (grandes fermes, plantations) et de leur propre unité de finance qui leur permet de spéculer sur les prix des produits qu’ils commercialisent, afin de limiter leurs risques, et qui peut aussi conseiller des clients dans le domaine financier, et en tirer des revenus appréciables.

[Addenda – Voir aussi la comparaison ci-après >

Le groupe ETC estime qu’en 2020, quatre entreprises de semences contrôlaient environ 51 % des ventes de semences et que ces mêmes quatre entreprises représentaient plus de 62 % des ventes mondiales de produits agrochimiques.

Source : https://philhoward.net/2023/01/04/seed-digital/ ]

La réorganisation et la concentration des entreprises se font à l’aide d’une multitude de fusions-acquisition et participations qui peuvent faire évoluer très rapidement le paysage des sociétés privées actives dans les systèmes alimentaires.{{}}

Le cas particulier des multinationales{{}}

Ce sont des entreprises menant des activités de production, de commercialisation, de transformation, de distribution ou de recherche dans plusieurs pays à la fois. On les appelle aussi parfois des entreprises transnationales. Leur développement a été favorisé par le fait que d’être à cheval sur plusieurs pays confère des avantages compétitifs considérables.

Ces avantages sont en partie d’origine fiscale, financière, économique et sociale.
Grâce à l’intégration verticale des filières où elles opèrent - de la production
jusqu’à la transformation, voire la distribution -, elles peuvent utiliser la
facturation interne artificielle des produits échangés entre diverses succursales et
filiales situées dans des pays à régimes fiscaux différents pour transférer leurs
bénéfices vers les pays à moindre pression fiscale. Elles peuvent également
bénéficier de modalités de financement avantageuses au niveau international qui
leur donne un avantage dans leur compétition avec des compagnies nationales.

Enfin, elles peuvent choisir de développer leurs activités dans les pays qui leur
offrent les conditions les plus intéressantes d’un point de vue économique et
social (aides, montant des salaires et cotisations sociales, etc.).

Il y a environ 80 000 multinationales dans le monde. En 2022, celle ayant le
chiffre d’affaires le plus élevé était l’entreprise états-unienne de grande
distribution Walmart (573 milliards de dollars) et celle qui faisait les plus gros
bénéfices était la compagnie pétrolière Saudi Aramco (105 milliards de dollars)
[lire en anglais].

L’OMC considérait qu’en 1995, un tiers du commerce international des produits
était réalisé par des transnationales, et cette proportion est passée à plus de 50 %
en 2000 [lire] et probablement bien davantage aujourd’hui.

Le tiers secteur

À la frontière entre le secteur privé et le monde associatif et la société civile,
il y a une catégorie d’entreprises privées que l’on a souvent tendance à oublier : le
tiers secteur

Il regroupe coopératives, mutuelles, associations et fondations. Dans l’Union
européenne, il emploie environ 6 % des salariés [lire], et 10 % en France [lire].

Le tiers secteur est défini de manière différente selon le pays. Ses limites peuvent
varier considérablement même à l’intérieur de l’Union européenne [lire en
anglais]. Dans certains pays, une bonne part des organisations de la société civile
sont considérées comme appartenant au tiers secteur.9

C’est ce que l’on appelle aussi l’économie sociale et solidaire. Ce qualificatif évoque des entreprises qui, tout en faisant partie du secteur privé, ne donnent pas priorité au profit, mais plutôt à des valeurs sociales, environnementales, culturelles ou politiques [lire en anglais].

Ces entreprises sont présentes dans l’alimentation et les secteurs qui en sont
proche : l’agroalimentaire (coopératives), la restauration, les coopératives de
consommateurs, les banques et les assurances (mutuelles), en particulier, et plus
classiquement, l’action sociale.

Elles se caractérisent par un mode de fonctionnement spécifique (démocratie
interne, solidarité, sans but lucratif) et sont généralement autonomes et
indépendantes de l’État et d’actionnaires externes, mais elles peuvent parfois
avoir des filiales privées opérant en dehors du tiers secteur.

Dans le monde anglo-saxon, par exemple, l’essentiel du tiers secteur (third sector) est fait d’organisations9 charitables (charities) et d’ONG [lire en anglais].

Dans certains pays comme l’Allemagne ou les États-Unis, où le tiers secteur est très important, ses activités sociales sont souvent financées par l’État de manière prépondérante.

Il peut quelquefois y avoir une ambiguïté dans le cas de certaines entreprises de
ce secteur, et il peut être difficile de savoir si ce sont des organisations de la
société civile ou des entreprises du tiers secteur.

De même, quelques établissements du tiers secteur sont tellement liés au secteur
privé lucratif que l’on peut se poser la question si elles sont vraiment non
lucratives. C’est le cas, en particulier, de certaines fondations qui sont dotées de
ressources financières provenant d’une ou de plusieurs multinationales (ce qui
permet à celles-ci d’échapper en partie au fisc). Les fondations réinvestissent leur
capital dans des entreprises lucratives et utilisent les profits tirés de ces
placements pour s’arroger « le droit illégitime de décider de l’avenir des autres »,
tout en faisant des affaires dans leur intérêt propre et en participant à la
promotion de programmes et de produits de leurs sociétés mères ou des firmes
dans lesquelles elles ont investi [voir notre page thématique sur Évasion fiscale
et philanthropie].

Le pouvoir des entreprises

Traditionnellement, le pouvoir économique des entreprises a été mesuré par la
« part de marché » que celles-ci sont capables de capter : plus elle est
importante, plus la société est considérée comme puissante. Ainsi qu’on vient de
le voir dans les paragraphes précédents, la tendance a été à la concentration de ce
pouvoir en un nombre réduit de très grandes entreprises. Ces dernières bénéficient alors d’un rapport de force favorable avec leurs fournisseurs et leurs clients, ce qui leur donne la possibilité d’imposer des prix qui leur assurent une rente et, de la sorte, d’accroître leurs bénéfices.

Cela les rend encore plus fortes dans la compétition avec les entreprises actives dans le même domaine qu’elles. Le cas des supermarchés illustre très bien ce phénomène. La taille de ces sociétés reposant sur la centralisation des achats, l’innovation dans la logistique, l’imposition de normes et l’utilisation de contrats qui leur sont très favorables
avec les producteurs, leur ont permis de gagner en compétitivité et d’éliminer en
grande partie les formes de commerce de détail préexistantes.

Avec la transformation des filières d’approvisionnement alimentaire découlant de
l’urbanisation et du développement du commerce international, les grandes entreprises du secteur privé ont commencé à développer leurs propres normes de qualité et de sécurité pour les produits circulant dans les filières internationales qu’elles contrôlent.

De la sorte, elles ont imposé ces normes internationales aussi bien aux opérateurs travaillant dans la filière - excluant du marché ceux qui ne les respectaient pas - qu’aux États. La nature de ces normes dépend à la fois des exigences technico-économiques de l’entreprise et de celles des consommateurs finaux, ce qui explique pourquoi c’est surtout la grande distribution qui les a produites [lire en anglais]. Avec le temps, ces normes ne se sont pas simplement limitées à la qualité et la sécurité sanitaire des produits, mais ont également pris en compte des questions sociales et environnementales, à partir du moment où ces dimensions acquirent une importance croissante aux yeux des consommateurs.

L’apparition de ces normes marque une étape majeure dans l’évolution du rôle
des entreprises privées, puisqu’elle correspond à un transfert partiel d’une
fonction importante de l’État, à savoir la réglementation. C’est à partir du
tournant du siècle que cette évolution est véritablement devenue déterminante

Avec l’irruption du numérique, le contrôle de l’information est devenu un outil de
pouvoir considérable. En effet, avec son avènement, il est aisé de centraliser en un
lieu (en une entreprise) une masse énorme d’information détaillée, variée et localisée sur des aspects critiques de ce qui se passe aux différents stades d’une filière :
- conditions de la production au niveau des unités agricoles (sol, météorologie, état de santé des plantes et des animaux, technologies disponibles et mises en œuvre, intrants agricoles et alimentaires utilisés) et des usines de transformation, conditions de transport et de stockage, l’état des marchés, la composition des produits alimentaires au stade de la consommation (y compris les résidus découlant des technologies de production et les additifs divers ajoutés lors de la transformation), besoins et préférences des consommateurs.

Il devient alors possible pour la société qui détient ces informations de les exploiter pour gouverner jusque dans le moindre détail ce qui se passe. Ces normes sont relatives à la qualité des produits, définie à partir d’un certain nombre de critères contenu - présence de résidus et d’additifs divers -, forme, couleur, etc.), mais aussi à la manière dont ils
sont produits, transformés, transportés. Elles intègrent souvent des critères autres que ceux des normes définies par les États et, au niveau international, par le Codex Alimentarius de la FAO et de l’OMS, ou les normes HACCP ou ISO22000.

En particulier, l’aspect des produits y tient une place importante puisqu’il a un effet sur l’attrait qu’ils peuvent susciter auprès des consommateurs (couleur, régularité de la forme, absence de taches, absence de gras dans le cas de la viande, etc…) dans une filière donnée en fixant des normes détaillées relatives à la qualité des produits et aux processus de production, de transformation, de stockage et transport, et d’exclure les producteurs ou opérateurs ne respectant pas le cahier de charge, les privant des débouchés et revenus indispensables pour leur survie.

Cette évolution, très récente, et qui s’est fortement accélérée pendant la pandémie de la COVID-19, a permis l’apparition et le développement de nouvelles entreprises qui, en dépit d’une taille parfois réduite, ont pu prendre le contrôle de filières entières grâce à leur capacité de collecte et d’analyse d’information numérisée ;

L’image des entreprises privées {{}}

Pour arriver à leurs fins, et dissimuler leur responsabilité écrasante dans les
conséquences négatives du système alimentaire mondial, les grandes entreprises
ne ménagent pas leurs efforts pour tenter d’améliorer leur image auprès des
pouvoirs publics et surtout de la population. Elles le font de trois manières principales : par la communication et par la certification, en plus de par leur travail de lobbying déjà évoqué ci-dessus.

La communication
Il suffit de consulter les sites des plus grandes multinationales opérant dans les
systèmes alimentaires pour constater qu’elles utilisent toutes les ficelles de la
communication pour faire croire qu’elles n’œuvrent que pour le bien du monde, et
non pour le profit de leurs actionnaires. Les objectifs qu’elles présentent, leurs
innovations, les programmes sociaux qu’elles financent parfois sont mis à
contribution avec brio [voir un exemple tiré d’un site web consulté en mars 2025]
et montrent qu’elles sont bien conscientes des problèmes des systèmes
alimentaires desquels elles sont au moins en partie responsables.
En outre, elles dépensent une montagne de ressources pour des publicités
omniprésentes vantant tous les côtés positifs de ce qu’elles font et produisent.
9La certification
La prise de conscience du problème de la durabilité de l’alimentation a entraîné la
prolifération d’entreprises de certification dont le but est de démontrer par les
faits que les compagnies opérant dans les systèmes alimentaires sont des entités
responsables faisant le nécessaire pour les rendre durables.

L’augmentation du nombre de certificateurs a également eu pour conséquence
une multiplication des méthodes et des normes de certification, ce qui sème une
certaine confusion. En outre, il y a de plus en plus d’exemples de pratiques
douteuses et opaques par certains certificateurs.

Ces organismes se spécialisent aussi souvent sur des aspects spécifiques tels que
- le climat (par exemple le CDP - anciennement Carbon Disclosure Project,
financé par des États et des fondations philanthropiques),
- les forêts (par exemple Forest 500, spécialisé dans la notation des entreprises
les plus importantes dans le domaine du risque forestier),
- la durabilité économique, sociale et environnementale (par exemple Rainforest
Alliance, qui se spécialise sur la certification de produits tropicaux),
- le commerce équitable (Fairtrade international ou World Fair Trade
Organization).

Pour en savoir davantage sur la certification, lire ici.

Les alliances

Les entreprises s’engagent également dans des alliances qui leur permettent de
se rapprocher d’autres acteurs opérant dans les systèmes alimentaires, en
particulier les États et les organisations de la société civile. Elles peuvent ainsi
accroître leur influence et étendre leur domaine d’activité.

Les alliances regroupent généralement des acteurs diversifiés : les États, des
compagnies privées ainsi que des représentants de la société civile. Les raisons
d’être de ces alliances peuvent varier considérablement. Une des premières
alliances de ce type a été la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la
nutrition, créée par les membres du G8 en 2012, dans laquelle participèrent, en
plus des pays, plusieurs dizaines de multinationales (parmi lesquelles Cargill et
Yara), des dizaines d’entreprises nationales, ainsi que plusieurs coopératives et
associations d’agriculteurs. Bien d’autres alliances de ce type furent établies au cours du temps, telles que L’alliance mondiale pour une agriculture climato-intelligente, The Alliance of Champions for Food Systems, Transformation (ACF), the World Benchmarking Alliance, the Food Action Alliance, et bien d’autres encore…

Gouverner le système alimentaire mondial
L’ambition du secteur privé, depuis peu, ne semble plus avoir de limite. Le
pouvoir économique ne lui suffit plus, ni d’ailleurs le pouvoir politique que lui
donne sa capacité d’influencer les responsables politiques et la recherche
scientifique par le truchement du lobbying, une activité dans laquelle le secteur
privé investit des sommes considérables.

Son intégration au Conseil pour la Sécurité alimentaire mondiale (CSA), au
moment de la réforme qu’il a connue à la suite du constat de désorganisation et
d’inefficacité face à la crise de 2007-2008, ne lui a pas suffi.

Représenté par le Forum économique mondial de Davos (FEM), il a pu, grâce à
l’organisation conjointe avec les Nations Unies du Sommet sur les systèmes
alimentaires, en 2021, promouvoir une nouvelle forme de gouvernance
mondiale de l’alimentation que l’on a qualifiée de « spontanée et dont
l’objectif semble clairement être de saper le travail du CSA et de semer la
confusion en multipliant des processus chronophages et stériles souvent dominés
par les grandes entreprises de l’agro-industrie.

Parmi les nombreuses initiatives prises par le FEM, on note par exemple la formule qu’il propose pour gérer et stimuler l’innovation technologique censée résoudre tous les problèmes du système alimentaire mondial. La direction y est, d’évidence, confiée aux entreprises privées, les autres opérateurs étant appelés à se mettre à leur service selon leurs capacités (Figure 3)

Figure 3 - Le système d’innovation proposé par le Forum économique mondial de Davos (FEM) décrypté par ‘lafaimexpliquée’

Le FEM, lui-même, est le symbole au niveau mondial, des liens étroits existant
entre les gouvernants - et le personnel politique, en général - et le secteur privé.
Ce lien, cette alliance objective, se retrouve aux niveaux national et local, quand -
11et c’est le plus souvent le cas - les dirigeants politiques accordent la priorité la
plus grande à la production agricole et alimentaire, même si c’est au détriment
des aspects sociaux, environnementaux et sanitaires et qu’ils sont persuadés12
que ce sont les entreprises qui sont les mieux placées pour contribuer à son
augmentation.

C’est ce lien solide qui empêche de remettre en question l’évolution en cours vers
des systèmes alimentaires de moins en moins durables. Au contraire, comme cela
a déjà dit à plusieurs reprises sur ‘lafaimexpliquée’, ce qu’il faudrait, pour que les
systèmes alimentaires puissent aller vers plus de durabilité, c’est une alliance
entre les États, les agriculteurs et les consommateurs, qui soit en capacité de
réguler le secteur privé, afin que la démocratie alimentaire dont beaucoup rêvent
ait une chance de voir le jour. Materne Maetz (avril 2025)

Lire aussi dans notre page thématique « Les acteurs de l’alimentation et de
l’agriculture » :
- Première partie : Les États et les organisations intergouvernementales
- Troisième partie : La société civile

Pour en savoir davantage :
- Roach, B., Corporate Power in a Global Economy, An ECI Teaching Module on
Social and Environmental Issues, Economics in Context Initiative, Global Development Policy Center, Boston University, 2023 (en anglais).
- Henson, S., et J. Humphrey, Les impacts des normes privées de sécurité sanitaire
des aliments sur la chaîne alimentaire et sur les processus publics de
normalisation, FAO, 2009.

Sites web consultés :
- What is the third sector and what does it do ? Northern Bridge Doctoral Training
Partnership (en anglais).
Est-il utile de rappeler ici à notre fidèle lectorat combien les travailleurs du monde agricole et alimentaire ont généralement un revenu bien inférieur à ce qu’il est dans les autres secteurs, combien les ressources naturelles sont menacées par les pratiques dominantes dans nos systèmes agricoles et alimentaires, ou combien celles-ci mettent en danger la santé des consommateurs et des producteurs, ainsi que la sécurité alimentaire mondiale ?

Sélection d’articles déjà parus sur ‘lafaimexpliquée’ et liés à ce sujet :
- Réparer le système alimentaire grâce à l’innovation, la recette du Forum économique mondial, 2025.
- Opinion : Les partenariats public-privé : une pseudo solution miracle, arnaque financière, par Jomo Kwame Sundaram, 2024.
- Au cœur du système économique mondial : la protection des droits de propriété
intellectuelle, 2024.
- Deux ans après le Sommet sur les systèmes alimentaires : beaucoup de
rhétorique et de réunions, très peu de résultats tangibles, 2023.
- La « transition agricole et alimentaire » est en cours - Neuf changements nous
indiquent vers quel monde elle nous mène, 2023.
- Le pouvoir économique privé dans les systèmes alimentaires et ses nouvelles
formes, 2022.
- Opinion : Un étrange Sommet par George-André Simon, 2021.
- Entreprises responsables ou verdissement affiché ? L’industrie de la certification
au service des multinationales, 2021.
- La révolution numérique dans l’alimentation et l’agriculture - Belles promesses,
résultats mitigés et pari risqué, 2021.
- La privatisation de l’aide au développement : intégrer davantage l’agriculture au
marché mondial, 2018.
- La “Nouvelle Vision pour L’agriculture” du Forum de Davos est en marche…
2017.
- L’imposition du modèle économique libéral, 2013.
- Les principaux acteurs des politiques agricoles et alimentaires et leurs
motivations, 2013.
Pages thématiques pertinentes sur ‘lafaimexpliquée’ :
- Concentration dans le système alimentaire
- Évasion fiscale et philanthropie
- Finance
- Gouvernance
- Les acteurs de l’alimentation et de l’agriculture
- Lobbys
- Multinationales et leur image
- Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition
- Sommet sur les systèmes alimentaires

Contactez-nous à lafaimexpl@gmail.com - Lafex.org

Thèmes – lafex.org

Source : https://lafex.org/wp-content/uploads/2025/04/Entreprises_avril2025.pdf

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  • Climat et agriculture - Pour éviter le risque de surchauffe, le levier du méthane : l’agriculture pourrait constituer un levier pour compenser la perte de l’effet refroidissant du SO2 et des aérosols. Par Nicoleta Ionescu/Shutterstock - Publié : 06 avril 2025, 17:33 CEST – Document ‘theconversation.com’
    Limiter l’utilisation des énergies fossiles doit permettre de lutter contre le réchauffement climatique. Or, à court terme, il faut aussi prendre en compte l’autre conséquence de la décarbonisation de l’économie : la baisse des émissions de dioxydes de soufre, qui ont, au contraire, un effet refroidissant sur la planète. Pour pallier le risque de surchauffe transitoire, il existerait pourtant un levier précieux : réduire les émissions de méthane liées à l’agriculture.{{}}

L’agriculture est sous tension. Aujourd’hui source de problèmes écologiques, sanitaires, sociaux et même éthiques du fait des enjeux de souffrance animale, elle pourrait se situer demain du côté des solutions. Elle pourrait constituer le principal levier pour répondre au risque d’un épisode de surchauffe du climat.

La réduction de l’utilisation des énergies fossiles, rendue nécessaire pour l’atténuation du changement climatique, porte en effet un tel risque. Le recours aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel…) provoque des émissions de dioxyde de carbone (CO2), dont l’effet de serre réchauffe le climat. Mais la combustion d’un grand nombre de ces produits fossiles s’accompagne de l’émission de dioxyde de soufre (SO2) qui possède un effet refroidissant sur le climat et génère des aérosols qui ont eux aussi un effet refroidissant.

Au plan global, l’impact du CO2 en termes de réchauffement est plus fort que le pouvoir refroidissant du SO2 et constitue la première cause du changement climatique. Se passer des énergies fossiles, ce que nous nommerons dans cet article défossilisation de l’énergie, est donc au cœur des stratégies d’atténuation du changement climatique.

Le problème, c’est que les effets sur le climat d’une baisse des émissions de CO2 mettent du temps à se faire sentir du fait de la durée de vie élevée du CO₂ dans l’atmosphère. En comparaison, les effets d’une chute des émissions de SO2 sont quasiment immédiats, la durée de vie de ce gaz n’étant que de quelques jours dans la troposphère et de quelques semaines dans la stratosphère.

Si elles ne prennent en compte ces différences de temporalité, les stratégies d’atténuation pourraient conduire à un épisode de surchauffe momentané du climat. Les rapports du GIEC ont notamment exploré ces incertitudes : à l’issue d’un arrêt rapide des fossiles, l’effet réchauffant lié à la fin des émissions de SO2 se situerait très probablement dans la fourchette de 0,11 °C à 0,68 °C.

Afin de répondre à ce risque, certains promeuvent des solutions de géo-ingénierie, dont certaines sont porteuses de risques environnementaux majeurs. Pourtant, une solution simple qui ne présente pas de tels risques existe.

Elle repose en premier lieu sur la diminution rapide des émissions anthropiques de méthane, tout d’abord celles issues de l’agriculture, du fait de l’élevage de bétail notamment. Cette option est politiquement sensible, car elle nécessite l’appropriation de ces enjeux et la mobilisation du monde agricole et des consommateurs.

Pour ce faire, il est essentiel que des recherches ouvertes soient menées avec et pour la société.

De la surchauffe à l’emballement{{}}

Revenons d’abord sur l’effet refroidissant des émissions de SO2 émis par les énergies fossiles. Cet effet sur le climat résulte de l’albédo du SO2, c’est-à-dire du pouvoir réfléchissant du SO2 pour le rayonnement solaire. Cet albédo intervient à trois niveaux :

  • tout d’abord, directement par le SO2 lui-même,
  • ensuite, par l’intermédiaire de l’albédo des aérosols que génère le SO2,
  • enfin, ces aérosols agissent sur le système nuageux et en augmentent l’albédo. En leur présence les nuages sont plus brillants et réfléchissent plus de rayonnement solaire vers l’espace.
    Ce n’est pas tout. Au risque d’un épisode de surchauffe dû à la baisse des émissions de SO2, s’ajoute celui d’une amplification du réchauffement par des phénomènes laissés sur le côté par les modèles climatiques et les scénarios habituels. Par exemple, des hydrates de méthane des fonds marins pourraient mener à des émissions subites de méthane. Autre exemple, sous les glaciers polaires, des populations de micro-organismes émetteurs de méthane ou de dioxyde de carbone pourraient se développer massivement du fait de la fonte des glaces.

La question prend une nouvelle importance : depuis 2024, l’ampleur du réchauffement se situe au-dessus de la fourchette probable prévue par le GIEC. La température moyenne de l’année 2024 a dépassé de plus de 1,5 °C le niveau de référence de l’ère préindustrielle. Pour le mois de janvier 2025, ce dépassement est de 1,75 °C, et de 1,59 °C en février, malgré le retour du phénomène climatique La Niña qui s’accompagne généralement d’un refroidissement temporaire des températures.

S’agit-il d’une tendance de fond ou seulement d’un écart passager ? À ce jour, il n’existe pas de réponse à cette question qui fasse l’objet d’un consensus entre les climatologues.

Réduire les émissions de méthane, une carte à jouer{{}}

Réduire rapidement les émissions de méthane d’origine humaine permettrait de limiter considérablement le risque d’épisodes de surchauffe, et ceci sans occasionner d’autres risques environnementaux.

Le méthane est, à l’heure actuelle, responsable d’un réchauffement situé dans une fourchette de 0,3 °C à 0,8 °C, supérieure à celle du SO2. Quant à la durée médiane de vie du méthane dans l’atmosphère, elle est légèrement supérieure à dix ans.

Dix ans, c’est peu par rapport au CO2, mais c’est beaucoup plus que le SO2 et ses aérosols. Autrement dit, réduire les émissions de méthane permettrait de limiter le réchauffement à moyen terme, ce qui pourrait compenser la surchauffe liée à l’arrêt des émissions de SO2.

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Durée de vie médiane de plusieurs composés chimiques dans l’atmosphère. Fourni par l’auteur

Mais pour cela, il faut qu’il existe une réelle stratégie d’anticipation, c’est-à-dire une réduction des émissions de méthane d’origine humaine qui surviennent de façon plus rapide que la défossilisation de l’énergie (baisse des émissions de CO2), sans pour autant affaiblir les ambitions relatives à cette dernière.

Où placer les priorités ? À l’échelle mondiale, les émissions anthropiques de méthane sont issues :

  • à hauteur d’environ 40 %, d’activités agricoles (rizières en surface inondée, élevage de ruminants…),
  • à 35 %, de fuites liées à l’exploitation des énergies fossiles,
  • et pour environ 20 %, de déchets (fumiers, décharges, traitement des eaux…).
    On peut donc considérer que 35 % des émissions s’éteindraient avec la défossilisation. D’ici là, il est donc urgent de réduire les fuites de méthane liées à l’exploitation des énergies fossiles tant que celle-ci n’est pas totalement abandonnée.

Mais comme ce levier ne porte que sur un bon tiers des émissions de méthane, il reste prudent de miser sur l’agriculture, l’alimentation et la gestion des déchets.

Favoriser l’appropriation locale{{}}

Réduire les émissions de méthane de l’agriculture peut, par exemple, passer par une modification des régimes alimentaires des ruminants, par le recours à des races moins émettrices de méthane, par l’allongement du nombre d’années de production des ruminants, par des changements dans le mode de culture du riz, ou par la récupération du méthane issu de la fermentation des fumiers. Il existe une grande diversité de procédés techniques pour réduire les émissions de méthane d’origine agricole.

Ces procédés sont le plus souvent à mettre au point ou à perfectionner et restent à développer à l’échelle internationale. Ils requièrent des innovations techniques, une adaptation des marchés et une appropriation par les agriculteurs. Leur déploiement ne peut suffire et ne pourra être assez rapide pour répondre à l’urgence qu’il y a à diminuer drastiquement les émissions de méthane. La question de la réduction de certaines productions agricoles et de certaines consommations alimentaires se pose donc.

Réduire de façon conséquente la consommation de viande de ruminants, de produits laitiers et de riz est possible… si les comportements de consommation individuels suivent. Cela exige une forme de solidarité mais aussi des décisions politiques fortes. Cela passe par une appropriation pleine et entière des enjeux climatiques par les agriculteurs, par les consommateurs et par l’ensemble des parties prenantes des questions agricoles et alimentaires.

La dimension locale serait une voie pertinente pour mettre en œuvre des solutions. À cet égard, les GREC (groupes régionaux d’experts sur le climat) pourraient jouer un rôle majeur.

Nous avons notamment identifié deux leviers : la dimension de forum hybride de la démocratie technique (espace d’échanges croisés entre savoirs experts et savoirs profanes), qui peut être prolongée par une dimension de recherche-action-participative (RAP).

Au niveau régional, ils permettraient de mettre en débat les connaissances scientifiques en matière de changement climatique, comme ce cas a priori contre intuitif de surchauffe planétaire liée à la défossilisation. Ils pourraient contribuer à la définition de stratégies déclinées localement en solutions concrètes et nourrir des questionnements nécessitant un travail de recherche.

Les GREC pourraient ainsi impulser des démarches participatives de recherche et d’innovation et, par exemple, s’appuyer sur des dispositifs d’interface sciences-société (boutiques des sciences, tiers-lieux de recherche, fablab, hackerspace…). Pour cela, ils pourraient s’appuyer sur des approches RAP qui permettent de co-produire des savoirs avec des chercheurs, d’avoir une meilleure appropriation des résultats de recherche pour des applications concrètes et d’impliquer des citoyens et/ou des groupes concernés au travers de leur participation active à toutes les étapes du projet de recherche et de ses applications.

Par la création d’un réseau international, les GREC pourraient favoriser des synergies entre les actions locales et contribuer à définir et à renouveler les stratégies nationales et internationales, tout ceci, non par le haut comme de coutume, mais par le bas.

À lire aussi : Climat : derrière les objectifs chiffrés, une édulcoration des connaissances scientifiques  ?

À lire aussi : Moins d’aérosols de soufre, moins d’éclairs : les effets surprenants d’une réglementation maritime

agriculture changement climatique méthane aérosols soufre

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  • Agrivoltaïque - Agriculture et énergie solaire peuvent cohabiter : voici les résultats d’une étude prometteuse – Par Claire Morel - Publié le 04/03/2025 – Document ‘rse-magazine.com’

Imaginez des moutons paissant sous des panneaux solaires, tout en produisant une laine de 20% meilleure.

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Agriculture et énergie solaire peuvent cohabiter : voici les résultats d’une étude prometteuse | RSE Magazine {{}}

L’énergie solaire, reconnue pour être propre et renouvelable, se présente de plus en plus comme une alternative aux énergies polluantes comme le gaz et le pétrole. Le hic, c’est que les panneaux solaires occupent pas mal de place. Pour contourner ce problème, de nouvelles idées apparaissent, et l’agrivoltaïque se démarque en permettant de produire de l’électricité tout en continuant à cultiver la terre.

L’agrivoltaïque : une idée futée{{}}

Cette approche innovante permet de tirer le meilleur parti des terres en associant panneaux solaires et agriculture. Le petit plus, c’est que l’ombre créée par les panneaux aide certaines cultures à mieux pousser. Par exemple, en Espagne, des projets font cohabiter des panneaux solaires et des oliviers.

Des études ont même prouvé que des cultures comme le maïs, la blette et les haricots se développent mieux sous une ombre partielle. On voit donc ici comment une contrainte d’espace peut se transformer en avantage pour les agriculteurs.

Étude en Nouvelle-Galles du Sud : un cas concret{{}}

En Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, Lightsource bp, spécialiste en énergies renouvelables, a commandé une étude sur l’agrivoltaïque. Celle-ci a été réalisée par EMM Consulting en collaboration avec Elders Rural Services. L’étude s’est focalisée sur le projet Wellington Solar Farm qui s’étend sur 320 hectares et offre une capacité de 174 MW. Depuis trois ans, environ 1 700 moutons Mérinos paissent tranquillement sous les panneaux solaires (autrement dit, on optimise l’espace pour le bétail).

Les premiers résultats sont encourageants : la qualité de la laine produite par ces moutons n’a rien perdu à cause de cette cohabitation avec les installations solaires. Au contraire, certains indicateurs montrent même une nette amélioration. Le fermier Tony Inder a expliqué que, grâce à la variabilité des précipitations (qui permet une alimentation variée pour ses moutons), la qualité de la laine s’est nettement améliorée au fil du temps.

Points positifs et perspectives{{}}

Faire paître les moutons sous les panneaux solaires présente plusieurs avantages. D’un côté, cela permet d’augmenter le nombre de moutons dans l’exploitation et d’améliorer la qualité de leur laine. Les chiffres indiquent que la laine obtenue est environ 20% supérieure, analysée sous l’angle de sa croissance, de son poids et de ses microns.

Emilien Simonot, responsable de l’agrivoltaïque chez Lightsource bp, explique : « Ces résultats montrent le potentiel des fermes solaires à enrichir les pratiques agricoles » (une vraie bonne nouvelle pour ceux qui veulent allier tradition et modernité). Brendan Clarke ajoute : « Chercher des solutions pour que l’agriculture et l’énergie propre avancent main dans la main est indispensable pour bâtir un avenir plus durable ». Ces témoignages traduisent bien l’intérêt grandissant pour ce modèle hybride, qui pourrait bien révolutionner notre manière de produire de l’énergie renouvelable.

L’étude démontre que combiner l’agriculture traditionnelle avec la production d’énergie solaire ne nuit pas aux pratiques déjà en place. Au contraire, cette union offre des bénéfices mutuels non négligeables. Face aux défis environnementaux actuels, développer des systèmes comme l’agrivoltaïque pourrait jouer un rôle majeur dans la transition vers un avenir respectueux de notre planète.

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