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"Grégoire VII (vers 1015/1020-1085), Bernard de Clairvaux (1090/1091-1153) et autres personnages marquants de la Chrétienté autour du 11ème siècle en Europe – Symboles et enregistrements actuels de musiques et chants du XIᵉ" par Jacques Hallard

mercredi 2 avril 2025, par Hallard Jacques



ISIAS Cultures Religions XIe siècle Partie 2

Grégoire VII (vers 1015/1020-1085), Bernard de Clairvaux (1090/1091-1153) et autres personnages marquants de la Chrétienté autour du 11ème siècle en Europe – Symboles et enregistrements actuels de musiques et chants du XI

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 31/03/2025

Série ‘Personnages historiques autour du 11ème Siècle’

Présentation

1ère Partie – Judaïsme - ’Rachi de Troyes (1040-1105) : commentateur biblique talmudique, juif et intégré en France, conseiller (des juifs et des chrétiens), proche des Comtes de Champagne, un modèle de la diaspora juive – Musiques juives choisies’ par Jacques Hallard 30 mars 2025 - ISIAS Cultures Religions XIe siècle

2ème Partie - Grégoire VII (vers 1015/1020-1085), Bernard de Clairvaux (1090/1091-1153) et autres personnages marquants de la Chrétienté autour du 11ème siècle en Europe – Symboles et enregistrements actuels de musiques et chants du XI

Plan du document : Symbolique chrétienne  Préambule Introduction Sommaire Auteur


Symbolique chrétienne :

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Mosaïque au sol avec un motif de poisson d’animaux dans l’Église Byzantine à Pétra en Jordanie – Source : https://mondesfrancophones.com/chroniques/le-poisson-du-vendredi/

L’église byzantine de Pétra en Jordanie (aussi connue sous le nom d’ « Église de Pétra » (5ème-6ème siècle) ; style nabatéen et byzantin) est un remarquable exemple d’architecture religieuse de Pétra à l’époque byzantine. Elle est située sur un monticule au centre de la ville, au nord de ce qu’il est convenu d’appeler « la rue des Colonnades » [1],[2]. C’est l’une des trois églises byzantines de l’endroit, les deux autres étant l’église Ridge (ou église rouge)[3] et la « chapelle bleue » située au nord de l’église principale et ainsi appelée parce qu’elle fut construite avec du granite bleu égyptien [4]. L’église est renommée pour ses somptueuses mosaïques en excellent état de conservation… - Wikipédia

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Poisson - Ichthus ou Ichtys (du grec ancien ἰχθύς / ichthús, « poisson ») est l’un des symboles majeurs qu’utilisaient les premiers chrétiens en signe de reconnaissance. Il représente le Sauveur durant les débuts de l’Église primitive. En grec, le mot ἸΧΘΥΣ / ichthus est formé des lettres initiales des mots « Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱός, Σωτήρ / Iēsoûs Khristòs Theoû Huiòs Sōtr », soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu, [notre] Sauveur ». Désormais, il reste un symbole stylisé en forme de poisson formé de deux arcs de cercle, ainsi qu’un acronyme… - Source

Deux poissons, symboles chrétiens, détail d’une tombe mosaïque, en Tunisie. Période chrétienne primitive, 4ème siècle. Tunis, Musée National Du Bardo. ©Getty - DEA/G. DAGLI ORTI

Le poisson : un des plus vieux signes religieux de l’ère chrétienne - Publié le samedi 1er avril 2017 - Provenant du podcast Faut-il y croire ? - Par ‘France Inter’ - La tradition du poisson d’avril pourrait avoir des racines religieuses… - Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/faut-il-y-croire/le-poisson-un-des-plus-vieux-signes-religieux-de-l-ere-chretienne-7104588

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Types de croix chrétiennes (ci-dessus) – Source

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La Croix de Saint-Maur (IXème siècle ?) de l’ancienne abbaye bénédictine de Saint-Maur, au Thoureil, non loin d’Angers - https://choeursdesaintmaur.fr/notre-histoire/

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Préambule

Un faisceau d’informations préliminaires conséquentes sont proposées dans un but didactique pour ce dossier qui constitue la Partie 2 qui traitant spécialement de la chrétienté et du christianisme, dans de la Série ‘Personnages historiques autour du 11ème Siècle’, mise en ligne sur ISIAS

Le christianisme est né au 1er siècle, en Palestine. À la mort du prédicateur juif Jésus de Nazareth, considéré comme le Messie, ses disciples parcourent l’Empire romain et transmettent sa parole. Le christianisme se répand alors au sein de cet Empire….

L’histoire du christianisme commence au 1er siècle au sein de la diaspora juive, après la crucifixion de Jésus de Nazareth dont la date probable se situe vers l’année 30. Les premières communautés, qui ne se définissent pas encore comme chrétiennes, sont fondées par plusieurs disciples de Jésus, en particulier dans les villes de Rome, Éphèse, Antioche, Alexandrie mais aussi en Perse et en Éthiopie. Quand il devient une religion admise puis la religion officielle de l’Empire romain au IVe siècle, les premiers conciles définissent peu à peu un ensemble de dogmes. Mais les christologies déclarées hérétiques dans l’Empire ne disparaissent pas pour autant. Parmi elles, l’arianisme et le nestorianisme perdurent pendant plusieurs siècles. Au VIIe siècle, le passage d’une grande partie des chrétiens du Moyen-Orient et d’Espagne sous domination musulmane modifie le paysage du christianisme. Au VIIIe siècle la querelle des images puis le débat sur le Saint-Esprit donnent lieu à de nouvelles controverses qui, ajoutées aux rivalités politiques, aboutissent à la séparation des Églises d’Orient et d’Occident.

Le christianisme européen, parvenu à son apogée, s’étend jusqu’en Amérique à partir du XVIe siècle, au moment même où il se fractionne de nouveau, cette fois en raison de la Réforme protestante. Les guerres de religion qui s’ensuivent mettront plusieurs siècles à s’estomper au profit d’une rivalité plus feutrée, puis d’une recherche d’unité et de tentatives d’œcuménisme.

Les trois grandes confessions chrétiennes, le catholicisme, l’orthodoxie et le protestantisme, regroupent au XXIe siècle près de 2 milliards et demi de fidèles répartis sur tous les continents… - Wikipédia

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Une représentation très schématique des diverses Eglises chrétiennes. En réalité les choses sont beaucoup plus complexes, y compris avant 1054, mais ce dessin permet de connaître l’essentiel. C’est dans le terreau du judaïsme que la souche chrétienne a toutes ses racines. Jésus en est le cep et les différentes Églises en sont les sarments, pour prendre une image biblique (Jean 15). 

Source : https://www.seraphim-marc-elie.fr/article-arbre-simplifie-des-confessions-chretiennes-108525475.html

Voir aussi sur ce blog une autre représentation de l’histoire du christianisme et son évocation par le Père Armogathe > http://seraphim.over-blog.com/article-histoire-du-christianisme-67141810.html

arbre_christianisme.jpgAgrandir l’image

Quelle est la différence entre le christianisme et la chrétienté ? - Le christianisme est une religion monothéiste issue du judaïsme. Le monothéisme est la foi en un seul dieu, par opposition au culte polythéiste de la mythologie romaine qui suggérait l’existence de plusieurs dieux. La chrétienté est l’ensemble des chrétiens, des pays chrétiens.

Quelle est la différence entre le copte et le christianisme ? - Le terme « copte » est tiré du mot grec Aegyptoe (Égypte) : c’est ainsi que les conquérants arabes désignèrent la population de l’Égypte, composée en majorité d’indigènes. Le mot désigne aujourd’hui les chrétiens d’Égypte.

Les chrétiens d’Orient sont les chrétiens qui vivent au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Ils représentent des minorités plus ou moins importantes en Irak, en Syrie, en Israël/Palestine et au Liban (dont la communauté maronite), en Égypte (dont les communautés coptes), en Iran ou en Turquie, en Inde, au Pakistan. Les chrétiens d’Orient ne forment pas un groupe homogène : ils appartiennent à différentes confessions chrétiennes : les Églises anté-chalcédoniennes (anciennement nommées « orthodoxes orientales »), l’Église orthodoxe, l’Église catholique et, plus rarement, diverses Églises protestantes. Présents depuis les origines du christianisme, les chrétiens d’Orient ont été discriminés sous plusieurs régimes [1], parfois exterminés [1].

À l’époque contemporaine, les chrétiens d’Orient sont persécutés dans certains pays. Au début du XXe siècle, au Proche-Orient et au Moyen-Orient, un habitant sur quatre était chrétien ; ils sont aujourd’hui 11 millions parmi 320 millions de musulmans (soit un sur trente), partout minoritaires et contraints de chercher la protection des pouvoirs en place [1]

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/06/L%27Oeuvre_d%27Orient_2017_locator_map.svg/300px-L%27Oeuvre_d%27Orient_2017_locator_map.svg.pngAgrandir l’image

Champ d’action de L’Œuvre d’Orient. Cette carte correspond en grande partie à la répartition des chrétiens d’Orient… - Source : htps ://fr.wikipedia.org/wiki/Chr%C3%A9tiens_d%27Orient

La chrétienté au Moyen Âge : elle correspond à l’aire géographique des chrétiens. C’est aussi une notion qui définit la communauté des chrétiens. La chrétienté reste unie jusqu’en 1054, avec le schisme qui marque la séparation entre l’Église catholique de Rome et l’Église orthodoxe de Constantinople…

Se repérer dans l’espace et le temps historique >>>

La chrétienté médiévale – L’Occident chrétien au XIe siècle - L’Eglise et la religion dans la société chrétienne, XIe-XIIIe siècle - Document pédagogique de Sabine Castets

Photo

Agrandir l’image - Source de la documentation : https://castetssabine.weebly.com/uploads/1/0/3/2/103299610/capture-d-e-cran-2017-12-29-a-15-02-10_orig.png

La chrétienté au XIe-XIIe siècle - Juillet 2023 - Agrégation 2024 - Histoire médiévale - Webdossier 25 – Document ‘lhistoire.fr’

https://www.lhistoire.fr/sites/lhistoire.fr/files/article_papier_field_image_portrait/2-Chretiente%20au%20XI-XIIe%20siecle-vignette.jpgAgrandir l’image

Aux XIe et XIIIe siècles, la chrétienté latine achève son expansion en Europe.{{}}

Les royaumes scandinaves, convertis au christianisme au XIe siècle, finissent d’être évangélisés et sont découpés en évêchés et paroisses.

Dans la péninsule Ibérique, la Reconquête avance. À l’est cependant, la papauté, qui affirme de plus en plus le caractère universel de son pouvoir au XIe siècle, se heurte à Constantinople ; en 1054, c’est l’excommunication réciproque du patriarche byzantin et des légats pontificaux qui débouche sur le schisme.

Une rupture qu’approfondiront les croisades, à partir de 1095 (appel du pape Urbain II pour reprendre Jérusalem), en particulier le sac de Constantinople par les croisés en 1204.

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Source : https://www.lhistoire.fr/carte/la-chr%C3%A9tient%C3%A9-au-xie-xiie-si%C3%A8cle

Au XI siècle, la chrétienté a été marquée en Europe par plusieurs figures influentes. Voici quelques-uns des personnages les plus notables de cette période (classés dans l’ordre chronologique de leur naissance vérifiée ou estimée) :​

En France : {{}}

Pierre Abélard (1079-1142) - Philosophe et théologien français, Abélard est connu pour ses travaux en logique et théologie, ainsi que pour sa relation avec Héloïse. Son ouvrage ’Sic et Non’ pose les bases de la méthode scolastique en confrontant des opinions divergentes sur des questions théologiques.​

Bernard de Clairvaux (1090/1091 - 1153) – ou Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon et mort le 20 août 1153 à l’abbaye de Clairvaux, est un moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse et saint catholique. pour l’ordre cistercien qu’il a réformé, église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon… - Entré à l’abbaye de Cîteaux en 1112, Bernard fonde en 1115 l’abbaye de Clairvaux, où il impose une discipline stricte. Il devient une autorité reconnue au sein du clergé catholique, rédige des traités, soutient la création de l’ordre des Templiers au concile de Troyes en 1128, et prêche la deuxième croisade en 1147. Canonisé en 1173, il est déclaré docteur de l’Église au XIXᵉ siècle.

En Italie{{}}

L’Italie était divisée au 11ème siècle entre plusieurs entités : le Saint-Empire romain germanique au nord, des principautés et républiques indépendantes (comme Venise) et les États pontificaux .

Guillaume de Volpiano (962-1031) - Moine bénédictin italien, Guillaume joua un rôle clé dans la réforme monastique en France, notamment à l’abbaye de Saint-Bénigne à Dijon. Il contribua à la diffusion de la règle de Saint-Benoît et à la réforme des pratiques liturgiques.

Pierre Damien (1007-1072) – Réformateur monastique et cardinal, très impliqué dans les réformes ecclésiastiques.

Robert Guiscard (1015-1085) – Chef normand qui conquit la Sicile et le sud de l’Italie en battant les Byzantins et les Arabes.

Grégoire VII (vers 1015/1020-1085) – Né à Sovana et mort le 25 mai 1085 à Salerne, il fut moine bénédictin toscan et devint le 157ème pape, succédant à Alexandre II pape en 1073 ; il fut le principal artisan de la réforme grégorienne et il chercha à affirmer l’indépendance de l’Église vis-à-vis des pouvoirs laïques, notamment en s’opposant à l’empereur germanique Henri IV lors de la querelle des Investitures. Son ’Dictatus Papae’ de 1075 proclame que seul le pape a le pouvoir de nommer ou de déposer les princes et les rois…. - JH2025-03-30T20:02:00J

Wikipédia

Anselme de Cantorbéry (1033-1109) – Philosophe et théologien né en Italie ; Anselme devient archevêque de Cantorbéry en 1093. Il est reconnu pour ses contributions à la théologie scolastique et il a influencé la pensée chrétienne avec sa preuve, son ’argument ontologique’ de l’existence de Dieu.

Matilde de Canossa (1046-1115) – Importante noble italienne qui a soutenu le pape Grégoire VII contre l’empereur Henri IV.

Au Portugal :{{}}

Saint Théoton de Coïmbre (1082-1162) : né près de Valença, il est le fondateur des chanoines réguliers de la Sainte-Croix de Coïmbre. Ordonné prêtre, il refuse la charge d’évêque de Viseu pour se consacrer à la vie monastique et missionnaire. Il est canonisé en 1163, devenant ainsi le premier saint canonisé du Portugal. ​Wikipédia, l’encyclopédie libre

En Angleterre :{{}}

Saint Thomas Becket (1118 ou 1120-1170) : archevêque de Cantorbéry, il s’oppose au roi Henri II d’Angleterre concernant les droits et privilèges de l’Église, ce qui mène à son assassinat en 1170. Canonisé en 1173, il devient une figure majeure du christianisme anglais. ​Wikipédia, l’encyclopédie libre

En Irlande et en Écosse : {{}}

Bien que des figures telles que Saint Brendan et Saint Colomba d’Iona soient emblématiques du christianisme en Irlande et en Écosse, leurs vies et œuvres se situent principalement aux Vᵉ et VIᵉ siècles.​ Wikipédia, l’encyclopédie libre

En Allemagne {{}}

L’Allemagne du 11ᵉ siècle fait partie du Saint-Empire romain germanique, un ensemble de territoires dirigé par des empereurs puissants.

Henri II (973-1024) – Dernier empereur ottonien (règne 1014-1024), canonisé en 1146. Il a renforcé l’Église et l’autorité impériale.

Conrad II (990-1039) – Premier empereur de la dynastie salienne, il a consolidé son pouvoir sur la Bourgogne et l’Italie.

Henri III (1016-1056) – Un des plus puissants empereurs du Saint-Empire, il a imposé son contrôle sur la papauté.

Henri IV (1050-1106) – Connu pour la querelle des Investitures contre le pape Grégoire VII, épisode marqué par la pénitence de Canossa en 1077.

Hildegarde de Bingen (1098-1179) – Bien que sa carrière soit surtout au 12ᵉ siècle, elle est née à la fin du 11ᵉ et a marqué l’histoire comme visionnaire, compositrice et théologienne. Voir aussi dans ce dossier sur ISIAS : ’Sélection de personnages féminins de langue germanique à travers les siècles, à l’occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars 2018.’ par Jacques Hallard

En Russie {{}}

Au 11ᵉ siècle, la Russie est dominée par la Rus’ de Kiev, une puissance slave orientale influencée par Byzance.

La Rusʹ de Kiev[2],[3] ou Rous de Kiev, avec une translittération scientifique (en vieux russe : Роусь / Rous’ ou Роусьскаѧ землѧ / Rous’skaja zemlja ; en ukrainien : Київська Русь ; en russe : Киевская Русь / Kievskaja Rusʹ ; en biélorusse : Кіеўская Русь / Kijeŭskaja Ruś), appelée aussi État de Kiev[4], Russie kiévienne[5], principauté de Kiev ou Ruthénie prémongole[6], est une principauté slave orientale qui a existé du milieu du IXe au milieu du XIIIe siècle sous la domination des Varègues (Vikings) et des Slaves de Kiev (Polianes), auxquels les Varègues se sont assimilés[7],[8]. Elle s’est finalement fragmentée en une multitude de principautés qui ont ensuite subi, à l’ouest, la conquête lituanienne et à l’est l’invasion mongole, qui commença en 1223. La Rusʹ de Kiev est la plus ancienne entité politique commune à l’histoire des trois États slaves orientaux modernes : Biélorussie, Russie et Ukraine. À l’origine, le nom Rusʹ, ou Terre de Rusʹ (« pays du gouvernail », roðslagen en varègue) désignait la région des Polianes vivant dans l’actuelle Ukraine centrale, dont le centre était Kiev, mais plus tard, il désigna également tous les territoires subordonnés à Kiev[9],[10]. En finnois actuel, la Suède est appelée Ruotsi, nom à rapprocher de Rusʹ, ce qui peut signifier que les Finnois voyaient autrefois les populations des deux côtés de la mer Baltique comme apparentées [11],[8]. À la fin du IXe siècle, les Varègues ont commencé à arriver à Kiev, et Askold et Dir sont devenus les premiers souverains scandinaves de Kiev en 864. Jusqu’alors, les Polianes avaient rendu hommage aux Khazars, un peuple turc semi-nomade, qui allait finalement être conquis par Kiev sous le règne de Sviatoslav le Brave en 965. Au XIe siècle, la Rusʹ de Kiev est l’État d’Europe le plus étendu, atteignant la mer Noire, la Volga, ainsi que le royaume de Pologne et ce qui devient le grand-duché de Lituanie. La Rusʹ de Kiev est alors culturellement et ethniquement diverse, comprenant des populations — peu nombreuses — slaves, baltes, scandinaves et finno-ougriennes vivant en pogosts, communautés organisées autour d’un lieu de culte pravoslave, qui deviendra une paroisse après la christianisation et sera la base du système du mir[12].

La Rusʹ est d’abord dirigée par une dynastie d’origine scandinave, les Riourikides, rapidement slavisée. Les règnes de Vladimir le Grand (980-1015) et de son fils Iaroslav le Sage (1019-1054) constituent l’âge d’or de la Rusʹ, convertie à l’orthodoxie, et avec les premiers écrits en langue slave, notamment des codes juridiques, telle la Rousskaïa Pravda (« le Droit russe »[5]). Une princesse kiévienne devient reine de France sous le nom d’Anne de Kiev, épouse du roi de France Henri Ier. Cet essor est dû aux voies commerciales existant alors entre la Scandinavie, fournisseur de bois, de peaux et surtout d’ambre, mais aussi d’esclaves, et Constantinople, source de cire d’abeille et de miel, de soieries, et d’or. La Rusʹ contrôle en effet deux routes commerciales importantes :

Personnages de Rus’ de Kiev retenus dans cet article : {{}}

Vladimir Ier (vers 958-1015) – Prince de Kiev qui a christianisé la Rus’ en 988. Son héritage marque profondément l’histoire russe.

Iaroslav le Sage (978-1054) – Fils de Vladimir, il a fait de Kiev un centre culturel et législatif majeur, établissant le premier code de lois (Russkaïa Pravda).

Vsevolod Ier (1030-1093) – Grand prince de Kiev qui a défendu son territoire contre les invasions nomades.

Boris et Gleb (morts en 1015) – Fils de Vladimir Ier, considérés comme les premiers saints orthodoxes russes, martyrisés lors de conflits dynastiques.

Nestor de Kiev (vers 1056-1114) – Moine chroniqueur, auteur de la ’Chronique des temps passés’, source majeure sur l’histoire de la Rus’.

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En Espagne et en Grèce  : selon une requête formulée auprès de ‘ChatGPT’, les sources disponibles ne mentionnent pas de figures chrétiennes spécifiques au XIᵉ siècle dans ces deux pays.

Cette période du 11ème siècle est marquée par de nombreux mouvements religieux et des réformes monastiques significatives.​ Les exemples sélectionnés ci-dessus illustrent l’importance de certaines personnalités chrétiennes dans les pays mentionnés autour du XI siècle.Ces figures ont profondément influencé la chrétienté médiévale par leurs actions et leurs enseignements.

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Introduction {{}}

Ce dossier est la Partie 2 de la Série ‘Personnages historiques autour du 11ème Siècle’ et postée sur ISIAS

Un Préambule bien fourni propose de nombreuses informations, mais il a été fait le choix de traiter uniquement deux personnages, à savoir :

Grégoire VII (vers 1015/1020-1085) et Bernard de Clairvaux (1090/1091-1153) parmi les personnages marquants de la Chrétienté autour du 11ème siècle en Europe …

Il a aussi été ajouté une rubrique musicale avec enregistrements actuels de musiques et chants du XI

Les articles sélectionnés spécialement pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire {{}}

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Le XIe siècle en Europe occidentale marque le début du Moyen Âge central.

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L’Europe vers l’an 1000.

Situation politique

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d5/Logo_travaux_orange-simple.svg/20px-Logo_travaux_orange-simple.svg.png{{Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

La situation politique en Occident est généralement monarchique tous les pays (ou du moins la plus grande partie) sont vassaux ou ennemis

Féodalité - Articles détaillés : Féodalité, Droit féodal, Chevalerie et Fief.

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Chevaliers du Christ par Jan van Eyck.

Aux XIe et XIIe siècles, l’organisation féodale du duché de Normandie peut se résumer ainsi :

  • Le duc de Normandie est un prince territorial du royaume des Francs et doit prêter hommage au roi, son seigneur. Pour faire la guerre, le duc peut lever l’arrière-ban, c’est-à-dire faire appel à tous les hommes de son duché.
  • Le duc de Normandie est entouré de barons desquels il a reçu l’hommage. Les barons disposent d’une dizaine de fiefs ou davantage qu’ils tiennent du duc. Ils ont aussi généralement le titre de comte. Ils forment la cour ducale.
  • Les seigneurs disposent de fiefs de haubert (ou fiefs de chevaliers) et doivent rendre l’hommage au baron dont ils sont les vassaux.
  • Enfin, les vassaux de ces seigneurs, les vavasseurs, en bas de la hiérarchie, tiennent des fractions de fiefs de haubert.
    Le vassal doit à son seigneur l’ost, le service armé gratuit de quarante jours. Mais dès le XIIe siècle, ce service est remplacé par une somme d’argent.

La chevalerie constitue une catégorie sociale à part entière [1]. Cette dernière se situe socialement au-dessous de la noblesse. Un chevalier n’est pas issu de la noblesse d’un point de vue héréditaire, et n’a pas le pouvoir de convoquer des vassaux à son service ni de commander, de contraindre, de convoquer l’ost (droit de ban). Cependant, un chevalier doit pouvoir se procurer ses armes, l’armement caractéristique du chevalier étant coûteux, composé d’un cheval, de la lance et de l’épée pour le XIe siècle.

Les tournois deviennent courants dans tout l’Occident (en actuelle France, Italie, Allemagne, Pays-Bas et Luxembourg, notamment).

Évolution religieuse - Articles détaillés : Croisade et Réforme grégorienne.

La croisade de Barbastro, prêchée en 1064 pour la reconquista, a un retentissement énorme dans la chrétienté. C’est la première fois qu’une armée franchit les Pyrénées dans le but de combattre les Maures en Espagne. Cette expédition est de ce fait considérée comme un prélude aux Croisades, qui débutent une trentaine d’années plus tard.

Après la prise de Jérusalem en 638, les Fatimides n’avaient imposé qu’une redevance aux pèlerins chrétiens se rendant à Jérusalem [2].

  • 1078 : Prise par les Turcs Seldjoukides de Jérusalem pour le compte des califes abbassides aux dépens des califes fatimides. Les nouvelles autorités n’autorisent plus les pèlerinages chrétiens à Jérusalem.
  • 1095 : au concile de Clermont, le pape Urbain II appelle la chrétienté à la Croisade pour rétablir le droit de passage vers les lieux saints.
  • 1099 : Les Croisés prennent pied à Jérusalem. Le comte d’Edesse Baudoin se proclame roi de Jérusalem l’année suivante.
    L’Église du XIe siècle et des siècles suivants devient celle du clergé séculier, et voit progresser une cléricalisation qui sera une caractéristique des siècles suivants. Le Pape est prince italien qui a une politique et entretient une armée, et cherche à faire reconnaître la supériorité du pape sur l’empereur [3]. Bernard de Menthon incarne au contraire la fidélité à la situation passée[3].

Au synode de 1059, Nicolas II impose aux clercs la pratique de la vita apostolica, remettant en cause les structures de l’Église [3]. Urbain II précisera la chose : moines et chanoines mènent tous deux cette vita apostolica, les moines doivent rester dans leurs monastères et les chanoines dans leurs chapitres. Cette réforme conduira à la multiplication des collégiales au XIIe siècle [3].

Paix et Trêve de Dieu - Articles détaillés : Paix de Dieu et Trêve de Dieu.

La Paix de Dieu prend toute son ampleur au tournant du XIe siècle. C’est là, en effet, que les assemblées se transforment véritablement en conciles, les décisions étant consignées dans des canons de plus en plus élaborés. Cependant, la Paix de Dieu n’est pas homogène ni universelle. Au contraire, il s’agit pendant longtemps d’un mouvement intermittent et localisé, l’Église ne l’initiant que là où elle en a besoin et peut l’imposer.

Une fois pris en main par Cluny (à partir de 1016), le mouvement touche d’autres régions : il atteint la Bourgogne où un concile se tient à Verdun-sur-le-Doubs (1021), et où la « paix des Bourguignons » est signée. Odilon de Cluny commence alors à jouer un rôle majeur. Il propose dans un premier temps aux chevaliers bourguignons une diminution de la faide (guerre privée) et la protection des chevaliers qui feront le Carême. Dans un second temps à partir de 1020, Odilon instaure une nouvelle paix clunisienne en Auvergne par le biais de sires de sa parenté.

À partir du concile de Limoges de 998, les princes eux aussi s’investissent dans le mouvement et en utilisent la dynamique [4]. Ce sont d’ailleurs ces princes qui transmettent le mouvement au Nord malgré l’opposition virulente de plusieurs prélats importants tels que Gérard de Cambrai ou Adalbéron de Laon proches des carolingiens et très hostiles aux Clunisiens qui soutiennent l’instauration d’une dynastie capétienne. La seconde vague de paix, de plus en plus imprégnée par les moines, connaît son paroxysme avec l’initiation à la trêve de Dieu (concile de Toulouges, 1027) [5].

Le mouvement reprend de la vigueur en 1027, en CatalogneOliva de Besalù l’évêque de Vic très lié à Cluny lance la trêve de Dieu avec le Synode d’Elne (dit concile de Toulouges, 1027)[6], puis en 1033 un synode à Vic, son propre diocèse[7]. Il introduit une notion temporelle : les exactions et combats sont interdits le dimanche [8].

Dans les années 1030-1040, le mouvement est relayé par les clunisiens. Il s’agit maintenant de prescrire une suspension des hostilités entre « bellatores » (guerriers) durant certaines périodes de l’année, à l’instar des temps prohibés du calendrier chrétien.

En interdisant toute activité militaire pendant les périodes liturgiques, l’Église souhaitait rendre impossible toute grande entreprise militaire. La guerre n’est plus autorisée que 80 jours répartis tout le long de l’année en 1054. La trêve de Dieu introduit la réprobation de l’homicide entre chrétiens. C’est ce mouvement, plus que la paix de Dieu qui dans les faits instaure la paix médiévale.

C’est aussi durant cette période que le mouvement (de Paix-Trêve) s’institutionnalise, pris en main exclusivement par les clercs, évêques et moines réformateurs. Lors des conciles de la seconde moitié du XIe siècle, sont promulguées à la fois des dispositions de paix et de trêve, les deux institutions étant désormais liées.

Comme la Paix, la Trêve se propage du Midi vers le Nord grâce à l’appui des réseaux d’Église réformateurs, avec cependant des variantes selon les régions.

La paix et la trêve de Dieu ne sont pas les seuls outils utilisés par l’église pour moraliser la conduite de la chevalerie : elle introduit aussi des notions religieuses dans les serments de vassalité ou bénit les armes des chevaliers [9].

Par la Paix de Dieu, l’Église ne cherche pas à interdire la guerre et à promouvoir la paix : elle moralise la paix et la guerre en fonction de leurs objectifs et de ses intérêts. C’est en cela que la Paix de Dieu constitue une étape préparatoire importante de la formation de l’idée de croisade.

Les ducs et comtes retrouvent assez de pouvoir pour reprendre en main le mouvement de paix : en 1047, en Normandie, la Paix de Dieu devient la paix du duc (concile de Caen) ; en 1064 en Catalogne, elle devient la paix du comte. Dans le même temps, la paix s’internationalise, s’étendant aux pays voisins de la France : Catalogne, Angleterre, pays germaniques.

Structure sociale{{}}

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/de/Ecoles_XIe_s.gif/250px-Ecoles_XIe_s.gifCentres d’étude au XIe siècle.

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Agriculture{{}}

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ed/Tapisserie_agriculture.JPG/250px-Tapisserie_agriculture.JPG

Tapisserie de Bayeux : scènes d’agriculture. Noter la charrue tirée par un âne et la herse tirée par un cheval Le collier d’attelage n’existe pas encore.

La charrue permet les grands défrichements du XIe au XIIIe siècle[10]. La généralisation du joug permet d’y atteler des bœufs [11]

Le moulin à eau puis le moulin à vent remplacent la meule à main pour moudre le grain.

Source avec Notes et références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Occident_au_XIe_si%C3%A8cle

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  • La Chrétienté dans l’Europe médiévale aux 11ème–13ème siècles - Fiche de cours reprise de ‘myMaxicours’
    Si la religion chrétienne n’est pas la seule présente en occident, les 11e-13e siècles marquent l’emprise du catholicisme sur le continent, conduisant au cours de cette période à une unité de civilisation. L’essor démographique et économique permet aux initiatives religieuses de se multiplier.

1. L’affirmation du pouvoir de l’Eglise et l’organisation du clergé catholique {{}}

Le 10e siècle est marqué par une période de crises (développement des hérésies, peurs engendrées par la fin du millénaire…) et par les difficultés vécues par l’institution ecclésiastique : récurrence de la simonie (c’est-à-dire la vente de charges, de fonctions au sein de l’Église), du nicolaïsme (le mariage ou concubinage des prêtres). Il s’agit pour l’Église de faire face à ces difficultés, d’assurer l’unité des Chrétiens et d’affirmer son autorité.

a. L’affirmation du pouvoir de l’Eglise {{}}

L’état inquiétant de l’Église suscite une réaction qui commence sous le pontificat de Nicolas II et se poursuit sous celui de Grégoire VII.

Grégoire VII, pape entre 1073-1085, est l’un des souverains pontifes les plus importants de l’histoire. Né en Toscane en 1020 il étudie à Rome, devient moine et entre au service de Grégoire VI. Il succède à Alexandre II en 1073. Il entame dès lors une réforme essentielle nommée réforme grégorienne.

La priorité est donnée au rétablissement d’une vie digne dans le Clergé. Il prend ainsi des mesures contre le nicolaïsme et la simonie. Les oppositions à l’institution, les croyances jugées hérétiques, sont réprimées (voir fiche Christianisation et répression des oppositions). L’autre enjeu de cette réforme est politique : il s’agit de s’affranchir du pouvoir des princes, du pouvoir temporel, pour imposer en Europe le pouvoir de l’Église de Rome. Ainsi Grégoire VII interdit l’investiture des évêques par des laïcs. Il s’oppose alors à l’empereur Henri IV. Cette querelle des investitures avec l’empereur germanique a pour enjeu l’indépendance et la prééminence du siège apostolique.

b. L’organisation du Clergé {{}}

Le Clergé a pour vocation d’encadrer les fidèles et d’assurer l’exercice des sacrements et la diffusion des Évangiles. Il faut distinguer deux clergés :

- le Clergé séculier vit « dans le siècle », au contact permanent des fidèles. Il s’organise de façon pyramidale : la hiérarchie est dominée par le pape qui dirige l’Église. L’espace de la Chrétienté est ensuite divisé en circonscriptions plus ou moins importantes qui sont sous l’autorité de religieux spécifiques. L’archevêque dirige un groupe de diocèses, l’évêque est à la tête du diocèse qui lui-même est divisé en paroisses, divisions de base, sous l’autorité d’un prêtre. Tous demeurent sous l’autorité du souverain pontife qui contrôle l’ensemble du Clergé grâce à ses envoyés : les légats. Ce pape est élu par les cardinaux dès 1059. Il fait connaître ses décisions par lettres : les bulles.

- le Clergé régulier quant à lui vit « en dehors du temps », du siècle et selon la
règle d’un Saint. Retirés de la communauté des hommes mais pouvant garder des contacts avec eux, les réguliers vivent dans des monastères et des abbayes. Les abbés dirigent ces communautés de moines. Ce mode de vie religieuse, le monachisme, se développe sur cette période. L’abbaye la plus prestigieuse est celle de Cluny, fondée en 909 par le Duc d’Aquitaine Guillaume le Pieux. La vie de ses moines se centre sur la prière, le souci des pauvres. A la fin du 11e siècle cette abbaye bénédictine compte près

2. Une Chrétienté qui facilite l’unité du continent européen {{}}

a. L’Eglise fixe des règles communes {{}}

Le rôle de la réforme grégorienne est là encore essentiel : alors qu’auparavant les conciles provinciaux suivaient des règles parfois différentes pour la liturgie, la papauté impose des règles semblables pour tous les chrétiens.

Le chant romain s’impose et contribue à la cohérence religieuse. L’unité est aussi assurée par les sacrements distribués aux fidèles. Ces sacrements sont les actes par lesquels le chrétien se voit attribuer une grâce divine. Ils leur donnent par ailleurs des cadres rituels communs. Le baptême marque l’entrée dans la communauté des croyants. A partir du 13e siècle, il est célébré dans l’Église. Le mariage est introduit par l’Église médiévale. La communion devient obligatoire une fois par an à partir de 1215 et l’extrême-onction devient au12e siècle le dernier sacrement attribué au mourant.
Le rythme de vie est guidé, dans les villes et campagnes, par le son des cloches qui fixe les temps de la journée ou bien encore par le calendrier qui célèbre les moments forts de la vie de Jésus et qui permet d’inculquer une éducation chrétienne.

b. Le rôle des pèlerinages {{}}

Le pèlerinage est un voyage entrepris par un fidèle vers un lieu saint pour des motivations religieuses. Ces pèlerinages permettent tout d’abord de découvrir l’espace de l’Europe, ils contribuent ensuite aux rencontres, à la découverte de l’autre, au partage des idées, des connaissances et des techniques. Ils contribuent donc à l’unité de l’espace chrétien européen.

Les lieux de pèlerinage sont nombreux en Europe. Parmi les plus connus et les plus fréquentés, il y a Rome, Saint Jacques de Compostelle, Rocamadour, Tours ou encore le Mont Saint Michel.

c. Le rôle des grandes écoles monastiques ou cathédrales et des universités {{}}

La circulation des idées et du message chrétien sont aussi assurés grâce aux écoles monastiques. Jusqu’au 11e siècle, ces écoles situées dans les monastères sont particulièrement brillantes. Ce sont des lieux de transmission mais aussi de conservation du savoir grâce à leurs bibliothèques et scriptoriums : les abbayes de Cluny, du Bec Hellouin sont reconnues.
La renommée de ces écoles s’efface au 12e siècle au profit des écoles situées en ville, près de la cathédrale : ce sont les écoles épiscopales ou cathédrales comme Chartres, Paris, Oxford…

S’il est difficile de dater la naissance des premières universités, le 13e siècle voit leur nombre augmenter et leur succès s’affirmer grâce à des maîtres illustres tels que St Thomas d’Aquin qui diffuse la philosophie d’Aristote.

L’essentiel > La réforme grégorienne du 11e siècle contribue à l’affirmation du pouvoir de l’Église catholique en Europe. L’assainissement des règles de fonctionnement du Clergé, son organisation rigoureuse permet un encadrement des fidèles qui s’unissent autour de règles communes. Les grandes écoles et les universités achèvent d’assurer la diffusion de cette culture chrétienne.

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  • Grégoire VII d’après Wikipédia - Pour les articles homonymes, voir Saint Grégoire et Grégoire.

    Image illustrative de l’article Grégoire VII
    Miniature représentant Grégoire VII, extrait de la Vita Gregorii VII, c. 1130, bibliothèque de Saint-Gall.

Grégoire VII (Ildebrando de Soana), né vers 1020–1025 à Sovana et mort le 25 mai 1085 à Salerne, est un moine bénédictin toscan qui devient en 1073 le 157e pape, succédant à Alexandre II. Connu parfois comme le moine Hildebrand, il est le principal artisan de la réforme grégorienne, tout d’abord en tant que conseiller du pape Léon IX et de ses successeurs, puis sous son propre pontificat.

Cette réforme de l’Église entend purifier les mœurs du clergé (obligation du célibat des prêtres, lutte contre le nicolaïsme) et lutter contre la simonie, le trafic des bénéfices et notamment des évêchés, ce qui provoque un conflit majeur avec l’empereur du Saint-Empire Henri IV, qui considère comme relevant de son pouvoir de donner l’investiture aux évêques. Au cours de la querelle des Investitures, Grégoire VII oblige l’empereur excommunié à faire une humiliante démarche de pénitence. Cependant, cet épisode ne suffit pas à régler le conflit, et Henri reprend l’avantage en assiégeant le pape réfugié au château Saint-Ange. Libéré par les Normands, le pape est chassé de Rome par la population, excédée par les excès de ses alliés. Grégoire VII meurt en exil à Salerne le 25 mai 1085.

Grégoire VII, considéré comme saint par l’Église catholique, est fêté le 25 mai [1].

Biographie Enfance{{}}

Grégoire VII naît à Sovana proche de Sorano en Toscane vers 1020[2]. Il se nomme Hildebrand, ce qui rappelle l’origine germanique de sa famille [Information douteuse]. Cependant, selon certaines sources, sans doute avec la volonté de faire apparaître un parallèle avec le Christ lors du procès de canonisation, Hildebrand serait issu d’une famille de condition moyenne [2] : son père aurait exercé la profession de charpentier [3].

Élève puis chapelain de Grégoire VI{{}}

Hildebrand est envoyé très jeune à Rome, où son oncle est prieur de l’abbaye clunisienne de Sainte-Marie sur l’Aventin[4]. Il y est instruit et aurait eu pour maître Jean Gratien, le futur pape Grégoire VI. Ce dernier est un fervent réformateur. La culture de Hildebrand est plus mystique que philosophique : il se nourrit plus des psaumes ou des écrits de Grégoire le Grand (dont lui-même et son mentor prendront le nom en accédant au trône de saint Pierre) que de ceux de saint Augustin[2]. Il s’attache à Jean Gratien qui fit de lui son chapelain. Il le suivra jusqu’à sa mort[3].

La fin du IXe siècle et le début du Xe siècle ont été marqués par l’affaiblissement de la puissance publique du fait de la dissolution de l’Empire carolingien. Confrontés aux invasions et aux guerres privées engendrées par la montée en puissance d’une nouvelle élite guerrière qui prend en charge des territoires, les clercs recherchent la protection des puissants. En contrepartie, ces derniers s’approprient le droit de disposer les biens des églises et de désigner les titulaires de charges ecclésiastiques, abbatiales et paroissiales [5]. Dès lors, ces charges sont confiées à des laïcs, souvent contre rétribution et leur transmission se fait parfois par voie héréditaire. L’Église subit une véritable crise de moralité : les charges et des biens de l’Église sont soumis à un véritable trafic (simonie) et la clérogamie (nicolaïsme) est très répandue[6], particulièrement en Italie, en Allemagne et en France[7].

En réaction, cette époque est marquée par un fort mouvement réformateur monastique qui obtient l’autonomie de nombreuses abbayes et impose une moralisation de la conduite de la chevalerie naissante en particulier par les mouvements de la paix de Dieu puis de la trêve de Dieu[8]. Le mouvement est largement porté par Cluny mais pas uniquement : ce sont les abbayes bénédictines de Brogne en Belgique et de Gorze en Lorraine qui propagent la réforme. C’est dans cet esprit qu’est éduqué Hildebrand.

Du fait de la vaste superficie du Saint-Empire romain germanique, l’autorité du souverain germanique est assez faible en Italie. Les grandes familles romaines (et en particulier les comtes de Tusculum) habituées à faire élire le pape, ont repris leurs anciennes prérogatives : trois papes issus de la famille des Théophylactes se succèdent à partir de 1024. Si Benoît VIII et Jean XIX sont énergiques, Benoît IX, élu très jeune, se comporte de manière tyrannique et indigne [7]. Critiquant sa faible moralité, des insurgés romains élisent un antipape en 1045 (Sylvestre III). Mis en difficulté, Benoît IX revend sa charge à Jean Gratien qui, pensant remettre de l’ordre, accepte cet acte de simonie et prend le nom de Grégoire VI. Cependant, il ne parvient pas appliquer la réforme et le désordre est accru : il y a trois papes concurrents.

Depuis l’empereur du Saint-Empire Henri II (1014–1024), les empereurs sont contraints de descendre périodiquement avec leur armée en Italie pour y restaurer leur autorité [9]. L’empereur Henri III intervient lui aussi militairement : le 20 décembre 1046, au synode de Sutri, il dépose les trois pontifes et impose le pape réformateur Clément II [10].

Hildebrand suit son mentor Grégoire VI en exil à Cologne, en Allemagne, et reste auprès de lui jusqu’à sa mort en 1048. Sa vie austère est alors remarquée par Bruno, évêque de Toul et proche parent de l’empereur, qui l’attache à son tour à sa personne.

Conseiller des souverains pontifes Article détaillé : Léon IX.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8c/Leon_IX.jpgLe pape Léon IX.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/23/Heinrich_III_und_Agnes_Speyer.jpg/330px-Heinrich_III_und_Agnes_Speyer.jpgHenri III et Agnès de Poitiers.

À Rome, les désordres persistent. Coup sur coup, les deux papes désignés par l’empereur, Clément II et Damase II, sont assassinés. En 1048, Bruno est proclamé pape par une diète tenue à Worms. Il n’accepte qu’à la condition d’obtenir le consentement du clergé et du peuple romain. Il est confirmé dans cette résolution par Hildebrand qui le persuade de quitter ses vêtements épiscopaux et de se rendre à Rome comme un simple pèlerin, pour demander le renouvellement et la confirmation de sa nomination. Les Romains sont sensibles à cette humilité. Bruno est élevé à la charge pontificale sous le nom de Léon IX le 12 février 1049 [10].

Élevé dans l’esprit de la réforme monastique, il conclut que c’est l’indignité des papes précédents qui leur a valu leur désaveu par les Romains et leur déchéance. Il nomme Hildebrand sous-diacre et le charge de l’administration des revenus du Saint-Siège, proche de la faillite [11]. Les actes les plus importants de son pontificat sont effectués sous le conseil d’Hildebrand [12] qui restera ensuite un des conseillers les plus influents de ses successeurs Victor II (1055–1057), Étienne IX (1057–1058), Nicolas II (1058–1061), Alexandre II (1061–1073)[3]. Hildebrand est l’un des principaux acteurs de ce qu’on appellera plus tard la réforme grégorienne, vingt-cinq ans avant de devenir pape lui-même.

Les organes de gouvernement sont réorganisés ; les services de la chancellerie, désormais très actifs, suivent le modèle impérial et la fonction des cardinaux, auxquels sont confiés des postes-clés de la curie, s’accroît très sensiblement ; ces places, naguère réservées aux représentants des familles romaines, sont ouvertes aux « étrangers », ce qui souligne le caractère universel de la papauté et montre que ces nominations ne doivent plus relever du clientélisme[12].

Une doctrine est élaborée, qui tend à donner au Saint-Siège le pouvoir nécessaire à l’accomplissement de la réforme. Les Dictatus papæ en révèlent les idées maîtresses : dans la société chrétienne, cimentée par la foi, l’ordre laïc a pour fonction l’exécution des commandements de l’ordre sacerdotal dont le pape est le maître absolu. Vicaire du Christ, il est le seul titulaire légitime de l’Empire, puisqu’il est le vicaire du Christ, « l’empereur suprême ». Il peut déléguer ce pouvoir et reprendre sa délégation. L’empereur n’est plus le coopérateur du pape, mais son subordonné. Il doit exécuter le programme de réforme défini par le pape. Or ce programme remettait en cause l’Église impériale.

Hildebrand est envoyé en France pour enquêter sur l’hérésie de Bérenger de Tours. L’écolâtre de Tours affirme qu’il y a seulement une présence spirituelle du Christ dans l’Eucharistie. Déjà condamné aux conciles de Rome et de Verceuil en 1050, puis au synode de Paris en 1054, Bérenger est déféré en 1054 au concile de Tours présidé par Hildebrand. Il reconnaît qu’après la consécration, le pain et le vin sont le corps et le sang du Christ [13].

Léon IX meurt en 1054, mais une délégation romaine comprenant Hildebrand parvient à convaincre l’empereur du Saint-Empire Henri III de choisir Victor II comme successeur, le parti réformateur reste donc au pouvoir au Saint-Siège, bien que le pape continue d’être nommé par l’empereur. Après avoir présidé aux obsèques impériales le 28 octobre 1056, Victor II est, le 5 novembre suivant, le principal artisan de la mise en place de la régence du jeune empereur Henri IV, alors âgé de 6 ans, par Agnès de Poitiers, sa mère et veuve de l’empereur[14]. Cette dernière est proche du mouvement clunisien : le monastère de Cluny est une fondation de sa famille et Hugues de Cluny, son abbé, est le parrain de l’héritier du trône, le futur Henri IV, et le confident intime de la famille impériale.

Toutefois, elle n’a pas l’autorité politique ni le volontarisme de son mari et elle gouverne sous l’influence de prélats comme Annon II de Cologne, Sigefroi Ier de Mayence et Henri d’Augsbourg. Elle doit concéder de nombreuses possessions aux ducs pour garder leur fidélité. Pendant la régence, les relations entre l’Église et l’Empire évoluent au détriment de ce dernier. Au décès de du pape Victor II, en 1057, les réformateurs profitent de la minorité de l’empereur Henri IV : Étienne IX est élu pape sans qu’Agnès soit mise au courant [15],[2]. Le nouveau souverain pontife est le frère de Godefroid II de Basse-Lotharingie. Ce dernier, duc de Basse-Lotharingie et de Toscane, était entré en conflit avec Henri III, soucieux de neutraliser ses vassaux trop puissants : un refus de la régente pourrait déclencher une nouvelle rébellion des grands vassaux. Le nouveau pape s’oppose à la nomination des papes par l’empereur.

Dans son traité de 1058 Contre les simoniaques, le cardinal Humbert de Moyenmoutier analyse les conséquences de la simonie, montre la nécessité de supprimer l’investiture laïque et insiste sur le rôle prépondérant que doit jouer le Saint-Siège dans la réforme [11],[2]. Il y affirme que l’inconduite des clercs provient de leur soumission aux laïcs car ceux-ci les investissent en fonction non pas de leur piété mais des avantages matériels que cette nomination peut leur procurer [16]. Étienne IX est assassiné à Florence après seulement huit mois de pontificat.

Son successeur, Nicolas II, est élu pape à Sienne le 28 décembre 1058 par les soins d’Hildebrand. Il est conduit à Rome par Godefroid II de Basse-Lotharingie qui expulse l’antipape Benoît X, élevé par la faction des Tusculum. Pour ce faire, l’élection de Nicolas II avait reçu l’approbation impériale du jeune empereur Henri IV[15]. Le 13 avril 1059, Nicolas II fait promulguer par un concile réuni au Latran le décret in nomine Dei qui stipule que l’élection des pontifes romains sera dorénavant réservée au collège des cardinaux[ 2],[17]. Le rédacteur de ce décret est très vraisemblablement Hildebrand lui-même[18]. Même si le droit de confirmation par l’empereur est maintenu [19], le pape n’est donc plus l’homme de l’empereur. Les réformateurs ont su profiter de l’instabilité de l’Empire pour procurer l’indépendance du Saint-Siège.

Après la mort de Nicolas II en 1061, les cardinaux choisissent Alexandre II. Une notification est adressée à la cour de l’empereur : ce faisant, ils ne demandent pas à la régente Agnès de reconnaître l’élection [19]. Elle choisit de l’ignorer. Les cardinaux considérant que le privilège de confirmation impérial est abrogé, le nouveau pape est sacré le 30 septembre. Furieux, les Romains, dépossédés de leur ancien droit d’élection, portent leurs griefs devant Agnès de Poitiers. Elle saisit l’occasion de contrer la nouvelle indépendance du Sacré-Collège et convoque une assemblée à Bâle qui, en l’absence de tout cardinal, élit un autre pape (antipape), qui prend le nom d’Honorius II [19]. Ce schisme dure peu de temps et l’antipape est abandonné par ses protecteurs dès 1064. Conforté dans son rôle, Alexandre II accentue son contrôle sur l’Église d’Italie [19]. Il agit en parfait accord avec un groupe de réformateurs, parmi lesquels Hildebrand jouit d’une influence exceptionnelle [19].

Pontificat Élection Article détaillé : Élection pontificale de 1073.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/Pope_Gregory_VII.jpgLe pape Grégoire VII.

En avril 1073, à la mort du pape Alexandre II, il est élu par les cardinaux, sous la pression du peuple romain [11]. Il accepte ces fonctions à contrecœur : il est déjà sexagénaire et en connaît les lourdes responsabilités. Il écrit en 1075 à son ami Hugues de Cluny : « Vous m’êtes témoin, bienheureux Pierre que c’est malgré moi que votre sainte Église m’a mis à son gouvernail [20]. » Cette élection effraye les évêques qui redoutent sa sévérité. Le consentement impérial n’ayant pas été donné ainsi que l’exige encore le droit établi, les évêques de France, qui ont subi les exigences de son zèle réformateur quand il était venu chez eux comme légat, tentent de pousser l’empereur Henri IV à ne pas le reconnaître. Mais Hildebrand sollicite et obtient la confirmation impériale. Il ne prend possession du siège apostolique qu’après l’avoir obtenue.

Dès son avènement, il réclame, en vertu de la donation de Constantin, la Corse, la Sardaigne et même l’Espagne ; il soutient que la Saxe avait été donnée au Saint-Siège par Charlemagne, la Hongrie par le roi Étienne ; et il réclame de la France le denier de Saint-Pierre. Ces prétentions risquant de se heurter à un refus général et de lui attirer trop d’ennemis, il recentre son action sur la lutte contre le nicolaïsme et la simonie.

Lutte contre le nicolaïsme{{}}

Il n’entre pas immédiatement en conflit avec les grands et s’attaque dans un premier temps aux prêtres mariés. Pour lui, comme moine, le célibat ecclésiastique fait partie de l’idéal sacerdotal qui place l’ascète à part. Il y voit aussi une force pour l’Église. Il souhaite des clercs uniquement préoccupés par elle, sans famille, indépendants des liens sociaux et, par la suite, de l’emprise des laïques, inaptes enfin à fonder une caste héréditaire prompte à s’approprier les biens d’Église[4]. Lors du concile de Carême de 1074, des décisions sont prises pour écarter les prêtres simoniaques ou concubinaires (nicolaïstes). En particulier, il fait interdire l’accès aux églises pour les prêtres mariés ou vivant en concubinage[ 17].

Ces décrets sont contestés par de nombreux prêtres germaniques. Les évêques embarrassés, principalement en Germanie, ne montrent aucun empressement à appliquer les décisions de ce concile et le pape, doutant de leur zèle, ordonne aux ducs de Souabe et de Carinthie d’empêcher par la force les prêtres rebelles d’officier. Il se voit alors reprocher par les évêques Théodoric de Verdun et Henri de Spire d’avoir abaissé par cette décision l’autorité épiscopale devant le pouvoir séculier. Dans un premier temps, l’empereur du Saint-Empire, Henri IV, déjà occupé par la révolte de ses grands féodaux tente d’apaiser le conflit. Il propose de jouer les conciliateurs entre les légats pontificaux et les évêques germaniques [21]. Grégoire VII triomphe pourtant en Germanie : les prêtres mariés y sont bafoués, parfois torturés et exilés ; leurs femmes légitimes sont mises à l’index de la société [22].

Aux fêtes de Noël 1075, une révolte est organisée à Rome, par Censius, chef de la noblesse opposée aux réformes. Grégoire VII est arrêté alors qu’il officie dans la basilique Sainte-Marie-Majeure et est enfermé dans une tour. Mais le pape est délivré par le peuple dont il a le soutien, ce qui lui permet de réprimer la révolte [4].

En Espagne, sous la pression de l’envoyé pontifical, le concile de Burgos (1080) prescrit aux ecclésiastiques de renvoyer leurs femmes, mais l’ordre ne sera exécuté qu’au XIIIe siècle, sous le roi de Castille et de Léon Alphonse X, dont le code punit le mariage sacerdotal[4].

En France et en Angleterre, les choses sont plus difficiles. Le synode de Paris (1074) déclare les décrets romains intolérables et déraisonnables (« importabilia ideoque irrationabilia »). Au synode agité de Poitiers (1078), le légat obtient qu’on menace les auditeurs d’un prêtre réfractaire, mais les évêques ne peuvent guère mettre ce canon en vigueur sans l’appui du bras séculier, et les mariages ecclésiastiques persistent [4].

Lanfranc de Cantorbéry ne put empêcher le concile de Winchester d’autoriser en 1076 les prêtres mariés à garder leurs femmes. Le concile de Londres de 1102, sous l’inspiration d’Anselme de Cantorbéry, ordonne leur renvoi, mais sans prescrire de pénalités. Le second concile de Londres (1108) n’a d’autre effet que d’aggraver le désordre des mœurs dans le clergé [4].

En fait, Grégoire VII vite engagé dans la querelle des Investitures, ne peut se payer le luxe d’affronter à la fois l’empereur et les rois de France et d’Angleterre. Il ménage donc les deux derniers en adjoignant à son intransigeant légat Hugues de Die, le plus diplomate Hugues de Cluny, abbé de Cluny [4].

Lutte contre la simonie{{}}

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7b/Heinrich_4_g.jpgL’empereur du Saint-Empire Henri IV.

Dès 1073, il s’attaque à Philippe Ier, roi des Francs, pour simonie. En 1074, il essaye de soulever contre lui les évêques de son royaume en leur écrivant : « Entre tous les princes qui, par une cupidité abominable, ont vendu l’Église de Dieu, nous avons appris que Philippe, roi des Francs, tient le premier rang. Cet homme, qu’on doit appeler tyran et non roi, est la tête et la cause de tous les maux de la France. S’il ne veut pas s’amender, qu’il sache qu’il n’échappera pas au glaive de la vengeance apostolique. Je vous ordonne de mettre son royaume en interdit. Si cela ne suffit pas, nous tenterons, avec l’aide de Dieu, par tous les moyens possibles, d’arracher le royaume de France de ses mains ; et ses sujets, frappés d’un anathème général, renonceront à son obéissance, s’ils n’aiment mieux renoncer à la foi chrétienne. Quant à vous, sachez que, si vous montrez de la tiédeur, nous vous regarderons comme complices du même crime, et que vous serez frappés du même glaive. »

Philippe Ier promet de s’amender, mais continue d’autant que les évêques français ne mettent pas le royaume en interdit. Le pape comprend que sa réforme ne peut pas s’appuyer sur des évêques, eux-mêmes simoniaques : il lui faut des hommes convaincus de la nécessité de la réforme. Il s’abstient donc de donner suite immédiatement à ses menaces qui risqueraient d’engendrer un schisme.

Lors du concile de Carême de 1075, non seulement les prêtres simoniaques et concubinaires sont menacés d’excommunication mais des évêques sont aussi condamnés[23] : « Si quelqu’un désormais reçoit de la main de quelque personne un évêché ou une abbaye, qu’il ne soit point considéré comme évêque. Si un empereur, un roi, un duc, un marquis, un comte, une puissance ou une personne laïque a la prétention de donner l’investiture des évêchés ou de quelque dignité ecclésiastique, qu’il se sache excommunié » [24].

Grégoire VII publie également un décret interdisant aux laïcs de choisir et d’investir les évêques. C’est la première fois que l’Église prend position sur la question des investitures laïques.

Grégoire VII fait élire le légat Hugues de Die, l’un de ses plus proches collaborateurs comme archevêque de Lyon. Ce dernier était issu d’une puissante famille aristocratique (il était le neveu des frères et ducs Hugues Ier de Bourgogne puis Eudes Ier de Bourgogne). Il peut appliquer dans son archidiocèse la réforme grégorienne, convoquant maints conciles, au cours desquels il excommunie et dépose à tour de bras les clercs simoniaques et concubinaires : 1075 à Anse, 1076 à Dijon et Clermont, 1077 à Autun (contre le tyrannique Manassès Ier de Gournay , qui a privé Bruno le Chartreux, le fondateur des chartreux, de ses charges et de ses biens[25]), 1078 à Poitiers[26].

L’empereur du Saint-Empire Henri IV vient de faire face à une rébellion en Saxe[12]. Face à la turbulence des grands seigneurs, le soutien d’une Église impériale lui est indispensable.

En effet, sous les Carolingiens, la mise en place progressive de l’hérédité des charges avait fortement contribué à l’affaiblissement de leur autorité : l’empereur n’avait plus prise sur les grands féodaux, ce qui a conduit au morcellement progressif et à la dissolution de l’Empire carolingien [ 27]. Pour éviter une pareille dérive, les Ottoniens se sont appuyés sur l’Église germanique dont ils distribuent les charges à des fidèles, sachant qu’ils les récupéreront à leur mort. Les évêques parfois à la tête de véritables principautés et les abbés constituent donc l’armature de l’administration impériale. L’empereur s’assure la nomination de tous les membres du haut clergé de l’Empire. Une fois désignés, ils reçoivent du souverain l’investiture symbolisée par les insignes de leur fonction, la crosse et l’anneau. En plus de leur mission spirituelle, ils doivent remplir des tâches temporelles que leur assigne l’empereur. Ainsi l’autorité impériale est-elle relayée par des hommes compétents et dévoués [16].

Dans un premier temps, Henri IV, qui n’est pas hostile à la réforme, cherche à négocier pour continuer à nommer les évêques. Il a comme objectif de renforcer en Italie une Église d’Empire (Reichskirche), qui lui serait totalement fidèle [28].

La querelle des Investitures Article détaillé : Querelle des Investitures.

L’affrontement avec Henri IV{{}}

Grégoire VII entreprend des négociations avec Henri IV, soutenu par quelques évêques de l’Empire à propos de l’investiture royale (c’est-à-dire laïque). Les négociations ayant échoué, Grégoire jette l’anathème sur le conseiller de l’empereur.

En septembre 1075, à la suite du meurtre d’Erlembald, Henri IV investit (contrairement aux engagements pris) le clerc Tedaldo Castiglione, archevêque de Milan, ainsi que des évêques dans les diocèses de Fermo et de Spolète[29]. Alors éclate le conflit.

Grégoire VII envoie en décembre 1075 une lettre virulente à Henri IV, dans laquelle il l’exhorte vivement à l’obéissance :

« L’évêque Grégoire, serviteur des serviteurs de Dieu, au roi Henri, salut et bénédiction apostolique (si toutefois il veut bien se soumettre au siège apostolique, comme il sied à un roi chrétien) […] [30] »

Au-delà de la question des investitures, c’est le sort du dominium mundi qui se joue, la lutte entre le pouvoir sacerdotal et le pouvoir impérial. Les historiens du XIIe siècle appellent cette querelle Discidium inter sacerdotium et regnum [31].

Le Dictatus papæ Articles détaillés : Césaropapisme et Dictatus papæ.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/Dictatus_Papae_complete.jpg/260px-Dictatus_Papae_complete.jpg{Dictatus papæ, archives du Vatican.

Grégoire VII promulgue alors, en 1075, le fameux Dictatus papæ, définissant canoniquement cette doctrine pour contrecarrer le césaropapisme, à savoir : l’ingérence du pouvoir politique dans le gouvernement de l’Église (voir querelle des Investitures). S’appuyant sur des princes comme Philippe Ier de France ou Guillaume le Conquérant, le pape parvient à réduire les prérogatives de la féodalité et à mettre en place un épiscopat beaucoup plus indépendant du système des fidélités séculières.

On peut résumer l’esprit de cette législation, comme étant la reprise de la doctrine des deux pouvoirs du pape Gélase Ier édictées au Ve siècle : toute la chrétienté, ecclésiastique aussi bien que laïque, est soumise à la magistrature morale du pontife romain.

Grégoire VII trouva dans l’ordre de Cluny, présent dans l’ensemble de la chrétienté latine par-delà les frontières politiques, l’allié nécessaire pour relayer une telle entreprise.

La diète de Worms{{}}

En janvier 1076, Henri IV réunit autour de lui la majorité des évêques lors de la diète de Worms ; la plupart des évêques d’Allemagne et de Lombardie entrent alors en dissidence avec le pape qu’ils reconnaissaient jusqu’alors, et déclarent Grégoire VII destitué. Les évêques et les archevêques se considèrent en effet comme des princes de l’Empire, dotés de privilèges importants ; que l’attribution des charges ecclésiastiques relève du pape leur paraît une menace pour l’Église de l’Empire, pierre d’angle de son administration. Ils rédigent donc depuis Worms une réponse à Grégoire VII, le sommant de quitter sa fonction :

« Henri, roi, non par usurpation, mais par la juste ordonnance de Dieu, à Hildebrand [prénom de Grégoire VII avant son accession au siège pontifical], qui n’est plus le pape, mais désormais le faux moine […] Toi que tous les évêques et moi-même frappons de notre malédiction et de notre sentence, démissionne, quitte ce siège apostolique que tu t’es arrogé. […] Moi, Henri, roi par la grâce de Dieu, te déclare avec tous mes évêques : démissionne, démissionne ![32] »

On justifie cette révocation en prétendant que Grégoire n’a pas été élu régulièrement : il a en effet été tumultueusement élevé à cette dignité par le peuple de Rome. De plus, en tant que Patricius de Rome, Henri a le droit de nommer lui-même le pape, ou du moins de confirmer son élection (droit dont il n’a pas usé). On prétend encore que Grégoire aurait juré de ne jamais se faire élire pape, et qu’il fréquente intimement les femmes.

Le synode de Carême de 1076 à Rome{{}}

La réponse de Grégoire VII ne se fait pas attendre ; il prêche au synode de Carême de 1076 [33] : « Que m’a été donné de Dieu le pouvoir de lier et de délier, sur Terre comme au Ciel. Confiant dans ce pouvoir, […] je conteste au roi Henri, fils de l’empereur Henri, qui s’est élevé avec un orgueil sans bornes contre l’Église, sa souveraineté sur l’Allemagne et sur l’Italie, et je délie tous les chrétiens du serment qu’ils lui ont ou qu’ils pourraient encore lui prêter, et leur interdis de continuer à le servir comme roi. Et puisqu’il vit dans la communauté des bannis, puisqu’il fait le mal de mille manières, puisqu’il méprise les exhortations que je lui adresse pour son salut, […] puisqu’il se sépare de l’Église et qu’il cherche à la diviser, pour toutes ces raisons, moi, Ton lieutenant, je l’attache du lien de la malédiction[34]. »

Grégoire VII déclare Henri IV déchu et l’excommunie ; s’étant rebellé contre la souveraineté de l’Église, il ne peut plus être roi. Celui qui refuse ainsi l’obéissance au représentant de Dieu et fréquente d’autres excommuniés est de fait déchu de sa souveraineté. En conséquence, tous ses sujets sont déliés de l’allégeance qu’ils lui ont prêtée.

Cette excommunication du rex et sacerdos, dont les prédécesseurs ont, en tant que patricius Romanorum et dans une conception sacrée et théocratique du roi, arbitré l’élection des papes, paraît à l’époque inimaginable et suscite une vive émotion dans la chrétienté occidentale. On rédige quantité de pamphlets pour ou contre la suprématie de l’empereur ou du pape, en se référant souvent à la théorie des deux pouvoirs de Gélase Ier (pape de 492 à 496) ; la chrétienté germanique s’en trouve profondément divisée.

La pénitence de Canossa Article détaillé : Pénitence de Canossa.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/Hugo-v-cluny_heinrich-iv_mathilde-v-tuszien_cod-vat-lat-4922_1115ad.jpg/260px-Hugo-v-cluny_heinrich-iv_mathilde-v-tuszien_cod-vat-lat-4922_1115ad.jpgPénitence de Canossa.

Après cette excommunication, beaucoup de princes allemands qui soutenaient auparavant Henri IV, se détachent de lui ; à l’assemblée de Trebur en octobre 1076, ils le contraignent à renvoyer les conseillers condamnés par le pape et à faire pénitence avant le terme d’un an et un jour (soit avant le 2 février suivant). Henri doit en outre se soumettre au jugement du pape lors de la diète d’Augsbourg, pour que les princes renoncent à élire un nouveau roi [35].

Pour intercepter le pape avant sa rencontre prévue avec les princes, Henri décide en décembre 1076 de traverser les Alpes enneigées pour se rendre en Italie. Comme ses adversaires lui barrent l’accès aux cols allemands, il doit passer par le col du Mont-Cenis pour s’entretenir avec le pape avant la diète d’Augsbourg, et ainsi faire lever son excommunication (obligeant par-là les princes de l’opposition à se soumettre à lui). Henri n’a pas d’autre moyen de recouvrer sa liberté politique de roi.

Grégoire VII craignait l’approche d’une armée impériale et souhaitait éviter une rencontre avec Henri IV ; il se retire à Canossa, château bien fortifié de la margravine de Toscane Mathilde de Toscane. Henri obtient avec son aide et celle de son parrain Hugues de Cluny, une rencontre avec Grégoire. Le 25 janvier 1077, fête de la conversion de saint Paul, Henri se présente en habit de pénitent devant le château de Canossa. Au bout de trois jours, soit le 28 janvier, le pape lève l’excommunication [12], cinq jours avant l’expiration du délai imparti par les princes de l’opposition.

L’image d’Épinal d’Henri IV se rendant à Canossa dans une attitude d’humble pénitence repose essentiellement sur notre source principale, Lambert d’Hersfeld, qui était par ailleurs partisan du pape et membre de la noblesse d’opposition. La recherche historique actuelle juge cette image tendancieuse et de propagande [réf. nécessaire]. La pénitence était un acte formel, accompli par Henri, et que le pape ne pouvait refuser ; elle apparaît aujourd’hui comme une habile manœuvre diplomatique, qui rendait à Henri sa liberté d’action tout en restreignant celle du pape. Il est pourtant acquis que, à long terme, cet événement a porté un sérieux coup à la position de l’Empire allemand.

Les antirois{{}}

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/26/Grabplatte_Rudolf_von_Rheinfelden_Detail.JPG/330px-Grabplatte_Rudolf_von_Rheinfelden_Detail.JPGLantiroi Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe.

Bien que l’excommunication ait été levée cinq jours avant le délai d’un an et un jour et que le pape lui-même considère officiellement Henri IV comme roi, les princes de l’opposition le destituent le 15 mars 1077 à Forchheim, en présence de deux légats pontificaux. L’archevêque Sigefroi Ier de Mayence de Mayence fait procéder à l’élection d’un antiroi, Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe, qui est sacré à Mayence le 26 mars ; les princes qui l’élèvent au trône lui font promettre de ne jamais avoir recours à des pratiques simoniaques lors de l’attribution de sièges épiscopaux [36]. Il doit aussi accorder aux princes un droit de vote à l’élection du roi et ne peut transmettre son titre à d’éventuels fils, abandonnant le principe dynastique qui prévalait jusqu’alors. C’est le premier pas vers l’élection libre que réclament les princes de l’Empire. En renonçant à l’hérédité de la couronne et en autorisant des nominations d’évêques canoniques, Rodolphe affaiblit considérablement les droits de l’Empire.

Comme au cours de la guerre contre les Saxons, Henri IV s’appuie surtout sur les classes sociales montantes (petite noblesse et officiers ministériels), ainsi que sur les villes libres d’Empire au pouvoir croissant, comme Spire et Worms, qui lui doivent leurs privilèges, et sur les villes proches des châteaux du Harz, comme Goslar, Halberstadt et Quedlinbourg.

La montée des ministériels, autrefois privés de pouvoirs, tout comme l’émancipation des villes, se heurte à la solide résistance des princes. La plupart d’entre eux se placent du côté de Rodolphe de Rheinfelden, contre Henri. Le pape reste tout d’abord neutre, conformément aux accords qui furent conclus à Canossa.

Au mois de juin, Henri IV met Rodolphe de Rheinfelden au ban de l’Empire. L’un et l’autre se réfugient en Saxe. Henri subit d’abord deux défaites : le 7 août 1078 à Mellrichstadt et le 27 janvier 1080 à Flarchheim près de Mühlhausen (Thuringe). Lors de la bataille de Hohenmölsen, près de Mersebourg [24], qui tournait pourtant à son avantage, Rodolphe perd la main droite et est frappé mortellement à l’abdomen ; il succombe le lendemain, 15 octobre 1080. La perte de la main droite, la main du serment de fidélité prêté à Henri au début de son règne, est utilisée politiquement par les partisans d’Henri (c’est un jugement de Dieu) pour affaiblir un peu plus la noblesse d’opposition.

L’empereur en Italie{{}}

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Investiturstreit.jpg/260px-Investiturstreit.jpgHenri IV et l’antipape Clément III. Mort de Grégoire VII.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/98/Salerno_PopeGregoriousVIITomb.JPG/260px-Salerno_PopeGregoriousVIITomb.JPGTombe de Grégoire VII à Salerne.

En 1079-1080, Grégoire VII fait venir Eudes de Chatillon (qui est le grand prieur de Cluny et le futur pape Urbain II) à Rome et le nomme cardinal-évêque d’Ostie. Eudes devient un conseiller intime du pape, et soutient la réforme grégorienne.

En mars 1080, Grégoire VII excommunie de nouveau Henri IV, qui soumet alors la candidature de Guibert de Ravenne, archevêque de Ravenne, à l’élection de l’(anti)pape. Il est élu le 25 juin 1080 au synode de Bressanone par la majorité des évêques allemands et lombards, sous le nom de Clément III [37].

La société se trouve donc à ce moment-là scindée en deux : Henri IV est roi et Rodolphe de Rheinfelden est antiroi, Grégoire VII pape et Clément III antipape. Dans les duchés aussi le pouvoir est contesté : en Souabe, par exemple, Berthold de Rheinfelden, fils de Rodolphe, s’oppose à Frédéric Ier de Souabe, fiancé d’Agnès de Franconie, fille d’Henri IV, qui l’a nommé duc.

Après sa victoire sur Rodolphe, Henri se tourne en 1081 vers Rome, afin de trouver là aussi une issue au conflit ; il réussit, après trois sièges successifs, à prendre la ville en mars 1084. Henri se doit alors d’être présent en Italie, d’une part pour s’assurer le soutien des territoires qui lui étaient fidèles, d’autre part pour affronter Mathilde de Toscane, fidèle au pape et son ennemie la plus acharnée en Italie du Nord.

Après la prise de Rome, Guibert de Ravenne est intronisé sous le nom de Clément III le 24 mars 1084. Un nouveau schisme commence : il dure jusqu’en 1111, quand le dernier antipape wibertiste, Sylvestre IV, renonce officiellement au siège pontifical.

Une semaine après l’intronisation, le dimanche de Pâques, 31 mars 1084, Clément III sacre Henri IV et Berthe de Turin empereur et impératrice du Saint-Empire [38],[24].

Eudes de Chatillon est nommé légat en France et en Allemagne, dans le but de démettre Clément III, et rencontre Henri IV du Saint-Empire à cette fin en 1080, en vain. Il préside plusieurs synodes, dont celui de Quedlinburg (1085) qui condamne les partisans de l’empereur Henri IV et de l’antipape Clément III, c’est-à-dire Guibert de Ravenne.

Au même moment, Grégoire VII se retranche dans le château Saint-Ange et attend une intervention des Normands soutenus par les Sarrasins, qui marchent sur Rome, emmenés par Robert Guiscard avec qui il s’est réconcilié [38]. L’armée d’Henri IV est très affaiblie et n’affronte pas les assaillants. Les Normands libèrent Grégoire VII, pillent Rome et l’incendient. Après les désordres perpétrés par ses alliés, Grégoire doit fuir la ville suivant ses libérateurs et se retire à Salerne, où il meurt le 25 mai 1085 [38].

Ayant accompli l’un des pontificats les plus importants de l’histoire, d’un tempérament à la fois courageux et tenace, le pape meurt le 25 mai 1085. Il est enterré dans la cathédrale de Salerne. Sur sa tombe sont gravés ses derniers mots : « Dilexi iustitiam, odivi iniquitatem, propterea morior in esilio ! » (J’ai aimé la justice et détesté l’iniquité ; c’est pourquoi je meurs en exil !)

L’œuvre de Grégoire VII est poursuivie par ses successeurs. En particulier par son conseiller Urbain II qui accède au pontificat en 1088, chasse l’antipape Clément III, prêche la première croisade en 1095 et encourage la Reconquista. Grégoire VII sera déclaré saint, canonisé, en 1606 par Paul V.

Impact de la réforme grégorienne Article détaillé : Réforme grégorienne.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a2/Saint_Urbain_II_pr%C3%AAchant_la_croisade.jpg/260px-Saint_Urbain_II_pr%C3%AAchant_la_croisade.jpgLe pape Urbain II prêchant la croisade.

La réforme grégorienne et la querelle des Investitures ont accru considérablement le pouvoir de la papauté. Le pape n’est plus soumis à l’empereur, et le Saint-Siège se retrouve à la tête d’États vassaux qui doivent lui verser un cens annuel. Il s’agit des principautés normandes d’Italie du Sud, du comté de la marche d’Espagne au sud de la France, du comté de Vienne en Provence, et de principautés situées à l’est, dans les régions des côtes dalmates, en Hongrie et en Pologne[39].

D’autre part, le pouvoir du pape à la tête de l’Église catholique est renforcé par l’humiliation infligée à l’empereur. L’expansion du puissant ordre de Cluny s’en retrouve renforcée. Des ordres nouveaux sont créés, camaldules, chartreux, cisterciens, qui sont aussi à la dévotion du pape[17].

La puissance politique et économique de ces ordres — et en particulier ceux de Cluny puis de Cîteaux — est telle qu’ils influent directement sur les décisions des princes. La puissance du clergé est à son apogée : il édicte la politique de l’Occident déclenchant, par exemple, les croisades. Toutefois, respectant le partage chrétien entre César et Dieu, le pape partage le pouvoir avec les autorités laïques comme le montre le concordat de Worms. D’autre part, la croissance économique soutenue dont bénéfice l’Occident ne tarde pas à donner une importance croissante à la bourgeoisie : celle-ci va progressivement s’imposer comme une nouvelle force au sein du système de répartition tripartite de la société médiévale (clergé, noblesse et paysans) en faisant valoir sa propre puissance économique et politique.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le renforcement progressif des monarchies, particulièrement en France et en Angleterre, lesquelles s’appuient largement sur la puissance croissante de leurs villes, et la reprise de la lutte du sacerdoce et de l’Empire contribuent à l’affaiblissement progressif de la papauté.

Grégoire VII et sa « croisade »{{}}

Dès le milieu du XIe siècle, une pensée grégorienne de reconquête chrétienne et de libération de l’Église catholique se structure. Grégoire VII avait dès 1074 conçu un projet de croisade, celui-ci s’articulant comme une réponse à l’expansion de l’islam. En effet, à la suite de la déroute des troupes byzantines à Mantzikert en 1071, vaincues par les Turcs Seldjoukides, l’Empire byzantin perd de larges portions de la Syrie, et laisse à ces nouveaux convertis à l’Islam une porte ouverte sur l’Anatolie [40].

Face à cette situation, Grégoire voit dans ce progrès des Turcs au détriment de la « chrétienté d’Orient » la marque de l’action du diable. Un diable acharné à la perte du camp de Dieu, le dévastant de l’intérieur par l’hérésie et la corruption des ecclésiastiques[41]. Cette diabolisation des « Sarrasins » de la part des ecclésiastiques chrétiens est le fruit d’une construction rhétorique contre l’Islam dès ses débuts, et dont Isidore de Séville et l’Apocalypse du pseudo-Méthode sont les précurseurs [42].

En réaction à ces faits, le pape Grégoire va jusqu’à envisager de conduire en personne jusqu’à Jérusalem une armée de secours aux chrétiens d’Orient. Dans cette perspective, Grégoire VII écrit le 2 février 1074 à plusieurs princes pour leur réclamer « en service de Saint Pierre » l’assistance militaire qu’ils lui doivent et qu’ils lui ont promis. Le 1er mars 1074, il revient sur ce projet dans une lettre circulaire destinée à « tous ceux qui veulent défendre la foi chrétienne ». Le 7 décembre 1074, Grégoire réitère ses intentions dans une lettre à Henri IV du Saint-Empire, dans laquelle il évoque les souffrances des chrétiens, et informe l’empereur qu’il est prêt à marcher en personne jusqu’au tombeau de Jésus à Jérusalem, à la tête d’une armée de 50 000 hommes déjà disponible. Une semaine plus tard, Grégoire s’adresse à nouveau à tous ses fidèles pour les exhorter à venir en aide à l’Empire d’Orient et repousser les infidèles. Enfin, dans une lettre du 22 janvier 1075, Grégoire fait part de son profond découragement à l’abbé Hugues de Cluny, où il déplore tous les « malheurs » qui accablent l’Église, le schisme grec en Orient, l’hérésie et la simonie en Occident, la déferlante turque au Proche-Orient et enfin son inquiétude quant à l’inertie des princes européens[43].

Ce projet de « croisade » ne s’est cependant jamais réalisé sous Grégoire VII, et les idées de guerre sainte n’avaient pas encore convaincu unanimement les chrétiens d’Occident.

Citation - Parmi les écrits du pape Grégoire VII, la lettre qu’il a envoyée à An-Nasir ibn Alannas ibn Hammad, prince hammadite de Béjaïa (Algérie), est restée célèbre pour sa bienveillance envers l’islam. Elle reste un modèle de dialogue interreligieux.

« (…) Or, cette charité, nous et vous, nous nous la devons mutuellement plus encore que nous ne la devons aux autres peuples, puisque nous reconnaissons et confessons, de façon différente il est vrai, le Dieu UN que nous louons et vénérons chaque jour comme Créateur des siècles et Maître des mondes. (…) [44] ».

Hommages - Par son nom a été nommée la Tomba Ildebranda par Gino Rosi, pour une des tombes étrusques de l’Area archeologica di Sovana, près de son lieu de naissance (Sovana).

Dans la fiction - Kathleen McGowan (traduit de l’anglais par Arlette Stroumza), Le Livre de l’Amour, 2009, XO Éditions, 494 p..

Source avec Notes et références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9goire_VII

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La réforme grégorienne est une politique menée durant le Moyen Âge sous l’impulsion de la papauté. Si les historiens admettent que le pape Léon IX (1049–1054) a commencé le redressement de l’Église, c’est néanmoins le pape Grégoire VII (1073–1085) qui a laissé son nom à la réforme. De plus, les efforts pour sortir l’Église catholique d’une crise généralisée depuis le Xe siècle se poursuivent bien après le pontificat de Grégoire VII. Ainsi, l’expression « réforme grégorienne » peut paraître impropre puisqu’elle ne s’est pas limitée à quelques années mais concerne au total près de trois siècles.

Elle comporte quatre projets principaux. Tout d’abord l’affirmation de l’indépendance du clergé  : les laïcs ne peuvent plus intervenir dans les nominations. Ce point ne va pas sans conflits, notamment entre le pape et les empereurs germaniques qui se considèrent comme les représentants de Dieu sur terre (querelle des Investitures).

Le second point est la réforme du clergé, pour que celui-ci suscite le respect. Le clergé est mieux instruit et l’Église impose le célibat des prêtres ainsi que le mariage chrétien pour les laïcs.

La réforme grégorienne voit également l’affirmation du rôle du pape : à partir du XIe siècle, le pape met en place une structure centralisée autour de la papauté. En 1059, le pape Nicolas II crée le collège des cardinaux qui élit le nouveau pape. De plus, on voit se développer la curie pontificale qui contrôle ce qui se fait dans l’Église. Enfin, le pape multiplie les interventions pontificales. L’une des plus connues est matérialisée par le décret de 1059 (In nomine Domini) réformant l’élection pontificale et interdisant le nicolaïsme et la simonie.

Enfin, le dernier point de la réforme met en œuvre la garantie du travail des moines tout en contrôlant les comptes de l’Église, qui est un sujet très polémique à l’époque.

Nom - Le nom vient du pape Grégoire VII, pape entre 1073 et 1085, qui s’y est distingué [1].

Contexte historique Articles connexes : Occident au Xe siècle et Occident au XIe siècle.

L’Église aux Xe et XIe siècles

Dans l’Occident de la fin du premier millénaire, les invasions sarrasines et scandinaves ont ébranlé l’ordre carolingien. Au Xe siècle, la dynastie ottonienne fonde ce que l’on appellera plus tard le Saint-Empire romain germanique et se pose en héritière des Carolingiens. Otton Ier intervient dans les affaires des autres États et aussi dans les affaires religieuses. Ainsi, il a déposé deux papes, Jean XII et Benoît V. Son petit-fils Otton III impose son ancien précepteur Gerbert qui devient pape sous le nom de Sylvestre II[2].

Plus généralement, Jacques Le Goff caractérise la chrétienté du XIe siècle par l’effondrement de l’organisation carolingienne et l’effacement de la papauté : les empiétements du pouvoir temporel ne sont pas le seul fait de l’empereur, d’une façon plus générale, les grands laïcs ont mis la main sur l’Église. La conséquence en est que le trafic des charges ecclésiastiques se généralise. Les prêtres vendent les sacrements, s’adonnent au trafic des reliques et en tirent des revenus substantiels. C’est ce qu’on appelle la simonie. Si les empereurs du Saint-Empire ont accaparé le droit d’investiture du pape, les rois capétiens vendent des évêchés et, après la conquête de l’Angleterre, les rois normands distribuent à leurs fidèles les sièges épiscopaux anglais. En outre, le mariage des prêtres se généralise en France, en Allemagne et en Italie[3].

Crise de l’Église (Xe et XIe siècles)

Avec le déclin du pouvoir carolingien et les invasions sarrasines et scandinaves en Occident, l’Église souffre à divers degrés de maux et de désordres.

Le premier est la féodalisation du clergé : de nombreux évêques et abbés sont devenus des seigneurs ; cela implique une insertion des prélats dans le système féodo-vassalique. Des principautés ecclésiastiques se sont formées à l’est de la France actuelle. L’archevêque de Reims est très puissant et possède des prérogatives comtales (ban, pouvoir de frapper monnaie, de lever les impôts). Ils doivent prendre en main la sécurité à l’intérieur de leur domaine. Les paroisses rurales tombent aux mains des seigneurs ou de simples chevaliers qui nomment à leur tête des desservants peu instruits, parfois des serfs. À l’ouest du royaume, les princes contrôlent leur clergé : par exemple, le duc de Normandie donne l’investiture aux évêques de sa principauté. Les évêques sont donc devenus des vassaux du duc et doivent par conséquent les mêmes services que les vassaux laïcs : l’ost, c’est-à-dire le service armé. Certains clercs participent donc aux combats. On voit des évêques normands prendre part à la bataille de Hastings en 1066 : l’évêque Odon de Bayeux, demi-frère du duc de Normandie, et Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances. Les clercs s’éloignent ainsi de leurs fonctions pastorales et religieuses.

Le second désordre ressenti est le nicolaïsme qui atteint quelques évêchés : le principe du célibat et de la chasteté est battu en brèche en plusieurs endroits. En Normandie et en Bretagne, l’archevêque Robert d’Évreux, de la dynastie ducale, a eu un fils, comte d’Évreux.

La simonie est également présente : à quelques exceptions près (duché de Normandie par exemple), la simonie sévit partout. Les prêtres vendent les sacrements, s’adonnent au trafic des reliques et en tirent des revenus substantiels. Un des plus célèbres est Manassé de Reims.

Enfin, l’époque voit l’apparition d’hérésies : elles sont limitées et ne portent pas de nom précis. En 1022, le roi de France Robert le Pieux fait condamner au bûcher des hérétiques à Orléans, et plusieurs hérésies apparaissent dès le XIe siècle.

Face à tous ces problèmes, certains monastères essaient de remettre de l’ordre, dès les années 1020 (réforme clunisienne). Puis, la papauté décide d’intervenir, à partir de Léon IX.

Prémices du renouveau Article détaillé : Ordre de Cluny.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8f/Dehio_212_Cluny.jpg/330px-Dehio_212_Cluny.jpgReconstitution de l’abbatiale Cluny III.

Le monastère de Cluny, fondé en 909, donne le signal de la réforme. L’abbaye devient la tête de l’Ordre de Cluny qui impose sa réforme à partir de la règle bénédictine à de nombreux monastères. À la fin du XIe siècle, on en compte plus de mille deux cents en France, dans l’Empire et en Italie. Cluny devient une puissance de la chrétienté. Ce qui fait l’originalité de Cluny, c’est que l’abbaye est indépendante de toute autorité civile ou religieuse [4].

La papauté s’émancipe de l’Empire à partir de 1049, élection du pape Léon IX. Ce dernier avait été choisi par l’empereur Henri III sur les conseils de Hildebrand qui était déjà lui-même le partisan le plus convaincu de l’indépendance de la papauté. C’est une époque où les tensions sont particulièrement vives entre l’empereur et la population romaine qui n’hésite pas à assassiner les papes nommés par celui-ci [5]. Influencé par la réforme clunisienne, Léon IX a l’habileté de se faire élire aussi par la population romaine. Il choisit à son tour comme conseiller Humbert de Moyenmoutier, lui aussi fervent partisan de l’accroissement du pouvoir pontifical et nomme Hildebrand sous-diacre, chargé de l’administration des revenus du saint-siège. Dès le début du règne de Léon IX, pour affirmer la suprématie du souverain pontife, on cherche à élaborer des textes qui font référence à la Bible pour étayer la prééminence du successeur de Pierre. Un successeur de Léon IX, Nicolas II, s’enhardit en confiant l’élection du pape à un collège de cardinaux. Après le pontificat d’Alexandre II, qui doit affronter l’antipape Pascal III, Hildebrand, élu pape en 1073, prend le nom de Grégoire VII. C’est par simple notification qu’il prévient l’empereur Henri IV de son élection[ 2]->https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9forme_gr%C3%A9gorienne#cite_note-Chelini198-2].

L’éloignement, puis la rupture entre les églises d’Occident et d’Orient que l’on situe symboliquement en 1054 n’est pas sans rapport avec la réforme de l’Église que l’on associe à Grégoire VII. Né de querelles en apparence minime, pain azyme, mariage des prêtres, filioque, le schisme de 1054 se révèle définitif [3].

Affrontement du pape et de l’empereur : l’affaire de Canossa{{}}

Article détaillé : Querelle des investitures.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/68/Castello_di_Canossa_32.jpg/260px-Castello_di_Canossa_32.jpgBas-relief commémoratif du château de Canossa.

En 1073, Henri IV est un jeune homme de 23 ans. À l’instar de ses prédécesseurs, il se considère comme le porteur de la tradition carolingienne. La condamnation, lors du concile romain de 1075, de l’investiture des évêques par les laïcs provoque l’incompréhension d’Henri IV devant cette violation de la coutume. Citant Tertullien, Grégoire VII lui réplique : « Le Christ n’a pas dit Je suis la coutume, il a dit Je suis la vérité [2]. »

Devant ce qu’il ressentait comme une menace contre ses prérogatives, Henri IV réunit un concile à Worms en 1076 ; le concile destitue le pape. Grégoire VII réplique en excommuniant l’empereur et en déliant ses sujets de leur fidélité. Il oblige ainsi l’empereur à venir se repentir et faire pénitence à Canossa en 1077. Le pape et l’empereur continuent à s’affronter jusqu’à la mort du premier, en 1085. Grégoire VII se montre intransigeant sur la « théocratie pontificale » : l’auctoritas du pape est supérieure à la potestas du roi. De son côté, Henri IV défend la « théocratie royale » : l’empereur tient son pouvoir de Dieu seul, et l’Église et l’État se trouvent confondus [2].

Le conflit ne se termine qu’en 1122 avec le concordat de Worms mais il rebondira avec la lutte du sacerdoce et de l’Empire qui durera jusqu’au milieu du XIIIe siècle.

La réforme de Léon IX à Urbain II (1049-1099){{}}

Léon IX (1049-1054) - Léon IX, miniature du XIe siècle.

L’autorité de l’empereur est faible sur ses vassaux et pendant le règne d’Henri III, une puissante famille romaine, celle des comtes de Tusculum est maitresse de la ville. Habituée à faire élire le pape, elle tente de reprendre ses prérogatives. Critiquant la faible moralité des papes désignés par l’empereur, elle fait élire un pape concurrent, obligeant l’empereur à intervenir militairement et à réunir un grand concile le 20 décembre 1046 pour démettre les papes concurrents [5]. Mais cela ne suffit pas, coup sur coup deux papes désignés par l’empereur sont assassinés (Clément II et Damase II). Le nouveau candidat envoyé par l’empereur a la finesse de demander aux Romains de l’élire, ce qui leur convient : il est élevé à la charge pontificale sous le nom de Léon IX le 1er février 1049 [5]. Élevé dans l’esprit de la réforme monastique, il conclut que c’est l’indignité des papes précédents qui leur a valu leur désaveu par les Romains et leur déchéance. Il s’entoure de réformateurs et, en particulier, il nomme un clunisien, Hildebrand (le futur Grégoire VII), sous-diacre et le charge de l’administration des revenus du Saint-Siège, proche de la faillite [6]. Hildebrand, agissant en véritable éminence grise, est à l’origine des actes les plus importants du pontificat de Léon IX et de ceux de ses successeurs (Victor II (1055-1057), Étienne IV (1057-1058), Nicolas II (1058-1061), Alexandre II (1061-1073)) [7]. De fait, Hildebrand lance la réforme grégorienne vingt-cinq ans avant de devenir pape lui-même.

Léon IX meurt en 1054, mais une délégation romaine comprenant Hildebrand parvient à convaincre Henri III de choisir Victor II. Le parti réformateur reste donc dans l’entourage du Saint-Siège, mais le pape reste choisi par l’empereur. Victor II reste très fidèle à Henri III, mais son ministère ne dure que deux ans et il meurt quelques mois après l’empereur. Après avoir présidé aux obsèques impériales le 28 octobre 1056, Victor II est, le 5 novembre suivant, le principal artisan de l’élection du jeune fils de six ans d’Henri III comme empereur, sous le nom d’Henri IV, et met en place la régence d’Agnès d’Aquitaine, veuve de l’empereur.

Nicolas II (1059-1061){{}}

À la mort de Victor II, en 1057, le parti réformateur profite de la disparition de Henri III et de la minorité de Henri IV pour faire élire Étienne IX puis Nicolas II, en 1059, sans l’assentiment impérial [6]. En avril 1059, le nouveau pape décrète que seuls les cardinaux peuvent nommer le nouveau pape [6] et que ce choix serait ratifié par acclamation par le clergé et le peuple de Rome [6]. Il y a en fait deux types de cardinaux : les cardinaux évêques (au nombre de 7), et les prêtres cardinaux (au nombre de 28 en théorie). L’élection est réservée au collège des cardinaux évêques où les réformateurs sont majoritaires, alors qu’ils sont minoritaires dans celui des prêtres cardinaux [8].

Le décret élimine donc l’empereur dans le choix du pontife. Le même décret de Nicolas II interdit aux prêtres de se marier et ordonne aux mariés de répudier leur femme (nicolaïsme) et il interdit à ceux-ci de revendre leur pouvoir spirituel (simonie).

Grégoire VII (1073-1085) Article détaillé : Grégoire VII.

La réforme grégorienne a commencé avant le pontificat de Grégoire VII. Ainsi, c’est Nicolas II qui, par décret lors du Synode de Latran (1059), institue la nomination d’un nouveau pape par les seuls cardinaux, éliminant donc l’empereur dans le choix du pontife. Le même décret de Nicolas II interdit l’investiture laïque des églises (simonie) et l’assistance aux messes dites par des clercs mariés ou concubinaires (nicolaïsme) [3].

En 1075, lorsque Grégoire VII écrit (mais ne publie pas [9]) une série de vingt-sept brèves propositions connues sous le nom de Dictatus papæ, il va beaucoup plus loin que la simple affirmation de l’indépendance pontificale, il propose l’instauration d’une théocratie pontificale beaucoup plus radicale. Selon la proposition XII, le pape serait habilité à déposer les empereurs [3].

La réforme de Grégoire VII rencontre l’hostilité des princes. En 1076, l’empereur Henri IV dépose Grégoire VII qui n’hésite pas à excommunier l’empereur. Henri IV est finalement contraint à demander le pardon du pape lors de la Pénitence de Canossa en janvier 1077. Mais la lutte ne s’arrête pas, le pape renouvelle ses excommunications et l’empereur fait élire alors un antipape, Clément III. La querelle des Investitures n’est pas terminée à la mort de Grégoire VII en 1085. Le conflit ne prend fin qu’à la suite de longues tractations, à l’occasion d’une réunion organisée à Worms en 1122. Un Concordat est établi entre le Saint-Office et l’empereur de Germanie Henri V.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/Hugo-v-cluny_heinrich-iv_mathilde-v-tuszien_cod-vat-lat-4922_1115ad.jpg/150px-Hugo-v-cluny_heinrich-iv_mathilde-v-tuszien_cod-vat-lat-4922_1115ad.jpgHenri IV fait pénitence à Canossa.

L’empereur Henri IV n’est pas le seul à tenter de s’opposer aux réformes du pape dont les décisions sont également mal accueillies par une partie du clergé, surtout le haut-clergé et par l’ensemble des princes, néanmoins, la réforme réussit. Des solutions de compromis permettent de distinguer l’investiture spirituelle, soustraite aux princes et l’investiture temporelle, toujours conférée par celui-ci. Après l’acceptation du principe par le roi d’Angleterre, le roi de France et l’empereur d’Allemagne, le pape Calixte II fait ratifier ce qu’il considère comme la « liberté de l’Église » par le premier concile du Latran[3].

Jusqu’au XIe siècle, il y avait en Occident des Églises en communion avec Rome beaucoup plus qu’une Église catholique dirigée par le pape. Les papes du XIe siècle font de Rome le siège d’un véritable gouvernement de l’Église latine. Pour faire triompher la réforme, ils forgent la monarchie pontificale. La réforme grégorienne institue un pape souverain, chef de l’Église universelle, exerçant sur tous ses membres la plénitude du pouvoir (plenitudo potestatis) disposant des glaives spirituel et temporel. À partir d’Innocent III, l’Église est considérée par tous comme une monarchie élective, universelle et absolue, assimilée à la Cité de Dieu sur la terre. Le pape peut déposer, rétablir ou déplacer les évêques, ériger les abbayes, reconnaître les ordres religieux [9].

Œuvre d’Urbain II (1088-1099){{}}

Au terme du bref pontificat de Victor III, successeur de Grégoire VII, Eudes de Châtillon convoque les évêques partisans de la Réforme grégorienne à Terracina, dans le Latium : Rome est aux mains des partisans de Clément III. Là, il est élu pape puis consacré le 12 mars 1088 sous le nom d’Urbain II. Son premier acte est d’affirmer solennellement sa fidélité à l’œuvre de Grégoire VII ; il renouvelle les condamnations de ce dernier en matière de discipline ecclésiastique : simonie (trafic de biens spirituels), nicolaïsme (« incontinence » du clergé) ou encore investiture des clercs par les laïcs. En revanche, il se montre plus souple que Grégoire, notamment sur les cas de clercs ordonnés par des évêques simoniaques ou schismatiques : il considère leur ordination comme valide, s’attirant ainsi les critiques de théologiens comme Bonizo de Sutri (en), Deusdedit ou Bruno de Segni. Pour rendre plus souples les condamnations, il applique la doctrine de la dispense selon Yves de Chartres. Il ménage Guillaume II d’Angleterre en conflit avec Anselme, l’archevêque de Cantorbéry qui veut assurer l’indépendance de l’Église vis-à-vis du roi. Dans la même logique, il conforte la papauté en faisant des royaumes hispaniques et de la Sicile des États vassaux du Saint-Siège. Urbain II continue à s’appuyer sur l’Ordre de Cluny et les souverains.

Sa position est difficile. Il ne peut rentrer à Rome, occupée par Clément III. Il tente de la reprendre en 1089, mais est chassé par Henri IV l’année suivante. Par sa politique modérée en France et en Angleterre, il crée un parti romain en sa faveur, isole l’empereur. Il doit affronter personnellement le schisme du parti impérial, dont il triomphe avec l’aide de Conrad, fils d’Henri IV. En 1093, Urbain II peut regagner Rome. Il achète la reddition du palais du Latran l’année suivante, et fait tomber le château Saint-Ange en 1098, parachevant ainsi sa reconquête de la ville.

Sa politique devient alors plus rigoureuse. L’exemption, qui place les abbayes sous la responsabilité directe du pape, est largement pratiquée, concerne tous les établissements clunisiens. Les chanoines réguliers sont créés, les légats réutilisés, les primats instaurés. Il préside les conciles de Plaisance et de Clermont en 1095. Pendant le premier, il invalide toutes les ordinations effectuées par Guibert de Ravenne après sa condamnation. Il condamne également les thèses de Bérenger de Tours qui affirme, contre la thèse de la transsubstantiation, le caractère symbolique de la présence du Christ dans l’eucharistie. Enfin, répondant à l’appel de l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène, il exhorte les chrétiens d’Occident à défendre ceux d’Orient. La réforme grégorienne commence à aboutir, l’Église est indépendante et Clément III est isolé.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/24/Urban_ii_-_Roman_de_Godfroi_de_Bouillon.jpg/330px-Urban_ii_-_Roman_de_Godfroi_de_Bouillon.jpg

Urbain II arrivant en France pour prêcher la croisade, enluminure du XIVe siècle.

Les valeurs de l’Église s’affirment dans la société féodale. L’action des rois est influencée par le serment du sacre : maintenir la justice, défendre les faibles. Les pillages, guerres privées sont combattues par la Paix de Dieu avec des ligues pour la paix, des forces de polices organisées par les évêques. Urbain II consacre la trêve de Dieu au concile de Clermont en 1095, qui suspend la guerre aux temps consacrés.

À Clermont, le 18 novembre 1095, devant 13 archevêques et 225 évêques, Urbain II réitère la condamnation de l’investiture laïque et interdit aux clercs de rendre hommage à un laïc, même un roi. Il proclame solennellement la trêve de Dieu, déjà annoncée dans des synodes précédents. C’est aussi à cette occasion qu’il renouvelle l’excommunication prononcée par l’évêque Hugues de Lyon contre le roi de France Philippe Ier pour son remariage avec Bertrade de Montfort. Enfin, le 27 novembre, il prêche la Croisade, conçue par lui comme un moyen d’unifier la chrétienté occidentale sous l’autorité pontificale. Il en fixe le début au 15 août 1096 ; pour en assurer la direction spirituelle, il nomme Adhémar de Monteil, évêque du Puy, le commandement militaire revenant à Raymond IV de Toulouse. Parallèlement, il encourage la Reconquista ou reconquête de l’Espagne occupée par les Maures. Cet appel apparaît en contradiction avec les valeurs ancestrales de l’Église. C’est en réalité une évolution logique. La guerre sainte était apparue avec l’empereur, afin d’agrandir l’espace chrétien. Dans un monde féodal où les rapports de puissance se jouent par la force (la diplomatie est inexistante), la guerre sainte permet à la chevalerie d’aller faire la guerre ailleurs. La croisade est en fait une tentative de pacification et une continuation de la Réforme grégorienne sur l’émancipation du pouvoir religieux de celui des clercs. Pour la motiver, Urbain II accorde l’indulgence plénière, la rémission de tous les péchés. Il développe ses objectifs dans plusieurs lettres aux clergés de différentes régions d’Europe. L’engouement est grand, relayé par des prédicateurs comme Pierre l’Ermite, suivi par près de 150 000 hommes. Les armées partent au cri de « Dieu le veut ! ».

Urbain II meurt le 29 juillet 1099, avant d’apprendre la nouvelle de la conquête de Jérusalem, tombée le 15 juillet. Il est béatifié le 14 juillet 1881 par Léon XIII.

Structures de l’Église à l’issue de la réforme grégorienne…….{{}}

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  • Article Wikipédia sur Bernard de Clairvaux (1090/1091 - 1153) : Moine cistercien français, fondateur de l’abbaye de Clairvaux en 1115, il a joué un rôle majeur dans l’expansion de l’ordre cistercien et a soutenu la création de l’ordre des Templiers
    Bernard de Clairvaux{{}}

Pour les articles homonymes, voir Saint-Bernard et Fontaine.

Bernard de Clairvaux

Image illustrative de l’article Bernard de ClairvauxSaint Bernard avec sa crosse d’abbé, tenant la règle bénédictine

pour l’ordre cistercien qu’il a réformé, église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon.

Saint, Docteur de l’Église, Abbé
Naissance {{}} 1090

Château de Fontaine-lès-Dijon, duché de Bourgogne

Décès {{}} 20 août 1153 (63 ans)

abbaye de Clairvaux, comté de Champagne

Nationalité {{}} Français
Ordre religieux {{}} Ordre cistercien
Vénéré à {{}} cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes
Canonisation 18 janvier 1174

par Alexandre III

Vénéré par {{}} Église catholique
Fête {{}} 20 août
Attributs habit cistercien, crosse, livre, chien blanc, ruche
Saint patron cisterciens, vocation monastique, apiculteurs, ciriers ; Gibraltar[1]

Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon[2] et mort le 20 août 1153 à l’abbaye de Clairvaux, est un moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse et saint catholique.

Directeur de conscience et important promoteur de l’ordre cistercien (ou ordre de Cîteaux), il recherche l’amour du Christ par la mortification la plus forte. Bernard de Fontaine fait preuve, toute sa vie, d’une activité inlassable pour instruire ses moines de Clairvaux, pour émouvoir et entraîner les foules, pour allier son ordre avec la papauté et pour « élaborer un dogme militant » que son ordre et toute l’Église catholique mettront en œuvre[3].

C’est aussi un conservateur, qui fustige les mutations de son époque, la « Renaissance du XIIe siècle », marquée par une profonde transformation de l’économie, de la société et du pouvoir politique.

Mort en 1153, il est canonisé dès 1174 et devient ainsi saint Bernard de Clairvaux. Il est proclamé Docteur de l’Église catholique (Doctor mellifluus) en 1830 par le pape Pie VIII.

Enfance et entrée au monastère{{}}

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Basilique et maison natale de Saint Bernard à Fontaine-lès-Dijon, face à l’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/af/Eglise_Fontaine-les-Dijon_002.jpg/250px-Eglise_Fontaine-les-Dijon_002.jpg

L’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon.

Né en 1090 ou 1091[4] au château de Fontaine-lès-Dijon près de Dijon, dans une famille noble de Bourgogne[5], Bernard est le troisième de sept enfants, six garçons (dont saint Gérard de Clairvaux), et une fille, sainte Ombeline de Jully. Fils du seigneur Tescelin le Roux (Tescelin Saurel ou Sorrel[6]) et de sainte Alèthe de Montbard. Son père, Tescelin, est l’un des seigneurs de Châtillon-sur-Seine. Modeste chevalier, il est au service du duc de Bourgogne et a cherché à faire un riche mariage. Il possède des terres autour de Montbard, d’Alise-Sainte-Reine, dans la vallée de la Laignes ou au confluent de l’Aube et de l’Aujon en plus de sa seigneurie de Fontaine[7].

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Saint-Vorles.jpg/250px-Saint-Vorles.jpg

Vers 1100, Bernard de Clairvaux est envoyé à l’école de Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine.

La famille de sa mère, Alèthe ou Aleth, est de plus haute lignée. Le grand-père de Bernard règne sur la seigneurie de Montbard : ses terres s’étendent sur les plateaux situés entre l’Armançon et la Seine. Son oncle, André de Montbard, est l’un des neuf fondateurs de l’ordre du Temple et devient même Grand Maître [8]. La famille de Bernard appartient donc à la moyenne noblesse [9].

Vers 1100, il est envoyé à l’école canoniale de Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine[10]. Après les rudiments, il suit le trivium, premier cycle d’enseignement consacré aux lettres (grammaire, rhétorique et dialectique). Montrant un goût particulier pour la littérature[11], il acquiert une bonne connaissance de la Bible, des Pères de l’Église et de divers auteurs latins : Horace, Lucain, Sénèque (Lettres à Lucilius), Tacite, Juvénal, Perse, Stace, Térence et, surtout, Cicéron, Virgile et Ovide (y compris, de ce dernier, l’Art d’aimer)[12], ce qui fait de lui un parfait représentant des lettrés de son temps.

En revanche, il ne suit pas le quadrivium (second cycle, portant sur l’arithmétique, la géométrie, la cosmologie et la musique)[13]. À l’âge de seize ou dix-sept ans, il perd sa mère et en est très vivement affecté. Il mène ensuite l’existence mondaine des jeunes nobles de son âge mais semble très vite vouloir entrer dans les ordres. Dans un premier temps, pour ne pas inquiéter sa famille par ses préparatifs à la vie monacale, il leur laisse entendre qu’il prépare un pèlerinage à Jérusalem [14].

En 1112, il entre à l’abbaye de Cîteaux en compagnie de quatre de ses frères (le cadet Nivard les rejoindra plus tard) et d’une vingtaine de connaissances [9]. L’abbaye de Cîteaux a été fondée en 1098 par Robert de Molesme, et Étienne Harding en est l’abbé depuis janvier 1108. Les fondateurs se sont détachés de l’ordre de Cluny, alors en pleine gloire, pour vivre intégralement la règle de saint Benoît.

Ils souhaitent répondre à un idéal plus rigoureux : retour à la simplicité dans la vie quotidienne, dans le culte et dans l’art ; rupture avec le monde, pauvreté, silence, travail manuel, tels seront les éléments principaux de la création cistercienne. Cela correspond aux souhaits de Bernard qui veut parvenir à l’ascèse monastique la plus rude[15]. Cette ascèse est comparable selon lui à la route de Jérusalem : « par la montée rude (…), vers la Jérusalem de la liberté, celle d’en-haut, notre mère [14]. »

Fondation de Clairvaux{{}}

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Portait de Bernard de Clairvaux dans une lettrine ornant un manuscrit de La Légende dorée, vers 1267-1276.

En 1115, Étienne Harding envoie le jeune homme à la tête d’un groupe de moines pour fonder une nouvelle maison cistercienne dans une clairière isolée à une quinzaine de kilomètres de Bar-sur-Aube : le val d’Absinthe[16], sur une terre donnée par le comte Hugues de Champagne. La fondation est appelée « claire vallée » (clara vallis), qui devient ensuite « Clairvaux ». Bernard est élu abbé de cette nouvelle abbaye, et confirmé à Châlons par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons et célèbre théologien. Il demeure abbé de Clairvaux jusqu’à sa mort en 1153. Les débuts de Clairvaux sont difficiles : la discipline imposée par Bernard est très sévère. Bernard poursuit ses études sur les Saintes Écritures et sur les Pères de l’Église.

Les gens affluent dans la nouvelle abbaye, et Bernard convertit même toute sa famille : son père, Tescelin, et ses cinq frères entrent à Clairvaux en tant que moines [17]. Sa sœur, Ombeline, prend également l’habit au prieuré de Jully-les-Nonnains. L’attrait qu’exerce Bernard est parfaitement illustré par cette anecdote : vers 1129, l’évêque de Lincoln s’étonne de ne pas avoir de nouvelle d’un chevalier qui devait faire étape à Clairvaux sur la route des croisades. Bernard l’informe qu’il a économisé la route de Jérusalem en entrant au monastère [14].

Dès 1118, de nouvelles maisons doivent être fondées pour éviter l’engorgement de Clairvaux. Les trois premières fondations sont La Ferté, Pontigny, et Morimond. Ces premières fondations sont implantées dans les domaines des seigneuries alliées ou amies.

Ces trois abbayes, plus Cîteaux et Clairvaux, sont les cinq têtes de pont de l’ordre nouveau, chacune essaimant pour son compte [18]. De 1115 à 1133, Bernard et ses moines vivent à Clairvaux dans les conditions les plus frustes. Le prieur du couvent (Geoffroy de La Roche-Vanneau) et le maître des novices (Achard) convainquent Bernard d’agrandir le monastère en 1133. En 1145, l’église est enfin consacrée et, en 1153, la partie occidentale réservée aux frères convers est achevée [19].

Pendant ses 38 ans d’abbatiat, Bernard contribue à la création de 68 abbayes filles de Clairvaux (57 par fondation et 11 par agrégation) dont 35 pour la France, qui à leur tour vont essaimer, si bien qu’au milieu du XIIe siècle, Cîteaux compte pas moins de 343 établissements soit plus que Cluny (environ 300) [20].

En 1119, Bernard fait partie du chapitre général des cisterciens convoqué par Étienne Harding, qui donne sa forme définitive à l’ordre. La « Charte de charité » qui y est rédigée est confirmée peu après par Calixte II. En 1132, il fait accepter par le pape l’indépendance de Clairvaux vis-à-vis de Cluny.

Religieux{{}}

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Bernard de Clairvaux (vers 1450), vitrail, Paris, musée de Cluny.

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Lactation de saint Bernard (vers 1670), tableau de Josefa de Óbidos.

Dès le début de son abbatiat, Bernard rédige des traités, des homélies, et surtout une Apologie, écrite sur la demande de Guillaume de Saint-Thierry, qui défend les bénédictins blancs (cisterciens) contre les bénédictins noirs (clunisiens). À l’austérité cistercienne, élaborée à partir de la fuite du monde, de la pauvreté et du travail manuel, Bernard ajoute la mise en valeur de la pureté et le désintérêt de la culture et de tout ce qui peut sembler un divertissement pour l’esprit.

Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, lui répond amicalement, et malgré leurs différends idéologiques, les deux hommes se lient d’amitié. Il envoie également de nombreuses lettres pour inciter à la réforme le reste du clergé, en particulier les évêques. Sa lettre à l’archevêque de Sens, Henri de Boisrogues dit Sanglier, intitulée par la suite De Officiis Episcoporum (Sur la conduite des évêques), est révélatrice du rôle important joué par les moines au XIIe siècle, et des tensions entre clergé régulier et séculier. Bernard a une prédilection presque exclusive pour le Cantique de Salomon et pour saint Augustin. Il est le dernier père de l’Église de par sa façon de raisonner [21].

Il considère que l’Homme n’a pas à tenter d’élucider les contradictions apparentes du dogme ou de trouver une explication rationnelle aux textes saints : la foi que l’on reçoit doit être transmise inchangée. Il reste étranger aux changements de l’époque où, avec la naissance des universités, de plus en plus d’esprits s’attaquent à la compréhension des textes par la raison. Il défend avec la même fougue la société féodale, la division du monde en trois ordres et l’autorité pontificale. Pour lui, l’ordre établi est voulu par Dieu. Il suffit de corriger les vices des hommes pour résoudre les problèmes de la société [22].

La spiritualité de Bernard est fortement marquée par la pénitence. Il fait subir à son corps les plus cruels traitements, mettant ainsi sa santé en danger. Son goût pour l’austérité s’accorde à merveille avec le dépouillement des églises cisterciennes. À ce sujet, il évoque les états de conscience modifiés auxquels il parvient : « la sobre ivresse (sobria ebrietas) qui jaillit du dedans et opère des mutations et des métamorphoses, sans pour autant nécessiter le point d’appui d’une imagerie extérieure » [23].

Il fulmine d’ailleurs contre les cloîtres sculptés à chapiteaux historiés dans son Apologie à Guillaume de Saint-Thierry (vers 1123-1125). Il considère que les décorations richement ornées de figures monstrueuses, et que les narrations souvent profanes et coûteuses, sont de nature à détourner l’esprit du moine de la méditation [24].

Il est aussi porté par un amour fervent envers Dieu et la Vierge, pour qui il a une dévotion particulière [23]. Toutes les églises cisterciennes sont dédiées à la Vierge et Bernard cherche à développer le culte marial dans tout l’Occident [22]. Il est parfois présenté sur des tableaux avec la Vierge qui presse son sein découvert et envoie une goutte ou un jet de son lait à l’abbé [ 25], épisode à la suite duquel il devient « l’orateur de Marie mère (miracle de la Lactation de saint Bernard)[26]. Il prône une religion faite d’élan du cœur plus que de comptabilité des actions bonnes ou mauvaises.

C’était un homme entier, totalement dévoué à sa foi, qui n’acceptait pas les compromis. Son ardeur dans les prêches, sa rhétorique puissante le faisait craindre de certains, et suivre sans retenue par d’autres.

« Il parle avec une telle véhémence de langage, un tel désir d’arracher à l’inertie, que les moines pusillanimes devaient craindre sa présence trop assidue dans le monastère. Ceux qui l’avaient compris le suivaient avec ardeur. Bernard était très absolu [27]. »

Abbé engagé dans les affaires de son temps{{}}

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Jehan Bellegambe, Triptyque du Cellier (vers 1509), New York, Metropolitan Museum of Art. Sainte Humbeline, sœur de Bernard et Jeanne de Boubais, abbesse de l’abbaye de Flines, aux pieds de la Vierge à l’Enfant [28].

Bernard, pourtant si engagé dans son monastère, sillonne les routes d’Europe occidentale pour défendre l’Église et porter témoignage de sa vision de Dieu [29]. En 1129, il participe au concile de Troyes, convoqué par le pape Honorius II et présidé par Matthieu d’Albano, légat du pape. Bernard est nommé secrétaire du concile, mais en même temps il est contesté par une partie du clergé, qui pense que, simple moine, il n’a pas à se mêler de choses qui ne le regardent pas. Il finit par se disculper. C’est lors de ce concile que Bernard fait reconnaître les statuts de la milice du Temple, les Templiers, dont il a grandement influencé la rédaction.

L’existence d’un ordre de moines appelés à manier l’épée et à verser le sang était, selon Jean Flori, une « monstruosité doctrinale » que Bernard de Clairvaux réussit à faire accepter par le concile. Ce qui officialisa l’intégration définitive, dans la doctrine de l’Église romaine, de la notion de guerre sainte [30].

En 1130, il adresse une lettre aux chevaliers du Temple. Il explique que pour un chrétien il est plus difficile de donner la mort que de la recevoir. Il fustige le « chevalier du siècle » qui engage des guerres. Il rappelle que le Templier est un combattant discipliné sans orgueil et sans haine [31].

Devenu une personnalité importante et écoutée dans la catholicité, il intervient dans les affaires publiques, il défend les droits de l’Église contre les princes temporels, et conseille les papes. Il attache en effet une grande vénération au trône de saint Pierre.

Schisme d’Anaclet{{}}

En 1130, après la mort d’Honorius II, deux papes rivaux sont élus par les cardinaux : le cardinal Aimeric, qui prend le nom d’Innocent II, et le cardinal Pierleone, qui prend le nom d’Anaclet II. Ce dernier reçoit le soutien de Roger II, duc des Pouilles et de Calabre, lequel reçoit le titre de roi de Sicile. En France, Louis VI convoque un synode à Étampes et demande à Bernard d’y siéger. Dans une intervention enflammée, Bernard se déclare en faveur d’Innocent II, car il le juge plus saint, donc plus apte, et certainement élu par le groupe le plus sain (sanior pars) des cardinaux [32].

Anaclet II appartient à une famille issue d’un juif converti, il se pourrait que cela ait influencé le choix. Bernard, qui s’opposera par ailleurs aux massacres des Juifs pendant la deuxième croisade, écrit qu’il considère comme une injure que la « race juive » puisse occuper le siège de saint Pierre [33].

Le roi de France et son clergé reconnaissent alors Innocent II, qui se réfugie en France. L’empereur germanique Lothaire III le reconnaît à son tour et conduit une expédition pour l’installer à Rome. Bernard accompagne l’empereur et le pape quand ils entrent dans Rome en 1133. Mais Innocent II est rapidement attaqué par les partisans d’Anaclet. Il réunit le concile de Pise en mai-juin 1135, pour anathématiser son rival.

Bernard y prononce un discours très violent. Il négocie ensuite le ralliement de la ville de Milan au pape. De retour d’Italie la même année, il rencontre le duc d’Aquitaine à Parthenay. C’est à cette occasion que se produit la conversion miraculeuse de ce dernier[34]. En 1137, il essaye en vain de faire changer Roger II de camp. Après la mort d’Anaclet en janvier 1138[9], Innocent II convoqua le deuxième concile du Latran pour mettre fin au schisme[35].

Bernard et la seconde croisade (1146){{}}

Prêche pour la croisade{{}}

En 1145, Bernard de Clairvaux donne un pape à l’Église, Eugène III, dont Bernard devient le maître à penser. Il suggère à celui-ci la création de l’auditorium, ancêtre du tribunal de la Rote. Cette institution permet au pape de se dégager des procès de plus en plus nombreux que la papauté devait régler [37].

Lorsque le royaume de Jérusalem se trouve menacé après la chute du comté d’Édesse, Eugène III demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l’initiative du roi de France Louis VII le Jeune [38].

À cette époque, Bernard de Clairvaux a cinquante-six ans. Plus préoccupé par le développement de l’« hérésie » cathare, il est réticent à l’idée de s’associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s’incline que par obéissance au pape [39]. Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques, au milieu d’une foule de seigneurs et chevaliers réunis et d’étendards au pied du versant nord de la colline de Vézelay, l’église étant trop petite pour contenir cette assemblée. Son discours enflamme la foule. Il évoque Édesse profané et le tombeau du Christ menacé.

Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à l’humilité, à l’obéissance et au sacrifice. Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire des reliques [31]. Son prestige entraîne donc le peuple de France.

Néanmoins, certains historiens comme Pierre Bauduin remarquent que la présence de Bernard à Vézelay n’est attestée par aucune source de l’époque et qu’il ne subsiste pas la moindre partie du sermon [40].

Il prêche aussi à Spire. Finalement, le roi de France Louis VII et l’empereur Conrad III de Hohenstaufen prennent la croix. L’échec de la deuxième croisade lui est ensuite reproché de partout, de Rome, de la cour de France, des évêques et des maîtres des écoles. Bernard est blessé par ces attaques mais soumis au pape, il accepte d’être mis à la tête d’une nouvelle croisade qui ne partira d’ailleurs jamais [41].

Lutte contre les violences anti-judaïques{{}}

En Germanie (Allemagne), sa campagne pour la croisade lui donne l’occasion de combattre les discours du prédicateur populaire Raoul, Rodolphe ou Rudolf, un ancien moine cistercien de Clairvaux [42] qui forçait les Juifs à choisir entre le baptême et la mort[43]. Ce prêche provoqua contre les Juifs une flambée de violences[44], et méconnaissait l’apôtre Paul, qui affirme « qu’à la fin des temps tout Israël sera sauvé », de sorte qu’au sujet des Juifs, la doctrine de l’Église catholique au XIIe siècle était que leur conversion doit être obtenue par la prière : « Serait-elle abolie cette prière universelle que l’Église élève du lever au coucher du soleil pour les Juifs sans foi — pro perfidis Iudaeis — pour que le Seigneur Dieu ôte le voile de leurs cœurs et qu’ils passent de leurs ténèbres à la lumière de la vérité[45] ? » Alerté par les évêques qui protégeaient traditionnellement les Juifs [46], Bernard, qui est lui-même partisan du baptême forcé des non-chrétiens[47], s’en prit à Rudolf, affirmant que celui-ci « n’a reçu de personne mission de prêcher ».

« Ni les anges ni les apôtres n’approuvent le meurtre des Juifs. L’Église prie au contraire pour leur conversion et elle est assurée » [48], affirme Bernard.
« La doctrine de Rodolphe ne procède pas de Dieu : elle vient du Démon, le père du mensonge qui est homicide depuis le commencement. »

Lors de ses déplacements en Allemagne, Bernard ne cesse de répéter :

« Ne touchez pas aux Juifs, ils sont la chair et les os du Seigneur [49]. »

Il importe en effet à ses yeux qu’en leur laissant la vie, leur misère témoigne et de leur crime déicide et de leur erreur religieuse de sorte qu’« ils subissent alors de justes peines pour un si grand forfait » [50]. Les sources juives révèlent une connaissance précise des faits, mais aussi des motivations théologiques invoquées par Bernard pour la défense des Juifs [46],[note 1]. L’auteur du Sepher Zekhira [« Livre du souvenir »] parle avec reconnaissance de la protection des communautés allemandes par l’intervention de Bernard :

« Et Dieu envoya après cet homme de Bélial un digne prêtre, grand et maître de tous les prêtres… du nom de Bernard, abbé de Clairvaux… Il leur parla en ces termes : “Il est bon que vous marchiez contre les Ismaélites[51], mais celui qui touche à un juif pour le tuer, c’est comme s’il touchait à Jésus lui-même. Et mon disciple Rodolphe, qui a dit de les exterminer, n’a pas parlé justement, car il est écrit à leur propos dans les Psaumes : Ne le tue pas, de peur que mon peuple ne l’oublie…
Et sans la miséricorde de cet abbé, il ne serait pas resté d’Israël un seul survivant. »

Dans sa lettre aux habitants de l’Allemagne, Bernard écrivait : « Nous avons appris, et nous en sommes réjouis, que parmi vous brûlait l’ardeur de Dieu. Mais il convient que ne fasse pas défaut la compréhension. Il ne faut pas s’attaquer aux Juifs, ni les tuer, ni même les expulser. […] Ils ont été dispersés et souffrent un dur exil sous des souverains chrétiens. Mais ils reviendront vers le soir et, au temps marqué, ils croiront. Et alors, selon les paroles de l’apôtre : “jusqu’à ce que soit entrée la totalité des païens, c’est alors qu’Israël sera sauvé” (Romains XI, 25-26). »

L’attitude de Bernard sur la question juive se fonde sur les Pères des Ve et VIe siècles[52] : « Il est interdit de tuer les Juifs, tout en les abaissant, parce qu’ils témoignent de la vérité de la foi chrétienne, incarnant comme ils le font le sort de ceux auxquels la foi fut donnée d’abord, et qui, dans leur aveuglement, l’ont repoussée, et se refusent à voir la lumière qui brille autour d’eux. »

Selon Joshua Prawer, Bernard de Clairvaux définit les positions de l’Église catholique à l’égard des deux religions juive et islamique :

« Les Juifs ont l’espoir d’être sauvés, parce qu’un jour viendra où leurs yeux se décilleront et où ils se convertiront, contrairement aux musulmans ; les Juifs sont l’objet d’une promesse divine qui n’a pas encore été réalisée mais qui le sera et à l’égard de ce peuple d’où sortirent les patriarches, d’où sortit le Christ “selon la chair”, une promesse a été faite, et quiconque les protège rend possible et peut-être contribue à réaliser une promesse divine[ 53]->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux#cite_note-54]. »

Lutte pour la sauvegarde de la doctrine catholique{{}}

Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quæstio) et d’argumentation et de recherche de conclusion (disputatio), Bernard est partisan d’une ligne traditionaliste.

Lutte contre Abélard{{}}

Bernard combat les positions d’Abélard, inventeur de la théologie, le mot et la chose, c’est-à-dire l’introduction de la réflexion aristotélicienne, la Logica nova, dans la patristique et le commentaire de l’Évangile. Il le fait condamner au concile de Sens en 1140. Aux yeux de Bernard, Abélard incarne des choses détestables : l’intelligence triomphante, l’arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité immense, fondée sur une foi passée au crible de la raison au détriment, selon lui, de la vie intérieure, l’obstination à défendre ses positions [54].

Bernard refuse que les secrets de Dieu, en particulier la Trinité, principal point d’achoppement entre les deux hommes, soient examinés et questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu’il y a d’infiniment profond et d’incompréhensible dans les choses divines. Son attitude tranchante entraîne des pamphlets contre lui comme celui que Bérenger de Poitiers [55] écrit après l’affaire Abélard : « Depuis longtemps la renommée aux ailes rapides a répandu dans l’univers entier le parfum de ta sainteté, proclamé tes mérites, pompeusement propagé tes miracles. Tu as pris Abélard comme cible de ta flèche pour vomir contre lui le venin de ton aigreur, pour le rayer de la terre des vivants, pour le mettre au rang des morts. Tu étais enflammé contre Abélard non du zèle de la correction, mais du désir de ta propre vengeance » [56].

Bernard combat la thèse de l’Immaculée Conception{{}}

Parmi les positions doctrinales soutenues par Bernard, certaines sont encore proches de la théologie de la Pentarchie (église trinitaire avant le schisme de 1054) et contraires à des dogmes définis plus tard par l’Église catholique [57]. C’est ainsi qu’en 1139[58], il écrit une Lettre aux Chanoines de Lyon (épître 174), où, malgré sa dévotion à la Vierge, il combat la pratique, alors relativement nouvelle, de fêter l’Immaculée Conception et argumente contre la thèse qui fonde cette fête [59].

Indissolubilité du mariage{{}}

En 1141-1142, Bernard intervient dans un conflit entre le roi Louis VII et le pape Innocent II. Le pape a mis l’interdit sur Louis VII et excommunié Raoul Ier de Vermandois, sénéchal du roi, qui, sur le conseil du roi, a répudié sa première épouse, Éléonore de Blois, pour épouser Pétronille d’Aquitaine. C’est le comte Thibaud IV de Champagne, oncle de l’épouse répudiée, qui a porté l’affaire devant le pape. Louis VII fait marcher son armée sur la Champagne et la situation de Thibaud est bientôt désespérée. Louis VII propose la paix, à condition que Thibaud IV obtienne du pape la levée de l’interdit et de l’excommunication. Thibaud IV accepte et Bernard se porte garant pour lui.

Cependant, Bernard s’acquitte de ses engagements d’une façon où l’abbé Vacandard [60] voit « une combinaison dont la loyauté était absente » : il propose au pape de lever l’excommunication « puisque vous auriez le droit de renouveler immédiatement une excommunication qui n’est que trop juste et de la confirmer pour toujours. Ainsi, la ruse déjouerait la ruse, la paix sera rétablie, et celui qui se glorifie de sa mauvaise foi n’en tirera aucun avantage » [61]. L’intervention de Bernard semble l’avoir mis en disgrâce aux yeux du pape [62], mais Innocent II entre dans la manœuvre qui lui est proposée : il lève l’excommunication, puis somme Raoul de Vermandois de cesser son adultère avec Pétronille et de reprendre sa première épouse sous peine d’une nouvelle excommunication [63].

Croisade contre le catharisme{{}}

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Francisco Ribalta, Le Christ embrassant saint Bernard de Clairvaux, Madrid, musée du Prado. Illustration de son titre de Doctor mellifluus dans sa louange au Fils de Dieu.

À la même époque, le catharisme fait de grand progrès dans le Midi de la France. Bernard intervient pour réfuter les doctrines cathares. En 1145, il accompagne en Languedoc Albéric d’Ostie, légat du pape Eugène III, et Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, afin de prêcher contre l’« hérésie » dans cette région. Il passe par Poitiers, Bergerac, Périgueux, Sarlat, Cahors, Albi, Verfeil. C’est dans cette dernière localité que, rencontrant les cathares, Bernard, enflammé du zèle de la foi, aurait prononcé ces mots en quittant la ville : « Verfeil [verte feuille], que Dieu te dessèche [64],[65] ! »

Avant de se retirer au monastère de Cîteaux pour des problèmes de santé, Bernard de Clairvaux écrivait dans un sermon : on ne les convainc ni par le raisonnement (ils ne comprennent pas) ni par les autorités (ils ne les reçoivent pas), ni par la persuasion (car ils sont de mauvaise foi). Il semble qu’ils ne puissent être extirpés que par le glaive matérie l[66].[réf. nécessaire]

Selon Pierre des Vaux de Cernay, apologiste de la croisade et de Simon de Montfort, Bernard aurait déclaré : « saisissez-les et ne vous arrêtez pas, jusqu’à ce qu’ils périssent tous car ils ont prouvé qu’ils aimaient mieux mourir que se convertir [67] » mais Pierre des Vaux de Cernay, qui est né en 1185, soit 40 ans après le prêche de Bernard en Languedoc en 1145, écrit très longtemps après les faits et rien ne vient appuyer cette affirmation : selon Anne Brenon, l’attribution (en l’absence de texte écrit de sa main qui la contienne) de cette phrase à une personnalité d’autorité morale et spirituelle reconnue comme Bernard, avait évidemment pour but d’appuyer l’organisation de la croisade des albigeois par l’Église catholique et le pouvoir royal, pour déraciner une foi bien ancrée dans les populations méridionales, ce qui aboutit en 1209 avec la première expédition militaire [68].

Tentative de faire condamner Gilbert de la Porrée{{}}

Au concile de Reims, en 1148, auquel assistait son ami le saint abbé Gossuin d’Anchin, il porte une accusation d’hérésie contre Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers. Il n’obtient qu’un mince avantage [69], et son adversaire conserve son évêché et toute sa considération[70]. Plein de zèle pour l’orthodoxie, Bernard combat aussi les thèses de Pierre de Bruys, d’Henri de Lausanne, d’Arnaud de Brescia, et condamne les excès de Rudolf, qui demandait le massacre des juifs. En cette même année, il prêche la croisade en Hainaut et séjourne à Mons, la capitale des comtes de Hainaut. Son arbitrage est accepté dans toute l’Europe du XIIe siècle.

Relations avec le pouvoir temporel{{}}

Bernard, qui interprète le passage des deux glaives dans l’Évangile de Luc, comme subordonnant le pouvoir temporel au pouvoir spirituel [71], s’oppose plusieurs fois aux rois de France. Il traite Louis VI de nouvel Hérode [72] quand celui-ci cherche à déposer l’archevêque de Sens, il accuse Suger de négliger son abbaye de Saint-Denis, le poussant ainsi à se consacrer davantage à l’administration de son abbaye à partir de 1127. En 1138, une crise éclate lorsque le roi Louis VII accorde son investiture pour l’évêché de Langres à un moine de Cluny et non au candidat de Bernard de Clairvaux [73].

Bernard fonde jusqu’à 72 monastères, répandus dans toutes les parties de l’Europe : trente-cinq en France, quatorze en Espagne, dix en Angleterre et en Irlande, six en Flandre, quatre en Italie, quatre au Danemark, deux en Suède et un en Hongrie.

En 1151, deux ans avant sa mort, il y a 500 abbayes cisterciennes. Clairvaux compte 700 moines. Bernard meurt en 1153, à soixante-trois ans. Canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré Docteur de l’Église par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.

Spiritualité de Bernard de Clairvaux{{}}

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Armoire de reliques de saint Bernard, musée d’Art sacré de Dijon de l’église Sainte-Anne de Dijon.

Bernard s’adresse à des moines. Sa théologie mystique concerne des hommes qui se vouent à la prière et à l’amour de Dieu……. {{}}

Article complet à lire par ici > https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux

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  • Sources documentaires, ressources archivistiques et bases de données de personnages chrétiens notables du XI siècle (fournies par ChatGPT)
    Fasti Ecclesiæ Gallicanæ : Ce répertoire prosopographique recense les évêques, dignitaires et chanoines des diocèses français de 1200 à 1500. Bien que couvrant principalement les XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, il peut fournir des informations contextuelles pertinentes sur les structures ecclésiastiques héritées du XIᵉ siècle. ​fasti.huma-num.fr

Bases de données de l’IRHT (Institut de Recherche et d’Histoire des Textes) : L’IRHT propose plusieurs bases de données en ligne utiles pour la recherche médiévale, notamment :​irht.cnrs.fr+1fasti.huma-num.fr+1

Bibale : Elle retrace l’histoire de la transmission des livres manuscrits et imprimés, ainsi que des textes qu’ils contiennent, en étudiant les collections anciennes et modernes et leurs possesseurs.​irht.cnrs.fr

Initiale : Ce catalogue de manuscrits enluminés du Moyen Âge est lié aux campagnes de reproduction systématique menées depuis 1978.​irht.cnrs.fr

Pinakes : Cette base rassemble la tradition manuscrite des textes grecs antérieurs au XVIᵉ siècle, à partir des catalogues des bibliothèques du monde entier.​irht.cnrs.fr

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  • Rubrique musicale avec enregistrements actuels de musiques et chants du XI

    Musique Médiévale - Instruments et Musiques Traditionnels

Quels sont les trois types de musique au Moyen JH2025-03-31T18:37:00J

Âge ?

Le Moyen Âge constitue une période riche et variée en termes de genres musicaux. Bien que la musique liturgique ait occupé une place prépondérante à cette époque, plusieurs autres types de musique ont également émergé, qu’ils soient profanes ou religieux. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les principaux types de musique qui étaient pratiqués durant cette période.

Sommaire :

Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les principaux types de musique qui étaient pratiqués durant cette période.

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La musique médiévale – Vidéo remarquable de 4:19 - CANOPÉ NORMANDIE - 15 janvier 2015

La poésie médiévale se développe dans des chansons composées par les troubadours et les trouvères…. Ces textes trouvères étaient chantés et le jongleur s’accompagnait d’instruments de musique. Les instruments de musique en usage durant le Moyen Âge sont de plusieurs ordres. On distingue les hauts et les bas instruments. Cette musique profane n’est pas associée aux pratiques religieuses.

La musique sacrée, elle, est essentiellement vocale. Au XIIe siècle, l’Église Catholique Romaine souhaite standardiser la messe et le chant. Le chant Grégorien remplace toutes les autres traditions de chant occidentales, C’est un genre musical qui appelle au calme, au recueillement, à la contemplation intérieure. Le chant grégorien est à l’origine de toute la musique liturgique catholique. Jouer avec le site pédagogique http://canope.dtnormandie.fr/chateaux...

https://yt3.ggpht.com/hAIAkdErD1W8xyZCFvp78PDulXzGv3n36DSgPN3MnDPlNbXWg1lTqmWobN03k9F0cJi0BohJ=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjCANOPÉ NORMANDIE

Source : https://www.youtube.com/watch?v=kq8cSs1ax90

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Le chant grégorien, à l’origine, est monodique (tout le chœur chante la même chose), sur un rythme libre, avec certains passages psalmodiés. Quoique ces éléments soient assez répandus à l’époque, la manière dont ils sont utilisés dans le chant grégorien est très fortement inspirée par la liturgie juive contemporaine.

Comment le chant grégorien s’est-il imposé au Moyen Âge ? - Publié le lundi 24 juin 2024 – Enregistrement ‘radiofrance.fr/franceculture’ de 3 minutes - Provenant du podcast Le Pourquoi du comment : histoire

Miniature de Saint Grégoire écrivant sous l’inspiration de la colombe du Saint-Esprit (Registrum Gregorii, Xe siècle). - ’Meister des Registrum Gregorii.’, PD-US Domaine public, via Wikimedia Commons

Le pourquoi du comment histoire carré

Le chant grégorien, légendairement attribué à Grégoire le Grand, s’imposa véritablement sous Charlemagne pour unifier l’empire chrétien. Des découvertes ultérieures ont révélé le chant ’vieux-romain’, antérieur au grégorien et utilisé par la ‘Schola cantorum’ jusqu’au 12e siècle.{{}}

Selon la légende, le pape Grégoire le Grand - qui vécut à la fin du VIe siècle - fut le fondateur et le compositeur des premiers chants qu’on appelle aujourd’hui encore les chants grégoriens. C’est un chant sacré anonyme qui doit se chanter a cappella et à l’unisson, sans accompagnement harmonisé. Il est considéré, depuis 1600, comme le ’chant liturgique par excellence de l’Église’. ’Comment et pourquoi le chant grégorien a-t-il supplanté le chant vieux-romain pour devenir le chant liturgique prédominant en Europe à partir du IXe siècle ?’

Restaurer scientifiquement l’origine et la diffusion du chant grégorien{{}}

En réalité, ce premier sommet de la musique occidentale ne s’imposa vraiment qu’à l’époque de Charlemagne. À la fin du 8e siècle, en effet, le chant grégorien, qui venait de Rome, a été importé dans les régions septentrionales de l’empire carolingien, sans doute dans le but de consolider l’instauration du nouvel empire chrétien d’occident.

Mais à la fin du 19e siècle, la découverte de nouvelles archives a remis en cause l’idée que l’on se faisait alors de l’origine du chant grégorien. En 1890, alors qu’ils cherchaient des manuscrits anciens afin de restaurer scientifiquement l’origine et la diffusion du chant grégorien, les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes (située dans le département de la Sarthe) ont découvert trois livres de chant qui leur ont paru bizarres.

Contrairement aux mélodies du chant grégorien ancien, qui étaient constantes, quel que soit le manuscrit, celles qui figuraient dans ces livres étaient tantôt proches du chant grégorien, tantôt assez éloignées. Leurs textes étaient presque parfaitement identiques, mais l’ordre esthétique était différent.

Jusqu’au milieu du 20e siècle, personne ne fut capable d’expliquer ces anomalies. Mais en 1951, deux autres livres furent découverts à Londres, dans une librairie de livres anciens et tout récemment un autre fragment en deux folios a été identifié dans la bibliothèque municipale de Verdun.

Revenir aux sources du chant religieux chrétien{{}}

Ces découvertes ont permis de mettre en évidence ce qu’on appelle aujourd’hui le chant ’vieux-romain’, afin de le distinguer du chant grégorien, désigné depuis longtemps comme le ’chant romain’.

Les dernières études sur le sujet nous invitent à revenir aux sources du chant religieux chrétien. Importé du rituel judaïque, il a pris sa place dans le rituel de la messe chrétienne au moment où a été mise en place la Schola cantorum. Cette école de chantres, c’est-à-dire de choristes, aurait été fondée à Rome par le pape Sylvestre Ier vers le 6e siècle. Ses membres appartenaient à l’élite intellectuelle de ce temps, puisqu’ils savaient lire et écrire. Ils auraient joué un rôle capital dans la naissance du chœur liturgique ayant mis au point les chants vieux-romains qui ont précédé les chants grégoriens.

À partir du neuvième siècle, le chant grégorien s’est répandu dans toute l’Europe en éliminant les vieux chants liturgiques romains.

Dès cette époque, tous les pays qui connaissaient la liturgie romaine célébraient leurs offices en grégorien, à l’exception de la ’Schola cantorum’ qui resta fidèle, au moins jusqu’au 12e siècle, au chant vieux-romain.

Dans le chant vieux-romain, le rythme de la langue latine n’était pas évident. On peut supposer qu’il a été pénalisé par ses caractéristiques plus esthétiques et moins liturgiques que celles du chant grégorien.

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L’abbaye de Solesmes et la restauration du chant grégorien

Le Matin des musiciens 1h 25min

Bibliographie : Philippe Bernard, Du chant romain au chant grégorien - IVe-XIIIe siècle, Cerf, 1996.

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page. Histoire, économie, philosophie Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts ’Le Pourquoi du comment’ ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n’osez poser. L’équipe - Gérard Noiriel Production - Virginie Le Duault Collaboration - Delphine Keravec Réalisation

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-histoire/le-pourquoi-du-comment-histoire-chronique-du-lundi-24-juin-2024-6809708

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Des mélodies médiévales du XIème siècle - Publié le mardi 26 avril 2016 à 07:43 - Provenant du podcast Le 7h43 de ‘France Inter’ 1 minute

Voila un millénaire qu’elle dormait sur des feuilles manuscrites, sans que personne n’ait jamais réussi à les déchiffrer, et encore moins a les mettre en musique. De quoi parle-t- on ? Du travail titanesque que viennent de réaliser des chercheurs britanniques : après des années de patience, ils ont mis la main sur une feuille jaunie du XI ème siècle, égarée dans la bibliothèque de l’université de Cambridge, et sur laquelle était retrancrites plusieurs mélodies médiévales...

Celles que l’on écoutait donc au XIème siècle, du temps de Guillaume le Conquérant ou de la toute première croisade. Une musique jusqu’ici indéchiffrable, car elle est écrite en neume, l’ancêtre très lointain de notre bonne vielle portée à cinq lignes... Le résultat ? ... Quelques minutes d’un concert incroyable donné samedi dernier à la chapelle du ‘Pembroke College’ de Cambridge.... Trois instruments seulement, pour ces sonorités qui n’avaient plus résonné depuis un millénaire.

Songs of Consolation, c’est le titre de cette oeuvre millénaire... Voici pour ces musiques tout droit sorties du Moyen-Age, repérées par le site de l’Obs, et que vous pourrez découvrir sur celui de l’Université de Cambridge ! Info

L’équipe - Patrick Cohen

Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-7h43/des-melodies-medievales-du-xieme-siecle-5184986

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Chant grégorien d’après Wikipédia {{}}

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Manuscrit Einsiedeln 121, folio 30 (entre 964 et 971) introït Puer natus est nobis ; il s’agit d’un chant très raffiné grâce à la Renaissance carolingienne.

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Graduel dit de Gisela von Kerssenbrock (vers 1300) ; en notation du style de Guido d’Arezzo ; déjà dégradation, en raison d’une difficulté pour adapter à quatre lignes.

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Graduel dit du couvent Sainte-Marie-des-Anges (Florence), folio 38 (entre 1392 et 1399) ; en dépit d’une beauté exceptionnelle du manuscrit, la mélodie perdait sa caractéristique grégorienne.

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Plain-chant en notes égales, peu musical : « Ce mot n’est pas tout-à-fait synonyme de Chant grégorien. » (Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, p. 199).

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel et ordinaire de l’Église catholique. Issu du chant vieux-romain et du chant gallican, il reste pratiqué de nos jours dans un certain nombre d’églises paroissiales, de monastères ainsi que par des musiciens professionnels.

C’est un chant sacré anonyme. Il est destiné à soutenir le texte liturgique en latin. Sa composition variait afin d’adapter aux niveaux de connaissance musicale du soliste, de la schola cantorum, des célébrants et des fidèles.

Il doit se chanter a cappella et à l’unisson, sans accompagnement harmonisé, car, surtout selon l’étude de Franz Liszt[o 1], toute harmonisation modifie la structure de cette musique[w 1].

Du point de vue du système mélodique, le chant grégorien est de type modal et diatonique. Les chromatismes en sont généralement exclus, ainsi que les modulations et l’emploi de la sensible. Les différentes échelles utilisées, avec leurs degrés et leurs modes particuliers, sont appelées modes ecclésiastiques, ou échelles modales, ou modes anciens par opposition aux échelles utilisées postérieurement en musique classique tonale.

C’est une musique déployée d’après le rythme verbal, qui prend son origine dans le texte sacré latin, et qui favorise l’intériorisation et la conscience des paroles chantées. D’où, la traduction reste impossible[ w 1]. Ses formes musicales sont très variées et en prose [w 2], par opposition à la cadence régulière de la musique issue de la Renaissance. Tout comme ceux que le pape Pie X qualifia [1], le texte est premier. La musique, secondaire, l’orne, l’interprète et en facilite l’assimilation [w 1].

Il s’agit d’une synthèse des anciennes traditions européennes, par exemple, les poésies très fleuries en vieux-latin ainsi que les chants romano-franc, synagogal, byzantin. Il est également le fondateur de toute la musique occidentale, tant religieuse que profane [2].

En résumé, les caractéristiques principales du chant grégorien sont, I. chant a cappella et en monodie ; II. texte singulièrement en latin ; III. genre liturgique et catholique ; IV. modal et diatonique ; V. mouvement mélodique continué avec intervalle limité, surtout en seconde ; VI. ambitus restreint en octave ; VII. rythme verbal ; VIII. variété entre mélismatique et syllabique [3].

Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Chant_gr%C3%A9gorien

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Une sélection de musiques et de chants du XIe 11ème siècle{{}}

  • Boethius : Songs of Consolation
    Interprété par l’ensemble Sequentia, cet album de 2018 est basé sur un manuscrit de Canterbury du XIᵉ siècle, offrant une reconstitution fidèle des mélodies de l’époque. ​
    Restoring Lost Songs from Boethius’ Consolation of Philosophy (2) - Benjamin Bagby Faculty of Music, University of Cambridge - 29 novembre 2018

EN - Benjamin Bagby, director of Sequentia, discusses his performance practice in reconstructing songs from Boethius’ De consolatione philosophiae. The video features a performance of Si quantas rapidis from book 2 with Hanna Marti. This is part of the project Restoring Lost Songs : Boethius’ Consolation of Philosophy directed by Dr Sam Barrett at the University of Cambridge, see : https://boethius.mus.cam.ac.uk/ Read more about the story behind the videos here : https://musicatcambridge.wordpress.co...

FR - Benjamin Bagby, directeur de Sequentia, discute de sa pratique d’interprétation en reconstruisant des chansons du De consolatione philosophiae de Boèce. La vidéo présente une performance des rapides Si quantas du livre 2 avec Hannah Martin. Cela fait partie du projet Restoring Lost Songs : Boethius ’ Consolation of Philosophy dirigé par le Dr Sam Barrett à l’Université de Cambridge, voir : https://boethius.mus.cam.ac.uk/

https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRj5rqSad-LD-JZhDwKPqfYs2npa0B1tRYK-rdNuUWKoe9Robd_J_gvMchf0WUiBenjamin Bagby

https://encrypted-tbn3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT6eDSCwnPAUh7mTwH8pqXieeGIea2-riSBu4NB0vonk87288t8Jbhz2IfjI_2iBoèce

https://yt3.ggpht.com/ytc/AIdro_luKvOw4g3TGGZ_drPE2qLRwNVtJXKuvdNWqq_xtfA3KQ=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjFaculty of Music, University of Cambridge

Source : https://www.youtube.com/watch?v=2keTQlAs2co

EN - Imprisoned in Pavia in the early 520s, Boethius could not have anticipated that his final work would become one of the most widely read books of the Middle Ages. The Consolation of Philosophy portrays his struggle to reconcile himself to his fate by exploring the ways of man, the role of Fortune, and the major questions of good and evil. Evidence that the poems of the Consolation were sung in the early Middle Ages survives in the form of musical notation added to over thirty extant manuscripts dating from the ninth through to the beginning of the twelfth century. Through scholarly detective work, the members of Sequentia, together with a Cambridge eminence in the medieval melodic tradition linked to Boethius’ work, Sam Barrett, have been able to produce a convincing reconstruction of this lost repertory. Barrett himself signs the main booklet essay and provides some fascinating insights therein. from : http://sequentia.org Evidence suggests that the laments in the sixth century work of Boethius were sung, and this is an attempt at reconstruction, with the help of scholar Sam Barrett. They are based primarily on a fragment from the Cambridge Songs (compiled c.1040), boosted by a rediscovered Canterbury source. The instrumental pieces are unrelated, ’reconstructed from a contemporary Anglo-Saxon repertory from neaby Winchester.’ The earlier Sequentia program based largely on the same Cambridge Songs source, and featuring previous attempts at reconstructing the Boethius melodies ’Lost Songs of the Rhineland Harper’ ⤳

FR - Emprisonné à Pavie au début des années 520, Boèce n’aurait pas pu prévoir que son œuvre finale deviendrait l’un des livres les plus lus du Moyen Âge. La Consolation de la philosophie dépeint sa lutte pour se réconcilier avec son destin en explorant les voies de l’homme, le rôle de la Fortune et les grandes questions du bien et du mal. La preuve que les poèmes de la Consolation ont été chantés au début du Moyen Âge subsiste sous la forme de notation musicale ajoutée à plus de trente manuscrits existants datant du IXe au début du XIIe siècle. Grâce à un travail de détective érudit, les membres de Sequentia, ainsi qu’une éminence de Cambridge dans la tradition mélodique médiévale liée à l’œuvre de Boèce, Sam Barrett, ont pu produire une reconstitution convaincante de ce répertoire perdu. Barrett lui-même signe l’essai principal du livret et y fournit des informations fascinantes. de : http://sequentia.org Des preuves suggèrent que les lamentations du travail de Boèce au vie siècle ont été chantées, et il s’agit d’une tentative de reconstruction, avec l’aide du savant Sam Barrett. Ils sont basés principalement sur un fragment des Cambridge Songs (compilé vers 1040), renforcé par une source redécouverte de Canterbury. Les pièces instrumentales sont sans rapport’, reconstituées à partir d’un répertoire anglo-saxon contemporain de neaby Winchester.’Le programme Sequentia antérieur basé en grande partie sur la même source de chansons de Cambridge, et mettant en vedette des tentatives antérieures de reconstruction des mélodies de Boèce ’Lost Songs of the Rheneland Harper’

 

https://www.gstatic.com/youtube/img/watch/yt_favicon_ringo2.png • Lost Songs of the Rhineland Harper, X... 

• 1 Carmina qui quondam 2 Heu, quam praecipiti 3 Tunc me discussa 4 Quisquis composito 5 O stelliferi conditor 6 Cum Phoebi radiis 7 Nubibus atris 8 Stans a longe (instr.) 9 Si quantas rapidis 10 Tuba (instr.) 11 Bella bis quinis 12 Vaga (instr.) 13 Quid tantos iuvat • Benjamin Bagby, voice, harps & direction Hanna Marti, voice & harp Norbert Rodenkirchen, flutes • Buy : https://cutt.ly/cRzkd90 🌻 The monetization of this channel is disabled to offer the highest possible listening quality. Please support the channel with a free donation : http://paypal.me/volpemirko#medievalmusic #sequentia #boethius

https://yt3.ggpht.com/YY58tumz1Kq7TO5z8NGxFkmwmGFURd6krHDmTJPuOzoo4nPWU5OKoy7t_n0VCUCuKyZUm_w-=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjMusica Medievale 🏹

Source : https://www.youtube.com/watch?v=pCsDxFphtkk

EN - Mirko Virginio Volpe : chant, gittern, hurdy-gurdy, frame drum Silvia Kuro : chant, portative organ, naqqāra, spoons, bells Alessandra Lazzarini : flutes Matteo Brusa : citole, riqq, darbouka (Camera operator : Claudio Berta) • 1 ∾Toza Instrumental 2 ∾ Mamma, lo temp’è venuto Lyrics : Anon., ASB, Memoriale bolognese 47 (Anthonius Guidonis de Argele, year 1282), c.1v Music : Arrangement of emilian traditional contrasto “O mamma mia marideme”. 3 ∾ Aiuta De’, vera lus et garçat (Rex glorioso) Lyrics : Anon. piedmontese, Biblioteca Ambrosiana, ms. E 15 sup., c.84, 13th century Music : Giraut de Borneill (...1138-1215...) - ’Reis glorios’, BnF, ms. français 22543, fol. 8v, 14th century 4 ∾ Anc al temps d’Artus ni d’ara Lyrics : Aimeric de Peguilhan (...1170-1230...) and Sordel (...1200-1269...), I-Fl, ms. Plut.41.42, fol. 55r, year 1301-1310 5 ∾ Bal Instrumental 6 ∾ La Tramontana Instrumental 7 ∾ Bella domna tant vos ai pregada Lyrics : Raimbaut de Vaqueiras (...1165-1207...) and the genoese woman (?), BnF, ms. français 854, fol. 156r, 13th century 8 ∾ Na Guillelma, manz cavaliers arrage Lyrics : Lanfranc Cigala (...-1258...) and Guillelma de Rosers (...1235-1265...), BnF, ms. français 854, fol. 159v, 13th century 9 ∾ Oltremare Instrumental 10 ∾ Gjamai non mi comfortto Lyrics : Rinaldo D’Aquino (...1227-1281...), BAV, Vat. Lat. 3793, fol. 8v, 13th century 11 ∾ Enoio Lyrics : Gherardo Patecchio (13th century), Biblioteca Nazionale Braidense, AD.XVI.20, fol. 80v, 15th century Music : Monge de Montaudon (...1143-1210...) - ’Mot menueya so auzes dire’, BnF, ms. français 22543, fol. 40r • The Provençal was, in the 12th and 13th centuries, the language of the courtly poetry. Its cradle was Provence, so intimate with relationships, with memories, blood ties and language with the Italian territory, which was immediately and completely overwhelmed by this art movement. Provençal lyric flourished and its poetic forms sprouted into songs whose echoes could be heard from Alps of Piedmont to Palermo, in the empire of the Hohenstaufen. Among the greatest Provençal troubadours were those who lived the Italian life, fighting with verses and sword for Italian lords, singing Italian women. There was Raimbaut de Vaqueiras who, around 1180, arrived on foot from Provence, perhaps attracted by the magnificence of the courts of Northern Italy, and around 1185 already was composing a bilingual tenso where a woman refused, in a colorful Genoese dialect, his verses of love in Provençal. Others, like Aimeric de Pegulhan, withdrew to Italian territory to escape the persecutions of the church against the many schismatic movements of the 13th century, such as the Cathars ; then there were also Italian troubadours who left their homeland following the romantic dream of the many knights-jongleurs-poets of southern France, the most famous of which was Sordel. In Genoa Lanfranc Cigala, notary and troubadour, composed a beautiful tenso with the Provençal trobairitz Guillelma de Rosers. Lanfranc Cigala, just like Sordel, wrote only and exclusively in Provençal. “Aiuta Dé, vera lus et garçat” is a translation into a Piedmontese vernacular of the famous Alba ’Reis Glorios’ by Giraut de Borneill, who lived in Provence in the 12th century and was called the “master of troubadours”. In the 12th and 13th centuries, people and art traveled continuously and often in the last verses of compositions, by both male and female, there was an envoi or tornada, a farewell with which the song was sent to the desired person, often through a messenger. “Canzoneta, va !”, was a formula often used as an envoi, perfect to express the long wandering of poetry and music coming from Provence to Italy, influencing Italian vernacular poetry, traveling from the courts of Northern Italy to the squares of Bologna, when also the poetry from Northern France, that of the trouverès, was leaving traces of Matter of France also in the famous rhymes of the Memoriali Bolognesi, provençal was to finally reach the court of the great Frederick II, the cradle of the Sicilian School. Italy in the 12th and 13th centuries was a country that welcomed into its courts and communes the Provençal and French muses who often fled to Italian territory to seek their fortune in prestigious courts or to escape religious persecution, nurturing a school of poetry and local music that was already forming and that only faded away with the birth of the stilnovisti’s style of poetry, among whom, mainly by Dante and Petrarch, the troubadours who preceded them were praised, admired and celebrated.

FR - Mirko Virginio Volpe : chant, gittern, vielle à roue, tambour à cadre Silvia Kuro : chant, orgue portatif, naqqāra, cuillères, cloches Alessandra Lazzarini : flûtes Matteo Brusa : citole, riqq, darbouka (Opérateur de caméra : Claudio Berta) * 1 Instrumental Toza Instrumental 2 Mam Mamma, lo temp’è venuto Paroles : Anon., ASB, Memoriale bolognese 47 (Anthonius Guidonis de Argele, année 1282), c. 1v Musique : Arrangement du contraste traditionnel émilien ’ O mamma mia marideme”. 3 Ai Aiuta De’, vera lus et garçon (Rex glorioso) Paroles : Anonyme. piémontais, Biblioteca Ambrosiana, ms. E 15 sup., vers 84, Musique du xiiie siècle : Giraut de Borneill (...1138-1215...)- ’Reis glorios’, BnF, ms.français 22543, fol. 8v, 14ème siècle 4 Lyrics Anc al temps d’Artus ni d’ara Paroles : Aimeric de Peguilhan (...1170-1230...) et Sordel (...1200-1269...), I-Fl, mme Plut. 41.42, fol. 55r, année 1301-1310 5 B Bal Instrumental 6 La La Tramontana Instrumental 7 Bella Bella domna tant vos ai pregada Paroles : Raimbaut de Vaqueiras (...1165-1207...) et la génoise (?), BnF, maîtrise français 854, fol. 156r, 13ème siècle 8 Na Na Guillelma, manz cavaliers arrage Paroles de chanson : Lanfranc Cigala (...-1258...) et Guillaume de Rosers (...1235-1265...), BnF, maîtrise français 854, fol. 159v, XIIIe siècle 9 Instrumental Oltremare Instrumental 10 Lyrics Gjamai non mi comfortto Paroles : Rinaldo D’Aquino (...1227-1281...), BAVIÈRE, TVA. Lat. 3793, fol. 8v, XIIIe siècle 11 Lyrics Enoio Paroles : Gherardo Patecchio (XIIIe siècle), Biblioteca Nazionale Braidense, AD.XVI. 20, fol. 80v, Musique du xve siècle : Monge de Montaudon (...1143-1210...)- ’Mot menueya donc auzes dire’, BnF, ms.français 22543, fol. 40r • Le provençal était, aux XIIe et xiiie siècles, la langue de la poésie courtoise. Son berceau était la Provence, si intime avec les relations, les souvenirs, les liens de sang et la langue avec le territoire italien, qui a été immédiatement et complètement submergé par ce mouvement artistique. Le lyrique provençal a prospéré et ses formes poétiques ont germé en chansons dont les échos se faisaient entendre des Alpes du Piémont à Palerme, dans l’empire des Hohenstaufen. Parmi les plus grands troubadours provençaux se trouvaient ceux qui vivaient la vie italienne, se battant avec des vers et une épée pour les seigneurs italiens, chantant des Italiennes. Il y avait Raimbaut de Vaqueiras qui, vers 1180, arriva à pied de Provence, peut-être attiré par la magnificence des cours du Nord de l’Italie, et vers 1185 composait déjà un tenso bilingue où une femme refusait, dans un dialecte génois coloré, ses vers d’amour en provençal. D’autres, comme Aimeric de Pegulhan, se retirèrent sur le territoire italien pour échapper aux persécutions de l’Église contre les nombreux mouvements schismatiques du xiiie siècle, comme les Cathares ; puis il y a eu aussi des troubadours italiens qui ont quitté leur patrie à la suite du rêve romantique des nombreux chevaliers-jongleurs-poètes du sud de la France, dont le plus célèbre était Sordel. À Gênes Lanfranc Cigala, notaire et troubadour, a composé un beau tenso avec le trobairitz provençal Guillelma de Rosers. Lanfranc Cigala, tout comme Sordel, écrivait uniquement et exclusivement en provençal. ’Aiuta Dé, vera lus et garçon’ est une traduction en langue vernaculaire piémontaise de la célèbre Alba ’Reis Glorios’ de Giraut de Borneill, qui vivait en Provence au 12ème siècle et était appelé le ’maître des troubadours’” - Aux XIIe et xiiie siècles, les gens et l’art voyageaient continuellement et souvent dans les derniers vers des compositions, tant masculines que féminines, il y avait un envoi ou une tornade, un adieu avec lequel la chanson était envoyée à la personne désirée, souvent par l’intermédiaire d’un messager. ’Canzoneta, Virginie !’, était une formule souvent utilisée comme envoi, parfaite pour exprimer la longue errance de la poésie et de la musique venant de Provence en Italie, influençant la poésie vernaculaire italienne, voyageant des cours du Nord de l’Italie aux places de Bologne, quand aussi la poésie du Nord de la France, celle des trouvères, laissait des traces de Matière de France aussi dans les célèbres rimes des Memoriali Bolognesi, le provençal devait enfin atteindre la cour du grand Frédéric II, berceau de l’École sicilienne. L’Italie des XIIe et XIIIe siècles était un pays qui accueillait dans ses cours et communes les muses provençales et françaises qui fuyaient souvent vers le territoire italien pour chercher fortune dans des cours prestigieuses ou pour échapper aux persécutions religieuses, nourrissant une école de poésie et de musique locale qui se formait déjà et qui ne s’est estompée qu’avec la naissance du style poétique des stilnovisti, parmi lesquels, principalement par Dante et Pétrarque, les troubadours qui les ont précédés ont été loués, admirés et célébrés. • Achat : Buy : https://cutt.ly/NwbH0AX2 Support Murmur Mori : http://paypal.me/volpemirko #murmurmori #medievalmusic #earlymusic #musicamedievale #troubadours #medioevo #trovatori

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Sources : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=SlSUA5-m9co

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  • Chants des voûtes cisterciennes
    Dirigé par Anne-Marie Deschamps, cet enregistrement capture l’essence du chant grégorien cistercien, reflétant la spiritualité musicale du Moyen Âge. Chez ​Romanes.com
  • Le Jeu de Daniel - Opéra Sacré JH2025-03-31T15:13:00JCouter sur

Médiéval - Enregistrement 4:08 - Ecouter sur > https://www.google.fr/search?sca_esv=fd0b6290a00de74f&sxsrf=AHTn8zpR5apfrCYnfE2_FAyaXvi533My0g:1743426493802&q=Le+Jeu+de+Daniel+-+Op%C3%A9ra+Sacr%C3%A9+M%C3%A9di%C3%A9val&udm=7&fbs=ABzOT_BnMAgCWdhr5zilP5f1cnRvZiloEzC9Z2SN5Zmit1UHYF_iECit9HwlcazCNSdLTKfbX1v4j5rOi8ow-5Wwm8MStlAAVfIxeYNFyY6cDpSnNgNW_EsYDpR8Mhe7lOYasKRHWeSffQzh3ulb24IYVk2sOPhILIfKzQQK9TsIw6cSEfy346jbLZOZ4m1oD8_5VdIzv9nDWb2W4yKZ3mNFTso6kY3Hug&sa=X&ved=2ahUKEwj3s-vmsbSMAxXNVKQEHfq7PUAQtKgLegQIExAB&biw=895&bih=455&dpr=2.14#fpstate=ive&vld=cid:8e232493,vid:Y8o2EGwehI4,st:0
Aussi : Interprété par l’Ensemble Venance Fortunat sous la direction d’Anne-Marie Deschamps, cet enregistrement présente une œuvre médiévale festive, offrant un aperçu des traditions musicales du XIᵉ siècle. Chez Romanes.com

Biographie - Anne-Marie Deschamps, née le 23 octobre 1933 à Strasbourg et morte le 15 juillet 2022 à Cournonterral, est une interprète de la musique médiévale, chanteuse, musicologue, pédagogue et compositrice française. Elle fonde en 1974 l’ensemble Venance Fortunat, première formation vocale française a cappella spécialisée dans la musique médiévale. Sous son impulsion, d’autres ensembles ont vu le jour dans la fin des années 1980 et début 1990. Source : Wikipedia

  • Les Premières Polyphonies Françaises (XIe siècle) - Le Manuscrit du Puy
    Interprété par l’Ensemble Gilles Binchois, cet enregistrement explore les premières formes de polyphonie en France, offrant un aperçu des innovations musicales du Moyen Âge. Région : Europe  Label : Virgin Classics  Pistes : 46  Durée : 135min 44sec
    Ce document musical de l’Ensemble Gilles Binchois, mis sur pied en 1996, combine deux enregistrements très différents de cet ensemble. La première est l’une des plus anciennes polyphonies françaises des années 1000. Le chœur est une voix mixte h/f, peut être historiquement inexacte, mais certainement belle, extatique, fluide et chaleureuse. Vraiment, il est difficile de résister à la beauté transcendante de ce disque. De plus, un pont vers Ars Nova à partir du chant est fourni, comme par hasard. Le 2ème disque, tiré d’un manuscrit du XVIème siècle, retrouvé dans la cathédrale du Puy, dans le sud rural de la France, illustre à tout le moins le conservatisme obstiné de la campagne. Machaut, Dufay, Desprez et d’autres peuvent aller et venir, mais un engagement envers un chant très basique, et des hymnes tout aussi basiques basés sur celui-ci, est clairement mis en évidence ici, sur une période de centaines d’années. Le disque est informatif, mais pas aussi engageant que le premier disque. Les deux sont enregistrés aussi bien qu’ils pourraient l’être.

Early French Polyphony - Album by Ensemble Gilles Binchois & Dominique Vellard - Apple Music

A écouter sur > https://www.allformusic.fr/albums/d2ef211e-c60e-4f4a-bf13-222af65f3fef

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