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"Les usages possibles des ordinateurs quantiques, un supercalculateur d’IA géant à énergie nucléaire, ‘Le Chat’ de Mistral et Deepseek chinois : critiques, enjeux stratégiques gouvernementaux et industries mondiales en compétition" par Jacques Hallard

dimanche 9 mars 2025, par Hallard Jacques


ISIAS IA Numérique Quantique

Les usages possibles des ordinateurs quantiques, un supercalculateur d’IA géant à énergie nucléaire, ‘Le Chat’ de Mistral et Deepseek chinois : critiques, enjeux stratégiques gouvernementaux et industries mondiales en compétition

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 06/03/2025

Présentation de la Série « IA Numérique Quantique »

Partie 1 – ’Autour du Sommet sur l’Intelligence Artificielle (IA) de février 2025 à Paris, l’impact sur l’environnement, les usages dans les administrations, les entreprises, la défense et les rudes compétitions technologiques et entre pays’ par Jacques Hallard 03 mars 2025 - ISIAS IA Numérique Quantique

Partie 2 : Les usages possibles des ordinateurs quantiques, un supercalculateur d’IA géant à énergie nucléaire, ‘Le Chat’ de Mistral et Deepseek chinois : critiques, enjeux stratégiques gouvernementaux et industrielles en compétition

Plan du document : Avant-propos Préambule Introduction Sommaire Auteur


Avant-propos – Des opinions contrastées sur les IA et IAG

Actualités - Emmanuel Macron • Abonné • Président de la République française.1er mars 2025 - Trois semaines après le Sommet de Paris pour l’action sur l’intelligence artificielle, la dynamique se poursuit ! Le WEF et VivaTech annoncent qu’ils vont ouvrir ensemble à Paris le Centre européen pour l’excellence en IA. L’Europe prend son destin en main.

Aperçu de l’image

WEF - Le Forum économique mondial ou FEM (en anglais : World Economic Forum, abrégé WEF) – VivaTech - Viva Technology : 2025 Edition

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Les mythes de l’IA - IA Intelligence artificielle & démocratie idéologie monopole – Les mythes de l’IA - 2.03.25 - Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre compréhension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur réalité… pour mieux influer les transformations légales à venir. https://framablog.org/2025/03/02/les-mythes-de-lia/ - IA : moins les gens savent comment ça fonctionne, plus ils l’apprécient - 28.02.25 - Les personnes les moins familiarisées avec les concepts derrière les systèmes d’IA considèrent souvent cette technologie (…) - 02 mars 2025, par Rédaction Yonne Lautre – Lire par ici > https://framablog.org/2025/03/02/les-mythes-de-lia/

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Les mythes de l’IA par Framasoft | 2 Mar 2025 - | Temps de lecture 7 min - Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 02 octobre 2024 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA. - Hubert Guillaud

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Bref rappel – ChatGPT : l’intelligence artificielle (IA) va connaître une accélération majeure - « Les discours autour de l’IA produisent des mythes qui influencent notre compréhension de ce qu’elle est, produisant une perception confuse de leur réalité… pour mieux influer les transformations légales à venir. La technologie ne produit pas que des solutions, elle produit aussi beaucoup de promesses, d’imaginaires, d’idéologies et de mythes. Derrière le marketing des produits et des services, les entreprises déploient des métaphores simples et convaincantes qui réduisent la complexité des transformations à l’œuvre. « Ils pollinisent l’imagination sociale avec des métaphores qui mènent à des conclusions, et ces conclusions façonnent une compréhension collective » plus ou moins fidèle à la réalité. Les discours sur l’IA générative reposent sur de nombreux mythes et promesses, explique Eryk Salvaggio pour Tech Policy Press qui tente d’en dresser la liste. Ces promesses produisent souvent une compréhension erronée du fonctionnement de l’IA et induisent en erreur ceux qui veulent les utiliser….. » – Référence https://framablog.org/2025/03/02/les-mythes-de-lia/

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Préambule

Quelques informations et définitions préliminaires

Ordinateur quantique, calculateur quantique, processeur quantique ou système informatique quantique : système utilisant les propriétés quantiques de la matière, telles que la superposition et l’intrication, afin d’effectuer des opérations sur des données… - Source : Wikipédia

« Les supercalculateurs d’IA permettent aux industries de former des modèles plus grands, plus performants et plus précis. Et avec plus de précision, les équipes peuvent analyser les informations plus rapidement, apporter des enseignements clés aux processus, exploiter davantage de sources et tester davantage de scénarios, tout cela pour accélérer les progrès de l’industrie ». Google

L’entreprise française Mistral AI a lancé le 6 février 2025 son chatbot assistant IA, « Le Chat », affirmant qu’il s’agissait du chatbot le plus rapide au monde, capable de délivrer 1.000 mots par seconde. 13 février 2025 - Le Chat - Mistral AI

Le DeepSeek chinois a (chinois simplifié : 深度求索 ; pinyin : Shēndù Qiúsuǒ) est une société chinoise d’intelligence artificielle et le nom de son agent conversationnel, qui exploite un grand modèle de langage. Établie à Hangzhou, la société est fondée et soutenue par le fonds spéculatif chinois High-Flyer (en). Début 2025, DeepSeek dévoile un nouveau modèle publié en open source sous licence MIT. Ce modèle, aux performances qui seraient comparables, voire supérieures, à celles des leaders américains, se démarque par son faible coût de développement et sa consommation réduite de ressources. La publication du nouveau modèle entraîne une réaction notable des marchés financiers. Les cours de plusieurs entreprises américaines, notamment ceux du leader mondial des puces graphiques utilisées dans l’intelligence artificielle Nvidia, chutent fortement. Peu après, DeepSeek lance aussi un autre modèle (Janus-Pro-7B) générateur d’image à partir de prompt textuel, qui pourrait concurrencer DALL-E 3 d’OpenAI et Stable Diffusion (de Stability AI, à Londres)… - Lire sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/DeepSeek

Article de revue sur l’IA et l’IAG - Par Julie Higounet – ‘Cahiers Pédagogiques’ - Page 45 - ArticleAuteur(e)s - Intelligence artificielle et pédagogie - Cahiers pédagogiques 2024/4 N° 593 CRAP - Cahiers pédagogiques

« Dans notre dossier, IAG est systématiquement l’acronyme de « intelligence artificielle générative ». L’IA est un terme large qui englobe un ensemble de technologies permettant aux machines d’imiter des capacités cognitives humaines, telles que l’apprentissage, la résolution de problèmes et la prise de décision. Gémini1 nous a aidés à développer notre réponse.
Une branche spécifique de l’IA, l’IAG se concentre sur la création de contenu nouveau et original. Elle utilise des algorithmes pour apprendre à partir de données existantes et ensuite générer de nouveaux contenus, comme des textes, des images, de la musique ou encore du code.
Création de contenu : pour générer des articles de blog, des descriptions de produits, des scripts de films, etc.
Art numérique : pour créer des peintures, des sculptures, des photos, etc.
Musique : pour composer des morceaux, créer des instruments, etc.
Développement de logiciels : pour automatiser la création de code, écrire des tests, etc.
Il est important de noter que toutes les IA ne sont pas IAG. De nombreux systèmes d’IA se concentrent sur d’autres tâches, comme la reconnaissance d’images, la traduction automatique ou encore la prédiction de la météo… - Date de mise en ligne : 20/06/2024 - https://doi.org/10.3917/cape.593.0045

Cet article est en accès conditionnel - S’abonner à Cairn Pro - À partir de 18€ par mois - 150 revues en texte intégral au cœur de votre métier - Acheter cet article > https://shs.cairn.info/revue-cahiers-pedagogiques-2024-4-page-45?lang=fr

Agent conversationnel ou chatbot, aussi nommé dialogueur : c’est un agent logiciel conçu pour interagir avec des utilisateurs par des échanges textuels ou vocaux. Des chatbots comme ELIZA existent depuis la fin des années 1960. Wikipédia

Les différents agents conversationnels connus à ce jour à travers le monde d’après ChatGPT - 03 mars 2025

Les agents conversationnels, ou chatbots, sont des programmes informatiques conçus pour interagir avec les utilisateurs en langage naturel. Depuis leur apparition, leur diversité et leurs capacités n’ont cessé de croître. Voici un aperçu de quelques-uns des principaux agents conversationnels disponibles à travers le monde :

ChatGPT - Développé par OpenAI, ChatGPT est basé sur des modèles de langage avancés comme GPT-4 et GPT-4o. Il est capable de répondre à des questions, de générer du texte, de coder et d’effectuer diverses tâches linguistiques. fr.wikipedia.org

Xiaoice - Créé par Microsoft, Xiaoice est un agent conversationnel particulièrement populaire en Chine et au Japon. Il est intégré à diverses plateformes comme WeChat et LINE, offrant des interactions empathiques avec les utilisateurs. fr.wikipedia.org

Pi - Lancé par Inflection AI, Pi est conçu pour être un assistant personnel empathique, visant à fournir des conversations naturelles et humaines. Contrairement à certains autres chatbots, Pi n’est pas destiné à la génération de code ou de textes techniques. fr.wikipedia.org

Cleverbot - Lancé en 1997, Cleverbot est l’un des premiers chatbots à avoir appris de ses interactions avec les utilisateurs, accumulant une vaste base de données de conversations pour affiner ses réponses. fr.wikipedia.org

Siri, Alexa, Google Assistant et Cortana - Ces assistants vocaux développés respectivement par Apple, Amazon, Google et Microsoft permettent aux utilisateurs d’interagir verbalement pour effectuer des tâches, poser des questions ou contrôler des appareils connectés. fr.wikipedia.org

Ces agents conversationnels illustrent la diversité des technologies actuelles, chacune offrant des fonctionnalités spécifiques pour répondre aux besoins variés des utilisateurs à travers le monde.

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Les différentes intelligences artificielles génératives (IAG) à ce jour à travers le monde selon ChatGPT {{}}

L’intelligence artificielle générative (IA générative) désigne des systèmes capables de créer de nouvelles données similaires à celles produites par l’homme, qu’il s’agisse de texte, d’images, de musique ou d’autres formats. bigmedia.bpifrance.fr

Ces technologies reposent sur divers modèles, notamment les réseaux antagonistes génératifs (GAN), les auto-encodeurs variationnels (VAE) et les transformeurs génératifs pré-entraînés (GPT). fr.wikipedia.org

Quelques-unes des principales IA génératives utilisées à travers le monde – Selon ChatGPT 3 mars 2025 :{{}}

ChatGPT - Développé par OpenAI, ChatGPT est un modèle de langage avancé capable de générer du texte cohérent et pertinent en réponse à des requêtes en langage naturel. fr.wikipedia.org

DALL·E - Également créé par OpenAI, DALL·E génère des images à partir de descriptions textuelles, illustrant la capacité des IA à créer du contenu visuel basé sur des instructions en langage naturel. fr.wikipedia.org

Midjourney - Midjourney est une IA générative spécialisée dans la création d’images artistiques à partir de descriptions textuelles, offrant aux utilisateurs la possibilité de transformer leurs idées en œuvres visuelles. fr.wikipedia.org

Stable Diffusion - Stable Diffusion est un modèle d’IA générative open-source permettant de créer des images à partir de descriptions textuelles, utilisé dans divers projets créatifs et artistiques. fr.wikipedia.org

MusicLM - Développé par Google, MusicLM est un modèle d’IA capable de générer des compositions musicales à partir de descriptions textuelles, illustrant l’application de l’IA générative dans le domaine de la musique. fr.wikipedia.org

Une intelligence artificielle générative utilisée pour les travaux de recherches scientifiques : AlphaFold - Créé par DeepMind, AlphaFold prédit la structure tridimensionnelle des protéines à partir de leurs séquences d’acides aminés, révolutionnant la biologie structurale et accélérant la recherche en biochimie. lemonde.fr

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Introduction

Ce dossier développé dans un but didactique est la Partie 2 de la Série « IA Numérique Quantique » mise en ligne sur ISIAS – Il est composé d’articles récents qui suivent des évènements dans le secteur du numérique, des Intelligences Artificielle (IA) et des ordinateurs quantiques

Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire


1.La France défie les États-Unis et la Chine avec son futur supercalculateur d’IA géant à énergie nucléaire - Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu - Publié le 10 février 2025 à 18h06 – Document ‘clubic.com’

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  • Technologie quantique - Un bond en avant inédit : 7 usages concrets que permettront les ordinateurs quantiques - Publié le 1er mars 2025 à 14 h 00 min - Par Mathilde Rochefort – Document ‘presse-citron.net’

Leurs capacités seront telles qu’elles dépasseront l’entendement humain.

Informatique Quantique© metamorworks / Shutterstock.com

Cette technologie est considérée comme l’une des technologies qui façonnera le monde de demain en promettant de révolutionner de très nombreux domaines. Pourtant, il est difficile de réellement se rendre compte de l’impact réel qu’aura l’informatique quantique lorsqu’elle sera maîtrisée. Mais ses cas d’usage concrets commencent de plus en plus à se matérialiser.

Car ce domaine exploite les propriétés du monde quantique, c’est-à-dire de l’infiniment petit. Contrairement aux ordinateurs traditionnels qui s’appuient sur des bits, les ordinateurs quantiques exploitent des qubits. Ces derniers peuvent exister simultanément dans plusieurs états grâce à un phénomène appelé superposition. Concrètement, un qubit peut être à la fois 0 et 1 en même temps, ce qui permet de traiter une quantité beaucoup plus grande d’informations en parallèle.

Malheureusement, les qubits sont extrêmement sensibles à leur environnement. Toute interaction avec des particules ou des champs électromagnétiques peut provoquer une décohérence. En d’autres termes, ils nécessitent des conditions de fonctionnement extrêmement contrôlées, souvent à des températures proches du zéro absolu. Par ailleurs, les opérations quantiques sont sujettes à des taux d’erreur beaucoup plus élevés, les corriger représentant actuellement un défi majeur.

Si les chercheurs multiplient les avancées dans le domaine, notamment chez Google et Microsoft récemment, il faudra attendre encore de longues années pour que les promesses de cette technologie se concrétisent. Mais le jeu en vaudra très certainement la chandelle. Voici de quoi ces machines seront capables, en théorie.

Ordinateur quantique© Microsoft

Accélérer la découverte de nouveaux médicaments

En facilitant des simulations plus précises des structures moléculaires et des interactions médicamenteuses, l’informatique quantique promet de révolutionner la recherche pharmaceutique et le domaine de la santé en général. Les caractéristiques de ces ordinateurs leur donnent le potentiel d’explorer de nombreuses possibilités simultanément, de quoi modéliser les molécules et leurs interactions avec une précision sans précédent.

Cela devrait drastiquement accélérer la découverte de nouveaux médicaments, un processus aujourd’hui long et coûteux car il nécessite des années de recherche et de tests. Ces capacités pourraient conduire à des traitements plus rapides pour les maladies émergentes, ainsi qu’à une réponse plus agile face aux épidémies. De même, l’aptitude des ordinateurs quantiques à imaginer des scénarios ultra complexes pourrait permettre de mieux comprendre certaines maladies comme Alzheimer et Parkinson.

Découverte de nouveaux matériaux et composés chimiques

La science des matériaux devrait, elle aussi, faire un important bond en avant lors de l’avènement de l’informatique quantique. Car les ordinateurs classiques sont limités dans leur capacité à modéliser des structures complexes en raison de leur approche séquentielle du calcul. Les appareils quantiques, eux, traitent simultanément de nombreuses configurations possibles. Cela pourrait déboucher sur la découverte de nouveaux matériaux avec des propriétés sur mesure pour des applications spécifiques. Par exemple, des dispositifs plus légers et plus résistants pour l’aérospatiale, ou plus durables pour l’électronique.

Ces spécificités ont également le potentiel de bouleverser le développement de batteries et de semi-conducteurs, avec des systèmes dotés d’une meilleure densité énergétique et de performances accrues. Des avancées cruciales pour répondre aux besoins croissants en énergies renouvelables et en technologies.

Même son de cloche dans la chimie. L’informatique quantique pourrait optimiser les processus chimiques et permettre la découverte de nouveaux composés aux propriétés uniques, toujours grâce à ses capacités décuplées de simulation. Les promesses sont immenses, notamment dans les industries comme la pharmacie ou l’agriculture.

De meilleures prévisions météorologiques et climatiques

Les prévisions météorologiques et climatiques pourraient largement bénéficier des ordinateurs quantiques. Les modèles actuels sont en effet limités par leur capacité à traiter des quantités massives de données et à simuler des interactions complexes dans l’atmosphère et les océans. Des tâches que leurs homologues quantiques pourraient réaliser bien plus efficacement et rapidement, facilitant des prévisions plus fiables et détaillées. Ces performances pourraient nous aider à mieux anticiper les événements climatiques extrêmes, voués à s’accélérer, et à s’y adapter de manière plus efficace.

La technologie pourrait aussi jouer un rôle crucial dans la résolution des défis environnementaux, en permettant des simulations plus précises des écosystèmes et des cycles biogéochimiques. De quoi mieux comprendre les impacts du changement climatique sur les écosystèmes, afin de développer des stratégies pour protéger la biodiversité.

Mieux exploiter les énergies renouvelables

L’informatique quantique a également le potentiel de réduire nos dépendances aux combustibles fossiles. En simulant divers scénarios, elle pourrait identifier les configurations les plus efficaces pour maximiser l’utilisation des énergies renouvelables, souvent intermittentes et dépendantes des conditions météorologiques. Cela permettrait de mieux les intégrer dans le réseau électrique.

Optimiser les itinéraires des avions de ligne

Dans l’aéronautique, les ordinateurs classiques peinent à gérer la complexité des réseaux logistiques et des itinéraires aériens, qui impliquent de nombreuses variables et contraintes. Les ordinateurs quantiques, eux, pourront traiter ces différents éléments de manière plus fluide afin d’optimiser les itinéraires des avions, ou même de faciliter l’allocation des pièces de rechange. Cela pourrait se traduire par des vols plus courts, une consommation de carburant réduite et une meilleure gestion des stocks de pièces détachées.

Concevoir des engins aérospatiaux plus performants

L’informatique quantique pourra aussi améliorer la conception des aéronefs grâce à des simulations avancées de dynamique des fluides et d’analyse par éléments finis. Ces disciplines nécessitent des calculs intensifs pour modéliser le comportement des fluides autour des aéronefs et les contraintes structurelles, ce qui relèvera parfaitement du champ des capacités des ordinateurs quantiques, menant à des appareils plus performants et sûrs.

L’optimisation topologique, qui permet de déterminer la meilleure distribution de matière dans une structure pour répondre à des contraintes spécifiques comme la résistance et le poids, est essentielle dans la conception aérospatiale. Ce domaine devrait, lui aussi, progresser de manière exponentielle grâce à l’informatique quantique.

Des données mieux chiffrées

En exploitant les principes de la mécanique quantique, de nouvelles méthodes de chiffrement des données pourront être développées pour offrir une sécurité accrue. De même, l’informatique quantique pourrait révolutionner la manière dont nous sécurisons les communications et les transactions en ligne.

Les protocoles de distribution de clés quantiques, par exemple, détecteront toute tentative d’interception avec une efficacité redoutable. À noter tout de même que les experts s’inquiètent déjà des possibles dégâts causés par la technologie si elle tombe entre les mains de cybercriminels ou d’acteurs malveillants.

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Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle : tout savoir sur cet évènement mondial organisé à Paris – Partenariat - La France s’associe à huit pays pour lancer un partenariat soutenant une « IA d’intérêt général » - Par Le Figaro avec AFP - Publié le 9 février à 19h48, mis à jour le 10 février à 09h58

Le président Emmanuel Macron, le premier ministre canadien Justin Trudeau et le secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann avant le Sommet sur l’IA à Paris, le 9 février 2025. Michel Euler / REUTERS

Baptisé « Current AI », ce partenariat, soutenu par 11 patrons de la tech comme Arthur Mensch de la start-up française Mistral AI ou Fidji Simo à la tête de la plateforme américaine de livraison de courses Instacart, est doté d’un investissement initial de 400 millions de dollars.

La France s’associe à huit pays, des associations et des entreprises pour lancer une initiative pour une intelligence artificielle (IA) « d’intérêt général », parrainée par 11 dirigeants de la tech, selon un communiqué publié dimanche, à la veille de l’ouverture d’un sommet sur l’IA à Paris.

À découvrir : PODCAST - Écoutez le dernier épisode de notre série Questions Tech

Baptisé « Current AI », ce partenariat, soutenu par des patrons comme Arthur Mensch de la start-up française Mistral AI ou Fidji Simo à la tête de la plateforme américaine de livraison de courses Instacart, est doté d’un investissement initial de 400 millions de dollars.

L’initiative espère lever au total 2,5 milliards de dollars sur les cinq prochaines années afin de développer l’accès à des bases de données privées et publiques dans des domaines comme la santé et l’éducation, et investir dans des outils et des infrastructures en source ouverte pour rendre l’IA plus « transparente et sécurisée », précise le communiqué.

Diversifier le marché{{}}

Ce projet entend aussi mettre au point des « systèmes pour évaluer l’impact social et environnemental » de l’IA, ajoute-t-il. « Current AI va contribuer au développement de nos propres systèmes d’intelligence artificielle en France et en Europe pour diversifier le marché et promouvoir l’innovation à travers le monde », a déclaré le président français Emmanuel Macron, cité dans le communiqué.

Parmi les pays fondateurs du partenariat figurent le Chili, la Finlande, le Nigeria, le Maroc, le Kenya, l’Allemagne, la Slovénie et la Suisse. Côté entreprises, Google, l’éditeur de logiciel Salesforce ou encore le groupe AI Collaborative du fondateur d’eBay Pierre Omidyar participent à l’initiative.

Cette annonce intervient en amont de l’ouverture du sommet pour l’action sur l’intelligence qui réunit lundi et mardi à Paris dirigeants politiques et chefs d’entreprise pour évoquer les grands enjeux de cette technologie qui bouleverse la société.

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IA : Emmanuel Macron annonce des investissements en France de « 109 milliards d’euros dans les prochaines années »

« Bien joué, ça m’a plutôt fait rire » : Macron s’amuse des parodies sur lui avant le sommet de l’IA

Source : https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/la-france-s-associe-a-huit-pays-pour-lancer-un-partenariat-soutenant-une-ia-d-interet-general-20250209

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  • La France défie les États-Unis et la Chine avec son futur supercalculateur d’IA géant à énergie nucléaire - Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu - Publié le 10 février 2025 à 18h06 – Document ‘clubic.com’

    Alexandre Boero

L’un des plus puissants supercalculateurs d’IA au monde va s’installer en France. L’entreprise Fluidstack a annoncé investir 10 milliards d’euros dans une infrastructure qui sera opérationnelle dès 2026.{{}}

Un supercalculateur dédié à l’IA va très vite être construit en France © Microsoft Designer, pour Clubic

Un supercalculateur dédié à l’IA va très vite être construit en France © Microsoft Designer, pour Clubic

La course à la puissance de calcul dans le domaine de l’IA s’intensifie, et la France compte bien jouer les premiers rôles. Fluidstack, une entreprise britannique spécialisée dans le ‘cloud computing’ pour l’IA, vient de signer ce lundi 10 février 2025, un accord historique avec le gouvernement français.

L’objectif ? Construire un gigantesque supercalculateur d’une puissance de 1 gigawatt, alimenté par l’énergie nucléaire française. Un projet titanesque qui devrait voir le jour dès 2026.

Un supercalculateur qui atteindra 1 gigawatt de puissance en 2028{{}}

Avec un investissement initial de 10 milliards d’euros, Fluidstack ambitionne de créer l’une des infrastructures de calcul les plus avancées au monde. Le projet, annoncé lors du Sommet pour l’action sur l’IA à Paris ce lundi, a directement été validé et salué par Emmanuel Macron et plusieurs ministres.

La future installation, qui démarrera son activité dès 2026, exploitera pleinement l’atout majeur de la France : son parc nucléaire. L’électricité décarbonée qui en est issue permettra d’alimenter ce mastodonte technologique qui doit être capable de rivaliser avec les plus grandes puissances mondiales.

L’approche de cette infrastructure conjuguera qui plus est, innovation et responsabilité environnementale, puisque la chaleur résiduelle générée par le lieu, dont l’emplacement exact n’a pas encore été communiqué, sera également récupérée. D’ici 2028, ce supercalculateur embarquera près de 500.000 puces d’IA de nouvelle génération, ça c’est certain. C’est à ce moment-là qu’il atteindra sa pleine capacité de 1 GW de puissance, entièrement dédiée à l’intelligence artificielle.

Cette puissance de calcul colossale positionnera la France aux côtés des États-Unis et de la Chine dans la course à l’intelligence artificielle. Un bond technologique qui devrait attirer les plus grands acteurs du secteur.

Un investissement massif pour propulser la France dans le top 3 mondial{{}}

Le choix de la France pour accueillir cette infrastructure n’est pas anodin. Fluidstack est née dans les couloirs de l’Université d’Oxford et s’est imposée comme un acteur majeur du ‘cloud computing’ pour l’IA. L’entreprise collabore déjà avec des poids lourds comme le Français Mistral AI et Character.AI. Elle gère, à ce jour, plus de 100 000 GPU pour ses clients.

L’impact économique attendu de ce supercalculateur est considérable. Au-delà de la création de milliers d’emplois hautement qualifiés dans la recherche et l’infrastructure, c’est tout l’écosystème français de l’IA qui devrait être stimulé. La collaboration avec RTE (Réseau de Transports Électrique) garantira une intégration optimale au réseau électrique national, ce qui lui assurera stabilité et performance.

Voilà en tout cas une initiative qui pourrait aider à faire de la France un hub incontournable de l’IA, en s’appuyant sur ses atouts historiques. L’expertise de Fluidstack en matière de cloud computing et l’infrastructure énergétique française promettent de créer un environnement unique pour le développement des futures innovations en intelligence artificielle. Une bonne nouvelle.

Alexandre Boero

Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu

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Source : https://www.clubic.com/actualite-553116-la-france-defie-les-etats-unis-et-la-chine-avec-son-futur-supercalculateur-d-ia-geant-a-energie-nucleaire.html

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  • ’Mistral fera un bon modèle qui tuera Deepseek dans deux mois’ : Xavier Niel relativise sur le succès de l’IA chinoise - Sylvain Trinel – 10 février 2025 – Diffusé par ‘bfmtv.com’

    Xavier Niel dans Tech&Co

Xavier Niel dans Tech&Co - Tech&Co

Présent au Sommet de l’IA qui a lieu à Paris, Xavier Niel, fondateur d’Iliad, a relativisé le succès de l’IA générative chinoise Deepseek face à ses concurrents.

Depuis deux semaines, Deepseek, l’IA générative chinoise, fait beaucoup parler d’elle. Développée pour moins de dix millions de dollars, cette IA a fait baisser les cours de bourse de nombreuses entreprises américaines, pratiquant des prix très élevés, comme Nvidia.

La faute à la sortie de R3, le dernier modèle de langage de Deepseek, qui est particulièrement rapide, mais qui a néanmoins de nombreux biais, notamment en matière de censure de l’actualité chinoise ou de certains éléments géopolitiques.

’Un bon modèle qui tuera Deepseek’ {{}}

’La force de Deepseek, c’est qu’ils arrivent avec deux annonces très fortes, ils arrivent avec un prix très bas, et ils disent qu’ils sont open source, et puis ça s’emballe,’ réagit Xavier Niel, fondateur d’Iliad, au micro de Tech&Co La Quotidienne.

Mais cet emballement ne mérite pas autant d’attention pour celui qui est aussi investisseur dans Mistral. Le milliardaire précise en effet que si Deepseek est actuellement dans tous les esprits, ’Mistral fera un bon modèle qui tuera Deepseek dans deux mois,’ prédit-il.

’C’est le jeu, de temps en temps il y en a un qui fonctionne mieux sur son modèle,’ ajoute Xavier Niel, qui vante les mérites de l’humain dans ces améliorations qui font la différence. ’L’important, c’est d’avoir la base, et elle est ici, en France, ils ne l’ont pas en Allemagne, en Italie... Il y a des choses dont on peut se réjouir.’

Le développement des IA génératives bat son plein depuis plusieurs mois. Si OpenAI fait la course en tête avec ChatGPT, son ‘chatbot’ est sérieusement concurrencé par d’autres solutions, dont Le Chat, dont les mérites ont été célébrés ces derniers jours. Emmanuel Macron n’a pas hésité à citer la startup fondée par Arthur Mensch comme un exemple à suivre.

Dans le même temps, le président de la République a annoncé 109 milliards d’investissements dans le domaine de l’IA pour les prochaines années.

Sylvain Trinel

A la Une ’Non merci’ : Elon Musk veut s’offrir OpenAI, Sam Altman lui répond sèchement

Les plus lus : Intelligence artificielle : cinq questions pour comprendre le bouleversement de l’IA

Source : https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/mistral-fera-un-bon-modele-qui-tuera-deepseek-dans-deux-mois-xavier-niel-relativise-sur-le-succes-de-l-ia-chinoise_AN-202502100785.html

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  • Intelligence artificielle : pourquoi la France a un avantage que les autres n’ont pas - Publié le 11/02/2025 à 06:31 - Eliott Vaissie – Document ‘ladepeche.fr’

    Début 2025, on comptait des centaines de formations et plus de 750 start-ups embauchant près de 40 000 spécialistes de l’IA.

Début 2025, on comptait des centaines de formations et plus de 750 start-ups embauchant près de 40 000 spécialistes de l’IA. Pexels

Intelligence artificielle, Sciences et techniques, Nucléaire

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L’essentiel - Alors que le secteur de l’intelligence artificielle est dominé par la Chine et les États-Unis, la France cherche à tirer son épingle du jeu lors d’un sommet international ouvert lundi 10 février. Un signe fort de l’attractivité et des avantages énergétiques et humains du pays.

Emmanuel Macron était l’invité de France 2 le soir du dimanche 9 février 2025, à la veille de l’ouverture d’un sommet international sur l’intelligence artificielle à Paris. Si le secteur est dominé par la Chine et les États-Unis, le président de la République compte profiter de l’occasion pour mettre en avant les avantages de l’écosystème français.

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Son parc nucléaire{{}}

La France dispose d’un parc nucléaire très performant. D’après EDF, en 2023, l’énergie nucléaire française ’correspond à 87 % de la production d’électricité’ et à ’65 % du mix énergétique’ du pays, et représente plus de la moitié de la production européenne. Le nucléaire présente l’avantage d’être une énergie décarbonée et peu coûteuse, à même de faire fonctionner les 264 data centers du pays et d’en attirer de nouveaux.

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Le développement de l’IA suppose de stocker d’immenses quantités de données, d’où l’importance des data centers. Or, leur fonctionnement requiert des systèmes de refroidissement qui nécessitent un apport énergétique permanent.

En 2023, les data centers représentaient entre 2 et 3 % de la consommation d’électricité mondiale selon l’Agence internationale de l’énergie, soit une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Avec le développement de l’IA, d’ici 2030, ils pourraient consommer 13 % de l’électricité mondiale.

Ses chercheurs et ses instituts{{}}

En 2018, le rapport Villani recensait dans l’Hexagone 5 300 chercheurs, 18 masters et 270 start-up spécialisés dans l’IA. Début 2025, on compte des centaines de formations et plus de 750 start-up embauchant près de 40 000 spécialistes. L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) compte aujourd’hui 200 chercheurs à temps plein, dont 40 % d’étrangers, un signe fort d’attractivité.

C’est le fait d’un cercle vertueux : cet essor a conduit des géants du secteur comme Meta, Samsung, IBM ou encore Google à ouvrir des centres de recherche dans la capitale, ce qui séduit en retour de nouveaux chercheurs et ingénieurs du monde entier.

En novembre 2023, les milliardaires Xavier Niel et Rodolphe Saadé lançaient également le laboratoire Kyutai, dédié à la recherche dans l’IA. Une initiative saluée par Emmanuel Macron : ’En quelques années, nous sommes parvenus à créer plusieurs instituts de recherche interdisciplinaire, des chaires de recherche, à doubler le nombre de diplômés en IA et à augmenter de cinq cents le nombre de doctorants.’

L’enjeu est désormais de limiter la fuite de cerveaux. Dans un rapport de mars 2024, la Commission de l’intelligence artificielle note que ’la qualité de la formation supérieure française dans le domaine conduit de nombreuses entreprises étrangères à recruter des ingénieurs et chercheurs formés dans notre pays’.

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Le sommet de Paris sur l’IA se tient au Grand Palais, les 10 et 11 février 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le sommet de Paris sur l’IA se tient au Grand Palais, les 10 et 11 février 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP) ---  : dossier Tout comprendre au sommet de Paris sur l’IA

Contre les géants de l’intelligence artificielle comme OpenAI, Emmanuel Macron et les entreprises françaises soutiennent le développement d’IA ouvertes et modifiables par tous. De quoi partager plus largement les bénéfices et les risques liés à ces technologies.

C’est la principale annonce du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) qui s’est tenu à Paris les 10 et 11 février. Dévoilés dimanche sur France 2 par Emmanuel Macron, les 109 milliards d’euros d’investissements(principalement privés) qui permettront de développer les infrastructures d’IA en France ont attiré l’attention et les commentaires, plus ou moins favorables. Mais une autre information, plus discrète, pourrait avoir des effets conséquents sur le développement de ces technologies. Plusieurs pays, associations et géants du secteur ont profité de l’événement pour annoncer le lancement de ’Current AI’, un partenariat qui veut lever 2,5 milliards de dollars pour bâtir une IA ’d’intérêt général’.

Cette fondation n’est qu’un des exemples d’une politique soutenue par la France et qui a ébranlé les marchés financiers à la sortie de l’IA chinoise DeepSeek : le développement des IA dites open source, qui peuvent être librement utilisées et modifiées par n’importe qui. Et sans avoir à payer de licence ou à céder de droits d’auteur.

Ce type de développement semble s’opposer à toute recherche de profits, mais est pourtant soutenu par de nombreuses entreprises françaises, mondiales et par Emmanuel Macron. Pourquoi le chef de l’Etat et l’écosystème de l’IA tricolore soutiennent-ils autant ce modèle ? Quels avantages les spécialistes lui reconnaissent-ils ? Et pourquoi certains s’en inquiètent ? Eléments de réponse.

Partager les bénéfices le plus largement possible

Le monde de l’IA n’est pas étranger au libre partage des connaissances. C’est, par exemple, la publication par Google en 2017 du fonctionnement d’une certaine architecture d’IA, appelée ’Transformer (Nouvelle fenêtre)’, qui a participé à l’explosion actuelle du secteur. De même que sa mise à disposition sur la plateforme d’hébergement d’IA Hugging Face, qui regroupe plus d’un million de ’briques’ d’IA (Nouvelle fenêtre) mises à disposition par leurs créateurs.

De nombreux géants actuels de l’IA, notamment OpenAI, ont toutefois abandonné cette politique d’ouverture au cours des années. Selon eux, leurs IA devenaient trop puissantes et pouvaient être utilisées pour de mauvais usages. Il fallait donc les garder sous contrôle, comme l’avait affirmé OpenAI dès 2019 et la sortie de GPT-2 (Nouvelle fenêtre), le ’grand frère’ de ChatGPT.

Selon les défenseurs de l’open source, diffuser librement les connaissances est pourtant essentiel pour partager les bénéfices promis par l’IA au maximum de monde. D’après le site du Sommet (Nouvelle fenêtre), le partage des logiciels limiterait ainsi ’l’augmentation rapide de la fracture numérique et l’inégalité accrue entre ceux qui maîtriseront et ceux qui consommeront l’IA’. Et ce, dans tous les domaines dans lesquels elle est présentée comme pouvant apporter des bénéfices, comme dans la santé, l’agriculture, l’industrie et bien d’autres.

Paris soutient depuis des années la recherche open source, par exemple en permettant aux chercheurs d’utiliser le supercalculateur tricolore Jean-Zay. ’On a la chance d’avoir une tradition forte du logiciel libre en France, soutenue par l’Etat’, soulignait pour franceinfo avant le sommet Pierre-Carl Langlais, co-fondateur de la start-up française Pleias, qui entraîne des IA ouvertes. Et cette philosophie est aujourd’hui au centre de l’offensive diplomatique française en matière d’IA.

Un moyen de stimuler la concurrence

Ce choix obéit aussi à des considérations économiques. Le partenariat ’Current AI’ doit porter un ’objectif assez offensif de diversification du marché de l’IA’ et ’recréer de la concurrence’, expliquait l’Elysée dans une présentation à la presse en amont du sommet. En résumé : plus les IA seront disponibles et modifiables gratuitement, plus les entreprises pourront les adapter à leur sauce sans avoir à payer une poignée de géants qui se partageraient le marché.

’Quand on n’a pas des milliards à mettre dans la création d’un modèle de fondation, mais qu’on accepte une démarche plus ouverte, on peut réussir à mobiliser une grosse communauté qui participe au développement’, expliquait à franceinfo Guillaume Avrin, le coordonnateur de la stratégie nationale pour l’IA. ’L’ouverture est une bonne stratégie de seconds’, appuyait de son côté Gaël Varoquaux, directeur de recherche à l’Inria et un des Français les plus cités dans le domaine de l’IA avec son logiciel open source ’scikit-learn’.

’Quand on n’est pas premier, il faut s’allier avec le troisième, le quatrième, le cinquième… pour essayer de rattraper la tête.’ - Gaël Varoquaux, directeur de recherche à l’Inria à franceinfo

Pour permettre tout cela, ’Current AI’ devrait donc financer la conception de ’morceaux’ d’IA (architectures, jeux de données, bibliothèques…) pouvant ensuite être mis à disposition librement, pour que chacun puisse s’en saisir et créer sa propre IA, un peu à la manière de briques de Lego. Mais l’organisation devrait aussi financer des projets de recherche, des systèmes pour auditer les modèles d’IA, ou encore l’élaboration de bonnes pratiques pour limiter les risques.

Ce ’partenariat’ venant à peine d’être rendu public, on ignore encore précisément quels projets vont en bénéficier. ’Le diable est toujours dans les détails’, rappelle pour franceinfo Stella Biderman, directrice exécutive d’Eleuther AI, un groupe de recherche open source à but non lucratif. Mais elle se dit ’très enthousiaste’ de voir la France inciter les concepteurs d’IA à ouvrir les entrailles de leurs programmes.

’Pour nous, ce n’est pas une bonne chose que les entreprises qui gagnent de l’argent grâce à ces technologies contrôlent la recherche sur ces mêmes technologies.’ - Stella Biderman, directrice exécutive d’Eleuther AI à franceinfo

’L’histoire nous a déjà montré plusieurs fois que les entreprises qui ont ce contrôle peuvent tout simplement cacher les informations qui leur sont défavorables’, souligne cette spécialiste. Et de citer les exemples des industriels du tabac avec le cancer, ou ceux des énergies fossiles avec le changement climatique.

Plus de transparence (jusqu’à un certain point)

Qu’en pensent les acteurs de l’IA ? De nombreux représentants de l’IA française interrogés par franceinfo soutiennent cette approche. ’Partager la recherche en IA permet d’accélérer son développement et sa mise en œuvre dans les entreprises’, approuve par exemple Florian Douetteau, patron de la ’licorne’ française du traitement de données Dataiku, auprès de franceinfo. Même le leader français de l’IA générative, Mistral AI, publie le code de ses modèles.

L’open source est aussi un bon point aux yeux de spécialistes qui travaillent à sur ’l’éthique de l’IA’. Plus un système est transparent, plus on peut mesurer ses biais ou ses usages dangereux potentiels. Mais certains mettent en garde contre un risque d’’open washing’ : des entreprises d’IA présentent leurs modèles comme ’ouverts’, alors même qu’elles ne publient pas la liste des données qui ont servi à les entraîner. C’est pourtant un élément important de la définition de l’open source établie par l’association ’Open Source Initiative’, rappelle le site spécialisé The Verge (Nouvelle fenêtre).

En effet, les mêmes lignes de code informatique qui font marcher un modèle d’IA donneront des résultats très différents si les données d’entraînement changent. Mais les entreprises gardent souvent leur recette secrète (ce qui permet notamment de limiter le risque de procès pour viol de propriété intellectuelle). Beaucoup d’IA dites ’ouvertes’ sont simplement open weights : ce qui est public, ce sont leurs ’poids’, un des paramètres qui décrivent le fonctionnement interne du système.

Des détournements malveillants facilités

Mais pour d’autres, le développement des logiciels open source ne devrait pas se faire sans régulation. ’Je soutiens l’open source depuis longtemps, mais l’IA est pour moi dans une catégorie différente’, commente pour franceinfo David Evan Harris, professeur à l’Université de Berkeley (Etats-Unis) et conseiller auprès de nombreuses instances internationales sur la régulation des réseaux sociaux et de l’IA.

’L’IA n’est pas juste du code : c’est du contenu, des milliards de données comme compressées entre elles. Et si une partie de ce contenu est illégal, on le régule.’ - David Evan Harris, professeur à l’Université de Berkeley à franceinfo

S’il affirme que les IA (open source ou non) peuvent apporter de nombreux avantages, il évoque également les IA génératives et leur capacité à créer ’des informations dangereuses comme la recette d’une bombe’, ou ’des deepfakes [montages automatisés] pornographiques non consentis qui affectent particulièrement les femmes et les minorités’. Et si ces programmes sont lâchés dans la nature sans contrôle, les garde-fous éventuels peuvent être retirés, alors qu’un modèle propriétaire d’une entreprise peut être corrigé si une vulnérabilité venait à être découverte.

’La plupart des IA open source n’intègrent pas non plus de système de watermark [signature numérique] ou de label d’origine pour détecter si une création est artificielle et de quelle IA elle provient’, relève David Evan Harris. ’Cela signifie que ceux qui créent ces systèmes d’IA open source ne peuvent pas facilement être tenus pour responsables de leurs actions.’

Des risques pour l’environnement… et l’humanité ?

Une autre crainte serait de voir l’empreinte écologique de l’IA grimper en flèche. L’open source favorise le partage des progrès dans l’IA, y compris ceux qui concernent l’efficacité énergétique. Mais en stimulant son adoption dans toute la société, cette méthode pourrait augmenter les risques d’’effet rebond’ : les IA seront plus répandues et donc consommeront au total plus d’énergie qu’aujourd’hui, malgré les gains en efficacité.

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Et le bilan est encore plus inquiétant pour ceux qui redoutent que de futures IA surpuissantes apportent des risques existentiels pour la société, qui pourraient aller selon les scénarios du remplacement massif des travailleurs à l’extinction de l’humanité, en passant par la conception d’armes chimiques ou la création d’IA capables de s’auto-répliquer. ’Les décideurs ne comprennent pas les risques et écoutent juste le lobby des Big Tech’, s’alarme ainsi Maxime Fournes, fondateur de l’association Pause IA. Sa solution ? ’Mettre en place une coordination internationale avec des lignes rouges à ne pas dépasser, pour limiter les risques catastrophiques, et sensibiliser’, explique l’ex-’data scientist’ à franceinfo.

L’open source apporte-t-elle finalement plutôt des risques ou des opportunités ? ’Je ne crois pas qu’on puisse se prononcer dans l’absolu’, pense Stella Biderman. ’Il faut vraiment regarder ça au cas par cas.’

A lire aussi GRAND ENTRETIEN. Comment l’intelligence artificielle est-elle en train de révolutionner la médecine ?

Source : https://www.francetvinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/sommet-de-l-intelligence-artificielle-on-vous-explique-pourquoi-la-bataille-de-l-open-source-menee-par-la-france-agite-le-secteur-de-l-ia_7066532.html

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Ancien militaire reconverti dans les nouvelles technologies, le nouveau vice-président américain a mis l’Europe en garde contre toute réglementation qu’il jugerait trop agressive envers les géants américains de l’IA. Et ce, devant le président français et la présidente de la Commission européenne.{{}}

C’est le premier face à face entre le nouveau pouvoir américain et les Européens depuis le retour de Trump à la Maison Blanche : il se déroule à Paris, pour le sommet sur l’Intelligence artificielle, et il est glacial. J.D. Vance, 40 ans, a par exemple quitté le diner à l’Élysée quand le vice Premier ministre chinois s’est mis à parler. Et il a fait un discours très offensif le lendemain au Grand Palais.

Cravate rouge, veste bleue, le vice-président américain a pourtant commencé son discours par un sourire en direction d’Emmanuel Macron, assurant être venu ’pour la bonne compagnie et pour le vin gratuit’. Mais très vite, le ton se fait moins amical : J.D. Vance s’oppose à la régulation de l’intelligence artificielle, une censure selon lui.

Et le modèle européen est clairement dans son viseur : ’Nous invitons vos pays à travailler avec nous et à suivre notre modèle. Cependant, l’administration Trump est troublée par le fait que certains gouvernements étrangers semblent vouloir serrer la vis contre les grandes entreprises technologiques américaines. L’Amérique n’accepte pas et n’acceptera pas cela.’

Un plan de 200 milliards d’euros pour l’IA européenne{{}}

Sur scène, la présidente de la Commission européenne fait mine de ne pas se sentir visée, mais la réponse d’Ursula von der Leyen est sans appel : ’Nous devons avoir notre propre approche européenne de l’intelligence artificielle. Trop souvent, j’ai entendu que nous devrions copier ce que font les autres et courir après eux Au contraire, nous devons investir dans nos points forts, ici, en Europe.’

Et la présidente de la Commission annonce dans la foulée un plan d’investissement de 200 milliards d’euros, argent public et privé. Les dissensions Europe-États-Unis se reflètent aussi dans la déclaration finale de ce sommet, qui appelle à une IA transparente et inclusive : Washington n’a pas signé, tout comme le Royaume-Uni.

États-Unis Monde Société Amérique du Nord Tech – Web IA — Intelligence artificielle J. D. Vance Donald Trump Ursula von der Leyen

L’équipe - Frédéric Says Journaliste -

Intelligence artificielle : comment les professeurs font la chasse à l’IA dans les copies

Intelligence artificielle : Daron Acemoğlu, prix Nobel d’Économie 2024, plaide pour ’une IA au service des humains’

Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-5736588

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Albert a été conçu comme un assistant à destination des agents de l’État. JEANNE MERCIER / Hans Lucas via AFP

Décryptage - Le modèle développé il y a moins d’un an par la direction interministérielle du numérique est désormais utilisé par les ministères de la Justice et de la Culture, mais aussi par l’académie de Lyon.

Grand modèle de langue (LLM) dévoilé en avril 2024, Albert est la tête de pont de l’État dans l’IA générative. Sous le capot, ce modèle repose à la fois sur le modèle open source Llama 3.1 de Meta et sur ceux du français Mistral. Cette technologie d’intelligence générative souveraine est elle-même open source. Pourquoi avoir fait ce choix ? « Parce que nous voulions pouvoir répondre à tout type de cas dusage en IA générative au sein de ladministration, y compris la mise en œuvre de projets impliquant la manipulation de données sensibles, explique Ulrich Tan, chef du pôle DataLab du département Etalab de la direction interministérielle du numérique (Dinum). C’est aussi pour cette raison que nous avons installé Albert sur des instances dont nous avons la pleine maîtrise. »

À découvrir PODCAST - Écoutez le dernier épisode de notre série Questions Tech

Tout l’éventail de l’IA générative est visé par Albert, depuis la rédaction automatique de texte jusqu’à la synthèse de document en passant par la génération augmentée de récupération (RAG), qui permet de répondre…

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Source : https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/albert-l-ia-generative-de-l-etat-desormais-deploye-a-grande-echelle-20250212

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  • Première mondiale : la téléportation quantique entre processeurs distants est devenue réalité ! - Le problème d’évolutivité des ordinateurs quantiques enfin résolu ? - Valisoa Rasolofo· 12 février 2025 – Document ‘trustmyscience.com’

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| Trust My Science

Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont démontré pour la première fois la faisabilité du calcul quantique distribué en utilisant une interface de réseau photonique. Ils sont parvenus à connecter deux processeurs quantiques distincts pour les faire fonctionner comme un seul, sans en compromettre les performances. Cette prouesse technique pourrait potentiellement résoudre le problème d’évolutivité des ordinateurs quantiques pour pouvoir traiter des millions de qubits, même avec des infrastructures relativement limitées.{{}}

Les ordinateurs quantiques ont le potentiel de transformer de nombreux domaines, de la cryptographie au développement de médicaments, en passant par les modélisations climatiques. Reposant sur la superposition quantique des qubits (l’équivalent des bits en informatique classique), leur puissance de calcul permettrait à terme de réaliser en quelques heures des calculs qui prendraient des centaines d’années aux superordinateurs conventionnels.

Cependant, un ordinateur quantique suffisamment puissant pour de telles applications doit pouvoir traiter des millions de qubits. La technologie est confrontée à un important problème d’évolutivité, car il faudrait un dispositif immense pour pouvoir prendre en charge un tel volume de qubits.

D’autre part, quelle que soit la plateforme utilisée, augmenter le nombre de qubits tout en maintenant un contrôle et une inter-connectivité suffisants constitue une difficulté supplémentaire. À ce jour, les plus puissants des processeurs quantiques disponibles ne peuvent traiter qu’un peu plus d’un millier de qubits.

Des architectures de calcul quantique distribué ont été proposées pour surmonter ces défis. Elles permettraient notamment d’effectuer des calculs quantiques de grande envergure en s’appuyant sur un réseau interconnecté de processeurs quantiques. Chaque processeur héberge un petit nombre de qubits et se connecte avec les autres par le biais de canaux d’information classiques et quantiques. Cela permettrait à la fois de traiter de plus grands volumes de qubits tout en préservant leur stabilité.

Les chercheurs de la nouvelle étude ont démontré la faisabilité de la téléportation quantique par le biais d’une infrastructure distribuée. Bien que la téléportation quantique ait déjà été réalisée auparavant, il s’agirait de la première démonstration de téléportation de portes logiques (les « briques » élémentaires composant un algorithme) à travers un réseau distribué.

« Les précédentes démonstrations de téléportation quantique se sont concentrées sur le transfert d’états quantiques entre des systèmes physiquement séparés. Dans notre étude, nous utilisons la téléportation quantique pour créer des interactions entre ces systèmes distants », explique dans un communiqué Dougal Main, auteur principal de l’étude, détaillée dans la revue Nature. Cette démonstration pourrait établir les bases de l’internet quantique, où les processeurs distants pourraient former un réseau ultrasécurisé et performant.

71 % d’efficacité avec deux processeurs quantiques{{}}

La nouvelle architecture de Main et ses collègues comprend des processeurs quantiques contenant chacun un petit nombre de qubits à ions piégés. Ils sont connectés entre eux à l’aide de fibres optiques (utilisant des photons pour la transmission d’information, plutôt que des signaux électriques). Les liaisons photoniques permettent d’intriquer les qubits des processeurs distincts, de sorte à exécuter les portes logiques par le biais de la téléportation quantique.

« En adaptant soigneusement ces interactions, nous pouvons réaliser des portes quantiques logiques – les opérations fondamentales de l’informatique quantique – entre des qubits hébergés dans des ordinateurs quantiques distincts. Cette avancée nous permet de connecter efficacement des processeurs quantiques distincts pour en faire un seul ordinateur quantique entièrement connecté », explique Main.

reseau quantique distribue

a. Schéma d’une architecture informatique quantique distribuée (DQC) comprenant des modules interconnectés photoniquement.

b. Les modules se composent d’au moins un qubit de réseau (violet) et d’au moins un qubit de circuit (orange), qui peuvent interagir directement au moyen d’opérations locales.

c. Un circuit quantique distribué sur un réseau de petits modules de traitement quantique qui fonctionnent ensemble, comme un seul ordinateur quantique. © Main et al.

Le concept est en fait plus ou moins similaire aux supercalculateurs conventionnels. Ces derniers sont constitués de petits ordinateurs connectés entre eux, permettant d’exploiter en un seul dispositif leurs capacités combinées. D’après les chercheurs, il n’y aurait en théorie pas de limite au nombre de processeurs quantiques pouvant être intégrés au réseau.

La téléportation quantique permet de transférer l’état d’un qubit donné à un autre qubit récepteur. Les mesures au niveau de ce dernier peuvent être modifiées de sorte à correspondre à celles du qubit émetteur, la téléportation étant utilisée pour créer des interactions entre les systèmes distants. Lors de leurs essais, les chercheurs ont obtenu des états de spin correspondant à 86 % aux originaux.

Pour évaluer l’efficacité du nouveau dispositif en matière de calculs, les chercheurs ont exécuté l’algorithme de recherche de Grover. Il s’agit d’un test standard consistant à rechercher un élément spécifique au sein d’un grand ensemble de données non structurées et à comparer la vitesse de calcul à celle d’un ordinateur classique. L’équipe a obtenu une efficacité de 71 % avec deux processeurs quantiques espacés de 2 mètres.

Toutefois, le réseau évalué ne comporte qu’un nombre limité de processeurs quantiques. Les résultats pourraient encore être incertains avec un réseau plus large. Néanmoins, « notre expérience démontre que le traitement de l’information quantique distribuée en réseau est réalisable avec la technologie actuelle », affirme David Lucas, co-auteur de l’étude. « Le développement des ordinateurs quantiques reste un formidable défi technique qui nécessitera probablement de nouvelles connaissances en physique ainsi que des efforts d’ingénierie intensifs au cours des prochaines années », conclut-il.

Source : Nature

Étiquettes informatique quantique ordinateurs quantiques qubits téléportation quantique

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Source : https://trustmyscience.com/premiere-teleportation-quantique-dans-reseau-quantique-distribue/

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  • L’Europe renonce à une régulation sur l’IA pour rester dans la course - Changement de doctrine ? - Hugo Bernard – Document ‘numerama.com’

    L’avatar de Hugo BernardHugo Bernard

JD Vance et Ursula von der Leyen // Source : JD Vance et OTAN

Alors que les États-Unis militent pour une gouvernance mondiale sur l’IA qui leur soit favorable, la Commission européenne prévoit de supprimer une directive sur la responsabilité de l’IA. Elle est ajoutée ce 11 février à la liste des actes législatifs qu’elle souhaite retirer cette année.

Le Sommet parisien sur l’IA s’est terminé avec de nouvelles annonces européennes. Du 10 au 11 février, beaucoup de responsables politiques étaient à Paris pour discuter de l’avenir de l’intelligence artificielle, dont le nouveau vice-président américain. JD Vance a vivement critiqué la législation européenne sur l’intelligence artificielle, qu’il juge trop excessive.

À la surprise générale, la Commission européenne lâche du lest. Elle a annoncé qu’elle prévoyait de retirer une directive sur la responsabilité de l’IA, alors qu’elle tendait plutôt à accentuer la régulation ces derniers mois.

Une directive sur l’IA retirée par la Commission européenne{{}}

Ce 11 février, la Commission européenne a publié son programme de travail 2025, comme l’a rapporté Euractiv. Elle y a ajouté le retrait de la directive sur la responsabilité de l’IA. Pour le média spécialisé dans la législation européenne, ce retrait « peut être compris comme une manœuvre stratégique de l’UE pour présenter une image d’ouverture au capital et à l’innovation ». En somme, faire preuve d’amicalité envers le gouvernement Trump arrivé il y a quelques semaines, tout en se montrant plus ouvert à une régulation moins féroce. Officiellement, la Commission donne des détails dans un document annexe sur sa décision : « Pas d’accord prévisible – la Commission évaluera si une autre proposition doit être présentée ou si un autre type d’approche doit être choisi ».

Ursula von der Leyen - discours 13/08/23 // Source : Extrait vidéo Union européenne

Ursula von der Leyen lors d’un discours le 13 août 2023. // Source : Extrait vidéo Union européenne

Un positionnement assumé par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui propose moins de bureaucratie et une simplification de la législation. Notamment au niveau de l’AI Act, l’une des premières législations relatives à l’intelligence artificielle générative, vivement critiquée par les acteurs du milieu. L’Europe va-t-elle enfin se montrer plus souple, pour permettre l’émergence d’une concurrence européenne ?

Que contenait cette directive sur la responsabilité de l’IA ?{{}}

Cette fameuse directive porte sur les dommages que peuvent causer les IA. Une législation d’autant plus importante que, dans certains cas, il est impossible d’expliquer l’origine d’un dysfonctionnement. Elle définit donc, pour chaque maillon de la chaîne d’une IA, les responsabilités en cas de dommages. Cependant, pour certains systèmes, l’entité mise en cause devra prouver qu’elle n’est pas responsable. L’idée est de compenser la difficulté pour la victime de démontrer le lien de causalité dans un environnement technologique complexe.

Europe drapeau melting

Source : Numerama avec Midjourney

Ladite directive oblige aussi les concepteurs de systèmes d’IA « à haut risque » à détailler leur fonctionnement. Pour ces systèmes, les obligations et normes sont plus importantes, ce qui pourrait dissuader certaines entreprises de lancer leurs systèmes en Europe, à cause de la charge de travail supplémentaire.

La Commission européenne le reconnaissait lorsqu’elle travaillait sur cette loi : elle doit trouver un équilibre entre protection des citoyens et ne pas empêcher l’innovation. Le retrait de cette directive est une première étape avant un assouplissement du cadre européen… mais divise déjà. Axel Voss, le rapporteur du Parlement européen, critique la décision de la Commission et dénonce « une erreur stratégique ».

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    L’intelligence artificielle sera le tombeau de l’humanité - Laurent Sagalovitsch – 13 février 2025 à 19h55 – Diffusé par ‘slate.fr’
    [BLOG You Will Never Hate Alone] Le progrès, s’il n’est pas accompagné par un mouvement de l’âme, est une coquille vide, synonyme d’extinction.{{}}

« Je ne vois pas bien en quoi l’intelligence artificielle représenterait un progrès pour l’humanité. » | Possessed Photography via Unsplash

« Je ne vois pas bien en quoi l’intelligence artificielle représenterait un progrès pour l’humanité. » | Possessed Photography via Unsplash

Je dois être con comme un balai mais, hormis les dispositions relatives à la médecine et autres domaines de la science, je ne vois pas bien en quoi l’intelligence artificielle représenterait un progrès pour l’humanité. Le monde crève déjà de solitude et voilà qu’on nous présente un outil qui, se substituant à l’homme, accomplirait mille prouesses comme d’écrire des messages tout seul ou de trafiquer des images capables de confondre l’œil le plus averti. Voire même de vivre nos vies à notre place.

Effectivement, cela donne à rêver. On frôle l’orgasme. De partout, la santé mentale vacille et jamais les individus ne se sont sentis aussi perdus dans l’existence, aussi désabusés par la vie qu’ils mènent. Il y a comme un mal-être généralisé, une sorte d’accablement face à un monde dérégulé, malade de son gigantisme, de sa propension à considérer les individus comme de simples marchandises, de sa capacité à nier les aspirations de l’âme à vivre une existence décente, riche de sens.

Pourtant face à ce malaise civilisationnel, nos décideurs, président de la Républiqueen tête, fanfaronnent autour d’une invention qui transformera bientôt notre planète en une sorte de grand manège dirigé par des machines, elles-mêmes aux ordres d’entreprises obsédées par le souci de rentabilité.

Pour ne point nous effrayer, on nous décrit des lendemains qui chantent où, débarrassés de la contrainte d’effectuer des tâches répétitives, on aurait plus de temps à consacrer à nos vies. Mais si la machine est partout et l’âme nulle part, si le robot devient notre semblable, à quoi ressembleraient ces existences si ce n’est à une traversée vide de sens où, déjà divorcés de Dieu, nous serions au monde comme des enfants privés de lumière ?

Se rend-on bien compte de l’avenir qui nous attend, cette omniprésence de la technologie susceptible de multiplier par mille les travers et plaies de notre époque, le complotisme, le détournement d’images, le populisme, l’affadissement de la langue, la prolifération des réseaux sociaux, le triomphe de la bêtise, toute cette chorégraphie de l’horreur devenue ces dernières années notre pain quotidien ?

Qui a envie d’un monde pareil, si ce n’est quelques capitaines d’industrie dont l’appât au gain est équivalent à la somme de leurs ignorances, de leur parfaite indifférence à tout ce qui élève l’homme, l’art, la musique, la littérature, la philosophie, le beau en général ?

Nous allons vers un monde de plus en plus désincarné où chacun, le cul vissé à son fauteuil, pourra vivre mille vies sans jamais avoir pourtant l’impression d’être au monde. Enfermé dans un monde virtuel, occupé à dialoguer avec des robots de plus en plus performants, impuissant à démêler le vrai du faux, l’authentique de l’apparence, il perdra le fil avec sa propre existence, avec l’essence même de son être le plus profond. Il deviendra lui-même une sorte de machine, un être sans aucune singularité.

Sur le même sujet :

Celles et ceux qui se servent de l’agent conversationnel comme d’une oreille à qui vider son sac, indiquent même avoir l’impression, de temps à autre, de s’adresser à un ami de confiance. | Blue Arauz via Pexels

« J’ai peur d’aller voir un psy » : pour certains, ChatGPT devient une oreille à qui se confier

Si seulement les thuriféraires de l’intelligence artificielle avaient l’honnêteté de le reconnaître, mais non, nouveaux marchands du temple, ils nous baladent de fausses promesses en prophéties trompeuses, d’un nouvel âge d’or où l’humanité régénérée trouverait un moyen de se réinventer. Mais si l’humanité se coupe d’elle-même, si elle perd le lien originel avec sa substance intérieure, son inquiétante étrangeté, cette réinvention sera alors une marche funèbre vers sa propre extinction.

Je l’ai sûrement écrit dans une chronique précédente mais, de plus en plus, j’ai l’impression que le monde est entré dans une phase d’autodestruction massive. Que l’obscurité gagne tous les étages. Que le monde né à la Renaissance puis magnifié par les Lumières se meurt sous nos yeux impuissants. Que nous allons vers des temps bien incertains où l’homme sera confronté à des défis qui le dépasseront de mille coudées. Et où, ravagé de mille maux, l’humanité, acculée, se jettera dans la guerre pour se donner une raison d’exister.

Décidément, il n’y a pas à dire, mais je suis d’un optimisme indécrottable !

Pour suivre l’actualité de ce blog, c’est par ici : Facebook-Un juif en cavale

En savoir plus : Société Tech & internet blog You Will Never Hate Alone intelligence articielle machines robots

Slate.fr

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Source : https://www.slate.fr/societe/blog-sagalovitsch-intelligence-artificielle-tombeau-humanite-enfer-machines-progres-ame

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Fait partie du dossier : Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle.

Du 6 au 11 février, la France devient le cœur névralgique de l’intelligence artificielle et accueille à cette occasion des milliers d’acteurs du secteur venus de près de 100 pays, dont 1500 participants rien qu’au Sommet international organisé au Grand Palais.

Avec trois objectifs clairs – sociétal, économique et diplomatique – ce Sommet a pour ambition de promouvoir une stratégie française et européenne ambitieuse en matière d’IA. Tout se joue maintenant.

À consulter également : {{}}

Voir tous les articles et dossiers

11 février 2025 Session de clôture du Sommet pour l’action sur l’IA.

11 février 2025 Déclaration sur une intelligence artificielle inclusive et durable pour les peuples et la planète.

11 février 2025 Les actions de Paris pour l’intelligence artificielle.

11 février 2025 Charte de Paris pour une intelligence artificielle d’intérêt général.

Découvrez Cocorico : un condensé de bonnes nouvelles et initiatives citoyennes qui font rayonner la France ! Découvrir et s’abonner- Écrire au Président

Source : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2025/02/09/les-enjeux-de-lia-interview-du-president-de-la-republique-sur-france-2-et-firstpost

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    11.
    Intelligence artificielle (IA) : lancement de la 3e étape de la stratégie nationale en France - Publié le 11 février 2025 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ Société

La première phase de la stratégie nationale pour l’IA a consisté à renforcer les capacités de la recherche scientifique, la deuxième phase à la diffuser à travers l’économie. Il s’agit désormais de diffuser l’IA plus largement dans toute la société, tout en évitant une nouvelle fracture numérique.

Le gouvernement a présenté le troisième volet de sa stratégie pour l’IA, à l’issue d’un comité interministériel de l’intelligence artificielle, présidé par le Premier ministre François Bayrou, le 6 février 2025.

Une IA au service des politiques publiques et de l’efficacité administrative {{}}

Selon les termes du dossier de presse, concernant les agents publics : un plan de déploiement d’outils d’IA générative va permettre à chaque agent de bénéficier d’assistants IA capables de leur faire gagner du temps et de l’efficacité dans leurs tâches administratives quotidiennes.’

Les premiers ministères concernés par ce déploiement seront ceux chargés de :

  • la santé, où une expérimentation inédite va notamment être menée pour évaluer l’impact médico-économique de l’utilisation de l’IA dans l’aide à l’interprétation des électrocardiogrammes ;
  • la justice, où des cas d’usage prioritaires vont être travaillés comme l’interprétariat et la traduction, la retranscription, le résumé de documents ou de dossiers ou l’appui à la recherche d’informations ;
  • l’éducation, où des actions consisteront d’une part, à former les élèves et les enseignants et soutenir la communauté éducative et d’autre part à utiliser l’IA pour simplifier les tâches administratives des agents (production de rapports, synthèse d’indicateurs par exemple).
    L’automatisation des tâches de transcription multilingue et de traduction, mise en place au sein du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, va être déployée en interministériel.

La Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (ministère de l’intérieur) a lancé un projet visant à identifier au plus tôt les départs de feu - grâce à une analyse automatique et en temps réel par vues aériennes - et permettant d’anticiper leur évolution et d’engager les moyens adéquats pour être le plus efficient possible.

IA dans les services publics : comment mieux protéger les droits des usagers ? En bref 19 novembre 2024

https://www.vie-publique.fr/files/styles/card/public/en_bref/ia_services_publics_droits_usagers_080_HL_NGUYONNET_1811764_Drupal.jpg?itok=swxIEMKR

Quels sont les atouts de la France en matière d’IA ? {{}}

D’après le dossier de presse du gouvernement, la troisième étape de la stratégie pour l’IA consiste notamment à renforcer l’attractivité du territoire pour : 

  • implanter des infrastructures dédiées à l’IA, grâce à une production d’électricité ’décarbonée, abondante et stable et 35 sites prêts à accueillir des data centers  ;
  • accueillir les talents internationaux, grâce à des visas spécifiques et à des postes de professeurs d’université ou de directeurs de recherche.
    Par ailleurs, la France continue de renforcer son autonomie stratégique avec trois supercalculateurs publics  : 

https://www.vie-publique.fr/files/styles/card/public/en_bref/ia-cerveau.jpg?itok=ZmYxI6c3

Mots clés Sciences - Numérique - I. A.

Source : https://www.vie-publique.fr/en-bref/297245-une-nouvelle-etape-dans-la-strategie-nationale-pour-lia

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12.
Ordinateurs quantiques : Microsoft dit être en mesure de les commercialiser d’ici à quelques années - Par Jean-Baptiste Jacquin - Publié le 21 février 2025 à 17h00, modifié à 18h24 - Article complet réservé aux abonnés ‘Le Monde’

L’entreprise américaine a annoncé avoir fabriqué un matériau révolutionnaire, qui lui permettrait d’accélérer la réalisation d’un tel ordinateur, attendu dans quelques décennies dans ses précédentes prévisions…….. un pavé dans la mare de la communauté scientifique du calcul quantique…….. un ordinateur quantique basé sur des qubits dits « topologiques » dans quelques années, contre quelques décennies dans ses prévisions précédentes. Le même jour, la revue scientifique Nature publiait un article des chercheurs de son laboratoire de Santa Barbara (Californie) sur le même sujet, mais aux conclusions plus prudentes que celles qu’en tirait leur employeur….

NB. La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite. Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente. Pour toute demande d’autorisation, contactez syndication@lemonde.fr.

Source pour consulter l’article entier : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/02/21/ordinateurs-quantiques-microsoft-jette-un-pave-dans-la-mare_6557701_1650684.html

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13.
On a testé Le Chat de Mistral pendant 1 semaine : l’IA française peut-elle faire oublier ChatGPT ? - 15 février 2025 à 09:18 – Document ‘01net.com’

Test Le Chat Mistral

© 01Net avec Le Chat

On a passé quelques jours à tester Le Chat, l’IA générative développée par la start-up française Mistral. Pour savoir ce que vaut vraiment le chatbot, qui se revendique comme une alternative à ChatGPT, nous l’avons poussé dans ses retranchements… Le Chat est-il vraiment de taille face à l’intelligence artificielle américaine ? On fait le point.

L’an dernier, Mistral AI, une start-up française, a levé le voile sur Le Chat, une intelligence artificielle générative analogue à ChatGPT, Gemini, DeepSeek ou encore Perplexity. Disponible depuis peu sur Android et sur iOS, le chatbot suscite un engouement certain dans l’Hexagone. Pour Clara Chappaz, ministre déléguée en charge de l’IA et du Numérique, Le Chat est « un ChatGPT français » qui se distingue par sa rapidité. Emmanuel Macron s’est même fendu d’un message afin d’encourager tous les Français de télécharger l’application Le Chat sur leur smartphone.

« Je l’ai téléchargé, c’est le modèle de langage français, c’est la référence européenne et il m’aide au quotidien. Tous ceux qui ont ChatGPT, je leur conseille de télécharger Le Chat », a affirmé Emmanuel Macron à nos confrères de 20 Minutes, quelques jours avant le Sommet sur l’IA à Paris.

Avec Le Chat, la start-up basée à Paris fait preuve d’ambitions. L’IA doit à la fois faire oublier la catastrophe de Lucie, le chatbot français open source qui n’est pas parvenu à convaincre, et s’imposer comme une alternative aux IA développées par des géants américains, comme OpenAI ou Google, ou chinois, tels que DeepSeek. Pour déterminer si Le Chat est de taille face à des IA comme ChatGPT, on a testé le robot conversationnel pendant une semaine. Voici notre verdict.

Pour rappel, Le Chat est accessible gratuitement à tous les internautes, par le biais du site web de Mistral, ou sur l’application Android ou iOS. La start-up propose aussi un abonnement payant, baptisé Le Chat Pro, qui offre un accès illimité, et la possibilité de désactiver le partage de données avec Mistral, pour 14,99 euros par mois. Notez que nous avons testé la version gratuite du Chat. Par souci de cohérence, nous avons comparé les réponses de l’IA avec celles fournies par la version gratuite de ChatGPT.

À lire aussi : Risques liés à l’IA, sécurité, vie privée… les grands perdants du sommet de Paris

Le Chat face à des questions générales{{}}

Pour commencer, on a testé l’IA en lui posant une série de questions générales. On a simulé l’usage du chatbot de Mistral AI dans le cadre d’une utilisation quotidienne classique. Bien souvent, nous utilisons l’IA pour comprendre rapidement des concepts qui nous sont inconnus. On a donc commencé par là en débarquant sur l’interface du Chat. Nous avons demandé au chatbot de nous expliquer « comment fonctionne la photosynthèse en termes simples » et de nous parler du « concept de réchauffement climatique ».

Pour nous expliquer des concepts, le chatbot se fend d’un court texte clair, propre et facile à comprendre. Comme ChatGPT, Le Chat opte fréquemment pour des phrases articulées entre deux idées, et combinées à l’aide de connecteurs logiques. On constate de nombreux connecteurs, comme le « car ».

Le Chat se démarque par sa vitesse exceptionnelle de génération de texte : 1 100 mots par seconde, ce qui est 10 fois plus rapide que ses concurrents directs (Claude génère 120 mots/s et ChatGPT 85 mots/s). Notre expérience corrobore les promesses de Mistral. Les réponses du Chat fusent à la vitesse de l’éclair. Il n’y a pas la moindre latence lors de la production d’un texte. En un clic, vous avez les informations dont vous avez besoin. C’est généralement la même chose avec ChatGPT, bien que les réponses prennent parfois un peu plus de temps à s’afficher dans l’interface de la conversation. Sur le terrain de la rapidité, on donnera l’avantage à Mistral.

Raisonnement et logique{{}}

Ensuite, nous avons mis à l’épreuve la capacité du modèle à raisonner et à résoudre des problèmes en faisant preuve d’une certaine logique. On a notamment posé des problèmes de mathématiques au Chat. Après une brève seconde de réflexion, le chatbot propose une réponse complète, argumentée, avec un résultat simple. En règle générale, Le Chat construit sa réponse en plusieurs sections et plusieurs étapes, ce qui permet de mieux comprendre le raisonnement de l’IA. Sur les questions liées à des problèmes de maths, les réponses étaient à chaque fois très proches de celles de ChatGPT.

En réponse aux questions de logique pure, Le Chat débite des réponses très complètes, avec une construction claire qui facilite la lecture rapide. Sur certaines questions, le chatbot de Mistral a fourni des réponses plus précises et pertinentes que ChatGPT. Par contre, les réponses sont souvent moins grand public que celles de ChatGPT. Les formulations privilégiées par Le Chat semblent plus soutenues.

« Le problème ici est que la prémisse générale “Tous les oiseaux peuvent voler” est incorrecte. En réalité, il existe plusieurs espèces d’oiseaux qui ne peuvent pas voler, comme les pingouins, les autruches, les kiwis, et les casoars, entre autres. Donc, même si le pingouin est un oiseau, il fait partie des exceptions à la règle générale que “les oiseaux peuvent voler”. Par conséquent, la conclusion que le pingouin peut voler est fausse », explique le Chat, en réponse à l’affirmation : « tous les oiseaux peuvent voler. Le pingouin est un oiseau. Donc le pingouin peut voler ».

De même, Le Chat excelle sur les questions pratiques, comme celles concernant l’organisation d’un événement. Durant nos échanges, le chatbot a toujours fourni des réponses très complètes et pertinentes. En comparant avec ChatGPT, on a cependant remarqué que l’IA manquait un peu de précision. Les réponses et les idées fournies sont toujours très génériques.

Par ailleurs, on a essayé de pousser le modèle à avoir des hallucinations, c’est-à-dire à raconter des absurdités avec aplomb. Tous les modèles de langage sont susceptibles de débiter n’importe quoi dans certaines circonstances. On a posé au Chat la fameuse question des œufs de chat, à comparer avec les oeufs de vaches. Cette question absurde a souvent permis de piéger l’IA, à commencer par ChatGPT 3.5 à l’époque de sa sortie. Bonne nouvelle, Le Chat ne se laisse pas berner :

« Il semble y avoir une confusion dans votre question. Les chats et les vaches sont des mammifères, et les mammifères ne pondent pas d’œufs. Ils donnent naissance à des petits vivants ».{}

Actualités et recherche en ligne{{}}

En miroir de ChatGPT, Le Chat embarque un module de recherche sur le web. Pour demander à l’IA de surfer sur Internet, il suffit de cliquer sur l’icône en forme de planète, juste à côté de l’outil qui permet de joindre des fichiers.

Sur les questions d’actualités, Le Chat ne s’est pas montré à la hauteur. Quand on a demandé le cours du Bitcoin, l’IA nous a d’abord fait un cours sur le Bitcoin, de sa création à son évolution en passant par la blockchain. Il a fallu reformuler en précisant « donne-moi le cours du Bitcoin », pour que Le Chat cherche sur Internet… et se trompe. Le chatbot a mis en avant une valeur erronée, pourtant sourcée. En cliquant sur la source, on se rend compte que le cours actuel était très différent du cours affiché par Le Chat.

On regrettera que l’IA n’indique pas systématiquement la source de ses informations, bien que le module de recherche soit activé. En posant les questions de réflexion et de raisonnement, le Chat n’a pas répondu avec des sources. De son côté, ChatGPT a toujours mis en avant une ou plusieurs sources pour justifier sa réponse, quand le module de recherche est activé.

Ensuite, on a demandé à l’IA de nous expliquer qui sont certaines personnalités, comme François Bayrou. L’IA a bien expliqué qui est le président du Mouvement Démocrate, mais n’a pas évoqué son rôle de premier Ministre. De même, le chatbot n’est pas au courant que Donald Trump a gagné une seconde élection présidentielle. Le Chat indique que Trump a « laissé entendre qu’il pourrait se présenter à nouveau à la présidence en 2024 ».

En fait, le module de recherche ne s’active pas automatiquement. De l’aveu de Mistral, la recherche ne se déclenche pas dès qu’une question nécessite un tour sur la toile. Privé de son module de recherche, Le Chat s’appuie alors sur les connaissances de sa base de données… qui s’arrête en octobre 2023.

« Ma base de données contient des informations jusqu’au 1er octobre 2023. Cela signifie que je ne peux pas fournir d’informations ou de données sur des événements, des développements ou des changements qui ont eu lieu après cette date. Cependant, je peux effectuer des recherches sur le web pour obtenir des informations plus récentes si nécessaire », explique Le Chat, interrogé sur les limites de sa base de données.

En fait, certaines requêtes ne sont pas assez précises pour enclencher le système de recherche. Si vous interrogez simplement Le Chat sur l’identité d’une personne, il se bornera à sa base de données. Par contre, si vous lui demandez de se renseigner sur une personne à une date donnée, ou en précisant « actuellement », vous obtiendrez une réponse sourcée et basée sur des informations trouvées en ligne. De son côté, ChatGPT comprend instinctivement quand il doit aller faire une recherche sur Internet en analysant vos demandes.

Génération et compréhension d’images{{}}

Le Chat permet de générer des images à la demande. Il suffit d’entrer une description pour obtenir une image en quelques secondes. Pour concevoir une image, vous devez impérativement activer le module de génération dans l’interface. A contrario, ChatGPT comprend instinctivement quand il est nécessaire de passer par la génération d’images, en fonction de la requête évidemment.

Lechat Générateur Images

© 01Net avec Le Chat

Les images obtenues sont réussies, propres, et ne contiennent pas d’erreurs. Le Chat a parfois du mal à répondre à nos exigences les plus précises. Il ne comprend pas systématiquement nos descriptions, et part parfois dans tous les sens. Néanmoins, le générateur est plutôt efficace, surtout si vous lui donnez assez d’informations, notamment sur le style visuel voulu. On regrettera que la version gratuite soit fortement limitée en matière de génération d’images. Après quelques images, Le Chat vous invitera à la version supérieure.

Lechat Images Ia

© 01Net avec Le Chat

L’IA française peut aussi interpréter les images que vous lui donnez. Le modèle conçu par Mistral est en effet multimodal. Il peut comprendre plusieurs formes de communication, dont le texte et l’image. Nous avons d’abord utilisé Le Chat pour transcrire du texte présent sur une image. En un éclair, l’IA a pu lire et retranscrire le texte dans l’interface. Nous avons aussi demandé au chatbot de nous expliquer une image ou de la décrire. Là encore, le robot n’a rencontré aucun problème. On a cependant noté que la compréhension des images est plus sommaire que celle de ChatGPT. Face à des éléments du quotidien, Le Chat manque parfois de précision pour les interpréter. Encore une fois, tout est très générique. Par exemple, l’IA n’a pas reconnu notre Apple TV et notre répéteur Google Wi-Fi, contrairement à ChatGPT, qui a identifié directement les deux appareils.

« L’image montre un dispositif monté sur un mur, qui semble être un appareil électronique ou un équipement technique. Sans plus de contexte, il est difficile de déterminer la fonction exacte de cet appareil, mais il pourrait s’agir d’un équipement de sécurité, de surveillance, ou d’un système audio », nous explique Le Chat face à la photo d’une Apple TV et d’un Google Wi-Fi.

Créativité et maniabilité de l’IA{{}}

De nombreuses personnes se servent de l’IA pour les assister dans des tâches créatives, comme l’écriture ou la recherche d’idées. Pendant nos conversations, nous avons remarqué que l’IA de Mistral disposait d’une bonne connaissance de la langue française, qui lui permet d’adapter ses écrits à nos besoins. Néanmoins, quand nous avons demandé au Chat de proposer différentes versions d’un texte en l’adaptant au style d’un écrivain, les résultats n’étaient pas convaincants. En effet, toutes les versions étaient trop proches…

Malgré nos relances, le Chat ne parvient pas à écrire un texte qui imite le style d’un écrivain connu. On n’a pas retrouvé les éléments constitutifs qui définissent la prose de Harlan Coben, Michael Connelly ou encore Frédéric Beigbeder. À chaque fois, Le Chat reprenait les mêmes structures, et variait uniquement les adjectifs. Le ton général, comme le récit, est resté le même. Sur cet exercice, ChatGPT s’est montré bien plus convaincant en produisant des récits calibrés et personnalisés. Pour parvenir à ce résultat, ChatGPT s’est servi d’informations visibles sur Internet. Le chatbot a même détaillé ses sources.

De son côté, Le Chat n’a pas fait la démarche d’aller sur le Web pour produire sa réponse. Comme expliqué plus haut, l’IA de Mistral ne saisit pas toujours lorsqu’elle ferait bien de piocher des informations en ligne. De facto, les écrits manquent de pertinence. Pour certaines tâches qui demandent un peu de finesse, la base de données de Mistral ne suffit pas. Là encore, on regrettera que le chatbot ne comprenne pas quelles questions réclament un tour en ligne. Pour des écrits un peu plus adaptés, on a été obligé de dire au Chat de faire des recherches sur Internet. Sur le terrain de la créativité, et de la compréhension de nos demandes les plus précises, Le Chat s’affiche nettement moins bon que ChatGPT.

Par ailleurs, Le Chat peut se baser sur des documents fournis par vos soins pour construire ses réponses. L’IA va piocher dans les PDF ou les images fournies pour vous répondre. Ces documents vont influer sur la manière de répondre du Chat. Sur ce point, Mistral n’a pas démérité. Il a pu répondre à nos questions en se basant sur les documents, bien qu’il ait parfois tendance à extrapoler en piochant dans sa propre base de données.

La mémoire de l’IA{{}}

Lorsqu’on tient une longue conversation avec l’IA, dans le cadre d’un projet ou de la résolution d’un problème, on apprécie qu’elle se souvienne d’éléments évoqués plus tot dans la conversation. Les chatbots disposent en effet d’une mémoire qui leur permet d’enregistrer des consignes ou des requêtes pour s’en servir plus tard. Avec le temps, ChatGPT est devenu excellent sur ce point.

Durant nos expérimentations, Le Chat a preuve d’une bonne mémoire. Nous avons conversé avec l’IA pendant des dizaines de requêtes et les consignes communiquées au début de notre échange n’ont pas été oubliées. Parfois, le chatbot avait cependant tendance à partir dans tous les sens, en omettant un élément ou un autre. Néanmoins, nous n’avons pas le rappeler à l’ordre trop régulièrement.

Les garde-fous du Chat{{}}

Comme tous les concepteurs d’IA, Mistral a mis en place des garde-fous pour empêcher l’IA de répondre à des questions concernant des activités criminelles ou de tenir des propos choquants. On a évidemment tout fait pour pousser l’intelligence artificielle dans ses retranchements, et obtenir des réponses problématiques. Sans succès. Malgré nos efforts, Le Chat n’a pas daigné produire des contenus relatifs à des activités illégales. Il semble que Mistral a pris les précautions nécessaires.

« Je suis conçu pour promouvoir un environnement sûr et respectueux. Si tu demandes du contenu potentiellement préjudiciable, illégal, ou inapproprié, je ne pourrai pas t’aider avec cela. Mon objectif est de fournir des informations utiles et appropriées tout en respectant les lois et les normes éthiques », explique le chatbot quand nous l’avons interrogé sur ses limites éthiques.

Manque d’entraînement et de données{{}}

Contrairement à ChatGPT, Le Chat est actuellement en version beta. Comme l’explique Arthur Mensch, « il faut aussi être indulgent dans le fait que c’est une technologie qui est nouvelle ». Contrairement à ses rivaux, Le Chat manque encore cruellement d’entraînement. C’est ce qui explique la majeure partie de ses défaillances, dont le manque de créativité.

Avec davantage d’entrainement et plus de données, Le Chat pourrait parvenir à proposer une alternative convaincante à ChatGPT. Pour l’heure, le chatbot de Mistral semble davantage du niveau de la prémière version publique de ChatGPT, qui remonte à la fin 2022, voire de GPT-4, sorti quelques mois plus tard. Le Chat ne fait par contre pas le poids face aux derniers modèles d’OpenAI, dont ChatGPT-4o. Gageons que le futur centre de données de Mistral dédié à l’IA en France permettra de changer la donne.

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Source : https://www.01net.com/actualites/on-teste-chat-mistral-ia-francais-faire-oublier-chatgpt.html

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14.
Le géant américain Microsoft réalise une découverte historique avec sa première puce informatique quantique - Rédaction : Saïd Laribi - Date : 22 février 2025 à 18h45 – Diffusion par’ mobeez.fr’

Révolution chez Microsoft : le premier processeur quantique Majorana 1 promet de redéfinir l’informatique !{{}}

Microsoft vient de dévoiler Majorana 1, son tout premier processeur quantique, fruit de presque deux décennies de recherche. Ce processeur, s’appuyant sur un état de la matière totalement nouveau, pourrait bien changer la face de l’informatique moderne. Zoom sur cette innovation qui ouvre des horizons vertigineux pour la technologie et au-delà.

Un bond quantique avec Majorana 1{{}}

Après près de vingt ans de recherches intenses dans le domaine quantique, Microsoft a franchi une étape cruciale avec le lancement de Majorana 1. Ce processeur quantique innovant utilise huit qubits topologiques, un type avancé de qubit offrant des performances potentiellement supérieures. Les matériaux utilisés, l’arséniure d’indium comme semi-conducteur et l’aluminium comme supraconducteur, illustrent l’avant-garde de cette technologie.

Un nouvel état de la matière{{}}

Le développement de Majorana 1 a nécessité la création d’un état de la matière totalement inédit, nommé état topologique. La complexité de générer des particules exotiques et cet état particulier explique pourquoi la plupart des recherches en informatique quantique se sont concentrées sur d’autres types de qubits. Ce défi matériel a été relevé par Microsoft grâce à une méthode de pulvérisation atomique pour aligner parfaitement les matériaux.

Sur le même sujet Aussi puissant que 30 000 PC de gamers : la Chine dévoile un centre de données sous-marin qui va bouleverser la puissance de calcul informatique mondiale

Au cœur de l’innovation quantique

Krysta Svore, membre technique de Microsoft, souligne que l’un des principaux intérêts de développer un ordinateur quantique réside dans sa capacité à mieux comprendre les matériaux complexes utilisés. À long terme, cela permettra de prédire et de créer des matériaux encore plus performants pour les générations futures de processeurs quantiques.

Au-delà de l’informatique classique{{}}

Les ordinateurs quantiques, tels que Majorana 1, utilisent des qubits qui, contrairement aux bits classiques qui sont soit à 0 soit à 1, peuvent représenter les deux états simultanément. Cette propriété pourrait permettre de résoudre des problèmes aujourd’hui inaccessibles pour les ordinateurs classiques, ouvrant des perspectives révolutionnaires dans des domaines comme la cryptographie, la médecine, ou encore l’intelligence artificielle.

Un objectif ambitieux : un million de qubits{{}}

Alors que d’autres sociétés comme Google et IBM développent également des processeurs quantiques, Microsoft se distingue par son objectif de parvenir à intégrer un million de qubits sur un seul chip. Pour l’instant, Majorana 1 est utilisé exclusivement pour la recherche, en collaboration avec des universités et des laboratoires nationaux, sans plan immédiat pour une utilisation commerciale.

Fabrication américaine et vision à long terme{{}}

Contrairement à d’autres puces, Majorana 1 est entièrement fabriqué aux États-Unis par Microsoft, et non par des tiers comme Taiwan Semiconductor. Cette indépendance dans la fabrication permet à Microsoft de contrôler intégralement le développement et la production de ces composants quantiques complexes.

Vers un avenir quantique intégré{{}}

L’impact potentiel de l’informatique quantique va bien au-delà de la simple catégorie de produits. Microsoft envisage d’intégrer cette technologie à d’autres secteurs de son activité, notamment dans l’intelligence artificielle, où les ordinateurs quantiques pourraient être utilisés pour élaborer des données destinées à former des modèles d’IA plus sophistiqués.

Cet article explore la révolution que représente Majorana 1 pour Microsoft et pour le monde de l’informatique quantique. Avec des implications profondes tant sur le plan technologique que stratégique, ce processeur quantique pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie et pour la science.

Source : https://azure.microsoft.com/en-us/blog/quantum/2025/02/19/microsoft-unveils-majorana-1-the-worlds-first-quantum-processor-powered-by-topological-qubits/

A lire aussi :

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Saïd LaribiSaïd Laribi - Bonjour, je suis Saïd Laribi, passionné par l’automobile, l’énergie et l’immobilier. À 31 ans, je partage avec vous mon amour pour les informations insolites et les découvertes qui transforment notre quotidien. Diplômé d’un master en marketing digital et entrepreneuriat, je cumule plus de 10 ans d’expérience dans le marketing digital, naviguant avec aisance dans le monde fascinant des nouvelles technologies. Sur ce blog, je m’efforce de dénicher et de rédiger des articles captivants sur les sujets les plus pertinents et passionnants. Rejoignez-moi dans cette exploration continue des innovations qui façonnent notre avenir.

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15.
Comment ChatGPT sape la motivation à écrire et penser par soi-même - Publié : 7 octobre 2024, 16:06 CEST - Naomi S. Baron– Document ‘theconversation.com’

Auteur : Naomi S. BaronProfessor Emerita of Linguistics, American University

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Les étudiants qui ont recours à l’IA ne risquent-ils pas de perdre certaines habitudes d’écriture précieuses pour leur réflexion et leur créativité ? Ils sont conscients que les nouveaux outils peuvent modifier leur style et il leur arrive de se sentir dépossédés de leurs textes. Enquête aux États-Unis et en Europe.{{}}

Lorsque la société OpenAI a lancé son nouveau programme d’intelligence artificielle, ChatGPT, fin 2022, les spécialistes de l’éducation ont commencé à s’inquiéter. ChatGPT pouvait générer du texte qui semblait avoir été écrit par un humain. Comment les enseignants pourraient-ils détecter si les élèves utilisaient un chatbot d’intelligence artificielle pour tricher dans leurs devoirs et rédactions ?

En tant que linguiste, étudiant les effets de la technologie sur la façon dont les gens lisent, écrivent et pensent, je crois qu’il existe d’autres préoccupations tout aussi urgentes à considérer que les risques de tricherie. Il s’agit notamment de savoir si l’IA, de manière plus générale, menace les compétences de rédaction des étudiants, la valeur du processus d’écriture et son importance comme véhicule de la pensée.

Dans le cadre de recherches menées pour mon nouveau livre sur les effets de l’intelligence artificielle sur l’écriture humaine, j’ai interrogé de jeunes adultes aux États-Unis et en Europe sur toute une série d’enjeux. Ils m’ont partagé une litanie d’appréhensions sur la façon dont les outils d’IA peuvent saper leurs travaux d’écriture. Toutefois, ces inquiétudes sont nées depuis un certain temps déjà.

La génération automatique de texte, confort ou danger ?{{}}

Des outils comme ChatGPT ne sont que les derniers d’une série de programmes d’IA conçus pour l’édition ou la génération de textes. Le risque de voir l’IA saper à la fois les compétences rédactionnelles et la motivation à composer par soi-même est en fait en gestation depuis des dizaines d’années.

Les correcteurs orthographiques et, aujourd’hui, les programmes sophistiqués de grammaire et de style comme Grammarly et Microsoft Editor comptent parmi les outils d’édition pilotés par l’intelligence artificielle les plus connus. Outre les révisions d’orthographe et de ponctuation, ils identifient les problèmes de grammaire et proposent des formulations alternatives.

Les développements en matière de génération de texte par l’IA comprennent les suggestions automatiques pour les recherches en ligne et le texte prédictif. Saisissez « Est-ce que Rome » dans une recherche Google et vous obtiendrez une liste de choix comme « Est-ce que Rome a été construite en un jour ». Tapez « s’il » dans un message texte et on vous proposera « s’il vous plaît » et « s’il serait possible ». Ces outils s’immiscent dans nos travaux d’écriture sans y être invités, nous demandant sans cesse de suivre leurs suggestions.

Les jeunes adultes interrogés dans le cadre de mes enquêtes ont apprécié l’aide apportée par l’IA en matière d’orthographe et de complétion de mots, mais ils ont également évoqué des effets négatifs. Un participant à l’enquête a ainsi déclaré : « Si l’on dépend trop d’un programme de texte prédictif, on risque de perdre ses compétences en orthographe ». Un autre a fait remarquer que « les logiciels de vérification de l’orthographe et d’intelligence artificielle… peuvent… être utilisés par des personnes qui veulent s’en sortir plus facilement ».

Une personne interrogée a mentionné la paresse comme motif de recours à la prédiction de texte : « C’est pratique quand je n’ai pas particulièrement envie de faire des efforts ».

Le degré zéro du style ?{{}}

Les outils d’IA peuvent également affecter le style d’une personne qui écrit. L’un des participants de l’enquête a déclaré qu’avec la saisie prédictive, il n’avait « pas l’impression d’être l’auteur du texte ».

Un lycéen britannique s’est fait l’écho de la même préoccupation en décrivant Grammarly : « Plutôt que de s’appuyer sur leur façon d’écrire, Grammarly peut priver les étudiants de leur style en suggérant des modifications importantes à leur travail.

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Dans le même ordre d’idées, Evan Selinger, philosophe, s’est inquiété du fait que les prédictions de textos réduisent le pouvoir de l’écriture comme activité mentale et expression personnelle :

« En nous incitant à ne pas trop réfléchir aux mots que nous utilisons, la technologie prédictive peut subtilement changer la façon dont nous interagissons les uns avec les autres […]. Nous donnons aux autres plus d’algorithmes et moins de nous-mêmes… L’automatisation… peut nous empêcher de penser. »

Dans les sociétés fondées sur l’écriture, celle-ci est depuis longtemps reconnue comme un moyen d’aider les gens à réfléchir. Nombreux sont ceux qui ont cité le commentaire de l’auteur Flannery O’Connor :

« J’écris parce que je ne sais pas ce que je pense tant que je n’ai pas lu ce que je dis. »

Une foule d’autres écrivains accomplis, de William Faulkner à Joan Didion, ont également exprimé ce sentiment. Si la génération de textes par l’IA se charge d’écrire à notre place, nous réduisons nos possibilités de réfléchir par nous-mêmes.

Des profs corrigent des devoirs faits par ChatGPT (Brut, 2023).

Une conséquence étrange de l’utilisation de programmes comme ChatGPT pour générer du langage est que le texte est grammaticalement parfait. Il se présente comme un produit fini. Il s’avère que l’absence d’erreurs est un signe que c’est probablement l’IA, et non un humain, qui a écrit les mots, car même les écrivains et les rédacteurs accomplis font des erreurs.

L’écriture humaine est un processus. Nous remettons en question ce que nous avons écrit au départ, nous réécrivons ou, parfois, nous reprenons notre texte à zéro.

Les différentes étapes du travail de rédaction{{}}

L’idéal est d’instaurer un dialogue permanent entre l’enseignant et l’élève lorsqu’il s’agit de rédiger un texte à l’école. Il faut discuter du sujet sur lequel l’élève veut écrire, partager et commenter les premières ébauches. Il est ensuite temps pour l’élève de repenser et de réviser son texte. Mais cette étape n’a souvent pas lieu. La plupart des enseignants n’ont plus le temps d’accompagner ce travail éditorial.

Des étudiants consciencieux continuent à suivre par eux-mêmes ces différentes étapes, à l’instar d’auteurs professionnels. Mais la tentation de s’appuyer sur des outils d’édition et de génération de textes tels que Grammarly et ChatGPT est trop grande tant il est facile de substituer des résultats prêts à l’emploi à des occasions de réfléchir et d’apprendre.

Les experts en éducation réfléchissent à la manière de faire un bon usage des technologies d’écriture fondées sur l’IA. Certains soulignent leur potentiel pour stimuler la réflexion ou entamer le travail de collaboration. Avant l’apparition de ChatGPT, une version antérieure du même programme sous-jacent, GPT-3, était utilisée sous licence par des entreprises commerciales telles que Sudowrite. Les utilisateurs peuvent y saisir une expression ou une phrase, puis demander au logiciel d’ajouter d’autres mots, ce qui peut stimuler la créativité de l’auteur humain.

À qui le texte appartient-il ?{{}}

Cependant, de la collaboration à la dépossession, la pente est glissante. La rédactrice Jennifer Lepp admet qu’au fur et à mesure qu’elle s’appuyait sur Sudowrite, le texte qui en résultait ne semblait plus être le sien. « C’était très inconfortable de repenser à ce que j’avais écrit et de ne pas vraiment me sentir connectée aux mots ou aux idées ».

Par rapport à des professionnels de l’écriture chevronnés, les étudiants sont bien moins capables de situer la limite entre une simple aide à la rédaction et une vraie prise en charge du contenu et de leur style par un générateur de texte à base d’IA.

À mesure que la technologie devient plus puissante et omniprésente, il est probable que les écoles vont s’efforcer d’enseigner aux étudiants les avantages et inconvénients de l’IA générative. Mais l’efficacité de l’IA alimente un attrait auquel il est difficile de résister, qu’il s’agisse de peaufiner un travail de rédaction ou de le déléguer totalement. Les programmes de vérification d’orthographe, de grammaire et d’autocomplétion ont déjà ouvert la voie.

L’écriture, un processus humain global{{}}

J’ai demandé à ChatGPT s’il s’agissait d’une menace pour la motivation des humains à écrire. Voici sa réponse :

« Il y aura toujours une demande de créativité et d’originalité qui nécessite le point de vue unique et la perspicacité d’un rédacteur humain.

L’écriture sert de nombreux objectifs au-delà de la simple création de contenu, tels que l’expression de soi, la communication et le développement personnel, ce qui peut continuer à motiver les gens à écrire même si certaines formes d’écriture peuvent être automatisées. »

Cela m’a encouragée de constater que le programme semblait reconnaître ses propres limites.

J’espère que les éducateurs et les étudiants en seront tout autant conscients. L’objectif des devoirs d’écriture ne doit pas se limiter à la soumission d’un travail pour une note. La rédaction doit être un voyage, pas seulement une destination.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

À lire aussi : Utiliser l’IA en classe pour recommander des exercices aux élèves : quel intérêt, quels biais ?

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Source : https://theconversation.com/comment-chatgpt-sape-la-motivation-a-ecrire-et-penser-par-soi-meme-240096

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16.
Après le sommet sur l’IA, Emmanuel Macron peut-il faire émerger une troisième voie européenne ? – Par Charles Thibout - Publié : 26 février 2025, 16:38 CET – Document ‘The Conversation’

Auteur :

https://cdn.theconversation.com/avatars/2332490/width170/thibout.jpgCharles Thibout

Docteur en science politique, Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) et chercheur associé à l’IRIS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Déclaration d’intérêts - Charles Thibout ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Le récent sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle devait marquer le retour de l’Union européenne et de la France sur la scène internationale, où s’opposent Chine et États-Unis. Au-delà des déclarations et des ‘satisfecits’, qu’en est-il vraiment ? IA ou pas, il se vérifie que le diable est souvent dans les détails.{{}}

Les 10 et 11 février 2025, un sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) s’est tenu à Paris, sous l’égide du président de la République. Comme souvent, dans ce genre d’événement, ce fut l’occasion de grandes « annonces ». Une succession de symboles de l’entrée en lice de la France et de l’Union européenne dans la course à l’intelligence artificielle face aux deux hégémons, les États-Unis et la Chine. Non seulement serions-nous devenus des concurrents sérieux de ces deux géants, mais encore l’UE proposerait une autre vision de l’intelligence artificielle, plus « durable », « inclusive » et « responsable », située quelque part entre les excès du capitalisme états-unien et de l’autoritarisme chinois. Qu’en est-il ?

Le sommet a d’abord été marqué par une annonce surprenante du président de la République française. Bien que la configuration institutionnelle actuelle ne lui offre guère de prise sur le budget (toujours plus comprimé) de l’État, Emmanuel Macron a laissé entendre que la France, c’est-à-dire la puissance publique, conduirait un grand plan d’investissement dans les technologies d’IA à hauteur de 109 milliards d’euros au cours des prochaines années. Une somme astronomique sur laquelle la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a renchéri en annonçant 200 milliards d’euros d’investissements européens supplémentaires.

D’autres annonces sont venues compléter le tableau d’ensemble. Celle de la création d’une « fondation internationale sur l’IA d’intérêt général » ; puis celle d’une « coalition pour l’IA durable sur le plan environnemental » ; et, enfin, la déclaration finale sur une « intelligence artificielle inclusive et durable pour les peuples et la planète », signée par une soixantaine de pays et organisations internationales. Présenté ainsi, on comprend pourquoi l’Élysée et la diplomatie française s’enorgueillissent d’avoir mis en lumière le rôle clé de la France et de l’UE dans l’innovation et le développement responsable de l’IA ».

Effervescence internationale{{}}

De fait, le sommet s’insère dans un contexte d’effervescence internationale autour d’une « course » à l’intelligence artificielle, au terme de laquelle « celui qui deviendra leader dans ce domaine se rendra maître du monde », selon la célèbre formule du président russe Vladimir Poutine. Ce grand récit autour d’une IA érigée en pierre de touche de la domination géopolitique – arme absolue aux relents apothéotiques pour certains, planche de salut pour les autres – s’est emparé des esprits des élites dirigeantes du monde entier.

Plus de 75 pays ont déjà lancé leur « stratégie nationale » de développement de l’intelligence artificielle, suivant ce fantasme eschatologique selon lequel celui qui parviendrait à maîtriser, passé un certain seuil, le plus haut degré de sophistication de l’IA devancerait, subjuguerait et mettrait au pas éternellement tous ses rivaux.

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Une place pour l’Europe entre Stargate et DeepSeek{{}}

Or, depuis le milieu des années 2010, cette course revêt les atours d’un duel entre les États-Unis et la Chine, après une domination technologique sans partage des premiers depuis les balbutiements de ce répertoire technologique au cours des années 1940-1950. En 2023, les États-Unis étaient le premier pôle d’investissements privés dans le domaine (62,5 milliards de dollars) – loin devant leur principal rival, la Chine (7,3 milliards de dollars).

Cette dernière n’est toutefois pas en reste puisque, suivant le grand plan de développement de l’IA dévoilé par le gouvernement central en 2017, le budget public chinois s’élèverait cette année à 60 milliards de dollars – cette fois, bien loin devant les États-Unis (2 milliards de dollars, selon le dernier budget fédéral).

À lire aussi : Démystifier l’IA et en dessiner une éthique pour sortir de la confusion ambiante

La rivalité dyadique entre les États-Unis et la Chine s’est revivifiée en début d’année avec les annonces, coup sur coup, du projet Stargate de l’administration Trump (un projet de 500 milliards de dollars d’investissements privés dans les infrastructures dédiées au développement de l’IA) et des percées du chinois DeepSeek, qui se pose en concurrent sérieux des grands acteurs états-uniens de l’IA générative (OpenAI, Google et Meta).

Or, les Européens ambitionnent de briser ce jeu spéculaire. Le président français au premier chef, qui s’est bâti sa légitimité de prétendant au trône élyséen, en 2017, sur la foi de son esprit de modernité, son tropisme technophile et son projet de faire de la France une terre d’innovation – à grand renfort de signifiants tout droit sortis des garages californiens.

Une puissance française sous dépendance étrangère{{}}

Les annonces du chef de l’État sont-elles de nature à troubler le duopole sino-états-unien ? Notons que l’origine des investissements présentés s’est rapidement clarifiée.

En lieu et place d’investissements publics, il s’agirait de financements venus de grands groupes privés et étrangers – pour l’heure spéculatifs. Sur les 109 milliards d’euros annoncés, cinquante proviendraient des Émirats arabes unis (par ailleurs, premier investisseur du projet Stargate des États-Unis), vingt milliards du fonds Brookfield (États-Unis/Canada), six milliards d’Amazon, ou encore cinq milliards de l’entreprise états-unienne Digital Realty pour le financement de centres de données.

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Certes, on trouve dans le lot les investissements de MistralAI, « pépite » française de l’IA générative, présentée comme l’alternative hexagonale à OpenAI ou Google. Mais une firme à la francité toute relative, puisqu’à son capital figurent des entreprises et investisseurs étrangers, notamment des États-Unis, tels que Microsoft, IBM, Nvidia ou encore Éric Schmidt, le CEO historique de Google – autant d’acteurs qui ont peu intérêt à voir des entreprises françaises ou européennes semer le trouble dans leur oligopole.

Des paroles en apesanteur{{}}

La souveraineté numérique ne semble donc plus à l’ordre du jour. Pas plus que la régulation, du reste. Le topos d’une régulation dirimante pour l’innovation n’a jamais eu autant de succès. Et Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen n’ont pas tari d’éloges à l’égard de l’EU AI Champions Initiative, une coalition formée de grandes entreprises européennes (L’Oréal, Airbus, MistralAI, Spotify…), dont la première initiative a été d’appeler à revenir sur la réglementation en matière d’IA – dix jours seulement après l’entrée en application de l’AI Act.

France 24, 2025.

Quant à la déclaration finale sur une IA « durable et inclusive pour les peuples et la planète », signée par une soixantaine de pays et d’organisations internationales, on ne peut manquer de souligner parmi les signataires la présence de dictatures, de régimes autoritaires et d’États enclins à rogner sur les libertés et droits fondamentaux : la Chine, la Hongrie, l’Inde, l’Italie, Singapour…

Sans parler du principal sponsor du programme d’investissements français. Aux Émirats arabes unis, l’absence de liberté d’expression et la pratique de la torture et de l’esclavage sont régulièrement pointées du doigt. Au surplus, le pays a annoncé relancer et décupler ses opérations de forage d’hydrocarbures. En matière d’« inclusion » et de « durabilité », on a connu des symboles plus percutants.

Une troisième voie, sans issue ?{{}}

Le fait est que le sommet s’est tenu dans des conditions géopolitiques tendues qui ont rejailli sur l’événement. Le vice-président états-unien J. D. Vance y a réaffirmé l’objectif des États-Unis de demeurer la première puissance en matière d’IA et a menacé les Européens de représailles si leurs velléités régulatrices venaient à toucher les intérêts des entreprises de son pays. Et, de fait, les États-Unis n’ont pas signé la déclaration finale, pas plus que le Royaume-Uni, ni Israël, du reste.

Difficile dans ces conditions de parler de « succès diplomatique », d’« étape marquante » dans l’accession de la France au rang des puissances technologiques, ou de formalisation d’une « troisième voie » dans le développement de l’IA.

Sans doute, d’ailleurs, n’était-ce pas l’objectif de ce sommet. Organisé par un chef de l’État en perte de légitimité sur le plan intérieur, marginalisé au plan institutionnel et illisible sur la scène internationale, cet événement a davantage les atours d’une opération de représidentialisation. La politique étrangère comme la politique des grands travaux culturels (pensons à la réouverture de Notre-Dame) sont bien souvent les instruments de réaccumulation d’un capital politique en berne dans les affaires intérieures.

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Christophe Bys Chef de rubrique Économie+Entreprise

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Source : https://theconversation.com/apres-le-sommet-sur-lia-emmanuel-macron-peut-il-faire-emerger-une-troisieme-voie-europeenne-250705

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17.
AWS (Amazon) brise la dernière barrière de l’informatique quantique avec sa puce maison Ocelot - Par Alexandre Boero Journaliste-reporter, responsable de l’actu - Publié le 27 février 2025 – Document ‘clubic.com’

Alexandre Boero Alexandre Boero

Le géant Amazon Web Services (AWS) a dévoilé, jeudi, sa puce quantique Ocelot. Elle est capable de réduire jusqu’à 90% les coûts de correction d’erreurs, et devrait accélérer de 5 ans l’arrivée des ordinateurs quantiques commerciaux.{{}}

Puce quantique Ocelot d’Amazon Web Services © AWS

Puce quantique Ocelot d’Amazon Web Services © AWS

Amazon met un coup d’accélérateur dans la course à l’ordinateur quantique pratique. Le mastodonte américain a présenté ce jeudi 27 février 2025 sa puce Ocelot, et elle pourrait bien être synonyme de percée technologique. Développée par le centre AWS de calcul quantique au California Institute of Technology, elle présente une architecture novatrice, basée sur les « qubits de chats ».

La puce fait référence à la célèbre expérience de pensée de Schrödinger. Elle promet de transformer radicalement l’approche de la correction d’erreurs quantiques, qui reste le principal frein actuel au développement d’applications commerciales.

Avec Ocelot, Amazon veut résoudre le défi majeur de l’informatique quantique{{}}

La correction d’erreurs est, tout bon expert nous le dira, le grand défi de l’informatique quantique. Les qubits, extrêmement sensibles aux perturbations environnementales comme les vibrations, la chaleur ou les interférences électromagnétiques, nécessitent en effet des mécanismes complexes pour maintenir leur état quantique. Les approches traditionnelles exigent d’importantes ressources, qui rendent encore prohibitif le développement d’ordinateurs quantiques à grande échelle.

Avec Ocelot, AWS a pris un chemin différent. Plutôt que d’ajouter la correction d’erreurs à une architecture existante, les ingénieurs l’ont intégrée dès la conception. Les « qubits de chats » (ou qubtis-chats) suppriment intrinsèquement certaines formes d’erreurs, et réduisent considérablement les ressources nécessaires pour maintenir la cohérence quantique.

Il s’agit ici de la première combinaison réussie de la technologie des qubits de chats avec des composants supplémentaires de correction d’erreurs, sur une micropuce pouvant être fabriquée à grande échelle. Dans le détail, la puce est constituée de deux micropuces de silicium intégrées d’environ 1 cm² chacune. Elle comprend 14 composants principaux, dont cinq qubits de données, cinq circuits tampon et quatre qubits détecteurs d’erreurs.

Ocelot en pleine fabrication © AWS

Ocelot en pleine fabrication © AWS

Ocelot va offrir cinq ans d’avance à AWS sur la feuille de route quantique{{}}

Oskar Painter, le directeur du matériel quantique chez AWS, explique que cette avancée pourrait accélérer d’environ cinq ans le développement d’un ordinateur quantique pratique. « Ce n’est plus une question de si, mais de quand les ordinateurs quantiques tolérants aux pannes seront disponibles pour des applications réelles », affirme-t-il.

L’approche d’AWS pourrait réduire les coûts de mise en œuvre. Les puces basées sur l’architecture Ocelot pourraient coûter jusqu’à cinq fois moins cher que les solutions actuelles, grâce à la réduction significative des ressources nécessaires pour la correction d’erreurs.

Les implications sont considérables pour des domaines comme la découverte de médicaments, le développement de nouveaux matériaux ou la modélisation financière. AWS continue d’investir dans la recherche quantique, tout en rendant cette technologie accessible via Amazon Braket, son service cloud permettant aux chercheurs, développeurs et étudiants d’explorer les possibilités de l’informatique quantique.

Par ailleurs, Amazon Web Services suit toujours sa stratégie qui consiste à être moins dépendante de NVIDIA. C’est déjà le cas avec sa nouvelle génération de puces Tranium3, notamment mise à disposition des entreprises qui veulent entraîner des modèles d’IA. Ocelot est un pas supplémentaire dans cette direction. C’est peut-être ce qui offrira une vraie longueur d’avance à AWS vis-à-vis de ses concurrents Google Cloud et Microsoft Azure.

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18.
Puces quantiques : l’Europe prépare son « Quantum Act » pour réglementer le secteur - Par Charles de Laubier - Publié 2 mars 2025 à 08h00 - Article complet réservé aux abonnés ‘Le Monde’

Le nouveau défi stratégique qui attend les Européens consiste à unifier le secteur quantique, qui devra faire l’objet de financements communautaires massifs.

Présentée en décembre 2024, la puce d’informatique quantique « Willow » à 105 qubits a été développée par la division Quantum AI de Google.

Présentée en décembre 2024, la puce d’informatique quantique « Willow » à 105 qubits a été développée par la division Quantum AI de Google. GOOGLE / AFP

La nouvelle révolution de l’informatique est en marche avec les puces et les ordinateurs quantiques. Théorie des états changeants – par superposition ou intrication – des atomes dans le monde de l’infiniment petit, la physique quantique existe depuis plus d’un siècle, mais elle « s’informatise » depuis les années 1990.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’ordinateur quantique, comment ça marche

Grâce aux qubits, sorte de « boîte à atomes », les calculs informatiques sont bien plus rapides et puissants que pour un ordinateur classique, où les bits ne sont constitués que de 0 ou 1. Alors qu’en informatique quantique, les deux états peuvent exister en même temps et permettent de multiplier considérablement les possibilités de calcul simultané.

Encore faut-il fabriquer des puces quantiques, dites « supraconductrices ». C’est un nouveau défi pour l’Europe. « Ayant atteint un niveau de maturité, le quantique revêt une importance stratégique pour la souveraineté, la compétitivité et les capacités de défense de l’Union européenne, explique au Monde Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, chargée notamment de la souveraineté technologique. Aussi, je travaille actuellement à l’élaboration d’un plan stratégique européen ambitieux pour les puces quantiques, un “EU Quantum Chips Plan”, qui doit être présenté avant l’été, ainsi qu’à un règlement quantique – un “Quantum Act” –, qui sera proposé avant la fin de l’année. » Pour Bruxelles, il s’agit d’unifier le secteur quantique en Europe, sur le modèle du fonds européen InvestAI dans l’intelligence artificielle (IA)……..

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19. Ordinateur quantique : comprendre le grand défi des « codes correcteurs d’erreurs » et l’avancée récente de Google - Publié : 4 mars 2025, 16:26 CET - Auteur Claire Goursaud – Document ‘The Conversation’

https://cdn.theconversation.com/avatars/2327403/width170/citations.jpgClaire Goursaud

Maître de conférence sur l’internet des objets et le calcul quantique, INSA de Lyon, Inria, INSA Lyon – Université de Lyon

Déclaration d’intérêts Claire Goursaud a reçu des financements de l’ANR et de l’INRIA pour travailler sur les algorithmes quantiques.

Partenaires : INSA Lyon - Université de Lyon et Groupe INSA fournissent des financements en tant que membres adhérents de The Conversation FR.

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La perspective de fabriquer des ordinateurs quantiques suscite des investissements massifs et des politiques publiques destinées à soutenir l’innovation technologique dans de nombreux pays. Si ceux-ci finissent par être opérationnels, ils pourraient avoir de très grandes puissances de calculs et permettre de traiter certains problèmes bien plus rapidement que les meilleurs ordinateurs classiques.{{}}

Néanmoins, pour faire un ordinateur quantique, il faut maîtriser plusieurs ingrédients extrêmement délicats à préparer et à manipuler, et c’est pour cela qu’un ordinateur quantique à même de faire concurrence aux ordinateurs classiques n’existe pas encore.{{}}

Ceci n’empêche pas les ordinateurs quantiques de susciter de nombreux fantasmes et parfois, une médiatisation qui n’est pas forcément en phase avec le rythme des développements technologiques.{{}}

Claire Goursaud travaille à l’Insa Lyon, où elle développe des algorithmes quantiques pour résoudre des problèmes rencontrés dans les grands réseaux, en particulier les réseaux d’objets connectés (IoT). Claire répond à nos questions sur les capacités actuelles des ordinateurs quantiques, et leurs limites, afin d’éclairer les avancées les plus récentes du domaine.{{}}

Aujourd’hui, qui peut utiliser un ordinateur quantique ?

Claire Goursaud : Un ordinateur quantique est construit autour d’un processeur (qui est la partie intelligente de l’ordinateur, c.-à-d., celle qui réalise les calculs), auquel on doit rajouter des périphériques/interfaces, une mémoire, et un circuit de refroidissement. Il existe des processeurs quantiques que les chercheurs et industriels peuvent utiliser à des fins de recherche et développement. Par exemple, IBM dispose dans ses fermes de calcul de systèmes quantiques qui sont mis à disposition des chercheurs. D-Wave proposait aussi un accès à ses processeurs jusqu’à fin 2024, mais l’a restreint à ces clients depuis le début d’année. Pour l’instant, ces processeurs sont assez petits — 133 qubits dans le cas d’IBM — ce qui limite ce que l’on peut en faire.

Si le nombre de qubits est affiché en augmentation régulière (avec une multiplication par 2 tous les ans pour les processeurs d’IBM), ce n’est pas le seul critère qui permet d’évaluer l’utilité d’un processeur quantique. En effet c’est la fiabilité des qubits actuels et des calculs, qui pêche aujourd’hui.

Les applications promises par les promoteurs des ordinateurs quantiques sont encore lointaines en pratique — simuler des molécules pour développer de nouveaux médicaments par exemple, améliorer la planification des vols commerciaux, ou booster encore davantage l’intelligence artificielle.

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Ces processeurs quantiques peuvent-ils déjà faire des calculs inaccessibles aux supercalculateurs classiques ?

C.G. : Pour le moment, les calculateurs quantiques n’apportent pas encore d’avantage par rapport aux supercalculateurs classiques pour des problèmes qui ont une application concrète tels que ceux cités précédemment.

En revanche, si, en théorie, tous les calculs que l’on sait écrire mathématiquement peuvent être programmés dans un ordinateur classique, la pratique est plus compliquée. En effet, certains calculs demanderaient trop de ressources pour un ordinateur classique : il nous faudrait soit des ordinateurs beaucoup plus grands que ceux dont on dispose (dont les capacités de calcul ne sont donc pas assez importantes), soit un temps que nous n’avons pas (pouvant aller jusqu’au millier ou million d’années pour certains calculs !).

À cet égard, un exemple connu est celui des « clefs de chiffrement », qui sont notamment nécessaires dans le domaine des télécommunications. Ces communications sont chiffrées avec un code que l’on pourrait cracker en principe (en les testant un par un) ; mais cela prendrait tellement de temps de le faire avec un ordinateur classique que ce n’est pas rentable en pratique pour des attaquants.

Comme les processeurs quantiques promettent de paralléliser massivement certains calculs, ils permettraient de résoudre des problèmes qu’on ne sait pas traiter assez rapidement avec un ordinateur classique… Ainsi, les ordinateurs quantiques pourraient permettre de décrypter ces messages actuellement inattaquables.

Mais les processeurs quantiques ne seront pas utiles pour toutes les applications. En effet, pour que le calcul quantique ait réellement un intérêt, il faut des problèmes avec une structure particulière. C’est le cas, par exemple, dans l’internet des objets — le domaine de recherche auquel j’applique le calcul quantique. On a des millions d’objets connectés : des montres, des radiateurs, des voitures… Ces millions d’objets transmettent des informations sans aucune coordination préalable. La station de base reçoit un mélange des messages de chacun de ces objets, qui ne sont pas facilement séparables. La difficulté pour la station de base est de savoir qui a transmis quoi à chaque instant.

Dans ce cas, l’intérêt du calcul quantique est d’attribuer une unité de calcul (un qubit) à chaque objet connecté ; de calculer tous les messages que l’on aurait pu recevoir en fonction de l’activité potentielle de chaque objet connecté, puis de comparer toutes ces possibilités au signal qu’on a réellement reçu… afin de trouver celle qui est la plus proche du message réel.

Pour simuler de cette manière un petit réseau de 20 objets connectés avec un ordinateur classique, il faut faire 220 calculs (soit 1 048 576) ; alors qu’avec un ordinateur quantique, il ne faut faire « que » sqrt(220) de calculs environ (en utilisant alors 20 qubits pour représenter les 20 objets auxquels se rajoutent une ou plusieurs dizaines de qubits pour contenir le résultat des calculs intermédiaires).

Ainsi, on peut réduire considérablement le temps de calcul. En pratique, le gain de temps dépendra des processeurs quantiques utilisés.

Qu’est-ce qui limite les processeurs quantiques actuels ?

C.G. : Ce qui limite l’utilisation de processeurs quantiques aujourd’hui est principalement leur taille et leur fiabilité.

Tout d’abord, les processeurs quantiques opérationnels actuellement font entre quelques dizaines et quelques centaines de qubits (par exemple IonQ avec 35 qubits et 1121 qubits pour le processeur Condor de IBM), mais avec des fiabilités variées.

Ces nombres ne sont pas suffisants pour qu’il soit réellement intéressant d’utiliser actuellement des processeurs quantiques pour autre chose que de la recherche, ou du développement de meilleurs processeurs. Par exemple, les processeurs quantiques qu’IBM met à disposition des chercheurs possèdent 133 qubits, ce qui me permet d’étudier un réseau de 20 objets connectés seulement.

Mais, ce qui limite la taille des ordinateurs quantiques aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle le « bruit ». Aujourd’hui — ou du moins jusqu’à très récemment, comme nous allons le voir — plus il y a de qubits, plus il est difficile de contrer ce bruit. Ce « bruit » détruit les propriétés quantiques des qubits, ce qui provoque des erreurs de calcul, et diminue donc l’utilité des processeurs quantiques.

D’où vient le bruit dans les processeurs quantiques ?

C.G. : Dans les processeurs quantiques, on manipule des qubits, qui sont en fait des particules toutes petites et très sensibles à tout ce qui se passe autour d’elles : du « bruit » qui perturbe, voire détruit, leur état quantique.

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Il y a plusieurs sources de bruit pour les ordinateurs quantiques aujourd’hui. Tout d’abord, la particule quantique « vieillit » lorsqu’elle interagit avec son environnement. C’est un phénomène que l’on appelle la « décohérence ».

Il y a aussi du bruit thermique : quand on n’est pas au zéro absolu, la particule bouge, ce qui peut perturber son état quantique.

Il peut aussi y avoir des impuretés dans les matériaux électroniques — c’est également le cas dans les processeurs classiques ; mais c’est particulièrement nuisible dans les ordinateurs quantiques.

Enfin, deux autres sources de bruits sont liées au fait qu’on met plusieurs qubits les uns à côté des autres. On est face à une injonction contradictoire : il faut à la fois isoler les particules les unes des autres pour limiter le bruit, mais aussi bien sûr les laisser interagir quand c’est nécessaire pour le calcul. Quand on demande aux qubits d’interagir pour faire le calcul, on le fait avec des impulsions (des « portes ») — si ces impulsions sont mal réglées, ça introduit des perturbations qui modifient l’état quantique du qubit.

Ce bruit induit des erreurs de calcul ?

C.G. : Oui, et on distingue deux types d’erreurs de calcul quantique.

La première s’appelle un « bit flip » : c’est quand l’état quantique de la particule passe de 0 à 1 ou l’inverse. On maîtrise très bien ces erreurs dans le domaine des télécommunications, qui est depuis toujours basé sur des 0 et des 1 (les « bits » des ordinateurs classiques). Pour réparer ces erreurs, on peut utiliser les « codes correcteurs d’erreurs » hérités des télécommunications classiques.

En revanche, le second type d’erreur est plus problématique. Il s’agit de ce que l’on appelle une « erreur de signe » : on conserve le 0 (l’erreur n’est pas un bit flip) mais le signe est erroné (un signe « moins » au lieu d’un signe « plus », ou l’inverse). Les erreurs de signe sont très importantes aujourd’hui en calcul quantique, parce que les codes correcteurs historiques ne corrigent pas ces erreurs de signes… qui sont tout à fait spécifiques au monde quantique, parce qu’elles sont liées au fait que l’on décrit les états quantiques avec des nombres complexes.

Pour contrer les effets du bruit qui perturbe les qubits et obtenir des processeurs quantiques utiles, les chercheurs développent aujourd’hui de nouveaux codes correcteurs d’erreurs qui prennent aussi en compte les erreurs de signe.

Ces « codes correcteurs d’erreur » qui sont au cœur des recherches et des avancées actuelles ?

C.G. : Aujourd’hui, une des tendances les plus porteuses pour ces nouveaux codes correcteurs d’erreurs s’appelle les « codes de surface » : le principe est de dupliquer le qubit physique (l’état de la particule), et à l’aide de liens entre tous les qubits dupliqués, de générer un « qubit logique ». Ce qubit logique est donc composé de plusieurs qubits physiques, et il est en principe dépourvu d’erreurs, ce qui permet de l’utiliser dans le calcul.

Cette stratégie demande d’avoir de nombreux qubits physiques pour obtenir un seul qubit logique. Or, on a vu que plus il y a de qubits, plus il y a de problèmes de bruit. C’est pourquoi on craignait jusqu’à récemment que les problèmes ajoutés par la démultiplication des qubits physiques n’annulent les gains obtenus avec cette stratégie de code de surface.

Or, en décembre 2024, Google a montré que cette stratégie marche en pratique : les chercheurs ont présenté un processeur appelé « Willow », qui contient 105 qubits physiques formant un qubit logique : c’est un code correcteur d’erreur plus grand et plus difficile à manipuler que les codes précédents, mais, au global, il est plus performant.

Il faut bien réaliser que Willow ne contient qu’un seul qubit logique. Il faudrait en associer plusieurs pour pouvoir faire des calculs utiles. Dans l’exemple de mon réseau d’objets connectés, il faudrait un Willow pour chacun des objets connectés du réseau puisque les 105 qubits physiques équivalent à un seul qubit logique suffisamment résistant aux perturbations pour faire des calculs. Le nombre de qubits annoncés par les fabricants, qui sont des qubits physiques, ne sont donc pas suffisants pour évaluer les capacités d’un processeur quantique.

Néanmoins, cette avancée suggère que l’on va désormais voir se développer des codes encore plus grands, pour une probabilité d’erreur encore plus petite — en d’autres termes, la stratégie des codes correcteurs de surface semble avoir de l’avenir devant elle.

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