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"Rôle du cycle de l’eau sur la Terre lors des catastrophes en 2024 : inondations fluviales, crues soudaines, glissements de terrain, sécheresses, incendies, cyclones tropicaux ; éco-anxiété : du désespoir à l’action et aux biorégions" par Jacques Hallard
jeudi 16 janvier 2025, par
Rôle du cycle de l’eau sur la Terre lors des catastrophes en 2024 : inondations fluviales, crues soudaines, glissements de terrain, sécheresses, incendies, cyclones tropicaux ; éco-anxiété : du désespoir à l’action et aux biorégions
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 14/01/2025
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Lire les explications dans ce dossier
Plan du document : Avant-propos Préambule Introduction Sommaire Auteur
Avant-propos - Lectures suggérées avant d’aller plus loin <
La vérité derrière les incendies en Californie : ce que révèlent les premiers rapports sur le désastre - Par Karine Durand Spécialiste météo extrême et environnement, le 13 janvier 2025 – Publication ‘futura-sciences.com’
EN VIDÉO] 20 ans d’incendies à travers le monde résumés en 30 secondes - Voici à quoi ressemble la Terre en proie aux flammes. Ce n’est pas un scénario... - On en sait plus sur les différentes causes qui ont mené à la catastrophe majeure en Californie : le déclenchement d’origine humaine a été nettement aggravé par des conditions météo, climatiques et environnementales spécifiques. Selon les autorités californiennes, l’origine première des feux est criminelle : des dizaines de suspects susceptibles d’avoir volontairement déclenché les incendies ont été arrêtés. Pour d’autres feux, il est possible que les vents forts aient endommagé des piliers électriques, qui se seraient alors enflammés. Le déclenchement du gigantesque Palisade Fire pourrait être lié aux feux d’artifices du Nouvel An, selon Washington Post : le feu de Palisade a débuté exactement au même endroit où des pompiers avaient éteint un incendie lié aux feux d’artifices. Il est possible que des restes de ce petit feu aient subsisté avant de connaître une aggravation explosive liée aux vents.
Météo et climat, des facteurs aggravants pour la propagation des feux
Une multitude de facteurs a ensuite conduit à l’aggravation de la situation, qui a mené à la catastrophe majeure en cours :
- des vents de Santa Ana exceptionnels à plus de 160 km/h ;
- une sécheresse des sols modérée dans la zone et une quasi-absence de pluie depuis mai 2024 ;
- des espèces invasives très inflammables apportées par les humains et des arbres plantés là où il n’y en avait pas avant ;
- une végétation plus abondante que la normale en Californie liée aux fortes pluies de 2022 et 2023 ;
- une urbanisation explosive dans une zone à haut risque d’incendies ;
- un manque d’eau dans les réserves déploré par les pompiers.
Et le climat dans tout ça ? Une première étude d’attribution vient de sortir : Climameter estime que les conditions météo sur la zone des incendies ont nettement évolué en lien avec les émissions de gaz à effet de serre. Les températures sont en moyenne 5 °C plus élevées sur la période 1987-2023, le temps est 15 % plus sec et les vents 20 % plus élevés qu’au cours de la période 1950-1986.
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« Nous vivons une époque impensable » - Par Hervé Kempf et Mathieu Génon (photographies) - 11 janvier 2025 à 08h56 - Mis à jour le 13 janvier 2025 à 09h20 – Annonce d’un document de ‘Reporterre’
Comment s’engager politiquement dans cette ère de destruction inouïe ? Le philosophe québécois Alain Deneault évoque l’éco-angoisse [ou éco-anxiété] qui nous saisit, et comment réorienter cette énergie vers l’action. Une piste ? Les biorégions
[Alain Deneault, né le 26 septembre 1970 en Outaouais, est un philosophe québécois et docteur en philosophie de l’université Paris-VIII en 2004. Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris de 2016 à 2022… - Wikipédia]
[L’Outaouais est une région administrative du Québec, au Canada, sur la rive nord de la rivière des Outaouais, partageant une frontière avec l’Ontario. Elle est composée de 4 municipalités régionales de comté et de 67 municipalités locales… - Source]
Alain Deneault est philosophe et enseigne à l’université de Moncton, au Canada. Il vient de publier ‘Faire que ! - L’engagement politique à l’ère de l’inouï’, aux éditions Lux. Description de l’ouvrage : Comment s’orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les États ni le capital ne remédieront ? Comment agir politiquement à l’ère de l’inouï, quand on ne dispose d’aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées ? Comment s’engager quand l’extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels ? Comment s’y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique ? - Que faire ? Cette question obnubile la pensée politique depuis plus d’un siècle. Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l’ancrer dans les temps présents. Hors de toute programmatique serrée, mais avec la lucidité qu’on lui connaît, il invite notamment à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion ». ]
Alors que faire ? Livrer la guerre à la médiocratie. Évoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l’échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l’écoanxiété. Le moment est venu de faire que !
Lisez ce grand entretien ci-dessous, ou écoutez-le sur une plateforme d’écoute de votre choix. Vous pouvez aussi voir l’entretien en vidéo ici
Information de Reporterre : https://reporterre.net/Nous-vivons-une-epoque-impensable
Réflexions d’Alain Deneault sur l’économie, l’« extrême ...Le philosophe Alain Deneault -Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault - In Réflexions d’Alain Deneault sur l’économie, l’« extrême centre » et les multinationales - Dimanche 21 octobre 2018 – Source
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Reportage - ’Il y a urgence, on doit sortir de nos labos’ : pourquoi des scientifiques entrent ’en rébellion’ pour le climat - Thomas Baïetto - avec Frédéric Bohn France Télévisions - Publié le 13/01/2025 06:17 – Extrait : ’Ça fait trente ans qu’on écrit des rapports, qu’on répète les choses et on a l’impression que tout le monde s’en fout !’ - Bertrand Decharme, hydrologue à Météo-France, lors d’un colloque à la maison de la Chimie… - Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/reportage-il-y-a-urgence-on-doit-sortir-de-nos-labos-pourquoi-des-scientifiques-entrent-en-rebellion-pour-le-climat_6950855.html
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Préambule - Des informations utiles pour entrer dans le vif du sujet
L’éco-anxiété est l’expression de fortes émotions face à la dégradation de l’état de la planète, de la pollution, la dégradation des sols, l’effondrement de la biodiversité, la gestion de l’eau, ou encore le réchauffement climatique…
Le cycle de l’eau sur la Terre - L’eau circule sur terre sous différentes formes : nuages, pluie, rivières et océans. Elle va passer de la mer à l’atmosphère, de l’atmosphère à la terre puis de la terre à la mer, en suivant un cycle qui se répète indéfiniment. 10 février 2017
L’évapotranspiration désigne le processus par lequel l’eau liquide terrestre est renvoyée dans l’atmosphère environnant sous forme gazeuse. Cette eau provient de la sublimation de la neige, de l’évaporation de l’eau libre ou contenue dans le sol, et d’autre part de la transpiration des plantes. 28 février 2022
Les catastrophes liées à l’eau les plus dommageables en 2024 comprennent les crues soudaines, les inondations fluviales, les sécheresses, les cyclones tropicaux et les glissements de terrain. Les catastrophes liées à l’eau ont tué plus de 8.700 personnes, déplacé 40 millions de personnes et causé des pertes économiques dépassant 550 milliards de dollars américains. Janvier 2025
Les ’coups de fouet’ hydro-climatiques qui sont des basculements brutaux entre une situation de sécheresse propice aux incendies et des conditions pluvieuses soudaines. Or, chaque degré de réchauffement conduit l’atmosphère à absorber davantage d’humidité…. – Janvier 2025
Lecture suggérée - Des incendies succèdent aux inondations : les ’coups de fouet’ climatiques s’intensifient-ils avec le réchauffement ? - changement climatique- Vidéo GEO : Sécheresse : les feux de forêts aggravés par le réchauffement climatique – « Les ’coups de fouet’ hydro-climatiques sont des basculements brutaux entre une situation de sécheresse propice aux incendies et des conditions pluvieuses. Or, chaque degré de réchauffement conduit l’atmosphère à absorber davantage d’humidité. Une nouvelle étude suggère un lien entre ces deux phénomènes (Université de Californie à Los Angeles) - Nastasia Michaels - Publié le 10/01/2025 à 20h09 – Source : https://www.geo.fr/environnement/des-incendies-succedent-aux-inondations-les-coups-de-fouet-climatiques-s-intensifient-ils-avec-le-rechauffement-224134
La notion de biorégion (écorégion ?) : c’est un territoire délimité par des caractéristiques écologiques relativement homogènes et autonomes « en cohérence avec la population, sa culture et son histoire » (Latouche, 2019). 02 juillet 2024 – Sujet abordé en annexe de ce dossier
Les retardateurs de flamme sont une classe d’additifs utilisés pour minimiser les risques d’incendie des produits polymériques1. De nombreux retardateurs de flamme sont suspectés d’avoir des effets délétères pour la santé et l’environnement. Certains retardateurs de flamme sont retrouvés dans des concentrations croissantes chaque année dans la poussière des maisons, dans le sang et dans le lait maternel…. - Source [Sujet à reprendre et à approfondir]…
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Ce dossier – rédigé avec une visée didactique -, tente un grand écart en associant des documents sur l’eau, « qui est présente partout sous des formes diverses sur notre planète », à travers le Cycle de l’eau, d’une part, avec des constats sur les extrêmes climatiques qui ont fait en 2024 des ravages sans précédent au niveau planétaire, d’autre part…
Des études scientifiques sont traduites ici sur ce qui s’accélère à l’échelle mondiale et sur « le retour rapide de l’eau du sol à l’atmosphère par les plantes », « remodelant la compréhension du cycle de l’eau terrestre et ses implications pour le climat et la santé des écosystèmes »…
Il résulte notamment de tout cela, la manifestation d’un trouble psychologique d’éco-anxiété chez les êtres humains au sujet du climat … et les résultats d’une autre étude, australienne, exposent comment et pourquoi, au niveau psychosociologique, la résultante est qu’une colère dangereuse s’exprime à propos des dérèglements climatiques et qu’elle « peut conduire à l’action… ou se transformer en désespoir… »
Figurent aussi en annexe des informations sur le concept de biorégion, définie comme « un territoire délimité par des caractéristiques écologiques relativement homogènes et autonomes, en cohérence avec la population, sa culture et son histoire » (Latouche, 2019)… face aux excès de la mondialisation, à la dissolution des sociabilités locales et à des récupérations politiques…
Enfin ont été ajoutées deux actualités, qui peuvent offrir des traits d’actions positives en pareille situation :
* La proposition d’un « Dôme de fer » contre les feux de forêts par une start-up israélienne, inspirée de la défense antimissile… - Par Sharon Wrobel 14/01/2025 – Publié par ‘fr.timesofisrael.com’ –
NB. A ce sujet, dans le présent contexte des feux de forêts récurrents en Californie, il paraît opportun et nécessaire de reprendre et d’approfondir cela :
Retardateurs de flamme et effets sur la santé - Cancer Environnement https://www.cancer-environnement.fr › fiches › retardat... – 29 août 2022 — « Les retardateurs de flamme bromés sont incorporés dans des produits de consommation pour les rendre moins inflammables…
Les retardateurs de flamme : un dossier brûlant - Générations Futures https://www.generations-futures.fr › actualites › retardat... -17 janvier 2024 — La série d’enquêtes ‘Vert de Rage’ a révélé ce lundi un scandale de contamination des enfants par un retardateurs de flamme phosphoré : le TDCPP, ...
Selon Wikipédia, « les retardateurs de flamme sont une classe d’additifs utilisés pour minimiser les risques d’incendie des produits polymériques1. De nombreux retardateurs de flamme sont suspectés d’avoir des effets délétères pour la santé et l’environnement. Certains retardateurs de flamme sont retrouvés dans des concentrations croissantes chaque année dans la poussière des maisons, dans le sang et dans le lait maternel. Description - Les retardateurs de flamme sont utilisés depuis le début du XXe siècle pour prévenir les risques d’incendies des matières dérivées de la pétrochimie. La production mondiale toutes molécules confondues a atteint 2,5 millions de tonnes en 20162… - A lire par ici > https://fr.wikipedia.org/wiki/Retardateur_de_flamme
- « Dix idées pour le climat » - « Des experts invités du ‘Festival des idées’ du podcast ‘Chaleur Humaine’ du journal ‘Le Monde’ présentent leurs solutions… » - Cahier « du Monde » N° 24804, Nabil Wakim, daté mardi 14 janvier 2025, 4 pages
Les articles sélectionnés pour ce dossier sont mentionnés avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Retour au début de l’introduction
Retour au début de l’avant-propos
- Sur notre planète, l’eau est partout sous des formes diverses - Date de publication : 10 février 2017
- Article Wikipédia sur le Cycle de l’eau
- L’Évapotranspiration d’après Wikipédia
- Les extrêmes climatiques en 2024 font des ravages sur le cycle mondial de l’eau Traduction du 13 janvier 2025 par Jacques Hallard d’un article intitulé Climate extremes in 2024 ‘wreaking havoc’ on the global water cycle, daté du 08/01/2025 - Document ‘icedsr’
- Inondations, sécheresses, puis incendies : le coup de fouet hydro-climatique s’accélère à l’échelle mondiale - De nouvelles recherches établissent un lien entre l’intensification des oscillations humides et sèches et la capacité de l’atmosphère, semblable à une éponge, à laisser tomber et à absorber l’eau – Traduction du 13 janvier par Jacques Hallard d’un article intitulé Floods, droughts, then fires : Hydroclimate whiplash is speeding up globally… du 09 janvier 2025 - Source : Université de Californie-Los Angeles
- Retour rapide de l’eau du sol à l’atmosphère par les plantes - Une recherche remodèle la compréhension du cycle de l’eau terrestre et de ses implications pour le climat et la santé des écosystèmes - Traduction du 13 janvier par Jacques Hallard d’un article intitulé Rapid return of water from ground to atmosphere through plants, daté du 09/01/2025 – Source : Chapman University – Diffusé par ‘sciencedaily.com’
- Éco-anxiété – Article Wikipédia
- Éco-anxiété : une étude auprès de 1.000 personnes révèle l’impact psychologique de la crise climatique - Le 28/09/2024 par The Conversation – Document ‘wedemain.fr’
- Australie - La colère dangereuse peut conduire à l’action – ou se transforme en désespoir. Nous avons découvert pourquoi - Traduction du 13 janvier 2025 par Jacques Hallard d’un article intitulé Climate anger can lead to action – or curdle into despair. We found out why publié le 19 décembre 2024 à 14h08 HNE – Diffusé par ‘theconversation.com’
Annexe sur les biorégions
Retour au début de l’introduction
Retour au début de l’avant-propos
§§§
Sur notre planète, l’eau est partout sous des formes diverses - Date de publication : 10 février 2017 | Dernière modification : 05 juin 2024 Document ‘cieau.com’
L’eau recouvre 70 % de la surface de la Terre, ce qui vaut à celle-ci le joli nom de « Planète bleue ». Mais 97 % de cette eau est salée, et les 3 % restants, qui sont constitués d’eau douce, sont plus ou moins accessibles.
Les voyages de l’eau{{}}
L’eau opère un circuit fermé qui est le même depuis des milliards d’années.
L’eau des mers s’évapore dans l’atmosphère sous l’effet de la chaleur du soleil. Elle forme ensuite des nuages qui vont se déplacer sous l’impulsion des vents.
Aidées par l’effet de gravité, les gouttelettes qui constituent les nuages s’alourdissent et retombent sur le sol sous forme de précipitations (pluie, grêle, neige) ou de brouillards humides.
Ces eaux pluviales vont permettre d’alimenter les nappes phréatiques souterraines qui vont recharger les cours d’eau, lesquels se jetteront à leur tour dans la mer.
Et ainsi, de la mer au ciel, du ciel à la terre et de la terre à la mer, le voyage de l’eau recommence à l’infini.
Le cycle de l’eau
L’eau circule sur terre sous différentes formes : nuages, pluie, rivières et océans.
Elle va passer de la mer à l’atmosphère, de l’atmosphère à la terre puis de la terre à la mer, en suivant un cycle qui se répète indéfiniment. Au sein d’un même bassin, tous les milieux aquatiques (lacs, rivières, mer, nappes souterraines…) sont interdépendants durant ce cycle.
Le cycle de l’eau se décompose en plusieurs étapes :
L’évaporation
Grâce à l’énergie solaire et au vent, l’eau des mers et des océans s’évapore dans l’atmosphère en se débarrassant de son sel et de ses impuretés.
L’évaporation peut également provenir de la terre, nous parlerons alors d’évapotranspiration. C’est un phénomène qui transforme en vapeur d’eau les eaux des rivières, des lacs, des sols, des animaux, des hommes et surtout de la végétation. Cette vapeur d’eau viendra ensuite s’accumuler dans les nuages, de la même manière que l’évaporation des mers et océans.
La condensation
En s’élevant dans les couches plus froides de l’atmosphère, la vapeur d’eau se refroidit et se transforme en gouttelettes qui vont former les nuages, la brume ou le brouillard.
Les précipitations
Sous l’impulsion des vents, les nuages se déplacent dans l’atmosphère. Lorsque les conditions météorologiques changent et sous l’effet de la gravité, les nuages s’alourdissent et retombent sur le sol sous forme de pluie, de grêle ou de neige.
79 % des précipitations tombent sur les océans, les 21 % restants tombent sur la terre puis viennent alimenter les nappes phréatiques par infiltration ou les cours d’eau et les plans d’eau par ruissellement.
Les eaux de pluie qui pénètrent dans le sol par infiltration peuvent stagner jusqu’à des milliers d’années avant de retourner dans les océans. Un peu moins de la moitié des précipitations vont servir à recharger les nappes souterraines, le reste repart en évaporation.
L’eau qui ne parvient pas à s’infiltrer directement dans le sol, ruisselle le long des pentes pour se jeter ensuite dans les lacs et les rivières. Cette eau suivra leurs cours pour rejoindre les mers et les océans.
Toutes les eaux issues du ruissellement (ruisseaux, rivières, fleuves, lacs) sont appelées cours d’eau de drainage.
La stagnation de l’eau dans les réservoirs naturels{{}}
Durant son cycle, l’eau va passer dans différents réservoirs naturels pour y rester plus ou moins longtemps avant de reprendre son voyage vers les mers et les océans.
Ce temps de stagnation s’appelle le temps de résidence de l’eau. Il varie suivant les types de réservoirs. En moyenne :
- Atmosphère : 8 jours
- Rivières : quelques jours
- Lacs : 17 ans
- Nappes souterraines : de quelques jours à plusieurs milliers d’années
- Océan : 2 500 ans
- Glaciers : de plusieurs milliers à plusieurs millions d’années
Schéma du cycle de l’eau{{}}
Cycle de l’eau
L’eau douce et l’eau salée
Le volume d’eau présent sur notre planète est estimé à environ 1,4 milliard de km3. Il est constant depuis plusieurs milliards d’années. Ce volume se répartit en 97,17 % d’eau salée et 2,83 % d’eau douce. Il forme l’hydrosphère, c’est-à-dire l’ensemble des réserves d’eau de la Terre.
L’eau salée couvre 2/3 de la surface de la Terre et se trouve dans les mers, les océans et les banquises. Le sel qu’elle contient provient des roches et des minéraux qui sont entrés en contact avec elle.
L’eau douce provient essentiellement des précipitations. On la trouve à différents niveaux :
- à 76 % dans les glaciers et les calottes glaciaires
- à 22,5 % sous la terre : nappes phréatiques et nappes profondes et captives
- à 1,26 % sur la terre : eaux de surface (lacs, rivières, étangs…)
- à 0,04 % dans l’air : nuages, pluies, brouillard, brume
Bien que présente en faible quantité sur Terre par rapport à l’eau salée, l’eau douce est essentielle à la vie. L’alimentation en eau douce permet notamment à l’homme de vivre en lui fournissant de quoi boire, se laver et cultiver de quoi se nourrir.
Les eaux souterraines{{}}
Les eaux souterraines sont issues de l’infiltration des eaux de pluie dans le sol. Elles forment deux types de nappes appelées également aquifères :
- les nappes phréatiques proches de la surface du sol
- les nappes captives qui sont plus profondes
Ces eaux sont recueillies par captage puis traitées dans des usines de traitement afin de produire de l’eau potable pour la consommation humaine.
Le cycle domestique de l’eau{{}}
En parallèle du voyage éternellement renouvelé de l’eau sur notre planète, l’eau peut être détournée vers un autre cycle, plus court et restreint aux activités humaines. C’est grâce à ce petit voyage intérieur que nous pourrons utiliser l’eau du robinet pour notre consommation d’eau, la dépolluer après usage avant de la rendre au milieu naturel…
Pour assurer une bonne gestion de l’eau, le cycle domestique doit respecter plusieurs étapes :
- Le captage
- Le traitement
- Le stockage
- La distribution
- La collecte après utilisation
- La dépollution
- Le retour à la nature
L’eau minérale et l’eau de source sont exclusivement d’origine souterraine alors que l’eau du robinet peut provenir d’origines multiples (eaux de surface, eaux souterraines…).
62 % de l’eau potable provient des eaux souterraines, les 38 % restants proviennent des eaux superficielles (torrents, rivières, lacs).
L’eau souterraine est prélevée par captage dans un forage ou un puit. Le sol servant de filtre naturel permet d’assurer une bonne qualité de l’eau. L’eau superficielle est prélevée par pompage. Dans tous les cas, un traitement s’impose pour offrir une eau potable, débarrassée de ses impuretés.
6177Le cycle de l’eau : le voyage de l’eau à travers la Terre
Marillys Macé - Directrice générale du Centre d’information sur l’eau, dont la vocation est d’apporter des connaissances pédagogiques sur l’eau distribuée et sur la gestion de l’eau en France, d’analyser les comportements des consommateurs et d’analyser le discours des médias.
Lire aussi{{}}
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Article Wikipédia sur le Cycle de l’eau{{}}
Ne doit pas être confondu avec Petit cycle de l’eau.
Cycle de l’eau{{}}
Schéma du cycle de l’eau. Cliquer sur l’image pour l’agrandir
| {{}} | |
| Partie de{{}} | Hydrologie |
Le cycle de l’eau, ou cycle hydrologique, correspond à l’ensemble des transferts d’eau — liquide (eau du robinet), solide (grêle) ou gazeuse (vapeur d’eau) — entre les réservoirs d’eau sur Terre (les océans, l’atmosphère, les lacs, les cours d’eau, les nappes d’eau souterraine et les glaciers). Le « moteur » de ce cycle est l’énergie solaire qui, en favorisant l’évaporation de l’eau, entraîne tous les autres échanges.
La science qui étudie le cycle de l’eau est l’hydrologie. Elle peut se décomposer en hydrogéologie, hydrologie de surface, hydraulique urbaine, etc.
Historique{{}}
Les connaissances dans ce domaine en Europe commencent vers 1400 et le cycle est totalement décrit vers 18001. Toutefois, Xénophane de Colophon (-580/-475), un des tout premiers philosophes de l’Antiquité, a, selon le témoignage d’Aétius, décrit assez correctement une partie de ce cycle : « C’est de la chaleur du soleil, comme cause principale, que proviennent tous les météores. Celui-ci pompe l’humidité de la mer ; l’eau douce, en raison de sa légèreté, se sépare, puis se résolvant en brouillard, forme les nuages ; par suite de l’épaississement la pluie tombe, à moins qu’elle ne se dissipe en vents. »[citation nécessaire]
Différents réservoirs{{}}
Articles détaillés : Hydrosphère et Répartition de l’eau sur Terre.
Volume d’eau et temps de résidence de l’eau pour les différents réservoirs2 | ||||
| Réservoirs{{}} | Volume
(10 6 km3) |
Pourcentage
volume du total {{}} |
Temps de résidence {{}} | |
| Océans | 1 370 | 97,25 | 3200 ans | |
| Calottes glaciaires et glaciers | Antarctique | 29 | 2,05 | 20000 ans |
| Glaciers | 20 à 100 ans | |||
| Eau souterraine | peu profondes | 9,5 | 0,68 | 100 à 200 ans |
| profondes | 10000 ans | |||
| Lacs | 0,125 | 0,01 | 50 à 100 ans | |
| Humidité des sols | 0,065 | 0,005 | 1 à 2 mois | |
| Atmosphère | 0,013 | 0,001 | 9 jours | |
| Fleuves et rivières | 0,0017 | 0,0001 | 2 à 6 mois | |
| Biosphère | 0,0006 | 0,00004 | - | |
| Couverture de neige saisonnière | - | - | 2 à 6 mois | |
La quantité d’eau sur la planète Terre est constante. Les grands réservoirs d’eau sur Terre sont, par ordre décroissant de volume :
- l’eau salée liquide des océans, de loin le réservoir le plus importanta ;
- les glaciers et calottes glaciaires dont l’eau est stockée pour un temps sous forme de neige ou de glace. Leur fonte est plus ou moins importante suivant les variations du climat ;
- l’eau souterraine contenue dans les aquifères ;
- l’eau douce liquide de surface : cours d’eau, lacs, étangs d’eau douce, marais ;
- l’eau contenue dans les sols ;
- l’eau atmosphérique (vapeur d’eau et nuages) ;
- l’eau contenue dans les êtres vivants (biosphère).
Temps de résidence - Le temps de résidence de l’eau dans un réservoir correspond à la durée moyenne pendant laquelle une molécule d’eau y reste avant de passer vers un autre réservoir. Le temps de résidence de l’eau est de 9 jours dans l’atmosphère, de quelques mois dans les sols et dans le réseau hydrographique, de quelques dizaines d’années dans les lacs et les glaciers de montagne, de 3 200 ans dans les océans, de 10 000 ans dans les nappes d’eaux souterraines profondes et de 20 000 ans dans la calotte glaciaire antarctique2.
Flux entre réservoirs{{}}
Le cycle naturel de l’eau. Cliquer sur l’image pour l’agrandir
Évapotranspiration Article détaillé : Évapotranspiration.
Évaporation Article détaillé : évaporation.
Les enveloppes terrestres contiennent de l’eau en quantités variables : surtout dans les eaux de surface, moins dans la lithosphère et en faible quantité dans l’atmosphère et la biosphère.
Chauffées par le rayonnement solaire, les eaux de surface, s’évaporent. L’eau rejoint alors l’atmosphère sous forme de vapeur d’eau. L’évaporation dépend de la quantité d’eau disponible, du degré de saturation en vapeur de l’air, du vent, de l’ensoleillement, de la température, etc. L’évapotranspiration potentielle définit le flux d’eau qui peut être évaporé.
Lorsque l’atmosphère n’est pas saturée en eau, une partie des précipitations est immédiatement évaporée (Interception des précipitations). Cette évaporation peut également continuer après l’épisode pluvieux si l’atmosphère n’est toujours pas saturée. Cette évaporation est d’autant plus efficace qu’on est proche de la surface du sol. La reprise évaporatoire apparaît ensuite s’il subsiste dans l’atmosphère une zone non saturée. Elle est favorisée par la remontée capillaire.
Transpiration Articles détaillés : Transpiration végétale et Transport de l’eau dans les plantes.
Ensuite, la transpiration des végétaux intervient, on parle d’évapotranspiration. Le cycle décrit ci-dessus est essentiellement géochimique. En réalité, les êtres vivants, et plus particulièrement les végétaux, ont une influence sur le cycle. Les racines des végétaux pompent l’eau du sol et en relâchent une partie dans l’atmosphère. De même, une partie de l’eau est retenue dans les plantes.
Précipitations Article détaillé : précipitations.
Des nuages peuvent se former lorsque l’atmosphère est saturée en vapeur d’eau (qu’elle atteint le point de rosée). Ils sont constitués de minuscules gouttes d’eau ou de particules de glace en suspension. Lorsque les gouttes atteignent une taille importante, elles tombent sous forme de précipitations : pluie, neige, grêle ou rosée.
La totalité de la lame d’eau évaporée à l’échelle mondiale retombe sous forme de précipitations, principalement sur les océans (pour 7/9) et en partie sur les continents (pour 2/9).
Ruissellement{{}}
Article détaillé : Ruissellement.
L’eau précipitée sur les continents est en partie évaporée localement (recyclage des précipitations), en partie drainée vers les océans par le ruissellement de surface et les nappes d’eau souterraines.
Le ruissellement désigne en hydrologie le phénomène d’écoulement des eaux à la surface des sols.
Recharge des nappes souterraines Article détaillé : Recharge des aquifères.
- L’infiltration, à travers les fissures naturelles des sols et des roches
- La percolation, en migrant lentement à travers les sols
Plus le processus est lent, plus les eaux ont le temps d’interagir chimiquement avec le milieu qu’elles traversent. Au contraire, plus le processus est rapide, plus les phénomènes d’érosion seront marqués. Cela dépend aussi de la qualité du support rocheux et des interactions souterraines (hydrogéologie).
Par l’infiltration et la percolation dans le sol, l’eau alimente les nappes phréatiques (souterraines). Elle traverse alors la zone vadose, partie du sous-sol non saturée, entre la surface et les nappes phréatiques.
Écoulement des nappes souterraines{{}}
Articles détaillés : Exsurgence et Source (hydrologie).
L’écoulement de l’eau dans les aquifères est relativement lent, souvent de l’ordre du centimètre par an.
L’eau des aquifères rejoint les cours d’eau par des sources, l’océan par des sources sous marines, ou l’atmosphère par l’évapotranspiration.
Perturbations du cycle de l’eau{{}}
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2023).
Article détaillé : Effets du changement climatique sur le cycle de l’eau.
Selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC, le réchauffement de l’atmosphère lié au changement climatique provoque une intensification du cycle de l’eau, notamment car l’atmosphère peut contenir plus d’humidité à mesure que sa température s’accroît (formule de Clausius-Clapeyron). Il en découle des précipitations et une évaporation accrues. En particulier, les précipitations extrêmes ont vu leur fréquence et leur intensité croître au-dessus des terres émergées depuis 1950 (confiance élevée), probablement en conséquence du réchauffement d’origine anthropique, qui est aussi à l’origine d’une hausse des sécheresses (confiance moyenne)4.
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Augmentation du ruissellement{{}}
La déforestation, les pratiques agricoles dominantes et l’urbanisation ont pour effet d’augmenter le ruissellement, car non seulement les racines ne retiennent plus les sols qui n’absorbent donc pas les précipitations, mais les sols eux-mêmes qui absorbent aussi les eaux de pluie sont déstructurés (humus), .
Cela peut avoir pour conséquence de rendre les inondations plus fréquentes.
Diminution de l’évapotranspiration{{}}
La déforestation a pour effet de diminuer l’évapotranspiration, comme l’urbanisation et toutes formes d’imperméabilisation des sols.
Épuisement des nappes{{}}
Irrigation d’un champ de coton. Cliquer sur l’image pour l’agrandir
Le prélèvement de l’eau dans les nappes peut ne pas avoir de conséquence s’il respecte le quota d’eau apportée par les pluies qui atteindra la nappe. Il est à noter que les nappes profondes sont rechargées par la météo de plusieurs décennies voire de plusieurs siècles et que les nappes superficielles se rechargent en général très rapidement (quelques jours, quelques mois ou quelques années).
Détournement de l’eau des cours d’eau{{}}
L’irrigation par des canaux ou par recouvrement est une méthode qui utilise le détournement de l’eau et l’apport d’eau en grande quantité sur une durée très courte. Cette méthode consomme beaucoup d’eau, contrairement à des systèmes d’aspersion (pivots, enrouleurs, quadrillage, etc.) ou de goutte à goutte qui apportent l’eau en plus faible quantité. Un exemple fort d’irrigation par canaux est celui qui a entraîné la baisse du débit des fleuves et l’assèchement de la mer d’Aral. Toutefois cette méthode d’irrigation a prouvé qu’elle peut apporter de l’eau dans des milieux en déficit naturel, voire de réalimenter fortement des nappes phréatiques5 comme en Provence ou ce système ancestral réalimente en permanence les masses d’eau souterraines.
Lorsqu’on détourne l’eau d’une mer intérieure par des canaux qui utilisent davantage d’eau que celle de la croissance végétale, on fait évidemment baisser le niveau de la mer intérieure. Cet exemple ne doit pas servir d’argument pour pomper les nappes phréatiques en se justifiant par la réduction du gaspillage grâce à la technique du goutte à goutte. L’eau des cours d’eau est le surplus, non absorbé par le sol et la végétation, des eaux d’un bassin versant dont le débit varie tout au long de l’année. Détourner l’eau des cours d’eau qui se jettent dans les grands océans est différent et n’est pas aussi grave que la même action sur ceux qui se jettent dans une mer intérieure.
Contaminants du cycle de l’eau Article détaillé : PFAS.
En août 2022, une équipe de scientifiques de l’université de Stockholm conduite par le professeur Ian Cousins a conclu que l’eau de pluie est partout impropre à la consommation en raison de la présence de produits chimiques toxiques dépassant les seuils recommandés par l’’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA). Cette équipe a étudié des données compilées depuis 2010 et montré que « même en Antarctique ou sur le plateau tibétain, les niveaux présents dans l’eau de pluie sont au-dessus des recommandations proposées ». La contamination, parfois 14 fois au-dessus des limites recommandées provient notamment des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), communément appelés « produits chimiques éternels » parce qu’ils se désintègrent extrêmement lentement. Ces produits sont initialement présents dans les emballages, les shampooings ou le maquillage. Les PFAS ont été associés à un large éventail de dommages graves pour la santé6.
Cycle atmosphérique et cycle profond{{}}
Le cycle de l’eau n’est pas seulement dû au soleil comme le décrit cette page, mais l’eau qui s’infiltre dans l’écorce terrestre ne peut pas descendre plus bas que le magma le permet. Autrement dit, l’eau souterraine n’est pas seulement arrêtée par une surface imperméable mais aussi par des contre-pressions d’une activité d’un cycle de l’eau « magmatique ». Ce cycle de l’eau magmatique fait tourner l’eau dans l’écorce terrestre par des fentes et espaces souterrains en transportant chaleur et matière dissoute. En fait, on peut dire que le cycle de l’eau comprend deux cycles de l’eau superposés qui ont une frontière (débit échangé : zéro).
Ces deux cycles de l’eau solaire et magmatique, ou atmosphérique et souterrain profond, échangent des volumes d’eau par les geysers, les sources d’eau chaude et minérales qui sont des remontées « directes » du cycle profond dans le cycle atmosphérique. Réciproquement, le cycle de l’eau atmosphérique redonne ces volumes par infiltration de l’eau le long des cours d’eau. L’eau des précipitations n’est pas répartie uniformément dans le temps et dans l’espace. De plus, la nature des sols ne permet pas de recharger les nappes sur toute la surface du territoire. Une grande partie du territoire garde les pluies en surface pour être repris par la croissance végétale ou ruisseler directement vers les cours d’eau. Le rechargement des nappes se fait donc rarement lors de pluies significatives et sur les zones inondables et donc temporaires et partielles. Par contre, les rivières ont un rôle de rechargement permanent de l’eau souterraine sur la surface de leurs lits mineurs.
L’eau restée stockée dans des réservoirs naturels est caractérisée par un temps moyen de résidence, de durée variable : il est estimé en moyenne à « 9,5 jours dans l’atmosphère, 17 jours dans les rivières et 1,8 an dans les sols, 30 ans dans les lacs d’eau douce, 3000 ans dans l’océan, et de près de 10 000 ans dans certains glaciers »7.
Limites du modèle{{}}
Le cycle de l’eau aux échelles géologiques est plus complexe que le modèle ci-dessus. Au cours de sa longue existence, 4 milliards d’années, la Terre a perdu un quart de son eau8. Si les molécules d’eau, H2O, sont trop lourdes pour s’échapper directement dans l’espace (voir échappement atmosphérique), elles peuvent se décomposer sous diverses actions chimiques et bio-chimiques en molécules d’oxygène et d’hydrogène (voir méthanogenèse, photosynthèse). L’hydrogène, beaucoup plus léger, s’échappe facilement dans l’espace. La composition chimique de l’atmosphère joue donc un rôle important dans l’histoire de l’eau terrestre.
Article complet avec Notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_l%27eau
Bas du formulaire
L’Évapotranspiration d’après Wikipédia{{}}
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Représentation schématique du bilan évapotranspiration/alimentation de la nappe/ruissellement. À l’échelle mondiale, l’évapotranspiration potentielle ETp provient de différents flux d’eau retournant vers l’atmosphère sous forme de vapeur : transpiration (64 % de l’ETp), interception évaporée (27 %), évaporation des sols (6 %) et des étendues d’eau à l’intérieur des terres (3 %).
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d6/MeanMonthlyP.gif/220px-MeanMonthlyP.gifCliquer sur l’image pour l’agrandir
Pluviométrie mondiale mensuelle. Dans les forêts tropicales humides, 90 % de la vapeur d’eau atmosphérique est générée de l’évapotranspiration, cette dernière contribuant de manière importante aux précipitations forestières (d’où le concept de bassin de précipitations, équivalent de bassin versant aérien)1, et à la redistribution de flux de vapeur souvent comparés à une rivière volante (rivière aérienne exportant ces flux au-delà du bassin).
L’évapotranspiration (abréviation scientifique ET) est le processus biophysique de transfert d’une quantité d’eau vers l’atmosphère, par l’évaporation au niveau du sol et par la transpiration des plantes. Composant essentiel du cycle hydrologique, ce processus peut comprendre, selon les modélisations hydrologiques, deux autres flux évaporatoires : l’eau stockée sous forme liquide (étendue d’eau à l’intérieur des terres : mare, lac, cours d’eau) ou solide (glace, neige, l’évapotranspiration totale sur des surfaces entièrement glacées ou neigeuses consistant uniquement en une sublimation qui contribue faiblement à ET), et l’eau interceptée par la végétation (principalement la canopée)2.
Les phénomènes d’évaporation et de transpiration étant indissociables au champ, ils ont conduit dans les années 1950 au concept d’évapotranspiration, à son évaluation en hauteur d’eau et à ses mesures3 ; il est important pour expliquer et quantifier les transferts d’eau dans les écosystèmes, pour calculer les besoins en eau des forêts, cultures agricoles4 et plus globalement pour la gestion de l’eau des espaces végétalisés naturels ou semi-naturels, ou encore pour estimer l’importance des îlots de chaleur urbains5, ou les conséquences d’un changement de végétation d’un milieu.
Le processus de l’évapotranspiration{{}}
Évaporation Article détaillé : Évaporation.
L’évaporation de l’eau est le passage progressif de l’état liquide à l’état gazeux. Ce phénomène est donc une vaporisation progressive. Lorsqu’il existe un volume libre au-dessus d’un liquide, une fraction des molécules composant le liquide est sous forme gazeuse. À l’équilibre, la quantité de matière sous forme gazeuse définit la pression de vapeur saturante qui dépend de la température. Lorsque la pression partielle de la vapeur dans le gaz est inférieure à la pression de vapeur saturante et que celle-ci est inférieure à la pression totale ambiante, une partie des molécules passe de la phase liquide à la phase gazeuse : c’est l’évaporation, qui demande de fournir la chaleur latente correspondante, ce qui refroidit le liquide.
Interception des précipitations{{}}
L’interception des précipitations par la végétation désigne le processus par lequel les eaux météoriques sont captées et retenues par les feuilles et les branches, n’atteignant ainsi jamais la surface du sol. L’interception limite le rechargement de la ressource hydrique du sol, l’eau interceptée par les feuilles étant directement évaporée.
Difficile à évaluer, elle varie énormément dans l’espace, principalement en fonction des espèces végétales et des conditions météorologiques. Très nombreux, les principaux facteurs qui contrôlent la capacité du couvert végétal à intercepter et stocker de l’eau, concernent le feuillage (la forme, la taille, la rugosité, la turgidité, l’orientation, la caducité, l’âge, la densité, l’indice de surface foliaire…)6.
Pour les couverts forestiers, le taux d’interception varie globalement de 15 à 35 % pour les feuillus et de 25 à 50 % pour les résineux (taux généralement plus important qui s’explique par leur feuillage persistant captant les précipitations d’automne-hiver)7. Ce taux est moins bien quantifié pour les espèces de la strate herbacée. Leur surface foliaire totale inférieure explique des taux plus faibles que les couverts forestiers : la Fougère-Aigle intercepterait 12 % des pluies incidentes, le couvert de graminées 4 à 5 %8.
Transpiration végétale{{}}
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Échanges au niveau d’une feuille : du gaz carbonique (CO2) est absorbé, de l’oxygène (O2) et de l’eau (H20) sont rejetés.
Articles détaillés : Transpiration végétale et Transport de l’eau dans les plantes.
Un stomate ouvert sur une feuille de plant de tomate (image colorée de microscope électronique).
Chez les plantes, la transpiration est le processus continu causé par l’évaporation d’eau par les feuilles et la reprise qui y correspond à partir des racines dans le sol. La transpiration est le principal moteur dans la circulation de la sève et se produit essentiellement au niveau des stomates. La régulation de leur ouverture influence donc directement l’intensité de la transpiration.
Le rôle de la transpiration chez les végétaux est multiple : elle est le moteur de la circulation de la sève brute dans le xylème, elle favorise dans une certaine mesure le rafraîchissement des plantes et elle permet le transfert des sels minéraux aux endroits où la plante en a besoin, principalement dans les feuilles qui sont le siège de la photosynthèse.
La quantité totale d’eau rejetée dans l’atmosphère par la transpiration des plantes est immense : les rivières volantes d’Amazonie ont un débit s’approchant de celui de l’Amazone9. À titre d’illustration, un grand chêne peut évapotranspirer 1 000 litres d’eau par jour (soit une tonne)10, mais en moyenne, par journée ensoleillée, un bouleau évapore par jour 75 litres d’eau, un hêtre 100 litres, un tilleul 200 litres11. Un hectare de hêtres rejette environ 250 mm d’eau pendant la saison de végétation, et un hectare de forêt tropicale humide en évapotranspire bien plus encore (1 530 mm sur certaines études en Guyane12,13,14). Cela explique le rôle joué par les grandes formations végétales, notamment les forêts sur le cycle de l’eau, sur le climat régional et mondial, et leur action en tant que climatisation naturelle15.
L’appel transpiratoire est un des moteurs de la circulation de la sève brute (il existe aussi la poussée radiculaire). Lors de la photosynthèse, les stomates s’ouvrent afin de laisser entrer du CO2. Il y a alors mise en contact de la solution des feuilles avec l’air extérieur. La différence entre le potentiel hydrique atmosphérique et celui des feuilles induit la sortie de l’eau (présente dans les feuilles) dans l’atmosphère. La pression relative dans le xylème diminue et devient plus faible que la pression atmosphérique. Le xylème est alors sous tension, ce qui permet la montée de la sève brute.
Facteurs d’influence{{}}
De nombreux facteurs physiques, biologiques et météorologiques influencent l’évapotranspiration, dont notamment :
- le type de plante, le stade de croissance et maturité de la plante, la hauteur de la plante, la profondeur des racines, le stress hydrique (En 2010, dans la revue Nature, certains auteurs observent une tendance à une diminution générale de l’évapotranspiration dans les zones cultivées, par manque d’eau16, l’évapotranspiration est une donnée qui intéresse la prospective agricole et climatique, en Inde par exemple17) ;
- le taux de couverture végétale (ou paillage) du sol, la densité du feuillage, l’eau pluviale retenue sur le feuillage ;
- les radiations solaires18, la réverbération sur le sol et les plantes ;
- le contexte thermohygrométrique (humidité et température de l’air), la pression atmosphérique et le vent ;
- l’humidité et la température du sol et l’eau disponible dans le sol ;
- la composition du sol (argile, sable…) et ses capacités de rétention, drainage et percolation...
Importance de l’évapotranspiration{{}}
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À l’échelle mondiale, la différence entre l’évapotranspiration (0,84 % des flux d’eau) et les précipitations (1,2 %) est négative sur les terres émergées, positive sur les océans (5,1 versus 4,6 %). Cela implique un transfert d’eau des continents vers les océans, via le ruissellement.
L’évapotranspiration dans le cycle de l’eau{{}}
Articles connexes : cycle de l’eau et écohydrologie.
L’évapotranspiration ne représente qu’une faible partie du cycle global de l’eau (cette eau évaporée représente 0,04 % de l’eau de l’hydrosphère19) mais c’est elle qui assure le transfert d’eau du sol et de la végétation vers l’atmosphère. Si l’atmosphère est un réservoir d’eau minuscule au regard des océans, sa grande mobilité et ses échanges permanents avec les réservoirs océanique et terrestre, lui confèrent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau20.
L’évaporation à l’échelle terrestre est globalement cinq fois plus importante au-dessus des océans qu’au-dessus des continents (85 % de l’évaporation est océanique), les précipitations y sont trois fois plus importantes21 où l’énergie du rayonnement solaire transforme l’eau liquide en vapeur. L’océan évapore plus d’eau qu’il n’en reçoit sous forme de précipitations. Ce déficit d’environ 10 % se retrouve sur les continents, via la circulation de masses d’air transportant l’humidité atmosphérique (à l’état de vapeur d’eau dans l’air, de liquide ou de glace dans les nuages), sous forme d’un excès de précipitations par rapport à l’évaporation20. La transpiration est de loin le plus grand flux d’eau issu de la biosphère terrestre (64 % de l’évapotranspiration terrestre, donnée moyenne avec une grande marge d’incertitude) devant l’interception des précipitations (27 %), l’évaporation des sols (6 %) et l’évaporation des étendues d’eau à l’intérieur des terres (3 % issus principalement des cours d’eau et des lacs)22,23, ces données moyennes variant selon les climats24.
Sur une majorité de bassins, les pertes d’eau par évapotranspiration représentent la partie la plus importante du bilan d’eau. Dans les espaces continentaux, plus de 60 % de l’apport pluviométrique serait ainsi dissipé par évapotranspiration25.
Évapotranspiration selon les écosystèmes{{}}
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Influence de l’évapotranspiration sur les écosystèmes. Cliquer sur l’image pour l’agrandir
L’évapotranspiration potentielle et réelle varient considérablement selon les écosystèmes et parfois selon les saisons, dont en
- Milieu tempéré ;
- Milieu aride ;
- Milieu urbain ;
- Milieu cultivé (éventuellement irrigué et/ou drainé...)
L’indice d’aridité utilisé par Charles Warren Thornthwaite (en) dans sa classification des climats de 1948, est une formule empirique prenant en compte le rapport entre les précipitations mensuelles ou annuelles d’un écosystème ou biome, et l’évapotranspiration possible26.
Agronomie et cultures agricoles
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Toutes les plantes ont besoin d’eau. Certaines en évapotranspirent beaucoup, d’autres peu. En génie biologique, on exploite cette propriété pour assécher des terrains humides et marécageux en plantant des peupliers ou des saules en climat tempéré. Certaines plantes semi-aquatiques, dites palustres ou hydrophytes, évapotranspirent beaucoup durant leur période de croissance27. D’autres accumulent l’eau dans leurs tissus, l’évapotranspiration pouvant alors être en partie décalée dans le temps ; ce sont par exemple les sphaignes des tourbières.
En climat tropical, on utilise des plantes qui évaporent peu et qui forment une voûte avec leurs branchages (des palmiers) afin de pouvoir cultiver à leur pied des plantes qui transpireraient plus si elles étaient en plein soleil, des orangers, des citronniers, des légumes, des plantes parfumées. On crée ainsi artificiellement sous les palmiers un microclimat favorable à des plantes cultivées.
L’efficience hydrique (en) (efficience d’utilisation de l’eau) est exprimée en kg de matière sèche au-dessus du sol par mm d’évapotranspiration. Le besoin quotidien en eau d’une culture défini par l’évapotranspiration quotidienne maximale, dépend de cette efficience. Selon les climats locaux, les variétés ou races, et les pratiques agricoles, il faut 400 à 2 000 L d’évaporation quotidienne pour produire 1 kg de blé, et 1 000 à 20 000 L pour produire 1 kg de viande. En se basant sur ces moyennes, les chercheurs estiment qu’il en faut de 2 000 à 5 000 L pour produire les aliments correspondant à une ration alimentaire alors que 2 litres d’eau sont souvent suffisants pour la consommation quotidienne d’une personne. Comme la FAO recommande une ration d’environ 2800 kcal par jour et par personne, l’eau nécessaire pour satisfaire les besoins alimentaires quotidiens de chaque individu est d’environ 2 800 litres, soit un litre pour produire une kilocalorie28.
Diverses expressions de l’évapotranspiration{{}}
Comme pour les précipitations (pluie, neige, etc), l’évapotranspiration s’évalue en hauteur d’eau équivalente sur une période donnée (exemple : mm par an, par mois, par jour). L’unité de mesure, le 1 mm, correspond à 1 litre d’eau par mètre carré, soit 10 m3 ou 10 T par hectare29. Pour donner un ordre de grandeur, l’évapotranspiration peut atteindre 4 à 6 mm/jour en plein été en zone tempérée européenne et 6 à 8 mm/jour en zone méditerranéenne. Dans les régions tempérées, une forêt d’un hectare évapotranspire chaque jour 30 tonnes d’eau, ce qui correspond à la consommation de l’équivalent d’une pluie de 3 mm30.
Plusieurs concepts supplémentaires ont été ajoutés pour préciser les estimations de l’évapotranspiration. Ces concepts ont des définitions variables selon les auteurs31.
Évapotranspirations réelle et potentielle{{}}
Article connexe : Évapotranspiration potentielle.
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/ca/Sahara.jpg/290px-Sahara.jpgCliquer sur l’image pour l’agrandir
Pour la végétation des déserts chauds, l’évapotranspiration potentielle (ETp) est très importante en raison de la chaleur et l’ensoleillement. Mais l’évapotranspiration réelle (ETr) est très faible, car le manque d’eau disponible pour le sol et les plantes (sécheresse) est un facteur limitant.
La notion d’« évapotranspiration potentielle » (ETp) est couramment opposée à l’« évapotranspiration réelle » (ET ou ETr, anglais : actual evapotranspiration ETa).
L’évapotranspiration réelle désigne la quantité exacte d’eau évapotranspirée par une couverture végétale réelle. C’est une donnée impossible à mesurer à l’échelle d’une parcelle ou d’une région.
À l’opposé, l’évapotranspiration potentielle est une valeur calculée par des formules mathématiques32. L’ETp est ainsi l’objet de définitions variées, selon les auteurs et les méthodes de calcul employées. Cette notion de consommation potentielle en eau a été introduite par Thornthwaite en 1948, puis reprise par Howard Penman dans sa formule de calcul (1948)33.
En 1956, Penman (1956) définit l’ETp comme : « l’évaporation d’une pelouse rase suffisamment étendue, en bon état et convenablement alimentée en eau ». Selon les auteurs et les méthodes, différents paramètres météorologiques, physiques ou biologiques sont inclus ou non dans la définition de l’ETp : par exemple l’espèce végétale, la constance des flux d’énergies, l’ouverture des stomates, la constance de l’humidité relative33…
Ces deux notions ETr et ETp sont utiles et nécessaires pour étudier les bilans de circulation de l’eau et notamment pour déterminer les besoins en eau des cultures ou calculer l’« effet oasis »34 d’une zone où l’évapotranspiration est plus importante (qui peut être une zone urbaine). Les plantes de milieux arides peuvent fortement réduire leur évapotranspiration quand elles manquent d’eau. Les plantes des zones tropico-équatoriales pluvieuses ne le peuvent généralement pas.
Évapotranspiration de référence{{}}
L’évapotranspiration de référence (ET0) est un concept utilisé dans différentes méthodes d’estimation. C’est une valeur pour une végétation choisie, dans des conditions hydriques réelles, permettant ensuite de déduire l’évapotranspiration pour d’autres couverts végétaux. Cet usage pratique d’une culture de référence est lié à la faible variation de l’évapotranspiration potentielle selon les différents végétaux, dans de mêmes conditions climatiques.
Selon les climats et méthodes d’estimation, n’importe quelle espèce végétale peut servir de référence. Typiquement, les plants de référence sont de l’herbe (gazon) ou de la luzerne cultivée (alfalfa) de faible hauteur, en raison de méthodes de calcul développées généralement pour les besoins de l’agriculture31.
Évapotranspiration maximale
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L’évapotranspiration maximale (ETm) la valeur maximale de l’évapotranspiration d’une culture donnée, à un stade végétatif, dans des conditions climatiques données, prise en compte par l’ET0. C’est une correction de l’ET0 en fonction du couvert végétal. ETm = Kc x ET0, Kc étant le coefficient cultural établi par des organismes professionnels. Pour déterminer le coefficient cultural, Christian de Pescara propose la méthode suivante : il faut conduire la culture à l’ETm que l’on peut déterminer par un appareil calculant au-dessus de la parcelle l’ET0 ou par un lysimètre. Alors nous avons ETr max = ETm et nous calculons : Kc = ETr max / ET0. Ainsi nous pouvons calibrer les coefficients culturaux Kc.
Estimation de l’évapotranspiration{{}}
En complément de la pluviométrie, l’évapotranspiration est un paramètre majeur des études bioclimatiques35 et de certaines études d’impact.
Il est aisé pour les chercheurs de mesurer l’évapotranspiration d’une plante ou d’une surface végétalisée de petite dimension (au moyen d’un potomètre ou d’une chambre de transpiration portable par exemple)36, mais cela devient difficile à l’échelle d’un arbre, d’une forêt, d’une roselière, d’une parcelle de culture ou d’une région géographique. Il faudrait idéalement aussi tenir compte du pouvoir plus ou moins important d’interception de la pluie37 et des autres eaux météoriques (brumes, rosées, neige, givre...).
On utilise alors des méthodes empiriques ou la modélisation.
Un grand nombre de méthodes d’évaluation théoriques ou empiriques ont été définies depuis le milieu du XXe siècle par les scientifiques (avec souvent des problèmes de calibration locale les rendant peu valides dans d’autres régions). Les spécialistes distinguent communément trois approches distinctes :
- les modèles basés sur des facteurs agronomiques et météorologiques ;
- les modèles basés sur l’équilibre des masses d’eau ;
- les modèles basés sur l’équilibre des flux énergétiques.
Ces modèles doivent toujours être utilisés avec prudence et en tenant compte de leurs limites méthodologiques, notamment en matière de sylviculture et de bioclimatologie tropicale38.
L’évapotranspiration, qui représente 50 à 70 % du bilan hydrique, est donc un paramètre, un indicateur et l’un des résultats majeurs des opérations de renaturation et de solutions fondées sur la nature utilisées pour l’adaptation au réchauffement climatique, en particulier pour la lutte contre les bulles de chaleur urbaines39.
À l’échelle du globe, l’évapotranspiration de l’océan mondial lui enlève chaque année une tranche d’eau de 1 200 mm et fournit 430 000 km3 d’eau à l’atmosphère, alors que ce processus au-dessus des continents (surtout au-dessus des lacs) ne procure qu’à peine 75 000 km340.
Calcul des facteurs agronomiques et météorologiques{{}}
Estimation par bac d’évaporation{{}}
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Bac d’évaporation de classe A avec cage de protection et anémomètre
L’évapotranspiration peut être grossièrement approchée par des mesures réalisées avec un bac d’évaporation rempli d’eau (appelée pan evaporation par les anglophones41). En l’absence de pluie, la variation du niveau d’eau dans le bac est supposée proportionnelle à l’évapotranspiration, car l’eau du bac est soumise aux mêmes conditions climatiques que les plantes et le sol : rayonnements (solaires), vent, température et humidité41.
Cette relation simple est formulée par41 :
E T p = K b a c ∗ E b a c ETp l’évapotranspiration potentielle calculée (en mm)
- Kbac le coefficient du bac
- Ebac la mesure d’évaporation dans le bac (en mm).
Néanmoins de nombreux facteurs distinguent les conditions d’évaporation du bac et l’évapotranspiration du sol et des plantes (capacité du bac d’emmagasiner de la chaleur, turbulences aériennes…). Ces aspects divergents sont pris en compte pour la mise en place des bacs (taille et forme du bac, choix couleur et matériaux…), et par des coefficients correcteurs plus complexes (définis par facteurs climatiques et géographiques)41. Selon la FAO, la méthode des bacs d’évaporation donnerait des estimations « acceptables », avec un emplacement pertinent des bacs et pour des estimations sur des périodes supérieures à 10 jours. Selon des études de l’ASCE, en comparaison d’autres méthodes de calcul, la méthode des bacs s’avèrent généralement « irrégulière et inconstante »42.
Modélisation de Penman et Monteith{{}}
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Humidity_sensor.jpg/290px-Humidity_sensor.jpgCliquer sur l’image pour l’agrandir
Un capteur de température et humidité au-dessus d’une parcelle de culture.
La modélisation de Penman-Monteith est très utilisée et considérée comme le modèle offrant « les meilleurs résultats et le minimum d’erreurs » selon la FAO43 et présentant des résultats « exacts et constants » pour les climats tempérés, humides et arides. Avec ce modèle, la couverture végétale est considérée comme un ensemble homogène et l’évapotranspiration est considérée de manière « verticale », comme une succession de résistances et régulations empêchant l’eau de s’évaporer : la résistance du sol, des racines, des stomates des feuilles, du couvert, etc44.
La formule complexe de Penman-Monteith (1965) incorpore de nombreux paramètres, qui sont mesurables ou bien calculables à partir de données météorologiques et agronomiques. Les données météorologiques utilisées comportent par exemple les variations de température, d’humidité et de pression atmosphérique, la latitude, l’altitude, la durée d’ensoleillement et la force du vent. Les paramètres agronomiques comportent l’albédo et la conductivité stomatale des plantes, la hauteur des plantes, le type de sol…
E T p = Δ R n + ρ a c p ( δ e ) g a ( Δ + γ ( 1 + g a / g s ) ) L v
Avec pour paramètres :
ETp : Évapotranspiration potentielle (disponibilité d’eau dans le sol et les plantes)
Δ : Variation de saturation de l’humidité selon la température de l’air. (Pa⋅K−1)
Rn : irradiance nette (W⋅m−2) du flux d’énergies extérieures
cp : Capacité thermique de l’air (J⋅kg−1⋅K−1)
ρa : Densité de l’air sec (kg⋅m−3)
δe : déficit de pression de vapeur ou specific humidity (Pa)
ga : Conductivité hydraulique de l’air (m⋅s−1)
gs : Conductivité des stomates (m⋅s−1)
γ : Constante psychrométrique (γ ≈ 66 Pa⋅K−1)
Modélisation des disponibilités de l’eau
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/87/Fairytale_warning.png/17px-Fairytale_warning.png{{Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
L’évapotranspiration réelle (ET) est calculée ensuite à partir de la mesure des disponibilités de l’eau dans le sol et les racines. Cette disponibilité est mesurée à partir de l’humidité du sol et les caractéristiques physiques du sol et des racines — ou bien calculée d’après une modélisation des réserves d’eau (calcul d’infiltration, ruissellement et percolation selon les précipitations).
En comparaison du calcul des équilibres énergétiques (voir section suivante), cette méthode de calcul permet de préciser l’évapotranspiration sur des périodes courtes (durée inférieure à 1 heure) ; mais la modélisation impose des mesures complexes et coûteuses pour déterminer les paramètres physiques. De même de petites erreurs dans l’évaluation des disponibilités d’eau dans le sol impliquent de grandes erreurs d’estimation de l’évapotranspiration réelle44.
Articles connexes : Teneur en eau (milieux poreux) et Stress hydrique (écologie).
Calcul d’évapotranspiration de référence et culturale{{}}
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/68/Grass_dsc08672-nevit.jpg/220px-Grass_dsc08672-nevit.jpgCliquer sur l’image pour l’agrandir
Le gazon sert communément de couverture végétale de référence (ETo) pour les climats tempérés.
L’évapotranspiration d’une couverture végétale spécifique peut ainsi être calculée directement, à partir des formules combinant le modèle de Penman-Monteith et la disponibilité de l’eau. En pratique, elle est généralement calculée en fonction d’une culture de référence (ETo).
Soit une évapotranspiration de référence (ETo), par exemple pour une parcelle d’herbe haute de 12 cm suffisamment hydratée45 calculée avec la formule de Pennman-Monteith. À partir de cette ETo est ensuite calculée l’évapotranspiration pour une culture spécifique (ETc), par exemple un champ de blé.
Avec une formule simplifiée, ETc dépend d’un facteur culture (Kc) lié aux plantes (espèces végétales, profondeur racines, état de croissance…) et d’un facteur stress (Ks) lié aux spécificités du terrain (composition du sol, stress hydrique, protections contre vent et évaporation, espacement des plants, fréquence d’arrosage…). Ce calcul de ETc est souvent présenté sous l’équation simplifiée :
E T c = K c ∗ K s ∗ E T 0
Autres équations{{}}
- L’équation originale de Pennman (1948), l’une des plus notoires, exige des calibrages locaux (fonction vent) pour des résultats satisfaisants.
- Des équations basées sur la température : Thornthwaite (1948), Hamon (1963), Hargreaves-Samani (1985)31
- Des équations basées sur la radiation : Turc (1961), Makkink (1957), Priestley-Taylor (1972)31
- L’équation de Blaney-Criddle (en) : formule simpliste basée sur la température moyenne et la durée moyenne d’ensoleillement.
Calcul des masses d’eau…{{}}
Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vapotranspiration
Les extrêmes climatiques en 2024 font des ravages sur le cycle mondial de l’eau Traduction du 13 janvier 2025 par Jacques Hallard d’un article intitulé Climate extremes in 2024 ‘wreaking havoc’ on the global water cycle, daté du 08/01/2025 - Document ‘icedsr’
2024 a été une autre année de températures record, a conduit le cycle mondial de l’eau à de nouveaux extrêmes climatiques et contribué à des inondations féroces et à des sécheresses paralysantes, selon un nouveau rapport dirigé par l’Australian National University (ANU).
Le rapport 2024 Global Water Monitor, auquel participent une équipe internationale de chercheurs et dirigée par le professeur Albert van Dijk de l’ANU, ont révélé que la hausse des températures changeait la façon dont l’eau se déplace autour de la planète, « briser les ravages » sur le cycle de l’eau.
« La hausse des températures de surface de la mer a intensifié les cyclones tropicaux et les sécheresses dans le bassin de l’Amazone et en Afrique australe. Le réchauffement de la planète a également contribué à des pluies plus fortes et à des tempêtes plus fréquentes, comme en témoignent les crues soudaines mortelles en Europe, en Asie et au Brésil », a déclaré le professeur van Dijk.
En 2024, environ quatre milliards de personnes dans 111 pays – la moitié de la population mondiale – ont connu leur année la plus chaude à ce jour. Le professeur van Dijk a déclaré que les températures de l’air par rapport à la terre en 2024 étaient plus chaudes de 1,2 degré Celsius qu’au début du siècle, et environ 2,2 degrés Celsius plus élevées qu’au début de la révolution industrielle.
« En 2024, la Terre a connu sa plus chaude année, pour la quatrième année consécutive. Les systèmes d’eau du monde entier ont le plus souffert », a-t-il déclaré.
« 2024 a été une année d’extrêmes mais n’était pas un phénomène isolé. Cela s’inscrit dans le cadre d’une tendance à l’aggravation des inondations, à des sécheresses prolongées et à des extrêmes records. »
Les catastrophes les plus dommageables liées à l’eau en 2024 ont été les crues soudaines, les inondations fluviales, les sécheresses, les cyclones tropicaux et les glissements de terrain. Les catastrophes liées à l’eau ont tué plus de 8 700 personnes, déplacé 40 millions de personnes et causé des pertes économiques dépassant 550 milliards de dollars.
« Des sécheresses historiques aux inondations catastrophiques, ces phénomènes extrêmes ont un impact sur les vies, les moyens de subsistance et des écosystèmes entiers. Des pluies séparées et lourdes ont provoqué des inondations soudaines généralisées en Afghanistan et au Pakistan, tuant plus de 1 000 personnes », a déclaré le professeur van Dijk.
« Les inondations catastrophiques survenues au Brésil ont fait plus de 80 morts, la région ayant enregistré plus de 300 millimètres de pluie.
« Nous avons constaté que les records de précipitations étaient records et qu’ils étaient de plus en plus réguliers. Par exemple, les taux de pluviométries mensuels record ont été atteints de 27 % plus fréquemment en 2024 qu’au début de ce siècle, alors que les taux de pluviométrie quotidiens étaient atteints 52 % plus fréquemment. Les records de baisse ont été de 38 % plus fréquents, et nous voyons donc des extrêmes plus graves de part et d’autre.
« Dans le sud de la Chine, les fleuves Yangzi Jiang et Pearl ont inondé des villes, déplaçant des dizaines de milliers de personnes et causant des centaines de millions de dollars de dommages aux récoltes.
« Au Bangladesh, en août, de fortes pluies de mousson et des barrages ont provoqué de vastes inondations dans les rivières. Plus de 5,8 millions de personnes ont été touchées et au moins un million de tonnes de riz ont été détruites. En Espagne, plus de 500 millimètres de pluie sont tombés dans les huit heures à la fin du mois d’octobre, provoquant des crues soudaines. »
Alors que certaines parties du monde ont connu d’importantes inondations en 2024, d’autres ont subi une sécheresse paralysante.
« Dans le bassin de l’Amazone, l’un des écosystèmes les plus importants de la planète, les faibles niveaux de rivières enregistrent les baisses de voies de transport et perturbent la production d’énergie hydroélectrique. Les incendies de forêt entraînés par le temps chaud et sec ont brûlé à plus de 52 000 kilomètres carrés rien qu’en septembre, libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre », a déclaré le professeur van Dijk.
« En Afrique australe, une grave sécheresse a réduit la production de mais de plus de 50%, laissant 30 millions de personnes confrontées à des pénuries alimentaires. Les agriculteurs ont été forcés d’abattre du bétail alors que les pâturages se dessèchent. La sécheresse a également réduit la production d’hydroélectricité, ce qui a entraîné des pannes d’électricité généralisées.
« Nous devons nous préparer et nous adapter à des phénomènes extrêmes inévitablement plus graves. Cela peut se traduire par des défenses contre les inondations plus fortes, le développement d’une production et d’un approvisionnement en eau plus résistants à la sécheresse et d’améliorer les systèmes d’alerte précoce.
« L’eau est notre ressource la plus critique, et ses extrêmes – tant les inondations que les sécheresses – sont parmi les plus grandes menaces auxquelles nous sommes confrontés ».
L’équipe de recherche a utilisé des données provenant de milliers de stations au sol et de satellites en orbite autour de la Terre pour fournir des informations en temps réel sur les variables d’eau critiques telles que les précipitations, l’humidité du sol, les flux de rivières et les inondations.
Le Global Water Monitor est une collaboration entre les institutions du monde entier et fait intervenir diverses organisations publiques et privées.
Le rapport 2024 est disponible sur le site Web du Global Water Monitor.
Cette histoire publiée à l’origine par l’ANU Reporter - voir l’original ici.
Lire aussi :
La colère climatique peut conduire à l’action – ou à du désespérer. Nous avons découvert pourquoi »
ANU Institute for Climate, Energy & Disaster Solutions
ANU Institute for Climate, Energy & Disaster Solutions | The Australian National University
Inondations, sécheresses, puis incendies : le coup de fouet hydro-climatique s’accélère à l’échelle mondiale - De nouvelles recherches établissent un lien entre l’intensification des oscillations humides et sèches et la capacité de l’atmosphère, semblable à une éponge, à laisser tomber et à absorber l’eau – Traduction du 13 janvier par Jacques Hallard d’un article intitulé Floods, droughts, then fires : Hydroclimate whiplash is speeding up globally… du 09 janvier 2025 - Source : Université de Californie-Los Angeles
Résumé :
Le coup de fouet cervical hydro-climatique - des oscillations rapides entre un temps intensément humide et une période dangereusement sèche - a déjà augmenté à l’échelle mondiale en raison du changement climatique, avec d’autres augmentations importantes attendues à mesure que le réchauffement se poursuit, selon une équipe de chercheurs.
Texte complet {{}}
Los Angeles brûle et l’accélération du coup de fouet de l’hydroclimat est la connexion avec le climat est évidente. Après des années de graves sécheresses, des dizaines de rivières ont inondé la Californie avec des précipitations record au cours de l’hiver 2022-2023, ensevelissant les villes de montagne sous la neige, inondant les vallées de pluies et de fonte des neiges et déclenchant des centaines de glissements de terrain.
Après un deuxième hiver extrêmement humide dans le sud de l’État, entraînant une abondance d’herbes et de broussailles, 2024 a apporté un été record et maintenant un début record de sécheresse pour la saison des pluies 2025, ainsi qu’une végétation sèche comme de l’amadou qui a depuis brûlé dans une série de feux de forêts très dommageables.
Ce n’est que l’exemple le plus récent du genre de ’coup du lapin hydro-climatique’ - des oscillations rapides entre un temps intensément humide et dangereusement sec - qui augmente dans le monde entier -, selon un article publié dans la revue scientifique ‘Nature Reviews.’ ’Les preuves montrent que le coup de fouet de l’hydroclimat a déjà augmenté en raison du réchauffement climatique, et un réchauffement supplémentaire entraînera des augmentations encore plus importantes’, a déclaré l’auteur principal Daniel Swain, climatologue à l’UCLA et à l’UC Agriculture and Natural Resources. ’Cette séquence de coups de fouet climatique en Californie a multiplié par deux le risque d’incendie : d’abord, en augmentant considérablement la croissance de l’herbe et des broussailles inflammables dans les mois précédant la saison des incendies, puis en les asséchant à des niveaux exceptionnellement élevés avec l’extrême sécheresse et la chaleur qui ont suivi.’
Les enregistrements météorologiques mondiaux montrent que le coup de fouet de l’hydroclimat a gonflé à l’échelle mondiale de 31% à 66% depuis le milieu du 20e siècle, a constaté l’équipe internationale de chercheurs sur le climat - encore plus que ce que les modèles climatiques suggèrent aurait dû se produire. Le changement climatique signifie que le taux d’augmentation s’accélère.
Les mêmes modèles climatiques potentiellement conservateurs prévoient que le coup du lapin fera plus que doubler si les températures mondiales augmentent de 3 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Le monde est déjà sur le point de dépasser la limite cible de 1,5 ° C de l’Accord de Paris.
Les chercheurs ont synthétisé des centaines d’articles scientifiques précédents pour la revue, superposant leur propre analyse par-dessus. Le changement climatique anthropique est à l’origine de l’accélération du coup de fouet, et un facteur clé est ’l’éponge atmosphérique en expansion’ - la capacité croissante de l’atmosphère à s’évaporer, à absorber et à libérer 7% d’eau en plus pour chaque degré Celsius que la planète réchauffe, ont déclaré les chercheurs.
’Le problème est que l’éponge croît de façon exponentielle, comme les intérêts composés dans une banque’, a déclaré Swain. ’Le taux d’expansion augmente avec chaque fraction de degré de réchauffement.’ Les conséquences mondiales du coup de fouet cervical hydroclimaté comprennent non seulement les inondations et les sécheresses, mais le danger accru de coup de fouet entre les deux, y compris le cycle de floraison et de brûlage des broussailles trop arrosées puis trop séchées, et les glissements de terrain sur les collines sursaturées où les incendies récents ont enlevé les plantes avec des racines pour tricoter le sol et absorber les précipitations. Chaque fraction de degré de réchauffement accélère le pouvoir destructeur croissant des transitions, a déclaré Swain.
De nombreuses études antérieures sur le coup du lapin climatique n’ont pris en compte que le côté précipitation de l’équation, et non la demande croissante d’évaporation. L’atmosphère assoiffée tire plus d’eau des plantes et du sol, exacerbant les conditions de sécheresse au-delà du simple manque de précipitations.
’L’effet d’éponge atmosphérique en expansion peut offrir une explication unificatrice de certains des impacts viscéraux les plus visibles du changement climatique qui semblent s’être récemment accélérés’, a déclaré Swain.
’La planète se réchauffe à un rythme essentiellement linéaire, mais au cours des 5 ou 10 dernières années, il y a eu beaucoup de discussions sur l’accélération des impacts climatiques. Cette augmentation du coup de fouet hydroclimatique, via l’éponge atmosphérique en expansion exponentielle, offre une explication potentiellement convaincante.’
Cette accélération et l’augmentation prévue des cycles d’expansion et de ralentissement de l’eau ont des implications importantes pour la gestion de l’eau. ’Nous ne pouvons pas considérer uniquement les précipitations extrêmes ou les sécheresses extrêmes, car nous devons gérer en toute sécurité ces afflux d’eau de plus en plus énormes, tout en nous préparant à des intermèdes de plus en plus secs’, a déclaré Swain.
’C’est pourquoi la ’cogestion’ est un paradigme important. Cela conduit à des conclusions plus holistiques sur les interventions et les solutions les plus appropriées, par rapport à la prise en compte isolée des risques de sécheresse et d’inondation.’
Dans de nombreuses régions, les conceptions de gestion traditionnelles incluent la dérivation des eaux de crue pour qu’elles s’écoulent rapidement dans l’océan, ou des solutions plus lentes comme permettre à la pluie de s’infiltrer dans la nappe phréatique.
Cependant, prises seules, chaque option laisse les villes vulnérables à côté du coup de fouet climatique, ont noté les chercheurs. ’L’hydroclimat en Californie n’est pas fiable de manière fiable’, a déclaré le co-auteur John Abatzoglou, climatologue à l’UC Merced. ’Cependant, des fluctuations comme celles que nous avons observées il y a quelques années, passant de l’une des périodes de trois ans les plus sèches en un siècle au manteau neigeux unique du printemps 2023, ont à la fois testé nos systèmes d’infrastructure hydrique et favorisé les conversations sur la gestion des eaux de crue pour assurer la sécurité future de l’eau dans un hydroclimat de plus en plus variable.’
Le coup de fouet hydroclimatique devrait augmenter le plus en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie du Sud, dans le nord de l’Eurasie, dans le Pacifique tropical et l’Atlantique tropical, mais la plupart des autres régions ressentiront également le changement. ’L’augmentation du coup de fouet de l’hydroclimat peut s’avérer être l’un des changements globaux les plus universels sur une Terre qui se réchauffe’, a déclaré Swain.
En Californie cette semaine, bien que les vents attisent les incendies extrêmes, c’est le manque de pluie … qui a suspendu la Californie du Sud pendant la saison des incendies.
’Il n’y a pas vraiment beaucoup de preuves que le changement climatique ait augmenté ou diminué l’ampleur ou la probabilité des événements du vent eux-mêmes dans le sud de la Californie’, a déclaré Swain. ’Mais les changements climatiques augmentent le chevauchement entre les conditions de végétation extrêmement sèches plus tard dans la saison et la survenue de ces événements venteux. En fin de compte, il s’agit de la principale connexion avec les incendies de forêt de la Californie du Sud. »
Dans un scénario de réchauffement élevé, la Californie verra une augmentation à la fois dans les années et les saisons les plus humides et les plus sèches d’ici la fin du siècle.
Moins il y aurait de réchauffement, moins nous verrions une augmentation du coup de fouet hydroclimatique’, a déclaré Swain. ’Ce qui réduirait le réchauffement du changement climatique, ralentirait directement ou réduirait l’augmentation du coup de fouet. Pourtant, nous sommes encore sur la voie de l’attente entre 2 et 3 degrés Celsius du réchauffement climatique au cours de ce siècle - donc d’augmentations supplémentaires substantielles de la part des coups de fouet qui sont probables dans notre avenir, et nous devons vraiment prendre cela en compte dans les évaluations des risques et les activités d’adaptation.’
La recherche a été financée par ‘The Nature Conservancy of California’ et la ‘Fondation nationale suisse pour la science’.
Principaux points à retenir
- Le coup de fouet hydroclimatique - des oscillations rapides entre un temps intensément humide et une période dangereusement sèche - a déjà augmenté à l’échelle mondiale en raison du changement climatique, avec d’autres augmentations importantes attendues à mesure que le réchauffement se poursuit, selon une équipe de chercheurs dirigée par Daniel Swain de l’UCLA.
- ’L’éponge atmosphérique en expansion’, ou la capacité de l’atmosphère à s’évaporer, absorber et libérer 7% d’eau en plus pour chaque degré Celsius que la planète réchauffe, est un facteur clé du coup du lapin.
- La cogestion des précipitations extrêmes ou des sécheresses extrêmes, plutôt que d’aborder chacune de manière isolée, est nécessaire pour trouver des interventions et des solutions, ont déclaré les chercheurs.
Source de l’article traduit : https://www.sciencedaily.com/releases/2025/01/250109125637.htm
Retour rapide de l’eau du sol à l’atmosphère par les plantes - Une recherche remodèle la compréhension du cycle de l’eau terrestre et de ses implications pour le climat et la santé des écosystèmes - Traduction du 13 janvier par Jacques Hallard d’un article intitulé Rapid return of water from ground to atmosphere through plants, daté du 09/01/2025 – Source : Chapman University – Diffusé par ‘sciencedaily.com’
Résumé :
Une nouvelle étude fournit les premières estimations mondiales complètes de la quantité d’eau stockée dans les plantes de la Terre et du temps qu’il faut à cette eau pour les traverser. L’information est une pièce manquante du puzzle pour comprendre le cycle mondial de l’eau et comment ce cycle est modifié par les changements dans l’utilisation des terres et le climat.
Texte complet
Une nouvelle étude menée par des scientifiques du ‘Schmid College of Science and Technology’ de l’Université Chapman fournit les premières estimations mondiales complètes de la quantité d’eau stockée dans les plantes de la Terre et du temps nécessaire à cette eau pour les traverser. L’information est une pièce manquante du puzzle pour comprendre le cycle mondial de l’eau et comment ce cycle est modifié par les changements dans l’utilisation des terres et le climat.
L’étude, publiée le 09 janvier 2025 dans la revue ‘Nature Water, révèle que la végétation terrestre stocke environ 786 km3 d’eau, soit seulement environ 0,002% de la quantité totale d’eau douce stockée sur Terre.
L’étude révèle également que le temps nécessaire à l’eau pour traverser les plantes (appelé temps de transit ou de renouvellement) et retourner dans l’atmosphère est parmi les plus rapides du cycle mondial de l’eau, allant de seulement cinq jours dans les terres cultivées à 18 jours dans les forêts à feuilles persistantes.
Le transit de l’eau à travers les plantes est particulièrement rapide dans les terres cultivées, les prairies et les savanes. Les résultats soulignent le rôle dynamique de la végétation dans le cycle de l’eau. Par rapport à la médiane annuelle mondiale de 8,1 jours pour que l’eau transite à travers les plantes de l’entrée à la sortie, on estime que l’eau des lacs prend 17 ans et celle des glaciers 1.600 ans.
’Nous savons depuis longtemps que la majeure partie de l’eau qui retourne du sol à l’atmosphère le fait à travers les plantes, mais jusqu’à présent, nous ne savions pas vraiment combien de temps il fallait à cette eau pour transiter par les plantes.
Nos résultats montrent que le transit de l’eau à travers les plantes se produit de l’ordre de jours, plutôt que de mois, d’années ou de siècles, comme c’est le cas dans d’autres parties du cycle de l’eau’, a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Andrew Felton, qui a effectué le travail dans le cadre d’une étude américaine, Bourse du Département d’agriculture à l’Université Chapman et qui est maintenant professeur à l’Université d’État du Montana. L’équipe de recherche note qu’en combinant les estimations du transit de l’eau à travers les plantes avec le transit de l’eau dans l’atmosphère (environ 8 à 10 jours) et le temps de transit de l’eau dans le sol avant d’être absorbée par les plantes (environ 60 à 90 jours), ils peuvent commencer à estimer le temps total nécessaire à une goutte d’eau pour se déplacer dans le cycle terrestre de l’eau.
’Les plantes sont la partie oubliée du cycle mondial de l’eau’, a déclaré Felton. ’Dans de nombreux cas, les plantes ne sont même pas représentées sur les diagrammes du cycle de l’eau, ce qui est ironique car nous savons déjà qu’elles jouent ce rôle essentiel dans le retour de l’eau du sol vers l’atmosphère’.
Pour générer les estimations, l’équipe de recherche a d’abord calculé la quantité d’eau stockée dans les plantes à l’aide des données de la mission satellite SMAP (Soil Moisture Active Passive Mission) de la NASA, qui a fourni des estimations à haute résolution de l’eau dans les sols.
À l’origine, la mission SMAP considérait que les plantes interféraient avec les mesures d’humidité du sol et corrigeait leur présence. Les chercheurs de Chapman ont découvert que ces corrections contenaient en fait des informations précieuses pour comprendre le cycle de l’eau.
L’équipe a combiné des estimations du stockage de l’eau des plantes avec des estimations de pointe des taux auxquels l’eau quitte les plantes pour déterminer le temps de transit de l’eau à travers la végétation.
Le résultat a été cinq années d’estimations mensuelles du temps de stockage et de transit de l’eau à une résolution spatiale de 9 km2. L’équipe de recherche a également constaté que le temps de transit de l’eau à travers la végétation variait considérablement selon les différents types de couverture terrestre, le climat et les saisons.
Le temps de transit de l’eau à travers les terres cultivées était significativement et systématiquement le plus rapide, l’eau transitant par les plantes en moins d’une journée au plus fort de la saison de croissance. ’Une observation importante est que les terres cultivées du monde entier ont tendance à avoir des temps de transit très similaires et très rapides’, a déclaré le Dr Gregory Goldsmith, auteur principal et professeur agrégé de sciences biologiques à l’Université Chapman. ’Cela indique que le changement d’affectation des terres peut homogénéiser le cycle mondial de l’eau et contribuer à son intensification en recyclant plus rapidement l’eau dans l’atmosphère où elle peut se transformer en fortes pluies.’
’Les résultats suggèrent que le temps de transit de l’eau à travers les plantes est susceptible d’être très sensible à des événements tels que la déforestation, la sécheresse et les incendies de forêt, ce qui modifiera fondamentalement le temps nécessaire à l’écoulement de l’eau dans le cycle de l’eau’, a déclaré Felton.
Source de la publication et matériel fourni par l’Université Chapman. Remarque : Le contenu peut être modifié pour le style et la longueur.
Référence de la Revue : Felton, A. J., Fisher, J. B., Hufkens, K. et coll. –Global estimates of the storage and transit time of water through vegetation. Nat Water, 2025 DOI : 10.1038/s44221-024-00365-9
Citer cette page : MLA APA Chicago - Chapman University. ’Rapid return of water from ground to atmosphere through plants’. (Estimations mondiales du temps de stockage et de transit de l’eau à travers la végétation) - ScienceDaily, 9 January 2025. www.sciencedaily.com/releases/2025/01/250109183329.htm .
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Source de l’article traduit : https://www.sciencedaily.com/releases/2025/01/250109183329.htm
Éco-anxiété – Article Wikipédia - Ne doit pas être confondu avec Solastalgie.
L’éco-anxiété ou écoanxiété désigne l’« anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète »1 ou une « forme d’anxiété liée à un sentiment d’impuissance face aux problématiques environnementales contemporaines (dérèglement climatique, destruction des écosystèmes, multiplication des catastrophes naturelles, etc.). (Cette peur chronique d’une catastrophe écologique irréversible touche surtout les 18-24 ans.) »2. C’est un néologisme désignant l’ensemble des émotions liées au sentiment de fatalité vis-à-vis des diverses crises écologiques (dérèglement climatique et effondrement de la biodiversité notamment). Ces émotions sont principalement la peur, la tristesse et la colère, induites par le sentiment d’inaction ou d’insuffisance des actions prises en faveur de la planète, par les gouvernements et les populations. L’écoanxiété peut conduire à une dépression.
Définitions{{}}
De manière générale, l’éco-anxiété est l’expression de fortes émotions face à la dégradation de l’état de la planète, de la pollution, la dégradation des sols, l’effondrement de la biodiversité, la gestion de l’eau, ou encore le réchauffement climatique. Le spectre émotionnel de l’écoanxiété inclut l’angoisse, la frustration, la colère, le sentiment d’absence d’influence politique ou sociale et la culpabilité3. Parmi ces craintes, des idées comme la mort et la fin du monde sont prépondérantes4.
La différence principale entre l’éco-anxiété et la solastalgie est le ressenti de la détresse écologique dans la durée. Le premier se ressent par anticipation d’un évènement catastrophique environnemental, tandis que le terme de Glenn Albrecht se vit dans l’immédiat5.
Le mot « écoanxiété » est entré dans le dictionnaire Le Robert en 2023 avec la définition suivante : « Anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète »6.
En psychologie et en psychiatrie{{}}
Contrairement au trouble anxieux, l’éco-anxiété ne figure pas dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux-(DSM)7de l’Association Américaine de Psychiatrie (American Psychological Association (APA)). L’APA décrit toutefois l’éco-anxiété comme une peur chronique d’une ou de catastrophes environnementales8.
De nombreux psychiatres et psychologues s’emparent de la question. C’est le cas notamment aux États-Unis de la Climate Psychology Alliance (CPA) — à l’origine du courant de la climate psychology — ou de la Climate Psychiatry Alliance. La psychiatre américaine Lise Van Susteren s’avance ainsi dès 20169 à qualifier l’éco-anxiété non pas comme une maladie mais comme l’expérience d’un « stress pré-traumatique »10. En France, les psychiatres Antoine Pelissolo et Célie Massini ont étudié les conséquences directes et indirectes du changement climatique sur la santé mentale, situant l’éco-anxiété comme un sous-type clinique des troubles anxieux11,12,13.
Causes{{}}
Les causes de ce mal-être, notamment chez les jeunes, sont principalement liées à la conscience de la dégradation constante de l’état de la biosphère et du climat, et surtout à la conscience de l’insuffisance et de l’inefficacité de la somme des actions visant à résoudre les crises environnementales14. Certains estiment que la surinformation des individus, par le biais d’Internet notamment — très utilisé par les jeunes (14-25 ans) — contribue au fait qu’ils sont les principales victimes de l’éco-anxiété15.
Le vocabulaire des discours écologiques encourage l’éco-anxiété, comme les termes d’effondrement et d’extinction4. La manière dont les scientifiques formulent la problématique sont aussi une cause d’éco-anxiété16.
Histoire{{}}
Évolution du terme{{}}
En 1970, l’historien américain Theodore Roszak théorise l’éco-anxiété comme une peur par anticipation d’un évènement catastrophique environnementale.
Le terme d’éco-anxiété apparait dans les années 1990 par le biais de plusieurs spécialistes de l’environnement, comme la médecin-chercheuse Véronique Lapaige qui en propose une définition en 199615.
Dans les années 2000, le concept de tristesse climatique est consolidé par celui de solastalgie, par le chercheur australien Glenn Albrecht et leur médiatisation accompagne la prise de conscience des effets de la double crise, climatique et de la biodiversité sur l’état de santé psychique des individus.
En France, le mot est vulgarisé dans les médias lors de la période de canicule en 201917, et de plus en plus de recherches et de publications paraissent à partir de 202011,18.
Évolution du phénomène{{}}
Les éco-anxieux se trouvent parmi les personnes sensibles aux problèmes liés au réchauffement de la planète. Leur part dans la population générale augmente : en 2021, une étude de Young People’s Voices on Climate Anxiety, Government Betrayal and Moral Injury : A Global Phenomenon, d’une ampleur sans précédent, publiée par la revue The Lancet Planetary Health a porté sur 10 000 jeunes de 16 à 25 ans, étudiés dans dix pays différents, dont des pays du Sud (Brésil, Inde, Nigeria et Philippines) : 84 % se disaient « inquiets » de l’état de la planète et 59 % « très inquiets »7,14. La moitié des répondants se disaient anxieux, tristes et en colère concernant la crise climatique, et les jeunes répondants étaient plus nombreux à ressentir de la colère ou de la trahison (près de 60 %), plutôt que de la confiance (environ 30 %), envers leurs gouvernements.
En 2022, une autre étude réalisée auprès de 2 080 adultes résidant dans des pays francophones d’Europe et d’Afrique, bien que la plupart des participants rapportent faire l’expérience occasionnelle d’éco-anxiété, 11,67 % présentent des niveaux significativement élevées d’éco-anxiété, associés à des répercussions dans leur vie quotidienne, telles qu’une incapacité à se rendre au travail ou à l’école en raison de la détresse occasionnée19.
Selon l’Observatoire des Vécus du Collapse (OBVECO), 2,5 millions de français souffraient en 2022 d’éco-anxiété20.
En France, en 2023, un rapport du Conseil économique, social et environnemental21 révèle que quatre Français sur cinq seraient touchés par l’éco-anxiété22. Le 25 octobre un autre rapport (sur l’état de la société française) alerte sur un niveau d’éco-anxiété jamais atteint (8 personnes sur 10 se disent inquiètes face au réchauffement climatique). Les auteurs notent aussi une conscience plus aiguë des inégalités « et de leurs conséquences sur l’accès à l’emploi, l’éducation, la santé, les services publics et la mobilité » et une conscience de la baisse du pouvoir d’achat (50 % des sondés disent que leur pouvoir d’achat répond tout juste à leurs besoins essentiels, ou n’y répond pas) ; pour 67 % des sondés, la première source d’inégalités est le lieu de résidence (urbain ou rural, centre-ville ou banlieue) ; suivent l’origine géographique ou culturelle pour 63 % des sondés, et à la couleur de peau pour 62 % d’entre eux. Le Conseil économique, social et environnemental presse les pouvoirs publics à réagir « sans attendre » pour une transition juste, « à la hauteur des inquiétudes de la population française ».
La première grande étude épidémiologique de l’éco-anxiété en population générale, évaluée à l’aide de critères cliniques standardisés, a été publiée en 2023 et conclue à une prévalence moyenne de 3% dans la population américaine23.
Éco-anxiété comme moteur d’action{{}}
L’éco-anxiété est une souffrance, mais elle peut aussi être un moteur d’action15. Cet état provoque un effet de responsabilité et d’engagement de l’individu, notamment face au réchauffement climatique, allant du débat sur la pertinence de faire des enfants dans un cadre de surpopulation de la planète à des changements de comportements de de consommateur, à la participation à des mouvements collectifs de recherche et d’expérimentation24.
Parce qu’elle n’est pas irrationnelle, ni provoquée par un contexte sur lequel on peut avoir l’impression d’avoir prise, ni par un évènement de type accident ou un viol, l’éco-anxiété ne peut pas être soigné thérapie classique15,3 ; Ceci peut pousser les éco-anxieux à trouver, individuellement et/ou collectivemnet, des solutions concrètes25. L’exemple le plus célèbre est la grève scolaire pour le climat de Greta Thunberg4.
Une étude (2022) conduite auprès d’environ 300 jeunes adultes américains conclut que l’action collective diminue ou supprime les effets mentaux négatifs de l’éco-anxiété, ce qui n’est pas le cas de l’action individuelle26. La même année (2022), une autre étude montre que la fonction mobilisatrice de l’éco-anxiété dépend néanmoins aussi du niveau de sévérité de cette dernière ; trop intense, l’éco-anxiété peut inhiber la capacité à agir19, C’était aussi l’une des conclusions d’une étude (2019) portée par la praticienne en analyse psycho-organique Charline Schmerber : 30 % témoignaient que leur sentiment d’éco-anxiété bloquait leur mouvement et leur regard vers l’avenir, mais 60 % trouvaient dans l’action une stratégie à leurs angoisses27.
L’éco-féminisme{{}}
Les émotions fortes liées à la dégradation de la planète ont encouragé les mouvements antinucléaires des écoféministes des années 198028. L’écoféminisme et l’écoanxiété sont mis en liens selon trois éléments : la facilité qu’ont les femmes a exprimer leurs émotions (leur anxiété), l’idée de la femme créatrice de vie ; qui est par conséquent proche de la planète « mère-nature » (ensemble qui rapproche aussi l’image de la sorcière29). Pour les femmes engagées dans les mouvements d’écoféminisme, la tristesse n’est pas synonyme d’impuissance. Ainsi, l’écrivaine et sorcière auto-proclamée Starhawk raconte l’impact qu’ont eu les émotions, bonnes comme mauvaises, sur les actions écologiques des femmes notamment en 198130.
Éco-anxiété dans la culture{{}}
Les engagements liés à l’éco-anxiété se manifestent aussi dans la culture.
Aurélie Valognes avoue en 2019 avoir écrit son roman La Cerise sur le gâteau après avoir eu une crise d’angoisse écologique, et retranscrit cette peur dans la prise de conscience de ses personnages4.
En juin 2022, les dessinateurs Olivier Pog et Séverine Lefebvre signent ensemble la bande dessinée L’ami colocataire, sur le thème de l’éco-anxiété.
Source avec les Références : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89co-anxi%C3%A9t%C3%A9
Éco-anxiété : une étude auprès de 1.000 personnes révèle l’impact psychologique de la crise climatique - Le 28/09/2024 par The Conversation – Document ‘wedemain.fr’
Une étude mondiale auprès de 1.000 personnes dans 90 pays révèle l’impact profond de l’éco-anxiété sur la santé mentale, soulignant la détresse vécue par ceux qui subissent déjà les conséquences du changement climatique.
éco-anxiété
Les jeunes sont particulièrement sensibles à l’éco-anxiété. Crédit : stock-eye / iStock.
À propos de l’autrice : Emma Lawrance. Lead Policy Fellow for Mental Health, Imperial College London.
NB. Toute reproduction partielle ou intégrale des textes et/ou des documents est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur ou de l’auteur.- Lire la totalité à la source
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence ‘Creative Commons’. Lire l’article original.
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Australie - La colère dangereuse peut conduire à l’action – ou se transforme en désespoir. Nous avons découvert pourquoi - Traduction du 13 janvier 2025 par Jacques Hallard d’un article intitulé Climate anger can lead to action – or curdle into despair. We found out why publié le 19 décembre 2024 à 14h08 HNE – Diffusé par ‘theconversation.com’
Auteurs : {{}}
https://cdn.theconversation.com/avatars/1205158/width170/file-20210203-24-11b62ug.jpgSamantha Stanley
Chargée de recherche en psychologie sociale, UNSW Sydney
https://cdn.theconversation.com/avatars/566/width170/image-20240122-17-71izi3.jpgIain WalkerProfesseur de psychologie, Université de Melbourne
Teaghan HoggDoctorante en psychologie clinique, Université de Canberra
LevistonChargé de recherche en psychologie sociale, Université nationale australienne
Partenaires :
L’Université de Melbourne Compétente avec un financement en tant que partenaire fondateur de The Conversation AU.
L’UNSW Sydney , Université nationale australienne et l’Université de Canberra L’enseignement de la mise en contingents de l’UA.
Nous croyons en la libre circulation de l’information - Republiez nos articles gratuitement, en ligne ou sur papier, sous licence ‘Creative Commons’. Courrier électronique
Déclaration d’intérêts - Samantha Stanley reçoit des fonds du Conseil australien de la recherche. Iain Walker reçoit des fonds du Conseil australien de la recherche, du Fonds pour l’avenir de la Recherche médicale et du Conseil National de la Santé et de la Recherche médicale. Teaghan Hogg et Zoe Leviston ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas d’actions, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait bénéficier de cet article, et n’ont déclaré aucune affiliation autre que leur poste universitaire.
Approche psychologique - Les réactions émotionnelles fortes aux problèmes environnementaux sont remarquablement courantes. Nous savons que des gens sont en colère contre le changement climatique, mais combien sont-ils ? {{}}
Notre nouvelle recherche a interrogé 5.000 Australiens et elle a révélé que près de la moitié (49%) sont en colère contre le réchauffement de la planète. Alors, que font les gens de leur colère climatique ? La colère peut être une émotion galvanisante, nous incitant à l’action. Mais face à une cause apparemment insurmontable, cela peut aussi se transformer en JH2025-01-13T08:30:00J
désespoir.
Notre recherche a révélé que les réponses à la colère climatique dépendent de l’aspect du problème pour lequel les gens sont en colère – et de quoi ils se sentent responsables. Toutes les émotions ne sont pas également perçues. Les émotions diffèrent par leur dynamisme : en d’autres termes, elles nous motivent à agir. Il a été démontré que la colère est une émotion motivante.
Dans nos recherches précédentes, nous avons constaté que les participants qui ressentaient une colère plus intense à propos du changement climatique étaient plus susceptibles de participer à des manifestations pour le climat et à passer à des comportements respectueux du climat. Les participants étant plus en colère ont également signalé moins de stress, de dépression et d’anxiété. Mais tout le monde ne se fâche pas contre les mêmes choses.
Pour étudier les différents types de colère climatique, nous avons demandé à un échantillon représentatif au niveau national de plus de 5.000 adultes australiens à quel point ils se sentaient en colère face au changement climatique. Nous avons également posé des questions sur les comportements environnementaux auxquels ils participent et sur leurs expériences récentes de symptômes de dépression et d’anxiété.
Un peu moins de 50% ont déclaré qu’ils étaient au moins ’quelque peu’ en colère. Ensuite, nous leur avons demandé pourquoi. Leurs réponses allaient de quelques mots à de longues explications. La grande variété de leurs réponses a indiqué qu’il existe de nombreux types de colère climatique. En fait, nous avons identifié 13 types distincts parmi nos participants.
C’est parce que la colère est généralement dirigée vers l’extérieur, vers diverses cibles, manifestant pour le climat avec des pancartes.
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La colère climatique peut être dirigée contre de nombreuses cibles, des banques aux gens ordinaires. Heidi Besen/Shutterstock (Français)
13 types de colère climatique observés{{}}
De loin, le type de colère le plus courant était dirigé contre l’inaction et l’apathie des autres. Environ 60% de nos participants en colère étaient en colère contre ce qu’ils considéraient comme un manque d’action et d’inquiétude. À qui était-ce adressé ?
Parfois, il visait les dirigeants : ’un manque d’action du gouvernement’. Mais il s’adressait aux gens ordinaires qui “ne s’en soucient pas et ne sont pas disposés à aider à le changer”. Des entreprises ou des nations entières étaient également visées.
Le deuxième grief le plus courant (environ 13%) concernait ceux qui nient le changement climatique. Par exemple : Il y a beaucoup de gens qui pensent encore que le changement climatique ne se produit pas. Environ 11% ont dirigé leur colère contre ceux qu’ils considèrent comme les plus responsables du changement climatique, tels que les grandes entreprises, tandis que 10% étaient en colère contre l’humanité (”les êtres humains ont fait ça’).
Environ 9% étaient fous des dégâts causés par le changement climatique et 8% de la lenteur de l’action climatique. Un autre 8% se sentaient en colère parce qu’ils se sentaient impuissants, croyant que leurs actions ne seraient qu’une goutte dans l’océan.
Formes moins courantes incluses : l’injustice selon laquelle les jeunes générations seraient plus touchées que les générations plus âgées, avec des comportements nocifs pour l’environnement que les participants avaient observés chez d’autres : un manque de coopération entre les peuples et les nations sur le changement climatique, un sentiment d’injustice lorsque des individus ou certains pays sont censés faire des sacrifices lorsque de grandes entreprises ou d’autres nations n’en font pas plus.
protest tents newcastle
Tentes des manifestants à Newcastle La colère climatique peut conduire à des manifestations à grande échelle telles que le blocus du port de Newcastle en novembre, un important centre d’exportation de charbon. Marée montante / AAP
Quels types de colère mènent à l’action ? {{}}
Nous voulions savoir ce que nos participants faisaient au sujet du changement climatique et si leurs actions différaient en fonction de ce pour quoi ils étaient en colère. Nous avons constaté des tendances claires.
Les personnes en colère contre l’inaction et l’apathie ont signalé davantage de comportements environnementaux, tels que la réduction de leur consommation de viande ou la participation à des marches pour le climat. Cela était particulièrement vrai lorsqu’ils étaient en colère contre les citoyens ordinaires qui ne faisaient pas ou ne se souciaient pas assez, ou les gouvernements qui ne faisaient pas ou ne se souciaient pas assez. Fait intéressant, les participants en colère contre l’inaction et l’apathie des autres présentaient davantage de symptômes de dépression et d’anxiété. Mais les participants sont en colère contre l’inaction du gouvernement et l’apathie présentait moins de ces symptômes.
Être en colère contre un sentiment d’impuissance, ou l’humanité en colère en général était à blâmer pour le changement climatique, n’était pas lié à l’action contre le changement climatique. Mais ce groupe, qui se sentait en colère mais impuissant, était plus susceptible d’avoir des symptômes accrus de dépression et d’anxiété.
Une explication possible de ces résultats est que la colère pourrait motiver l’action climatique, mais si cette action ne mène à rien, la colère pourrait se transformer en désespoir ou disparaître en résignation.
La colère suscitée par un sentiment d’impuissance et le rôle de l’humanité dans le changement climatique étaient tous deux plus élevés chez les participants plus jeunes que plus âgés.
De jeunes Australiens impliqués dans l’action climatique ont déclaré aux chercheurs que le fait de passer à l’action les aide à atténuer leur désespoir. Mais ils ont également déclaré que le fait d’ignorer ou de rejeter leur colère avait l’effet inverse.
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Jeune femme utilisant son téléphone la nuit - La colère climatique peut se transformer en isolement et en désespoir. Cliquez ici/Shutterstock
La colère climatique pourrait motiver l’action
La colère est complexe. Lorsque nous sommes en colère, nous réagissons généralement en essayant de corriger quelque chose que nous considérons comme erroné, en discutant du problème ou en indemnisant les personnes qui ont été lésées par la situation.
Sur le changement climatique, nos résultats suggèrent que se sentir en colère contre une large inaction pourrait motiver une action personnelle. Mais si quelqu’un dirige sa colère contre ses concitoyens qu’il pense ne pas faire ou ne pas se soucier suffisamment, cela pourrait affecter leur bien-être.
Beaucoup de gens étaient en colère parce qu’ils pensaient que personne ne s’en souciait. Mais nos résultats suggèrent que le contraire est vrai. Si 49% des Australiens sont en colère contre le changement climatique, cela signifie que beaucoup, beaucoup de gens s’en soucient.
Chez les jeunes Australiens, ce chiffre est encore plus élevé – 57%, selon une étude de 2021. Les gens ont tendance à supposer à tort que la plupart des autres personnes ne soutiennent pas l’action climatique.
Par exemple, aux États-Unis, les gens supposent que le soutien à la politique climatique est d’environ 40%. Mais le soutien réel est de 66 à 80%. Par exemple, les Américains supposent que seulement 43% des gens soutiennent la production d’énergie renouvelable sur les terres publiques, mais en réalité, ce chiffre est de 80%.
Dans notre corpus de recherches, nous avons constaté que les Australiens sont similaires. La plupart des politiques visant à lutter contre le changement climatique que nous avons testées bénéficiaient d’un soutien sain, mais les gens supposaient que le soutien des autres Australiens était beaucoup plus faible.
En tant qu’enfants, on nous a souvent appris à voir notre colère comme une “mauvaise” émotion. La colère a longtemps été vue de cette façon. Mais alors que nous luttons pour relever le défi croissant du changement climatique, nous pourrions voir la colère différemment. S’il est exploité de manière appropriée, il pourrait être un allié utile pour renforcer notre détermination collective sur le climat.
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Vivian a précédemment travaillé comme chercheur clinique à l’UCSF et elle fait actuellement partie du comité de rédaction de la revue de médecine narrative ‘Intima’. Elle a obtenu sa licence en biologie humaine et en littérature comparée à Stanford, où elle a écrit et édité pour un certain nombre de publications universitaires et médicales. https://theconversation.com/profiles/vivian-lam-1227770 -
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Source de l’article traduit : https://theconversation.com/climate-anger-can-lead-to-action-or-curdle-into-despair-we-found-out-why-245361
Article Wikipédia sur la notion de biorégion{{}}
Une biorégion correspond à un territoire dont les limites ne sont pas définies par des frontières politiques, mais par des limites géographiques qui prennent en compte tant les communautés humaines que les écosystèmes1.
Ce concept est issu d’un mouvement appelé le biorégionalisme, dont Peter Berg et Judy Goldhaft sont les fondateurs. Le biorégionalisme est une approche proactive visant la formation d’une harmonie entre la culture humaine et l’environnement naturel. Le biorégionalisme est souvent considéré comme une branche de l’écologie profonde et de l’environnementalisme radical (proche de l’écologie libertaire), issu des courants de pensées localiste et régionaliste2.
Le modèle biorégional combine une série d’éléments spatiaux, en s’appuyant sur le principe de l’écologie du paysage et de la biogéographie insulaire, mais avec la volonté d’intégrer les conceptions sociétales provenant du concept de territoire3. Le biorégionalisme est à la fois une philosophie et un engagement social qui met l’accent sur de petites échelles, la décentralisation4. Comme l’avance Peter Berg, le concept de biorégion est un concept plus culturel que scientifique5.
Les biorégionalistes mettent en avant le fait que la protection de l’environnement devrait être fondée sur des caractéristiques locales, à savoir les biorégions. Cette approche met l’accent sur l’environnement unique de chaque région par la promotion de la consommation de produits locaux et de la culture d’espèces indigènes, en vue d’atteindre un développement en harmonie avec les régions biogéographiques. Comme l’écrit Michael Vincent McGinnis, il est important de noter que le biorégionalisme n’est pas limité à un groupe d’intellectuels, d’universitaires et de visionnaires6. Ce mouvement est avant tout un appel à l’action, à un activisme en faveur d’un renouvellement de la responsabilité civique et de l’intendance écologique dans le respect des communautés en place7.
La biodiversité mondiale estimée à partir de la richesse spécifique en vertébrés terrestres dans 32 biorégions (les plus riches sont en rouge, celles les moins en vert)
Les origines de la biorégion{{}}
Le terme de biorégion a été défini pour la première fois dans l’article « Bioregions : Towards Bioregional Strategy for Human Cultures »8 de Allen Van Newkirk, avant d’être repris et développé dans l’article « Reinhabiting California » publié en 1977 dans la revue « The Ecologist » par Peter Berg et Raymond Dasmann (traduction française ’Réhabiter la Californie [archive]’, 2019). Par la suite, nombre d’auteurs sont venus compléter les publications sur les biorégions tels que : Gary Snyder, Freeman House, David Simpson, Doug Aberley, Jim Dodge, David Haenke, Stephanie Mills, Kirkpatrick Sale, Daniel Kemmis, Robert Thayer, Serge Latouche, Mathias Rollot9…
Les biorégions selon Peter Berg et Raymond Dasmann{{}}
Peter Berg est codirecteur et cofondateur avec Judy Goldhaft de la Planet Drum Foundation, une fondation qui œuvre dans le biorégionalisme, il a également publié divers ouvrages sur cette notion. Raymond Dasmann est un écologiste et biogéographe américain, un des pères fondateurs de l’environnementalisme10, décédé en 2002. D’après Peter Berg, une biorégion se définit selon les termes du modèle unique des caractéristiques naturelles que l’on trouve dans un territoire spécifique11 : « Une biorégion est un espace géographique formant un ensemble naturel homogène, que ce soit pour le sol, l’hydrographie, le climat, la faune ou la flore. La population fait également partie de la biorégion, mais dans la mesure où elle vit en harmonie avec ces données naturelles et où elle en tire sa subsistance à long terme. »12. La signification du terme peut ensuite plus ou moins diverger en fonction des auteurs qui l’utilisent.
« Ré-habitation » et « vivre in-situ »{{}}
D’après les auteurs, cette notion appelle à un nouveau mode de vie en relation avec le territoire qui se base sur le long terme, la « ré-habitation » : « qui assure la pérennité du système écologique par un développement durable, en veillant à ne pas le détruire pour tout ce qui concerne les besoins de la population en matière de nourriture, d’eau, d’énergie, d’habitat et de culture. »12. Ce mode de vie s’oppose à celui d’une société occidentale dont la devise est de gagner sa vie grâce à une exploitation destructrice de la terre et de la vie13.
La notion de communauté est très forte dans la définition d’une biorégion. En effet, la population fait partie de la biorégion, mais comme il est mentionné dans la définition de Berg : « dans la mesure où elle vit en harmonie avec ces données naturelles et où elle en tire sa subsistance à long terme. En d’autres termes, une population ne peut faire partie intégrante d’une biorégion que si elle en protège et en maintient les équilibres naturels. C’est ce que nous appelons la « ré-habitation » (reinhabitation), qui consiste en une relation d’interdépendance et d’échange avec l’écosystème de la biorégion »12.
Cette notion appelle donc à un développement nouveau ; apprendre à « vivre in-situ », à connaître les relations écologiques particulières de et entre chaque lieu, pour mettre en place un système socialement et écologiquement durable, qui passe par le développement d’une identité biorégionale. La « ré-habitation » implique donc le développement d’une identité biorégionale14, qui signifie développer une identité en rapport à un territoire et une conscience relative.
À l’intérieur des biorégions, les auteurs distinguent encore les bassins versants, qui permettent une gestion rationnelle des ressources en eau, à l’échelle d’un territoire : « Natural watershed could receive prominent recognition as the frameworks within which comunities are organized. (…) it is the basic designer of local life. »15. Définir les bassins versants permet, comme l’avancent les auteurs, une meilleure gestion des ressources en eau à l’échelle régionale, nécessaire à l’agriculture et à tout développement. Les auteurs s’opposent au développement de grandes aires de production, protestant contre le développement agricole insoutenable à long terme. Selon les mots des auteurs : il est nécessaire qu’il y ait une redistribution massive des terres afin de créer des exploitations plus petites, qui se concentreraient sur la production d’essences indigènes, la protection de la terre, l’utilisation d’énergie alternative ainsi que de développer un système de marché à petite échelle16.
Définir les limites des biorégions{{}}
Une biorégion est déterminée par l’utilisation de critères de délimitation issus de la climatologie, de la géomorphologie, de la géographie de la faune et de la flore, de l’histoire naturelle et d’autres descriptions des sciences naturelles12. En effet, la démarcation des biorégions prend en compte le climat, les sols, la végétation, les ressources minérales, mais également les cultures et sociétés qui sont natives de cette région17. Comme l’avancent Berg et Dasmann dans l’article Reinhabiting California, la biorégion désigne à la fois un terrain géographique, un lieu, ainsi qu’un terrain de la conscience et des idées qui se sont développées sur la façon de vivre à l’intérieur de ce lieu18. Ils ajoutent que les frontières définitives d’une biorégion sont mieux décrites par les individus qui y ont longtemps vécu19. En effet, une biorégion est également déterminée par sa population. Elle doit avoir une identité culturelle unique et être un lieu à l’intérieur duquel les résidents locaux ont le droit primaire de déterminer leur propre développement. Mais la suite de l’article relativise cet état de fait, en déclarant que ce droit n’est pas un droit absolu20. De plus, la population est un facteur déterminant la taille des biorégions, car celles-ci doivent être suffisamment petites pour que les résidents locaux puissent les considérer comme leur maison21.
Selon Peter Berg, les frontières des biorégions ne sont pas, contrairement aux frontières administratives, des limites strictes. Dans une présentation faite en avril 2001 à l’Université du Montana (Planet Drum Foundation [archive]), Peter Berg met en avant la morphologie particulière des frontières des biorégions. Berg présente les frontières biorégionales comme des frontières douces pouvant atteindre 50 miles de large. Il précise que parfois ces frontières peuvent être une ligne, comme par exemple dans le cas d’une crête de montagne à travers laquelle nous passons d’une biorégion à l’autre, mais dans la plupart des cas, ce passage est progressif et se fait graduellement22.
Dans l’article Reinhabiting California, Peter Berg et Raymond Dasmann posent le problème des divergences entre les limites administratives actuelles et les biorégions. Ils laissent même entendre que les biorégions devraient être des États indépendants23, permettant ainsi le développement de gouvernements locaux établis à l’échelle des bassins versants. Les partisans du biorégionalisme revendiquent donc une gestion par biorégion et une grande autonomie, voire la suprématie de ces entités. Être un État distinct, selon les termes de Berg et Dasmann, donnerait l’opportunité aux biorégionalistes de pouvoir déclarer un espace dans lequel chacun serait abordé comme membre d’une espèce, partageant la planète avec les autres espèces24.
Les biorégions et le monde urbain{{}}
Peter Berg, dans sa carrière, a conçu et participé à des programmes spécifiques pour de grandes métropoles comme San Francisco ou Cleveland, et soutenu la construction d’une « cité verte » à Bahia de Caraquez, en Équateur. Dans un entretien avec Alain de Benoist et Michel Marmin, il s’explique justement sur cette problématique des villes et de leur intégration dans les biorégions :
« — Comment le biorégionalisme peut-il être appliqué au mode de vie urbain ? — Le développement durable des villes est l’un des problèmes cruciaux de notre temps, du fait du désastre écologique qu’entraîne une croissance urbaine aux proportions alarmantes. La seule façon d’y remédier est d’adapter les villes à leur environnement biorégional. Le biorégionalisme peut alors être appliqué par le biais de politiques urbaines préservant les ressources de base comme l’alimentation, l’eau, l’énergie, etc. Ce qui implique une attitude nouvelle dans le mode de vie urbain, chacun devant se sentir responsable du maintien du patrimoine écologique commun, notamment en s’impliquant personnellement dans le recyclage et dans la lutte contre le gaspillage. Autrement dit, il faut promouvoir dans les villes une mentalité de « pionnier écologique. »
Peter Berg et Raymond Dasmann, dans l’article Reinhabiting California, avancent même que la division ville-campagne pourrait être résolue par une approche biorégionale25.
L’approche d’Alberto Magnaghi (it), né en 1941, urbaniste et architecte territorialiste italien, considère la biorégion comme un ’ensemble de systèmes territoriaux locaux fortement transformés par l’homme, caractérisés par la présence d’une pluralité de centres urbains et ruraux organisés en systèmes réticulaires et non hiérarchisés, en équilibre dynamique avec leur milieu ambiant’26. Selon lui, le système biorégional en aire urbaine permettrait de freiner l’artificialisation des sols et de l’urbanité des aires urbaines, tout en étant plus puissante et plus durable que le système métropolitain traditionnel. En effet, elle serait plus respectueuse des équilibre écologiques et hydro-morphologiques et plus efficace dans la mobilisation des nœuds du réseau urbain en termes de mobilité, de création de richesse et d’utilisation énergétique.
Une adaptation des biorégions en Europe{{}}
Le concept de biorégion a ensuite été repris par nombre de penseurs et théoriciens, s’installant en Europe parmi les groupements écologistes les plus radicaux, comme, par exemple, chez les ’objecteurs de croissance’ (partisans de la Décroissance) tel que Serge Latouche. Selon lui, une biorégion, ou écorégion, correspond à « une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique, [Une biorégion] peut-être plus ou moins rurale ou urbaine. […] Constituée d’un ensemble complexe de systèmes territoriaux locaux, dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique, elle vise à la réduction des déséconomies externes et de la consommation d’énergie »27. Cette définition diffère légèrement de la définition de Peter Berg. Celle-ci met plus en avant l’aspect politique et de protection environnementale, mais ne mentionne peu les aspects plus scientifiques émis par Berg et Dasmann. Serge Latouche insiste effectivement plus sur les aspects relatifs aux sciences sociales, s’intéressant aux aspects identitaires et démocratiques des biorégions, mais délaissant, du moins partiellement, les sciences naturelles. D’ailleurs après ce passage, l’auteur discute la problématique du ’dilemme démocratique’ : « qui peut s’énoncer ainsi : plus une entité/unité démocratique est petite est donc directement contrôlable par ces citoyens, plus sont restreints ses domaines de souveraineté »28.
En 2018, Mathias Rollot, annonce pour sa part que, quelle que soit les définitions données du terme, ’l’enjeu n’est pas de savoir si ’biorégions il y a’, mais si ’biorégions il peut y avoir’ - et si cela est souhaitable ou non’, en ce sens que ’l’hypothèse biorégionale n’est pas qu’il y a sur Terre des superpositions conceptuelles ou spatiales entre ’nature’ et ’culture’ (quoi que cela puisse signifier), mais plutôt qu’il y a un intérêt à ce que les sociétés humaines se définissent (…) sur des compréhensions plus fortes des singularités naturelles locales, et cessent enfin de se penser comme entièrement autonomes vis-à-vis d’elles’29. Il prolonge et approfondit cette réflexion en 2021 dans ’Qu’est-ce qu’une biorégion ?’30.
Biorégion et écorégion{{}}
Les termes de biorégion et d’écorégion sont parfois utilisés de manière synonyme dans la littérature, même scientifique. Toutefois, les spécialistes différencient tout de même les deux concepts. Les écorégions, au sens du World Wild Life (WWF), correspondent à des espaces géographiques qui rassemblent différents critères biologiques, géologiques (voir : Site officiel du WWF [archive] ), mais sans référence aux sociétés humaines. Peter Berg distingue ces deux concepts de la manière suivante : « Quant au mot « écorégion », il désigne un espace géographique décrit en termes strictement biologiques, indépendamment de toute présence humaine, contrairement à la biorégion. D’autres termes sont parfois employés pour des besoins scientifiques, comme « province biotique » (biotic province) et « zone biogéographique » (biogeographical zone). »12
Critiques du concept{{}}
Les critiques de Dianne Meredith{{}}
Dianne Meredith, professeur au département de géographie et d’études environnementales de l’Université de Californie, critique les principales caractéristiques des biorégions. Les sous-parties suivantes traitent de ses quatre premiers arguments, les deux derniers étant exposés dans le sous-chapitre suivant et complétés par des critiques d’autres auteurs abordant la même thématique.
La critique de la géographie « génétique »{{}}
Selon Meredith, le déterminisme environnemental a servi de modèle en définissant des régions comme des organismes bioculturels31. Cette erreur consiste à considérer le territoire comme une entité vivante, qui définit la culture d’un groupe. Or les civilisations sont influencées par les climats et l’environnement naturel qui les entoure, mais beaucoup d’autres facteurs façonnent le développement culturel. Une autre erreur est de croire que les êtres humains ne sont associés qu’à une seule identité et un territoire isolé32.
La critique de la région unitaire{{}}
Les régions étant imbriquées dans une hiérarchie fonctionnelle, même (et surtout) d’un point de vue biorégional33, il est inexact de voir les biorégions comme des entités de la taille d’un bassin versant, car pour de multiples raisons ces entités sont constamment outrepassées, comme dans le cas des problèmes climatiques, de la qualité de l’air, de la disponibilité en eau. De plus, les individus ont souvent des identités multiples. Les biorégions ne peuvent pas rester à l’écart des influences extérieures.
La critique de la région naturelle{{}}
Prendre les régions environnementales ou bioclimatiques comme des régions formelles est dangereux. Les géographes ont d’ailleurs beaucoup remis en question ce concept de région formelle ces dernières années34. En effet, les limites des biorégions ne peuvent jamais être des limites strictes, les régions culturelles ne correspondent que rarement à la distribution des régions naturelles et différents groupes peuvent s’adapter de manières différentes au même environnement.
La critique de l’identité singulière{{}}
La plupart des gens ont diverses identités et un parcours de vie très diversifié, ce qui rend difficile le retour des ’natifs’ que met en avant le concept de ’living in place’. « Our ancestries, identities, attachments, and affiliations are multiple and are spread throughout space and time. Location is never the singular determinant of identity. (…) Landscape and territory may form an important part of individual and group identity, but so do gender, religion, language, generation, employment, intellectual interests, and so on (Paasi 1999) »31. Les individus ne peuvent pas former une communauté avec une identité unique, de même que les zones culturelles sont difficiles à délimiter.
Le concept de biorégion, et ses récupérations politiques{{}}
Les biorégions sont définies, comme explicité dans cet article, par les lois biophysiques. Pour les biorégionalistes, il faut retrouver les régions naturelles ; les biorégions. La philosophie moderne des Lumières, qui donnait plein pouvoir à l’Homme libre, « au Sujet libre, souverain. Un sujet qui se détache de sa communauté pour se construire »35, semble être mise de côté pour se rapprocher d’une forme de romantisme36. En effet, avec ce paradigme biorégionalisme, l’être humain semble être relégué au statut de membre d’une communauté : « Avec ce biorégionalisme, l’homme est prié de se conformer aux lois de l’écologie et de se réinsérer dans le monde de la vie. Sa singularité, (sa raison, sa liberté, sa capacité symbolique…) est oubliée »37. L’Homme est donc ancré au sein d’une communauté « naturelle », qu’il doit perpétuer pour le bienfait de Gaïa37. Cette perspective est, selon Jean Jacob, conservatrice et expliquerait l’intérêt porté par l’extrême droite pour cette théorie.
En effet, la Nouvelle Droite française s’est très vite intéressée au concept de biorégion. « En 1997, un journaliste notait avec inquiétude qu’une « rhétorique ‘New Age’ » apparait au Front national et que le « biorégionalisme » a été revendiqué par les jeunes du front national lors de leur université d’été »37. C’est notamment le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE), porté par Alain de Benoist, qui a tenté de récupérer ce concept en publiant le journal Élément N°100, intitulé Le localisme une réponse à la mondialisation, comprenant une interview de Peter Beter, cité plus haut dans cet article. « Ceux-ci y encensaient la dimension identitaire du paysage et y exposaient longuement les bienfaits communautaires du localisme et du biorégionalisme »37. Bien que rien ne soit plus éloigné des pensées originelles de Berg, les récupérations furent opérées par des mouvements d’extrême-droite, comme la right wing ecology. En France, l’exemple de Laurent Ozon illustre très bien cette convergence possible entre écologie et extrême-droite. Il est par le biais de sa revue Le recours aux forêts, un promoteur de certains travaux biorégionalistes, et par ailleurs il est un compagnon de route du Bloc identitaire et a conseillé Marine Le Pen au Front national pour le volet écologique de son programme.
Olsen Jonathan, dans son article intitulé The Perils of Rootedness : On Bioregionalism and Right Wing Ecology in Germany, donne une analyse très intéressante des liens qui peuvent exister entre le biorégionalisme et l’écologie de droite (Right-wing ecology). L’auteur retient quatre éléments qui rapprochent ces deux concepts, en spécifiant bien qu’il n’a aucun doute sur le fait que les biorégionalistes sont entrainés par des pulsions démocratiques et humanistes étrangères aux tenants de l’écologie de droite38. Selon Olsen, le premier élément de comparaison, avancé par les adeptes de l’écologie de droite, est que les hommes, en tant que créatures naturelles, sont compris dans des communautés écologiques, dans des écosystèmes particuliers. Le deuxième point met en avant l’importance attachée au caractère unique de chaque culture, déterminée par l’environnement naturel. Le troisième élément correspond au lien entre les problèmes environnementaux et l’éloignement des lois naturelles. Le dernier argument de comparaison est le fait que la pureté et l’intégrité de chaque culture et de l’environnement qui l’entoure doit être protégée. Ces éléments peuvent effectivement être facilement rapprochés des arguments mis en avant dans la promotion des biorégions. De manière plus générale, le propre de la pensée d’extrême-droite est l’organicisme, qui considère les sociétés comme des organismes vivants, et l’écologie est également traversée par une forme d’organicisme, qui considère les écosystèmes comme des organismes vivants. La seconde pensée peut aisément être subvertie au profit de la première.[réf. nécessaire]
Olsen relève tout de même dans sa critique que des différences notables existent entre les intentions et visions des biorégionalistes et les partisans de l’écologie de droite39. Il relève trois différences principales. Premièrement, l’écologie de droite se préoccupe peu des aspects démocratiques au sein des communautés, contrairement aux biorégionalistes. Deuxièmement, contrairement aux partisans de l’écologie de droite, les biorégionalistes n’identifient pas les communautés biorégionales avec des États existants. Troisièmement, l’écologie de droite met en avant une politique anti-immigration, alors que dans la littérature biorégionaliste, il n’est jamais question de « green xenophobia »40. Olsen relève tout de même les similarités entre les idéologies de ces deux courants de pensées. Il va même jusqu’à écrire que certains concepts du biorégionalisme véhiculent des intentions opposées à celles de ses partisans et qu’ils ont facilement été repris par l’écologie de droite. Il relève alors trois éléments particuliers :
- La conviction qu’il y a des lois naturelles auxquelles les hommes doivent être soumis,
- La croyance, chez certains biorégionalistes, que les mouvements ethniques séparatistes et nationalistes sont, d’une certaine manière, la preuve de l’esprit biorégionaliste,
- L’idée que respecter des lois naturelles implique la « ré-habitation » des populations au sein de territoires particuliers41.
Une réponse aux critiques{{}}
Les critiques de l’approche biorégionaliste, comme l’avance Michael Vincent McGinnis, pointent souvent le fait que l’approche met trop l’accent sur les lois naturelles et l’approche réductionniste des pouvoirs politiques dans les sociétés6. Selon cet auteur, les critiques voient souvent les biorégionalistes comme des écologistes déterministes « who put too much faith in the laws of nature to change social institutions »6. En réponse aux critiques, McGinnis argumente que celles-ci ne voient pas la diversité du mouvement, qui est plus un raisonnement qu’une science : « Yet, critics often fail to understand the diversity of the movement – the movement is as much a sensibility as it is a science. It combines spiritual practice with ecological understanding and local knowledge of places, animals and watersheds »6.
Lire les Notes et références sur ce JH2025-01-13T15:26:00J
site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bior%C3%A9gion
Biorégion selon ‘geoconfluences.ens-lyon.fr’- (La rédaction), 2018, dernière modification juin 2020 – Lire le PDF
La biorégion est un territoire délimité par des caractéristiques écologiques relativement homogènes et autonomes « en cohérence avec la population, sa culture et son histoire » (Latouche, 2019). Face aux excès de la mondialisation et à la dissolution des sociabilités locales, la biorégion est une volonté de délimiter un espace correspondant aux besoins d’une communauté humaine. En cela elle n’est pas nouvelle et s’inscrit dans la longue suite des tentatives visant à déterminer la juste dimension des groupes humains, de la régionvidalienne au bassin de vie de l’INSEE, sans remonter jusqu’aux cités médiévales et antiques.
Le concept de biorégion est apparu dans les années 1970 et popularisé par un article de Peter Berg et Raymond Dasmann (1977), traduit en français par Mathias Rollot en 2019. Ces deux auteurs écrivent : « Au sein d’une biorégion, on trouve une uniformité de conditions d’influence du vivant ; conditions qui à leur tour influencent l’occupation humaine. » Et plus loin : « Une biorégion peut initialement être déterminée par le biais de la climatologie, de la géomorphologie, de la géographie animale et végétale, de l’histoire naturelle et d’autres sciences naturelles encore. Cependant, ce sont les gens qui y vivent, avec leur capacité à reconnaître les réalités du vivre in situ qui s’y pratique, qui peuvent le mieux définir les limites d’une biorégion. ». Robert Thayer, cité par Mathias Rollot (2018) ajoute : « la biorégion est le lieu et l’échelle les plus logiques pour l’installation et l’enracinement durables et vivifiants d’une communauté » (Thayer 2003, p. 3).
Sources :
- Berg Peter et Dasmann Raymond, « Réhabiliter la Californie », 1977, traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathias Rollot dans EcoRev’, 2019.
- Sale Kirkpatrick, L’art d’habiter la terre. La vision biorégionale, 1984 (2020 pour l’édition française chez Wildproject).
- Latouche Serge, « Décroissance et topophilie », revue Topophile, 13 novembre 2019.
- Rollot Mathias, « Aux origines de la ’biorégion’. Des biorégionalistes américains aux territorialistes italiens », Métropolitiques, 22 octobre 2018.
- Rollot Mathias, Les territoires du vivant. Un manifeste biorégionaliste, éd. François Bourin, 2018.
- Thayer, R. 2003. LifePlace. Bioregional Thought and Practice, Berkeley : University of California Press.
Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/bioregion
Autre lecture : Les biorégions, une alternative écologique aux régions ...
Reporterre, le média de l’écologie https://reporterre.net › Les-bioregions-une-alternative-e... – « 24 juin 2021 — Chaque biorégion est précisément située, unique et reconnaissable. On y retrouve des espèces animales et végétales spécifiques, un climat ...
Actualités - ‘FireDome’ : le « Dôme de fer » contre les feux de forêt d’une start-up israélienne, inspiré de la défense antimissile - Par Sharon Wrobel 14/01/2025 – Publié par ‘fr.timesofisrael.com’
Ce système, qui tire des capsules de retardateur de feu écologique pour créer une barrière, détecte et éteint les incendies ; il devrait être testé en Israël en mai et aux États-Unis en 2026
La start-up israélienne FireDome a développé un système de défense contre les incendies de forêt. (Autorisation)
La start-up israélienne ‘FireDome’ a développé un système de défense contre les incendies de forêt. (Autorisation)
Au cœur de la guerre, alors que des alertes retentissent presque chaque jour pour mettre en garde contre les tirs de roquettes, le système de défense aérienne Dôme de fer d’Israël traque et intercepte les missiles, ce qui permet de sauver des vies.
C’est ce même Dôme de fer qui a, en janvier dernier, inspiré à Gadi Benjamini l’idée d’un système de lutte contre les feux de forêt permettant d’empêcher leur propagation.
« A l’instar d’une guerre, pour lutter contre les feux de forêt, on a en première ligne les pompiers, ce qui correspond à l’infanterie. On a aussi des avions, mais la nuit, l’obscurité rend leur action difficile, comme les vents forts. Ce que nous développons, c’est une sorte de soutien pour l’artillerie », explique au Times of Israel Gadi Benjamini, cofondateur et PDG de FireDome.
« Le plus problématique en matière de technologie climatique, ce sont les feux de forêt, et plus précisément, la lutte contre les feux de forêt, car la plupart des entreprises s’intéressent surtout à leur détection. »
« Nous développons, pour notre part, un système permettant d’améliorer l’arsenal des pompiers qui font face à plusieurs incendies simultanés, comme des feux ponctuels et des braises, et d’aller là où ils ne le peuvent pas, pour des raisons logistiques », poursuit-il.
Fondée en 2024 par son PDG, Benjamini, et la Dre Adi Naor Pomerantz, FireDome propose un système de défense contre les feux de forêt, sur le modèle du Dôme de fer, associant tactiques de défense et technologie adossée à l’IA. Conçu pour détecter et éteindre les incendies, ce système autonome en instance de brevet est conçu pour fournir deux couches de protection.
En réponse à une alerte du service d’incendie indiquant qu’un feu de forêt s’approche d’une zone définie, un lanceur stationnaire mécanique libère dans un premier temps des capsules, semblables à des projectiles, qui s’ouvrent avant impact pour disperser un produit ignifuge écologique afin de créer une barrière protectrice et empêcher la progression des feux. Dans un second temps, un système alimenté par l’IA associant vision assistée par ordinateur et capteurs détecte et éteint les incendies ponctuels causés par des braises en suspension qui auraient contourné la première barrière.
« Ces capsules intelligentes contiennent des capteurs qui nous permettent de programmer l’endroit où elles doivent s’ouvrir pour disperser leur matériau au-dessus du sol et créer ainsi une sorte de protection en forme de dôme autour de la cible. Si un incendie approche, il va le bloquer et la deuxième couche va identifier et réagir aux incendies ponctuels allumés par des braises dérivantes » explique Benjamini.
« Au final, ce qui doit être protégé reste à l’abri, de la même manière que le Dôme de fer protège une ville ou des quartiers en interceptant les missiles avant leur arrivée. »
Les cofondateurs de FireDome, Gadi Benjamini (à droite) et la Dre Adi Naor Pomerantz. (Omer Hacohen)
Selon Benjamini, qui a passé 14 ans dans l’armée israélienne, la première version du système, en cours de développement, est conçue pour protéger une quarantaine d’hectares contre les feux de forêt et est adaptée aux quartiers de petite taille, aux vignobles et aux hôtels ou centres de villégiature dans les endroits sujets aux incendies de forêt. L’objectif de la startup est de parvenir à protéger une zone allant jusqu’à 1.6 kilomètre.
FireDome dit être le tout premier système prêt à être testé en Israël dès le mois de mai, par exemple à Jérusalem ou dans la forêt du Carmel, au nord, zones propices aux feux de forêt. En 2026, cette startup de Tel Aviv envisage d’ouvrir des sites pilotes du système aux États-Unis, en ciblant les régions de Los Angeles et San Francisco.
Le Pasadena Jewish Temple & Center brûlant lors de l’incendie d’Eaton, à Pasadena, en Californie, le 7 janvier 2025. (Crédit : Josh Edelson/AFP)
S’agissant des feux de forêt meurtriers qui ont éclaté la semaine dernière dans le comté de Los Angeles, Benjamini estime qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions ou des leçons car tous les éléments ne sont pas encore disponibles.
« Nous pouvons gérer des vents forts et des incendies ponctuels : ce sont les principaux avantages de notre solution », ajoute-t-il.
« S’il avait été possible d’éteindre ces incendies au point de jonction entre les terres sauvages où il se sont déclarés et les lieux d’habitation, tout aurait sans doute été très différent, car il aurait été possible d’ériger des barrières pour protéger les lieux d’habitation tout en luttant contre les incendies ponctuels qui auraient commencé là-bas. »
« Mais il faut davantage de recherches et d’études sur ce qui s’est passé : à l’issue, nous publierons les principaux aperçus et conclusions utilisables pour notre outil afin de le perfectionner face à ces types de feux de forêt », précise-t-il.
Les incendies continuent de faire rage dans le sud de la Californie et AccuWeather estime pour l’heure les dégâts et pertes économiques à 135 voire 150 milliards de dollars. Les feux de forêt coûtent chaque année aux États-Unis de 400 à 900 milliards de dollars.
FireDome s’est fait connaitre en décembre dernier grâce à l’apport de 3 millions de dollars de fonds de démarrage venus d’investisseurs spécialistes des technologies climatiques comme Third Sphere, basé aux États-Unis, et Gravity, en Israël. Soutiennent également la startup les fonds allemand Caesar, Atooro et Vertex Ventures.
FireDome a par ailleurs obtenu une subvention de 1,5 million de dollars de l’Autorité israélienne de l’Innovation pour renforcer ses opérations de R&D. La startup est conseillée par Pinchas (Pini) Yungman, l’un des pères fondateurs du Dôme de fer et du système de défense « Fronde de David ».
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Actualités – « Dix idées pour le climat » - « Des experts invités du ‘Festival des idées du podcast ‘Chaleur Humaine’ du journal ‘Le Monde’ présentent leurs solutions… » - Cahier « du Monde » N° 24804, Nabil Wakim, daté mardi 14 janvier 2025, 4 pages
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