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"Agriculture et climat : vrai problème et fausses solutions, une Convention Citoyenne pour le Climat, le cycle de l’azote revu, la décarbonation du secteur agricole s’avère difficile et reste à bâtir : résiliente et prospère - Actions" par Jacques Hallard
vendredi 2 août 2024, par
ISIAS Agriculture Alimentation Bas carbone
Agriculture et climat : vrai problème et fausses solutions, une Convention Citoyenne pour le Climat, le cycle de l’azote revu, la décarbonation du secteur agricole s’avère difficile et reste à bâtir : résiliente et prospère - Actions
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 29/07/2024
Titre bâti avec des expressions empruntées aux auteurs choisis ici
Série ‘Agriculture Alimentation’ – Partie 1
Plan du document : Humour Préambule Introduction Sommaire Auteur
La colère gronde
Par ‘ours’, mercredi 7 février 2018 – Source
Guide pour un rire bas carbone : notre humour n’est pas soutenable – voir le ‘The carbon transition think tank’ > rapport complet – « Entendons-nous bien : notre message n’est pas d’arrêter de rire, mais bien que nous devons apprendre à rire décarboné. Nous appelons à un plan de résilience du rire. Nos sociétés trop carbonées et les activités qu’elles mettent en œuvre doivent évoluer du fait de la double contrainte carbone, de gré ou de force. Rien de pire cependant qu’un monde sans rire ! Alors si l’on veut continuer à se dérider les zygomatiques, il faut amorcer cette transition : dessinons les contours de nos futurs éclats de rire ! » - Pour lire plus > aller à la fin de ce dossier
Rappel - Changement climatique - Wikipédia • La variabilité du climat correspond à tous les changements du système climatique qui persistent plus longtemps qu’un évènement météorologique.
Les Lecteurs et Lectrices ont ici le choix : lire et écouter ce qui suit ou passer tout de suite au Préambule de ce dossier
Jean-Marc Jancovici sur LinkedIn : Jean-Marc Jancovici : Le king du bilan carbone - Y’A PLUS DE SAISONS | 209 commentaires
Jean-Marc Jancovici : Le ‘king’ du bilan carbone - Y’a plus de saisons – Vidéo 1 heure 11 minutes - Swann Périssé - Octobre 2023 - Y’a clairement une cou*lle dans le potage... Pour venir voir les deux prochains enregistrements de l’émission ’Y’a plus de saisons’, c’est ici : Mercredi 2 novembre à 19h30 avec Camille Étienne, à L’Européen à Paris : https://www.eventbrite.fr/e/billets-y... Jeudi 2 novembre à 21h30 avec Fatima Ouassak, à l’Européen à Paris : https://www.eventbrite.fr/e/billets-y... Merci à toutes les équipes de Binge Audio, les co-producteurs du projet, et tous les gens incroyables qui ont travaillé sur ce projet. Ma deuxième chaîne Youtube est ici : / @vertchezvous7612 : / swannperisse Je vous fais des bisous
https://yt3.ggpht.com/ytc/AIdro_l7TOaB7pou65zJPiJXUK6GDLDbE7qxY6MV4WGa5pO2Hcs=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjSwann Périssé Youtubeuse française -Source : https://www.youtube.com/watch?v=pRvyZPDRres
Cette partie du dossier – concocté dans un but didactique – est axée sur la notion de ‘Bas carbone’, et elle est spécialement orientée sur le monde de l’agriculture
Qu’est-ce qu’un mode de vie bas carbone ? - Un mode de vie sobre en carbone réduit les gaz à effet de serre et économise les ressources. Cela réduit notre exposition aux produits chimiques et à la pollution. Pour une planète saine et une vie saine, adoptez ce mode de vie durable et réfléchissez-y à deux fois avant de consommer. Prenez seulement ce dont nous avons besoin. Faites un meilleur choix.
Comment être bas carbone ? - Réduire, réutiliser, recycler : voilà un excellent mantra pour les maisons à faibles émissions de carbone. En veillant à ce que vous soyez toujours aussi économe en énergie que possible, vous réduirez considérablement votre empreinte carbone. 03 janvier 2020
Quelles sont les sources ‘bas carbone’ ? - Il existe quatre principaux types d’énergies dites bas carbone : l’énergie éolienne, solaire, hydraulique ou nucléaire. Les sources d’énergie renouvelables sont bonnes pour l’environnement car elles utilisent des ressources naturelles telles que le vent ou la lumière du soleil pour produire de l’électricité. Le meilleur, c’est que les énergies renouvelables ne s’épuisent jamais, ce qui en fait une ressource infinie. 08 juillet 2020
Projet bas-carbone : c’est un projet qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou de séquestrer les émissions de CO2. C’est par exemple reboiser une friche ou encore séquestrer du carbone dans les sols agricoles en changeant les pratiques agricoles. 10 novembre 2022
Le label Bas carbone certifie les projets de réduction de gaz à effet de serre ou de séquestration carbone dans de nombreux secteurs (forêt, agriculture, transport...). Il constitue également un repère pour les financeurs (particuliers, entreprises...) engagés dans une démarche de compensation carbone. 05 juillet 2023
Transition bas carbone - Le concept de « transition bas carbone » fait référence au passage d’une économie fortement dépendante des combustibles fossiles à une économie durable à faibles émissions de carbone. Un changement fondamental dans la manière dont nous organisons les services énergétiques est nécessaire pour réduire les risques de changement climatique catastrophique.
Comment contribuer au bas carbone ?
- Réduction de la consommation d’énergie (sobriété et efficience énergétique)
- Optimisation des déplacements et de la logistique.
- Achat de produits moins émetteurs lors de leur fabrication et leur acheminement.
- Substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables et de récupération.
Que signifie décarboner l’économie ? - La décarbonisation ne peut être réalisée que grâce à une transition énergétique, un changement structurel qui élimine le carbone de la production d’énergie. Cela implique l’électrification de l’économie basée sur des énergies propres et alternatives qui n’émettent que ce que la planète peut absorber.
France - Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) - Publié le 19 décembre 2018 - Mis à jour le 21 juillet 2022 - Lutte contre le changement climatique –
Sommaire :
1.Stratégie Nationale Bas-Carbone
2.Pourquoi viser la neutralité carbone à l’horizon 2050 ?
3.La trajectoire cible et les budgets carbone
4.Les orientations de la SNBC
5.La SNBC : une stratégie qui parle à tous
6.Mise en œuvre de la SNBC
7.Un processus régulier de révision
Stratégie Nationale Bas-Carbone
Introduite par la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique. Elle donne des orientations pour mettre en œuvre, dans tous les secteurs d’activité, la transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable. Elle définit une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 2050 et fixe des objectifs à court-moyen termes : les budgets carbone. Elle a deux ambitions : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et réduire l’empreinte carbone de la consommation des Français. Les décideurs publics, à l’échelle nationale comme territoriale, doivent la prendre en compte… - Lire en totalité > https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/strategie-nationale-bas-carbone-snbc
Quels sont des leviers pour une agriculture moins émettrice de gaz à effet de serre ?
Pour réussir cette transition agricole et écologique, le secteur possède quelques leviers afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Changement de pratiques, développement des énergies renouvelables et stockage du carbone sont les 3 principaux leviers qui vont permettre ce changement. 17 mars 2021
Comment stocker du carbone en agriculture ?
Avec la photosynthèse, les végétaux captent le CO2 et permettent de le stocker (sous forme carbone) dans les parties aériennes (feuilles, branches…) et souterraines (racines), puis par dégradation sous forme de matière organique dans les sols. On parle alors de stockage carbone.
L’agriculture résiliente au changement climatique est définie comme la persistance et l’adaptabilité des agriculteurs grâce à des méthodes agricoles durables et transformatrices pour atténuer les effets du changement climatique, augmenter les productions agricoles et réduire la faim et la pauvreté.
Le présent dossier est la Partie 1 de la Série ‘Agriculture Alimentation’. Après une partie humoristique et un Préambule, il propose tout d’abord une rétrospective sur le climat avec un document de la ‘confederationpaysanne.fr’, ainsi qu’une note de ‘Basta’ intitulée « Comment les lobbys industriels ont saboté les réformes voulues par les citoyens de la Convention climat »
Puis deux articles de la presse régionale (‘Nouvelle République’), rapportent des points de vue d’agriculteurs de début 2004…
Suivent d’une part un rappel d’une infographie très bien présentée d’Adrien Leroy pour ‘Le Sillon’ sur « Des voies vers une agriculture bas-carbone », et d’autre part, un point de vue diffusé par ‘agoravox.fr’
Adrien Leroy est journaliste indépendant et vit en Allemagne, en Rhénanie du Nord. Il a intégré l’équipe du Sillon en 2012 comme rédacteur et couvre des sujets allant de l’agriculture de précision aux anciennes races bovines, en passant par la viticulture et l’agritourisme….Source .
Le Sillon était un mouvement politique et idéologique français fondé en 1898 par Marc Sangnier (1873-1950). Il vise à rapprocher le catholicisme de la République, en s’offrant aux ouvriers comme remplacement aux mouvements de la gauche anticléricale et matérialiste… - Idées - Le Sillon a pour but de réaliser en France la république démocratique. Ce n’est donc pas un mouvement catholique, en ce sens que ce n’est pas une œuvre dont le but particulier est de se mettre à la disposition des évêques et des curés pour les aider dans leur ministère propre. Le Sillon est donc un mouvement laïque » - — Marc Sangnier, La Croix, 1905… - Source
Olivier Cabanel : écologiste de la première heure, je suis aussi à l’origine (avec 2 autres militants), de la première centrale photovoltaïque reliée au réseau en France, mais aussi un artiste, chanteur, compositeur, peintre, et journaliste citoyen. retrouvez toutes mes poésies sur le lien : https://amzn.eu/d/ex7aU8f
découvrez mes chansons :https://www.youtube.com/watch?v=m1JM0UTCvS0
ou celle-là : https://www.youtube.com/watch?v=1cghIqWySSY
je prépare un nouvel album dont toutes les chansons seront en 432. Ses articles par RSS- Source : https://www.agoravox.fr/auteur/olivier-cabanel
Ensuite, vient un rappel scientifique très documenté sur l’agriculture. Industrielle et le cycle de l’azote écrit par Gilles Billen et publié par ‘theconversation.com’ : « Comment l’agriculture industrielle bouleverse le cycle de l’azote et compromet l’habitabilité de la terre »…
Enfin le sujet principal de ce dossier aborde la décarbonation en agriculture avec ce verdict de Jean-Marc Jancovici qui en appelle ainsi aux agriculteurs avec ce constat : « L’agriculture est le secteur le plus complexe qu’on ait eu à regarder », d’après les travaux de ‘The Shift Project’
Le Rapport intermédiaire « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » du ‘The Shift Project’ est décortiqué par ‘bigmedia.bpifrance.fr’ : « Bilan carbone dans l’agriculture : comment réduire son empreinte ? », avec la démarche méthodologique suivie par divers collaborations du mouvement ‘The Shift Project’…
Finalement est annoncé le « Guide pour un rire bas carbone » avec les accès au Rapport complet et un Avant-propos….
Les documents sélectionnés pour ce dossier sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après
Retour au début de l’introduction
- Rétrospective - Climat : vrai problème, fausses solutions - 01.12.2015 – Document ‘confederationpaysanne.fr’
- Rappel - Comment les lobbys industriels ont saboté les réformes voulues par les citoyens de la Convention climat - 08 février 2021 par Barnabé Binctin – Document ‘Basta’
- Agriculture - Trois lecteurs dialoguent sur les évolutions agricoles et climatiques - Par Rédaction ‘Nouvelle République’ - Publié le 08/10/2023 à 18:00, mis à jour le 08/10/2023 à 18:00
- Agriculture - Débats et perspectives au salon de l’agriculture - Par RÉDACTION ‘Nouvelle République’ - Publié le 28/02/2020 à 06:25, mis à jour le 28/02/2020 à 06:25
- Rappel - Infographie : Des voies vers une agriculture bas-carbone – [Belle synthèse] - Novembre 2021 - Texte : Adrien Leroy - Illustration : Die Magaziniker
- Rappel - Dans agriculture, il y a agri...(ou tueur ?) par olivier cabanel mardi 23 janvier 2024 – Document ‘agoravox.fr’
- Rappel scientifique - Agriculture industrielle - Cycle de l’azote - Comment l’agriculture industrielle bouleverse le cycle de l’azote et compromet l’habitabilité de la terre - Publié : 7 décembre 2023, 10:09 CET – Auteur Gilles Billen – Document ‘theconversation.com’
- Décarbonation : « L’agriculture est le secteur le plus complexe qu’on ait eu à regarder » reconnait Jean-Marc Jancovici qui en appelle aux agriculteurs - Publié le 11 juin 2024 - Par Nathalie Marchand - [Mis à jour le 14 juin 2024 avec le nombre de retours des agriculteurs] - Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project. © The Shift Project
- Rapport - « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » : The Shift Project publie son rapport intermédiaire - 6 juin 2024 – Document ‘theshiftproject.org’
- Bilan carbone dans l’agriculture : comment réduire son empreinte ? - 16 avril 2024 – Document ‘bigmedia.bpifrance.fr’ - © Copyright
- Rapport - « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » : The Shift Project publie son rapport intermédiaire - 6 juin 2024
- Guide pour un rire bas carbone - Rapport complet - Avant-propos
Retour au début du sommaire
Retour au début de l’introduction
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Rétrospective - Climat : vrai problème, fausses solutions - 01.12.2015 – Document ‘confederationpaysanne.fr’
http://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/articles/images/agro-carburants.jpeg
Pour résoudre la crise du réchauffement climatique, les multinationales proposent de fausses solutions. Loin de régler le problème, elles apportent leur lot de dégâts. Petit tour d’horizon.
Fausse solution #2 : les agrocarburants
Chez les promoteurs de fausses solutions, on les appelle « bio »carburants. Il s’agit d’une production qui aurait l’énorme mérite de réduire la dépendance au pétrole, et donc ses émissions de gaz à effet de serre, en créant de l’énergie à base de végétaux, une ressource présentée comme illimitée, à la différence des énergies fossiles !
Vraiment ?
En réalité, la production d’agrocarburants mobilise de grandes surfaces de terres agricoles au détriment de la production alimentaire. Des milliers d’hectares de terres fertiles sont détournés de leur vocation nourricière, remettant en cause le droit à la souveraineté alimentaire des populations locales. De plus, l’expulsion des paysans de ces terres dans des conditions parfois violentes est une négation de la dignité des personnes et de leurs droits.
Comme il en faut toujours plus, on se met à chercher des terres partout, et on décide alors d’arracher les arbres en Amazonie et ailleurs. La destruction de ces zones, souvent reconnues comme puits de carbone, entraîne d’importantes émissions de CO2.
A cela s’ajoute un mode de culture ultra-intensif, fortement consommateur d’intrants chimiques divers. Pour le « bio », on repassera…
Enfin, la crise alimentaire de 2007-2008 avec ses émeutes de la faim, nous l’a montré de manière exacerbée : les agrocarburants provoquent une pression très forte sur le prix des denrées alimentaires, et les multinationales ont très vite évalué les bénéfices qu’elles pouvaient tirer. On notera d’ailleurs la forte présence sur ce marché du français Sofiprotéol-Avril dirigé par Xavier Beulin (président du syndicat agricole majoritaire en France).
AUTRES ACTUALITES SUR LE SUJET :
- Sécheresse - Préserver la production alimentaire aujourd’hui, réduire, prioriser et socialiser l’utilisation de l’eau demain
- Marché carbone : un Ministre de l’agriculture au service du secteur privé
- Loi Climat et résilience : « Nous vivons au-dessus de nos moyens écologiques »
- Face à l’urgence climatique, marcher pour l’emploi paysan
- Des fermes qui respectent le climat, c’est possible !
+ d’actus
POUR ALLER PLUS LOIN Nos positions
https://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/cs/images/CS407-couv.jpg
LIENS :
- Coordination Européenne Via Campesina
- La Via Campesina
- Les Amis de la Confédération paysanne
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Source : http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=4064
Rappel - Comment les lobbys industriels ont saboté les réformes voulues par les citoyens de la Convention climat - 08 février 2021 par Barnabé Binctin – Document ‘Basta’
Les propositions de la ‘Convention Citoyenne pour le Climat’, qui seront présentées en conseil des ministres, n’ont que peu à voir avec les intentions de leurs auteurs. Les lobbys pro-industriels, en une offensive tardive mais intense, se sont chargés de les nettoyer, avec l’appui d’un État connivent.
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Avion, automobile, agro-business, publicitaires... Le rouleau compresseur des lobbys a réussi à vider de toute substance le projet de loi censé donner suite à la Convention Citoyenne pour le Climat. Accès privilégié aux décideurs, études biaisées, marketing vert, guerre des mots dans les médias et mobilisation de complices au cœur même de l’État... Premier volet d’une enquête sur la force de frappe déployée par les industriels pour tuer les propositions des « citoyens », à lire aussi sur notre Observatoire des multinationales.
Où est donc passée l’obligation de rénovation thermique des logements ? Qui a ajouté cette dérogation concernant l’interdiction de nouveaux centres commerciaux ? Pourquoi la redevance sur les engrais azotés est-elle reportée ? Quid du moratoire sur la 5G ou de l’interdiction de la publicité pour la malbouffe ?
Sept mois et demi après leur rendu, le 21 juin 2020, les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat arrivent, « comme convenu », à la table du conseil des ministres le 10 février, sous la forme d’un projet de loi [1].
Mais c’est bien, semble-t-il, la seule chose qui ait été à peu près respectée – et encore, non sans un certain retard. Pour le reste, la lecture du texte suffit à comprendre l’ampleur des dégâts : nombre de mesures phares ont disparu, sont rognées ou détournées selon les cas, quand elles n’ont pas été tout bonnement expurgées.
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L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre « d’au moins 40 % d’ici 2030 » [2], reste-t-il atteignable, dans ces conditions ? De l’aveu même de l’exécutif, entre la moitié et les deux tiers « du chemin », seulement, serait « sécurisé », reconnaît l’étude d’impact associée au projet de loi. On en serait bien plus loin, selon le député Matthieu Orphelin, qui a ‘contre-expertisé’ le document officiel.
En l’état, le projet de loi ne parviendrait en réalité à économiser au maximum que 13 MtCO2/an… soit 12 % de l’objectif total [3]. Dans son avis rendu fin janvier, le CESE ne s’encombre pas de précautions : considérer que ce texte « s’inscrit dans la stratégie nationale bas-carbone » [4] n’est rien d’autre qu’un « abus de langage » [5].
9 mois de travaux... et une amère désillusion
Le grand espoir de la Convention Citoyenne accoucherait-il d’une minuscule souris ? Quand, en avril 2019, Emmanuel Macron annonce la mise en place de ce processus inédit, l’objectif se voulait clair : dé-confiner la décision publique, loin de l’entre soi technocratique et de ses traditionnels réseaux d’influence, en invitant 150 citoyens tirés au sort à définir une feuille de route climatique ambitieuse pour l’État français.
Un drôle de pari, un peu comme ces repas de famille ouverts aux enfants pour la toute première fois : tout le monde fait mine de s’en réjouir poliment, on met les petits plats dans les grands pour l’occasion, mais chacun se demande bien comment ça finira. Pour convaincre les impétrants autant que pour rendre la démarche crédible, le président de la République avait doublé cette politesse d’une promesse : le résultat final de leurs travaux serait repris « sans filtre » et transmis tel quel au Parlement pour intégrer le circuit législatif traditionnel, ou soumis directement à référendum.
Pendant 9 mois, d’octobre 2019 à juin 2020, les 150 « conventionnels » ont donc travaillé d’arrache-pied pour définir les contours de la future politique climatique, s’attaquant à tous les champs du spectre concerné, des transports à l’alimentation en passant par le logement. Au final, 149 propositions détaillées et concoctées dans un épais rapport de 460 pages, que Laurence Tubiana, l’une des trois coprésidentes du comité de gouvernance, qualifiait de « vrai projet de société », à l’issue du vote.
Qu’en reste-t-il ? Pas grand-chose, si ce n’est une amère désillusion : « Le mécanisme avait été pensé et façonné de façon à neutraliser tout risque de lobbying, explique Cyril Dion, initiateur de cette démarche à la fin de l’année 2018, et devenu par la suite l’un des « garants » de la Convention. Les citoyens ont pu auditionner toute une série d’acteurs dans les différents secteurs d’activités, mais ceux-ci étaient exclus des délibérations collectives, propres aux « 150 », qui agissaient comme un garde-fou contre les tentatives d’influence ».
Ce dessein a bel et bien été respecté : la Convention Citoyenne pour le Climat n’aura pas été le théâtre d’un farouche lobbying, en son sein. C’est qu’elle n’a guère été source de préoccupation, non plus, à ses débuts : longtemps, le processus n’aura suscité que du désintérêt, au mieux. « Au début de la Convention, le responsable des relations publiques de Total ne savait pas ce que c’était, il ne connaissait même pas le mot, raconte une personne membre du comité de gouvernance. Ce n’était absolument pas dans leur radar, et ça ne l’a pas été pendant longtemps. Comme c’était quelque chose de très nouveau, je pense qu’ils ont sous-estimé le poids politique qu’on pouvait représenter, à terme… ».
Mais le ton change brutalement, à la publication des résultats en juin 2020, et l’excès de confiance s’estompe devant la « radicalité » des préconisations finales. Plusieurs secteurs économiques – l’automobile, l’aéronautique, l’agriculture, la publicité, les grandes surfaces – habitués à pouvoir se contenter de vagues promesses vertes, se voient sommés par de simples citoyens de changer réellement certaines de leurs pratiques. Inconcevable pour beaucoup de représentants industriels, qui se lancent alors à l’assaut de la future loi pour la vider de sa substance.
C’est cette offensive que raconte en détail le nouveau rapport de l’Observatoire des multinationales « Lobbys contre citoyens. Qui veut la peau de la convention climat ? ». Et tant pis pour la promesse du « sans-filtre », renvoyée à la figure des plus crédules. L’histoire de la convention citoyenne pour le climat est celle d’un cruel paradoxe : censée redonner aux citoyens une place digne de ce nom à la table des délibérations politiques, elle finit par démontrer au contraire la profondeur de l’emprise des lobbys.
Le branle-bas de combat de tout ce que Paris compte comme cabinets et officines pro-industriels
C’est peu dire que le match ne se joue pas à armes égales. Pour se faire entendre, les intérêts privés s’appuient sur une solide machine d’influence, mobilisée pour torpiller les propositions citoyennes. Une machine d’autant plus efficace qu’elle agit à plusieurs niveaux, pour mieux enserrer les décideurs dans sa toile. Quand les industriels veulent défendre leurs intérêts, ils le font en bande organisée.
En plus de leurs propres équipes d’ « affaires publiques », ils multiplient leur force de frappe par l’intermédiaire de fédérations ou d’associations professionnelles sectorielles : l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires) dans l’agroalimentaire, la PFA (Plateforme française de l’automobile) dans l’automobile, ou encore l’IATA (International Air Travel Association) pour l’aérien, tous rompus à la défense de leurs intérêts collectifs.
Pour se doter d’une légitimité plus « populaire », celles-ci peuvent s’allier avec des associations dites de consommateurs ou bien les créer de toutes pièces, une pratique appelée « astroturfing ». La bien-connue association « 40 millions d’automobilistes », financée en partie par les industriels, y a ainsi été de sa pétition contre les « mesures anti-automobilistes » proposées par la convention citoyenne, et présentées comme des « élucubrations écologistes extrémistes »…
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Le paysage ne serait pas complet sans les ‘think tanks’, qui assurent pour leur part la caution « expertise ». Financés en large partie par les grandes entreprises qui siègent également à leur conseil d’administration, ils peuvent se révéler d’habiles messagers dans les médias. Entre l’Institut Montaigne, suggérant à travers un sondage que les Français jugeraient la convention « inutile », ou la Fondapol - dont le directeur assimilait les citoyens à « des personnes compétentes en rien, élus par personne » lors d’une journée organisée par… l’Union française des semenciers, soit l’un des principaux lobbys de l’agrochimie -, sans oublier les notes alarmistes de l’Ifrap pour dénoncer le coût exorbitant des propositions citoyennes [6], les think tanks libéraux auront pris leur part dans la grande offensive lancée contre la Convention Climat.
En coulisse, d’autres leviers d’influence savent également se mobiliser de façon plus discrète. C’est précisément le rôle des cabinets de lobbying, missionnés par les entreprises pour défendre leurs intérêts et particulièrement actifs ces derniers mois : « Tous les cabinets de Paris travaillent sur la CCC » déclarait ainsi l’un d’eux, il y a quelques jours. Parmi eux, certains semblent faire de l’opacité une règle cardinale. C’est le cas d’Argonium, une officine de lobbying récemment créée, qui déclare avoir été en contact avec plusieurs ministères au sujet de cette législation, mais sans préciser pour le compte de quels clients [7].
Un autre s’est particulièrement distingué : le cabinet Boury Tallon, l’un des plus importants de la place de Paris, qui compte parmi ses clients directs des firmes concernées au premier plan par la convention, telles qu’Air France et BASF. Selon nos informations, c’est ce même cabinet qui a démarché le député Matthieu Orphelin pour lui organiser un rendez-vous, la première semaine de janvier, avec un grand groupe de l’audiovisuel, inquiet des mesures sur la publicité. Signe de l’agitation qui règne, le député a également rencontré, la même semaine, un autre acteur industriel, pour parler « mobilité » cette fois, à l’initiative d’un autre cabinet de lobbying, l’agence Rivington. « J’accepte rarement ce genre de demande, mais quand je le fais, je m’engage à le rendre public ! », précise Matthieu Orphelin.
Il faut dire que le cabinet Boury Tallon est un habitué du genre : c’est lui qui est à l’origine de ce que l’on a longtemps appelé les ’rencontres parlementaires’. Depuis, le terme ’parlementaire’ a été pudiquement interdit, mais le principe reste inchangé : élus et représentants d’intérêts se réunissent, à l’invitation (et grâce au financement) de ces derniers, pour discuter des grandes décisions politiques à venir, dans un entre soi sans réelle garantie de contradictoire à côté. Comme par hasard, ces « rencontres » se sont multipliées ces derniers mois, où l’on a entendu des représentants de Total ou de la FNSEA disserter à coeur joie, et sans contradicteurs, sur leur engagement écologique.
La connivence de l’État et de ses administrations avec les intérêts privés des pollueurs
Si les grands groupes peuvent mobiliser des armées de lobbyistes, de communicants, d’experts et d’influenceurs, leurs alliés les plus décisifs se trouvent souvent au sein même de l’appareil d’État. C’est le ressort secret de leur influence. La Convention citoyenne a été conçue pour sortir de l’entre soi des industriels et de l’administration. On en est vite revenu aux vieilles habitudes.
Dès septembre 2020, une multitude de réunions dites de « concertation » sont organisées sous l’égide du ministère de la Transition écologique. L’objectif ? Officiellement, rediscuter thématique par thématique des propositions citoyennes. Officieusement, faire voler en éclats la promesse du « sans-filtre » et annoncer la couleur : la porte est grande ouverte aux intérêts privés.
Ces réunions signent très vite l’extrême disproportion des forces entre les parties prenantes représentées : « 95 participants, 3 citoyens de la Convention Citoyenne, 2 représentants d’ONG… y’a pas comme un déséquilibre ? » interpellait ainsi sur Twitter Agnès Catoire, l’une des représentantes de la Convention, le 18 septembre dernier, au sujet d’une réunion sur la publicité.
https://basta.media/local/adapt-img/610/10x/IMG/png/capture_twitter.png?1638401199
Quelques jours plus tôt, c’est une réunion sur le trafic aérien qui est reportée à la demande de citoyens et d’ONG s’inquiétant de « l’équilibre entre les participants ». Concernant l’automobile, une responsable associative se souvient de la première « concertation », à laquelle elle participe : « C’était un simulacre de débat, avec une surreprésentation des acteurs de l’industrie d’un côté, et quasiment aucun temps de parole de l’autre… On sentait bien que c’était relativement orchestré. » « Les dés étaient pipés : les informations n’étaient pas toutes transmises de la même façon selon qu’on soit une ONG ou un acteur économique, la représentativité était très inégale, et à la fin, les discussions consistaient surtout à nous rabâcher que les propositions des citoyens étaient irréalistes et inapplicables », renchérit Anne Bringault, coordinatrice du Réseau Action Climat, qui a fini par boycotter le processus comme plusieurs autres ONG.
Lire aussi : Promesse d’un avion vert et défense de la liberté : la stratégie du secteur aérien pour contrer toute régulation
Mais il est un autre outil, plus sournois encore, pour neutraliser les débats : l’étude d’impact socio-économique, et l’« objectivité » des résultats qui en découle. L’argument se veut d’autant plus implacable qu’il provient directement de la puissance publique, réputée tout aussi objective.
Que ce soit dans les transports ou dans l’agriculture, les services de l’État ont ainsi largement contribué à nourrir le discrédit jeté sur les propositions des citoyens, en multipliant les dites études d’impact. Au ministère des Transports, c’est la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) qui s’est chargée de stigmatiser les mesures concernant l’aviation grâce à une étude chiffrant les pertes économiques et d’emploi pour le secteur (nous reviendrons dans article spécifique sur le lobbying de ce secteur).
« Risque élevé de perte de compétitivité » : l’argument pour ne pas sauver la planète
Quant au ministère de l’Agriculture, il s’est attaché à déconstruire une autre mesure importante : la redevance sur les engrais azotés. La DGPE (Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises) s’est ainsi fendue d’une note à l’attention du ministre, Julien Denormandie, pour dénoncer « le manque de pertinence de l’approche proposée » et « le risque élevé de perte de compétitivité pour l’agriculture française vis-à-vis de ses concurrents européens », allant jusqu’à arguer de « son faible rendement en termes de bénéfices environnementaux »…
S’en suivent neuf pages rangées derrière le titre d’ « études d’impact » et censées ainsi asseoir l’expertise de la décision. Effet garanti : dans le texte de loi présenté ce mercredi, la mesure est donc reportée « à partir de l’année 2024 », et sous certaines conditions particulières.
Ces études d’impact masquent mal la complaisance de l’État à l’égard des intérêts industriels qu’il est pourtant censé réguler. « Ces études d’impacts socio-économiques sont très orientées, réalisées par les administrations en charge des secteurs concernés, et ne présentent que le petit bout, défavorable, de la réalité globale : les pertes d’emplois évoqués ne sont jamais mises en perspectives avec les créations d’emplois qui pourraient être générées dans d’autres domaines, ni avec les gains sociaux et environnementaux que la mesure va engendrer, analyse ainsi Anne Bringault. Elles sont pourtant devenues un leitmotiv important des lobbys pour marteler leur discours et décrédibiliser les propositions de la Convention. »
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Il restait d’ailleurs une dernière étape administrative à franchir avant que le projet de loi soit présenté en Conseil des ministres : son examen par le Conseil d’État, chargé justement lui aussi d’évaluer l’impact de la législation. Le directeur de la DGAC Patrick Gandil, « sous la houlette » duquel a été élaborée l’étude évoquée plus haut, vient tout juste de rejoindre les rangs de cette institution qui peut elle-même devenir un haut lieu de lobbying. L’Observatoire des multinationales l’avait montré à propos de la loi Hulot sur la fin des hydrocarbures [8].
Et pendant ce temps-là, à l’Elysée ? Emmanuel Macron donne dans la « lampe à huile » et les « Amish » sans jamais se départir de ses beaux habits de champion du climat – drôle de trajectoire parallèle. Au sujet de la Convention Citoyenne, le ton est pourtant monté d’un cran, le 4 décembre dernier, lors de son interview accordée à Brut. « En colère », le président a balayé d’un revers de main orgueilleux les critiques à son égard : « J’ai 150 citoyens, je les respecte, mais je ne vais pas dire : ’Ce qu’ils proposent, c’est la Bible, le Coran, ou que sais-je !’ », en s’insurgeant par ailleurs de ne pas avoir « de leçons à recevoir ! ».
Se sait-il pris au piège de ses propres renoncements et de ses propres contradictions ? Son drôle de pari est aujourd’hui bien mal embarqué : les masques tombent sur ses réelles ambitions climatiques, tandis que l’expérience démocratique révèle crûment la prédominance des lobbys et l’oreille qu’il leur prête. Peut-être Emmanuel Macron a-t-il sous-estimé un détail important, dans cette histoire : les « enfants » n’étaient pas là pour faire de la figuration. Pis, en matière de lutte contre le changement climatique, ils avaient bel et bien des choses à dire.
Barnabé Binctin - Dessin : Rodho
2e volet de notre enquête : Promesse d’un avion vert et défense de la liberté : la stratégie du secteur aérien pour contrer toute régulation
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À lire : ’Lobbys contre citoyens. Qui veut la peau de la convention climat’, rapport de l’Observatoire des multinationales (pdf, 21 pages).
La mascarade de l’étude d’impact du projet de loi
C’est un peu l’arroseur arrosé, ou comment l’État s’est fait avoir à son propre jeu, sur les études d’impact : celle réalisée par le ministère de la Transition écologique au sujet du projet de loi global se retrouve aujourd’hui sous le feu des critiques. Dans son avis rendu il y a quelques jours, le CESE « observe que l’étude d’impact, très volumineuse, comporte particulièrement peu d’informations utilisables et ne donne pas, sauf rares exceptions, les renseignements attendus sur les impacts des mesures sur les émissions de gaz à effet de serre » – une façon diplomatique de pointer sa vacuité.
Pis, le député Matthieu Orphelin dénonce carrément un « mensonge » sur la base de ses propres calculs. Le courrier qu’il a, à la suite de sa contre-étude, adressé au président de la République et au Premier ministre a visiblement fait des remous : le ministère aurait ainsi diligenté une contre-expertise de sa propre étude d’impact, une « méthode [qui] devrait permettre de répondre au courrier de M. Orphelin » selon le message adressé en interne.
La mission a été confiée à un cabinet de consultants, mais cette fois ce n’est pas McKinsey : c’est BCG, un partenaire historique du secteur aérien et auteur d’une étude en juillet sur la « relance durable », réalisée pour le compte d’Entreprises pour l’environnement, le lobby écolo du CAC40…
Matthieu Orphelin s’en étrangle, aujourd’hui : « Il aura donc fallu que je me charge moi-même d’une contre-étude, et que je la rende publique, pour que l’État se décide à faire une véritable évaluation de la loi ? Et pourquoi alors ne pas la confier au CGDD, dont c’est précisément la mission ? Pourquoi payer ce gros cabinet d’études externe ? ». Au royaume des chiffres, l’objectivité est décidément une cause bien partiale.
Notes
[1] Intitulé exact : « Projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets »
[2] Le mandat confié à la Convention Citoyenne pour le Climat était ainsi formulé : « définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990 ».
[3] Une baisse de 40 % correspondrait à une économie de 112 MtCO2/an. Voir ce tweet de Matthieu Orphelin
[4] Feuille de route visant à atteindre la neutralité carbone en 2050, avec une trajectoire reprenant ce même objectif d’une réduction des émissions de 40 % par rapport à 1990.
[5] Lire la page 67 de l’avis du CESE ici.
[7] Voir sa fiche sur le registre des représentants d’intérêts de la HATVP .
[8] Voir le rapport « Les Sages sous influence », ainsi que cet article
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Agriculture - Trois lecteurs dialoguent sur les évolutions agricoles et climatiques - Par Rédaction ‘Nouvelle République’ - Publié le 08/10/2023 à 18:00, mis à jour le 08/10/2023 à 18:00
Labourages…
Labourages… © (Dessin Péhel)
Face au changement climatique, l’agriculture va devoir s’adapter et modifier certaines de ses pratiques. Mais ce n’est pas si simple…
Thierry Murat, de Villebarou (Loir-et-Cher) : « Je remercie le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau : un peu de nostalgie fait toujours du bien. L’interview du samedi 9 septembre me rappelle ma jeunesse, quand les agriculteurs de ma famille me parlaient de plus en plus d’innovations technologiques.
« Mais les plus petits producteurs (moins de 80 hectares) parlaient ensuite d’endettement, de faillites, de fermetures et pour certains de suicide – j’ai rencontré un éleveur, qui compte deux suicides dans sa famille et trois parmi ses voisins.
« Pour payer ces “ engins agricoles rutilants ”, les aides sont indispensables ainsi que l’agrandissement des exploitations agricoles, au détriment des jeunes qui veulent s’installer et des petits producteurs (un peu comme pour les bassines).
« Encore une fois ce sont les très gros qui vont bénéficier de “ ces innovations ”. M. Fesneau, est ministre de la souveraineté alimentaire, donc pas sans savoir que dans les pays du sud, on fait marche arrière : l’agroalimentaire industriel ne fonctionne pas.
« L’agriculture familiale est une très bonne solution, celle qui respecte la terre, les saisons. Les exploitations agricoles de centaines d’hectares ont détruit les terres, et mis au ban de la société des milliers d’agriculteurs – la très grande majorité des personnes qui souffrent de la faim, 1 habitant sur 10 dans le monde, sont des paysans.
« Une productivité agricole moins aléatoire pour s’attaquer aux causes de l’effet de serre »
« Je ne me permettrais pas de donner une leçon au ministre, je lui dirais seulement d’élargir le spectre de ses informateurs ; d’aller voir ceux qui touchent de près la terre, plutôt que ceux qui pianotent sur le clavier d’un ordinateur ».
Sauver l’élevage
Elie Jeulin, de Lignières (Loir-et-Cher) : « Il y aurait trop de vaches en 2023 ! Je suis paysan retraité de 88 ans, et je ne peux supporter tous les détracteurs de l’agriculture, qui déboussolent les citoyens.
« Si l’élevage disparaît, nous allons créer des problèmes : des prairies inondables abandonnées ; des coteaux qui vont se dégrader si on les cultive ; la terre arable risque d’être emportée par les précipitations.
« Les bovins se couchent et dorment sur de la paille, sous des hangars. Les éleveurs trouvent ainsi du fumier pour enrichir leurs terres.
« “ Du CO2, c’est quoi ça ? ”, diraient les anciens ! »
Dialogue précise : L’opposition entre éleveurs de races à viande et écologistes peut être tempérée par les rapports du Giec.
Selon la filière bovine, l’élevage ne consomme que 8 % de l’eau utilisée en France ; et pour produire un kilo de bœuf, il faut 200 litres d’eau environ. En 2006, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a estimé que l’activité liée à l’élevage représenterait, au niveau mondial, 18 % des émissions de gaz à effet de serre. En France, la part de ce secteur s’élève à 11 %. L’élevage émet trois types de gaz à effet de serre : le C02, le méthane et le protoxyde d’azote.
Selon le Giec, les émissions humaines de méthane proviennent à 40 % de l’agriculture, 35 % des énergies fossiles (gaz de schiste, extraction de pétrole…) et 20 % des déchets. Côté agricole, c’est la production animale qui rejette l’essentiel du méthane. Inquiétant, tant l’appétit mondial de viande enfle…
Réduire de 45 % les émissions de méthane d’ici à 2040 permettrait d’éviter 0,3 °C supplémentaire. Et améliorerait rapidement la qualité de l’air.
Hivers et canicules
Jean-Pierre Pestie, d’Azay-sur-Cher (Indre-et-Loire) : « Alors que la fréquence et l’intensité des canicules se sont accrues ces dernières années, il semble paradoxal de prétendre que le premier effet du réchauffement climatique a été la disparition des hivers.
« Dans un passé lointain, deux ou trois fois par siècle, on traversait à pied la Seine, le Rhin ou le Rhône durant plusieurs semaines d’hiver ! Plus près de nous, les trois hivers rigoureux “ d’après-guerre ” qui restent en mémoire sont ceux de 1954, 1956 et 1985.
« Depuis une trentaine d’années, il devient très rare d’observer en Touraine deux nuits de suite à -10 °C. Récemment, un second effet se manifeste également par l’apparition de journées caniculaires précoces.
« Ces deux effets conjugués ont de graves conséquences sur l’ensemble de la végétation. Les hivers cléments d’aujourd’hui amenuisent la période du repos végétatif et engendrent de facto la précocité du redémarrage de la végétation. Il est de plus en plus fréquent de constater cette reprise aux premières températures élevées dès mi-février ou début mars.
« On comprend pourquoi les gelées d’avril à -5 ou -6 °C, qui, elles, perdurent, sont aussi destructrices pour les récoltes des arbres fruitiers et des vignobles. Aux dégâts des gelées tardives, s’ajoutent les effets des jours caniculaires précoces du mois de juin.
« Il faut retenir que la durée d’ensoleillement au 15 juin est supérieure de près de deux heures à celle du 15 août. Quelques jours caniculaires au mois de juin suffisent à griller la végétation vulnérable.
« En juin, le soleil est plus haut dans le ciel, ce qui signifie que l’autoprotection naturelle de la végétation par son ombrage est minimale. Ainsi, le soleil peut atteindre directement une partie importante du sol en accentuant encore son assèchement. Une telle situation nécessiterait de chauffer vergers et vignes au mois d’avril et de les protéger des jours caniculaires du mois de juin par des voiles d’ombrage !
« L’agriculture est l’activité humaine la plus exposée aux dérèglements climatiques. Quelques adaptations sont possibles, mais trouver des plantes susceptibles de résister à toutes les calamités destructrices observées au printemps et en été apparaît utopique.
« Le retour à une productivité agricole moins aléatoire nécessiterait de s’attaquer aux causes de l’effet de serre plutôt qu’à essayer de s’adapter aux conséquences. Un autre défi mondial de taille ! »
La Nouvelle République s’engage
> « Plus verte la vie » : Par volonté ou par contrainte, les habitants de nos territoires doivent s’adapter au réchauffement climatique. Dans des podcasts, nous avons pris le parti d’aller à la rencontre de celles et ceux qui ont changé leurs habitudes.
> « Foutue planète » : Ce groupe Facebook a été créé par des journalistes de la NR et de Centre Presse, concernés par les problématiques d’environnement et de climat. On y partage des informations, initiatives et réflexions pour que la planète ne soit pas irrémédiablement foutue.
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RÉDACTIONRÉDACTION Nouvelle République
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Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/france-monde/trois-lecteurs-dialoguent-sur-les-evolutions-agricoles-et-climatiques
Agriculture - Débats et perspectives au salon de l’agriculture - Par RÉDACTION ‘Nouvelle République’ - Publié le 28/02/2020 à 06:25, mis à jour le 28/02/2020 à 06:25
https://images.lanouvellerepublique.fr/image/upload/t_1020w/f_auto/5e58a44beb72e45c008b478c.jpg{© Photo NR
La vitrine parisienne cache à peine « l’agribashing » et les tiraillements entre productivité, qualité et environnement. Positions de deux lecteurs.
Le salon de l’agriculture s’achèvera dimanche avec les fiertés liées à la diversité rurale française. Mais aussi avec les questions sur la qualité du travail de la terre et de ses produits.
Gérard Mongé, de Naveil (Loir-et-Cher), a vécu près des agriculteurs et veut apporter sa pierre à leur édifice : « Je connais ce métier, et j’ai aimé les agriculteurs, avec ma connaissance en mécanique. Leur réalité est complexe, et je ne détiens pas la vérité. Le paysan d’antan vivait modestement, avec une pénibilité connue ; il aimait travailler sa terre, qu’il passait entre ses doigts. Il a toujours fait des journées à rallonge, qui ne le sait pas ? Il faut aimer ce métier, qui a aussi du bon, le grand air, être libre, travailler à son rythme. Aujourd’hui en 2020, le bouleversement est total et alarmant : l’aspect de la terre est différent ! »
45 ans d’agriculture intensive ont eu leur justification, et sillonnent aujourd’hui leur remise en question.
« L’investissement pour la mécanisation est important : il faut du dernier-cri, utile et nécessaire, pour chaque sol, chaque produit, moins nocif, voire plus du tout. Un tracteur, comme d’autres engins, doit être amorti rapidement. Il faut repenser le modèle ; des sociétés de location existent. Ce n’est pas toujours facile : il faut du saisonnier, faire du polyvalent. Ça existe déjà, on peut faire mieux, travailler ensemble, innover ensemble, le coût baissera. Le revenu de l’agriculteur deviendra positif avec la vente de produits sains, avec l’équilibre des prix pour la population. »
G. Mongé voit un nouveau départ, plein d’embûches, mais inéluctable.
« L’agriculteur veut vivre de son travail, ses journées sont longues, que les aléas climatiques n’épargnent pas. Bien sûr, il faut replanter des haies, des bosquets, pour que faune et flore reviennent et que les ruissellements d’eau cessent. Mais, la mécanisation est aussi nécessaire. Trouvons un équilibre alimentaire entre savoir-faire d’hier, exigences d’aujourd’hui et sauvegarde de demain. Revenir très en arrière ni changera rien, il faudra du temps. »
Productivité et nuisibles
Claude Massicard, de Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire), tente de faire la part des choses et de rappeler les contextes : « Gardons-nous de dogmes qui imputent à l’agribasching, le dérèglement de la planète, sachant que demain il y aura 1 milliard de plus de bouches à nourrir ! Il y a eu des excès en tous genres : pesticides et insecticides, etc. Cela est visible et motive la prise de conscience actuelle, mais entraîne aussi des réactions émotionnelles et irréfléchies, donc excessives.
« Qui se souvient du pourquoi de cette déferlante de produits phytosanitaires ? On a oublié les Trente Glorieuses qui ont permis de vivre dans le monde actuel, avec son confort inégalé, des loisirs à ne savoir que choisir, une durée de travail de 35 heures pour 60 avant, 5 semaines de congés payés au lieu de 2 et tout à l’avenant. Mais cela s’est fait par le déplacement de millions de ruraux, transformés en urbains, pour équiper et munir tous ces nouveaux “ gens de la ville ” de tous ces avantages à l’américaine. »
Aujourd’hui, 500.000 agriculteurs nourrissent la France, « les campagnes se désertifient, les rendements sont forts (de 20 quintaux à 80 pour le blé). Des excès ont certainement été commis, mais l’excès contraire serait préjudiciable à tous. Le retour au passé n’est sûrement pas l’Eden ! Comment remplacer les produits chimiques actuels qui agissent sur le vivant par d’autres aussi efficaces, mais non nuisibles pour l’homme ? Ils restent à trouver et à produire à l’échelon industriel, pour ne pas revoir le retour des insectes concurrents ».
C. Massicard espère de la mesure contre certaines aberrations : « La sélection des variétés – avec en corollaire la diminution des espèces cultivées – et tous les produits phytosanitaires ont permis de combattre les ennemis des plantes, lors de la production et de la conservation. Quel producteur va regretter les nuées de hannetons, de doryphores, piérides des choux et nuées de corbeaux dévorant ses semences ? Remplacer l’anti-germe des pommes de terre par des chambres froides pour des millions de tonnes n’est pas forcément une solution écologique ! »
Dans la survie d’une agriculture raisonnable, qui sache faire cohabiter quantité et qualité, le consommateur a un rôle essentiel à jouer. Pour unir sereinement santé, terroirs et environnement.
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RÉDACTIONRÉdaction La nouvelle République
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Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/debats-et-perspectives-au-salon-de-l-agriculture
Rappel - Infographie : Des voies vers une agriculture bas-carbone – [Belle synthèse] - Novembre 2021 - Texte : Adrien Leroy - Illustration : Die Magaziniker
Les terres agricoles ont une part de responsabilité dans le changement climatique, et dans le même temps, leur sol est un outil puissant pour lutter contre le réchauffement de la planète. De ce constat découleront de nouvelles réglementations, mais aussi de nouvelles opportunités.
Infographie : Des voies vers une agriculture bas-carbone
Les terres agricoles ont une part de responsabilité dans le changement climatique, et dans le même temps, leur sol est un outil puissant pour lutter contre le réchauffement de la planète. De ce constat découleront de nouvelles réglementations, mais aussi de nouvelles opportunités.
Le défi : 70 %
D’ici 2050, l’humanité devra augmenter sa production alimentaire de 70% pour nourrir la population mondiale.
Source : World Resources Institute
66 % - Sur la même période, elle devrait réduire ses émissions de 66% dans le cadre d’un objectif de 2°C.
Émissions dans l’UE
Part des émissions agricoles, comparées à d’autres secteurs
Source : Agence européenne pour l’environnement
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23,39 % Industrie - 26,08 % Énergie - 23,04 % Transports terrestre - 12,76 % Agriculture
LES GES EN AGRICULTURE
CO2 est souvent employé au sens d’équivalent CO2,
l’unité utilisée pour normaliser le potentiel d’effet de serre de différents gaz. En agriculture, il s’agit généralement des trois suivants :
Source : farm carbon toolkit
arbon toolkit
N2O = Protoxyde d’azote
300 fois plus nocif pour le climat que le CO2. Formé par des processus microbiens dans les sols, qui sont fortement influencés par l’utilisation d’engrais.
CO2 = Dioxyde de carbone
Il reste dans l’atmosphère pendant environ 100 ans. Sa principale source est la combustion de carburants ; le retournement du sol et les changements d’affectation des terres, de même que la déforestation, libèrent également du dioxyde de carbone.
CH4 = Méthane
30 fois plus nocif que le CO2, mais reste moins longtemps dans l’atmosphère. Le méthane provient …. [Voir à la source pour aller plus loin]
D’où proviennent les émissions en grandes cultures ?
Exemple en système céréales et oléo-protéagineux
Source : Source : Chambres d’agriculture Grand Est. Valeurs indicatives issues des diagnostics CO2 de 10 exploitations (SAU moyenne : 126 ha).
16 % Autres -31 % Production d’engrais minéraux - 24 % Épandages des engrais - 16 % Résidus de cultures - 11 % Combustion d’énergie directe - 2 % Semences
Des approches pour le piégeage du CO2
Forêts et prairies permanentes captent d’énormes quantités de CO2, mais présentent un faible potentiel de stockage additionnel. Celui-ci est important en grandes cultures : c’est là que se trouve 86 % du potentiel de séquestration supplémentaire, comme l’a montré une étude INRAE de 2019. Cinq pratiques se distinguent.
Pourcentage du potentiel total de stockage additionnel en France. Source : Inrae
35 % Couverts intercalaires et intermédiaires - 13 % Introduction et allongement des prairies dans les rotations - 2,7 % Plantation de haies - 19 % Agroforesterie - 1,5 % Nouvelles ressources organiques
Quelle rentabilité pour les crédits carbone ?
Si l’agriculteur 1 (gauche) adopte les pratiques de l’agriculteur 2 (droite), ses émissions diminuent de 0,77 TC/ha. La vente des certificats carbone rapporte 6 034 € bruts*, dont 20% seront payés 10 ans plus tard. Après déduction des frais fixes (980€/an), l’agriculteur gagnera 3.848€ net la première année.
*Pour les certificats CO2 de « Soil Capital », revenu plancher.
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SAU : 285 ha
Taux de MO : 2,02 %
Cultures principales : Blé tendre, blé dur, maïs ensilage
Couverts végétaux : 19 % de la rotation
Fertilisation organique : 0 %
Travail du sol : Labour
Émissions de CO2 : 1,5 T/ha
https://flurundfurche.de/wp-content/uploads/sites/2/2021/10/JD-Landwirt-02-1-450x449.png
De la biomasse pour le climat
Quelle quantité de carbone la matière organique peut-elle fixer, avec quel gain de fertilité ?
100 kg de biomasse microbienne peuvent libérer 15 kg de N, 25 kg de P et 12 kg de K par minéralisation.
Source : Chambre d’Agriculture du Cantal
0,45 bis 0,6 t C/ha - C’est la quantité de carbone que le blé ou le maïs peuvent fixer dans le sol sous forme d’humus stable via la paille et les racines.
Source : Arvalis Institut du Végétal
9,5 t CO2/ha - C’est la séquestration correspondant à une augmentation du taux de matière organique de 2,0% à 2,1%.
Source : Peter Breunig
0,2 bis 0,3 t C/ha sont fixés, en moyenne, par une culture dérobée.
Source : Arvalis – Institut du végétal
Les critères d’un « bon » certificat carbone agricole
Un agriculteur améliore le taux d’humus dans son sol et/ou réduit ses émissions, une entreprise certifie l’amélioration du bilan de CO2, lui verse une prime et revend les certificats aux clients finaux, par exemple des entreprises industrielles. Pour que ce système ait réellement un effet positif sur le climat, le certificat doit présenter les caractéristiques suivantes :
Un agriculteur doit démontrer qu’il a soit réduit ses émissions, soit stocké du carbone.
Source : https://lesillon.fr/voies-vers-agriculture-bas-carbone/
Rappel - Dans agriculture, il y a agri...(ou tueur ?) par olivier cabanel mardi 23 janvier 2024 – Document ‘agoravox.fr’
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Il y a aussi « culture » pourrait me rétorquer le lecteur attentif... mais aurait-il pour autant raison ?
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En effet, après avoir écouté les arguments déployés par le patron de la FNSEA sur l’antenne de France Inter, au matin du 22 janvier 2024, on pourrait en douter. lien
Qu’il y ait grogne, voire colère, du monde agricole, c’est incontestable, même si on peut s’interroger sur son timing, car, lorsque les gilets jaunes se sont manifestés il y a quelques années, on n’a pas vu beaucoup de tracteurs et autres engins agricoles se déplacer… passons… pourtant force est de constater que l’interviewé de la matinale s’était mis au diapason du gouvernement en matière de mensonges…
s’en prenant à l’Europe, mais surtout aux écolos, Arnaud Rousseau a affirmé qu’il n’avait rien contre l’interdiction du glyphosate, sauf que tant que des solutions alternatives n’auront pas été trouvées, cette interdiction n’avait aucun sens…curseur à 18’45’’
https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L354xH485/glyphosate_ter-ba753.jpg
Ignore-t-il qu’ils sont nombreux ces paysans qui cultivent sans utiliser le moindre pesticide, avec la volonté de ne pas empoisonner le consommateur ?
Et comment le président du plus important agricole du pays pourrait-il ignorer que les alternatives aux pesticides existent, et depuis longtemps ?
La preuve est sur ce lien
Outre le fait que les produits qui sortent du sol sont bons pour la santé, pour le goût, Rousseau oublie qu’ils sont aussi bons pour le porte-monnaie.
L’économie réalisée est importante, car l’achat de pesticides divers et variés ont un coût, et une étude récente a apporté la preuve qu’ils coûtaient plus qu’ils ne rapportaient. lien
Dans l’interview sur France Inter, le dirigeant de la FNSEA insiste lourdement sur le fait que son syndicat a banni la violence de ses actions curseur à 9’47’’… mais alors comment qualifier celles menées actuellement, ces actions musclées contre les forces de l’ordre, les saccages de bâtiments publics, le murage de préfectures… les déversements de lisiers…
Et quid de l’attaque menée sur le domicile privé du représentant d’une association écologiste, à coup de pierres jetées, de pneus déversés dans le jardin, et le tout avec la bénédiction complice, ou en tout cas silencieuse, du ministère de l’intérieur ?... lien
Ajoutons que le 23 janvier, 1 agricultrice a trouvé la mort en Ariège (plus 2 blessés graves) une voiture ayant tenté de forcer un barrage d’agriculteurs. lien
On pourrait aussi s’étonner que ni les journalistes, ni le président de la FNSEA n’ait évoqué l’attentat mené contre la direction régionale de l’environnement, attentat revendiqué par la CAV (Comité d’Action Viticole), lequel attentat a provoqué d’importants dégâts… lien
Faut-il rapprocher cette action de celle menée le 17 janvier, contre la PME, on noterra à Valros dans l’Hérault, d’autant que cette action était concomitante avec les manifestations de la FNSEA à Toulouse et Avignon, au cours desquelles des menaces d’explosions avaient été évoquées...une enquête est en cours, mais va-t-elle aboutir ? lien
Ce même Rousseau s’en prend aussi à l’Europe, mais garde un regard pudique lorsque celle-ci verse au monde agricole européen la ’modeste’ contribution de 58 milliards d’euros.
Il tente d’amalgamer les différentes colères, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Roumanie, Pologne et ailleurs... mais il oublie que les motifs de ces colères sont différents de ceux que dénonce la FNSEA, comme l’explique Fabien Jannic Cherbonnel chez France Info. lien
Naturellement, il est dans son droit lorsqu’il pointe du doigt les incohérences européennes qui laissent passer des importations massives de poulets, céréales, même lorsqu’elles ne respectent pas les normes que l’Europe exige de nos paysans... mais le président de la FNSEA ne devrait-il pas s’interroger sur l’agriculture industrielle qu’il impose aux consommateurs, sachant pertinemment que la qualité des produits n’est pas exempte de critiques… quand on compte des exploitations agricoles, véritables fermes-usines, qui comptent jusqu’à 40 000 poulets, on comprend aisément que la qualité n’est pas au rendez-vous... même si ailleurs, le million de volailles est parfois atteint.
Hélas la réalité des fermes usines française est moins glorieuse que la FNSEA le prétend, s’il faut en croire Greenpeace qui dénonce 3.010 fermes-usines, avec un bilan de plus de 11 millions de volailles, dans les 167 exploitations des Hauts de France. Lien
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Mais revenons aux manifs … la colère fait tache d’huile, et maintenant même la fameuse « 7 » en fait les frais, car devant les réponses policées du premier ministre, les belligérants ont décidé de ne pas céder jusqu’au moment où les actes auront pris la place des paroles.
La liste des dernières occupations et blocages sur ce lien
La carte sur celui-ci.
Ils ont donc décidé de ne pas se contenter de promesses, ou de ‘mesurettes’. lien
Le premier ministre ferait bien de se souvenir l’importance de la colère paysanne lors de la révolution française rappelée fort judicieusement par Albert Soboul dans son « annale historique de la révolution française ».
Extraits : « la question agraire occupe bien une position axiale dans la révolution bourgeoise (…) l’importance et la spécificité de cette révolution paysanne au cœur de la révolution française ont été depuis longtemps soulignées par les travaux classiques de Georges Lefebvre (…) jacqueries pour l’abolition de la féodalité, luttes pour la terre, émeutes de subsistances, troubles forestiers ou à propos des droits collectifs traditionnels, paniques et peurs dégénérant en révoltes armées, telle la classique Grande Peur... » lien
Comment réagira Attal face à cette menace...l’avenir nous le dira, mais profitons-en pour remercier l’auteur Ono-Dit-Bio, qui dans une chronique publiée récemment dans « Le Point » nous rappelle l’existence d’un certain Attale, dans une cour qui ne fait de politique qu’à coup de tractations et de pots de vin. On y entend Attale (…) se demander : « Veux-tu le nom de roi pour avoir tant de maîtres ? ».
Le même Ono-Dit-Bio en profite pour rappeler que le premier ministre n’a pas le monopole de la jeunesse, car, c’est en 1783 qu’un certain William Pitt fut nommé premier ministre de Grande-Bretagne : il avait 24 ans. lien
Comme dit mon vieil ami africain : « l’homme jeune marche plus vite que l’ancien, mais l’ancien connaît la route ».
Le dessin illustrant l’article est de Péhel - Merci aux internautes pour leur aide précieuse - Olivier Cabanel
Source : https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/dans-agriculture-il-y-a-agri-ou-252690
Rappel scientifique - Agriculture industrielle - Cycle de l’azote - Comment l’agriculture industrielle bouleverse le cycle de l’azote et compromet l’habitabilité de la terre - Publié : 7 décembre 2023, 10:09 CET – Auteur Gilles Billen – Document ‘theconversation.com’
https://cdn.theconversation.com/avatars/1024901/width170/image-20200421-82641-10atddr.jpghttps://theconversation.com/profile...Gilles BillenDirecteur de recherche CNRS émérite, biogéochimie territoriale, Sorbonne Université
Déclaration d’intérêts - Gilles Billen ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
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La généralisation d’engrais azotés a permis l’essor de l’agriculture industrielle, dérèglant au passage le cycle biogéochimique de l’azote. Kelvin H. Haboski/Shutterstock
Alerte rouge ! Six des neuf Limites planétaires sont désormais dépassées. Et l’agriculture industrielle porte une lourde responsabilité. C’est ce que rapporte l’équipe de scientifiques réunie autour de Johan Rockström, dans un article paru en septembre dernier.
Pour rappel, les limites planétaires sont des valeurs d’indicateurs de perturbation au-delà desquelles la dynamique du système Terre s’engage dans une dérive incontrôlable et irréversible qui compromet l’habitabilité même de notre planète. Ce concept de dépassement est clair pour la plus connue de ces limites, celle qui concerne le réchauffement du climat. Pour maintenir l’accroissement de la température moyenne du globe en dessous de 1,5 °C, et éviter ainsi, sinon le changement climatique déjà en cours, du moins son emballement au-delà de ce qui est supportable, il faut maintenir la teneur en CO2 atmosphérique en dessous d’un certain seuil, ce qui nécessite d’atteindre rapidement une neutralité des émissions de CO2.
Graphique montrant que sur 9 variables du système Terre monitorées, au moins six les 9 variables du système Terre, 6 font aujourd’hui l’objet d’un dépassement de frontière planétaire
Sur 9 variables du système Terre monitorées, 6 font aujourd’hui l’objet d’un dépassement de frontière planétaire. Stockholm Resilience Centre, CC BY
La pertinence d’une telle limite globale en ce qui concerne le climat est facile à admettre parce que le cycle du carbone est ouvert sur l’ensemble de la planète et le CO2 émis (ou capté) en n’importe quel endroit du globe affecte immédiatement l’ensemble de l’atmosphère. Il en va différemment pour la limite planétaire relative à l’azote, dont le dépassement résulte en grande partie et de façon plus complexe de l’industrialisation de la production agricole.
Mais comment l’agriculture peut-elle affecter le cycle de l’azote ? Comment celui-ci a-t-il pu atteindre un point de dépassement ? L’industrialisation de l’agriculture est-elle indispensable pour nourrir l’humanité ? Faisons le point.
The Conversation, un espace pour réfléchir au calme.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ». Abonnez-vous dès aujourd’hui.
Le cycle naturel de l’azote
Pour commencer, il faut bien se représenter le cycle naturel du carbone et de l’azote, deux des principaux éléments constitutifs de la matière vivante, dans la forêt par exemple. Le fonctionnement de la forêt repose sur l’équilibre entre d’une part la production végétale, qui transforme les formes minérales (inorganiques) du carbone et de l’azote en biomasse (organique), et d’autre part la décomposition de cette biomasse par les animaux, les champignons ou les microorganismes qui la reminéralisent.
Mais alors que la forme inorganique du carbone (le CO2) est présente dans l’atmosphère, uniformément distribuée à l’échelle du globe et prélevée par les plantes au niveau de leurs feuilles, l’azote, lui, est reminéralisé dans le sol et prélevé par les racines des plantes. La fermeture du cycle de l’azote doit ainsi être locale : toute perte entraîne un risque d’appauvrissement du sol qui compromet la poursuite de la croissance végétale.
Agrandir le schéma de Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Or, l’azote minéral présent dans les sols, est très mobile. Il existe sous plusieurs formes, l’ammoniac (NH3, NH4+) très volatile, le protoxyde d’azote (N2O) gazeux, le nitrate (NO3-) très soluble. Les pertes d’azote vers l’atmosphère et vers les eaux souterraines sont donc importantes, et c’est bien ce qui fait de l’azote l’élément limitant principal de la production des végétaux.
Pourtant, l’azote est présent largement dans l’atmosphère : il en constitue même 78 %, mais il s’y trouve sous sa forme moléculaire N2, un gaz inerte que la plupart des organismes sont incapables d’utiliser. Seule une classe de végétaux, les légumineuses (pois, lentilles, haricots ; trèfle, luzerne ; mais aussi certains arbres comme l’acacia), sont capables de puiser dans ce stock d’azote gazeux grâce à une association symbiotique avec des bactéries disposant des enzymes nécessaires pour transformer l’azote moléculaire en protéines. C’est cette fixation symbiotique qui compense les pertes environnementales naturelles d’azote et permet la pérennité du fonctionnement des écosystèmes terrestres.
L’article que vous parcourez vous est proposé en partenariat avec « Sur la Terre », un podcast de l’AFP audio. Une création pour explorer des initiatives en faveur de la transition écologique, partout sur la planète. Abonnez-vous !
Agriculture et fertilisation
Dans le cas des systèmes agricoles, le cycle de l’azote est structurellement ouvert. À chaque récolte de végétaux, l’azote qui y est contenu est emporté loin du sol dont il provient. Pour éviter l’appauvrissement du sol, il est donc nécessaire de lui restituer par un moyen ou par un autre l’azote qui lui a été soustrait tant par la récolte elle-même que par les pertes environnementales : c’est l’objet de la fertilisation.
Agrandir ce schéma de Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Il existe de nombreux modes de fertilisation. L’épandage des excréments des animaux et des hommes qui ont consommé les plantes constitue la manière la plus naturelle d’assurer le bouclage du cycle de l’azote, mais il peut être malaisé si le lieu de consommation des aliments est éloigné de celui de leur production. Par contre, l’épandage sur les terres arables des déjections du bétail nourri sur des pâturages semi-naturels voisins peut constituer le moyen d’un transfert de fertilité de ces pâturages vers les terres arables.
C’était la base de la fertilisation des systèmes de polyculture-élevage traditionnels. Le recours à des rotations culturales dans lesquelles alternent les céréales et les légumineuses constitue également un moyen de fournir aux céréales l’azote fixé par les légumineuses qui les précèdent sur la même parcelle. En climat tropical, la coexistence d’arbres fixateurs d’azote et de cultures herbacées permet aussi un apport d’azote par fixation symbiotique. On le voit, les moyens traditionnels d’assurer la fertilisation des sols agricoles ne manquent pas.
Depuis à peine plus d’un siècle, les engrais industriels sont venus s’ajouter à cette panoplie. À la veille de la Première Guerre mondiale, les chimistes allemands Fritz Haber et Karl Bosch mettent au point le procédé qui permet, sous haute pression et à haute température, de forcer la réaction de l’azote de l’air avec l’hydrogène (alors issu du charbon, et aujourd’hui du gaz naturel) pour produire de l’ammoniac (NH3) puis de l’acide nitrique.
Si ce procédé sert tout d’abord à produire des explosifs (dont la fabrication nécessite beaucoup d’acide nitrique !), il permettra ensuite de produire en masse des engrais azotés de synthèse, qui assureront bientôt une part croissante de la fertilisation des sols agricoles, rendant désuète la polyculture-élevage et ouvrant la voie à l’intensification et à la spécialisation de l’agriculture, désormais adossée à l’industrie chimique lourde.
Pour certains auteurs, le procédé Haber-Bosch constitue le « procédé industriel le plus important » de l’histoire moderne. Plus déterminante encore que l’invention de l’avion, de l’énergie nucléaire ou de la télévision. Dès 1924, le biologiste Alfred Lokta s’émerveillait :
« Le développement extraordinaire [du procédé Haber Bosch] est bien davantage que le départ d’une nouvelle industrie. Il ne présente rien moins que le début d’une nouvelle ère ethnologique dans l’histoire de l’humanité, une nouvelle époque cosmique. ».
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : cette nouvelle ère s’appelle l’Anthropocène, et aujourd’hui à l’échelle du monde, la quantité d’azote réactif introduite annuellement par l’industrie des engrais dans la biosphère, dépasse celle apportée par l’ensemble des processus naturels de fixation biologique. À l’échelle de la planète, la vitesse de circulation de l’azote a donc plus que doublé.
Les pertes environnementales d’azote
Ce qui pose problème dans cette accélération, ce sont les pertes environnementales d’azote qui en résultent. En effet, plus on utilise d’engrais azotés pour augmenter les rendements agricoles, plus l’azote apporté perd en efficacité et plus augmentent les pertes par lessivage et volatilisation (Figure 2). On appelle surplus azoté cet excès d’azote amené aux sols par rapport à la quantité effectivement exportée par la récolte.
C’est ce surplus qui cause la contamination des eaux souterraines au-delà des limites de potabilité, qui contamine les eaux de rivières et conduit à l’eutrophisation des zones marines côtières provoquant marées vertes, efflorescences toxiques et anoxie des fonds. C’est ce surplus, également, qui conduit à des émissions atmosphériques d’ammoniac, responsables de la formation d’aérosols avec de graves effets sur la santé humaine.
C’est la raison pour laquelle dans la démarche de définition des limites planétaires au-delà desquelles la viabilité de l’homme sur terre n’est plus garantie, l’équipe de Rockström a retenu la valeur du surplus azoté agricole. La valeur plafond de ce surplus, définie pour protéger localement l’eau et l’air, varie largement selon les régions du monde, mais leur somme à l’échelle du globe peut-être estimée à 60 millions de tonnes d’azote (60 TgN/an), à comparer à la valeur actuelle de près de 130 TgN/an.
Cet écart colossal entre la limite à ne pas dépasser et la valeur effective actuelle justifie l’objectif récemment affiché par la Commission Européenne et par la Conférence sur la Biodiversité des Nations unies de réduire de moitié les pertes environnementales d’azote à l’horizon 2030.
Réduire de moitié les pertes d’azote de l’agriculture pour respecter les limites planétaires ne pourra pas se faire par de simples ajustements de pratiques. Les fabricants d’engrais industriels font miroiter les progrès que pourraient apporter l’agriculture de précision, l’usage d’inhibiteurs de la nitrification dans les sols, l’amélioration variétale des plantes cultivées, etc.
Tout indique que ces progrès, s’ils ouvrent de nouveaux marchés juteux à l’industrie des agrofournitures, n’entraîneront qu’une réduction marginale des pertes d’azote : le premier levier pour accroître l’efficience et diminuer les pertes, est la réduction de la production agricole elle-même !
Agrandir le schéma de Gilles Billen, Fourni par l’auteur
Nourrir le monde sans pourrir la planète
Mais peut-on raisonnablement désintensifier l’agriculture sans compromettre la sécurité alimentaire d’un monde qui atteindra 10 milliards de bouches à nourrir en 2050 ? La réponse est oui selon un grand nombre d’études récentes. Mais à condition d’accompagner cette désintensification par trois changements structurels majeurs du système agro-alimentaire tout entier.
Le premier consiste à généraliser les systèmes de cultures qui ont fait leurs preuves dans l’agriculture biologique, basés sur des rotations longues et diversifiées alternant céréales et légumineuses, ce qui permet de se passer des engrais de synthèse comme des pesticides.
La ‘plantation’ [en fait, semis] de légumineuses, ici pois chiche permet d’enrichir les sols en azote. DedovStock/Shutterstock
Le second levier consiste à reconnecter l’élevage et les cultures, avec des animaux nourris sur les seules ressources fourragères locales (herbe, légumineuses fourragères, grains seulement quand ceux-ci peuvent être produites en excédent des besoins humains) et dont les excréments peuvent être recyclés sur place, assurant la fermeture maximale du cycle de l’azote.
L’élevage industriel étant ainsi abandonné, la part de produits animaux dans le régime alimentaire humain doit être substantiellement réduite : c’est le troisième levier. Un régime alimentaire où les produits carnés et lactés sont réduits à 30 % du total des apports de protéines (contre 65 % en France actuellement) serait non seulement plus sain, en ce qu’il permettrait de réduire les risques de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers, mais serait également plus équitable, en ce qu’il diminuerait la part de la production agricole aujourd’hui consacrée à l’alimentation du bétail, et pourrait être généralisé à tous les humains de la planète. À l’échelle de l’Europe, il a été montré qu’un tel scénario agro-écologique est le seul qui permette effectivement de réduire de moitié les pertes environnementales d’azote et les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.
Il faut donc dépasser l’idée que seule la poursuite de l’intensification de la production agricole industrielle, de sa spécialisation et de l’accroissement du commerce international des produits agricoles permettra d’assurer les besoins alimentaires croissants de la planète.
Bien au contraire, ce modèle agricole est aujourd’hui clairement identifié comme cause de perturbation majeure du fonctionnement planétaire. Nourrir la population mondiale future tout en respectant l’habitabilité du monde ne pourra se faire que grâce à des changements structurels majeurs du système agro-alimentaire mondial alliant sobriété, reconnexion et agro-écologie.
Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet associant The Conversation France et l’AFP audio. Il a bénéficié de l’appui financier du Centre européen de journalisme, dans le cadre du programme « Solutions Journalism Accelerator » soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. L’AFP et The Conversation France ont conservé leur indépendance éditoriale à chaque étape du projet.
engrais limites planétaires agriculture intensive urgence écologique azote « Ici la Terre » « Sur la Terre » (AFP)
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Décarbonation : « L’agriculture est le secteur le plus complexe qu’on ait eu à regarder » reconnait Jean-Marc Jancovici qui en appelle aux agriculteurs - Publié le 11 juin 2024 - Par Nathalie Marchand - [Mis à jour le 14 juin 2024 avec le nombre de retours des agriculteurs] - Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project. © The Shift Project
L’agriculture doit répondre à trois défis : produire beaucoup, produire pas cher tout en respectant l’environnement. Une équation quasi impossible sur laquelle se penche Jean-Marc Jancovici et son association The Shift Project depuis un an. Pour affiner son modèle, le consultant lance une grande consultation auprès des agriculteurs.
Modéliser la décarbonation du secteur agricole s’avère difficile, y compris pour le médiatique Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie et climat, qui fait appel aux agriculteurs pour affiner ses travaux. « Il y a un an on a lancé un ambitieux travail de réflexion sur l’agriculture qui doit répondre à trois défis : « produire beaucoup, produire pas cher, en respectant l’environnement ».
Vos contributions sont indispensables pour que nous, Parisiens, puissions travailler dans le domaine agricole
Nous avons besoin de vous, nous avons besoin que vous acceptiez de nous consacrer un peu de temps pour répondre à un questionnaire qui nous permettra d’avoir un retour terrain, un retour d’expériences, des avis. Toutes les contributions indispensables pour que nous, Parisiens, puissions travailler dans le domaine qui est le vôtre », ainsi le président de The Shift Project s’exprime sur les réseaux sociaux auprès des agriculteurs à travers une vidéo diffusée début juin.
Lire aussi : « Produire plus propre et moins cher : une équation impossible pour les agriculteurs » selon Jean-Marc Jancovici
Créée en 2010 et financée par des entreprises, la puissance publique et des fondations, l’association The Shift Poject milite pour la décarbonation de l’économie.
L’agriculture est le secteur le plus complexe qu’on ait eu à regarder
« L’agriculture est le secteur le plus complexe qu’on ait eu à regarder », confie Jean-Marc Jancovici, le 6 juin dans un webinaire de présentation d’un rapport intermédiaire « pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère », dont la réalisation a été financée sur les fonds propres de l’association. « Le sujet est monstrueusement compliqué parce qu’il fait intervenir le vivant. Mais l’agriculture est aussi une activité économique et indispensable aux êtres humains, réglementée par beaucoup d’échelons dont celui de l’Europe, qui marie enjeux environnementaux et de production », argumente le consultant.
Regardez le webinaire de The Shift Project
Un rapport intermédiaire à enrichir pour une agriculture bas carbone
Dans son rapport intermédiaire, le Shift Project, qui s’est doté d’une équipe d’experts agricoles pilotée par Céline Corpel, agricultrice dans l’Aisne (avec un tiers de l’exploitation en bio et de l’agroforesterie), a testé des leviers de transformation du système agricole et propose des pistes de recommandations. Un travail qui doit être confronté à la réalité du terrain, via une grande consultation des agriculteurs décomposée en deux phases :
- Une phase qualitative (finalisée) qui a consisté à mener 65 entretiens individuels de 2h avec des agriculteurs du territoire français
- Une phase quantitative avec un questionnaire en ligne qui a pour ambition de toucher 10 000 agriculteurs d’ici octobre 2024. (Vous pouvez accéder au questionnaire ici, temps à prévoir 10 à 15 minutes). 3000 retours avaient déjà été enregistrés au 13 juin, selon The Shift Project.
_
The Shift Project se fixe comme objectif de publier le rapport final fin novembre 2024 avant de se pencher sur le volet alimentaire.
Lire aussi : « Il va falloir démondialiser l’agriculture » selon Jean-Marc Jancovici
Les objectifs de la stratégie nationale bas carbone intenables ?
Trois scénarios de transformation agricole à l’étude
Dans son rapport intermédiaire, l’association a choisi d’explorer dans un premier temps les conséquences de trois scénarios de transformation agricole à horizon 2050, fréquemment mises en avant par les acteurs économiques et décideurs politiques, sans une hiérarchisation claire :
- Priorité à une meilleure autonomie agricole et alimentaire nationale
- Avec doublement des surfaces de fruits et légumes
- Augmentation du cheptel ovin de l’ordre de 85%
- Augmentation du cheptel de volailles de l’ordre de 20%
- Division par deux des surfaces en maïs ensilage, remplacée par des prairies temporaires et légumineuses fourragères
- Multiplication par quatre des surfaces en légumineuses graines
_
- Priorité à une moindre dépendance énergétique nationale
- Multiplier par quatre la surface en colza, avec utilisation en biodiesel
- Remplacer un million d’hectares de prairies temporaires au profit de la culture de miscanthus pour la synthèse d’éthanol de 2e génération
- Fléchage de 50% de maïs ensilage vers la méthanisation
- Diminution des cheptels bovins lait et viande de 20%
- Diminution des cheptels monogastriques de l’ordre de 20%
_
- Le maintien de capacités exportatrices en assurant la production maximale de céréales et oléo-protéagineux
- Augmentation de 65% des surfaces de blé tendre
- Division par deux des surfaces de colza
- Multiplication par quatre des surfaces de légumineuses
- Réduction du cheptel des volailles de chair de 50%
- Réduction du cheptel de poules pondeuses de 20%
- Réduction du cheptel porcin de 25%
- Réduction du cheptel bovin de 20 (en ne maintenant que l’élevage à l’herbe sur prairies)
- Hausse des surfaces en luzerne
_
Testées avec l’outil de calcul ClimAgri, développé par Solagro pour le compte de l’Ademe, ces trois hypothèses, incompatibles entre elles, n’ont pas permis d’atteindre l’objectif de 48 MtCO2 d’émissions directes pour l’agriculture en 2050 inscrite dans la stratégie nationale bas carbonehttps://www.reussir.fr/strategie-cl...(avec un écart à combler entre 10 et 20 MtCO2).
Pour aller plus loin dans sa réflexion, The Shift Project cherche à tester des niveaux variables d’optimisation des itinéraires techniques et de déploiement des pratiques agroécologiques (introduction de légumineuses dans la rotation, couverts végétaux, diversification des cultures, réduction du travail du sol, plantation de ligneux…) et approfondir les estimations de stockage de carbone en agriculture. L’association souhaite aussi soumettre ses projections à des stress tests portant sur les rendements, la disponibilité en intrants non souverains et les conséquences d’une crise logistique et organisationnelle.
Lire aussi : Jean-Marc Jancovici : « Il n’y a donc qu’à remettre du monde dans l’agriculture »
De premières recommandations de The Shift Project pour l’agriculture
Pour déployer les leviers déjà identifiés de décarbonation du secteur agricole, dans son rapport intermédiaire The Shift Project, présidé par Jean-Marc Jancovici, soumet des recommandations provisoires parmi lesquelles :
- Fixer un cap à la consommation d’engrais azotés de synthèse
- Donner un cap clair à l’élevage, en termes de volumes de production et de modes d’élevage
- Créer les conditions pour que les activités d’élevage à l’herbe bénéficient d’une rentabilité attractive (via des mécanismes publics avec des prix garantis ou des mécanismes privés)
- Encourager l’approvisionnement français, voire local, pour l’alimentation des animaux
- Encourager les pratiques de conservation et régénération des sols et l’agroforesterie
- Développer des mesures de type paiements pour services environnementaux (paiements carbone volontaires)
- Développer des outils satellitaires ou aériens permettant de quantifier les pratiques de stockage de carbone dans le sol
- Simplifier les réglementations relatives à la mise en place d’infrastructures agroécologiques
- Encourager les cultures d’espèces offrant le meilleur bilan de biomasse produite par hectare
- Revaloriser les prix par des aides couplées liées à la production pour les nouvelles pratiques agricoles et nouvelles productions
- Taxer les échanges aux frontières afin de protéger le marché intérieur voire interdire les importations de produits aux conditions de production très défavorables à l’environnement.
_
Des recommandations qui seront revues et précisées après la consultation des agriculteurs.
Revoir l’intervention de Jean-Marc Jancovici aux Controverses de l’agriculture et de l’alimentation (février 2024)
Lire aussi : Jean-Marc Jancovici : « il faut faire re-rentrer de l’argent dans le secteur agricole »
Lire le rapport intermédiaire : Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère de The Shift project
Économie & société Agriculture Agroécologie Énergie Crédit carbone Environnement
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Source :https://www.reussir.fr/jancovici-fait-appel-aux-agriculteurs-pour-modeliser-la-decarbonation-du-secteur-agricole
-
Rapport - « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » : The Shift Project publie son rapport intermédiaire - 6 juin 2024 – Document ‘theshiftproject.org’
L’équipe Agriculture du Shift Project a le plaisir de vous présenter le rapport intermédiaire « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère ».
Découvrez :
- Le rapport intermédiaire en format Word dédié à la relecture qui vous permet de contribuer directement aux travaux
- Le rapport au format Google doc dédié à la relecture qui vous permet de contribuer directement aux travaux (attention, fichier partagé public, vos commentaires seront visibles de tout le monde)
- Le rapport intermédiaire complet en pdf (184 p.)
- Le support de présentation en format PPT et en format PDF de la visioconférence de publication
- Les comptes rendus des ateliers collaboratifs :
- Atelier 1
- Atelier 2
- Atelier 3
- Atelier 4 et le Tableau Blanc virtuel ayant servi de support pendant l’atelier
- Atelier 5
Le replay de la visioconférence de publication par l’équipe Agriculture du Shift Project suivie de l’éclairage de Sophie Devienne, Professeure d’agriculture comparée et de développement agricole :
Le replay de la table ronde qui a suivi la présentation du rapport, avec Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en agroclimatologie, photographe, Adrien Lefèvre, Eleveur laitier, président de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendant), administrateur de FaireFrance, Diane Masure, Agricultrice, présidente de l’APAD (Association pour la promotion d’une agriculture durable), Jean-François Delaitre, Agriculteur, président de l’AAMF (Association des agriculteurs méthaniseurs de France), et animée par Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture du Shift Project :
Votre participation aux travaux
Le travail qui vous est présenté ici est exploratoire : il vise à initier de nouvelles discussions et pose sur de nombreux sujets davantage de questions qu’il n’en résout. Le rapport final sera publié le 28 novembre 2024, inscrivez-vous à la newsletter du Shift Project pour recevoir l’invitation.
Bien qu’il soit déjà le fruit d’un travail collectif, ce rapport intermédiaire est encore un document de travail imparfait, incomplet et évolutif. Vos retours seront précieux sur l’ensemble du document et des éléments qui vous y sont présentés : méthodologie, approche générale et choix des angles choisis sont ici présentés pour être soumis aux avis des parties prenantes du secteur agricole. Dans cette logique, nous vous prions de nous faire part de vos remarques, critiques et propositions directement sur le googledoc proposé, ou alors en envoyant vos contributions écrites à Clémence Vorreux, coordinatrice du projet : clemence.vorreux@theshiftproject.org.
Vous n’avez bien entendu pas besoin de lire l’ensemble de ce long document pour nous aider à l’améliorer : toutes les contributions sont les bienvenues.
Comité de rédaction
Ce rapport intermédiaire est le fruit d’un travail collectif :
- Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Biardeau-Noyers, Ingénieur projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Leroux, Pilote du Groupe de travail « Technologies agricoles », Aspexit
- Laure Le Quéré, Ingénieur projet experte, The Shift Project
- Thomas Robert, Chargé de projet Agriculture, The Shift Project
- Vinciane Martin, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shift Project
- Clémence Morant, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Marie Garcia Couillaud, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Florence Haynes, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Clémence Vorreux, Coordinatrice Agriculture, The Shift Project
- Ce projet a aussi reçu l’appui d’Emma Stokking, de Corentin Grange et de Simon Bignonneau pour la communication.
Plus de 150 personnes ont déjà contribué à ce rapport intermédiaire, nous tenons à les en remercier.
Programme du webinaire de présentation
13h55 – Ouverture de la salle d’attente Zoom et du Facebook Live
14h00 – Mot d’introduction
- Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
14h15 – Présentation du rapport intermédiaire « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère »
- Clémence Vorreux, Coordinatrice Agriculture, The Shift Project
- Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Biardeau-Noyers, Ingénieur projet Agriculture, The Shift Project
- Laure Le Quéré, Ingénieure experte Agriculture, The Shift Project
15h00 – Eclairage : Quelles implications socio-économiques à cette adaptation ?
- Sophie Devienne, Professeure d’agriculture comparée et de développement agricole
15h15 – Table ronde : Comment préparer le secteur agricole français à faire face aux vulnérabilités physiques ?
- Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en agroclimatologie, photographe
- Adrien Lefèvre, Eleveur laitier, président de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendant), administrateur de FaireFrance
- Diane Masure, Agricultrice, Présidente de l’APAD (Association pour la promotion d’une agriculture durable)
- Jean-François Delaitre, Agriculteur, président de l’AAMF (Association des agriculteurs méthaniseurs de France)
- Modération : Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
15h55 – Questions / réponses avec l’audience
16h10 – Conclusion de la plénière et clôture du webinaire
16h15 – Pause
16h30 – Ateliers collaboratifs en visio (réservés à un nombre restreint de professionnels)
- Atelier 1 | Quelle gouvernance pour anticiper les risques et organiser la résilience du système agricole ? Comment penser en commun l’avenir de l’agriculture, à moyen et long terme ? Comment organiser l’action collective ? À quelle échelle territoriale penser la transformation de l’agriculture ? Quel lien avec la recherche dans l’organisation de la gouvernance ?
- Atelier 2 | Comment préparer le secteur à la raréfaction des ressources en gaz et en pétrole ? Comment optimiser la fertilité des sols et la productivité agricole avec moins d’engrais de synthèse et de carburants fossiles ? Quel transport des intrants et produits agricoles au niveau domestique et international ? Comment produire durablement la biomasse agricole nécessaire à la transition énergétique ?
- Atelier 3 | Comment produire plus durablement en protégeant les agriculteurs français de la concurrence et des aléas économiques ? Comment assurer la viabilité économique et la pérennité des fermes françaises dans un marché mondialisé ? Quelles mesures de protectionnisme envisager ? Comment garantir une juste répartition de la valeur ?
- Atelier 4 | Quelle place pour l’agriculture française à l’international en 2050 ? (Que) voudra-t-on exporter en 2050 ? Devrons-nous choisir entre notre résilience et notre autonomie et la sécurité alimentaire mondiale ? Quelle place pour les exportations de produits à haute valeur ajoutée ?
- Atelier 5 | Quelle place de la technologie dans la transition agricole ? Quelles technologies ont un rôle à jouer dans l’atténuation et l’adaptation au dérèglement climatique de l’agriculture ? Comment mesurer l’impact réel des technologies dans la transition agricole ? Quelle adéquation entre les technologies agricoles et des itinéraires agroécologiques ? Comment éviter des déséquilibres d’outillages technologiques entre filières et systèmes de production ?
18h00 – Clôture de l’événement
À propos du projet
Lancé en septembre 2023, le projet Agriculture du Shift Project s’est fixé quatre objectifs :
Objectif 1 : Réaliser une évaluation quantitative des contraintes physiques actuelles et futures auxquelles est confronté le secteur agricole
Cette évaluation vise à présenter un chiffrage détaillé des contraintes physiques qui pèsent sur le système actuellement et à horizon 2050, et mettre en évidence les enjeux économiques, sociaux et politiques que supposent leur prise en compte, sur la base de la méthodologie du Plan de transformation de l’économie française (PTEF). Les paramètres structurants seront, concernant les « contraintes physiques » :
-
- minimiser l’empreinte GES du système agricole (baisse des émissions et optimisation du stockage de carbone dans les sols), pour atteindre les objectifs climatiques de la France,
- obtenir un système résilient face aux changements climatiques et aux crises potentielles, en s’intéressant particulièrement aux enjeux énergétiques, biogéochimiques et de concurrence en matière d’usage des sols, afin que ce système soit compatible avec la transition de l’économie française dans son ensemble (bouclage énergétique, ressources et usage des sols)
- préserver la biodiversité agricole.
-
- documenter les enjeux que la transition agricole représentera en termes d’emploi et de formation (renouvellement de la population agricole et pérennité du secteur),
- documenter la question des évolutions nécessaires pour assurer la viabilité économique de la transformation du secteur au niveau des fermes, mais aussi au niveau international.
- documenter la capacité du secteur à répondre aux besoins en alimentation de la population (sécurité et souveraineté alimentaires) et au-delà,
- documenter la manière de « reconnecter » les consommateurs à leur alimentation et à l’agriculture, et revaloriser l’image et les conditions de travail des agriculteurs ;
- documenter la place de l’innovation technologique dans la transition du secteur, identifier le domaine de pertinence des différentes technologies.
Cette évaluation sera construite sur la base de travaux scientifiques existants, le Shift tenant un rôle d’ensemblier tout en cherchant à apporter des éléments et angles d’analyse complémentaires utiles au débat.
Objectif 2 : Établir un dialogue constructif avec et entre les acteurs du monde agricole
Le débat sur la transition du système agricole et alimentaire est aujourd’hui très tendu et passionné, laissant peu de place à l’objectivation des enjeux et des perspectives qui se posent. Le Shift Project souhaite apporter un cadrage objectif au dialogue, aider à structurer le débat de manière qualitative sans nier les multiples défis du secteur, faire émerger des consensus entre acteurs sur les objectifs de transition écologique, les aider à identifier des trajectoires possibles dans un cadre physique défini en distinguant bien les options politiques qui se posent, et définir des mesures sans regret à engager sans tarder.
Pour être légitime et proposer des recommandations robustes, ce projet repose sur une concertation large et une collaboration forte avec les acteurs de la recherche (laboratoires, think tanks…), des membres des organismes professionnels (syndicats, coopératives, interprofessions…), de la formation (lycées agricoles, écoles d’agronomie, de restauration), des institutionnels (MASA, APCA) et de la société civile (organisations paysannes, associations environnementales, de consommateurs…).
Objectif 3 : Proposer des trajectoires en faveur d’une agriculture décarbonée et résiliente
Ces trajectoires seront définies en s’attachant à proposer une vision systémique, plaçant les systèmes alimentaires et agroalimentaires dans un cadre physique « non négociable » (énergie, climat, biodiversité, eau), en présentant de manière distincte les options politiques qui se posent (souveraineté alimentaire, pérennité économique, santé…) en recherchant la résilience de ces systèmes et en portant une attention précise aux différents bouclages (énergie, biomasse, sols).
Objectif 4 : Produire et porter des messages opérationnels et robustes pour s’engager durablement dans ces trajectoires
Le travail mené devrait aboutir à des recommandations aussi concrètes que possible adressées à tous les acteurs pertinents, du niveau local au niveau européen.
Ce premier projet devrait se poursuivre dans un deuxième temps par une réflexion « Alimentation » plus large, intégrant le système agroalimentaire et toutes les dimensions « de la fourche à la fourchette ». Cette réflexion s’inscrit elle-même dans un programme « Biomasse » plus vaste.
Contacts
- Coordinatrice de projet et pilote du groupe de travail sur l’emploi et la formation : Clémence Vorreux, clemence.vorreux@theshiftproject.org
- Pilote de la communication : Emma Stokking, emma.stokking@theshiftproject.org
Ce projet repose sur une étroite collaboration avec les Shifters, en particulier avec le cercle thématique Agriculture et Alimentation et l’équipe de la grande consultation des agriculteurs. Si vous souhaitez y contribuer, vous pouvez les contacter à l’adresse ct-agriculture@theshifters.org.
Télécharger le rapport intermédiaire (184 p.)
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« Décrypter les scénarios 2050 » : compte-rendu des ateliers du 25 avril
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Source : https://theshiftproject.org/article/publication-intermediaire-agriculture-6-juin/
Quel est l’impact de l’agriculture sur l’environnement ?
Comment calculer le bilan carbone d’une exploitation agricole ?
Comment réduire l’empreinte carbone de l’agriculture ?
Les labels et certifications de décarbonation agricole
Dossiers TEE
Des engrais employés aux rots des vaches en élevage, l’agriculture émet une grande quantité de gaz à effet de serre et est responsable d’une empreinte carbone participant directement au réchauffement climatique. Où se cachent exactement ces émissions dans votre exploitation et surtout, comment les réduire pour la rendre durable et résiliente ? Creusons le sujet !
Saviez-vous que les vaches sont responsables d’une partie du réchauffement climatique ? Le méthane émis lors de leur digestion est un des gaz à effet de serre les plus néfastes pour l’environnement. Malgré sa proximité avec la nature, l’agriculture est un des secteurs avec la plus forte empreinte carbone. Tracteurs, engrais, bovins par milliers : l’élevage et les cultures intensives contribuent au changement climatique tout en payant le prix fort des conséquences engendrées (catastrophes naturelles, sécheresse). Quelle est l’empreinte carbone du secteur agricole ? Comment calculer le bilan carbone d’une exploitation agricole ? Comment développer une agriculture responsable et pérenne ? Big média a récolté pour vous les informations essentielles pour réduire l’empreinte carbone du secteur agricole français.
Quel est l’impact de l’agriculture sur l’environnement ?
Comme tous les secteurs participant à l’activité française, l’agriculture produit une empreinte carbone. L’empreinte carbone désigne le calcul des émissions de gaz à effet de serre produites par un pays, une personne, une industrie ou une entreprise. Exprimée en équivalent de CO2 (CO2e) ou en tonne de CO2 équivalent (tCO2eq), elle prend cependant en compte tous les gaz à effet de serre et les rapportent au CO2 pour créer une mesure harmonisée, selon les recommandations du GIEC.
En 2022, l’agriculture représentait 21% des émissions de GES françaises (source : Rapport national Secten, Citepa), en deuxième position derrière le transport (29%) et devant l’industrie (18%).
Cependant, l’agriculture possède également un potentiel significatif de séquestration du carbone grâce à la biomasse. L’agriculture pourrait jouer un rôle crucial dans la stratégie de décarbonation du pays.
Répartition des émissions de GES en France en 2019 :
Répartition des émissions de GES en France en 2019
Source : Infographie - Le secteur agricole et forestier est à la fois émetteur et capteur de gaz à effet de serre, Ministère de l’Agriculture.
Pollution agricole : les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture
L’empreinte carbone du secteur agricole provient à la fois des cultures et de l’élevage (bovin, porcin, ovin) et est composée de 3 GES principaux :
- le méthane (CH4), qui compose 45% de l’émission carbone totale du secteur et provient de la digestion des bovins en élevage ;
- le protoxyde d’azote (N2O), à hauteur de 42%, émis par les engrais et les déchets issues de l’élevage et des cultures ;
- le CO2, à 13%, produit par la consommation énergétique des exploitations agricoles (engins, serres, bâtiments d’élevage).
Répartition des émissions de GES dans l’agriculture et la sylviculture en France entre 1990 et 2019 :
Répartition des émissions de GES dans l’agriculture et la sylviculture en France entre 1990 et 2019
Source : Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, Notre-environnement.gouv.
L’agriculture a des impacts sur tous les éléments de l’environnement. Elle est responsable de la pollution de l’eau, en raison des engrais absorbés dans les nappes phréatiques et de la forte consommation d’eau pour les élevages. Entre 2000 et 2020, la présence de nitrate dans les cours d’eau français a augmenté de 6%.
Les exploitations agricoles contribuent aussi à la destruction des espaces naturels : 70% des haies bocagères ont disparu depuis 1950. Ces haies sont essentielles pour l’environnement car elles protègent les cultures du vent, abritent une biodiversité riche et permettent aux sols de faire des réserves d’eau. Conséquence directe de cet impact sur la biodiversité : 36% des espèces d’oiseaux des milieux agricoles ont disparu depuis 1989 et les populations d’insectes et d’animaux des champs (mulots, loirs) ont drastiquement diminué.
Lorsqu’elles sont intensives, réduisant la rotation des cultures et les mises en jachère pour que le sol se régénère, les pratiques agricoles peuvent également entraîner l’érosion des sols, la perte de fertilité et donc la dégradation de la qualité des terres et, par extension, de leurs cultures.
En outre, les engins agricoles émettent également de la pollution dans l’air et sont, pour la quasi-totalité, encore équipés de moteurs particulièrement polluants reposant sur des combustibles fossiles.
Bon à savoir - Agriculture conventionnelle, biologique et urbaine : quelle différence ?
L’agriculture conventionnelle est actuellement la plus répandue. Basée sur le modèle de l’après-guerre, elle repose sur l’utilisation d’intrants chimiques (engrais) et sur une mécanisation qui lui permet un rendement intensif.
L’agriculture biologique prend le contrepied de l’agriculture dite conventionnelle et s’appuie sur des pratiques respectueuses de l’environnement : préservation des ressources et de la diversité, bien-être animal en élevage, recours à des substances naturelles. Elle s’accompagne de labels et de certifications pour les exploitations agricoles et les produits qui en sont issus.
L’agriculture urbaine désigne, quant à elle, la production agricole qui est menée en ville ou en milieu péri-urbain. Cela regroupe les potagers collectifs et les fermes urbaines et peut inclure l’élevage et la culture. Elle a pour but de créer du lien social et de sensibiliser la population tout en favorisant la végétalisation et la biodiversité en ville.
L’impact du changement climatique sur l’agriculture
Si les activités agricoles ont des effets néfastes sur l’environnement et la biodiversité, le secteur est également fragilisé par le changement climatique. Les catastrophes naturelles telles que les vagues de chaleur, la sécheresse, les précipitations et inondations ou encore les incendies, de plus en plus courantes et de plus en plus intenses, affectent le rendement des cultures et mettent en danger les élevages. Selon le GIEC, les pertes de récoltes liées aux sécheresses et aux canicules auraient triplé ces 50 dernières années en Europe.
Outre la multiplication des phénomènes météorologiques, le réchauffement climatique entraîne un bouleversement des cycles saisonniers, avançant les dates de nombreuses récoltes. Par exemple, selon l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), en France, les vendanges ont lieu en moyenne 18 jours plus tôt qu’il y a 40 ans. Parallèlement, les floraisons précoces deviennent vulnérables aux risques de gel qui peut leur être fatal.
Enfin, il est important de rappeler que les terres agricoles sont également des puits de carbone naturels qui stockent les GES en plus d’en émettre. Elles représentent 47% du stock total de carbone des sols français. Ces puits de carbone sont essentiels pour l’équilibre naturel.
Comment calculer le bilan carbone d’une exploitation agricole ?
Le secteur agricole fait partie de la feuille de route établie par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui fixe des objectifs de réduction des émissions de GES et inclut la préservation des puits de carbone naturels. Mais avant de passer à l’action, il faut savoir à quoi on s’attelle, et connaître en détail les émissions de carbone de son activité. Le meilleur outil ? Un bilan carbone de l’exploitation agricole.
Réalisation d’un bilan carbone pour décarboner les activités agricoles
En France, le bilan carbone est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 à partir de 2025), tous secteurs confondus. Mais toute société, quels que soient sa taille et son secteur, peut effectuer un bilan carbone.
La réalisation du bilan carbone est le premier pas dans l’établissement d’une stratégie bas carbone pour une transition écologique des pratiques agricoles. Le bilan carbone d’une exploitation agricole est influencé par ses pratiques, ses cultures, ses techniques agricoles et son élevage.
Les exploitations agricoles qui intègrent des pratiques durables dans leur gestion ont tendance à présenter un bilan carbone plus bas. Par exemple, une exploitation qui privilégie une fertilisation mesurée pour réduire la pollution de l’eau aura un bilan carbone réduit comparé à une qui utilise des engrais de façon excessive.
De plus, les exploitations qui se tournent vers des cultures moins énergivores affichent également un bilan carbone plus bas. Ainsi, une ferme cultivant des plantes vivaces pour la production d’énergie présentera un bilan carbone plus favorable qu’une autre se consacrant à la culture de céréales.
Enfin, les exploitations qui valorisent les coproduits organiques par la méthanisation bénéficient d’un bilan carbone plus avantageux. Une ferme transformant ses déchets en biogaz pour générer de l’électricité aura un bilan carbone plus bas qu’une autre qui se débarrasse de ses déchets en décharge.
Ainsi, la décarbonation de l’agriculture repose sur la réalisation de ces bilans pour les exploitations agricoles, afin que celles-ci puissent identifier et agir sur les postes ayant la plus forte empreinte carbone.
La méthodologie du bilan carbone pour l’agriculture
Un bilan carbone s’effectue en plusieurs étapes :
- définir le périmètre organisationnel et opérationnel (postes d’émissions) ;
- collecter les données des émissions de GES de l’exploitation ;
- traiter les résultats et établir un plan d’action ;
- mettre en place les actions de décarbonation ;
- établir un suivi des progrès effectués ;
- communiquer sur le bilan carbone réalisé auprès des parties prenantes.
À noter que le bilan carbone peut être effectué via un cabinet de conseil externe car il s’agit d’un processus long et chronophage.
Qu’il s’agisse du Bilan Carbone© de l’ADEME ou du BEGES, les deux couvrent les scopes 1, 2 et 3 nécessaires à l’obtention d’un bilan complet :
- émissions directes liées aux cultures agricoles ;
- émissions indirectes liées à l’énergie consommée par les cultures agricoles ;
- émissions indirectes liées à l’exploitation mais sur lesquelles les agriculteurs n’ont pas de contrôle.
Comment réduire l’empreinte carbone de l’agriculture ?
La décarbonation du secteur agricole est un enjeu complexe car elle ne doit pas s’effectuer au détriment des besoins de production ou des revenus des agriculteurs, déjà soumis à une conjoncture économique difficile pour leur profession.
Développer l’agriculture durable avec de nouvelles pratiques agricoles
L’agriculture durable repose sur le développement d’une pratique agricole pérenne, viable et respectueuse de l’environnement. D’après le texte de la Commission mondiale pour le développement et l’environnement de l’ONU de 1987, où le terme développement durable est défini précisément, il s’agit « d’un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »
L’agriculture durable englobe ainsi des enjeux sociaux, économiques et environnementaux et est composée de pratiques diverses :
- meilleure gestion de l’eau (récupération de l’eau de pluie pour soulager les nappes phréatiques) ;
- aménagement de jachères et pâturages naturels ;
- rotation des cultures au lieu de la monoculture (pratiques régénératives limitant l’érosion des sols) ;
- permaculture ;
- limitation de l’utilisation d’engrais et de pesticides.
Bon à savoir - Qu’est-ce que l’agro-écologie ?
L’agro-écologie fait le lien entre les sciences de l’environnement et de l’agriculture. Son but est de respecter l’équilibre naturel en limitant les intrants (ressources externes ajoutées). Il s’agit d’une approche agricole qui valorise le fonctionnement naturel des écosystèmes de plusieurs manières : réduction des pesticides, plantation de haies, arrêt du labourage, polyculture, etc.
L’agro-écologie permet aussi aux exploitants de faire des économies : l’association France Nature Environnement (FNE) estime que les intrants représentent une dépense d’environ 60% du chiffre d’affaires d’un agriculteur.
Réduire la consommation des énergies fossiles
Les énergies fossiles (pétrole et gaz) représentent 11% des émissions de GES du secteur agricole. Cette part de l’empreinte carbone provient principalement des engins agricoles (tracteurs, moissonneuses-batteuses, ensileuses), qui sont pour la plupart équipés d’un moteur diesel. Comment réduire cette empreinte carbone ? En les remplaçant autant que possible par des moteurs décarbonés (électriques, hybrides, à hydrogène) qui se développent sur le marché.
Pour limiter le recours aux ressources fossiles, il est primordial de développer l’utilisation des énergies renouvelables dans les exploitations agricoles, et d’encourager l’autoconsommation grâce à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques. C’est ce qu’on appelle l’agrivoltaïsme : la production d’électricité d’origine photovoltaïque associée à des activités agricoles. Les panneaux solaires sont placés sur les infrastructures de l’exploitation, au-dessus des cultures ou des prairies. En plus de produire de l’électricité durable, les panneaux solaires servent de protection contre les intempéries et d’ombrage pour les animaux d’élevage.
Cette énergie peut ensuite être utilisée pour alimenter les bâtiments d’élevage ou les serres. L’autoconsommation représente également un revenu supplémentaire pour les agriculteurs grâce aux économies effectuées mais aussi à la vente de l’énergie produite en surplus.
Autre piste de décarbonation, la méthanisation, qui consiste à transformer les matières organiques et résidus issus des activités agricoles en biogaz ou en engrais vert (le digestat). Ce procédé peut être mis en œuvre par les agriculteurs sur leurs exploitations et permet à la fois la production d’une énergie renouvelable (le biogaz) et la valorisation des résidus agricoles.
Un usage plus responsable des engrais dans l’agriculture
Le Pacte vert européen, adopté en 2020, fixe un objectif de réduction de l’usage des engrais chimiques de 20% d’ici 2030. Les engrais chimiques les plus utilisés en agriculture sont les engrais azotés de synthèse qui peuvent contaminer les cours d’eau et les nappes phréatiques (par ruissellement ou infiltration).
La réduction des engrais peut s’effectuer grâce à l’introduction de légumineuses dans les cultures ou l’utilisation d’engrais verts (organiques, minéraux ou issus de la méthanisation). Il s’agit également pour les exploitations agricoles de se tourner vers des méthodes de fertilisation raisonnées plutôt qu’intensives, et de faire une utilisation plus efficace des engrais afin de limiter les coûts et l’impact sur l’environnement. Tous ces efforts contribuent à réduire l’empreinte carbone du secteur agricole et à développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
Les labels et certifications de décarbonation agricole
Comme tous les secteurs, l’agriculture bénéficie de labels et de certifications pour inciter au développement de pratiques agricoles durables. La labellisation est gage de transparence et d’engagement dans la transition écologique du secteur, et offre des informations claires aux consommateurs : les labels AB (agriculture biologique) ou HVE (haute valeur environnementale) intègrent, par exemple, indirectement les émissions de GES et permettent d’afficher les actions mises en place par certaines exploitations.
La certification bas carbone de la PAC
La Politique agricole commune (PAC) existe depuis 1962 dans l’Union européenne. Elle a pour objectifs de soutenir les agriculteurs, d’améliorer la productivité et d’encourager une gestion durable des ressources naturelles, ainsi qu’une préservation de l’économie et des paysages des zones rurales. Les exploitations agricoles sont actuellement concernées par le volet 2023-2027 de la PAC, qui fixe des stratégies sur cette période.
La PAC propose des aides pour les agriculteurs. En France, elles sont regroupées sous l’organisme ASP (Agence de services et de paiement) et incluent :
- une aide complémentaire aux jeunes agriculteurs ;
- une aide de base au revenu ;
- l’éco-régime (depuis janvier 2023) pour soutenir les agriculteurs engagés dans des pratiques durables et favorables à l’environnement.
La PAC contient également des exigences réglementaires en matière de gestion (ERMG) et des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) - des conditions qui doivent être respectées par les agriculteurs afin de bénéficier des aides. Les thèmes de la BCAE incluent :
- limiter l’impact du labourage sur les sols ;
- la rotation des cultures ;
- maintenir des prairies permanentes ;
- protéger les zones humides.
Les méthodes du label bas-carbone pour l’agriculture
Le Label bas-carbone, qui a été créé en 2018 pour soutenir des projets de réduction ou de séquestration des GES, fait partie de la SNBC. Il contient des méthodes, soumises et approuvées, qui encadrent les projets éligibles et détermine un cadre de suivi et de vérification de son efficacité. Il existe 6 méthodes approuvées concernant le secteur agricole :
- Carbon’Agri : projets de réduction des émissions carbone liées à l’élevage bovin et aux grandes cultures ;
- Grandes Cultures : pratiques d’atténuation de l’impact du changement climatique grâce à l’intégration des légumineuses ou la réduction des énergies fossiles :
- Plantation de vergers : séquestration du carbone grâce à la biomasse des arbres fruitiers plantés sur des terres non cultivées ;
- Haies : plantation et préservation des haies bocagères utiles pour la séquestration du carbone et ayant des bénéfices pour la biodiversité des milieux agricoles et forestiers ;
- Ecométhane : réduction des émissions de méthane produites par les bovins laitiers via la modification de leur alimentation ;
- Sobac’Eco TMM : réduction des intrants de synthèse et organiques en les remplaçant par des processus de régulation naturels.
Sources :
Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, notre-environnement.gouv
Infographie - le secteur agricole et forestier est à la fois émetteur et capteur de gaz à effet de serre, Ministère de l’Agriculture
Dispositifs de décarbonation de l’agriculture : leviers et perspectives, Ministère de l’Agriculture
Les méthodes agricoles du label bas-carbone, Ministère de l’Agriculture
L’agriculture face aux enjeux environnementaux, INSEE
Synthèse rapport Secten, Citepa
Décarbonation de l’énergie utilisée en agriculture à l’horizon 2050, Ministère de l’Agriculture
Qu’est-ce que la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne ?, Toute l’Europe
Le label bas-carbone, comment ça marche ? Ministère de l’Agriculture
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© Bpifrance 2024 - Source : https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-dossiers/bilan-carbone-dans-lagriculture-comment-reduire-son-empreinte
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Rapport - « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » : The Shift Project publie son rapport intermédiaire - 6 juin 2024
L’équipe Agriculture du Shift Project a le plaisir de vous présenter le rapport intermédiaire « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère ».
Télécharger le rapport intermédiaire (184 p.)
https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2024/04/Cover-RI-Agri-PDF-HD-212x300.jpg
Découvrez :
- Le rapport intermédiaire en format Word dédié à la relecture qui vous permet de contribuer directement aux travaux
- Le rapport au format Google doc dédié à la relecture qui vous permet de contribuer directement aux travaux (attention, fichier partagé public, vos commentaires seront visibles de tout le monde)
- Le rapport intermédiaire complet en pdf (184 p.)
- Le support de présentation en format PPT et en format PDF de la visioconférence de publication
- Les comptes rendus des ateliers collaboratifs :
- Atelier 1
- Atelier 2
- Atelier 3
- Atelier 4 et le Tableau Blanc virtuel ayant servi de support pendant l’atelier
- Atelier 5
Le replay de la visioconférence de publication par l’équipe Agriculture du Shift Project suivie de l’éclairage de Sophie Devienne, Professeure d’agriculture comparée et de développement agricole :
Le replay de la table ronde qui a suivi la présentation du rapport, avec Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en agroclimatologie, photographe, Adrien Lefèvre, Eleveur laitier, président de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendant), administrateur de FaireFrance, Diane Masure, Agricultrice, présidente de l’APAD (Association pour la promotion d’une agriculture durable), Jean-François Delaitre, Agriculteur, président de l’AAMF (Association des agriculteurs méthaniseurs de France), et animée par Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture du Shift Project :
Votre participation aux travaux
Le travail qui vous est présenté ici est exploratoire : il vise à initier de nouvelles discussions et pose sur de nombreux sujets davantage de questions qu’il n’en résout. Le rapport final sera publié le 28 novembre 2024, inscrivez-vous à la newsletter du Shift Project pour recevoir l’invitation.
Bien qu’il soit déjà le fruit d’un travail collectif, ce rapport intermédiaire est encore un document de travail imparfait, incomplet et évolutif. Vos retours seront précieux sur l’ensemble du document et des éléments qui vous y sont présentés : méthodologie, approche générale et choix des angles choisis sont ici présentés pour être soumis aux avis des parties prenantes du secteur agricole. Dans cette logique, nous vous prions de nous faire part de vos remarques, critiques et propositions directement sur le googledoc proposé, ou alors en envoyant vos contributions écrites à Clémence Vorreux, coordinatrice du projet : clemence.vorreux@theshiftproject.org.
Vous n’avez bien entendu pas besoin de lire l’ensemble de ce long document pour nous aider à l’améliorer : toutes les contributions sont les bienvenues.
Comité de rédaction
Ce rapport intermédiaire est le fruit d’un travail collectif :
- Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Biardeau-Noyers, Ingénieur projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Leroux, Pilote du Groupe de travail « Technologies agricoles », Aspexit
- Laure Le Quéré, Ingénieur projet experte, The Shift Project
- Thomas Robert, Chargé de projet Agriculture, The Shift Project
- Vinciane Martin, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shift Project
- Clémence Morant, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Marie Garcia Couillaud, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Florence Haynes, Copilote du Groupe de travail « Emploi et formation agricole », The Shifters
- Clémence Vorreux, Coordinatrice Agriculture, The Shift Project
- Ce projet a aussi reçu l’appui d’Emma Stokking, de Corentin Grange et de Simon Bignonneau pour la communication.
Plus de 150 personnes ont déjà contribué à ce rapport intermédiaire, nous tenons à les en remercier.
Programme du webinaire de présentation
13h55 – Ouverture de la salle d’attente Zoom et du Facebook Live
14h00 – Mot d’introduction
- Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
14h15 – Présentation du rapport intermédiaire « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère »
- Clémence Vorreux, Coordinatrice Agriculture, The Shift Project
- Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
- Corentin Biardeau-Noyers, Ingénieur projet Agriculture, The Shift Project
- Laure Le Quéré, Ingénieure experte Agriculture, The Shift Project
15h00 – Eclairage : Quelles implications socio-économiques à cette adaptation ?
- Sophie Devienne, Professeure d’agriculture comparée et de développement agricole
15h15 – Table ronde : Comment préparer le secteur agricole français à faire face aux vulnérabilités physiques ?
- Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en agroclimatologie, photographe
- Adrien Lefèvre, Eleveur laitier, président de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendant), administrateur de FaireFrance
- Diane Masure, Agricultrice, Présidente de l’APAD (Association pour la promotion d’une agriculture durable)
- Jean-François Delaitre, Agriculteur, président de l’AAMF (Association des agriculteurs méthaniseurs de France)
- Modération : Céline Corpel, Cheffe de projet Agriculture, The Shift Project
15h55 – Questions / réponses avec l’audience
16h10 – Conclusion de la plénière et clôture du webinaire
16h15 – Pause
16h30 – Ateliers collaboratifs en visio (réservés à un nombre restreint de professionnels)
- Atelier 1 | Quelle gouvernance pour anticiper les risques et organiser la résilience du système agricole ? Comment penser en commun l’avenir de l’agriculture, à moyen et long terme ? Comment organiser l’action collective ? À quelle échelle territoriale penser la transformation de l’agriculture ? Quel lien avec la recherche dans l’organisation de la gouvernance ?
- Atelier 2 | Comment préparer le secteur à la raréfaction des ressources en gaz et en pétrole ? Comment optimiser la fertilité des sols et la productivité agricole avec moins d’engrais de synthèse et de carburants fossiles ? Quel transport des intrants et produits agricoles au niveau domestique et international ? Comment produire durablement la biomasse agricole nécessaire à la transition énergétique ?
- Atelier 3 | Comment produire plus durablement en protégeant les agriculteurs français de la concurrence et des aléas économiques ? Comment assurer la viabilité économique et la pérennité des fermes françaises dans un marché mondialisé ? Quelles mesures de protectionnisme envisager ? Comment garantir une juste répartition de la valeur ?
- Atelier 4 | Quelle place pour l’agriculture française à l’international en 2050 ? (Que) voudra-t-on exporter en 2050 ? Devrons-nous choisir entre notre résilience et notre autonomie et la sécurité alimentaire mondiale ? Quelle place pour les exportations de produits à haute valeur ajoutée ?
- Atelier 5 | Quelle place de la technologie dans la transition agricole ? Quelles technologies ont un rôle à jouer dans l’atténuation et l’adaptation au dérèglement climatique de l’agriculture ? Comment mesurer l’impact réel des technologies dans la transition agricole ? Quelle adéquation entre les technologies agricoles et des itinéraires agroécologiques ? Comment éviter des déséquilibres d’outillages technologiques entre filières et systèmes de production ?
18h00 – Clôture de l’événement
À propos du projet
Lancé en septembre 2023, le projet Agriculture du Shift Project s’est fixé quatre objectifs :
Objectif 1 : Réaliser une évaluation quantitative des contraintes physiques actuelles et futures auxquelles est confronté le secteur agricole
Cette évaluation vise à présenter un chiffrage détaillé des contraintes physiques qui pèsent sur le système actuellement et à horizon 2050, et mettre en évidence les enjeux économiques, sociaux et politiques que supposent leur prise en compte, sur la base de la méthodologie du Plan de transformation de l’économie française (PTEF). Les paramètres structurants seront, concernant les « contraintes physiques » :
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- minimiser l’empreinte GES du système agricole (baisse des émissions et optimisation du stockage de carbone dans les sols), pour atteindre les objectifs climatiques de la France,
- obtenir un système résilient face aux changements climatiques et aux crises potentielles, en s’intéressant particulièrement aux enjeux énergétiques, biogéochimiques et de concurrence en matière d’usage des sols, afin que ce système soit compatible avec la transition de l’économie française dans son ensemble (bouclage énergétique, ressources et usage des sols)
- préserver la biodiversité agricole.
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- documenter les enjeux que la transition agricole représentera en termes d’emploi et de formation (renouvellement de la population agricole et pérennité du secteur),
- documenter la question des évolutions nécessaires pour assurer la viabilité économique de la transformation du secteur au niveau des fermes, mais aussi au niveau international.
- documenter la capacité du secteur à répondre aux besoins en alimentation de la population (sécurité et souveraineté alimentaires) et au-delà,
- documenter la manière de « reconnecter » les consommateurs à leur alimentation et à l’agriculture, et revaloriser l’image et les conditions de travail des agriculteurs ;
- documenter la place de l’innovation technologique dans la transition du secteur, identifier le domaine de pertinence des différentes technologies.
Cette évaluation sera construite sur la base de travaux scientifiques existants, le Shift tenant un rôle d’ensemblier tout en cherchant à apporter des éléments et angles d’analyse complémentaires utiles au débat.
Objectif 2 : Établir un dialogue constructif avec et entre les acteurs du monde agricole
Le débat sur la transition du système agricole et alimentaire est aujourd’hui très tendu et passionné, laissant peu de place à l’objectivation des enjeux et des perspectives qui se posent. Le Shift Project souhaite apporter un cadrage objectif au dialogue, aider à structurer le débat de manière qualitative sans nier les multiples défis du secteur, faire émerger des consensus entre acteurs sur les objectifs de transition écologique, les aider à identifier des trajectoires possibles dans un cadre physique défini en distinguant bien les options politiques qui se posent, et définir des mesures sans regret à engager sans tarder.
Pour être légitime et proposer des recommandations robustes, ce projet repose sur une concertation large et une collaboration forte avec les acteurs de la recherche (laboratoires, think tanks…), des membres des organismes professionnels (syndicats, coopératives, interprofessions…), de la formation (lycées agricoles, écoles d’agronomie, de restauration), des institutionnels (MASA, APCA) et de la société civile (organisations paysannes, associations environnementales, de consommateurs…).
Objectif 3 : Proposer des trajectoires en faveur d’une agriculture décarbonée et résiliente
Ces trajectoires seront définies en s’attachant à proposer une vision systémique, plaçant les systèmes alimentaires et agroalimentaires dans un cadre physique « non négociable » (énergie, climat, biodiversité, eau), en présentant de manière distincte les options politiques qui se posent (souveraineté alimentaire, pérennité économique, santé…) en recherchant la résilience de ces systèmes et en portant une attention précise aux différents bouclages (énergie, biomasse, sols).
Objectif 4 : Produire et porter des messages opérationnels et robustes pour s’engager durablement dans ces trajectoires
Le travail mené devrait aboutir à des recommandations aussi concrètes que possible adressées à tous les acteurs pertinents, du niveau local au niveau européen.
Ce premier projet devrait se poursuivre dans un deuxième temps par une réflexion « Alimentation » plus large, intégrant le système agroalimentaire et toutes les dimensions « de la fourche à la fourchette ». Cette réflexion s’inscrit elle-même dans un programme « Biomasse » plus vaste.
Contacts
- Coordinatrice de projet et pilote du groupe de travail sur l’emploi et la formation : Clémence Vorreux, clemence.vorreux@theshiftproject.org
- Pilote de la communication : Emma Stokking, emma.stokking@theshiftproject.org
Ce projet repose sur une étroite collaboration avec les Shifters, en particulier avec le cercle thématique Agriculture et Alimentation et l’équipe de la grande consultation des agriculteurs. Si vous souhaitez y contribuer, vous pouvez les contacter à l’adresse ct-agriculture@theshifters.org.
« Décrypter les scénarios 2050 » : compte-rendu des ateliers du 25 avril
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Source : https://theshiftproject.org/article/publication-intermediaire-agriculture-6-juin/
Mais dans nos sociétés abreuvées d’énergies fossiles, le rire est également devenu un symbole-clé représentatif de notre ébriété énergétique, et de nos bien trop conséquentes émissions de gaz à effet de serre.
Le Shift Project a décidé de se pencher sur l’empreinte carbone mondiale du rire. Nos premiers résultats sont alarmants : nous avançons un chiffre de 4% des émissions totales (fourchette d’incertitude de 57,2%). Ce chiffre peut paraître faible ; il faut cependant souligner qu’il est du même ordre de grandeur que l’empreinte carbone du numérique, ou encore que les émissions de la production mondiale de ciment.
Par ailleurs, comme dans le cas du numérique, la dynamique de progression des émissions est particulièrement inquiétante : l’empreinte carbone du secteur a crû de 6 % par an au cours des dix dernières années, soit un rythme encore plus rapide que la progression des émissions totales. Du fait de nos pratiques de rire trop carboné, l’empreinte du rire augmente de façon exponentielle - dû notamment au caractère communicatif du rire - et plus rapidement que pour les autres secteurs.
D’où viennent ces émissions ? Nos sociétés actuelles dites “du divertissement” ont façonné un système sociotechnique carboné favorisant un humour quantitatif plutôt que qualitatif. Cette orientation induit une demande de rire toujours grandissante car jamais pleinement satisfaite. Nous devons réorienter collectivement nos pratiques de rire vers un rire plus qualitatif et convivial, plus à même d’assouvir nos besoins tout en abaissant drastiquement nos pressions sur l’environnement.
Ce guide se propose donc de poser les premiers jalons d’une transition vers un rire bas carbone. Nous présentons une grille d’analyse du rire sous un angle carbone, ébauchons de premiers calculs dans lesquels nous l’appliquons, et avançons de premiers résultats ainsi qu’une feuille de route vers une société du rire décarboné. Ce travail préliminaire donnera suite à un plus large chantier….
Pour prendre connaissance de la suite < se reporter à la source ci-après
The Shift Project est un think tank qui œuvre en faveur d’une économie post-carbone. Association loi 1901 reconnue d’intérêt général et guidée par l’exigence de la rigueur scientifique, notre mission est d’éclairer et influencer le débat sur la transition énergétique en Europe. Nos membres sont de grandes entreprises qui veulent faire de la transition énergétique leur priorité. Notre équipe se propose d’égayer votre … temps
www.theshiftproject.org - Contact : Colin Pascal Chef de projet > colin.pascal@theshiftproject.org
Source : https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2022/04/Rapport-final_Rire-bas-carbone.pdf
Fichier:The Shift Project Logo small bleu.png — Wikipédia
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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 29/07/2024
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