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"Alsace insolite : fresques oubliées du Moyen-Âge Rue des Juifs à Strasbourg, jardin secret remarquable à Brumath (Bas-Rhin) - Législatives 2024 1er tour en ‘Grand Est’ : RN poursuit sa poussée, mais Strasbourg et Colmar résistent" par Jacques Hallard

mardi 2 juillet 2024, par Hallard Jacques


ISIAS Arts Antisémitisme Jardins Politique Alsace

Alsace insolite : fresques oubliées du Moyen-Âge Rue des Juifs à Strasbourg, jardin secret remarquable à Brumath (Bas-Rhin) - Législatives 2024 1er tour en ‘Grand Est’ : RN poursuit sa poussée, mais Strasbourg et Colmar résistent

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 02/06/2024

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Introduction

Ce dossier composite est centré sur l’Alsace

Alsace d’après Wikipédia - Cet article concerne l’Alsace de manière généraliste. Pour la collectivité territoriale de manière détaillée, voir collectivité européenne d’Alsace. Pour les homonymes, voir Alsace (homonymie).

Alsace

Collectivité territoriale Collectivité européenne d’Alsace
Départements Bas-Rhin

Haut-Rhin

Villes principales Strasbourg

Mulhouse

Colmar

Haguenau

Saint-Louis

Sélestat

Saverne

ISO 3166-2 FR-6AE
Démographie
Gentilé Alsaciens, Alsaciennes
Population 1 898 533 hab. (2020)
Densité 229 hab./km2
Langues traditionnelles Alsacien

Franc-comtois

Welche

Yédisch-Daïtsch

Cultes concordataires Calvinisme

Catholicisme

Judaïsme

Luthéranisme

L’Alsace (prononcé /al.zas/ ; en alsacien s’Elsàss ; en allemand das Elsass) est une région historique et une collectivité territoriale de l’Est de la France, à la frontière avec l’Allemagne et la Suisse. Ses habitants sont appelés les Alsaciens. Sa capitale est Strasbourg. L’histoire récente de l’Alsace est liée de près à celle du département voisin de la Moselle, tous les deux ayant en commun l’héritage du second empire allemand (droit local d’Alsace-Moselle) et une influence franco-germanique forte.

De 1956 à 2015, l’Alsace est une région administrative, composée des deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Le 1er janvier 2016, elle fusionne avec les régions de Champagne-Ardenne et de Lorraine pour former la région Grand Est. Le 1er janvier 2021, une nouvelle collectivité territoriale — la collectivité européenne d’Alsace — reprenant exactement les mêmes limites géographiques et continuant à faire partie de la région ‘Grand Est’ est créée.

Géographiquement elle se trouve entre le massif des Vosges et le Rhin. Région de l’Europe rhénane, elle fait plus largement partie de l’espace culturel de l’Europe centrale et est historiquement une terre de langue germanique (alémanique et francique) avec des parties romanes (vallées welches, certaines communes du Sundgau). Malgré son identité forte, l’Alsace est une région cosmopolite1, métissée2 et fortement diversifiée sur le plan religieux3. La région historique sous l’Ancien Régime était subdivisée en trois entités : la Haute-AlsaceN 1, la Basse-AlsaceN 2 et la république de MulhouseN 3. Cette dernière se lance dans l’aventure industrielle dès 17464 et vote sous la contrainte militaire sa réunion à la France en 1798.

Française entre le milieu du XVIIe siècle et 1870, à la suite de son annexion par Louis XIV, l’Alsace accueille avec enthousiasme la Révolution française. Berceau de La Marseillaise5, elle a vu naître des généraux révolutionnaires comme Kléber, Lefebvre, Westermann, Kellermann, Rapp6 ou encore Amey. L’implication des Alsaciens dans la Révolution, ainsi que plus tard dans l’affaire du capitaine Dreyfus, scella leur attachement à la République française7,8 [sources douteuses].

Après la défaite lors de la guerre franco-allemande de 1870, l’Alsace (moins l’arrondissement de Belfort) et une partie de la Lorraine (actuel département de la Moselle) sont annexées à l’Empire allemand. Celles que l’on désigne alors comme les « provinces perdues » inspireront un revanchisme qui accompagnera toute la Troisième République. Terre d’Empire (« Reichsland » en allemand), l’Alsace-Lorraine est dotée d’une constitution en 1911 qui est suspendue dès le début de la Première Guerre mondiale. À l’issue de celle-ci, l’Alsace-Lorraine sera à nouveau rattachée à la République française en 1919. Puis en 1940, elle est une nouvelle fois annexée par l’Allemagne, lors de la Seconde Guerre mondiale (sous le nom administratif de « CdZ-Gebiet Elsass »), avant de redevenir française en 1945. Cette histoire houleuse est une clé essentielle à la compréhension de certains particularismes locaux. Ainsi dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, de nombreux domaines sont régis par le droit local alsacien-mosellan9 qui se substitue au droit général français.

Strasbourg est la plus importante10 des cinq grandes agglomérations alsaciennes devant Mulhouse11, Colmar12, Haguenau13 et Saint-Louis (banlieue française de la ville de Bâle en Suisse)14,15. Les unités urbaines de Strasbourg et de Mulhouse dépassent chacune les 200 000 habitants. De tradition industrielle forte, Mulhouse est, avec Amiens, la grande ville de France métropolitaine qui a la plus forte proportion de jeunes de moins de 19 ans16. Strasbourg est le siège de plusieurs institutions européennes, dont le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. …

Lire l’article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alsace

Deux articles sur l’Alsace insolite traitent d’une part sur « une maison de 1290, les mystérieuses fresques oubliées du Moyen-Âge : ’une version idéalisée de la société médiévale’ », et d’autre part sur « un jardin secret classé ’remarquable’, havre de paix au beau milieu d’une ville » (Brumath)…

Trois articles donnent ensuite un aperçu d’ordre politique en présentant les résultats du 1er tour des élections législatives 2024 dans la région ‘Grand Est’, en mentionnant entre autre que « Strasbourg résiste, mais le RN poursuit sa poussée »… - Plus détails sont rapportés sur deux villes choisies : Strasbourg et Colmar…

Ce dossier se termine avec une triste annexe qui rapporte un fait historique en rapport avec l’antisémitisme : le Pogrom de Strasbourg ou Judenbrand (bûcher aux juifs)…

Les documents sélectionnés sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • Alsace insolite - Dans une maison de 1290, les mystérieuses fresques oubliées du Moyen-Âge : ’une version idéalisée de la société médiévale’ - Écrit par Éric Vial- Publié le 30/06/2024 à 07h30 – Document ‘france3-regions.francetvinfo.fr’

Ecouter la vidéo 2:22 à partir d’ici < https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/insolite-dans-une-maison-de-1290-les-mysterieuses-fresques-oubliees-du-moyen-age-une-version-idealisee-de-la-societe-medievale-2988623.html

C’est l’un des patrimoines les plus remarquables de Strasbourg (Bas-Rhin) : des fresques médiévales datant de 1450, intactes. Elles n’ont subi aucune rénovation. Les couleurs sont incroyablement toujours aussi lumineuses qu’à l’époque. Toute une salle d’apparat peinte ainsi que des plafonds ornementés de fleurs bleu et rouge. Un véritable trésor pictural qui garde tous ces mystères et qui n’est toujours pas accessible au grand public.

C’est l’Alsace insolite ! Nous sommes en mars 1987, en plein cœur de Strasbourg, au 15 rue des Juifs. Un chantier de rénovation et de transformation de l’hôtel de Joham de Mundolsheim du XIIe siècle a lieu. Des ouvriers arrachent des cloisons, des faux plafonds et cassent des vieux plâtres.

[Addenda - Hôtel des Joham de Mundolsheim à Strasbourg Alsace

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/35/Logo_monument_historique_-_rouge_ombr%C3%A9_sans_texte.svg/35px-Logo_monument_historique_-_rouge_ombr%C3%A9_sans_texte.svg.png

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Cet article est une ébauche concernant les monuments historiques français et Strasbourg. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Hôtel des Joham de Mundolsheim

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/65/Strasbourg_rJuifs_15_01.JPG/260px-Strasbourg_rJuifs_15_01.JPG

Présentation {{}}
Type Hôtel particulier

Patrimonialité

Logo monument historique Inscrit MH (1985, murs-pignons, porte cochère, escalier à balustres, poteau sculpté, colonnette ionique, façade sur rue, cave voûtée)

Logo monument historique Classé MH (1989, peintures polychromes avec plafonds et murs)

Localisation
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg
Adresse 15, rue des Juifs

Coordonnées

48° 35′ 01″ N, 7° 45′ 09″ E

Localisation sur la carte de Strasbourg

voir sur la carte de Strasbourg

Localisation - Ce bâtiment est situé au 15, rue des Juifs à Strasbourg.

Historique

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f8/Strasbourg-H%C3%B4tel_Joham_de_Mundolsheim-Plaque_%282%29.jpg/310px-Strasbourg-H%C3%B4tel_Joham_de_Mundolsheim-Plaque_%282%29.jpg

Plaque incrustée devant l’édifice.

L’édifice fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 19851. L’édifice fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 19891.

Ces fresques ont été découvertes par hasard en mars 1987’ - Robert Betscha Historien et professeur d’histoire …. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_des_Joham_de_Mundolsheim ]

Suite de l’article rapporté >

Tout d’un coup, derrière un mur de refend le visage d’une belle dame entourée de grenades apparait : une fresque intacte cachée depuis 500 ans. A l’aide de scalpels, les spécialistes vont alors gratter minutieusement tout le badigeon du mur et découvrir une étonnante série de peintures, sur plusieurs étages, derniers vestiges de peintures civiles qui servaient de décoration dans les maisons du Moyen-Âge. Un témoignage rare et exceptionnel du passé. Ces peintures représentent des scènes courtoises, des loisirs, et peut-être même une disputation autour de la religion.

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La dame aux grenades • © Éric Vial, France Télévisions

La plus vieille maison de Strasbourg

Pourtant, depuis la rue du centre-ville de Strasbourg rien ne laissait présager la découverte d’un tel trésor : l’immeuble ne paie pas de mine. Pas de colombages traditionnels ni d’ornements ostentatoires. L’entrée du bâtiment a l’air moderne.

Construit en 1290, cet ancien hôtel particulier est pourtant ’la plus vieille maison de Strasbourg’ assure Robert Betscha, historien et défenseur du patrimoine alsacien.

Saisie par les notables de Strasbourg au lendemain du Judenbrand (bûcher aux juifs) du 14 février 1349, la bâtisse avait toujours appartenu à des familles juives alsaciennes.

[Addenda – Judenbrand (bûcher aux juifs) - « Suite au Judenbrand (bûcher) de 1349 et à l’édit de 1389 qui forçait les Juifs à sortir de Strasbourg avant la nuit à la sonnerie du Judenblos (trompe des Juifs), ceux-ci s’installèrent à Bischheim sous la protection des Boecklin et la communauté y prospéra… »

Voir en annexe l’article Judenbrand (bûcher aux juifs) - Pogrom de Strasbourg]


Suite de l’article rapporté

Cette bâtisse va ensuite passer de mains en mains, jusqu’à parvenir à l’une des familles les plus puissantes de la noblesse alsacienne vers 1450, les Boeckin de Boecklinsau. C’est cette famille qui va transformer la maison pour lui donner son aspect intérieur actuel. Pourquoi en est-t-on si certain ? ’Sur un des murs, les armoiries de Jean Boecklin, Stettmeister (premier magistrat de la ville libre de Strasbourg) durant trente ans, ne laisse planer aucun doute’ explique celui qui est aussi professeur de collège. 

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Le blason de la famille des Boecklin. • © Éric Vial, France Télévisions

Douze mètres traversant de plafonds peints

Les plafonds peints sont le clou du spectacle de la visite  : douze mètres traversant de fleurs et de roses, rouge et bleu, symbolisant le mariage. Il aura fallu certainement plusieurs années de travail et une somme astronomique d’argent pour réaliser une telle prouesse artistique.

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Les plafonds peints du 15 rue des Juifs à Strasbourg (67) datent de 1450. • © Éric Vial, France Télévisions

Des représentations mystérieuses

Les représentations sur les murs sont plus énigmatiques mais tout aussi belles. Au fond, près de l’ancienne cheminée, une ville et ses tours. Elle n’a toujours pas pu être identifiée. Un homme tient (ce qui semble être) une fronde. Il vise un colosse devant lui : une scène de David et Goliath ? A droite, des muses jouant de la musique. Un peu plus loin, un vieux précepteur sermonne un jeun insouciant. Au coin de la salle, deux grands personnages semblent se disputer. L’un deux a un grand nez, la figuration d’un antisémitisme notoire, présent depuis l’Antiquité.

Au milieu de la salle, la majestueuse ’dame aux grenades’. Elle a l’air si jeune, si rayonnante sur ses coussins, assise sur un trône. Les grenades qui l’entourent, fruit méditerranéen, ne poussent évidemment pas en Alsace. ’Ils symbolisent ici la fécondité’ explique Robert Betscha. Il s’agit peut-être de l’épouse ou de la fille du maitre des lieux.

L’objectif de ces fresques est en revanche bien clair : ’épater la galerie’. Sans les cloisons qui sont venues la ceindre au cours des années postérieures, c’est une grande salle de réception qui apparait. Ces fresques murales avaient évidemment une fonction décorative mais elle témoignait surtout de la richesse et de la notabilité des propriétaires. Il faut bien comprendre que pour les visiteurs de l’époque pouvoir contempler de telles peintures s’apparentait à un véritable spectacle.

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Des suppositions. De gauche à droite : un rabbin, une ville idéalisée, et des muses jouant de la musique. • © Éric Vial, France Télévisions

Après les Boecklin, l’hôtel particulier appartiendra ensuite à Joham de Mundolsheim. C’est ce nom qui restera attaché à la maison. Passées de mode, les fresques seront peu à peu recouvertes par des badigeons, plâtres, et faux plafonds. La salle de réception sera cloisonnée en plusieurs appartements. Et les peintures tomberont dans l’oubli.

Aujourd’hui la demeure est propriété de la ville de Strasbourg à la suite d’une donation de la Caisse des Dépôts qui l’a restaurée. Elle est devenue le siège d’associations à vocation de défense du patrimoine ainsi que l’Institut du droit local (IDL).

Pour des raisons de préservation de ce patrimoine exceptionnel, le grand public et les Strasbourgeois n’ont pas accès à ces fresques, ou exceptionnellement sur inscription restreinte lors des Journées du Patrimoine. Car les spécialistes et les historiens sont inquiets de la dégradation des peintures dues en grande partie à la pollution extérieure. Libérée de leur sarcophage de plâtre, les peintures médiévales des Boecklin ne sont plus vraiment protégées. 

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La vue, au cœur de Strasbourg (67) depuis la salle de réception des Boecklin où se trouvent les fresques médiévales. • © Éric Vial, France Télévisions

Vous connaissez un endroit ou un personnage insolite en Alsace et vous voulez le faire connaître ? Contactez Éric Vial, l’Alsace insolite par e-mail à l’adresse : eric.vial@francetv.fr. L’Alsace insolite, une collection de reportages à découvrir sur france.tv.

Vous connaissez un endroit ou un personnage insolite en Alsace et vous voulez le faire connaître ? Contactez Éric Vial, l’Alsace insolite par e-mail à l’adresse : eric.vial@francetv.fr. L’Alsace insolite, une collection de reportages à découvrir sur france.tv.

Pour aller plus loin : insolite histoire culture peinture art StrasbourgBas-RhinGrand EstAlsace

À lire également : INSOLITE. Maisons troglodytes : ’Jusqu’en 1958 des gens vivaient dans ces rochers’

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France 3 Régions : Actualités

Fichier:France 3 - logo 2018.svg — Wikipédia

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/insolite-dans-une-maison-de-1290-les-mysterieuses-fresques-oubliees-du-moyen-age-une-version-idealisee-de-la-societe-medievale-2988623.html

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[Addenda - Brumath est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le 1ᵉʳ janvier 2021, dans le territoire de la collectivité européenne d’Alsace, en région Grand Est… - Wikipédia - Population : 9 840 (2015) INSEE - Code postal : 67170 - Aire d’attraction : Strasbourg (partie française) ; (commune de la couronne) - Altitude : Min. 136 m ; Max. 189 m - Arrondissement : Haguenau-Wissembourg - Code commune : 67067]

Depuis cinquante ans, en plein cœur de la ville de Brumath (Bas-Rhin), au milieu des habitations, bordés par des routes passantes et une menuiserie, un jardin secret labellisé ’remarquable’ se développe et s’embellit malgré l’urbanisation : le jardin de l’Escalier, ouvert seulement cinquante jours par an.

C’est l’Alsace Insolite ! Depuis la rue (très passante) de Pfaffenhoffen à Brumath (Bas-Rhin), commune de 10 000 habitants, impossible de savoir que derrière les habitations se cache un jardin remarquable de près de 3 000 m². Il est réputé notamment pour son potager. À la fin de la visite, il sera possible, si on réserve, de goûter aux légumes cuisinés du jardin.

Michelle Schneider nous attend. L’artiste-plasticienne siège devant l’ancienne menuiserie que tenait son époux et dans lequel elle concevait ses lithographies, estampes et peintures.

Le lieu n’est pas, ou mal connu : pas de promotion, pas de publicité. La propriétaire revendique ’son droit à la tranquillité et celle de ses visiteurs’ qu’elle veut absolument ’protéger des interférences extérieures ou du surnombre’. La labellisation jardin remarquable’ du ministère de la Culture la contraint à ouvrir au moins 50 jours par an au grand public, ’alors, j’ouvre 50 jours par an, mais pas un de plus’.

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L’entrée du jardin de l’Escalier à Brumath (67) • © Michelle Schneider

Flanqué sur la gauche, un imposant escalier en bois trône contre le bâtiment. C’est lui qui donne son nom au site : le Jardin et la Galerie de l’Escalier. Il conduit à plusieurs salles d’expositions réservées aux artistes qui viennent du monde entier dans ce lieu paisible, malgré l’environnement urbain.

Le jardin en lui-même se cache derrière une porte ajourée coulissante. ’Au décès de Francis, mon époux, j’ai voulu tout envoyer valdinguer et m’enfuir. Mais le jardin que nous avions conçu ensemble a été pour moi une thérapie. Quand je suis dans le jardin, je sens sa force et sa présence. C’est pour cela qu’il est de plus en plus beau, je crois.’

« Parfois, il faut juste prendre ce que le vent nous donne, et l’élever ». Michelle Schneider

Le jardin s’ouvre sur un espace méditerranéen avec une collection d’agrumes en pots dans une allée gravillonnée. Le soleil tape fort sur les petits cailloux. La musique de l’eau dans une fontaine environnante place le visiteur en mode contemplatif. Immédiatement, ce sont les chants des nombreux oiseaux qui surprennent. Le bruit des camions s’est estompé. Des drôles de poules ’de collection’ picorent çà et là.

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Le pavillon japonais du jardin de l’Escalier à Brumath (67) • © Éric Vial, France Télévisions

Influence japonaise

En s’avançant un peu, l’ambiance change : un sous-bois ombragé, cerné d’arbres sous lequel pousse une pelouse verdoyante et grasse. Les massifs de plantes et de fleurs sont imposants. Un pavillon japonais aux grandes baies vitrées et son jardin de thé font face à un solarium qui se transforme occasionnellement en agora ou en scène de plein air. ’Le pavillon est parfois investi par des visiteurs qui veulent séjourner plusieurs jours dans le jardin. Ils y trouvent la paix et le repos’ explique Michelle.

Le jardin de l’Escalier s’inspire des jardins japonais sans les copier. La volonté de Michelle Schneider est d’abord de faire pousser des plantes et des fleurs de nos régions. Mais elle précise : ’le Japon est très important dans ma vie. J’y ai habité. J’ai une relation particulière avec sa culture et son mode de vie. C’est pour cette raison que les influences japonaises sont présentes partout dans mon jardin’.

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Le potager du jardin de l’Escalier de Brumath (67) • © Éric Vial, France Télévisions

Nouvelle ambiance. Nous voici dans le fameux potager biologique. Une culture en carrés surélevés, exactement comme les jardins des moines au Moyen Âge. Michelle Schneider est particulièrement fière des variétés qu’elle fait pousser. Elle peut expliquer la présence et les raisons de chacune d’elles. Elle se montre intarissable sur le sujet.

’Regardez, ici, j’ai laissé faire la nature’

Pour se rendre au verger, il faut traverser des petits ponts de bois qui surplombent un bassin habité par de gros poissons et des nénuphars. Il est bordé d’une jolie pergola qui créé une transition romantique. Les différentes variétés de pommiers, poiriers, arbustes aux fruits rouges alternent avec les vignes. ’J’ai voulu un représentant de chaque arbre de notre région, un peu comme dans l’arche de Noé, mais pour les fruitiers’ explique la jardinière.

Regardez, ici, j’ai laissé faire la nature’. Un ban de fraisiers magnifiques se fait remarquer. ’Parfois, il faut juste prendre ce que le vent nous donne, et l’élever’.

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Le jardin de l’Escalier à Brumath (67) • © Éric Vial, France Télévisions

Quand on fait la remarque à notre hôte que son jardin dégage une belle énergie positive et un sentiment de bien-être, elle explique naturellement que ’ce sont les visiteurs qui déposent cette énergie. Ils passent de l’univers agressif de la ville à un environnement apaisé et sain. Le corps recouvre immédiatement ses instincts qui le lient à la terre et à la nature’.

Des bancs laissent la possibilité aux promeneurs de laisser divaguer leur esprit. ’Il n’est pas rare que des visiteurs viennent ici avec un livre à la main. Je crois que c’est l’endroit le plus tranquille de la ville. Moi, je ne m’assois jamais ici sinon j’y reste des heures et le travail dans le jardin n’est pas fait’ affirme Michelle.

La bambouseraie du jardin de l’Escalier à Brumath (67) • © Éric Vial, France Télévisions

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Cérémonie de thé

À la fin de la visite, la tradition est de découvrir les expositions artistiques du moment. Ce sera l’occasion de discuter avec les artistes qui présentent leurs travaux en caressant les chats qui se prélassent devant les carreaux de l’ancienne menuiserie.

L’atelier est aujourd’hui devenu la cuisine. C’est là que Michelle Schneider propose des cérémonies de thé ou des dégustations de thé. Elle explique qu’il faut faire des ’pschiit’ avec sa bouche lorsqu’on achève sa tasse afin de faire savoir que le moment a été apprécié.

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Michelle Schneider dans la cuisine des jardins de l’Escalier à Brumath (67) • © Éric Vial, France Télévisions

Des stammtisch improvisé ont régulièrement lieu entre les visiteurs, dans lesquels il est possible de discourir en alsacien.

C’est l’exposition ’Promenade dans le jardin des ombres’ de Joseph Bey qui inaugure la saison 2024. L’artiste mulhousien connu pour ses ’noirs cosmiques’, né en 1955, axe sa recherche sur la révélation de la lumière en se confrontant à sa matière et à sa profondeur.

Le jardin et la galerie de l’Escalier sont ouverts jusqu’à fin septembre seulement les après-midi, du vendredi au dimanche, de 14 h à 18 h. Le prix d’entrée est de 5 euros (3 euros en tarif réduit). L’argent récolté sert à entretenir le site qui est un lieu privé. La visite dure entre une demi-heure et une heure et demie.

Vous connaissez un endroit ou un personnage insolite en Alsace et vous voulez le faire connaître ? Contactez l’Alsace insolite par e-mail à l’adresse : eric.vial@francetv.fr. L’Alsace insolite, une collection de reportages à découvrir sur france.tv.

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Fichier:France 3 - logo 2018.svg — Wikipédia

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/insolite-a-la-decouverte-d-un-jardin-secret-classe-remarquable-havre-de-paix-au-beau-milieu-d-une-ville-2975984.html

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  • Politique - Résultats - Législatives 2024 : dans le Grand Est, Strasbourg résiste, mais le RN poursuit sa poussée - Par Ophélie Gobinet, correspondante à Strasbourg publié 1er juillet 2024 à 0h47 – Document ‘liberation.fr’
    Une nouvelle campagne de cinq jours débute ce lundi 1er juillet 2024 pour l’entre-deux-tours. Après le score imposant du RN, la gauche appelle les ‘macronistes’ à clarifier leur position.

En confirmant les députés sortants Sandra Regol et Emmanuel Fernandes, du NFP, la capitale alsacienne Strasbourg se démarque du reste du département, marqué par une progression de l’extrême droite. Toute la région est concernée, avec au moins une députée frontiste élue dès le premier tour.

https://www.liberation.fr/resizer/GwPlAnglFYmfgSBNuhguJLjbaSg=/768x0/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/PUZPVI477BFJNC6PLZKS3TR6DY.jpg

Emmanuel Fernandesn député NFP réélu, lors d’une manifestation contre le RN le 15 juin. (Mathilde Cybulski/Hans Lucas. AFP)

Les visages sont devenus blêmes. Devant le bureau de la troisième circonscription de Strasbourg (Bas-Rhin) où ils sont allés voter « sans conviction », Pierre et son épouse Dani ont accueilli les premières estimations nationales du premier tour des législatives avec fatalisme. La percée du Rassemblement national n’est « plus une surprise ». « Malgré tout, on reste figés, choqués », lâche Dani. Le couple de trentenaires a voté sans réelle conviction, « mais juste pour faire barrage ».

Petit soupir de soulagement lorsque les premières tendances ont annoncé que Thierry Sother, candidat du Nouveau Front populaire, est arrivé en tête de leur circonscription avec 37,9 % des suffrages. Loin devant le député sortant de la majorité présidentielle Bruno Studer (28,9 %) et la candidate RN Stéphanie Dô (23,1 %). Comme aux élections européennes, la capitale alsacienne s’est démarquée du reste du département, en confirmant les députés sortants Sandra Regol (Les Ecologistes) et Emmanuel Fernandes (LFI-NFP).

En Alsace, ce qui frappe, c’est l’impression d’un glissement du « vote des campagnes », habituellement favorable au Rassemblement national, vers les villes. « On savait que l’extrême droite serait très forte, on l’a vu aux récentes élections européennes », soupire Emmanuel Fernandes. « Les projections en sièges sont inquiétantes et on va prendre la semaine pour continuer à parler à gauche », poursuit le député sortant de la deuxième circonscription du Bas-Rhin. Avec 43,9 % des voix, cet insoumis a semble-t-il obtenu l’un des scores les plus élevés de toute l’Alsace. Il appelle sa concurrente de la liste présidentielle Rebecca Breitman, arrivée deuxième avec 22,5 % des voix, à « se retirer et prendre ses responsabilités ». Car la RN Virginie Joron est troisième avec 21,2 % dans cette triangulaire.

« Je suis triste, mais pas surpris »

Dans le Grand Est, le parti de Jordan Bardella a confirmé les scores des élections européennes. Avec son chapelet de candidats arrivés en tête, comme Dominique Bilde, candidate dans la quatrième circonscription de Meurthe-et-Moselle, arrivée en tête avec 43,7 % des voix. Florence Goulet, députée sortante et candidate RN de la deuxième circonscription de la Meuse a carrément été élue dès le premier tour avec 50,6 % des suffrages. « Je suis triste, mais pas surpris », a déclaré dimanche soir Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace.

Dans le Haut-Rhin, le RN est arrivé en tête dans cinq circonscriptions sur six. Faisant ainsi trembler la majorité présidentielle de la députée sortante Brigitte Klinkert, qui affrontera Laurent Gnaedig, candidat RN dépêché à la dernière minute dans la première circonscription haut-rhinoise. A Mulhouse, c’est l’ex-ministre et député sortant Olivier Becht (Ensemble-Agir) qui est arrivé en tête. Dans cette cinquième circonscription du Haut-Rhin, la candidate NFP Nadia El Hajjaji a annoncé se retirer du ballottage, appliquant ainsi la consigne donnée dimanche soir par Jean-Luc Mélenchon.

« En Alsace, le Rassemblement national opère une poussée depuis vingt-cinq ans », analysait dimanche soir sur le plateau de BFM Alsace Philippe Breton. Le directeur de l’Observatoire de la vie politique en Alsace indique qu’au niveau local, l’extrême droite a quasiment doublé ses scores au premier tour des législatives par rapport à 2022. A Strasbourg, alors que le résultat définitif des circonscriptions de la capitale alsacienne se fait encore attendre, une centaine de jeunes se sont réunis sur la place Broglie, et ont appelé à faire barrage à l’extrême droite.

Dès leur publication par le ministère de l’Intérieur dans la soirée, retrouvez l’ensemble des résultats par circonscription du premier tour des élections législatives 2024 sur le site de Libération.

Pour aller plus loin : Elections législatives 2024Grand Est - voir tous les articles sur Elections législatives 2024

Source : https://www.liberation.fr/politique/elections/legislatives-2024-dans-le-grand-est-strasbourg-resiste-mais-le-rn-poursuit-sa-poussee-20240701_3N323Z5SMFG4PEPOTWIHYQURCM/

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  • Politique - Résultats du 1er tour des législatives 2024 à Strasbourg, découvrez les scores des candidats - Écrit par Guillaume Poisson- Publié le 01/07/2024 à 06h10 – Diffusion ‘france3-regions.francetvinfo.fr’

    Le dépouillement a commencé à 20 heures à Strasbourg, comme dans toutes les grandes villes.

Le dépouillement a commencé à 20 heures à Strasbourg, comme dans toutes les grandes villes. • © PHILIPPE TRIAS / MAXPPP

Sur les trois circonscriptions de Strasbourg, la gauche arrive largement en tête du 1er tour des législatives 2024. Le Rassemblement national se qualifie pour le deuxième tour dans deux des trois circonscriptions.

Les élections se suivent et se ressemblent pour la gauche à Strasbourg. L’alliance du Nouveau Front Populaire arrive en tête sur les trois circonscriptions de la capitale alsacienne, même dans la troisième où elle n’était que dauphine en 2022.

Contrairement aux élections législatives de 2022, il y aura des triangulaires dans deux des trois circonscriptions. C’est l’autre enseignement de ce scrutin : le Rassemblement national progresse aussi à Strasbourg, atteignant la 3e place et la barre minimale des voix pour accéder au second tour dans chacune des circonscriptions.

Dans le détail, la députée sortante Sandra Regol (EELV - NFP) l’emporte largement à Strasbourg dans la première circonscription, devant Etienne Loos (Renaissance) et Hombeline Du Parc (Rassemblement National). C’est aussi le député sortant qui rafle la mise dans la 2e circonscription. Emmanuel Fernandes (LFI - NFP) atteint 43,91% des voix, loin devant Rebecca Breitman (Modem - Ensemble) qui cumule 22,56% des voix et Virginie Joron (RN) 21,22%.

Strasbourg de plus en plus à gauche

Enfin, et c’est la surprise, Thierry Sother (PS - NFP) arrive largement en tête, avec 37,94% des voix. Le député sortant Bruno Studer (Renaissance) cumule 28,99% des votes et la candidate RN Stéphanie Do 23,10%. 

La gauche progresse donc par rapport aux législatives de 2022, confirmant les bons scores des élections européennes il y a un mois. Manon Aubry (La France Insoumise) l’avait alors emporté à Strasbourg avec 21,3% des voix devant Raphaël Glucksmann (PS) avec 18,2%. L’extrême-droite avait terminé à la 4e place.

Aux élections législatives de 2022, Strasbourg avait été un îlot de gauche au milieu d’une vague pour la droite et l’extrême-droite en Alsace. Le Rassemblement national avait ainsi atteint le second tour dans cinq des neuf circonscriptions du Bas-Rhin, là où à Strasbourg l’alliance de la Nupes l’emportait dans deux circonscriptions et finissait deuxième dans la dernière.

Plus sur le thème : élections législatives 2024

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Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/carte-resultats-du-1er-tour-des-legislatives-2024-a-strasbourg-decouvrez-les-scores-des-candidats-2991452.html

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  • Politique - Résultats 1er tour législatives 2024 à Colmar, découvrez les scores des candidats - Écrit par Lou Vincent- Publié le 01/07/2024 à 11h36 - Diffusion ‘france3-regions.francetvinfo.fr’
    Plus sur le thème : élections législatives 2024

A Colmar, les électeurs ont dû départager huit candidats en vue du second tour.

A Colmar, les électeurs ont dû départager huit candidats en vue du second tour. • © Géraldine Dreyer / FTV

Dimanche 30 juin 2024 s’est déroulé le premier tour des élections législatives anticipées. Découvrez les candidats qualifiés pour le second tour à Colmar.

Trois semaines après avoir voté pour les élections européennes, les électeurs français étaient de nouveau appelés aux urnes. Conséquence des mauvais résultats électoraux du parti présidentiel, Emmanuel Macron avait annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale et convoqué de nouvelles élections.

Après une campagne électorale éclair et historique, les Colmariens sont beaucoup plus allés voter qu’au premier tour des élections législatives de 2022 (57,83% contre 40,57% en 2022). Ils ont dû départager huit candidats, dont faisait partie la députée sortante Renaissance, Brigitte Klinkert.

Comme au premier tour des élections législatives 2022, cette dernière arrive en tête à Colmar pour ce premier tour avec 29,11% des voix. Elle devance le candidat Rassemblement national, Laurent Gnaedig (27,08%) également qualifié pour le second tour.

Les candidats en lice et leurs scores pour ce premier tour à Colmar :

  • Brigitte KLINKERT - Ensemble - Renaissance (sortante) : 29,11%
  • Laurent GNAEDIG – Rassemblement National : 27,08%
  • Aïcha FRITSCH – Nouveau Front populaire (PS) : 24,53%
  • Yves HEMEDINGER – Les Républicains : 14,91%
  • Thiébault ZITVOGEL - Unser Land : 1,86%
  • Cyrielle COUVAL - Debout la France : 1,29%
  • Gilles SCHAFFAR – Lutte ouvrière : 0,83%
  • Ariane BISCHOFF-BATMA - Reconquête : 0,38%
    Le Rassemblement national jamais en tête à Colmar 

Lors du premier tour des élections législatives de 2022, on retrouvait derrière Brigitte Klinkert (33,58%) le candidat Les Républicains, Yves Hemedinger (21,19%) et Aïcha Fritsch pour la NUPES avec 19% des suffrages. Le Rassemblement national, porté par le candidat Steven Schoenbeck, n’arrivait qu’en quatrième position avec 12,71% des voix.

Si l’on remonte un peu plus dans le temps, lors des élections législatives de 2017, les résultats sont encore différents, puisque cette fois le candidat LR, Eric Straumann, arrivait en tête avec 32,97% des suffrages, devançant Stéphanie Villemin (LREM) qui récoltait 29,38% des voix. Le Front national atteignait la troisième place avec 9,67% des voix.

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haut-rhin/colmar/carte-resultats-1er-tour-legislatives-2024-a-colmar-decouvrez-les-scores-des-candidats-2996030.html

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Annexe - Judenbrand (bûcher aux juifs) - Pogrom de Strasbourg

Pour les articles homonymes, voir Massacre de la Saint-Valentin.

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Pogrom de Strasbourg, illustration du XIXe siècle d’Émile Schweitzer.

Le Pogrom de Strasbourg, connu aussi sous la désignation de massacre de la Saint-Valentin, est le massacre d’environ 2 000 habitants juifs, arrêtés le vendredi puis brûlés vifs le samedi 14 février 1349 par les habitants (et les autorités nouvellement installées par ces derniers) de la ville impériale libre de Strasbourg, alors cité-État du Saint-Empire romain germanique1.

Dès le printemps 1348, de nombreux pogroms se produisent tout d’abord en France faisant des milliers de victimes parmi la population juive, puis à partir de novembre, par la Savoie, ils se propagent à de nombreuses villes du Saint-Empire2, en particulier de Rhénanie. En janvier 1349, le Pogrom de Bâle a lieu ainsi qu’un autre à Fribourg-en-Brisgau où dans les deux cas les Juifs sont envoyés par centaines au bûcher. Le 14 février, c’est au tour de la communauté juive de Strasbourg d’être anéantie. Le 21 mars 1349 viendra ensuite la destruction de la communauté d’Erfurt lors du massacre d’Erfurt.

À Strasbourg, cet événement tragique est étroitement lié à la révolte des corporations de métiers qui se déroule cinq jours auparavant et qui renverse le pouvoir en place depuis 1332, composé de riches bourgeois dont le juge Sturm et Conrad Kuntz von Winterthur, les deux Stettmeister (premier magistrat de la ville) et Pierre Schwaber, l’Ammeister (second magistrat de la ville) et chef des corporations de métiers, qui garantissaient jusqu’alors une protection aux Juifs de la ville. Les artisans, aidés par une grande partie de la population, se sont insurgés plus particulièrement contre Schwaber, jugeant son pouvoir trop important, et sa politique envers les Juifs trop favorable3.

Le contexte - Article détaillé : Histoire des Juifs en Alsace.

La haine des Juifs dans la population

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Stèle funéraire de Shalom fils de R. Isaac (1281 ?), trouvé 24 rue du 22 Novembre à Strasbourg

Les raisons du développement de la haine des Juifs sont facilement identifiables. Au cours des siècles, elles trouvèrent un terreau favorable dans le ressentiment religieux et sociétal à l’encontre des Juifs qui était basé sur des accusations récurrentes comme le meurtre du Christ, la profanation d’hosties, les meurtres rituels, le complot juif, le vol et l’usure.

Souvent dans l’interdiction de pratiquer d’autres métiers, les Juifs exercent le rôle de prêteur et assurent ainsi une position importante dans l’économie urbaine. Mais cette activité leur attire de nombreuses inimitiés. Les chroniqueurs relatent que les Juifs font l’objet de nombreux griefs : ils sont considérés comme présomptueux, durs en affaires et ne désirent s’associer avec personne4. Ce manque d’égard apparent des Juifs n’est pas dû à une dureté particulière, mais trouve sa véritable raison dans l’énormité des droits et taxes qui leur est imposée pour l’octroi d’une protection. Les Juifs formellement appartenaient toujours à la maison du roi, mais celui-ci avait depuis longtemps fait don des droits à la ville (en 1347, Charles IV avait reconfirmé l’attribution des droits à la ville5). Strasbourg reçoit donc la plus grande partie des impôts juifs, mais en contrepartie doit prendre à sa charge la protection des Juifs (le montant exact des impôts est fixé dans une lettre datant de 1338, à la suite des rançonnements et des massacres de Juifs en Alsace par les bandes d’Armleder). Pour pouvoir répondre aux exigences pécuniaires de la ville, les Juifs devaient se montrer très stricts sur leurs créances, ce qui provoquait la haine de la population et surtout de leurs débiteurs6.

Les rumeurs d’empoisonnement

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Dessin représentant un juif versant du poison dans un puits et provoquant ainsi la peste noire.

Dans ce contexte déjà tendu, survient la menace de la peste noire, une épidémie de peste bubonique qui fit en tout près de 25 millions de morts en Europe. Les Juifs sont accusés d’empoisonner les puits.

En ce début de 1349, la peste n’a pas encore atteint Strasbourg, mais les nouvelles de sa propagation à travers l’Empire germanique, créent un climat de panique parmi la population, climat entretenu par certains provocateurs dont le but inavoué est de se libérer des dettes contractées auprès des Juifs et de s’approprier leurs biens. Le peuple réclame leur extermination7.

La protection des Juifs

Contrairement à la grande majorité de la population, le Conseil de la ville et le chef des corporations de métiers appliquent une politique de retenue et de protection des Juifs, et tentent de calmer le peuple afin d’empêcher le déclenchement d’un pogrom incontrôlé et sanguinaire. Le Conseil essaye tout d’abord d’infirmer la rumeur d’empoisonnement des puits par les Juifs. Il procède à l’arrestation de plusieurs Juifs et les fait torturer pour qu’ils avouent leurs fautes8. Comme prévu, il n’obtient aucune confession des accusés9, malgré le supplice de la roue. En plus, le quartier réservé aux Juifs est gardé par des gens en armes afin de les protéger et écarter tout excès de la population10. Le gouvernement désire respecter la voie légale vis-à-vis des Juifs pour éviter que la situation dégénère et que leur pouvoir même soit remis en question11. Un pogrom peut dégénérer facilement en soulèvement populaire incontrôlable comme cela s’était produit une dizaine d’années auparavant avec la révolte d’Armleder.

Une lettre du 12 janvier 1349 du Conseil municipal de Cologne adressée à la ville de Strasbourg, met en garde contre le risque très élevé d’une rébellion, en avertissant que dans d’autres villes, le peuple s’était révolté et qu’il en était résulté déjà de nombreux maux et de grandes dévastations12. En outre, les opposants pouvaient profiter des troubles pour s’emparer du pouvoir. Les bourgeois eux-mêmes, de façon similaires aux hommes politiques, pouvaient profiter des querelles ouvertes entre les familles nobles des Zorn et des Müllenheim pour accéder au pouvoir13.

En tant que suzerain effectif des Juifs, la ville se doit de les protéger, d’autant plus que ceux-ci versent pour cela en contrepartie des sommes considérables. Peter Schwaber, le chef des corporations de métiers, attire l’attention sur le fait que la ville en étant payée a donné, par une lettre frappée de son sceau, des gages de sécurité et qu’elle a donc un devoir à l’égard de sa minorité juive14. Aussi, ne peut-il approuver et refuse-t-il tout massacre de la population juive, avec en plus la crainte que cela pourrait avoir des conséquences économiques négatives pour la ville. En effet, un affaiblissement de la ville conduirait immanquablement à un affaiblissement du patriciat bourgeois qui gère la politique de la ville de façon à pouvoir assurer une économie saine15. De plus, les Juifs jouaient un rôle important en prêtant de l’argent pour tous les investissements importants et par leurs activités financières interrégionales assuraient une balance commerciale positive à la ville de Strasbourg et remplissaient les caisses de la municipalité16. Il y avait donc suffisamment de raisons pour que la municipalité protège les Juifs.

Les faits

La chute du conseil

La motivation des Meisters est considérée comme suspecte par les autres citoyens de Strasbourg. Pour eux au contraire, la cause évidente de la bienveillance du conseil à l’égard des Juifs est que les maîtres se sont fait séduire par les Juifs et qu’ils agissent ainsi contre la volonté du peuple17. C’est la raison pour laquelle le peuple va tout d’abord chasser les Meisters avant de se retourner contre les Juifs. Grâce aux récits faits par les chroniqueurs, nous possédons une chronologie assez détaillée des événements qui ont conduit à la destitution des Meisters. Le lundi 9 février, les artisans se réunissent devant la cathédrale et déclarent aux Meisters que le peuple rassemblé ne veut plus d’eux car ils ont trop de pouvoir18. Cette action semble avoir été préméditée et concertée entre les différentes corporations, car tous les artisans se retrouvaient regroupés sous la bannière de leur corporation19. Les Meisters essayent de leur côté de disperser le rassemblement mais sans succès et ils n’envisagent nullement dans un premier temps d’obtempérer aux exigences des séditieux20.

Les artisans décident alors de nommer un nouveau conseil, mais en y incluant, à côté des artisans, des chevaliers, des employés municipaux et des bourgeois21. Cette fois-ci, les anciens Meisters sont conscients que plus personne ne les soutient et décident alors de rendre leur charge. Betscholt le Boucher, un artisan, est nommé Ammeister22. Ainsi, les corporations ont atteint pleinement leurs objectifs : le dernier obstacle sur la voie de l’extermination des Juifs a été éliminé et ils ont obtenu une plus grande participation dans la gestion politique de la ville23. Jusqu’à présent, cela leur avait été refusé, bien que depuis 1332, le patriciat bourgeois leur avait théoriquement procuré une telle prédominance.

Les hommes derrière ce renversement

La noblesse écartée du pouvoir au profit des patriciens joue un rôle non négligeable au cours de ce soulèvement. Les familles Zorn et Müllenheim veulent récupérer leurs anciennes prérogatives même si pour cela elles doivent s’allier avec les artisans24. Les chroniqueurs relèvent que les nobles se sont rassemblés en arme sur la place de la cathédrale en même temps que les artisans25, qu’ils ont participé aux discussions et imposé leurs exigences aux Meisters au nom des artisans26. Les nobles ne s’associent pas seulement avec les corporations, mais aussi avec l’évêque de Strasbourg. Un jour seulement avant le soulèvement, ils avaient rencontré l’évêque et discuté du « problème juif »27. Lors de cette réunion, la discussion avait porté sur la façon de se débarrasser des Juifs, et non sur le fait de savoir si on devait se débarrasser des Juifs. Ce point était déjà décidé un mois auparavant.

Lors de cette réunion qui s’est déroulée le 8 février à Benfeld, l’évêque de Strasbourg, des représentants des villes de Strasbourg, de Fribourg et de Bâle, ainsi que des représentants de l’autorité alsacienne discutent du comportement à adopter vis-à-vis des Juifs. Tous les participants avaient en 1345 scellé entre eux une alliance de paix dans le but d’éviter toute forme de révolte28. Peter Schwaber met en garde l’évêque et la noblesse terrienne alsacienne concernant la « Question juive », en les avertissant que toute action contre les Juifs aurait de graves répercussions29. Mais il ne peut convaincre personne.

Le pogrom

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Plaque mémorielle rappelant le massacre de 1349.

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La passerelle des Juifs se trouve près de la Porte des Juifs de l’ancienne enceinte de Strasbourg qui menait au cimetière où furent brûlés les Juifs de la ville.

Le pogrom est résumé par un des chroniqueurs, Closener30, en vieil allemand :

« Le vendredi on a capturé les Juifs, le samedi on les a brûlés, ils étaient environ deux mille comme on les a estimés31. »

Les nouveaux dirigeants décident de traiter rapidement la question juive en les exterminant, sans tenir compte de l’accord de protection signé par la ville, ni des conséquences financières pour la ville de Strasbourg32. Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, le quartier juif est cerné et ses habitants conduits au cimetière de la communauté. Là, on bâtit un immense bûcher où ils sont brûlés vifs. Certains autres sont enfermés dans une maison en bois à laquelle on met le feu. Celui-ci dure six jours33. Seuls échappent au massacre ceux qui abjurent leur foi, les petits enfants et quelques belles femmes32.

Les conséquences

Le conseil

Le renversement du conseil profite à tous les participants : les nobles retrouvent une grande partie de leurs anciens pouvoirs, les corporations participent à la vie politique, et enfin une solution rapide peut être trouvée à la « Question juive ». De 1332 à 1349, aucun noble n’avait un poste de Meister de la ville. Dorénavant, deux des quatre Meisters sont des nobles34. De plus, il est demandé une réduction du pouvoir des Meisters35. Les anciens Meisters sont punis : les deux Stadtmeisters ne peuvent être élus au Conseil pendant dix ans. Quant à Peter Schwaber, particulièrement détesté, il est chassé de la ville et ses biens sont confisqués30. Le Conseil est dissout et un nouveau conseil est constitué dans les trois jours qui suivent, et un jour plus tard, la « Question juive » est « traitée ».

Les avoirs des Juifs

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/Epitaphes_et_Inscriptions_Lapidaires_Juives_13.jpg/220px-Epitaphes_et_Inscriptions_Lapidaires_Juives_13.jpg

Pierre tombale de Rabbi Yosef bar Abraham, v. 1347 (Musée de l’Œuvre Notre-Dame, Strasbourg)

Toutes les dettes dues aux Juifs sont automatiquement effacées et les gages et lettres de crédit que possédaient les Juifs rendus à leurs débiteurs30. Puis, après la mort des Juifs, il s’agit de distribuer leurs avoirs. Le chroniqueur Twinger von Königshofen voit là la véritable raison de l’assassinat des Juifs :

« S’ils avaient été pauvres et si les nobles ne leur devaient rien, ils n’auraient pas été brûlés36. »

Le meurtre des Juifs permet ainsi à de nombreux débiteurs de se rétablir financièrement. Beaucoup de ceux qui ont favorisé le renversement du conseil avaient des dettes chez les Juifs. À côté des nobles et des bourgeois de Strasbourg, il y a l’évêque Berthold II de Bucheck, dont les droits chez les Juifs étaient insignifiants par rapport à ses dettes, mais aussi des nobles terriens et des princes tels que le margrave de Bade et les comtes de Wurtemberg37.

L’argent liquide des Juifs est, selon la volonté du Conseil, réparti entre les artisans30, comme une sorte de « récompense » pour leur soutien à la destitution des anciens Meisters. Cette promesse d’une partie de la richesse des Juifs, sans doute surestimée, qui leur avait été faite auparavant, les avait donc encouragés au massacre. La mauvaise conscience semble cependant avoir tourmenté certains38.

Notes et références - (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Judenpogrom in Straßburg 1349 » (voir la liste des auteurs).

Source de l’article avec références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pogrom_de_Strasbourg

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