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"Encore minoritaire dans la recherche, un mouvement ‘Scientifiques en rébellion’ s’engage dans une bataille écologiste et anticapitaliste : actions de désobéissance civile contre l’inaction climatique - Bifurquants" par Jacques Hallard

vendredi 31 mai 2024, par Hallard Jacques

ISIAS L’esprit de résistance Scientifiques en rébellion


Encore minoritaire dans la recherche, un mouvement ‘Scientifiques en rébellion’ s’engage dans une bataille écologiste et anticapitaliste : actions de désobéissance civile contre l’inaction climatique - Bifurquants

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 31/05/2024

Ralentir la recherche | Pour la Science{{}}

Ralentir la recherche - Lutter contre l’augmentation des fraudes en science et des rétractations de publications est possible en privilégiant la qualité sur la quantité. Qu’attendons-nous ? Yves Gingras - 22 octobre 2022| POUR LA SCIENCE N° 541| Source : https://www.pourlascience.fr/sr/les-sciences-a-la-loupe/ralentir-la-recherche-24342.php

Présentation de la Série ‘L’esprit de résistance’

Partie 1 - ’La militante suédoise pour le climat Greta Thunberg interpellée le 6 avril 2024 à La Haye, lors d’une manifestation contre les subventions aux énergies fossiles avec le mouvement écologiste radical ‘Extinction Rebellion’ - Dérèglements’ par Jacques Hallard - 19 avril 2024 - ISIAS L’esprit de résistance Climat Greta Thunberg

Partie 2 - ’La Résistance intérieure française (1940-1944) au ‘régime de Vichy’ : Robert Birenbaum (jeune parisien résistant communiste) et commémorations des 80 ans de la Libération (maquis des Glières et du Vercors, enfants d’Izieu)’ par Jacques Hallard - 22 avril 2024 - ISIAS L’esprit de résistance Histoire Guerre 39-45

Partie 3 - ’De la résistance juive lors du génocide par les nazis à celle actuelle contre le gouvernement Netanyahou en Israël. La résistance palestinienne s’adaptant à l’occupation israélienne avec une écologie de la subsistance’ par Jacques Hallard - 25 avril 2024 - ISIAS L’esprit de résistance Israël Palestine

Partie 4 – ’L’esprit de résistance Camp des Milles : lieu de migrations, d’internement, de mémoire : opposants au nazisme, allemands communistes, juifs expulsés puis déportés, indésirables pour raisons raciales, anciens des Brigades internationales d’Espagne’ par Jacques Hallard - 06 mai 2024 - ISIAS L’esprit de résistance Camp des Milles

Partie 5 – Encore minoritaire dans la recherche, un mouvement ‘Scientifiques en rébellion’ s’engage dans une bataille écologiste et anticapitaliste : actions de désobéissance civile contre l’inaction climatique - Bifurquants

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Tout d’abord quelques définitions préliminaires et deux rétrospectives à (re)voir concernant le climat

La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique via des modes d’actions illégaux… - Wikipédia

Selon Rawls : « La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement… » - John Rawls, né le 21 février 1921 à Baltimore et mort le 24 novembre 2002 à Lexington, est un philosophe américain, l’un des philosophes politiques du XXᵉ siècle les plus étudiés… - Wikipédia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/82/John_Rawls_%281937_senior_portrait%29.jpg/260px-John_Rawls_%281937_senior_portrait%29.jpgJohn Rawls en 1937.

Bifurquants – « La Bifurcation des étudiants désigne un phénomène de contestation estudiantine apparu lors d’une cérémonie de remise de diplômes au sein de l’école AgroParisTech en avril 2022 : huit étudiants ingénieurs ont alors appelé à la désertion et à la bifurcation en dénonçant le modèle économique propre aux grandes entreprises. La vidéo prise à cette occasion affichait plus de 800 000 vues après seulement une semaine de diffusion sur YouTube. Au cœur du mouvement, les enjeux écologiques – changement climatique, biodiversité mais égalementRSE – poussent certains étudiants à se détourner de leurs écoles ou études pour choisir des voies plus conformes aux impératifs de développement durable. D’après le journal Le Monde, trois types de « bifurcation » sont à distinguer : l’abandon total des études suivies, l’engagement au sein de mouvements militants (Zad par exemple) ou de nouvelles façons d’exercer le métier choisi ». Source : https://www.novethic.fr/lexique/detail/bifurcation-des-etudiants.html

Novethic est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, fondée en 2001. C’est un média en ligne spécialisé dans la finance durable et l’économie socialement responsable… - Source – Découvrir leur site : https://www.novethic.fr/

‘Scientist Rebellion’ est une organisation internationale de scientifiques militants en faveur de l’écologie… - Wikipédia

Rétrospective - Traduit de l’anglais - Une rétrospective, en général, est un retour sur des événements qui ont eu lieu ou des œuvres qui ont été produites dans le passé. En tant que substantif, rétrospective a des significations spécifiques dans la médecine, le développement de logiciels, la culture populaire et les arts… Wikipédia (anglais)

Rétrospectives à (re)voir concernant le climat :

Vidéo 3:47 - Le changement (climatique) c’est maintenant - #DATAGUEULE 48 - Data Gueule [France Télévisions est une chaîne publique française. Wikipedia ] - 19 octobre 2015

À l’approche de la conférence internationale sur le climat de Paris - la COP21 - un chiffre revient sans cesse : 2°C. Deux petits degrés d’augmentation des températures globales sur la surface de la Terre à ne pas dépasser d’ici à 2100. Le seul souci, c’est que concrètement, cet horizon des deux degrés est bien plus proche que prévu. Le changement climatique n’est pas un horizon lointain que nous pourrions éviter en bifurquant. Sur les 2°C, nous avons déjà grignoté 0,85°C et aujourd’hui le changement climatique est déjà là. Retrouvez toutes les sources de l’épisode 48, “Le changement (climatique) c’est maintenant” sur https://wiki.datagueule.tv/ : https://is.gd/wikiDTG_48 - Abonnez-vous sur YouTube : https://is.gd/YT_DTG - Devenez fan sur Facebook : https://is.gd/FB_DTG - Suivez-nous sur Twitter : https://is.gd/TWT_DTG - Suivez-nous sur Instagram : https://is.gd/INSTA_DTG - Suivez-nous sur Mastodon : https://is.gd/MASTODON_DTG Toutes les sources de nos épisodes sont sur https://wiki.datagueule.tv/ Nos différentes saisons : - Saison 5 : https://is.gd/DGT_S05 - Saison 4 : https://is.gd/DTG_S04 - Saison 3 : https://is.gd/DTG_S03 - Saison 2 : https://is.gd/DTG_S02 - Saison 1 : https://is.gd/DTG_S01 Coproduit par IRL/Les nouvelles écritures : / @francetvslashcauses - Merci à Thomas Deruyter pour les sous-titres anglais :)

https://yt3.ggpht.com/ytc/AIdro_lFzowGJCQIkFa8ucv2_soY3MdoW9CuW1j9dBonTanc0pU=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjData Gueule -Source : https://www.youtube.com/watch?v=4XGENQN7p5g

Enregistrement de 40 minutes 13 - Réchauffement climatique : un monde à +2 degrés, ça ressemble à quoi ? - Déclic Le Tournant - RTBF – [RTBF est une chaîne du service public belge. Wikipedia] - 20 juin 2023 Déclic le Tournant

Le dernier rapport de synthèse du GIEC nous le démontre, nous sommes en route pour un réchauffement de 1,5° à l’horizon 2045. Et si nous ne redoublons pas d’effort, nous allons largement dépasser les 2° d’augmentation de la température moyenne globale, sur la planète. Mais que nous disent ces températures moyennes ? Et ça changerait quoi, un monde qui se réchauffe à +2° au lieu d’1,5° ? Dans cet épisode très concret et imagé on prend la mesure de tout ce que pourrait changer ce 0,5° en plus. Une différence majeure, presqu’un autre monde. Découvrez le nouvel épisode du podcast ’Déclic - Le Tournant’ avec les climatologues François Massonnet (FNRS – UCLouvain) et Wim Thiery (VUB) ainsi que la spécialiste en migrations climatiques Alice Baillat (IDMC). 0:00 Réchauffement climatique : un monde à +2 degrés, ça ressemble à quoi ? - Déclic 📌 Retrouvez La Première Sur Auvio ► https://auvio.rtbf.be/chaine/la-premi... Sur le site RTBF ► https://www.rtbf.be/lapremiere Sur Facebook ►  / lapremierertbf  -© RTBF #debat #climatechange #climate #réchauffement #belgique #belgium #podcast #lapremiere #lapremierertbf #rtbf Réchauffement climatique : un monde à +2 degrés, ça ressemble à quoi ? - Déclic 3025852

https://yt3.ggpht.com/E5qn_uLBvjWj_KV2ZFG36c5YJJSx7QEXJQYInHXnIEJoIxaMIz8-4kIRM53hL2ldoSwPzuxlhw=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjhttps://www.youtube.com/@rtbfRTBF

Source : https://www.youtube.com/watch?v=4XGENQN7p5g

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Introduction

Ce dossier commence par rappeler, à l’aide de vidéos, que : « Les scientifiques se révoltent face à la faillite des politiques », et que « Les scientifiques (sont) en rébellion contre l’inaction climatique », avec l’Appel de 1.000 scientifiques pour lesquels : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »…

Les documents suivants présentent les mouvements de contestation dénommés les ‘Soulèvements de la Terre’, d’une part, et ‘Scientifiques en rébellion’, d’autre part…

Un article récent souligne que « Lassés d’alerter sur le climat sans être entendus, des chercheurs sortent de leur « neutralité » - (Le Monde 20 mai 2024)

Ce dossier se termine avec un article intitulé « Des ‘orgas’ qui bifurquent » - Par Florian Gambardella - Directeur du planning stratégique - 30.05.2022 – Document ‘Spintank’ Idées – Cette partie finale permet d’introduire les « bifurquants », notion récente qui provient de la publication en 2020 de l’ouvrage collectif « Bifurquer : Il n’y a pas d’alternative », rédigé par le philosophe Bernard Stiegler et le collectif Internation, afin de mettre à profit la recherche contributive pour répondre rapidement à cette « crise existentielle pour l’humanité ». Cet ouvrage – aussi accessible en ligne -, fut écrit avec le soutien du prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, qui préface l’ouvrage, ainsi que du professeur au collège de France Alain Supiot…

Finalement, la notion d’agentivité est aussi introduite - En psychologie, l’agentivité est la perception de soi comme acteur du monde qui fait arriver des choses, et pas seulement comme quelqu’un à qui il arrive des choses. Elle peut être consciente ou non, et intentionnelle ou non…

Les articles sélectionnés pour ce dossier figurent avec leur accès dans le sommaire ci-après

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Sommaire

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  • En bref – Vidéo 53:24 - Les scientifiques se révoltent face à la faillite des politiques - BLAST, Le souffle de l’info - 09 oct. 2023 #Climat #Ecologie #ScientistRebellion
    Face à l’urgence absolue de la situation, de plus en plus de scientifiques ont décidé de se rebeller et d’agir en accord avec les alertes écologiques qu’ils lancent, souvent en vain, depuis des années. Si cet engagement de la science dans le débat public n’est pas nouveau dans l’histoire, le mouvement interpelle par son ampleur et sa détermination. Avec un mode d’action de plus en plus répandu : la désobéissance civile. On pourrait dire que tout a commencé en septembre 2020 avec le lancement de ‘Scientist Rébellion’, mouvement international qui regroupe désormais des milliers de scientifiques. Mais en réalité, quelques mois plus tôt déjà, en février 2020, 1000 scientifiques français appelaient à la rébellion dans une tribune au Monde.

Dans la foulée, le mouvement français ‘Scientifiques en rébellion’ voit le jour. Depuis, il est de plus en plus fréquent de voir sur les réseaux sociaux ou dans les médias des scientifiques en blouse blanche prendre part aux actions de désobéissance civile pour alerter l’opinion publique, quitte à parfois finir en prison.

Alors que raconte véritablement la rébellion des scientifiques ? En quoi cette désobéissance civile est-elle justifiée ? Quelles en sont les conséquences et les impacts ? Et quelles menaces pèsent aujourd’hui sur le milieu de la recherche ? Réponses dans cet entretien Blast de Paloma Moritz avec Jérôme Santolini et Elodie Vercken, membre de Scientifiques en Rébellion. Pour aller plus loin : Vidéos Blast “Face à la catastrophe écologique, la désobéissance civile est inévitable”…

https://www.gstatic.com/youtube/img/watch/yt_favicon.png • FACE À LA CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE, LA ...  “Un rapporteur de l’ONU alerte sur la répression des défenseurs de l’environnement”  • UN RAPPORTEUR DE L’ONU ALERTE SUR LA ...  “L’inquiétante escalade répressive et autoritaire de L’Etat contre les militants écologistes”  • L’INQUIÉTANTE ESCALADE RÉPRESSIVE ET ...  “Une première : des scientifiques forment des députés face à l’urgence écologique”  • UNE PREMIÈRE : DES SCIENTIFIQUES FORM...  Site de Scientifiques en Rébellion : https://scientifiquesenrebellion.fr Journaliste : Paloma Moritz Montage : Guillaume Cage, Félix Périer Images : Arthur Frainet Son : Baptiste Veilhan Graphisme : Morgane Sabouret Directeur des programmes : Mathias Enthoven Rédaction en chef : Soumaya Benaïssa Directeur de la rédaction : Denis Robert Le site : https://www.blast-info.fr/ Facebook :  / blastofficiel  Twitter :  / blast_france  Instagram :  / blastofficiel  #Ecologie #ScientistRebellion #Climat

https://yt3.ggpht.com/1FPLiyOcL94xGpKFH0TJmKHxTTveRtsY-6_dBG_FkBCKsXGDInsCLSwd7IkYpXFMwz1PCUal0A=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjhttps://www.youtube.com/@blastinfoBLAST, Le souffle de l’info

Source : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=NKILPK41D3Y


    • Autre vidéo 4:09 - Les scientifiques en rébellion contre l’inaction climatique - Reportage #cdanslair - 08.03.2023France Télévisions est une chaîne publique - française. Wikipedia - 09 mars 2023
      Face à l’inertie des politiques publiques en matière d’écologie, ils ont décidé de changer de méthode. Les chercheurs, les spécialistes du climat, de la biodiversité sont lassés des alertes, des rapports et veulent passer à l’action. C’est le cas du collectif les scientifiques en rébellion. Reportage Théo Maneval, Diane Cacciarella et David Lemarchand Retrouvez-nous sur : | Notre site : http://www.france5.fr/emissions/c-dan... | Facebook :  / cdanslairf5  | Twitter :  / cdanslairf5 

Pas un événement important qui ne soit évoqué, expliqué et analysé dans C dans l’air. Tout au long de la semaine, les deux journalistes donnent les clés pour comprendre dans sa globalité un événement ou un sujet de première importance, en permettant aux téléspectateurs d’intervenir dans le débat ou de poser des questions par SMS ou Internet. Caroline Roux est aux commandes de l’émission du lundi au jeudi et Axel de Tarlé prend le relais le vendredi et le samedi. Diffusion : tous les jours de la semaine à 17 h 30 Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22 h 30 Format : 65 minutes Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé Production : France Télévisions/Maximal Productions

https://yt3.ggpht.com/_z9UcRmC4wFaBgWthkYYMDstNSb9ZT0DC4KAMy7RwSDM8ZdkSVrllgfO_sdB149kXop7C1bRO2M=s88-c-k-c0x00ffffff-no-rjhttps://www.youtube.com/@Cdanslairo...C dans l’air

Source : https://www.youtube.com/watch?v=c8LozdQojp8


  • Rappel - Appel de 1.000 scientifiques - « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire » - Février 2020

    The climate is changing. So should we : #actnow

Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, plus de 1000 scientifiques de toutes disciplines, parmi lesquels une trentaine de médaillé·e·s du CNRS ou de l’Académie d’agriculture et plus de cent (ancien·ne·s) directrices ou directeurs d’unité, appellent dans Le Monde les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives. Ils exhortent les responsables politiques à changer radicalement notre modèle économique et productif et à prendre au sérieux les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

Cet appel s’inspire de tribunes similaires dans The Guardian et Le Temps. Avec plus de 2.000 signataires, il a donné lieu à la création du collectif Scientifiques en rébellion.

Texte de l’appel

Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).

Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques...). Les étudespréparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.

Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.

Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.

L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.

La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.

En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace...) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate...). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales...), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre.

Tribune initiée par :

Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institute for Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris

Contact - Scientifiques en rébellion adhère au Projet Internet et Citoyenneté - Site web réalisé avec Zola et un thème maison

© Contenu sous licence CC-BY-SA, scientifiques en rébellion - Source : https://scientifiquesenrebellion.fr/textes/appel/fr/

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3.
En soutien de la résistance, nous sommes les ‘Soulèvements de la Terre’ - Billet de blog 30 mars 2023

Scientifiques en rébellion (avatar)

Scientifiques en rébellion Collectif des scientifiques en rébellion. Abonné·e de Mediapart

Les Soulèvements de la Terre font partie de ces collectifs qui se substituent à l’Etat là où ce dernier échoue à répondre à l’intérêt général. Ils proposent un autre monde, un projet de société différent et réaliste où le soin, le respect, la tolérance, la justice sociale sont réellement réfléchis et mis en place au quotidien. Nous, scientifiques en rébellion, les soutenons sans réserve.

Signalez ce contenu à notre équipe

Nous sommes des scientifiques de toutes disciplines, pour beaucoup documentant directement les bouleversements écologiques et climatiques en cours, leurs causes et leurs responsables. Nous sommes atterré·es de voir le traitement politique appliqué a la question écologique et climatique, en complète déconnexion avec les enjeux qui menacent directement nos sociétés et la majorité des écosystèmes sur Terre.

L’adaptation, la bifurcation ou l’abandon complet des projets aggravant la mise sous tension de notre environnement sont perçues comme des opinions politiques, souvent attaquées ad hominem, plutôt que comme les conséquences logiques de travaux scientifiques solides sur lesquels ces propositions légitimes s’appuient. Cela s’appliquait à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, maintenant au projet d’autoroute Castres-Toulouse et bien-sûr aux projets de méga-bassines. Celles-ci sont une maladaptation au réchauffement climatique et au manque d’eau. Autrement dit, une réponse court-termiste qui finira par aggraver le mal qu’elle prétend résoudre. Ce constat qui dépasse l’idéologie est largement partagé, et nous l’avons argumenté dans ’Le Monde’ et plus longuement ensuite dans ce blog, avec le soutien de nombreux spécialistes du domaine.

Illustration 1© Jeanne Macaigne

Des dizaines de milliers de personnes l’ont compris et ont convergé au cours d’un week-end, pour s’opposer à un projet pourtant parfois bien loin de leur domicile. Quelques milliers sont même allés jusqu’à prendre des risques – allant au moins jusqu’à la mutilation et le coma – pour tenter d’occuper symboliquement ce ’trou’ absurde. Face à cela, le gouvernement a répondu par une violence démesurée, ayant recours à des armes de guerre telles que les grenades GM2L. Le pouvoir a tenté de détourner l’attention, pointant la colère plutôt que d’en reconnaitre les causes : le refus de la destruction de notre habitat par les forces destructrices du business-as-usual.

De ce refus construit sur les faits, découle la résistance.

Les Soulèvements de la Terre font partie de ces collectifs qui se substituent à l’Etat là où ce dernier échoue à exister dans l’intérêt de celles et ceux qui le constituent. Leur désobéissance s’inscrit dans les traces de nombreux mouvements pour faire progresser l’état de droit, un mouvement issu des citoyen·nes et agissant dans l’intérêt du plus grand nombre.

Les Soulèvements de la Terre proposent un autre monde, un projet de société différent et réaliste où le soin (care), le respect, la tolérance, la justice sociale sont réellement réfléchis et mis en place au quotidien. Ils et elles défendent concrètement une planète vivable et vivante, dans un contexte d’écocide et de crise climatique mondiale niés, ignorés ou instrumentalisés à des fins de greenwashing par les gouvernements des pays les plus riches dont la France. A Sainte-Soline, cette envie bienveillante et joyeuse de monde meilleur était portée, partagée et vécue par les 30,000 personnes présentes.

Ce modèle de société, exemple désirable de monde où nous pourrions vivre, fait face à une diabolisation systématique par le gouvernement, allant jusqu’à vouloir réduire à néant cette ’organisation’ qui n’en est pas une, et entraver les individus qui y contribuent ou font exister ce projet. Nous nous interrogeons : qu’est-ce qui fait si peur au gouvernement ? Peut-être le fait que les Soulèvements puissent réussir à rendre tangible et plausible une alternative au monde capitaliste, néolibéral et écocidaire que le gouvernement défend, en rassemblant toujours plus de citoyen·ne·s dans des actions pouvant mener à un basculement.

La menace de dissolution des Soulèvements est le symbole d’un pouvoir qui perd les pédales dans un délire sécuritaire. Au déni d’écoute du peuple qu’il prétend représenter - toujours plus flagrant à chaque étape du projet de réforme des retraites - s’ajoute la caricature d’un musèlement de mouvements progressistes. Une dynamique vue dans le passé avec d’autres gouvernements aux étiquettes politiques bien moins libérales.

Si des dissolutions doivent avoir lieu pour rétablir l’’ordre’ et la démocratie, commençons par celles de la BRAV-M et du gouvernement.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À la Une de Mediapart - Écosystèmes et pollution — Reportage : Polluants éternels : au Japon, les habitants de Kibichūō se révoltent

Autrefois liée aux abords des bases militaires, la pollution aux PFAS s’est propagée sur le territoire japonais, jusqu’aux villages les plus reculés. C’est le cas de Kibichūō, dans la préfecture d’Okayama, où des riverains ont décidé de se battre.

Par Johann Fleuri

Dossier — 14 articles - Notre dossier : la France empoisonnée à perpétuité

Les PFAS se retrouvent partout dans l’environnement et ne se dégradent jamais. Si la toxicité de ces molécules issues de l’industrie chimique est reconnue depuis plus de vingt ans, les autorités publiques font la sourde oreille, privilégiant le « réarmement industriel » de la France.

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Source : https://blogs.mediapart.fr/scientifiques-en-rebellion/blog/300323/en-soutien-de-la-resistance-nous-sommes-les-soulevements-de-la-terre

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4.
Scientist Rebellion - Rébellion Scientifique

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(en) 1.5°C is dead, climate revolution now

Histoire
Fondation 2020

Université de St Andrews

Cadre
Type Campagne, association militante, mouvement politique, organisation internationale
Mouvement Écologisme, mouvement pour le climat
Organisation
Site web (en) scientistrebellion.com

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Logo utilisé par Scientist Rebellion

Scientist Rebellion est une organisation internationale de scientifiques militants en faveur de l’écologie. Cette organisation est née de la conviction profonde, basé sur des faits scientifiques, que le réchauffement climatique constitue l’un des défis les plus pressants de notre époque et que des actions immédiates et audacieuses sont nécessaires pour y faire face.

En s’engageant dans la désobéissance civile non-violente, Scientist Rebellion vise à sensibiliser le public à l’urgence climatique et à inciter les décideurs politiques à prendre des mesures significatives pour préserver la planète pour les générations futures. En cela ils s’inspirent du mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion. Forts de leur expertise scientifique, les membres de ce mouvement s’efforcent de promouvoir des solutions fondées sur des preuves pour atténuer les effets du changement climatique et protéger l’environnement fragile.

La branche française du mouvement s’appelle Scientifiques en rébellion.

Organisation et histoire de Scientist Rebellion

Le mouvement « Scientist Rebellion » a vu le jour en février 20201. Il tire ses origines du mouvement « Extinction Rebellion 2 », créé en 2018 par un groupe d’activistes protestant contre le dérèglement climatique par le biais de la désobéissance civile. Scientist Rebellion encourage également le recours à des formes de protestation non violentes3 pour sensibiliser le public aux enjeux du dérèglement climatique.

L’exemple de désobéissance civile le plus connu qui a permis au mouvement de gagner en notoriété et en visibilité4 est celui où des scientifiques se sont attaqués à la British Royal Society en septembre 2020, en appliquant de la peinture sur son entrée. Cette action a inspiré de nombreux scientifiques à travers le monde. Scientist Rebellion est une organisation horizontale, basée sur les principes de l’auto-organisation5. Cela signifie qu’aucune personne n’est désignée comme responsable de celle-ci. Elle est auto-organisée, sans chef ni hiérarchie. Les membres se réunissent pour discuter de leurs actions, qu’il s’agisse de lancer une pétition ou d’organiser des actions de désobéissance civile.

Cependant, bien qu’il n’y ait pas de hiérarchie, des structures ont été mises en place. En effet, il existe le Front Office (première ligne) et le Back Office (arrière ligne) pour évaluer le degré d’implication dans des actions à haut ou faible risque6. Par exemple, les membres du Back Office se chargent d’organiser des conférences, des interviews ou encore de gérer les structures financières. Tandis que ceux du Front Office sont responsables des actions de désobéissance civile. Il faut avoir le statut de scientifique ou d’universitaire pour pouvoir participer aux protestations non violentes. Pour les personnes qui ne sont pas encore prête à s’engager ou qui n’on pas ces statuts peuvent aisément faire partie du back office. Pour faciliter l’intégration et le contact, Scientist Rebellion a mis en place des conférences appelées « welcome meetings », organisées fréquemment dans différents pays7.

Les actions menées par Scientist Rebellion sont des réponses à l’impressions de ne pas être assez écoutés face aux sentiments d’urgence sur le changement climatique. En effet malgré de nombreux rapports du GIEC les actions et les promesses faites par les politiques ne semblent pas suffire pour empêcher le réchauffement climatique8. Alors en faisant de la désobéissance civile Scientist Rebellion espère rendre visible aux yeux du grand publique l’urgence de cette situation.

Actions marquantes de Scientist Rebellion

  • L’organisation Scientist Rebellion a démarré son activité en septembre 2020, lorsque les deux co-fondateurs Mike Lynch-White et Dr. Tim Hewlett, ont lancé leurs première action, utilisant des pinceaux chargés de peinture et des morceaux de papier collés, contre le siège de la Royal Society à Londres. Le fait que la première action soit menée à la Royal Society n’est pas un hasard, car elle est l’une des plus anciennes institutions scientifiques encore en activité dans le monde. Elle représente un pilier essentiel de la communauté scientifique internationale, avec pour mission la promotion et le soutien de la progression de la science par le biais de la recherche, de l’éducation et de la communication.
    Suite à cette action, l’organisation a gagné en visibilité, entraînant une augmentation du nombre de membres et favorisant son expansion. Cette action a également entraîné un procès pour dommages intentionnels, au cours duquel les deux co-fondateurs ont été jugés non coupables en 20239.
  • Le 6 avril 2022, le scientifique de la Nasa Peter Kalmus et quelques autres scientifiques,se sont enchaînés à la porte d’entrée d’une grande banque américaine ,la JPMorgan Chase, à Los Angeles, pour alerter sur la crise climatique. Action pour laquelle ils seront arrêtés au bout de quelques minutes. Cette action à apporté de la visibilité à l’organisation et le message qu’ils voulaient faire passer grâce aux médias10.
  • Le 29 octobre 2022, à Munich, les scientifiques ont collés leurs mains à la glu sur une automobile de sport de luxe, déployés des banderoles et jeté de la peintures dans le showroom BMW, s’en est suivie l’intervention de la police, l’arrestation et le jugement de 16 scientifiques. 13 scientifiques ayant participé à cette action, dont le chercheur rouennais Marceau Minot, était toujours en détentions provisoire 4 jours après leur arrestation. Cette action est l’une de celles qui ont fait le plus parlé en Europe11.
  • Début décembre 2023, en parallèle de la COP28 se déroulant à Dubaï, la branche française de Scientist Rebellion, Scientifiques en Rébellion, ont organisé une COP alternative sur une période de quatre jours à Bordeaux. Des conférences sur la durabilité ont eu lieu, abordant les limites de l’agriculture intensive et les stratégies pour s’opposer aux grands projets d’infrastructure. Les membres du comité ont également organisé des manifestations pacifiques dans le centre-ville, vêtus de blouses blanches, avec banderoles et micros. Cela à eu pour conséquence d’aidé à faire connaître l’organisation en France12.
    Le mouvement Scientist Rebellion a étendu sa présence à l’échelle mondiale, et revendique sa représentation dans 30 pays. À travers des actions variées, plus ou moins importantes dans ces pays, il a suscité l’intérêt des médias, contribuant ainsi au recrutement de nouveaux membres et à la diffusion de ses valeurs et objectifs.

Analyses et contradictions

Une méta étude de 2016, portant sur le consensus scientifique concernant sur le changement climatique, ainsi que son origine anthropique, dévoile que celui-ci est quasiment établi avec 97% des articles scientifiques analysés allant dans ce sens13. Pourtant, la question de la place des scientifiques dans le débat et l’action engagée contre le changement climatique reste entière.

Le média Libération publie par exemple un article sur l’engagement de scientifiques en blouse blanche en avril 2024, interrogeant ainsi la notion de ’neutralité des scientifiques’14. Celle-ci repose sur la notion de neutralité axiologique15 de Max Weber, qui souligne l’importance d’une prise de distance entre les travaux scientifiques et l’engagement et les biais personnels du scientifique. L’objectif est ici d’éviter de faire du travail scientifique en lui-même une plateforme de diffusion militante (inconsciemment ou non) et de conserver la rigueur scientifique dans sa conception.

La démarche nécessite alors une prise de recul de la part du scientifique afin de produire un travail aussi objectif que possible. Max Weber reconnaît toutefois lui-même que la neutralité totale n’est pas atteignable. Il s’agit alors de faire preuve de réflectivité sur sa propre vision du monde afin de prendre le plus de distance possible avec ses biais.

Si la neutralité axiologique s’applique à la méthodologie de recherche scientifique, la notion de ’neutralité scientifique’, s’applique quant à elle, aux scientifiques eux-mêmes. La figure du scientifique est alors vue comme une figure de neutralité constante. Il se contente de donner des faits et reste loin des clivages politiques et d’opinions16. En cela il endosse aussi un rôle d’arbitre, cherchant toujours le juste milieu entre deux idées opposées. Cette dichotomie entre ’scholarship’ et ’commitment’17 est d’autant plus présente sur le sujet de l’écologie, hautement politisé et clivant renforçant encore plus le débat sur Scientist Rebellion14. La neutralité scientifique ne fait cependant pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique16.

L’historien Fabien Locher estime par exemple en 2023 que les membres du collectif Scientifiques en Rébellion (la branche française du groupe) renouent par leur action de désobéissance civile avec une tradition ancienne : « la science ne se politise pas depuis l’avènement de Scientist Rebellion : elle est dès l’origine un savoir d’une fiabilité sans égale et d’une nature intégralement politique »18.

Les militants de Scientist Rebellion ont donc décidé d’aller au-delà de leur rôle de donneurs de faits et de prendre une part active dans l’action contre le changement climatique19.

Personnalités :

 rédaction de futura, « Scientifiques en Rébellion : « Nous cherchons d’autres façons d’être entendus » [archive] », 1er avril 2024 (consulté le 15 avril 2024)

  équipe de france inter, « Des scientifiques en rebellion [archive] » [audio] + doc, 30 novembre 2022 (consulté le 14 avril 2024)

  (en) « We are scientists uniting against climate failure. [archive] » [page web] (consulté le 14 avril 2024)

  (en) Édité par Alison J. Green Révisé par Nicholas Maxwell, « “Beyond being analysts of doom” : scientists on the frontlines of climate action [archive] », 1er juin 2023 (consulté le 15 avril 2024)

  (en) « FAQ ’who is in charge’ [archive] »

  (en) Édité par Alison J. Green Révisé par Nicholas Maxwell, « Belonging and participating [archive] », 1er juin 2023

  (en) « Talks & Events [archive] »

  équipe de france inter, « Une impression de ne pas être écouté [archive] », 30 novembre 2022

  (en) « Scientist Rebellion Co-Founders Not Guilty of the Group’s First Action at The Royal Society [archive] »

Accès libre, 21 février 2023 (consulté le 19 avril 2024)

  Fabrice Pouliquen, « 20 minutes [archive] »

Accès libre, 21 avril 2022 (consulté le 14 avril 2024)

  Thomas Baïetto, « Crise climatique : des scientifiques français emprisonnés en Allemagne pour des actions de désobéissance civile », franceinfo,‎ 3 novembre 2022 (lire en ligne [archive]

Accès libre)

  Anne Denis, « Scientifiques en rébellion : le collectif qui prône la décroissance en blouse blanche », Le Point,‎ 24 janvier 2024 (lire en ligne [archive]

Accès payant)

  John Cook, Naomi Oreskes, Peter T Doran, William R L Anderegg, Bart Verheggen, EdW Maibach, J Stuart Carlton, Stephan Lewandowsky, Andrew G Skuce, Sarah A Green, Dana Nuccitelli, Peter Jacobs, Mark Richardson, Bärbel Winkler, Rob Painting et Ken Rice, « Consensus on consensus : a synthesis of consensus estimates on human-caused global warming », IOP publishing,‎ 13 avril 2016 (lire en ligne [archive]

Accès libre[’pdf’])

  Copélia Mainardi, « Ecologie : un chercheur sachant militer est-il un bon chercheur ? [archive] »

Accès limité, sur Liberation.fr (consulté le 15 avril 2024)

  Isabelle KALINOWSKI, « NEUTRALITÉ AXIOLOGIQUE [archive] »

Accès limité, sur Encyclopædia Universalis (consulté le 9 avril 2024)

  Aurélien Berlan, « Comment l’idée de neutralité scientifique nous aveugle », Écologie & politique, no N° 67,‎ 2 novembre 2023, p. 131-146 (lire en ligne [archive]

Accès limité)

  Louis Pinto, « « Neutralité axiologique », science et engagement. Une lettre de Pierre Bourdieu », Savoir/Agir, vol. vol. 16, no no. 2,‎ 2 novembre 2011, pp. 109-113 (lire en ligne [archive]

Accès limité)

  Fabien Locher, « Climat : les militants ont la science diffuse [archive] »

Accès limité, sur Libération.fr (consulté le 15 avril 2024)

  ARTICO Daniele, DURHAM Sarah, HORN Laura, MEZZENZANA Francesca, MORRISON Malik et NORBERG Anna, « “Beyond being analysts of doom” : scientists on the frontlines of climate action », Frontiers,‎ 1er juin 2023 (lire en ligne [archive]

Accès libre)

  « Peter Kalmus, la voix des scientifiques en rébellion [archive] », sur France Inter, 6 octobre 2022 (consulté le 5 octobre 2023)

  « Résistance civile : des scientifiques en rébellion... [archive] », sur France Culture, 20 décembre 2022 (consulté le 5 octobre 2023)

 « Quand les scientifiques se rebellent pour le climat [archive] », sur France Inter, 6 octobre 2022 (consulté le 5 octobre 2023)

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Scientist_Rebellion

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5.
Scientifiques en rébellion France

https://scientifiquesenrebellion.fr/action/COP28-alternative-Bordeaux-annonce.png

Scientifiques en rébellion, branche française de Scientist Rebellion, est un collectif de scientifiques de toutes disciplines, tous statuts et tous secteurs qui se mobilisent contre l’inaction face au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité.

Le collectif est né de l’Appel des 1000 scientifiques à la désobéissance civile paru dans le journal Le Monde en 2020.

Notre démarche est détaillée dans notre raison d’être.

Signer notre manifeste pour la liberté d’engagement des scientifiques

Comment être informé·e de nos actions ?

Derniers textes :

Carte de groupes locaux : Paris, Lille, Grand Est, Caen, Rennes, Nantes, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Lyon, Chambéry, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice

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scientifiques_en_rebellion post

Les Scientifiques en rébellion participaient vendredi 24 mai à l’action « Liquidation Total » coordonnée par @xrfrance @carnagetotal - Au même moment en Ouganda des membres de #ScientistRebellionUganda ont manifesté pour dénoncer les agissements de TotalEnergies.

Cagnottes pour soutenir @scientifiques_en_rebellion, @ScientistRebellion et les actions des pays du Sud :
https://opencollective.com/scientist-rebellion
https://opencollective.com/scientifiques-en-rebellion

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May 27, 2024

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kvn_jean post

🚨 Tribune scientifiques :
TotalEnergies fait le choix de condamner notre futur : au lieu de réduire sa contribution à la catastrophe climatique, TotalEnergies l’accélère.

Avec plus de 300 scientifiques, nous appelons à déclarer Total en faillite écologique.
https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/23/totalenergies-ne-reduira-pas-sa-production-d-energies-fossiles-parce-qu-on-le-lui-demande-poliment_6235053_3232.html

Tribune co-écrite avec @ysaheb (entre autres) et soutenue par @cassouman40 @wolfgangcramer @Goneri @celineguivarch @sophie_szopa @cedricvillani

May 23, 2024

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wolfgangcramer post

« TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce qu’on le lui demande poliment »

Tribune https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/23/totalenergies-ne-reduira-pas-sa...-production-d-energies-fossiles-parce-qu-on-le-lui-demande-poliment_6235053_3232.html

Plus de trois cents scientifiques, mobilisés par le collectif Scientifiques en rébellion, parmi lesquels l’économiste @celineguivarch ou l’épidémiologiste Kévin Jean @kvn_jean , dénoncent, dans une tribune au « Monde », la stratégie « climaticide » de TotalEnergies.

1/20

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May 23, 2024

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btel post

’« Je respecte l’avis des scientifiques, mais il y a la vie réelle », avait rétorqué Patrick Pouyanné [...] oubliant au passage que c’est de la « vie réelle » que parlent les climatologues et écologues : canicules, fonte des glaciers, baisse de rendement agricole, températures record des océans, disparition des espèces, famines. ’ 🎯

Tribune par @scientifiques_en_rebellion signé par @wolfgangcramer @kvn_jean @cassouman40 @Goneri et autres 👏🙏

https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/23/totalenergies-ne-reduira-pas-sa-production-d-energies-fossiles-parce-qu-on-le-lui-demande-poliment_6235053_3232.html

#urgenceclimatique #climat

May 23, 2024

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@ScientistRebellion @xrfrance @xrcarnagetotal @xrparisidf

Under climate crisis, we cannot allow this anymore. Join us on 24th May for CarnageTotal !

Support and follow us on #LiquidationTotal if you cannot make it to Paris.

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May 18, 2024

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scientifiques_en_rebellion post

@ScientistRebellion @xrfrance @xrcarnagetotal @xrparisidf

 TotalEnergies is one of the 20 companies worldwide that have the most contributed to climate crisis from 1965 to 2018 : https://climateaccountability.org/pdf/CAI%20PressRelease%20Dec20.pdf

May 18, 2024

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scientifiques_en_rebellion post

@ScientistRebellion @xrfrance @xrcarnagetotal @xrparisidf

TotalEnergies is linked to at least 23 climate bombs, and as such the world’s number two in fossil megafields 😡

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/10/31/bombes-carbone-totalenergies-numero-deux-mondial-des-megagisements-fossiles_6197487_4355770.html?random=1137443901

May 18, 2024

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scientifiques_en_rebellion post

@ScientistRebellion @xrfrance @xrcarnagetotal @xrparisidf

With this action, we demand :
🛑 To end the EACOP, Mozambique LNG and Papua LNG climate bomb 💣
🛑Immediate halt to all new fossil fuel project
👉An ambitious transition plan to limit global warming
increase that respects human rights and workers

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May 18, 2024

How much climate failure can we take ?

COP28 alternative

Base sous-marine Bordeaux

30/11 - 03/12

Rejoins-nous !

Contact - Scientifiques en rébellion adhère au Projet Internet et Citoyenneté - Site web réalisé avec Zola et un thème maison - © Contenu sous licence CC-BY-SA, scientifiques en rébellion

Source : https://scientifiquesenrebellion.fr/

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6.
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Scientifiques en rébellion : Quand l’idéologie décroissante est érigée en vérité scientifique - 21 août 2023 – Document critique d ‘agriculture-environnement.fr’

Les scientifiques en rébellion contre l’inaction climatique - Reportage cdanslair 08.03.2023

Avec le mouvement Scientifiques en rébellion, nous assistons à l’émergence de scientifiques qui s’engagent dans la bataille écologiste. Un phénomène qui n’est pas nouveau, sauf qu’aujourd’hui, ces chercheurs font passer leurs convictions idéologiques anticapitalistes pour des vérités scientifiques

Le 10 mai dernier, le mouvement Scientifiques en rébellion a organisé diverses manifestations dans plusieurs villes de France « pour alerter sur les projets suicidaires de Total Energies et BNP Paribas ».

Sur une grande bombe factice confectionnée par ses membres, on pouvait ainsi lire l’inscription : « Bombes climatiques : qui sont les vrais écoterroristes ? »

Ce collectif de scientifiques a été créé en France à l’occasion d’une tribune parue dans Le Monde du 20 février 2020, sur le modèle des appels lancés en Grande-Bretagne qui ont donné naissance au collectif international Scientist Rebellion. Il est étroitement lié à Extinction Rebellion (XR), le mouvement écologiste radicald’origine anglaise qui s’est distingué par de spectaculaires actions directes et blocages, ainsi que des opérations d’éco-sabotage. Tous deux se réclament du même constat : les actions militantes habituelles n’ayant pas eu d’effets, désormais, la désobéissance civile s’impose. « Nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui », clame le collectif dans sa tribune.

Voir aussi : Scientifiques en rébellion : amalgame entre science et opinions politiques personnelles

Que des scientifiques aient des engagements politiques est tout à fait légitime. Ce fut par exemple le cas d’Albert Einstein, militant pacifiste qui appela à la désobéissance civile contre le maccarthysme. Ou encore de Bertrand Russell, militant proche des idées socialistes et organisateur du tribunal Russell-Sartre contre les crimes commis pendant la guerre du Vietnam. À l’âge de 89 ans, celui-ci fut même emprisonné pendant sept jours pour « violation de la paix », après avoir pris part à une manifestation antinucléaire à Londres.

En France, le prix Nobel de chimie Frédéric Joliot-Curie, engagé au sein du Parti communiste français, fut récipiendaire du prix Staline international pour la paix. Aveuglé par son idéologie, le physicien avait même témoigné en 1949 contre Victor Kravchenko, un exilé soviétique qui avait décrit dans un livre la terreur et les camps en URSS. Bref, les exemples de scientifiques engagés ne manquent pas.

Ils se présentent de façon systématique vêtus d’une blouse blanche, afin de suggérer que leur discours, qui ne porte pas nécessairement sur leur champ de compétence, relève de la vérité scientifique

Cependant, la démarche des militants de Scientifiques en rébellion se révèle profondément différente de celle de ces figures historiques.

Du mauvais usage des blouses blanches

Tout d’abord, sur la forme. Se revendiquant du slogan « les données scientifiques sont claires  », ils se présentent de façon systématique vêtus d’une blouse blanche, afin de suggérer que leur discours, qui ne porte pas nécessairement sur leur champ de compétence, relève de la « vérité scientifique ».

« Avec une blouse, le public nous écoute plus facilement, c’est plus difficile de nous traiter de hippies ou de zadistes  », admet volontiers Élodie Vercken, directrice de recherche à l’Inrae et militante de Scientifiques en rébellion, qui confie au site Reporterre que, chaque fois qu’elle se présente comme scientifique, elle ressent « quelque chose de différent », comme « une barrière qui sautait plus facilement ».

Une approche qui n’est cependant pas du goût de tout le monde, comme en témoignent les propos de l’ancien membre du Giec François Gemenne, par ailleurs directeur du conseil scientifique de Yannick Jadot lors de l’élection présidentielle de 2022 : « Le port de la blouse blanche pendant ces actions représente un argument d’autorité détestable ! », s’est-il ainsi indigné dans un entretien accordé à Libération.

De même, si la géographe Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil pour le climat, déclare comprendre que ses collègues se lancent dans la désobéissance civile, elle insiste cependant sur « la différence entre [s]on avis de citoyenne et les faits scientifiquement démontrés », craignant que «  l’un nuise à l’autre  » dès lors qu’ils sont confondus. Et de mettre en garde contre la tentation d’« utiliser la légitimité scientifique pour quelque chose qui ne relève pas de la science ».

Des fausses vérités scientifiques

Ensuite, il apparaît que bon nombre de vérités scientifiques affichées par les militants de Scientifiques en rébellion n’ont rien de… scientifique ! Elles s’inscrivent dans une stratégie globale de la nébuleuse écologiste, consciente d’avoir besoin d’une caution scientifique pour augmenter sa crédibilité. « Il manquait en France une légitimité scientifique au mouvement citoyen de désobéissance civile », insiste le sociologue Milan Bouchet-Valat, lui-même membre de Scientifiques en rébellion. Cette caution appuie ainsi de façon systématique des affirmations qui ressortissent de l’idéologie ou de la simple opinion, quand ce n’est pas de propos parfaitement contestables.

Ainsi, le 2 février dernier, sept membres du mouvement des Scientifiques en rébellion et une quinzaine de militants de XR sont venus perturber le déroulement d’une conférence organisée par l’AFIS (Association française pour l’information scientifique), en accusant le glyphosate d’être « un rouage mortifère au service d’une agriculture intensive caractérisée par d’immenses exploitations en monoculture ». « Les études scientifiques sont formelles : l’impact de l’agriculture intensive, cause majeure du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, n’est plus à prouver  », indiquait alors leur communiqué de presse, mettant en cause « ce système délétère [qui] ne profite qu’à quelques multinationales. Un système pourtant soutenu par la FNSEA et le gouvernement ». Et en des termes plus proches d’une déclaration politique que d’un texte scientifique, le communiqué concluait : « Nous sommes malades d’une alimentation toxique produite par un système agricole à bout de souffle. Il est temps de Changer de Régime ! »

Un mois plus tard, au moment du Salon de l’agriculture, Scientifiques en rébellion s’en prenait de nouveau aux agriculteurs, en organisant à Paris un cortège funèbre « pour dénoncer les conséquences catastrophiques du recours massif aux pesticides et pro- mouvoir un autre modèle agricole  ». Cette action, menée avec le soutien de XR, Pollinis et Générations Futures, a mis en scène un « die-in » – manifestation où on simule la mort – réunissant des membres de la Red Rebel Brigade, vêtus de rouge «  pour symboliser le sang des espèces éteintes ».

Pour la mise à mort du capitalisme

En fait, ces scientifiques apportent leur caution à un mouvement dont l’objectif, parfaitement identifié, consiste en la mise à mort du système actuel de croissance économique. Un objectif qu’ils entendent bien faire partager, comme en témoigne le site britannique de Scientist Rebellion qui, sous la bannière prétentieuse de « The Science », explique que « pour éviter le dérèglement climatique, il faut d’abord en nommer les causes. Le modèle économique capitaliste actuel de croissance (exponentielle) sans fin sur une planète finie est clairement insoutenable : par définition, cela signifie qu’il doit prendre fin  ».

Et ils brandissent des « études scientifiques solides » pour justifier la sortie du capitalisme : « Bien que certains interprètent ces propositions comme intrinsèquement idéologiques, il s’agit de conclusions issues d’une étude scientifique solide. » Le texte poursuit : «  Le capitalisme – en particulier dans son incarnation néolibérale moderne – doit être abandonné ou transformé au point d’être méconnaissable si la civilisation humaine veut survivre.  »

Logiquement et sans surprise, il cible alors les « exploitations agricoles modernes [qui], dans le but de surpasser leurs rivales, gavent le bétail d’antibiotiques, utilisent des pesticides destructeurs d’insectes et débarrassent la faune de tout l’espace disponible pour semer des monocultures rentables ».

Un credo repris par la branche française du mouvement qui, dans sa première tribune, dénonçait « les objectifs de croissance économique » du gouvernement, « en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai », sans oublier de fustiger « un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur  ».

« L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage », estime Élodie Vercken

Un tweet d’Élodie Vercken daté de juin 2021 illustre à merveille la radicalité de ces propos par l’image d’une pancarte portant le message : «  L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage. » Et son commentaire enfonce le clou : « Le capitalisme est responsable de la crise du climat et de la biodiversité. Espérer qu’un système fondé sur l’exploitation d’autrui et de la nature pourra s’autocorriger, ce n’est plus de la naïveté mais de l’idéologie. »

De son côté, l’un des créateurs du collectif, Julian Carrey, enseignant-chercheur à l’Insa Toulouse, qui se définit politiquement comme « anarchiste-écolo-décroissant », a confié à L’Obs qu’il a « abouti à la conclusion, en plongeant dans la littérature scientifique, que la décroissance était le seul moyen d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris ».

Pour lui, comme pour les autres membres du mouvement, l’idéologie décroissante relève d’une vérité scientifique indiscutable. À la différence d’un Russell ou d’un Einstein, qui n’ont jamais prétendu que leurs idéaux de société étaient établis sur une quelconque vérité scientifique, les Scientifiques en rébellion affirment haut et fort qu’il faut – au nom de la science – instaurer le seul modèle politique valable à leurs yeux, en l’occurrence une société écolo-décroissante anticapitaliste.

Un soutien aux actions violentes

Enfin, les modes d’action encouragés ou soutenus par les Scientifiques en rébellion interpellent. Alors que Julian Carrey confiait en janvier 2023 que «  si la violence aux personnes est une [ligne rouge] pour tous les membres, le cas des dégradations matérielles n’a pas encore été discuté collectivement  », le collectif n’a cependant pas hésité à prendre position en faveur des Soulèvements de la terre (SLT), mouvement qui avait délibérément accepté la présence de plusieurs centaines de militants violents et armés lors des événements de Sainte-Soline.

Dans un texte en date du 30 mars 2023 intitulé « En soutien de la résistance, nous sommes les Soulèvements de la terre », les Scientifiques en rébellion encensent ainsi les SLT qui « proposent un autre monde », ajoutant qu’à Sainte-Soline, « cette envie bienveillante et joyeuse de monde meilleur était portée, partagée et vécue par les 30000 personnes présentes ». On appréciera la nuance « bienveillante et joyeuse », quand il s’agit pour ces militants d’abattre la société industrielle dans laquelle nous vivons, quitte à procéder à diverses formes d’éco-sabotage !

Pour Julian Carrey comme pour les autres membres du mouvement, l’idéologie décroissante relève d’une vérité scientifique indiscutable 

À ce stade, le collectif des Scientifiques en rébellion reste très minoritaire dans le monde de la recherche. Mais certains scientifiques de renom n’hésitent pas à franchir le pas, apportant leur soutien à la désobéissance civile. C’est le cas de la paléo-climatologue et coprésidente du groupe 1 du Giec Valérie Masson-Delmotte, qui a déclaré au Monde que « la désobéissance civile élargit la fenêtre d’Overton [le champ de l’acceptable en politique, NDLR]  ». « Elle peut amener certains acteurs institutionnels ou économiques à prendre plus au sérieux les rapports du Giec, qui apparaissent, en contrepoint, comme très consensuels », estime la chercheuse, qui affirme dans les colonnes de Libération : « Les mouvements sociaux pour la justice climatique – qui prennent de nouvelles formes d’actions de résistance non violente, parfois perturbatrices – peuvent faire partie des catalyseurs pour accélérer l’action pour le climat. »

Hostile à la dissolution des SLT, elle a encore confié à Libé qu’elle ne se reconnaissait pas « dans une société où le dialogue est impossible  ». Sauf que ni les SLT, ni les Scientifiques en rébellion, ne semblent disposés au dialogue, mais bel et bien engagés dans une lutte sans merci pour abattre la société capitaliste.

chercheurs militants décryptage écologie radicale scientifiques en rébellion

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© agriculture et environnement 2024 - Source : https://www.agriculture-environnement.fr/2023/08/21/scientifiques-en-rebellion-quand-lideologie-decroissante-est-erigee-en-verite-scientifique

Note du rédacteur – « Agriculture & Environnement est une lettre d’information mensuelle française et un blog de décryptage polémiste de l’actualité agricole. Fondée et rédigée par Gil Rivière-Wekstein et éditée par la société de conseil Amos Prospective, elle est disponible par abonnement. Des éditoriaux, des actualités, des dossiers et des revues de livres sont régulièrement [évasif] publiés sur le site internet ».

Sommaire : 1 Statut et direction 2 Diffusion 3 Contenu rédactionnel 4 Critiques 5 Notes et références 6 Lien externe

Source : https://everybodywiki.com/Agriculture_%26_Environnement

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    • Scientifiques en Rébellion : « Nous cherchons d’autres façons d’être entendus », affirme Jérôme Santolini … - Document ‘www.futura-sciences.com/sciences’
      Cette semaine, Futura vous offre une partie d’une enquête qui raconte l’urgence de dénoncer l’inaction climatique du gouvernement au travers du mouvement Scientifiques en Rébellion. Ce mouvement prône la désobéissance civile pour se faire entendre… 

C’est inédit et symptomatique d’un malaise profond... Le 30 novembre dernier, 13 scientifiques ont été jugés pour avoir occupé quelques mois plus tôt le Muséum national d’histoire naturelle à Paris afin de dénoncer l’urgence face à la crise écologique et l’inaction climatique du gouvernement. Ces activistes, relaxés depuis*, font partie du mouvement Scientifiques en Rébellion, lancé en février 2020 en France, qui prône la désobéissance civile pour tenter de se faire entendre.

Au-delà de cet engagement, c’est tout notre rapport à la science qui mérite d’être questionné comme l’analyse Jérôme Santolini, chercheur en sciences du vivant, un des coordinateurs de Scientifiques en rébellion et administrateur de Sciences citoyennes, une association qui cherche à remettre les sciences en société.

* le motif étant ’infraction non caractérisée’

« La science est l’affaire de tous », Jérôme Santolini (Scientifique en rébellion)

« La science est l’affaire de tous », Jérôme Santolini (Scientifique en rébellion)

De plus en plus de scientifiques prennent la parole, s’engagent dans des actions de désobéissance civile. Pourquoi ?

Les mouvements des citoyens pour le climat et les mobilisations activistes sont de plus en plus courants, que ce soit ‘Friday for Future’ lancé en 2018 par Greta Thunberg ou Extinction Rébellion initié la même année, premier grand mouvement de désobéissance civile depuis des décennies. Depuis 2 ou 3 ans, des scientifiques lanceurs d’alerte s’engagent aussi face à l’urgence, notamment climatique et écologique. Ils sont encore très minoritaires, mais c’est comme une traînée de poudre. En 2020, nous étions un millier à signer une tribune appelant à la désobéissance civile non-violente marquant ainsi la création de Scientifiques en Rébellion. Depuis, des dizaines d’actions ont eu lieu dans le monde, devant le siège de Dassault à Paris, lors d’un salon BMW à Munich, etc…

Nous cherchons d’autres façons d’être entendus. En tant que scientifiques, notre mission est de produire des connaissances mais aussi de les diffuser dans l’espace public. Pour des raisons d’éthique, nous ne pouvons pas les occulter, faire comme si elles n’existaient pas, comme si nous ne savions pas. Ce serait de la « non-assistance à humanité en danger ». Voir ces connaissances finir dans des tiroirs dans ce contexte d’urgence est insupportable. C’est ce grave dysfonctionnement des relations entre scientifiques et politiques, qui justifie notre appel à la désobéissance civile.

50 ans après le rapport Meadows1, 35 ans après le premier rapport du GIEC, rien ne change. En dépit des alertes des scientifiques ou des organisations internationales comme les Nations Unies, les conférences intergouvernementales s’enchaînent et n’apportent aucune réponse concrète aux crises climatiques et écologiques. Le mal-être des chercheurs conduit certains à se détacher du ‘business as usual’ de la recherche, d’autres à changer de thématique pour retrouver du sens, quelques-uns désertent l’institution, les vocations baissent, les burnouts augmentent. Et certains, de plus en plus nombreux, s’engagent.

Débloquez l’accès complet à cette enquête passionnante réalisée par Jérôme Santolini (Scientifique en rébellion) en rejoignant notre offre d’abonnement ’Je participe à la vie de Futura’ sur Patreon. Pour vous abonner, c’est ici

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Image du site Futura Scienceshttps://www.futura-sciences.com/qui...par la rédaction Futura le 1 avril 2024

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    • En « rébellion » pour la biodiversité, des scientifiques finissent au tribunal - Par Alexandre-Reza Kokabi - 30 novembre 2023 à 17h29 Mis à jour le 2 décembre 2023 à 09h53 – Document ‘Reporterre’ - ReportageLuttes

      En «  rébellion  » pour la biodiversité, des scientifiques finissent au tribunal

Huit scientifiques et activistes ont été jugés le 30 novembre à Paris pour avoir occupé le Muséum national d’histoire naturelle en 2022. L’affaire a été mise en délibéré et le jugement sera rendu le 15 janvier.

Porte de Clichy, XVIIe arrondissement (Paris), reportage

C’était un hasard du calendrier. Le jeudi 30 novembre, jour de l’ouverture de la COP28 sur le climat à Dubaï, huit scientifiques et activistes étaient jugés au tribunal judiciaire de Paris. Leur tort : avoir alerté sur la crise écologique lors d’une conférence organisée sans autorisation en occupant le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) en avril 2022. L’issue de ce procès sera connue le 15 janvier, l’affaire ayant été mise en délibéré, tandis que le procureur a requis la relaxe.

« La coïncidence entre ces deux événements met en lumière le caractère révoltant de la situation actuelle, estime Kévin Jean, membre du collectif Scientifiques en rébellion. Alors que la COP est présidée par le dirigeant de l’une des principales compagnies pétrolières au monde et que l’État français a été condamné pour inaction climatique, ce sont les lanceurs et lanceuses d’alerte qui sont poursuivis. »

« Il n’y a pas eu d’effraction », observe la présidente…

Lire l suite à la Source : https://reporterre.net/En-rebellion-pour-la-biodiversite-des-scientifiques-finissent-au-tribunal

PS. L’écologie recule ? Nous, on avance. Vous pensiez, comme nous, la question écologique bien installée dans le débat public ? Suppressions d’émissions, criminalisation des mouvements écologistes, et climato-dénialisme : voilà venu le temps du retour de bâton. Pourtant, plus que jamais, l’information sur l’écologie est urgente. Quel que soit le contexte, vous pouvez compter sur Reporterre pour vous informer en toute indépendance. Pouvons-nous compter sur vous ? 1 469 donateurs soutiennent Reporterre - Objectif de 15.000 donateurs avant le 22 juin 2024 >>> Soutenir Reporterre

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    • Des scientifiques en rébellion - Mercredi 30 novembre 2022 – Enregistrement ‘France Culture’ de 56 minutes - Provenant du podcast Zoom Zoom Zen

      Le 18 octobre 2022, le groupe environnemental « Scientist Rebellion manifeste devant le Ministère des Transports à Berlin. ©AFP - Paul Zinken

Le 18 octobre 2022, le groupe environnemental « Scientist Rebellion manifeste devant le Ministère des Transports à Berlin. ©AFP - Paul Zinken

Pour faire face aux diverses crises, dont celle climatique, certains chercheurs comme Kevin Jean ont recours à la désobéissance civile pour tirer la sonnette d’alarme et sauver notre planète.

Avec Kevin Jean Epidémiologiste, Maître de conférences et chercheur en épidémiologie au Conservatoire national des arts et métiers et membre du conseil d’administration de l’association Sciences citoyennes qui milite pour la démocratisation de la science.

Qu’est-ce qui fait qu’on passe de scientifique à scientifique en rébellion ?

Pour Kevin Jean : « Nous sommes tous beaucoup plus à l’aise dans nos laboratoires que dans ses activités. On fait ces actions quand on commence à se rendre compte que le simple fait d’énoncer des faits scientifiques ne suffit pas à déclencher une action suffisante de la part des décideurs quand on commence à entrevoir le premier acte d’une catastrophe climatique. On l’a vu cet été, on le voit avec les chiffres de records de température cette année alors qu’on continue dans cette lancée en accélérant les émissions de gaz à effet de serre continue d’augmenter. Il faut donc trouver d’autres manières, d’autres façons de faire passer le message. »

Les origines des scientifiques en rébellion

C’est en février 2020 que le mouvement des scientifiques en rébellion a vu le jour. On le doit à deux doctorants en physique de Saint Andrews Collège en Écosse. Leur source d’inspiration est claire, Extinction Rébellion, un groupe d’activistes formé en 2018 pour protester contre le dérèglement climatique et organiser des opérations de désobéissance civile, non-violente. D’Extinction Rébellion à scientifique en rébellion, il n’y aura pas fallu attendre longtemps. Une des premières actions d’ampleur de ces scientifiques devenus militants avait été de s’en prendre à la publication scientifique Springer et à la British Royal Society. C’était au printemps 2021. Depuis, le mouvement s’intensifie et se mondialise. Si les débuts ont été perturbés par la crise sanitaire, dès la fin des restrictions, on a vu apparaître une série d’opérations comme celle du printemps dernier en France. Une vingtaine de scientifiques ont perturbé la fermeture du Musée d’Histoire Naturelle à Paris. En Allemagne, 6 avril dernier, plus de 1000 scientifiques se sont mobilisés pour pointer du doigt la banque américaine JP Morgan Chase, qui finance les énergies fossiles. Alors, faut-il désobéir ?

Une impression de ne pas être écouté

Malgré les rapports du GIEC et près de 50 ans passés à alerter sur le climat, les scientifiques peinent encore à se faire entendre et ont l’impression de ne pas se faire écouter : « On a des tribunes qui ont été signées par des scientifiques et encore une fois, les actions ne suivent pas. Au bout d’un moment, il faut revoir nos propres méthodes, et avec quels moyens d’expression on peut adopter et on se tourne donc vers ses actions. » Mais comment ces scientifiques se « forment » à ces actions ? « Le recours à la désobéissance civile, c’est quelque chose qui est devenu, pour les associations environnementales notamment, un recours beaucoup plus fréquent depuis quelques années, avec des groupes comme Extinction, Rébellion ou à une vraie COP21. Effectivement, ce sont des groupes qui ont cette expertise et, initialement, nous étions invités sur ce genre d’actions et nous avons bénéficié de l’expérience que ces groupes ont acquise. Le problème, c’est toujours la distance qu’on a entre les engagements où l’on nous dit qu’en 2030, on va baisser nos émissions d’aux moins 55 %, ce qu’a répété le président de la République il y a peu de temps et des mesures en face de ces engagements. Et c’est ça, c’est tout ce fossé qu’on essaye de dénoncer et qu’on essaye de rendre visible pour montrer qu’on ne peut pas se contenter de promesses creuses. »

Comment ces scientifiques sont perçus dans leur communauté ?

Est-ce qu’il y a une unanimité derrière ce type d’engagement ou bien certains scientifiques estiment que la désobéissance n’est pas leur rôle ? « Ce qui est assez surprenant, c’est qu’effectivement, on a beaucoup de sympathie, de reconnaissance de ce mouvement ans la communauté scientifique. On a plusieurs éléments qui nous montrent qu’en France, le mouvement est né d’une tribune qui a été signée en février 2020. On appelait les scientifiques à s’engager dans ces mouvements. On pensait qu’on allait collecter 70 signatures. On en a collecté plus de 1000. 

Tout récemment, avec les épisodes de mobilisations en Allemagne, on a eu quatorze scientifiques qui ont passé une semaine en prison pour s’être collé la main sur une des BMW. En moins de deux jours, on a eu plus de 700 scientifiques français avec des grands noms qui ont soutenu ces actions. Dans mes discussions, je récolte beaucoup plus de sympathie que de condamnation de ces actions. Nous avons un sentiment de soutien de la communauté et on commence à voir dans les revues scientifiques, des articles, même des éditos de revues très prestigieuses qui soutiennent et qui appellent à ces actions. Nous avons vraiment une sorte de reconnaissance de la légitimité de ces actions de la part de scientifiques. »

Pour en savoir plus, écoutez l’émission...

À réécouter : L’Association Française pour l’Information Scientifique, l’Afis, fête ses 50 ans Les Savanturiers 4 min

Chroniques Vidéos

D’où ça sort ? ’Scientifiques en rébellion’

Quand les scientifiques deviennent activistes

D’où ça sort ?

1 min

Complétement à la rue sur le ’Scientifiques en rébellion’’

.Rémy, Margot et Joseph répondent à notre micro-trottoir !

Complétement à la rue

3 min

’Antifa’ : l’histoire d’une fake news devenue réalité

Le jeu de société n’en finit pas de faire parler depuis ce week-end.

Veille sanitaire

3 min

Vidéo

Scientifiques en rébellion

Tania Dutel s’est trompé de Kevin Jean...

L’équipe - Matthieu Noël

Production

Cyril Lacarrière

Production déléguée

Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-mercredi-30-novembre-2022-9132154

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    • Lassés d’alerter sur le climat sans être entendus, des chercheurs sortent de leur « neutralité » - Par Audrey Garric et David Larousserie - Publié le 20 mai 2024 à 18h00, modifié le 22 mai 2024 à 15h47 - Article complet réservé aux abonnés ‘Le Monde’ - SciencesEthique scientifique- Extraits
      Enquête - A force d’assister, impuissants, aux conséquences du dérèglement climatique, de plus en plus de scientifiques choisissent de s’engager : prises de parole sur les réseaux sociaux, soutiens à des actions en justice, désobéissance civile… Tous se questionnent aussi sur l’avenir de la science.

Depuis plus de trente ans, Wolfgang Cramer alerte inlassablement sur la disparition des espèces, les conséquences de la hausse du niveau de la mer et l’adaptation à ces menaces qui deviendra toujours plus difficile, voire impossible. Depuis plus de trente ans, l’écologue, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), consigne ces périls dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et, depuis plus de trente ans, il observe, impuissant, les émissions de gaz à effet de serre croître et la biodiversité s’éteindre. Un paramètre a toutefois évolué : le chercheur a rejoint les rangs du groupe de désobéissance civile Scientifiques en rébellion, fin 2022. A 67 ans, il a pris pour la première fois la parole lors d’une manifestation – autorisée, samedi 11 mai, contre les projets de construction de gigantesques bassines de rétention d’eau dans le Puy-de-Dôme.

Des militants de Scientifiques en rébellion et d’Extinction Rebellion bloquent une écluse dans le port du Havre pour protester contre la création d’un terminal GNL flottant par TotalEnergies, le 12 mai 2023.

Des militants de Scientifiques en rébellion et d’Extinction Rebellion bloquent une écluse dans le port du Havre pour protester contre la création d’un terminal GNL flottant par TotalEnergies, le 12 mai 2023. EDOUARD MONFRAIS-ALBERTINI / HANS LUCAS VIA AFP

L’écologue Wolfgang Cramer (CNRS, au centre) assiste à la manifestation de soutien aux militants écologistes, Fanny Delahalle (à gauche) et Pierre Goinvic, avant leur procès pour vol du portrait d’Emmanuel Macron, à Lyon, le 2 septembre 2019.

L’écologue Wolfgang Cramer (CNRS, au centre) assiste à la manifestation de soutien aux militants écologistes, Fanny Delahalle (à gauche) et Pierre Goinvic, avant leur procès pour vol du portrait d’Emmanuel Macron, à Lyon, le 2 septembre 2019. NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO VIA AFP

« Pendant toutes ces années, on a fait une grave erreur. Au nom d’une fausse idée de science neutre, on n’a pas fait comprendre aux gens qu’on est dans une crise existentielle », regrette le scientifique de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale. Il veut désormais « hausser le ton », montrer qu’il est « profondément touché » pour que « tout le monde le soit aussi ». Et ne plus s’interdire de nommer les « causes de la crise » : l’industrie polluante, l’agriculture intensive, les SUV…….

Lire en totalité à la Source : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/engagement-des-scientifiques-le-ton-monte-dans-les-labos_6234452_1650684.html

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    • Des ‘orgas’ qui bifurquent - Par Florian Gambardella - Directeur du planning stratégique - 30.05.2022 – Document ‘Spintank’ Idées
      Un coup d’éclat le 30 avril 2022, à la remise des diplômes d’Agro ParisTech. Un second, en mode mineur, le 18 mai, dans une vidéo YouTube. Un appel de jeunes diplômés à répondre à l’urgence climatique, mais aussi aux inégalités sociales et économiques, en « bifurquant ». Et quelques interviews données depuis lors, par ces « agros qui bifurquent » comme ils se nomment. Leur message : il faut réduire, tout de suite. Réduire le niveau économique : travailler sur l’autonomie et l’artisanat. Réduire le niveau technique : rejeter le numérique, et plus généralement la technologie de pointe. Réduire le niveau politique : promouvoir l’autogestion à échelle locale – c’est le propos de leur seconde vidéo. De cette séquence tentons de tirer quelques éléments de réflexion pour nos métiers de la communication. Car si l’on souhaite agir dans le débat public et accompagner les nécessaires transitions en cours, on a là un cas pratique riche et complexe.

Une volonté de reprendre le pouvoir qui se généralise

S’il s’agit du collectif qui s’est montré le plus en rupture avec le système éducatif et économique, ces « agros qui bifurquent » sont loin d’être les premiers étudiants à porter dans le débat public leur malaise voire leur révolte face au système actuel. En 2018, le Manifeste pour un Réveil écologique voit pour la première fois des étudiants s’engager à ne pas travailler pour des entreprises ou des projets qui ne sont pas cohérents avec les objectifs climatiques et environnementaux. Plus récemment, la victoire des Polytechniciens contre l’ouverture d’un campus sponsorisé par Total a été l’aboutissement d’une lutte de longue haleine contre la direction de l’école.

Quant au terme, bifurquer, scandé comme un slogan, il est très utilisé actuellement dans les milieux écologistes ou chez les ‘Insoumis’. Il s’agit également du titre du dernier livre publié par Bernard Stiegler en 2020, avant sa mort : « Bifurquer, l’absolue nécessité ». La Biennale de design de Saint-Etienne en a même fait son thème cette année. Le terme a l’avantage d’être immédiatement compréhensible, « il faut changer de voie, de trajectoire,  » tout en étant connecté à des notions techniques ou philosophiques telles que la dépendance au sentier.

[Addenda - Bernard Stiegler, né le 1ᵉʳ avril 1952 à Villebon-sur-Yvette et mort le 5 août 2020 à Épineuil-le-Fleuriel, est un philosophe français qui axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, ... - Wikipédia - Enseignement : École des hautes études en sciences sociales, Université Toulouse - Jean Jaurès - Influences : Gilbert Simondon, Jacques Derrida, Martin Heidegger, 8 autres… - Enfant : Barbara Stiegler ]

[JH2024-05-31T10:06:00J

Addenda – Ouvrage – « Bifurquer : Il n’y a pas d’alternative » vendredi, Août 07 2020 - Fait marquant - Écrit par An@é – 1ère de couvefrture >

Bifurquer : Il n&#039 ;y a pas d&#039 ;alternative

France Culture : Ce livre – remarquablement documenté tant dans les idées et les propositions que dans les pratiques qui essaiment déjà dans certaines villes ou pays – dessine le monde tel qu’il devrait être pour répondre aux grandes crises sanitaires, climatiques, sociales ou psychiques. https://www.franceculture.fr/oeuvre/bifurquer

Alain Jeannel : Voici ce qu’il écrivait à propos de la pandémie :

’ La pandémie qui a paralysé le monde en quelques semaines révèle désormais comme une évidence l’extraordinaire et l’effroyable vulnérabilité de l’actuel ’modèle de développement’, et la potentielle multiplication des risques systémiques combinés qui s’y accumulent. Elle prouve que ce modèle est condamné à mort, et qu’il nous condamnera à mort avec lui, où que nous soyons dans le monde, si nous ne le changeons pas .(....) c’est pour établir un diagnostic précis et préconiser une méthode générale afin de sortir de cet état de fait sans droit, que le présent ouvrage a été écrit juste avant la pandémie et présenté dans ces grandes lignes à Genève le 10 janvier 2020’.

Voici la présentation publiée sur le site https://www.leslibraires.fr >

Livre numérique - Éditions Les Liens qui libèrent- Présentation

« Écoutez les scientifiques ! » enjoignait récemment Greta Thunberg aux députés venus l’écouter à l’Assemblée Nationale. Une fois les conclusions du GIEC admises, il s’agit pour le philosophe Bernard Stiegler et le collectif Internation de mettre à profit la recherche contributive pour répondre rapidement à cette « crise existentielle pour l’humanité ».

Avec le soutien du prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, qui préface l’ouvrage, ainsi que du professeur au collège de France Alain Supiot, cet essai propose une analyse de cet enjeu à la fois scientifique, économique, politique et social, sur les plans les plus divers, et en vue de lancer une initiative d’ampleur mondiale, dite de recherche contributive, appuyée sur des territoires laboratoires mis en place sur tous les continents.

Ensemble, ces chercheurs – qui ont également travaillé avec les mouvements ‘Youth for Climate’ et ‘Extinction Rebellion’ – se fixent comme objectif de permettre l’émergence de modèles économiques, sociaux et politiques fondés de part en part sur la lutte contre l’entropie et contre ses diverses formes liées à l’activité humaine, et appelée ici l’anthropie.

Scientifiques, juristes, économistes, philosophes, artistes, ingénieurs, citoyens… soutiennent que c’est moins une mauvaise volonté viscérale qui empêche que soit entamée la véritable transition permettant de bifurquer vers une économie respectueuse de la biosphère et de la vie qu’une difficulté épistémologique fondamentale, qui tient à l’ignorance des enjeux de l’entropie – et de ce que le GIEC appelle les « forçages anthropiques ».

En ces temps de graves périls, Il nous faut bifurquer c’est l’absolue nécessité.

Avec le soutien du prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, qui préface l’ouvrage, ainsi que du professeur au collège de France Alain Supiot, cet essai propose une analyse de cet enjeu à la fois scientifique, économique, politique et social, sur les plans les plus divers, et en vue de lancer une initiative d’ampleur mondiale, dite de recherche contributive, appuyée sur des territoires laboratoires mis en place sur tous les continents. Ensemble, ces chercheurs – qui ont également travaillé avec les mouvements Youth for Climate et Extinction Rebellion – se fixent comme objectif de permettre l’émergence de modèles économiques, sociaux et politiques fondés de part en part sur la lutte contre l’entropie et contre ses diverses formes liées à l’activité humaine, et appelée ici l’anthropie.

Scientifiques, juristes, économistes, philosophes, artistes, ingénieurs, citoyens… soutiennent que c’est moins une mauvaise volonté viscérale qui empêche que soit entamée la véritable transition permettant de bifurquer vers une économie respectueuse de la biosphère et de la vie qu’une difficulté épistémologique fondamentale, qui tient à l’ignorance des enjeux de l’entropie – et de ce que le GIEC appelle les « forçages anthropiques ».

Feuilleter l’ouvrage : https://www.leslibraires.fr/livre/16865962-bifurquer-il-n-y-a-pas-d-alternative-bernard-stiegler-editions-les-liens-qui-liberent ] – Source : https://www.leslibraires.fr/livre/16865962-bifurquer-il-n-y-a-pas-d-alternative-bernard-stiegler-editions-les-liens-qui-liberent ]

Suite de l’article Des ‘orgas’ qui bifurquent

Le point commun de ces mouvements ? La revendication d’une puissance d’action.

Ce mouvement pourrait être salutaire pour les organisations : une volonté d’action, de changement positif, qui prend comme base un diagnostic scientifique largement partagé au niveau politique, économique, social. Mais il est justement dirigé contre les structures établies du politique, de l’économique et du social.

L’action devient une lutte contre des structures vues comme des obstacles – passifs ou actifs – aux nécessaires transformations. La reprise de pouvoir contre l’inertie imposée.

Si elles croient avoir un rôle politique et social positif dans le siècle en cours, l’enjeu est donc vital pour ces organisations. Alors qu’elles doivent se réformer urgemment, de plus en plus de personnes à même de le réaliser préfèrent faire sécession.

Le défi est clair. Comment recréer du choisi là où de plus en plus de personnes ne voient que du subi ? Comment développer ‘l’agentivité’ des individus au sein du système, afin de pouvoir éviter leur sécession certes, mais surtout pour réussir les nécessaires transformations en cours ?

[Addenda - En psychologie, l’agentivité est la perception de soi comme acteur du monde qui fait arriver des choses, et pas seulement comme quelqu’un à qui il arrive des choses. Elle peut être consciente ou non, et intentionnelle ou non.

Selon Wikipédia : « En sciences sociales et en philosophie, l’agentivité, adaptation de l’anglais « agency », terme utilisé notamment au Canada, est la faculté d’action d’un être, sa capacité à agir sur le monde, les choses, les êtres, à les transformer ou les influencer.

Terminologie - Cette section a besoin d’être recyclée (décembre 2018).
Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. Améliorez-la ou discutez des points à améliorer.

Comme l’explique la sociologue Monique Haicault, traduire le concept d’agency en français « n’est pas simple » : il s’agit encore actuellement d’un « univers sémantique en construction »1.

L’anglicisme agency est fréquent dans les études de genre françaises, mais il existe également certaines formulations proposées par les traducteurs de Judith Butler (« capacité d’agir »2, « puissance d’agir »3) et un néologisme, agentivité, qui est adopté par plusieurs chercheurs4 notamment au Canada5.

Le terme agentivité a aussi été repris en France dans le cadre de recherches qui associent des anthropologues, des sociologues et des linguistes6. Dominique Malatesta, Dominique Golay et Christophe Jaccoud utilisent par exemple le concept d’agentivité pour analyser la participation de filles de milieux populaires à des clubs de football et de twirling bâton7 ; Mériam Cheikh l’utilise dans son étude sur la prostitution au Maroc8.

En sciences de l’éducation9, il est établi que l’analyse du travail, telle que la comprend la didactique professionnelle, est un facteur de construction de l’auto-efficacité et de l’agentivité.

Disciplines utilisant le concept

Sociologie

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/87/Fairytale_warning.png/17px-Fairytale_warning.png{{Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? - En sociologie, l’agentivité est la capacité d’agir, par opposition à ce qu’impose la structure. Un numéro de la revue universitaire Rives méditerranéennes de 2012 a été consacré à étudier ses usages en études de genre10.

Histoire - La notion d’agentivité est reprise en Histoire pour mettre en avant le rôle des acteurs jusque-là considérés comme périphériques [Quoi ?] , dans les conflits par exemple11.

Philosophie morale - Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2018). L’agentivité précède toute considération morale, c’est un point trivial : si un être est incapable d’action, aucune question morale ne s’applique à lui. Néanmoins, on peut avoir la capacité d’agir sans posséder de sens moral, sans faculté d’évaluer ou décider ce qui est bon ou mieux. En conséquence, en philosophie morale, l’agentivité est un concept distinct, une sorte de prérequis à toute considération éthique.

Psychologie - En psychologie, l’agentivité est la perception de soi comme acteur du monde qui fait arriver des choses, et pas seulement comme quelqu’un à qui il arrive des choses12. Elle peut être consciente ou non, et intentionnelle ou non. Un agent possède généralement, mais pas toujours, une sorte de perception directe de son activité ; certains sont également conscients des buts de leur activité.

Selon Albert Bandura13, « l’auto-efficacité14 est la variable clé de l’agentivité. » Par ailleurs, dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient15, l’auto-efficacité favorise l’autorégulation de la santé-dans-la-maladie16.

Références et notes

 Monique Haicault, « Autour d’agency. Un nouveau paradigme pour les recherches de Genre », Rives méditerranéennes, no 41,‎ 29 février 2012, p. 11–24 (ISSN 2103-4001, DOI 10.4000/rives.4105, lire en ligne [archive], consulté le 13 mai 2022).

  Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, préface d’Eric Fassin, traduction de Cynthia Kraus, La Découverte, Paris, 2005 (ISBN 978-2-7071-5018-9).

  Le Pouvoir des mots. Politique du performatif, préface de Charlotte Nordmann et de Jérôme Vidal, traduction de Charlotte Nordmann avec la collaboration de Jérôme Vidal, Éditions Amsterdam, Paris, 2004.

  Défaire le genre, traduction de Maxime Cervulle, Éditions Amsterdam, Paris, 2006.

  « Agentivité : capacité d’intervention sur les autres et d’agir dans le monde […] L’agentivité est directement liée à la notion de gestion de soi qui comporte un ensemble varié de techniques par lesquelles l’individu exerce cette influence sur le cours de sa vie. Les croyances relatives à son efficacité personnelle constituent le facteur essentiel de l’agentivité humaine. »
« Agentivité de l’enseignant -teacher agency » [archive] sur termiumplus.gc.ca.

  Aurore Monod Becquelin et Valentina Vapnarsky, L’Agentivité. Ethnologie et linguistique à la poursuite du sens, Paris, Ateliers d’Anthropologie, 2010 (lire en ligne [archive]).

  Malatesta, D., Golay, D, & Jaccoud, C., Circulation des savoirs, construction d’appartenances et affirmation de soi. Les filles dans les clubs de football et de twirling bâton : entre logique sportive et logique sociale. In P. Marcotte & O. Thevenin (Dir.), Sociabilité et transmissions dans les expériences de loisir, Paris, L’Harmattan, 2014, 111-125 p..

  Fatiha Kaouès, « Review of Transgresser au Maghreb. La normalité et ses dépassements », Archives de sciences sociales des religions, vol. 64, no 188,‎ 2019, p. 297–299 (ISSN 0335-5985, lire en ligne [archive], consulté le 4 juillet 2022).

  Marc Nagels, « Analyse de l’activité et développement de l’auto-efficacité. Contribution à une théorie agentique de la formation des compétences critiques des cadres et dirigeants de la santé publique » [archive]. Éducation. Université de Nanterre - Paris X, 2008.

  « Agency : un concept opératoire dans les études de genre ? », Rives méditerranéennes, no 41,‎ 29 février 2012 (ISSN 2103-4001 et 2119-4696, DOI 10.4000/rives.4084, lire en ligne [archive], consulté le 13 mai 2022).

  « N° 8157 - Janvier 2024 [archive] », sur Documentation Photographique (consulté le 21 février 2024)

  « BLOG - Voici pourquoi l’abus de télé rend les enfants malades », Le Huffington Post,‎ 20 mai 2017 (lire en ligne [archive], consulté le 18 octobre 2017).

  Albert Bandura, Auto-efficacité : le sentiment d’efficacité personnelle, De Boeck, 2007 (ISBN 9782804155049, OCLC 300385193, lire en ligne [archive]).

  Philippe Carré, « Bandura : une psychologie pour le XXIe siècle ?, Abstract », Savoirs, vol. Hors série, no 5,‎ 0000-00-00, p. 9–50 (ISSN 1763-4229, lire en ligne [archive], consulté le 12 novembre 2017).

  Nathalie Alglave. « L’influence des stratégies hétérorégulatives des infirmières sur l’auto-efficacité des adultes atteints de maladie chronique à autoréguler leur santé-dans-la-maladie : Expérimentation d’une méthode intégrative des savoirs expérientiels des personnes atteintes de maladie chronique et des savoirs professionnels des soignants » [archive]. Education. Université de Sherbrooke, 2017.

 Ellefsen, E. (2010). « L’expérience de sclérodermie systémique et de santé-dans-la-maladie pour des adultes  : une étude phénoménologique existentielle herméneutique » [archive] (Ph. D. en sciences infirmières). Montréal.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agentivit%C3%A9 ]

Suite de l’article Des ‘orgas’ qui bifurquent

Redonner du pouvoir aux individus, préalable aux changements systémiques

Redisons-le clairement. Le problème n’est pas que des citoyens – fussent-ils jeunes diplômés – veuillent passer à l’action. Le problème est que les organisations n’arrivent pas à leur proposer un dispositif pour s’exprimer, un espace pour agir, un levier pour avoir de l’impact.

Cela demande aux organisations de construire dès aujourd’hui les conditions de leur propre bifurcation. Il y a là un autre sens possible à la bifurcation : bifurquer en rouvrant les possibles de systèmes jusque lors fermés. C’est d’ailleurs la signification que donne Bernard Stiegler : la capacité à générer de l’imprévu dans un système standardisé, où tout est calculé pour que rien ne varie. En autorisant les individus à agir, et en rendant les organisations plus accueillantes et capables d’accompagner ce type d’actions.

Alors on fait quoi ?

Que peut faire le communicant ? Il est à la fois central et impuissant à lui seul. Impuissant bien sûr s’il n’y a pas de réelle volonté, de la part de l’organisation, de changer. Il ne pourra que produire quelques belles vidéos de plus auxquelles personne ne croit plus. Mais s’il se fait le bras armé d’un processus sincère, alors son rôle est central. Pour réussir à convaincre les personnes qui veulent vraiment d’un changement de rejoindre – ou de rester – dans les organisations qui en ont elles aussi tant besoin.

1. On construit un autre imaginaire de la bifurcation

Ce défi ne peut pas être relevé sans un travail sur le narratif, sur les imaginaires de ces organisations. Le processus est enclenché depuis plusieurs années. Les réflexions sur la raison d’être des entreprises, qui connecte la stratégie et l’impact, mais aussi la stratégie et sa narration, sont des premiers pas. Néanmoins, c’est loin de suffire. En effet, le narratif qui est largement partagé par les organisations à leurs publics, tourne dans les faits souvent au désavantage de celles-ci.

Montrer les évolutions possibles, s’engager à des futurs meilleurs – la neutralité carbone en 2050 – n’a pour conséquence que d’augmenter la dissonance cognitive en montrant un futur qui ne peut pas advenir dans les conditions actuelles. Et cela conduit à nourrir le découragement ou l’envie de rébellion. Dit autrement, l’utopie ou la dystopie mettent en garde sur le présent, mais est-ce qu’elles aident vraiment à le réformer ?

Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner complétement de tels récits. Cela signifie plutôt qu’il faut en développer d’autres. Un récit sur soi-même, au présent, sur la capacité des organisations à fonctionner autrement. Sur les opportunités et les faiblesses, sur les défis.

Le changement ne doit plus ainsi venir seulement, dans les mots comme dans le fonctionnement, du futur, de la jeunesse, de la relève. Cela ne profite qu’aux tenants du statu quo, et piège tous les autres : les jeunes, idéalisés mais relégués dans un rôle de conscrits pas encore appelés au combat et donc pas encore légitimes ; les vieux, bloqués dans le rôle injuste du boomer réac’ hostile au changement ; et les organisations, figées dans une demande de réforme impossible et toujours ajournée.

2. On fait s’engager les décisionnaires

La conséquence est claire : pour amener les plus jeunes – et tous les autres volontaires – à s’engager pour faire bifurquer les organisations, il faut que celles-ci et les décisionnaires en leur sein, aient déjà engagé un tel mouvement.

Comme élément de preuve et de confiance, pour convaincre de la sincérité de la démarche, mais aussi comme travail préalable, de design d’expérience et de relation, qui permette aux publics de réellement se saisir de la mission qu’on leur confie. Il s’agit d’un mouvement complexe mais crucial, qui part d’eux pour donner à d’autres de l’agentivité, de la puissance d’agir.

3. On change les méthodes de communication

Plus que jamais de nos jours, dans un contexte de défiance et d’injonction au changement, le but d’une organisation doit être l’alignement entre ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. Si donc elle veut montrer que ses engagements sont sincères, sa communication sur le changement doit aussi changer de manière de faire. Prouver en acte son changement.

Tout d’abord, viser la responsabilité dans la production de ses contenus et supports : ‘écodesign’, accessibilité, utilité. Mais il ne s’agit que d’un préalable, nécessaire mais non suffisant.

Le vrai défi est de passer d’une communication qui impose un discours, à une communication qui propose un échange. Qui prend l’initiative d’impulser un message, dans l’objectif d’engager un vrai dialogue, donner une place, autoriser et déléguer en retour de l’initiative à ses parties prenantes, qui ainsi pourront vraiment prendre part au fonctionnement de l’organisation. Une communication qui ose moins parler seule et plus chercher avec ses publics.

Communiquer, c’est cela : raconter des représentations partagées, bâtir les conditions d’un échange, designer des pratiques nouvelles. C’est créer, en somme, du commun. Toutes sortes de choses à même de développer cette puissance d’action dont on a tant besoin.

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