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"L’économie du Moyen-Orient très différenciée : énormes écarts entre pays, effondrement au Liban, pauvreté extrême en Syrie, Palestine dévastée mais interdépendante avec Israël, et un « appel à chasser Netanyahou »…" par Jacques Hallard

jeudi 30 mai 2024, par Hallard Jacques


ISIAS Economie Proche-Orient Israël Palestine

L’économie du Moyen-Orient très différenciée : énormes écarts entre pays, effondrement au Liban, pauvreté extrême en Syrie, Palestine dévastée mais interdépendante avec Israël, et un « appel à chasser Netanyahou »…

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 28/05/2024

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Tout d’abord se mettre dans le bain à partir de ces initiatives de chercheurs et d’universitaires francophones

De Belgique - In Israël – Palestine : comment faire la paix ? – Extrait - Le conflit au Proche-Orient est l’un des sujets politiques les plus sensibles, clivants et complexes. Les attaques commises par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 sont d’une cruauté inouïe et constituent une escalade sans précédent. Israël a le droit d’assurer sa défense et la protection de sa population. Le combat contre le terrorisme doit tous nous unir, dans le respect du droit international. Aujourd’hui, la libération des otages israéliens et la protection des civils palestiniens et israéliens doivent être nos priorités. Rappelons également que la Belgique a toujours prôné la solution à deux États comme étant la seule solution permettant d’apporter une réponse de long terme à ce conflit historique. Comment décoder l’actualité au Proche-Orient, quel avenir pour la démocratie dans la région, comment éviter l’importation du conflit dans notre pays ? - Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre lors de ce débat le 8 décembre à Charleroi, en présence de Louis Michel, ancien ministre des Affaires Etrangères et commissaire européen, qui enrichira le débat de son expérience en matière de relations internationales. – Source : https://www.mr.be/agenda/israel-palestine-comment-faire-la-paix/

Rappel - Initiatives récentes en France - ’Israël-Palestine : penser le conflit d’hier à aujourd’hui’ - Un cycle de débats organisé par l’EHESS - Israël-Palestine : actualités et initiatives

https://www.ehess.fr/sites/default/files/styles/taille_image_contenu__870/public/actualite/image_d_accroche/conf_ip_rs_848x430_0.jpg?itok=g0gLpDse

En février 2024, l’EHESS propose un cycle de débats, ouverts aux publics, intitulé « Israël-Palestine : penser le conflit d’hier à aujourd’hui », avec des chercheuses et chercheurs en sciences sociales de l’EHESS et d’autres institutions. Pour répondre à la demande d’information et de débat public au sein de l’EHESS, dans le monde académique et plus généralement dans la société, l’EHESS propose à travers ce cycle de débats un espace d’analyse et de réflexion offrant des perspectives de sciences sociales sur le passé et le présent d’Israël et de la Palestine. Les intervenantes et intervenants invités, chercheuses et chercheurs en sciences sociales de l’EHESS et d’autres institutions partenaires, apporteront des éclairages sur les racines historiques du conflit, ainsi que sur les sociétés israélienne et palestinienne depuis les Accords d’Oslo de 1993 et s’efforceront de comprendre les réactions que le conflit actuel suscite au Moyen-Orient, en Europe et aux États-Unis. Ce cycle sera introduit par une première table-ronde portant sur les dénominations émanant des mondes de l’enseignement, de la recherche et du journalisme pour définir le conflit. Soucieuse de faire vivre la démocratie universitaire, l’EHESS souhaite ainsi porter, dans la cité, un éclairage à l’aune des méthodes de sciences sociales. Elle souligne la nécessité de résister aux tensions actuelles, de mobiliser un savoir à la fois érudit et critique et de reconnaître la légitimité des deux entités, israélienne et palestinienne, pour penser l’avenir. Elle espère que ces conditions, à la fois scientifiques et humanistes, permettront un débat serein, loin des polémiques actuelles….

Ecouter les diverses contributions enregistrées à partir de ce site : https://www.ehess.fr/fr/communiqu%C3%A9/isra%C3%ABl-palestine-penser-conflit-dhier-aujourdhui-cycle-d%C3%A9bats-organis%C3%A9-par-lehess

Note : EHESS = École des hautes études en sciences sociales - Haut du formulaire

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Etablissement d’enseignement supérieur à Paris - Emplacement : Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France - Adresse : 54 Bd Raspail, 75006 Paris - Création : 3 novembre 1947 - Président : Christophe Prochasson - Filiales : Paris School of Economics, PLUS - Fondateur : Lucien Febvre - Téléphone : 01 49 54 25 25 - Budget : 60 millions d’euros - Chercheurs : 500 - Étudiants : 3 000….

Conflit israélo-palestinien : la paix rapporterait des milliards de dollars aux deux parties - Arezki Amarouche - 08 Juin 2015, 17:21 – Document ‘latribune.fr’

Si la paix s’installait au Proche-Orient, les Israéliens pourraient gagner 120 milliards de dollars en une décennie, et le revenu moyen par habitant des Palestiniens pourrait augmenter de 36%, selon une étude de Rand Corporation. Grâce à un ’calculateur du coût du conflit’, les chercheurs ont retenu qu’une solution à deux Etats ’produirait de loin les meilleurs résultats économiques (et humains) pour les deux parties’.

Le 22 mai 2015, un rapport de la Banque mondiale estimait le taux de chômage à 43% dans la Bande de Gaza !

Les belligérants du conflit Israélo-Palestinien [certains parlent d’Israël-Hamas] auraient tout à gagner à faire la paix. Alors que les deux parties feraient face à des pertes économiques de taille en cas de de retour à la violence, le cessez-le-feu, lui, pourrait leur générer des milliards de dollars, selon une étude publiée lundi.

250 milliards de dollars d’opportunités économiques

Pendant deux ans, la Rand Corporation, organisme américain de recherche à but non lucratif, a interrogé quelque 200 fonctionnaires de la région sur les coûts du conflit israélo-palestinien. La principale conclusion de leurs recherches est que, suite à un accord de paix durable, les Israéliens gagneraient 120 milliards de dollars au cours d’une décennie, et les Palestiniens 50 milliards, affichant une hausse de 36% du revenu moyen par habitant.

En revanche, si les affrontements reprenaient, Israël perdrait énormément d’opportunités économiques, à hauteur de 250 milliards de dollars environ, et la Palestine verrait son PIB par habitant baisser de 46 %, affirme l’étude.

’Nous espérons que notre analyse et nos outils peuvent aider les Israéliens, les Palestiniens et la communauté internationale à comprendre plus clairement comment les tendances actuelles évoluent, et à reconnaître les coûts et les avantages des solutions alternatives à l’actuel cycle destructeur d’action, de réaction et d’inaction’, a déclaré Anthony Ross, co-leader de l’étude et directeur de l’Initiative israélo-palestinienne de RAND.

Cinq scénarios et une solution - Les chercheurs ont mis au point un ’calculateur de coût du conflit’ prenant en compte le budget de la défense d’Israël, ses relations commerciales et ce que coûterait le déménagement des colons de Cisjordanie par exemple. Pour les Palestiniens, qui voudraient que la Cisjordanie et la Bande de Gaza fassent parties de leur futur Etat, le calculateur inclut la destruction potentielle de leur propriété, la liberté de se déplacer et la réglementation bancaire. L’étude a examiné cinq scénarios différents : un accord de paix avec deux Etats, un retrait unilatéral coordonné, un retrait unilatéral non-coordonné, la résistance non-violente, et un soulèvement violent.

’Une solution à deux Etats produirait de loin les meilleurs résultats économiques pour les Israéliens et les Palestiniens.

En une décennie, l’Israélien moyen verrait son revenu augmenter d’environ 2.200 dollars, comparé à un gain de 1.000 dollars pour les Palestiniens, par rapport à notre projection pour les tendances actuelles. Mais cela ne fonctionne qu’à 5% pour chaque Israélien contre 36 % pour chaque Palestinien, ce qui signifie que les Israéliens ont beaucoup moins d’avantages que les Palestiniens à rechercher la paix ’, a déclaré Charles Ries, co-chef de l’étude.

استخدم الآلة الحاسبة - השתמש /י במחשבון – Utilisation d’une méthode de calcul avec simulations - Les équipes de Rand Corporation sont actuellement dans la région [du Proche-Orient] afin de présenter leurs conclusions aux responsables israéliens et palestiniens. L’étude a quant à elle été financée par un donateur indépendant, qui désirait « donner des outils aux dirigeants pour qu’ils prennent de bonnes décisions ». Les responsables israéliens ont refusé de commenter, tandis que les responsables palestiniens ne pouvaient pas être joints pour un commentaire.

Note - La RAND Corporation, fondée en 1948 par la ‘Douglas Aircraft Company’ pour conseiller l’armée américaine, est une société de conseil et de recherche américaine qui se donne pour objectif d’améliorer la politique et le processus décisionnel par la recherche appliquée et l’analyse stratégique… - Source Wikipédia

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Source : https://www.latribune.fr/economie/international/conflit-israelo-palestinien-la-paix-rapporterait-des-milliards-de-dollars-aux-deux-parties-482290.html

La Tribune est un journal économique et financier français créé en janvier 1985 par Bruno Bertez. Il est le principal concurrent du quotidien Les Échos jusqu’à l’abandon de son édition imprimée quotidienne, en janvier 2012, remplacée depuis par une édition hebdomadaire… - C’est une filiale du groupe Hima, possédée à 100 % par Rodolphe Saadé depuis le 27 juillet 2023 à travers la société Whynot Media1 … « CMA CGM finalise l’acquisition de La Tribune [archive] », La Tribune, 27 juillet 2023 (ISSN 1760-4869, consulté le 8 août 2023)… ,- Source

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Introduction

Après l’entrée en matière du Préambule ci-dessus, ce dossier aborde dans un premier temps des aspects économiques sur des pays du Proche- et Moyen-Orient…

Pour mémoire - Non seulement les termes Proche-Orient et Moyen-Orient ne sont pas synonymes, mais le Proche-Orient peut correspondre à deux représentations géopolitiques différentes. En fait, la distinction entre Proche-Orient et Moyen-Orient apparaît davantage aujourd’hui comme une notion européenne, notamment française, alors que l’anglo-américain incorpore les deux notions. Bref, le Proche-Orient n’existe plus en anglais, grâce aux Américains. Pour simplifier, on peut affirmer qu’on parle français quand on distingue les deux termes ; on parle anglais quand on supprime le Proche-Orient au profit du Moyen-Orient. En fait, c’est plus complexe, car il faut tenir compte des autres langues qui ont parfois leur propre répartition.

https://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/images/Proche-moyen-mapS.png

Source

Les autres articles choisis pour ce dossier donnent un panorama actualisé de la situation dans ces pays en conservant l’approche économique et sociale, mais également en citant quelques analyses des positions politiques et de la justice internationale

Ce dossier se termine par une note du ministre français de l’Economie Bruno Le Maire qui craint – à propos des tensions politiques et géostratégiques entre l’Iran et Israël - « un impact économique lourd » en cas d’escalade au Proche-Orient…

Suggestion pour approfondir > Trois questions pour comprendre le conflit entre Israël et l’Iran - Lire en version brève -Mathias Marchal (Consulter le profil) Mathias Marchal - Publié le 14 avril à 16 h 28 UTC + 2 Mises à jour le 14 avril à 16 h 35 UTC+2 -Écouter l’article | 6 minutes - Fonctionnalité à l’essai. La synthèse vocale, basée sur l’intelligence artificielle, permet de générer un texte parlé à partir d’un texte écrit. Nouveau ! La synthèse vocale, basée sur l’intelligence artificielle, permet de générer un texte parlé à partir d’un texte écrit - Avec les quelque 300 drones et missiles lancés contre Israël, c’est la première fois que l’Iran attaque l’État hébreu sur son territoire. Avec ces frappes, la République islamique souhaitait venger le bombardement de son ambassade à Damas, en Syrie, le 1er avril dernier, un acte attribué à Israël. Voici trois questions pour comprendre les relations entre ces deux anciens alliés, devenus depuis des ennemis jurés… - Lire sur ce site : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2064816/trois-questions-comprendre-conflit-israel-iran

A été ajouté in fine à propos de la guerre actuelle à Gaza, un article sur « la position de la France sur les mandats d’arrêts de la Cour pénale internationale (CPI) publié le 22 mai 2024, selon la rédaction de ‘Vie Publique’ dans sa Lettre n°620 du 28 mai 2024…

Note – « La guerre Israël-Hamas de 2023-2024, aussi appelée guerre Israël-Gaza de 2023-2024, est un conflit opposant Israël principalement au Hamas, organisation politico-militaire palestinienne, et aussi à d’autres groupes armés palestiniens… » - Google

Les documents sélectionnés pour constituer ce dossier – réalisé dans but didactique – sont mentionnés dans le sommaire ci-après#ZUSAMMENFASSUNG

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Sommaire

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  • Économie du Moyen-Orient - L’économie du Moyen-Orient est aussi diversifiée que le sont les pays qui le composent – Article Wikipédia
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Image illustrative de l’article Économie du Moyen-Orient

Carte du Moyen-Orient

Monnaies Livre turque, rial saoudien, livre égyptienne, rial iranien, dirham des Émirats arabes unis, dinar bahreïni, dinar irakien, shekel, dinar jordanien, dinar koweïtien, livre libanaise, rial omanais, rial qatari, livre syrienne, rial yéménite
Année fiscale calendaire, lunaire, perse
Organisations internationales Conseil de coopération du Golfe, Ligue arabe, OMC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 4 323 milliards $ (2012)
Produit intérieur brut en PPA 4 436 milliards $ (2012)
Croissance du PIB 4.9%
PIB par habitant en PPA 7108$
PIB par secteur agriculture : 8,5 %

industrie : 28,6 %

services : 62,9 %

Population active par secteur agriculture : 29,5 %

industrie : 24,7 %

services : 45,8 %

(2005)

L’économie du Moyen-Orient est aussi diversifiée que le sont les pays qui le composent. Si la production et l’exportation d’hydrocarbures et de matières premières constitue toujours largement la première source de richesse du Moyen-Orient et notamment pour les pays de la péninsule Arabique, l’Irak et le Koweït, d’autres pays tels Israël, le Liban, la Jordanie, la Turquie ou Chypre ou certains émirats ont tourné leur économie vers d’autres activités telles que le tourisme, le commerce, l’agriculture ou les hautes technologies. D’autre part, phénomène plus récent, les pétrodollars sont réinvestis via des fonds privés et publics arabes dans la finance et l’économie internationaleNote 1.

En 2012, le PIB à parité de pouvoir d’achat de la région est de 4 436 milliards $, soit plus de 5 % du PIB mondial. S’agissant du PIB par habitant, les pays accusent des écarts très importants, allant de plus de 80 000 $ par an et par habitant au Qatar (soit un niveau proche du Luxembourg) à 2 500 $ pour le Yémen (soit un niveau proche de la Moldavie)1.

Les pays producteurs d’hydrocarbures

Articles détaillés : Régions pétrolifères au Moyen-Orient et OPAEP.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/57/Petroleum_regions_-_Middle_East_map-fr.svg/330px-Petroleum_regions_-_Middle_East_map-fr.svg.png

Carte des régions pétrolifères au Moyen-Orient.

Pour la majorité des pays de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, le pétrole, et plus largement les hydrocarbures, génèrent à la fois de la richesse, du travail, des investissements de l’étranger, une force géopolitique et un gage de puissance sur la scène internationale. À titre d’exemple, 45 % des recettes publiques de l’Arabie saoudite, 55 % de son PIB et 90 % de ses exportations sont directement ou indirectement liés à l’exploitation de ses gisements pétroliers2.

Ces dernières années, la plupart des pays de la région ont entrepris des efforts pour diversifier leur économie3, Abu Dhabi Investment Authority est aujourd’hui le plus gros fonds souverain mondial, gère 875 milliards de dollars et est chargé d’investir les revenus pétroliers de l’émirat d’Abu Dhabi à travers le monde pour les faire fructifier. D’autre part, certains émirats et monarchies de la région ont choisi de se tourner vers l’après pétrole, utilisant leur manne financière pour mener leurs pays au niveau des pays développés, voire les dépasserNote 2,4 en misant sur des villes écologiques (Masdar) ou sur des villes nouvelles (Ville économique du roi Abdallah). D’autres pays arabes ont également choisi de réinvestir leurs revenus pétroliers directement sur leur propre territoire, ainsi des projets architecturaux, parfois gigantesques, tels que les « Palm Islands », le Burj Khalifa ou la Dubaï Marina à Dubaï. Ces investissements nationaux et internationaux visent à développer des activités non dépendantes du pétrole et à préparer les pays du golfe à l’après pétrole5.

En janvier 2009, Oil and Gas Journal estimait que les pays du MENA (dont 8 des 12 pays font également partie de l’OPEP6) détenait 60 % des réserves mondiales de pétrole (810,98 milliards de barils) et 45 % des réserves mondiales de gaz naturel (2 868,886 milliers de Gm3)7.

Les autres pays

La Turquie, l’Égypte, Israël et Chypre bénéficient de facteurs favorables au développement du tourisme en provenance d’Europe et d’Amérique du Nord, les sites touristiques, culturels et historiques, l’héliotropisme et les investissements réalisés pour développer les activités touristiques ont permis de rendre cette région parmi les plus attractives de la planète8.

L’agriculture occupe toujours une place prépondérante dans l’emploi de la population active de certains pays moyen-orientaux ; le croissant fertile (Irak, Syrie, Liban et Turquie), le Nil en Égypte, ou encore le développement des kibboutzim et moshavim en Israël ont permis d’assurer la sécurité alimentaire nécessaire au développement économique des pays méditerranéens avant de développer les activités de servicesNote 3.

Les activités commerciales et financières ont également pris un essor important, grâce aux voies de navigation aisément contrôlables (mer de Marmara en Turquie et canal de SuezNote 4 en Égypte) et à l’importance des activités d’import-export de marchandises, notamment de matières premières, de pièces détachées et de produits manufacturés, en provenance d’Asie de l’Est, d’Asie du Sud-Est, d’Inde et du Moyen-Orient et à destination de l’Union européenne et de l’Amérique du Nord9.

Du secteur public au secteur privé

La redistribution des revenus pétroliers vers les populations employées par l’État s’est opérée jusqu’à la fin des années 1990, date à laquelle le contre-choc pétrolier est devenu très important. Avec la baisse des rentes des hydrocarbures, le budget de certains États s’est restreint et donc par voie de fait, le nombre d’emplois publics. La nécessité de développer le secteur privé est alors apparue, notamment pour les pays de la péninsule Arabique ; la construction et les investissements sur les marchés étrangers via les fonds souverains se sont fortement développés. La conséquence de l’urbanisation très rapide a été de conduire à l’explosion d’une bulle immobilière en 2003 et 200410,Note 5

Intégration régionale

Certains pays de la péninsule Arabique, sous l’impulsion de l’Arabie saoudite ont décidé de se réunir pour former le conseil de coopération du Golfe, cette structure à but politico-économique a déjà permis de mettre en place un marché commun et de développer des partenariats entre pays riverains, en matières d’échanges économiques, énergétiques, militaires ou de transport11.

La Turquie, la Syrie, la Jordanie et le Liban ont décidé de former un marché de libre circulation des biens et des personnes nommé Samgen12. Ces pays respectifs n’appliquent pas de restrictions pour la circulation de biens et de personnes. Cette coopération devrait englober d’autre pays de la région comme l’Irak, le conseil de coopération du Golfe et l’Iran dans un futur proche13.

Ouverture internationale

Certains de ces pays prennent part aux organisations économiques, commerciales et financières internationales :

Conseil de coopération du Golfe

Drapeau de l’Arabie saouditeArabie saoudite,

Drapeau de BahreïnBahreïn,

Drapeau des Émirats arabes unisÉmirats arabes unis,

Drapeau du KoweïtKoweït,

Drapeau d’OmanOman et

Drapeau du QatarQatar

Ligue arabe

Arabie saoudite,

Drapeau de BahreïnBahreïn,

Drapeau de l’ÉgypteÉgypte,

Drapeau des Émirats arabes unisÉmirats arabes unis,

Drapeau de l’IrakIrak,

Drapeau de la JordanieJordanie,

Drapeau du KoweïtKoweït,

Drapeau du LibanLiban,

Drapeau d’OmanOman,

Drapeau de la PalestinePalestine,

Drapeau du QatarQatar,

Drapeau de la SyrieSyrie (suspendue en 2011) et

Drapeau du YémenYémen

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/82/2012_Beirut_6983835112.jpg/193px-2012_Beirut_6983835112.jpg

Centre Ville de Beyrouth, Liban, est un centre financier, un port de commerce et un centre culturel d’une importance majeure à l’est de la Mediterranee et au Proche-Orient.

OMC

Drapeau de l’Arabie saouditeArabie saoudite,

Drapeau de BahreïnBahreïn,

Drapeau de ChypreChypre,

Drapeau de l’ÉgypteÉgypte,

Drapeau des Émirats arabes unisÉmirats arabes unis,

Drapeau d’IsraëlIsraël,

Drapeau de la JordanieJordanie,

Drapeau du KoweïtKoweït,

Drapeau d’OmanOman,

Drapeau du QatarQatar et

Drapeau de la TurquieTurquie (

Drapeau de l’Irak Irak,

Drapeau de l’IranIran,

Drapeau du LibanLiban,

Drapeau de la SyrieSyrie et

Drapeau du YémenYémen observateurs)

G20

Drapeau de l’Arabie saouditeArabie saoudite et

Drapeau de la TurquieTurquie

OCDE

Drapeau d’IsraëlIsraël et

Drapeau de la TurquieTurquie

ECO

Drapeau de l’IranIran et

Drapeau de la TurquieTurquie

OCEMN

Drapeau de la TurquieTurquie (

Drapeau de l’Égypte Égypte et

Drapeau d’IsraëlIsraël observateurs)

  • Agglomérations au Moyen-Orient

    Panorama urbain d’Abou Dabi

Panorama urbain d’Abou Dabi

La Sheikh Zayed Road à Dubaï

La Sheikh Zayed Road à Dubaï

L’île de Gezira au Caire

L’île de Gezira au Caire

Hôtel touristique au bord de la mer Morte

Hôtel touristique au bord de la mer Morte

Quartier des affaires de Levent à Istanbul.

Quartier des affaires de Levent à Istanbul.

Centre financier du roi Abdallah

Centre financier du roi Abdallah

Statistiques

Pays Superficie

(km2)

Population

(hbts.)

Densité

(hbts./km2)

PIB

(Mio. $) (2012)Sources :

PIB par habitant

($) (2013)

Devise Capitale politique Régime politique Langue officielle

Drapeau de l’Arabie saouditeArabie saoudite

1 960 582 27 136 977 12 685 758 31300 Rial saoudien Riyad Monarchie absolue arabe

Drapeau de BahreïnBahreïn

665 1 234 571 1 646 32 308 29800 Dinar bahreïni Manama Monarchie constitutionnelle arabe

Drapeau de ChypreChypre

9 250 1 102 677 90 25 542 25248 Euro Nicosie Régime présidentiel Chypriote, grec, turc

Drapeau de l’ÉgypteÉgypte

1 001 449 81 015 887 76 543 561 3314 Livre égyptienne Le Caire Régime semi-présidentiel arabe

Drapeau des Émirats arabes unisÉmirats arabes unis

82 880 8 264 070 99 208 811 29900 Dirham des Émirats arabes unis Abou Dabi État fédéral Monarchie constitutionnelle arabe

Drapeau de l’IrakIrak

437 072 30 399 572 73 140 985 7100 Dinar irakien Bagdad République parlementaire arabe, kurde14

Drapeau de l’IranIran

1 648 195 78 868 711 48 945 535 12800 Rial iranien Téhéran République islamique persan

Drapeau d’IsraëlIsraël

20 770 7 848 800 371 223 448 36200 Shekel JérusalemNote 6 République parlementaire hébreuNote 7

Drapeau de la JordanieJordanie

92 300 6 508 271 69 37 832 6100 Dinar jordanien Amman Monarchie constitutionnelle arabe

Drapeau du KoweïtKoweït

17 820 3 566 437 200 157 051 42100 Dinar koweïtien Koweït Monarchie constitutionnelle arabe

Drapeau du LibanLiban

10 452 4 224 000 404 59 634 15800 Livre libanaise Beyrouth République parlementaire arabe

Drapeau d’OmanOman

212 460 2 773 479 10 83 367 29800 Rial omanais Mascate Monarchie absolue arabe

Drapeau du QatarQatar

11 437 1 853 563 123 150 726 102100 Rial qatari Doha Monarchie constitutionnelle arabe

Drapeau de la SyrieSyrie

185 180 22 717 417 118 113 089 5100 Livre syrienne Damas Régime présidentiel arabe

Drapeau de la TurquieTurquie

779 452 80 020 269 97 981 665 15300 Livre turque Ankara Régime présidentiel turque

Drapeau du YémenYémen

527 970 25 130 000 45 70 298 2500 Rial yéménite Sanaa Régime semi-présidentiel arabe

Notes et références

Notes

 À titre d’exemple, le Qatar Investment Authority, fondé seulement en 2005 détiendrait pour 85 milliards de dollars de participations à l’étranger : voir ce lien [archive].

  Certains émirats, pour arriver au niveau des pays développés, développent des activités commerciales, le tourisme, l’énergie, l’éducation, la médecine et d’autres domaines qui leur seront vitaux pour l’après-pétrole.

  L’autosuffisance alimentaire constituait la base de la politique israélienne de développement dans les années 1950 et 60.

  La 3e source de devises de l’Égypte, avec 3,4 milliards de dollars en 2005, soit une augmentation de 12,6 % par rapport à 2004 ; bond expliqué par le développement du commerce avec l’Inde et la Chine.

  L’explosion de la bulle immobilière à Dubaï a conduit à une baisse des prix de l’immobilier entre 40 et 50 %.

  Voir l’article sur la capitale d’Israël.

 L’arabe possède aussi un statut officiel spécial, en tant que langue secondaire.

Source avec Références : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_Moyen-Orient

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  • Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant - Moyen-Orient (Comparatif 2017)

Pays

Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant (US$)

Année

Arabie saoudite 54,500 2017
Bahreïn 49,000 2017
Oman 46,000 2017
Israël 36,400 2017

16 autres lignes

Source : https://www.google.fr/search?q=proche+orient+PIB+par+habitant&sca_esv=1aea21ce6623e3de&sca_upv=1&sxsrf=ADLYWIIJatrPXcTlRYB7YfYBY8EV_QtGvA%3A1716794446215&source=hp&ei=TTRUZu_DNZWjkdUPu4CJ-AU&iflsig=AL9hbdgAAAAAZlRCXuyzHZ6yr4688fJTkLTnG59H_Eqs&ved=0ahUKEwivnuXYpa2GAxWVUaQEHTtAAl8Q4dUDCBU&uact=5&oq=proche+orient+PIB+par+habitant&gs_lp=Egdnd3Mtd2l6Ih5wcm9jaGUgb3JpZW50IFBJQiBwYXIgaGFiaXRhbnQyBRAhGKABMgUQIRiSAzIFECEYkgMyBRAhGJIDMgUQIRiSAzIFECEYkgNI_GFQqgpY0F5wAXgAkAEAmAFyoAHdFaoBBDI0Lja4AQPIAQD4AQGYAh-gAu8WqAIKwgIHECMYJxjqAsICBxAuGCcY6gLCAgoQIxiABBgnGIoFwgIEECMYJ8ICCxAAGIAEGLEDGIMBwgIIEAAYgAQYsQPCAgsQLhiABBixAxiDAcICERAuGIAEGLEDGNEDGIMBGMcBwgIFEAAYgATCAg4QABiABBixAxiDARiKBcICCBAuGIAEGLEDwgIFEC4YgATCAgYQABgWGB7CAggQABgWGB4YD8ICChAAGBYYChgeGA_CAgcQIRigARgKmAMLkgcEMjIuOaAHw8MB&sclient=gws-wiz

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  • Croissance du PIB par habitant (% annuel) - Middle East & North Africa (MENA)
    Données des comptes nationaux de la Banque mondiale et fichiers de données des comptes nationaux de l’OCDE.

PIB par habitant ($ US constants de 2015)

PIB par habitant (unités de devises locales constantes)

PIB par habitant, ($ PPA internationaux courants)

PIB par habitant ($ US courants)

PIB par habitant (monnaies locales courantes)

PIB par habitant, ($ PPA internationaux constants de 2011)

Inflation, déflateur du PIB (% annuel)

Bénéfices tirés du pétrole (% du PIB)

Sources : https://donnees.banquemondiale.org/indicator/NY.GDP.PCAP.KD.ZG?locations=ZQ

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  • Produit intérieur brut des pays de la région Afrique du Nord et au Moyen-Orient (MENA 2022) - Publié par Statista Research Department, 24 mai 2024
    Cette statistique présente le produit intérieur brut des pays dans la région MENA (Afrique du Nord et au Moyen-Orient) comprenant les pays suivants : Algérie, Bahreïn, Égypte, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Syrie, Tunisie, Émirats arabes unis, Gaza et Yémen. En 2022, le PIB de l’Algérie s’élevait à environ 187,16 milliards de dollars.

Voir le graphique à la source > https://fr.statista.com/statistiques/993123/pib-mena-pays/

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  • Brèves Economiques du Proche-Orient n° 10-2024 - Rédigé par SER de Beyrouth • Publié le 18 mars 2024 – Document ‘tresor.economie.gouv.fr’
    UNE PUBLICATION DU SERVICE ECONOMIQUE REGIONAL DE BEYROUTH En collaboration avec les services économiques de la circonscription (Amman, Bagdad, Jérusalem, Le Caire, Téhéran, Tel Aviv)

Dans les brèves économiques cette semaine

Zoom : Territoires Palestiniens : Situation économique 5 mois après le début du conflit

Egypte : Accord FMI.

Irak : Powerchina se voit confier le projet de désalinisation de Bassora.

Iran : Investissements dans la production gazière

Israel : Augmentation des recettes de l’Etat pour financer la guerre.

Jordanie : S & P maintient la note souveraine de la Jordanie à B+/B avec une perspective stable.

Liban : Remise du plan de reconstruction du port de Beyrouth préparé par la France.

Palestine : Possibles sanctions des Etats-Unis pour lutter contre la colonisation illégale en Cisjordanie.

Syrie : Organisation par l’Iran d’une conférence commerciale sur la reconstruction de la Syrie.

Bonne lecture.

Titre brèves 10-2024

zoom 10-2024

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Alors que les perspectives économiques étaient déjà critiques avant le début du conflit, celui-ci affecte sévèrement plusieurs fondamentaux de l’économie palestinienne. Depuis le 7 octobre 2023, le niveau d’activité économique a connu une baisse de près de 50%, principalement du fait de la réduction des échanges avec Israël et des contraintes en matière de circulation des biens et des personnes, notamment en Cisjordanie. Alors que la croissance était estimée à +3,2% avant le conflit, le PIB post-conflit devrait être marqué par une récession de – 6,4%, selon les dernières estimations de la Banque Mondiale. Malgré le niveau de capital humain élevé de son secteur privé, le marché du travail palestinien n’est pas en mesure d’absorber la croissance de la population active ni les 200 000 travailleurs palestiniens en Israël dont les permis sont désormais suspendus. Le taux de chômage pourrait augmenter de 13% à 30% à court terme en Cisjordanie et de 45% à 85% à Gaza. L’accélération de l’inflation devrait par ailleurs s’accentuer en 2024 : l’indice des prix à la consommation a augmenté de +19% en janvier 2024 par rapport à janvier 2023, selon le Bureau central des statistiques palestiniennes, principalement du fait de la situation à Gaza (augmentation de +72% à Gaza, +5,5% en Cisjordanie et +4,4% à Jérusalem).

La dégradation de la situation socio-économique de la bande de Gaza est particulièrement grave et préoccupante. Gaza est historiquement moins développée que la Cisjordanie et Jérusalem-Est (PIB par habitant de moins de 2000 USD, contre 4000 USD en Cisjordanie) et le conflit provoque une crise d’ampleur supplémentaire. Selon les évaluations de la Banque mondiale, plus de 70% des infrastructures ont été détruites depuis le 7 octobre 2023.

La situation alarmante de l’Autorité palestinienne (AP) fait peser des pressions supplémentaires sur le système économique et financier. L’AP fait en effet face à une triple pression sur ses recettes : i) les retenues croissantes, de la part du gouvernement israélien, sur ses recettes douanières (clearance revenues) ; ii) la diminution des recettes fiscales locales, de plus de 50% du fait de la chute de l’activité économique et enfin, iii) une conditionnalité accrue sur l’aide internationale qui a par ailleurs diminué de près de 80% depuis 2010. Selon la Banque Mondiale, le déficit budgétaire de l’Autorité palestinienne pour l’année 2023 s’élève à 516 M USD (soit 3% du PIB) alors qu’il était de 106 M avant le conflit. Dans ce contexte, l’AP a recours aux banques locales, qui sont de plus en plus exposées au secteur public.

Bien que le secteur bancaire palestinien soit traditionnellement correctement capitalisé, provisionné et supervisé, le conflit induit des risques sur sa soutenabilité globale et sur sa capacité à financer les entreprises dans un contexte de resserrement potentiel du crédit. Captives d’un climat d’incertitude politique et d’exposition accrue au risque, faute de pouvoir accéder au crédit sur le marché international et dans un contexte de tarissement d’entrée de devises, les banques peinent à répondre aux besoins de financements. En Cisjordanie, le principal risque pour les banques provient des prêts des 200 000 Palestiniens qui travaillaient en Israël et dont les permis ont été révoqués (hormis 5000 à 7000 d’entre eux rappelés dans le secteur agricole). Cette perte de salaire est un risque à la fois pour le remboursement de ces prêts et pour la survie financière des foyers.

Service Économique de Jérusalem - Fichier attaché file_download10 - Brèves PO - 07-03-2024 au 14-03-2024.pdfPDF • 2,7 Mo

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Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2024/03/18/breves-economiques-du-proche-orient-n-10-2024

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  • Plus d’un Syrien sur quatre vit dans une « pauvreté extrême » selon la Banque mondiale - Par AFP et Times of Israel Staff 26 mai 2024, 21:05 - Document diffusé par ‘fr.timesofisrael.com’
    L’effondrement économique du Liban, où un habitant sur trois vit dans la pauvreté, le Covid et la guerre en Ukraine ont aussi contribué à détériorer les conditions de vie en Syrie

Des Syriens déplacés transportent des cartons de secours du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies avant la fin de l’acheminement de l’aide, dans le camp d’Atma, à la périphérie d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie aux mains des rebelles, le 6 décembre 2023. (Crédit : Aaaref Watad/AFP)

Des Syriens déplacés transportent des cartons de secours du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies avant la fin de l’acheminement de l’aide, dans le camp d’Atma, à la périphérie d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie aux mains des rebelles, le 6 décembre 2023. (Crédit : Aaaref Watad/AFP)

  • Plus d’un quart des Syriens vivent dans une « pauvreté extrême », a déclaré la Banque mondiale samedi, treize ans après le début d’une guerre civile qui a mis l’économie en lambeaux et plongé des millions de personnes dans la misère.
    Selon deux nouveaux rapports de la Banque mondiale sur la Syrie, « 27 % des Syriens, soit environ 5,7 millions de personnes, vivent dans une pauvreté extrême ».

« Quasiment inexistante avant le conflit » en Syrie, cette forme de pauvreté touchait en 2022 plus d’un Syrien sur quatre, selon la Banque mondiale, qui note que le séisme en 2023 pourrait avoir encore aggravé la situation.

La guerre a causé des dégâts considérables à l’économie, aux infrastructures et à l’industrie du pays, une situation exacerbée par les sanctions occidentales.

Selon la Banque mondiale, « les déficits de financement persistants et l’accès limité à l’aide humanitaire » ont fortement éprouvé les Syriens les plus démunis, déjà confrontés à « une flambée des prix, un accès réduit aux services de base et un chômage en hausse ».

L’ONU avait précédemment indiqué à l’AFP que son plan de réponse humanitaire en Syrie pour 2024 nécessitait plus de 4 milliards de dollars, mais que seulement 6 % de ce montant avaient été financés jusqu’à présent.

La communauté internationale doit se réunir lundi à Bruxelles pour tenter de mobiliser des fonds en faveur de la Syrie lors d’une conférence annuelle de dons.

De nombreux Syriens dépendent de l’argent envoyé par leurs proches à l’étranger.

La Banque mondiale estime ainsi « qu’en 2022, la valeur totale des envois de fonds reçus par les ménages syriens a atteint environ 1,05 milliard de dollars ».

Le PIB de la Syrie, estimé à 6,2 milliards de dollars en 2023, devrait se contracter de 1,5 % en 2024, selon les prévisions de la Banque mondiale.

Dans ce contexte, « l’inflation devrait rester élevée en 2024, sous l’effet de la dépréciation de la monnaie, des pénuries persistantes et des éventuelles nouvelles réductions des subventions » pour les denrées alimentaires et le carburant, selon la même source.

L’effondrement économique du Liban voisin fin 2019, la pandémie de Covid-19 et le conflit en Ukraine ont également contribué à détériorer les conditions de vie des ménages syriens.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression de manifestations en faveur de la démocratie, a fait plus d’un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes et morcelé le pays.

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Source : https://fr.timesofisrael.com/plus-dun-syrien-sur-quatre-vit-dans-une-pauvrete-extreme-banque-mondiale/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=a-la-une-2024-05-26&utm_medium=email

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  • Israël - Ari Emanuel, directeur-général de l’agence Endeavor, appelle à chasser Netanyahu et ses ministres « extrémistes » - Par Times of Israel Staff – 26 mai 2024, à 14:31
    ’Israël a besoin d’un leader sage et juste’, a commenté le directeur-général d’Endeavor lors du gala organisé par le Centre Simon Wiesenthal, réclamant également que les membres du cabinet qui incitent à la violence en Cisjordanie soient évincés -

Le co-directeur-général de William Morris Endeavor Ari Emanuel s’exprime lors du LACMA Art + Film Gala à Los Angeles, en Californie, le 4 novembre 2017. (Crédit : Neilson Barnard/Getty Images North America/Getty Images via AFP)

Le co-directeur-général de William Morris Endeavor Ari Emanuel s’exprime lors du LACMA Art + Film Gala à Los Angeles, en Californie, le 4 novembre 2017. (Crédit : Neilson Barnard/Getty Images North America/Getty Images via AFP)

Ari Emanuel, directeur-général de l’agence Endeavor, a appelé mercredi à l’éviction du Premier ministre Benjamin Netanyahu de son poste – une vive condamnation du Premier ministre de la part de l’un des hommes les plus puissants de l’industrie américaine du divertissement.

S’exprimant lors de la soirée de gala qui était organisée à Los Angeles par le Centre Simon Wiesenthal, Emanuel a indiqué que « Netanyahu ne veut pas une solution pacifique et il devient de plus en plus clair que la mise en place d’une solution politique et le maintien au pouvoir de Netanyahu sont deux perspectives irréconciliables ».

« Les Juifs ne sont pas un peuple égoïste », a-t-il continué. « Nous sommes charitables mais Netanyahu est fondamentalement égoïste. Le prix à payer pour permettre à cet homme d’obtenir ce qu’il veut est devenu beaucoup trop élevé pour un trop grand nombre de personnes. »

« Netanyahu a souillé un héritage qui ne lui appartient pas », a-t-il ajouté, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. « Dans l’intérêt d’Israël, il doit partir, comme doivent le faire aussi les extrémistes qui siègent dans son cabinet et qui incitent à la violence en Cisjordanie, qui tentent de saper la démocratie en Israël ».

« Il n’y a rien de contradictoire à dire qu’Israël mène une lutte juste en tentant d’obtenir la libération des otages et de détruire le Hamas, à dire que nous devons pleurer la mort des civils palestiniens et minimiser le nombre des victimes, à dire que nous devons traduire en justice les partisans du mouvement pro-implantation qui se livrent à des violences à l’encontre des Palestiniens de Cisjordanie », a-t-il continué sous les applaudissements. « Et nous avons le droit d’appeler de nos vœux l’arrivée de nouveaux dirigeants en Israël, qui élimineront le Hamas mais qui trouveront aussi une solution politique pour la région ».

Les critiques d’Emanuel auraient été dénoncées par certaines personnes qui se trouvaient dans la salle – d’autres seraient aussi parties pendant son discours.

« Israël ne sera jamais réellement en sécurité tant que Bibi Netanyahu aura la charge du pays », a-t-il poursuivi, provoquant quelques huées dans le public. « Il revient au peuple israélien de choisir ses nouveaux leaders ; Israël est une démocratie mais en tant que Juifs, nous avons aussi notre part à assumer… Comme l’avait dit Elie Wiesel : ‘Vous devez parfois intervenir’. »

« Aujourd’hui et comme toujours, Israël a besoin d’un leader sage et juste. Le moment est venu de laisser Bibi Netanyahu derrière nous », a-t-il affirmé.

Emanuel, qui est considéré comme l’un des agents artistiques les plus puissants dans le monde, s’est exprimé alors qu’il recevait le prix humanitaire qui est décerné par le Centre.

Né dans une célèbre famille juive, son père, Benjamin, était membre de l’organisation paramilitaire Etzel avant la fondation d’Israël et son frère, Rahm, a été maire de Chicago et chef de cabinet au sein de l’administration de l’ancien président des États-Unis Barack Obama.

La guerre à Gaza avait éclaté après le massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre. Environ 3.000 terroristes avaient franchi la frontière séparant la bande de l’État juif par voie terrestre, aérienne et maritime. Ils avaient tué près de 1.200 personnes, des civils en majorité, et ils avaient enlevé 252 personnes qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza. Les hommes armés s’étaient livrés à des atrocités et ils avaient commis des violences sexuelles à grande échelle.

Le ministère de la Santé qui est placé sous l’autorité du Hamas, à Gaza, a indiqué que plus de 35.000 personnes avaient été tuées – même si seulement 24.000 corps ont été identifiés dans les hôpitaux jusqu’à présent -au sein de l’enclave à l’occasion de la campagne militaire israélienne. Ce bilan humain, qui est invérifiable, comprend les 15.000 terroristes environ qu’Israël affirme avoir abattus dans le cadre de la guerre. L’armée a aussi fait savoir qu’elle avait tué un millier de terroristes sur le sol israélien, le 7 octobre.

Netanyahu a été critiqué pour ses décisions stratégiques avant le 7 octobre, notamment pour sa politique qui avait consisté à permettre à des fonds qataris d’entrer à Gaza – ce qui aurait renforcé le Hamas – mais aussi pour sa conduite pendant la guerre, alors que le Premier ministre n’a toujours pas présenté de plan pour Gaza, au lendemain du conflit, jugé comme acceptable par ses partenaires politiques et par la communauté internationale.

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Source : https://fr.timesofisrael.com/ari-emanuel-appelle-a-chasser-netanyahu-et-ses-ministres-extremistes/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=a-la-une-2024-05-26&utm_medium=email

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  • Rappel – Entretien - Proche-Orient : « La guerre accroît l’incertitude réelle et perçue dans l’économie » (Sébastien Jean, IFRI) - Grégoire Normand- 30 Oct 2023, 12:00 – Document ‘latribune.fr’
    Entretien. Les sanctions contre la Russie, l’Inflation Reduction Act ou les restrictions d’exportations des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine montrent que les contraintes politiques qui pèsent sur les relations économiques internationales sont de plus en plus fortes, estime Sébastien Jean, directeur associé à l’IFRI dans une note co-rédigée avec Thomas Gomart, directeur de l’institut de recherches. Trois semaines après l’attaque du Hamas en Israël, l’économiste considère que le conflit au Proche-Orient alimente la militarisation des affaires internationales.

Sébastien Jean est professeur au Conservatoire national des arts et métiers
(CNAM), titulaire de la chaire Jean-Baptiste Say d’économie industrielle.

Sébastien Jean est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire Jean-Baptiste Say d’économie industrielle. (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - L’armée israélienne a commencé il y a quelques jours son offensive terrestre. Quelles pourraient être les conséquences économiques d’un embrasement du conflit au Proche-Orient entre Israël et le Hamas ?

SEBASTIEN JEAN - A ce stade, il est difficile de mesurer cet impact. A l’échelle économique mondiale, le Proche-Orient est avant tout important sur les marchés de l’énergie et les flux de transport. Les perturbations éventuelles sont principalement liées à l’offre de pétrole, bien sûr. Ce conflit alimente la tension politique, la diffusion de la violence, et la militarisation des affaires internationales. La guerre accroît l’incertitude réelle et perçue dans l’économie.

Historiquement, la guerre du Kippour dans les années 1970 avait provoqué un choc pétrolier. Pourrait-on s’attendre à une crise d’une même ampleur ?

Le parallèle est naturel et le même type de risque existe, mais l’Europe est quand même moins dépendante du pétrole aujourd’hui. L’effet de surprise serait bien moindre si les marchés du pétrole subissaient un choc important. L’exposition de l’Europe serait plus limitée. Mais le potentiel de diffusion dans l’économie est réel.

Dans votre dernière note vous affirmez que les interdépendances économiques et financières dans le monde restent très étroites, mais elles sont de plus en plus contraintes par les rivalités de puissance. Quels ont été les différents facteurs qui ont contribué à renforcer ces contraintes ?

Les événements récents constituent une rupture par rapport à la mondialisation des 30 dernières années. Les sanctions contre la Russie, l’Inflation Reduction Act ou les restrictions d’exportations des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine montrent que les contraintes politiques qui pèsent sur les relations économiques internationales sont de plus en plus fortes.

Dans les années 1990, les Etats ne défendaient pas moins âprement leurs intérêts, mais ils le faisaient pour l’essentiel dans le respect des traités internationaux. C’est moins le cas aujourd’hui. On assiste de plus en plus à des comportements d’instrumentalisation des interdépendances économiques à des fins de coercition, qu’il s’agisse de sanctions, de restrictions d’importations, ou de privations d’accès à des réseaux financiers internationaux. Ces mesures s’articulent autour des domaines de la finance, de l’information ou de la propriété intellectuelle : leurs supports sont le plus souvent immatériels.

Vous évoquez la montée en puissance du thème de la sécurité et de la militarisation dans les relations internationales. Peut-on parler d’une militarisation des économies ?

La séparation entre les domaines politique et sécuritaire d’une part et les domaines économiques d’autre part devient plus poreuse, si bien que l’impératif de sécurité prend une importance croissante dans la définition des politiques économiques. Auparavant, la sécurité était assurée par les règles de coordination dans le cadre multilatéral ; désormais, on ne peut plus prendre la considérer comme un acquis, et les Etats doivent s’interroger sur les risques sécuritaires lorsqu’ils sont dépendants de ces marchés internationaux.

Ce n’est pas une nouveauté pour la Chine, pour qui cette préoccupation est très présente depuis plus d’une décennie, avec la volonté de limiter sa dépendance à l’étranger. Pour les Etats-Unis, la supériorité économique et technologique est de longue date un atout stratégique majeur, qui se trouve aujourd’hui contesté. D’où à la fois une volonté de mieux exploiter leurs positions incontournables dans les réseaux économiques internationaux, notamment dans la finance et les hautes technologies, et leur préoccupation accrue de limiter leurs vulnérabilités. Pour l’Union européenne, ces préoccupations sécuritaires sont beaucoup moins naturelles : ce n’est pas un Etat, mais une construction régionale fondée sur des règles, pour qui la séparation des questions économiques et politiques est conforme à la fois à ses valeurs et à ses intérêts. C’est, contrainte et forcée, que l’Union vient sur le terrain de la sécurité.

L’Union européenne apparaît plus que jamais isolée sur la scène internationale dans le respect de ces règles...

C’est surtout de la part de la Chine et des Etats-Unis que le respect des engagements internationaux pose problème. C’est particulièrement flagrant dans leurs relations bilatérales. Mais c’est aussi le cas de leur politique industrielle. La Chine a souvent appliqué les siennes dans un cadre discriminatoire de fait, si ce n’est de droit. Les Etats-Unis ont, quant à eux, introduit des clauses de contenu local ouvertement contraires à leurs engagements internationaux.

Comme l’Europe est le troisième acteur commercial mondial, cette situation est très inconfortable. Mais il faut rappeler que la plupart des pays du monde restent attachés au respect des règles, parce qu’ils savent que l’alternative serait une loi du plus fort dont ils pâtiraient. Aujourd’hui, l’essentiel des échanges mondiaux reste réalisé dans le respect des règles de l’OMC. L’Union européenne peut paraître singulière parmi les grandes puissances commerciales, mais ce n’est pas forcément vrai au sein de l’arène internationale.

Lors de la pandémie, la fermeture des ports de commerce et des relations commerciales ont mis en grande difficulté de nombreux pays en Europe, extrêmement dépendants de l’Asie. Pourtant, les Etats européens continuent d’échanger avec beaucoup de pays producteurs. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

La pandémie a été une perturbation extrêmement intense et soudaine. Elle a donné un coup de projecteur sur les dépendances de l’Europe aux importations. Mais je ne crois pas qu’elle ait montré la fragilité des chaînes de valeur internationales. Elle a plutôt montré leur résilience. Le commerce international a été affecté brutalement. Mais il s’est très vite rétabli. Les changements dans la demande mondiale ont été extrêmement soudains. Après une baisse très forte, il y a eu un rebond marqué de la consommation de biens durables. Le choc n’aurait pas été absorbé de la même manière dans un monde très cloisonné.

Il reste que la pandémie a mis en lumière cette dépendance aux approvisionnements étrangers dans un contexte où ils peuvent être instrumentalisés, du fait des tensions politiques.

Les hostilités politiques entre les puissances (Etats-Unis, Chine et Union européenne) peuvent-elles remettre en cause la lutte contre le réchauffement climatique ?

Le changement climatique est un facteur clé de la rupture en cours. C’est à la fois une révolution industrielle, commerciale, et un défi commun. Cette révolution se matérialise brutalement sur le marché de l’automobile quand on voit les exportations chinoises de véhicules électriques ou de batteries vers l’Europe par exemple. Les technologies vertes naissantes vont prendre de l’importance demain. En revanche, les domaines d’excellence de l’Europe, comme les moteurs thermiques auront moins de valeur à l’avenir. Cette révolution bouleverse également les dépendances aux marchés des matières premières.

Le défi commun nécessite des politiques fortes et un interventionnisme important des Etats. Le réchauffement climatique contribue à renforcer la place des Etats dans les économies. Le réchauffement climatique nécessite aussi un besoin de coordination. Le risque tragique auquel les Etats font face est que les divergences perturbent la coordination indispensable pour répondre au changement climatique.

On peut espérer que les pressions de ce défi commun freinent les antagonismes. La communauté internationale des Etats a un rôle à jouer pour éviter un engrenage tragique, en faisant pression sur les grandes puissances comme la Chine ou les Etats-Unis pour éviter un affrontement qui serait suicidaire pour tous.

Les institutions internationales ont pourtant été largement critiquées dernièrement. Ces organisations semblent très difficiles à réformer...

Le principe des institutions de l’ONU, de l’OMC ou des COP est de permettre aux Etats de délibérer sur les questions d’intérêt commun et sur leurs pratiques respectives. Les institutions existantes sont loin d’être parfaites et elles sont extrêmement difficiles à réformer, mais ce sont des enceintes où peut s’exprimer la pression des pairs, cruciale pour se coordonner et s’influencer mutuellement. Mais ce socle institutionnel de coordination ne peut rien face aux tensions politiques entre grandes puissances.

La guerre en Ukraine est-elle un point de bascule dans l’ordre géopolitique mondial ?

Même si la montée des tensions géopolitiques a précédé ce conflit, la guerre en Ukraine est une rupture majeure. Les relations de l’Europe avec la Russie sont profondément transformées pour longtemps. Sur le plan économique, cette guerre est aussi un exemple spectaculaire d’instrumentalisation des relations économiques à travers les sanctions financières contre la Russie ou l’instrumentalisation du gaz par Moscou. A ce titre, elle est emblématique d’une ère nouvelle, dans laquelle les tensions politiques contraignent de façon beaucoup plus étroite les relations économiques et financières internationales.

Propos recueillis par Grégoire Normand

Thomas Gomart et Sébastien Jean, « Découplage impossible, coopération improbable. Les interdépendances économiques à l’épreuve des rivalités de puissance », Études de l’Ifri, novembre 2023.

Grégoire Normand

Grégoire Normand

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Newsletter - La Tribune 12h

Source : https://www.latribune.fr/economie/international/proche-orient-la-guerre-accroit-l-incertitude-reelle-et-percue-dans-l-economie-sebastien-jean-ifri-981917.html

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  • L’économie palestinienne est en ruine alors que la guerre à Gaza fait reculer le développement de 20 ans - 02 mai 2024 - Document Nations Unies ‘news.un.org’ Développement économique

    Des enfants escaladent les ruines d’une propriété à Deir Al-Balah, dans le centre de Gaza.

© UNRWA - Des enfants escaladent les ruines d’une propriété à Deir Al-Balah, dans le centre de Gaza.

L’offensive israélienne incessante dans la bande de Gaza a fait reculer de plus de 20 ans le développement socio-économique global de la Palestine, selon un nouveau rapport de l’ONU publié jeudi.

L’étude conjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) révèle que le taux de pauvreté a grimpé à 58,4% depuis que les attaques terroristes menées par le Hamas le 7 octobre ont déclenché une escalade de la violence, plongeant près de 1,74 million de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

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Dans le même temps, le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 26,9%, entraînant une perte de 7,1 milliards de dollars par rapport au niveau de référence de 2023, avant la guerre.

« Chaque jour supplémentaire pendant lequel cette guerre se poursuit entraîne des coûts énormes et aggravés pour les Gazaouis et tous les Palestiniens, maintenant et à moyen et long terme », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du PNUD.

« Des niveaux sans précédent de pertes humaines, de destruction de capitaux et une forte augmentation de la pauvreté en si peu de temps précipiteront une grave crise de développement qui mettra en péril l’avenir des générations à venir », a-t-il ajouté.

La souffrance ne s’arrêtera pas avec les combats

Les projections de l’évaluation dressent un tableau sombre d’un conflit prolongé.

Si la guerre devait se poursuivre pendant neuf mois, les niveaux de pauvreté pourraient plus que doubler pour atteindre 60,7%, et 1,86 million de personnes supplémentaires sombreraient dans la pauvreté. Le PIB diminuerait encore de 29%, ce qui équivaudrait à des pertes totales de 7,6 milliards de dollars.

L’évaluation met également en garde contre une forte baisse de l’indice de développement humain (IDH), la mesure synthétique du bien-être du PNUD. Dans ce scénario, l’IDH de l’État de Palestine pourrait tomber à 0,647, ce qui retarderait les progrès de plus de 20 ans, soit avant 2004.

Gaza a plongé 44 ans en arrière

Pour Gaza, les projections sont plus désastreuses. Après neuf mois de guerre, l’IDH pourrait atteindre 0,551, ce qui retarderait les progrès de 44 ans.

La Secrétaire exécutive de la CESAO, Rola Dashti, a souligné l’ampleur sans précédent des destructions à Gaza, notant que la région pourrait devenir entièrement dépendante de l’aide extérieure.

« Contrairement aux guerres précédentes, la destruction à Gaza est aujourd’hui d’une ampleur et d’une étendue sans précédent et, couplée à la perte de maisons, de moyens de subsistance, de ressources naturelles, d’infrastructures ainsi que de capacités institutionnelles, elle pourrait avoir des impacts profonds et systémiques pour les décennies à venir », a-t-elle déclaré.

Entièrement dépendant d’une aide extérieure

« Cette évaluation prévoit que Gaza sera rendue entièrement dépendante de l’aide extérieure à une échelle jamais vue depuis 1948, car elle se retrouvera sans économie fonctionnelle, ni aucun moyen de production, d’autosuffisance, d’emploi ou de capacité de commerce », a ajouté Mme Dashti.

Les conclusions de l’évaluation concordent avec l’évaluation intérimaire conjointe des dommages de la Banque mondiale et des Nations Unies, qui estimait les dommages directs aux infrastructures de Gaza à 18,5 milliards de dollars en janvier 2024, soit l’équivalent de 97% du PIB total de l’État de Palestine en 2022.

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Tags : Palestine Gaza économie

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26 avril 2024

Paix et sécurité

Il faudrait environ 14 ans pour déblayer l’immense quantité de décombres, y compris les munitions non explosées, laissés par la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, a annoncé vendredi un haut responsable des Nations Unies.

Source : https://news.un.org/fr/story/2024/05/1145276

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Lire hors-ligne :

Quelle est la politique économique du colonialisme israélien, actuellement engagé dans une guerre génocidaire – non pas contre le Hamas comme le prétendent la plupart des dirigeants et médias occidentaux – mais contre les Palestinien·nes de Gaza ? C’est à cette question que répond ici l’économiste Laurent Baronian. Il montre notamment que « la colonisation israélienne se présente comme une combinaison originale de colonisation génocidaire de peuplement et de colonisation oppressive d’exploitation, dans laquelle le projet d’expulsion d’un peuple de ses terres coïncide avec l’absorption de toutes ses richesses, humaines et non humaines ».

***

Pour le peuple Palestinien comme pour le gouvernement des États-Unis, Israël c’est d’abord et avant tout une armée. Mais pour les Palestiniens, l’armée israélienne est moins le gardien des intérêts de l’Occident au Moyen-Orient qu’un pouvoir militaire, un droit militaire, des tribunaux militaires. Plus de 1800 ordonnances militaires continuent de contrôler, de restreindre, de contraindre tous les aspects de la vie des Palestiniens, y compris à Gaza, où des dispositions clés du droit militaire israélien restent applicables comme les entrées et sorties des personnes et des marchandises, l’accès aux eaux territoriales ou à la zone de jointure qui sépare Israël des parties du mur construites à l’intérieur de la bande de Gaza.[1] Pour un Palestinien donc, Israël c’est à la fois une caricature de nos sociétés où le pouvoir opère par contrôle plus que par discipline et la rémanence de la société de souveraineté qui exerce un pouvoir de vie et de mort sur sa population.

Du côté d’Israël, le peuple Palestinien, c’est d’abord et avant tout la terre qu’ils habitent et qu’il s’agit d’occuper, tôt ou tard. Lorsqu’on protesta contre la cession de la Cisjordanie à la Jordanie au moment de la création de l’État d’Israël, Ben Gourion répondit : « Nous verrons plus tard ». Comme l’avait constaté Arno Mayer, tous les chefs de gouvernement d’Israël ont encouragé l’expropriation des terres palestiniennes,[2] invoquant tantôt des motifs de sécurité (parti travailliste), tantôt des visées messianiques (Likoud et partis d’extrême droite), ciblant toujours les terres les plus fertiles ou les ressources précieuses et abondantes : la productivité agricole palestinienne a été divisée par quatre entre 1967 et 1980.[3]

Une colonie génocidaire d’exploitation

Tandis qu’on comptait 150 000 colons au moment des Accords d’Oslo, ils sont plus de 750 000 aujourd’hui, installés pour la plupart dans la Vallée du Jourdain, le long du fleuve et face à la Jordanie (95 % de l’eau du fleuve sont détournés par les Israéliens). Le taux de croissance des colons est en effet deux fois plus élevé que le taux de croissance démographique en Israël.[4] Nulle part en Israël vous ne vivrez mieux que dans une colonie de Cisjordanie : avantages fiscaux, subventions sur les prêts pour les investissements industriels ou agricoles, prise en charge des frais de transport, école gratuite, protection de l’armée, mais aussi infrastructures telles que raccordement à l’électricité, installations routières. Dans les années 1990, les transferts financiers par habitant au profit des autorités locales représentant les colons de la Rive occidentale du Golan ont été en moyenne supérieurs de 150 % à ceux opérés au profit des autorités locales en Israël et le revenu par habitant y était 45 % plus élevé au revenu en Israël.[5] 

Ces aides s’appliquent même aux 150 avant-postes, c’est-à-dire aux colonies installées en violation des lois israéliennes elles-mêmes régissant la planification et la construction des colonies. Car dans la seule démocratie du Moyen-Orient, l’État s’empresse de les régulariser rétroactivement pour les intégrer aux colonies « officielles ». Mais on ne s’imaginera pas non plus que ces larges dépenses se destinent seulement à satisfaire aux décrets du ciel. Entre 2000 et 2020, les colonies ont rapporté 628 milliards de dollars à l’économie israélienne, ce qui représente 2,7 fois PIB Palestinien durant cette période.[6] C’est que beaucoup des produits venant de ces colonies sont exportés sur les marchés internationaux, particulièrement sur les marchés de l’UE. Sans compter la présence dans ces colonies d’entreprises européennes, y compris françaises,[7] et un tourisme qui ne cesse d’y prospérer.[8]

Aussi la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens et de leurs territoires trouve-t-elle son principe fondamental dans cette seule formule : « un maximum de terres palestiniennes pour un minimum de Palestiniens ». D’où la double finalité des contrôles et des restrictions qui à la fois opèrent comme moyens d’annexion et maintiennent la société palestinienne dans un état de crise humanitaire durable comme à Gaza. C’est pourquoi Israël ne s’est pas contenté de mettre en place un régime d’apartheid dénoncé par les organisations internationales et les ONG. Ou plutôt, l’apartheid entendu comme commission d’acte inhumains pour instituer ou maintenir la domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial afin de l’opprimer systématiquement, sert lui-même d’autres finalités.

Rappelons la définition du crime de génocide formulée par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU et par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale : est qualifié de génocide « l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe ; b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. ».

Non seulement Israël commet tous les actes repris dans cette définition, excepté jusqu’à présent le point e), mais il les commet d’une manière constante et systématique quoiqu’à bas bruit. Pas un rapport d’une ONG ou d’une agence internationale depuis qu’ils sont publiés qui ne rapporte des homicides systématiques, illégaux et arbitraires, commis aussi bien par des colons que par des militaires. Et ce dans une impunité quasi-totale. Entre 2005 et 2019, 91 pour cent des enquêtes policières pour crimes commis par des Israéliens sur des Palestiniens pour des raisons idéologiques ont été classés sans suite.[9] Pas un qui ne déplore des paysans tués ou grièvement blessés pour s’être rendus sur leurs terres, des pêcheurs attaqués, blessés ou tués au milieu de leurs propres zones de pêche[10], de travailleurs aussi, lorsqu’ils tentent de franchir la barrière de séparation en l’absence de permis. Mais peut-être que le caractère génocidaire de la politique israélienne se révèle bien mieux dans les conditions qu’elle impose aux Palestiniens vivants.

Ici, rendre la vie impossible passe par tout un éventail d’actions allant de simples restrictions dans les déplacements à des destructions ou de démolitions, tantôt en raison de violations d’interdictions de permis – moins de 1 % des demandes de construction palestiniennes ont été approuvées depuis 2016 et ce taux n’a cessé de baisser depuis lors[11] –, tantôt dans le cadre d’opérations militaires : destructions régulières de terres agricoles, de cultures, de vergers, d’arbres fruitiers, d’oliveraies, de bétail, de routes, mais aussi démolitions de canalisations d’eau, de puits, de centrales électriques, de bateaux, de matériel de pêche, d’entrepôts, et même d’écoles ou de panneaux solaires. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, Israël avait démoli en 2022 « 953 structures, dont des citernes d’eau, des entrepôts, des bâtiments agricoles, des locaux d’entreprises et des bâtiments publics. ».[12] Au premier trimestre de 2023, 291 structures avaient déjà été détruites, engendrant le déplacement de 415 personnes. Et lorsque les autorités ou les colons ne les détruisent pas eux-mêmes, leurs propriétaires s’en chargent pour éviter des amendes supplémentaires qui peuvent s’élever jusqu’à 300 000 shekels, soit environ 76 000 euros. Souvent les frais de démolition sont à charge des personnes lésées,[13] avant qu’avec leurs familles elles ne subissent déplacements et violations des droits humains « que subissent de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles ».[14]

Mais c’est dans sa « politique » de l’eau qu’Israël cherche ouvertement à rendre la vie des Palestiniens insoutenable. On se doute au moins qu’en faisant dévier l’eau salée du lac de Tibériade sur la partie basse du Jourdain, la seule qu’il ait laissé à la consommation des Palestiniens, Israël n’entendait pas leur faire profiter d’un nouveau miracle. Aujourd’hui un palestinien consomme environ 70 litres d’eau par jour contre 300 litres pour un israélien et 369 pour un habitant des colonies.[15] 70 % des terres colonisées en Cisjordanie sont irriguées contre 6 % seulement des terres cultivées par les Palestiniens.[16] Et le champion du recyclage des eaux usées (86 % des eaux contre 1 % seulement en France) [17] sait comment s’y prendre aussi à l’extérieur de ses frontières : 96 % de l’eau de Gaza est non potable en raison de la surexploitation israélienne et des actes délibérés de déversement d’eau usée et d’infiltration d’eau de mer dans la nappe aquifère côtière.[18] 

Israël exerce même son contrôle sur la collecte d’eau de pluie dans la plus grande partie de la Cisjordanie, détruisant régulièrement les citernes servant à recueillir cette eau d’appoint.[19] Deux mille ans après la pêche miraculeuse du lac de Tibériade, Israël a converti l’eau polluée des Palestiniens en miracle économique pour les grandes entreprises israéliennes : la plupart des gazaouis doivent acheter l’eau distribuée par des camions-citernes israéliens dont le prix est 10 à 30 fois plus cher que l’eau courante. Cela peut représenter jusqu’à 17 % du budget d’un foyer.[20] Pour autant, la préférence nationale et touristique ne perd jamais ses droits. Ainsi la compagnie des eaux israélienne Mekorot, qui fournit environ 50 pour cent de l’eau destinée aux Palestiniens, réduit durant l’été la part qui leur est dévolue pour assurer les besoins des Israéliens et des vacanciers des villes balnéaires.[21] 

Mais avant qu’un Palestinien n’étanche sa soif, la puissance d’occupation aura tenté d’en prévenir la naissance. C’est qu’à la différence des colons juifs, la plupart des conjoints étrangers des Palestiniens de Cisjordanie (en particulier à Jérusalem-Est), de la bande de Gaza ou d’Israël ne peuvent obtenir le statut de résident accordé par les autorités israéliennes. C’est aussi vrai, avec des exceptions, des Palestiniens de la bande de Gaza souhaitant s’installer en Cisjordanie. Or un Palestinien privé de statut de résident en Cisjordanie n’a accès ni aux soins, ni à l’éducation, ni aux services sociaux, ni même à un emploi formel ou à un compte bancaire. En attendant d’être expulsé, comme lorsqu’en 2006 des soldats firent irruption dans les maisons du village de Jaljulya pour en sortir 36 femmes et en expulser huit, instantanément séparées de leur mari et enfants. Mais comme nous étions dans la seule démocratie du Moyen-Orient, cette opération était tout à fait légale.[22] Même en l’absence de raids de la police des frontières, les inégalités d’accès aux services de santé entre les Arabes et les juifs d’Israël entraînent une mortalité infantile plus de deux fois plus importante que celle des juifs d’Israël les seconds (5,4 contre 2,4 pour 1000 naissances).[23]

Mais, en un sens, c’est accorder trop d’importance aux Palestiniens dans la politique territoriale et démographique d’Israël. Un bon Indien est un Indien mort, fit-on dire au général états-unien Sheridan. Pour l’État colonial israélien, un bon Palestinien n’est pas même un Palestinien, c’est un Arabe expulsé. C’est qu’Israël ne cherche pas tant à exterminer les Palestiniens, qu’à les évacuer, si bien que les crimes génocidaires entrent eux-mêmes dans un continuum de meurtres, d’oppressions, de restrictions, de destructions, de ségrégations qui forment les coordonnées permanentes de la politique d’Israël relative aux territoires palestiniens occupés.

On dira qu’il y va aussi de la sécurité d’Israël, fût-elle rendue nécessaire par son régime d’oppression et de ségrégation. Mais la politique sécuritaire d’Israël, y compris en réponse aux attaques palestiniennes, est toujours l’occasion d’annexion de nouvelles terres, de nouvelles destructions d’infrastructures civiles, de nouvelles restrictions des libertés qui privent la société palestinienne de toute possibilité de vie autonome. Et la colonisation est elle-même un moyen de fragmentation de la société palestinienne du fait du positionnement des colonies autour des grandes villes palestiniennes.[24] Rien sans doute ne montre mieux que le mur de séparation le rôle qu’Israël fait jouer à la sécurité dans ses projets d’extension territoriale. C’est que le tracé du mur ne suit pas la Ligne verte qui sépare la Rive occidentale d’Israël mais il ménage soigneusement l’accès des colonies à la terre et à l’eau palestiniennes ainsi qu’aux routes qui les conduisent en Israël. Le mur est construit sur des terres palestiniennes expropriées où poussent arbres fruitiers, oliviers, terres de culture dont l’accès est désormais extrêmement limité, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement détruits ou stérilisés par des herbicides aspergés pour des motifs de sécurité.

Ainsi les habitants situés entre la Ligne verte et ce qui a été qualifié de zone charnière doivent obtenir une autorisation pour entrer et sortir de chez eux ou accéder à leurs terres. Pour Gaza uniquement, 35 % des terres agricoles sont inaccessibles aux producteurs palestiniens.[25] Ainsi 10 % de la Cisjordanie et 24 % de la Bande Gaza ont été annexés par le Mur de séparation. Or le taux de délivrance des permis d’accès aux terres agricoles situées derrière le mur est tombé à 24 % ces dernières années. Ces permis étant onéreux et limités dans le temps, ils entraînent tantôt l’abandon des terres, accélérant ainsi les expropriations pour cause d’inoccupation, tantôt la conversion des cultures à forte intensité de main-d’œuvre en cultures pluviales de faible valeur. D’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires, le rendement des oliveraies situées à l’intérieur de la zone de jointure séparant le mur de la Ligne verte est 60 % inférieur à celles situées de l’autre côté du mur.[26] Et lorsqu’on découvrit des champs pétrolifères dans le village palestinien de Rantis, situé dans le gouvernorat de Ramallah, le mur de séparation s’est aussitôt fait mur d’annexion sur les terres agricoles, après qu’une grande partie du village fut déclarée zone d’entraînement militaire.[27]

On a souvent comparé la colonisation israélienne aux colonies de peuplement d’Amérique du Nord. Les Palestiniens comme Indiens d’Israël. Mais la politique d’Israël ne se limite pas à évacuer ou éliminer les Palestiniens des terres qu’elle colonise. Elle absorbe leurs ressources pour les mettre au service de leur évacuation, elle les force à contribuer à leur disparition. En ce sens la colonisation israélienne se présente comme une combinaison originale de colonisation génocidaire de peuplement et de colonisation oppressive d’exploitation, dans laquelle le projet d’expulsion d’un peuple de ses terres coïncide avec l’absorption de toutes ses richesses, humaines et non humaines. Israël ne disloque pas la société palestinienne sans en exploiter ses membres épars ; elle ne lui dénie pas le droit de vivre sans soumettre sa force vitale à ses besoins. Le développement économique d’Israël ne va pas sans un véritable dé-développement de la société palestinienne.[28] Comme colonie de peuplement, il s’agit de vider la terre de sa présence palestinienne, mais comme colonie d’exploitation, il s’agit de convertir cette présence en flux de richesse exploitables. 

D’où le rapport systématiquement dédoublé de cette colonie génocidaire d’exploitation aux terres et aux populations palestiniennes : de dépossession et de destruction pour les unes, d’exploitation et d’expulsion – qui passe au besoin par l’élimination – pour les autres. Et comme l’exploitation suppose la dépossession et qu’inversement l’exploitation fournit les moyens de la dépossession, l’une et l’autre ne cessent de s’alimenter mutuellement. Mais on ne verra pas non plus de contradiction entre l’exploitation et l’expulsion, ni entre la dépossession et la destruction. Les démolitions forçant les populations à travailler pour leurs oppresseurs tout autant que l’évacuation des populations des terres facilitent la dépossession, le quadriptyque dépossession, démolition, exploitation et expulsion figure le tableau économique du modèle colonial israélien.

La politique économique des Accords d’Oslo

Depuis 1993, ce tableau économique a trouvé ses assises juridiques et administratives dans les Accords d’Oslo et le Protocole de Paris de 1994 qui complète et précise les relations économiques entre l’État hébreu et les territoires occupés. Or, les Accords d’Oslo lancèrent moins un processus de paix qu’une opération marketing pour la future « start-up nation Israël » menée par Shimon Peres, représentant de commerce de longue date de sa branche armée, d’abord préposé à l’achat d’armes pour l’organisation terroriste Haganah, ensuite superviseur de l’armement nucléaire pour Tsahal. À l’heure de la mondialisation financière, il s’est donc converti en concepteur du produit financier à proposer aux investisseurs internationaux : Le « Nouveau Moyen Orient » leur fut présenté comme projet de pacification des relations d’Israël avec les États arabes et de création d’une zone de libre-échange avec les territoires occupés.[29] 

Pour autant, Peres et Rabin, premier ministre de l’époque assassiné pour de si mauvaises raisons, n’allaient nullement infléchir le processus de colonisation et encore moins ouvrir la voie à une solution à deux États. Rien qu’entre 1992 et 1995, soit le temps durant lequel les deux prix Nobel de la paix furent aux affaires, les colonies avaient augmenté de 50 % en Cisjordanie, sans compter Jérusalem-Est où elle n’avait cessé de croître.[30] En réalité, le projet d’un marché commun instituait la dépendance complète des territoires occupés à l’économie d’Israël et les liens économiques de cette dépendance seraient l’occasion de nouvelles oppressions, de nouvelles exactions. Ou plutôt, ils les rendraient enfin rentables, en organisant l’appropriation des ressources palestiniennes au moyen d’une froide captation des flux abstraits d’argent.

Plus généralement, le Protocole de Paris fournit à Israël le cadre institutionnel de la fragmentation des territoires occupés, de l’asphyxie économique de la société palestinienne et de la surexploitation des travailleurs palestiniens. Ils rendirent possible une politique économique qui opère à la fois une destruction de la territorialisation des conditions d’une vie collective et une appropriation des richesses abstraites déterritorialisées.

La fragmentation des territoires palestiniens occupés 

Pour les Palestiniens, les Accords d’Oslo sont ceux d’une OLP suffisamment affaiblie par l’effondrement du monde soviétique et la première guerre d’Irak pour renoncer à un territoire unifié et se muer en simple Autorité palestinienne (AP). Ils instituent en effet la division de la Cisjordanie en trois zones administratives dont la plus grande, la plus riche, la plus fertile, la zone C, seul territoire d’un seul tenant, est à 70 % entièrement colonisée et sous contrôle des conseils régionaux des colonies. Les Accords prévoyaient le transfert progressif de la zone C à l’AP. Mais comme il ne s’agit pas d’insulter l’avenir, Israël restreint plus qu’ailleurs l’activité des Palestiniens dans les 30 % restants de la zone C, nettement plus faible que dans les zones A et B.[31] Aussi les colonies se sont-elles étendues continuellement au point de compromettre les moyens de subsistance des Palestiniens sur l’ensemble du territoire occupé. Car outre le mur de séparation et la présence des colons et de leurs réseaux d’infrastructures interdits d’usage pour les Palestiniens, des centaines de points de contrôle, portes monticules de terres, barrages routiers et tranchées qui pulvérisent la Cisjordanie en une multitude d’îlots dont l’éparpillement favorise lui-même l’extension des colonies. En réalité, au sein de la zone C, 1 % seulement des terres de la zone C est permise au développement palestinien, les 29 % restants étant rendus inaccessibles pour des motifs militaires. En outre, les constructions palestiniennes (commerces, fermes, écoles, infrastructures pour l’acheminement de l’eau ou l’assainissement) sont menacées en permanence de destructions, les permis de construire étant refusés neuf fois sur dix.[32] Et lorsqu’ils ne subissent pas la violence d’État, les Palestiniens subissent des colons, véritables mercenaires au service des basses œuvres des forces de sécurité israéliennes. Écoutons le rapporteur de la CNUCED en 2022 : « Les Palestiniens de la zone C sont victimes de violences commises par les colons : destruction de structures résidentielles et humanitaires, agressions physiques, actes d’intimidation, utilisation de balles réelles, déracinement et destruction d’arbres et de cultures, dégradation de matériel agricole et de biens privés, etc. Dans certains cas, des colons déversent des eaux usées sur des terres palestiniennes, polluant les eaux et endommageant des arbres productifs. »[33] Si l’on ajoute les pénuries d’eau provoquées par les systèmes d’irrigation des exploitations agricoles israéliennes, cultiver sa terre en zone C relève davantage d’un acte de défiance que d’un moyen d’existence viable.[34]

L’asphyxie de la société palestinienne

Par le zonage des territoires occupés émiettés en enclaves cerclées de colonies juives ou d’infrastructures militaires, les Accords d’Oslo accordent à Israël un contrôle quasi-total sur ces territoires, livrant Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie à des destinées séparées. Mais c’est avec le Protocole de Paris que l’AP signe la complète dépendance économique des Palestiniens à Israël. Par l’Union douanière d’abord, imposée par Israël depuis 1967 mais désormais réglementée. Ainsi l’AP n’a pas le droit de réduire la TVA de plus de 2 % par rapport au taux Israélien, ce qui, compte tenu de la disparité entre Israël et la Cisjordanie en termes de compétitivité, pèse sur le pouvoir d’achat et le coût de la vie des Palestiniens.[35] Et pour les entreprises palestiniennes qui doivent payer cette TVA sur l’importation des matières premières israéliennes, les longs délais pour la recouvrer entraînent des manques de trésorerie, des pénuries et des pertes sévères. Ces difficultés s’accroissent d’autant plus que les autorités israéliennes interdisent aux firmes palestiniennes d’importer des machines et des outils incorporant les technologies récentes, les forçant à acheter les machines israéliennes d’occasion.[36] En réalité, tous les inputs indispensables à une économie fonctionnelle et à la vie décente d’une population : technologies de communication, transports, électricité et infrastructures, sont entièrement soumis au contrôle israélien, en attendant d’être démolis. Car depuis 2007, Israël a dressé une liste de biens dits à double usage (civil et militaire) qui bloque l’entrée de marchandises aussi dangereuses pour sa sécurité que des engrais, du matériel médical, des appareils électro-ménagers, etc., ruinant aussi bien l’agriculture et l’industrie qu’elle inflige des conditions de vie indigentes aux Palestiniens. Comme Israël impose des restrictions sur l’importation de camions et de carburant, les Gazaouis recourent aux charrettes tirées par des ânes. Mais par souci du bien-être de ces équidés, les autorités d’occupation les ont inclus dans la liste des embargos, au motif qu’ils subiraient des actes de torture.[37] Sans doute entendent-elles mieux le braiement des ânes que le hurlement d’enfants s’élevant de leurs propres geôles.[38]

De même, les restrictions de toutes sortes imposées aux exportations palestiniennes en Israël lui assurent un contrôle total de son commerce extérieur avec les territoires et prévient toute concurrence avec les produits agricoles ou manufacturiers israéliens : 90 % des importations palestiniennes proviennent d’Israël et 75 % de ses exportations sont destinées à Israël.[39] Déjà entre 1972 et 2017, Israël avait absorbé 79 % du total des exportations palestiniennes et assuré 81 % de ses importations. Or, non seulement les produits israéliens entrent pour leur compte sur les marchés palestiniens libres de tout droit d’exportation mais ils sortent de firmes auxquelles Israël accorde des subsides massifs tels que l’assistance à l’investissement, des prêts, des incitations à la relocalisation dans des zones franches situées au sein des colonies illégales. [40] Bien plus, l’immense majorité des produits manufacturés palestiniens exportés représentent en réalité des biens intermédiaires produits par des sous-traitants de firmes israéliennes.[41] Mais ce système d’externalisation est lui-même le produit d’une politique délibérée d’Israël qui, par son octroi de licences industrielles sur les territoires occupés, n’autorise que les industries à faible valeur ajoutée fournissant les matériaux nécessaires aux firmes palestiniennes, en particulier dans les secteurs de la nourriture, du textile et des vêtements. Pourtant cette captation de l’essentiel du commerce des palestiniens ne suffit pas à la prospérité de l’occupant. Les autorités se chargent elles-mêmes de prélever en outre des droits de douane sur les 10 % d’importations restantes dont le transfert à l’AP est régulièrement suspendu. Or l’ensemble des taxes, impôts, droits de douane prélevés pour le compte de l’AP constitue près de deux tiers du budget de celle-ci et entre 15 et 25 % du PIB palestinien.[42] Ainsi par exemple, lorsque l’AP eut le malheur d’obtenir un vote de l’Assemblée générale des Nations Unies pour renvoyer le contrôle d’Israël sur la Cisjordanie devant la Cour internationale de justice, le ministre des finances de l’époque avait déclaré avoir retenu 40 millions de dollars de recettes comme mesure punitive.[43] Avant cela, l’unique démocratie du Moyen-Orient imposa la même sanction à la suite de la formation du gouvernement du Hamas en 2006, de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État observateur non-membre par l’ONU en 2012 ou encore de sa candidature pour être justiciable de la Cour pénale internationale en 2015.

 C’est que les importateurs Palestiniens, privés de structures autonomes, doivent recourir à des commerçants israéliens qui font passer les importations palestiniennes du reste du monde comme partie des importations destinées à Israël.[44] Pour ce qui est des exportations, les Palestiniens utilisant le nouveau shekel faute de monnaie nationale, les prix exprimés dans une monnaie surévaluée par rapport au niveau de développement de l’économie palestinienne rendent ces produits invendables au regard de leurs équivalents israéliens. À cette mainmise monétaire sur le commerce, il faut ajouter le seigneuriage sur le shekel imposé au commerce palestinien, véritable taxe payée à l’émetteur israélien de papier sans valeur. Plus généralement, la lourdeur des procédures administratives imposées aux exportateurs Palestiniens décourage le commerce extérieur en dehors d’Israël : « elles érodent la compétitivité des exportations palestiniennes, sachant que le coût moyen d’une transaction commerciale est près de trois fois plus élevé pour une entreprise palestinienne que pour une entreprise israélienne, et la durée moyenne du processus d’importation, presque quatre fois plus longue ».[45] On estime que la moitié environ des taxes payées par les Palestiniens des territoires occupés rentre dans les caisses du Trésor Israélien.[46] Mais cette capture confinant à de l’extorsion ne constitue qu’un côté seulement de la dépendance forcée du commerce Palestinien. L’autre côté relève de l’exportation du travail pour financer l’importation des produits de l’occupant.

La surexploitation des travailleurs Palestiniens

Les sciences sociales occidentales ont été promptes à dénoncer le retour des méthodes d’accumulation primitive dans la mondialisation financière : dépossession des ressources naturelles, extractivisme, privatisations des services publics, etc. Bien qu’elle rejoue toutes les formes l’expropriation de l’Angleterre précapitaliste, la colonisation israélienne a fait régner sa terreur à l’abri de ces critiques.[47] Peut-être parce qu’à la différence du paysan anglais, le paysan palestinien n’a pas la chance d’être Israélien. D’où : surexploitation, conditions de travail inhumaines, salaires au-dessous du minimum légal, harcèlement sexuel des femmes, travail des enfants, absence de protection sociale, y compris des soins médicaux élémentaires.[48] Et la honte d’avoir à travailler au service de son oppresseur pour survivre. Avec les Accords d’Oslo, Israël a réussi à redoubler ses méthodes criminelles d’expropriation et d’évacuation de la population palestinienne par une exploitation abjecte de la main d’œuvre palestinienne, rendu possible par la nature même du mode d’exploitation du travail salarié dans lequel la force de travail se sépare de la personne du travailleur. Jusqu’à un certain point donc, on ne verra pas de contradiction entre les entreprises d’évacuation de populations des terres occupées et les méthodes d’exploitation sans limite de la force de travail portée par ces populations.

L’accroissement de l’offre du travail en Israël et dans les colonies est directement proportionnel à la progression de la colonisation et aux destructions des conditions vitales d’existence autonome. L’emploi en Israël et dans les colonies a en effet plus que doublé depuis les accords d’Oslo. Avant l’actuelle guerre de Gaza, près de la moitié des nouveaux emplois en Cisjordanie et à Gaza sont attribuables aux emplois obtenus en Israël et dans les colonies. La plupart des travailleurs sont employés dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la pêche et de la sylviculture, dans les industries extractives et dans le secteur manufacturier à faible niveau technologique. Aujourd’hui, 20 % environ des Palestiniens de Cisjordanie ayant un emploi travaillent en Israël et dans les colonies, avec ou sans permis, où ils s’exposent « à la précarité, aux abus, à la vulnérabilité, à l’exploitation et à la discrimination. Le nombre d’accidents de travail et de décès sur les chantiers de construction [le premier secteur d’emploi avec l’agriculture] est l’un des plus élevés au monde ».[49] Toutefois, pour un travailleur palestinien, l’oppression, l’humiliation et l’oppression commencent aussitôt franchi le seuil de son domicile : trajets longs et fastidieux, attentes interminables aux points de passage qui souvent démarrent dès deux heures du matin par crainte de retard sur le lieu du travail qui est aussi le lieu de tous les abus (harcèlement et violences commis par les superviseurs et le personnel des forces de sécurité israéliennes). Mais l’emploi de la force de travail palestinienne est lui-même l’occasion de nouvelles extorsions, d’une nouvelle accumulation primitive. Car la difficulté d’obtenir un permis de travail a fait naître une engeance d’intermédiaires israéliens – parfois palestiniens – tantôt pour faciliter les démarches auprès des autorités mal disposées, tantôt pour mettre en rapport les travailleurs avec leurs éventuels employeurs, toujours en échange de prélèvements allant de 14 à 21 % des salaires versés en Israël et dans les colonies et d’autant plus arbitraires que la majorité des travailleurs est payée en espèces.[50] Cette pratique livre les travailleurs aux abus et de mauvais traitements auxquels ils peuvent éventuellement échapper s’ils acceptent de collaborer avec l’ennemi en échange d’un permis fourni par les forces de sécurité. On estime à 279 millions de dollars par an les profits réalisés prélèvements par ces intermédiaires, véritables courtiers en force de travail exploitable à merci dont la croissance n’a pas empêché que seule une minorité de travailleurs palestiniens en Israël dispose d’un contrat de travail écrit et à peine 40 pour cent d’une fiche de paie où figurent le plus souvent un temps de travail et une rémunération sous-estimés.[51] Mais cette extorsion sur le salaire direct se double d’extorsions indirectes. Les cotisations sociales sur les salaires, dont les Accords d’Oslo prévoyaient qu’elles seraient transférées à l’Autorité palestinienne pour être redistribuées, ne sont jamais sorties des caisses israéliennes. Aujourd’hui à peine 1 % des travailleurs Palestiniens bénéficient d’une couverture maladie.[52] Et lorsque survient un accident de travail, il n’est pas rare que des employés blessés soient déposés à un poste de contrôle ou abandonnés sur le bas-côté de la route, sans que les accidents ne soient déclarés aux autorités israéliennes ni qu’ils aient reçu le moindre traitement médical.[53] Et pour cause, dans les colonies, ces mêmes autorités n’exercent aucune activité d’inspection du travail et l’incertitude continue à prévaloir concernant l’applicabilité du droit israélien, y compris le droit relatif au salaire minimum. Pour ce qui est de la retraite, dont les pensions ne s’élèveraient qu’à 30 % seulement si elles étaient versées, les quelque 3,7 milliards de shekels de cotisations d’environ 100 000 travailleurs palestiniens ont trouvé refuge dans un fonds de pension semi-privé israélien.[54]

Enfin l’emploi croissant de travailleurs palestiniens aggrave lui-même l’asphyxie de l’économie palestinienne, en même temps qu’il offre des débouchés pour les exportations de produits israéliens. Il affaiblit en effet l’incitation à investir dans l’éducation et la formation des travailleurs, il diminue l’offre de compétences dans certains secteurs clés de l’économie palestinienne, il élève les salaires intérieurs alors que la productivité du travail, du fait des dépossessions et des démolitions, n’augmente pas, voire diminue. Cette hausse des coûts diminue la compétitivité palestinienne sur les marchés étrangers et, ce faisant, enserre toujours plus l’économie palestinienne dans son carcan israélien. Du côté de la demande, les salaires étant payés en shekels retournent immédiatement à leur émetteur en étant dépensés en biens de consommation israéliens. Ainsi les salaires des Palestiniens de Cisjordanie, qui représentent un quart environ du PIB du territoire et près de la moitié du montant total des salaires en Cisjordanie, lorsqu’ils ne font pas monter les prix des services à l’intérieur des territoires, servent essentiellement à payer la facture des biens importés d’Israël, lesquels constituent la moitié de la consommation des travailleurs.[55] D’où cette espèce de maladie hollandaise inversée qui consiste, pour l’économie palestinienne, à se détourner de la production de biens échangeables à l’extérieur au profit de la production de services consommés localement. Entre 1975 et 2014, la contribution de l’agriculture et de l’industrie au PIB est ainsi passée de 37 % à 18 % et sa contribution à l’emploi a baissé de 47 à 23 %.[56] Car là où l’économie hollandaise négligeait sa production agricole et manufacturière au profit de l’exploitation de ses ressources naturelles, l’économie palestinienne néglige sa production agricole et manufacturière au profit de l’exploitation de toutes ses ressources par l’occupant.

Gaza et le peuple du Commun

Et puis il y a Gaza. Ou plutôt il y avait Gaza car l’affreux visage qu’il arborait déjà avant la décimation actuelle n’est déjà plus reconnaissable. La bande de Gaza n’est pas tant une prison à ciel ouvert qu’un bagne asphyxié en plein air. Aujourd’hui par le phosphore, les cendres et la poussière des immeubles bombardés, par l’odeur des cadavres. Hier par ses conditions de vie qui n’ont pas attendu l’attaque du Hamas pour être rendues insoutenables. Israël s’en est officiellement retirée depuis 2005 mais aucun autre territoire palestinien ne subit plus les crimes de la puissance occupante qu’à Gaza : par les destructions régulières d’infrastructures civiles, de logements et d’exploitations agricoles ou maritimes bien sûr. Et la découverte de ressources en gaz naturel en Méditerranée a accru encore les restrictions et les violences perpétrées contre ces pauvres pêcheurs. On appréciera l’enjeu sécuritaire de ces mesures en considérant, lors de l’invasion de la bande de Gaza en 2014 dite Barrière de sécurité, le bombardement systématique de ses infrastructures de pêche mais aussi de puits et de canalisations d’eau. L’AP avait déclaré avoir fourni à l’armée israélienne les coordonnées pour protéger les installations d’eau et d’assainissement contre les bombardements. Elle ne se doutait pas d’avoir fourni en réalité des cibles militaires de première importance : Tsahal attaqua ces installations pendant un cessez-le-feu, tuant au passage sept techniciens du CMWU et des départements municipaux chargés des réparations urgentes (pp. 38-39).

Ce n’était manifestement pas la première fois que les forces armées israéliennes poursuivaient à Gaza « une politique délibérée et systématique » pour cibler les sites industriels. Lors de l’opération Cast Lead de 2008, elles détruisirent tout le système de traitement des eaux usées de Gaza, entraînant, par le déversement des eaux polluées dans la mer pour 90 millions de litres par jour, la destruction quasi-complète de l’industrie de la pêche locale (p. 38). En juin 2015, le Ministère des affaires étrangères qualifiait la zone de restriction de l’espace de pêche de mesure de reconstruction « aimed at boosting the economy of Gaza » (p. 18). Il voulait dire l’économie israélienne à Gaza car en effet, les exportations de poisson israélien dans la bande de Gaza, payées avec l’argent des donateurs à la suite des destructions de l’armée, se sont élevées en proportion de la destruction du secteur local de la pêche (p. 34). 

Mais le blocus total en temps ne ménage aucun répit aux Gazaouis une fois l’armée retirée de la Bande : interdiction totale pour les bateaux de commerce d’aller et venir en Méditerranée, réduction drastique des zones de pêche, limitation à trois points de passage sur les sept existants qui a diminué de plus de la moitié le nombre de passagers, de camions de fret et d’aide. Aussi a-t-on estimé à 52 % le déficit de médicaments en 2020 tandis que le temps d’attente moyen pour des interventions chirurgicales hors de Gaza était de 16 mois en moyenne. Entre 2007 et 2018, le blocus imposé à la bande de Gaza avait réduit sa part dans l’économie palestinienne de 31 % à 18 %, faisant passer plus d’un million de personnes sous le seuil de pauvreté. Le niveau de vie à Gaza était environ le quart de celui des résidents de Cisjordanie avec une capacité productive réduite à deux tiers de son niveau d’avant le blocus. Sur fond de cette atroce indigence, l’exposition répétée des Gazaouis à la violence et au conflit armé avait déjà donné lieu à une crise de la santé mentale.

Au fil des opérations militaires et à mesure que s’étend la colonisation, que se durcit l’oppression, que les droits des Palestiniens sont l’un après l’autre irrévocablement niés avec la complaisance des USA, maîtres et bailleurs de fonds de l’État hébreu, et de l’UE, infâme partenaire commerciale de ses colonies illégales[57], le peuple Palestinien est peu à peu devenu pure multitude qui doit son caractère universel d’abord au scandale universel dont elle résulte. À cette universalité, s’oppose la figure universelle d’un État qui concentre à lui seul toutes les ignominies de l’histoire des États modernes et les commet au nom de tous les archaïsmes : ethnique, religieux, nationaliste. L’indignation et la révolte impuissante que suscite la guerre israélienne à Gaza ne doit son ampleur qu’à cette opposition. Plus qu’une guerre impérialiste par procuration, elle est comme l’affrontement de deux ordres du monde, celui de la force militaire des États-Unis en déclin relatif et celui du droit humanitaire d’une ONU impuissante.

Au financement du surarmement d’Israël, s’oppose le financement de programmes d’éducation, de culture, d’infrastructures, d’aide médicale, ce qui s’appelle désormais les communs sociaux par lesquels les Palestiniens nouent l’essentiel de leurs rapports avec le reste du monde. Car aujourd’hui Gaza et la Cisjordanie abritent une communauté dense d’organismes donateurs, d’ONG locales et internationales, d’agences des Nations Unies, d’institutions financières et de consultants dont les activités couvrent l’ensemble de la vie sociale des Palestiniens.[58] Entre la mainmise d’un capitalisme colonial meurtrier et l’horizon noir d’un État impossible, les Palestiniens expérimentent des rapports sociaux qui ne passent plus essentiellement par des investissements de capitaux, des relations internationales qui ne passent plus par le jeu d’alliances interétatiques. Israël s’est employé, après les attentats du 11 septembre 2001, à les faire passer pour des « musulmans », autre façon de nier l’existence d’un peuple qui ne s’est jamais revendiqué d’une religion pour justifier son droit à vivre sur la terre de son histoire. On ne sait ce qu’il deviendra demain, ni même s’il deviendra encore quelque chose, mais il est aujourd’hui le peuple du Commun.

Notes

[1] Amnesty, L’apartheid israélien envers le peuple palestinien (Résumé exécutif), 2022, p. 10.

[2] Arno J. Mayer, De leurs socs ils ont forgé des glaives. Histoire critique d’Israël, Fayard, Paris, 2009, p. 474.

[3] Tariq Dana, “Dominate and Pacify : Contextualizing the Political Economy of the Occupied Palestinian Territories Since 1967”, in Tartir, Alaa ; Tariq Dana & Timothy Seidel, (éd.) Political Economy of Palestine : Critical, Interdisciplinary, and Decolonial Perspectives. Cham, Switzerland : Palgrave Macmillan. Middle East Today, 2021, p. 29.

[4] Bureau International du Travail (BIT), La situation des travailleurs des territoires arabes occupés, Genève, 2017, p. 20.

[5] B’tselem, Land grab : Israel’s settlement policy in the West Bank, 2002, p. 84. 

[6] CNUCED, Les coûts économiques de l’occupation israélienne pour le peuple palestinien : coût des restrictions supplémentaires imposées dans la zone C, 2000-2020, 2022, p. 21.

Qassam Muaddi, « Pris entre l’occupation militaire et le chômage, les ouvriers palestiniens continuent à travailler dans l’économie israélienne sans pratiquement aucun droits sociaux », Equal Times, 27/11/2020.

[8] Amnesty, Destination : Occupation, 2019.

[9] BIT, La situation des travailleurs des territoires arabes occupés, Genève, 2021a, p. 27.

[10] D’une manière plus générale, alors que les accords d’Oslo prévoyaient un accès à environ 37 km au large des côtes de la bande de Gaza, la pêche n’a jamais été autorisée au-delà de 22 km.

CNUCED, Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : Évolution de l’économie du Territoire palestiniens occupé, 2023, p. 8.

[12] Ibidem.

[13] Qassam Muaddi, Op. Cit.

[14] CNUCED, Op. Cit., 2023, p. 8.

[15] Amnesty, Op. Cit., 2022, p. 22.

[16] Naquib, p. 19.

[17] Novethic, « La guerre de l’eau est une autre facette de l’affrontement entre Israël et les Plaestiniens », 10 octobre 2023.

[18] B’tselem, « The Gaza strip », 11 novembre 2017.

[19] BIT, Op. Cit., 2017, pp. 21-22.

[20] CNUCED, Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : Évolution de l’économie du Territoire palestiniens occupé, 2022, p. 7.

[21] BIT, La situation des travailleurs dans les territoires arabes occupés, Genève, 2014, p. 25.

[22] Ilan Pappé, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, Paris, 2008, p. 315.

[23] Amnesty, Op. Cit., p. 22.

[24] BIT, La situation des travailleurs dans les territoires arabes occupés, Genève, 2003, p. 8.

[25] CNUCED, Op. Cit., 2022, p. 10.

[26] CNUCED, Op. Cit., pp. 8-9.

[27] Susan Power, Annexing energy : Exploiting and preventing the development of oil and gas in the Occupied Palestinian Territory, Al Haq, 2015, pp. 83-84.

La notion de dé-développement, qui sert désormais à qualifier l’économie palestinienne en la distinguant des économies sous-développées du sud global, inclut cette dimension d’élimination dans sa définition, laquelle précise qu’avec le démembrement d’une économie indigène par une économie dominante, le potentiel économique et sociétal n’est pas seulement déformé mais nié. Voir Sara Roy, Failing Peace : Gaza and the Palestinian-Israeli Conflict. Pluto Press, Londres, 2006, p. 33. 

[29] Shimon Peres et Arye Naor, The New Middle East, Henzy Holt and Company, New York, 1993.

[30] Arno J. Mayer, Op. Cit., p. 529.

[31] BIT, Op. Cit., 2017, pp. 16-17.

[32] Ibid., p. 23.

[33] CNUCED, Op. Cit., 2022, p. 11.

[34] BIT, La Situation des travailleurs des territoires arabes occupés, Genève 2015, p. 24.

[35] Tariq Dana, Op. Cit., p. 38.

Fadle L. Naquib, “Economic relations between Palestine and Israel during the occupation era and the period of limited self rule”, Working Paper, 2015, pp. 19-20.

GEO, « Israël interdit l’exportation d’ânes vers Gaza, mettant en péril la survie des Palestiniens », https://www.geo.fr/geopolitique/israel-interdit-exportation-anes-vers-gaza-mettant-en-peril-la-survie-des-palestiniens-commerce-transport-216994

[38] Amnesty, L’apartheid israélien envers le peuple palestinien (Résumé exécutif), 2022, p. 24.

[39] Tariq Dana, Op. Cit., p. 30.

[40] CNUCED, Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : évolution de l’économie du territoire palestinien occupé, 2018, Genève, pp. 3-7.

[41] Naquib, Op. Cit.

[42] BIT, La situation des travailleurs des territoires arabes occupés, Genève, 2023, p. 14.

[43] The Times of Israel : https://fr.timesofisrael.com/leconomie-palestinienne-face-a-de-sombres-perspectives-dit-la-banque-mondiale/

[44] Naqib, op. Cit..

[45] Banque mondiale, World Bank Economic Monitoring Report to the Ad Hoc Liaison Committee, 2023, p. 16

[46] CNUCED, Op. Cit., 2022, pp. 8-9.

[47] David Harvey, « Le « Nouvel Impérialisme » : accumulation par expropriation », Actuel Marx, 2004/1 (n° 35), p. 71-90.

[48] BIT, Op. Cit., 2017, p. 27.

[49] CNUCED, op. Cit., 2018, pp. 8-9.

[50] BIT, Op. Cit., 2023, p. 30.

[51] BIT, Op. Cit., 2021a, p. 32.

[52] Or Kashti, “Palestinian Workers in Israel Rarely Get the Sick Pay They Deserve”, Haaretz, 19 novembre 2016.

[53] BIT, La situation des travailleurs des territoires arabes occupés, Genève, 2021b, p. 36.

[54] BIT, Op. Cit., 2023, p. 47-48.

[55] CNUCED, Op. Cit., 2022, p. 9.

[56] CNUCED, Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : évolution de l’économie du territoire palestinien occupé, 2016, p. 10.

[57] Qassam Muaddi,, Op. Cit.

[58] UNESCO, United Nations Development Assistance Framework State of Palestine 2018-2022, 2017, p. 12.

Lire hors-ligne :

Blocus de Gaza, Cisjordanie, colonialisme, eau, Gaza, génocide, guerre de Gaza, Israël, militaire, Palestine, sionisme

« Sous quelles formes survit l’antisémitisme et comment l’affronter ?

Le capitalisme est-il en phase terminale ? Un débat entre S. Ackerman et A. Benanav »

Source : https://www.contretemps.eu/israel-politique-economique-palestine-genocide-eau/

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  • Pénurie de main-d’oeuvre en Israël : le patronat est « généralement favorable » au retour des travailleurs palestiniens – Document ‘latribune.fr’ - 19 Mars 2024, 18:52
    En Israël, suite à l’annulation de nombreux visas de travail, des secteurs clés sont lourdement touchés par la pénurie de main-d’oeuvre palestinienne, entrainant un grave ralentissement de l’activité. A rebours des plans du gouvernement Netanyahou qui veut couper tous liens économiques pour riposter aux attaques du 7 octobre, le patronat israélien est prêt à mettre fin à cette situation.

Israël a besoin des travailleurs palestiniens, selon le président des chambres de commerce binationales en Israël. (photo d’illustration)

Israël a besoin des travailleurs palestiniens, selon le président des chambres de commerce binationales en Israël. (Photo d’illustration) (Crédits : SUSANA VERA)

L’économie israélienne a besoin des travailleurs palestiniens. Selon le président des chambres de commerce binationales en Israël, Dan Catarivas, le patronat israélien est « généralement favorable » au retour des travailleurs palestiniens dont les permis de travail ont été annulés après l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre.

« L’économie israélienne voit un avantage dans la main-d’œuvre palestinienne. (...) Je pense que la majorité des employeurs est généralement favorable à la réintégration des travailleurs palestiniens », a-t-il déclaré dans un entretien à l’AFP ce mardi.

Depuis l’attaque du 7 octobre, le gouvernement a annulé les permis de milliers de Palestiniens pour venir travailler en Israël. Près de 120.000 travailleurs palestiniens en disposaient avant la guerre dans la bande de Gaza. Plus de cinq mois après, seuls 8.000 à 10.000 Palestiniens ont été à nouveau autorisés à travailler en Israël.

Cette situation a causé « une crise économique et sociale sans précédent dans les territoires palestiniens occupés », selon un rapport publié cette semaine par l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui prévoit une explosion du taux de chômage cette année à 45,5% dans ces territoires, contre 30,7% en 2023, si la guerre se prolonge.

Le bâtiment et l’agriculture particulièrement touchés

Le secteur le plus touché est le bâtiment, selon Dan Catarivas. « La grande majorité des travailleurs palestiniens - quelque 80.000 sur 120.000 - venant travailler en Israël étaient employés sur des chantiers. Aujourd’hui, on parle d’un ralentissement de quasiment 50% de l’activité dans ce secteur », affirme le responsable patronal.

La construction employait près de 76.000 Palestiniens sur un total de 328.000 employés en janvier 2023. Le reste était occupé par 227.000 israéliens (arabes-israéliens et chrétiens). Selon le bureau des statistiques israélien, le secteur du BTP employait en plus 25.000 travailleurs étrangers.

Dans une moindre mesure, l’agriculture, qui employait des saisonniers, subit également de lourdes conséquences.

«  Il y a aussi un grand manque dans ce que nous appelons des entreprises ’essentielles’ comme l’alimentation, les produits pharmaceutiques, la maintenance d’infrastructures d’assainissement par exemple », ajoute Dan Catarivas.

Le responsable patronal appelle à un « un vrai débat  » sur la réintégration des travailleurs palestiniens.

«  Je fais partie des gens qui pensent que la majorité des Palestiniens veut travailler, envoyer ses gosses à l’école, et ne se lève pas tous les matins avec l’idée de détruire Israël », estime-t-il.

La main-d’œuvre étrangère, pas la « meilleure formule »

Le 31 décembre dernier, Israël avait pourtant envisagé d’arrêter complètement d’avoir recours à la main-d’œuvre palestinienne, selon un plan du gouvernement consulté par la radio publique israélienne Kan et repris par Times of Israel. Il prévoyait de faire venir 25.500 travailleurs du Sri Lanka, 20.000 de Chine, 17.000 d’Inde, 13.000 de Thaïlande et 6.000 de Moldavie.

Mais « les processus sont très lents, les questions comme le logement ou les règles d’embauche restent en suspens », selon le président des chambres de commerce binationales en Israël, Dan Catarivas. « Pour nous, la meilleure formule n’est pas de faire venir une main-d’œuvre étrangère, ça coûte cher et c’est compliqué. »

En novembre dernier, plusieurs centaines de jeunes Malawites étaient partis en Israël pour travailler dans des fermes désertées, à la suite des attaques du Hamas et des bombardements sur Gaza.

(Avec AFP) - latribune.fr - Partager :

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Source : https://www.latribune.fr/economie/international/penurie-de-main-d-oeuvre-en-israel-le-patronat-est-generalement-favorable-au-retour-des-travailleurs-palestiniens-993339.html

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  • Analyse. L’économie israélienne lourdement affectée par l’exclusion des travailleurs palestiniens - Document diffusé par ‘Courrier International – Réservé aux abonnés - Publié le 09 février 2024 à 05h00 - Source Ha’Aretz Traduit de l’anglais
    Une grave pénurie de main-d’œuvre frappe l’économie israélienne depuis le début du conflit dans la bande de Gaza en raison de l’interdiction faite par les autorités à plus de 120 000 travailleurs Palestiniens d’entrer en Israël. Les secteurs du bâtiment et de l’agriculture en pâtissent particulièrement, raconte le quotidien israélien “Ha’Aretz”.

Des travailleurs palestiniens attendent au point de passage d’Erez, entre Israël et le nord de la bande de Gaza, pour aller travailler en Israël, le 28 septembre 2023.

Des travailleurs palestiniens attendent au point de passage d’Erez, entre Israël et le nord de la bande de Gaza, pour aller travailler en Israël, le 28 septembre 2023. Photo MOHAMMED ABED/AFP

Après des mois de flottement, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a évoqué samedi [20 janvier] la possibilité d’un rétablissement des permis de travail pour les Palestiniens, interdits de séjour en Israël depuis le début de la guerre.

Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse, il a répondu que la question était compliquée en raison des problèmes de sécurité. “Mais nous prendrons peut-être des dispositions partielles, afin de trouver une solution à cette question. Par exemple, un programme pilote qui serait mis en œuvre dans des lieux isolés, sous protection renforcée, a-t-il déclaré. Nous allons dans cette direction.”

À quelques exceptions près, le gouvernement interdit aux travailleurs de Cisjordanie d’entrer en Israël depuis le début de la guerre en octobre. Rien n’a été mis en place pour les remplacer, et des tentatives fébriles sont en cours pour combler ce manque en faisant venir une main-d’œuvre étrangère. Cependant, ce recrutement sera insuffisant pour résoudre la grave pénurie de main-d’œuvre qui frappe l’économie israélienne.

Augmenter le quota de travailleurs étrangers ?

Le gouvernement a pris quelques mesures pour augmenter le quota de travailleurs étrangers, mais il faudra beaucoup de temps pour remplacer les 110 000 Palestiniens qui bénéficiaient d’un permis de travail, ainsi que le nombre considérable de ceux qui travaillaient clandestinement en Israël.

Jusqu’à présent, Nétanyahou avait, comme toujours, préféré l’immobilisme afin d’éviter d’entrer en conflit avec les membres de sa coalition et sa base, qui le déborde sur sa droite. L’attentat terroriste meurtrier perpétré [le 15 janvier] à Ra’anana n’a fait que conforter ceux qui s’opposent à la levée de l’interdiction faite aux travailleurs palestiniens.

Les suspects de l’attentat de Ra’anana étaient des membres d’une famille du village de Bani Na’im, dans la région d’Hébron. Ils se trouvaient en Israël sans autorisation. Selon le Shin Bet [le service de renseignements], les suspects n’avaient jamais été condamnés pour des questions de sécurité mais ils étaient sous le coup d’une interdiction de séjour en Israël pour être entrés plusieurs fois illégalement dans le pays. L’un d’entre eux avait travaillé dans une station de lavage de voitures à Ra’anana en décembre.

Avant la guerre, environ 40.000 Palestiniens travaillaient sans permis de travail en Israël et les autorités israéliennes fermaient les yeux.

La Service d’assistance téléphonique pour la protection des droits des travailleurs estime qu’environ 150 000 foyers palestiniens n’ont plus de revenus à cause du blocage des territoires, car de nombreux travailleurs ont souvent plus d’une famille à leur charge.

Le fait que tant de Palestiniens soient interdits de séjour en Israël pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie de l’Autorité palestinienne ….

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Dessin de Martirena

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Source : https://www.courrierinternational.com/article/analyse-l-economie-israelienne-lourdement-affectee-par-l-exclusion-des-travailleurs-palestiniens

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  • Israël - Indicateurs et conjoncture - Situation économique et financière en Israël - Publié le 17 avril 2024 – Documentation ‘tresor.economie.gouv.fr’
    L’état d’Israël est sorti conforté de la crise COVID-19 qui coïncidait avec la signature des accords d’Abraham. Le pays dispose d’atouts stratégiques dans le traitement des données et les technologies numériques, ses réserves de gaz lui assurent une autonomie énergétique et sont le principal facteur de liaisons économiques régionales grâce aux exportations vers l’Egypte et la Jordanie. La guerre menée par la Russie en Ukraine n’a eu que peu d’impact sur Israël sinon en renforçant l’immigration russe.

Le conflit déclenché par le mouvement terroriste Hamas va cependant amener Israël repenser en partie le financement de l’Etat. L’effort de défense devrait assez vite être augmenté de 4,5 à 5,5% du PIB à un moment où le pays doit aussi accompagner une augmentation du taux de dépendance de sa population âgée et faire face au défi de l’intégration des hommes ‘Ultra Orthodoxes’ sur le marché du travail.

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    La guerre à Gaza, ’dévastatrice’ pour l’économie palestinienne, constate la directrice du FMI - AFP / le 11 février 2024 à 13h27 - Document ‘lorientlejour.com’

    La guerre à Gaza,

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina georgieva (G) et le Premier ministre belge Alexander De Croo assistent à une réunion dans le bureau du Premier ministre belge à Bruxelles, le 9 février 2024. Photo d’illustration/Benoît DOPPAGNE/Delga/AFP

La guerre entre Israël et le Hamas a ravagé l’économie palestinienne en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, a déclaré dimanche la cheffe du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant que seule une ’paix durable’ améliorerait les perspectives.

’Les perspectives désastreuses de l’économie palestinienne s’aggravent à mesure que le conflit se poursuit’, a ajouté Kristalina Georgieva lors du sommet mondial des gouvernements à Dubaï. ’Seule une paix durable et une solution politique changeront fondamentalement la situation’, a-t-elle estimé. Malgré les efforts internationaux en faveur d’un cessez-le-feu, la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre après une attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien depuis la bande de Gaza, continue de faire rage.

’Sur le plan économique, l’impact du conflit a été dévastateur’, a affirmé Mme Georgieva. Dans la bande de Gaza, ravagée par les opérations militaires israéliennes lancées en représailles à l’attaque du Hamas, l’activité économique a chuté de 80% d’octobre à décembre 2023 par rapport à la même période en 2022, selon la directrice du FMI.

En Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, la baisse a été de 22%, a-t-elle précisé à l’occasion de l’ouverture du sommet, un événement annuel rassemblant des personnalités du monde des affaires et de la politique aux Emirats arabes unis, qui se tient jusqu’à mercredi. Au-delà des Territoires palestiniens, la guerre a également affecté le secteur du tourisme de pays voisins tels que l’Egypte et le Liban.

Et les attaques des rebelles houthis au large du Yémen contre des navires commerciaux, en ’solidarité’ avec les Palestiniens de Gaza, entraînent ’une hausse des coûts de fret et une réduction des volumes de transit sur la mer Rouge de près de 50% cette année selon nos données’, a souligné Mme Georgieva dans un discours publié sur le site du FMI. Pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, la croissance du PIB devrait s’améliorer par rapport à l’année dernière, mais devrait probablement rester en deçà des prévisions antérieures du FMI, en partie à cause de la guerre.

Le FMI prévoit ainsi une baisse de ses prévisions de croissance pour la région à 2,9% en 2024, contre une projection de 3,4% en octobre 2023.

Sur le même sujet : FMI Gaza Israël Hamas Cisjordanie Fonds monétaire international

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Source : https://www.lorientlejour.com/article/1367772/la-guerre-a-gaza-devastatrice-pour-leconomie-palestinienne-constate-la-directrice-du-fmi.html

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  • Déstabilisation économique : Gaza en ruines, Israël sous tension – Jeudi 7 mars 2024 – Enregistrement ‘France Culture’ - Provenant du podcast Le Journal de l’éco

    Photo prise depuis Israël près de la frontière avec la bande de Gaza, le 6 mars 2024 au milieu des combats en cours. ©AFP - Jack Guez

Photo prise depuis Israël près de la frontière avec la bande de Gaza, le 6 mars 2024 au milieu des combats en cours. ©AFP - Jack Guez

D’un côté, une économie en lambeaux : Gaza est détruite, 85% de la population est déplacée, plus de 30 000 morts. De l’autre, un pays qui tire la langue. Israël fonctionne au ralenti pour maintenir un effort de guerre inédit dans sa longueur et son intensité.

Cinq mois jour pour jour après l’attaque terroriste du 7 octobre 2023, les indicateurs économiques de l’Etat hébreu sont dans le rouge.

Une guerre, évidemment ça coûte chère et surtout quand elle dure et qu’elle mobilise des femmes et des hommes de la société civile car c’est une des particularités ici, Israël a une des dernières armées occidentales de conscrits, 350 000 réservistes ont été mobilisés au lendemain de l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. C’est 4% de la population active, Des jeunes, pour l’essentiel, employés dans la high-tech et ça pèse évidemment sur une économie dont 16% du PIB dépend du secteur des nouvelles technologies.

Ajoutez à cela le blocus sur la Cisjordanie occupée qui a des conséquences importantes sur le ralentissement de l’économie…

Avant le 7 octobre, 150 000 travailleurs palestiniens participaient à la croissance israélienne ils sont désormais assignés à résidence et les secteurs du bâtiment et de l’agriculture tirent la langue. Conséquence : le contexte économique est morose. La croissance a perdu 20% entre fin 2022 et le dernier trimestre 2023, et la dette devrait augmenter de plus de 55 milliards d’euros cette année.

Et pourtant la situation économique en Israël pourrait être bien pire

Car avant la guerre, les indicateurs économiques étaient en beau fixe avec un taux de chômage peu élevé, et une dette relativement contrôlée. Elle représentait 60% du PIB avant le 7 octobre.

A titre de comparaison, la France a dépassé les 110%, Ce qui inquiète, pour le moment les observateurs ce n’est pas la guerre à Gaza et ses conséquences économiques mais les perspectives politiques du pays. Avec un gouvernement d’extrême droite, au service des intérêts de deux minorités :

Les religieux ultraorthodoxes d’un côté, les colons de Cisjordanie de l’autre qui profitent de choix budgétaires clientélistes, au détriment évidemment de l’intérêt général.

L’autre inquiétude, c’est la régionalisation du conflit. Le Hamas a appelé les palestiniens de Jérusalem Est et de Cisjordanie à se révolter pendant le mois de Ramadan qui commence dimanche ou lundi. Et enfin, l’intensité des combats.

A la frontière libanaise, avec le Hezbollah pourraient augmenter. L’économie israélienne, a les reins solides pour amortir les coûts de la guerre à Gaza. Mais avec un ou deux fronts supplémentaires, et une nouvelle mobilisation des appelés,
le choc pourrait être beaucoup plus compliqué à amortir.

À écouter : Israël/Palestine : une solution en l’État ?

France Culture va plus loin (l’Invité(e) des Matins) - 34 min

Économie Monde Proche et Moyen-Orient Bande de Gaza Conflit israélo-palestinien Territoires palestiniens Hamas

L’équipe –Anne-Laure Chouin Production - Thibault Lefèvre Journaliste

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-de-l-eco/destabilisation-economique-gaza-en-ruines-israel-sous-tension-4909199

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Après l’attaque iranienne de samedi soir, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a fait part de ses inquiétudes sur les répercussions économiques en cas d’embrasement au Proche-Orient. 

  • Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 avril 2024, l’Iran a lancé plus de 300 drones balistiques en direction d’Israël qui a annoncé avoir neutralisé 99% des tirs. L’attaque, baptisée “Promesse honnête » a été déclenchée en riposte à une frappe imputée à l’Etat hébreu contre le consulat d’Iran à Damas, faisant onze morts dont sept membres du corps des gardiens des gardiens de la révolution, l’armée idéologique que la République islamique d’Iran. Si le pays considère « désormais l’affaire close », une riposte israélienne fait courir le risque d’un embrasement régional alors que la guerre à Gaza se poursuit. Les alliés occidentaux appellent Israël à faire preuve de retenue. 
    Une « dégradation supplémentaire au Proche ou au Moyen-Orient » aurait « un impact économique lourd » sur la planète, a mis en garde ce lundi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. « Que ce soit les événements en mer Rouge, que ce soit les risques d’escalade au Proche et au Moyen-Orient ou encore la persistance du conflit en Ukraine, tous ces événements géopolitiques pèsent terriblement sur la croissance économique », a ajouté le ministre considérant que « les vrais risques économiques sont les risques géopolitiques ». Alors que Bercy table désormais sur une croissance de 1% pour 2024, ces perspectives « peuvent se fracasser sur les réalités géopolitiques ».

Les événements au Proche-Orient ont déjà engendré des répercussions économiques importantes. Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas, les rebelles houthis procèdent à des attaques contre des navires en mer rouge, agissant en « solidarité » avec l’organisation terroriste palestinienne. Fin janvier, les Nations unies déclaraient que le volume de trafic commercial passant par le canal du Suez avait chuté de plus de 42 % au cours des deux derniers mois. Ces perturbations ont eu des conséquences inflationnistes sur certains produits, dont le prix est influencé par les fluctuations des coûts de transport, ainsi que ceux pour lesquels les retards de livraison ont provoqué des manques d’approvisionnement.

Lire aussi : La géopolitique pourrait faire monter ou baisser les prix du pétrole

Source : https://www.forbes.fr/business/iran-israel-bruno-le-maire-craint-un-impact-economique-lourd-en-cas-descalade-au-proche-orient/

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  • Guerre à Gaza : la position de la France sur les mandats d’arrêts de la Cour pénale internationale (CPI) - Publié le 22 mai 2024 - Par : La Rédaction ‘Vie Publique’ - Lettre n°620 du 28 mai 2024

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Le ministère des affaires étrangères a publié un communiqué sur la demande de mandats d’arrêts émise par le procureur de la Cour pénale internationale. Ces mandats concernent trois dirigeants du Hamas ainsi que le Premier ministre et le ministre de la défense israéliens pour des faits qualifiés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.

Dans son communiqué du 20 mai 2024, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères rappelle que la France soutient la Cour pénale internationale (CPI) mais aussi ’son indépendance’ et ’la lutte contre l’impunité dans toutes les situations’.

Ces demandes de mandats d’arrêts constituent toutefois un examen préliminaire. Les éléments du dossier du procureur de la CPI seront examinés par des membres de la Cour. Celle-ci pourra alors lancer ou non des mandats d’arrêts.

Condamnation du Hamas et respect du droit international humanitaire

Le procureur général de la CPI, Karim Khan, reproche notamment aux trois dirigeants du Hamas, Ismaïl Haniyeh, Mohammed Deif et Yahya Sinouar, des faits de meurtres, de tortures, de viols et d’autres formes de violences sexuelles (crimes contre l’humanité) ainsi que des faits de prises d’otages et d’atteintes à la dignité des personnes (crimes de guerre). Concernant ces accusations, la position de la France est inchangée depuis le 7 octobre 2023 : ’La France a condamné dès le 7 octobre les massacres antisémites perpétrés par le Hamas. Ce groupe terroriste a revendiqué des attaques barbares dirigées contre des civils, accompagnées d’actes de torture et de violences sexuelles qu’il a lui-même documentés, y compris en les diffusant et en les célébrant.’

Quant au Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la défense, Yoav Gallant, le procureur de la CPI leur reproche d’affamer délibérément des civils et de se livrer à des homicides intentionnels vis-à-vis de la population civile (crimes de guerre) mais aussi de soutenir des actions s’apparentant à des crimes contre l’humanité. Sur cette demande de mandats d’arrêts, la France rappelle qu’elle ’alerte depuis de nombreux mois sur l’impératif de respect strict du droit international humanitaire et notamment sur le caractère inacceptable des pertes civiles dans la bande de Gaza et d’un accès humanitaire insuffisant’.

Le Quai d’Orsay réitère également son souhait de trouver ’une solution politique durable dans la région’. Par ailleurs, le 21 mai 2024, lors des questions à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères Stéphane Séjourné a précisé que ’ces demandes simultanées de mandats d’arrêt ne doivent pas créer d’équivalence entre le Hamas et Israël’.

Qu’est-ce que la Cour pénale internationale (CPI) ?

La CPI est une juridiction internationale reconnue par 124 États parties. Son siège est situé à La Haye.

La Cour est compétente pour juger les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes d’agression

Ces crimes doivent être commis par un ressortissant d’un État partie ou sur le territoire d’un État partie (ou d’un État qui a accepté la compétence de la Cour).

Cour internationale de justice, Cour pénale internationale... comment fonctionne la justice internationale ?

Mots clés : Justice - Droits fondamentaux Droit international Asie Israël Etat de Palestine

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Site : https://isias.info/

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