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"Du productivisme agricole du 19ème siècle aux points de vue des syndicats sur les missions d’intérêt général de l’agriculture et de l’alimentation et une combinaison agriculture et écologie qui rapporterait 10.000 milliards $/an !" par Jacques Hallard

mardi 13 février 2024, par Hallard Jacques



ISIAS Agriculture Climat Economie Ecologie

Du productivisme agricole du 19ème siècle aux points de vue des syndicats sur les missions d’intérêt général de l’agriculture et de l’alimentation et une combinaison agriculture et écologie qui rapporterait 10.000 milliards $/an !

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS –12/02/2024

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

Table with food and people

In EAT Stockholm Food Forum 2018 - More than 600 of the brightest minds from science, politics, business and civil society from over 50 countries gathered at the fifth EAT Stockholm Food Forum. (EAT Stockholm Food Forum 2018 – (Plus de 600 des plus brillants esprits du monde de la science, de la politique, des affaires et de la société civile de plus de 50 pays se sont réunis lors de la cinquième édition de l’EAT Stockholm Food Forum) – Source

Définition préalable : Billion (nombre) - Un billion est l’entier naturel qui vaut 1012 (1 000 000 000 000) ou 1 000 0002, soit mille milliards dans l’échelle longue (notamment utilisée dans les pays francophones). Il ne doit pas être confondu avec 109 soit mille millions, qui dans l’échelle courte utilisée dans les pays anglophones1 est appelé billion, mais est appelé milliard en français. La confusion étant courante, il faut donc toujours se méfier. Mille billions est égal à un billiard en échelle longue. Dans le Système international d’unités, billion est noté par le préfixe T (téra)… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Billion_(nombre)


Introduction

Ce dossier, préparé dans un but de synthèse didactique, fait tout d’abord référence à une étude d’Anthony Hamon (Docteur en histoire contemporaine, Université Rennes 2) qui explique que le paradigme productiviste en agriculture et la crise finale de l’économie de subsistance remontent au 19ème siècle en France, pays alors très grand productrice de produits agricoles au niveau mondial. C’était à l’époque de Louis-Napoléon Bonaparte (1848–1851) : « Sous l’Empire, la France connaît des années de progrès économiques, grâce à la création d’un système bancaire, au développement des chemins de fer, à l’amélioration de l’urbanisme. Mais l’échec de l’établissement d’un empire catholique au Mexique (1861-1867) et l’attitude de neutralité monnayéen surnommée ’politique des ’pourboires’, face aux conflits entre l’Autriche et la Prusse, affaiblit le régime… »

A propos d’ Anthony HAMON - Université Rennes 2 https://sites-recherche.univ-rennes2.fr › ahamon : « Anthony Hamon est docteur en histoire contemporaine et spécialiste du XIXe siècle. Sa thèse intitulée Instruire et interroger l’identité agricole de la France…. »

Ensuite sont choisis plusieurs articles d’actualités sur le Mouvement des agriculteurs en France qui fut une série de manifestations et de blocages routiers organisés principalement par les syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne) depuis le 18 janvier 2024. Les agriculteurs expriment leur colère et leurs revendications face à la baisse de leurs revenus, à la hausse des charges, à la concurrence déloyale permise par les traités de libre-échange, à l’empilement des normes lié à une réglementation trop complexe, à la fiscalité, à certains aspects de la réglementation européenne en matière d’agriculture et aux contrôles de l’administration française. Ils demandent au gouvernement des mesures concrètes et rapides. Après plus d’une semaine d’actions, Gabriel Attal [1er ministre] annonce, le 26 janvier 2024, des mesures d’aide, mais jugées insuffisantes par nombre d’entre eux. Dès le lendemain est annoncé « un siège de la capitale et le blocage du marché de Rungis. À partir du 29 janvier, huit autoroutes autour de Paris sont en partie bloquées ; les syndicats agricoles sont reçus, mais des campements se montent pour tenir le « siège » plusieurs jours. Le lendemain, Gabriel Attal tient son discours de politique générale qui ne convainc pas les agriculteurs et, dans la soirée, la Confédération paysanne appelle à bloquer les centrales d’achat de la grande distribution ; en parallèle, d’autres professions commencent à se mobiliser. Le 31 janvier 2024 les agriculteurs continuent d’avancer vers Paris malgré l’interpellation de personnes ; des blocus supplémentaires sont annoncés. Le 1er février 2024, après de nouvelles annonces du gouvernement, la FNSEA et les JA appellent à suspendre les blocages, tandis que la Confédération Paysanne appelle à poursuivre la mobilisation. A partir du 2 février2024, la mobilisation se poursuit à plus basse intensité avec des actions envers la grande distribution. Le 5 février 2024, la Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France appelle à une manifestation pour le 7 février, place du Palais Bourbon à Paris…. – Article complet sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_agriculteurs_de_2024_en_France

La partie finale de ce dossier est consacrée à un rapport d’économistes, d’universitaires, etc…, sur l’économie du système alimentaire : ils ont calculé qu’une combinaison appropriée de l’agriculture et de l’écologie constituerait une opportunité d’un montant considérable (10.000 milliards de dollars par an ?) pour contribuer à réparer actuellement le système alimentaire mondial défaillant !

Les documents sélectionnés pour ce dossier sont indiqués, avec leurs accès, dans le sommaire ci-après.

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Sommaire

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Déclaration d’intérêts - Anthony Hamon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Le slogan « Notre fin sera votre faim », martelé sur chaque barrage routier depuis le départ de la contestation, témoigne de la crise morale et identitaire que traverse l’agriculture française. Le principe de « souveraineté alimentaire » se situe au cœur des revendications. Arnaud Rousseau en fait son cheval de bataille depuis son élection à la présidence de la FNSEA en avril 2023. Il demande au gouvernement à ce que cet objectif de souveraineté alimentaire soit inscrit dans la loi. Pour lui, la souveraineté alimentaire est indissociable d’une agriculture française exportatrice et surtout compétitive sur les marchés européens et mondiaux.

La notion a pourtant été conçue dans un tout autre sens par le mouvement Via Campesina, qui la définit comme « le droit des personnes à produire de manière autonome […] en utilisant des ressources locales et par des moyens agroécologiques, principalement pour répondre aux besoins alimentaires locaux de leurs communautés ».

Or, la centralité de l’acte de production et de la recherche du profit ouvre la voie au productivisme. En reprenant à son compte cette notion, A. Rousseau ne fait donc que rafraîchir la devanture de la vieille boutique agricole sans en modifier le fonds de commerce. Bien qu’il affirme le contraire, le président de la FNSEA défend la logique productiviste, qui est un facteur héréditaire de l’identité agricole de la France depuis la fin du Second Empire (1852-1870).

L’invention du paradigme productiviste

L’agronome Édouard Lecouteux (1819-1893), considéré comme le « père fondateur de l’économie rurale », est en quelque sorte le concepteur du paradigme productiviste en matière agricole. En 1855, il publie ses Principes économiques de la culture améliorante, guide pour faire de la ferme une « entreprise » capitaliste et l’agriculture une « industrie » moderne.

Portrait d’Édouard Lecouteux, agronome français du XIXᵉ siècle

Portrait d’Édouard Lecouteux, agronome français du XIXᵉ siècle. Société des agriculteurs de France — Académie des sciences et lettres de Montpellier, conférence du 15/4/96. Bull. Acad. Sci. et Lettres de Montpellier, tome 27, pp. 117-134

Lecouteux mise sur la concurrence internationale pour encourager les transformations, à une époque où la France applique des tarifs douaniers prohibitifs. L’instauration du libre-échange permettra, selon lui, de réveiller « ces campagnes qui dorment ». Il entend par là mettre fin à l’emprise de l’économie de subsistance, qui est le modèle agricole dominant depuis des siècles. Néanmoins, une agriculture commerciale coexiste séparément avec l’économie de subsistance depuis la fin du XVIIe siècle. C’est une agriculture spéculative, avec des produits destinés à la vente. Elle renvoie à des activités diverses – céréaliculture, viticulture, élevages, cultures maraîchère et industrielle, etc. – selon les régions. Quoique minoritaire, elle gagne du terrain à mesure que les infrastructures et les villes se développent en France. Lecouteux écrit à raison que l’accroissement des débouchés est le « plus vif stimulant des progrès agricoles » : la hausse des prix incite à produire davantage.

Dans son livre, Lecouteux s’adresse aussi bien aux promoteurs d’un capitalisme agricole qu’aux propriétaires rentiers, d’origine nobiliaire ou bourgeoise, qui possèdent les fonds pour améliorer leurs terres. À compter des années 1820, ces « agriculteurs » fondent des sociétés d’agriculture et des comices agricoles, dans l’objectif d’augmenter leurs revenus et de raffermir leur influence locale. Toutefois, un nombre important de propriétaires fonciers continue à produire du blé par l’intermédiaire de fermiers ou de métayers, car cette culture comporte peu de risques alimentaires et financiers.

La crise finale de l’économie de subsistance

L’identité agricole de la France change durant la décennie 1860. À partir de 1860, année de ratification du traité de libre-échange franco-britannique, le gouvernement de Napoléon III négocie une série d’accords comparables avec d’autres États voisins. Il espère pousser l’industrie française à se moderniser et réduire le coût de l’alimentation pour les citadins. Cette « véritable diplomatie du libre-échange », selon l’historien David Todd, vise à placer la France au centre du commerce mondial.

Dès le milieu des années 1860, la France constitue le noyau d’un espace européen du libre-échange s’étendant de la Scandinavie à la péninsule ibérique. Le secteur agricole, qui produit plus de 50 % de la richesse nationale, est un atout économique de poids. La France est le premier producteur de blé de la planète à cette époque. Les producteurs de céréales et les propriétaires fonciers croient que l’abaissement des tarifs douaniers leur permettra d’exporter leurs récoltes sur le marché britannique. Sauf que la Grande-Bretagne préfère acheter son blé aux États-Unis en raison de leur histoire commune. En parallèle, les meuniers du sud de la France importent des céréales depuis la Russie. Les consommateurs anglais rechignent à boire du vin français, alors qu’à l’origine les viticulteurs comptent sur eux pour écouler leurs surplus. En 1864-1866, les cours des prix du blé et du vin s’effondrent donc sous l’effet de la surproduction. L’agriculture française entre en « crise ».

Celle-ci affecte principalement les élites de la terre dont les revenus dépendent de l’état des marchés : les viticulteurs, les céréaliers capitalistes du Bassin parisien et les propriétaires rentiers qui, bien organisés, manifestent très vite leur mécontentement.

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Ferdinand d’Esterno, À l’Empereur, l’agriculture souffrante, Paris, Guillaumin, 1866. Gallica/BNF

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Pétitions adressées au Sénat par 6186 viticulteurs et propriétaires du Languedoc en 1865. Archives Nationales CC//483/4

Les élites monarchistes hostiles à Napoléon III accusent le libre-échange et la concurrence déloyale d’être responsables des « souffrances agricoles ». Ils estiment que les agriculteurs étrangers produisent avec moins de contraintes fiscales et législatives. Beaucoup d’entre eux font partie d’associations agricoles et s’expriment au nom des millions de cultivateurs français.

Les paysans ne ressentent pourtant pas vraiment cette crise. Le gouvernement réagit de façon inappropriée et défend à tout prix sa politique. Il exhorte les cultivateurs à réduire leurs emblavures (terres ensemencées), à produire de la viande, à mettre en pratique la logique productiviste.

Les autorités et les libre-échangistes croient que l’économie de subsistance est la source de la crise. Le discours gouvernemental n’est que partiellement audible pour les élites en colère. Elles réclament soit un allègement des charges pour être plus compétitives, soit l’instauration de mesures protectionnistes. Alors que ce « malaise temporaire » met à l’épreuve la capacité de résistance des rentiers et des capitalistes du sol, le débat public concourt à en faire une crise d’adaptation du modèle agricole de subsistance aux lois du marché. La politisation de la contestation conduit Napoléon III à ouvrir une vaste enquête, en 1866, dans le but de rechercher et de remédier aux causes de la crise agricole.

L’enquête agricole de 1866-1870 : le triomphe du productivisme ?

L’enquête agricole de 1866-1870 est la plus grande investigation organisée par un État européen au XIXe siècle. Le gouvernement institue des commissions dans chaque département pour auditionner les agriculteurs, mais aussi toutes autres personnes voulant être entendues. Les commissions se composent de notables, c’est-à-dire des nobles ou des bourgeois fortunés et influents auprès des populations rurales. La France des 89 départements est divisée en 28 circonscriptions. Comme il n’existe pas de véritable ministère de l’Agriculture, ce sont des commissaires délégués par le pouvoir et les préfets qui se chargent de superviser l’enquête.

Hamon Anthony, Instruire et interroger l’identité agricole de la France. L’enquête sur situation et les besoins de l’agriculture (1866-1870), thèse de doctorat en histoire sous la direction de Pierre Karila-Cohen, Université Rennes 2, 2023

Distribution des départements en 28 circonscriptions pour l’enquête agricole.

L’administration invite les associations agricoles et les conseils généraux à répondre à un questionnaire de 80 pages.

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Première page du questionnaire général de l’enquête agricole, 161 questions.

Il ne s’agit pas d’établir un tableau complet des campagnes françaises, mais d’inventorier les progrès agricoles réalisés et ceux qui sont encore à effectuer. L’agriculture de subsistance, jugée routinière, n’intéresse pas les enquêteurs, sauf pour la critiquer.

Le gouvernement étend aussi l’enquête à 31 États, répartis sur cinq continents, par l’intermédiaire des diplomates et des consuls. Son objectif est de mener une étude comparative des modèles agricoles étrangers, afin d’évaluer le degré de compétitivité de l’agriculture française. Seul le modèle agricole britannique est valorisé. Les notables ont le monopole de la participation que ce soit en France ou à l’étranger.

Le premier atlas de la France agricole

Les renseignements collectés sont imprimés et rassemblés dans une collection de 38 gros volumes, d’environ 20 000 pages. En 1870, ces données servent pour la confection du premier Atlas de la France agricole comprenant 45 cartes. Les résultats de l’enquête comprennent les revendications des élites agricoles, mais le pouvoir central qui leur promet des réformes préfère temporiser. En 1867, Lecouteux, devenu rédacteur en chef du Journal d’agriculture pratique, appelle les agrariens à former une Société des agriculteurs de France (SAF).

Ce groupe de pression, toujours en activité, constitue pour la première fois une représentation nationale des agriculteurs. Il donnera une impulsion décisive au syndicalisme agricole sous la IIIe République. Dans l’immédiat, la SAF presse Napoléon III de céder aux revendications formulées dans l’enquête. L’empereur accepte seulement de développer l’enseignement agricole afin de freiner l’exode rural et former professionnellement les fils de paysans. Bien que l’enquête révèle la capacité de résistance de la petite exploitation aux aléas du marché, elle préconise l’arrêt du modèle économique de subsistance.

L’enquête de 1866-1870 annonce ainsi la fin de la coexistence pacifique entre celui-ci et le modèle agricole capitaliste. Cela montre que l’État a joué un rôle essentiel dans la transition entre les deux modèles, tout comme il choisit aujourd’hui de tolérer la cohabitation entre l’agriculture « conventionnelle » et l’agriculture biologique.

Mots clefs : histoire agriculture agriculteurs France crises

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Source : https://theconversation.com/agriculture-comment-napoleon-iii-a-permis-le-productivisme-a-la-francaise-222775

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  • Point de vue. « Agriculture et environnement : il est temps de sortir des oppositions stériles » - AFP/ JULIEN DE ROSA - Ouest-France Arnaud ROUSSEAU (FNSEA*). Publié le 11/02/2024 à 07h00 – Document ‘ouest-france.fr’
    Président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau dénonce les polémiques stériles. Il dément que la mise en pause du Plan Ecophyto soit « une reculade de l’agriculture française face au défi environnemental », et rappelle les efforts déjà engagés dans ce domaine.

Arnaud Rousseau, président de la Federation Nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le 28 janvier dernier, pendant les manifestations d’agriculteurs.

Arnaud Rousseau, président de la Federation Nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le 28 janvier dernier, pendant les manifestations d’agriculteurs. |

« Non, les agriculteurs ne sont pas des bandits, des pollueurs, non, les agriculteurs ne torturent pas les animaux » : c’est par ces mots que le Premier Ministre Gabriel Attal entamait le 26 janvier dernier sa première prise de parole publique auprès des agriculteurs français en mobilisation nationale.

Le 4 février dernier, deux jours après la suspension des actions de blocages routiers, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique déclarait dans les pages d’un quotidien national : « l’agriculture est conciliable avec les ambitions écologiques ».

Depuis ces déclarations, très précisément depuis que le gouvernement a annoncé l’ensemble des mesures d’urgence et les ambitions stratégiques pour l’agriculture française, sa dignité et sa compétitivité, les esprits s’échauffent, voyant dans l’annonce de la mise en pause du Plan Ecophyto, une reculade de l’agriculture française face au défi environnemental.

Rappelons ce que l’agriculture française a su faire en 20 ans : 30 % d’utilisation d’eau en moins pour les mêmes rendements, une baisse constante depuis 2011 du recours aux antibiotiques en élevage (- 67 % pour les porcs, - 72 % pour les volailles), une chute de 30 % des traitements fongicides depuis 2020, et le recours aux substances phytosanitaires les plus à risque, appelées CMR1, qui a chuté de 87 % !

Agiter la peur des phytosanitaires pour détourner l’opinion publique de l’écoute des agriculteurs est une attitude qui sévit depuis des années. Et nous ne sommes pas étonnés de la voir revenir au moment où 80 % des Français expriment leur soutien à l’agriculture et aux agriculteurs français. Cette tactique délibérée empêche les démarches constructives et étayées, qu’appellent de leurs vœux les agriculteurs, de se déployer.

Un changement d’état d’esprit doit s’opérer

Un changement d’état d’esprit doit s’opérer dans l’approche de la relation entre agriculture et environnement. La planification écologique l’exige, car ce défi ne sera pas relevé sans la contribution centrale et majeure de l’agriculture. Les agriculteurs l’exigent aussi car ils sont les premiers à subir les conséquences du changement climatique. Produire notre alimentation en France et en Europe, c’est un acte écologique ! Ne cédons pas à l’hypocrite tentation de nous acheter un espace de vie décarboné en Europe en faisant produire à l’autre bout du monde, à bas prix, des aliments qui ne respectent aucune de nos normes de durabilité.

Dans cet objectif,, il faut savoir raison garder : mettre à l’arrêt Ecophyto, ce n’est pas reculer sur l’environnement, c’est se donner le temps de réaligner les objectifs de ce plan avec les trajectoires de préservation de notre environnement et de santé de nos concitoyens. Agriculteurs, pouvoirs publics et commission d’enquête parlementaire dédiée à ce plan arrivent à la même conclusion : l’indicateur qui permet de mesurer l’usage des produits phytosanitaires, le fameux NODU, ne prend en compte que les volumes utilisés, sans distinction entre les produits les plus à risques qui s’utilisent en petites quantités et les solutions de substitution à plus faible impact qui s’utilisent en plus grand volume. Nous ne mesurerons pas les progrès réalisés avec un indicateur qui ne reflète que l’augmentation des doses et pas la réduction du risque.

Thermomètre défaillant

En résumé : les agriculteurs et leurs syndicats sont aujourd’hui accusés d’être réfractaires au changement, alors que c’est le thermomètre de leur engagement qui est défaillant.

Nous ne voulons pas supprimer tout indicateur, bien au contraire : nous demandons qu’en soit choisi un plus précis et reconnu au niveau européen, qui permettra de démontrer l’exemplarité de l’agriculture française en la matière – et d’affirmer la volonté des agriculteurs d’évaluer leur progression environnementale et de s’engager vis-à-vis de leurs concitoyens.

Les polémiques stériles ne servent pas l’environnement, au contraire : elles dégradent la cause qu’elles sont censées servir. Elles alimentent ce « on marche sur la tête » dont les agriculteurs ont fait leur slogan depuis plusieurs semaines.

Nous, agricultrices et agriculteurs, avons toujours préféré la proposition d’action à la posture d’opposition. Face à l’urgence, l’heure est au dialogue plutôt qu’aux invectives. C’est en changeant de logiciel que nous réussirons à concilier l‘indispensable transition écologique et la préservation tout aussi nécessaire d’une agriculture de qualité garante de notre souveraineté.

(*) Président de la FNSEA

Point de vue Réflexion Agriculture FNSEA Transition écologique Politique

Ouest-France : toute l’actualité en direct, l’info en continu en ...

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Source : https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-agriculture-et-environnement-il-est-temps-de-sortir-des-oppositions-steriles-48b6566e-c766-11ee-9a26-b3fe0ec43b85

Ouest-France est un quotidien régional français, édité à Rennes et vendu dans les régions de l’Ouest de la France ainsi qu’à Paris. Il est édité par le groupe Sipa - Ouest-France, propriété de l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste, contrôlée par la famille Hutin. Wikipédia

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  • FNSEA, Coordination rurale, Modef… Quels syndicats représentent les agriculteurs ? - Pascal Charrier, le 26/01/2024 à 14:37 – Document ‘la-croix.com’
    Le monde agricole français, qui attend vendredi 26 janvier 2024 des mesures du gouvernement, compte cinq syndicats représentatifs. Au côté de la puissante FNSEA, quatre autres organisations coexistent : les Jeunes Agriculteurs, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Modef.

FNSEA, Coordination rurale, Modef… Quels syndicats représentent les agriculteurs ?

Le premier ministre Gabriel Attal doit annoncer vendredi 26 janvier 2024 de premières mesures pour répondre aux agriculteurs, qui manifestent depuis une semaine et décideront s’ils continuent, ou non, à bloquer des routes.

À lire aussi Colère des agriculteurs : le président de la FNSEA appelle à poursuivre la mobilisation

Tour d’horizon des cinq syndicats qui représentent le monde agricole en France.

La FNSEA, la force dominante

Créée en 1946, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) reste le plus puissant des syndicats agricoles français. Elle revendique 212.000 adhérents, regroupés dans 20 000 syndicats locaux, 12 fédérations régionales, 95 fédérations départementales et 31 associations spécialisées (céréales, lait, viandes, fruits et légumes, etc…).

À lire aussi« Les agriculteurs ne souffrent pas d’un désamour mais d’une méconnaissance sociale »

La FNSEA est présidée depuis avril 2023 par Arnaud Rousseau, un céréalier de Seine-et-Marne. Elle est arrivée en tête des élections professionnelles dans les chambres d’agriculture en 2019 avec 55,44 % des voix, en faisant des listes communes avec les Jeunes Agriculteurs.

Les Jeunes agriculteurs, alliés de la FNSEA

Fondé en 1957 sous l’impulsion de la Jeunesse agricole catholique, le Centre national des Jeunes Agriculteurs a été renommé Jeunes Agriculteurs (JA) en 2002. Ouvert aux adhérents de moins de 38 ans, ce syndicat œuvre « au service de l’agriculture, des jeunes agriculteurs et de ceux qui souhaitent le devenir »,selon son site Internet.

À lire aussi Agriculteurs : entre panneaux retournés et manifestations locales, une grogne globale

L’organisation revendique 50 000 membres. Proche de la FNSEA, elle a présenté des listes communes avec cette dernière lors des élections professionnelles en 2019. Son président est Arnaud Gaillot, un éleveur de vaches laitières installé dans le Doubs.

La Coordination rurale, la dernière-née des syndicats agricoles

La Coordination rurale est le dernier né des syndicats agricoles français. Elle est apparue en 1991 dans le Gers à l’initiative d’agriculteurs opposés à la réforme de la politique agricole commune, et qui n’attendaient « plus rien » de la FNSEA. Cette coordination d’abord locale s’est transformée en syndicat en 1995.

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Plus radicale dans ses modes d’actions que la FNSEA, et souvent classée plus à droite que cette dernière, la Coordination est aujourd’hui présente dans tout le pays. Deuxième des élections professionnelles au niveau national en 2019 avec 21 % des voix, elle contrôle notamment la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne. Elle est présidée par Véronique Le Floc’h, productrice de lait en Bretagne.

La Confédération paysanne, ancrée à gauche

Arrivée troisième aux élections professionnelles de 2019, la Confédération paysanne est historiquement ancrée à gauche. Elle a été fondée en 1987, notamment par José Bové, avec « l’objectif de donner un espace d’expression aux paysans opposés à la politique agricole productiviste et éliminatoire prônée par la FNSEA et du CNJA ».

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Très investie récemment dansla mobilisation contre les « mégabassines », la Confédération paysanne est arrivée troisième aux élections de 2019 dans les chambres d’agriculture (20 % des voix). Sa secrétaire générale est Véronique Marchesseau, éleveuse en vaches allaitantes dans le Morbihan.

Le Modef, le plus petit

Le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) a été créé en 1959 d’une scission de la FNSEA. Historiquement proche du PCF, il est surtout présent dans le sud de la France, il compte 5 fédérations régionales et est aujourd’hui « le plus petit » des syndicats agricoles. Le Modef a recueilli moins de 2 % aux dernières élections dans les chambres d’agriculture et est présidé par Pierre Thomas, un éleveur bovin de l’Allier.

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Crise agricole Agriculture Élevage Syndicat Crise sociale en France

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Source : https://www.la-croix.com/economie/fnsea-coordination-rurale-confederation-paysanne-quels-syndicats-representent-les-agriculteurs-20240126

La Croix - Journal quotidien - La Croix est un journal quotidien français, fondé en 1883 par la congrégation de religieux catholiques des Augustins de l’Assomption. Le titre qui est la propriété du groupe Bayard Presse depuis sa fondation est en 2023 le sixième quotidien payant de la PQN avec 88 809 copies… - Wikipédia - Propriétaire : Groupe Bayard Presse - Date De Fondation : 1880 - Diffusion : 91 762 ex. (2022, -3,48%) - Directeur de la rédaction : Anne Ponce - Directeur de publication : Pascal Ruffenach - Format : Tabloïd - Genre : Généraliste

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  • Note sur la Confédération paysanne

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La Confédération paysanne est un syndicat agricole français. Elle est membre fondateur de la coordination paysanne européenne, de Via Campesina et d’Attac. La Confédération est classée à gauche… Wikipédia - Création : 29 avril 1987

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  • L’exception agricole française : de gauche à droite... qui propose quoi ? - Mise à jour le 8.02.24 à 15:10 - Anthony CortesFlorent LE DU– Document ‘humanite.fr’ - Décryptage Politique
    La mobilisation paysanne et ses racines très profondes ont consacré l’idée d’engager une « exception agricole » pour sauver notre agriculture. Sauf qu’en fonction de la formation politique, les définitions de ce concept sont, en réalité, très différentes.

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Des agriculteurs lèvent le barrage sur l’autoroute A6 le 2 février 2024 à Chilly Mazarin, au sud de Paris. ©Denis Prezat/ABACAPRESS.COM

Les barrages sont levés, mais tout n’est pas réglé. À quelques mois des élections européennes, la crise agricole a propulsé au premier plan de l’actualité politique une proposition-slogan, « l’exception agriculturelle ». Référence directe au principe d’« exception culturelle » qui encourage la diversité des productions cinématographiques françaises par un système de subventions plutôt que de l’abandonner aux lois du marché, elle revêt en revanche plusieurs définitions selon qui l’exprime, de la gauche à l’extrême droite.

La gauche d’opposition au marché

Du côté de la première, pendant cette crise agricole, François Ruffin, député insoumis de la Somme, a été le premier à dégainer cette cartouche. Dans les colonnes de « Libération », le Picard proclame : « On a sorti la culture des accords de libre-échange : sans cela, il n’y aurait plus de cinéma français, pas de Justine Triet aux Oscars. Il faut faire de même pour l’agriculture : sortir la terre, ses fruits, nos assiettes de la mondialisation ! » Oui, mais comment ? « C’est une crise du marché, une crise du libre-échange, qui réclame une réponse “de gauche“, poursuit-il. Réguler le libre-échange, réguler le marché. La politique agricole commune (PAC) l’a longtemps fait : quotas d’importation, quotas de production, prix minimums, coefficients multiplicateurs… Mais, à Bruxelles comme à Paris, nous avons des ayatollahs de la concurrence. »

Une position qui n’est pas nouvelle dans son camp. En 2022, Jean-Luc Mélenchon (FI) plaidait déjà en faveur d’un refus des accords de libre-échange et de partenariat économique en cours de négociation et la sortie de « ceux déjà négociés par l’UE », mais aussi des prix planchers français « fixés chaque année par le ministère de la Production alimentaire à l’issue d’une conférence sur les prix rassemblant producteurs, fournisseurs et distributeurs ».

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Libre-échange : L’agriculture sacrifiée sur l’autel des accords internationaux ?

Bien avant cette campagne, en 2019, le Parti communiste français portait déjà la possibilité de prendre cette voie, évoquant avant l’heure la nécessité d’une « exception agricole ». À l’époque, Ian Brossat, alors tête de liste du PCF pour les élections européennes, s’engageait pour « la mise en place d’une assurance publique agricole permettant de couvrir les risques climatiques, sanitaires et environnementaux, gérée par les acteurs de l’agriculture et l’État, et non pas par des actionnaires qui ne pensent qu’au profit ». Un volontarisme que l’on retrouve dans leprogramme présidentiel de Fabien Roussel, trois ans plus tard : « Il faut sortir ce secteur des logiques marchandes et instaurer une exception agricole : les biens et services qui visent à assurer nos besoins alimentaires doivent être soustraits du jeu du marché libéral. »

Des intentions que Jonathan Dubrulle, ingénieur agronome et animateur de la commission agriculture du PCF, décrypte : « Cette volonté très ferme d’agir sur les prix et la répartition de la valeur, c’est aussi vouloir renverser les rapports sociaux d’ordre capitaliste, c’est certainement ce qui nous démarque du reste des formations politiques. » Dans le détail, en plus de refuser les accords de libre-échange parce que « les biens agricoles ne peuvent être troqués, en acceptant par exemple l’importation de viande bovine sud-américaine dans l’espoir d’obtenir des marchés publics sur le BTP et les Télécom chez eux », les communistes entendent déterminer les prix à l’échelle nationale à l’occasion de « conférences permanentes territoriales » pour « tendre par une négociation équilibrée, sans rapport de force commercial avec des centrales d’achat en position de force, vers un partage de la valeur ajoutée agro-alimentaire ».

La social-démocratie de la « régulation »

Chez les socialistes, difficile de déterminer une position claire et constante sur la question. Alors qu’en 2020, par une tribune parue dans «  Libération », certains de ses caciques, tel son premier secrétaire,Olivier Faure, ou le sénateur Patrick Kanner, demandaient que « notre pays (défende) auprès des Nations unies la reconnaissance d’une exception agricole et alimentaire », ce n’était plus le cas deux ans plus tard, où cette possibilité était totalement absente du programme de la candidate Anne Hidalgo comme des éléments de langage de ses secrétaires nationaux.

Pour autant, même en 2020, cette « exception » socialiste n’a rien à voir avec celle des communistes ou des insoumis… « Une nouvelle régulation des marchés agricoles, basée sur le ”juste échange”, peut se substituer au dogme du libre-échange, écrivent-ils. Car, comme l’avait souligné Edgard Pisani (ancien ministre de l’Agriculture du général de Gaulle – NDLR), ”le monde aura besoin de toutes les agricultures du monde pour nourrir le monde“. Nous devons inventer une nouvelle génération de traités fondés sur des règles équitables et qui s’inscrivent dans un nouveau multilatéralisme. »

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« Ce qu’on veut c’est un revenu décent » : au péage de Saint-Quentin-Fallavier, les paysans veulent vivre de leur travail

Comment expliquer ces circonvolutions ? « On le dit peut-être parfois autrement, mais on en parle toujours, c’est une constante, évacue Dominique Potier, député du Parti socialiste. Notre position, ce n’est pas de renoncer aux échanges internationaux, mais d’échanger juste ce qu’il faut et de façon équitable. Mais je préfère parler d’exception agriculturelle plutôt qu’agricole, notre proposition n’a pas vocation à être démagogique et souverainiste. »

Une position qui se rapproche de celle des écologistes, qui entendent davantage travailler sur une exception européenne plus que nationale. « Je n’ai pas de problème avec le fait de parler d’exception agricole, mais favoriser une production locale ne doit pas nous faire perdre de vue notre idéal européen, développe Marie Pochon, députée verte de la DrômeOn n’est pas là pour nous mettre en concurrence les uns les autres ou rétablir des frontières. Une exception européenne, c’est travailler à l’harmonisation des normes pour garantir un marché équitable à l’intérieur des frontières de l’UE. »

La droite libérale avance masquée

« Je le dis ici solennellement : il y a et il doit y avoir une exception agricole française. » Depuis l’Assemblée nationale, à l’occasion desa déclaration de politique généralemardi 30 janvier, le premier ministre Gabriel Attal s’est essayé aux grandes annonces, bien que sans contenu, pour le monde agricole. Cette agriculture qui « constitue l’un des fondements de notre identité, de nos traditions », a-t-il assuré, soucieux de brosser dans le sens du poil des paysans qui n’entendent pas revenir au calme. Deux jours plus tard, le premier ministre est revenu à la charge, sans donner davantage de substance à ce concept. « L’exception agricole française, c’est hisser au plus haut (notre) souveraineté, a-t-il déclaré. C’est une question de fierté et d’identité de notre pays. »

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Après sa déclaration de politique générale, Attal attise la colère des agriculteurs

Ce n’est pas la première fois que la Macronie s’empare de la formule. En 2020, Emmanuel Macron affirme : «  La France a une exception agricole qui est forte et qu’il faut défendre. Celle d’une agriculture de terroir avec des exploitations qui sont à taille humaine et avec une production d’alimentation de qualité. » Sauf que, entre le soutien aux méga-bassines, symbole d’une agriculture intensive, les renoncements multiples sur la question des pesticides, et les traités de libre-échange… toute l’action du gouvernement va à rebours de ces paroles creuses. Si les mouvements de blocage ont poussé Emmanuel Macron à engager un bras de fer avec l’Union européenne sur la question du Mercosur, qu’il avait jusqu’ici soutenu, celui-ci a fermé les yeux sur le Ceta, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, ratifié en 2019 par l’Assemblée nationale.

Légèrement à sa droite, « Les Républicains » (LR) n’ont pour leur part jamais utilisé l’expression. Et pour cause. Qui imagine la droite française contester la direction donnée par le Parti populaire européen (PPE) – dont elle est membre – à l’Union européenne ? Avec, pour conséquence, l’écrasement de notre agriculture par la concurrence internationale… D’autant que sur son site, encore aujourd’hui, le PPE n’amorce aucune remise en question : « Le groupe PPE estime que le libre-échange et la mondialisation ont sensiblement amélioré le niveau de vie de la population et réduit la pauvreté au sein de l’UE et à travers le monde. »

L’extrême droite et ses contradictions

Au même titre qu’ils cherchent à récupérer le mouvement des agriculteurs, le Rassemblement national et son président Jordan Bardella tentent de s’approprier depuis deux semaines l’expression d’« exception agriculturelle ». En l’adossant à leurs mots usuels, du « patriotisme économique » à la « défense de cette part inestimable de notre identité française ». Mais le RN est bouré de contradictions. Marine Le Pen et son parti veulent par exemple « un moratoire sur les accords de libre-échange », ce qui n’empêche pas leurs partenaires européens du groupe Identité et Démocratie d’avoir majoritairement voté pour les traités avec la Nouvelle-Zélande, le Chili ou encore le Ceta. Surtout, son « exception agriculturelle » passerait par une « nationalisation de la politique agricole commune ». Qui peut avoir deux issues.

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Comment le RN rêve d’exploiter la colère agricole

Première option : sortir de la PAC, comme le proposait Marine Le Pen en 2017 et l’a suggéré Jordan Bardella le 20 janvier avant de se rétracter. « Ce serait priver les agriculteurs français des aides de l’Union européenne, je ne sais pas comment ils feraient sans », avait alors réagi le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Deuxième option : « Prendre la main sur les aides de la PAC pour mieux les redistribuer », détaille le programme du RN.

Une grande hypocrisie, quand on sait que tous ses eurodéputés ont voté contre le plafonnement des aides qui auraient permis une meilleure répartition, avant de voter pour le texte de la PAC 2023-2027. « Jordan Bardella et les autres ont validé ce système qui fait que 80 % des subventions vont aux plus gros exploitants, sans par ailleurs de prix garantis pour les paysans et sans encadrement des marges de la grande distribution », détaille l’eurodéputée FI Manon Aubry.

Là où le Rassemblement national est constant, en revanche, c’est sur son attaque démagogique de« l’idéologie de l’écologie punitive »https://www.humanite.fr/politique/e...et de la « tyrannie des ONG », que Jordan Bardella tient pour « responsables » de la situation des paysans français. En clair, l’extrême droite ne veut pas de mesures écologiques tout court, votant contre l’interdiction du glyphosate, la réduction des pesticides, et soutenant sans condition le modèle agricole productiviste.

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Source : https://www.humanite.fr/politique/agriculture/lexception-agricole-francaise-de-gauche-a-droite-qui-propose-quoi

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  • Agriculture, Alimentation : missions d’intérêt général - La chronique de Patrick Le Hyaric - Mise à jour le 6.02.24 à 15:21 – Document ‘humanite.fr’ - Chronique

La mise en pause du mouvement d’actions paysannes fomentée par le syndicat co-gestionnaire des politiques agricoles favorables aux plus grosses exploitations et aux firmes de l’agro-business se fait dans l’amertume et dans la douleur.

L’angoisse et la détresse sont loin d’avoir disparu. Tous les travailleurs-paysans savent que le pouvoir n’a pas répondu aux problèmes fondamentaux auxquels ils sont violemment confrontés.

Usant de toutes ses forces et de toute sa ruse, le gouvernement s’est refusé à traiter les deux questions principales auxquelles sont confrontés les travailleurs-paysans : les prix rémunérateurs du travail et des investissements nécessaires à la production agricole ainsi que le désendettement indispensable pour donner de l’air aux petits et moyens exploitants agricoles.

Un marché mondial alimentaire de plus de 8.000 milliards de dollars.

Aborder ces enjeux revient à mettre en cause le pouvoir exorbitant des grandes firmes agro-industrielles qui pilotent la production agricole et alimentaire. Autrement dit le capitalisme le plus dur enserrant le travail agricole dans ses féroces tenailles tout en surexploitant les ouvriers dans ses usines. Il n’a, lui qu’une seule norme ! Le profit le plus élevé possible au détriment de la petite paysannerie qui doit travailler de plus en plus dur, des salariés de l’industrie de la transformation et de la distribution, des petites et moyennes entreprises qu’elles prennent au garrot, et des consommateurs au pouvoir d’achat toujours plus compressé pour une alimentation de qualité moindre.

Le débat autour des « normes » cache fondamentalement la protection de la minorité des grosses exploitations et la grande industrie fournisseuse et acheteuse de la production agricole. Celle-ci est de plus en plus concentrée, mondialisée et financiarisée. Elle surfe sur un marché mondial alimentaire de plus de 8 000 milliards de dollars.

Le commerce mondial de céréales est assuré par seulement quatre grandes compagnies géantes aussi puissantes que nombre d’États : Archer Daniels Midland, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus. Non content de contrôler 90 % du commerce mondial des céréales, ces transnationales s’accaparent désormais des terres, fournissent semences et engrais aux fermiers, achètent leurs céréales puis les transportent par bateaux, les stockent et les revendent sur des marchés boursiers. (Bourse de Chicago et Euronext). Le secteur des fruits tropicaux est dominé par trois grands groupes (Dole, Del-Monte, United Fruit). Il en est de même dans le secteur du lait ou quelques grands groupes dont Lactalis, Danone, Nestlé font la pluie et le beau temps. Lactalis paie ce mois-ci le litre de lait à peine 0,40 centime à la ferme et le revend 1,30 euro. L’industrie de la chimie et des engrais s’approprie les marchés des semences en la liant aux biotechnologies (Bayer-Monsanto, Limagrain, Adventis, Sakata) ; de la santé animale et végétale liée à la chimie fine (Bayer, le fabricant de Glyphosate). La même stratégie est à l’œuvre dans le secteur des pêches maritimes ou des armateurs internationaux font naviguer sur nos mers des bateaux-usines qui écrasent la pêche artisanale et détruisent la ressource en poissons tout en raclant le fond des mers.

Le système alimentaire mondial est dominé par, à peine une quarantaine de très grandes firmes multinationales. Les fonds financiers y investissent massivement. Leur préoccupation n’est donc ni le sort des petits paysans, ni des pêcheurs, ni celui des citoyens-consommateurs, ni la souveraineté alimentaire, ni la vie rurale, ni la santé humaine et animale, ni la biodiversité, ni le climat.

Leur seul souci est la rentabilité maximum du capital à court terme. C’est pour leur permettre d’atteindre ces objectifs que les gouvernements et les institutions internationales – de l’Union européenne à l’Organisation mondiale du commerce, en passant par le Fonds monétaire international – ont dérégulé les marchés et les prix. Quand il place un pays sous un plan d’ajustement structurel, le fonds monétaire international n’hésite pas à exiger de celui-ci d’abandonner son agriculture nourricière au profit de cultures d’exportation pour rembourser des prêts et d’astronomiques intérêts de la dette. C’est la famine dans le pays en question, mais la fête pour les fonds financiers.

Ce débat est caché. Or, il y a bien une incompatibilité majeure, un antagonisme fondamental entre cet objectif cannibale et la sécurité alimentaire mondiale, la souveraineté alimentaire des pays et des peuples, la protection de l’environnement. Autrement dit, il y a bien une contradiction fondamentale entre le grand capital internationalisé et l’alimentation, la vie paysanne et la biodiversité. La contradiction entre le combat contre la faim et les dégradations de la qualité alimentaire source de redoutables maladies comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires et des cancers est antagonique avec le capitalisme. Tel devrait être le débat que devrait porter avec force le mouvement progressiste de transformation sociale et écologique. Doit – on laisser ce système maitriser « l’arme alimentaire » théorisée aux États-Unis ?

Une carte blanche donnée à la firme Bayer qui fabrique le glyphosate

C’est d’abord pour protéger ce capital que les gouvernements successifs et les instances européennes ont détruit les mécanismes de prix de base intra-communautaire et que le Premier ministre met fin au plan dit « Écophyto ». Ce plan visait à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2030. C’est une carte blanche donnée à la firme Bayer qui fabrique le glyphosate qui fait monter ses profits à mesure que l’infertilité et les maladies chroniques augmentent dans la population, que près du tiers de nos concitoyens reçoivent une eau ne répondant pas aux critères de qualité pour cause de pesticides et de métaboliques.

Prendre une telle décision, au moment où est constatée la disparition de 60 % des oiseaux des champs et 80 % de la biomasse des insectes est totalement irresponsable.

Pire encore, pour ne pas avoir à contredire la grande firme de l’agrochimie le Premier ministre veut affaiblir ou démanteler l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (anses) chargé d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux des pesticides avant de leur donner l’autorisation ou non de mise sur le marché.

La décision de surseoir aux 4 % de jachères vise à permettre aux plus gros céréaliers d’intensifier encore leur production pour qu’ils soient mieux placés dans la guerre économique mondiale.

Le détricotage des dispositifs agri-environnementaux va être payé très cher par les paysans eux-mêmes alors qu’ils sont déjà victimes de maladies nouvelles, victimes des modifications climatiques et du manque d’eau dans certaines régions.

Malgré les belles, mais hypocrites paroles du Premier ministre, le gouvernement ne se place pas du côté des travailleurs-paysans sinon il légiférerait pour modifier le rapport des forces en leur faveur en faisant remonter les prix à la production tout en relevant les salaires et les retraites, et en cherchant les voies d’un désendettement des fermes.

La remise sur pied d’offices nationaux et européens par production permettrait de déterminer un prix de base pour une quantité donnée de production. Au-delà de cette quantité à fixer entre l’État et les organisations professionnelles, les prix seraient dégressifs. Et, le « coefficient multiplicateur » qui permet de mesurer l’écart entre le prix d’achat à la ferme et le prix de vente serait réduit à 1,5 ou 2. En complément, les crédits publics seraient octroyés selon le travail humain et non plus à la surface afin de rémunérer l’apport des paysans à la valorisation des biens communs (qualité de l’eau, biodiversité, valorisation des paysages, qualité alimentaire).

Pour ne pas contrarier le secteur bancaire, le gouvernement ne dit mot sur l’absolue nécessité d’un plan structurel de désendettement des paysans-travailleurs. Celui-ci pourrait se faire en échange d’une bifurcation des systèmes de production agroécologique, réduisant progressivement l’utilisation des intrants chimiques et les engrais azotés de synthèse, recourant à une diversité de variétés végétales et de races animales plus adaptées aux terroirs.

« La clause de sauvegarde sanitaire »

Une telle orientation impliquerait un plan européen inédit mobilisant notamment la banque centrale européenne pour annuler des dettes et financer un audacieux projet d’installation d’au moins 500 000 jeunes agriculteurs se dotant de projets de développement rural et environnemental. Il n’y aura pas de souveraineté alimentaire sans une telle audace. En ce sens, la politique agricole européenne devrait devenir une politique agro-écologique et alimentaire commune. (Nouvelle PAC).

Cela conduirait les institutions européennes à réviser tous les traités de libre-échange et en tout état de cause à déclencher « la clause de sauvegarde sanitaire » afin d’empêcher des importations de produits alimentaires produits dans des conditions sanitaires et environnementales non conformes au droit européen.

Le pouvoir et les grands médias se sont évertués à dépolitiser les causes des souffrances dans nos campagnes, pour éviter de tourner les regards sur les choix politiques fondamentaux depuis près d’un demi-siècle en faveur du grand capital de l’agrochimie et de l’agro-alimentaire. Ce système creuse ses propres contradictions. C’est lui, qui est directement mis en cause dans le mouvement paysan qui aurait intérêt avec tous les salariés et les retraités à s’unir pour penser le nécessaire « après capitalisme » qui frappe de mille manières à la porte.

Cela appelle à faire de la production alimentaire un bien commun et une mission d’intérêt général et l’accès à l’alimentation pour toutes et tous un droit fondamental.

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Combiner écologie et agriculture aurait des bénéfices pour les agriculteurs et l’ensemble de la société. Photo d’Akin Cakiner sur Unsplash

En plein débat sur le mal-être des agriculteurs, un collectif d’une soixantaine de chercheurs publie un rapport inédit sur les bénéfices de la transition écologique pour l’agriculture. Celle-ci permettrait d’économiser près de 10 000 milliards de dollars par an dans le monde, et de revaloriser les conditions de vie des agriculteurs. Les principaux enseignements résumés dans une infographie.

Article à lire sur ce site : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/agriculture/isr-rse/ecologie-agriculture-benefices-sante-environnement-scientifiques-152083.html?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=remaniement-annee-la-plus-chaude-tout-lor-du-plastique-le-recap-du-9-fevrier-146

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  • Des économistes calculent une opportunité de plusieurs milliards (billions) de dollars pour réparer le système alimentaire mondial défaillant – Traductions du 12 février 2024 par Jacques Hallard d’une étude diffusée par ‘eatforum.org’ et intitulée Economists calculate multi-trillion dollar opportunity to fix the broken global food system  ; référence : https://eatforum.org/learn-and-discover/fsec-global-policy-report/
    Dans une étude qui est la plus ambitieuse de l’économie du système alimentaire à ce jour, d’éminents économistes et scientifiques expliquent comment les coûts cachés du système alimentaire mondial continueront d’augmenter à l’avenir à moins que nous ne voyions des changements majeurs dans les politiques et les pratiques.

La transformation des systèmes alimentaires mondiaux pourrait générer 5 à 10 billions de dollars d’avantages économiques chaque année.

Les systèmes alimentaires détruisent actuellement plus de valeur qu’ils n’en créent – avec des politiques inefficaces et fragmentées entraînant des coûts cachés pour la santé et l’environnement de plus de 10 billions de dollars par an.

La réparation des systèmes alimentaires nécessite une refonte des politiques du système alimentaire, des investissements dans l’innovation et la possibilité pour les gens de manger des régimes alimentaires plus sains et plus durables sur le plan environnemental.

Le coût de la transformation est faible par rapport à ses avantages de plusieurs billions de dollars.

La nouvelle modélisation économique révèle que les systèmes alimentaires sont un moyen particulièrement puissant de faire face simultanément aux urgences climatiques, naturelles et sanitaires mondiales – tout en offrant une vie meilleure à des centaines de millions de personnes. Le système alimentaire mondial fait le travail crucial de production et de distribution de nourriture à une population croissante, mais ses coûts cachés – causés par la dénutrition, la perte de productivité et les dommages environnementaux – sont actuellement estimés à 10% du PIB mondial par an, soit plus que la contribution du système aux économies.

Dans l’étude la plus ambitieuse de l’économie du système alimentaire à ce jour, d’éminents économistes et scientifiques de la Food System Economics Commission (FSEC) expliquent comment les coûts cachés du système alimentaire mondial continueront d’augmenter à l’avenir à moins que nous ne voyions des changements majeurs dans les politiques et les pratiques. Ils montrent comment la transformation du système alimentaire mondial pourrait plutôt présenter une opportunité pouvant atteindre 10 billions de dollars par an et comment les coûts d’accès à cette opportunité sont relativement faibles par rapport aux avantages potentiels.

Possibilité de transformer les coûts en contribution

FSEC – une initiative conjointe de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam (PIK), de la Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres (FOLU) et de EAT – a réuni d’éminents experts en économie du changement climatique, de la santé, de la nutrition, de l’agriculture et des ressources naturelles pour développer un modèle économique unique. Il fournit la modélisation la plus complète des impacts de deux futurs possibles pour le système alimentaire mondial à ce jour : notre trajectoire actuelle des tendances et la trajectoire de transformation du Système alimentaire.

Selon les tendances actuelles, d’ici 2050, l’insécurité alimentaire laissera 640 millions de personnes (dont 121 millions d’enfants) en insuffisance pondérale dans certaines régions du monde, tandis que l’obésité augmentera de 70% à l’échelle mondiale.

Les systèmes alimentaires continueront de générer un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui contribuera à un réchauffement de 2,7 degrés d’ici la fin du siècle par rapport aux périodes préindustrielles. La production alimentaire deviendra de plus en plus vulnérable au changement climatique, la probabilité d’événements extrêmes augmentant considérablement.

Cependant, la FSEC constate également que le système alimentaire peut plutôt contribuer de manière significative aux économies et apporter des solutions aux défis sanitaires et climatiques. Dans la voie de la transformation du système alimentaire, les économistes modélisent que d’ici 2050, de meilleures politiques et pratiques pourraient conduire à l’éradication de la dénutrition et à un cumul de 174 millions de vies sauvées de décès prématurés dus à des maladies chroniques liées à l’alimentation.

Les systèmes alimentaires pourraient devenir des puits nets de carbone d’ici 2040, contribuant à limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 degré d’ici la fin du siècle, protégeant 1,4 milliard d’hectares supplémentaires de terres, réduisant de près de moitié l’excédent d’azote provenant de l’agriculture et inversant la perte de biodiversité. De plus, 400 millions de travailleurs agricoles à travers le monde pourraient bénéficier d’un revenu suffisant.

Le FSEC a également quantifié le coût de la réalisation de cette transformation-estimé à l’équivalent de 0,2 à 0,4% du PIB mondial par an – ce qui est faible par rapport aux avantages de plusieurs billions de dollars qu’elle pourrait apporter.

Johan Rockström, directeur de la FSEC et directeur du PIK, a déclaré : ’Les coûts de l’inaction pour transformer le système alimentaire brisé dépasseront probablement les estimations de cette évaluation, étant donné que le monde continue d’évoluer rapidement sur une voie extrêmement dangereuse par laquelle il est susceptible non seulement de dépasser la limite de 1,5°C, mais aussi de faire face à des décennies de dépassement, avant de potentiellement revenir à 1,5°C d’ici la fin de ce siècle.

Un dépassement, même de 0,1 à 0,3 degré, entraînera des coûts sociaux massifs à travers le monde. De plus, la seule façon de revenir à 1,5°C est d’éliminer progressivement les combustibles fossiles, de garder la nature intacte et de faire passer les systèmes alimentaires de la source au puits de gaz à effet de serre. Le système alimentaire mondial tient ainsi l’avenir de l’humanité sur Terre entre ses mains.”

Émissions mondiales d’équivalent CO2 des systèmes alimentaires par an, sur la trajectoire des tendances actuelles (ligne rouge) par rapport à la trajectoire de transformation. (Page 39 du rapport)

Décès prématurés mondiaux attribuables aux systèmes alimentaires par an, sur la voie des tendances actuelles (ligne rouge) par rapport à la voie de transformation. (Page 42 du rapport)

L’état actuel des systèmes alimentaires

Ces résultats font suite à un récent rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a attiré une attention renouvelée sur les coûts cachés des systèmes alimentaires actuels – y compris les régimes alimentaires malsains, la sous-alimentation et les dommages environnementaux. Le Rapport sur les politiques mondiales de la FSEC montre qu’il est possible de réduire ces coûts grâce à une combinaison de politiques et d’incitations ambitieuses.

Cependant, de nombreux gouvernements n’ont actuellement pas de stratégie cohérente pour le système alimentaire et financent plutôt un ensemble fragmenté et souvent contradictoire d’incitations et de réglementations. La responsabilité des systèmes alimentaires est souvent répartie entre de nombreux ministères différents, et les incitations existantes vont souvent à l’encontre des résultats en matière de santé et de nutrition, plutôt qu’à leur égard.

Le Dr Ottmar Edenhofer, coprésident de la FSEC et directeur du PIK, a déclaré : ’Plutôt que d’hypothéquer notre avenir et d’accumuler des coûts croissants que nous devrons payer en bout de ligne, les décideurs doivent relever de front le défi du système alimentaire et apporter les changements qui en tireront d’énormes avantages à court et à long terme à l’échelle mondiale. Ce rapport devrait ouvrir une conversation indispensable entre les principales parties prenantes sur la manière dont nous pouvons accéder à ces avantages sans laisser personne de côté.”

La Voie de la Transformation du Système Alimentaire

Le nouveau rapport sur les politiques mondiales de la FSEC décrit cinq grands domaines d’action – de l’innovation technologique aux incitations politiques – pour parvenir à la transformation du système alimentaire d’ici 2050. Il appelle à l’élaboration de stratégies nationales de transformation des systèmes alimentaires, tout en soulignant que les défis et les solutions varient considérablement d’un pays à l’autre.

Ces stratégies devraient inclure :

Des incitations politiques pour l’agriculture et l’industrie alimentaire, en taxant la production des aliments les plus dommageables et non durables, et en orientant les revenus pour rendre les aliments sains plus abordables pour les ménages à faible revenu. Cela pourrait inclure, par exemple, la taxation de la pollution par le carbone et l’azote dans la production alimentaire.

Réaligner les subventions à l’agriculture et à l’industrie alimentaire, en aidant les producteurs à réorienter leur production vers des aliments sains et des pratiques durables. De nombreuses subventions – telles que les paiements directs non ciblés - nuisent actuellement aux résultats en matière de santé et d’environnement et pourraient être réaffectées.

Encourager des régimes alimentaires plus sains et plus durables, adaptés aux besoins locaux. Il n’y a pas d’approche “universelle”, et les solutions consisteront notamment à réduire la consommation de produits d’origine animale dans de nombreuses régions du monde, tout en en augmentant l’accès dans d’autres, pour lutter contre la dénutrition.

Investir dans l’innovation pour développer de nouvelles technologies agricoles et élargir l’accessibilité des technologies existantes, afin de soutenir les petits agriculteurs. La diffusion des technologies – telles que la télédétection, les capteurs sur le terrain et les applications d’accès au marché-peut rendre l’agriculture radicalement plus efficace et soutenir les producteurs, tout en réduisant les émissions.

Veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte, en atténuant de manière proactive les répercussions potentielles telles que l’augmentation des prix des denrées alimentaires et les pertes d’emplois. Ces mesures d’atténuation pourraient inclure des subventions directes et un soutien à la fois pour les agriculteurs et les consommateurs, ainsi que des investissements ciblés dans les infrastructures productives, les compétences et l’accès au financement pour les personnes les plus vulnérables, telles que les agricultrices.

Gunhild Stordalen, directrice de la FSEC et présidente exécutive de l’EAT, a déclaré : ’Le système alimentaire a un immense potentiel en tant que médecine préventive pour les personnes et la planète, mais il cause actuellement des dommages étendus. Pour éviter cette tragédie, les décideurs mondiaux doivent réorganiser des politiques et des réglementations fragmentées, en utilisant le pouvoir du système alimentaire pour un changement positif. Le FSEC offre une justification économique urgente et fournit aux décideurs politiques et économiques les preuves nécessaires pour transformer les systèmes alimentaires et d’utilisation des terres.”

Morgan Gillespy, directeur exécutif de la Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres, a déclaré : “Au milieu de projections alarmantes d’insécurité alimentaire accrue, de problèmes de santé liés à l’alimentation et d’impact climatique, cette nouvelle analyse renforce non seulement les arguments en faveur de la transformation de nos systèmes alimentaires, mais définit une voie claire à suivre. D’ici 2050, nous pouvons réduire considérablement la dénutrition, transformer les systèmes alimentaires en puits nets de carbone, protéger 1,4 milliard d’hectares de terres et élever 400 millions de travailleurs agricoles dans le monde. Maintenant, l’avenir dépend de notre engagement collectif en faveur d’un changement significatif.”

Télécharger le rapport complet en anglais > Download the full report HERE

EAT - The science-based global platform for food system transformation

Source : https://eatforum.org/learn-and-discover/fsec-global-policy-report/

À propos de EAT - EAT est la plate-forme mondiale scientifique pour la transformation du système alimentaire.

Notre objectif : EAT est une organisation à but non lucratif dédiée à la transformation de notre système alimentaire mondial grâce à une science solide, à des perturbations impatientes et à de nouveaux partenariats.

Notre personnel - Nos employés sont notre plus grande force. L’EAT est régie et gérée par un conseil d’administration, tandis que le conseil consultatif fournit des conseils stratégiques à la direction.

Nos partenaires - EAT s’associe à un éventail de fondations, d’institutions universitaires, d’organisations et d’entreprises avec lesquelles nous collaborons sur des programmes et qui fournissent des conseils stratégiques, des connaissances et un soutien financier à EAT.

Source : https://eatforum.org/about/

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Le 29 janvier 2024, d’éminents experts de la Food System Economics Commission (FSEC) ont dévoilé un nouveau modèle économique qui cartographie les incidences de deux futurs possibles pour le système alimentaire mondial.

​La Food System Economics Commission (FSEC) est une commission universitaire indépendante créée pour doter les décideurs politiques et économiques d’outils et de preuves pour faire évoluer les systèmes d’alimentation et d’utilisation des terres.

Qui nous sommes - La commission rassemble un groupe d’experts de renommée mondiale sur l’économie du changement climatique, la santé, la nutrition, l’agriculture et les ressources naturelles.

Ce que nous faisons - La Commission d’économie du système alimentaire est une initiative conjointe qui rassemble 21 commissaires de 19 institutions mondiales. L’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat et la Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres sont des partenaires de recherche principaux et EAT est le principal partenaire de communication et d’engagement.

L’inclusion en tant qu’objectif clef de la transformation des systèmes alimentaires

Informations sur les intrants 03.03.2022

Le nouveau cadre de transformation du système alimentaire intégra la modélisation du système alimentaire par une analyse des politiques

Informations sur les intrants 21.12.2021

Nos bailleurs de fonds - La Commission d’économie du système alimentaire a été rendue possible grâce à l’appui généreux du Wellcome Trust, de la Fondation Rockefeller, de la Fondation IKEA, de l’Initiative internationale norvégienne pour le climat et les forêts (NICFI) et de la Fondation pour le climat de la quadrature.

Nos partenaires - La Food System Economics Commission est une initiative conjointe de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat, de la Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres et de l’utilisation des terres et de l’EAT. L’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat et la Coalition pour l’alimentation et l’utilisation des terres sont des partenaires de recherche principaux et EAT est le principal partenaire de communication et d’engagement.

Les coûts cachés de la nourriture accumulée depuis la signature de l’accord de Paris en 2016 : 120 797 261 552 299 $/an !

Le compteur montre les coûts cachés accumulés de nos systèmes alimentaires actuels depuis la signature de l’accord de Paris en 2016, en tenant compte des émissions de gaz à effet de serre, de l’utilisation de l’eau bleue, de la conversion de l’utilisation des terres, des émissions d’azote, de la sous-alimentation, de la pauvreté et des régimes alimentaires insalubres…

Liens rapides : Qui nous sommes - Contactez-nous - FAQ

Juridique : Politique de protection de la vie privée Accessibilité Termes et conditions

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Commission économique du système alimentaire 2024

Source : https://foodsystemeconomics.org/

Food System Economics Commission - Security & Sustainability

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Dernière minute - Objet : Colère des agriculteurs : « Le temps est venu de produire d’abord pour nous nourrir et non pour alimenter les marchés internationaux »

Le Monde (site web) - idees, samedi 10 février 2024 - 06:00 UTC +0100 1045 mots

Auteurs : Ivar Ekeland, Dominique Méda et Philippe Pointereau

Malgré une importante surface agricole utile rapportée à ses habitants et une balance agroalimentaire positive, la France est loin de la souveraineté alimentaire, constatent les universitaires Ivar Ekeland, Dominique Méda et Philippe Pointereau, dans une tribune au « Monde ».

On a beaucoup parlé de souveraineté alimentaire ces derniers temps. La réponse du gouvernement aux revendications des agriculteurs a été de mettre en sommeil les réglementations sur les pesticides et les taxations sur le carbone, notamment la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, dans le but de favoriser une agriculture productiviste, prétendument destinée à nourrir la France. Mais si la majeure partie de cette production allait en fait à l’exportation ?

L’agriculture française et son industrie agroalimentaire n’ont eu de cesse de conquérir les marchés mondiaux, notamment dans les domaines des vins et spiritueux, des céréales, du sucre et des produits laitiers. Nos échanges n’ont cessé de croître et les deux courbes import-export sont parallèles : plus on importe et plus on exporte !

Dans ce petit jeu, il y a des gagnants et des perdants. Les gagnants sont les productions citées, et plus particulièrement les vins et spiritueux, qui, à eux seuls, en 2022, représentaient en valeur 25 % de nos exportations. Les perdants sont les viandes (moutons, poulets) et les fruits et légumes. Difficile de rivaliser avec la Nouvelle-Zélande pour l’agneau, avec le Brésil pour le poulet standard et avec le Maroc ou l’Espagne pour les fruits et légumes.

Le résultat est qu’environ un tiers de notre alimentation est aujourd’hui importé : bien sûr les produits tropicaux que nous ne pouvons produire en dehors des territoires d’outre-mer, café, cacao, épices, huile de palme ou d’arachide, banane ou avocat, mais aussi les agrumes, le soja, la moitié de nos fruits et légumes, du riz, de l’huile d’olive, de nombreuses viandes et beaucoup de poissons. Ces flux importants sont aujourd’hui perturbés par les guerres, le prix croissant de l’énergie, qui augmente les coûts de transport, et de plus en plus par le changement climatique. Le Maroc ou l’Espagne pourront-ils continuer à exporter des fruits et légumes, alors que l’eau commence à manquer ?

Changer de direction

Malgré une importante surface agricole utile rapportée à ses habitants (4 300 mètres carrés contre 1 320 mètres carrés pour l’Inde ou 440 mètres carrés pour l’Egypte, par exemple) et en dépit d’une balance agroalimentaire positive – 10 milliards d’euros en 2022, soit 12 % de nos exportations –, la France est donc bien loin d’être souveraine pour son alimentation. On l’a constaté lors de la crise liée au Covid-19, où il y a eu une pénurie d’huile de tournesol, alors même que la France produit la quantité qu’elle consomme. La réalité est que la France ne nourrit pas bien sa population : d’après une récente étude du Crédoc, 16 % des Français ne mangent pas à leur faim, soit plus de 11 millions de personnes.

Et n’oublions pas non plus que la France mobilise de nombreuses terres pour satisfaire des besoins non alimentaires, comme le coton pour nos vêtements, l’hévéa pour fabriquer nos pneus ou la biomasse utilisée comme carburant. Le tout dans un contexte de croissance de notre population, de perte de terres agricoles et de baisse de rendement liée au climat.

Le temps est venu de changer de direction et de produire d’abord pour nous nourrir et non d’abord pour alimenter les marchés internationaux. De nombreuses collectivités de toute taille, Montpellier, Bordeaux, Rennes, le département de la Dordogne ou la ville de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), se sont engagées dans des plans alimentaires territoriaux qui cherchent à satisfaire les besoins alimentaires sur des bases locales, en utilisant notamment le levier de la restauration collective.

La relocalisation et la diversification de notre agriculture doivent s’accompagner d’un changement des pratiques agricoles vers l’agroécologie pour restaurer la qualité de nos masses d’eau, la santé de nos sols, la biodiversité, qui est l’auxiliaire gratuit de l’agriculture, nos paysages ruraux si chers aux touristes et aux habitants. L’agroécologie est un atout pour cette transition, alors qu’elle constitue le plus souvent une contrainte sur les marchés mondialisés.

Modifier notre assiette

Il nous faut aussi modifier notre assiette vers le fait maison, le végétal et le biologique pour reconquérir la santé de nos populations. Réduire notre consommation de viande provenant d’élevages industriels élevés hors-sol et nourris avec des céréales et du soja économisera des terres arables. Cette marge nous aidera à conserver notre autosuffisance alimentaire tout en gardant la capacité d’exporter des céréales vers des pays qui en ont besoin, comme l’Egypte.

Si le consommateur a un rôle majeur à jouer dans ses choix alimentaires en privilégiant le local, les produits de qualité et les produits de saison, cette transition ne se fera pas sans une politique volontariste de résilience réelle de la part de l’Europe, de l’Etat et des collectivités.

La restauration collective de qualité, les épiceries solidaires et les initiatives portant sur la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation et du bien-manger sont autant de leviers pour répondre aux besoins des populations dont le budget alimentaire est plus que contraint. Le ministère de la santé doit faire connaître et appliquer son Programme national nutrition santé. Les collectivités doivent sauvegarder des outils de transformation (abattoirs, ateliers de découpe, moulins, huileries, légumeries).

Le ministère de l’agriculture doit renforcer son soutien aux produits de qualité (bio, AOP, Label rouge), intégrer les paiements pour services environnementaux dans la politique agricole commune, et appliquer les différents volets de la loi EGalim. Il s’agit de sécuriser le revenu des agriculteurs à travers des contrats pluriannuels et des prix négociés plutôt que de risquer la disparition de nombreuses productions menacées par des accords de libre-échange. Un pays dont l’agriculture est commandée par les marchés internationaux a perdu sa souveraineté alimentaire.

Ivar Ekeland est économiste et mathématicien ; Dominique Méda est philosophe et sociologue, présidente de l’Institut Veblen ; Philippe Pointereau est agronome, auteur du livre « Le Pouvoir de notre assiette » (Utopia, 2023).

Cet article est paru dans Le Monde (site web)

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 12/02/2024

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

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