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"Une transition énergétique pour favoriser et valoriser les énergies renouvelables et baisser la consommation d’énergie : « une manière de procrastiner » et « pour une sobriété sans transition » (J.-B. Fressoz)" par Jacques Hallard

lundi 12 février 2024, par Hallard Jacques



ISIAS Transition Energie Fressoz

Une transition énergétique pour favoriser et valoriser les énergies renouvelables et baisser la consommation d’énergie : « une manière de procrastiner » et « pour une sobriété sans transition » (J.-B. Fressoz)

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 11/02/2024

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Un brin d’humour et quelques définitions d’entrée de jeu, dans un esprit didactique

Comment j’ai raté ma transition… (Et pourtant j’étais bien ...

« La transition serait-elle une stratégie d’évitement plutôt qu’une rupture radicale ? A qui profite l’injonction à se réinventer avec des énergies renouvelables ? » - 02 octobre 2020 – Source : https://reporterre.net/conference-gesticulee-Comment-j-ai-rate-ma-transition-Et-pourtant-j-etais-bien-informe

Procrastiner - La procrastination est une tendance à remettre systématiquement à plus tard des actions, qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non… - Wikipédia

Quand parle-t-on de transition ? - Au sens premier, une transition est un passage d’un état à un autre. On peut l’envisager un peu plus précisément comme un changement systémique qui entraîne de profondes recompositions spatiales. La transition connote l’idée de progressivité, de changement graduel ; mais une transition peut aussi comporter des ruptures… 24 avril 2023.

Transition énergétique - La transition énergétique est à la fois l’évolution passée de la répartition des sources d’énergie consommées sur la planète et, pour l’avenir, l’objectif politique et technique d’une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l’énergie…- Wikipédia

Voir par exemple la version officielle en France :

La transition énergétique en France ecologie.gouv.fr- « La programmation pluriannuelle de l’énergie dessine le chemin que la politique énergétique va suivre au cours de la décennie à venir....

Transition écologique – Le concept de transition écologique, élaboré par Rob Hopkins1, regroupe un ensemble de principes et de pratiques formés à partir des expérimentations et des observations d’individus, de groupes, de villages, villes ou communes, lorsqu’ils ont commencé à travailler sur les problématiques de résilience communautaire, d’économie en boucle et de réduction des émissions de CO2.

Ces principes ont été déclinés dans les domaines de l’agriculture (permaculture), des usages dans les villes (avec le mouvement des villes en transition) ou plus généralement avec le principe écologique de résilience.

En France :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b4/Emploi_%C3%A9coactivit%C3%A9s_2012.jpg/290px-Emploi_%C3%A9coactivit%C3%A9s_2012.jpg

La transition écologique passe notamment par la formation et les métiers de l’environnement. Courbe de l’emploi dans le domaine des éco-activités (en France, d’après le SOeS)2.

Transition énergétique - Après la première et la seconde révolution industrielle, respectivement fondées en grande partie sur l’exploitation des ressources naturelles (sols, poissons, forêts, charbon puis pétrole qui ont été largement surexploités et/ou ont posé des problèmes de pollution et de dérèglement climatique), « une nouvelle transition énergétique est nécessaire »3. « En effet, les ressources énergétiques pour répondre à cette consommation, qui sont à 80 % des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), sont à la fois épuisables, inégalement réparties, tendanciellement de plus en plus chères et première cause du réchauffement climatique3. »

En 2013, un groupe d’experts a proposé comme définition de la transition énergétique : « Aller vers un modèle énergétique qui permette de satisfaire de manière durable, équitable et sûre (pour les hommes et leur environnement) les besoins en énergie des citoyens et de l’économie française dans une société sobre en ressources naturelles, en énergie et en carbone », et identifie de nombreux enjeux (mix énergétique, politique industrielle, compétitivité et emplois, maîtrise de la demande d’énergie, consommation des ménages, justice sociale et précarité, questions climat-énergie sûreté, impacts environnementaux et sanitaires, sécurité d’approvisionnement et balance commerciale, prix, coût, fiscalité et financement, cohérence macro-économique, gouvernance)4.

Transition écologique - Lors de la Conférence environnementale sur le développement durable des 14 et 15 septembre 2012, le gouvernement français a décidé d’établir une « feuille de route » sur la transition écologique. Pour cela, cinq tables rondes ont été organisées ayant pour thèmes la transition énergétique, la biodiversité, les risques sanitaires, la fiscalité écologique et la gouvernance environnementale. La majorité des actions de transition écologique se prépare et se met en place au niveau local[Quand ?], par exemple au moyen de projections de films, de rencontres et de création de groupes, y compris dans le monde des entreprises 5. En juillet 2013, le Conseil national du débat adopte un document portant « synthèse du débat national sur la transition énergétique », organisé autour de 15 enjeux majeurs3,6.

Le Conseil national de la transition écologique (CNTE), créé en novembre 2013, a par exemple donné son avis sur le « projet de loi relative à la biodiversité » qui vise à mieux intégrer dans le droit français certaines obligations internationales découlant de la convention sur la diversité biologique (CBD) ou du Protocole de Nagoya, du droit européen de l’environnement, dont la directive cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM), ou encore la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB). Ce projet prévoit notamment d’introduire en France le principe de « solidarité écologique » et une Agence française pour la biodiversité….

Article complet à lire sur ce site : Wikipédia

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Introduction

Ce dossier regroupe des publications qui tentent notamment d’exposer et d’argumenter sur les points suivants : « Faut-il cesser de parler de transition ? », comment produire et donner une nouvelle histoire de l’énergie (historiquement sans transition), « Le décalage entre les dynamiques techniques et économiques, d’une part, et le discours de la transition, d’autre part, est gigantesque », promouvoir avant tout « une sobriété sans transition », alors que « La transition énergétique n’a pas commencé … elle est aux sources mêmes d’une fausse promesse… »

Mise en garde - On trouve en contrepoint un collectif de chercheurs, qui exposent pourquoi « Affirmer que la transition énergétique est impossible, c’est le meilleur moyen de ne jamais l’engager »…

Les documents retenus pour ce dossier sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après.

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Sommaire

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  • Rétrospective - Écologie : faut-il cesser de parler de « transition »  ? – Par Pablo Maillé- 12 juillet 2020 - Document ‘usbeketrica.com’
    La rhétorique de la « transition écologique » doit-elle être dépassée  ? C’est ce qu’avance le collectif Désobéissance Écolo Paris dans un livre.

Pablo Maillé

Écologie : faut-il cesser de parler de « transition » ?

Faut-il dépasser la rhétorique de la « transition » écologique  ? C’est ce qu’avance le collectif ‘Désobéissance Écolo Paris, qui a notamment participé aux grèves scolaires lancées en 2019 dans la capitale, dans son ouvrage Écologie sans transition (éditions Divergences).

15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans. C’est le montant qu’Emmanuel Macron a annoncé allouer le 29 juin dernier, devant les 150 citoyens de la Convention pour le climat, à la « transition écologique ». Une évidence  ? Pas forcément : si l’utilisation de ce terme dans les discours relevant des politiques publiques semble aujourd’hui faire consensus, sa popularité est en fait relativement récente.

Créée par l’enseignant anglais en permaculture Rob Hopkins à la fin des années 2000, l’expression « transition écologique » désigne, selon ce dernier, le passage (nécessairement « progressif » et « apolitique ») du mode actuel de production et de consommation à un mode « plus écologique », qui passerait entre autres par une réduction massive des émissions de CO2.

Depuis cette date, le virage sémantique opéré par les institutions de la Ve République est radical. En 2013, la transition écologique devient officiellement une priorité de l’État français à travers la publication d’un Livre blanc sur le financement de la transition écologique, qui la définit alors comme « tout processus de transformation de l’économie visant à maintenir ces ressources et régulations en-deçà de seuils critiques pour la viabilité de nos sociétés. »

La transition écologique se transforme ensuite en un enjeu de « cohésion des territoires », un Conseil national de la transition écologique (CNTE) voit le jour, et l’agence fondée en 1991 sous le titre d’« Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie » (ADEME) est rebaptisée « Agence de la transition écologique ». Côté gouvernement, le ministère qui lui est dédié porte depuis 2017 le nom officiel de « ministère de la Transition écologique et solidaire ».

Comment interpréter le succès de plus en plus consensuel de ce terme  ? Depuis quelques années, certains mouvements écologistes mettent précisément en garde contre ce qu’ils considèrent comme un leurre. Parmi eux, le collectif Désobéissance Écolo Paris, qui a notamment participé aux grèves scolaires lancées au cours de l’année 2019 dans la capitale. Dans Écologie sans transition, un ouvrage collectif récemment paru aux éditions Divergences, le collectif propose au contraire l’interruption « dès maintenant » de « l’œuvre destructrice de l’économie », en annonçant « ne pas vouloir d’une écologie qui serre la main à tout le monde ». Explications.

La volonté d’une rupture « dès maintenant »

Parmi les raisons avancées par le collectif pour justifier son positionnement, l’idée d’une récupération par les discours politiques, sans prises de décisions conséquentes et à la hauteur des enjeux, figure effectivement en bonne place. « Sans transition. Par ces mots, nous ne voulons pas dire immédiatement, comme s’il s’agissait d’un caprice, affirme notamment l’ouvrage, écrit à plusieurs mains et de façon anonyme. Nous savons bien que le chemin sera long, difficile et miné. Mais il nous semble urgent de se défaire de certaines idées paralysantes, au premier rang desquelles celle d’une transition écologique qui serait à attendre de la part des décideurs économiques et politiques (…) Une écologie sans transition est une écologie de rupture : il s’agit de rompre avec nos dépendances les plus destructrices, mais de rompre par des actes collectifs, solidaires, et de révolte. »

Une position radicale qui a aussi ses partisans au sein de la famille politique écologiste. Elle est aujourd’hui défendue par une élue comme Delphine Batho, pour qui continuer à parler de transition revient à « maintenir l’illusion que l’écologie est soluble dans une économie mondialisée » et sert de « prétexte à l’inaction présente ». Même son de cloche du côté de l’ancien candidat écolo à la présidentielle Noël Mamère, qui juge lui aussi le terme de transition inadapté aux impératifs actuels dans la mesure où « il peut donner le sentiment que tout va se passer en douceur ». L’ancien maire de Bègles lui préfère le terme de « reconstruction », formulé notamment par l’économiste Gaël Giraud.

L’impossible transition énergétique  ?

Urbanisme, biodiversité, industrie… Le champ couvert par la transition écologique est large, mais la rhétorique de la transition énergétique fait partie de ces expressions à l’égard desquelles des voix critiques se font de plus en plus entendre.

Comme son nom l’indique, la transition énergétique renvoie au passage du système énergétique actuel, basé essentiellement sur des énergies fossiles par nature limitées (charbon, pétrole, etc.) à des sources énergétiques qui seraient diversifiées et renouvelables.

Or, comme nous l’expliquions notamment dans un article daté de 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que la progression des énergies renouvelables ne couvre que 40 % de la hausse annuelle de la consommation d’énergie mondiale jusqu’en 2023. Dans les faits, plutôt qu’une transition énergétique, il serait donc (pour l’instant) plus approprié de parler d’une accumulation énergétique.

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Manifestation « Youth for climate » à Marseille le 15 mars 2019. Crédits : Touam (Hervé Agnoux) / Wikimédia (CC).

En se référant aux travaux de l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz, l’un des membres de ‘Désobéissance Écolo Paris’, ayant participé à la rédaction du livre, insiste sur la nécessité de déconstruire cette illusion. « Historiquement, on ne peut pas parler de transition énergétique, explique Perruche, le pseudonyme de l’activiste. Avec l’introduction de chaque nouvelle énergie, sa consommation s’est rajoutée à la consommation des énergies précédentes : au départ il y avait le charbon, ensuite il y a eu le pétrole ET le charbon et, actuellement, on cumule toutes les énergies fossiles. Ceux qui parlent de transition écologique proposent de rajouter des énergies à celles qui existent déjà. »

Dans une conférence sur la question publiée sur la chaîne du Média, Jean-Baptiste Fressoz évoque des périodes de très fortes décrues d’émission de CO2 rares et, surtout, exceptionnelles. Les seuls exemples historiques de moments où se produisent ces « transitions »  ? « La crise de 1929, c’est un moment où effectivement, au niveau global, les émissions de CO2 baissent très fortement, ironise l’intéressé. Après la Seconde Guerre mondiale, les pays vaincus comme l’Allemagne opèrent aussi une magnifique transition énergétique, mais bon… »

« Dans le mix énergétique mondial, la part des énergies fossiles est de 80% depuis 30 ans »

Autres exemples récents, provoqués par la chute du bloc communiste à la fin des années 1980 : Cuba et la Corée du Nord. Mais là encore, les circonstances dans lesquelles se déroulent ces « transitions » sont dramatiques. Tous les deux privés du pétrole bon marché qui leur était fourni jusque-là par l’URSS pour garantir son influence géopolitique, le régime nord-coréen fait le choix d’approvisionner son système militaro-industriel au prix d’une épouvantable famine, quand le gouvernement cubain se retrouve confronté à une crise économique sans précédent, que paye également très lourdement sa population.

Prévoir de porter, comme le veut la France, la part des énergies renouvelables à plus de 30 % de la consommation énergétique finale en 2030 serait-il donc tout simplement… un vœu pieux  ? Au niveau mondial, en tout cas, « même si l’on inclut du nucléaire dans le mix, porter celui-ci à 50 % reviendrait par exemple à construire 3 centrales par semaine jusqu’en 2050, nous expliquait en 2019 Jacques Treiner, le président du Comité des experts du Shift Project, un think tank spécialiste du sujet. Rien de tout cela n’est réaliste. »

« Dans le mix énergétique mondial, la part des énergies fossiles est de 80 % depuis 30 ans, alors que sur la même période on s’est beaucoup vanté de ‘transitionner’ vers les énergies renouvelables, renchérit le premier chapitre du livre Écologie sans transition. À moins d’une rupture, il n’y aura donc pas de sortie des énergies fossiles. »

Le « ravage » plutôt que la « crise »

Qu’entendre par le mot « rupture »  ? Pour ‘Désobéissance Écolo Paris, la question est d’abord sémantique. Car au-delà de l’enjeu énergétique, c’est un véritable changement de vocabulaire que souhaite opérer le collectif. Au lieu de parler de « crise », ce dernier privilégie par exemple le terme de « ravage ». « Une crise est temporaire, peut-on lire dans les premières pages du livre. En revanche, un ravage est un processus, actif, agressif, mené par un sujet identifiable. C’est pour souligner ce lien entre une activité ravageuse, celle de l’économie capitaliste, et ses effets destructeurs sur les milieux vivants, que nous préférons ce terme à tous les autres. »

Même les mots d’effondrement, de catastrophe, ou de désastre, pourtant largement utilisés par une partie des mouvements écologistes les plus radicaux, sont ici proscris : pour le collectif, ces termes renvoient à « des événements impersonnels, qui ont l’air de nous tomber dessus sans cause humaine identifiable et hors de notre portée. »

Autre limite du terme « transition », d’après les auteurs du livre : la contradiction qu’il entretient, du point de vue de la temporalité, avec la notion d’urgence. L’idée de transition rendrait ainsi « opportunément le futur moins inquiétant » en étant rejetée « dans un avenir toujours plus lointain ». « Horizon 2030 » du gouvernement, « Scénarios 2030–2050 » de l’Ademe, fin du plastique à usage unique « en 2040 »… Quand on se penche sur les intitulés des récents rapports officiels publiés par les institutions publiques en matière écologique, difficile de donner tort au jeune mouvement sur ce point.

« La transition suppose que l’on sache vers quoi on transitionne et que l’on puisse faire confiance aux acteurs qui l’impulsent »

« La transition suppose que l’on sache vers quoi on transitionne et que l’on puisse faire confiance aux acteurs qui l’impulsent, poursuit Perruche. Mais la question qui nous semble la plus appropriée est plutôt : avons-nous les moyens de collectivement reprendre notre vie en main dès maintenant  ? Bien sûr, cette question-là est beaucoup plus inquiétante, car elle nous échappe sur certains points. A la fin du livre, par exemple, on se positionne contre les centrales nucléaires : cela implique de savoir ce que deviennent les sites encore actifs que l’on souhaite fermer. Comment faire  ? On n’a pas forcément la réponse et c’est un vrai problème. »

Un « vrai problème » assumé par le collectif et dont découle immédiatement un autre dilemme, particulièrement complexe s’agissant du nucléaire : toute décision politique n’est-elle pas, par principe, étalée dans le temps  ? Délibération, adoption, amendements, application, suivi des procédures…

Comme le montrent de nombreux travaux de recherche menés en sociologie, les politiques publiques sont souvent le fruit de processus complexes et chaotiques, où des acteurs administratifs aux intérêts contradictoires interprètent des volontés politiques… elles-mêmes imparfaitement converties en textes de lois.

Autant d’obstacles qui rendent parfois le temps écoulé entre une prise de décision et son application réelle particulièrement long. Les questions écologiques n’échappent malheureusement pas à cette logique, comme en témoigne par exemple ce fameux arrêté pris en 2013 pour obliger les magasins à éteindre leurs devantures la nuit, mais qui n’est que très partiellement respecté aujourd’hui encore (pour un impact qui resterait pourtant très relatif).

Faire sans attendre l’État  ?

Faudrait-il alors inventer de nouvelles voies institutionnelles qui permettraient de « sanctuariser » les prises de décision écologiques  ? Faire de ces dernières des priorités absolues en permettant des sanctions plus rapides et plus lourdes en cas de violation  ? Mobiliser à la fois la population, les entreprises et les acteurs administratifs les plus puissants à travers un « effort de guerre » sans précédent  ?

Face à ce problème, Écologie sans transition entretient au contraire un rapport très conflictuel avec l’État, accusé « de garantir et de réguler l’ordre économique qui détruit activement la planète ». Affirmation loin d’être surprenante, quand on regarde du côté des origines du collectif, qui s’est constitué à l’hiver 2018, juste après la démission fracassante du ministre de l’Écologie Nicolas Hulot. Amer et dépité, ce dernier accusait alors sur France Inter l’État d’impuissance et de compromission, en dénonçant notamment « la présence des lobbys dans les cercles de pouvoir ».

« Certes, l’État peut par exemple faire pression sur des acteurs économiques pour faire passer des lois réduisant la puissance du système industriel, avance Perruche. Mais il le fait uniquement quand il y a déjà des mouvements de résistance collective suffisamment forts pour peser dans le jeu politique : de même que les avancées sociales ont été obtenues grâce aux grèves et aux mobilisations ouvrières, les lois soi-disant “écolos” récentes sont souvent passées après la révolte de résidents locaux en premier lieu affectés par des problèmes de pollution ou de nuisance sonore. »

Assumant le caractère clivant de cette position, le collectif dessine quelques pistes d’ouverture en fin d’ouvrage, qui permettraient d’entamer une « rupture » plutôt qu’une transition, sans pour autant attendre son impulsion de la part de l’État. « Bataille culturelle », « blocage économique » et « lutte locale » : le collectif invoque notamment la nécessité de penser l’arrêt « d’une bonne partie de l’appareil industriel et des infrastructures énergétiques », d’en « finir avec [certains] secteurs économiques inutiles comme la publicité » ou encore de « cesser de produire inutilement pour nourrir la croissance ».

« Il serait naïf de notre part de dire que l’État ne peut rien »

Mais comment opérer de tels changements sans passer par l’État  ? Quel autre acteur serait capable d’activer des leviers d’action techniques et juridiques d’une puissance d’application comparable  ? On sent que la question est loin d’être évidente quand on lit dans les dernières pages du livre : « Nous devons nous rendre indépendants des infrastructures du capitalisme et renforcer notre réseau d’interdépendances écologiques. » Puis, quelques lignes plus bas : « Le principal obstacle qui s’oppose à un désistement général est cette dépendance que nous avons à l’égard du bon fonctionnement de l’économie comme des services publics pour nos besoins de base. »

Certains spécialistes, comme le chercheur en géopolitique de l’environnement François Gemenne assument plutôt de ne pas prendre parti pour un changement radical de modèle : « Je ne pense pas que nous ayons le temps de sortir du capitalisme pour inventer une nouvelle économie, expliquait l’intéressé en novembre 2019 dans une interview au magazine étudiant de Sciences Po Emile. J’assume une vision pragmatique qui n’est pas idéale : il faut trouver les leviers dans le système actuel, même s’il serait souhaitable de le changer.  »

Au début de l’année, le philosophe Pierre Charbonnier nous exposait quant à lui sa volonté de « construire une alliance à la fois politique et sociologique » en matière écologique, y compris avec « les élites technocratiques qui ont directement la main sur la conduite de l’État. » Selon l’auteur du livre Abondance et liberté, l’impuissance actuelle de l’État ne réside pas dans son incapacité à penser le long terme, mais dans son incapacité à envisager à long terme un véritable « freinage » (autre manière de dire « rupture »  ? ). « C’est la partie “freinage” qu’on ne sait pas faire, pas la partie “planifier à long terme”, assurait-il alors. “Planifier à long terme le freinage” est une proposition qui nous apparaît comme un paradoxe, alors que ce n’était pas forcément le cas au XIXe siècle et même dans les années 1930–1940.  »

« L’ordre économique capitaliste n’est pas totalement en accord avec les principes de la fondation de l’État, reconnaît de son côté Perruche. Mais le fait est que les États poursuivent depuis des centaines d’années l’accumulation de biens et de ressources au détriment des milieux vivants. » Et d’en conclure : « Il serait naïf de notre part de dire que l’État ne peut rien. Il peut beaucoup de choses, et ces choses-là sont très complexes. Mais on ne peut obtenir des gains conséquents de sa part qu’en instaurant d’abord un rapport de force. » Reste à savoir l’effet de l’actuelle crise économique sur ces perspectives de rupture… et de nouveaux « plans »

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 Image à la Une : Photo libre de droit disponible sur PXHere.

Pablo MailléPablo Maillé- 12 juillet 2020

Source : https://usbeketrica.com/fr/article/ecologie-faut-il-cesser-de-parler-de-transition

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Source : https://www.youtube.com/watch?v=VcKTmCpSi9A

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Vidéo 13:56 Il n’y a jamais eu de transition énergétique - Jean-Baptiste ...YouTube· Questions de science12 déc. 2023

Pourquoi la transition énergétique n’aura pas (vraiment) lieu L’Usine Nouvellehttps://www.usinenouvelle.com › Energie -

Jean-Baptiste Fressoz :’La transition énergétique nous ... L’Echohttps://www.lecho.be › Actu › Opinions › Général

Jean-Baptiste Fressoz La transition énergétique contribue ... LireLactu.frhttps://lirelactu.fr › source › le-monde

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  • Débats - Énergies - « Affirmer que la transition énergétique est impossible, c’est le meilleur moyen de ne jamais l’engager » - Tribune Collectif - Publié le 22 janvier 2024 à 04h45 - Article réservé aux abonnés ‘Le Monde’

    Monde] notamment, dans ses ouvrages ou tribunes, qui visent toutes à réfuter ce qu’il considère comme « la fausse promesse de la transition ».

    Or, ce ‘déclinisme’ écologique est non seulement grandement infondé, mais également de nature à plomber les ambitions dans la lutte contre le changement climatique. Affirmer que la transition est impossible, c’est le meilleur moyen de ne jamais l’engager. A rebours de ce défaitisme, nous voulons ici affirmer, avec force, qu’il est possible de réussir cette transition.

    Certes, à l’exception des années de crise – financière en 2008-2009, sanitaire en 2020-2021 –, les émissions de CO2 n’ont jamais cessé d’augmenter, bien que sur un rythme ralenti, d’environ + 1 % annuel au cours des années 2010, contre + 3 % annuels dans les années 2000. Car, dans le même temps, la population mondiale continuait à augmenter, tout comme la satisfaction des besoins énergétiques d’une part croissante de cette population.

    Pourtant le ‘désempilement’ des énergies a déjà lieu dans certaines régions du monde : c’est le cas en Europe, par exemple, qui a engagé sa transition énergétique. Parallèlement, des acteurs de plus en plus nombreux – Etats, entreprises, chercheurs, citoyens – intègrent aujourd’hui la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans leurs stratégies et comportements. L’ambition n’est pas encore assez affirmée, la mise en œuvre des transformations pas assez rapide et efficace, mais le mouvement est enclenché. Comment l’ignorer ?

    Sobriété, efficacité et investissements

    Le 11 janvier, Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), indiquait que les capacités installées dans l’année en énergies renouvelables avaient augmenté de 50 % entre 2022 et 2023. Pour la part des renouvelables dans la production d’électricité, l’AIE attend le passage de 29 % à 42 % en 2028 (de 12 % à 25 % pour les seules énergies éolienne et solaire). Depuis 1975, le prix des panneaux photovoltaïques est passé de 100 dollars par watt à moins de 0,5 dollar par watt aujourd’hui, soit une réduction de 20 % du coût pour chaque doublement des capacités installées ; c’est la mesure du taux d’apprentissage de la technologie. Et alors que la question du stockage de l’électricité devient de plus en plus cruciale, on constate le même taux d’apprentissage pour les batteries : depuis 1992, chaque fois que double le nombre de batteries produites, leur coût diminue de 18 %...

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    Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/22/affirmer-que-la-transition-energetique-est-impossible-c-est-le-meilleur-moyen-de-ne-jamais-l-engager_6212216_3232.html

    https://img.lemde.fr/ext/300x0/uri/simg.lemde.fr/2024/01/19/890/0/2149/1432/1440/960/60/0/edd6cd7_1705674094858-jean-baptiste-fressoz-print.jpg

    Article réservé à nos abonnés

    Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences : « Le décalage entre les dynamiques techniques et économiques et le discours de la transition est gigantesque »

    Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés Jean-Baptiste Fressoz : « Le discours sur la transition énergétique contribue à dépolitiser la question climatique »

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    • Débats - Planète - Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences : « Le décalage entre les dynamiques techniques et économiques et le discours de la transition est gigantesque » - Publié le 22 janvier 2024 à 08h00, modifié le 22 janvier 2024 à 14h40 - Article réservé aux abonnés ‘Le Monde’ – Propos recueillis par Nicolas Truong
      Dans un entretien au « Monde », l’auteur de « Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie », souligne que décarboner nos sociétés en ayant recours à l’idéologie du nouveau capitalisme vert est une mystification.

    Historien des sciences, des techniques et de l’environnement, Jean-Baptiste Fressoz est chercheur au Centre national de la recherche scientifique et enseignant à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et à l’Ecole des ponts ParisTech. Il a notamment publié L’Evénement anthropocène. La Terre, l’histoire et nous (avec Christophe Bonneuil, Seuil, 2013), et Les Révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique XVe-XXe siècle (avec Fabien Locher, Seuil, 2020). Il tient une chronique mensuelle pour Le Monde. Dans Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie (Seuil, 416 pages, 24 euros), il remet en cause l’histoire linéaire et « phasiste » de la transition énergétique, qui incarne, selon lui, « l’idéologie du capital au XXIe siècle ».

    Pourquoi la transition énergétique, tant annoncée et souhaitée, n’aura-t-elle, selon vous, pas lieu ?

    Je suis un historien et je ne suis pas payé pour prédire le futur. L’argument de mon livre n’est pas de dire que la transition est impossible car elle n’a pas eu lieu par le passé. Je propose un regard nouveau sur l’histoire des énergies qui permet d’identifier des facteurs conduisant à leur accumulation. Je constate aussi que l’idée de transition énergétique est récente. Personne ou presque n’en parle avant les années 1970. Et elle ne part pas d’un constat empirique. Elle apparaît dans la futurologie avant d’être reprise par les historiens sans trop de recul critique.

    L’histoire a joué un rôle idéologique discret mais central dans la construction de ce futur réconfortant. Si vous y prêtez attention, vous verrez que de nombreux politiciens, et même des experts, font souvent cette analogie : face au changement climatique, il nous faudrait réaliser une nouvelle transition énergétique, voire une troisième révolution industrielle – après la première du charbon et la deuxième du pétrole – fondée cette fois-ci sur les renouvelables et, ou, le nucléaire.

    Ce genre de récit « phasiste » du monde matériel ne mène nulle part. L’industrialisation des XIXe et XXe siècles ne peut se prévaloir d’aucune transition. On ne passe pas du bois au charbon et encore moins, bien évidemment, du charbon au pétrole. Non seulement les énergies s’accumulent, ce qui est une évidence statistique, mais cette accumulation est symbiotique.

    Qu’entendez-vous par « accumulation symbiotique » des énergies ?

    Je pense qu’il faut se garder de penser les énergies comme des entités distinctes et en compétition. La théorie de la « destruction créatrice » de Joseph Schumpeter (1883-1950) est un schéma simpliste qui a été pris bien trop au sérieux par les experts, y compris du climat. Déjà douteuse en ce qui concerne les techniques, elle ne fonctionne absolument pas pour les matières et les énergies. L’histoire matérielle du capitalisme est celle d’une expansion symbiotique de toutes les énergies et de toutes matières…

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    Source :
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/22/jean-baptiste-fressoz-le-discours-sur-la-transition-energetique-contribue-a-depolitiser-la-question-climatique_6212243_3232.html

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    • Jean-Baptiste Fressoz pour une sobriété sans transition - Mardi 06 février 2024 – Document ‘France Culture’ - Provenant du podcast ‘Jusqu’ici tout va bien

    Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, - Emmanuelle Marchadour

    Jean-Baptiste Fressoz revient avec un nouvel essai où il critique le terme de transition énergétique qui n’a, historiquement et concrètement, aucun fondement réaliste. Il prône une sobriété sous la forme d’une décroissance matérielle.

    Avec : Jean-Baptiste Fressoz Historien des sciences, des techniques et de l’environnement

    L’historien Jean-Baptispte Fressoz publie Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie (Seuil, 2024). Il montre dans son nouvel essai que la ’transition énergétique’ est un concept récent, hérité des futurologues et emprunté de la logique du nouveau capitalisme vert. À force de vouloir raconter l’histoire avec des phases, des ères (celle du bois, du charbon, du pétrole, de l’électricité, ...), on en oublie qu’il n’y a jamais eu de remplacement technologique ou technique, mais bien des accumulations.

    Pour cet historien des sciences, des techniques et de l’environnement qui est chargé de recherche au CNRS, la transition est une mystification, car elle découle de la logique de croissance capitaliste qui porte la mort de notre système dans l’os : en somme, on rêve d’avion à hydrogène plutôt que de réduire le transport aérien, de ciment vert plutôt que d’arrêter de construire de nouvelles routes. Avec la transition, on continue à penser la production plutôt que la décroissance.

    Jean-Baptiste Fressoz revient aussi sur l’idée que nous serions la première génération à prendre conscience de l’urgence climatique en faisant une histoire environnementale qui va à l’encontre de cette idée. Et si, au lieu de voir éclore une prise de conscience, nous étions la génération qui aurait assisté à la fabrication d’une certaine inconscience modernisatrice, à une forme de désinhibition face au risque ?

    À écouter : Quelle sera la place de l’énergie solaire dans le cadre de la transition énergétique ?Les savanturiers 4 minutes

    La transition énergétique n’existe pas

    Pour regarder la situation climatique dans les yeux en ce qui concerne l’urgence climatique, Jean-Baptiste Fressoz jette un pavé dans la mare avec son livre et a déjà engagé un débat avec ceux qui défendent l’idée de transition énergétique. J

    Jean-Baptiste Fressoz  : « Quand on regarde les analyses du cycle de vie des voitures électriques, on se dit que c’est une technologie décarbonée. Or, pour faire une voiture électrique, il faut beaucoup d’acier, et pas mal de charbon. Et puis les voitures électriques, roulent sur des routes, il faut aussi du charbon. Donc elles sont un progrès technologique par rapport aux voitures thermiques, elles émettent moins de CO2 (deux ou trois fois moins de CO2 en France par kilomètre), mais ce n’est pas du tout décarboné. Ce qui est important est de voir à quel point les énergies sont intriquées les unes dans les autres. Et on va continuer de dépendre des fossiles pendant encore longtemps ».

    À écouter : La transition énergétique CO2 mon amour 52 minutes

    Et elle n’a jamais eu lieu

    Pour lui, cette étape n’a pas lieu, et dans l’histoire elle n’a jamais eu lieu. L’historien poursuit « On a eu tendance à raconter l’histoire de l’énergie avec des grandes phases. 

    En gros, à l’époque préindustrielle, c’était le bois et l’hydraulique. Le XIXᵉ siècle, la machine à vapeur, et le charbon et le XXᵉ siècle, c’est le pétrole. Or, à chaque étape, les anciennes énergies progressent énormément. On s’est focalisé sur le nouveau à chaque époque comme la machine à vapeur au XIXᵉ, mais en fait l’hydraulique, l’éolien, la force du vent, tout ça, ça progresse énormément au XIXe et au XXᵉ siècle.

    Idem au XX siècle. On évoque le moteur à explosion, la voiture, comme très moderne et très nouveau. Mais le charbon continue à progresser, et à se moderniser énormément au cours du XX siècle et c’est pour ça qu’on n’a jamais sorti autant de charbon que maintenant ! Et puis les historiens ont eu tendance à se spécialiser : historiens du bois, des historiens du charbon, des historiens du pétrole… Or, les choses importantes sont entre les deux… »

    Un exemple : le bois

    « Auparavant, le bois dépendait de la force musculaire parce que c’était abattu à la hache. Puis dans les années 1950 arrive la tronçonneuse, puis des engins forestiers de plus en plus perfectionnés qui dépendent du pétrole. Donc aujourd’hui, on a beaucoup plus de bois grâce au pétrole, et grâce aux engrais aussi, puisque le bois, on le produit dans des plantations forestières ! »

    À écouter : La Transition énergétique Le Téléphone sonne 35 minutes

    L’idée de transition énergétique, une manière de procrastiner

    Pour Jean-Baptiste Fressoz « Historiquement, la transition énergétique sert à procrastiner. On commence vraiment à parler sérieusement de changement climatique à la fin des années 1970, aux Etats-Unis en particulier

    L’idée de transition énergétique arrange tout le monde, dont les compagnies pétrolières, les économistes néo-libéraux. On imagine faire un avion à hydrogène en 2030 ou en 2050 et cela permet de ne pas commencer à réfléchir à l’utilité des vols utiles à la restriction du trafic aérien… »

    Question du jour : pour sauver nos miches, faut-il devenir amish ?

    Dans un monde qui ne parvient pas à refonder son imaginaire par une voie que celle de la consommation et du travail, certains écolos redoublent de créativité pour secouer leurs concitoyens.

    Lauren Boulard, journaliste et autrice, a cofondé avec Dan Geiselhart la fanzine CLIMAX, une newsletter aux couleurs pop et aux ‘punchlines’ épicées sur l’actu environnementale.

    Ils s’en prenaient déjà dans leur précédente newsletter TECH TRASH à l’hypocrisie du monde de la ‘tech’, à retrouver dans l’ouvrage ’Les Possédés’ publié par le collectif aux éditions Arkhê. Ils adoptent ici une stratégie proche du marketing visant à insuffler un nouveau désir dans une écologie parfois critiquée pour son moralisme.

    Coups de coeur, coups de gueule, est-ce la voie pour une nouvelle utopie écologique ? Elle nous raconte l’approche de Climax.

    Programmation musicale :

    • THE KILLS - 103
    • JEWEL USAIN - Nouvel Export
    • Adriano CELENTANO - Svalutation
      Chroniques :

    Vidéo - Pour sauver nos miches, faut-il devenir amish ? - Lauren Boulard, journaliste et autrice, a cofondé CLIMAX, une newsletter aux couleurs pop et aux ‘punchlines’ épicées consacrée à l’actu environnementale. Des coups de gueule et des coups de coeur pour tenter d’insuffler un nouveau désir dans une écologie parfois critiquée pour son moralisme.

    Vidéo - Marine révolutionne le monde de la pile- Chaque jour, Marine Baousson teste pour nous objets tech, gadgets ou jeux... Aujourd’hui, elle vous présente un objet qui vous permet de RECHARGER VOS PILES, oui ces piles dont vous pensiez qu’elles étaient mortes, vous les aviez même mises dans un petit bol le temps de trouver quoi en faire...

    Fraîcheur Marine 4 min

    Environnement Économie Écologie Consommation Énergies fossiles Énergies renouvelables

    L’équipe - Marie Misset Production - Maïa Mazaurette Production - Marine Baousson Production - Laura Dumez Attaché(e) de production - Louise Tempéreau Attaché(e) de production - Alexandre Gilardi Attaché(e) de production - Gaetan Kolly Réalisation - Clara Arconada Stagiaire

    Source : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/jusqu-ici-tout-va-bien/jusqu-ici-tout-va-bien-du-mardi-06-fevrier-2024-5865165

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    • Entretien — Grands entretiens - Jean-Baptiste Fressoz : « La transition énergétique n’a pas commencé » - Par Hervé Kempf et Mathieu Génon (photographies) - 29 janvier 2024 à 09h20 Mis à jour le 30 janvier 2024 à 09h43 – Présentation d’un document ‘reporterre.net’

      Jean-Baptiste Fressoz : «  La transition énergétique n’a pas commencé  »

    Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, ici à Paris, le 13 décembre 2023. - © Mathieu Génon / Reporterre

    Les discours sur la transition sont des leurres : celle-ci n’a pas été amorcée, explique l’historien Jean-Baptiste Fressoz. Au lieu de « fantasmer sur un monde zéro carbone en 2050 », il faudrait une décroissance matérielle. Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences, des techniques et de l’environnement. Il vient de publier Sans transition — Une nouvelle histoire de l’énergie (Seuil).

    Écoutez ce grand entretien directement ci-dessous ou sur une plateforme d’écoute de votre choix. < https://podcast.ausha.co/les-grands-entretiens-de-reporterre

    Reporterre, le média de l’écologie - Indépendant et en accès ...

    Mise au point du média >

    Nous avons eu tort.

    Quand nous avons créé Reporterre en 2013, nous pensions que la question écologique manquait de couverture médiatique. Nous nous disions qu’il suffirait que la population et les décideurs politiques soient informés, que les journaux et télévisions s’emparent du sujet, pour que les choses bougent.

    Nous savons aujourd’hui que nous avions tort. En France et dans le monde, l’écrasante majorité des médias est désormais aux mains des ultra-riches. Les rapports du GIEC sont commentés entre deux publicités pour des SUV.

    Des climatosceptiques sont au pouvoir dans de nombreuses démocraties.

    Nous savons aujourd’hui que l’urgence écologique n’a pas besoin de presse  : elle a besoin d’une presse indépendante de toute pression économique…

    Chez Reporterre, nous faisons le choix depuis 11 ans d’un journalisme en accès libre et sans publicité. Notre structure à but non lucratif, sans actionnaire ni propriétaire milliardaire, nous permet d’enquêter librement. Personne ne modifie ce que nous publions.

    Mais ce travail a un coût. Celui des salaires de nos 26 journalistes et salariés. Celui des reportages menés sur le terrain, au plus près des luttes. Celui des centaines de milliers de lettres d’info envoyées chaque semaine pour vous informer.

    En 2023, 39.257 donateurs ont soutenu Reporterre : ces dons représentent 98% de nos revenus. Du plus modeste au plus généreux, ils sont les garants d’un travail journalistique sérieux et indépendant, capable de faire avancer la cause écologique. Quels que soient vos moyens, nous travaillons pour vous. Ensemble, nous pouvons agir.

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    Source : https://https://reporterre.net/Jean-Baptist...https://reporterre.net/Jean-Baptiste-Fressoz-La-transition-energetique-n-a-pas-commence/Jean-Baptiste-Fressoz-La-transition-energetique-n-a-pas-commence

    Reporterre est un site d’actualité lancé en 2007 par le journaliste Hervé Kempf, sous-titré « le média de l’écologie », qui traite principalement de problématiques environnementales et sociales… - Wikipédia

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    • Transition énergétique : aux sources d’une fausse promesse – Emission de France Culture - 08 janvier 2024
      Radio France est une chaîne du service public français. Wikipedia

    #nucléaire #transitionenergetique #energierenouvelable

    La transition énergétique ambitionne de favoriser et valoriser les énergies renouvelables et de baisser la consommation d’énergie.

    L’historien Jean-Baptiste Fressoz, spécialiste des techniques, explique qu’une nouvelle énergie n’en remplace jamais une ancienne. Au contraire. 💬 “La fonction de la transition énergétique de nos jours est une fonction de procrastination : c’est l’idée que si l’on a un problème de changement climatique, on va faire une transition énergétique comme si c’était possible”. L’historien des sciences est l’invité de Guillaume Erner. Photo de la vignette : La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine / Maeva Destombes / Hans Lucas via AFP #transitionenergetique #nucléaire #energierenouvelable ___________ Découvrez tous les invités des Matins dans ’France Culture va plus loin’ 👉  

    https://www.gstatic.com/youtube/img/watch/yt_favicon.png • Les Matins de France Culture  ou sur le site 👉 https://www.radiofrance.fr/francecult... Suivez France Culture sur : Facebook :  / franceculture  Twitter :  / franceculture  Instagram :  / franceculture  TikTok :  / franceculture  Twitch :  / franceculture 

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    Les Matins : podcast et émission en replay | France Culture

    Source : https://www.youtube.com/watch?v=UHhjmLXiwdM

    À propos - Guillaume Erner, né le 08 février 1968, est un journaliste, sociologue et animateur de radio français. Depuis 2015, il présente ‘Les Matins de France Culture’… Wikipédia

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    Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 11/02/2024

    Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

    Site : https://isias.info/

    Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

    Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

    Fichier : ISIAS Transition Energie Fressoz.7

    Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

    Yonnelautre.fr utilise le logiciel libre SPIP et le squelette Koinós. Pour s’inscrire à nos lettres d’info > https://yonnelautre.fr/spip.php?breve103

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