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"Déclaration politique de Gabriel Attal, actions en ‘Région Sud’, opinions : ‘L’Humanité’, maire écolo de Lyon (Grégory Douce), Oxfam, ‘Amis de la Terre’, ‘Générations Futures’ et analyse d’une IA sur le parler du Président Macron" par Jacques Hallard
samedi 3 février 2024, par
ISIAS France Politique intérieure Agriculture Ecologie
Déclaration politique de Gabriel Attal, actions en ‘Région Sud’, opinions : ‘L’Humanité’, maire écolo de Lyon (Grégory Douce), Oxfam, ‘Amis de la Terre’, ‘Générations Futures’ et analyse d’une IA sur le parler du Président Macron
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 03/02/2024
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
Gabriel Attal, une droite nouvelle formule - l’Opinion
In Gabriel Attal, une droite nouvelle formule - Publié le 31 janvier 2024 à 06:00
Emmanuel Macron avait posé le 16 janvier 2024 un cadre de droite à son Premier ministre. Il y a placé son programme pour les prochains mois en cherchant à conserver le soutien de toute sa majorité, aile gauche comprise, et en rappelant que sa génération entend faire de la politique différemment
Matthieu Deprieck Dinah Cohen - Kak
Les faits - Trois semaines après sa nomination, le plus jeune Premier ministre de la Ve République a prononcé une déclaration de politique générale de 1h20. Son gouvernement doit être complété de ministres délégués et de secrétaires d’Etat dans les prochains jours… - A lire sur ce site : https://www.lopinion.fr/politique/gabriel-attal-une-droite-nouvelle-formule
À propos de Gabriel Attal : il est né le 16 mars 1989 à Clamart ; c’est un homme d’État français, Premier ministre depuis le 09 janvier 2024. Militant au Parti socialiste de 2006 à 2016, il est membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017, ainsi que conseiller municipal de Vanves depuis 2014…Wikipédia
Date/Lieu de naissance : 16 mars 1989 (Âge : 34 ans), Clamart - Enseignement : Sciences Po (2007–2013), Université Paris Panthéon-Assas (2008–2010), École alsacienne - Parti : Renaissance - Fonctions précédentes : Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse de France (2023–2024), PLUS … - Fonction : Premier ministre de la République française depuis 2024…
Un passage en particulier du discours a particulièrement retenu son attention : celui sur la délinquance. Dans un débit de mitraillette aux airs de ‘punchline’ de rap, le jeune Premier ministre avait déclaré « Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies. Tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter »
Ce dossier, conçu pour un usage didactique, aborde spécialement le sujet d’actualité sur la politique intérieure de la France et différents points de vue et opinions exposés à l’issue de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Gabriel Attal : « Ce qu’il faut retenir de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Gabriel Attal »
Aussitôt, la politique régionale de la ‘Région Sud’ a été rappelée avec des engagements nouveaux pour les agriculteurs de cette région…
Sont rapportés à la suite :
* ce qu’il faut retenir des annonces de Gabriel Attal à propos de la colère des agriculteurs selon le journal ‘humanite.fr’
* un entretien du HuffPost avec le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, qui défend son camp et avance sa méthode…
* deux contributions d’Oxfam France qui est solidaire avec le mouvement du monde agricole, et appelle à une juste répartition des profits dans la chaîne de valeur agro-alimentaire, d’une part, et « Comment imaginer une juste adaptation aux changements climatiques », d’autre part
* un communiqué diffusé par ‘le Baleineau’, la newsletter des ‘Amis de la Terre France’, qui dénonce notamment « les reculs majeurs sur la question des pesticides » …
Ce dossier se termine par la reprise d’un document publié par ‘The Conversation France’ : une étude de linguistique numérique rédigée par Damon Mayaffre, Chercheur CNRS en linguistique informatique, Université Côte d’Azur, et titrée « Ce que l’intelligence artificielle dit des discours d’Emmanuel Macron » !
À propos - Damon Mayaffre, né en 1970, est un universitaire français, historien et linguiste, spécialisé dans l’analyse des discours politiques. Wikipédia - Lieu de naissance : Cannes - Livre : Macron ou le mystère du verbe : Ses discours décryptés par la machine, PLUS - Ouvrage publié : L’intelligence artificielle des textes : des algorithmes à l’interprétation, PLUS…
Compléments ajoutés avant mise en ligne :
Les documents sélectionnés pour ce dossier d’actualités sont précisés avec leurs accès dans le sommaire ci-après.
Retour au début de l’introduction
- Ce qu’il faut retenir de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Gabriel Attal - Publié 31/01/2024 – Document officiel ‘gouvernement.fr’
- Politique régionale - Des engagements nouveaux pour les agriculteurs de la ‘Région Sud’ - 01 février 2024
- Colère des agriculteurs : ce qu’il faut retenir des annonces de Gabriel Attal - Mise à jour le 1.02.24 à 17:21 - Anthony Cortes – Document journal ‘humanite.fr’
- Agriculteurs : le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, défend son camp et avance sa méthode – Interview – 02/02/2024 05:45 – Par Anthony Berthelier (HuffPost)
- Solidaire avec le mouvement du monde agricole, Oxfam France appelle à une juste répartition des profits dans la chaîne de valeur agro-alimentaire - 26 janvier 2024 – Document ‘oxfamfrance.org
- Comment imaginer une juste adaptation aux changements climatiques ? - 22 janvier 2024 – Document ‘oxfamfrance.org’
- Communiqué par ‘le Baleineau’, la newsletter des ‘Amis de la Terre France’ – Février 2024
- Annonces du gouvernement sur l’agriculture : ‘Générations Futures’ dénoncent des reculs majeurs sur la question des pesticides. ecophyto - Le 1er février 2024 -
- Réactionnaire ? Ce que l’intelligence artificielle dit des discours d’Emmanuel Macron – Publié le 1er février 2024, 15:58 CET - Auteur Damon Mayaffre Chercheur CNRS en linguistique informatique, Université Côte d’Azur – Document ‘The Conversation France’
Dernière minute - Pesticides : On vous dit tout sur le plan Ecophyto mis « sur pause » et la colère des écolos - Marion Pignot - Publié le 02/02/2024 à 15h13 • Mis à jour le 02/02/2024 à 16h01 – Document ‘20minutes.fr’
Retour au début de l’introduction
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Ce qu’il faut retenir de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Gabriel Attal - Publié 31/01/2024 – Document officiel ‘gouvernement.fr’ - Ecouter
Économie, éducation, santé, écologie... Retour sur les principales annonces du chef du Gouvernement français à l’Assemblée nationale, ce mardi 30 janvier 2024.
Le Premier ministre Gabriel Attal durant sa déclaration de politique générale, le mardi 30 janvier 2024.
Le Premier ministre, Gabriel Attal, a prononcé sa déclaration de politique générale, ce mardi 30 janvier 2024, devant l’Assemblée nationale.
Déclaration de politique générale de Gabriel Attal
Le Premier ministre, Gabriel Attal, présente la feuille de route du Gouvernement à l’Assemblée nationale.
Dans son allocution, le Premier ministre a présenté sa feuille de route avec les priorités du Gouvernement en affirmant que la « société ne se perd jamais quand elle cherche à progresser ».
« Désmicardiser la France », « déverrouiller l’accès au travail » ou encore « débureaucratiser le pays à tous les échelons », le Premier ministre a défini un cadre politique articulé en quatre axes avec des mesures pour :
- une meilleure rémunération du travail,
- des services publics accessibles et de qualité partout et pour tous,
- un rétablissement de l’autorité dans la société,
- un environnement plus respirable partout et pour tous.
Retrouvez ci-dessous la liste des annonces du Premier ministre.
Économie et travail
Ma priorité est claire : favoriser le travail.
Gabriel Attal Premier ministre
Sur les thèmes de l’économie et du travail, le Premier ministre a indiqué vouloir agir avec des « actes concrets » dans le « pays le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers ».
Parmi les annonces :
- Baisse des charges pesant sur les classes moyennes avec une baisse d’impôts de 2 milliards d’euros ;
- Généralisation de la réforme du RSA (15h d’activité hebdomadaires d’insertion) ;
- Suppression de l’allocation de solidarité spécifique ;
- Expérimentation de la semaine en quatre jours dans les administrations de tous les ministères ;
- Alignement des horaires de personnels d’entretien dans les administrations sur les horaires de bureau ;
- Réflexion et mise en œuvre d’un compte épargne-temps universel ;
- Simplification des normes pour les TPE/PME ;
- Présentation d’un nouveau PJL industrie verte avec une simplification des normes et un recentrage des travaux de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur les projets d’envergure nationale ;
- Poursuite et renforcement des revues de dépenses, et présentation des premières propositions en mars 2024.
Logement
Face au problème du logement, le Premier ministre a fait savoir qu’il voulait créer « un choc d’offre ».
Parmi les annonces :
- Encourager la construction de logements : intégrer le logement locatif intermédiaire (LLI) dans la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) ;
- Simplification des normes : revoir le diagnostic de performance énergétique (DPE) et simplifier l’accès à MaPrimeRénov ;
- Désignation de 20 territoires engagés pour le logement : simplification des procédures, avec comme objectif d’y créer 30 000 nouveaux logements d’ici 3 ans ;
- Réquisition pour des bâtiments vides, notamment des bâtiments de bureaux ;
- Désignation des maires comme responsables de l’attribution des nouveaux logements sociaux.
Services publics
Santé
Dans son allocution, le Premier ministre a aussi fait des annonces ayant pour objectif de « réarmer notre système de santé » tout en indiquant que la santé mentale des jeunes serait l’une des grandes causes de l’action gouvernementale.
Parmi les annonces :
- Mise en place de services d’accès aux soins dans chaque département français et, à défaut, la possibilité d’instaurer l’obligation de garde pour les médecins libéraux ;
- Modalités de pénalisation des rendez-vous médicaux non honorés ;
- Régularisation des praticiens diplômés hors de l’Union européenne ;
- Facilitation des passerelles entre professions paramédicales et études médicales ;
- Augmentation de la prise en charge des séances de psychologues pour la santé mentale des adolescents ;
- Regagner du temps pour les soignants en accélérant le passage de 6 000 à 10 000 assistants médicaux afin de libérer environ 2,5 millions de consultations par an ;
- Augmentation de 200 € nets/ mois pour les infirmières scolaires et prime exceptionnelle de 800 euros.
École
Renforcer nos services publics, c’est aussi agir pour notre école.
Gabriel Attal Premier ministre
Sur le volet éducation, le Premier ministre a rappelé la nécessité de déployer son « Choc des savoirs ».
Parmi les annonces :
- Remettre la décision du redoublement à la main de l’équipe pédagogique ;
- Mise en place de groupe de niveaux dès cette année au collège ;
- Régulation de l’usage des écrans dans et en dehors de l’école ;
- Réforme de la formation initiale des enseignants ;
- Financement renforcé de l’accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH).
Autorité
On ne négocie pas avec la République, on l’accepte.
Gabriel Attal Premier ministre
Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé l’importance de l’autorité et du civisme en France.
Parmi les annonces :
- Expérimentation de l’uniforme à l’école (généralisation à la rentrée 2026 si concluant) ;
- Doublement du volume horaire d’enseignement de l’instruction civique et morale ;
- Révision de l’échelle des sanctions dans les établissements scolaires ;
- Création d’une peine de travail d’intérêt éducatif pour les mineurs de moins de 16 ans ;
- Pour les parents d’enfants délinquants, création d’une peine complémentaire de TIG pour le délit de soustraction à leurs obligations légales ;
- Renforcement de la lutte contre la drogue, avec la présentation d’un nouveau plan de lutte contre les stupéfiants et l’organisation de 10 opérations place nette par semaine ;
- Lancement des travaux en vue de la généralisation du SNU à la rentrée 2026 ;
- Possibilité de porter plainte en ligne partout sur le territoire.
Environnement
Écologie
L’écologie sans le peuple, c’est paver le chemin aux crises sociales et aux renoncements. Au contraire, nous allons continuer à bâtir ensemble, une écologie populaire.
Gabriel Attal Premier ministre
Dans la dernière partie de son discours, le Premier ministre a affiché son ambition d’accélérer la transition écologique.
Parmi les annonces :
- Création d’un service civique écologique, permettant à 50 000 jeunes de s’engager concrètement pour le climat d’ici la fin du quinquennat ;
- Lancement d’une initiative pour réduire l’impact environnemental des 50 sites industriels qui émettent le plus d’emballages plastiques en France ;
- Mise en service du réacteur nucléaire à eau pressurisée (EPR) de Flamanville et investissements massifs dans les programmes de développement du parc nucléaire français ;
- Lancement d’un plan de contrôle sur la traçabilité des produits pour garantir un commerce équitable.
Agriculture :
Dans son allocution, le Premier ministre a aussi indiqué des mesures d’urgence en faveur du monde agricole.
Parmi les annonces :
- Simplification massive et rapide des normes pesant sur les agriculteurs ;
- Remboursement dès février de 50 % du TICPE ;
- MHE et indemnisation des frais vétérinaires : mise en place d’un guichet unique et prise en charge des frais à 90 % ;
- Versement des aides PAC avant le 15 mars, et concertation avec les régions pour accélérer le versement des aides à l’installation.
- Mise en place d’un fond d’urgence avant la fin de semaine pour aider les viticulteurs (particulièrement en Occitanie) ;
- Doublement des contrôles de la DGCCRF contrôlant l’application de la loi Egalim et redistribution des montants des amendes pour soutenir les agriculteurs ;
Déclaration de politique générale du Premier ministre - Discours de Gabriel Attal du 30 janvier 2024 devant l’Assemblée nationale - Découvrir le discours
Déclaration de politique générale de Gabriel Attal au Sénat gouvernement.fr
Pour en savoir plus :
Qu’est-ce que la déclaration de politique générale ?
La déclaration de politique générale de Jean Castex en 2020
La déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne en 2022
- Bâtir de nouveaux progrès et refonder nos services publics
https://www.gouvernement.fr/upload/media/personality/0001/08/3aa68edf1473c76e23bd4d03dc6a9ded442e17db.jpgGabriel Attal
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Déclaration de politique générale de Gabriel Attal au Sénat
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A la suite des annonces concrètes du Premier Ministre, de la conférence de presse donnée par le Président de la République et après l’annonce d’une évolution du mouvement par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, la Région Sud prend aussi des engagements nouveaux pour ses agriculteurs.
« Avec responsabilité, dignité et exigence, forts du soutien des Français et des annonces de Gabriel ATTAL, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs font évoluer leur mobilisation. Je veux saluer cette décision : l’engagement de la Région Sud continue, aux côtés de nos agriculteurs ! Depuis 2016, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur ne manque jamais une occasion d’accompagner ses agriculteurs et tous ceux qui vivent de cette économie fondamentale de notre territoire. Nos agriculteurs nous nourrissent, façonnent nos paysages merveilleux ! Nous leur devons soutien et écoute : avec ma Vice-présidente Bénédicte MARTIN, nous sommes restés à leurs côtés depuis le début de ce conflit.
La suspension annoncée du mouvement ne met pas fin à nos efforts, au contraire. La Région prend de nouveaux engagements auprès des agriculteurs de notre territoire, issus des réflexions menées avec l’ensemble de la filière.
• Pour valoriser la juste rémunération de nos agriculteurs
Notre label « 100 % Valeurs du Sud » est lancé, et ne sera attribué qu’aux produits qui garantissent une juste et digne rémunération de nos agriculteurs. Nous continuerons de militer pour que cette reconnaissance soit assurée par la grande distribution !
• Pour palier les retards de paiement, et les lourdeurs administratives
Lancement d’un fonds d’aide à la trésorerie de 5 millions d’€ pour les dossiers en souffrance dont les retards de paiement mettent en péril les exploitations. Un « dernier recours », pour ceux qui en ont le plus besoin !
• Pour diversifier les sources de revenus de nos agriculteurs
Mise en place d’un « Plan agritourisme », dès le mois de mars, pour accompagner les exploitations en mesure de s’engager dans cette voie. Le Comité régional de tourisme, présidé par François DE CANSON, sera à la manœuvre.
• Pour permettre la transmission des terres et des exploitations
- Accompagnement des cédants (sensibilisation, conseil, expertise)
- Aide à l’installation pour les repreneurs :
- Dotation Jeunes Agriculteurs pour les moins de 40 ans : 4,8 millions d’€ /an complété par des aides aux investissements dans les exploitations de 5,3 millions d’€/an.
- Prêt d’honneur pour renforcer les fonds propres et déclencher un prêt bancaire, jusqu’à 30 000 €
- Aides au remplacement, des aides au recrutement de main d’œuvre, pour une meilleure qualité de vie.
_ - Portage du foncier avec un nouveau fonds SUD foncier avec la SAFER et Terre Adonis : plus de 3 millions d’€.
• Pour valoriser la profession et montrer l’excellence de notre agriculture
Lancement d’une remise des prix annuelle, par Karine LE MARCHAND, pour récompenser les producteurs régionaux engagés dans une logique vertueuse et particulièrement remarquable.
Ces engagements sont pris aujourd’hui et viennent s’ajouter aux 53 millions d’€ que nous engageons, chaque année, pour notre agriculture régionale – ainsi qu’aux 620 millions d’€ d’investissements de la Société du canal de Provence et de la Région, dans le cadre de notre Plan Or bleu, pour une meilleure gestion de la ressource en eau » a déclaré Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Président délégué de Régions de France.
Revenir à la liste… - Hôtel de Région 27, place Jules Guesde 13481 Marseille Cedex 20 Contacter la Région
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Colère des agriculteurs : ce qu’il faut retenir des annonces de Gabriel Attal - Mise à jour le 1.02.24 à 17:21 - Anthony Cortes – Document journal ‘humanite.fr’ Politique
Cf. > https://www.linkedin.com/in/anthony-cortes-317483113/?originalSubdomain=fr
Après une première série d’annonces qui avait peiné à convaincre les agriculteurs mobilisés, le Premier ministre, Gabriel Attal, a annoncé la « deuxième étape » des « réponses » au mouvement. La FNSEA a appelé à lever les barrages aux entrées de Paris.
Cette fois, c’est la bonne ? Après une batterie d’annonces du gouvernement, le vendredi 26 janvier, qui n’avait pas permis d’éteindre le mouvement de colère des agriculteurs,le premier ministre, Gabriel Attal, est revenu à la charge ce jeudi, évoquant une « nouvelle étape ». Avec « deux mots d’ordre » : « produire et protéger », a-t-il expliqué à l’occasion d’un point presse. Des objectifs qui s’accompagnent d’une série de mesures annoncées en compagnie des ministres de l’Economie, de l’Ecologie, et de l’Agriculture, Bruno Le Maire, Christophe Béchu, et Marc Fesneau. Suffisant pour calmer la colère ?
Pause sur le plan Ecophyto
Gabriel Attal a tout d’abord annoncé la « mise en pause » du plan Ecophyto qui vise à réduire l’usage de pesticides. Le troisième volet de ce plan, EcoPhyto 3, projetait notamment de réduire de moitié l’utilisation des pesticides à l’horizon 2030 par rapport à 2015-2017. La FNSEA demandait, depuis le début du mouvement agricole, un « moratoire sur les interdictions ». Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, a fait part de sa consternation sur le réseau social X : « Alors oui le gouvernement peut décider de ne plus protéger l’eau, la terre, la biodiversité et même notre santé. Mais avec ça nos agriculteurs ne gagneront pas plus. En vrai, à la fin, tout le monde sera perdant ».
D’autre part, Matignon s’est engagé à empêcher l’importation en France de produits traités avec le pesticide thiaclopride, produit interdit sur le sol européen, dans l’intention de lutter contre la « concurrence déloyale ».
Autre évolution : les règles poussant les agriculteurs à maintenir des surfaces en prairies seront par ailleurs assouplies. Une « dérogation à l’obligation de réimplantation pendant un an » sera appliquée, a-t-il promis. Depuis 2015, la politique agricole commune (PAC) défend une protection de la prairie, élément écologique majeur pour la captation de carbone et de biodiversité.
Secteur au cœur du mouvement, l’élevage n’est pas en reste. L’exécutif a annoncé débloquer une enveloppe de 150 millions de soutien fiscal et social pour les éleveurs dans le cadre d’un « plan de souveraineté sur l’élevage » dès cette année. « L’objectif est clair, redonner de la valeur à notre alimentation, a-t-il précisé. Nos éleveurs ont besoin d’un soutien spécifique ». Les modalités des versements seront déterminées avec les acteurs de la filière.
« Exception agricole »
Évoquée lors de sa déclaration de politique générale, l’« exception agricole française » exigée par Gabriel Attal a de nouveau été évoquée, mais sans beaucoup plus de substance. « L’exception agricole française, c’est hisser au plus haut (notre) souveraineté, a-t-il déclaré. C’est une question de fierté et d’identité de notre pays ». Un « principe de souveraineté » que Matignon entend « inscrire dans la loi ». « Nous consacrerons dans le code rural l’agriculture comme intérêt fondamental de la nation », a-t-il précisé.
« Souveraineté », souveraineté chérie… Un mot que l’ancien ministre de l’Education a répété de nombreuses fois, jusqu’à tenter de le transposer sur le plan européen où se joue actuellement le sort de sujets qui préoccupent les agriculteurs mobilisés : la question des jachères, l’importation de volailles ukrainiennes, et le Mercosur, du nom du traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. « L’Europe doit être facteur de protection et de souveraineté, a-t-il insisté. Le travail continue à Bruxelles où se trouve le président ». Concernant le Mercosur, Gabriel Attal a clarifié la position française sur le sujet : « Pas question pour la France d’accepter ce traité ».
Dans le sillage de Gabriel Attal, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a été le premier à prendre la parole pour détailler certaines mesures, avant d’être suivi par Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, et Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture. Bruno Le Maire a ainsi évoqué le « renforcement » de la loi Egalim, censée permettre une meilleure rémunération des producteurs par une « phase de contrôle massif de tous les contrats négociés » entre les agriculteurs, les industriels, et la grande distribution. Des contrôles qui pourront déboucher sur des sanctions jusqu’à hauteur de 2 % du chiffre d’affaires. Par ailleurs, l’origine des produits siglés « origine France » sera davantage contrôlée. « Il est hors de question qu’il puisse y avoir tromperie sur la marchandise, a martelé Bruno Le Maire, évoquant par exemple le « poulet affichant un drapeau français pas produit en France. Les sanctions, cette fois, pourront atteindre 10 % du chiffre d’affaires des industriels ou des distributeurs ». 10 000 contrôles sont prévus, a-t-il ajouté.
Enfin, le gouvernement prévoit des mesures, qui seront contenues dans le projet de loi finance de 2025, pour relever les seuils d’exonération pour les transmissions afin de les faciliter. Le but : « Assurer l’avenir et le renouvellement des générations. Quand un agriculteur quitte son exploitation, il faut qu’un jeune puisse le remplacer. C’est le moyen le plus sûr de maintenir notre agriculture dans la durée et notre identité française ». En outre, Marc Fesneau, a annoncé que deux milliards d’euros seront réservés « pour permettre des prêts pour les agriculteurs qui s’installent ».
La FNSEA salue Attal et dénonce l’UE
À la suite de la conférence de presse de Gabriel Attal, la FNSEA a salué des « avancées tangibles », malgré « des choses qui ne sont pas au rendez-vous et qu’il faudra éclairer ». Son président, Arnaud Rousseau, a toutefois taclé l’Union européenne : « Nous nous interrogeons sur la surdité de l’Europe. Or, ce combat de notre agriculture, notre combat à tous, il est intimement lié à l’avenir de ce qui se passe en Europe. (…) Je voudrais aborder la question ukrainienne, non pas tant dans le soutien de l’UE à ce peuple en pleine guerre, mais sur le fait que nous avons tergiversé depuis plus d’un an sur les sujets d’importation agricole et nous attendons aujourd’hui des décisions fortes qui vont permettre de protéger le marché intérieur européen ».
Sur le même thème : Face à la colère des agriculteurs, un gouvernement sans perspective
À l’origine du « siège de Paris », la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, à la manœuvre lors de cette tentative de bloquer les axes menant à Paris, ont appelé à lever les barrages. Les premiers estiment que l’objectif, désormais, est que les agriculteurs « se replient en bon ordre pour rentrer dans les fermes en toute sécurité ». Tandis que les seconds, par la voix de leur président Arnaud Gaillot, ont appelé à « suspendre les blocages et à rentrer dans une nouvelle forme de mobilisation ».
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Agriculteurs : le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, défend son camp et avance sa méthode – Interview – 02/02/2024 05:45 – Par Anthony Berthelier (HuffPost)
Le maire de Lyon répond aux annonces du gouvernement et détaille au « HuffPost » ses propositions pour améliorer le sort des agriculteurs.
« On nage dans l’hypocrisie » : les leçons de Grégory Doucet (ici en juillet 2023), le maire écolo de Lyon, sur la crise agricole.LUDOVIC MARIN / AFP
« On nage dans l’hypocrisie » : les leçons de Grégory Doucet (ici en juillet 2023), le maire écolo de Lyon, sur la crise agricole.
POLITIQUE - Le maire des batailles. Grégory Doucet a beau être l’édile de Lyon, la troisième ville de France davantage reconnue pour ses bouchons que ses exploitations paysannes, l’écologiste a des choses à dire sur la crise agricole qui secoue le pays depuis bientôt deux semaines.
Les Verts sont-ils responsables de tous les malheurs dans les campagnes ? Faut-il revoir les normes européennes conspuées à travers l’Europe ? Les réponses du gouvernement vont-elles dans le bon sens ?
Interrogé par Le HuffPost, le maire de Lyon défend son action pour une alimentation locale, fustige « l’hypocrisie » de la classe politique sur les traités commerciaux et s’élève contre l’agribashing.
Le HuffPost : Comment jugez-vous les réponses de l’exécutif à la crise agricole ?
Grégory Doucet : Un certain nombre de choses ne sont pas nouvelles. Le Premier ministre dit qu’il veut accélérer la mise en œuvre de la loi Egalim et aller vers 50 % d’alimentation locale et 20 % de bio. Très bien. Je me réjouis qu’elle soit mieux appliquée par l’État, mais on pourrait espérer des autorités qu’elles soient déjà engagées sur son application sans attendre une crise agricole. Aujourd’hui, dans les crèches lyonnaises, on est à 100 % de bio et 80 % de local. Les mots d’amour, c’est bien. Les preuves, c’est mieux.
Emmanuel Macron a confirmé la réticence de la France à signer l’accord entre l’UE et le Mercosur. Cela doit vous satisfaire ?
Je ne peux que me réjouir de l’annonce sur le Mercosur. Vous savez mon opposition à ces traités qui sont pour une grande partie des aberrations. Mais il faut être cohérent et questionner l’ensemble de ces accords. Celui signé avec la Nouvelle-Zélande et soutenu par le groupe LREM au Parlement européen prévoit par exemple l’importation de 38 000 tonnes de viande à l’heure où on connaît l’importance de réduire notre consommation et où la production française et européenne apparaît suffisante.
Je souhaite que les maires puissent faire valoir une clause de localité de nos achats publics pour les produits agricoles
Notre agriculture ne peut pas être une monnaie d’échange. Il faut une exception agricole française et la sortir des traités commerciaux pour qu’elle ne soit plus une variable d’ajustement permettant de vendre d’autres produits.
Malgré les annonces du gouvernement, la fronde agricole pourrait se poursuivre. À Lyon, certains accès à la ville ont été bloqués. Soutenez-vous cette mobilisation ?
Étant maire de la capitale mondiale de la gastronomie, mon soutien pour ceux qui nous nourrissent n’est pas nouveau. C’est ma responsabilité d’aider ceux qui produisent autour de notre ville. Quand on transforme la restauration scolaire (26 000 repas par jour), pour y mettre plus de bio, plus de local, quand on travaille notre cahier des charges avec des associations d’agriculteurs, on sécurise leur revenu et on leur donne de la visibilité. On renforce les filières et donc notre terroir. L’impact de nos commandes publiques est considérable.
Quand on est responsable politique, aller s’exhiber devant les caméras ne me semble pas être le plus utile pour aider l’agriculture française. Transformer les cantines, défendre une exception agricole française et un système d’achat local, oui.
Quels sont les autres leviers à l’échelle locale ?
Je souhaite que les maires puissent faire valoir une clause de localité de nos achats publics pour les produits agricoles. Voilà une mesure que le gouvernement devrait mettre en place.
Il faut sauver nos terres agricoles et se garder de remettre en question le ZAN (« zéro artificialisation nette ») comme le fait Laurent Wauquiez
Il y a également la question du foncier. Certains paysans me disent qu’ils ont du mal à accéder à des terres agricoles à cause de propriétaires qui spéculent en espérant que leurs terres deviennent constructibles. Un vrai péril. Dans ce contexte, la métropole de Lyon a multiplié par 4 son budget dédié à l’agriculture. C’est aussi pour cela que le ZAN (le « zéro artificialisation nette » qui vise à endiguer la bétonisation) est extrêmement utile. Il faut sauver nos terres agricoles et se garder de remettre en question ce dispositif comme le fait le président de région Laurent Wauquiez.
Pour certains agriculteurs, les militants écologistes et l’écologie politique sont responsables de leurs difficultés. Que leur répondez-vous ?
Ceux qui ont intérêt à opposer agriculture et écologie sont ceux qui se fichent pas mal de la terre, de l’eau, de ce qu’on y produit et globalement des agriculteurs.
Certains parlent « d’agribashing »…
Les agriculteurs que j’ai rencontrés m’en ont effectivement parlé. Certaines personnes viennent directement les voir en remettant en question leurs pratiques, en leur reprochant l’arrosage ou l’épandage. C’est dur pour eux.
Maire de Lyon, vous n’entendrez pas de ma bouche des critiques à leur égard. Justement, je cherche à les valoriser. Dans notre projet éducatif, on met l’accent sur le rapport à la nature, au vivant. Pourquoi ? On souhaite que les enfants lyonnais puissent comprendre les cycles, savoir comment pousse une tomate. L’idée est de recréer les liens entre la ville et la campagne, et de valoriser les métiers, les activités de l’agriculture.
Ceux qui appellent à changer les choses sont les mêmes qui font les règles depuis le début de l’Europe, les sociaux-démocrates et la droite
Les politiques écolos mises en place à l’échelle européenne sont pointées du doigt par les agriculteurs. Faut-il réduire les normes ou revoir certaines règles ?
Les agriculteurs que j’ai rencontrés se plaignent surtout des normes françaises qui sont beaucoup plus nombreuses. Ils veulent de la cohérence pour éviter cette distorsion de concurrence avec d’autres pays de l’UE. Les responsables politiques ont tendance à cibler l’Union européenne comme si c’était la source de tous nos maux. C’est un peu facile en période électorale : ceux qui appellent à changer les choses sont les mêmes qui font les règles depuis le début de l’Europe, les sociaux-démocrates et la droite du PPE.
On nage dans l’hypocrisie.
Les propositions de votre parti, à l’échelle nationale, ne semblent pas correspondre aux revendications de la majorité des agriculteurs (réduction des pesticides, accent mis sur le bio, fin de l’élevage intensif). Cette crise va-t-elle vous amener à les revoir ?
Les fondamentaux de notre programme sont plus que jamais d’actualité. Assurément, il faut y ajouter d’autres éléments, comme des mesures fortes concernant l’agribashing. Il ne s’agit pas de faire des campagnes d’affichage montrant un agriculteur avec un agneau dans les bras pour changer leur image. Ce n’est pas ça. Mais c’est un métier noble, il faut encourager des gens à s’y engager.
En complément de ce que l’on propose, il faut également réintensifier notre agriculture en main-d’œuvre. Si elle veut progresser, l’agriculture de demain ne pourra pas se faire qu’avec des machines, de la génétique ou du numérique. Elle devra être plus humaine.
À voir également sur Le HuffPost :
Blocages des agriculteurs : ce que le gouvernement veut changer sur l’étiquetage « Made in France »
plus : Grégory doucet Agriculture Lyon Europe écologie - Les Verts (EELV) Politique Crise agricole Anthony Berthelier
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Source : https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/agriculteurs-le-maire-ecologiste-de-lyon-gregory-doucet-defend-son-camp-et-avance-sa-methode-interview_229189.html?xtor=EPR-5689964-[daily]-20240202
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Solidaire avec le mouvement du monde agricole, Oxfam France appelle à une juste répartition des profits dans la chaîne de valeur agro-alimentaire - 26 janvier 2024 – Document ‘oxfamfrance.org
Depuis plusieurs jours, les agriculteurs et agricultrices expriment leur colère partout en France. Une exaspération portant notamment sur la rémunération très faible d’un travail difficile : 18,1% des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté. Oxfam France analyse et souligne depuis des années les inégalités que subissent une majorité des agriculteurs, ne leur permettant pas de vivre de leur travail, tandis qu’une minorité tire profit de ce système.
Accaparement de la valeur par l’agro-industrie et la grande distribution
Alors que les prix d’achats aux agriculteurs sont ridiculement bas, les prix de l’alimentation n’ont jamais été aussi hauts depuis les années 80. Les géants de l’agroalimentaire ont profité des crises pour accroître leurs profits et leurs marges. Entre fin 2021 et début 2023, lehttps://www.insee.fr/fr/statistique...taux de marge des industries agroalimentaires est passé de 28 à 48 %.
Le géant mondial du lait Lactalis a annoncé, en avril dernier, avoir dépassé les 28 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022. La fortune des ses propriétaires, les 3 frères et soeur Besniers, s’élève à 43 milliards de dollars, soit l’équivalent de 2,5 millions d’années de revenus pour un éleveur bovin.
L’agro-industrie et la grande distribution s’accaparent la valeur des productions et sont les grandes gagnantes de ce système inégalitaire qui laisse agriculteurs et consommateurs sur le bord de la route.
Nécessité d’une réorientation massive des aides publiques
Le monde agricole voit ses coûts augmenter (hausse des tarifs de l’énergie, des intrants, taxe sur le gazole…), pourtant, les aides publiques, notamment celles de la PAC (Politique Agricole Commune), restent très majoritairement orientées vers les grandes exploitations, laissant les plus petites seules face à l’inflation. Alors que 33% du budget de l’Union Européenne sont dédiés à la PAC, les aides sont calculées à l’hectare ou à la tête de bétail, ce qui favorise mécaniquement les grandes exploitations.
Les agricultrices, sont encore plus lésées par ce système de répartition puisqu’elles exercent dans des domaines aux surfaces moindres. Conséquence : leur revenu est de 29% inférieurà celui de leurs collègues masculins.
Les agriculteurs seuls face au changement climatique
L’agriculture est en première ligne du changement climatique : les vagues de chaleur, sécheresses, salinisation des terres et des nappes phréatiques, variations imprévisibles des pluies, prolifération de ravageurs, etc. entraînent des pertes de rendements, pertes de récolte, contraintes d’irrigation, nécessité d’adaptation.
Dans son dernier rapport, le Haut Conseil pour le climat constate une baisse des rendements allant jusqu’à 30%. Pourtant, les politiques publiques n’aident pas le monde agricole à faire face à la crise climatique. Les aides de la PAC rémunèrent mal les agriculteurs qui veulent changer de pratiques agricoles.
Réorienter le modèle pour une agriculture plus juste et plus durable
Le système agro-alimentaire actuel est inefficace et destructeur : il ne permet ni de rémunérer correctement la majorité des agriculteur.ices, ni de donner accès à une alimentation saine et durable aux citoyen.nes, ni de régénérer les sols. Il concentre les richesses entre les mains d’un petit nombre d’acteurs, sacrifie la sécurité alimentaire à des logiques de marché, et perpétue les inégalités.
Oxfam France appelle à :
- une réorientation de la PAC : Les Etats et l’UE doivent, via leurs subventions, soutenir davantage les petits producteurs, en particulier les femmes, et les travailleurs pauvres de l’agro-alimentaire.
- une régulation et taxation des superprofits de l’agro industrie.
- le déblocage d’un budget de 3 milliards d’euros par an pour l’adaptation du secteur agricole au changement climatique. Le rapport Pisani-Ferry-Mahfouz préconise une taxation pour l’adaptation sur les patrimoines financiers des plus aisés.
- l’application effective d’un cadre législatif et réglementaire interdisant l’achat de produits agricoles en dessous de leur prix de revient.
Contact médias :
Elise Naccarato, Responsable plaidoyer et campagne Climat et Sécurité Alimentaire – enaccarato@oxfamfrance.org – 06 17 34 85 68
Quentin Ghesquiere, Chargé de campagne et plaidoyer Agriculture et Sécurité Alimentaire – qghesquiere@oxfamfrance.org – 06 69 27 43 30
Comment imaginer une juste adaptation aux changements climatiques ? - 22 janvier 2024 – Document ‘oxfamfrance.org’
Inondations, sécheresses, canicules… : le changement climatique est déjà une réalité en France et va continuer de s’accentuer. Il est donc urgent de prendre des mesures pour s’y adapter, sans laisser personne sur le bord de la route. Car l’adaptation aux conséquences du changement climatique est indissociable de la justice sociale.
S’adapter aux conséquences du changement climatique en France : une urgence
Quels sont les impacts du changement climatique en France ?
Le changement climatique et la hausse globale des températures causée par l’activité humaine sont des faits avérés. Même si la France parvient à respecter ses engagements de baisse de ses émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique est déjà là et va s’accentuer.
Concrètement, les manifestations du changement climatique sont déjà visibles dans le pays et vont continuer de s’accentuer. Le changement climatique se caractérise notamment par :
- La hausse des températures : l’été 2023 a été le plus chaud jamais mesuré sur Terre et le quatrième plus chaud mesuré en France. Avant 1990, la France connaissait en moyenne 2 jours de vagues de chaleur par an. Depuis 2000, ce chiffre est passé à 8 par an. Dans un scénario à +4°C, l’Ile-de-France pourrait connaître jusqu’à 94 jours de vague de chaleur chaque année.
- Des sécheresses plus sévères et plus fréquentes qui entraineront des pénuries d’eau avec des conséquences sur la disponibilité et la qualité d’eau potable ainsi que sur de nombreux secteurs (agriculture, tourisme, industrie, etc).
- Des feux de forêt plus importants et plus fréquents, et qui touchent des régions autrefois épargnées, notamment le Nord-Ouest de la France.
- Des inondations plus fréquentes et plus imprévisibles, avec un impact important sur les personnes, les constructions et les infrastructures.
- Des tempêtes et intempéries à une plus grande fréquence et plus intenses, qui feront des dégâts importants et que nos infrastructures ne sont pas prêtes à subir.
L’inadaptation aux changements climatiques renforce les inégalités
Oxfam a montré que le changement climatique et les inégalités s’alimentent réciproquement et forment un cercle vicieux. Si ce sont les plus riches qui polluent le plus et qui détraquent le plus notre climat, ce sont les plus vulnérables – ménages pauvres et modestes, femmes, enfants, personnes âgées, groupes marginalisés – qui en payent le prix fort.
Ces inégalités face au climat sont criantes :
- En France, 63 milliardaires polluent autant chaque année que 50% de la population.
- Pourtant, à Paris, les populations les plus pauvres ont trois fois plus de chances de mourir d’un épisode de pollution que les plus riches.
- Les personnes sans domiciles ou qui vivent dans des logements surpeuplés ou mal-isolés sont bien plus vulnérables aux vagues de chaleurs que les personnes vivant dans des logements bien isolés. De même pour les personnes travaillant en extérieur, ou le personnel soignant qui assume les conséquences de ces épisodes.
Le rapport du GIEC observe que les ménages modestes et les groupes marginalisés sont plus durement touchés par les inondations, sécheresses, canicules, et maladies liées à la chaleur. Ils manquent aussi plus souvent de ressources ou de droits pour s’adapter avec succès au changement climatique
Changement climatique et droits humains
Si rien n’est fait pour inverser la tendance, les interactions entre le changement climatique et les inégalités déjà existantes vont mettre un péril un certain nombre de droits humains, en particulier ceux des groupes déjà marginalisés. Avec ses impacts directs sur la production alimentaire, sur la disponibilité en eau et sur les écosystèmes, Oxfam estime que le changement climatique menace directement ou indirectement au moins 26 des 50 articles de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne si l’UE ne s’adapte pas immédiatement et efficacement au changement climatique.
Il est donc urgent d’inverser la tendance et de briser le cercle vicieux entre changement climatique et inégalités. Pour un avenir socialement juste et équitable, il est urgent d’adapter la France au changement climatique.
Agir pour une adaptation socialement juste et ambitieuse
Le retard des politiques d’adaptation en France
Dans son rapport annuel de 2023, le Haut Conseil pour le Climat a alerté sur le fait que la France est loin d’être prête en matière d’adaptation. Les récentes inondations du Pas-de-Calais ont encore une fois révélé l’impréparation et le manque de coordination sur le sujet de l’adaptation. Le sujet reste cantonné au domaine technique et fait souvent l’objet d’une fausse concurrence avec l’atténuation.
Pourtant, l’Accord de Paris oblige les Etats à la fois à mettre en œuvre des actions d’atténuation et à définir des politiques d’adaptation. L’Etat a une responsabilité de garantie des droits fondamentaux qui l’oblige à agir contre le réchauffement climatique dans toutes ses dimensions. De plus, en matière d’adaptation, de nombreux outils et acteurs (CNRS, DRIAS, Météo-France, HCC, etc.) sont à la disposition de l’Etat pour anticiper les conséquences des scénarios et donc mesurer quelles seraient les mesures les plus pertinentes : l’expertise ne manque pas.
Or, chaque année d’inaction rend plus difficile notre transition vers une société résiliente. Ni le budget pour l’année 2024, ni les politiques d’adaptation, dont le principal instrument est le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), ne permettent pour l’instant d’atteindre les objectifs fixés en matière d’adaptation.
Le PNACC, c’est quoi ?
Depuis 2011, la France s’est dotée d’un PNACC ou Plan National d’Adaptation au Changement Climatique, qui vise à présenter des mesures concrètes pour limiter les effets négatifs du dérèglement climatique en France. Une deuxième version du PNACC a été publiée en 2018. Cette deuxième version était largement insuffisante, marquée par la quasi absence de mesures concrètes et le manque cruel d’ambition et de coordination. Le gouvernement devrait présenter à l’été 2024, la troisième version du PNACC qui présentera un plan d’action pour les 5 prochaines années.
Les attentes d’Oxfam pour le prochain PNACC
Jusqu’à présent, les deux premiers PNACC présentés par le gouvernement ont été un ensemble de mesures, parcellaires, peu ambitieuses et pas toujours cohérentes. Le gouvernement doit bientôt présenter la nouvelle version du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Voici les attentes d’Oxfam pour une adaptation juste et efficace :
- Des moyens humains et financiers à la hauteur de l’enjeu à différentes échelles et notamment à l’échelle des collectivités.
- Une approche globale et coordonnée de toutes les politiques publiques afin qu’elles contribuent à l’adaptation, ou à défaut qu’elles n’aggravent pas la vulnérabilité au changement climatique.
- La mise en place rapide de mesures « sans regret » (végétalisation, isolation du bâti existant, etc.) pour lutter efficacement contre le changement climatique, quel que soit le scénario de réchauffement envisagé.
- Une prise en compte systématique et transverse de la question des inégalités pour ne laisser personne sur le bord de la route.
- Doter le plan national d’adaptation d‘une réelle valeur juridique afin de légitimer son application et de permettre l’évaluation contraignante des objectifs et des moyens pour y parvenir, comme c’est le cas pour la stratégie nationale bas carbone.
Oxfam France - Le pouvoir citoyen contre la pauvreté
Oxfam France - Le pouvoir citoyen contre la pauvreté
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Oxfam France est une association loi de 1901. C’est la section française d’Oxfam International, une organisation internationale de développement qui a pour objectif de mobiliser le pouvoir citoyen contre la pauvreté. Wikipédia
Communiqué par ‘le Baleineau’, la newsletter des ‘Amis de la Terre France’ – Février 2024
Bonjour
Au sortir d’une année 2023 riche en luttes pour l’environnement et la justice sociale, l’année 2024 démarre fort. La colère des agriculteur·ices et leur besoin vital de meilleures conditions de travail obligent le gouvernement à mettre en œuvre les changements nécessaires pour améliorer leurs revenus. Dans le contexte des mobilisations actuelles, ne tombons pas dans le piège tendu par les lobbies de la FNSEA et par le gouvernement, ne nous méprenons pas : l’ennemi des paysan·nes ne se trouve pas dans les normes environnementales, mais dans l’incapacité de nos dirigeants à garantir un revenu digne à celles et ceux qui nous nourrissent, et à les accompagner dans la mise en œuvre des normes environnementales. Au contraire, vouloir reculer sur les normes environnementales, c’est se soumettre à l’impératif d’une compétitivité toujours plus mortifère à l’origine de la situation actuelle des agriculteur·ices.
La solution ne se trouvera pas dans une agriculture toujours plus industrielle qui broie les agriculteur·ices, leur accès à la terre et leurs revenus, mais dans un modèle agroécologique déployé de manière socialement juste, et replaçant au centre les conditions de travail des paysan·nes et le respect des éco-systèmes.
Le combat ne fait que commencer, et les initiatives collectives et citoyennes ont un rôle puissant à jouer. De fait, mieux vaut ne pas compter sur le gouvernement de Gabriel Attal.
Lors de la déclaration de politique générale du premier ministre, celui-ci s’est prosterné devant le mythe de la croissance, en s’obstinant à vouloir le concilier avec le climat.
Monsieur Attal, plus produire, c’est nécessairement plus polluer ! Vous parlez d’« écologie de la brutalité », d’« écologie punitive »... La brutalité ne se trouve pas dans l’écologie, mais dans votre néolibéralisme débridé, votre obsession de la privatisation, votre complaisance envers les multinationales et les lobbies. Une décroissance socialement juste est la seule voie soutenable !
Pour participer, vous aussi, au combat pour des sociétés plus justes, plus solidaires et plus sobres, je vous invite à nous rejoindre. Ce n’est qu’ensemble que nous parviendrons à faire entendre notre voix ! ✊
J’adhère aux Amis de la Terre –
Les Amis de la Terre – FranceWiki
Les Amis de la Terre | Accueil
Source : https://r.campagnes.amisdelaterre.org/mk/mr/sh/7nVTPdZCTJDXP4Vwevzqc4Zv5iQZj2v/TDiIyVGJc_nt
Annonces du gouvernement sur l’agriculture : ‘Générations Futures’ dénoncent des reculs majeurs sur la question des pesticides. ecophyto - Le 1er février 2024 -
Pesticides dans l’air : épisode 3 - Le 17 janvier 2024 - Pesticides - Dossiers
C’est dans l’air - Episode 3https://www.generations-futures.fr/...
Ce rapport de Générations Futures, publié le 16 janvier 2024, met en évidence l’insuffisance des zones de non traitement (ZNT) actuelles de 5 à 10 mètres censées protéger les riverains des expositions aériennes aux pesticides en zones agricoles. Les résultats de nouvelles analyses d’air, effectuées avec des améliorations méthodologiques, indiquent que même à plusieurs dizaines de mètres des zones traitées, les concentrations de pesticides dans l’air demeurent élevées. Jusqu’à 35 substances pesticides différentes, dont le glyphosate classé cancérogène probable, ont été détectées en 7 semaines.
Face à ces constats, Générations Futures appelle à des mesures plus efficaces, notamment l’extension des ZNT à au moins 150 mètres, le retrait du marché des pesticides contenant des substances dangereuses, la tenue électronique des registres d’épandage accessibles au public, et l’intégration de mesures dans la stratégie Ecophyto 2030 pour réduire l’exposition aérienne aux pesticides. L’association souligne l’urgence d’agir pour protéger la santé publique et invite le gouvernement à renforcer les réglementations en vigueur.
Lire notre communiqué de presse - C’est dans l’air - Episode 3https://www.generations-futures.fr/...
Autres dossiers :
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Rapporthttps://www.generations-futures.fr/...PesticidesEvaluation du glyphosate : les effets sur l’environnement mal, voire pas, évalués
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Fichier:Logo-generations-futures.png — Wikipédia
Source : https://www.generations-futures.fr/
Générations Futures est une association française, fondée en 1996 par Georges Toutain et François Veillerette, qui a pour but de soutenir une agriculture durable en opposition à l’agriculture intensive utilisant des pesticides et engrais de synthèse. Wikipédia - Fondateur : François Veillerette - Création : 1996
Réactionnaire ? Ce que l’intelligence artificielle dit des discours d’Emmanuel Macron – Publié le 1er février 2024, 15:58 CET - AuteurDamon MayaffreChercheur CNRS en linguistique informatique, Université Côte d’Azur – Document ‘The Conversation France’
Déclaration d’intérêts - Damon Mayaffre a reçu des financements de UCA-IDEX-JEDI. Partenaires : Université Côte d’Azur apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR. Voir les partenaires de ‘The Conversation France’
NB. Nous croyons à la libre circulation de l’information - Reproduisez nos articles gratuitement, sur papier ou en ligne, en utilisant notre licence Creative Commons.
Emmanuel Macron est-il devenu un président réactionnaire ? Faisant profession de foi de progressisme, son discours n’est-il pas en réalité empreinte de nostalgie et de conservatisme ? La « révolution » que le titre de son livre-programme promettait se rapproche-t-elle de 1789, 1848, 1917… ou plutôt de la révolution conservatrice qui a pu dominer l’Europe et le monde dans les années 1980.
Plus lointainement, la révolution macronienne ne fait-elle pas quelques échos à la révolution nationale du régime de Vichy ? Ses discours semblent l’attester avec des propos natalistes (« réarmement démographique »), une restauration de l’autorité et l’affirmation de la triple priorité « l’ordre, l’ordre, l’ordre », l’idée d’un uniforme à l’école et d’une nécessaire préférence nationale face à l’immigration clandestine. Et la résonance lexicale entre la « Renaissance » que projette le nouveau parti du président et la « renaissance » que promettait Philippe Pétain dans ses messages aux Français après le Front populaire se révèle troublante.
Sensible dès l’été 2017 avec les Ordonnances travail ou la suppression de l’ISF, le tournant droitier d’Emmanuel Macron apparaît historiquement peu contestable au fil du temps avec le traitement des « gilets jaunes », la réforme des retraites, la loi sur l’immigration votée avec l’extrême droite ou la composition du nouveau gouvernement Attal. L’hyperprésidentialisme (refus du référendum d’initiative citoyenne, ajournement de la proportionnelle, usage répété du 49.3, leadership du président sur le gouvernement et le Parlement) illustre également une posture conservatrice sinon autoritaire, loin d’une VIe République ou d’une démocratie représentative parlementaire que d’autres réclament.
Mais au-delà de telle ou telle mesure de droite qu’il faudrait nuancer par telle ou telle mesure de gauche au nom du « en même temps », c’est l’analyse systématique des discours d’Emmanuel Macron depuis 2017, grâce à Hyperbase, un logiciel de statistique textuelle et d’intelligence artificielle produit par le CNRS et l’Université Côte d’Azur, qui atteste l’inclinaison réactionnaire du président.
Parler « le Macron »
Nos algorithmes ont appris – par comparaison – à parler le « de Gaulle », le « Pompidou », le « Giscard », le « Mitterrand », le « Chirac », le « Sarkozy », le « Hollande » et le « Macron ». Et ils sont susceptibles de dire, sans se tromper, les mots préférés des uns et les phrases favorites des autres, les expressions privilégiées par Charles de Gaulle ou par François Mitterrand, la composition grammaticale des discours de Valéry Giscard d’Estaing ou de François Hollande, la tonalité idéologique des discours de Nicolas Sarkozy ou de ceux d’Emmanuel Macron.
Or, au grand étonnement du linguiste, Hyperbase révèle qu’Emmanuel Macron a une lettre préférée. Une lettre, parmi toutes, dont l’intelligence artificielle s’empare pour classer, identifier ou reproduire à coup sûr les discours du président actuel. Cette lettre fétiche d’Emmanuel Macron, mille fois répétée, par laquelle il convainc son électorat et déroule son idéologie, est la 18e lettre de l’alphabet : la lettre R.
Le « re » tour en arrière, signature linguistique d’Emmanuel Macron ?
Selon la machine, le r- à l’initiale, c’est-à-dire en début de mots, est statistiquement caractéristique d’Emmanuel Macron.
Le préfixe re- estampille ainsi le discours macroniste pour devenir une arme politique subtile.
https://images.theconversation.com/...
Occurrences de RE dans le discours des différents présidents de la Vᵉ République
Distribution statistique du préfixe re – dans le corpus présidentiel (sur-utilisation au-dessus de 0, sous-utilisation en dessous. On constate une sur-utilisation massive du re – par Emmanuel Macron) (Hyperbase 2024). UMR 7320 BCL
REtrouver, REcouvrer, REdonner, REfaire, REconstruire, REstaurer, REinventer, REfonder… Les verbes en re- mettent constamment en marche arrière le discours d’Emmanuel Macron qui entend REproduire un passé idéalisé. REstauration, REarmement, REfondation, REvision, REnovation… Les noms en re- renvoient inlassablement les auditeurs à la grandeur éternelle d’une France passée qu’il s’agirait de REconquérir. L’approche quantitative est formelle, et elle chiffre précisément la lame de fond des re- dans la prose d’Emmanuel Macron à hauteur d’un écart réduit de +12,6.
L’approche qualitative des discours confirme quant à elle cette rhétorique passéiste. Autour de la campagne présidentielle 2022, en effet, Emmanuel Macron systématise son discours « en réaction ». Il débaptise En Marche pour renommer son parti REnaissance. Il envisage de réviser la Constitution en créant une quatrième Chambre : le Conseil national de la REfondation. Aussitôt réélu, il crée un nouveau ministère au nom significatif : le ministère du REnouveau démocratique. Le 31 décembre 2023 durant ses vœux, puis lors d’une conférence de presse pour relancer son mandat, il axe son discours sur le martèlement d’un seul mot « RÉ-armement » : RÉ-armement civique, RÉ-armement industriel, RÉ-armement de l’État, RÉ-armement économique, RÉ-armement des services publics, RÉ-armement démographique, etc.
Si le linguiste peut être étonné qu’un locuteur français puisse se singulariser d’autres par le surusage d’un préfixe – et vous, lecteurs, croyez-vous avoir une lettre préférée lorsque vous parlez ? –, l’historien et le politologue interprètent le phénomène sans difficulté.
Dans la langue politique, le préfixe re- est au service d’un discours REactionnaire, celui du « c’était mieux avant », depuis deux siècles (depuis la REstauration de 1814-1815).
Quelques mois avant la création par Emmanuel Macron de « REnaissance », le leader maurrassien Eric Zemmour n’avait-il pas intitulé son propre mouvement « REconquête » ? Avant que Macron ne l’exprime, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas fait de la REstauration de l’autorité, notamment la « REstauration de l’autorité du maître à l’école », le fondement de son programme de « liquidation de l’héritage de mai 1968 » ?
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Selon les études de sociologie électorale, Emmanuel Macron a été porté au pouvoir en 2017 et plus encore en 2022 par un électorat vieillissant et issu des classes sociales dominantes. Il s’adresse, de manière explicite ou subliminale, à un public pour qui la conservation de la hiérarchie sociale en place et le retour à une grandeur mythifiée sont une inclinaison naturelle.
Plus généralement, le discours réactionnaire d’Emmanuel Macron n’est-il pas simplement le reflet de la droitisation d’une France contemporaine inquiète pour son avenir et nostalgique de son passé ? L’étude systématique par l’intelligence artificielle des gros corpus de presse actuels ou des débats parlementaires récents, que nous entreprenons aujourd’hui au laboratoire, pourrait très vite nous renseigner en étudiant la popularité du préfixe re- bien sûr, mais également du préfixe de- que Gabriel Attal vient de surutiliser dans son discours de politique générale (déverrouiller, débureaucratiser, désmicardiser).
Mots clefs : intelligence artificielle (IA) droite linguistique Emmanuel Macron nostalgie discours politique
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Dernière minute - Pesticides : On vous dit tout sur le plan Ecophyto mis « sur pause » et la colère des écolos - Marion Pignot - Publié le 02/02/2024 à 15h13 • Mis à jour le 02/02/2024 à 16h01 – Document ‘20minutes.fr’
Cf. https://www.linkedin.com/in/marion-pignot-763b7973/?originalSubdomain=fr
•La mise « à l’arrêt » du plan de réduction des pesticides Ecophyto a été annoncée jeudi par le Premier ministre, Gabriel Attal, pour calmer la colère des agriculteurs mobilisés
Le secteur agricole doit faire mieux pour réduire l’utilisation de pesticides, avait affirmé en 2015 le ministère de l’Agriculture de Bruno Le Maire, lors d’un point d’étape du plan Ecophyto.
Le secteur agricole doit faire mieux pour réduire l’utilisation de pesticides, avait affirmé en 2015 le ministère de l’Agriculture de Bruno Le Maire, lors d’un point d’étape du plan Ecophyto. - Jean-Philippe Ksiazek afp.com / AFP
L’essentiel :
- Depuis plus de dix jours, une partie de la colère du monde agricole cible les normes environnementales. Le FNSEA premier syndicat agricole français et les Jeunes Agriculteurs (JA) sur le volet environnemental, les syndicats exigeaient un « moratoire sur les interdictions » de pesticides et un « rejet d’Ecophyto ».
- Banco, Gabriel Attal a annoncé que le plan gouvernemental, qui vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici à 2030, était désormais mis « sur pause ».
- Une « pause » annoncée alors que l’Etat a jusqu’au 30 juin 2024 pour mieux respecter ses trajectoires de baisse de l’utilisation des pesticides et protéger les eaux, sur ordre de la justice administrative. Et que les ONG sont vent debout.
Le gouvernement a annoncé « mettre en pause » le plan Ecophyto qui doit fixer des objectifs de baisse d’usage des pesticides et cristallise la colère des producteurs de grandes cultures. Pourquoi ? « Le temps d’en retravailler un certain nombre d’aspects, de le simplifier », a précisé jeudi le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, lors d’une conférence de presse. Mais c’est quoi au juste ce plan ? Pourquoi le gouvernement a-t-il lâché du lest ? Et pourquoi la grogne des écologistes monte ? On fait le point.
C’est quoi le plan Ecophyto ?
Le premier Ecophyto, lancé en 2008, ambitionnait de baisser de moitié en dix ans l’utilisation des pesticides (herbicides, insecticides, fongicides), un objectif sans cesse repoussé dans les versions successives du plan. Un deuxième plan, en 2015, reprenait ainsi ce même objectif mais en le repoussant à l’horizon 2025. La nouvelle stratégie gouvernementale, appelée « Ecophyto 2030 », vise aujourd’hui à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030 (par rapport à 2015-2017) et à accélérer la recherche de solutions alternatives et urgentes face aux impacts relevés sur la santé des agriculteurs, la mortalité des abeilles, la pollution des eaux, etc. Ce plan avait été rejeté d’emblée par les producteurs de grandes cultures (céréales, graines à huile, sucre, betteraves).
Cette quatrième mouture du plan était en fin de consultation, alors que l’indicateur central du plan, le Nodu (nombre de doses unité), est contesté par des organisations agricoles. Plus précisément, le Nodu prend en compte les quantités de pesticides vendues et les surfaces traitées, aux doses maximales homologuées. La France est passée d’un Nodu de 82 en 2009 à 120,3 en 2018 avant de revenir à 85,7 en 2021. Selon le nouvel objectif du gouvernement, il devrait donc descendre à environ 50 en 2030.
250 millions d’euros étaient prévus à cet effet dans le projet de loi de finances 2024, des crédits dédiés à Ecophyto 2030 devaient être annoncés… par Elisabeth Borne, alors Première ministre.
Pourquoi avait-il été mis en place ?
L’agriculture française est, selon les derniers chiffres du ministère de tutelle, responsable de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Elle est également la première victime du changement climatique, qui menace les rendements, grignotés par les sécheresses et les inondations. Ecophyto 2030 devait ainsi permettre d’accompagner les agriculteurs dans leurs transitions écologiques. « Et économique », via les 41 millions d’euros distribués parl’Office français de la biodiversité (OFB) pour la recherche, l’expérimentation, etc, notait récemment Sandrine Bélier, directrice de l’ONG Humanité et Biodiversité. « L’enjeu, c’est la protection de la biodiversité mais aussi la santé des agriculteurs qui sont les premières victimes des phytosanitaires qu’ils utilisent », rappelait-elle encore.
Cette politique, sanitaire et environnementale, tout droit sortie du « Grenelle de l’environnement » en 2007, devait donc permettre de protéger également la santé des agriculteurs mais aussi la biodiversité animale et végétale. Sachant que, entre autres, ces 30 dernières années, les populations d’oiseaux des champs ont chuté de 30 % en France, selon des études selon lesquelles l’intensification de l’agriculture est la principale cause de ce déclin.
Pourquoi le gouvernement met-il le plan Ecophyto en « pause » ?
Les plans de réduction des pesticides ont été « inefficaces » depuis quinze ans, car « ils ne proposaient aucune solution pour accompagner les agriculteurs », a affirmé ce vendredi la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot, justifiant cette mise « en pause » par la volonté de « sortir de l’écologie punitive ». Le gouvernement souhaite « se poser un mois de plus pour faire en sorte que le plan soit parfaitement compris, dans le cadre d’un accompagnement et pas d’une punition », a-t-elle ajouté. « Nous devons sortir de l’écologie punitive pour être dans une écologie des solutions », a enfin insisté la porte-parole du gouvernement.
De son côté, Gabriel Attal a souhaité « mettre en place un nouvel indicateur » pour substituer au Nodu, que contestent des organisations agricoles. « La consultation et la pause consistent simplement à prendre le temps de travailler (…) sur des questions d’indicateurs, sur des questions de zonage, qu’on puisse effectivement avancer sur un plan qui soit plus conforme et plus équilibré », a relativisé de son côté le cabinet du ministre de l’Agriculture.
Gabriel Attal a par ailleurs visé sans la nommer l’agence sanitaire indépendante Anses en affirmant sa volonté de « sortir d’une situation où notre agence sanitaire » interdit une molécule de produit phytosanitaire en France avant qu’elle ne soit interdite dans l’UE, comme cela a été le cas pour l’herbicide S-métolachlore. Cette « pause » est annoncée alors que l’Etat a jusqu’au 30 juin 2024 pour mieux respecter ses trajectoires de baisse de l’utilisation des pesticides et protéger les eaux, sur ordre de la justice administrative.
Que souhaitent les agriculteurs ?
Chaque agriculteur serait prêt à supprimer « tous les pesticides » s’il avait « une autre solution », tous planteraient des haies, refuge de biodiversité et barrage contre l’érosion, s’il ne fallait pas franchir une course d’obstacles administrative avec « 14 textes réglementaires », a fait savoir la semaine dernière Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Le syndicat majoritaire ainsi que les Jeunes agriculteurs réclament cependant l’ouverture de chantiers législatifs, en particulier pour « afficher la pause normative et le chantier de réduction des normes ». Et les céréaliers en particulier rejettent d’emblée Ecophyto, estimant avoir déjà réduit leurs usages « de 46 % en vingt ans ».
Parmi les doléances des agriculteurs figure aussi le fait de « désarmer les agents » de l’Office français de la biodiversité, pour réorienter cette « police de l’environnement » vers « la pédagogie plutôt que la répression ». Ils regrettent également la diminution de produits phytosanitaires disponibles alors que les alternatives ne sont pas encore là, précipitant les producteurs « dans une impasse qui conduit à importer plus et à détruire l’agriculture française », selon Arnaud Rousseau.
Quelles sont les réactions des politiques ?
« Le gouvernement peut décider de ne plus protéger l’eau, la terre, la biodiversité et même notre santé. Mais avec ça nos agriculteurs ne gagneront pas plus », a réagi sur X, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier. Pour la tête de liste écologiste pour les Européennes Marie Toussaint, la mise sur pause du plan Ecophyto « est un recul inacceptable. Le gouvernement vient de faire un cadeau empoisonné au monde agricole ».
« Le gouvernement choisit la voie de la duplicité et de l’ambiguïté : l’indispensable réorientation de notre modèle agricole n’aura pas lieu si on ne sèvre pas l’agriculture de sa dépendance aux toxiques », a-t-elle martelé sur le même réseau social. « Jeter l’environnement en pâture pour éviter de s’attaquer aux véritables problèmes, c’est ajouter au malheur d’une filière et persister dans son sacrifice », a commenté l’eurodéputé David Cormand.
Julien Bayou a, lui, ironisé : « Finalement c’est ’’Make pesticides great again’’. Le soutien aux agriculteurs ne peut pas se faire au détriment de la santé publique ».
Quelles sont les réactions des ONG et associations ?
La suspension du plan Ecophyto a forcément suscité un concert de critiques chez les écologistes et les ONG environnementales. La consternation domine en effet depuis jeudi. « Nous rejetterons toute participation à une nouvelle dynamique Ecophyto dont l’indicateur serait biaisé », a fait savoir Générations Futures. « Le Nodu nous a permis de voir que la France n’a pas rempli ses objectifs depuis près de quinze ans : quinze ans d’échec pour mettre en pause, ça pose question », s’étonne aussi Thomas Uthayakumar, de la Fondation pour la Nature et l’Homme.
Notre dossier sur le colère de agriculteurs
« Aujourd’hui la FNSEA a gagné et ça permettra de continuer à faire l’agriculture du siècle précédent en gardant toujours plus de produits dangereux sur le marché et en retardant leur retrait de manière cynique », a ajouté le porte-parole de Générations Futures, François Veillerette. « Il s’agit d’une erreur politique majeure car si la question du revenu agricole est une vraie question pour un certain nombre d’agriculteurs, ce n’est pas en sacrifiant l’environnement et les ressources naturelles qu’on réglera ce problème, bien au contraire », a-t-il continué. Cette pause « est une décision purement politique » à « l’encontre de la science et du droit et qui ne va pas résoudre les problèmes des agriculteurs », a estimé l’ONG Pollinis
Au gouvernement désormais de composer avec la fronde des associations, parties prenantes obligatoires des consultations pour établir la stratégie française.
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Dernière minute - Interview - Pause du plan Ecophyto sur les pesticides : ’On est complétement à côté de la plaque’ - Par Martin Leduc - Publié le 02 février 2024 à 17:01 - Voir mon actu – Document ‘actu.fr/planete/biodiversite’
L’eurodéputé vert David Cormand est très remonté par la décision de suspendre le plan Ecophyto, un dispositif qui accompagne les agriculteurs dans leur sortie des pesticides.
L’Eurodéputé EELV David Cormand considère que le problème de l’agriculture est loin d’être réglé en renonçant au plan Ecophyto.
L’Eurodéputé vert David Cormand considère que le problème de l’agriculture est loin d’être réglé en renonçant au plan Ecophyto. (©/MAXPPP)
Ces derniers jours, de très nombreux agriculteurs français mécontents ont bloqué les routes, organisé des actions dans les supermarchés, ouvert les péages et même tenté de faire le siège de Paris, et de son marché international, Rungis.
Après plusieurs salves d’annonces de la part du gouvernement, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale ont appelé leurs adhérents à stopper les différentes actions, s’estimant satisfaits (ce qui n’est pas le cas de la Confédération paysanne).
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Parmi les mesures annoncées, Marc Fesneau a évoqué la suspension du plan Ecophyto. Concrètement, il s’agit d’un ensemble d’aides et d’accompagnements destinés aux agriculteurs avec pour visée finale la sortie des pesticides.
Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir, notamment du côté des écolos. Notre interview de David Cormand, député européen au sein du Groupe des Verts/Alliance libre européenne.
Actu : Que pensez-vous des annonces faites pour calmer les agriculteurs ?
David Cormand, eurodéputé vert : J’en pense qu’il n’y a aucune sortie de crise dans ce qui est proposé. On continue, encore et encore, de radoter les poncifs d’un modèle qui détruit la nature et les paysans. On fait croire aux agriculteurs que les ennemis, ce ne sont pas les distributeurs mais les écologistes, qui ne les laissent pas utiliser les produits chimiques qu’ils veulent, cultiver comme ils veulent, etc…
Beaucoup d’agriculteurs sont embêtés avec les normes et la manière dont elles sont mises en œuvre, mais sont lucides là-dessus. Et puis, ce n’est pas comme si cela pouvait compenser un modèle économique qui pénalise encore et toujours les paysans.
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Suspendre le plan Ecophyto, est-ce une bonne idée ?
D.C : (soupir) C’est quand même fou de faire payer l’inconséquence de ce gouvernement et des précédents sur la filière agricole à l’environnement. Là, pour maintenir la filière agricole telle qu’elle est, c’est-à-dire, dont les profits sont, pour la plupart, captés par la grande distribution, l’agro-industrie et l’agrochimie, et donc volés aux paysans, on fait passer la pilule en leur disant qu’on va les laisser dégrader la nature.
C’est un énorme problème selon moi car on s’enferme encore plus dans ce qui est en train de tuer la nature, l’environnement, et, par ricochet, l’agriculture en elle-même. Le plan Ecophyto 1 n’avait pas une ambition folle. Et il n’a jamais été vraiment respecté. Le plan Ecophyto 2 était un peu mieux, mais toujours non-contraignant. Là, même les agriculteurs qui se disaient ’allez, je me lance sans pesticides’ vont laisser tomber. Le message, c’est un peu ’non non, continuez !’ Ça pose un problème de confiance entre les consommateurs et les agriculteurs.
On ne peut pas être plus à côté de la plaque, c’est une régression folle. Ce n’est pas seulement anti-écolo, c’est débile et stupide.
C’est d’autant plus ironique qu’il y a quelques jours, le Président appelait au ’réarmement démographique’, alors que l’on sait que la fertilité des hommes et des femmes est liée à notre exposition aux molécules chimiques. Elles ne sont pas toutes issues de l’agriculture, évidemment, mais certaines le sont. Décider de maintenir dans l’environnement la diffusion de molécules problématiques ne va sûrement pas améliorer la fertilité des gens.
« Les agriculteurs sont les premières victimes de la dégradation de la biodiversité »
Certains agriculteurs sont contents de cette décision...
D.C : Oui, mais il ne faut pas oublier que ce sont eux les premières victimes de la dégradation de la biodiversité, largement aggravée par l’usage de produits phytosanitaires. Selon moi, le problème agricole n’est pas là.
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Il est où alors, le problème ?
D.C : Le problème principal est au niveau des revenus. Il faudrait sanctuariser ceux des paysans et obliger à ce que leurs produits soient achetés au juste prix. C’est la loi Egalim, mais elle n’est pas suffisamment bien appliquée. Il faudrait aussi contrôler les marges. Au-delà d’un certain taux proposé par les acheteurs, on dit stop.
Tout tourne autour des revenus, donc. La seule raison pour laquelle un secteur passe de 5 millions à 500 000 en 60 ans, c’est que les gens ne gagnent plus leur vie.
Est-ce que cela peut avoir un impact au niveau de l’Europe ?
D.C : Il y a déjà un impact oui. Ça entame la parole de la France. Emmanuel Macron s’était posé comme un des porteurs du Plan vert européens. Là, aux yeux des partenaires européens, on bascule du côté de ceux qui jusqu’à présent demandaient la fin du pacte vert, soit la Droite et l’Extrême droite. Quelle crédibilité la France va avoir désormais quand elle parlera de transition écologique ? Aucune !
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