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"Plantations et protection des arbres et forêts pour concilier foresterie, développement économique, environnement protégé et dérèglements du climat : des politiques publiques exigées pour la biodiversité des forêts" par Jacques Hallard

dimanche 21 janvier 2024, par Hallard Jacques


ISIAS Forêts Partie 3

Plantations et protection des arbres et forêts pour concilier foresterie, développement économique, environnement protégé et dérèglements du climat : des politiques publiques exigées pour la biodiversité des forêts

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 21/
01/2024

blague tiers – Blagues et Dessins

Le chien : « Ne nous quittez pas ! On a tellement besoin de vous ! » 05 septembre 2021 / Ratpsodies - Contactez-nous - Copyright © 2024 Blagues et Dessins - Source

Présentation de la série Forêts :

Partie 1 - ’Pour la conservation mondiale des forêts, un cri d’alerte des gardiens de 5 forêts primaires et 6 bonnes raisons de préserver les forêts comme fonction protectrice de l’environnement et de prévention des feux de forêt’ par Jacques Hallard 05 janvier 2024, par Rédaction d’ISIAS - ISIAS Planète Forêts

Partie 2 - ’Utilisant l’énergie de la lumière pour transformer l’ammoniac en hydrogène, un nouveau catalyseur peu coûteux pourrait être la clé des technologies et de l’économie de l’hydrogène’ par Jacques Hallard 06 janvier 2024 - ISIAS Energies Transitions Hydrogène

Partie 3 - Plantations et protection des arbres et forêts pour concilier foresterie, développement économique, environnement protégé et dérèglements du climat : des politiques publiques exigées pour la biodiversité des forêts

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur


Préambule

Quelques précisions pour commencer ce dossier – conçu à usage pédagogique – et qui est la Partie 3 de la ‘Série Forêts’ … 

Les forêts abritent plus de la moitié des espèces terrestres d’animaux, de plantes et d’insectes de la planète. Elles luttent contre le changement climatique en raison de leur capacité à retirer le carbone de l’atmosphère et à le stocker, ce que l’on appelle l’atténuation forestière.

Les forêts sont de plus en plus conservées et gérées en vue de multiples utilisations et valeurs, et elles jouent un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique, ainsi que dans la conservation de la biodiversité, des sols et des ressources en eau.

Foresterie : c’est la science de gestion, de conservation, d’aménagement et d’utilisation des forêts. En français québécois, ce terme est préféré à celui de sylviculture. Wikipédia

En France, la foresterie est un domaine prometteur - Auteurs : Timoté Pesenti & Elisa Polegato – « Actuellement, la forêt est au cœur d’enjeux multiples : la biodiversité, le climat, le développement durable, ou encore la bio-économie et la transition agroécologique avec le développement de l’agroforesterie. La forêt française est très diversifiée : on retrouve des forêts continentales et montagnardes à l’Est, la forêt méditerranéenne, mais aussi la forêt amazonienne de Guyane. On retrouve également un peu de forêt boréale à Saint-Pierre-et-Miquelon… - Des formations centrées sur la forêt à AgroParisTech  : c’est la seule école d’ingénieur agronome de France à offrir une formation dans le domaine de la foresterie, ancrée sur le terrain et sur des projets opérationnels. Dès la troisième année d’études, les étudiants peuvent choisir la dominante Gestion Forestière (GF), qui se déroule essentiellement sur le terrain, mais aussi la dominante Gestion Environnementale des Écosystèmes et Forêts Tropicales (GEEFT), qui propose un mois d’études à Kourou, en Guyane. Nos étudiants disposent d’une formation de haut niveau, tournée vers l’international. Ils sont donc spécialisés dans ce domaine, encore peu développé à l’échelle de la France. Les spécialisations sont variées, ce qui est à l’origine de la diversité des études que nous pouvons réaliser. On retrouve notamment une spécialisation master ingénieur en gestion forestière, en ressources forestières et filière bois, en gestion des milieux naturels ou en foresterie urbaine, mais aussi une formation sur les forêts tropicales. Ces formations spécialisées sont situées à Nancy, car en effet, AgroParisTech est héritier de l’ENGREF (École nationale du génie rural, des eaux et des forêts), et la FIF (formation des ingénieurs forestiers, est désormais intégrée dans le cursus ingénieur AgroParisTech)… - A lire ici : https://agroparistech-service-etudes.fr/la-foresterie-un-domaine-prometteur/

Foresterie analogue

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Exemple de jardin-forêt (conçu par Robert Hart dans le Shropshire au Royaume-Uni, sur le modèle des strates forestières, mais avec moins de hauteur pour les strates hautes).

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Exemple de forêt nourricière (Domaine de Tournai, dans le Parc Lingezegen de Bemmel (Lingewaard).

La foresterie analogue ou FA (Analog forestry ou AF pour les anglophones) est une approche associant la restauration d’écosystèmes (plus ou moins dégradés) à un objectif de production agrosylvicole (moyens durables de subsistance pour les communautés locales, en général)1,2. Cette approche est écosystémique, complexe et holistique. Elle cherche à restaurer, établir ou imiter des écosystèmes pour produire des agroécosystèmes durables, dominés par l’arbre dans tous les cas2. Elle « imite les structures forestières naturelles et les fonctions écologiques connexes en mettant davantage l’accent sur les espèces à valeur socio-économique »2.

La foresterie analogue (FA) constate que la forêt naturelle pousse sans engrais, sans entretien ni pesticides. La FA, en se basant sur des sciences telles que l’écologie du paysage et l’agroécologie, et sur ses propres retours d’expérience, considère que — à certaines conditions — reproduire le modèle du processus naturel de succession forestière (qui conduit à la formation forestière dite climacique), et s’inspirer du fonctionnement des services écosystémiques forestiers, tout en remplaçant une partie des espèces non-directement intéressantes pour l’humain par des espèces d’intérêt socio-commercial, permet d’établir un paysage et/ou un système de production durable. Ce dernier est caractérisé par un haut ratio de biodiversité par rapport à la biomasse2.

Selon le Réseau International de Foresterie Analogue, la FA vise aussi à « renforcer les communautés rurales, tant socialement qu’économiquement, par l’utilisation d’espèces qui fournissent des produits commercialisables »2. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Foresterie_analogue

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Introduction

Ce dossier débute par une rétrospective donnant un exemple de la coopération technique et commerciale entre Israël et Maroc ces dernières années, et par un rappel des efforts anciens du ‘Fonds national juif’, [Jewish National Fund (JNF) ou Keren Kayemeth LeIsrael (en hébreu קרן קיימת לישראל - KKL-JNF)], dans le but d’enraciner la protection des arbres dans la loi, afin de donner suite aux plantations et reboisements dans certains territoires en Israël…

Ensuite un article expose le fait qu’en France, « les forêts rejettent désormais plus de CO2 qu’elles n’en absorbent …, suivi d’un document officiel ‘Vie Publique’ qui indique que « l’avenir des forêts françaises (est) lié au changement climatique »…

Puis sont rapportées les actions locales d’un « chantier participatif pour une forêt nourricière » au Hameau du Vernet Saint-André-Lachamp, et une sélection d’accès aux nombreux articles que ’Reporterre’ a consacré aux forêts françaises…

Saint-André-Lachamp est une commune française, située dans le département de l’Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes. Wikipédia

Selon ‘ecologie.gouv.fr’, il faut « Penser la forêt française de demain »… et Arthur Guérin-Turcq, doctorant en géographie l’Université de Lyon présente son travail sur un état des lieux des « des milieux anthropisés que sont les forêts dans le monde (Document ‘geoconfluences.ens-lyon.fr’) …

En géographie et en écologie, l’anthropisation est la transformation de l’environnement par la présence de l’être humain ou son action. C’est à proprement parler une artificialisation. Toutefois, dans des contextes politiques et législatifs, l’artificialisation prend des sens spécifiques… Wikipédia

« La déforestation, l’élevage, l’urbanisation et l’activité industrielle sont parmi les principaux facteurs d’anthropisation, un processus par lequel les populations humaines modifient ou transforment l’environnement naturel… »

D’après une étude du CIRAD, rapportée dans ce dossier, « La biodiversité des forêts recèle un énorme potentiel de captation de carbone … à la condition de réduire les émissions - Résultats & impact novembre 2023…

Une Annexe est finalement ajoutée sur « L’émergence des spécificités locales dans les arrière-pays méditerranéens »… - (Document PDF ‘lped.fr’ diffusé par ‘horizon.documentation.ird.fr’ - Éditeurs scientifiques : Mohamed Aderghal, Didier Genin, Ali Hanafi, Pierre-Antoine Landel et Geneviève Michon…

Les articles sélectionnés pour cette Partie 3 de la ‘Série Forêts’ sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après.

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Sommaire

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Compléments préliminaires - Etrog est le nom hébreu du cédrat, fruit utilisé par les Juifs lors de la fête de Soukkot. Il constitue, avec le loulav, l’hadass et la aravah, le bouquet des « quatre espèces »… - Wikipédia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/Etrog2.JPGPhoto - Examen d’un etrog avant la fête de Soukkot.

Cédrat - Le Cédrat, connu sous son nom latin Citrus medica, est un agrume de la famille des Rutacées. Ce fruit se distingue par son absence d’acidité et peut atteindre plusieurs centimètres de long. En Europe, le cédrat prospère particulièrement dans les climats doux, surtout dans les vallées méridionales…

Le cédratier est une espèce d’arbres de la famille des Rutacées. Son fruit, le cédrat, est un agrume. Wikipédia

Cédrat

Cédrat123RF / Alfredo Cosentino

Le Cédrat, fruit du cédratier, est un agrume peu commun. En effet, alors que nous consommons habituellement la pulpe des fruits, c’est l’écorce que l’on préfère chez le cédrat. Semblable à un gros citron, ce fruit chargé d’histoire se trouve principalement sous une forme confite. On vous dit tout !... – A lire ici > https://jardinage.pagesjaunes.fr/astuce/voir/452681/cedrat

Shmita - La chemitta, shemitah ou shmita (en hébreu : שְׁמִטָּה, « [année de] rémission ») est une année sabbatique définie par la Torah pour l’agriculture : tous les sept ans, les agriculteurs juifs doivent observer une année de jachère… - Wikipédia ]

Traduction de l’article d’origine

Des marchands juifs viennent du monde entier pour s’approvisionner chez les cultivateurs d’etrogs marocains comme Mohammed Douch à Assads, le 8 septembre 2015. Illustration : (Ben Sales/JTA)

Des marchands juifs viennent du monde entier pour s’approvisionner chez les cultivateurs d’etrogs marocains comme Mohammed Douch à Assads, le 8 septembre 2015. Illustration : (Ben Sales/JTA)

JTA – Une récolte abondante d’etrogs prendra un chemin plus direct vers Israël cette année, grâce à une convergence historique entre géopolitique et observance religieuse.

Le Maroc, qui abritait autrefois la plus grande communauté juive du monde arabe, cultive depuis longtemps l’agrume utilisé par des millions de Juifs chaque année à Souccot. Selon la tradition, les premiers etrogs auraient été plantés dans les montagnes de l’Atlas il y a près de 2.000 ans par les Juifs qui y avaient trouvé refuge parmi les tribus berbères après la destruction du Second Temple de Jérusalem.

Chaque année, les communautés juives du monde entier importent des centaines de milliers d’etrogs du Maroc : leur prix est plus abordable que celui de la variété calabraise, la Diamante Citron, prisée par certains groupes hassidiques, qui peut atteindre des centaines de dollars pour un spécimen sans défaut.

Le marché israélien, où vit la majorité des Juifs orthodoxes du monde, possède ses propres vergers d’etrogs et exerce un contrôle strict sur les importations agricoles.

Les etrogs marocains ne sont les bienvenus en Israël que l’année qui suit la shmita, à savoir la septième année du cycle agricole juif, pendant laquelle la loi juive interdit le travail de la terre en Israël. Si tous les agriculteurs israéliens ne suivent pas le cycle agricole prescrit par ces lois religieuses, les agriculteurs qui cultivent des produits utilisés à des fins rituelles, comme les etrogs, sont bien obligés de le faire, sans quoi ils ne pourraient vendre leurs produits à leur clientèle religieuse.

L’année juive qui s’est achevée avec Rosh HaShana était une année de shmita, ce qui signifie qu’aucun etrog n’a été cultivé en Israël pour la fête de Souccot de cette année, qui a commencé dimanche soir. Au lieu de cela, un grand nombre d’etrogs a été importé du Maroc en Israël, comme ce fut le cas il y a sept ans.

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Des clients examinent les branches de palmier et les citrons – connus également sous le nom de lulav et d’etrog – pour y trouver des imperfections au marché à quatre espèces de Jérusalem, le 16 septembre 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mais cette fois, leur chemin a été simplifié grâce à l’accord de normalisation conclu entre Israël et le Maroc il y a deux ans, dans le cadre d’une série d’accords commerciaux entre Israël et les pays arabes visant à ouvrir de nouvelles connexions diplomatiques et économiques.

« Avant l’accord, nous devions toujours passer par un pays tiers pour vendre nos produits », explique à la Jewish Telegraphic Agency Hervey Levy, un homme d’affaires et membre de la communauté juive d’Agadir qui exploite une ferme d’etrogs. « Cela pouvait être la Turquie, l’Espagne, l’Italie – peu importe mais il fallait que cela transite quelque part. »

Plusieurs accords destinés à faciliter le commerce entre le Maroc et Israël après leur accord de normalisation, dans le cadre des accords d’Abraham négociés par les États-Unis, doivent encore être signés, d’après Einat Levi, l’ancienne responsable des affaires économiques à la mission diplomatique d’Israël au Maroc. Mais selon elle, le commerce des etrogs, qui est soumis à des réglementations différentes de celles qui s’appliquent aux autres produits agricoles, dû à son caractère religieux, est la preuve du potentiel des relations entre les deux pays.

« C’est un symbole, car il montre comment deux religions peuvent se soutenir mutuellement. Ainsi, lorsque les Juifs ne peuvent pas travailler leur terre, leurs compatriotes musulmans peuvent leur fournir ce dont ils ont besoin cette année-là, afin qu’ils puissent conserver leur rituel et leur tradition », a déclaré Levi.

Cette année, Hervey Levy a envoyé ses etrogs en Israël directement de Casablanca par la Royal Air Maroc, la compagnie aérienne nationale du Maroc. L’accord de normalisation a également amené des passagers dans l’autre sens, a-t-il dit – des concurrents dans le commerce des etrogs.

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Des etrogs en vente au marché des « quatre espèces » à Jérusalem, le 13 octobre 2016. Illustration. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

« Cette année, pour la première fois, la shmita a eu lieu après les accords, donc nous avons eu beaucoup de monde, des nouveaux venus qui ont essayé de tenter leur chance », a déclaré Levy. « Les nouveaux arrivants viennent, ils donnent des prix élevés sans rien savoir, ils ne connaissent pas le système pour envoyer et emballer, mais il y avait aussi des personnes qui avaient de l’expérience et qui sont ici depuis longtemps. »

Pour Levy et les Juifs d’Agadir, la période des quelques semaines qui précède Rosh HaShana est toujours un moment de bonheur. Des dizaines de marchands juifs débarquent dans les villages berbérophones des montagnes autour d’Agadir, et amènent de la vie aux offices de shabbat locaux pendant leur visite.

« Ils finissent tous à la synagogue et nous sommes heureux car la synagogue est pleine pendant cette période », a déclaré Levy.

Cette année, cependant, Levy raconte que comme les commerçants étaient en nombre suffisant, le groupe a décidé de rester ensemble pendant le Shabbat dans un hôtel dans les montagnes, d’où ils pouvaient marcher jusqu’aux fermes d’etrogs.

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Le chemin de terre entre la ville côtière d’Agadir, au Maroc, et les bosquets d’etrogs des hautes terres à Assads, le 8 septembre 2015. (Crédit : Ben Sales/JTA)

Il reste moins de 2 000 Juifs au Maroc, mais les musulmans berbérophones cultivent depuis longtemps ce fruit dans les villages situés sur les hauteurs de l’Atlas, autour de la ville balnéaire d’Agadir. Il ne reste que 40 à 50 Juifs dans cette ville, qui abritait autrefois des milliers de Juifs et qui était un important centre commercial sur la route entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe occidentale.

Parmi eux, une douzaine de producteurs cultivent des etrogs. Le père de Levy a planté la ferme familiale il y a des dizaines d’années.

« Mon père, zichrono l’vracha, a pris il y a longtemps de petits arbres qui se trouvaient en haut des montagnes, à l’endroit où ils ont été cultivés pour la première fois ici, et s’est mis à les cultiver dans la vallée », se souvient Levy, utilisant les mots hébreux signifiant « que sa mémoire soit une bénédiction ».

Le père de Levy était loin d’être un simple fermier. Industriel et entrepreneur, il était le président de la communauté juive d’Agadir et membre du Parlement marocain, mais pour lui, la culture des etrogs était un travail d’amour.

Les fruits étaient destinés à l’exportation, et la communauté juive marocaine recevait sa récolte sans devoir payer.

Son père est décédé l’année dernière, mais Levy, qui travaille à plein temps comme consultant en affaires, a veillé à ce que le verger ne reste pas en jachère cette année.

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Un bosquet d’etrogs dans les plaines marocaines, le 9 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Ben Sales/JTA)

La ferme familiale de Levy compte environ 400 arbres et a donné environ 9 000 fruits cette année, et une autre ferme gérée par des Juifs à Agadir est au moins deux fois plus grande, dit-il. En comparaison, les vergers moyens des villages de montagne ne comptent que 60 à 100 arbres.

« Il y a beaucoup de propriétaires musulmans, mais ils ont des terres plus petites », explique Levy.

Pourtant, personne ne devient riche avec ce commerce. Alors que la meilleure qualité d’etrog, classée Aleph-Aleph sur l’échelle israélienne, peut se vendre plus de 80 dollars au Maroc et davantage à l’étranger, les etrogs de moindre qualité Bet ne se vendent qu’à environ 15 dollars, et les Gimels, moins de 10 dollars.

À peine 5 % de la récolte sont de qualité Aleph, a expliqué Levy, tandis que 40 % sont des Bets et le reste des Gimels. Au total, Levy a déclaré qu’après une année de travail et toutes les dépenses, sa ferme n’a réalisé qu’environ 30 000 dollars de bénéfices.

Avec le lulav, une gerbe de branches liées, l’etrog est un objet rituel essentiel utilisé pendant Souccot ; la loi juive exige des adhérents qu’ils agitent ces objets pendant la fête. En raison de la forte demande en etrogs, l’escale, qui vient d’être supprimée sur leur trajet entre le Maroc et Israël n’a jamais été un frein à leur importation.

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Des membres de la communauté juive de Kasuku au Kenya assemblent le lulav et l’etrog pour la première fois, le 5 octobre 2015. Illustration. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

« Les douanes sont très sévères en ce qui concerne les importations des etrogs en Israël », a déclaré Levy, « sauf pendant l’année de la shmita ».

Même si la synagogue d’Agadir n’était pas pleine cette année, les cargaisons d’etrogs l’étaient. Selon les estimations de Levy, environ 600 000 etrogs ont été exportés du Maroc, soit 10 % de plus que lors d’une année normale, dont une partie plus importante que d’habitude à destination d’Israël mais aussi aux Juifs du monde entier.

« Jusqu’au Brésil, Singapour, partout où il y a une petite communauté », a déclaré Levy.

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Source : https://fr.timesofisrael.com/la-paix-avec-israel-et-la-loi-agricole-juive-ont-fait-fleurir-les-etrogs-marocains/

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  • Rappel - Le Fonds national juif, [Jewish National Fund (JNF) ou Keren Kayemeth LeIsrael (en hébreu קרן קיימת לישראל - KKL-JNF)] prévoit d’enraciner la protection des arbres dans la loi - Par SUE SURKES 11 octobre 2022, 17:04 – Publication ‘fr.timesofisrael.com’
    L’organisation cherche à préserver les arbres et à élargir les zones forestières dans tout le pays - notamment en redéfinissant ce qu’est réellement une forêt

La forêt de Yatir du KKL-JNF dans le sud d’Israël. (Crédit : Alex Kolomoisky)

La forêt de Yatir du KKL-JNF dans le sud d’Israël. (Crédit : Alex Kolomoisky)

Le KKL-JNF (Fonds national juif) formule actuellement un plan stratégique national ambitieux courant sur 25 ans dont l’objectif est d’ajouter des milliers d’hectares aux forêts du pays et d’enraciner dans la loi la nécessaire protection des arbres.

Le plan cherchera à définir les forêts de la manière la plus large possible, à cartographier au mieux les secteurs voués à la préservation – forêts plantées par la main humaine ou naturelles – et à identifier les espaces non-zonés dans un autre dessein qui pourront en conséquence être utilisés par le KKL et par d’autres groupes pour des activités de reboisement.

Le KKL avait été fondé en 1901, initialement pour acquérir les terres sur lesquelles l’État juif pourrait être établi. Aujourd’hui, il est le propriétaire et le gardien de 13 % des terres appartenant à l’État, dont un grand nombre sont aujourd’hui des zones arborées.

Lorsqu’il avait été établi, il n’y avait que 1 400 hectares de forêt sur tout le territoire qui devait ultérieurement devenir Israël. Depuis, grâce à l’organisation, ce chiffre est passé à 155 000 hectares – parfois sur des terres dont le groupe n’est pas propriétaire.

Des arbres ont été par ailleurs plantés par d’autres organisations et par d’autres instances sur 50 000 hectares supplémentaires, ce qui amène la surface forestière totale à 200 000 hectares dans le pays.

Le plan stratégique prévoit que le KKL ajoute encore 50 000 hectares de forêt – avec donc un total de 250 000 hectares de surface forestière dans tout l’État d’Israël, soit 11 % de son territoire.

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Une plantation d’arbres dans les collines de Judée, en 1930. (Crédit : Avraham Malevsky, KKL-JNF Photo Archive)

Les forêts du KKL sont prisées par les Israéliens qui aiment y faire de la randonnée, du vélo, des pique-niques et autres activités de loisir – en offrant également des espaces verts très recherchés.

Mais elles affrontent un certain nombre de menaces – en particulier de la part du développement alors que les décisionnaires politiques, qui cherchent à résoudre une crise aiguë du logement, approuvent des projets qui grignotent l’orée des bois, explique au Times of Israel Noah Tal, cheffe de la planification au sein du KKL.

« Nous nous battons pour chaque centimètre de forêt. Une forêt, ce n’est pas seulement une couverture de végétation. Nous devons démontrer combien elles sont importantes pour la nature et contre le changement climatique, et combien elles sont déterminantes aussi pour la qualité de la vie humaine », explique-t-elle.

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Une forêt communautaire du KKL à Rosh Haayin, dans le centre d’Israël. (Crédit : Bonnie Sheinman)

Les recherches qui ont été effectuées pour mettre au point le plan stratégique montrent que 5 000 hectares de forêt ont été réaffectés au développement dans les 25 années qui ont séparé 1995 et 2020 – soit 200 hectares par an. Dans les deux années qui se sont succédées depuis, le taux a été multiplié par deux, passant à un total de 800 hectares.

« Quand nous avons constaté ce qui est arrivé au cours d’une période si courte, nous avons réalisé combien il est déterminant de protéger les forêts. Le développement est nécessaire et le KKL a toujours soutenu l’implantation humaine. La question est de savoir comment et où », commente-t-elle.

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Noah Tal, nouvelle cheffe de la planification au KKL. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Le KKL œuvre actuellement à assembler le plan et dans les prochains mois, il commencera à consulter les ministères, les groupes de défense de l’environnement et l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) – qui gère les réserves naturelles et les parcs nationaux qui couvrent 550 000 hectares. L’organisation a commencé à travailler sur ce projet il y a un an et elle espère le finaliser cette année.

Selon Tal, l’organisation toute entière est impliquée à un niveau ou à un autre dans ce plan stratégique, avec cinq groupes de travail qui ont été mis en place pour réfléchir chacun à une question spécifique – la planification, la foresterie (les écosystèmes, la biodiversité, la plantation, etc…), les infrastructures, le public ainsi que l’implication publique, et enfin le dérèglement climatique.

Ce plan se penche avant tout sur les forêts en tant que système national unique – dont les besoins doivent s’équilibrer avec ceux des autres questions considérées comme prioritaires dans la nation, indique Tal. Le plan stratégique vise à refléter la politique, en allant des principes généraux jusqu’à l’ensemble des considérations que les forestiers devront individuellement prendre en compte lors de leurs futures planifications.

Du point de vue du KKL, la nécessité de mettre au point un plan clair a été renforcée par la formulation du Plan 1 du Plan directeur national qui a été approuvé au mois de février 2020 par le gouvernement.

Le plan gouvernemental, connu sous le nom de TAMA 1, regroupait en un simple et unique document plusieurs plans directeurs spécifiques, et notamment un qui portait sur les forêts et le boisement.

Il planifiait et donnait des instructions aux autorités compétentes sur de nombreux sujets – aussi divers que l’eau, le gaz, l’énergie solaire, la gestion des déchets, en passant par les routes et les lignes ferroviaires, les plages, les rivières et les zones protégées dont font partie les forêts.

TAMA 1 renforçait aussi la protection des forêts et des espaces verts en général en limitant le pourcentage des terres susceptibles d’être réaffectées au développement à 15 % maximum.

Mais il restreignait également les définitions de ce qu’est une forêt et il aura finalement amené les planificateurs à comprendre que les forêts naturelles doivent avoir la priorité sur les forêts plantées par l’Homme, note Tal, ce qui limite la capacité des professionnels du KKL à gérer activement les forêts, qui sont dynamiques.

Les commissions de planification ont interprété le document en voyant dedans une plus grande latitude pour réaffecter au développement les secteurs forestiers qui avaient été plantés par la main humaine, continue-t-elle.

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Un travailleur du KKL protège un jeune arbre dans une enveloppe lors d’une replantation à Neve Ilan, aux abords de Jérusalem, après un important feu de forêt. (Crédit : Joe Malcolm)

Tal estime que TAMA 1 a échoué à reconnaître le professionnalisme et le rôle déterminant joué par l’organisation dans la gestion des forêts.

« Le KKL ne fait pas qu’acheter des arbres, les planter dans la terre et partir », déclare-t-elle, « il étudie de près les secteurs alloués à la foresterie, notamment dans le contexte de leur environnement et des couloirs écologiques qui permettent aux animaux et aux végétaux de se déplacer entre les zones protégées ».

« Avant de préparer un plan quel qu’il soit, nous examinons l’écologie du site concerné sur les quatre saisons, nous étudions l’archéologie, la demande, l’accessibilité », poursuit-elle. « Nous échangeons avec l’INPA et les autorités locales… Il y a tout un processus qui est mis au point. »

Elle insiste sur le fait que les forêts qui ont été plantées par le KKL ne sont pas moins riches en biodiversité et moins importantes en tant qu’écosystèmes que les bois naturels et les autres sites gérés par l’INPA. Elle note que contrairement à ces sites, les forêts du KKL sont ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept et que l’entrée y est gratuite.

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Un chacal dans la forêt de Biriya du KKL, la plus grande forêt à avoir été plantée en Galilée, dans le nord d’Israël. (Crédit : Avi Hirshfield)

L’équipe de planification travaille également sur les accords internationaux qui ont été signés par Israël et qui précisent que la couverture forestière doit être augmentée de 3 %.

Moti Kaplan, haut-responsable de planification dont le bureau a été chargé de préparer le TAMA 1, a également été contacté pour diriger le nouveau plan stratégique du KKL.

https://static.timesofisrael.com/fr/uploads/2022/09/moti-kaplan-300x480-1-300x480.jpegMoti Kaplan. (Autorisation)

Il a, dans le passé, assumé la responsabilité de plans directeurs dans les secteurs de la foresterie et du reboisement, ou pour les réserves naturelles et les parcs nationaux – des plans qu’il a introduits dans TAMA 1 – et il a travaillé sur les autres usages possibles des terres, comme la construction et l’installation d’infrastructures.

« Le niveau de détail [dans le plan de foresterie] est différent de celui du TAMA 1 où nous avons aussi dû intégrer les usines qui s’occupent des déchets, les centrales électriques et énergétiques et les inclure toutes sur une seule carte avec une courte série d’instructions », dit-il.

Il ne restait plus beaucoup de place pour examiner toutes les fonctions assumées par les forêts plantées par la main de l’Homme, remarque-t-il, et il déclare réaliser aujourd’hui qu’elles ne sont pourtant pas moins importantes que d’autres zones naturelles.

« Maintenant que nous nous focalisons sur les forêts, nous allons pouvoir examiner la question de manière beaucoup plus détaillée », indique-t-il. « On va pouvoir voir des choses dans ce contexte précis que nous n’avions pas vues. »

Un exemple de changement que le KKL voudrait voir dans le plan TAMA 1 est une règle qui permet aux infrastructures d’être installées à travers les forêts – avec quelques limitations.

Une règle qui est au cœur d’un conflit en cours entre le Conseil régional de Gezer, dans le centre d’Israël, et la compagnie israélienne d’électricité qui souhaite installer des pylônes massifs destinés à accueillir un câble à haute-tension qui traversera le tout premier parc établi par le KKL en Israël dans l’Histoire – la forêt de Hulda. Cette initiative nécessitera de couper des centaines d’arbres, centenaires pour certains d’entre eux.

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Des lignes à haute tension érigées dans la forêt de Hulda dans les années 1990, à côté desquels une ligne supplémentaire de pylônes et de câbles doit être installée. (Crédit : Conseil régional de Gezer)

Pour gérer le problème, le KKL a mis en place un panel qui étudiera spécifiquement l’installation des infrastructures et la manière de minimiser au maximum les dégâts essuyés par la nature – et la façon de préserver aussi au maximum le plaisir des promeneurs.

Mais un plan n’est pas suffisant pour protéger les espaces ouverts s’il n’est pas par ailleurs soutenu par une législation.

« Mon objectif, c’est de protéger les espaces ouverts », déclare Kaplan, « Et s’il y a des opportunités de les protéger par la loi, je les saisirais toutes. Si un espace ne bénéficie pas de protection statutaire, il disparaît ».

Une protection via une législation serait fondamentalement inattaquable, ajoute-t-il. « Le gouvernement peut changer de politique mais dans le monde règlementaire civil, c’est presque impossible de rompre avec ce qui a été décidé ».

Tal, du KKL, appelle la Knesset à adopter une loi protégeant les forêts – similaire à celle qui avait été adoptée en 1998 et qui protégeait les réserves naturelles et les parcs nationaux. Elle indique que le KKL cherchera à avoir une place dans les bureaux chargés de la planification et des zonages pour pouvoir représenter les intérêts des forestiers, ainsi que leurs inquiétudes.

Beaucoup de choses dépendent de la définition de ce qu’est une forêt – et ces définitions sont nombreuses.

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La forêt de Beeri, dans le sud d’Israël, du KKL comprend également de vastes champs où les anémones rouges fleurissent au printemps. (Crédit : Alex Gall, CC BY 2.5, PikiWiki Israel)

Alors qu’il étudie encore ce qu’il considérera réellement comme une forêt, le KKL s’intéresse actuellement à une définition mise au point par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations unies qui pourrait le guider. La FAO définit les forêts comme « des terres courant sur plus d’un demi-hectare avec des arbres dépassant les cinq mètres et un couvert forestier de plus de 10 %, ou des arbres capables d’atteindre ces seuils in situ. »

Une telle interprétation, qui peut sembler très éloignée des sentiers forestiers qui dominent l’imaginaire collectif, peut concerner à la fois les plantations traditionnelles de pins et de cyprès si étroitement associées à l’organisation ou les terrains vides avec des rangées d’arbres, les vergers installés sur les terrasses en pierre traditionnelles entourées de rivières et de zones inondables – qui absorbent l’eau de pluie et aident précisément à empêcher les crues – ou les collines rocailleuses nues où les arbres poussaient autrefois, sans oublier les déserts parsemés d’acacias.

« Nous sommes encore en train d’affiner une définition de la forêt qui puisse intégrer de nombreux écosystèmes », explique Kaplan.

Kaplan, qui travaille aussi dans les régions tropicales du monde dans le cadre du Programme de développement de l’ONU, explique ne pas connaître de pays qui n’ait pas réaffecté des zones forestières au développement tout en faisant remarquer qu’Israël est l’un des seuls à ajouter de la forêt chaque année sous l’autorité du KKL.

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Des employés du KKL plantent des arbres dans le sol sablonneux du kibboutz Mefalsim, au nord-ouest du désert du Negev, près de la frontière avec Gaza. (Crédit : KKL Photographers Association)

L’agriculture israélienne est admirée dans le monde entier, dit-il.

« Nous devons être un modèle dans le monde concernant la foresterie – en particulier dans les zones de transition mais aussi dans les environnements désertiques », indique-t-il.

En Israël, ces zones de transition sont situées entre le désert, au sud, et la ceinture méditerranéenne, qui s’étend à peu près du nord du pays jusqu’à l’extrémité nord du Negev, le long d’une épine rocheuse.

« Avec le changement climatique, les déserts s’élargissent d’ores et déjà vers le nord dans le monde entier », explique-t-il.

Il y a des zones arides dans le monde entier et il apparaît clairement qu’elles gagnent du terrain dorénavant. La désertification est un problème environnemental majeur qui nuit à la productivité des terres, contribuant à la pauvreté.

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La désertification dans le gouvernorat de la mer Rouge à Marsa Alam, en Égypte. (Crédit : AHassanein, iStock at Getty Images)

Une grande partie des plantations qui ont été faites par le KKL dans le désert du Negev, au sud du pays, avaient été critiquées par la Société de Protection de la nature en Israël (SPNI). Un rapport qui a été publié il y a trois ans, en anglais, a averti que les plantations de forêt qui sont prévues dans les espaces ouverts au sein de l’État juif – dans des secteurs où les arbres sont naturellement rares – pourraient nuire à la biodiversité et contrevenir aux engagements internationaux pris de conserver et de préserver au mieux cette dernière.

Selon Tal, l’organisation « apprend et s’améliore en permanence » mais « elle n’acceptera pas une interdiction de planter des arbres dans les zones de transition. La question est de savoir comment, combien d’arbres et quelles espèces ».

Mais Kaplan remarque que les forêts sont aussi nécessaires là où vit la population, et pas seulement hors de la civilisation.

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De jeunes Juifs plantent des arbres lors d’un événement de Tu Bishvat organisé par le KKL dans la forêt de Ben Shemen, le 6 février 2012. (Crédit : Omer Miron/Flash90)

« Nous examinons les zones où on nous le demande. La demande est énorme dans le centre du pays. Tous ceux qui ont une voiture peuvent se rendre à la forêt de Ben Shemen », dit-il, se référant au secteur de Tel Aviv où vivent des millions de personnes et à une zone boisée située au pied des collines, à l’Est, qui n’est que peu desservie par les transports publics. « Nous devons nous assurer que partout en Israël, il y aura un peu de forêt accessible par les transports publics, surtout les jours fériés. »

Israël Inside Environnement Fonds National Juif (JNF/KKL) Déforestation Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) Société pour la Protection de la Nature en Israël (SPNI) Arbres Dérèglement climatique

Site : https://www.kkl-jnf.org/

Source : https://fr.timesofisrael.com/le-kkl-jnf-prevoit-denraciner-la-protection-des-arbres-dans-la-loi/

Fonds national juif FNJ - Le Fonds national juif, Jewish National Fund ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) en hébreu, littéralement : « fonds pour la création d’Israël », possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël. Wikipédia

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  • France - Environnement : pourquoi les forêts rejettent désormais plus de CO2 qu’elles n’en absorbent ? - Publié le 19/06/2023 à 07h00 - Écrit par Céline Brégand– Document ‘france3-regions.francetvinfo.fr’

    En dix ans, la mortalité des arbres a augmenté de 54% en France.

En dix ans, la mortalité des arbres a augmenté de 54% en France. • © M. CHENE & F. LAUNETTE / MAXPPP

Alors que la forêt est le premier puits de carbone de notre pays, en dix ans, sa capacité à absorber le CO2 a été divisée par deux. Les forêts des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Corse sont même devenues émettrices de CO2. Un phénomène qui s’explique par plusieurs facteurs liés au dérèglement climatique et à la gestion forestière, selon un chercheur.

Les forêts constituent le premier puits de carbone de la France. Grâce à la photosynthèse, les arbres absorbent et stockent le CO2 émis par les activités humaines. Une fonction essentielle, aujourd’hui menacée. En 2021, les forêts ont absorbé seulement 31,2 millions de tonnes de CO2, soit 7,5 % des émissions nationales.

Entre 2010 et 2020, la capacité de stockage du CO2 de nos forêts a ainsi été divisée par deux, selon un rapport publié le 5 juin 2023 par le centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). La capacité de stockage du CO2 par les prairies françaises, deuxième puits de carbone du territoire, est également en baisse depuis 2010. Des chiffres inquiétants alors que la France compte en partie sur les forêts pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Sécheresses, incendies, tempêtes, multiplication des insectes ravageurs et des maladies expliquent cette diminution. Des phénomènes qui vont devenir de plus en plus fréquents dans les années à venir en raison du dérèglement climatique. Paradoxalement, la superficie des forêts s’accroit en France (+0,7 % par an depuis 1985 selon l’IGN). Mais en dix ans, la mortalité des arbres a augmenté de 54 %, leur croissance a diminué de 10 %, et la récolte du bois s’est accentuée.

En compilant les travaux du chercheur spécialiste du cycle du carbone Philippe Ciais, les données du Citepa, celles de l’institut national de l’information géographique et forestière (IGN), et les observations satellitaires, le journalLe Mondea établi une carte de l’évolution des émissions de carbone des forêts françaises entre 2010 et 2020. Elle révèle que les forêts des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Corse émettent plus de CO2 qu’elles n’en stockent.

Des forêts plus fragmentées et plus fragiles

Les causes de l’émission de CO2 par les forêts des Hauts-de-France sont ’multifactorielles’, selon Jonathan Lenoir, chargé de recherche CNRS en écologie et biostatistiques à l’université de Picardie Jules Verne (UPJV) et spécialiste des impacts des changements climatiques sur les écosystèmes forestiers. ’Les forêts continuent de stocker du CO2, mais moins rapidement qu’il y a 10 ou 20 ans. Et cela est lié au réchauffement climatique et à la gestion forestière’, observe-t-il.

Les Hauts-de-France font partie des régions les moins boisées de France. Seulement 15 % du territoire des Hauts-de-France est couvert par la forêt, selon les données des campagnes d’inventaire forestier menées entre 2017 et 2021 par l’IGN. Et 75 % de ces forêts sont privées. ’À part Compiègne, Mormal, et Crécy, il n’y a pas beaucoup de grosses forêts, mais surtout des petits bois privés, des forêts plus fragmentées et donc plus fragiles. Sur des gros massifs, on retrouve un effet de protection entre les arbres alors que les petits massifs sont plus sensibles aux changements de température’, appuie le chercheur.

Les années 2018, 2019 et 2020 ont été marquées par une sécheresse exceptionnelle et longue. En 2020, l’office national des forêts (ONF), qui gère les forêts publiques, estimait que, depuis 2018, 300 000 hectares de forêts publiques françaises subissaient des dépérissements importants et un taux de mortalité inédit. Et que sur les 35 000 hectares de forêts publiques de l’Oise par exemple, 10 000 étaient touchés par les dépérissements.

Trop de prélèvements de bois et de biomasse

La sécheresse n’est pas la seule responsable du manque d’eau dans les écosystèmes forestiers. Ce déficit est aussi lié à une tendance à trop couper dans certaines zones, et à prélever trop de biomasse, selon Jonathan Lenoir. ’Moins de végétation, moins de biomasse, c’est moins de transpiration et donc moins d’eau qui retourne dans les sols’, explique le chercheur.

D’après les chiffres de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), les Hauts-de-France se classent 7e en termes de récolte du bois avec 1,3 million de m3 de bois prélevés en 2018 dont 49 % de bois énergie, 38 % de bois d’œuvre et 13 % de bois industrie. Le carbone peut ainsi être stocké, pour la durée de vie du produit, dans le bois utilisé pour des charpentes, des parquets ou de l’ameublement.

La sylviculture [activité d’entretien des forêts en vue de leur exploitation commerciale, ndlr] est de plus en plus dynamique depuis quelques décennies. Cela peut s’expliquer par une peur de perdre son capital sur pied en raison des dégâts liés aux événements climatiques extrêmes, ce qui a peut-être contribué au fait de prélever davantage de bois que par le passé.

Jonathan Lenoir, chargé de recherche CNRS en écologie et biostatistiques

L’ONF assure de son côté qu’en forêt domaniale, bien qu’il y ait des dépérissements, ’il n’y a pas de hausse de prélèvements et nous ne prélevons jamais plus que la capacité de la forêt à se renouveler.

La tendance à couper les plus vieux arbres

Au-delà du volume coupé, Jonathan Lenoir souligne l’importance de choisir ce que l’on coupe. Et dénonce la tendance qui consiste à couper les plus vieux arbres, qui sont en réalité encore adolescents. ’Longtemps, l’idée dominante était que les plus vieux arbres étaient moins capables de stocker du CO2 que les plus jeunes. Mais cette théorie n’est pas vérifiée’, pointe le chercheur. ’L’âge médian des arbres français diminue. La gestion forestière a tendance à écrêter la pyramide des âges des forêts’, appuie-t-il. Le chêne, essence principale des forêts des Hauts-de-France, peut ainsi vivre plusieurs siècles, voire un millénaire.

Un chêne de 100 ans est un adolescent. Il peut encore stocker du carbone pendant des siècles. Mais, par peur de les voir dépérir à cause du changement climatique, on les coupe jeunes.

Jonathan Lenoir, chargé de recherche CNRS en écologie et biostatistiques

Or, en contexte de sécheresse, il faut non seulement éviter de couper trop d’arbres, mais aussi ’garder sur pied les plus âgés, car ils sont plus résistants, tandis que les plus jeunes arrêtent toute activité’, souligne le chercheur. Ne pas couper uniquement les arbres plus âgés est ainsi nécessaire pour ’garder un environnement variable où les plus vieux, résistants, sont mélangés à des plus jeunes, qui prennent ensuite le relais.

Insectes et maladies

Les forêts des Hauts-de-France sont composées à 96 % de feuillus. Après le chêne pédonculé, le hêtre est la deuxième essence principale des forêts de la région, suivi du frêne.

En forêt de Compiègne, notamment en 2016, le hanneton forestier a causé de gros dégâts sur le hêtre. ’Les larves se développent pendant plusieurs années dans le sol, et rongent les racines. Cela a des conséquences sur la croissance des arbres. Et c’est un phénomène concomitant au réchauffement climatique’, fait remarquer Jonathan Lenoir.

Le frêne a, quant à lui, été très touché par la chalarose du frêne, un champignon arrivé d’Asie par conteneur, et qui est apparu pour la première fois en France en 2008. ’La chalarose entraîne des mortalités importantes chez le frêne. L’arbre perd ses feuilles, ne peut plus faire de photosynthèse et meurt’, détaille Jonathan Lenoir. Dans son plus récent bilan sur la santé des forêts dans les Hauts-de-France, en 2021, le ministère de l’Agriculture notait que la chalarose du frêne avait eu un impact très fort sur les forêts en 2016, 2017 et 2018 et un impact modéré les trois années suivantes.

Or, les arbres morts émettent du CO2. La mortalité des arbres fait que les forêts se retrouvent aussi avec moins d’arbres pour transpirer de l’eau dans les sols. Le cycle de l’eau n’est donc pas entretenu. Or l’eau est nécessaire pour la photosynthèse et donc pour stocker le CO2.

L’impact du tassement des sols

Un autre facteur peut expliquer le fait que les forêts des Hauts-de-France rejettent du CO2 dans l’atmosphère. Il y a encore 20 ans, les bucherons allaient couper des arbres à la tronçonneuse. Aujourd’hui, les forêts sont mécanisées, des débardeurs entrent dans les forêts et tassent les sols. ’Le fait de mécaniser les forêts a amélioré les conditions de travail des travailleurs forestiers, et heureusement. Mais il ne faut pas négliger les conséquences de l’usage de ces engins. Ils peuvent abimer les sols et donc influer sur la capacité des forêts à stocker du CO2’, explique Jonathan Lenoir.

Si le sol est tassé, cela modifie le fonctionnement des microorganismes du sol, des insectes et la capacité d’infiltration de l’eau. Les arbres ne peuvent pas transpirer. Plus c’est sec, plus l’environnement devient sec, et ça s’emballe très vite.

Jonathan Lenoir, chargé de recherche CNRS en écologie et biostatistiques

L’influence du tassement des sols sur la capacité des arbres à stocker du CO2 ’aurait pu être anticipée, mais on ne connaît pas encore les impacts à long terme ni le rapport exact entre les deux. Peu de scientifiques travaillent dessus. Ce qu’on voit maintenant est peut-être le résultat de ce qu’on a fait il y a 20 ou 30 ans. En forêt, tout se passe lentement’, note Jonathan Lenoir.

Diversifier les systèmes en espèces et en classes d’âge

Des solutions pour endiguer le phénomène existent. Leur mise en œuvre dépend essentiellement d’une volonté politique forte et de la mise en place rapide de mesures concrètes. Selon Jonathan Lenoir, il faudrait ’arrêter de prélever autant de vieux arbres’ et donc ’revoir les plages d’exploitabilité des essences’, qui dépendent de la durée de vie des arbres.

Selon le chercheur, il est aussi nécessaire de réfléchir à limiter les risques d’espèces exotiques envahissantes, et pour cela ’diversifier les systèmes en espèces et en classes d’âge afin de favoriser leur résistance et leur résilience aux pathogènes’. Mais il ne faut pas aller trop vite, prévient-il. ’Il serait dommage de remplacer des forêts de feuillus par des conifères plus économes en eau. Car si on met des conifères, qui transpirent moins d’eau, on a moins d’eau qui revient par précipitations, donc il faut repenser le cycle de l’eau’, observe-t-il.

L’ONF explique avoir ’une vision à long terme’ de la forêt. ’Aujourd’hui, lorsque nous plantons, nous misons sur des essences mélangées et avons une vision ’mosaïque’ de la forêt afin de la rendre plus résiliente dans les années à venir. Dans cette vision, il n’y a pas de remplacement des feuillus par des résineux’, illustre l’acteur de la filière forêt-bois.

Il ne suffit pas de planter

Réfléchir à la gestion de l’exploitation des forêts, afin de prendre davantage soin des sols forestiers, fait aussi partie des actions à mener, selon Jonathan Lenoir. Tout comme penser à l’aménagement du territoire. ’Cela fait intervenir des échelles très larges. Il faut avoir une vision systémique de tout ça’, estime le scientifique.

En 2022, Emmanuel Macron a annoncé vouloir planter ’un milliard d’arbres’ d’ici 10 ans. ’Comment ? Où ? Il ne suffit pas de planter, il faut s’assurer de l’implantation des arbres et de l’entretien des forêts pour faire de la compensation carbone’, pointe Jonathan Lenoir. Quant aux solutions technologiques comme les puits de carbone artificiels, ’on ne peut pas miser uniquement là-dessus’ estime le chercheur.

Nous avons des solutions plus simples, moins couteuses qu’on ne met pas en place. Il faut revenir à la gestion de nos écosystèmes et s’assurer de leur bonne santé.

Jonathan Lenoir, chargé de recherche CNRS en écologie et biostatistiques

À l’échelle mondiale, les forêts sont certes le deuxième puits de carbone après les océans, mais en raison de la déforestation et des évènements extrêmes (feux de forêts, ouragans), leur capacité à stocker le CO2 est mise à mal. Un rapport, publié notamment par l’Unesco en 2021, a mis en lumière le fait que 10 aires forestières dans le monde émettent plus de CO2 qu’elles n’en absorbent. Une étude de la revue Nature datée de 2021 montrait également que la partie brésilienne de la forêt amazonienne était désormais émettrice de carbone.

Pour aller plus loin : forêt nature réchauffement climatique environnement écologie

France 3 Régions — Wikipédia

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/environnement-pourquoi-les-forets-des-hauts-de-france-rejettent-desormais-plus-de-co2-qu-elles-n-en-absorbent-2796222.html

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  • Forêts françaises : un avenir lié au changement climatique - Dernière modification : 3 novembre 2023 - Par : La Rédaction – Document ‘Vie Publique’ Société Institutions
    L’ampleur exceptionnelle des feux de forêts en 2022 a relancé les débats sur la sauvegarde des forêts en France. Face notamment aux effets du changement climatique, la forêt est confrontée à différents types de problèmes. Pourtant, la forêt tient une place centrale dans la sauvegarde de l’environnement.

Sommaire :

La forêt, au coeur de la sauvegarde de l’environnement

Une pérennité menacée par le changement climatique

Une gestion des forêts en crise

Un changement de modèle nécessaire

La forêt, au coeur de la sauvegarde de l’environnement

Plaine, littoral, montagnes, les forêts en France métropolitaine couvrent 31% du territoire. Entre 1850 et 2023, le taux de boisement a doublé. Elle représente 17,3 millions d’hectares d’une centaine d’espèces d’arbre. Mais la forêt n’a pas toujours été celle d’aujourd’hui. Au cours de l’histoire, la population a déboisé ou replanté, détruit ou protégé selon ses besoins (terres cultivables, pâturage, chauffage, industrie...) et sa conception de la forêt. Si les Romains préféraient la ville, symbole de civilisation, à la silva sauvage, la noblesse des XVIIe et XVIIIe siècles protégeait leurs hautes futaies.

Un peu d’histoire

L’évolution historique des forêts françaises n’est pas linéaire. On peut néanmoins distinguer trois grandes étapes selon Martine Chalvet (Une histoire de la forêt) :
•  Moyen-Âge : grands déboisements (le bois est une ressource utilisée dans tous les domaines de la vie) et début de la gestion administrative des forêts (ordonnances royales de planification des coupes et création des Eaux et forêts) ; 
• De la fin du XVe siècle au XIXe siècle : accroissement de la valeur économique du bois (l’ordonnance de Colbert en 1669 réorganise la gestion des forêts pour fournir le bois à la Marine et le code forestier en 1827 donne une nouvelle dimension environnementale de la gestion forestière) ;
• De la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours : grandes campagnes de reboisement en 1860, 1864 et 1882, lois de restauration des terrains en montagne (RTM) et sur le littoral Atlantique, ’devoir national’ de reboisement d’après-guerre en 1946, création de l’Office national des forêts (1965-1966) et gestion durable des forêts (à partir des années 1990).

Forêt : des surfaces en progression régulière

En bref 19 avril 2018

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La forêt, au coeur de la sauvegarde de l’environnement

Comme le souligne l’Office national des forêts (ONF), la forêt a quatre fonctions : la production du bois, la protection de la biodiversité, l’accueil du public (loisirs) et la protection contre les risques naturels (chute d’eau, avalanches, etc.).

La forêt contribue à la sauvegarde de l’environnement de plusieurs façons : 

  • elle atténue le changement climatique en stockant le carbone dans le bois (’puits de carbone’), la forêt française absorbe 63 millions de tonnes de CO2 chaque année, ce qui permet de compenser 20% des émissions de CO2 (1m3 de bois stocke 1 tonne de CO2) ;
  • elle fournit une ressource durable et une énergie renouvelable, le bois permet des constructions bas carbone et des produits écologiques ;
  • elle préserve la biodiversité en accueillant 190 essences d’arbres, (essentiellement le chêne, le hêtre et le pin) et de nombreuses espèces animales et végétales (75% de l’ensemble des espèces vivantes) dont 120 espèces d’oiseaux et 30 000 espèces de champignons ;
  • elle joue un rôle important dans le cycle de l’eau par l’évapotranspiration des arbres, elle filtre l’eau et permet le captage d’eau potable, elle rafraîchit l’air, protège la qualité et la rétention des sols contre les inondations, avalanches, chutes de blocs et glissements de terrain, notamment ; 
  • elle dévie le vent au-dessus des arbres, diminuant leur violence pour les cultures qui ont alors un meilleur rendement.
    Pour protéger l’environnement, la forêt doit être en bonne santé, pérenne et elle-même protégée des risques. Mais, aujourd’hui, elle est affaiblie.

Une pérennité menacée par le changement climatique - La changement climatique accélère la mortalité des arbres 

Dans son dernier inventaire forestier national (IFN) d’octobre 2023, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) constate une mortalité en hausse de 80% en dix ans : de 7,4 millions de mètres cube par an (Mm3/an) entre 2005 et 2013, cette mortalité est passée à 13,1 Mm3/an entre 2013 et 2021. Les crises se multiplient. 

Après des feux de forêthors norme qui ont marqué l’année 2022 - 61 921 hectares brûlés contre 9 117 en moyenne entre 2006 à 2021 (sept fois plus) - c’est le dépérissement des arbres qui inquiète. Ralentissement de la croissance, accélération de la mortalité des arbres et augmentation des prélèvements, cette dégradation représente l’équivalent ’du cumul des surfaces touchées par les incendies de ces 35 dernières années’ souligne l’IFN, soit 670 000 hectares.

Depuis 2018, la France a connu des épisodes de chaleur et de sécheresse très intenses qui ont conduit à un affaiblissement des arbres. Plus de 300 000 hectares dépérissent, soit ’environ 30 fois la superficie de Paris’, selon l’ONF. Les forêts proches des agglomérations sont menacées par ’la concurrence de surface’ (terrains constructibles, par exemple) et la pollution atmosphérique. Pollution qui affaiblit plus largement les capacités de réaction de la forêt pendant la sécheresse, par exemple.

Nuisibles et maladies progressent par ailleurs. En 2019, la sécheresse a rendu les arbres plus vulnérables aux agents pathogènes et aux insectes ravageurs, notamment les scolytes. Châtaigniers, frênes et épicéas sont les principales victimes d’une prolifération d’insectes agressifs et de nouveaux champignons.

Le puits de carbone des forêts ralentit. L’IFN l’a évalué à 40 millions de tonnes de CO2 par an en moyenne entre 2013-2021, soit une baisse d’un tiers en une décennie. 

Outre le réchauffement climatique, l’ONF désigne une autre menace : la présence des ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers), qui ont augmenté rapidement depuis les années 1970. Plus de 50% des surfaces des forêts domaniales sont en situation de déséquilibre forêt-ongulés, souligne l’Office. Trop nombreux, ils empêchent le renouvellement des forêts en broutant les jeunes pousses et les espèces utiles pour le changement climatique, selon le gestionnaire public. 

Pour l’Office, la moitié de la forêt française pourrait avoir changé de visage’ d’ici 50 ans, toutes régions confondues. ’Toutes les essences sont concernées, feuillus et résineux. Les premières touchées sont celles qui ont le plus besoin d’eau, comme le hêtre, essence emblématique de nos forêts’, précise le directeur général par intérim en avril 2022. Il explique alors que l’ONF doit faire évoluer sa stratégie de gestion, avec ses partenaires notamment l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et la Fédération nationale des Communes forestières (FNCOFOR).

Mais, pour les associations, notamment, le danger vient aussi de l’industrialisation du bois et d’une gestion à court terme des forêts. Face aux risques qui pèsent sur les forêts, la gestion est-elle adaptée pour préparer la forêt aux risques environnementaux ?

Canicules et feux de forêt : un ’contrecoup climatique’ attendu sur la qualité de l’air

En bref

15 septembre 2022

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Une gestion des forêts en crise

Le politique forestière relève de l’État. Les forêts sont gérées selon la stratégie de gestion durable et multifonctionnelle. Cette approche est basée sur la recherche d’un équilibre entre les enjeux, souvent opposés, à la fois économiques, écologiques et sociétaux. Le Programme national de la forêt et du bois (PNFB) 2016-2026 qui fixe les orientations de la politique forestière pour les forêts publiques et privées en France a pour objectifs : 

  • l’augmentation des prélèvements de bois tout en assurant le renouvellement de la forêt ;
  • une réponse aux attentes des citoyens vis-à-vis de la forêt en les sensibilisant à ses enjeux ;
  • la préparation des forêts au changement climatique et l’atténuation de ses effets.
    Forêt domaniale, forêt communale, forêt privée : comment s’y retrouver ?

Les forêts publiques regroupent les forêts domaniales (1,5 million d’hectares), qui appartiennent à l’État, et les autres forêts publiques (2,7 millions d’hectares), essentiellement communales, qui appartiennent aux collectivités locales.

Elles sont gérées par l’ONF selon les règles du régime forestier (code forestier) :

  • un plan de gestion de la forêt appelé ’aménagement forestier’ (avant la réalisation de toutes actions) ;
  • un programme annuel de travaux d’entretien et d’infrastructures en forêt ;
  • un programme annuel de coupes et la conservation du patrimoine.
    Les forêts privées représentent 75% des forêts en métropole qui sont très morcelées (3,3 millions de propriétaires). Le Centre national de la propriété forestière (CFNP) est chargé d’orienter leur gestion, notamment en utilisant les documents de gestion durable (tout propriétaire de plus de 25 ha doit avoir un plan simple de gestion agréé). 

Les missions de l’ONF s’étendent du régime forestier à la préservation de la biodiversité de la forêt, la surveillance des territoires ultra-marins et le suivi des écosystèmes. Sa gestion multifonctionnelle se traduit par :

  • la commercialisation du bois (35% du marché) : commercialisation du bois d’oeuvre et d’industrie (40% du bois mis sur le marché en France) destiné à la construction, l’ameublement, et du bois énergie ;
  • des actions pour adapter les forêts au changement climatique : la nouvelle sylviculture annoncée passe par la forêt mosaïque, ce qui implique en particulier de promouvoir la diversité des essences (pour prévenir les dégâts causés par les insectes ou champignons pathogènes), la futaie régulière ou irrégulière, les réserves biologiques ou encore les forêts d’exception.
    Toutefois, certains acteurs, ONG, chercheurs, personnalités politiques, et jusque dans les rangs de l’ONF, dénoncent la pression croissante sur les forêts pour répondre à la demande des industriels. Produire du bois a toujours été la priorité dans les politiques forestières depuis les années 1960, au détriment des autres fonctions environnementales et sociales, soulignent les militants de l’environnement. Sylviculture intensive, coupes rases (abattage de tous les arbres d’une même parcelle), utilisation de pesticides, mais aussi plantations de résineux (le Douglas) aux dépens des arbres feuillus, les associations évoquent une ’malforestation’. L’accélération de la monoculture de ce pin nord-américain a commencé après la tempête de 1999, pour reboiser les parcelles touchées. Mais ces plantations, si elles sont faciles à cultiver et présentent un meilleur rendement, rendent ’l’écosystème moins durable face aux aléas climatiques ou sanitaires’ (le feu s’y propage plus facilement et la présence d’une seule essence amenuise les chances de se relever d’une maladie, par exemple). Les ONG dénoncent des forêts gérées comme un potager : planter, laisser pousser, tout prélever à une certaine taille, nettoyer et replanter. Ils appellent à laisser la forêt ’vieillir’ et se régénérer naturellement.

Par ailleurs, les syndicats de l’ONF pointent une ’gestion défaillante’ et le risque de disparition du service public de la forêt (’usines à bois’). L’établissement traverse depuis plusieurs années une crise sociale (réduction des effectifs), économique (un déficit important) et ’de sens’ (augmentation des missions des agents pour répondre à la multifonctionnalité des forêts, manque de moyens et souffrance au travail). 

De même, les restructurations de l’ONF ont conduit à ’une baisse continue et importante des effectifs’, reconnaît l’Office. Pourtant, les compressions d’effectifs n’ont pas permis de réduire les déséquilibres financiersselon un rapport de la sénatrice Anne-Catherine Loisieren juin 2019. Le document souligne que ’l’augmentation des volumes de coupes n’a pas réussi à juguler la chute des recettes, ce qui s’explique par la faiblesse des cours du bois.’ Le déficit de l’ONF s’élève à 79 millions d’euros en 2021. La rapporteure, qui souligne des ’réussites incontestables’ (une forêt publique de qualité, attractive et multifonctionnelle et la commercialisation de 35% du bois en France), estime que le modèle traditionnel de l’Office, ’le bois paye la gestion forestière’ a échoué. Et ’les tensions financières, sociales et territoriales se sont aggravées.’ Mais pour quelles raisons ? Pour des ’facteurs exogènes comme les nouvelles charges de pension, l’effet de mesures catégorielles’ mais aussi à cause de ’la faiblesse des cours du bois’. Devant ce constat, le rapport préconise notamment de :

  • préserver le principe du régime forestier et de ses emplois ;
  • poursuivre la rationalisation des dépenses en opérant des arbitrages qui garantissent une forte présence des agents de l’ONF sur le terrain ;
  • éviter impérativement de faire peser la résorption des déficits sur les communes forestières ;
  • redéfinir les missions assignées à l’ONF et les moyens mis à sa disposition pour les remplir.
    Plus récemment, un rapport du Sénat d’août 2022 sur les feux de forêt et de végétation préconise d’arrêter les suppressions de postes (perte de 50% de son personnel en 30 ans) et d’embaucher des forestiers et des pompiers. La plantation de nouveaux arbres et la prévention contre les incendies nécessitent des moyens humains et matériels supplémentaires pour entretenir la forêt (arbres morts et branches au sol peuvent vite s’enflammer).

Or, d’ici 2025, l’État prévoit 500 suppressions de postes à l’Office national des forêts (contrat État-ONF 2021-2025).

Un changement de modèle nécessaire

Face aux menaces qui pèsent sur la forêt, s’est posée la question de sa multifonctionnalité. Comment concilier la protection de l’environnement avec les enjeux économiques face à une demande croissante en produits issus du bois et en énergie renouvelable ?

En 2021, les autorités ont reconnu que l’objectif des politiques forestières est de ’maximiser la production de bois’. La ministre chargée de la transition écologique annonçait un changement de modèle avec la fin de la priorité à la fonction de production sur les autres services environnementaux et ’la nécessité de refonder notre politique forestière’ qui doit être ’au service du climat, de la biodiversité, du bien-être de nos concitoyens et de la bioéconomie.’ Trois axes étaient retenus : 
•  la lutte contre la déforestation importée ;
•  une gestion de la forêt française privilégiant le long terme, la résilience, l’adaptation et la multifonctionnalité ;
•  l’implication des territoires et des citoyens.

Cette nouvelle approche se trouve alors confortée par la nouvelle stratégie forestière européenne pour 2030 qui prévoit de renforcer la protection des forêts face aux effets du changement climatique, par une gestion plus respectueuse du climat et de la biodiversité menée ’en synergie et avec le soutien à une bioéconomie forestière forte et durable.’

Le Conseil supérieur de la forêt et du bois a remis son rapport le 26 juillet 2023 pour préparer le plan national de renouvellement forestier. Face au dépérissement de plus d’un million d’hectares au cours de la prochaine décennie, le renouvellement ’habituel’ ne suffit pas, constate le Conseil. Pour adapter les forêts, le document propose un plan de 10 milliards d’euros d’investissements pour renouveler la superficie forestière sur 10 ans. Objectifs : stocker le carbone, sauvegarder la biodiversité et produire des matériaux et énergies renouvelables.

Les récentes politiques publiques de la forêt

Le rôle de la forêt dans l’environnement fait l’objet de nombreuses mesures ces dernières années, notamment :

Les conclusions de ces assises ont été saluées pour leur vision cohérente avec les priorités environnementales, notamment : le plan de protection des sols, le plan national d’action en faveur des vieilles forêts ou encore l’obligation de diversifier les plantations. Les associations regrettent néanmoins l’absence de réponses à d’autres questions urgentes tant sur l’usage des pesticides ou encore sur l’encadrement des coupes rases, en particulier.

Protection des forêts : 1 milliard d’euros engagés par l’UE lors de la COP 26

En bref - 8 novembre 2021

https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/styles/card/public/en_bref/image_principale/D%C3%A9forestation.jpg?itok=O0B8OWXS

Mots clés : Environnement Protection de l’environnement Biodiversité Patrimoine naturel Climat

Vie-publique.fr — Wikipédia

Source : https://www.vie-publique.fr/eclairage/286488-forets-francaises-un-avenir-lie-au-changement-climatique

Vie-publique.fr est un site web français, produit, édité et géré par la Direction de l’information légale et administrative dans le cadre de sa mission générale d’information et de documentation sur l’actualité politique, économique, sociale, nationale et européenne. Wikipédia

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  • Chantier participatif pour une forêt nourricière - Samedi 16 décembre 2023 - 10h - 17h - Hameau du Vernet Saint-André-Lachamp – Annonce ‘fne-aura.org’
    Appropriez-vous l’avenir de nos forêts. Venez contribuer aux prémices d’une future forêt riche et résiliente !

Programme

Le projet « La Forêt entre nous », soutenu dans le cadre de l’opération « Aux arbres citoyens » vise à orienter un peuplement de 6000m2 de pins et châtaigniers vers une forêt diversifiée et accueillante pour la biodiversité, résiliente et utile aux habitant.es, limitant le risque incendie, par coupes sélectives, régénération naturelle et plantations.

Ce projet permettra, pendant les 4 années prochaines, de construire une expérience et une connaissance collective de la forêt, de sa biodiversité et de sa gestion.

Ce premier chantier va permettre de créer un petit îlot avec des essences diverses.

Pour plus de détails et/ou vous inscrire à cette journée, veuillez contacter Léa Rami, etudes-ardeche@frapna-aura.org, 04 75 93 41 45.

 Aux arbres citoyens : accueillir la biodiversité dans les forêts ardéchoises !

https://www.fne-aura.org/uploads/2023/11/affiche-chantier-de-plantation-participatif-848x1200.png

Informations pratiques - Leaflet | © OpenStreetMap contributors

Adresse Hameau du Vernet 072320 Saint-André-Lachamp - Horaires 0h - 17h

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Publié par FRAPNA Ardèche Le mercredi 15 novembre 2023

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Nature Vous balader en forêt vous expose désormais à une amende 9 novembre 2023

Agriculture Chocolat durable : un avenir incertain pour les petits producteurs 25 octobre 2023

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Forêts Chantier de l’A69 : une grève de la faim pour sauver les arbres 31 août 2023

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  • Penser la forêt française de demain - Le Mardi 27 juin 2023 – Document officiel ‘ecologie.gouv.fr’
    La forêt française est la 4ème plus grande d’Europe. La forêt et les usages du bois jouent un rôle croissant au cœur de nombreuses politiques de la transition écologique : pour décarboner le secteur de la construction, développer les énergies renouvelables, préserver la biodiversité, ou encore relocaliser une industrie biosourcée et souveraine.

La forêt française : état des lieux et chiffres clés

La forêt française est la 4e plus grande forêt d’Europe. En métropole, elle s’étend sur près de 17 millions d’hectares, soit près d’un tiers du territoire hexagonal. C’est deux fois plus qu’il y a 200 ans. Passant de 1,8 à 2,8 milliards de mètres cubes entre 1985 et aujourd’hui, les volumes de bois de nos forêts ont aussi fortement progressé depuis 30 ans. Elle est riche en biodiversité, avec 190 espèces d’arbres se répartissant en 67% de feuillus, 21% de résineux et 12% de forêts mixtes. 

En plus d’abriter une riche biodiversité, les forêts françaises contribuent à améliorer la qualité de l’eau et de l’air, participent à la qualité des paysages, fournissent du bois et de l’énergie, stockent du carbone et permettent la pratique d’activités de loisirs.

Les indicateurs de gestion durable donnent un aperçu de l’état des forêts françaises et des activités qui lui sont liées.

Indicateurs de gestion durable des forêts françaises, site de l’IGN

Infographie : la forêt française

Infographie : la forêt française

Les forêts des outre-mer, points chauds de biodiversité

Les forêts de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion représentent plus de 8,2 millions d’hectares, soit plus d’un tiers de la forêt française. La Guyane à elle seule est boisée à 99 %, avec près de 8 millions d’hectares de forêt. 

Des mangroves des littoraux antillais et mahorais aux immenses forêts primaires de Guyane en passant par les forêts de la montagne réunionnaise, les forêts d’outre-mer présentent une biodiversité exceptionnelle. La France est l’un des seuls pays européens à détenir des forêts tropicales et porte ainsi une responsabilité d’exemplarité de leur protection et gestion durable.

La gestion des forêts en France

Les enjeux

Les défis auxquels la forêt doit faire face sont multiples : adaptation aux effets du changement climatique, protection de la biodiversité, consolidation de sa fonction d’atténuation du changement climatique et captation des émissions carbone, réponse à une demande croissante en produits issus du bois, développement de chaleur renouvelable, compétitivité et développement capacitaire des industries françaises du bois pour gagner en souveraineté, etc.

La forêt et les usages du bois sont donc à la croisée de nombreux enjeux aux intérêts à concilier et au cœur de stratégies de long terme pour notre société :

  • stratégie climatique ;
  • stratégie en faveur de la biodiversité ;
  • stratégie industrielle.
    Infographie : les feux de forêt

Infographie : les feux de forêt

En 2021, la loi Climat et résilience a permis de mettre en avant la place de la biodiversité pour la résilience du puits de carbone forestier et de souligner l’importance du secteur forêt-bois. 

La gestion de toutes les forêts françaises, publiques comme privées, est encadrée par le Code forestier

Les politiques publiques du ministère concernant la forêt

La vision du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires sur les enjeux de la forêt est à la croisée de nombreuses politiques publiques :

  • la lutte contre le changement climatique notamment avec la stratégie nationale bas-carbone, le label bas-carbone et ses méthodes forestières, la mise en œuvre et le suivi du règlement européen relatif à l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie (UTCATF) dans le cadre européen énergie-climat ;
  • le développement des énergies renouvelables en particulier è travers le fonds chaleur porté par l’Ademe dans le cadre environnemental de la durabilité des bioénergies défini par la directive européenne dite RED II de 2018 et transposé dans le code de l’énergie ;
  • l’adaptation des forêts au changement climatique, notamment avec le plan national d’adaptation au changement climatique publié en 2018 et la feuille de route pour l’adaptation des forêts au changement climatique publiée en 2020 ;
  • la ville et la construction durable, notamment à travers les mesures de France 2030 et du quatrième programme d’investissements d’avenir. Cette stratégie comporte 3 axes : accélérer la transition des villes par une approche intégrée, agir sur le bâti pour la sobriété, accompagner le développement des filières ; 
  • la biodiversité et les paysages, avec notamment deux stratégies nationales : 
    • la stratégie nationale pour les aires protégées dont le premier plan d’actions national fixe des actions structurantes pour la préservation des forêts, avec en la mise sous protection forte d’ici 2022 de 250 000 ha de forêts (180 000 ha en Guyane par la création de 2 réserves biologiques et 70 000 ha en métropole) ;
    • la stratégie nationale biodiversité 2030 qui intègre les enjeux de protection des forêts primaires et subnaturelles, le lancement d’un plan national d’action vieux bois et forêts subnaturelles et d’un plan pour la protection des sols forestiers. Les objectifs de la SNB en matière d’accompagnement de la filière forêt-bois et de préservation de la biodiversité dans les milieux forestiers s’articulent avec le plan d’action interministériel forêt-bois ;
    • par ailleurs, le ministère assure le financement de missions d’intérêt général auprès de l’Office national des forêts, son opérateur unique des forêts publiques. Ces missions visent à assurer la réalisation d’actions allant au-delà du régime forestier en faveur de la biodiversité, de la surveillance des territoires ultra-marins et le suivi à long termes des écosystèmes forestiers ;
    • mais aussi des actions ciblées sur des territoires à enjeux : le parc national de forêts, 11e parc national français créé en 2019 suite à une dizaine d’années de concertation, est dédié à la connaissance, la préservation et la valorisation des forêts feuillues de plaine. Situé sur les régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand-Est, le parc national de forêts s’étend sur 241 000 hectares, dont plus de 56 000 hectares classés en zone cœur, et présente une réserve intégrale ; 
  • la préservation et valorisation du patrimoine naturel, notamment avec la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial qui permet d’inscrire sur la liste du patrimoine mondial des forêts au titre de leur valeur universelle et exceptionnelle. Par exemple, trois hêtraies françaises ont ainsi été inscrites en 2021 ;
  • la prévention des incendies de forêt et végétation par des campagnes de communication pour promouvoir les bons gestes, et par l’aménagement du territoire (plans de prévention des risques incendies de forêt) encadrant l’urbanisation dans et en lisière de forêt ;
  • le règlement bois de l’Union européenne qui vise à écarter du marché communautaire le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale.
    Les acteurs :
  • L’Office national des forêts (ONF) est le gestionnaire de la forêt publique. Il est chargé de mettre en œuvre le plan de gestion et la réalisation des travaux des forêts de l’État et de la majorité des collectivités publiques.
  • L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), observateur de la forêt, est chargé de décrire la forêt publique comme privée pour mieux la connaître. Il est notamment en charge de l’inventaire forestier.
  • L’ADEME, Agence de la transition écologique, est l’opérateur unique de gestion des aides publiques pour le secteur forêt-bois.
  • L’INRAE développe de nombreux programmes de recherche en appuis aux politiques publiques sur la forêt, la biodiversité, les risques et les interactions avec la société en particulier dans le cadre des projets développés par le département EcoDiv, mais aussi le département EcoSocio.
  • Météo-France élabore des cartes expertisées de dangers météorologiques d’incendie et contribue à évaluer l’impact du changement climatique sur le risque incendie de forêt.
  • Le réseau mixe technologique pour l’adaptation des forêts au changement climatique (RMT AFORCE) qui accompagne les forestiers dans l’adaptation des forêts aux changements climatiques.
  • Le Citepa quantifie, identifie, expertise et communique des données d’émissions, et satisfait aux obligations de rapportage des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre de la France, dont celles portant sur les milieux forestiers.
  • Le Centre national de la propriété forestière (CNPF) est l’établissement public en charge du développement de la gestion durable des forêts privées.
    Aller plus loin :

Site de l’Office national des forêts (ONF)

  Site de l’inventaire forestier de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN)

  Site de l’ADEME

  Site du Programme de reconnaissance des certifications forestières (PEFC)

  Site du Forest Stewardship Council

  Site du Parc national de Forêts

  Site du Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique (rubrique forêt)

  Indicateurs des impacts du changement climatique - Feux de forêts météorologique

  Indicateurs des impacts du changement climatique - Front d’expansion de la chenille processionnaire du pin

  Indicateurs du milieu forêt de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB)

  Évolution de l’abondance des populations d’oiseaux forestiers

Ministères Écologie Énergie Territoires 

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Source : https://www.ecologie.gouv.fr/penser-foret-francaise-demain

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Le mot forêt regroupe plusieurs biomes et recouvre une très grande diversité d’écosystèmes. La plupart de ces écosystèmes sont anthropisés et même habités au sens géographique du terme : ils sont pratiqués au quotidien par des populations humaines. Derrière le mythe de la forêt vierge se cache en réalité un grand nombre de pratiques, parfois invisibilisées par les périmètres de protection imposés de l’extérieur.

Sommaire :

Décrire les milieux forestiers

Exploiter les espaces forestiers

Protéger les territoires forestiers

Bibliographie | mots-clés | citer cet article

Selon l’Inventaire Forestier National, « la forêt est un territoire occupant une superficie d’au moins 50 ares (5000 m2) avec des arbres pouvant atteindre une hauteur supérieure à 5 mètres à maturité in situ, un couvert boisé de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres. » Cette définition est celle adoptée au niveau international (par la FAO par exemple) et utilisée entre autres par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Cette appréciation de la forêt pose des questions sémantiques qui masquent la nature éminemment sociale de la forêt. À rebours d’une vision technique des espaces forestiers, nous présentons la forêt comme un objet géographique, entité spatiale cohérente et complexe à la croisée entre sciences humaines et sciences naturelles. L’article vise ainsi à dresser un tableau général et synthétique des forêts dans le monde. Pour cela, nous procédons en trois parties, chacune expose un rapport particulier des sociétés humaines à leurs espaces forestiers : la compréhension, l’exploitation et la protection.

1. Décrire les milieux forestiers

Les forêts dans le monde recouvrent un peu plus de 4 milliards d’hectares, soit 31 % de la surface terrestre. Dans le détail, 45 % des forêts sont tropicales, 27 % sont boréales, 16 % sont tempérées et 11 % sont sous-tropicales.

Document 1. Les forêts dans le monde d’après la F.A.O.

carte forêts FAOSource : FAO, 2020.

 

1.1. Les forêts tropicales

La forêt tropicale est un biome des zones intertropicales, en particulier en Amazonie, dans le bassin du Congo et en Asie du Sud-Est. Selon le climat et le sol, la forêt tropicale peut être humide ou sèche. Mais c’est dans les zones humides que la forêt est la plus riche en termes de biodiversité. Les forêts tropicales humides se caractérisent par « une formation végétale arborée haute et dense formée d’espèces à feuilles caduques, ainsi qu’un climat chaud et très humide » (Dures, 2020).

La forêt tropicale joue un rôle majeur de « puits de carbone » à l’échelle mondiale. En effet, l’action de la photosynthèse de la végétation sempervirente permet de stocker le CO2 présent dans l’atmosphère et de réduire en conséquence la proportion de ce gaz à effet de serre, pour ensuite ne le libérer que très lentement. Le rôle écologique majeur de la forêt tropicale humide dans la régulation du climat et du cycle de l’eau lui vaut d’être considérée comme « un commun environnemental de l’humanité » (Cadalen, 2020). D’autant plus que le changement climatique s’accélère, et « si les écosystèmes tropicaux demeurent des puits de carbone lors des années humides, ils passent de neutres voire émetteurs lorsque la sécheresse pointe son nez » (Huet, 2019).

Contrairement à une vision occidentale longtemps dominante, la forêt tropicale n’est pas une forêt vierge. Si l’hydrologie, le sol, ou le climat sont des facteurs importants explicatifs du milieu forestier, les espaces forestiers ne sont pas conditionnés seulement par leurs caractéristiques physiques. La distribution et la dynamique des forêts sont aussi « le produit de l’histoire de la gestion agroécologique de l’espace car l’arbre et la forêt ne sont pas perçus comme distincts de l’agriculture » (Rossi, 1999). En effet, la forêt tropicale « est un espace habité et sillonné depuis des millénaires par des populations dont la plupart pratique l’agriculture » (Friedberg, 1996). Il est possible de repérer les traces passées d’occupation du sol en forêt grâce à la télédétection satellitaire et l’utilisation de signaux radars (Oswald et al, 2010 ; El Hadji et al, 2013). Ces travaux renouvèlent la définition des zones biogéographiques de l’échelle régionale à l’échelle planétaire.

En ce sens, la forêt tropicale n’est pas une entité homogène. L’agencement des milieux alluviaux et interfluviaux en Amazonie forme des « mosaïques forestières » (Lamotte, 2004) appropriées différemment par les sociétés humaines. Les forêts se répartissent de plus selon l’étagement de la montagne, comme dans l’Himalaya (de Planhol, 1970). Il existe des milieux forestiers tropicaux spécifiques comme la mangrove, « forêt tropicale basse, au plus 30 mètres de haut, dense et implantée dans les vasières de la zone de balancement des marées » (Klein, 2003) ; la savane arborée, « une formation végétale de la zone intertropicale associant généralement à une couverture herbeuse continue un peuplement de ligneux arbustifs ou arborescents » (Toulouse, 2019).

La géographie de la forêt tropicale cherche à étudier la dynamique des paysages forestiers par le prisme de l’habiter. « Chaque entité phytogéographique a un modèle de fonctionnement qui lui est propre en termes de flux hydriques, flux de chaleur et flux gazeux » (Puig, 1994), et chaque milieu forestier est modifié par les actions successives des sociétés humaines dans le temps. La forêt est donc un socio-écosystème, un objet géographique qui résulte autant de processus naturels que de changements anthropiques.

1.2. Les forêts boréales

La forêt boréale, appelée aussi « taïga » n’existe que dans l’hémisphère nord, là où les hivers s’étirent plus de six mois en dessous de 0°C avec environ 200 jours de neige au sol (Loïzzo et Tiano, 2019). La forêt boréale est composée principalement de conifères (épicéas, sapins, pins, mélèzes) qui peuvent tolérer les conditions climatiques des hivers rigoureux et une saison de croissance relativement courte. On y trouve également quelques feuillus comme les bouleaux ou les saules (Cantegrel, 2022).

La forêt boréale est décrite comme une « forêt climax » par les partisans de la théorie de la succession forestière (Bergeron, 1999 ; Gautier, et al., 2001). Selon eux, la forêt boréale est un stade d’équilibre ultime, l’aboutissement d’une succession réussie. En termes paysagers, la forêt climax présente le faciès des vieilles forêts. À l’opposé, les partisans de la théorie de la dynamique forestière (Gagnon et al., 2001 ; Jasinski et al., 2005) montrent que « la structuration d’un peuplement à un moment donné de l’histoire dépend de séquences de perturbations et de la capacité de régénération des espèces au moment des perturbations » (Huybens, 2011). Selon les incendies et les épidémies, mais aussi l’exploitation du milieu par les humains, la forêt boréale peut évoluer vers des forêts équiennes irrégulières, ou vers des forêts étagées, vers des forêts mixtes (résineux et feuillus) ou des forêts monospécifiques, voire vers des landes forestières.

1.3. Les forêts tempérées

Les forêts des régions tempérées ne se laissent pas facilement décrire car ces milieux « sont généralement profondément humanisés, au point qu’on ne sait plus toujours très bien s’ils sont encore naturels. » (Demangeot, 2009). Toutefois, les géographes distinguent deux biomes selon le climat et le sol : « les forêts tempérées sempervirentes, dans les zones aux étés chauds et hivers frais (…) et les forêts tempérées d’arbres à feuilles caduques, dans les zones où les précipitations sont relativement régulières durant l’année » (Duffey, 1980).

Les forêts de feuillus sont composées principalement de chênes, hêtres, charmes et de châtaigniers. Ces derniers qualifiés de « pains du pauvre » ont joué un rôle prépondérant dans l’alimentation rurale jusqu’au XXe siècle (Bourgeois, 2004). Les forêts de conifères sont composées principalement de pins, sapins, épicéas, cèdres et cyprès. Depuis la fin XIXe siècle, on assiste à une « fermeture du paysage  » (Le Floch, 2005) puis à une reconquête forestière par enrésinement des friches agricoles laissées par l’exode rural et la déprise de l’agropastoralisme de la moyenne montagne française (Dodane, 2010).

Il existe des formes végétales particulières, soumises à diverses pressions humaines. Les ripisylves ou forêts alluviales (Dufour et Piégay, 2006) ont largement régressé à cause du drainage des fonds de vallée depuis le XVIIIe siècle en Europe. Les forêts dunaires, créations artificielles du XIXe siècle, sont menacées par l’érosion marine (Petit-Berghem, 2011). Les forêts tempérées font face à un fort phénomène de fragmentation écologique, créateur d’une mosaïque de petits bois, appréhendés comme des « anthroposystèmes insulaires » par les biogéographes (Linglart et Blandin, 2006).

Dans ce contexte, Laurent Lespez qualifie la forêt de « nature hybridée » (Lespez, 2020). La nature forestière est ainsi abordée par les géographes sous le prisme culturel par les notions de paysage, en Méditerranée (Fourault-Cauet, 2010), ou de patrimoine, dans les Landes (Pottier, 2014). La nature ordinaire des espaces urbains est reconnue, qualifiée « d’improbable biodiversité » (Arnould et al., 2011).

2. Exploiter les espaces forestiers

On peut retenir trois principales activités, parmi d’autres, dans les espaces forestiers : les pratiques traditionnelles, vivrières et nourricières, mais aussi culturelles, relevant d’un « habiter » dans toutes les dimensions du concept ; l’exploitation du bois ; la mise en tourisme qui peut se faire avec ou contre les populations locales.

2.1. Les pratiques traditionnelles

Traditionnellement, les espaces forestiers sont mis en valeur par les communautés paysannes dans le cadre de systèmes agro-sylvo-pastoraux où les terroirs sont exploités de façon complémentaire. L’autonomisation de l’espace forestier est une conception occidentale héritée de la division entre la nature et la culture, le sauvage et le domestique (Descola, 2015). Déjà les Romains sous l’Antiquité divisaient l’espace rural en trois zones : l’ager (les champs), la silva (la forêt), et le saltus (élevage extensif).

Cependant, dans les pays du Sud, la pratique la plus répandue est l’agroforesterie. Les géographes ont montré que la dynamique ancestrale de régénération de la forêt permet la reproductibilité de l’agriculture sur brûlis, créant ainsi « une ressource essentielle pour la subsistance des populations forestières » (Michon et al, 1995). En s’appuyant sur une enquête menée en Indonésie et à Madagascar, Jean-Baptiste Bing montre que l’agroforesterie permet « de réduire la dépendance des communautés rurales aux cultures d’exportation en y mêlant des cultures vivrières, de maintenir la main d’œuvre sur place et de réduire l’exode rural, de préserver les sols et de réguler l’hydrologie » (Bing, 2015).

Il en va de même dans d’autres régions du Sud, comme au Costa Rica (Beer, 1990) où protection des arbres et plantation de cacaotiers vont de pair ; le Burundi où forêts et pépinières se partagent l’espace (Puig, 1994) ; ainsi que le Cameroun où les jardins de case allient les arbres domestiques à la culture de plantes médicinales (Tchatat, 1995). La survivance des pratiques agroforestières a longtemps été lue comme le révélateur de la vivacité des communautés autochtones, au Népal (Smadja, 1994) ou dans le Sud-Ouest de Madagascar (Ranaivoson, 2012). Des lois forestières ont été adoptées dans le but de protéger les pratiques communautaires forestières, au Cameroun en 1994, et en Indonésie en 1999 (Mekouar, 2004 ; Gautier et Hautdidier, 2012).

L’ouvrage d’Elinor Ostrom Self-governance and forest resources (1999) donne à voir les nombreuses façons dont les habitants des forêts élaborent eux-mêmes les règles d’exploitation du milieu pour le bois et les produits non-ligneux comme les champignons (Tsing, 2017), les herbes aromatiques et médicinales ou encore le gibier (Stépanoff, 2021). La gouvernance collective permet de garantir la durabilité des ressources forestières au fil du temps. Les géographes ont confirmé les observations d’Elinor Ostrom par des enquêtes empiriques dans de nombreuses forêts tropicales du Sud : en Guinée (Rey, 2011), au Bénin (Mehou-Loko et al., 2013), et en Inde (Létang, 2017).

En conséquence, des programmes d’agroforesterie se sont multipliés dans le cadre de politiques publiques nationales et internationales d’aide au développement et de lutte contre la déforestation. Camille Reyniers en montre les limites en République démocratique du Congo. Selon elle, ces modes de production décidés par les États ne sont pas durables car il s’agit de « solutions techniques et technicisées, qui ont peu de chance d’offrir une alternative pour les populations locales. » (Reyniers, 2019).

Document 2. Paysage témoignant d’un usage nourricier traditionnel de la forêt : chênaie pâturée (Hutewald) dans le massif du Reinhardswald (Hesse, Allemagne)

hutewaldLe Hutewald (forêt pâturée en français) est le paysage associé à un usage traditionnel de la forêt consistant à faire pâturer les sous-bois par des animaux domestiques ou vivant en semi-liberté (qu’on appelait aussi la glandée, s’agissant de l’élevage porcin). Cliché : Gerhard Elsner, 2006, sous licence GNU (source).

 

2.2. La sylviculture

La sylviculture est l’ensemble des pratiques d’exploitation et de gestion d’une forêt en vue d’en retirer un bénéfice économique. Selon Jonathan Lenglet (2018), « la notion de filière forêt-bois s’est progressivement imposée pour désigner l’ensemble des acteurs et des activités d’exploitation forestière et de transformation du bois ». Depuis le XIXe siècle, dans la plupart des pays, les administrations forestières se sont constituées de larges domaines gagnés sur les territoires autochtones, en Tunisie par exemple (Bouju et al, 2016). En France, la plantation de la forêt de pins maritimes des Landes de Gascogne est ainsi présentée comme une « une colonisation intérieure » du régime de Napoléon III contre les communautés agropastorales landaises (Aldhuy, 2010).

C’est surtout le phénomène de déforestation qui alimente la recherche en géographie des Suds. Derrière la description des fronts pionniers, des causes plurielles sont identifiées en Amazonie (Scouvart, 2006). Comme l’écrit Moise Tsayem Demaze (2008), « les politiques publiques brésiliennes voient l’Amazonie comme étant un territoire à désenclaver et à développer ». Ludivine Eloy et François-Michel Le Tourneau (2009) montrent qu’il n’y a pas de fatalité dans la déforestation. Le maintien d’une agriculture sur abattis-brulis laisse penser que la transformation des forêts tropicales en grandes cultures intensives et productivistes n’est pas inéluctable.

La déforestation est le plus souvent la conséquence d’une conversion des forêts au profit de l’élevage extensif ou de cultures agricoles. Les géographes le prouvent dans de nombreuses régions du monde, en réalisant des études diachroniques du couvert forestier, à Madagascar (Vololonirainy et al., 2013) ou au Sénégal (Andrieu et al., 2018 ; Solly et al., 2020). La déforestation provoque une érosion des sols dans les montagnes du Guizhou en Chine (Vanara, 2008), et une « dégradation biologique des écosystèmes » au Cameroun (Ngoufo et al., 2006).

À rebours de ces constats, François Verdeaux (1998) a montré qu’en Côte d’Ivoire « la déforestation ne résulte pas d’une surexploitation des ressources ni d’une situation d’explosion démographique ». Dans le même sens et plus récemment, Jean-Paul Jamet (2020) critique la typologie des espaces forestiers dressée par la FAO : « l’exclusion des systèmes arborés, notamment l’agroforesterie au sens large, (…) peut faire croire que ces pratiques sont synonymes de déforestation. Or elles améliorent la résilience des nouveaux systèmes et rendent des services écosystémiques comparables à ceux des écosystèmes forestiers ».

La commercialisation du bois se réalise désormais du local au global, à travers des marchés de plus en plus financiarisés (Hautdidier, 2004). C’est dans ce contexte de mondialisation des échanges qu’a émergé le bois-énergie, offrant de nombreux débouchés économiques mais engendrant de nombreuses inégalités socio-spatiales. En effet, le développement du bois-énergie ne contribue pas à générer des revenus significatifs pour les populations rurales des forêts au Burkina-Faso (Ouedraogo, 2009). Alors que dans le même temps, le bois-énergie est une activité lucrative pour les exploitants et investisseurs des arganeraies des Haha au Maroc (Faouzi, 2013).

« User de biomasse forestière pour chauffer des bâtiments ou produire de l’électricité apparaît séduisant » notent Émilie Evrad et Yves Poinsot (2013). En effet, le bois est perçu comme une « énergie verte » promue par les politiques publiques de transition écologique (Tabourdeau, 2021) qui visent à réduire la part des énergies fossiles. Cependant, les auteurs soulignent les limites de ce modèle par la concurrence entre les territoires à l’échelle mondiale : « Europe, Japon et Chine ont plus intérêt à se procurer de la biomasse forestière en Amérique ou en Afrique qu’en Eurasie. Mais ces stratégies économiques jouant de l’espace induisent des effets écologiques désastreux dans le temps, par l’entremise d’un jeu pervers sur les stocks ». On peut ainsi se demander avec Sylvie Pellerin (2013), « le bois-énergie est-il une solution d’avenir ? ».

2.3. La mise en tourisme

La forêt tient une place particulière dans l’imaginaire collectif occidental (Harrison, 2018), entre vision orphique et vision prométhéenne de la nature (Debarbieux, 2015). Au début du XIXe siècle, le romantisme en Europe bouleverse la perception de la nature. Les artistes et les écrivains subliment la forêt. De milieu hostile, la forêt devient paysage attractif. La naissance du tourisme dans le même temps valorise le voyage grâce au développement du chemin de fer.

C’est ainsi que les anciennes forêts royales d’Île de France, au statut domanial depuis la Révolution française, deviennent les nouveaux espaces de loisirs de la bourgeoisie parisienne, se transformant bientôt en « musée vert » à l’instar de Fontainebleau (Kalaora, 1985). Il en va de même pour les forêts de montagne promues par le Touring Club de France (Schut, Delalandre, 2016).

En Amérique du Nord, l’imaginaire de la « wilderness  », c’est à dire de la nature sauvage (Speck, 2008), est le moteur de la mise en valeur culturelle des forêts canadiennes (Glon, 2006) et étatsuniennes (Muir, 2020). La patrimonialisation de la forêt passe désormais par une labellisation, qui devient source d’attractivité nouvelle. La forêt touristique est alors prise en tension entre conservation du milieu et développement de l’économie, comme c’est le cas dans le Cariri du Ceara au Brésil (Bétard et al., 2017), dans la Great Bear Rainforest au Canada (Héritier, 2019), ou dans les mangroves des Antilles (Klein, 2003).

3. Protéger les territoires forestiers

3.1. La conservation des forêts

Les politiques de conservation des forêts remontent à la création d’aires protégées, en Europe et aux États-Unis au XIXe siècle, ces derniers étant précurseurs dans la volonté de préserver une nature considérée comme « sauvage  » sous l’influence de penseurs comme John Muir (1901). Les parcs nationaux (Laslaz, 2022) et les réserves naturelles se diffusent partout dans le monde lors de la colonisation des pays du Sud. Car l’espace protégé est avant tout un espace de contrôle comme le montre Steve Déry dans les pays de l’Asie du Sud-Est : « c’est comme si l’État découpait [le parc] pour l’amener à un niveau géographique supérieur, national celui-là ; un niveau accessible aux touristes écologiques et aux chercheurs nationaux ou internationaux, mais auquel les populations locales n’ont plus accès (ou très peu) » (Déry, 2008). Ainsi dans le Parc National du Niokolo-Koba, « en évacuant l’homme au profit de la « nature », les autorités sénégalaises ont négligé la complexité et ont, de ce fait, soustrait un élément régulateur à la gestion du milieu » (Larrue, 2002). La sanctuarisation des forêts va à l’encontre de l’usage de paysages sacrés chez de nombreux peuples (Grésillon et Sajaloli, 2013). Guillaume Blanc (2020) qualifie cette situation de « colonialisme vert  ».

Les réserves forestières sont prises en tension entre la protection de l’écosystème et l’exploitation du milieu. C’est le cas par exemple à Madagascar où « la conservation de la biodiversité se heurte à des pressions anthropiques et des occupations illicites à l’intérieur des aires » (Weber, 1995). En Europe, le réseau Natura 2000 « insiste sur la compatibilité des modes de mise en valeur et de la conservation des habitats et des espèces patrimoniales » (Lepart et Marty, 2006). On retrouve cette même approche de conciliation dans le Parc National de Forêts, entre Champagne et Bourgogne (Untermaier, 2022), ou dans les parcs naturels régionaux, en particulier dans le PNR Oise Pays de France sur la question forestière (Pour, 2022).

La prise de conscience de l’effondrement de la biodiversité est à l’origine d’un tournant environnemental dans les politiques forestières. En Inde, « alors que l’administration forestière a longtemps œuvré à la valorisation de la ressource ligneuse, depuis les années 1990 elle a pour principale mission la protection des fonctions écologiques » (Hinnewinkel, et al., 2017). Il en va de même en France où les géographes observent une «  écologisation de la filière-bois » (Lenglet, Corla, 2020). Mais il faut nuancer cette tendance car « le monde forestier reste marqué par le souci de la rentabilisation et de l’entretien d’un patrimoine pris au sens premier du terme, c’est-à-dire économique, personnel et familial » (Bouisset, Puyo, 2011).

De ce fait, les politiques environnementales présentent de nombreuses limites. En Argentine, la loi de protection des forêts est détournée « pour favoriser les dynamiques agricoles » (Gisclard, 2015). De même, en Amérique du Nord, « il demeure de profondes incertitudes sur l’efficience des mesures de protection face à l’importance des enjeux énergétiques notamment » (Depraz, Héritier, 2012). La certification forestière, (labels PEFC et FSC notamment), censée permettre une gestion durable des forêts (Arnould, 1999), devient « une arme concurrentielle pour les acteurs économiques » (Tozzi et al., 2011), en particulier en Amazonie où ce « dispositif est difficilement soutenable à long terme » (Lemeilleur, et al., 2017).

3.2. Risques et adaptation des forêts

La forêt est vulnérable aux changements globaux, elle traverse des perturbations naturelles et anthropiques qui mettent à rude épreuve la résilience des écosystèmes. La tempête de décembre 1999 en France a causé de nombreux dégâts (Terrasson, 2000). Les forêts sont également soumises à de forts risques sanitaires liés aux insectes ravageurs (Banos, 2020) ou aux plantes invasives (Javelle, et al., 2010). Certaines espèces peinent à s’adapter au changement climatique comme le hêtre, adapté à un climat humide et frais, dont l’aire de répartition en France se rétracte progressivement.

Aujourd’hui, ce sont les feux de forêts qui marquent l’opinion par leur intensité et leur récurrence, en Amazonie (Théry, 2019), en Asie (Robert, 2020), en Provence (Carrega, 2005), ou encore en Californie (Bouisset, 2021). Les milieux secs ou chauds ne sont plus les seuls concernés : l’été 2023 a vu des méga-feux ravager la forêt boréale du Canada (Le Monde, 2023). L’analyse spatiale modélise les incendies comme des « systèmes complexes » (Mangiavillano, 2011). Vincent Clément replace le phénomène des incendies en Méditerranée sur le temps long, soulignant les responsabilités humaines et les lacunes des politiques de prévention. Le géographe appelle à lever « le tabou d’une forêt non productive » (Clément, 2005).

Dans le même temps, les forêts ont été placées au cœur de la lutte contre le changement climatique (Van de Maele, 2020), en particulier depuis la mise en place de processus de Réduction des Emissions de gaz à effet de serre dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière (REDD). Il s’agit de mesures qui recherchent une plus grande absorption de carbone par les puits forestiers. Or, comme le font remarquer Joel Boulier et Laurent Simon, « mener une politique globale à l’échelle internationale (…) participe d’une illusion assez persistante dans les instances internationales : celle d’une politique sectorielle répondant de façon universelle à un problème donné ». De plus, « cette initiative à forte connotation marchande » (Tsayem Demaze, 2010) « focalise l’attention sur l’objet forestier lui-même au détriment des acteurs et des besoins de ceux-ci » (Brédif, 2008).

3.3. Conflits d’usages et d’appropriation

Les conflits pour l’appropriation des ressources forestières ne se jouent plus seulement à l’échelle locale mais aussi à l’échelle mondiale. Un double mouvement d’écologisation et de marchandisation des forêts (Tordjman, 2021) conduit à évaluer la nature autant pour ses « services écosystémiques » que pour sa valeur monétaire sur des marchés mondialisés (Oswald, 2018). C’est dans ce cadre théorique que sont nés les concepts de « déforestation évitée » (Karsenty, 2007) pour les politiques climatiques et de « déforestation importée » pour les politiques agricoles (Antoine, 2023).

Au Maroc, les paiements pour services écologiques sont un « mécanisme qui pourrait constituer une base pour l’allocation de crédits-carbone » (Lahssini, 2016). Cependant, Catherine Aubertin (2016) montre comment les marchés carbone sont inefficaces pour lutter contre la déforestation au Brésil, et que seule une politique ambitieuse de l’État est à même de protéger la forêt. Nelo Magalhães (2021) se demande ainsi si le « paradigme des investissements verts » ne défend pas implicitement la poursuite du business as usual.

Ainsi, « la forêt est un champ de bataille », en Himalaya par exemple où « le contrôle des espaces forestiers est le révélateur de rapports de force entre l’État et les sociétés locales autour des phénomènes d’accaparement des terres et des situations nouvelles de monopoles fonciers » (Létang, 2020). En Indonésie, la politique forestière est capturée par les élites qui cherchent à remplacer les forêts naturelles tropicales par des plantations forestières en usant massivement de coupes rases (Durand, 2008).

La forêt est souvent un espace de marge, « une zone grise  » (Kadet, 2015) où s’exercent des violences plus ou moins radicales. À Madagascar (Bertrand, 2012) ou au Cameroun (Baticle, 2021), les communautés locales luttent et résistent contre les enclosures de l’espace forestier, c’est-à-dire la privatisation du territoire (Compagnon, 2008) par la construction de clôtures. Ce phénomène d’engrillagement est aussi présent dans les pays du Nord, comme en Sologne, une forêt investie par la chasse privée (Baltzinger, 2016), à l’image de la « forêt emmurée » de Chambord (Robert, 2018). La forêt colombienne qui servait de base arrière à la guérilla des FARC fait aujourd’hui l’objet de projets d’aménagement qui menacent la subsistance des communautés rurales locales (Benassaya, 2022).

Aujourd’hui, du fait de l’attraction croissante de la nature chez les citadins (Dehez et al., 2022), les forêts périurbaines (Salaun 2019) deviennent multifonctionnelles. Elles sont le théâtre de conflits d’usage, entre d’une part des activités productives (exploitation du bois, de la résine et du charbon de bois) et d’autre part des activités récréatives comme la chasse (Decoville, 2007), les sports, la cueillette ou la promenade (Papillon et Rodier, 2011).

Conclusion

À l’heure de l’Anthropocène (Bonneuil, Fressoz, 2013), les écosystèmes forestiers présentent des enjeux environnementaux majeurs car « le recul des forêts participe à l’accélération du changement climatique » (Robert, 2020). Les espaces forestiers sont exploités autant comme ressource naturelle que pour leurs aménités environnementales. Or, aujourd’hui cette mise en valeur est de plus en plus remise en question (d’Allens, 2019).

Finalement, la forêt est révélatrice du rapport contradictoire des sociétés humaines au vivant. Le sommet de Belém sur la déforestation marque un nouvel échec de la protection de la biodiversité (Le Monde, 2023). Au-delà des critiques du greenwashing, les géographes montrent que la forêt est toujours le lieu de convoitises (Felli, 2016), qui exclue les populations les plus fragiles.


Bibliographie : à consulter à la source -
Mots-clés - Retrouvez les mots-clés de cet article dans le glossaire : agroforesterie | biome | bois | climax | colonialisme vert | conflits d’usage | étagement | fermeture du paysage | forêt | forêt vierge | fronts pionniers | parcs nationaux | PFNL | sylviculture | tropicalité.

Arthur GUÉRIN-TURCQ Doctorant en géographie, RIVES-EVS, Université de Lyon

Édition et mise en web : Jean-Benoît Bouron

Pour citer cet article : Arthur Guérin-Turcq, « Les forêts dans le monde, des milieux anthropisés : un état des lieux », Géoconfluences, septembre 2023.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/changement-global/articles-scientifiques/forets-dans-le-monde

Voir aussi  :

Préserver le Cerrado, la savane brésilienne dans l’ombre de l’Amazonie

Sociétés humaines et territoires dans un climat qui change. Du réchauffement climatique global aux politiques climatiques

Les réseaux écologiques, une stratégie de conservation pour concilier fonctionnalités écologiques et aménagement du territoire

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Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/changement-global/articles-scientifiques/forets-dans-le-monde

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Une nouvelle étude, issue des travaux du réseau international ‘Global Forest Biodiversity Initiative’ (GFBI), auquel le CIRAD appartient, estime que la régénération naturelle des forêts pourrait capturer environ 226 gigatonnes (Gt) de carbone, à condition de réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiale. Ces résultats viennent d’être publiés dans Nature.

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Parcelle d’inventaire forestier sur le site de Paracou en Guyane française. © A. Dourdain, Cirad

L’étude, à laquelle ont participé des centaines de scientifiques dont quatre du Cirad, a mobilisé le plus vaste jeu de données d’inventaires forestiers du monde couplés à des informations satellitaires.

Elle montre que :

  •  Les forêts ont le potentiel de capturer 226 gigatonnes (Gt) de carbone dans les zones où elles existent naturellement.
  • Ce potentiel forestier ne peut être réalisé que dans le cadre d’une réduction des émissions.
  • 61 % du potentiel forestier peut être atteint en protégeant les forêts existantes et en leur permettant de se développer jusqu’à maturité.
  • 39 % peuvent être séquestrés en reconnectant les paysages fragmentés grâce à la restauration et à la gestion des écosystèmes.
  • Une diversité naturelle d’espèces est nécessaire pour maximiser le potentiel de séquestration de carbone des forêts.
    Pour atteindre ces résultats, des efforts de conservation et restauration de la biodiversité forestière sont nécessaires.

Atteindre le plein potentiel de captation carbone des forêts

« Le chiffre de 226 Gt représente ce que pourraient capturer les forêts du monde, si on les laissait se reconstituer, dans des zones souvent en marge des grands massifs forestiers tropicaux, qui ne sont plus utilisées pour l’agriculture et reste libre de toute urbanisation », explique Bruno Hérault, chercheur en écologie forestière au Cirad. « Environ 61 % de ce potentiel peut être atteint en protégeant les forêts existantes, de manière à ce qu’elles puissent se reconstituer jusqu’à maturité. Les 39 % restants peuvent être obtenus en reconnectant les paysages forestiers fragmentés grâce à une gestion durable des écosystèmes et à la restauration ».

L’ensemble des données collectées révèlent, de plus, que la biodiversité représente environ la moitié de la productivité des forêts mondiales. Pour atteindre le plein potentiel de carbone forestier, les efforts de restauration doivent donc inclure une diversité naturelle d’espèces. En outre, les pratiques d’agriculture, de sylviculture et de restauration durables qui favorisent la biodiversité présentent le plus grand potentiel de capture du carbone.

Clarifier ce que doit être « la restauration »

Les auteurs soulignent que la restauration responsable est une entreprise fondamentalement sociale. Elle comprend d’innombrables actions telles que la conservation, la régénération naturelle, la sylviculture, l’agroforesterie et tous les autres efforts déployés par les communautés pour favoriser la biodiversité dans les pratiques agricoles. Elle nécessite un développement équitable, mené par des politiques qui donnent la priorité aux droits des communautés locales et des populations autochtones.

« La restauration des paysages forestiers doit viser à restaurer les fonctions environnementales des paysages (sols, biodiversité, régimes hydriques, effets climatiques, etc.), mais doit prendre en compte également les conditions de vie des populations. Il est donc vital de considérer les fonctions majeures de production des écosystèmes forestiers qui génèrent de l’emploi et des ressources à ces populations », ajoute Plinio Sist, directeur de l’unité Forêts et sociétés.

« Nous devons redéfinir ce que la restauration signifie pour de nombreuses personnes », a déclaré Thomas Crowther, auteur principal de l’article et professeur à l’Institut européen de recherche sur les forêts. «  La restauration n’est pas une question de plantations massives d’arbres pour compenser les émissions de carbone. »

Cette étude rappelle l’importance des forêts naturelles et diversifiées, qui contribuent à 30 % du potentiel d’absorption du carbone. Toutefois, les forêts ne peuvent pas se substituer à la réduction des émissions de combustibles fossiles. Si les émissions continuent d’augmenter, préviennent les scientifiques, les sécheresses, les incendies et le réchauffement menaceront les forêts et limiteront leur capacité à absorber le carbone

Référence : Mo L, Zohner CM, Reich PB, et al. Integrated global assessment of the natural forest carbon potential. Nature.

Voir aussi :

Résultats & impact 5 décembre 2023 Cacao Forest : vers une cacaoculture durable en République dominicaine

Résultats & impact 25 octobre 2023 Première détection du virus de la Fièvre Hémorragique de Crimée-Congo dans le Sud de la France

Cirad, la recherche agronomique pour le développement ...

Partners - RVV 2021 - Recontres Virologie Végétale

Source : https://www.cirad.fr/espace-presse/communiques-de-presse/2023/la-biodiversite-des-forets-un-potentiel-de-captation-carbone

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Annexe - L’émergence des spécificités locales dans les arrière-pays méditerranéens - Les Impromptus du LPED #5. - Document PDF ‘lped.fr’Diffusé par ‘horizon.documentation.ird.fr’ - Éditeurs scientifiques : Mohamed Aderghal, Didier Genin, Ali Hanafi, Pierre-Antoine Landel et Geneviève Michon

Les spécificités locales se réfèrent à des « objets » qui peuvent être de nature assez différente (produits de terroir, modes de gestion, d’organisation et de fabrication particuliers, territoires entiers se distinguant par des paysages ou des aspects bioculturels propres).

Ces spécificités locales sont parfois le support d’initiatives de promotion et de mise en mouvement des arrière-pays méditerranéens, Ces derniers étant souvent perçus comme des territoires en retard de développement.

Dès lors, la spécification de ces particularités locales peut-elle réellement constituer l’ossature de politiques volontaristes de développement de ces zones dites marginales ? ou ne constitue-t-elle pas un pis-aller d’une dynamique d’urbanisation et de métropolisation toujours plus poussée ?

Ce numéro est le fruit de regards croisés interdisciplinaires et localisés dans quatre pays au nord et au sud de la Méditerranée autour des innovations locales dans les arrière-pays méditerranéens. Il aborde la diversité et la complexité de cette notion de spécificités locales et tente d’en évaluer son intérêt pour envisager des voies de développement dans des contextes socio-politiques et environnementaux souvent versatiles

Réalisation graphique : Laetitia Cordier - Julien Vergeot Illustration de couverture - Junta de Andalucia - Photo de couverture Didier Genin

Remerciements - Les travaux présentés dans cet ouvrage sont le fruit des réflexions qui ont nourri durant cinq années un axe de travail regroupant une vingtaine de chercheurs autour de « l’émergences des spécificités locales » au sein d’un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche intitulé « Innovations locales dans les arrière-pays méditerranéens (Med-Inn-Local) », soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-12-TMED- 0001-01), et qui a abouti à l’organisation d’un atelier international à Tunis en Janvier 2018.

Les auteurs remercient le Comité éditorial des Impromptus, ainsi que Christine Hoyon pour leurs relectures attentives des manuscrits

Sources : https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/2022-06/010083023.pdf

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Collecte de documents et agencement, traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 21/01/2024

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

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