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"Cécile Duflot (écologiste, ONG Oxfam) : écoute, respect, nuance, non-violence, compromis et désobéissance civile – Inégalités sociales : milliardaires gâtés, pouvoirs concentrés, oligopoles puissants - Radicalisme ou radicalité ?" par Jacques Hallard

samedi 20 janvier 2024, par Hallard Jacques


ISIAS Ecologie Sociologie Radicalisme Radicalité

Cécile Duflot (écologiste, ONG Oxfam) : écoute, respect, nuance, non-violence, compromis et désobéissance civile – Inégalités sociales : milliardaires gâtés, pouvoirs concentrés, oligopoles puissants - Radicalisme ou radicalité ?

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 19/
01/2024

Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur

&quot ;Désobéissance civile : nul n’a le droit de vous interdire ces libertés fondamentales&quot ;

In ’Désobéissance civile : nul n’a le droit de vous interdire ces libertés fondamentales’ - Publié le 4 Novembre 2020 - Source - Contact : leblogdesratons@gmail.com


Préambule

Un distinguo pour ouvrir ce dossier concocté à usage didactique <

Désobéissance civile : c’est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique…

« La nature de la désobéissance civile consistant à « forcer l’intervention du juge dans un procès au cours duquel une obligation légale tenue pour injuste, indigne, dangereuse ou illégitime est réévaluée en public » ; elle n’existe donc que si le refus fait l’objet d’une action en justice »

Désobéissance civile ou civique ? - Existe-t–il, oui ou non, une ou plusieurs différences sémantiques entre « désobéissance civile » et « désobéissance civique » ? Le débat a tendance à susciter de plus en plus d’échos. Il n’est pas qu’académique tant il est vrai qu’il est relatif à la logique même de la non-violence. Depuis la publication de l’ouvrage de José Bové et Gilles Luneau Pour la désobéissance civique (La Découverte, 2004), le débat sur la traduction de l’expression anglaise civil disobedience et sur la meilleure façon de dénommer la désobéissance non-violente aux lois injustes a été relancé. Ainsi, plusieurs articles récents parus dans Le Monde Diplomatique et dans Politis notamment, ont préféré utiliser l’expression « désobéissance civique » à celle de « désobéissance civile »

Mots clefs : Résistance civile non violente | Théorie de la non-violence – A lire sur ce site : https://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-832_fr.html

La désobéissance civile relève de la liberté d’expression et du répertoire d’actions légitimes des associations - Publié le 23.09.22 à 00:00 - Latifa Madani

Pour avoir organisé les 16 et 17 septembre 2022, un atelier sur la désobéissance civile lors de son 2ème Village des Alternatives, l’association pour le climat et la justice sociale, Alternatiba, serait sous le coup de la loi dite « Séparatisme ». Une tribune rappelle que la désobéissance civile relève de la liberté d’expression, du répertoire d’actions légitimes des associations et qu’elle s’inscrit dans le cadre de la démocratie et de la république… - En débat – Source : https://www.humanite.fr/en-debat/associations/la-desobeissance-civile-releve-de-la-liberte-dexpression-et-du-repertoire-dactions-legitimes-des-associations-764843

Alternatiba est un mouvement citoyen de mobilisation sur le dérèglement climatique. Alternatiba utilise plusieurs modes de mobilisation différents : « villages des alternatives », tour à vélo pour valoriser les initiatives locales, ou encore actions de désobéissance civile non violente. Wikipédia

Qu’est-ce que le radicalisme en politique ? - En Europe continentale et en Amérique latine, le radicalisme désigne une théorie libérale de gauche située entre le socialisme marxiste et le libéralisme conservateur, qui prône une laïcité ferme voire exclusive, et la recherche d’un équilibre entre libertés individuelles et solidarité nationale.

Qu’est-ce que la radicalité en philosophie ? – C’est une façon de penser ou d’agir qui « va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial ». Wikipédia

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Introduction

Ce dossier est né d’un entretien de RCF (Radio chrétienne francophone) avec l’écologiste Cécile Duflot qui s’exprime sur « le temps de la radicalité » ; elle travaille actuellement pour Oxfam France, une ONG qui vient de sortir un rapport sur les inégalités …

Radio chrétienne francophone, également connu sous le sigle RCF, est un réseau de radios chrétiennes de langue française créé en 1982 à l’initiative du futur cardinal Albert Decourtray, à l’époque archevêque de Lyon, et du prêtre Emmanuel Payen. Son siège national se situe à Lyon… - … Audience : Selon l’institut CSA, l’audience globale de la radio RCF a progressé de 11 % entre 2015 et 2017, après une refonte des programmes, soit un gain de 300 000 auditeurs pour atteindre trois millions d’auditeurs au total. Ces résultats sont le fruit d’un journalisme de proximité conjugué à des programmes généralistes dans tous les domaines, de la politique internationale à la culture ou aux débats de société. Les antennes locales de RCF, qui ont toutes un enracinement diocésain, ont été professionnalisées11. D’autre part, la radio a fait évoluer son site Internet, lequel a doublé son audience entre 2015 et 2017 et enregistre plus d’un million de pages vues par mois11. Martin Feron, directeur des programmes de l’antenne de RCF explique en 2017 : « On a fait progresser la qualité de l’offre en mêlant l’ambition d’une radio généraliste grand public avec celle d’une radio chrétienne ouverte au plus grand nombre... Toutes les radios chrétiennes européennes constatent une hausse d’audience. Il y a une attente du public d’entendre une voix différente, une lecture du monde posée et respectueuse »11. En 2017, 50 % des auditeurs sont sans religion ou non pratiquants11… - Wikipédia

Un second entretien a été ajouté : celui réalisé par ’Ouest-France’ avec Cécile Duflot à l’occasion du Forum de Davos  ; il est intitulé : « Les services publics sont le capital de ceux qui n’en ont pas »

Quelques articles sélectionnés dans ce dossier peuvent alimenter le sens des expressions comme radicalisme et radicalité, auxquelles des auteurs, sociologues, philosophes et militants se réfèrent souvent … notamment parmi eux Gaspard Koenig, philosophe, essayiste, romancier et homme politique français

Gaspard Koenig publie « Humus », aux éditions de l’Observatoire.

Gaspard Koenig publie « Humus », aux éditions de l’Observatoire. © Elodie Grégoire – Source : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/vous-m-en-direz-des-nouvelles/20231212-humus-de-gaspard-koenig-dans-le-sillon-des-vers-et-des-hommes

Puis sont ensuite proposés dans ce dossier des accès à la documentation d‘Alternatives économiques, dit aussi « Alter éco », « un magazine mensuel et un site internet quotidien traitant de questions économiques et sociales. Ses auteurs, outre les journalistes de la rédaction, sont des universitaires proches des théories économiques néo-keynésienne, ‘régulationniste’ ou postkeynésienne… - Wikipédia

Une annexe est ajoutée sur la personnalité de Cécile Duflot d’après Wikipédia

Ce dossier se termine avec une suggestion de lecture : le dernier livre du journaliste politique, éditorialiste et comédien Christophe Barbier intitulé « Peuple de colères » (Éditions Fayard 2024)…, d’une part, et par Note de l’ONG Oxfam France en date du 15 janvier 2024, d’autre part

Les documents choisis pour ce dossier sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après {{}}

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Sommaire

Lecture suggérée - Livre - Peuple de colères - Christophe Barbier - 17/01/2024 - Éditions Fayard - © 2024

Note de l’ONG Oxfam France en date du 15 janvier 2024

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  • Écologie : le temps de la radicalité, avec Cécile Duflot - RCF, le 5 janvier 2024 - Modifié le 13 janvier 2024 - - Enregistrement > écouter (57 min) - voir les épisodes- Transition écologique- Pas si simpleEmission présentée par Étienne Pépin
    Désobéissance civile, sabotage, ’éco-terrorisme’... Quand le combat écologique se radicalise, aussi bien dans les mots que dans les actes, est-ce pour mieux faire entendre un message ou en désespoir de cause ? Peut-on justifier la violence au nom de la défense de la planète ? On en parle avec Cécile Duflot, militante écologiste depuis près de trente ans.

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’Je suis une apôtre de la nuance, de la non-violence, mais aussi du compromis.’ Cécile Duflot (Photo : le 05/04/2022 ©Martin Bertrand / Hans Lucas)

En novembre dernier, le Conseil d’État a annulé le décret de dissolution des Soulèvements de la terre, du 21 juin 2023. Le collectif écologiste formé à Notre-Dame-des-Landes, connu pour ses actions radicales contre les méga-bassines de Sainte-Soline, incarne en France une forme de durcissement dans le combat écologique. Quand celui-ci se radicalise, aussi bien dans les mots que dans les actes, est-ce pour faire entendre un message ou en désespoir de cause ? La gravité de la crise justifie-t-elle la violence ? La radicalité écologique ne risque-t-elle pas de masquer la complexité de la crise ?

Depuis près de trente ans, Cécile Duflot est une ’écologiste active’. Femme profondément militante, elle a toujours placé l’engagement au cœur des choix qui l’ont mené jadis à l’action politique et aujourd’hui dans l’humanitaire. Elle est aujourd’hui la directrice générale d’Oxfam France, ONG spécialisée dans le développement et la lutte contre la pauvreté très impliquée sur la question climatique. Dans ’PAS SI SIMPLE’, elle livre son regard sur la radicalité dans le combat écologiste.

Pas si simple, le podcast qui promet de l’écoute, du respect et de la nuance

Dans un monde médiatique qui privilégie la culture du clash et du zapping, pas si simple aujourd’hui de faire entendre avec clarté la complexité et la nuance ! RCF, avec Le Jour du Seigneur et Les Semaines sociales de France, vous propose PAS SI SIMPLE, un podcast pour prendre de la distance avec les certitudes tout en respectant les convictions.

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Radicalité écologique : comment en est-on arrivés là ?

’Radicalité’ est un mot que Cécile Duflot ne rejette pas pour elle-même : ’Je suis une écologiste radicale, dit-elle, parce que je pense qu’il faut s’attaquer au problème à la racine qui est celui d’un modèle de développement, d’un modèle de production qui n’est pas compatible avec l’habitabilité de la planète terre pour l’espèce humaine…’

En plus de ’l’aggravation de la crise climatique et de la biodiversité’, la militante observe un ’sentiment de désespoir chez certains militants’, quand d’autres critiquent l’action d’autres écologistes jugée inefficace. Tout ceci mis dans un contexte de ’radicalisation de la réponse sécuritaire de manière globale’, explique selon Cécile Duflot le durcissement du combat écologiste aujourd’hui.

Ce qui est sûr, c’est que la violence militante souvent dans l’histoire, elle s’est retournée à l’intérieur des propres mouvements

Justifier la violence au nom de l’écologie ?

Des militants écologistes qualifiés d’écoterroristes et ’fichés S’... Le 31 octobre 2022, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, dénonçait le ’potentiel violent énorme’ de certains militants. ’Un certain nombre, disait-il, sont fichés S au même titre que des terroristes islamistes…’ Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, évoquait lui aussi, en novembre 2022, ’des gens qui veulent par la violence, par la terreur et donc par le terrorisme, empêcher l’état de droit de fonctionner’. Souvent employé par les politiques, le terme ’écoterrorisme’ est chez bien des militants, dont Cécile Duflot, jugé excessif. ’Il n’y a aucun écologiste qui revendique aujourd’hui d’assassiner des gens !’

La question est toutefois posée de l’usage de la violence en démocratie pour faire avancer une cause. L’histoire a montré que pour faire avancer une cause, rien de tel que des mouvements de ’désobéissance civile’ mais ’massifs et non violents’, souligne Cécile Duflot. ’Je pense que quand on est dans cette logique d’attaque d’un ordre établi avec la revendication d’actions brutalement violentes, on a du mal à engager une grande dynamique, analyse la directrice d’Oxfam France. Ce qui est sûr, c’est que la violence militante souvent dans l’histoire, elle s’est retournée à l’intérieur des propres mouvements.’ Pourquoi donc utiliser la violence au nom de l’écologie s’il y a un risque que cela desserve la cause ?

Pourquoi la radicalité séduit

La radicalité est ’un mot à la mode’ aujourd’hui, selon la sociologue Mariette Darrigrand. ’C’est un mot positif.’ Pourtant synonyme de dialogue impossible, la radicalité répond, dans notre époque ’très complexe et très instable’, à notre besoin de ’repères’. ’Être radical c’est un degré de plus dans la manière de considérer notre monde et d’essayer de le penser.’

Ainsi, tout porte à croire que pour toucher l’opinion publique il faudrait ne pas faire dans la nuance, et proposer des messages simples, voire simplistes. Comment la cause écologiste, par ailleurs complexe et multiple, peut-elle échapper à cela ? ’Je suis une apôtre de la nuance, de la non-violence, confie Cécile Duflot, mais aussi du compromis. Parce que la vie en société mais même dans une toute petite société comme une famille, c’est du compromis.’

Écologie : pour une complémentarité des moyens d’action

Il n’y a pas qu’une réponse à la crise écologique. Dans notre société où une multiplicité de voix se fait entendre, il y a, pour Cécile Duflot, ’certaines actions plus visibles, un peu choquantes’ qui permettent de ’percer une couche de déni, qui, face à la question climatique est très épaisse’… De même, on peut considérer que ’c’est toujours intéressant d’être interrogé par des pensées plus radicales’, estime Cécile Duflot.

Ce qui porte des fruits dans le combat écologique, pour Cécile Duflot, c’est précisément la diversité des moyens d’action. La militante rappelle que ce qui a permis d’obtenir gain de cause à Notre-Dame-des-Landes, l’action à la fois des zadistes, mais aussi des élus locaux, des agriculteurs… ’Qu’est-ce qui est bien ou qu’est-ce qui n’est pas bien ? C’est difficile de le dire. Ce qui est intéressant c’est quand tout ça se lie, se laisse interroger et que personne ne pense qu’il détient un morceau de la vraie croix du combat écologiste contre les autres.’

Article rédigé en partenariat avec :

Semaines Sociales de France

Penser ensemble pour agir et travailler au bien commun ! Les Semaines sociales de France sont un espace de rencontre, de formation et de débat autour de la pensée sociale chrétienne depuis 1904.

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RCF, radio chrétienne

https://www.rcf.fr/

Fichier:RCF Radio logo 2015.png — Wikipédia

Source : https://www.rcf.fr/articles/ecologie-et-solidarite/ecologie-le-temps-de-la-radicalite-avec-cecile-duflot

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1Bis.
Entretien d’’Ouest-France’ avec Cécile Duflot : « Les services publics sont le capital de ceux qui n’en ont pas » - Ouest-France Propos recueillis par Patrice MOYON. Publié le 15/01/2024 à 08h30

Pour Cécile Duflot, ancienne ministre écologiste et aujourd’hui directrice d’Oxfam France, la réduction des inégalités passe par la relance des services publics et une taxation des plus grandes fortunes pour financer la transition climatique. À la veille de l’ouverture du forum économique mondial de Davos, elle se confie à Ouest-France.

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Cécile Duflot est directrice d’Oxfam France

Cécile Duflot est directrice d’Oxfam France | OXFAM

Cécile Duflot a quitté l’arène politique mais pas renoncé à s’engager. Aujourd’hui à la tête d’Oxfam France, elle fait de la réduction des inégalités une priorité. Alors que le Forum économique mondial de Davos s’ouvre ce lundi 15 janvier en Suisse en présence des dirigeants économiques et politiques de la planète, et qu’Oxfam publie son rapport sur les inégalités, elle développe ses idées pour les réduire et dénonce la prise de contrôle par les milliardaires des médias.

Lire aussi :Le forum économique mondial de Davos est-il vraiment utile ?

Qu’est-ce que vous attendez de Davos ?

Il y a eu quelques avancées lors des sommets précédents. La pandémie a fait bouger les choses. Les grandes entreprises ont apprécié que l’État les soutienne pendant la crise du Covid. Elles ont la mémoire courte. Elles aiment la redistribution quand elle va dans le sens de leurs intérêts. Mais cette prise de conscience de l’utilité de la solidarité n’a pas été suivie d’effets quand il a fallu en retour faire preuve de solidarité.

Restaurer la confiance, c’est le thème du Forum de Davos. Pour vous, cela devrait passer par quoi ?

Pour lutter contre les inégalités, il faut relancer les services publics. Avoir un accès libre et gratuit à la santé et l’éducation, c’est l’une des meilleures manières de lutter contre les inégalités. Les services publics sont le capital de ceux qui n’en ont pas.

La création d’un impôt minimum porté par l’OCDE, c’est une avancée ?

L’impôt minimum, c’était une utopie du mouvement alter mondialiste et des ONG comme Oxfam pendant très longtemps. On nous objectait que c’était impossible de parvenir à un tel accord à l’échelle internationale. Donc oui, c’est une avancée, car il interdit de fait les pays où la taxation s’élève à zéro. Est-ce que le taux est trop faible ? Oui. Et il laisse par ailleurs des trappes d’évitement. C’est en tout cas la démonstration de l’importance du rôle de la politique. Quand on plaide aujourd’hui pour un impôt sur les plus grandes fortunes, nous sommes dans la même logique. On peut tout à fait imaginer qu’au-delà d’un certain seuil il y ait une imposition minimale au niveau mondial.

Lire aussi : À peine mis en place, l’impôt mondial des entreprises déjà controversé

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyNDAxYjliZDU4NGE3MGVlM2IxOTNkMDI0YjU1MmQ5NGZhNmY?width=940&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=f1a8fe9ef95e39cbb6f4fcf60873ab323ae8c95a01e07db28cb13c5b896d143b

Cécile Duflot directrice générale d’Oxfam France. | STEPHANE GEUFROI / OUEST-FRANCE

Vous insistez sur le rôle de la fiscalité, mais la France est déjà un pays qui bat des records pour les prélèvements obligatoires.

Oui, mais il y a une trappe d’échappement à l’impôt qui concerne les très riches et les plus gros patrimoines. On la retrouve au moment des successions. Et pourtant c’est sur ces revenus que le potentiel fiscal est le plus important. On globalise un peu tout. On dit par exemple que les Français ne veulent pas qu’on touche à l’héritage. On leur fait croire qu’ils ne pourront plus hériter la maison de leur grand-mère alors que le sujet, ce n’est pas ça. Nous sommes très clairement favorables à une réforme de la taxation des héritages au-delà de 13 millions d’euros.

La fiscalité n’est pas la même pour tout le monde en France. En proportion de leurs revenus, les 10 % les plus pauvres payent beaucoup plus de taxes carbone que les 10 % les plus riches.

Lire aussi : Baisser les impôts des classes moyennes : oui mais comment ? Cinq questions que vous vous posez

L’inflation vous a-t-elle conduit à réduire vos dons aux associations ? - Le pacte Dutreil permet la préservation de la transmission des entreprises familiales. Vous demandez sa suppression ?

Nous demandons une remise à plat car ce pacte Dutreil a été utilisé de manière outrancière. L’idée initiale était de préserver les entreprises de taille moyenne. Le texte a été détourné de son objectif initial. Il faut bien voir qu’il y a une forme de sécession des élites au niveau mondial mais aussi en France pour échapper à l’impôt.

Et ce phénomène est aujourd’hui en plus couplé avec une appropriation des médias pour rendre acceptables des situations qui ne le sont pas. C’est une façon de faire pression sur les politiques.

C’est un vrai danger pour la démocratie ?

La presse permet d’imposer un agenda politique. Après tout, pourquoi pas, il y a toujours des lignes éditoriales dans les journaux. Dans le cas présent, je pense que nous sommes face à une tentative de diversion qui consiste à essayer de fracturer la société, en particulier autour des questions identitaires comme Donald Trump l’a fait aux États-Unis pour éviter que la question des inégalités fasse partie des débats.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire ?

Je pense qu’il faut faire confiance aux journalistes pour valider ou pas la nomination de leur directeur de rédaction en respectant bien sûr la ligne éditoriale du média concerné. Le Figaro n’est pas Ouest-France (N.D.L.R. Ouest-France est un média indépendant, qui dépend dune association à but non lucratif, lAssociation pour le Soutien des Principes de la Démocratie Humaniste lancée par François Régis Hutin en 1990). Ils s’inscrivent dans un projet qui n’est pas le même. On a aussi besoin de diversité.

Un modèle comme celui du Monde où l’actionnaire ne peut pas intervenir vous semble intéressant ?

C’est très ambigu parce qu’on devrait avoir des actionnaires dont le métier est consacré aux médias. Il y a toujours un risque quand vous avez plusieurs agendas. On a vu ce qui s’est passé auxÉchos, du groupe LVMH, quand le directeur de la rédaction a été débarqué. On peuta minimamettre en place des garde-fous pour éviter par exemple ce qui s’est passé auJDD (avec la prise de contrôle du quotidien par le groupe Vivendi de Vincent Bolloré, N.D.L.R).

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyNDAxOWEyMjQ1MWYxYjQ3NWY0ZWY2MzlkY2M3MzIxODZhMjk?width=940&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=e294687410e80f567f084f8bbca254246a536a3ce239dc7c8570d0d76af484a0

Cécile Duflot directrice générale d’Oxfam France. | STEPHANE GEUFROI / OUEST-FRANCE

Diriger Oxfam aujourd’hui, c’est une autre façon de faire de la politique ?

Oxfam est une organisation qui ne m’a pas attendue pour s’engager. Elle est aujourd’hui suivie par 50 000 personnes par an (dans le monde  : Oxfam est une confédération dorganisations, N.D.L.R.) qui nous financent pour intervenir dans le débat public. Mais Oxfam n’est pas une organisation partisane. Nous ne sommes pas en lien avec un parti politique. L’agenda est différent. Parmi les valeurs qui nous sont chères, celle du pouvoir citoyen est certainement la plus importante. Il s’agit de décrypter la réalité pour les aider ensuite à s’engager comme citoyens.

Lire aussi : « Une hausse de 14 millions de dollars par heure » : ce que dit le rapport Oxfam sur les inégalités

L’une des grandes questions posées reste celle du financement de la transition climatique. Que faudrait-il faire ?

Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz ont proposé une taxe exceptionnelle sur les plus riches. Ce rapport a été fait sous l’égide du Premier ministre. C’est aussi ce que nous proposons. On ne doit pas être très loin de la réalité en termes de méthodologie.

Vous trouvez ce rapport encourageant ?

Le rapport oui, mais sa réception un peu moins. Il a été mis dans un tiroir et on n’en parle plus. C’est dommage car il est très complémentaire de nos propositions et inscrit ses propositions dans le cadre d’une politique publique opérationnelle en disant ce qu’il faut faire et comment y parvenir.

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Source : https://www.ouest-france.fr/economie/impots-fiscalite/entretien-cecile-duflot-les-services-publics-sont-le-capital-de-ceux-qui-nen-ont-pas-e9d34902-aff7-11ee-aa61-307337b06e99

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À l’occasion du Forum de Davos, l’ONG Oxfam dénonce le creusement des inégalités et la mainmise des milliardaires sur les médias. Appelant à une taxation des plus riches et à un développement des services publics pour réduire ces écarts de richesse.

Selon le rapport de l’ONG Oxfam, la fortune des cinq hommes les plus riches du monde est passée de 405 milliards de dollars à 869 milliards de dollars en 2023, ce qui représente une augmentation de 14 millions de dollars par heure

Selon le rapport de l’ONG Oxfam, la fortune des cinq hommes les plus riches du monde est passée de 405 milliards de dollars à 869 milliards de dollars en 2023, ce qui représente une augmentation de 14 millions de dollars par heure | REUTERS

C’est le chardon dans le pantalon des milliardaires. Chaque année à l’occasion du Forum de Davos, l’ONG Oxfam publie son rapport consacré à la répartition des richesses sur la planète. L’édition 2023 titrait La loi des plus riches. Celle publiée ce matin s’inscrit dans cette veine Grande fortunes et petits arrangements… Contre l’État les milliardaires sont rois.

Ce rapport préfacé par le sénateur démocrate américain Bernie Sanders appelle à faire de « l’accès aux soins un droit humain garanti pour tous » et de la lutte contre le changement climatique une priorité.

Les milliardaires se portent bien

Ce n’est pas un scoop, les milliardaires se portent bien. Très bien même. « La fortune des cinq hommes les plus riches du monde est passée de 405 milliards de dollars (369 milliards d’euros) à 869 milliards de dollars (792,7 milliards d’euros), ce qui représente une augmentation de 14 millions de dollars par heure (12,7 millions d’euros). Dans le même temps, la richesse cumulée de cinq milliards de personnes a baissé. Les 1 % les plus riches possèdent 48 % de tous les actifs financiers du monde. » Une augmentation vertigineuse qui sape les bases de la démocratie dénoncent les auteurs. Soulignant que ce phénomène touche aussi la France où « 1 % des plus riches détiennent 36 % du patrimoine financier ».

En France, toujours selon ce rapport, « les quatre milliardaires français les plus riches et leurs familles (Arnault, Bettencourt Meyers, Gérard et Alain Wertheimer) ont vu leur fortune augmenter de 87 %. Dans le même temps, la richesse cumulée des Français a baissé ».

De puissants oligopoles

Partout aussi observe observent les auteurs, on assiste à la constitution de puissants oligopoles. C’est bien sûr le cas dans le numérique. 90 % des recherches en ligne dans le monde s’effectuent ainsi via Google. Une même concentration est observée dans le secteur de la santé. « Entre 1995 et 2015, 60 sociétés pharmaceutiques ont fusionné pour ne former plus que 10 géants mondiaux, les « Big Pharma ». Mais aussi en agriculture. « Deux entreprises internationales détiennent aujourd’hui plus de 40 % du marché mondial des semences. » Elles étaient dix il y a un peu plus vingt-cinq ans.

Oxfam est une confédération mondiale regroupant une vingtaine d’organisations de développement. En France, cette ONG revendique plus de 23 000 donateurs et près de 700 bénévoles.

Concentration des pouvoirs

Comme les éditions précédentes, le rapport 2024 Oxfam s’inquiète de la montée des inégalités. Les auteurs pointent aussi la concentration des richesses dans les pays du Nord. « 21 % de l’humanité vit dans les pays du Nord, mais ces pays abritent 69 % de la richesse privée. » Parallèlement, « le taux légal de l’impôt sur les sociétés a été réduit de plus de moitié dans les pays de l’OCDE ».

Pour Oxfam, les solutions passent par une imposition plus forte des très riches et une relance des services publics. « Le Covid a fait reculer en une génération les améliorations constatées auparavant. Ce qui est le plus précieux pour lutter contre les inégalités, c’est la redistribution ainsi que les services publics. Ils sont le capital de ceux qui n’en ont pas », explique Cécile Duflot la directrice d’Oxfam France. Pour l’ancienne ministre écologiste du Logement sous François Hollande, ne pas avoir à payer pour la santé ou l’éducation fait toute la différence. « En fragilisant les services publics, on ampute la solidarité. »

Critiqué sur la méthode

Très attendu chaque année et profitant d’une importante reprise médiatique, le rapport annuel d’Oxfam fait aussi l’objet de critiques. Mais pas forcément pour les mêmes raisons. Il y a d’abord un problème de méthodologie explique à Ouest-France Alain Trannoy économiste, directeur de recherches à l’EHESS (École des hautes études en science sociales) et plutôt classé à gauche. « Ce rapport est une compilation de données qui ne sont pas toujours agrégées de façon adroite et prudente », observe-t-il. Le logement, plus que le sujet des ultra-riches, lui apparaît par ailleurs comme le principal sujet d’inquiétude des Français. Plus que la création d’un nouvel ISF, il appelle à la création de droits à polluer qui pourraient par exemple s’appliquer au transport aérien. Et frapper au portefeuille les plus riches « de façon plus efficace ». Car ces derniers prennent aussi plus souvent l’avion.

Pensez-vous que la monnaie unique a donné un sens à l’Europe ?

« Appauvrir les riches n’enrichit pas les autres »

Pour d’autres raisons, Nicolas Marques directeur de l’Institut Molinari classé parmi les libéraux exprime des réserves sur les recommandations. « La vraie question sociale devrait être : comment faire pour que la situation des moins riches s’améliore ? L’expérience montre qu’appauvrir les riches (en les taxant plus) n’enrichit pas durablement les moins riches. Au contraire, cela freine la création de richesses, ce qui dégrade – tôt ou tard — la situation des plus modestes ».

En Suisse, dans la très chic station des Grisons dans les Alpes suisses où Emmanuel Macron se rendra à l’occasion du Forum de Davos, la perception des urgences n’est pas tout à fait la même. L’accent est plutôt mis cette année sur la restauration de la confiance. Après avoir sondé 1 400 dirigeants politiques, les risques liés à la désinformation arrivent en tête – l’émergence de l’intelligence artificielle y est sans doute pour beaucoup.

On trouve ensuite les événements climatiques extrêmes, la polarisation des sociétés, les cyberattaques suivies par les guerres entre États. À dix ans, les dérèglements liés au climat et à l’environnement apparaissent comme des enjeux majeurs. De montée des pauvretés et des inégalités, il n’en est pas question.

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ENTRETIEN. Cécile Duflot : « Les services publics sont le capital de ceux qui n’en ont pas »

« Une hausse de 14 millions de dollars par heure » : ce que dit le rapport Oxfam sur les inégalités

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Radicalisme ou radicalité ? Pierre Mendès France contre Jean-Luc Mélenchon

Dans Les Echos, Gaspard Koenig voit dans le radicalisme de Pierre Mendès France un cheminement politique à embrasser contre la radicalité de Jean-Luc Mélenchon. 

Faut-il voir la NUPES comme le mariage de la carpe et du lapin ? Voilà désormais quelques jours que tout le gratin médiatico-politique y va de son petit commentaire pour définir ce que certains jugent être une alliance contre-nature, d’autre un cartel électoral et d’autre encore une union politique.

Le Parti Socialiste, traditionnel pôle magnétique de l’union, se serait soumis à la manière d’un récit houellebecquien aux chimères périlleuses de La France Insoumise. C’est bel et bien ce son de cloche quotidien qu’il faut atténuer selon Gaspard. En effet, les précédents accords de ce type réalisés sous l’égide du Parti socialiste, qu’il s’agisse du programme commun de 1972 ou de la gauche plurielle jospinienne de 1997, n’étaient pas exempts de propositions ô combien plus radicales – la rupture avec le capitalisme professée jadis par Mitterrand – ou du même acabit – la réforme des 35h impulsée par Martine Aubry avec Lionel Jospin.

Néanmoins, l’OPA mélenchonienne sur la gauche française n’est pas de manière à réjouir Gaspard qui rappelle à juste titre « le jacobinisme de raison et le robespierrisme de coeur » du prétendant auto-déclaré à Matignon. Cependant, contre vents et marées, un parti politique français situé sur la rive gauche de notre échiquier politique refuse cette clause léonine : le Parti radical de gauche. Premier parti politique de l’histoire de France, le Parti radical s’est érodé électoralement à mesure que les assemblées parlementaires françaises ont cédé le pas à la prédominance du pouvoir exécutif. Alors que l’histoire du Parti radical sous la Ve République oscille entre les unions et scissions de ses différentes sensibilités (l’aile valoisienne de centre-droit et l’aile de centre-gauche), il existe présentement trois entités issue du Parti radical dans notre champ politique : le Mouvement radical, le Parti radical de gauche et le Parti radical.

« Ceux qui, à gauche, croient encore en la liberté individuelle et cherchent à forger une alternative au mélenchonisme, seraient donc bien inspirés de s’intéresser au radicalisme. » Gaspard Koenig.

N’enterrons pas les morts trop vite. Le Parti Radical a fourni à la pensée de gauche quelques figures qui méritent notre attention. Pour Gaspard, l’éphémère président du conseil de la IVe et héraut du parti susmentionné, Pierre Mendès-France, en est une. Gaspard loue en premier lieu sa philosophie politique, « responsable, progressiste, soucieuse des équilibres budgétaires et tournée vers la science ». Il n’est guère étonnant de voir Gaspard s’intéresser à PMF en raison des points d’accords intellectuels qu’il entretien avec lui. Leurs visions sur les institutions concordent.

Comme le fait Gaspard aujourd’hui en dénonçant l’hyperprésidentialisation de notre régime, PMF avait lutté en son temps contre l’instauration de la Ve République voulue par le Général de Gaulle décriant dans « La République Moderne » – ouvrage paru en 1962, année d’introduction du suffrage universel pour l’élection présidentielle – que choisir un homme sur la seule base de ses supposées compétences ou de son charisme était une abdication pour le peuple à se gouverner par lui-même.

« Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent. » Pierre Mendès France. 

Enfin, comme Gaspard, PMF dénonçait dans un accent « tocquevellien » les affres de la bureaucratie et de la technocratie en percevant dans ces deux phénomènes un « risque d’écrasement du citoyen ». Pour remédier au centralisme gaulliste, PMF dégageait une nouvelle perspective de « démocratie généralisée » consistant en l’instauration dans toutes les sphères de la société (assemblée locales dans les collectivités, démocratisation de la participation dans les entreprises) d’une participation concertée entre tous les acteurs d’un système.

À la lumière du dernier ouvrage de Frédéric Potier « Pierre Mendès France, la foi démocratique », Gaspard perçoit dans l’oeuvre de PMF un projet politique dit de gauche aux aspirations européennes et décentralisatrices à opposer au centralisme planificateur de Jean-Luc Mélenchon.

Pour la chronique de Gaspard dans Les Echos, cliquer ICI.

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Source : https://www.generationlibre.eu/medias/radicalisme-ou-radicalite-pierre-mendes-france-contre-jean-luc-melenchon/

GenerationLibre, parfois orthographié Génération Libre, est un laboratoire d’idées français fondé en 2013 par le philosophe et écrivain Gaspard Koenig. Indépendant de toute formation politique, le laboratoire d’idées affirme « défendre les libertés, toutes les libertés » et « réinventer le libéralisme au XXIe siècle ». Association loi de 1901, il participe au débat public avec la publication de notes et de rapports sur des thèmes variés… - Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/GenerationLibre

Gaspard Koenig, né le 3 décembre 1982 à Neuilly-sur-Seine, est un philosophe, essayiste, romancier et homme politique français. Il est l’auteur d’une quinzaine d’essais et romans, et le président du groupe de réflexion GenerationLibre qu’il a lancé en 2013. Il prône le libéralisme classique… Wikipédia

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Le radicalisme est un positionnement politique dont le sens a évolué au cours du temps. Ce sont les radicaux britanniques qui servent de modèle aux radicaux français à partir des années 1830, puis aux Suisses et à des hommes politiques d’autres pays.

En France

Le radicalisme est une tendance républicaine qui apparaît dans les années 1840, au début de la révolution industrielle (notamment lors de la campagne électorale d’Alexandre Ledru-Rollin en 1841), et se développe au début de la Troisième République en opposition au gouvernement des Républicains opportunistes (Léon Gambetta, Jules Ferry, etc.)1. Ce mouvement se cristallisa lors de la naissance du Parti républicain, radical et radical-socialiste. Les Radicaux étaient alors en France le groupe politique d’extrême gauche, par rapport aux « opportunistes » de centre gauche (Gambetta), aux orléanistes de centre droit (conservateur-libéral et monarchiste), aux légitimistes d’extrême droite (monarchiste anti-libéral) et aux partisans d’une dictature militaire républicaine, les bonapartistes.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le terme désigne la « doctrine de ceux qui revendiquent l’héritage de 1789, marquée en particulier par l’anticléricalisme et la défense du suffrage universel ».

Au début situé à l’extrême gauche de l’échiquier politique, le radicalisme évolue pour être ensuite situé au centre, en raison de l’émergence du socialisme sur sa gauche, historiquement marxiste et révolutionnaire, puis au centre droit.

Le courant est devenu, en France, une tendance ambivalente du centrisme, adossée aux partis dits « de gouvernement » de la droite et de la gauche modérées. Dans les années trente, il est régulièrement décrit comme un mouvement de notables attachés aux fondements de la république2.

De nos jours, selon le dictionnaire de la langue française, il correspond à une « doctrine réformiste fondée sur l’attachement à la démocratie, à la propriété privée, à la laïcité de l’enseignement ». Par ailleurs, au sens large, ce terme renverrait à ceux — individus ou groupements politiques — qui refusent tout compromis à leurs convictions3.

Au départ, c’est donc un groupement non structuré de personnalités partageant des idées proches. C’est en 1901 qu’est fondé le Parti radical. 1972 correspond à un moment de scission, avec la création du Parti radical de gauche (le parti radical « de droite » étant surnommé le « Parti radical valoisien »). Sur le fond, peu de choses séparent les deux courants, si ce n’est quelques nuances au niveau du degré d’intervention étatique (ceux de droite étant un peu plus libéraux et ceux de gauche étant un peu plus socialistes). On peut résumer en disant que les radicaux français sont des sociaux-libéraux prônant une conception très laïque de la République, avec un pouvoir législatif et exécutif fort.

Au Royaume-Uni

Le radicalisme au Royaume-Uni est une idéologie politique née à la fin du XVIIIe siècle et qui perdura tout au long du XIXe siècle. Elle peut être classée à l’extrême-gauche de l’échiquier politique britannique de l’époque[réf. nécessaire]. Elle fut le modèle pour le radicalisme français qui lui emprunta sa dénomination dans les années 1830 quand le terme « républicain » était interdit en France.

Les radicaux britanniques apparurent dans les années 1760, soit au moment du décollage de la révolution industrielle. Leurs principales revendications étaient le suffrage universel masculin, l’égalité religieuse (principalement l’émancipation des catholiques), la suppression de l’esclavage dans les colonies et le libre échange.

Ils connurent une éclipse durant la révolution française où ils furent considérés comme jacobins et pourchassés. À la fin des guerres napoléoniennes, les corn laws entraînèrent une forte hausse du prix des céréales et donc une crise sociale. Les radicaux organisèrent alors l’agitation politique en multipliant meetings et manifestations dont une entraîna le massacre de Peterloo. Les lois d’exception qui suivirent (Six Acts) pourchassèrent à nouveau les radicaux.

Cependant, le gouvernement britannique accorda diverses réformes dans les années 1820 : abaissement des droits de douane, autorisation de faire grève (1828), émancipation des catholiques et en 1832, une première réforme électorale sur fond d’agitation radicale qui continuait à réclamer le suffrage masculin lors de manifestations. À Bristol, la répression fit dix morts et une centaine de blessés. Pour les radicaux, comme Francis Place, cette réforme ne faisait que supprimer les pires excès du système précédent. Ils furent donc à l’origine du chartisme.

Le chartisme se scinda au début des années 1840 entre une branche modérée qui voulait poursuivre le mouvement sur la base des pétitions et du lobbying au parlement et une branche plus radicale qui poussait à l’action révolutionnaire, en lien avec la question irlandaise. Une partie des radicaux militèrent aussi pour l’abolition des corn laws.

Dans les années 1850-1860, une partie des radicaux se rapprocha du parti whig pour former le parti libéral en 1859. Ceux qui restèrent à l’extrême-gauche du parti libéral apportèrent un soutien appuyé à Gladstone principalement pour protester contre la politique coloniale de Benjamin Disraeli. Ils furent cependant déçus par la politique de Gladstone au gouvernement au début des années 1880. Le renouveau de l’agitation, lié aux problèmes sociaux des ouvriers et à la question irlandaise, résulta dans le Bloody Sunday de 1887. Les plus radicaux s’engagèrent dans les mouvements socialistes qui naissaient à ce moment-là, comme la Social Democratic Federation de Henry Hyndman.

En Suisse

Le Parti radical est le parti dominant de la fondation de la Suisse moderne, l’État fédéral de 1848, au milieu du XIXe siècle.

Dans les autres pays

Dans les pays anglo-saxons, c’est une doctrine prônant de vastes réformes de l’organisation sociale du pays….

Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Radicalisme

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  • Article Wikipédia sur Radicalité - Ne doit pas être confondu avec Radicalisme.
    La radicalité est, en philosophie, une façon de penser ou d’agir qui « va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial »1.

Perceptions

Le terme est connoté négativement et renvoi généralement à celui d’extrémisme2. Mais selon Valérie Bonnet, Béatrice Fracchiolla et Lilian Mathieu, chercheurs en sciences sociales le terme peut être revendiqué de manière valorisante (au travers de valeurs « d’intransigeance, voire de rudesse politique », comme de manière négative, pour disqualifier une personne2.

Radicalité et racine

Étymologiquement, le mot ’ radicalité ’ est issu de radicalis en bas latin, qui désigne « ce qui tient à la racine, au principe d’un être ou d’une chose, donc ce qui est profond ». Plusieurs auteurs, dont Karl Marx, considèrent donc que se réclamer de la radicalité revient à « saisir les choses à la racine », et donc à aborder un sujet (problème, question, condition) en analysant ses fondements2.

Radicalité et extrémisme

Une autre interprétation du terme ’ radicalité ’ en fait une pensée intransigeante, « qui va jusqu’au bout de ses conséquences, parfois même une forme de rigorisme ou d’intégrisme »2.

Références

 « De la « racine » au « Parti radical » : d’où vient la « radicalité » ? [archive] », sur Le Figaro, 29 septembre 2021 (consulté le 21 novembre 2023)

  •  Nicolas Truong, « La radicalité, de l’analyse des racines à l’intransigeance de la pensée », Le Monde,‎ 9 février 2022 (lire en ligne [archive]

    Accès payant, consulté le 19 novembre 2023).
    Bibliographie

  • ’Radicalités et modérations, postures, modèles, théories Naissance du cadre politique contemporain’, Pierre Serna, 2009 lire en ligne [archive]
  • ’De la racine à l’extrémisme’, Valérie Bonnet, Béatrice Fracchiolla, Lilian Mathieu, 2020 lire en ligne [archive]
    Cet article est une ébauche concernant la philosophie. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Radicalit%C3%A9

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La notion de « radicalité politique » est plurielle et sujette à multiples interprétations. Dans le débat public, on applique en général le qualificatif de radical à des mouvements ou des idées pour en souligner la distance à la norme admise, dans l’intention éventuelle de les rejeter à la périphérie du système politique.

C’est ainsi que nous voyons apparaître les termes radicalisation, radical, radicalisme, ultra, extrême parfois utilisés de façon indifférenciée dans les médias ou chez les hommes politiques.

Or, les règles juridiques régissant les organisations partisanes peuvent servir de point d’appui pour dresser une définition opératoire et objectivée de la notion de radicalité politique. Nous proposons ainsi, pour mieux comprendre ce dont on parle quand on utilise cette expression, de nous appuyer sur le droit français envisagé comme fil conducteur, étant entendu que celui-ci peut être extrapolé à d’autres contextes politico-juridiques et donc d’autres aires culturelles – en conservant à l’esprit que le sens même des mots extrémismes et radicalités sont très variables selon les contextes.

Le cadre français

Dans le droit français, les partis politiques sont des associations sans but lucratif relevant de la loi du 1er juillet 1901, et dont le rôle constitutionnel est reconnu sous la Ve République par l’article 4 de la Constitution.

Plusieurs limites sont ainsi posées à l’existence même d’un parti. La loi de 1901 prévoit en effet que les associations ne peuvent avoir « pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du Gouvernement ». Le pouvoir judiciaire est habilité à dissoudre une association ne respectant pas ces critères. La Constitution précise que « les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ».

Pour autant, les partis sont, comme les associations de droit et de fait sans activité électorale, toujours soumis à la loi du 10 janvier 1936 (aujourd’hui à l’article L.212-1 du Code de sécurité intérieure).

Le texte législatif du 10 janvier 1936 spécifie que : « Seront dissous, par décret rendu par le Président de la République en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait : (1) Qui provoqueraient à des manifestations armées dans la rue ; (2) Ou qui, en dehors des sociétés de préparation au service militaire agréées par le Gouvernement, des sociétés d’éducation physique et de sport, présenteraient, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ; (3) Ou qui auraient pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’attenter par la force à la forme républicaine du Gouvernement ».

Connue pour avoir été prise à l’encontre des ligues d’extrême droite, cette loi ne visait donc pas la régulation du jeu électoral mais de l’ensemble du champ politique militant.

L’ordonnance du 30 décembre 1944 porta modification de la loi du 10 janvier 1936 en permettant de frapper les groupes faisant entrave au processus de rétablissement de la démocratie après-guerre, puis la loi complémentaire du 5 janvier 1951 alla plus loin en ajoutant parmi les groupements susceptibles d’être visés ceux « qui auraient pour but, soit de rassembler des individus ayant fait l’objet de condamnation du chef de collaboration avec l’ennemi, soit d’exalter cette collaboration ».

Des lois créées au sortir de la Seconde Guerre mondiale

Ces lois s’inscrivaient dans un contexte démocratique traumatisé et fragilisé par la Seconde Guerre mondiale. Le développement d’institutions internationales visant à protéger et maintenir la paix a renforcé ce type de mesures.

Ainsi, la loi du 1er juillet 1972, dite « loi Pleven », prolongeant la Convention internationale des Nations unies de 1965, a introduit dans le champ d’application de la loi du 10 janvier 1936 les associations qui « provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence ».

La loi du 10 janvier 1936 devait enfin connaître une série d’ajustements à compter de la fin des années 1980. En particulier, la loi du 9 septembre 1986, consécutive d’une série d’attentats frappant le pays, y a ajouté les groupements qui « se livrent, sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l’étranger ».

Les dispositions de la loi du 10 janvier 1936 ont enfin été versées en 2012 dans le Code de sécurité intérieure (L. 212-1). Dans le cadre de l’état d’urgence, ce dispositif s’est vu ajouter par la loi du 21 novembre 2015 la possibilité de dissoudre « par décret en conseil des ministres les associations ou groupements de fait qui participent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public ou dont les activités facilitent cette commission ou y incitent ». Dès le printemps 2016, la disposition était appliquée à l’association qui gérait la mosquée « radicale » de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne).

À partir de l’état du droit, il est donc possible d’identifier plusieurs caractéristiques de la « radicalité politique » : l’atteinte à la forme républicaine de gouvernement, l’atteinte à l’intégrité du territoire, l’existence de liens avec la Collaboration ou avec toute entreprise de réhabilitation de celle-ci, l’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence.

La radicalité idéologique s’accompagne très régulièrement de l’usage de la violence militante, selon des formes elles aussi listées par la loi : manifestations armées, pratiques paramilitaires, terrorisme, atteinte grave à l’ordre public.

La « forme républicaine de gouvernement », selon la formule du droit français, doit dès lors être entendue comme la forme démocratique représentative et pluraliste des institutions.

Ce que nous dit le cadre outre-Rhin

Ces éléments fournissent ainsi quelques bases pour concevoir ce qu’est la radicalité et éventuellement l’étendre à l’échelle internationale. Le droit allemand offre ici d’autres perspectives – en notant que le concept d’extrémisme renvoie en Allemagne à la volonté d’attaquer le système démocratique représentatif.

Dans ce contexte, la « radicalité » correspond aux critiques du libéralisme inscrites au sein de l’espace de la démocratie. Les partis politiques allemands sont intégrés dans la Loi fondamentale, Constitution allemande depuis le 8 mai 1949 (article 21) et la jurisprudence du Tribunal fédéral de Karlsruhe, cour constitutionnelle allemande, qui veille au respect des droits fondamentaux. Le Tribunal a été amené à préciser le rôle des partis politiques en Allemagne, aussi bien concernant leur constitutionnalité que leur mode de financement.

D’un point de vue juridique, les partis politiques allemands sont des associations de catégorie particulière dont le but est de « protéger l’ordre fondamental libéral et démocratique ».

Au-delà de cet article, les partis sont soumis à la loi du 24 juillet 1967. La loi de 1967 répond aux préoccupations du Tribunal et veille au respect par les partis de l’article 21, notamment de l’alinéa 2 : « Les partis qui, d’après leurs buts ou d’après l’attitude de leurs adhérents, cherchent à porter atteinte à l’ordre fondamental libre et démocratique, à le renverser ou à compromettre l’existence de la République fédérale d’Allemagne sont anticonstitutionnels. Le Tribunal constitutionnel fédéral statue sur la question de l’anticonstitutionnalité ». Il revient au Tribunal de préciser au gré de sa jurisprudence ce qu’il faut entendre par « ordre fondamental libre et démocratique ». En 2017, il a ainsi rejeté la demande de dissolution du Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD) au motif que sa capacité d’action ne lui permettait pas de faire chanceler l’ordre constitutionnel.

Le droit à l’expression démocratique

Ces débats ont également lieu au niveau des instances européennes. Ainsi, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), essentiellement formulée sur la base de l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’Homme, a également fourni un cadre à l’articulation entre expression pluraliste et maintien des valeurs et institutions démocratiques.

Le principe général est le droit à l’expression démocratique, c’est-à-dire que si les groupements politiques doivent pouvoir proposer des modifications constitutionnelles, ces revendications ne peuvent être portées par la violence et ne peuvent viser les principes démocratiques fondamentaux.

Cette définition est notablement différente de celle de la législation française, puisque, par exemple, la dissolution de mouvements souhaitant attenter à l’intégrité actuelle d’un territoire est considérée par la Cour comme une violation de l’article 11, à moins que la revendication ne soit exprimée par les voies de la violence. Ces éléments juridiques visent les mouvements constitués – l’article 11 étant prévu pour la question de la liberté des associations, la CEDH ayant décidé d’intégrer les organisations politiques en ce cadre.

La CEDH reconnaît d’ailleurs aux États le droit de lutter contre les manifestations violentes ou appelant à la haine à l’instigation d’« organisations de la société civile » ne relevant pas de la catégorie. 

L’avènement de la pensée rigide

La notion de radicalité ne saurait être limitée à des groupements politiques à vocation légale, car la « radicalité » a à voir avec les processus de « radicalisation ». On définira donc la radicalisation comme l’adoption progressive et évolutive d’une pensée rigide, vérité absolue et non négociable, dont la logique structure la vision du monde des acteurs, qui usent pour la faire entendre de répertoires d’action violents, le plus souvent au sein de structures clandestines, formalisées ou virtuelles, qui les isolent des référents sociaux ordinaires et leur renvoient une projection grandiose d’eux-mêmes.

Trois éléments fondent ainsi l’approche de la radicalisation : sa dimension évolutive, l’adoption d’une pensée sectaire, l’usage potentiel de la violence armée.

Les radicaux visent donc, en général, au changement des institutions libérales et des valeurs humanistes égalitaires sur lesquelles elles sont bâties, voire à un réarrangement social plus ou moins large pour en éliminer un « ennemi », bâti idéologiquement et symboliquement comme une figure majeure d’un monde souvent imaginé comme manichéen.

Des mêmes auteurs :

SociétéLa mésinformation scientifique des jeunes à l’heure des réseaux sociauxFrançois Kraus, Helen Lee Bouygues, Rudy Reichstadt 12/01/2023

Démocratie, SociétéFake news : et si on se donnait les moyens de lutter contre la désinformation ?Rudy Reichstadt, Roman Bornstein 31/10/2022

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Source : https://www.jean-jaures.org/publication/definir-la-radicalite-pour-mieux-la-combattre/

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  • La radicalité en question - Samedi 7 avril 2018 – Enregistrement ‘France Culture’ - Provenant du podcast Avis critique

    Le général Toussaint Louverture (XIXe siècle) - Wikimédia Commons

Le général Toussaint Louverture (XIXe siècle) - Wikimédia Commons

France Culture

Cette semaine comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : ’La Tentation radicale’, d’Anne Muxel et Olivier Galland, PUF et ’Histoire des révoltes panafricaines’, de C.L.R James, éditions Amsterdam.

Avec :

  • Sonya Faure Journaliste à Libération
  • Joseph Confavreux Journaliste pour le site Médiapart, rédacteur en chef de la Revue du Crieur
    On va bien sûr parler de l’essai qui a fait débat cette semaine, La Tentation Radicale : Enquête auprès des jeunes, dirigé par Olivier Galland et Anne Muxel et publiée aux Presses universitaires de France. Pour une approche quantitative qui conclut à un « effet islam » spécifique en matière de radicalisation. Puis en seconde partie, on va remonter dans le temps à l’occasion de la traduction d’un texte inédit de 1939, Histoire des révoltes panafricaines, paru aux Éditions Amsterdam. L’auteur, C.L.R James, est un des penseurs les plus importants, mais méconnu en France, de la question noire… un livre qui reste d’une brûlante actualité. 

Anne Muxel et Olivier Galland - La Tentation radicale : enquête auprès des jeunes

Anne Muxel et Olivier Galland, sociologues, sont tous les deux chercheurs aux CNRS, spécialistes de la jeunesse.

C’est un travail qui a profité de l’appel à projet lancé, on s’en souvient, par le président du CNRS Alain Fuchs à la suite des attentats de 2015 sur, je cite, « tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences ». Dans leur introduction, Anne Muxel et Olivier Galland exposent leur projet : réaliser la première enquête de grande ampleur sur les jeunes et la radicalité. Pour ça ils mettent en place une méthode quantitative en sélectionnant un panel de quelques 7000 lycéens dans les régions de Lille, Paris, Dijon et Marseille… ils soumettent à tous les lycéens un questionnaire puis les rencontrent individuellement ou par petit groupe pour une approche plus qualitative. 

Partant du principe que les phénomènes de radicalisation se trouvent plus volontiers dans les classes populaires et chez les jeunes musulmans, leur panel est ouvertement et volontairement surreprésenté dans cette catégorie de la population. Un sondage mené auprès d’un échantillon témoin, plus représentatif, doit venir apporter un élément de comparaison. Les questions portent sur les valeurs, la politique, la religion, l’attachement à la nation ou encore le rapport à la science, à l’éducation ou aux théories du complot.

Voilà résumé la méthodologie, nous allons y revenir tout de suite car elle fait débat. Mais pour être complet il faut tout de même dire quel est le résultat mis en avant par Anne Muxel et Olivier Galland : l’existence aujourd’hui de ce qu’ils ont appelé un « effet islam », une sensibilité plus grande des jeunes musulmans aux idées radicales et absolutistes.

Deuxième temps de l’émission on change d’époque et de sujet… mais pas complètement de thème car il est aussi question de radicalité.

Les trois grands enseignements de l’enquête : il y aurait une partie minoritaire mais conséquente des lycéens qui serait sensible aux thèses radicales quelle qu’elles soient (parmi les lycéens rencontrés et questionnés donc pas représentatifs au niveau national). Chiffres chocs : 1/3 ne se sont pas sentis concerné par la minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo - 7/10 pensent que les médias n’ont pas dit toute la vérité sur le sujet et il existerait une radicalité spécifiquement musulmane : les musulmans seraient particulièrement traditionalistes. (Sonya Faure)

 C’est un livre qu’il faut prendre au sérieux même si c’est pour sérieusement en démonter les soubassements politiques et certains biais idéologiques.(Joseph Confavreux)

C.L.R James - Histoire des révoltes panafricaines

C’est un livre qui paraît aux éditions Amsterdam, déjà sorti il y a pile 80 ans, en 1938… Il a été repris en 1969 avec un nouvel épilogue. Il fallait en effet prendre en compte les indépendances africaines et le mouvement civique aux États-Unis… notamment le rôle joué par Martin Luther King assassiné en avril 1968. On en a beaucoup parlé sur France Culture à l’occasion d’une journée spéciale jeudi dernier. Je dis qu’il fallait rajouter ces épisodes à l’analyse que produit C. L. R. James, car il s’emploie à rompre avec la thèse dominante à son époque, et qui reste aujourd’hui influente dans les esprits, selon laquelle les populations noires ont subi passivement l’exploitation dont ils ont été victimes. 

Quelques mots sur C.L.R. James, peut connu en France mais très important dans l’émergence d’une pensée panafricaine. Il est né à Trinidad au tournant du XXe siècle et se considère lui-même comme un véritable intellectuel britannique. Militant marxiste, James est proche de leader comme Jomo Kenyatta qui deviendra premier président du Kenya, de Julius Nyerere qui dirigera la Tanzanie mais aussi de figures comme Marcus Garvey, pour qui il n’a pas que des mots tendres… Tout son travail est d’ailleurs tourné vers cette articulation entre le rôle des masses et celle des dirigeants.

Histoire des révoltes panafricaines paraît la même année qu’un autre ouvrage, plus connu, intitulé Les Jacobins Noirs dans lequel James revenait sur la figure de Toussaint Louverture et sur Saint Domingue pendant la Révolution Française. On a là plutôt une sorte de panel à travers les continents et les époques… pour constituer les opprimés en sujets historiques.

Il y a une admiration pour les grands hommes […] Il y a la volonté d’écrire une histoire édifiante qui soit une histoire qui donne encore les forces morales, des exemples pour les Noirs de 1938 (quand il écrit la première version) et ceux de 69 (quand il le réédite) afin de se battre à nouveau par la connaissance de leur histoire. (Sonya Faure)

On sent la formation à la fois marxiste, intellectuelle très puissante de James, mais parfois un peu théorique du livre. (Joseph Confavreux)

L’instant critique 

Sonya Faure nous propose une bande dessinée ’Alt-life’parue aux éditions du Lombard , avec un scénario de Thomas Cadène, le dessin de Joseph Falzon, les couleurs de Marie Galopin. L’histoire : Josiane et René vivent à moitié dans le réel, à moitié dans le virtuel. Fuyant un monde à l’agonie, ils se portent volontaires pour la plus définitive des expériences : être les pionniers d’un nouveau monde, 100% virtuel, sans retour possible. Joseph Confavreux nous entraîne lui au cinéma pour un documentaire de Dominique Marchais ’Nul homme n’est une île’. Une histoire en Europe des nouvelles révoltes, une vision qui milite pour une nouvelle façon de penser.

L’équipe - Raphaël Bourgois Production - Vanessa Nadjar Réalisation - Catherine Donné Collaboration

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avis-critique/la-radicalite-en-question-1895316

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  • Pourquoi les philosophes aiment-ils la radicalité ? – Documents ‘France Culture’ : 4 épisodes
    Le mot radicalité a beaucoup plus de connotations positives en philosophie que dans plusieurs expressions de la vie quotidienne, où radical semble signifier extrémiste. Pour les philosophes, il s’agit de revenir aux racines de la connaissance, de l’expérience, ou encore de la compréhension du mal.

4 épisodes • En savoir plus

Épisode 1/4 : Faut-il douter radicalement pour connaître quelque chose ?

Deux siècles et demi après le philosophe français René Descartes, le phénoménologue allemand Edmund Husserl a mis en œuvre à son tour un doute radical, susceptible de fonder nos connaissances. En quoi consiste le doute radical pour les philosophes ? - 2 janv. 2023 • 58 min

Épisode 2/4 : Y a-t-il des expériences qualifiables de radicales ?

Il existe une certaine manière de concevoir les expériences exceptionnelles, qui en font des expériences radicales, par rapport à des expériences dites ordinaires. Le statut privilégié qu’on leur accorde est-il à remettre en question ? Faut-il déradicaliser ces expériences exceptionnelles ? - 3 janv. 2023 • 58 min

Épisode 3/4 : Peut-on connaître la racine de la domination ?

Au regard de la pluralité des formes de domination, les théories critiques du genre, de la race et de l’intersectionnalité sont-elles en mesure de prendre la domination par la racine afin de la connaître ? - 4 janv. 2023 • 58 min

Épisode 4/4 : Qu’est-ce que le ’mal radical’ selon Kant ?

Le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804) se demande d’où vient le mal dans le monde, et si l’être humain est méchant par nature. Comment comprendre que le mal, radical et non pas absolu, est autant un penchant naturel que le résultat de notre volonté ? - 5 janv. 2023 • 57 min

À propos de la série - Le mot radicalité a beaucoup plus de connotations positives en philosophie que dans plusieurs expressions de la vie quotidienne, où radical semble signifier extrémiste. Pour les philosophes, il s’agit de revenir aux racines de la connaissance, de l’expérience, ou encore de la compréhension du mal.

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Avec philosophie, du lundi au vendredi de 10h00 à 11h00 sur France Culture

Géraldine Muhlmann présente son émission quotidienne de France Culture dédiée à la philosophie.

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Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-pourquoi-les-philosophes-aiment-ils-la-radicalite

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Le front des luttes écologiques s’est nettement assombri en France. De plus en plus fréquemment, des militants subissent intimidations, menaces, violences policières et passages devant le tribunal. Un climat devenu délétère, qui non seulement fragilise la démocratie en entravant la liberté de s’exprimer et de manifester, mais affaiblit la capacité de la société à construire des réponses adaptées face aux multiples crises environnementales.

Cette série en trois volets dresse tout d’abord des constats. Entre autres, la préservation de l’eau, de la terre et des écosystèmes est devenue un champ d’affrontement d’autant plus violent que l’agriculture productiviste, principal facteur d’effondrement de la biodiversité, résiste envers et contre tout aux remises en cause. Avec l’appui des pouvoirs publics, beaucoup plus compréhensifs vis-à-vis du lobby agricole dominant qu’à l’égard des avocats de la nature.

La chercheuse Sylvie Ollitrault livre ensuite des clés de lecture de ce phénomène. Il n’est pas nouveau, mais correspond plutôt à un nouveau cycle de contestation et à un contexte de durcissement des positions de part et d’autre. L’inaction face à l’urgence écologique nourrit les postures plus radicales, tandis que l’Etat, dans un contexte de recours accru aux mesures d’exception, n’hésite pas à user de la force et des privations de libertés.

Enfin, le coup de projecteur sur l’affaire Valérie Murat, militante anti-pesticides opposée au lobby viticole dans le Bordelais, illustre les formes plus insidieuses de la répression, comme les procédures bâillons qui peuvent contraindre au silence les lanceurs d’alerte.

ActivismePressions, répression : pourquoi il devient dangereux d’être militant écologiste Lou-Eve Popper 09/01/2024

Entretien« La répression de la désobéissance civile conduit à du ressentiment » Recueilli par Lou-Eve Popper 10/01/2024

ActivismeValérie Murat, la militante anti-pesticides que le lobby viticole a voulu faire taire Lou-Eve Popper 11/01/2024

Alternatives Economiques

Alternatives économiques - Wikipedia

Source : https://www.alternatives-economiques.fr/veut-peau-ecolos/00109279?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_content=12012024&utm_campaign=hebdo

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Annexe - Personnalité de Cécile Duflot d’après Wikipédia

Illustration.
Cécile Duflot en 2010.

Fonctions
Députée française
3 mai 201420 juin 2017

(3 ans, 1 mois et 17 jours)

Circonscription 6ede Paris
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique ECO (2012-2016)

NI (2016-2017)

Prédécesseur Danièle Hoffman-Rispal
Successeur Pierre Person
20 juin21 juillet 2012

(1 mois et 1 jour)

Élection 17 juin 2012
Circonscription 6ede Paris
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique ECO
Prédécesseur Danièle Hoffman-Rispal
Coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale
13 octobre 201519 mai 2016

(7 mois et 6 jours)

Avec Barbara Pompili (2015-2016)

François de Rugy (2016)

Élection 17 juin 2012
Législature XIVe (Cinquième République)
Prédécesseur François de Rugy
Successeur Cyrielle Chatelain (indirectement)

Ministre de l’Égalité des territoires

et du Logement

16 mai 201231 mars 2014

(1 an, 10 mois et 15 jours)

Président François Hollande
Premier ministre Jean-Marc Ayrault
Gouvernement Ayrault I et II
Prédécesseur Benoist Apparu (Logement)

Bruno Le Maire (Aménagement du territoire)

Successeur Sylvia Pinel
Conseillère régionale d’Île-de-France
22 mars 201023 juin 2012

(2 ans, 3 mois et 1 jour)

Élection 21 mars 2010
Circonscription Val-de-Marne
Groupe politique EÉLV (présidente)
Successeur Mounir Satouri
Secrétaire nationale des Verts puis d’Europe Écologie Les Verts
16 novembre 200623 juin 2012

(5 ans, 7 mois et 7 jours)

Élection 16 novembre 2006
Réélection 6 décembre 2008

4 juin 2011

Prédécesseur Yann Wehrling
Successeur Pascal Durand
Biographie
Date de naissance 1er avril 1975 (48 ans)
Lieu de naissance Villeneuve-Saint-Georges (France)
Nationalité Française
Parti politique LV (2001-2010)

EÉLV (depuis 2010)

Conjoint Xavier Cantat (séparés)
Diplômée de Université Paris-Diderot

ESSEC

Profession Urbaniste1,2

Cécile Duflot, née le 1er avril 1975 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), est une femme politique française et dirigeante d’organisation non gouvernementale (ONG).

Secrétaire nationale des partis écologistes Les Verts (2006-2010) et Europe Écologie Les Verts (2010-2012), elle finit troisième de la primaire en vue de l’élection présidentielle de 2007. En parallèle, elle est conseillère municipale de Villeneuve-Saint-Georges (2004-2014) et conseillère régionale d’Île-de-France (2010-2012).

À la suite de la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle de 2012, elle est nommée ministre du Logement et de l’Égalité des territoires. Aux élections législatives qui suivent, elle est élue députée dans la sixième circonscription de Paris, mandat qu’elle laisse à sa suppléante et qu’elle retrouve en 2014, à la suite de sa démission du gouvernement. Coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale à partir de 2015, elle est battue à la primaire présidentielle de l’écologie de 2016.

Éliminée au premier tour des élections législatives de 2017, elle annonce abandonner la politique en 2018 pour prendre le poste de directrice générale de l’ONG Oxfam France. En 2022, elle est nommée au Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé.

Origines et formation

Cécile Duflot nait le 1er avril 1975 à Villeneuve-Saint-Georges.

Ses parents sont tous deux syndicalistes3, sa mère est professeure de physique-chimie4 et son père cheminot3. Cécile Duflot passe toute son enfance et son adolescence à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne)5, dans le quartier de Montereau-Surville (à l’école Jules-Ferry, au collège, puis au lycée André-Malraux)6 et fréquente l’Action catholique des enfants7. À 17 ans, pour éviter de longs trajets, elle quitte ses parents et s’installe dans une dépendance de la maison de son grand-père à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)8.

Elle obtient un bac B en 1992, puis une maîtrise et un diplôme d’études approfondies (DEA) de géographie9 — consacré aux lieux de vacances10 — à l’université Paris-Diderot en 19978, et milite parallèlement au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC)11 et de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)12. Outre ses études, elle est écrivain public à la prison de la Santé avec le Groupement étudiant national d’enseignement auxpersonnes incarcérées (Genepi)9 et travaille également comme baby-sitteuse, testeuse de médicaments, standardiste, ou dans le télémarketing12.

En 1998, elle réussit le concours de direction de la protection judiciaire de la jeunesse et est admise sur titres à l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC)13. Elle choisit cette deuxième option, et en sort diplômée d’une maîtrise universitaire ès sciences (MSc) en économie urbaine8 deux ans plus tard, par la voie de l’apprentissage. Elle exerce alors comme urbaniste dans un groupe immobilier spécialisé dans le logement social à Créteil1, d’abord à temps plein, puis à temps partiel après son entrée à la direction des Verts en 20038.

Parcours politique

Débuts

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Cécile Duflot en 2006.

Elle adhère au parti politique les Verts en 2001 et se présente la même année aux élections municipales à Villeneuve-Saint-Georges14. Elle y devient conseillère municipale dans l’opposition en juin 20044.

En janvier 2003, Cécile Duflot est élue au collège exécutif, l’instance de direction des Verts4. Elle organise notamment l’acquisition par les Verts de leur siège national. Elle devient porte-parole du parti en janvier 2005. Candidate à l’investiture des Verts pour l’élection présidentielle de 2007, elle recueille 23,29 % des voix au premier tour le 21 avril 2006, derrière Dominique Voynet (35,45 %) et Yves Cochet (28,33 %)15.

Secrétaire nationale des Verts

Le 16 novembre 2006, elle est élue secrétaire nationale des Verts par le Conseil national inter régional, succédant ainsi à Yann Wehrling14. À 31 ans, elle devient alors la plus jeune secrétaire nationale14.

Lors des élections législatives de 2007, elle est investie candidate des Verts dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, et recueille 3,55 % des voix16.

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Cécile Duflot à une réunion publique organisée par les Verts, le 5 avril 2007 à Paris.

Lors des élections municipales de 2008, elle se présente à Villeneuve-Saint-Georges, en deuxième position de la liste unissant le PS, le MRC, le PRG et les Verts derrière le socialiste Laurent Dutheil17. La liste obtient 24,36 % et fusionne avec celle de Sylvie Altman (PCF, 28,79 %). La liste conduite par cette dernière l’emporte au second tour avec 49,53 % des suffrages dans une triangulaire face aux listes de l’UMP et du FN18. Elle devient alors la 3e adjointe au maire à l’urbanisme, à l’aménagement et au développement soutenable19,20.

Le 6 décembre 2008, elle est réélue secrétaire nationale des Verts avec 70,99 % des suffrages21. Avec Jean-Luc Bennahmias, elle est l’une des rares secrétaires de son parti à exercer un second mandat consécutif9, Dominique Plancke ayant réalisé trois mandats d’un an22.

Lors de son premier mandat, elle a œuvré au sein des Verts à un développement de la politique d’ouverture et à la création du rassemblement de la mouvance de l’écologie qui présentera les listes Europe Écologie9 aux élections européennes de 200923. Elle est candidate à ce scrutin en dernière place24, non éligible pour ne pas cumuler une autre fonction avec son mandat de secrétaire nationale25.

La stratégie du rassemblement connaît le succès, les listes d’Europe Écologie recueillant 16,28 % des suffrages et 14 députés européens26, six points au-dessus du précédent record historique des Verts, en date de 1989. Cécile Duflot se prononce alors pour la poursuite de ce rassemblement et la création de listes autonomes aux élections régionales de 201027. Le 25 août 2009, elle annonce son intention d’être tête de liste en Île-de-France pour défendre un projet écologiste pour la région28.

Défendant la fiscalité environnementale à l’université d’été du Parti socialiste29, elle est reçue le 3 septembre 2009 à l’Élysée par Nicolas Sarkozy pour évoquer la contribution climat-énergie30. À la suite de la présentation des modalités de la taxe carbone, elle fait part de son opposition la jugeant en l’état « injuste socialement et inefficace écologiquement31 ».

Conseillère régionale d’Île-de-France

Article connexe : Élections régionales de 2010 en Île-de-France.

Le 14 novembre 2009, Cécile Duflot lance sa campagne en tant que tête de liste Europe Écologie en Île-de-France32. Elle présente des listes du rassemblement des écologistes où sont notamment présents Robert Lion, Augustin Legrand, Caroline Mécary, Stéphane Gatignon, Safia Lebdi, Emmanuelle Cosse et Pierre Larrouturou33. Sa campagne est axée sur la transition écologique de l’Île-de-France ; parmi ses propositions phares : une aide à la transition vers les emplois verts (170 000 emplois verts34 dans l’isolation, les énergies renouvelables ou l’agriculture de proximité), un Passe Navigo à zone et tarif uniques, 60 lignes de bus express, 3 000 médiateurs de la tranquillité publique35.

Lors du premier tour de scrutin, le 14 mars 2010, sa liste rassemble 16,58 % des suffrages, plus que le score national des listes Europe Écologie (12,18 %). Entre les deux tours, elle mène les négociations d’alliance avec le Parti socialiste36, et est tête de liste dans le Val-de-Marne sur la liste de Jean-Paul Huchon.

Au second tour, Cécile Duflot est élue conseillère régionale sur une liste fusionnée avec celles de Jean-Paul Huchon et de Pierre Laurent. Elle est élue présidente du groupe Europe Écologie le 22 mars 2010. Le nombre d’élus écologistes est passé de 24 à 50 élus, ce qui fait du groupe Europe Écologie la troisième force au conseil régional, après le PS et l’UMP. Conformément à la règle interne des Verts, elle démissionne de son mandat d’adjointe au maire de Villeneuve-Saint-Georges en mars 2011, afin d’éviter le cumul de mandats37.

L’une des premières décisions du conseil régional est de demander aux établissements financiers qui travaillent avec la région de fournir des éléments permettant de vérifier l’absence de liens avec des paradis fiscaux38.

Secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts

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Cécile Duflot avec Michèle Rivasi, Karima Delli, Pascal Durand, Eva Joly et Philippe Meirieu le 12 juillet 2011.

En août 2010, Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, exprime ses réticences à être candidate à l’élection présidentielle de 2012, hypothèse qui lui fait « peur » et pour laquelle elle affirme ne pas avoir « les épaules assez larges »39.

Elle conduit la transition des Verts vers un nouveau nom pour intégrer les militants venus par les campagnes Europe Écologie des élections européennes de 2009 et régionales de 2010 au sein d’Europe Écologie Les Verts. Ce changement est approuvé par 84 % des adhérents au processus d’Europe Écologie40 et par 85,1 % des militants des Verts41.

Fin 2010, le magazine américain Foreign Policy, la classe 32e dans sa liste des 100 penseurs globaux (global thinkers) de 2010, avec Marina Silva, Monica Frassoni et Renate Künast, entre Joseph Stiglitz, David Cameron et Thomas Friedman42 pour avoir conduit les Verts français à des scores importants aux élections européennes et régionales43.

En mai 2011, la motion qu’elle conduit avec Pascal Durand et Philippe Meirieu obtient 50,25 % des suffrages des militants d’EÉLV, contre 26,55 % pour la motion conduite par Daniel Cohn-Bendit et Marie Bové44. Le 4 juin 2011, elle est reconduite à la tête d’EÉLV avec 92,7 % des votes des 600 délégués réunis lors du premier congrès fédéral à La Rochelle45. Dans le cadre de la primaire présidentielle écologiste, elle ne prend position ni pour Nicolas Hulot, ni pour Eva Joly46.

Elle signe un accord entre Europe Écologie Les Verts et le Parti socialiste pour 201247. Il contient des dispositions programmatiques (environnement, social, démocratique) et le fait que le PS soutiendra des candidats écologistes dans 60 circonscriptions, pour prévoir un groupe de « 25 à 30 députés » pour les écologistes en cas de victoire de la gauche48. Cet accord est ratifié par le conseil fédéral d’EÉLV à 73 %49.

Le 15 novembre 2011, elle annonce qu’elle sera candidate dans la 6ecirconscription de Paris à l’élection législative de 201250. Cette investiture s’effectue dans le cadre de cet accord51. Ce « parachutage » dans une circonscription acquise à la gauche52 où la députée socialiste sortante, Danièle Hoffman-Rispal avait obtenu 69,12 % des voix en 200753 crée des tensions entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et EÉLV54. Après avoir envisagé de maintenir sa candidature, Danièle Hoffman-Rispal accepte d’être la suppléante de Cécile Duflot55.

Ses méthodes de gouvernement sont dénoncées en interne, avec le départ successif de Noël Mamère. Ce dernier évoque ainsi une gouvernance de Cécile Duflot « à la manière d’un clan » pour expliquer son départ du parti en septembre 2013, même s’il considère qu’elle est une bonne ministre56.

L’accord de gouvernement négocié pendant la campagne présidentielle de 2012 entre Martine Aubry et Cécile Duflot, que François Hollande puis Emmanuel Macron reprendront à leur compte, met en place notamment le basculement de la politique énergétique vers un désengagement du nucléaire : il prévoit d’abaisser de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici à 2025, ce qui équivaut, selon la Cour des comptes, à la fermeture de 17 à 20 réacteurs57.

Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement

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Cécile Duflot en 2012.

Le 16 mai 2012, elle devient ministre du logement et de l’égalité des territoires dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault. Une des premières mesures annoncées à sa prise de fonction est le gel des loyers lors d’une relocation58.

Son double statut de ministre et de secrétaire nationale d’EÉLV est critiqué au sein de son parti fin mai 2012, du fait de la « confusion des genres »59. Comme annoncé le 7 mai 2012, elle quitte la direction du parti après les législatives60, Pascal Durand lui succédant le 23 juin 201261.

En juin 2012, durant la campagne des législatives, Cécile Duflot affirme toujours être favorable à la position de son parti sur la légalisation réglementée du cannabis, tout en soulignant que ce n’est pas la position gouvernementale62. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault indique que cette mesure n’est pas prévue par son gouvernement63.

En juillet 2012, des huées et des sifflets sexistes64 et machistes de la part de certains députés de droite fusent pour railler la robe à fleurs qu’elle porte. En décembre 2016, la robe est présentée au musée des Arts décoratifs de Paris pour une exposition intitulée « Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale »65,66,67. Selon Michèle Alliot-Marie parlant de cet incident, « un sifflet admiratif pour une femme n’est pas nécessairement désagréable »68.

Elle est élue députée de la sixième circonscription de Paris, lors des élections législatives, avec 72,18 % des voix au second tour69. Cécile Duflot étant membre du gouvernement, sa suppléante Danièle Hoffman-Rispal siège à sa place à partir du 22 juillet 2012.

Afin de tendre vers l’objectif du gouvernement Jean-Marc Ayrault de construire 500 000 logements par an, un dispositif de soutien à l’investissement locatif devrait prendre la suite de la loi Scellier pour aider à construire 40 000 logements par an70. Celui-ci doit avoir un aspect social plus prononcé, en ciblant des locations inférieures à 20 % du prix du marché sous conditions de ressources. En contrepartie, l’incitation fiscale sera de 18 % de l’investissement (limité à 300 000 euros) étalée sur neuf ans71.

Le 3 décembre 2012, elle demande à l’archidiocèse de Paris d’intervenir en faveur des SDF, en mettant à disposition les bâtiments inutilisés qu’il possède. L’Église répond rapidement72 qu’elle offre déjà la protection de ses murs à des sans-abri, et qu’elle ne possède en réalité que peu de locaux vacants, qui ne le sont en outre que transitoirement.

Outre sa position sur le cannabis, elle s’est plusieurs fois distinguée par des prises de position allant à l’encontre de la ligne gouvernementale : opposition à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de l’EPR de Flamanville, et, ses réserves concernant la politique d’austérité du gouvernement73. Son soutien aux manifestants opposés à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, alors que la ville de Nantes a été « saccagée » selon Le Figaro et que des policiers ont été blessés, est critiqué par le Premier ministre74. Elle rappelle également au gouvernement son engagement en faveur du droit de vote des étrangers qu’elle juge être « une nécessité »75. En septembre 2013, elle s’oppose publiquement au ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur la question des Roms, considérant que ses propos mettaient « en danger le pacte républicain »76.

À la suite de la nomination de Manuel Valls au poste de Premier Ministre en remplacement de Jean-Marc Ayrault, elle annonce, avec le ministre délégué au Développement Pascal Canfin, son intention de ne pas faire partie du nouveau gouvernement. Ils se déclarent en désaccord avec l’orientation politique du nouveau Premier Ministre et en tirent « donc toutes les conséquences »77. Cécile Duflot est remplacée à son ministère, le 2 avril 2014, par Sylvia Pinel78.

Loi Duflot I

La loi dite « Duflot I » du 18 janvier 2013 porte sur la mobilisation du foncier public et le renforcement du seuil minimal de logements sociaux de 20 % à 25 %. Le 18 janvier 2013, la loi Duflot est effective et permet ainsi d’investir dans l’immobilier neuf et d’obtenir en retour une réduction d’impôts. Le but du gouvernement est de commercialiser 40 000 logements par le biais de ce dispositif en 2013. Pour le premier trimestre 2013, le chiffre atteint n’est que de 4 165 biens79. Les ventes aux investisseurs baissent de 23 % par rapport au 1er trimestre 2012, alors que la nouvelle réglementation est attractive pour les plus modestes d’entre eux80. Le quotidien La Tribune note un désintérêt des investisseurs immobiliers81.

Le dispositif d’incitation fiscale en faveur de l’investissement locatif, dit « Duflot », a permis la réalisation d’environ 30 000 « dispositifs Duflot », contre un objectif initial de 40 000.

Cette loi a durci les sanctions appliquées aux communes récalcitrantes, qui ne remplissent pas leurs objectifs de production d’HLM, entraînant les sanctions des communes récalcitrantes82. Les communes ont jusqu’en 2025 pour atteindre le nouveau seuil de 25 % d’habitations à loyer modéré (HLM)83.

Enfin, concernant le dispositif de cession gratuite ou avec une forte décote de terrains constructibles appartenant à l’État, si les administrations ont d’abord tardé pour donner la liste de leurs terrains mobilisables, en 2016, 105 accords de cessions de terrains avaient été conclus pour construire des logements abordables, pour un potentiel de près de 12 000 logements84.

Loi Robien

Le 10 mai 2013, elle fait adopter le report d’un an du deuxième volet de la loi de Robien aussi dénommée loi SAE (Sécurité des ascenseurs existants)[Laquelle ?] et un « moratoire » sur le dispositif concernant la précision de l’arrêt des cabines (ERP exceptés)85.

Loi ALUR

Mi-2013, elle porte le projet de loi ALUR (Accès au logement et urbanisme rénové)86. Elle précise, dès janvier 2014, que la mesure la plus importante du projet, la garantie universelle des loyers, ne sera finalement pas obligatoire87, comprenant notamment :

  • l’instauration de l’encadrement des loyers en « zones tendues » ;
  • la garantie universelle des loyers ;
  • le plafonnement des indemnités de retard à 5 % du loyer, la réduction à un mois du délai de préavis dans les « zones tendues » ;
  • la lutte contre l’habitat insalubre ;
  • l’introduction de plus de transparence dans le logement social88.
    La loi a été saluée par les associations d’aide aux plus démunis, comme la Fondation Abbé-Pierre89 ou l’association Droit au Logement (DAL)90. Elle est très critiquée par les agents immobiliers91. Selon le quotidien Le Figaro, la loi ALUR se traduit par une complexification des transactions immobilières92. Pour Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment, la garantie universelle des loyers est une « usine à gaz » inapplicable93. En octobre 2015, alors que la loi commence à être appliquée, les loyers des petites surfaces baissent de 15 à 20 % à Paris94.

Bilan

Malgré ces réformes, l’adoption de six ordonnances pour accélérer les projets et simplifier les normes de construction, la promesse de François Hollande de construire 500 000 logements par an, dont 150 000 sociaux, n’est pas réalisée en 2014. Le nombre de mises en chantier en 2013 est inférieur à 335 000 unités, en baisse de 5 % par rapport à 201295. Les permis de construire ont baissé de 23 % au troisième trimestre 2013. Les faillites augmentent avec 20 000 entreprises selon la Coface96. Pour Manuel Valls, il est nécessaire d’apporter des modifications à la loi Duflot afin de relancer la construction des logements97.

Selon le président d’Orpi, « Madame Duflot n’est pas responsable du problème de la construction et du logement en France », qui souligne que Cécile Duflot a également mis en œuvre, parallèlement à la loi Alur, des mesures de simplification de normes favorables à la construction, notamment pour permettre la délivrance rapide d’un permis de construire et limiter les recours qui peuvent y être opposés98.

Selon un rapport parlementaire d’application de la loi, fait par des députés PS et Républicains, les nouveaux droits au bénéfice des locataires et des bailleurs (réduction des préavis notamment) sont largement utilisés99. Le rapport parlementaire regrette que l’encadrement des loyers, sauf à Paris et à Lille, et la Garantie universelle des loyers n’ont pas été appliqués selon la volonté du législateur, par le gouvernement après le départ de Cécile Duflot99, malgré les premiers résultats positifs de l’encadrement des loyers à Paris99. Enfin, le rapport souligne que les premières opérations de requalification des copropriétés dégradées sont prometteuses99.

Selon un autre rapport parlementaire d’application de la loi, « les progrès sont toutefois indéniables » concernant l’amélioration de la transparence et de l’efficacité des procédures de demande de logement social et le pilotage intercommunal des plans locaux d’urbanisme100. Le rapport regrette toutefois que certains décrets n’aient pas été pris par les ministres ayant succédé à Cécile Duflot100.

Retour à l’Assemblée nationale

Elle retrouve son siège de députée après avoir quitté le gouvernement et se montre très critique envers celui-ci. Après avoir esquissé un rapprochement avec le Front de gauche, elle prend, au printemps 2015, ses distances avec Jean-Luc Mélenchon, dont elle critique l’ouvrage Le Hareng de Bismarck, le poison allemand et ses tons revanchards contre l’Allemagne101.

Le 13 octobre 2015, elle devient co-présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, remplaçant François de Rugy, qui a quitté EÉLV et fondé le parti Écologistes !. Elle assure cette fonction en tandem avec Barbara Pompili, qui a également quitté EÉLV102, jusqu’à sa nomination au gouvernement le 11 mars 2016. Le groupe est finalement dissous le 19 mai, six députés décidant de rejoindre le groupe socialiste, sur fond de tensions entre la ligne pro-gouvernement menée par François de Rugy et celle qui y est opposée, incarnée par Cécile Duflot103.

Primaire écologiste de 2016 et élections législatives de 2017

Article connexe : Primaire française de l’écologie de 2016.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Meeting_Hamon_Lille_2017-12.jpg/220px-Meeting_Hamon_Lille_2017-12.jpg

Benoît Hamon, candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2017, enlaçant Cécile Duflot lors d’un meeting (Lille, 29 mars 2017).

Elle compte, début 2016, parmi les initiateurs de l’appel en faveur du projet de primaires à gauche104.

Le 20 août 2016, elle annonce sa candidature à la primaire organisée par Europe Écologie Les Verts105. Elle est alors donnée favorite du scrutin106. Mais le 19 octobre 2016, elle arrive en troisième position du premier tour, avec 24,41 % des voix, derrière Yannick Jadot et Michèle Rivasi, étant ainsi éliminée dès le premier tour107,108.

Début 2017, elle crée une association politique, la Convention pour une république écologique109.

En février 2017, le vainqueur de la primaire écologiste Yannick Jadot se rallie au candidat PS Benoît Hamon. Leur accord comprend de ne pas investir de candidat socialiste dans la circonscription où se représente Cécile Duflot pour les élections législatives110. Elle est éliminée dès le premier tour111, se classant en troisième position avec 14,69 % des voix112.

Carrière professionnelle

Après ses échecs politiques de 2017113, Cécile Duflot, discrète médiatiquement114, est embauchée par une entreprise de serveurs et d’infogérance, Octopuce, spécialisée dans les logiciels libres115,116.

Elle met fin à sa carrière politique et prend le 15 juin 2018 la direction de l’ONG Oxfam France117,118, qui selon elle, « s’attaque depuis des années à l’accroissement des inégalités, mais aussi aux conséquences du changement climatique ou encore à la défense des droits des personnes déplacées »119.

Vie privée

De son premier mariage, Cécile Duflot a un fils et deux filles. En 2008, elle donne naissance à une troisième fille avec le photographe Xavier Cantat. Né le 18 janvier 1963120, ce dernier est le frère aîné de Bertrand Cantat, chanteur du groupe Noir Désir121. Il est également membre d’EÉLV et a été maire adjoint de Villeneuve-Saint-Georges122,123.

Elle fut la compagne de l’avocat et membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH) Arié Alimi124,125.

Elle est catholique et se reconnaît dans la pastorale du pape François7.

Le 1er décembre 2020, elle déclare avoir décidé de se retirer des réseaux sociaux à la suite de messages de harcèlement, envoyés par un homme depuis plusieurs années, contenant des menaces régulières de mort et de viol sur elle et sur sa fille126.

Synthèse des résultats électoraux

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7e/2010_11_13_EVA_EELV_Lyon_net.jpg/220px-2010_11_13_EVA_EELV_Lyon_net.jpg

Cécile Duflot avec Eva Joly et Dominique Voynet (2010).

Voir les détails à la source …

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

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Lecture suggérée - Livre – « Peuple de colères » - Christophe Barbier - 17/01/2024 - Éditions Fayard - © 2024

Cabochiens, Pitauds, Nu-pieds… pour comprendre la propension à la violence française, Christophe Barbier cherche dans les révoltes d’hier les ferments de l’identité d’une nation belliqueuse. Dans notre pays où la fièvre est la température normale, les colères sont redoutables.

Les Français ne sont pas un peuple qui se met parfois en colère, ils forment un « peuple de colères  », et celles d’aujourd’hui entrent en résonance avec celles des temps passés, tant les scénarios sont similaires.

Les Gilets jaunes de 2018 rappellent les Cabochiens de 1413, la révolte antillaise de 2009 s’apparente aux soulèvements identitaires des Pitauds ou des Nu-pieds contre la gabelle aux XVIe et XVIIe siècles, le fondamentalisme musulman d’aujourd’hui évoque le séparatisme albigeois du début du XIIIe siècle, les manifestations contre la réforme des retraites ont pris la suite des éruptions de l’âge industriel… 

Si les révolutions ont gagné leur place dans les programmes scolaires et la mémoire collective, les nombreuses révoltes de l’Histoire de France sont tombées aux oubliettes. Pourtant, ce sont elles qui ont préparé par leurs échecs les grands bouleversements victorieux. Et puisque les Français se soulèveront encore, raconter les insurrections d’hier permet aussi de comprendre celles de demain.

Christophe Barbier est journaliste politique, comédien et critique dramatique. Ancien élève de l’ENS et ancien directeur de la rédaction de L’Express, il est éditorialiste politique pour BFMTV, Franc-Tireur et Actu J - Radio J. Il est l’auteur notamment des Tyrannies de l’épidémie (Fayard, 2021).

Source : https://www.fayard.fr/livre/peuple-de-coleres-9782213727059/

Christophe Barbier, né le 25 janvier 1967 à Sallanches, fut « le directeur de rédaction de l’hebdomadaire L’Express entre août 2006 et octobre 2016. Il est également éditorialiste politique et chroniqueur sur BFM TV depuis septembre 2016… - Wikipédia

Christophe Barbier - livres et romans de l’auteur aux Editions FlammarionPhoto

Addenda / Théâtre – « Mozart mon amour - Mozart est éternel ! » – De Christophe Barbier, Pauline Courtin, soprano, Vadim Sher, piano - Mise en scène : Christophe Barbier - Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris - http://www.theatrede poche-montpatnasse.com - Du 4 septembre au 13 novembre 2023, tous les lundis à 21h - Seul en scène

Thème : Cette pièce est tout entière l’oeuvre de Christophe Barbier, qui l’a écrite, mise en scène et où il tient le rôle principal, celui du diplomate danois von Nissen, grand admirateur de Mozart. Treize ans après la mort de celui-ci, en 1791, von Nissen reçoit pour mission de convaincre le Conseil impérial d’Autriche de faire revivre la gloire du musicien, à la fois aimé et maltraité pendant sa vie. Constanze, sa veuve, appuie sa plaidoirie par les airs les plus connus des opéras de son mari, avec sa belle voix de sopano. Le Kappelmeister les accompagne au piano. Le spectateur traverse ainsi la vie de Mozart, depuis ses représentations en tant qu’enfant prodige jusqu’à ses derniers moments d’épuisement sur le Requiem, sans ennui et même avec passion.

Points forts : Le texte imaginé par Christophe Barbier est remarquable : il est merveilleusement écrit et donne une vision originale de la vie de Mozart. La situation ainsi créée donne un prétexte au récit : même si ce Conseil n’a jamais existé, il confère une justification à l’intrigue. Les comédiens sont remarquables : Christophe Barbier est incroyable de réalisme et d’entrain, Constanze apporte une touche d’opéra enchanté, et le Kappelmeister a toute la duplicité et le dévouement nécessaires ; il grogne sans cesse, mais il nous plonge dans les airs si connus de Mozart. Les spectateurs sont étroitement associés au récit, comme membres du Conseil. Et le baron danois parvient même à faire chanter l’ensemble du public. La situation est tragique, la vie de Mozart étant une longue série de déceptions, d’épreuves, et pourtant, le sourire est toujours là, l’humour ne fait jamais défaut.

Quelques réserves - Elles sont bien peu nombreuses dans cet excellent spectacle. On peut juste se demander si l’acoustique de la salle est bien en accord avec la belle voix de Constanze. Encore un mot... Mozart mon amour est un enchantement : il fait sourire, nous entraîne dans son rythme effréné, nous plonge dans une époque cruelle, et nous fait comprendre ce musicien si complexe et si attachant.

Une phrase - Une phrase ou deux

Von Nissen : 
- « Si j’ai cette audace, c’est parce que la cause que je vais plaider devant vous dépasse mon humble personne. La décision que vous prendrez dans quelques minutes ne concerne pas seulement Vienne, elle ne regarde pas que l’Autriche, elle ne se limite pas à l’Europe. Mesdames et Messieurs, votre décision intéresse l’humanité tout entière.  »
- « … Et lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. »

Constanze : «  Un jeune homme est venu me voir quelque temps après la mort de Mozart. Il m’a dit que, depuis des années, il rêvait d’être son élève, qu’il était inconsolable de na pas pouvoir profiter de ses leçons. Ce musicien s’appelait Ludwig van Beethoven… »

L’auteur - Christophe Barbier, né en 1967, est normalien, puis a fait une carrière de journaliste politique, au Point, puis à L’Express, qu’il a dirigé pendant dix ans. Il intervient toujours dans de nombreux débats et ses éditoriaux sont de qualité. Christophe. Barbier s’est lancé plus tardivement dans le théâtre : il a écrit et joué en 2017 Le Tour du monde en 80 minutes, puis incarné Georges Mandel dans L’un de nous deux, et François Mitterrand dans Elysée (chroniqués par Culture-tops). Féru de théâtre, il est l’auteur du Dictionnaire amoureux du théâtre et d’une quinzaine d’essais politiques… - Source : https://www.culture-tops.fr/critique-evenement/seul-en-scene/mozart-mon-amour

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Note de l’ONG Oxfam France en date du 15 janvier 2024

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Bonjour - À l’heure où l’élite économique se réunit à Davos, nous publions aujourd’hui notre nouveau rapport sur les inégalités mondiales ! Nous révélons que depuis 2020, les cinq hommes les plus riches du monde ont doublé leur fortune tandis que, dans le même temps, la richesse cumulée de 5 milliards de personnes a baissé. Le fossé continue donc de se creuser entre les ultra-riches et le reste de la société, année après année, alors même que les crises se succèdent et touchent de plein fouet une majorité de la population. Dans à peine 10 ans, nous pourrions même voir apparaître le premier « trilliardaire », à savoir un ultra-riche dont la fortune dépasserait les 1000 milliards de dollars, et ce, alors même qu’il faudrait plus de deux siècles pour mettre fin à la pauvreté ! - Je découvre le rapport >

En France, les ultra-riches ne dérogent pas à la règle. Les 42 milliardaires français ont gagné 230 milliards d’euros depuis 2020, soit l’équivalent d’un chèque de 3.400 euros pour chaque Français·e !Si les milliardaires continuent de s’enrichir autant malgré les crises, c’est parce que leur pouvoir économique et politique est considérable. Notre nouveau rapport montre que 7 des dix plus grandes entreprises mondiales sont aujourd’hui dirigées par un·e milliardaire. Et alors que les superprofits et les dividendes ont régulièrement battu des records ces derniers temps, les grands gagnants de ce système sont une nouvelle fois les mêmes : les milliardaires.Pour éviter que cette bombe sociale à retardement n’explose, nous appelons à changer urgemment de logiciel fiscal en augmentant les impôts sur les ultra-riches - notamment via la mise en place d’un ISF climatique - et à réguler davantage les multinationales, pour un meilleur partage des richesses en faveur des salaires et de la transformation écologique… Depuis 2020, les cinq hommes les plus riches du monde ont doublé leur fortune tandis que, dans le même temps, la richesse cumulée de 5 milliards de personnes a baissé. C’est ce que révèle le nouveau rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales.Si cette tendance se poursuit, nous pourrions voir dans près de 10 ans la fortune d’un multimilliardaire franchir pour la première fois le cap de 1.000 milliards de dollars alors qu’il faudra encore 230 ans pour éradiquer la pauvreté. Malgré les crises successives, les milliardaires prospèrent. Pourquoi ? Car ils achètent le pouvoir politique et économique.Inégalités mondiales : les chiffres-clésMonde

  • La fortune des 5 hommes les plus riches a grimpé de 114 % depuis 2020.
  • La fortune des milliardaires a augmenté de 3 300 milliards de dollars depuis 2020, à une vitesse 3 fois plus rapide que celle de l’inflation.
  • Les 1 % les plus riches possèdent 48 % de tous les actifs financiers mondiaux.
  • Les pays riches du Nord détiennent 69 % des richesses mondiales et accueillent 74 % des richesses des milliardaires alors qu’ils n’abritent que 21 % de la population mondiale.
  • Au rythme actuel, il faudrait plus de deux siècles pour mettre fin à la pauvreté, mais dans à peine 10 ans nous pourrions voir pour la première fois la fortune d’un multimilliardaire franchir le cap des 1 000 milliards de dollars. Avoir 1 000 milliards, c’est comme gagner plus d’un million d’euros par jour depuis la naissance de Jésus-Christ.
  • Sept des dix plus grandes entreprises mondiales sont dirigées par un·e milliardaire.
  • 148 grandes entreprises ont réalisé 1800 milliards de dollars de bénéfices cumulés – soit 52 % de plus en moyenne sur les 3 dernières années – et distribué d’énormes dividendes à de riches actionnaires tandis que des centaines de millions de personnes ont été confrontées à des réductions de salaires réels.
    France
  • Les quatre milliardaires français les plus riches et leurs familles – la famille Arnault, la famille Bettencourt Meyers, Gérard et Alain Wertheimer – ont vu leur fortune augmenter de 87 % depuis 2020. Dans le même temps, la richesse cumulée de 90% des Français a baissé.
  • Sur cette même période, les 42 milliardaires français ont gagné 230 milliards d’euros, autant que pour faire un chèque de 3 400 euros pour chaque Français-e.
  • Les 1 % les plus riches détiennent 36 % du patrimoine financier total en France alors que plus de 80% des Français ne déclarent posséder ni assurance-vie, ni actions directement.
  • 11 des plus grandes entreprises françaises ont réalisé 101 milliards de dollars de bénéfices entre juin 2022 et juin 2023, soit une augmentation de 57% par rapport à la période 2018-2021.
  • L’héritière Françoise Bettencourt est devenue la première femme milliardaire à voir sa fortune atteindre les 100 milliards d’euros.
    Grandes entreprises, médias : comment les milliardaires achètent le pouvoirDepuis 2020, l’accroissement de la fortune des milliardaires et l’accumulation de profits des multinationales sont intrinsèquement liés.A l’heure où l’élite économique se réunit à Davos, le rapport « Multinationales et inégalités multiples » révèle notamment que sept des dix plus grandes entreprises mondiales ont un·e PDG milliardaire ou un·e milliardaire comme actionnaire principal·e.Les grandes entreprises ont un pouvoir démesuré et sont une machine à fabriquer des inégalités. Salaires qui augmentent moins que la rémunération des PDG, bénéfices majoritairement utilisés pour rémunérer les actionnaires, optimisation fiscale : les milliardaires veillent avant tout à ce que les multinationales contribuent à leur propre enrichissement, au détriment du reste de la population.Ils utilisent par ailleurs leur richesse pour asseoir et conforter leur influence politique, en particulier via leur emprise sur les médias et leurs relations avec les hautes sphères de l’Etat.En France aussi, les milliardaires s’enrichissent et la pauvreté s’intensifieLes 4 milliardaires français les plus riches (Bernard Arnault et sa famille, Françoise Bettencourt Meyers et sa famille ainsi que Gérard Wertheimer et Alain Wertheimer) ont vu leur fortune augmenter de 87% depuis 2020.Sur la même période, les 42 milliardaires français ont gagné 230 milliards d’euros, soit l’équivalent d’un chèque de 3 400 euros pour chaque Français·e. Alors que les Français et Françaises subissent l’inflation de plein fouet et sont confronté·e·s à une véritable crise du pouvoir d’achat, l’enrichissement continu des ultra-riches fracture la société.Comme dans le reste du monde, l’omniprésence des milliardaires dans les mondes économique, politique et médiatique, est indéniable. En tête de proue : Bernard Arnault, à la tête de l’empire du luxe LVMH et de certains des plus grands médias français comme Les Échos ou Le Parisien, mais aussi le milliardaire Vincent Bolloré, qui fait des médias dont il est actionnaire principal une arme au service de l’extrême droite.Les recommandations d’OxfamOxfam appelle les États à réduire rapidement et radicalement le fossé entre les ultra-riches et le reste de la société grâce notamment aux mesures suivantes :Augmenter les impôts sur les ultra-richesOxfam estime qu’un impôt sur la fortune pour les multimillionnaires et les milliardaires du monde entier pourrait rapporter 1 800 milliards de dollars par an.Plus précisément, Oxfam France formule une série de recommandations fiscales qui permettraient de dégager 88 milliards d’euros par an, tout en préservant le pouvoir d’achat de 70% des Français, dont :Un impôt sur la fortune climatique pour les multimillionnaires et les milliardaires : Il s’agit de taxer, d’une part, le niveau de patrimoine (la taille de la fortune), et d’autre part, la quantité de CO2 qu’il contient (son impact sur le climat).Réguler les multinationales
  • Encadrer la part des bénéfices versés aux actionnaires
  • Conditionner les aides publiques aux entreprises aux investissements dans la transition
  • Imposer un écart de rémunération de 1 à 20 entre le salaire du dirigeant et le salaire médian de l’entreprise.
    Lire le rapportLire le focus France> Note méthodologique (résumé en français)> Note méthodologique complète (anglais)

Oxfam France - Le pouvoir citoyen contre la pauvreté

Oxfam France — Wikipédia

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Collecte de documents et agencement, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 19/01/2024

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

Site : https://isias.info/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Ecologie Sociologie Radicalisme Radicalité.7.docx

Mis en ligne par le co-rédacteur Pascal Paquin via Yonnelautre.fr : un site des alternatives, d’éducation populaire, un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, un site sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, sans mouchard, sans cookie tracker, sans fichage, sans Facebook, Google+ ou autres GAFA, et à empreinte numérique réduite, un site entièrement géré sous Linux et avec l’électricité d’Énercoop , géré par Yonne Lautre : https://yonnelautre.fr

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