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"Pour la conservation mondiale des forêts, un cri d’alerte des gardiens de 5 forêts primaires et 6 bonnes raisons de préserver les forêts comme fonction protectrice de l’environnement et de prévention des feux de forêt" par Jacques Hallard
vendredi 5 janvier 2024, par
Pour la conservation mondiale des forêts, un cri d’alerte des gardiens de 5 forêts primaires et 6 bonnes raisons de préserver les forêts comme fonction protectrice de l’environnement et de prévention des feux de forêt
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 04/01/2023
Plan du document : Préambule Introduction Sommaire Auteur
https://yonnelautre.fr/local/cache-vignettes/L225xH157/foret27-23224.jpg?1688415276
Forêts & changements climatiques en France : 2024 pourrait être « le coup de grâce » pour nos forêts - 30.12.23 - Il n’a jamais fait aussi chaud sur Terre qu’en 2023. Les répercussions de telles chaleurs sur les forêts françaises sont majeures, explique Jonathan Lenoir, du CNRS. https://reporterre.net/Forets-si-2024-ressemble-a-2023-ce-sera-le-coup-de-grace - La forte dégradation des forêts en France nous empêchera d’atteindre la neutralité carbone en 2050 14.12.23 - La neutralité carbone en 2050 est “loin d’être atteinte”, selon un (...) - 30 décembre 2023, par Rédaction Yonne Lautre
Forêts du Morvan, l’impact des coupes à blanc | ECHOSCIENCES - Bourgogne-Franche-Comté
In Forêts du Morvan, l’impact des coupes à blanc - Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 15 juin 2023 – Source : https://www.echosciences-bfc.fr/communautes/biodiversite-en-bourgogne-franche-comte/articles/forets-du-morvan-l-impact-des-coupes-a-blanc
arbre
Source : http://thiriet.canalblog.com/albums/trucs_piques_ailleurs/photos/55567971-arbre.html
Ce dossier rappelle tout d’abord l’évènement de 2023 sur la conservation mondiale des forêts avec le cri d’alerte lancé à cette occasion par les ‘Gardiens de la Forêt’
« Face au changement climatique, à la biodiversité menacée et au sort des peuples racines, cinq chefs autochtones nous livrent avec humour et sagesse un regard critique, interrogatif et empathique sur les dérives de l’Homo-economicus… » -
Gardiens de la forêt - Voyages et découvertes Artehttps://www.arte.tv › videos › gardiens-de-la-foret« Au cœur de cinq forêts primaires, de l’Amazonie à l’Océanie en passant par l’Afrique, cinq représentants des communautés autochtones s’engagent pour la protection de ces poumons verts : reboiser, lutter contre la pollution, préserver la biodiversité... À travers leur regard sensible, cette série documentaire nous invite à redonner place à leur vision du monde… » -
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Puis figurent dans ce dossier « Six bonnes raisons de préserver les forêts », d’après l’AFD, et les documents de l’ONF appelant à protéger les forêts et à agir pour l’environnement
AFD - Le groupe Agence française de développement (AFD) finance, accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et durable. Climat, biodiversité, paix, éducation, urbanisme, santé, gouvernance… Nos équipes sont engagées dans plus de 4.200 projets dans les Outre-mer et dqns150 pays. Nous contribuons ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable (ODD). https://www.afd.fr/fr
File:AfD Logo 2021.svg - Wikimedia Commons
L’Office national des forêts (ONF) est un établissement public à caractère industriel et commercial français chargé de la gestion des forêts publiques, placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ainsi que du ministère de la Transition écologique et solidaire… Wikipédia
Office national des forêts — Wikipédia
Ensuite, la notion de Forêt de protection est explicitée selon Wikipédia et finalement est reproduit le rappel officiel de la Prévention des feux de forêt en France…
Le détail des documents choisis – avec leurs accès - est donné dans le sommaire ci-après.
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- La série documentaire ’Gardiens de la Forêt’ dévoilée en avant-première à Monaco : un regard inspirant sur la conservation mondiale des forêts - Monaco Événements Initiative - 22 Novembre 2023
- ’Notre mère la Terre nous dit qu’elle souffre’ : le cri d’alerte des ‘Gardiens de la Forêt’ – Vidéo 7:40 de ‘20h TF1’
- Qui sont les deux ’Gardiens de la forêt’ invités exceptionnels du 20H de TF1 dimanche ? par Romain LE VERN - Publié le 25 novembre 2023 à 8h00, mis à jour à 18h04 - Source : Sujet TF1 Info
- Six bonnes raisons de préserver les forêts publié le 08 Juillet 2021 – Document ‘AFD’ Biodiversité
- Protéger les forêts et agir pour l’environnement – Documentation ‘onf.fr’
- La notion de Forêt de protection selon Wikipédia
- Rappel sur la Prévention des feux de forêt en France - Le Vendredi 2 juin 2023 – Document officiel
Retour au début du sommaire
Retour au début de l’introduction
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La série documentaire ’Gardiens de la Forêt’ dévoilée en avant-première à Monaco : un regard inspirant sur la conservation mondiale des forêts - Monaco Événements Initiative - 22 Novembre 2023
https://www.fpa2.org/medias_upload/moxie/photos_actualites/PF2_0895.jpg
Crédit photo : ©Philippe Fitte / FPA2
La Fondation Prince Albert II de Monaco, ARTE et Lato Sensu productions ont dévoilé, le 21 novembre 2023, en avant-première un épisode de la série documentaire ’Gardiens de la Forêt’ au Grimaldi Forum. En présence de la productrice Muriel Barra et des chefs autochtones Hilarion Kassa Moussavou ’Mambongo’ (Gabon), Benki Piyãko (Brésil), Twyla Edgi Masuzumi (Canada), Mundiya Kepanga (Papouasie) et Tumursukh Jal (Mongolie), l’épisode ’Brésil – Replanter l’Amazonie’ a mis en lumière les efforts de Benki Piyãko.
Cette série captivante explore les écosystèmes forestiers essentiels dans le monde entier, chaque leader partageant son histoire unique et son combat. La projection a été suivie d’une table ronde puissante, unissant les voix autochtones dans le cadre de la campagne ’Our Forests #OurResponsibility’.
La série a été diffusée sur ARTE le 09 décembre 2023 et elle est disponible sur http://arte.tv à partir du 02 décembre 2023.
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Adresse : Fondation Prince Albert II de Monaco Villa Girasole 16, Boulevard de Suisse 98000 MONACO
’Notre mère la Terre nous dit qu’elle souffre’ : le cri d’alerte des ‘Gardiens de la Forêt’ – Vidéo 7:40 de ‘20h TF1’
Saisie d’image TF1 : à gauche le chef papou Mundiya Kepanga ; à droite la jeune militante amérindienne Twyla Edgi-Masuzumi - TF1 INFO - 26 novembre 2023
Deux des cinq ’Gardiens de la forêt’ ont adressé un message fort au 20H de TF1, ce dimanche. Face au réchauffement climatique, à la déforestation, aux pollutions, leur environnement change et nécessairement le nôtre aussi. Twyla Edgi Masuzumi et Mundiya Kepanga sont venus du Canada et de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour lancer leur cri d’alerte à quatre jours du début de la Cop 28. ➡️ Toute l’actualité en direct sur https://www.tf1info.fr … Transcription - Ne perdez plus le fil grâce à la transcription.
Source : https://www.youtube.com/watch?v=wAhG0C3I-78
Qui sont les deux ’Gardiens de la forêt’ invités exceptionnels du 20H de TF1 dimanche ? par Romain LE VERN - Publié le 25 novembre 2023 à 8h00, mis à jour à 18h04 - Source : Sujet TF1 Info
Les Gardiens de cinq forêts primaires, venus de cinq continents différents, sont pour la première fois en visite en France pour porter un message d’urgence de protection.
Deux d’entre eux, Twyla Edgi Masuzumi, jeune Gardienne de la Terre de la communauté Denée au Canada, et Mundiya Kepanga, chef papou de la tribu des Hulis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, sont invités sur le plateau du 20H d’Anne-Claire Coudray ce dimanche.
La COP28 à l’affluence inédite se tient du 30 novembre au 12 décembre 2023 aux Émirats arabes unis avec, au menu, deux grandes batailles autour de la finance et des énergies fossiles, dont l’utilisation massive pousse l’humanité vers de nouveaux précipices climatiques.
Avant de rejoindre l’événement, les Gardiens de cinq forêts primaires, de cinq continents différents, veulent réveiller les consciences pour sauvegarder ces poumons verts indispensables à notre planète. Ils sont en visite ensemble en France pour la première fois, afin de porter un message d’urgence de protection.
À savoir Twyla Edgi Masuzumi, jeune Gardienne de la Terre de la communauté Denée au Canada ; Mundiya Kepanga, chef papou de la tribu des Hulis en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; Hilarion Kassa Moussavou, homme-médecine du Gabon ; Benki Piyakō, leader de la communauté Ashaninka du Brésil ; et Tumursukh Jal, directeur de la zone protégée Taiga Rouge en Mongolie.
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Twyla Edgi Masuzumi et Mundiya Kepanga invités de TF1
Les cinq chefs tribaux, désignés ’ambassadeurs mondial de la forêt’ par l’UNESCO en 2022, se rendent ce samedi au premier Evian Summit (Sommet des forêts mondiales) pour y lancer un appel.
Et ce dimanche, deux d’entre eux, Twyla Edgi Masuzumi et Mundiya Kepanga, sont invités au 20H de TF1. Une femme et un homme, de deux générations différentes, représentant respectivement la forêt du nord et la forêt du sud.
En pleine forêt boréale canadienne, la jeune Twyla Edgi Masuzumi est une militante active et respectée par sa communauté Dénée. Jeune recrue des Gardiens de la Terre, qui se battent pour la cause amérindienne et pour la défense des Premières Nations du Canada depuis plus de 50 ans, elle dénonce les dégâts écologiques et culturels que les grandes compagnies pétrolières et minières leur imposent sur leur territoire. Sur les traces des premiers combattants, Twyla souhaite activement faire retrouver à la nouvelle génération leur lien ancestral avec la forêt.
Six bonnes raisons de préserver les forêts publié le 08 Juillet 2021 – Document ‘AFD’ Biodiversité
forêts fleuvePhoto agrandie
Biodiversité, climat, dépollution, tourisme… Les forêts du globe nous rendent de nombreux services. Passage en revue des six principales raisons que nous avons de les protéger.
#1 Des lieux à la biodiversité exceptionnelle
Si les forêts gardent encore de nombreux secrets, c’est parce qu’elles sont de formidables réservoirs de biodiversité : 80 % des espèces terrestres de la planète y trouvent refuge, tandis qu’un seul mètre carré de sol forestier renferme pas moins de 1 000 espèces différentes d’invertébrés, en moyenne.
En Amazonie, une nouvelle espèce animale ou végétale est découverte tous les deux jours, tandis que sur l’île indonésienne de Sumatra 400 espèces inédites de plantes ont été recensées depuis 1995.
Ce « capital naturel », appelé ainsi par le naturaliste Jean Dorst, est pourtant en danger. À court terme, une espèce sur huit serait vouée à disparaître. Au point que certains scientifiques n’hésitent pas à parler de « 6e extinction massive ». Sauf qu’à la différence des précédentes, l’humain est cette fois-ci responsable.
#2 Des alliées contre le réchauffement climatique
« La planète est en surchauffe, il faut d’urgence la mettre à l’ombre des arbres », alertait récemment Nathalie de Noblet, coordinatrice au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans la revue Science & Vie. L’image est bien choisie puisque les forêts représentent le deuxième plus grand puit de carbone de la planète, derrière les océans.
Un arbre de 5 m3 est en effet capable de stocker 5 tonnes de CO2 en moyenne au cours de sa vie. C’est l’équivalent de l’empreinte carbone de cinq vols aller-retour Paris-New York pour un seul passager. Actuellement, les forêts absorbent chaque année près de 2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit 5 % des gaz à effet de serre émis à l’échelle mondiale. C’est loin d’être négligeable.
Les forêts jouent aussi un rôle de premier plan dans le remplacement des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz…) par celles issues de la biomasse (bois, biogaz…). Ces dernières ont l’avantage d’être renouvelables et affichent un bilan carbone nettement plus positif. Les résidus de scieries, le bois de qualité inférieure et les branchages issus des éclaircissements pourraient notamment être mieux valorisés qu’aujourd’hui.
Sans les forêts, le dérèglement climatique serait déjà à un stade plus avancé. Mais avec elles, nous pouvons espérer l’enrayer un jour.
#3 Une ressource indispensable aux populations locales
Qu’il s’agisse des Pwo Karen en Thaïlande, des Waiapi en Amazonie ou des Ntumu au Cameroun, les peuples forestiers représentent 700 millions d’individus. Ils forment des populations disparates, allant des agriculteurs (cacao, café…) aux chasseurs-cueilleurs, en passant par les producteurs itinérants (latex, noix…) et les commerçants, tous liés au destin des forêts.
Et si l’on ajoute les populations qui, dans le monde entier, utilisent du bois pour se chauffer, cuisiner ou construire leur habitation, des plantes pour se soigner, du gibier ou des fruits pour se nourrir, ce sont au total près de 1,6 milliard de personnes qui dépendent des forêts pour subvenir à leurs besoins élémentaires, soit un cinquième de la population mondiale.
#4 Des remparts contre les catastrophes naturelles
Avalanche, coulée de boue, érosion, inondation... Les forêts se dressent comme des remparts face aux risques naturels, atténuant leurs dégâts. Même lorsque les catastrophes sont d’une extrême violence : une étude réalisée sur l’île de Palu, en Indonésie, suite au tsunami de 2018, a révélé qu’une mangrove de 50 à 70 mètres d’épaisseur avait permis de diminuer la hauteur de la vague meurtrière de 5 mètres à 1 mètre, épargnant ainsi les villages voisins. Cette mangrove se révéla plus efficace que n’importe quelle digue artificielle.
Lire aussi : En Indonésie, les pêcheurs de Palu se relèvent du tsunami
Encore faut-il que les forêts soient suffisamment robustes. Si le Portugal subit autant d’incendies géants ces dernières années, c’est en partie parce que ses forêts sont majoritairement constituées d’une seule espèce d’arbre, peu résistante aux feux, et que beaucoup de parcelles souffrent d’un trop faible entretien. Une foresterie durable et diversifiée demeure alors la meilleure arme contre les catastrophes naturelles.
#5 Des garants de la qualité de l’eau
Dans l’imaginaire commun, « l’eau de source » se rapproche de l’eau parfaite. Il serait pourtant plus juste de dire « eau de forêt ». Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a ainsi montré que l’eau qui transite par un massif forestier est nettement moins polluée (dix à vingt fois moins) que celle captée sous des cultures (maïs, céréales, colza).
Les forêts sont des milieux naturels où les pesticides et les engrais sont absents la plupart du temps. Mais les micro-organismes présents dans leurs sols assurent également une filtration très efficace des impuretés. Tandis que les sous-sols forestiers peuvent stocker d’importantes quantités d’eau – jusqu’à 2 millions de litres par hectare. De véritables sources de vie.
#6 Des leviers d’attractivité touristique
Partout dans le monde, les forêts deviennent des hauts lieux de tourisme. L’allée des baobabs, une douzaine de ces gigantesques arbres longeant une route de l’ouest de Madagascar, est l’une des attractions les plus visitées de la région. L’île japonaise de Yakushima, entièrement recouverte de forêts primaires, a connu un regain de fréquentation depuis qu’elle a inspiré le film d’animation Princesse Mononoké. Tandis que les interminables palmiers de la vallée de Cocora sont désormais une étape incontournable pour quiconque voyage en Colombie.
Un rapport publié par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes) rappelle toutefois la nécessité de maîtriser l’affluence dans ces lieux à l’équilibre fragile. Se promener en forêt, oui, à condition de pouvoir aussi y préserver la vie sauvage.
Dossier forêts :
Gabon : exploiter la forêt sans la détruire Marthe Mapangou : « Combiner exploitation forestière et développement durable, c’est possible » Dans le bassin du Congo, une gestion responsable pour protéger la forêt tropicale Comment mieux associer les populations locales à la gestion des forêts ? FSC, PEFC : le long chemin vers des exploitations certifiées durables 30 ans d’action de l’AFD pour les forêts du bassin du Congo « Nous encourageons les exploitants forestiers à faire évoluer leurs pratiques »
A lire aussi :
Décryptage L’AFD aux côtés du Vietnam pour un avenir bas carbone et résilient
Entretien COP28 : « Les banques publiques de développement peuvent être à la hauteur de l’enjeu »
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Source : https://www.afd.fr/fr/actualites/6-bonnes-raisons-de-preserver-les-forets
Protéger les forêts et agir pour l’environnement – Documentation ‘onf.fr’
Préserver la biodiversité, protéger les ressources en eau, prévenir les risques naturels, garantir l’équilibre forêt-gibier, sauvegarder le patrimoine historique et culturel… Les missions de protection assurées par l’Office national des forêts (ONF) sont très étendues. Découvrez son champ d’action et toute sa diversité.
Préserver la biodiversité
La diversité biologique assure le bon fonctionnement de la forêthttps://www.onf.fr/onf/lonf-agit/+/...et sa capacité à faire face au changement climatique. Voilà pourquoi préserver la biodiversité est l’une des missions prioritaires de l’ONF, en métropole et dans les territoires d’Outre-mer.
Concrètement, les forestiers de l’Office mènent au quotidien des actions de préservation et de renforcement de la biodiversité, parmi lesquelles :
- l’interruption des travaux durant les périodes de nidification d’oiseaux, comme la cigogne noire ;
- la conservation d’arbres morts et d’arbres à cavités, essentiels au maintien de la biodiversité et pour de nombreux insectes, oiseaux ou chauve-souris ;
- la préservation des sols forestiers et des cours d’eau grâce à un cahier des charges mis en œuvre par les intervenants en forêt ;
- Abandon de l’utilisation de produit phytopharmaceutiqueen forêt ;
- la restauration de l’équilibre forêt-gibier.
Certains forestiers ont une casquette particulière... Ils sont forestiers naturalistes ! Leur mission se résume ainsi : pour protéger efficacement la biodiversité, il faut bien la connaître. Voici pourquoi, depuis 2004, l’ONF a mis en place six réseaux spécialisés, regroupant 220 forestiers naturalistes.
En collaboration avec des acteurs locaux et nationaux, ils réalisent des inventaires et des suivis écologiques. Ce travail d’observation, de recensement et de compréhension, mêlant recherche et terrain, est crucial pour la sauvegarde des espèces et des habitats dans la gestion forestière. Ils s’intéressent aussi bien aux espèces en danger qu’aux espèces communes.
En récoltant des centaines de milliers de données sur tout le territoire, le travail des réseaux naturalistes de l’ONF guide ensuite les gestionnaires forestiers dans leurs pratiques quotidiennes.
Régine Touffait, secrétaire générale de la Direction forêts et risques naturels (DFRN) à l’ONF.
’Forêts et biodiversité’, une page spéciale pour en savoir plus...
Les forestières et les forestiers de l’Office national des forêts (ONF) agissent toute l’année au service de la protection de l’environnement en gérant de manière durable les forêts publiques. Prise en compte des espèces ordinaires et remarquables, création de réserves biologiques, missions naturalistes, partenariats avec les agences de l’eau... Suivez-nous, on vous en dit plus !
Plus d’informations sur cette page spéciale ’Forêts et biodiversité’ ici !
Et aussi :
Les plans nationaux d’action espèces menacées
Créer et gérer des réserves biologiques
La gestion des forêts publiques est multifonctionnelle. Qu’est-ce que veut dire ce terme technique ? Tout simplement qu’en fonction des enjeux propres à chaque forêt, la gestion des forestiers combine la préservation de la biodiversité, la production de bois, l’accueil du public et la prévention des risques naturels.
Quand les enjeux écologiques sont prépondérants, ils peuvent amener l’ONF à la création d’espaces protégés plus spécialisés dans la conservation du patrimoine naturel : ce sont les réserves biologiques.
Spécifique aux forêts publiques, le statut de réserve biologique existe depuis les années 1950. En 2023, le réseau national compte 250 réserves, couvrant plus de 54 000 hectares dans les forêts de métropole et plus 86 000 hectares dans les départements d’Outre-mer.
Ces réserves sont de deux types :
- réserves biologiques dirigées (RBD), où l’on applique une gestion particulière pour la conservation d’espèces ou de milieux naturels rares et vulnérables ;
- réserves biologiques intégrales (RBI), soustraites à la sylviculture et qui constituent de précieux témoins de la forêt en évolution naturelle.
Le saviez-vous ?
L’Office est acteur du réseau Natura 2000qui réunit les sites naturels à grande valeur patrimoniale de l’Union Européenne. 30% de la forêt publique se situe en zone Natura 2000.
Pour aller plus loin, lisez nos articles sur les réserves biologiques
Biodiversité : tout savoir sur les réserves biologiques
2019, un bilan positif pour les réserves
Agir pour la qualité de l’eau
Étangs, mares, tourbières, forêts alluviales, marais, sources… L’eau façonne les divers paysages forestiers. L’ONF veille au quotidien à la préservation de ces milieux qui présentent à la fois un intérêt hydrologique et une grande richesse écologique et patrimoniale.
La forêt est un élément régulateur naturel de la ressource en eau. Les arbres puisent leurs nutriments en sels minéraux dans le sol et dans l’eau pour croître. Ils exercent ainsi un effet de filtre naturel. Leur rôle est donc majeur pour protéger les captages d’eau potable.
La forêt, un filtre pour l’air et l’eau©ONF
La forêt joue aussi un rôle de tampon en absorbant de forts volumes d’eau qu’elle restitue progressivement. Elle limite ainsi les phénomènes de crues et les risques d’érosion. L’action de l’ONF consiste à renforcer ce rôle positif de la forêt. Des travaux sont par exemple engagés pour permettre le passage de véhicules de chantiers forestiers sans endommager les sols ni les cours d’eau. Préservées, ces zones humides fragiles (marais, tourbières et habitats associés) peuvent accueillir une plus grande diversité d’espèces animales et végétales.
Des accords-cadres avec les agences de l’eau...
Depuis 2013, l’ONF développe des accords-cadres de coopération avec les Agences de l’eau : Rhône-Méditerranée-Corse ; Seine-Normandie ; Loire-Bretagne ; Rhin-Meuse ; Adour-Garonne ; Martinique. Ils permettent de réaliser les objectifs nationaux fixés par la politique de l’eau et par la directive européenne cadre sur l’eau en matière de préservation et de restauration des milieux humides.
Vers le site des agences de l’eau.
Adapter les forêts au changement climatique
Scolyte de l’épicéa, encre du châtaignier,rougissement du sapin... Le changement climatique touche déjà gravement la forêt française. Face à des épisodes plus fréquents de sécheresse, l’avenir des forêts est en jeu et les arbres dépérissent.
Depuis 2018 dans les forêts publiques, plus de 300 000 hectares sont touchés par ces dépérissements, soit environ 30 fois la superficie de Paris. ’A terme, mais cela reste une hypothèse, nous pensons que 500 000 hectares de forêts domaniales pourraient être impactés’, avance Brigitte Pilard-Landeau de la direction Forêts et risques naturels de l’ONF.
Pour aider les forêts à s’adapter au climat de demain, l’ONF travaille étroitement avec l’Etat, les collectivités territoriales, les chercheurs... Préserver les forêts est une nécessité pour tous. Deuxième puits de carbone de la planète après les océans, les forêts absorbent chaque année 10 milliards de tonnes de CO2, dont 51 millions de tonnes en France. La forêt est aussi source de bien-êtrepour les populations et produit un matériau écologique, local et durable, le bois.
Depuis 2020, l’Office déploie également son concept de ’Forêt mosaïque’, qui vise à diversifier les essences et les modes de sylviculture. Ce qui passe notamment par l’expérimentation de nouvelles essences forestières, qui pourraient être mieux adaptées aux climats plus chauds de demain, dans des îlots d’avenir.
200 millions d’euros pour les forêts face au changement climatique
Fin 2020, l’Etat a officiellement annoncé un vaste volet forestier du plan France Relance, de 200 millions d’euros pour les deux prochaines années. L’ambition : adapter les forêts au changement climatique, protéger la biodiversité et répondre aux besoins de la société en produits de bois. Un effort inédit de 150 millions d’euros sera fourni pour reboiser, en incitant les propriétaires à investir pour adapter leurs forêts au changement climatique. Ainsi, c’est plus de 45 000 hectares de forêts qui devraient pouvoir être adaptés, régénérés ou reconstitués, soit environ 50 millions d’arbres.
A lire : l’Etat s’engage pour préserver les forêts de demain
Et aussi :
Forêts publiques françaises : le nouveau visage
Vers notre page spéciale ’Forêts et changement climatique’
Défense des forêts contre les incendies©Giada Connestari / ONF
Prévenir les risques naturels
En partenariat avec l’Etat, les équipes spécialisées de l’ONF agissent sur le terrain pourlimiter lesrisques naturelsqui tendent à s’amplifier sous l’effet du réchauffement climatique. Anticiper et gérer les feux de forêts est une des missions d’intérêt général confiée à l’Office par l’Etat.
La prévention des feux de forêts est un enjeu majeur pour l’ONF. Le risque - qui se concentre principalement en région méditerranéenne durant l’été, mais qui s’étend désormais partout en France - mobilise fortement les forestiers à toutes les étapes du sinistre :
- En amont, les forestiers font respecter la réglementation et sensibilisent le grand public pour limiter les départs de feu.
- Les ouvriers forestiers procèdent à des débroussaillements et au maintien dans un bon état de fonctionnement des pistes, points d’eau (citernes), postes de vigie...
- Sur le terrain, les forestiers s’emploient aussi à détecter les incendies et à les signaler aux pompiers. Lors d’un sinistre, ils donnent aux forces de secours des informations cruciales pour intervenir efficacement (localisation des citernes à eau, pistes à emprunter, types de végétation…). Ils peuvent élaborer une cartographie permettant aux pompiers de connaître précisément la position du feu et de suivre son évolution.
- Après l’incendie, la priorité des forestiers est de sécuriser la zone (chutes d’arbres, éboulements...). À plus long terme, ils créent peu à peu les conditions qui vont permettre à la forêt de renaître de ses cendres.
©ONF
Lutter contre l’érosion dunaire
La préservation des dunes est une autre mission d’intérêt général confiée par l’Etat à l’ONF. À l’avant des massifs forestiers, les dunes sont une protection naturelle du littoral contre l’érosion provoquée par la mer et le vent. Elles sont un milieu fragile et riche d’une biodiversité.
Les forestiers de l’ONF aménagent ces espaces mouvants pour retenir le sable. Ils végétalisent la dune avec les plants d’oyat, mettent en place de branchages, des filets cocos ou des ganivelles - des clôtures formées par l’assemblage de lattes de bois. Ils installent aussi des clôtures pour limiter l’impact du piétinement. Cet entretien quotidien des zones dunaires est la condition de leur préservation.
Et aussi :
Vers le site de l’Observatoire de la côte aquitaine
La protection des dunes : une histoire qui a de l’avenir !
Restauration des terrains de montagne©Giada Connestari / ONF
Prévenir les différents risques en montagne
La forêt est essentielle pour prévenir les risques naturels. Elle limite l’importance des crues et, en montagne, joue un rôle clé pour réduire les avalanches, chutes de blocs, glissements de terrain et l’érosion superficielle. Le couvert forestier limite l’érosion des sols sur les flancs de montagne et donc l’alimentation des lits torrentiels en rochers. Dans les zones de départ d’avalanche, la présence d’un peuplement forestier dense fixe le manteau neigeux en altitude.
Les forestiers de l’ONF participent à renforcer le rôle de protection des forêts de montagne à travers leur mission de Restauration des terrains en montagnehttps://agriculture.gouv.fr/la-rest...(RTM).A l’ONF, 101 personnes réparties au sein de 9 services sont mobilisées quotidiennement pour assurer cette mission d’intérêt général confiée par l’État. Leurs actions consistent à entretenir quelque 23 000 ouvrages de protection (barrages, paravalanche...) en forêt domaniale RTM et à accompagner le renouvellement des peuplements ayant un rôle avéré de protection. En maintenant un couvert forestier en montagne, les forestiers participent à la prévention des risques naturels.
En savoir plus :
[Vidéo] “900 ans face aux avalanches”
Restauration des terrains de montagne (RTM) : expertise sur corde, à flanc de montagne
Equilibre forêt-gibier©Nathalie Petrel / ONF
Restaurer l’équilibre forêt-gibier
L’ONF s’assure que les grands herbivores ne compromettent pas la croissance de la forêt. Alors que celle-ci a un cycle de vie qui se compte en siècles, le gibier se multiplie quant à lui très rapidement.
Pour éviter que les animaux ne dévorent les jeunes pousses, les forestiers installent autour des dispositifs de protection. Mais ce n’est pas une solution durable. L’ONF et les chasseurs travaillent de concert pour rétablir un équilibre entre la forêt et les populations d’ongulés. - ©Van Meer / ONF
L’augmentation de ces populations a un impact préjudiciable sur la flore forestière. En plaine les cerfs, chevreuils sont nombreux ; en montagne les chamois, isards et mouflons sont moins denses. Les dégâts causés aux jeunes arbres sont trop importants : consommation de jeunes pousses ou rameaux, frottis de jeunes tiges, écorçage des arbres... La diversité de la flore et le renouvellement de la forêt s’en trouvent menacés.
Qu’est-ce que l’équilibre sylvo-cynégétique ?
L’équilibre ’sylvo-cynégétique’, aussi appelé ’équilibre forêt-gibier’, consiste à rendre compatible la présence des grands herbivores en forêt avec le nécessaire renouvellement des peuplements forestiers.
Pour aller plus loin :
Cerfs, chevreuils, sangliers… Trop d’ongulés nuit aux forêts
Innover pour préserver la forêt et mieux répondre aux besoins de la société
Sauvegarder le patrimoine historique et culturel©Anne-Marie Granet / ONF
Sauvegarder le patrimoine historique et culturel
Les forêts françaises sont depuis toujours façonnées par l’homme et ses activités. Elles conservent aujourd’hui la ’mémoire’ de l’histoire. Des vestiges archéologiques, mais aussi naturels permettent de mieux comprendre l’état actuel de la forêt et de mieux la gérer.
- Le patrimoine bioculturel
C’est le nom donné aux vestiges archéologiques et naturels dans les forêts. Ils sont appréhendés de façon pluridisciplinaire, mêlant sciences humaines et forestières. Sites archéologiques, ponts, croix, fontaines, lavoirs... De nombreuses traces d’occupation humaine sont présentes dans les forêts. Ce patrimoine culturel est aujourd’hui pris en compte dans la gestion forestière, l’ONF disposant même de son propre réseau d’archéologues.
- Les monuments historiques
Ils présentent un intérêt public du point de vue de l’histoire ou de l’art, et à ce titre bénéficient d’une protection juridique spécifique. Une attention particulière est portée aux édifices classés ou inscrits au titre des Monuments historiques. Les monuments naturels que sont les arbres remarquables font également l’objet d’un suivi personnalisé.
Avec le LiDAR aéroporté, l’ONF s’est doté d’une technologie innovante utilisée à la fois pour l’archéologie et pour la gestion forestière. Équipé de ce laser, un avion survolant une forêt est ainsi capable d’en fournir une image en 3D, avec une précision au décimètre. Ce scanner offre ainsi une vision précise des reliefs et de la végétation, y compris sous le couvert. En mettant en évidence certains tracés et constructions, ce laser a même permis de découvrir des vestiges gallo-romains.
Vue de la forêt domaniale de Haye avec le Scan Laser Lidar - ©IGN
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Office national des forêts — Wikipédia
Source : https://www.onf.fr/onf/lonf-agit/+/1b::proteger-les-forets-et-agir-pour-lenvironnement.html
La notion de Forêt de protection selon Wikipédia
Une forêt de protection, une forêt protectrice, est une forêt identifiée comme préservant soit la sécurité de riverains contre certains risques naturels, soit la santé et la qualité de vie d’habitants de zones urbanisées, soit des écosystèmes particulièrement sensibles qu’elle héberge. Cette reconnaissance est actée selon une réglementation appropriée ou un contrat adapté, afin de la protéger, de la gérer ou de la restaurer en garantissant son objectif de protection. Elle peut être publique (domaniale ou communale) ou privée.
Les boisements de pentes, s’ils sont judicieusement positionnés, protègent, le plus souvent efficacement, les vallées habitées de l’avalanche, des chutes de pierres et coulées de boues.
Dans le monde
En montagne, les feuillus à tronc multiples, ou cépées, sont plus efficaces pour retenir les blocs qui se détachent du sommet1 (ici, dans la forêt domaniale du Boutat, Isère).
Elles sont protégées contractuellement ou de manière obligatoire (avec expropriation le cas échéant) pour assurer le maintien des sols contre l’érosion, les avalanches, coulées de boues, le risque d’incendie, mais aussi pour retenir les chutes de blocs2, etc. notamment sur les montagnes et sur les pentes, participant en hiver à la défense contre les avalanches et à l’infiltration de l’eau dans les nappes au profit d’une régulation des débits et volumes de crue en aval. En effet, un boisement diversifié (en termes d’essences et de classes d’âges) offre la meilleure protection du sol grâce au tissu racinaire qui stabilise les substrats vulnérables à l’érosion. Il permet aussi une meilleure résilience écologique.
Dans certains pays, des boisements de petites tailles peuvent être plantés et/ou protégés pour contribuer à la dépollution des eaux de surface et à la protection des nappes et champs captants fournissant l’eau potable. Le boisement pérenne y garantit l’absence de construction, d’activités très polluantes et d’agriculture (cf. risques chimiques liés aux intrants tels qu’engrais et pesticides, et risque microbien lié aux excréments et lisiers animaux).
Ces forêts ont une importance particulière dans les pays où le relief est marqué et où le risque sismique est élevé, au Japon par exemple, où Akira Miyawaki a développé de nouvelles techniques de restauration de forêts (qui ont contribué à créer ou améliorer 1 400 forêts de protection dans ce pays)[réf. souhaitée].
Ces forêts peuvent être gérées comme des réserves naturelles intégrales ou exploitées avec précaution, sur autorisation, avec des cahiers des charges garantissant une minimisaton des impacts négatifs de la gestion sur l’environnement.
Dans les montagnes européennes, « si l’augmentation de la température de 2 à 4 °C se confirme dans les prochaines décennies, la montée en altitude des feuillus rendra les forêts plus efficaces contre les chutes de pierres et celle des résineux diminuera le risque d’avalanche »3. Ces résultats sont issus de travaux menés par Irstea, dont des essais en grandeur réel réalisés sur le site expérimental de Vaujany4 dans l’Isère ou des simulations à l’aide d’outils numériques, comme RockforNET5 ou Rockyfor3D6, tous deux en accès libre sur le site de la fondation ecorisQ (une association internationale qui regroupe des professionnels de la gestion des risques naturels7).
Forêts périurbaines de protection
Dans certains pays, dont la France, la loi permet le classement (quel que soit le propriétaire) de ceintures vertes ou de forêts périurbaines en périphérie des grandes agglomérations, et dans toute zone où leur maintien s’impose pour des raisons écologiques ou pour le bien-être de la population8. Elles sont souvent multifonctionnelles dans leurs objectifs. Cette dernière possibilité a été utilisée notamment en Île-de-France, pour les massifs de Fontainebleau, Rambouillet, Sénart, Fausses-Reposes et Saint-Germain-en-Laye.
En France
Cette notion semble être préfigurée par une loi de 18599 votée alors que d’une part la disponibilité croissante du charbon atténue la pression sur les forêts, mais que d’autre part on prend conscience que les déboisements ont de graves conséquences sur le cycle de l’eau et en matière d’érosion et de microclimats ; le législateur y autorise le défrichement en coupes de plus de 10 hectares après déclaration préalable à l’autorité compétente et en inventant au passage ou préfigurant la notion de forêt de protection. Il précise que l’administration peut s’opposer au défrichement si la conservation du boisement est reconnue nécessaire10 :
- « Au maintien des terres, sur les montagnes ou sur les pentes » ;
- « À la défense du sol, contre les envahissements des fleuves, rivières ou torrents » ;
- « À l’existence des sources et cours d’eau » ;
- « À la protection des dunes, et des côtes, contre les érosions de la mer et l’envahissement des sables » ;
- « À la défense du territoire, dans la partie de la zone frontière, qui sera déterminée par un règlement » ;
- « À la salubrité publique ».
...autant de motifs, dont l’importance ne sera jamais contestée, mais qui, faute de définition juridique précise s’avéreront difficile à déterminer. Il n’y a pas de classement, l’administration doit faire valoir ses arguments au cas par cas, pour les milliers de dossiers de demande d’autorisation, ce qu’elle ne peut faire correctement faute de moyens.
Plus tard, la « forêt de protection » désignera un statut défini dans le code forestier français, aux articles L. 141-111 et R. 141-112 et suivants. Il s’agit de la protection foncière la plus stricte applicable aux forêts en France, avec un classement à l’échelle de la parcelle cadastrale validé par le Conseil d’État.
La première possibilité de classer des boisements en forêts de protection date de la loi du 28 avril 1922, pour protéger les sols contre l’érosion, les avalanches et l’envahissement des eaux (la liste des objectifs s’est étendue depuis cette date, en particulier le Code forestier a été modifié en 1976 pour inclure le motif de protection des écosystèmes (ce motif a été utilisé en 1982 pour classer les 80 ha relictuels du bois Dardennes13 à Ducey, restes d’une ancienne forêt alluviale de la Manche qui, selon la tradition locale, aurait été la forêt de Scissy submergée par un raz-de-marée au VIIIe siècle).
C’est le préfet ou l’État qui initie le classement en forêt de protection.
Si le boisement à classer s’étend sur plusieurs départements, le ministre de l’Agriculture confie la gestion de la procédure à l’un des préfets.
Vers 2007, 114 500 ha étaient classés au titre de la forêt de protection. En 2011, 150 400 hectares en métropole (0,9 % de la surface forestière) sont classés en forêt de protection en France, dans 34 départements, en zones de montagne, littorales, périurbaines et en zones alluviales inondables rhénanes14. Les départements de France comptant le plus de superficie en forêts de protection sont la Seine-et-Marne avec 28 000 ha et les Yvelines avec 25 000 ha (forêts périurbaines pour ces 2 départements), puis vient l’Ariège avec 12 500 ha concernés (risques naturels de glissement des terres, avalanches et éboulements)15.
Types de forêts concernées
Tous les types de forêt peuvent être concernés : primaires ou secondaires, anciennes ou récemment reconstituées, publiques et relevant du régime forestier, ou privées. Dans ce dernier cas, le propriétaire peut faire approuver par le préfet un règlement d’exploitation pris sur avis du directeur départemental de l’Agriculture, en tenant compte des motifs qui ont entraîné le classement, et auprès duquel il doit déposer des demandes ponctuelles d’autorisations spéciales de coupes. La diminution du revenu normal d’un propriétaire peut faire valoir indemnisation par l’État. Le propriétaire peut aussi exiger l’acquisition (qui se fait de gré à gré, ou au prix des domaines par voie d’expropriation) des bois classés s’il prouve que le classement l’a privé d’au moins la moitié du revenu normal qu’il retirait de sa forêt.
Arbre déformé par l’action du vent de la forêt de protection de la Mallouyere à Mimizan, dans le département français des Landes.
Selon leurs fonctions prioritaires et position géographique, on les classe en :
forêts de montagne classées pour leur fonction de protection contre les chutes de blocs2 et les avalanches (en stabilisant la neige sur leur houppier et sous leur couvert) et/ou pour lutter contre l’érosion et/ou pour leur valeur écologique
forêts littorales pour la fixation des dunes et la protection contre l’érosion éolienne ou marine, ou contre la submersion
forêt alluviale pour leur grande valeur écologique, et la protection de l’eau (ex. : la quasi-totalité des forêts rhénanes)
fonctions aménitaires (dont rôle social, pédagogique et d’accueil du public). En 1992, le ministre de l’Agriculture a produit une circulaire qui définit des directives de gestion des forêts domaniales périurbaines, insistant sur la nécessité d’être vigilant pour leur protection foncière, mais aussi sur la sauvegarde de la diversité biologique. L’un des derniers classements à ce titre est celui de la forêt de Bondy au mois d’août 2022 sur une partie des communes de Clichy-sous-Bois, Coubron et Montfermeil dans le département de la Seine-Saint-Denis16.
Le portail des données ouvertes du gouvernement français donne une liste de ces parcelles forestières au 1er mai 2023 un total de 167 852,91 hectares : allant de d[Quoi ?]6,11 ha (Entrages ; forêt de Chabrières dans les Alpes de Haute-Provence) à 6 717,77 ha (La Tremblade, Les Mathes, Saint-Augustin, Saint-Palais-sur-mer : Massif de la presqu’ile d’Arvert) selon les données de novembre 2019 mises à jour)17. La plus grande forêt de protection en France est le massif de Fontainebleau, classé en 2002. Plutôt que de classer la forêt de Fontainebleau (28 500 hectares accueillant environ 13 millions de visiteurs par an) en réserve naturelle ou en parc naturel comme le souhaitaient de nombreuses ONG, la France l’a classée en forêt de protection (décret du ministère de l’Agriculture, paru au Journal officiel le 23 avril 2002). Parmi les derniers massifs classés en forêt de protection citons le massif de Rambouillet. Il a été classé par décret en Conseil d’État le 11 septembre 200918, à l’issue d’une procédure menée par la direction départementale de l’Équipement et de l’Agriculture des Yvelines. Le périmètre concerne 25 500 ha répartis sur 40 communes, et constitué pour moitié de forêt domaniale et de forêt privée (près de 2 750 propriétaires). La forêt de Bouconne19, située en Haute-Garonne et dans le Gers, a été classée le même jour. Le Massif de Haye (plus de 10 000 hectares), situé à l’ouest du Grand Nancy, en Meurthe et Moselle, a été classé par décret du 29 octobre 2018 en forêt de protection.
Règlementation, dérogations
La fréquentation du public peut être interdite, mais c’est rarement le cas. Le pâturage (sauf cas particuliers, sur autorisation), le camping, le caravaning sont interdits dans ces forêts ainsi que tout changement d’affectation ou mode d’occupation qui pourrait compromettre la conservation ou la protection des boisements. Sont également interdits tout défrichement, fouille, emprise d’infrastructure publique ou privée, exhaussement du sol ou dépôt sauf s’il s’agit d’équipements indispensables à la protection des forêts (sous réserve d’une notification préalable au directeur départemental de l’Agriculture). La circulation motorisée y est interdite sauf pour la gestion, l’exploitation et la défense de la forêt contre les incendies. Les infractions commises en forêt de protection relèvent de contraventions de 5eclasse20.
En 2018, un décret y permet par dérogation et à certaines conditions « des fouilles ou sondages archéologiques et la recherche ou l’exploitation souterraine des gisements d’intérêt national de gypse »21
Le préfet est alors ‘destinaire’ d’une « analyse des incidences négatives et positives, directes et indirectes, temporaires et permanentes, à court, moyen et long terme de l’opération archéologique sur la destination forestière des lieux et les écosystèmes forestiers ; cette analyse est proportionnée à l’importance de l’opération et de ses incidences » et des mesures prévues par le demandeur pour « éviter les incidences négatives identifiées par l’analyse prévue au 3°, de réduire les incidences n’ayant pu être évitées et de compenser, lorsque cela est possible, les incidences négatives du projet qui n’ont pu être ni évitées ni suffisamment réduites, en précisant les conditions de remise en état des lieux au terme des travaux de fouille ou de sondage qui prévoient, sans modifier fondamentalement la topographie initiale des terrains concernés, le reboisement du site en essences forestières » ; l’absence de réponse du préfet « vaut décision de rejet » ; en cas d’accord, il peut aussi ajouter des prescriptions particulières21.
Selon ForestTopics (avril 2023), « La liste des travaux possibles dans les massifs classés « forêts de protection » pourrait s’allonger et leur déclassement, sur des surfaces limitées, s’en trouver facilité. Certaines opérations perdraient leur nature dérogatoire »22.
Applications - Voir la catégorie : Forêt française classée forêt de protection.
Union européenne - Jusqu’au moins en 2018, les traités européens ne mentionnaient pas spécifiquement les forêts. L’Union européenne ne dispose pas de politique forestière commune. Toutefois, la reconnaissance du rôle de la forêt dans la protection des sols contre l’érosion y est établie23.
Suisse - La Suisse cite la fonction protectrice de la forêt dans une loi fédérale24 et dans de nombreuses lois cantonales25.
Article complet avec Notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_de_protection
Rappel sur la Prévention des feux de forêt en France - Le Vendredi 2 juin 2023 – Document officiel
Forêts, espaces naturels : face à un feu, la France est particulièrement vulnérable. Contre les feux de végétation, des actions de prévention sont menées pour prévenir le risque d’incendie.
La France est le quatrième pays européen le plus boisé avec 16,9 millions d’hectares de forêts sur son territoire métropolitain. L’importance de ses surfaces boisées la rend vulnérable au risque incendie de forêt, notamment en période estivale.
Les incendies ont un impact majeur sur les espaces naturels, détruisant tout ou partie des animaux et végétaux sur son passage.
En 2018, et 2019, les régions du Sud-Ouest avec le massif aquitain (Nouvelle-Aquitaine) et du Sud-Est avec ses forêts méditerranéennes (Auvergne-Rhône-Alpes, Corse, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur) étaient les plus exposées à ce risque.
Aujourd’hui, l’ensemble du territoire est particulièrement vulnérable face au risque d’incendie de végétaux, qu’il s’agisse de forêts, de prairies ou de friches. Début avril 2020, deux incendies ont eu lieu en Corrèze sur plus de 65 hectares et en Sologne où 60 hectares de végétation ont été consumés. Chaque année, 300 à 400 millions d’hectares de végétaux sont brûlées dans le monde.
En France métropolitaine, sur la période 2007-2018, on dénombre une moyenne annuelle de 4 040 feux qui ravagent 11 117 ha de forêt (source bases de données BDIF et Prométhée). La majorité de ces feux ont lieu en zone méditerranéenne (6 698 ha, pour 4 419 en dehors de cette zone). Les conditions météorologiques (sécheresse, température et vent) ont une forte influence sur la sensibilité de la végétation au feu et sur la propagation une fois le feu déclenché.
En Europe, sur la période 1980-2017, ce sont en moyenne 457 289 ha de forêt (source : UE-EFFIS) qui sont détruits par les feux de forêt en Espagne, Italie, Portugal, Grèce et France. En 2017, 178 234 ha ont brûlé en Espagne, 540 630 ha au Portugal et une centaine de personnes ont péri dans la péninsule ibérique, essentiellement au Portugal. Le système français de prévention et de lutte contre les incendies a montré son efficacité puisque la France a subi quant à elle 26 378 ha de pertes sans victimes en 2017.
En Australie, les feux de brousse, qui se sont produits entre octobre 2019 et janvier 2020, ont impacté 18,6 millions d’hectares, tué plus d’un milliard d’animaux, détruit 5 900 bâtiments, dont 2 779 habitations ; on déplore au moins 34 décès. La fumée dégagée a également causé la mort de 445 personnes.
Aux États-Unis, la Californie, en novembre 2018, avait également connu des incendies majeurs, attisés par des vents violents. Les plus importants sont « Camp Fire » au nord de San Francisco, qui a quasiment détruit la ville de Paradise, et « Woolsey Fire » au nord-est de Los Angeles. Le bilan faisait état de plus de 80 décès.
Le risque de feux majoritairement d’origine humaine
L’incendie de forêt est « une combustion qui se développe sans contrôle, dans le temps et dans l’espace ». En plus des forêts au sens strict, les incendies concernent des formations sub-forestières de petite taille : le maquis, la garrigue, les landes, etc…
L’activité humaine est la principale cause de déclenchement d’incendies – 90% des départs de feu - que ce soit du fait d’une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles...) ou bien d’une activité du quotidien (mégots de cigarettes, barbecues ou feux de camps). La majorité de ces feux d’origine anthropique sont dus à des imprudences et à des comportements dangereux, aussi bien de touristes que de riverains. Ils pourraient donc être évités en ayant les bons réflexes au quotidien.
Les bons réflexes pour prévenir les feux
Une campagne nationale de prévention : ayons les bons réflexes
Les bons réflexes face aux feux des espaces naturels
La prévention du risque incendie de forêt passe avant tout par des comportements responsables. Des acteurs locaux très impliqués mènent des actions de prévention récurrentes, mais certains comportements méritent encore d’être diffusés. C’est pourquoi, le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en lien avec le Ministère de l’Intérieur, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, l’ONF et Météo France renouvelle début juin 2022, une campagne nationale de sensibilisation et de prévention des feux de végétation et de forêt. Les bords de route, les terrains agricoles, les friches sont en effet des espaces aussi sensibles et à risque.
Préparer et adapter votre habitation et son environnement
Par des gestes simples, il est possible de réduire considérablement le risque de départ de feu de végétation : en ne stockant pas de combustibles près des habitations, en n’utilisant pas d’outils susceptibles de provoquer des étincelles à proximité des végétaux surtout quand ils sont secs, en ne fumant pas à proximité de zone de nature comme les friches ou les champs, en ne jetant pas ses mégots au sol.
La prévention des incendies doit également se faire tout au long de l’année, avec notamment :
- Le débroussaillement de son jardin : Un terrain débroussaillé permet au feu de passer sans provoquer de grands dommages et facilite le travail des sapeurs-pompiers. Le code forestier institue des obligations légales de débroussaillement, notamment l’obligation de débroussailler sur 50 mètres tous les abords de constructions lorsqu’elles se trouvent dans, ou à moins de 200 mètres d’une forêt ou d’un espace naturel. Les voies d’accès doivent être libérées, les arbres et les branches situés à moins de 3 mètres des maisons doivent être supprimées, et les arbres et plantes mortes ou malades doivent être éliminées. Il est obligatoire d’élaguer les arbres et de laisser 3 mètres entre deux houppiers, les arbustes sous les arbres doivent être supprimés et les végétaux coupés doivent être évacués en les portant en déchetterie ou en les broyant,
- La préparation et l’adaptation de sa maison : La conception d’un bâtiment, de par ses aménagements et son entretien, permet de le rendre moins vulnérable à l’incendie. Une maison construite en dur constitue le meilleur refuge lors d’un incendie de forêt, à condition qu’elle respecte une série de consignes et de règles de construction et de sécurité. Des matériaux durables peuvent également être employés. Les ouvertures, qui constituent souvent le point d’entrée du feu dans l’habitation, doivent être en bois plein ou en aluminium, le PVC devant être écarté. L’étanchéité des ouvertures à l’air et aux fumées est impérative.
- Les toitures doivent être régulièrement nettoyées, afin d’éviter que ne s’accumulent des feuilles et des aiguilles, y compris dans les gouttières et les angles. Le PVC doit être impérativement évité pour les gouttières. Les aérations doivent être équipées de grillages à mailles très fines, afin d’éviter l’entrée de brandons, qui pourraient mettre le feu depuis l’intérieur de la maison. Au-delà de la maison proprement dite, il convient d’éloigner d’au moins 10 mètres de l’habitation les tas de bois, cannisses, abris de jardin, haies, objets divers, et de façon générale tous les vecteurs potentiels du feu. Les citernes de gaz et de fioul doivent en outre être enterrées quand cela est possible. Un guide relatif aux aménagements des haies à proximité des habitations a été créé à l’initiative de l’ONF, lequel précise le degré de sensibilité des différentes espèces ornementales.
Impacts majeurs des feux de végétation sur l’environnement
Outre les impacts sur les personnes et les biens, les incendies de forêt causent des dommages à la faune et à la flore des zones touchées. Chaque incendie de forêt détruit tout ou partie des animaux et végétaux sur son passage ; seuls les grands mammifères et certains oiseaux arrivent à s’enfuir à l’approche du front de feu. Ainsi, tout incendie a un impact immédiat sur les principales fonctions de la forêt :
- économique : perte de valeur et de production de bois, impact sur les activités économiques et touristiques
- environnementale : atteinte à la biodiversité et aux paysages
- sociale : accueil du public, chasse
- prévention d’autres risques : chute de pierres, glissements de terrain, érosion, crues torrentielles, avalanches en montagne
- protection générale : régulation du régime hydrique, qualité de l’eau, épuration de l’air, stockage du carbone
Les impacts à moyen et long terme dépendent du régime des feux auquel le territoire sinistré est confronté, un régime de feux fréquents et sévères pouvant s’accompagner localement d’une régression biologique.
Les incendies de forêt ont également des impacts sur la qualité de l’air. Les émanations de fumée de bois peuvent altérer les mécanismes des défenses immunitaires pulmonaires, et entraîner une altération de la fonction pulmonaire des personnes exposées.
Le changement climatique, un facteur aggravant du risque incendie ?
Le changement climatique modifie les conditions météorologiques ; la végétation devient plus sèche. Des températures plus élevées favorisent la transpiration des plantes et la diminution de l’eau contenue dans les sols. La végétation s’asséchant, le risque de départ de feu est plus fort. L’absence de pluie, mêlée à une hausse précoce des températures, accroît la fragilité des massifs. La période à risque devient plus longue et plus intense.
Selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), dès 2040 les dérèglements climatiques perturberaient les conditions météorologiques puisqu’une sécheresse extrême conjuguée à une canicule intense pourraient avoir lieu durablement et régulièrement durant les étés dans les territoires méditerranéens. Et dès 2060, les conditions climatiques deviendraient défavorables à certaines espèces de ces régions.
Les zones exposées aux risques incendies devraient remonter vers le Nord-Ouest en France métropolitaine (Pays-de-la-Loire, Centre-Val-de-Loire et Bretagne). Dans les zones déjà touchées, les risques d’incendies pourraient s’étendre à la moyenne montagne.
Le risque de feu de forêts n’est pas cantonné à l’été, tous les types de végétation sont vulnérables pendant l’hiver. En effet, l’année 2019 a été marquée par de nombreux départs de feux de cultures, de friches, de chaume, de talus, etc. aux conséquences parfois dramatiques.
En France, les effets se font déjà ressentir
Les massifs forestiers dans l’Est de la France, déjà affaiblis par des sécheresses répétées, sont victimes d’attaques de parasites tels que les scolytes. Les hivers particulièrement doux favorisent leur prolifération, conduisant au dépérissement de forêts entières. Dans le Sud de la France, des chênes kermès sont morts sous l’effet de la chaleur lors de la canicule de 2019. En effet, la température létale des végétaux a été atteinte avec 60 °C et plus au soleil. Des inquiétudes se font jour également pour les chênes en région Centre du fait de l’association sécheresse-canicule. La Bretagne, la région Centre ou encore les Hauts-de-France, qui étaient jusqu’à présent hors du périmètre de la campagne, ont été touchées en 2019.
Prévention du risque incendie de forêt : l’action des pouvoirs publics
La connaissance des phénomènes
- La base de données sur les incendies de forêt (BDIFF, accessible à l’aide d’un identifiant) : hébergée par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Elle collecte depuis 1992, au niveau national, toutes les informations sur les feux de forêt et, en particulier, les causes de ces derniers. Ces données, mises à disposition du public, sont des données à caractère déclaratif renseignées par un réseau de contributeurs sous le pilotage national des ministères en charge de la forêt et de l’Intérieur.
- La base de données Prométhée, spécifique aux incendies de forêts dans la zone méditerranéenne française : dans chaque département, elle est alimentée par les services qui concourent à la prévention et la lutte (SDIS, DDT(M), ONF, gendarmerie, police). L’objectif est de disposer d’un outil statistique fiable permettant des comparaisons spatiales, temporelles et une meilleure connaissance des causes. La préfecture de la zone Sud – DPFM en assure la maîtrise d’ouvrage en liaison étroite avec le ministère l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la maîtrise d’œuvre a été confiée l’IGN.
La base de données sur les incendies de forêt (BDIF)
L’information du citoyen
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l’article L 125.2 du Code de l’environnement. Elle s’applique à la prévention du risque incendie de forêt.
Établi sous l’autorité du préfet, le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département l’ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans la commune (DCS, dossiers communaux synthétiques) et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d’État mises en place. Le maire élabore un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM) qui présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Le DICRIM doit être accompagné d’une communication (au moins tous les deux ans si la commune est couverte par un plan de prévention des risques) et d’une campagne d’affichage. Ces documents sont disponibles en mairie.
La prévention dans les territoires
La prévention du risque incendie de forêt distingue classiquement les actions complémentaires suivantes :
La défense de la forêt contre l’incendie (DFCI, pilotée par le ministère en charge de l’agriculture) qui repose sur une politique globale d’aménagement et d’entretien de l’espace rural et forestier. Elle met en œuvre les outils de programmation, d’aménagement et d’entretien des massifs, issus du code forestier notamment les plans de protection de la forêt contre l’incendie (PPFCI) souvent établis à l’échelle du département et les plans de massifs qui sont la déclinaison par massif du PPFCI.
La prévention notamment à travers la maîtrise de l’urbanisation. La maîtrise de l’occupation des sols est une composante majeure des politiques de préventions des risques incendie de forêt. Les documents d’urbanisme tels que les schémas de cohérence territoriale (SCoT), les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les cartes communales ont vocation à participer à la mise en œuvre des politiques de prévention des risques. Ils permettent la réduction de l’exposition des personnes et des biens.
Le porter-à-connaissance (PAC), au sens de l’article L121-2 du code l’urbanisme, est une obligation située en amont de la démarche de planification. Par son biais, les services de l’État rappellent les dispositions législatives, réglementaires et les servitudes en vigueur. Ils communiquent les documents techniques ou études participant à la connaissance des phénomènes.
Télécharger le guide pour réaliser les porter-à-connaissance
Le plan de prévention des risques Incendie de forêt (PPRIF)
Codifié dans les articles L.562-1 à L.562-9 et R.562-1 à R562-12 du code de l’environnement, il cible prioritairement les territoires exposés à des niveaux de risque importants et à une pression foncière forte. Nous comptons à ce jour près de 200 PPRIF. Ils répondent aux objectifs de non aggravation de l’exposition et de réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens en :
- délimitant des zones d’exposition aux risques à l’intérieur desquelles des constructions ou des aménagements sont interdits, tout en permettant sur d’autres zones un développement raisonné et sécurisé, là où l’intensité de l’aléa le permet,
- définissant des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde ainsi que des mesures relatives à l’aménagement, à l’utilisation ou à l’exploitation de constructions, d’ouvrages ou d’espaces cultivés ou plantés existant à la date d’approbation du plan.
Ces plans, établis à l’échelle communale ou intercommunale, sont opposables aux autorisations d’urbanisme.
Le guide méthodologique « Plans de prévention des risques – Risques d’incendies de forêt » de 2002 et la note technique du Ministère de la Transition écologique et solidaire du 29 juillet 2015 relative à la prise en compte du risque incendie de forêt dans les documents de prévention et d’aménagement du territoire encadrent la politique de prévention du risque par la maîtrise de l’urbanisation et accompagnent notamment la réalisation des PPRIF.
À ce jour, le nombre de PPRIF approuvés approche les 200 : 46 % en région PACA, 22 % en région Occitanie, 18 % en région Nouvelle-Aquitaine, 9 % en Corse et 5 % ailleurs sur le territoire.
En savoir plus :
Ce guide méthodologique présente les méthodes et moyens d’analyse des phénomènes naturels, de cartographie des aléas et d’évaluation des enjeux et propose des recommandations pour établir le zonage et les prescriptions réglementaires. Ed 2002
Les feux de forêt : dossier d’information, MEDD, ed. 2002 (PDF - 1.39 Mo)
Voir aussi :
Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement
Article L.125.2 du Code de l’environnement
Article L 121.2 du Code de l’urbanisme
Prévenir les feux de forêt par la gestion forestière
La politique de défense de la forêt contre les incendies (DFCI) du Ministère de l’Agriculture et l’Alimentation repose sur 4 grands axes :
- Prévoir le risque et traiter les causes (météo, réseau hydrique, recherche des causes…)
- Surveiller les forêts pour détecter les départs de feux et intervenir rapidement (patrouilles, guet…)
- Équiper, aménager et entretenir l’espace rural, dont l’espace forestier (coupures de combustibles, débroussaillement, équipements de surveillance et d’intervention, signalisation, cartographie…)
- Informer le public et former les professionnels
La forêt méditerranéenne étant peu productive, l’État intervient financièrement sur la DFCI, avec une forte implication locale des collectivités territoriales. La politique de prévention des incendies de forêt menée par l’État et les collectivités territoriales permet d’assurer la surveillance et l’équipement des massifs forestiers. Sous l’autorité du Préfet de zone de défense et de sécurité Sud, la délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM) assure notamment un rôle de coordination des actions de prévention pour les 15 départements de la zone de défense Sud.
Les coupures de combustibles
Les zones agricoles cultivées ou pâturées, entretenues suivant un cahier des charges précis permettent de réduire fortement le développement du feu et améliorent la sécurité lors de la lutte contre l’incendie, lorsqu’elles sont débroussaillées et équipées de pistes d’accès et de points d’eau.
Pour être efficace, la réalisation de ces équipements doit être planifiée dans le Plan départemental ou interdépartemental de protection des forêts contre les incendies (PPFCI), en concertation entre les services forestiers et les services de lutte.
Si la mise en place de coupures de combustible permet de cloisonner les massifs forestiers et de limiter l’extension des grands feux, elles ne sont pas suffisantes à elle seules : lors d’incendies accompagnés de forts vents, des sautes de feux peuvent porter à plusieurs centaines de mètres.
Les obligations légales de débroussaillement (OLD)
Elles sont un maillon essentiel de la défense des forêts contre l’incendie (DFCI) portée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et participent activement aux bons résultats constatés depuis les années 1990 (hors événement climatique exceptionnel).
Le changement climatique risquant d’augmenter le nombre d’incendies et de grands feux catastrophiques, il est impératif que les OLD soient mises en œuvre de façon déterminée.
En accord avec les professionnels de la filière, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation travaille à la rénovation des instructions techniques sur les plans de protection des forêts contre l’incendie (PPFCI) et à la modernisation de la base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF).
En savoir plus :
Guide technique sur les obligations légales de débroussaillement (OLD)
Télécharger la circulaire sur les obligations légales de débroussaillement (OLD)
La lutte contre l’incendie et la défendabilité
La lutte contre les incendies est pilotée par la Direction en charge de la gestion de crises et de la sécurité civile, au sein du Ministère de l’Intérieur, qui mobilise d’importants moyens.
La défendabilité est une notion particulière au risque incendie de forêt, car elle prend en compte les possibilités d’intervention des services de secours dont le rôle est prépondérant dans la gestion de crise. La défendabilité correspond à la capacité d’une zone à être défendue. Elle s’apprécie au regard des trois critères suivants :
- Les accès : la capacité qu’ils offrent aux services de secours d’accéder en sécurité jusqu’au contact des constructions à défendre. L’accessibilité dépend de l’architecture, du gabarit et de la signalisation des voies de desserte, mais aussi de leur environnement végétal ;
- Les hydrants ou les réserves de défense incendie : ils déterminent la possibilité pour les secours de se réapprovisionner en eau ; cela doit pouvoir se faire dans les meilleurs délais et en sécurité.
- Le débroussaillement effectué sur les coupures de combustibles situées de part et d’autre des voies d’accès contribuant à la défendabilité de la zone : il conditionne l’intensité du front de feu menaçant ces voies d’accès puis les constructions.
Par ailleurs, les obligations légales de débroussaillement autour des constructions contribuent également à améliorer grandement la défendabilité.
En savoir plus
Site du Ministère de l’Intérieur - Prévenir les feux de forêt, c’est l’affaire de tous !
Évaluation du danger météorologique de feux de forêt
Les feux de forêts se produisent principalement en été mais peuvent également se développer en hiver du fait de la sécheresse dans certaines régions. Les conditions météorologiques (vent, chaleur, hygrométrie, sécheresse) ont une grande influence sur la mise à feu et la propagation des incendies de forêt.
Météo-France, au titre de ses attributions en matière de sécurité des personnes et des biens, fournit à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises des cartes expertisées de dangers météorologiques d’incendie, des données météorologiques et des indices spécifiques, dont des cartes d’Indice Feu Météorologique (IFM). Celui-ci est calculé selon une méthode canadienne à partir de données météorologiques : pluies, températures, humidité de l’air, vent. D’autres indices ont été développés pour prendre en compte les spécificités de la végétation, de la litière et de la morphologie des terrains boisés. De plus, chaque été, des prévisionnistes de Météo-France sont détachés auprès des autorités qui coordonnent la lutte contre les feux de forêt depuis les centres opérationnels zonaux de Marseille (zone Sud) et de Bordeaux (zone Sud-Ouest).
Site Météo-France - Météo-France en appui à la lutte contre les feux
L’indemnisation
Contrairement à d’autres risques naturels, ce n’est pas la garantie pour les ’catastrophes naturelles’ qui s’applique. Les préjudices causés par les feux de forêts figurent en effet parmi les risques assurables et peuvent donc faire l’objet d’un dédommagement, au titre du régime de l’assurance incendie.
En savoir plus sur la prévention des incendies de forêt :
Site interministériel sur les risques majeurs
Site Géorisques - les feux de forêt
Portail de l’office national des forêts (ONF)
Les communications existantes sur le sujet :
Vidéo de l’ONF : « Protection contre l’incendie : le débroussaillage autour des habitations »
Site de l’Entente Interdépartementale pour la forêt méditerranéenne
Vidéo DPFM « Débroussaillement - Le Guide Complet : conseils et règlementation »
Campagne DPFM et l’Entente en 2017 : « Ne jouez pas avec le feu ! »
Campagne DPFM 2018 « Affiches imprimables : Messages de prévention incendie »
Site du Gouvernement « Prévention des risques majeurs »
Vidéo Tuto risques « Que faire en cas de feux de forêts »
Site du Ministère de l’intérieur « Conseils incendie »
Site des Sapeurs Pompiers de France « Prévention des risques liés au feux de forêts »
Site de l’IRSTEA « Incendies de forêt : la recherche sous le feu de l’action ! »
Site de Météo France « Evaluation du risque de feux de forêts »
Plan départemental de protection des forêts contre les incendies du Var
Site de L’Association Régionale de Défense des Forêts Contre l’Incendie d’Aquitaine
- Site du Groupement d’intérêt Public Aménagement du Territoire et Gestion des Risques
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Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Ministère de la Transition énergétique
France Nation Verte : Agir - Mobiliser - Accélérer
Source : https://www.ecologie.gouv.fr/prevention-des-feux-foret
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Collecte de documents et agencement, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 04
/01/2024
Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales
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