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"Comportement psychologique des mammifères humains et non-humains en matière de parentalité, coopération des singes bonobos avec des membres non apparentés d’autres groupes et ébats entre chats" par Jacques Hallard
jeudi 28 décembre 2023, par
ISIAS Ethologie Coopération animale et humaine Comportement
Comportement psychologique des mammifères humains et non-humains en matière de parentalité, coopération des singes bonobos avec des membres non apparentés d’autres groupes et ébats entre chats
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 28/12/2023
Plan du document : Introduction Sommaire Auteur
Introduction
Les articles retenus pour ce petit dossier nous invitent à examiner et à comparer les comportements des êtres vivants humains et non-humains, notamment en matière de parentalité, de coopération, des rapports avec indifférence, bienveillance, jeux et conflits…
Les documents choisis sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après.
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- Découvrir l’éthologie avec Wikkipédia - Ne doit pas être confondu avec Ethnologie ou Écologie.
- Parentalité : ce qui distingue les humains des animaux – Publié le 25 décembre 2023, 21:25 CET – Auteur : Raymond Nowak – Document ‘theconversation.com’
- Comme les êtres humains, les singes bonobos coopèrent avec des membres non apparentés d’autres groupes – Traduction du 27 décembre 2023 par Jacques Hallard d’un article de Jake Buehler du 16/11/2023, publié par ‘sciencenews.org’, sous le titre « Bonobos, like humans, cooperate with unrelated members of other groups ».
- Vos chats s’amusent-ils ou se battent-ils ? Voici quelques façons de le savoir – Traduction du 27 décembre 2023 par Jacques Hallard d’un article de McKenzie Prillaman , publié le 02 février 2023 par ‘sciencenews.org’ sour le titre « Are your cats having fun or fighting ? Here are some ways to tell »
- Comment différencier les jeux des conflits entre chats ? - Par Dre Bénédicte Hivin - Publié 27 octobre 2017 - Mis à jour 18 novembre 2019 – Diffusion ‘animo.com’
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Découvrir l’éthologie avec Wikkipédia - Ne doit pas être confondu avec Ethnologie ou Écologie.
L’éthologie est l’étude scientifique du comportement des espèces animales, y compris l’humain, dans leur milieu naturel ou dans un environnement expérimental, par des méthodes scientifiques d’observation et de quantification des comportements animaux.
Aristote étudie déjà le comportement animal avant que le terme « éthologie » ne soit défini par le naturaliste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire en 1854. Des scientifiques tels que Charles Darwin, Oskar August Heinroth, Jean-Henri Fabre, Charles Otis Whitman, Jakob von Uexküll marquent l’étude du comportement animal en biologie.
Les bases formelles de l’éthologie sont posées à partir des années 1940 par les travaux des Autrichiens Karl von Frisch et Konrad Lorenz et du Néerlandais Nikolaas Tinbergen, considérés comme les fondateurs de l’éthologie moderne et récipiendaires du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1973. Au cours du XXe siècle l’éthologie est influencée par plusieurs courants de pensée scientifiques, dont un courant américain de psychologie behavioriste et un courant européen de naturalistes objectivistes.
Cette branche zoologique de la biologie possède des sous-disciplines telles que l’éthologie humaine, l’éthologie appliquée ou la neuroéthologie, et est apparentée à d’autres champs de recherche, comme la biologie du comportement, l’écologie comportementale, la génétique du comportement ainsi que la psychologie animale et, pour le versant humain, la psychologie du développement, la psychologie cognitive, la psychologie sociale et l’anthropologie.
La réflexion scientifique sur la sensibilité des plantes conduit à parler d’éthologie végétale. On peut même, selon le biologiste Michel Lamy, parler d’éthologie des êtres unicellulaires qui réagissent à des stimuli1…
Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thologie
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Parentalité : ce qui distingue les humains des animaux – Publié le 25 décembre 2023, 21:25 CET – Auteur : Raymond Nowak – Document ‘theconversation.com’
Difficile de ne pas comparer ce comportement à celui d’une femme avec son enfant. Lewis Roberts/Unsplash, CC BY
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Raymond Nowak est un·e adhérent·e de The Conversation -Directeur de Recherche CNRS, Inrae
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D’un point de vue biologique, le terme parent désigne la mère et le père qui sont les géniteurs du ou des petit.s à naître. Encore que, si la mère est sûre d’être à l’origine des bébés qui sortent de ses entrailles, un doute peut toujours s’installer concernant le père. Et ce quelle que soit l’espèce. C’est un phénomène bien plus fréquent qu’on l’imagine même chez les espèces où le mâle s’occupe de sa progéniture, ce qui est notamment le cas des oiseaux. L’analyse génétique des œufs au sein d’un même nid montre une paternité d’origine multiple chez 77% des espèces monogames (passereaux, rapaces, échassiers, oiseaux marins).
Nous appartenons à la classe des mammifères. En tant que tels, la parentalité humaine s’insère dans une suite d’évènements invariables issus de la nuit des temps : accouplement, grossesse et changements hormonaux, naissance, allaitement maternel et soins attentionnés au bébé, enfin un lien d’attachement qui prend place et perdure… longtemps. Mais qu’en-t-il exactement ?
Parentalité et mécanismes biologiques
Chez les mammifères non-humains, l’émergence de la maternité est intimement liée aux évènements qui terminent la gestation. En l’espace de quelques jours, quelques heures parfois, une femelle va vivre un changement comportemental drastique : s’isoler des congénères ou au contraire s’agréger en nombre, construire un nid ou chercher un refuge, s’intéresser à un nouveau-né et se détourner des siens, choses inimaginables peu de temps auparavant.
Des espèces très grégaires (chamois, biche, chevreuils) s’isolent de leur groupe et se cachent pour donner naissance ; certaines femelles ne le rejoindront qu’après une semaine, accompagnées de leur petit. Même les prédatrices (louves, lionnes) choisissent la quiétude d’une tanière ou d’un abri. Quant à la lapine, elle construit un terrier à l’écart de la garenne où elle ira allaiter sa portée une fois par jour. Dans tous les cas de figure, la motivation première de la femelle sera de protéger voire de défendre son ou ses petit.s. Parfois même au péril de sa vie. Un comportement qu’elle maintiendra tant que sa portée sera dans un état de fragilité.
Pour une information toujours plus fiable face au brouhaha médiatique.
Groupe de lionnes avec leurs petits.
Avant d’accoucher les lionnes s’isolent avant d’accoucher Leonard von Bibra/Unsplash, CC BY
Que s’est-il donc passé ? Deux choses déterminantes. Tout d’abord, les changements hormonaux qui accompagnent le développement embryonnaire puis fœtal (estrogènes, progestérone, ocytocine, prolactine). Ensuite, les bouleversements neurochimiques qui entraînent la naissance par voie vaginale et l’induction de la lactation et de la maternité.
S’il existe des différences importantes entre espèces au sein de mammifères, on a maintes fois souligné le rôle des stéroïdes (progestérone, œstrogènes) dans la préparation du cerveau à s’ouvrir à la maternité future, puis celui de l’ocytocine, un petit peptide libéré par le cerveau, comme élément déclencheur. Au tout premier accouchement, brebis et macaques n’expriment nul comportement de soin à l’égard de leur nouveau-né lorsque la naissance a lieu sous anesthésie péridurale ou par césarienne car celles-ci ne permettent pas la libération d’ocytocine cérébrale. L’injection d’ocytocine par voie intracérébrale chez de tels animaux ré-établi ce comportement.
Le fait que chez les humains, de nombreux pères (mais pas tous…), parents adoptifs, beaux-parents et nourrices soient capables de nouer des liens très forts et aimants avec des enfants qui ne sont pas les leurs au sens biologique du terme, démontre que la grossesse, le processus de naissance et les hormones qui y sont associées ne sont pas essentiels à la construction d’une telle relation.
A l’inverse, le déni de grossesse, un trouble de la gestation clinique, correspond au fait d’être enceinte sans avoir conscience de l’être. Il s’accompagne d’un certain nombre de signes cliniques, qui contribuent à induire en erreur la femme enceinte et son entourage, mais aussi les professionnels de santé (persistance des règles, atténuation des signes de grossesse, absence d’augmentation du diamètre abdominal, pas de prise de poids), et l’abandon du nouveau-né. Voire l’infanticide…
Certains gorilles peuvent adopter des petits. Jeremy Stewardson / Unsplash
L’adoption par des individus, indépendamment d’un état physiologique lié à la maternité, est rarissime chez les autres espèces. Elle ne se rencontre sporadiquement que chez quelques primates non-humains (gorilles mâles), et… les cachalots où le baby-sitting est très fréquent lorsque les femelles adultes sont à la chasse. On assiste même à une reprise de la lactation chez les grand-mères. Quant au déni de grossesse, il est impossible à évaluer. S’il arrive parfois qu’une femelle ne s’occupe pas de sa portée, cela concerne avant tout celles qui donnent naissance pour la première fois. Cette conséquence est avant tout liée à leur immaturité comportementale et aux douleurs induites par l’enfantement qui entraînent un évitement ou un abandon des nouveau-nés (brebis, chèvre), voire l’attaque et l’infanticide (chien, porc, lapin).
Modulations physiologiques humaines
À l’état naturel, l’orchestration neuro-hormonale observées chez les mammifères se retrouve bien sûr chez les femmes pendant la grossesse. Elles sont également exposées aux actions de l’ocytocine à l’accouchement, pendant l’allaitement, et au cours des contacts affectueux (les jeux et les câlins), ce qui contribue à la formation d’un lien avec le bébé.
S’il ne fait aucun doute que les femmes ayant subi une césarienne, une anesthésie par voie péridurale, ou qui décident de ne pas allaiter sont des mères aimantes et s’occupent de leur enfant avec tendresse, les études scientifiques révèlent que notre physiologie est susceptible d’apporter un plus.
On sait que sur le court terme l’anesthésie liée à une césarienne est susceptible d’entraver l’activité de tétée du nourrisson, d’affaiblir la mère, d’entraîner des nausées et des vomissements, une fatigue, des réactions moins enthousiastes de sa part et de pénaliser le maintien de l’allaitement alors que c’était son souhait.
Certains protocoles d’anesthésie ont d’ailleurs été réadaptés afin de ne pas entraver les premiers échanges entre la mère et son nourrisson. Quelques études cliniques suggèrent également qu’un allaitement prolongé entraînerait des soins maternels plus attentionnés et une moindre négligence à l’égard des sollicitations de l’enfant. Mais attention, il n’est nulle question ici de maltraitance mais uniquement de modulations liées à l’état physiologique.
Quant aux hommes, une diminution des taux de testostérone est constatée chez les pères par rapport à ceux qui ne le sont pas. Pour schématiser, cette hormone de la sexualité et de la dominance, en s’éclipsant, laisse place à l’empathie et à la tendresse parentale plutôt qu’à la rudesse et aux ébats amoureux. Les hommes offrant des soins plus attentionnés envers leur bébé ont des taux de testostérone plus bas que ceux moins intéressés par la paternité. On observe le phénomène inverse au niveau de l’ocytocine. Une conséquence plutôt qu’une cause du changement d’état.
Spécificité humaine
Comparé aux autres mammifères, Homo sapiens n’a pas totalement coupés les liens avec la biologie mais ils sont plus ténus. Ils ont laissé place à une caractéristiques clé que l’on ne retrouve nulle part ailleurs : l’exceptionnelle longévité des soins parentaux. Ils ne s’éclipsent que lorsque l’état de santé des parents décline. Et encore… Si plus personne ne met en doute l’importance des premiers échanges sur la mise en place d’un allaitement maternel réussi et sur la santé du nourrisson, la construction d’un lien sur le long terme en est déconnectée. Elle permet bien évidemment l’attachement entre l’enfant et sa mère (qu’elle décide d’allaiter ou non), mais aussi son père, sa fratrie, ses grands-parents, sa famille. La puissance de ces liens, lorsqu’ils s’établissent de manière harmonieuse ne s’éteignent pas.
Chez les mammifères à durée de vie assez courte (rongeurs, lagomorphes), mères et jeunes se séparent au sevrage, une question de quelques semaines. Chez ceux présentant une certaine longévité et une stabilité sociale (ruminants, carnivores, cétacés, primates non-humains), les mâles quittent systématiquement leur groupe d’origine une fois l’âge de la puberté atteint, évitant ainsi les relations incestueuses. Les filles restent le plus souvent avec leur mère mais les liens s’estompent avec le temps, une fois que la maternité s’installe chez l’une et l’autre.
L’implication d’adultes autres que la mère dans la construction d’un lien d’attachement existe chez d’autres mammifères mais à moindre échelle. Le comportement de soins exprimé par le père se retrouve chez des primates non-humains et les canidés : le gorille joue avec ses enfants, le babouin accepte leur espièglerie, le marmouset les transporte tandis que sa compagne s’alimente dans la canopée, le renard apporte des proies à la tanière. D’autres membres peuvent aussi participer, ainsi chez le loup tous les adultes de la horde assurent l’alimentation des petits de l’unique femelle reproductrice, et chez les cachalots certaines femelles (soeurs ainées, tantes, grand-mères) assurent la garde des juvéniles à tour de rôle. Toutefois, jamais ces comportements n’ont l’ampleur ni la durée que l’on trouve chez les humains.
La singularité des humains par rapport aux autres mammifères réside dans leur forte dépendance à l’égard de l’assistance familiale élargie pour élever leur progéniture. Ceux qui assistent la mère sont souvent un frère ou une sœur, ou encore un parent plus âgé telle la grand-mère ou une tante qui n’assurent plus leur fonction de reproduction. Ces proches assurent la tâche « d’aidants ». C’est à travers ses capacités cognitives de haut niveau, son sens aigu de la collectivité, des liens d’affection forts, et le partage d’informations qu’Homo sapiens a conquis le monde.
Car admettons-le, ce petit primate qui apparut il y a quelque 300.000 ans, qui ne donnait naissance qu’à un seul petit à la fois, ne possédait ni griffes, ni crocs pour se défendre, disposait-il de la moindre chance s’il n’avait élaboré un tel lien social ?
Pour aller plus loin, vous pouvez découvrir l’ouvrage « Parents animaux » du même auteur aux éditions’ humenSciences’.
Mots clefs : animaux parents parentalité humains mammifères parenté singes
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Source : https://theconversation.com/parentalite-ce-qui-distingue-les-humains-des-animaux-220114
Comme les êtres humains, les singes bonobos coopèrent avec des membres non apparentés d’autres groupes – Traduction du 27 décembre 2023 par Jacques Hallard d’un article de Jake Buehler du 16/11/2023, publié par ‘sciencenews.org’, sous le titre « Bonobos, like humans, cooperate with unrelated members of other groups ». Référence : https://www.sciencenews.org/article/bonobos-humans-cooperation-evolution
Ce comportement pourrait aider à faire la lumière sur l’évolution de la coopération entre les groupes de personnes…
Une femelle bonobo toilette un mâle d’un autre groupe
Une femelle adulte de la réserve de bonobos de Kokolopori, au Congo, toilette un adolescent mâle d’un groupe voisin de bonobos non apparentés. PROJET DE RECHERCHE SUR LES BONOBOS DE M. SURBECK/KOKOLOPORI
Les humains coopèrent régulièrement et partagent des ressources avec d’autres humains non apparentés dans différents groupes sociaux, souvent sans aucun avantage immédiat et réciproque. Le phénomène a été considéré comme unique à notre espèce. Mais certains bonobos semblent partager ce trait social, selon une étude.
On pense que ce type de coopération est à la base de la civilisation humaine. Ainsi, la capacité des bonobos à se lier et à coopérer avec des groupes de non-parents au-delà des frontières du groupe, même lorsqu’il n’y a pas de gain immédiat, peut donner un aperçu des types de conditions évolutives qui ont conduit au développement des sociétés à grande échelle de l’humanité, rapportent des chercheurs le 16 novembre dans Science.
Les chimpanzés (Pan troglodytes) et les bonobos (P. paniscus) vivent en groupes sociaux avec des individus qui ne sont peut-être pas très étroitement apparentés. Mais par rapport aux chimpanzés territoriaux et agressifs, les bonobos ont une attitude plus facile à vivre et tolérante envers les autres groupes. Les bonobos se toilettent et partagent occasionnellement de la nourriture avec des individus non apparentés d’autres groupes sociaux et sont même connus pour adopter les petits de l’étranger (SN : 18/03/21). Mais l’étendue du comportement coopératif des singes n’est pas claire.
Ainsi, les écologistes comportementaux Liran Samuni du Centre allemand des primates à Göttingen et Martin Surbeck de l’Université de Harvard ont étudié deux groupes de bonobos dans la réserve de bonobos de Kokolopori au Congo. Pendant deux ans, l’équipe a enregistré quels bonobos ont échangé des services de toilettage et partagé de la nourriture, et quand.
Les conflits et la compétition ne sont pas complètement absents chez les bonobos. Ainsi, les chercheurs ont également enregistré le moment où les singes ont formé des alliances avec des membres de l’autre groupe, coopérant pour attaquer un troisième individu.
Les deux groupes se rencontraient fréquemment. Ils ont interagi les uns avec les autres près de 100 fois au cours de l’étude, partageant 20% de la période d’observation de deux ans en compagnie de l’autre. Certaines rencontres n’ont duré qu’une heure, d’autres plusieurs semaines, ce qui a permis de tisser des liens à plus long terme.
Pendant que les bonobos étaient ensemble, les chercheurs ont documenté de nombreux cas de comportement coopératif. Sur les plus de 3.700 interactions de toilettage observées, 10 % ont eu lieu entre des bonobos de différents groupes sociaux. Sur l’ensemble des partenariats formés pour attaquer un troisième individu, 15 % l’ont été entre des bonobos de différents groupes.
« Il ne s’agit pas d’une chose unique », explique Samuni, où les gens partagent de la nourriture très occasionnellement, par exemple. Chez les bonobos Kokolopori, 6 % de toutes les parts de nourriture se trouvaient entre les groupes.
La coopération n’est pas le fruit du hasard. Les individus qui avaient tendance à adopter un comportement coopératif au sein de leur groupe étaient plus susceptibles d’interagir avec les bonobos de l’autre groupe qui avait la même tendance. Cette coopération ne semble pas être uniquement motivée par une réciprocité immédiate, disent les chercheurs. Par exemple, au cours de l’étude, seulement 14% des bonobos qui partageaient de la nourriture avec un partenaire de l’autre groupe avaient l’acte réciproque.
Les résultats globaux de l’étude s’appuient sur des preuves de bonobos en captivité se comportant de manière similaire et soulèvent la possibilité que la coopération avec des non-parents à travers les groupes sociaux soit intrinsèque à l’espèce. De nombreux animaux aideront et coopéreront avec leurs proches, car un tel comportement encourage la survie et la prolifération de ses propres gènes, bien qu’indirectement. Lorsque l’on aide des non-parents, le bénéfice évolutif est encore plus indirect et n’évolue pas aussi facilement.
Au Congo, trois femelles bonobos sont assises ensemble et ont la bouche ouverte pour vocaliser.
Ces bonobos femelles vocalisent lorsqu’elles rencontrent un groupe sans lien de parenté. Au cours des deux années d’observation à Kokolopori, les membres de deux groupes de bonobos non apparentés se sont fréquemment toilettés les uns les autres, ont partagé de la nourriture et ont formé des alliances entre les groupes. PROJET DE RECHERCHE SUR LES BONOBOS DE L. SAMUNI/KOKOLOPORI
Les bonobos ne sont pas les seuls animaux non humains connus pour se comporter de cette manière. Les dauphins mâles coopèrent avec d’autres mâles non apparentés pour protéger les femelles, ce qui augmente leurs propres chances de s’accoupler. Mais, contrairement à une grande partie de la coopération des bonobos observée dans la nouvelle étude, il y a un avantage clair et auto-dirigé, impliqué dans le comportement des dauphins.
Le partage de nourriture entre individus non apparentés, cependant, est rare, dit Samuni. Les chauves-souris vampires, les bonobos et les humains font partie des rares espèces connues pour le faire. Les chimpanzés le font également, mais ne partagent la nourriture qu’au sein du groupe social, dit Surbeck. Dans l’évolution humaine, un tel partage « est considéré comme l’un de ces comportements qui ont soutenu nos sociétés, qui nous ont permis de nous soutenir mutuellement en termes de pénuries alimentaires », explique Samuni.
Le comportement de notre propre espèce est ce qui rend le nouveau résultat particulièrement intéressant, explique Shinya Yamamoto, psychologue cognitif comparatif à l’Université de Kyoto au Japon.
« Les humains sont parfois en compétition ou se battent avec des groupes voisins, mais d’autres fois, nous coopérons même avec les membres de l’exo-groupe », explique Yamamoto. Parmi nos parents primates, il a été plus facile de trouver des exemples d’agressivité et de compétitivité, en particulier chez les proches parents des humains, les chimpanzés. Mais les origines évolutives du côté coopératif de l’humanité restent floues.
Les humains sont également liés aux chimpanzés et aux bonobos, et la nouvelle recherche ne nous dit pas si les premiers ancêtres humains ressemblaient davantage aux chimpanzés avec leurs territoires universellement rigides et leurs groupes de patrouille mortels, ou aux bonobos plus détendus (SN : 17/09/14). Mais la découverte pourrait conduire à des informations sur les types de conditions dans lesquelles l’un ou l’autre côté de la pièce évolue, dit Surbeck.
« Dans quelles circonstances voyez-vous cette coopération ? Dans quelles circonstances voyez-vous davantage un modèle de chimpanzé, dans des relations hostiles permanentes entre les groupes ? », se demande-t-il. « Qu’est-ce qui déplace l’aiguille de l’un à l’autre ? »
Les résultats suggèrent également qu’une coopération étendue et à long terme entre les groupes peut se produire sans la forte influence des facteurs culturels et des normes sociales. Chez l’homme, ceux-ci ont été considérés comme nécessaires pour construire et maintenir la coopération entre les groupes, dit Samuni.
« Nous montrons un système assez simple », dit-elle. « Et nous le voyons toujours émerger et d’une manière qui est assez similaire [aux humains]. »
Il pourrait encore y avoir une composante culturelle en jeu avec ces deux groupes de bonobos, dit Yamamoto. Il est possible qu’au fil des générations, certains bonobos aient appris à être particulièrement sociaux, de la même manière que les éléments de la culture humaine se forment.
Cette étude n’a porté que sur deux groupes de bonobos sauvages, et d’autres groupes de bonobos sont connus pour avoir des taux variables d’interaction avec d’autres groupes, explique Yamamoto. Ainsi, l’étude d’un plus grand nombre de singes pourrait révéler quelque chose qui s’apparente aux normes sociales.
Vous avez des questions ou des commentaires sur cet article ? Envoyez-nous un e-mail à feedback@sciencenews.org | FAQ sur les réimpressions
Une version de cet article est parue dans le numéro du 16 décembre 2023 de Science News.
Références
L. Samuni et M. Surbeck. Coopération au-delà des frontières sociales chez les bonobos. La science. Publié en ligne le 16 novembre 2023. DOI : 10.1126/science.adg0844.
À propos de Jake Buehler - Jake Buehler est un rédacteur scientifique indépendant, couvrant l’histoire naturelle, la conservation de la faune et la splendide biodiversité de la Terre, des salamandres aux séquoias. Il est titulaire d’une maîtrise en zoologie de l’Université d’Hawaï à Manoa.
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Source : https://www.sciencenews.org/article/bonobos-humans-cooperation-evolution
Vos chats s’amusent-ils ou se battent-ils ? Voici quelques façons de le savoir – Traduction du 27 décembre 2023 par Jacques Hallard d’un article de McKenzie Prillaman , publié le 02 février 2023 par ‘sciencenews.org’ sour le titre « Are your cats having fun or fighting ? Here are some ways to tell »
Certains comportements font allusion à ce que votre chat ressent pour son compagnon de jeu
Deux chats tigrés jouent à se battre sur le sol d’un appartement.
Ces deux chats interagissent d’une manière qui se situe quelque part entre le jeu et le combat, selon une nouvelle étude qui pourrait aider les propriétaires à mieux lire le langage corporel de leurs animaux pour déterminer s’ils sont amis ou ennemis. WESTEND61/GETTY IMAGES PLUS
Vos chats jouent-ils à se battre ou à se battre avec de la fourrure ?
Il s’avère que certains comportements chez les chats domestiques pourraient être des signes révélateurs qu’une interaction est amicale, agressive ou quelque chose entre les deux, rapportent des chercheurs le 26 janvier dans Scientific Reports.
« C’est une question que nous entendons beaucoup de la part des propriétaires de chats », déclare l’expert en comportement félin Mikel Delgado de Feline Minds, une société de conseil en comportement félin à Sacramento, en Californie, qui n’a pas participé à l’étude. « J’ai donc été ravie de voir que les chercheurs se penchent sur ce sujet. »
Les scientifiques ont étudié les relations sociales des chats – à la fois avec d’autres chats et avec les humains – mais il peut être difficile de dire si deux chats jouent ou se battent, explique la vétérinaire et chercheuse en comportement félin Noema Gajdoš-Kmecová de l’Université de médecine vétérinaire et de pharmacie de Košice, en Slovaquie (SN : 23/09/19).
Parfois, les propriétaires de chats passent à côté des signes d’une relation tendue parce qu’ils pensent que leurs animaux de compagnie ne font que jouer, ce qui peut entraîner du stress et des maladies chez les animaux, dit-elle. D’autres fois, les propriétaires relogent leurs chats après avoir supposé à tort que leurs animaux se battent.
Pour évaluer et catégoriser les interactions, Gajdoš-Kmecová et ses collègues ont regardé environ 100 vidéos de différents chats interagissant par paires. Après avoir visionné environ un tiers des vidéos, Gajdoš-Kmecová a identifié six types de comportements, dont la lutte et le fait de rester immobile. Elle a ensuite regardé toutes les vidéos et a noté à quelle fréquence chaque chat présentait l’un des comportements spécifiés, et pendant combien de temps. En effectuant des analyses statistiques sur les comportements, elle a identifié trois types d’interactions entre les couples de chats : ludiques, agressifs et intermédiaires.
Pour confirmer le résultat, d’autres membres de l’équipe ont également regardé les vidéos et classé chaque interaction entre félins.
Des liens clairs ont émergé. La lutte silencieuse, par exemple, suggérait le temps de jouer, tandis que la poursuite et les vocalisations, comme les grognements, les sifflements ou les gargouillis, impliquaient des rencontres agressives.
Les interactions intermédiaires comportaient des éléments de rencontres à la fois ludiques et agressives, mais comprenaient surtout une activité prolongée d’un chat envers l’autre, comme bondir sur son compagnon félin ou le toiletter. Ces rencontres entre les deux pourraient indiquer qu’un chat veut continuer à jouer tandis que l’autre ne le fait pas, le chat le plus joueur donnant un petit coup de coude pour voir si son partenaire veut continuer, disent les auteurs.
Ce travail fournit un premier aperçu des interactions entre les chats, dit Gajdoš-Kmecová, mais ce n’est qu’un début. À l’avenir, elle prévoit d’étudier des comportements plus subtils, comme les contractions d’oreilles et les bruissements de queue. Gajdoš-Kmecová et Delgado soulignent également qu’une rencontre litigieuse ne signale pas nécessairement une relation catastrophique.
« Il ne s’agit pas seulement d’une interaction », explique Gajdoš-Kmecová. Les propriétaires « devraient vraiment examiner les différentes interactions multiples dans les différentes périodes de la vie des chats, puis les mettre en contexte ».
Vous avez des questions ou des commentaires sur cet article ? Envoyez-nous un e-mail à feedback@sciencenews.org | FAQ sur les réimpressions
Une version de cet article est parue dans le numéro du 25 février 2023 de Science News.
Références
N. Gajdoš-Kmecová et al. Une analyse éthologique des interactions entre chats en contact étroit pour déterminer si les chats jouent, se battent ou quelque chose entre les deux. Rapports scientifiques. Publié en ligne le 26 janvier 2023. DOI : 10.1038/S41598-022-26121-1.
À propos de McKenzie Prillaman Courriel - McKenzie Prillaman était la stagiaire en rédaction scientifique du printemps 2023 à Science News. Elle est titulaire d’un baccalauréat en neurosciences avec une mineure en bioéthique de l’Université de Virginie et d’une maîtrise en communication scientifique de l’Université de Californie à Santa Cruz.
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VIE Une injection de thérapie génique pourrait empêcher les chattes de tomber enceintes sans être stérilisées By Erin Garcia de Jesús 6 juin 2023
Source : https://www.sciencenews.org/article/cats-play-fighting-aggression-tell
Comment différencier les jeux des conflits entre chats ? - Par Dre Bénédicte Hivin - Publié 27 octobre 2017 - Mis à jour 18 novembre 2019 – Diffusion ‘animo.com’
La cohabitation entre chats n’est pas toujours de tout repos ! Il est fréquent que les chats se « battent », qu’ils se courent après, qu’ils se mordent, etc… Face à ce tableau, les propriétaires ne savent pas toujours s’il s’agit de jeux ou de conflits. Nous vous invitons à lire la suite pour savoir comment différencier les jeux des conflits entre chats…
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