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"L’expansion de l’islam à partir des années 630, amène un commerce actif dans le monde musulman et des carrefours d’échanges entre civilisations en Méditerranée et du Proche-Orient à la Chine (navigateurs arabes et persans)" par Jacques Hallard

samedi 15 juillet 2023, par Hallard Jacques

ISIAS Voies d’échanges entre civilisations Partie 2 Islam Méditerranée Proche Orient Chine

L’expansion de l’islam à partir des années 630, amène un commerce actif dans le monde musulman et des carrefours d’échanges entre civilisations en Méditerranée et du Proche-Orient à la Chine (navigateurs arabes et persans)

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS – 12/07/2023


Présentation :

Partie 1’Les anciennes voies terrestres et maritimes de circulation, d’échanges culturels et commerciaux reliant la Chine et l’Europe remontent à plusieurs siècles : elles sont réactivées stratégiquement de nos jours par la Chine’ par Jacques Hallard - 16 mai 2023 - ISIAS Voies d’échanges entre civilisations Partie 1 Routes de la soie

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Partie 2L’expansion de l’islam à partir des années 630, amène un commerce actif dans le monde musulman et des carrefours d’échanges entre civilisations en Méditerranée et du Proche-Orient à la Chine (navigateurs arabes et persans)


Préambule

Quelques précisions préliminaires et un bref panorama du sujet pour commencer.

Le monde musulman ou civilisation islamique ou encore simplement l’Islam, désigne à la fois la civilisation musulmane et la zone géographique couverte par son expansion au fil de l’histoire, constituée de plusieurs périodes et influences. Wikipédia

L’islam est une religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu révélée, au VIIᵉ siècle en Arabie, à Mahomet, proclamé par les adhérents de l’islam comme étant le dernier prophète de Dieu… Wikipédia

Rappel - Ecritures selon des auteurs s’exprimant à l’extérieur du monde linguistique arabe et musulman : Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d’ « Islam » avec une majuscule désigne la civilisation islamique ...

Repérage en partant du XIIème siècle qui est notamment marqué par la personnalité d’Al-Idrîsî, un cartographe, botaniste, écrivain, historien, géographe, égyptologue, voyageur (né vers 1111 dans le territoire d’Al-Andalus, territoire sous domination musulmane - mort vers 1166 ou 1175 en Sicile).

« Al-Idrîsî fit de nombreux commentaires sur le commerce dans le monde musulman. Concernant l’Occident chrétien, les informations sont très inégales. Les routes ne sont pas représentées et les itinéraires cités restent inexploitables. Deux villes principales sont au centre des itinéraires orientaux : Bagdad et Le Caire dont les routes joignent l’Afrique noire à la Russie et mènent jusqu’en Chine. Côté Occident, ce sont surtout les républiques de Venise, Pise et Gênes qui assurent le commerce avec l’Orient. Très prisés dans les cours occidentales et orientales, les produits de luxe deviennent un enjeu stratégique. Durant les croisades, des accords ponctuels permettent aux caravanes de traverser les lignes ennemies. Et Constantinople sera mise à sac pour satisfaire les intérêts de la puissante république maritime de Venise… » - Source : http://classes.bnf.fr/idrisi/monde/ind_com.htm

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Late_Medieval_Trade_Routes.jpg/330px-Late_Medieval_Trade_Routes.jpgAgrandir

Les Routes commerciales en Europe au Moyen Âge : routes hanséatiques (noir), routes vénitiennes (bleu), routes génoises (rouge), routes vénitiennes et génoises (rose), routes terrestres (pointillés noirs). Auteur Lampman, 2008. © Wikimedia Commons, domaine public – Source : L’essor du commerce au Moyen Âge > https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-essor-commerce-moyen-age-13288/

« Les Arabes ont été de prodigieux fondateurs de villes, qui ont servi de base à leurs conquêtes et accueilli les palais des califes. Une extraordinaire entreprise qui continue de marquer le paysage du monde musulman en plein Moyen-Âge. Partis du désert et d’une société qui ignorait largement la ville et l’État, les Arabes ont pourtant ouvert une des plus belles aventures urbaines des siècles médiévaux…. » - Source : https://www.lhistoire.fr/de-bagdad-au-caire-des-b%C3%A2tisseurs-de-villes

Les carrefours d’échanges entre civilisations [Occident chrétien, Empire byzantin et Monde musulman] au Proche-Orient furent en particulier les villes du Caire en Egypte et de Bagdaden Irak, « villeremontant au moins au VIIIe siècle, capitale du califat abbasside à partir de cette époque et un centre de culture et de connaissance très important pendant des siècles, jusqu’au milieu du XIIIe siècle ».

Dès le début de l’Islam, les navigateurs arabes et persans prennent le contrôle des routes maritimes, depuis le golfe Arabo-Persique jusqu’en Chine. De multiples routes maritimes lient ainsi l’Occident et l’Orient pour des échanges de céramiques, perles, soieries, épices, etc…

Carte des pays du Golfe Persique avec l’ensemble des mnémos pour les retenir !

Agrandir la carte - Source : https://jeretiens.net/les-pays-du-golfe-persique/

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Introduction

Ce dossier, préparé dans un but didactique, est la Partie 2 d’un ensemble intitulé Voies d’échanges entre civilisations et présenté ici dans le Préambule avec un repérage qui s’ouvre à partir du XIIème siècle …

La période considérée débute avec l’expansion de l’islam, des années 630 au VIIIe siècle, d’une part, et avec une étude scientifique minutieuse qui traite des ports maritimes et fluviaux au Moyen Âge et du commerce maritime islamique à cette époque, d’autre part…

Puis est passé en revue le territoire d’Al-Andalus : un ensemble des terres de la péninsule Ibérique sous domination musulmane entre 711 et 1492

Une remarquable vidéo de l’Institut du monde arabe à Paris précise tout cela et deux documents exposent précisément un état des lieux changeant sous le Califat omeyyade (661–750), qui ne doit être confondu avec le Califat de Cordoue)…

Le Monde méditerranéen au XIIème siècle est alors approfondi selon Wikipédia, et avec des sujets d’histoire médiévale qui développent l’histoire des chrétiens, des juifs et de musulmans en Méditerranée du XIème au XVème siècle (Document ‘lhistoire.fr’), d’une part, puis avec des détails sur les échanges des produits de luxe et des produits courants à travers le grand commerce qu’exerce le monde musulman en Méditerranée (Document BNF), d’autre part…

L’essentiel du sujet est repris en l’élargissant à tous les contacts, établis du VIème-XIIIème siècles, entre les chrétiens et les musulmans dans l’espace de la Méditerranée, à l’aide de 3 vidéos pédagogiques (classes de 5ème en France) et d’une courte synthèse complète.

Cette Partie 2, d’un ensemble titré Voies d’échanges entre civilisations, est complétée avec une annexe réunissant 3 documents sur les marins arabes et persans qui naviguèrent en haute mer des débuts de l’islam à l’aube du XVIIe siècle, du Golfe Persique jusqu’en Inde et en Chine…

Une autre annexe - comprenant 2 articles - traite pour finir ce dossier de l’histoire des musulmans et de l’Islam en Chine.

Les documents sélectionnés pour ce dossier sont indiqués avec leurs accès dans le sommaire ci-après

Sommaire de l’introduction

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Sommaire

Annexe 2 - L’histoire des musulmans et de l’Islam en Chine (deux articles)

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Sommaire de l’introduction

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§§§

Carte de l’histoire de l’expansion de l’islam jusqu’en 750.

L’expansion de l’islam désigne la politique de conquête arabe du milieu des années 630 et l’expansion concomitante de l’islam au VIIIe siècle.

Dans les années 630, l’attaque des Arabes contre l’Empire romain d’Orient ou byzantin et le nouvel Empire sassanide débute. Les deux grandes puissances de l’antiquité tardive sont affaiblies par une guerre de longue date l’une contre l’autre. Les Byzantins perdent en 636 la Palestine et la Syrie, en 640/642 l’Égypte et en 698 l’Afrique du Nord au profit des Arabes. Alors que les Byzantins conservent un vestige axé sur l’Asie mineure et les Balkans, l’Empire sassanide s’effondre en 651. Au cours des décennies suivantes, les Arabes attaquent également par la mer et conquièrent le royaume wisigoth de la péninsule ibérique au début du VIIIe siècle.

Plusieurs villes se sont souvent rendues sans combat ou après des négociations avec les conquérants. Les chrétiens, les zoroastriens et les juifs sont autorisés à conserver leur foi en tant que « gens du livre », mais doivent payer des taxes spéciales et accepter des restrictions de leurs croyances religieuses. L’islamisation des territoires conquis s’est déroulée à des vitesses différentes. Un peu plus de 300 ans après la conquête militaire, les musulmans ne constituaient pas la majorité de la population dans de nombreuses parties de l’empire.

L’avancée arabe fut finalement stoppée par les Byzantins à l’est, tandis que les Arabes à l’ouest ne firent que de petites incursions dans l’empire des Francs. Ainsi commença au début du Moyen Âge la division persistante de l’Europe et de la Méditerranée en une partie islamique et une partie chrétienne, qui se divisa à son tour en un Occident latin et un Orient grec à domination byzantine.

Contexte

Article détaillé : Arabie préislamique.

L’islam apparaît en Arabie au début du VIIe siècle sous l’impulsion du prophète Mahomet. À cette époque l’Arabie est sous l’influence de trois empires, les empires sassanides, byzantin et le royaume d’Aksum situé en dehors des frontières de l’Arabie et qui luttait contre l’empire himyarite, un empire qui était très influent au Moyen-Orient avant son invasion par les Aksumites. L’empire byzantin et le royaume d’Aksum sont alliés dans une guerre contre l’empire perse sassanide (voir Guerre perso-byzantine de 602-628).

Des recherches récentes lient la déstabilisation de ces empires à un refroidissement du climat mondial causé par plusieurs explosions volcaniques très importantes1. Le changement climatique de 535-536 et la peste de Justinien plongent dès 542 l’empire byzantin dans une profonde crise.

Premiers siècles

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Expansion arabe sous Mahomet (I) et les trois premiers califes, Abou Bakr (II), Omar (III) et Uthman (IV).

Ces guerres de conquête contre les anciens empires sassanide et byzantin répondent à différents objectifs : islamisation sans apport financier ou contribution financière sans conversion, Djihad pour prévenir l’Islam de l’expansion du christianisme, recherche de butins lors de razzias notamment par les nomades intégrés dans les armées musulmanes, contrôle des réseaux commerciaux par l’aristocratie marchande arabe qui est à la tête des armées, etc…

Plusieurs causes expliquent le succès des conquêtes musulmanes, la principale étant l’affaiblissement des empires perse et byzantin, qui sortent épuisés de la guerre perso-byzantine (602 à 628). Pour faciliter le maintien de l’ordre, les provinces des deux empires étaient désarmées, ce qui facilite d’autant les victoires militaires des tribus arabes. Enfin, les populations locales souffrent des conséquences des divisions religieuses (querelle des monophysites), des destructions des guerres incessantes et d’oppression fiscale.

Le résultat est que tout conquérant est vu comme un libérateur apportant des réponses à ces problèmes sociaux, fiscaux et religieux, les autorités musulmanes allégeant les impôts fonciers et menant une politique initiale de « tolérance islamique » limitée toutefois aux Gens du Livre2. Cependant, les problèmes rencontrés par les empires perse et byzantin ne peuvent expliquer à eux seuls la réussite des campagnes militaires musulmanes, le califat sortant d’une guerre civile au moment des premiers conflits.

Un autre élément à prendre en compte est la mobilité des armées arabes, et notamment de la cavalerie légère, qui leur permit de tirer profit du manque de flexibilité des armées perses et byzantines, et donc de prendre le dessus sur des adversaires souvent plus lourdement armés et bien plus nombreux.

Né en Arabie, l’islam s’est étendu par la guerre à la Perse dès 636 (Bataille de Cadésie), puis vers l’Irak, l’Iran, la haute Mésopotamie ; et à l’ouest vers la Syrie, la Palestine et l’Égypte (provinces les plus riches de l’Empire byzantin, qui démarrent son enrichissement matériel).

L’islam pénètre le monde chrétien et gréco-romain peu après la mort du prophète de l’islam Mahomet. Sous les Omeyyades, l’expansion continue, les conquêtes territoriales se faisant par voie terrestre jusqu’en Afrique du Nord amazigh à la fin du VIIe siècle et jusqu’aux côtes espagnoles au début du VIIIe siècle. En 712, certains de leurs conquis berbères menés par Tariq Ibn Zyad voulant son armée constituée à 100 % de berbères (appelés les Maures) franchissent le détroit de Gibraltar (qui doit son nom au conquérant, djebel Tariq ’la montagne de Tariq’ ; dès leur accostage en terre ibérique, Tariq ibn Ziyad, après avoir ordonné la destruction totale de sa flotte navale par le feu, prononça cette phrase « l’ennemi est devant vous et la mer est derrière vous »)3 et conquièrent l’Espagne, d’où l’architecture du style mauresque. Ils sont arrêtés à Poitiers en 732 par les troupes du maire du palais, Charles Martel, grand-père du futur Charlemagne4.

L’expansion se poursuit ensuite vers l’Asie centrale, Boukhara et Kaboul, et ils atteignent la frontière de l’Indus. Ils entrent en contact avec l’Empire byzantin, au niveau de la mer Caspienne et du Caucase au nord.

L’Empire byzantin contrôle alors la mer Méditerranée, ce qui peut entraver les conquêtes arabes. Les Arabes construisent alors une flotte et attaquent Constantinople à trois reprises, mais sans succès, car le feu grégeois donne un fort avantage tactique aux défenseurs. Ceux-ci, restant maîtres de la mer, bloquent l’expansion musulmane et cessent de commercer avec les Arabes. La mer sera quelque temps une frontière, mais redeviendra rapidement une zone d’échanges. Après une conquête rapide d’un siècle, les frontières ne bougent plus jusqu’au XIe siècle.

Quand les Arabes ont conquis un territoire, ils établissent des camps à part et vivent du fruit de leurs conquêtes et d’impôts (la jizya) versés par les non-musulmans, en échange d’une liberté et d’une protection restreintes. Les musulmans sont enjoints pour leur part de pratiquer la Zakât (aumône au pauvre), un des cinq piliers de l’islam, mais seront, selon les périodes, libres de la pratiquer à leur gré (sans contrôle réel) ou non.

Le VIIIe siècle est marqué par la forte résistance de l’Empire byzantin, mais aussi par une agitation à la fois politique et religieuse à l’intérieur du monde arabo-musulman. L’unification et l’arabisation des territoires conquis (par la langue, la monnaie, l’administration), ainsi que leur islamisation (écoles instituées pour répandre le Coran, juges formés au droit musulman) sont donc entrepris.

Les sécessions politico-religieuses n’en continuent pas moins : les Abbassides fondent Bagdad. Il y a alors un déplacement vers l’est du centre politique arabo-musulman, déviant les flux d’arrivées de l’Extrême-Orient, mais éloignant ainsi le Centre du pan Ouest de l’empire. La tension qui en résulte provoque de nouvelles sécessions dont émergeront trois grandes zones de califats : abbasside, fatimide et andalouse ; il en résulte aussi une émulation religieuse entre les successeurs de Mahomet.

Aux IXe et Xe siècles, l’Empire arabo-musulman ne s’étend plus sous les Abbassides.

Du VIIe au VIIIe siècle

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Ruines de la cité musulmane d’Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650.

Les historiens ont souligné l’importance et la rapidité de la première conquête qui en un siècle permit rapidement aux Arabes dont, selon certains historiens, « l’état de civilisation était au stade de la tribu, dont les croyances religieuses étaient à peine supérieures au fétichisme et qui passaient leur temps à se faire la guerre, ou à piller les caravanes »5, de ravir à des empires séculaires et solidement établis un immense espace, du littoral atlantique aux déserts d’Asie centrale6.

Il faut dire que rien ne préparait les empires byzantin et perse, qui se disputaient la domination du Moyen-Orient et étaient épuisés à la suite de longues luttes, à voir arriver sur ce terrain un troisième adversaire. Héraclius venait de remporter une victoire éclatante contre la Perse de Chosroès, l’Empire romain allait enfin pouvoir se concentrer sur l’Occident et vaincre les Lombards qui menaçaient l’Italie, son avenir semblait assuré par cette victoire sur la Perse qui lui restituait la Syrie, la Palestine et l’Égypte. Héraclius reçut alors les félicitations de l’Inde et des Francs7.

Les Byzantins sont pris de court par l’irruption soudaine de cet adversaire nouveau venu d’une région dont ils ne se méfiaient pas, à l’instar de leurs voisins Perses. L’Islam arrache brusquement à l’Empire la Syrie et l’Égypte qu’il croyait sécurisées. Ces conquêtes font l’objet de terribles massacres, en Égypte par exemple, qui subit quatre millions de morts8, ou lors de la prise de Jérusalem et du massacre de Mamilla, qui fit d’après différentes sources byzantines entre 24 000 et 90 000 victimes chrétiennes civiles9. Après la conquête des côtes, l’Islam devient une puissance maritime, prenant Chypre, puis Rhodes, la Crête, la Sicile, repoussé à Constantinople après un blocus de cinq ans en 677.

Dès la conquête du Maghreb, et ce malgré la résistance berbère dirigée par la Kahina, puis de l’Espagne wisigothique (732) et de la Sicile (827), la Méditerranée occidentale devient un « lac musulman ».

Les raids des corsaires musulmans terrorisent les populations chrétiennes de tout le littoral, et en 846 c’est le sac de Rome, de la Basilique Saint-Pierre.

À l’Ouest, les Francs sont parvenus à les repousser sur terre, mais faute de flotte ne peuvent lutter sur mer ; il n’y a guère que Byzance et son feu grégeois pour maintenir sous son contrôle les mers Égée et Adriatique.

Cette domination navale de l’Islam produit un ralentissement considérable du commerce méditerranéen, du moins pour les chrétiens. Il entraîne un isolement de l’Occident latin, que l’on peut constater dans la quasi-disparition des épices ; la raréfaction de l’or, qui est remplacé par le denier d’argent sous Pépin le Bref et Charlemagne ; le remplacement de l’huile par la cire pour les luminaires ; celui du papyrus par le parchemin à la fin du VIIe siècle.

Le monde arabo-musulman, s’il ne se ferme pas totalement au commerce avec les Européens (du moins avec les grandes villes commerçantes italiennes, et les juifs auprès desquels ils s’approvisionnent notamment en esclaves malgré les interdictions répétées en 779, 781 et 84510), dédaigne néanmoins la Mare Nostrum et se tourne vers Bagdad et les mondes indien et chinois, bien plus fructueux (illustré par les histoires de marins comme les voyages de Sindibad). Cette fermeture significative du commerce du point de vue européen impose de profonds changements civilisationnels à l’Occident, Pirenne y voit l’une des causes majeures de la chute des mérovingiens, qui tiraient une part substantielle de leurs revenus des taxes sur la circulation des marchandises.

Ce déclin, principalement dans le Sud, de l’urbanité et des institutions ecclésiales, avec l’arrêt pendant près de deux siècles de la succession de nombreux sièges épiscopaux et des synodes, l’aristocratie terrienne et régionale supplante les grandes familles sénatoriales qui fournissaient jusque-là l’essentiel du haut personnel ecclésiastique et laïque, et le centre du pouvoir se déplace du pourtour de la Méditerranée vers la Seine et le Rhin, régions plus agricoles et moins dangereuses, d’où provient la dynastie des carolingiens.

Les dernières puissances navales occidentales comme Naples, Gaète, Amalfi et bientôt Venise, sont obligées de traiter avec les musulmans pour garder le contact avec l’Orient et ses richesses, formant un cas d’exception sur le continent européen, où l’idée antique de la civilisation méditerranéenne peut en quelque sorte subsister11.

En Orient

Péninsule arabique

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Conquêtes des débuts de l’islam.

On date la révélation du prophète Mahomet à environ 610. Les premières années sont difficiles et les musulmans sont souvent persécutés, certains migrent vers l’Abyssinie.

En 622, Mahomet, chassé de la Mecque12, se réfugie à Médine ; c’est l’an I de l’hégire. À partir de cette date, il commence à étendre son audience et son pouvoir (voir Tribus musulmanes et juives de Yathrib) et parvient à conquérir La Mecque. À sa mort en 632, il a conquis toute la péninsule arabique.

L’intense activité militaire et diplomatique qu’a été la Ridda peut être considérée comme la répression d’une apostasie, une reconquête ou une conquête. Un exemple est le cas particulier de Musaylima (Banû Hanifâ), dernière confédération de tribus du Hedjaz à être réfractaire aux demandes musulmanes. D’autres exemples isolés sont Ayhala le Noir au Yémen, Tulayha al-Asadî dans le Nedjd, et la prophétesse Sajâh des Tamîm et des Taghlib.

Proche-Orient

Article détaillé : Guerres entre Arabes et empire byzantin.

Au Proche-Orient à l’arrivée des Arabes, l’empire byzantin est fortement affaibli par sa lutte contre les Perses sassanides.

Les Perses ont pris Jérusalem en 614 et l’ont gardée quinze ans, jusqu’en 629. Les musulmans prennent donc une ville affaiblie en 638.

Moyen-Orient et Asie centrale

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Deux des trois madrasas du Registan à Samarcande.

Articles détaillés : Conquête islamique de la Perse, Conquête musulmane de la Transoxiane, Conquête musulmane de l’Inde et Invasion omeyyade en Inde.

Les Arabes, menés par les troupes du général Qutayba ibn Muslim, conquirent vers 712 les territoires des actuels Ouzbékistan et Kirghizistan13. Ils y entrent au contact avec les Chinois pendant le règne du premier abbasside Abou al-Abbâs->https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Saffah] à la [victoire de Talas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Talas]. Ils ont appris l'islam aux peuples [centre-asiatiques->https://fr.wikipedia.org/wiki/Asie_centrale] pratiquant jusqu'alors le [zoroastrisme->https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme]. Le contrôle arabe de l'[Asie centrale->https://fr.wikipedia.org/wiki/Asie_centrale] fut consolidé à la suite de la [bataille de Talas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Talas] (au [Kirghizistan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kirghizistan] près de la ville actuelle [kazakh->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan] de [Taraz->https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraz]) contre les Chinois en [751->https://fr.wikipedia.org/wiki/751]. Cette victoire qui a marqué l'avancée la plus à l'Est des armées arabes a été également l'occasion d'acquérir un certain nombre de techniques chinoises dont celle de la fabrication du [papier->https://fr.wikipedia.org/wiki/Papier]. Lors de la bataille de Talas, les Arabes, victorieux, font prisonniers de nombreux Chinois et récupèrent ainsi le secret. Ils comprennent rapidement l'intérêt de ce nouveau support pour propager l'[islam->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam], et [Samarcande->https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande] en sera le tout premier centre de production du papier du monde [musulman->https://fr.wikipedia.org/wiki/Musulman]. Par ailleurs, ils en amélioreront la fabrication en y incorporant à sa préparation des chiffons. [Haroun ar-Rachid->https://fr.wikipedia.org/wiki/Haroun_ar-Rachid] imposa l'usage du papier dans toutes les administrations de l'empire. Le papier arrive alors dans le reste du monde connu et en [Occident->https://fr.wikipedia.org/wiki/Occident] grâce aux conquêtes arabes en [Asie centrale->https://fr.wikipedia.org/wiki/Asie_centrale]. On le retrouve à [Bagdad->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bagdad] en [793->https://fr.wikipedia.org/wiki/793], au [Caire->https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Caire] en [900->https://fr.wikipedia.org/wiki/900], à [Xàtiva->https://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A0tiva] (San Felipe, [Espagne->https://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne]) en [1056->https://fr.wikipedia.org/wiki/1056] et enfin en [France->https://fr.wikipedia.org/wiki/France] au début du [XIV->https://fr.wikipedia.org/wiki/XIVe_si%C3%A8cle][e->https://fr.wikipedia.org/wiki/XIVe_si%C3%A8cle][ siècle->https://fr.wikipedia.org/wiki/XIVe_si%C3%A8cle]. {{Les conquérants arabes }}se frottent aussi à la [Perse->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_perse] et vont, à l'est, jusqu'à l'[Indus->https://fr.wikipedia.org/wiki/Indus]. Quelques populations turques se convertissent à l'islam. Au XIIIe siècle, le monde islamique joue un rôle important pour le commerce entre l'Europe, l'Inde et la Chine, les Arabes ayant, à cette époque et jusqu'à l'arrivée des Portugais en Inde, le monopole du commerce sur la [côte de Malabar->https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_de_Malabar]. Les Arabes naviguaient par un petit bateau à voile nommé [boutre->https://fr.wikipedia.org/wiki/Boutre]. [Tamerlan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan] (1336-1405), Turc converti à l'islam, fonde un Empire dit mongol mais turc de fait, dont l'existence ne sera qu'éphémère. L'un de ses successeurs, [Babur->https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur], restaure l'empire, en Inde surtout, que l'on nommera [moghol->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_moghol]. En [Inde->https://fr.wikipedia.org/wiki/Inde] se produiront nombre de syncrétismes dont la tentative de l'empereur moghol [Akbar->https://fr.wikipedia.org/wiki/Akbar], qui promulgue l'un des premiers [édits de tolérance->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_tol%C3%A9rance]. L'expansion de l'islam se poursuit vers l'Asie du Sud-Est et la Chine, tout d'abord par l'intermédiaire des marchands. {{L’Égypte - }}Article détaillé : [Conquête musulmane de l'Egypte->https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_musulmane_de_l%27Egypte]. <img18369|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/af/All_Gizah_Pyramids.jpg/280px-All_Gizah_Pyramids.jpgLes pyramides de Gizeh. Une armée d'environ 4 000 [Arabes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Arabes], dirigée par [Amr ibn al-As->https://fr.wikipedia.org/wiki/Amr_ibn_al-As], a été envoyé par le [calife->https://fr.wikipedia.org/wiki/Calife] [Omar ibn al-Khattâb->https://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_ibn_al-Khatt%C3%A2b] pour répandre l'[Islam->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam] dans le pays des anciens pharaons. Les Arabes arrivèrent en Égypte depuis la [Palestine->https://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_(r%C3%A9gion)] en décembre [639->https://fr.wikipedia.org/wiki/639] et avancèrent rapidement jusqu'à ce qu'ils atteignent le [delta->https://fr.wikipedia.org/wiki/Delta_du_Nil] du Nil. Les garnisons impériales se retirèrent dans les villes fortifiées où elles résistèrent avec succès pendant un an ou plus ; mais les Arabes ont demandé des renforts et 5 000 autres soldats sont arrivés en Égypte en [640->https://fr.wikipedia.org/wiki/640]. Renforcés, ils ont vaincu les Byzantins à la [bataille d'Héliopolis->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27H%C3%A9liopolis]. Amr se dirige ensuite vers [Alexandrie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandrie_(Italie)], qui se rend grâce à un accord signé le 8 novembre [641->https://fr.wikipedia.org/wiki/641]. Il semble que les [Thébaïdes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A8bes_(%C3%89gypte)] se soient rendus sans résistance en échange de nombreuses concessions islamiques. {{L'Afrique - }}Article détaillé : [Conquête musulmane du Maghreb->https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_musulmane_du_Maghreb]. <img18370|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b2/Great_Mosque_of_Kairouan_Panorama_-_Grande_Mosqu%C3%A9e_de_Kairouan_Panorama.jpg/280px-Great_Mosque_of_Kairouan_Panorama_-_Grande_Mosqu%C3%A9e_de_Kairouan_Panorama.jpg [Grande Mosquée de Kairouan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Mosqu%C3%A9e_de_Kairouan], fondée en 670 par le général arabe Oqba Ibn Nafaa, [Kairouan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kairouan], [Tunisie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunisie]. Les troupes d'[Oqba Ibn Nafaa->https://fr.wikipedia.org/wiki/Oqba_Ibn_Nafi_Al_Fihri] entrent en [Ifriqya->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ifriqya], nom donné à cette ancienne province romaine, mais il se heurte à la résistance de [Kusayla->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kusayla], un chef de tribu berbère. Oqba Ibn Nafaa fonde la ville de [Kairouan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kairouan] qu'il utilise comme base pour de futures opérations. En [683->https://fr.wikipedia.org/wiki/683], lors d'une terrible bataille, Oqba meurt ainsi que la plupart de ses hommes. Kusayla marche alors sur Kairouan, il y règnera près de cinq ans, mais des renforts venus de Syrie destituent le roi. La conquête du [Maghreb->https://fr.wikipedia.org/wiki/Maghreb] reprend et aussitôt un nouveau soulèvement gagne la région des [Aurès->https://fr.wikipedia.org/wiki/Aur%C3%A8s], Dihya ([Kahena->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kahena]) parvient à rassembler plusieurs tribus [berbères->https://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res] et repousse provisoirement les soldats musulmans jusqu'en [Tripolitaine->https://fr.wikipedia.org/wiki/Tripolitaine] (l'actuelle [Libye->https://fr.wikipedia.org/wiki/Libye]). [Carthage->https://fr.wikipedia.org/wiki/Carthage] est prise en [698->https://fr.wikipedia.org/wiki/698], la résistance est dominée à partir de [702->https://fr.wikipedia.org/wiki/702] et l'Afrique du Nord est « officiellement » conquise en [711->https://fr.wikipedia.org/wiki/711]. Cette même année, les premiers contingents berbères et arabes passent en [Andalousie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie], dirigés par [Tariq ibn Ziyad->https://fr.wikipedia.org/wiki/Tariq_ibn_Ziyad]. À la phase d’organisation militaire de la conquête, va se substituer l’administration d’un territoire encore partiellement insoumis, et non converti. {{Le Maroc}}, région fortement individualisée jusque-là, morcelée entre de nombreuses tribus autonomes, connaît avec l'islam pour la première fois une véritable unité par la cohésion religieuse ainsi créée entre les tribus[14->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-14]. {{Les populations afro-arabo-persanes d'Afrique de l'Est}}, qui commerçaient depuis des siècles avec les Arabes, se sont islamisés dès le VIIIe siècle. La [culture swahilie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_swahilie] est à la fois le fruit de ce métissage et de l'islamisation de la région. {{L'Europe}} Articles détaillés : [Conquête musulmane de l'Hispanie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_musulmane_de_l%27Hispanie], [Présence sarrasine en Francie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sence_sarrasine_en_Francie], [Al-Andalus#La traversée des Pyrénées et la conquête de la Septimanie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Andalus#La_traversée_des_Pyrénées_et_la_conquête_de_la_Septimanie] et [Invasion omeyyade en France->https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_omeyyade_en_France]. <img18371|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/SalonDeEmbajadoresRAS.jpg/280px-SalonDeEmbajadoresRAS.jpg [Alcázar de Séville->https://fr.wikipedia.org/wiki/Alc%C3%A1zar_de_S%C3%A9ville], coupole du salon des Ambassadeurs. {{Dès le VII}}{{e}}{{ siècle}}, de la péninsule arabique jusqu'à la [péninsule Ibérique->https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ninsule_Ib%C3%A9rique], {{l'expansion de l'}}[{{islam}}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam] se fait selon le principe de la [guerre juste->https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_sainte] ou [Jihad->https://fr.wikipedia.org/wiki/Jihad]. Cette terre, [alors chrétienne->https://fr.wikipedia.org/wiki/Arabes_chr%C3%A9tiens], avait été usée par les luttes intestines concernant l'[hérétique->https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9r%C3%A9sie] ([arianiste->https://fr.wikipedia.org/wiki/Arianisme] dans la [péninsule Ibérique->https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ninsule_Ib%C3%A9rique] et [donatistes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatisme] dans le [Maghreb->https://fr.wikipedia.org/wiki/Maghreb]) et, de ce fait, longuement persécutée par le pouvoir impérial. Ce qui explique l'accueil facile aux conquérants fait par la majorité d'entre eux au moins en [Afrique du Nord->https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Nord]. Cette terre espagnole devient le [pays d'al-Andalûs->https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_d%27al-Andal%C3%BBs] pour 800 ans. En revanche les courants du [christianisme->https://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme] ont considéré d'abord très négativement l'émergence de l'islam. Cette nouvelle [religion->https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion] faisait obstacle à leur revendication d'[universalisme->https://fr.wikipedia.org/wiki/Universalisme] (« catholique » signifiant {universel}), et les références aux messages de la [Bible->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bible] leur apparaissaient, ainsi qu'aux [Juifs->https://fr.wikipedia.org/wiki/Juif], plutôt comme une [hérésie->https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9r%C3%A9sie] [schismatique->https://fr.wikipedia.org/wiki/Schisme] (pour les courants qui utilisent ce concept) que comme une reconnaissance. Au mieux, l'islam leur apparaissait comme une forme de concurrence légère, partageant sa reconnaissance du Dieu unique, mais réfutant en revanche l'idée de [Trinité->https://fr.wikipedia.org/wiki/Trinit%C3%A9_(th%C3%A9ologie)] et ayant par ailleurs besoin d'une évangélisation. Jusqu'à l'arrivée des Turcs [Seldjoukides->https://fr.wikipedia.org/wiki/Seldjoukides], pourtant, la cohabitation à [Jérusalem->https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9rusalem] se passe sans difficulté majeure, malgré les invasions répétées de l'Europe par des troupes [maures->https://fr.wikipedia.org/wiki/Maures] se réclamant de l'islam. La situation change totalement avec l'occupation turque, qui entend interdire aux chrétiens le passage vers les [lieux saints->https://fr.wikipedia.org/wiki/Lieux_saints]. Une tension se crée alors. Pour l'[Occident chrétien->https://fr.wikipedia.org/wiki/Occident_chr%C3%A9tien], le [{mahométan}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahom%C3%A9tan] devient l'[{infidèle}->https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9cr%C3%A9ant] par excellence, et Mahomet (déformé parfois en [{baphomet}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Baphomet]) celle d'un démon perfide, qui prêche au nom de Dieu pour détourner les fidèles de la {vraie foi}. Parfois on l'assimile à l'[Antéchrist->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ant%C3%A9christ], parfois plus simplement on rappelle une parole attribuée par les Évangiles à [Jésus->https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9sus_de_Nazareth] et mettant en garde contre de {faux prophètes qui viendront après lui}. <img18372|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5a/Crac_des_chevaliers_syria.jpeg/280px-Crac_des_chevaliers_syria.jpeg Le [Krak des Chevaliers->https://fr.wikipedia.org/wiki/Krak_des_Chevaliers] en [Syrie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie]. {{La conquête islamique est motivée : }} -*pour les chefs de guerre, par l'envie d'étendre leur territoire ; -*pour les populations préparées à cette fin, par une nécessité perçue de répandre la « vraie foi ». {{L'acmé de la civilisation musulmane (sur le plan du développement scientifique et technique) se situe aux VIII}}{{e}}{{ et IX}}{{e}}{{ siècles. }} Les bénéfices culturels et techniques retirés par les territoires occidentaux issus de l'expansion musulmane sont objet d'un débat d'historiens concernant les transmissions. Articles détaillés : [Civilisation islamique en al-Andalus->https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_islamique_en_al-Andalus] et [Sciences et techniques islamiques->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_et_techniques_islamiques]. <img18373|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e7/Steuben_-_Bataille_de_Poitiers.png/280px-Steuben_-_Bataille_de_Poitiers.png [Bataille de Poitiers->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Poitiers_(732)], en octobre 732. Autant que la victoire de [732->https://fr.wikipedia.org/wiki/732] par [Charles Martel->https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Martel], qui repousse l'invasion à [Poitiers->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Poitiers_(732)], c'est l'échec du siège de [Constantinople->https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantinople] qui stoppe la progression des armées arabes. Les établissements maures perdureront longtemps sur les rives ouest Européennes de la Méditerranée : la [Sicile->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sicile] fut conquise à partir de [827->https://fr.wikipedia.org/wiki/827], [Malte->https://fr.wikipedia.org/wiki/Malte] en [870->https://fr.wikipedia.org/wiki/870], les [Baléares->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bal%C3%A9ares] en 902. On connaîtra le mouvement inverse de « guerre juste » aussi, quelques siècles plus tard, dans la [{Reconquista}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Reconquista] de la péninsule ibérique qui débute véritablement à la [bataille de Las Navas de Tolosa->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa], la première victoire de cette campagne, et s'achève au [XV->https://fr.wikipedia.org/wiki/XVe_si%C3%A8cle][e->https://fr.wikipedia.org/wiki/XVe_si%C3%A8cle][ siècle->https://fr.wikipedia.org/wiki/XVe_si%C3%A8cle] par la conquête des derniers {reinos de Taïfa} en [1492->https://fr.wikipedia.org/wiki/1492] ([conquête de Grenade->https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_Grenade]). Cette date correspond aussi selon [Arnold Joseph Toynbee->https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnold_Joseph_Toynbee] à l'extermination des derniers noyaux de résistance chrétienne en [Égypte->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte]. Quelques [croisades->https://fr.wikipedia.org/wiki/Croisade] préalables destinées à reconquérir le {tombeau du Christ} avaient rouvert aux pays chrétiens la route des [épices->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pices] en s'emparant des {échelles du Levant} tel le port d'[Ascalon->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ascalon], en [Palestine->https://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_(r%C3%A9gion)]. {{L'Inde}} <img18374|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/29/Jama_Masjid_is_the_largest_mosque_in_India._Delhi%2C_India..jpg/280px-Jama_Masjid_is_the_largest_mosque_in_India._Delhi%2C_India..jpg [Jama Masjid->https://fr.wikipedia.org/wiki/Jama_Masjid_(Delhi)] ou Grande Mosquée, à [Delhi->https://fr.wikipedia.org/wiki/Delhi]. L'histoire de l'islam aux Indes ne s’arrête pas aux frontières de l'Inde dans ses frontières de 1947 et de 1971. Elle est inséparable de la progression musulmane dans le sous-continent Indien dans son ensemble. On date la percée musulmane par les Arabes en 711. Le XIe siècle incarne le début de la véritable expansion de l'Islam en Inde, notamment avec l'arrivée de nombreuses tribus turco-mongoles musulmanes, dans le sillage de l'empire de [Gengis Khan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan] et le chaos des [invasions mongoles en Asie centrale->https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasions_mongoles_en_Asie_centrale]. {{En 1414}}, [Sayyîd->https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_des_Sayy%C3%AEd] s'empare du trône de [Delhi->https://fr.wikipedia.org/wiki/Delhi], puis [Bahlul->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bahlul_Lodi] fonde la lignée des [Lodi->https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_des_Lodi] en 1451. En 1526 la dynastie des Lodi s’éteint, victime des conquêtes lancées par [Babur->https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur], descendant de [Tamerlan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan]. Il fonde ce qui deviendra l'[empire moghol->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_moghol], dernière dynastie régnante de l'Inde, qui parviendra à mettre la quasi-totalité du sous-continent indien sous la domination de souverains musulmans. Cette période prendra fin avec la [colonisation britannique->https://fr.wikipedia.org/wiki/Raj_Britannique]. {{La conquête ottomane - }}Article détaillé : [Situation géostratégique de l'Empire ottoman->https://fr.wikipedia.org/wiki/Situation_g%C3%A9ostrat%C3%A9gique_de_l%27Empire_ottoman]. <img18375|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/19/Ottoman_empire.svg/280px-Ottoman_empire.svg.pngCarte des conquêtes de l'[Empire ottoman->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_ottoman] jusqu'en 1683. {{Au IX}}{{e}}{{ siècle,}} on note la progression de peuples turco-mongols de la région des montagnes [Altaï->https://fr.wikipedia.org/wiki/Alta%C3%AF] et du [lac Baïkal->https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Ba%C3%AFkal] vers l'ouest; ces peuples s'islamisent progressivement. Par la suite, appelées en renfort par le [calife->https://fr.wikipedia.org/wiki/Calife] [abbasside->https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbasside] pour calmer les agitations, des populations turques appelées [{Seldjoukides}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Seldjoukide] s'installent à Bagdad au XIe siècle. {{L'islam s'étend en Asie Mineure et en Inde.}} Un prince afghan converti à l'islam instaure un sultanat en Inde. Il y a différentes influentes familles dans les tribus turques en Asie Mineure, et la famille Osman, implantée près d'[Istanbul->https://fr.wikipedia.org/wiki/Istanbul], va entreprendre la conquête de l'Asie Mineure et des Balkans. [Constantinople->https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantinople] tombe en [1453->https://fr.wikipedia.org/wiki/1453]. L'expansion de l'islam en Europe a été le fait des [Ottomans->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_ottoman] en particulier sur les [Albanais->https://fr.wikipedia.org/wiki/Albanais_(peuple)] et sur les Slaves de [Bosnie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bosnie_(r%C3%A9gion)] adeptes du [bogomilisme->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bogomilisme]. {{L'Asie du Sud-Est insulaire }}- Article détaillé : [Islam en Indonésie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Indon%C3%A9sie]. {{Époque contemporaine - }}Article détaillé : [Nombre de musulmans par pays->https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_musulmans_par_pays]. <img18376|center>https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/31/Islam_by_country.png/400px-Islam_by_country.png Carte des pays musulmans au début du XXIe siècle. En [2010->https://fr.wikipedia.org/wiki/2010], le nombre de [musulmans->https://fr.wikipedia.org/wiki/Musulman] dans le monde est estimé à 1,6 milliard, soit 23,2 % de la population mondiale[15->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-pewforum-15]. Depuis leur indépendance, certains pays de la bande sahélienne d'[Afrique noire->https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_noire] ont noué des relations religieuses avec les pays arabes musulmans (Niger, Mali, Tchad) plutôt qu'avec les anciens colonisateurs. Les [Africains->https://fr.wikipedia.org/wiki/Africains] du Sahel et les [Arabes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Arabes] musulmans avaient des contacts approfondis des siècles avant l'arrivée des [Européens->https://fr.wikipedia.org/wiki/Europ%C3%A9ens] car les caravanes de chameaux menées par les Arabes, transportaient des esclaves noirs, le sel, l'or et l'ivoire à travers le Sahara. La facilité de diffusion de l'islam en Afrique s'explique aussi par le fait que ce sont les pays du Golfe, finançant la construction de Mosquées et de madrassas, et non plus des évangélisateurs comme dans le cas du christianisme[16->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-16]. Il est à noter qu'il y a très peu d'échanges religieux entre les pays du Nord et du Sud du Sahel. En revanche, la rivalité entre les pays sahéliens d'Afrique Noire, et la bande côtière, datent de bien avant la colonisation, et ont un fond ethnique lié à la pratique de l'esclavage des noirs notamment. Cette expansion est aussi source de tensions et de conflits. En [Côte d'Ivoire->https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_d%27Ivoire] ou au [Nigeria->https://fr.wikipedia.org/wiki/Nigeria], par exemple, l'opposition entre les populations musulmanes dans le nord du pays et les populations chrétiennes du sud alimente une instabilité permanente qui peut aller jusqu'au conflit armé à l'échelle nationale (Côte d'Ivoire) ou en tout cas à des attaques et représailles dans les régions « mixtes » (Nigeria). Aux questions religieuses se greffent cependant des intérêts économiques et politiques (partage des richesses et du pouvoir politique) dans la genèse des affrontements. La diffusion de l'islam hors du monde arabo-musulman traditionnel s'explique aussi en partie par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane. C'est le cas dans les pays occidentaux où l'immigration de populations musulmanes s'est développée depuis les [années 1950->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1950]. Cette immigration a un impact aussi bien démographique, ethnique, religieux, culturel, sécuritaire[17->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-figaro-17], et politique dans les pays occidentaux. L'islam continue aussi sa diffusion vers l'est en Asie. En [Indonésie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Indon%C3%A9sie] notamment, l'islam, arrivé avec des marchands arabes, indiens et [chinois->https://fr.wikipedia.org/wiki/Chinois_d%27Indon%C3%A9sie] qui faisaient escales dans les ports de [Java->https://fr.wikipedia.org/wiki/Java_(%C3%AEle)] et [Sumatra->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sumatra] depuis au moins le XIIe siècle, a eu une progression plutôt lente. De nos jours, 88 % de la population indonésienne est administrativement enregistrée comme musulmane. {{Projections}} Une étude conduite en 2015 par le [Pew Research Center->https://fr.wikipedia.org/wiki/Pew_Research_Center] s'attache à établir l'évolution des religions dans la [population mondiale->https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale]. Le tableau ci-dessous indique le pourcentage de musulmans dans les différentes régions du monde de 2010 à 2050[15->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-pewforum-15]. |{{{{Région}}}}|{{{{2010}}}}|{{{{2020}}}}|{{{{2030}}}}|{{{{2040}}}}|{{{{2050 }}}}| |[Afrique du Nord->https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Nord] et [Moyen-Orient->https://fr.wikipedia.org/wiki/Moyen-Orient] |93,0 % |93,1 % |93,3 % |93,5 % |93,7 % | |[Afrique subsaharienne->https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_subsaharienne] |30,2 % |31,4 % |32,8 % |34,1 % |35,2 % | |[Asie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Asie] et [Océanie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Oc%C3%A9anie] |24,3 % |25,7 % |27,0 % |28,3 % |29,5 % | |[Europe->https://fr.wikipedia.org/wiki/Europe] (sans la Turquie) |5,9 % |6,8 % |7,8 % |9,0 % |10,2 % | |[Amérique du Nord->https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rique_du_Nord] (États-Unis et Canada) |1,0 % |1,3 % |1,7 % |2,0 % |2,4 % | |[Amérique du Sud->https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rique_du_Sud], [Amérique centrale->https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rique_centrale] et [Caraïbes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Cara%C3%AFbes] |0,1 % |0,1 % |0,1 % |0,1 % |0,1 % | |{{Monde}} |{{23,2 %}} |{{24,9 %}} |{{26,5 %}} |{{28,1 %}} |{{29,7 %}} | Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, l'islam pourrait dépasser le christianisme et devenir la première religion au monde d'ici 2070[15->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-pewforum-15]. Cette croissance continue de l'islam s'explique par le fait que les musulmans sont en moyenne plus jeunes et ont plus d'enfants que les membres des autres religions[15->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-pewforum-15]. {{Repères chronologiques -}} Cette section [ne cite pas suffisamment ses sources->https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Citez_vos_sources] (mars 2019).  -*[525->https://fr.wikipedia.org/wiki/525] : Les [Abyssins->https://fr.wikipedia.org/wiki/Abyssinie] chrétiens, à la demande de l'[empereur byzantin->https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_empereurs_byzantins] [Justin I->https://fr.wikipedia.org/wiki/Justin_Ier][er->https://fr.wikipedia.org/wiki/Justin_Ier], envoient une armée contre [Dhu Nuwas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Dhu_Nuwas] et conquièrent le [Yémen->https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9men] (appelé à l'époque [Empire hymarite->https://fr.wikipedia.org/wiki/Himyar#L'Empire_himyarite]). -*[531->https://fr.wikipedia.org/wiki/531] : Début du règne de [Khosro I->https://fr.wikipedia.org/wiki/Khosro_Ier][er->https://fr.wikipedia.org/wiki/Khosro_Ier] en [Perse->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_perse]. -*[535->https://fr.wikipedia.org/wiki/535] : [Abraha->https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraha], le vice-roi des Abyssins devient le souverain du Yémen indépendant. -*[570->https://fr.wikipedia.org/wiki/570] : Date traditionnelle de la naissance de [Mahomet->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet] à laquelle coïncide l'[année de l'éléphant->https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraha#L'année_de_l’éléphant] au cours de laquelle Abraha lance son armée contre la ville de [La Mecque->https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mecque]. Bien que l'évènement relaté par le Coran s'avère historique, la date exacte de cette attaque avancée par la tradition (570) ne peut encore être confirmée ou infirmée de manière certaine (celle de 553 proposée par le savant israélien M. J. Kister en 1965 n'est plus admise)[18->https://fr.wikipedia.org/wiki/Expansion_de_l%27islam#cite_note-18]. -*[575->https://fr.wikipedia.org/wiki/575] : Les [Sassanides->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sassanides] conquièrent le Yémen. -*[589->https://fr.wikipedia.org/wiki/589] : Début du règne de [Khosro II->https://fr.wikipedia.org/wiki/Khosro_II] en Perse. -*[590->https://fr.wikipedia.org/wiki/590] : [Othmân ibn al-Houwaïrith->https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Othm%C3%A2n_ibn_al-Houwa%C3%AFrith&amp;action=edit&amp;redlink=1] [(en)->https://en.wikipedia.org/wiki/Uthman_ibn_al-Huwayrith] tente de nouer une alliance avec [Byzance->https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_byzantin] pour prendre le pouvoir à La Mecque et y instaurer le [Monothéisme->https://fr.wikipedia.org/wiki/Monoth%C3%A9isme]. -*[595->https://fr.wikipedia.org/wiki/595] : Mahomet se marie avec [Khadija->https://fr.wikipedia.org/wiki/Khadija_bint_Khuwaylid] (ra), la seule femme avec qui il n'avait pas de co-épouse(s) et qui lui donnera des enfants qui ne décèderont pas en bas âges. -*[608->https://fr.wikipedia.org/wiki/608] : Reconstruction de la [Kaaba->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaaba], Mahomet est choisi pour y placer la [pierre noire->https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_noire_(islam)]. -*[610->https://fr.wikipedia.org/wiki/610] : -**Avènement d'[Héraclius->https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclius] comme empereur de Byzance. -**Dans la [grotte de Hira->https://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Hira], le prophète reçoit la [première révélation->https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Premi%C3%A8re_r%C3%A9v%C3%A9lation&amp;action=edit&amp;redlink=1] [(en)->https://en.wikipedia.org/wiki/Muhammad%27s_first_revelation] par l'intermédiaire de l'[archange->https://fr.wikipedia.org/wiki/Archange] [Djibril->https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_(archange)]. -*[613->https://fr.wikipedia.org/wiki/613] : Après une seconde révélation, Mahomet sait désormais qu'il doit s'évertuer à transmettre la parole divine au plus grand nombre. C'est le début de la prédication publique de l'Islam. -*[614->https://fr.wikipedia.org/wiki/614] : Les Sassanides s'emparent de [Damas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Damas]. -*[615->https://fr.wikipedia.org/wiki/615] : Première [Hijra->https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9gire] de musulmans vers l'Abyssinie (terre chrétienne) pour fuir les persécutions des [Quraychites->https://fr.wikipedia.org/wiki/Quraych]. Le [négus->https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gus] [Armah->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ashama_ibn_Abjar] les reçoit et leur accorde sa protection. -*[619->https://fr.wikipedia.org/wiki/619] : Année de la tristesse, au cours de laquelle le prophète Mahomet perd [Khadija->https://fr.wikipedia.org/wiki/Khadija_bint_Khuwaylid] (ra) ainsi que son oncle [Abû Tâlib->https://fr.wikipedia.org/wiki/Ab%C3%BB_T%C3%A2lib] qui le protégeait de ses ennemis. -*[620->https://fr.wikipedia.org/wiki/620] : [Isra et Miraj->https://fr.wikipedia.org/wiki/Isra_et_Miraj]. -*[621->https://fr.wikipedia.org/wiki/621] : Premier pacte d'al-Aqaba. -*[622->https://fr.wikipedia.org/wiki/622] : -**L'Hégire. Le début du calendrier musulman correspond à la fuite de Muḥammad chassé de la Mecque qui se réfugie à [Yathrib->https://fr.wikipedia.org/wiki/Yathrib], future Médine. -**Héraclius remporte plusieurs batailles face aux Sassanides, notamment en [Cappadoce->https://fr.wikipedia.org/wiki/Cappadoce]. -*[623->https://fr.wikipedia.org/wiki/623] : Mariage du prophète Mahomet avec [Aïcha->https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFcha]. -*[624->https://fr.wikipedia.org/wiki/624] : La [Qibla->https://fr.wikipedia.org/wiki/Qibla] passe de [Jérusalem->https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9rusalem] à La Mecque (voir explication dans la sourate [Al-Baqara->https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Baqara]). -*[628->https://fr.wikipedia.org/wiki/628] : -**Des émissaires sont envoyés en [Égypte->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte], en Perse, à Byzance, au Yémen et dans d'autres contrées pour répandre l'Islam, certains d'entre eux rencontrent du succès, d'autres non. -**Pacte d'[Houdaibiya->https://fr.wikipedia.org/wiki/Houdaibiya] -**Après la [bataille de Khaybar->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Khaybar], une femme juive de la tribu des [Banu Nadir->https://fr.wikipedia.org/wiki/Banu_Nadir] dont les parents avaient été exécutés tente d'empoisonner Mahomet avec une épaule de [mouton->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouton]. Celui-ci survit mais tombe désormais malade à chaque anniversaire de l’évènement. -*[629->https://fr.wikipedia.org/wiki/629] : -**Les musulmans effectuent librement le [Hajj->https://fr.wikipedia.org/wiki/Hajj] pour la première fois. Encouragé par le prophète, [Bilal->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilal_ibn_Rabah] effectue l'[Adhan->https://fr.wikipedia.org/wiki/Adhan] debout sur la Kaaba et devient ainsi le premier [{muezzin}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Muezzin]. -**Après la mort de Khosros II, l'[anarchie->https://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchie] se développe en Perse. -**Premier affrontement entre arabes et byzantins à l'occasion de la [bataille de Mu'tah->https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mu%27tah]. -*[630->https://fr.wikipedia.org/wiki/630] : Prise de [La Mecque->https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mecque] après 8 ans de conflit avec les tribus Quraychites de la Mecque. La Kaaba est vidée de ses idoles, les tribus arabes se convertissent à l'islam et la [zakât->https://fr.wikipedia.org/wiki/Zak%C3%A2t] est prélevée pour la première fois dans la nouvelle société. -*[632->https://fr.wikipedia.org/wiki/632] : Date traditionnelle de [mort de Mahomet->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_de_Mahomet]. -*[634->https://fr.wikipedia.org/wiki/634] : Début des [guerres arabo-byzantines->https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_arabo-byzantines]. -*Après [634->https://fr.wikipedia.org/wiki/634] : Date possible de [mort de Mahomet->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_de_Mahomet]. -*[632->https://fr.wikipedia.org/wiki/632]-[661->https://fr.wikipedia.org/wiki/661] : Les [quatre premiers califes->https://fr.wikipedia.org/wiki/Califat_des_Rachidoune] et le début de l'expansion au Proche-Orient et en [Égypte->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte]. -*[637->https://fr.wikipedia.org/wiki/637] : Prise de [Jérusalem->https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9rusalem]. Le [calife->https://fr.wikipedia.org/wiki/Calife] [Omar->https://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_ibn_al-Khatt%C3%A2b] ordonne le déblaiement du [mont du Temple->https://fr.wikipedia.org/wiki/Esplanade_des_Mosqu%C3%A9es], laissé en ruine par les Romains. -*[641->https://fr.wikipedia.org/wiki/641] : Fin du règne d'Héraclius à [Constantinople->https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantinople]. -*[642->https://fr.wikipedia.org/wiki/642] : les musulmans, menés par [Amr ibn al-As->https://fr.wikipedia.org/wiki/Amr_ibn_al-As], pénètrent en [Égypte->https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte]. -*[650->https://fr.wikipedia.org/wiki/650] : Le [Qor->https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran][ʾ->https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran][ān->https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran] est collationné et rédigé pour la première fois dans sa forme canonique. -*[651->https://fr.wikipedia.org/wiki/651] : [Othmân->https://fr.wikipedia.org/wiki/Othm%C3%A2n_ibn_Aff%C3%A2n] envoie [Sad ibn Abi Waqqas auprès de l’empereur Tang Gaozong, pour introduire l’islam en Chine.

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  • Les ports maritimes et fluviaux au Moyen Âge et le commerce maritime islamique - Présentation du programme APIM (Atlas des ports et itinéraires maritimes du monde musulman) – Auteurs : Claire Hardy-Guilbert, Monik Kervran, Christophe Picard, Hélène Renel et Axelle Rougeulle - p. 79-97 - Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public - Texte intégral
    1 Né dans la cité marchande de la Mekke, l’islam fut diffusé par les marchands musulmans, le long de leurs itinéraires commerciaux, bien au-delà des territoires conquis par les armées arabes. Le commerce eut une importance particulière dans le monde islamique durant toute son histoire, mais il s’est étendu sur des territoires si vastes et divers qu’il est à peu près impossible d’en avoir une vision d’ensemble.

La seule étude de synthèse qui fut tentée pour embrasser le sujet remonte au milieu du xixe siècle (W. Heyd, 1856), remise au jour il est vrai en 1967, tant un tel ouvrage manquait aux études islamiques. Pourtant, au cours des cinquante dernières années, de nombreuses données nouvelles ont pu être collectées et d’anciennes réexaminées ou réinterprétées.

2 Parallèlement l’archéologie a visité ou revisité les ports islamiques, bientôt accompagnée de nouvelles méthodes d’investigations : photographie aérienne et satellite, études géomorphologiques, prospections de surface et du sous-sol. Ainsi une grande quantité d’informations a été et continue à être rassemblée sur les ports, les marchandises, les échanges et les réseaux maritimes musulmans, publiées dans des ouvrages dispersés et dans des langues multiples. L’idée s’est donc imposée d’initier une coopération internationale sur le commerce maritime islamique. Elle a été concrétisée par une base de données alimentée au fur et à mesure des découvertes ; les informations versées par chacun dans cette base devenant le bien commun.

3 En 2000, la création d’une unité de recherche sur le monde islamique médiéval (UMR 8084) a réuni plusieurs historiens et archéologues des échanges maritimes dont les champs allaient de la Méditerranée occidentale1 aux côtes de l’océan Indien2. La mise en commun des résultats de leurs travaux a permis d’entamer l’étude globale des échanges maritimes musulmans.

Description du programme informatique

4 Le programme informatique APIM (Atlas des ports et itinéraires maritimes du monde musulman) devait répondre informatiquement à deux objectifs. Le premier était de fournir une base documentaire regroupant en un même système toutes les caractéristiques des ports islamiques. Données généralement éparses et souvent difficiles d’accès. Le second était de constituer des cartes thématiques, à différentes échelles, d’une aire géographique allant du Maroc à la Chine. Une base de données documentaire a donc été entreprise et a été couplée à un Système d’information géographie (SIG).

5 La base de données a été créée sur Filemaker. Elle est constituée de dix fichiers interactifs qui recouvrent l’ensemble des données disponibles sur chaque port. Ces fichiers peuvent être consultés et saisis en français et en anglais, langue usuelle des collaborateurs étrangers des régions côtières du golfe Persique, de la mer Rouge et de l’océan Indien. La majorité des champs est en saisie libre à l’exception de ceux contenant des données-clés susceptibles de figurer sur les cartes telles que types de ports, d’architecture, d’objets (céramique, monnaie, etc.). Ces rubriques sont remplies à l’aide d’un menu déroulant bilingue. Chaque type de données est saisi sur un fichier distinct pour éviter la constitution d’un immense fichier unique de maniement lourd et risquant de comporter un grand nombre de cases vides.

Organisation des fichiers

6 La toponymie présente et passée, les dates d’occupation, les coordonnées géographiques ainsi que la localisation sont sur la première fiche ; la deuxième fiche contient les données géographiques (situation du site par rapport au littoral et à l’arrière-pays, modifications naturelles de la côte, plan topographique du site), historiques (résumé des grandes phases d’occupation avec leurs caractéristiques) et commerciales (indication des ressources locales manufacturées et naturelles, marchandises importées et exportées et réseaux humains) ; la troisième fiche rassemble les données archéologiques (type et dates des recherches, identité des fouilleurs, niveaux dégagés, coupe stratigraphique) ; la quatrième fiche décrit et illustre les structures architecturales existantes, mises au jour ou mentionnées dans les sources écrites ainsi que leurs inscriptions le cas échéant. Les différents types de céramiques et d’objets significatifs pour les échanges commerciaux sont contenus dans les cinquième et sixième fiches. La description du matériau, la forme de l’objet et son décor, son contexte archéologique et son lieu de production, lorsqu’il est connu, sont indiqués ; les documents iconographiques (dessins, cartes anciennes…) sont représentés sur la septième fiche et les descriptions ou citations du port dans les sources anciennes sont reproduites sur la huitième. La neuvième fiche contient les données bibliographiques anciennes (sources) et la dixième les ouvrages modernes relatifs au site.

7 Le SIG a été monté sur Map Info. Il est composé d’un ensemble de cartes à différentes échelles permettant au moyen de zooms successifs de faire apparaître des données de plus en plus précises telles que les noms des régions, les noms des ports, les courbes de niveaux, les réseaux hydrauliques, les photographies satellites… Le SIG permet en premier lieu de ‘géo-référencer’ chaque port et ainsi de cartographier thématiquement les sites.

8 Ces deux systèmes, base de données et cartes, ont chacun leurs spécificités et peuvent être consultés séparément mais acquièrent une valeur supplémentaire grâce à leur interactivité. Une interface entre les données et les cartes a été réalisée grâce à la collaboration du bureau de cartographie de la Maison de l’Orient méditerranéen de Lyon (O. Barges et S. Sanz, CNRS), sous le logiciel Map Basic. Ainsi, une requête simple (mono-article) ou complexe (multi-articles croisant des données de différentes fiches) peut être directement cartographiée, permettant ainsi la création de cartes thématiques : par exemple, quels sont les sites du xie siècle, ceux qui sont dénommés « sâhil » (côte) dans les sources et qui ont participé au trafic d’esclaves ?

9 Aujourd’hui, 250 ports figurent dans la base de données APIM, répartis sur un espace allant du Portugal et du Maroc à l’ouest, aux Comores et à Zanzibar au sud-est et à l’Indonésie et à la Thaïlande à l’est. Mais l’ensemble des données est loin d’être complet pour chacun des ports, certains ne possédant que la fiche d’identification, en attendant qu’un spécialiste apporte les informations complémentaires. Cependant dès maintenant, des résultats peuvent être extraits de ce programme informatique. Ils concernent, par exemple, la fréquence et la répartition de monuments liés à la vie maritime, à une période donnée, tels que les arsenaux, ou encore la diffusion de certains types de céramiques.

Le commerce des céramiques, indice chronologique de l’activité commerciale et marqueur de l’amplitude des échanges des ports de l’océan Indien

10 L’intérêt particulier que les archéologues portent à la céramique importée et exportée s’explique par le fait que les objets de terre cuite sont les vestiges du commerce à la fois les moins périssables, les plus faciles à dater et ceux qui sont presque toujours absents des sources écrites. Celles-ci énumèrent au contraire plus volontiers les denrées de luxe telles que soie, épices, parfums, perles, pierres précieuses et animaux rares rapportés de la Chine et de l’Inde, ivoire et esclaves des côtes de l’Afrique : toutes marchandises qui ne laissent pas de traces. Quant aux trouvailles monétaires, elles sont rares ou inexistantes dans nombre de sites fouillés. C’est donc presque aux seules céramiques – celles de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique mais aussi de l’Iran et de l’Iraq – toutes bien différenciées les unes des autres et certaines précisément datées, que l’on doit d’évaluer les périodes d’activité des ports de l’océan Indien, le volume et le sens de leurs échanges. Ces renseignements sont essentiels pour comprendre pourquoi ces ports, mais aussi les voies terrestres qui y étaient reliées, fonctionnaient à une époque puis s’interrompaient pour reprendre, parfois, un peu plus tard.

11 Siraf, qui préexistait à l’islam, a dominé le commerce oriental jusqu’aux alentours du xe siècle pour ensuite tomber en léthargie.

Qal’hat al-Bahrain, au nord de l’ile du même nom, commerçait avec l’Inde dès la fin du IIIe millénaire avant J.-C. et était encore l’une des forteresses du réseau commercial et stratégique des Sassanides. En sommeil pendant huit siècles, ses échanges reprennent sous les Mongols avec afflux de monnaies et de porcelaines chinoises de la dynastie des Song.

Sohar, fondée au début de l’ère chrétienne pour commercer avec l’Inde, connut son apogée commercial aux xe-xie siècles et sombra dans une irrémédiable décadence au xiie siècle.

Sharma, comptoir commercial sur les côtes du Hadramaout, reçut entre le milieu du xe siècle et celui du xiie des cargaisons chinoises plus remarquables qu’al-Shihr, sa prestigieuse voisine.

Al-Quseir, sur la mer Rouge, connaît une activité à l’époque romaine, est abandonné pendant plusieurs siècles pour n’être réactivé qu’à l’époque Ayyoubide (1171-1250). On pourrait multiplier les exemples sur la mer Rouge, la côte africaine et celles de l’Iran et du Sind.

12 Plusieurs facteurs expliquent cette instabilité. Le premier est géographique. Dans l’immense ensemble littoral que constituent la mer Rouge, le golfe Persique et les côtes de l’Arabie, de l’Afrique, de l’Iran et de l’Inde, les ports stables, rocheux, en eaux profondes, sont rares. Les côtes basses prédominent, sablonneuses ou bordées de mangrove, au long desquelles les mouillages peuvent être fréquentés et abandonnés tour à tour. Mascate, pourvu d’une anse rocheuse, de bons fonds et d’eau douce, fut moins fréquenté dans l’histoire que Sohar, simple mouillage dépourvu de qualités particulières, mais proche d’une voie de communication importante et lieu d’une ancienne foire annuelle.

13 Un autre facteur fut le développement du commerce maritime qui, dès l’époque sassanide, mit ces régions en relation avec la Chine et généra des profits considérables avec, pour conséquence, une forte concurrence pour contrôler les lieux de passage et d’accostage. Souvent, l’aménagement d’un autre mouillage permettait aux marchands, pour un temps, d’échapper aux exactions douanières. L’un des plus anciens exemples de ce processus relaté par les sources narratives est celui d’un rameau des al-Julanda qui avait émigré d’Arabie sur le rivage iranien, sans doute vers le vie ou le viie siècle. Grâce à une petite flotte bien entraînée et deux forteresses bien placées à l’entrée du golfe Persique (l’une près de Bandar Lengeh, l’autre près de Bandar Chiru), ils accostaient et poussaient vers leurs ancrages les navires revenant de la Chine et de l’Inde, et exigeaient un pourcentage sur les cargaisons.

Mas‘ûdî et alTha’âlibî ont évoqué leur système d’extorsion et Yaqût ajouta que les habitants de l’endroit prétendaient être désignés par ce passage du Coran : « Derrière eux était un roi qui s’emparait de tous les bâtiments » (Coran, XVIII, 78). Dans les siècles suivants, le système changea d’échelle et plusieurs fois de mains, et lorsque les Portugais arrivèrent à Ormuz en 1507, ils s’en emparèrent, se contentant seulement d’augmenter les prélèvements. Jean Aubin a été le premier à reconstituer certains épisodes de cette histoire méconnue, celle du royaume d’Ormuz devenu portugais.

14 Le troisième facteur de l’instabilité des ports de ces régions réside dans l’instabilité des pouvoirs qui les contrôlaient. Si les califes Umayyades purent encore imposer peu ou prou leurs gouverneurs dans ces régions, les Abbassides n’y exercèrent leur pouvoir que par intermittences : en 802, les Omanais battirent et expulsèrent la flotte de Hârûn al-Rashîd et ce n’est qu’à la fin du siècle qu’al-Mu’tadi put restaurer l’autorité califienne.

Les Bouyides conquirent et administrèrent les côtes orientales de l’Arabie entre 945 et 1055, au même titre que celles de l’Iran, tandis que les Fatimides tenaient celles de la mer Rouge.

Plus tard, Seldjuqides et Mongols exercèrent leur domination, par l’intermédiaire de principautés vassales sur ces côtes difficiles à tenir, où les ports étaient tour à tour bloqués ou abandonnés. Marco Polo décrivit cette situation lorsqu’il voyagea dans la région d’Ormuz : « Le chef de la cité a nom Rucnedin Acmat [prince d’Ormuz, de 1243 à 1277] ; il gouverne par tyrannie mais est soumis au roi de Cherman [Kerman] […] quand le Soudan de Cherman impose une taxe au Melic de Curmoz [Ormuz] ou à l’un de ses frères, et que ceux-ci ne la veulent donner, le Soudan envoie son armée pour les y forcer, ils partent de Curmoz, entrent dans leurs nefs et s’en viennent à cette cité de Calatu [Qalhat, en Oman], ils y demeurent et ne laissent passer nulle nef dans le golfe, ce dont le Soudan de Cherman subit un très grand dommage, car il perd les droits qu’il percevait sur les denrées qui arrivaient en son pays, de l’Inde et d’ailleurs3. »

15 La circulation des céramiques aidant à reconstituer et à dater les réseaux d’échanges contribue à éclairer cette histoire locale et inter-régionale dont bien des pans sont encore opaques, malgré les récits des chroniqueurs et des géographes. On prendra pour exemples deux types de céramique, l’un fabriqué par les potiers musulmans, sans doute dans les ateliers du bas-Iraq, l’autre par les potiers de Chine du Sud dans les ateliers de Jingdezhen et Chaozhou (fig. 3.)

Les jarres à décor de barbotine et glaçure alcaline bleue turquoise

16 Mesurant de 45 à 65 cm de haut, ces jarres étaient destinées au transport ou au stockage de denrées liquides ou risquant de s’évaporer à travers la paroi puisque celle-ci est revêtue à l’intérieur comme à l’extérieur d’une épaisse glaçure alcaline colorée en bleu-vert/turquoise par du cuivre en cuisson oxydante (fig. 1). La pâte est argileuse, assez homogène, bien cuite et de couleur jaune pâle (Munsell soil color charts, 1973, 2.5 Y 8/4). Le col est court, rétréci vers le haut, trois anses en oreillettes sont posées horizontalement à hauteur de l’épaule, la panse ovoïde porte des cannelures horizontales et se termine par un fond épais. Sous la glaçure, le décor de la jarre est constitué d’éléments de barbotine appliqués : galons, lisses ou ondulés et pastilles ou cercles de grènetis diversement combinés et généralement plus abondants sur la partie supérieure4. Ces jarres sont couramment nommées « Turquoise-Glazed Hib » ou jarres sassanido-islamiques en raison soit de leur apparition dès l’époque sassanide, soit de l’influence qu’ont eue sur elles les modèles sassanides. Les analyses pétrographiques pratiquées par Mason et Keall5 sur des échantillons de ce type de jarre trouvés à Siraf et à Basra indiquent que les premières auraient été produites sur le site mésopotamien. Les analyses n’ont pas été étendues aux spécimens exportés sur les côtes arabes, africaines et indiennes. On ne peut donc dire si Basra fut l’unique centre de fabrication de ces jarres.

17 Leur diffusion6, du milieu du viiie jusqu’au début du xe siècle, s’étend à de nombreux habitats d’Iraq : Samarra, Basra, Hira. En Iran, on le trouve à Suse et sur les côtes du Fars, à Siraf et Jazeh7 et dans l’île de Kharg. Ces jarres accompagnent les marchands musulmans dans leurs itinéraires maritimes : dans la péninsule Arabique à Rabadhah et dans l’oasis d’al-Hasa, sur la côte occidentale, à Athar, à Zabid, prés d’Aden dans l’oasis d’Abyan, à al-Qaraw et Jebel Ayn, à al-Shihr et à Sharwayn au Yémen, à al-Hamr al-Sharqiyah au Dhofar, à Sohar et à Wadi Beni Kharus en Oman, à ‘Ali dans l’île de Bahrain.

Sur la mer Rouge on en a retrouvé à Aqaba 8 et sur la côte africaine de l’océan Indien, on la repère à Shanga 9 sur la côte kenyane et sur cinq sites des îles Comores 10.

On la retrouve dans le delta de l’Indus à Banbhore/Daybul11, à Ko Kho Khao12 en Thaïlande et jusqu’à Fuzhou en Chine du Sud, terminus des croisières commerciales des navires musulmans. Elles étaient assez prisées en Chine pour faire partie du mobilier funéraire de personnages importants. On a en effet trouvé trois de ces jarres à Fuzhou dans la tombe de Dame Liu Hua, morte en 930 dans la province du Fujian. Elle était la fille du mandarin Liu Yin « un temps en charge du commerce extérieur à Canton 13 ». Les jarres trouvées dans cette tombe sont un peu plus hautes (74,5 cm) que celles que l’on connaît habituellement de ce type, mais elles en possèdent toutes les autres caractéristiques.

[Addenda - Fuzhou, anciennement Hougouan et historiquement connu comme Foochow, est la capitale de la province chinoise du Fujian]. Wikipédia

18 C’est peut-être pour leur contenu que ces jarres ont tant voyagé. Il se pourrait qu’elles aient servi à transporter des dattes ou du miel de datte. Or on sait que les régions côtières du golfe Persique comme celles d’Arabie, riches en palmeraies, ont produit et exporté du miel ou sirop de datte jusqu’en Chine : un pèlerin bouddhiste en transportait dans sa gourde lors de son voyage en Inde au viie siècle ; le miel de datte constituait en effet l’une des huit boissons légales autorisées par le Bouddha14. Toujours est-il que la diffusion étendue de ce type de jarre montre l’expansion du commerce arabe au début de la période abbasside. La carte qui résulte de cette enquête est à cet égard particulièrement probante (fig. 3).

Les bols en porcelaine blanche à décor de lotus

19 Produits à partir de la fin du viiie siècle, les porcelaines et les grès fins chinois ont été très rapidement et largement exportés vers l’étranger, dans toute l’Asie du sud comme dans l’océan Indien occidental et notamment dans les pays islamiques où leur grandes qualités techniques et esthétiques étaient extrêmement appréciées. Ils sont pratiquement les seuls témoins matériels conservés aujourd’hui des échanges entre l’Extrême-Orient et le monde musulman au Moyen Âge.

L’un des types les plus intéressants pour l’histoire des réseaux économiques de l’époque est un bol assez ouvert, à base annulaire et lèvre droite, dont la paroi externe est décorée de pétales de lotus en relief sur un fond excisé (fig. 2). Ces pièces furent d’abord fabriquées en grès beige à couverte crème, dans plusieurs fours du sud de la Chine au xe siècle, puis, à partir de 980 et jusqu’au milieu du xie siècle, en porcelaine de type qingbai, à pâte blanche ou gris clair revêtue d’une couverte légèrement bleutée, dans les fours de Jingdezhen au Jiangxi et Chaozhou au Guangdong.

20 Dans le monde musulman, des bols de ce type ont été trouvés à Banbhore, le grand port des bouches de l’Indus jusqu’au xii siècle ; à Qal’at ‘Abd al-Rahman, le site de l’ancienne Huzu sur la côte iranienne face à l’île de Qays, qui frappa sa propre monnaie au milieu du xe siècle ; à Sohar, le principal port médiéval de l’Oman ; à Sharma, un entrepôt de transit des marchands du golfe Persique sur la côte sud du Yémen de la fin du xe au milieu du xiie siècle ; à Athar, port yéménite de la dynastie ziyadite sur la mer Rouge aux ixe-xie siècles ; à Ayla, site de l’Aqaba médiévale et porte du Levant sur l’océan Indien jusqu’au χiie siècle ; à Fustat, capitale de l’Égypte fatimide à partir de 969 ; et jusqu’à Sabra Mansûriyya en Ifrîqiyya, résidence royale des Fatimides entre 948 et 969, avant leur installation en Égypte. Un bol appartenant sans doute à ce type vient également d’Antioche, en Syrie, et deux autres, dont l’un porte en surcharge une inscription arabe en glaçure verte, auraient même été découverts à Almería, port et arsenal de l’Andalousie musulmane à partir de 95515.

21 Bien que relativement peu nombreux – environ 80 exemplaires publiés – ces bols à décor de lotus sont les seuls spécimens de céramique chinoise à avoir été exportés, vers l’an mille, dans les ports de l’océan Indien puis à avoir transité non seulement en Égypte mais aussi en Andalousie.

C’est la seule trace matérielle avérée des contacts entre le réseau maritime de l’océan Indien et celui de la Méditerranée occidentale. Leur carte de dispersion permet en outre de constater que ces pièces ont été trouvées uniquement dans de grands centres économiques et/ou politiques, parfois même dans des agglomérations non côtières comme Fustat et Sabra Mansûriyya, à l’exclusion de tout site portuaire de seconde importance. Ceci indique probablement que ce type spécifique, pourtant de qualité assez standard dans la production chinoise et notamment dans le corpus des exportations de porcelaine qingbai vers le Moyen-Orient qui comporte des pièces beaucoup plus fines et remarquables, bénéficiait d’un statut particulier auprès des classes aisées.

22 La représentation cartographique de la diffusion de ces deux céramiques sur une même carte suscite plusieurs observations. Leur présence concomitante n’apparaît que dans quatre cas correspondant cependant à des sites majeurs : Aqaba, Athar, Sohar et Banbhore. La jarre bleue abbasside connaît, près de l’un de ses lieux de production attesté, une grande diffusion dans le golfe Persique mais également loin vers l’est, jusqu’en Chine, comme, au sud, jusqu’aux îles Comores.

Cette large exportation peut s’expliquer par la fonction de contenant d’une denrée prisée à cette époque (viiie xe siècles) : peut-être le miel de datte. Le bol chinois présent seulement à l’est du golfe Persique et jusqu’au fond de la Méditerranée atteste d’une part, le glissement vers l’est de l’Iran des centres et itinéraires commerciaux et d’autre part, le développement nouveau d’un itinéraire de l’Orient vers la mer Rouge (xie-xiie siècles).

23 À l’issue de ces quelques réflexions, on peut imaginer les potentialités de cette base de données et l’impact qu’elles auront sur l’orientation des recherches archéologiques futures.

Une cartographie des arsenaux musulmans de la Méditerranée et de l’océan Atlantique (viie-xive siècles) 16

24 Actuellement, l’étude de la navigation et du commerce musulmans est en plein renouvellement, par un travail systématique sur les sources concernant le monde arabo-musulman17. L’essentiel de ce travail porte sur les traces matérielles, la linguistique, et l’ensemble des domaines concernés par la vie maritime, à partir des ouvrages maritimes spécialisés (xve-xvie siècles surtout) et plus largement à partir des sources littéraires, biographiques et juridiques de l’espace qui nous concerne.

25 Touchant à l’espace maritime du monde musulman médiéval, l’essentiel des informations, émanant d’auteurs attachés aux diverses chancelleries des gouvernements médiévaux, se rapporte aux activités maritimes vues par des hommes de l’institution, chancellerie et pratique littéraire, et non du domaine technique. Cette particularité et ce vide en matière de ressource documentaire, expliquent, encore aujourd’hui, des erreurs de perspective de certaines études sur les problèmes commerciaux et maritimes du monde musulman. En effet, si l’on s’est toujours interrogé sur les faits recouvrant ces activités (piraterie, types et architecture des navires, etc.), le caractère institutionnel du fait maritime, commercial et militaire, a été beaucoup moins pris en compte. Pourtant, malgré les immenses lacunes des sources, c’est par cet angle d’attaque que l’on peut, aujourd’hui, approcher le mieux une certaine réalité de la pratique maritime de l’Islam médiéval. Cette piste est complémentaire de celle de l’archéologie.

26 Dans ce contexte, le port est logiquement un point central d’intérêt, où se rencontrent d’une part les personnes et les activités liées au monde de la navigation et, d’autre part, le pouvoir, dont la présence est signifiée au travers des administrations et surtout des structures architecturales, l’élément le plus souvent décrit. Parfois, l’archéologie permet de suppléer l’absence de mentions textuelles ou de compléter très largement une information très partielle des sources : c’est le cas de Mahdiya en Tunisie par exemple. De ce fait, la représentation cartographique des ports traduit déjà une certaine réalité d’un espace maritime, en retenant des critères qui octroient au mouillage sa valeur marchande, militaire et gouvernementale.

27 Chez les auteurs arabes, les préoccupations à son endroit sont assez constantes : le bassin, le quai, le navire ou l’équipage apparaissent peu ; les produits plus, mais pas forcément rattachés à la navigation elle-même. Au contraire, les descriptions portuaires s’arrêtent sommairement mais plus fréquemment aux structures qui marquent la présence étatique (dawla, sultân) : le diwân (douane), les fortifications et l’arsenal apparaissent plus particulièrement dans ce contexte. Par exemple, un auteur andalou du xie siècle, al-’Udhrî, déclarait qu’Almeria était « l’arsenal des Omeyyades d’al-Andalus », avant de le décrire rapidement.

28 Au cœur du port, l’arsenal est donc un témoin important voire emblématique, en Méditerranée et sur l’océan Atlantique, de l’activité maritime, marchande et militaire, au sein du domaine musulman. On est encore bien en peine d’en reconnaître les contours et le fonctionnement faute de descriptions précises et malgré l’apport de certaines sources particulières, comme les papyri d’Aphrodite, en Égypte au début du viiie siècle, ou les souvenirs du chambellan Jawdhar, au service du calife fatimide à Mahdiya dans le deuxième quart du xe siècle, et surtout les fameuses lettres de la Geniza.

Certaines traces sur le terrain donnent un complément d’informations sur des sites d’arsenaux : Malaga a longtemps conservé son arsenal construit au xive siècle ; les fouilles à Almería, Denia ou Mahdiya ont apporté des moyens de mieux comprendre la réalité architecturale et topographique de l’arsenal, sans compter le matériel trouvé sur place ; mieux connus, les arsenaux de Séville, reconstruits en 1252 par Alphonse X sur les plans de l’établissement almohade, ou celui d’Alanya construit au xiiie siècle par les Seljoukides de Rûm en Anatolie, sont des témoins importants de l’ordonnance de ces bâtiments fortifiés.

29 À partir de ces données éparses, il est possible de connaître à peu près l’ensemble des ports qui ont abrité un arsenal musulman durant la période médiévale, avant l’époque ottomane ; toutefois, il faut demeurer prudent : les informations, le vocabulaire des auteurs rarement au fait des choses de la mer, peuvent être trompeurs : les propos de l’auteur égyptien Ibn Mammâtî (xiie siècle) sur l’existence d’arsenaux à Tinnis, à l’époque fatimide, paraissent contredire d’autres sources qui évoquent comme seul arsenal celui de Fustat.

En revanche, la cartographie des arsenaux, par siècle, permet d’isoler des zones et des moments où les pouvoirs musulmans ont plus particulièrement investi dans une politique navale d’envergure : les Omeyyades et les Fatimides au xe siècle, les Almohades au χiie siècle par exemple (fig. 5).

30 Dans ces conditions, la reconstitution architecturale de tous les arsenaux du monde maritime musulman que nous montre la carte pourrait paraître simple, autour d’un « type » d’architecture spécifique, mais il n’en est rien ! Le dâr al-sinâ’a ou inshâ l-marâkib, les deux termes, assez vagues, les plus usités pour désigner une telle institution, recouvrent une réalité beaucoup plus complexe, aussi bien dans sa configuration que comme système administratif.

Pour en rester au plan architectural, il semble qu’à Mahdiya, les magasins abritant les agrès et les produits commerciaux aient été les seuls bâtiments fermés de l’arsenal, alors que, comme au Caire, le chantier de construction navale était probablement un espace à ciel ouvert, relié au port, enclos par une enceinte. Le cas se complique encore lorsque l’on constate que beaucoup, sinon la majorité des arsenaux mentionnés par les sources, étaient des chantiers totalement dépourvus d’édifices. Il faut alors relier la carte aux informations fournies par les fiches qui précisent les données que l’on possède sur les arsenaux, afin de saisir les nuances concernant une institution dont il est difficile de saisir les contours. Deux exemples, permettant de comprendre l’intérêt du programme des fiches et de la cartographie, serviront de base à notre propos : Silves et Ceuta.

31 Silves (fig. 4), petite cité du sud-ouest (Barlavente) de l’Algarve, était devenue au xe siècle la ville musulmane la plus importante de la région puis, au xie siècle, la capitale d’un modeste émirat indépendant avant d’être annexé par les Abbadides de Séville en 1054. Les activités portuaires, sur le rio Arade, sont décrites dès le xe siècle mais l’existence d’un arsenal (inshâ ou dâr al-sinâ’a selon les sources) est attesté seulement à partir du xie siècle. Malgré l’importance des vestiges architecturaux et matériels encore visibles, aucune trace d’un bâtiment que l’on identifie en général à l’arsenal n’a été trouvée. Pourtant, pour une fois, les textes permettent d’en prouver l’existence et sont assez précis sur la topographie et l’urbanisme de la cité.

La lecture des écrits géographiques arabes (al-Idrîsî en premier lieu) ou des textes latins, en particulier la très précieuse description de l’assaut de 1189 par les Portugais et les croisés, émanant d’un auteur resté anonyme, ne laisse non seulement aucun doute sur la présence d’un arsenal comme entité particulière du port, mais permet d’en préciser, très relativement, la nature et le lieu d’activité.

L’institution, permettant la construction et l’entretien des navires, était située le long de la rive du cours d’eau, moins modeste à cette époque qu’aujourd’hui et dont le lit a probablement changé de place, à environ douze kilomètres de son embouchure. Le texte anonyme laisse à penser qu’il se situait plutôt dans la zone sud-est, près de la muraille du faubourg, aujourd’hui disparue, et proche de la couraça, édifice formé de tours et d’une passerelle permettant l’accès direct au fleuve depuis la muraille. L’ouvrage est minutieusement décrit à l’occasion des assauts chrétiens de 1189, tout comme les attaques de navires de l’arsenal, sur la rive du fleuve, sans la présence d’un édifice quelconque. Par conséquent, la seule réalité de l’arsenal est institutionnelle et non architecturale. Le croisé qui décrit par le menu les phases de l’assaut n’aurait pas manqué de signaler l’existence d’un tel édifice fortifié.

32 Ceuta apporte un autre éclairage sur l’arsenal et sa représentation fichée et cartographiée. Ceuta devient le grand port du détroit de Gibraltar à partir du xe siècle. Par la suite, sa place majeure ne cesse d’être affirmée par les sources et les études monographiques qui lui ont été consacrées 18. Le témoignage le plus riche qui nous apporte des renseignements sur le port est celui d’al-Ansarî, natif de la cité et qui décrit celle-ci à l’occasion de la conquête portugaise de 1415 : l’arsenal, la douane, les funduqs y sont déclinés, les installations maritimes décrites. Un texte d’Ibn ‘Idhârî, historien de la fin du xiiie siècle, rend compte de l’importance de l’arsenal et de son amirauté à l’occasion d’une émeute survenue en 1250. L’ensemble des textes à notre disposition décrit mieux qu’ailleurs le fonctionnement même de l’arsenal : le rôle des amiraux et de leurs conseillers (tullâb sous les Almohades), le système de l’enrôlement des marins, mobilisables à tout moment, ainsi que l’entraînement des soldats spécialisés embarqués sur les navires ; on possède également des précisions sur la douane, son personnel, le cadre des transactions avec les étrangers, les Génois en particulier. Malgré ces données, deux informations nous manquent : ce qu’étaient le bâtiment et sa disposition exacte dans la cité, alors que cet arsenal y occupait une place considérable, et la date de sa fondation ; on peut seulement affirmer qu’il fonctionnait déjà au xie siècle au moment où l’émirat Baghrawâta fit de sa capitale un port très actif pour contrôler le détroit. Ainsi, malgré des sources relativement abondantes, la configuration de l’arsenal nous échappe et l’on ne peut saisir que l’importance de l’institution pour le fonctionnement des activités maritimes, militaires et marchandes.

33 L’arsenal représente donc une institution centrale des grands ports musulmans dans la zone occidentale (le fait n’est absolument pas avéré côté océan Indien). Leur représentation cartographique globale permet de se rendre compte de la vitalité, entre le viie et le milieu du xiiie siècle, de ces activités maritimes, en relation avec les efforts et les investissements très coûteux, consentis par les pouvoirs qui contrôlèrent les côtes de la mer intérieure et de l’océan. Le questionnement concernant la fondation des arsenaux sur ces littoraux permet de relier l’apparition de ces installations à l’évolution politique de la région et d’établir un lien étroit avec les moments où les pouvoirs politiques se sont intéressés au domaine maritime. Le lien entre carte et fiches donne donc à réfléchir sur les moyens que nous possédons de décrire l’activité maritime du monde musulman médiéval.

34 Le programme APIM qui concerne plusieurs chercheurs attachés à l’UMR « Islam médiéval », archéologues et historiens, mais également un nombre élevé de collaborateurs, travaillant dans plusieurs pays, n’a pas pour but de montrer un état définitif ou complet de l’activité maritime du monde musulman entre le viie et le xvie siècle. Cela ne se peut et ne correspondrait à aucune réalité historique telle que nous pouvons la saisir. Tout l’intérêt du programme informatique est justement d’offrir un cadre de travail, bientôt disponible à un grand nombre de chercheurs, évolutif et sans cesse en cours d’enrichissement. Le but de l’équipe est donc de fournir, grâce aux moyens de l’informatique, un outil de travail sur le monde maritime musulman, rassemblant des informations livrées par l’archéologie, qui prendra une part toujours plus grande, et par les sources écrites encore très prometteuses, y compris dans le domaine des archives. L’architecture portuaire, la céramique ne sont que quelques-unes des approches possibles d’un espace maritime immense, mais longtemps négligé parce que dominé par l’islam, frappé du sceau d’incapacité de naviguer. La richesse des données fournies et les cartes sont déjà les preuves de la diversité et de l’importance de la mer dans l’histoire de l’Islam médiéval.

Figure 1. — Jarre à glaçure bleue de type « sassanido-islamique » découverte à Suse

Figure 1. — Jarre à glaçure bleue de type « sassanido-islamique » découverte à Suse

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Source : R. Koechlin, Les céramiques musulmanes de Suse au musée du Louvre, MDR 19, 1928, Pl. VIII.

Figure 2. — Bol en porcelaine blanche de type qingbai

Figure 2. — Bol en porcelaine blanche de type qingbai

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Source : R. Brown, Guangdong ceramics from Butuan and other Philippine sites, 1989, fig. 11.

Figure 3. — Carte de distributions des jarres de type « sassanido-islamique » et des bols en porcelaine de type qingbai (état actuel de la recherche/zone entre Inde et Chine non encore traitée)

Figure 3. — Carte de distributions des jarres de type « sassanido-islamique » et des bols en porcelaine de type qingbai (état actuel de la recherche/zone entre Inde et Chine non encore traitée)

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1. Alméria ; 2. Sabra al-Mansuriyya ; 3. Fustât ; 4. Aqaba ; 5. Antioche ; 6. Rabadhah ; 7. Athar ; 8. Zabid ;
9. Qaraw ; 10. Jebel Ayn ; 11. Shihr ; 12. Sharmâ ; 13. Sharwayn ; 14. al-Hamr al-Sharqiya ; 15. W. Béni
Kharus ; 16. Sohar ; 17. Ali ; 18. Hufuf ; 19. Hira ; 20. Samarra ; 21. Suse ; 22. Siraf ; 23. Jazeh ; 24. Q. Abd
al-Rahman ; 25. Kharg ; 26. Banbhore ; 27. Ko Kho Khao ; 28. Fuzhou ; 29. Shanga ; 30. Les îles Comores.

Figure 4. — Plan reconstitué de la cité musulmane au xiie siècle (a) et vue de l’enceinte de la qasaba de Silvès côté est (b)

Figure 4. — Plan reconstitué de la cité musulmane au xiie siècle (a) et vue de l’enceinte de la qasaba de Silvès côté est (b)

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Sources : a) d’après R. Varela Gomes, Xelb 1 ; b) d’après C. Torrès et S. Macias, O legado islâmico em Portugal. Fundaçao Circulo de Leitores et Autores, Lisbonne, 1998.

Figure 5.— Les arsenaux musulmans du xve siècle

Figure 5.— Les arsenaux musulmans du xve siècle

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Notes

1 C. Picard, D. Valérian.

2 G. Ducatez, C. Hardy-Guilbert, M. Kervran, A. Rougeulle

3 Marco Polo, Le devisement du monde. Le livre des merveilles, Paris, 1990, t. I, p. 10, et t. II, p. 498-499.

4 Pour des raisons méthodologiques, il n’est question ici que de ce type de jarre (ou de fragments lui appartenant) possédant les traits caractéristiques énoncés ci-dessus. Sous ces appellations, certains auteurs entendent toute céramique jaune pâle à glaçure alcaline bleu-vert, le plus souvent sans décor. Ainsi à Siraf, où l’on a dénombré 60 589 tessons bleu-vert de type « blue glazed ware » (Sasanian-Islamic, SI) représentant 92,7 % des glaçures dans le secteur B de la mosquée, il est impossible de savoir combien exactement se rapportent à ce type de jarre. Μ. Ταμροε, « Maritime trade between China and the West. An archaeological study of the ceramics from Siraf (Persian Gulf), 8th to 15th centuries », BAR, 555 (1989), p. 31-33, fig. 100.

5 R. B. Mason et E. J. Keall, « The ’Abbasid glazed wares of Siraf and the Basra connection : petrographic analysis », Iran, 29 (1991), p. 51 et 57, fig. 3 : 248, 536, 312.

6 Pour les réferences aux sites d’Iraq, d’Iran et du golfe Persique, voir Cl. Hardy-Guilbert et A. Rougeulle dans M.-J. Steve éd., L’Ile de Kharg, une page d’histoire du golfe Persique et du monachisme oriental, Neuchâtel, 2003, p. 26, pl. 2 : 3 et p. 142, pl. 17 : 5 et 8. Pour celles aux sites des côtes d’Arabie et du Yémen, voir Cl. Hardy-Guilbert et A. Rougeulle, « Ports islamiques du Yémen », Archéologie Islamique, 7 (1994), p. 195 note 1.

7 Prospections P. Pirazzoli (CNRS) 1994, identification du matériel par Cl. Hardy-Guilbert.

8 D. Whitcomb, « A Fatimid residence at Aqaba, Jordan », Annual of the Department of Antiquities of Jordan, XXXII (1988), fig. 3 : a, b.

9 M. C. Horton, Shanga, The archaeology of a Muslim trading community on the coast of East Africa,. Memoirs of the British Institute in Eastern Africa, 14 (1996), Londres, fig. 196 : a, b, c.

10 H. T. Wright, « Early seafarers of the Comoro Islands, The Dembeni Phase of the IXth-Xth centuries A.D. », Azania, XIX (1984), fig. 15 : u, v.

11 Prospections de M. Kervran (1989).

12 Ancient trades and Cultural Contacts in South East Asia, The Office of the National Culture Commission, Bangkok, 1996, p. 215 (photo du bas de la page). Référence due à M. Pirazzoli-t’Serstevens.

13 Cl. Salmon, « Les Persans à l’extrémité orientale de la route maritime (iie a.e.-xviie siècle) », Archipel, 68 (2004), p. 41, fig. 7.

14 P. Popenoe, « The date palm », Field Research Projects, Coconut Grove, Miami, 1973 p. 131.

15 Voir : M. Pirazzoli-t’Serstevens, « La céramique chinoise de Qal’at al-Suhâr », Arts Asiatiques, 43 (1988), fig. 25, 37, 52 ; M. Kervran, « Archaeological research at Suhar 1980-1986 », Journal of Oman Studies, XIII (2004), fig. 37 : 10, pl. 36 : 7, 8 ; A. Rougeulle, « Les importations de céramiques chinoises dans le golfe Arabo-persique (viiie-xie siècles) », Archéologie Islamique, 2 (1991), fig. 9 : 8 ; B. Zhao, « L’importation de la céramique chinoise à Sharma (Hadramaout) au Yémen », Annales Islamologiques, 38 (2004), type PQBV ; J. Ζοζαυα, « El comercio de al-Andalus con el oriente : nuevos datos », Boletín de la Asociación Española de Orientalistas, 5 (1969), fig. la, pl. 1 : 1. Pour les deux tessons de Sabra Mansûriyya, M. Kervran, comm. pers.

16 L’ensemble des données figurant dans ce paragraphe, tant les sources que les références à une bibliographie récente, sont mentionnées dans C. Picard, L’océan Atlantique musulman de la conquête arabe à l’époque almohade. Navigation et mise en valeur des côtes d’al-Andalus et du Maghreb occidental (Portugal, Espagne, Maroc), Paris, 1997 ; Id., La mer et les musulmans d’Occident au Moyen Âge (viiie-xiiie siècle), Paris, 1997 ; Id., « Les arsenaux musulmans de la Méditerranée et de l’océan Atlantique », dans Chemins d’outre-mer. Études sur la Méditerranée médiévale offertes à Michel Balard, Paris, 2005, p. 691-710.

17 Outre la thèse de D. Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age (1067-1510), thèse dactyl., Paris I, 2000, on peut mentionner les thèses en cours d’A. Bougatfa et D. Bramoullé sur les politiques et espaces maritimes du califat fatimide. Tous deux collaborent au programme APIM.

18 M. Cherif, Ceuta aux époques almohade et mérinide, Paris, 1996 ; H. Ferhat, Sabta, des origines au xlve siècle, Rabat, 1993.

Table des illustrations – Voir à la source : https://books.openedition.org/psorbonne/12885?lang=fr

Auteurs : Claire Hardy-Guilbert Monik Kervran

Du même auteur : La mosquée deǦalāl al-Dīnwārazm Sāh à Damrilā, dans les bouches de l’Indusin Les non-dits du nom. Onomastique et documents en terres d’Islam, Presses de l’Ifpo, 2013

Christophe Picard

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© Éditions de la Sorbonne, 2005 - Licence OpenEdition Books - Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

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Source : https://books.openedition.org/psorbonne/12885?lang=fr

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  • Territoire d’Al-Andalus d’après Wikipédia : « Entre 711 et 1492 – Al-Andalus : sur l’ensemble des terres de la péninsule Ibérique sous domination musulmane … »
    Al-Andalus (ar) الأندلس (ber) ⵍⴰⵏⴷⴰⵍⵓⵙ (es) Al-Ándalus (pt) al-Ândalus - 711 – 1492

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/89/Al-Andalus732.svg/91px-Al-Andalus732.svg.png

Émirat du Califat omeyyade : extension maximale d’Al-Andalus vers 732.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f8/Califato_de_C%C3%B3rdoba_-_1000-en.svg/88px-Califato_de_C%C3%B3rdoba_-_1000-en.svg.png

Califat de Cordoue vers l’an 1000

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9c/P%C3%A9ninsule_ib%C3%A9rique_en_1144.png/101px-P%C3%A9ninsule_ib%C3%A9rique_en_1144.png

Émirat almoravide vers 1144

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Califat almohade & Taïfas almoravides vers 1195

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Émirat de Grenade, vassal du royaume de Castille vers 1350

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Informations générales :
Capitale Cordoue (929–1031)

Séville (1147–1162)

Cordoue (1162–1163)

Séville (1163–1248)1

Grenade (1248-1492)

Langue(s) Arabe (officiel et véhiculaire)2,3.
Religion Officielle : Islam sunnite.
Monnaie Dinar

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b3/MA_Sal%C3%B3n_de_Abd_al-Rahman_III_%28Sal%C3%B3n_Rico%29.jpg/220px-MA_Sal%C3%B3n_de_Abd_al-Rahman_III_%28Sal%C3%B3n_Rico%29.jpg

Arcs de style omeyyade dans la grande salle de Madinat al-Zahra, construite pour être le centre du pouvoir pendant la période du califat.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8f/Patio_de_los_Arrayanes_Alhambra_03_2014.jpg/220px-Patio_de_los_Arrayanes_Alhambra_03_2014.jpg

Le patio de los Arrayanes (la « cour aux myrtes »), palais de l’Alhambra à Grenade, aujourd’hui en Espagne dans la communauté autonome d’Andalousie.

Al-Andalus (en arabe : الأندلس, en berbère : ⵍⴰⵏⴷⴰⵍⵓⵙ4, en espagnol : Al-Ándalus, en portugais : al-Ândalus) est le terme qui désigne l’ensemble des territoires de la péninsule Ibérique et certains du Sud de la France5,Note 1 qui furent, à un moment ou un autre, sous domination musulmane6,7 entre 711 (premier débarquement) et 1492 (prise de Grenade) 7,8,9,Note 2. L’Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n’en constitua longtemps qu’une petite partie10.

Le terme d’Al-Andalus recouvre des entités politiques très différentes dans le temps. Après la conquête Omeyyade du royaume wisigoth, Al-Andalus, alors dans sa plus grande étendue en 731, fut d’abord une province du califat initiée par le calife Al-Walid I (711-750) et divisée en cinq unités administratives. En 750, la province s’émancipe du Califat abbasside et devient l’Émirat de Cordoue, un émirat Omeyyade indépendant fondé en 756 par Abd al-Rahman I et qui devient après une première fitna le Califat de Cordoue, proclamé par Abd al-Rahman III en 929 ouvrant alors une période qui correspond à l’apogée d’Al Andalus.

Ravagé par la guerre civile opposant arabes et berbères à partir de 1009, le Califat de Cordoue prend fin en 1031 après plus de 300 ans de domination Omeyyade, et se fragmente en royaumes rivaux fragilisés (Taïfas) et menacés au nord par les forces chrétiennes. Après la première période de Taïfas, Al-Andalus devient la partie ibérique d’empires fondamentalement maghrébins avec la domination Almoravide (1085-1145) la deuxième période de Taïfas (1140-1203) et la domination Almohade (1147-1238). Cette situation prend fin avec la la troisième période de Taïfas (1232-1287) et la réduction d’Al-Andalus à l’émirat nasride de Grenade (1238-1492), vassal du royaume de Castille.

Par sa logique d’Empire et sa richesse, et bien que situé comme terre d’Islam (en arabe : دار الإسلام), il abrite des populations aux origines et aux croyances multiples. Les Arabes, les Berbères, les Muladis (convertis à l’Islam) ainsi que les Saqaliba sont majoritaires, mais y vivent aussi des juifs ainsi que des chrétiens que l’on nomme « mozarabes ». Cette diversité n’est pas un pluralisme stabilisé et présente au contraire un caractère très dynamique dépendant de lieux, de situations et d’époques. La société d’Al-Andalus tend vers une homogénéisation à partir du XIIe siècle.

La péninsule Ibérique sous domination musulmane connaît un apogée culturel à l’époque du Califat de Cordoue marqué par un équilibre entre puissance politique et militaire, richesse, et éclat de la civilisation11. Dès le Xe siècle, Cordoue est un foyer intellectuel qui accueille érudits musulmans et juifs du monde islamique, développe sciences, arts et philosophies, réalise des œuvres architecturales majeures et produit un important corpus littéraire11. La culture andalouse renaît plusieurs fois des nombreux bouleversements politiques qui secouent ces territoires, mais à partir du XIIIe siècle, le tableau général est celui d’une lente mais profonde décadence qui s’achève par la prise de Grenade en 1492.

La présence d’Al-Andalus, territoire sous domination musulmane en Europe, a focalisé de nombreux débats, des récupérations politiques, et a engendré plusieurs mythes à plusieurs époques, où Al-Andalus est singulièrement séparé du monde médiéval européen comme du monde islamique classique. Ceux-ci sont traités dans l’article Convivencia.

D’après Al Idrissi, carte d’Al Andalus (1154)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/af/Universal_Map_2%2C_Al-Idrisi_%281100-1165%29.jpg/300px-Universal_Map_2%2C_Al-Idrisi_%281100-1165%29.jpg

Al Idrissi, Carte du monde connu (1154)

Étymologie

Article détaillé : Étymologie d’Al-Andalus et de l’Andalousie.

L’étymologie d’Al-Andalus a fait l’objet durant les trois derniers siècles des hypothèses les plus variées. L’explication acceptée durant un temps faisait un lien avec le peuple des Vandales : le nom de l’Andalousie proviendrait d’une hypothétique forme Vandalusia12.

D’autres hypothèses plus ou moins fantaisistes ont été proposées, allant du jardin des Hespérides13 à l’Atlantide14.

Selon l’historien et islamologue allemand Heinz Halm15,16 al-Andalus proviendrait de l’arabisation d’une désignation hypothétique du wisigothique de l’Espagne : *landa-hlauts (qui signifierait « attribution des terres par tirage au sort », composé de landa-, forme fléchie de land « terre » et hlauts « sort, héritage »)17. Ce terme aurait été repris par les Maures au VIIIe siècle et adapté phonétiquement en al-Andalus18, en suivant les étapes suivantes : *landa-hlauts > *landa-lauts > *landa-luts > *landa-lus > Al-Andalus.

Après la conquête almoravide d’al-Andalus, il se développe une mythologie islamique des territoires perdus assimilés au paradis de l’Islam aux origines divines19. C’est par exemple le cas de l’historien arabe Ibn Khallikân (1211–1282) pour qui l’un des fils de Japhet s’appelait Andalus et serait à l’origine de l’appellation Al-Andalus donnée à l’Espagne par les Arabes, car il aurait été le premier homme à habiter la région après le Déluge20.

Histoire - Article détaillé : Histoire d’al-Andalus

« Entre 711 et 1492, sur l’ensemble des terres de la péninsule Ibérique sous domination musulmane… »

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  • Documents sur Al-Idrîsî géographe du XIIème siècle (textes ‘bnf.fr’, Wikipédia, remarquable vidéo de l’Institut du monde arabe)
    Documents sur Al-Idrîsî géographe du XIIème siècle – Documents de la BNF)

On sait peu de choses sur la vie d’al-Idrîsî. Né au Maroc en 1100, il serait originaire d’une famille arabe noble d’Espagne. Il fait ses études à Cordoue, alors premier centre culturel de l’Islam occidental. Il est d’une grande culture médicale, connaît bien les plantes, les poisons et les poudres dont il sait les qualités spécifiques, pharmacologiques et aphrodisiaques. Il possède un peu de latin, parle grec et rédige quelques livres, dont un traité des médecines simples. Grand voyageur, al-Idrîsî parcourt la Méditerranée depuis l’âge de seize ans.

C’est en 1139 qu’il s’installe à Palerme, appelé par Roger II*, et entreprend, sous la direction du roi, un travail d’enquête et de compilation géographique qui va durer dix-huit ans. De son point de vue, la dynastie normande* des Hauteville, à laquelle appartient le roi, est appelée par Dieu à prolonger celle des califes* abbassides*. Palerme est vouée à prendre le relais de Bagdad et devenir le pôle savant d’un monde arabe sans frontière. C’est donc naturellement en arabe qu’al-Idrîsî écrira son livre, à la gloire de Roger II, souverain sage et serviteur du savoir, et de la Sicile, terre riche et pacifiée. Il commence la rédaction proprement dite en 1154, six mois avant la mort du roi. La Géographie sera achevée sous Guillaume Ier, probablement vers 1157, date après laquelle on perd complètement la trace d’al-Idrîsî. Il serait mort vers 1165.

Ses méthodes de travail

Dans sa préface, al-Idrîsî attribue à Roger II l’initiative du projet et la méthode qu’il a suivie. En premier lieu, al-Idrîsî interroge les livres de la géographie arabe. Il vérifie ensuite l’information auprès des savants puis des voyageurs expérimentés. Faisant preuve d’un esprit critique sévère, il les questionne ensemble, puis un par un, dépêche des émissaires pour corroborer leurs dires et rejette les informations contradictoires. Pour s’assurer de la véracité de données concordantes, il trace une carte graduée, à l’aide d’un compas de fer, sur une table à dessin.

Après ce minutieux travail d’enquête, al-Idrîsî dresse une grande carte du monde orientée au sud et divisée en latitude* selon sept ’climats*’ et en longitude* en dix sections. Les climats, zones thermiques parallèles à l’équateur, sont d’une largeur inégale et l’atlas traduit une singulière déformation : le monde est très étendu, presque étalé en longitude, d’ouest en est, par rapport à son extension en latitude. Par cette méthode héritée de Ptolémée (90-168), al-Idrîsî poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs en se plaçant dans une logique scientifique.

Un ensemble important de commentaires forme le texte de la Géographie. Celui-ci suit le découpage cartographique en soixante-dix sections et commente ce que la carte ne peut représenter : description de la nature, routes, distances, architecture, commerce, merveilles, mœurs et coutumes... L’information est colossale : plus de 5 000 noms de lieux, de fleuves et de montagnes sont répertoriés. Cependant, l’ampleur même et l’encyclopédisme des informations rassemblées conduisent à des erreurs de copie et des confusions, voire des étrangetés.

Ses sources

Al-Idrîsî est d’abord l’héritier de la géographie arabe, et plus particulièrement de la géographie ’administrative’. Ce courant comprend des ouvrages sur la perception de l’impôt et les routes de l’empire qui décrivent en détail les provinces, les villes et les campagnes. La méthode d’al-Idrîsii manifeste à cet égard un esprit critique sévère et remarquable. Tout ce qui ne pourra être vérifié sera écarté. Réduit à peu de notations, le légendaire est repoussé aux extrêmes limites du monde connu.

L’information livresque n’est utilisée que pour les régions les plus lointaines. Ce sont des voyageurs qui rapportent des informations sur les pays les plus proches. Al-Idrîsî interroge tous les marchands ou émissaires de passage à Palerme. Il remet à ceux qui partent de la capitale une grille de renseignements précis qu’ils devront compléter. C’est ainsi qu’il rassemble l’information concernant l’Europe, encore inédite dans la géographie arabe et grande nouveauté du livre. Al-Idrîssi consulte peu les géographes latins, mais accède aux archives diplomatiques du Palais où il puise des informations sur les provinces françaises, allemandes, espagnoles ou italiennes.

Par sa méthode rigoureuse et systématique, par sa volonté d’associer l’Orient et l’Occident, par le croisement des points de vue et des disciplines, al-Idrîsî offre une description ’moderne’ du monde connu, la première tentative du genre.

Source : http://classes.bnf.fr/idrisi/pres/idrisi.htm

La Géographie ou Le Livre du roi d’Al-Idrîsî Au milieu du XIIe siècle cet ouvrage propose une exploration du monde par un savant arabe vivant à la cour cosmopolite du roi normand Roger II de Sicile. C’est un atlas qui décrit de manière très codifiée les pays, leurs villes principales, leurs routes et leurs frontières, les mers, les fleuves et les montagnes. Al-Idrîsî commente ces cartes en suivant des itinéraires, comme un véritable guide. Il livre des informations de toute nature, géographiques bien sûr, mais également économiques et commerciales, historiques et religieuses. Outre la compilation des connaissances déjà pratiquées par ses prédécesseurs, al-Idrîsî s’est doté d’une méthode pour compléter et vérifier ses informations.

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Le Livre du roi -
Appelée aussi Livre de Roger, la Géographie est un livre à la gloire de Roger II de Sicile. Le sens et le but de l’œuvre se rattachent à la mission dont le roi, selon la tradition arabe et byzantine, se sent investi. Une mission qui fait du prince un sage, serviteur du savoir, et invite Roger II à tenter la synthèse des connaissances du monde tout en exposant sa politique. Établissant une concordance entre les savoirs, la Géographie se présente comme une tentative de maîtrise intellectuelle du monde. La Géographie connaît un certain succès dans le monde arabe. Le livre est cité, copié, repris, augmenté, réduit, traduit... En Occident, il est imprimé pour la première fois en caractères arabes à Rome en 1592, partiellement traduit et publié en latin en 1619. Il tombe ensuite dans l’oubli et il faut attendre le XIXe siècle pour connaître une traduction française complète du livre. 

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Il reste aujourd’hui dix manuscrits de la Géographie, réalisés entre le début du XIVe siècle et la fin du XVIe siècle. La Bibliothèque nationale de France en possède deux. Celui présenté ici est le plus ancien, copié autour de 1300 sur papier en écriture maghrébine. Il provient de la collection de 1515 manuscrits arabes rapportés par Asselin de Cherville, agent consulaire en Égypte, acquise par la Bibliothèque en 1833. Ce manuscrit très stylisé comprend trois cent cinquante-deux folios et rassemble soixante-neuf cartes, peintes chacune sur une pleine double page dans un cadre d’or. Sa gamme de couleurs est étendue et variée. Les noms des pays et des régions sont tracés en rouge. La mer est de couleur bleue avec un filet ondulé blanc, les lacs d’eau douce et les fleuves sont en vert, très rarement en bleu. Les montagnes sont représentées avec de nombreuses nuances, allant de l’ocre au violet. Les villes sont signalées par des rosettes rehaussées d’or.

Source : http://classes.bnf.fr/idrisi/pres/index.htm

Document sur Al-Idrisi (1100-1165) - Par Florian Besson - Publié le 21/03/2013 • modifié le 02/03/2018

Carte du monde par Al-Idrisi
THE PICTURE DEST / THE ART ARCHIVE / GIANNI DAGLI ORTI / AFP

Al-Idrisi est un célèbre géographe arabe du XIIème siècle, qui a travaillé à la cour des rois normands de Sicile. Son œuvre, à travers deux ouvrages de géographie, une version brève de commande et une version plus détaillée ensuite, incarne et reflète le bouillonnement culturel qui anime la Méditerranée médiévale.

Les années de voyages

Al-Idrisi naît à Ceuta (au Maroc actuel) vers 1100, dans une famille noble qui peut faire remonter sa généalogie à l’oncle du Prophète Muhammad, et qui serait à l’origine de la fondation de Fès au VIIIème siècle. Il grandit à Cordoue, la ville du calife, centre intellectuel et culturel de l’empire almoravide. Même si on a très peu d’informations sur sa vie, il est certain qu’il a reçu une éducation classique, à la fois dans les sciences profanes et dans les sciences religieuses. Il est sans nul doute un étudiant brillant : à travers les écrits qu’il utilisera plus tard, on voit qu’il parle et écrit le grec, mais aussi le latin, ce qui est rare pour les savants arabes de l’époque. Il se forme également à la géographie, art arabe depuis le VIIIème siècle, qui fait pleinement partie de l’adab, cette culture qui est le propre de l’honnête homme. A la fin de ses études, il entame une période d’itinérance (sans que l’on sache vraiment pourquoi : contraintes familiales ? attrait personnel ?), voyageant dans toute l’Espagne arabe, dans le Maghreb, mais aussi peut-être en Egypte, voire jusqu’en Asie Mineure. Ses voyages recoupent ceux de nombreux autres savants andalous, par exemple Maimonide, et témoignent ainsi d’une profonde continuité du Dar al-islam, au-delà des fractures politiques entre dynasties.

On retrouve Al Idrisi à Palerme, en Sicile, en 1138 : on ignore pourquoi il est allé s’installer dans le monde chrétien. Contrairement à ce que sa légende affirme, il ne semble pas avoir été invité par le roi de Sicile Roger II : il s’écoule en effet plusieurs mois entre son arrivée à Palerme et le moment où on le retrouve dans l’entourage du souverain. Y a-t-il un lien entre son déplacement et l’invasion almohade ? Les Almohades en effet appuient leur nouveau règne sur un sunnisme rigoureux, ce qui les conduit souvent à chasser les savants pour acheter le soutien des oulémas : ainsi de Ibn Rushd/Averroès qui sera un temps exilé de la cour. La mobilité de Al Idrisi, souvent prise comme l’incarnation même des transferts culturels entre Occident chrétien et monde arabe, serait ainsi, du moins en partie, une mobilité forcée. A moins, comme ne l’avance A.L. Nief, qu’il ne soit né en Sicile, ce que certaines sources laisseraient entendre. En tout cas, Al-Idrisi restera en Sicile jusqu’à sa mort, en 1165, à la fois parce qu’il y occupe une place privilégiée et parce qu’il est dès lors considéré, dans le monde arabe, comme un renégat, voire comme un apostat. Il est ainsi interdit de séjour dans l’Empire almohade. C’est d’ailleurs ce statut ambigu qui explique qu’on ait très peu d’informations biographiques sur lui : ses ouvrages géographiques seront assez souvent repris et commentés par d’autres savants musulmans, mais ceux-ci ne disent presque rien de leur auteur.

A la cour de Sicile

La Sicile est à l’époque occupée par les Normands [1], qui ont su construire une civilisation mixte, intégrant les fortes populations musulmanes de l’île. Au carrefour de nombreuses routes commerciales, la Sicile s’inscrit entre le monde arabe, l’Occident chrétien et le monde byzantin. D’où un très fort syncrétisme, qui se voit par exemple dans des fresques de la chapelle Palatine de Palerme qui présentent le roi Roger Ier comme un empereur byzantin. La cour du roi Roger II, qui règne de 1130 à 1154, est en particulier très cosmopolite, et Al Idrisi s’y intègre parfaitement. Le géographe cordouan profite pleinement de la situation de la Sicile : il interroge les marins, à la fois chrétiens et musulmans, qui passent dans les ports de l’île, et collecte ainsi des informations qui viennent enrichir sa connaissance du monde. Le roi Roger II lui confie d’abord la réalisation d’un globe en argent, puis lui demande d’écrire un livre de géographie qui commenterait ce globe : ce sera l’œuvre maîtresse d’Al-Idrisi, un livre qui sera significativement traduit sous le titre de Livre de Roger. Al-Idrisi commence à rédiger son livre deux mois avant la mort du roi, et achèvera son œuvre sous son successeur Guillaume Ier. Son livre, composé pour un souverain chrétien, parle peu de politique ou de religion : lorsqu’il traite de La Mecque, par exemple, rien n’est dit de Muhammad ni de l’Hégire. La politique s’introduit cependant discrètement : Al-Idrisi appelle les Almohades « Masmuda » (du nom de la tribu dont sont issus ses dirigeants), refusant de les mettre sur le même plan que les Almoravides. Faut-il y voir aussi une rancœur contre une dynastie qui l’a empêché de faire carrière en Espagne ?

La rédaction de son livre s’inscrit en fait dans le programme politique de la monarchie normande de Sicile. Roger II, très ambitieux, tente en effet d’imposer une monarchie forte qui s’appuie notamment sur la science pour se légitimer. Pour les rois de Sicile, commander une œuvre de géographie est une façon de se poser comme mécène, mais surtout un moyen de maîtriser intellectuellement le monde, d’apparaître, en reprenant les attributs symboliques de la souveraineté byzantine, comme un cosmocrator. Al-Idrisi incarne à lui seul cette cour de Sicile très brillante intellectuellement, animée d’un fort dynamisme marchand, guerrier et culturel, qui profite pleinement des contacts entre civilisations. Mais il incarne aussi les dernières heures de l’âge d’or de cette Sicile normande, avant que Frédéric II Hohenstaufen ne conquière l’île 1197 et ne déporte tous les musulmans en Italie du Sud.

Une géographie complète

Le livre de géographie que rédige Al-Idrisi à la demande de Roger II s’intitule le Kitâb nuzhat al mushtâq fi-ikhtirâq al-afâq (Livre du divertissement de celui qui désire parcourir le monde). La première version de cet ouvrage, rédigé en arabe, ce qui laisserait entendre que les souverains auxquels il est destiné lisent cette langue, daterait de 1157. Plus tard, Al Idrisi écrit une version plus complète, le Kitab al-Mamalik wa al-Masalik [2] (Le livre des royaumes et des routes). Il rédige aussi un livre de botanique, listant les plantes rencontrées au cours de ses voyages, et notant notamment avec soin leurs usages médicaux : s’il n’est pas l’un de ces grands médecins philosophes que le monde arabe a connu (Avicenne, Averroès, Maimonide), Al-Idrisi est proche de ce milieu. Ses ouvrages de géographie connaîtront un vif succès après sa mort, à la fois en Orient – au prix, on l’a vu, d’un oubli partiel de leur auteur – et en Occident, où Al-Idrisi est connu sous le nom de Dreses.

L’inspiration de sa géographie vient avant tout de Ptolémée, même s’il récupère aussi l’héritage de géographes espagnols (Orose, Vème siècle) ou arabes (Jayhani, Oudâma, Mas’udi, ibn Hawqal). Compilant les informations de ses prédécesseurs, il y ajoute également ses propres observations, recueillies au fil de ses voyages ou collectées en interrogeant marins et voyageurs.

Le premier âge de la géographie arabe privilégiait la fabrication de cartes à partir de savants calculs astronomiques ; le second âge de cette géographie, à partir de Ibn Hawqal, privilégie le voyage comme mode principal d’observation et d’appréhension du monde : c’est dans ce courant (on parle de « géographie des routes et des royaumes », un titre que Al-Idrisi reprend) que le géographe andalou s’inscrit. Il adopte ainsi à l’égard de la géographie la même attitude que Ibn Sina/Avicenne envers la médecine et Ibn Rushd/Averroès envers la philosophie : il s’agit d’intégrer la pensée grecque dans une vision arabe du monde, de compiler le savoir disponible tout en laissant une place clé au raisonnement personnel.

Orné de 70 très belles cartes, qui sont présentées avec le sud en haut et le nord en bas, son ouvrage reprend la théorie antique des 7 climats : le monde est divisé en sept bandes parallèles, d’est en ouest, chacune correspondant à un climat qui influe sur la nature humaine des hommes qui y habitent. Les climats les plus tempérés correspondent aux civilisations les plus brillantes (la péninsule arabique, l’Espagne, la Sicile), alors que les climats extrêmes (tout au sud ou tout au nord) n’accueillent que des barbares. Al-Idrisi innove en divisant chaque climat en dix compartiments, ce qui lui permet de présenter un monde quadrillé, découpé.

On retrouve d’autres héritages antiques, par exemple dans la description, à l’Extrême-Orient, de la « barrière de Gog et Magog », muraille légendaire créée par Alexandre le Grand pour emprisonner des peuples barbares qui sont censés envahir le monde habité, l’oekoumène, au moment du Jugement Dernier. Al-Idrisi souscrit à la théorie de la sphéricité de la Terre, et pense, comme la géographie grecque, que le reste du monde est recouvert d’un grand océan : « la terre est ronde comme une sphère ; si ce n’était pas le cas, comment l’eau y tiendrait-elle ? ».

Al-Idrisi connaît très bien l’Orient, notamment l’Afrique et l’Océan Indien, espaces connectés à la péninsule arabique par des liens commerciaux très intenses : le frère de Maimonide, David, est ainsi marchand de pierres précieuses dans l’Océan Indien à la même époque. De même, la bonne connaissance du Soudan dont fait preuve Al-Idrisi témoigne des liens commerciaux tissés le long du Nil. Il est également bien informé au sujet de l’Italie, de l’Espagne et de la France méridionale, beaucoup moins lorsqu’il parle des contrées plus lointaines comme la Chine (« fort grand pays dont les habitants aiment par-dessus tout le dessin ») et l’Inde, l’Angleterre (« un pays où il pleut sans cesse ») et la Russie. Il livre une géographie complète, s’intéressant non seulement à la géographie physique (les fleuves, les montagnes, les côtes), mais aussi à la géographie humaine (les routes, les récoltes, le commerce…). Il étudie de près la flore, on l’a vu, mais aussi la faune, à la fois parce que cela vient conforter la théorie des climats (si les plantes et les animaux sont différents d’un climat à l’autre, les hommes doivent l’être aussi), et parce que cela permet d’évoquer des anecdotes merveilleuses. Par exemple, dans la partie consacrée à l’Inde, Al-Idrisi parle surtout de l’éléphant : il s’agit ici de construire de véritables mirabilia, de divertir le lecteur en le faisant voyager par l’esprit.

Conclusion

Al-Idrisi, géographe de talent présentant l’oekoumène en croisant géographie classique et informations contemporaines, évacue au maximum, on l’a vu, les références politiques. Lorsqu’il parle de l’Espagne, rien n’est dit de la Reconquista ; et il parle de la Syrie sans évoquer ni les croisades ni les Etats Latins qui s’y sont formés. Cette neutralité est en fait une profonde prise de position : alors que l’Islam recule en Méditerranée face à un Occident conquérant, Al-Idrisi, travaillant à la cour d’une Sicile prise entre plusieurs civilisations, refuse d’entériner ces échecs en les fixant sur le papier. En sorte que son silence lui permet de réaffirmer la place centrale de l’Islam, seule civilisation capable d’embrasser d’un regard scientifique le monde connu.

Bibliographie :
 E. Tixier du Mesnil, « Le monde selon Idrisi », L’Histoire, n° 384, février 2012.
 A. Amara et A. Nief « Al-Idrisi et les Hammudides de Sicile », Arabica, n°67, 2000.
 A. Miquel, La géographie humaine du monde musulman jusqu’au milieu du XIème siècle, quatre tomes, 1967 – 1988.

Maroc Culture

Florian Besson Agrégé d’histoire, élève à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, les recherches doctorales de Florian Besson portent sur la construction de la féodalité en Orient Latin, après un master sur les croisades. Voir toutes ses publications

Notes :

[1] Les « hommes du Nord », ceux que l’on appelle aussi, improprement, les Vikings. Ceux-ci, portés par un très fort dynamisme conquérant, se sont emparés du Danemark et de la Normandie au Xème siècle, de l’Angleterre en 1066 avec Guillaume le Conquérant, et de la Sicile et des Pouilles à la même époque, sous Robert Guiscard et Roger Ier.

[2] Ces deux versions furent ensuite réunies et compilées par les copistes médiévaux, ce qui rend notamment difficile de savoir de quel ouvrage viennent les très belles cartes d’Al-Idrisi.

Source : https://www.lesclesdumoyenorient.com/Al-Idrisi-1100-1165.html

Article Wikipédia sur Al Idrissi

Pour les articles homonymes, voir Charif Al Idrissi et Idrissi.

Estatua de Al-Idrisi bajo el baluarte de los Mallorquines, Ceuta (5).jpg

Statue d’Al Idrissi brandissant sa carte, sous les remparts de Ceuta

Biographie
Naissance Vers 1111

Ceuta (d) ou Mazara del Vallo ou Ceuta

Décès

Vers 1166 ou vers 1175

Sicile

Activités

Cartographe, botaniste, écrivain, historien, géographe, égyptologue, voyageur
Œuvres principales
Tabula Rogeriana

Al Idrissi, Al-Idrīsī, Edrisi ou encore Charif Al Idrissi, de son nom complet Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani (arabe : أبو عبد الله محمد ابن محمد ابن عبد الله ابن ادريس القرطبي الحسني), connu aussi sous le nom de Dreses, parfois surnommé « l’Arabe de Nubie »1, est un explorateur, géographe, botaniste et médecin, né peut-être à Sebtanote 1, l’actuelle Ceuta, vers 1100. Il a grandi en Afrique du Nord et en Al-Andalus, a étudié à Cordoue sous l’empire Almoravide 3, a exploré une grande partie de la Méditerranée et est allé aussi en Europe3. Il serait mort vers 1165 ou 11754 en Sicile ou à Ceuta. Il appartient à la famille des Chérifs idrissides5.

Al Idrissi doit sa renommée à la création d’une des premières cartes géographiques et planisphères connues du monde6 et à la rédaction d’un ouvrage de géographie descriptive intitulé Kitâb Nuzhat al Mushtâq : « Livre de divertissement pour celui qui désire parcourir le monde »7 ou Kitâb Rudjâr - Le « Livre de Roger ». Rédigé à la demande de Roger II, roi normand de Sicile, cet ouvrage illustre et commente un grand planisphère en argent construit par Al Idrissi.

Biographie

Origines

Son nom complet, tel que rapporté par la littérature arabe, Abu Abdallah Muhammad ibn Muhammad ibn Abdallah ibn Idriss ibn Yahya ibn Ali ibn Hammud ibn Maymun ibn Ahmad ibn Ali ibn Obeid-Allah ibn Omar ibn Idriss ibn Idriss ibn Abdallah ibn Hassan ibn Hassan ibn Ali ibn Abi-Talib8, indique une ascendance chérifienne par le biais des Idrissides et des Hammudites. Le laqab al-Qurtubi9 désigne une origine cordouane de la famille.

On connaît peu de choses sur la vie d’al-Idrīsī. Il serait né à Sebta, qui faisait à l’époque partie de l’empire des Almoravides, vers 1100, dans une famille noble d’Al-Andalus. Il semble avoir étudié à Cordoue, alors une des plus grandes villes du monde et la capitale du califat des Omeyyades (d’où le nom Qurtubi). Sa famille provenait certainement de Malaga, alors dominée par la dynastie des Idrissides.

Voyages

Al Idrissi aurait voyagé au Maghreb, en péninsule Ibérique, et peut-être même en Asie mineure, rapportant de ses voyages des notes sur la géographie et la flore des régions visitées. On connaît mal les circonstances de sa venue en Sicile, où il arrive en 1138. Le roi normand Roger II de Sicile l’aurait appelé à sa cour à Palerme pour y réaliser un grand planisphère en argent et surtout pour écrire le commentaire géographique correspondant, le « Livre du divertissement de celui qui désire parcourir le monde ». Ce travail lui prend seize années de sa vie. On perd sa trace en 1158. Il meurt en 1165, probablement à Ceuta10.

Le peu de renseignements sur ce savant du Moyen Âge provient peut-être, d’après l’historien Francisco Pons-Boigues11, du fait que les biographes arabes ont considéré al-Idrīsī comme un renégat, au service d’un roi chrétien. Cependant d’autres auteurs expliquent le fait que la vie et l’œuvre d’al-Idrisi soient peu exposées par les écrivains arabes par sa vie errante12.

Œuvres

Cartographie

Lorsque Al Idrissi arrive à Palerme, en 1138, Roger II de Sicile lui demande de réaliser un planisphère et un commentaire associé. L’ouvrage qui en résulte s’intitule Livre du divertissement de celui qui désire découvrir le monde (Kitāb nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq). Communément connu sous l’appellation de Livre de Roger, il est l’un des meilleurs ouvrages de cartographie médiévale.

Une copie numérisée est consultable sur Gallica13

Sources

L’ouvrage a bénéficié de la situation particulière du royaume normand de Sicile au XIIe siècle et du syncrétisme entre civilisations byzantine, latine et arabe qui le caractérisait. Pour réaliser cet ouvrage majeur de géographie médiévale, al-Idrīsī s’est appuyé sur la Géographie du Grec Ptolémée, écrite au IIe siècle, complètement perdue en Europe, mais préservée dans le monde musulman dans sa version grecque et une traduction arabe réalisée pour le calife abasside Al-Ma’mūn au début du IXe siècle14. Al-Idrisi pourrait avoir subi l’influence de son compatriote, l’astronome hispano-musulman Azarchel, qui a corrigé les données géographiques de Ptolémée concernant la région ouest de la Méditerranée.

Al Idrissi dispose aussi de l’ouvrage en latin du chrétien espagnol Orose dont l’Histoire, écrite au Ve siècle, comprend un volume de géographie descriptive ; et d’autres venant de la tradition islamique, notamment Ibn Khordadbeh et Ibn Hawqal, réalisant ainsi une synthèse originale15.

Roger de Sicile soutient le projet en finançant des voyages lointains dont les comptes rendus s’ajoutent aux sources dont disposait Al Idrissi16. Celui-ci s’est aussi appuyé sur ses propres voyages et sur les observations qu’il obtenait d’autres voyageurs, mettant à profit la situation de la Sicile à un point stratégique de la Méditerranée et interrogeant les équipages des navires touchant les ports du royaume sicilien.

Transmission

La réalisation du projet demande quinze ans de travail, et la première version de l’ouvrage a été réalisée en 1154, peu avant la mort de Roger II17. L’ouvrage comprend une carte du monde circulaire, une carte rectangulaire beaucoup plus grande, et un texte de commentaires rédigés en arabe16.

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Livre de Roger, carte avec points cardinaux inversés (nord en bas), réalisée pour Roger II de Sicile en 1154.

Seuls en ont subsisté dix copies manuscrites, dont la plus ancienne date de 1300 et la plus récente de la fin du XVIe siècle. Un des manuscrits les mieux préservés, contenant une carte circulaire du monde, se trouve à la Bodleian Library18. Un abrégé, publié pour la première fois en arabe à Rome en 1592, a été traduit en latin sous le titre de Geographia Nubiensis, par Gabriel Sionite, Paris, 1619.

Pierre Amédée Jaubert, interprète militaire, en retrouva en 1829 un manuscrit complet à la Bibliothèque nationale de France et en publia la traduction en français, Paris, 1837-1839, 2 volumes in-4, avec notes. C’est la seule traduction complète du Livre de Roger : elle est considérée comme peu fiable en raison des manuscrits de seconde main qu’elle utilise. Une nouvelle édition ne corrige que partiellement ces erreurs.

Présentation

La grande carte rectangulaire est composée de 70 feuilles rectangulaires, assemblées en 7 rouleaux de 10 feuilles chacun16.

Comme Ptolémée, Al Idrissi divise le monde en sept « climats » ou régions, allant de l’est à l’ouest, tout en orientant sa carte avec le sud au sommet. Le monde connu s’étend alors des Îles Canaries à la Corée et de l’Afrique équatoriale à la Scandinavie et à la Sibérie. Innovant cependant par rapport à Ptolémée, Al Idrissi subdivise chaque « climat » en dix sections, ce qui découpe le monde en une grille de soixante-dix rectangles. Chaque section est représentée par une carte et ensuite décrite de façon détaillée19.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d8/TabulaRogeriana_1929_copy_-_Bretagne_%28cropped%29.jpg/330px-TabulaRogeriana_1929_copy_-_Bretagne_%28cropped%29.jpg

La Bretagne selon Al Idrissi (le nord en bas), copie de 1929 en alphabet latin des noms de ville en arabe dont : Dinam (Dinan), Sant Mahlu (Saint-Malo), Sant Lau (Saint-Lô) Nanitas (Nantes) etc…

La définition standard de ces zones dites climats est astronomique : les climats se succèdent selon une limite correspondant à une augmentation d’une demi-heure de la durée maximale du jour. Par suite de cette définition les largeurs des climats diminuent quand on va vers le nord, cependant sur la carte d’al Idrissi, ils ont tendance à avoir une largeur constante de six degrés16.

La carte représente plusieurs centaines d’éléments géographiques et de villes, mais la méthode exacte employée pour les situer est mal connue. Il semble qu’Al idrissi ne fut guère un mathématicien précis et qu’il ignorait la trigonométrie, mais ses méthodes approximatives étaient cependant bien adaptées en pratique à la masse des données souvent contradictoires qu’il avait à traiter, « ses erreurs ne furent pas énormes »16.

Cette description résolument encyclopédique comprend aussi bien la géographie physique que les activités humaines. L’auteur décrit en détail la Sicile, l’Italie, sa patrie l’Espagne, l’Europe du Nord et l’Afrique, ainsi que Byzance. Sa connaissance du Niger, du Soudan et du Nil reste remarquable pour son époque.

Sur la carte, les cours d’eau et lacs d’eau douce sont représentés en vert, tandis que les mers sont en bleu20.

Plus tard, al-Idrīsī a mis au point une autre encyclopédie géographique, plus complète encore, que l’auteur a intitulée Rawd-Unnas wa-Nuzhat al-Nafs (« Plaisir des hommes et joie de l’âme »), livre également connu sous le nom de Kitab al-Mamalik wa al-Masalik (« Livre des royaumes et des routes »).

Analyses

Al-Idrisi a soutenu la théorie de la sphéricité de la Terre, connue depuis l’Antiquité.

Pour un article plus général, voir Figure de la Terre dans l’Antiquité.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c1/Al%27Idrisi%27s_World_Map.jpg/330px-Al%27Idrisi%27s_World_Map.jpg

Reproduction d’un globe terrestre selon le planisphère d’Al Idrissi, le nord en haut.

Bien que ses cartes aient la forme d’un disque, il a expliqué que le disque symbolisait uniquement la manière du monde : « La terre est ronde comme une sphère, et l’eau s’y tient et y reste par le biais de l’équilibre naturel qui ne subit pas de changement ». Il estime la circonférence de la Terre à 37 000 km19.

L’ouvrage est considéré comme le chef-d’œuvre de la cartographie arabe16. En dépit du caractère innovant de ses ouvrages géographiques, ni les chrétiens ni les musulmans n’apprécièrent la valeur de ses cartes et les croyances religieuses l’emportèrent sur la description géographique21.

Tout au long du XXe siècle, la carte d’Al Idrissi a fait l’objet de nombreuses études historiques portant sur des régions particulières, comme les îles Britanniques, la Scandinavie, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, l’Afrique et l’Inde16.

Autres

En matière de plantes médicinales, son Kitab al-Jami-li-Sifat Ashtat al-Nabatat (« Livre rassemblant les descriptions fragmentaires des plantes » ou Traité des simples) témoigne des connaissances approfondies en botanique d’Al Idrissi. Il a étudié et a examiné la littérature disponible en son temps sur les plantes médicinales et a fait progresser les connaissances en la matière depuis les Grecs anciens, mettant à l’usage des médecins un grand nombre de nouvelles plantes médicinales avec leur évaluation médicale. Il a donné les noms de ces plantes dans six à douze langues : syriaque, grec, persan, hindi, latin, berbère... Il énumère par exemple des plantes soudanaises22.

Cet ouvrage d’Al Idrissi a été largement utilisé par Ibn al Baitar pour son dictionnaire de pharmacopée, une grande synthèse encyclopédique du XIIIe siècle22.

Outre la botanique et la géographie, al-Idrīsī a aussi écrit sur la faune et la zoologie. Son œuvre écrite en arabe a été traduite rapidement en latin.

Article complet avec Notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Idrissi

La Géographie d’al Idrissi – Vidéo 4:50 +++ - Institut du monde arabe - 13 janvier 2014

Vidéo du portail www.qantara-med.org - Le projet Qantara, Patrimoine méditerranéen, Traversées d’Orient et d’Occident est un portail de ressources sur la Méditerranée créé, en 2008, par l’Institut du monde arabe avec le financement de l’Union Européenne dans le cadre du programme ‘Euromed Heritage’.

L’objectif du projet est de contribuer à l’entente mutuelle et au dialogue entre les cultures méditerranéennes, à travers la valorisation de leur patrimoine culturel. En s’appuyant sur un corpus d’œuvres (sites, monuments, objets) situé historiquement de la fin de l’Antiquité tardive au XVIIIe siècle - Qantara propose un jeu de similitudes et de correspondances, mettant en lumière les liens et la circulation des matériaux, des formes, des techniques, des idées. Qantara témoigne ainsi de la fécondité des échanges en Méditerranée qui a suscité, au-delà des contraintes de l’Histoire, des passerelles (en arabe : qantara) entre les formes et une sensibilité commune, voire une identité partagée.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=rZ-M1zwN6KA

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  • Le Califat omeyyade (661–750) (Ne doit pas être confondu avec Califat de Cordoue) selon Wikipédia
    (ar) الخلافة الأموية / Al-ilāfah al-ʾumawiyyah 661–750
Devise en arabe : لا إله إلا الله، محمد رسول الله (ʾilāh ʾillā Allāh, Muammad rasūl Allāh, « Il n’y a de dieu que Dieu, Mahomet est le messager de Dieu »)

Description de cette image, également commentée ci-après

Califat omeyyade à son extension maximale.

Le Califat omeyyade (en arabe : الخلافة الأموية (al-ilāfah al-ʾumawiyyah)) est un califat fondé par la dynastie arabe des Omeyyades, qui gouverne le monde musulman de 661 à 750. Les Omeyyades sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine la Mecque au temps du prophète Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibnʾAbīSufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibnʾAbīhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Ali_i...alib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire. Ainsi, les successeurs de Muʿāwiyah Ier étendent les frontières du Califat de l’Indus jusqu’à la péninsule Ibérique, entrant en guerre à plusieurs reprises notamment avec l’Empire romain d’Orient et l’Empire khazar, et faisant disparaître le Royaume wisigoth. Le Califat omeyyade s’étend même au-delà des Pyrénées avant d’être arrêté par Charles Martel à la bataille de Poitiers.

Devant une expansion aussi importante et l’incorporation de populations non musulmanes toujours de plus en plus nombreuses, des problèmes d’assimilation, mais aussi de financement, ne tardent pas à se manifester. Les non musulmans (chrétiens, juifs, zoroastriens, etc.) jouissent d’une liberté de culte et d’une large autonomie judiciaire, mais ils sont soumis à l’impôt de la ǧizyah en compensation de leur exemption du service militaire. Étant donné l’expansion rapide, la plupart des fonctionnaires romains sont reconduits à leur poste après l’incorporation au Califat. Cette relative tolérance religieuse permet d’assurer une stabilité dans la Syrie, majoritairement chrétienne et fief des Omeyyades, mais d’autres provinces connaissent des troubles récurrents qui poussent à bout les finances de l’État afin de pacifier des régions souvent éloignées, mettant en danger une stabilité politique difficile sur un aussi vaste territoire. Ces troubles sont souvent dus à une inégalité sociale entre les musulmans arabes et les populations conquises, mais également entre tribus arabes rivales. Vers 746 sort du silence au Khorassan un mouvement assez hétéroclite, dirigé par les Abbassides, qui finit par faire chuter et remplacer le Califat omeyyade après la bataille du Grand Zab, en 750. À la suite de cette bataille, la plupart des membres de la dynastie omeyyade sont tués, mais l’un de leurs survivants s’installe en al-ʾAndalus et fonde un nouvel État à Cordoue, cinq ans plus tard.

Sous le Califat omeyyade, l’aire de répartition de l’arabe se voit multipliée. De célèbres bâtiments, comme le dôme du Rocher ou la Grande Mosquée des Omeyyades, sont construits pendant cette période. Cependant, les califes omeyyades, à l’exception notable de ʿUmar II, souffrent d’une mauvaise réputation dans l’historiographie musulmane, principalement chiite. Les adversaires des Omeyyades leur reprochent principalement d’avoir transformé le califat d’une institution religieuse en une institution dynastique et héréditaire, mais aussi d’avoir versé le sang de la famille du Prophète. Le nationalisme arabe considère la période omeyyade comme une partie de l’âge d’or arabe, qu’il aspire à restaurer. Cette nostalgie de la période omeyyade est surtout vive en Syrie, noyau du Califat omeyyade.

Histoire Origines …

Lire l’article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Califat_omeyyade

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Califat de Cordoue
(ar) خلافة قرطبة / ilāfat quruba
(es) Califato de Córdoba
(ber) ⴰⵎⵉⵏⴽⵓⴷ ⵏ ⵇⵓⵕⵟⵓⴱⴰ / Aminkud en Quṛṭuba

9291031

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Description de cette image, également commentée ci-après

Le califat de Cordoue vers l’an 1000.

Informations générales
Statut Monarchie théocratique
Capitale Cordoue
Langue(s) Arabe andalou, Berbère, Mozarabe
Religion Islam (sunnite), Catholicisme Romain, Judaïsme
Démographie
Population 7 000 000

(1000)

Densité 14/km2
Superficie
Superficie 500 000 km2

(1000)

Histoire et événements
16 janvier 929 Fondation par Abd al-Rahman III
932 Prise de Tolède
Années 960 Apogée du califat
985 Destruction de Barcelone
997 Prise de Saint-Jacques-de-Compostelle
1031 Éclatement du califat en 23 taïfas
Calife
(1er) 929-961 Abd al-Rahman III
(Der) 1027-1031 Hicham III

Entités précédentes :

Succédant à l’Émirat de Cordoue (756-929) avec toujours Cordoue comme capitale, il a duré jusqu’en 1031. La période, caractérisée par une expansion du commerce et de la culture, a vu la construction de chefs-d’œuvre de l’architecture d’Al-Andalus.

En janvier 929, l’Émir de Cordoue Abd-ar-Rahman III s’est proclamé calife de Cordoue1. Il était membre de la dynastie des Omeyyades, qui détenait le titre d’émir de Cordoue depuis 756.

Le califat s’est désintégré au cours d’une guerre civile (la fitna d’al-Andalus) entre les descendants du dernier calife, Hicham II, et les successeurs de son Hadjib (fonctionnaire de la cour), Al-Mansur. En 1031, après des années de luttes intestines, il s’est fracturé en un certain nombre de taïfa (royaumes) musulmans indépendants2.

Histoire

Origine

La conquête musulmane de l’Espagne s’est faite en 711 et les territoires conquis ont, ensuite, été constitués en un émirat omeyyade relevant de l’autorité des califes de Damas. Les Omeyyades sont détrônés, en 750, par les Abbassides qui fondent leur propre dynastie. Pour assurer la survie de la nouvelle dynastie, presque tous les membres de la dynastie omeyyade sont massacrés, mais le prince Abd al-Rahman Ier réussit à s’enfuir et à gagner l’Espagne. Il y établit une nouvelle dynastie à Cordoue et le pays devient, en 756, un émirat indépendant.

Dans les années 850, les chrétiens subissent une persécution (Martyrs de Cordoue).

Le 16 janvier 929Abd al-Rahman III s’affranchit de l’autorité politique et religieuse de Bagdad en s’attribuant le titre de calife. L’État des Omeyyades de Cordoue se transforme, ainsi, en califat qui va exister jusqu’en 1031.

En 932, Tolède tombe aux mains des Omeyyades de Cordoue après un siège qui a infligé une terrible famine aux habitants. Le califat entre dans une période de paix et de prospérité. Vers 950, Abd al-Rahman III porte son autorité sur le Maghreb, de Tanger à Alger. Il se heurte aux attaques des Fatimides.

En 955, le diplomate Hasdaï ben Shatprut est envoyé en compagnie d’un autre émissaire négocier un traité de paix avec le roi Ordoño III des Asturies. Le duc de Castille accepte à son tour un accord de paix. À la mort d’Ordoño III à l’automne 956, son frère le roi de León Sanche Ier le Gras refuse d’honorer le traité de paix. La guerre reprend entre chrétiens et musulmans, et Sanche est battu sévèrement pendant l’été 957. Renversé par Ordoño IV en 958, Sanche obtient l’aide du calife de Cordoue pour regagner son trône, deux ans plus tard, et renouvelle la paix.

  • La reprise en main de l’Émirat de Cordoue de 900 à 929
    La reprise en main de l’Émirat de Cordoue de 900 à 929

  • Fondation du Califat de Cordoue de 929 à 961
    Fondation du Califat de Cordoue de 929 à 961

Épanouissement…

Lire l’article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Califat_de_Cordoue

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La mer Méditerranée est le mare nostrum des Latins, sur laquelle trois continents ont une façade : l’Afrique, l’Europe et l’Asie, et les pays qui l’entourent n’ont été dominés que par l’Empire Romain.

Au IXe siècle, c’est une zone de richesses qui attire les convoitises.

En 1085, Tolède, ville musulmane, tombe face aux chrétiens, et Alphonse de Castille en fait sa capitale.

En 1095, Jérusalem (aux mains des musulmans depuis 638) est prise par les Turcs Seldjoukides qui la perdent en 1098 au profit des Fatimides. Les massacres causés par les Seldjoukides provoquent un choc chez les chrétiens, et motivent la première croisade.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/22/Normans_possessions_12century-fr.png/220px-Normans_possessions_12century-fr.png

Des nouveaux venus dans le monde méditerranéen lors du XIIe siècle viennent changer la donne de la confrontation des trois civilisations : les Normands. Les trois civilisations en présence sont : le monde musulman, l’Occident chrétien et l’Empire byzantin.

Byzance et son empire

L’Empire byzantin est en fait l’ancien Empire Romain d’Orient. Sa capitale, Constantinople, est située sur le détroit du Bosphore. La ville s’appelait Byzance autrefois, d’où le nom d’Empire byzantin, mais l’empereur Constantin l’a rebaptisée sur le site de cette dernière. Au XIIe siècle, la dynastie des Comnènes règne sur l’Empire Byzantin.

L’Empereur (appelé basileus signifiant roi en grec) est le chef de l’Église. L’Empire Byzantin est une civilisation chrétienne orthodoxe. Les orthodoxes ont été évangélisés par les moines Cyril et Méthode et sont soumis à un Patriarche et n’obéissent pas au Pape, d’où le schisme en 1054, entre chrétiens d’Orient (orthodoxes) et chrétiens d’Occident (catholiques).

Les églises byzantines sont en forme de croix grecque entourée par un carré : le carré symbolise la Terre ; le Ciel est symbolisé par une ou plusieurs coupoles.

L’art byzantin est caractérisé par les icônes et les mosaïques. Mais cet empire est affaibli sur le plan financier, politique, et militaire. En 1082, menacés par les Normands installés en Sicile, les Byzantins abandonnent le monopole du commerce aux Vénitiens pour que ceux-ci leur prêtent une flotte puissante afin de les protéger d’une éventuelle attaque normande.

Le monde musulman

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8d/Empires_voies_commerciales.jpg/300px-Empires_voies_commerciales.jpg

Conséquences de l’expansion musulmane des VIIe et VIIIe siècles sur la Méditerranée.

  • Principales voies commerciales avant la prise de contrôle de la Méditerranée par les musulmans.
  • Voies commerciales au VIIIe siècle : le trafic évite la Méditerranée occidentale et passe par l’Adriatique.
  • Empire musulman et son expansion (flèches).
  • Empire byzantin sur la défensive.
  • Francs et leur expansion (flèches)note 1.
  • Lombards
    Le monde islamique apparaît comme un monde aussi morcelé et incapable de s’unifier que le monde chrétien. Plusieurs dynasties le contrôlent :
  • les Turcs Seldjoukides, qui dominent le calife abbasside de Bagdad et créent de petits émirats en Jezirah, en Anatolie et en Syrie. Ils sont aidés par des gouverneurs, les atabegs, qui ont tous plus ou moins des désirs d’indépendance. Ce sont des musulmans sunnites.
  • les Fatimides, une dynastie chiite, contrôle l’Égypte depuis Le Caire ; cependant, celle-ci est envahie dès 1169 par un envoyé de l’atabeg Nur al-Din, et définitivement conquise par Saladin en 1171
  • les Berbères, Almoravides puis Almohades, dominent le Maghreb et l’al-Andalus.
    Si l’élite dirigeante du monde islamique est convertie à l’islam (litt. soumission à Dieu), une religion monothéiste révélée par Mahomet (570-632), la majorité de la population n’est pas encore musulmane. Nombre de chrétiens, de juifs et d’animistes habitent le monde islamique : ce sont les dhimmis.

La civilisation musulmane est une civilisation brillante sur le plan artistique et intellectuel et son artisanat est plus développé qu’en occident à la même époque. La vie intellectuelle est intense grâce notamment aux contacts avec les civilisations grecque, indienne et chinoise dont ils ont hérité les connaissances. Les musulmans ont importé les chiffres dits arabes — qui remplacent les chiffres romains — la numération positionnelle et le zéro (cf. Brahmagupta), des inventions d’origine indienne. Al-Khawarizmi, mathématicien perse, a inventé l’algèbre avec les systèmes d’équation (Algorithme). Al Idrissi était un géographe performant, et Averroès à Cordoue était un important philosophe, médecin, juriste et mathématicien. Les médecins du monde islamique comme Averroès ou le persan Avicenne, étaient très en avance par rapport à ceux de l’occident : leur science fut par la suite enseignée dans des facultés de médecine du monde chrétien.

Un art et une architecture propres sont développés, avec des bâtiments comme les mosquées et les madrasas, spécifiques à ce domaine ; toutefois, une grande diversité de formes et de techniques sont employées selon les régions et les cultures.

L’Occident chrétien

Ce sont les chrétiens d’Occident. Leur religion est le Catholicisme, ils forment la Chrétienté avec à sa tête le Pape à Rome. Celui-ci se fait obéir de tous les Catholiques.

La langue pour la messe est le latin ce qui caractérise les chrétiens de l’ouest. Les églises sont en forme de croix latine. Elles sont imprégnées de l’art roman. En effet, leurs voûtes sont en forme de berceau. On trouve en Occident une influence orientale, comme à Venise avec la basilique Saint Marc ; Venise est la ville d’occident qui a le plus de contacts avec l’orient.

L’art gothique (appelé d’abord art francilien) apparaît en Île-de-France. Il permet de construire plus en hauteur et de faire des murs plus fins. Ainsi, les églises sont beaucoup plus lumineuses, plus élancées et moins massives.

Dans le monde latin, on distingue plusieurs types d’État :

  • le Clergé (au sommet) : ses membres sont des gens d’église ;
  • la Chevalerie (origine de la noblesse) : une classe guerrière dont est issue l’aristocratie. Un lien de type féodal unit entre eux les membres de la noblesse, du vassal au suzerain. Quand ils ne sont pas en guerre, entre eux le plus souvent, ils vont à la chasse, un de leurs privilèges, ou organisent des tournois pour s’entraîner, un des loisirs favoris de cette classe toujours plus oisive. Ils sont souvent analphabètes. À la mort du seigneur, l’aîné hérite du fief alors que le cadet entre dans l’Église, qui interdit à la chevalerie de se battre à certains moments de l’année ;
  • le tiers état : représenté par la paysannerie, la bourgeoisie des villes de plus en plus puissantes, qui bientôt seront en mesure d’acheter des seigneuries, et les artisans.
    Les conflits armés

En plus des conflits locaux mettant en prise des seigneuries souvent rivales, les conflits armés sont essentiellement le fait des croisades et des guerres de « Reconquista » au détriment des musulmans installés depuis plusieurs siècles dans le sud de la péninsule ibérique ou de l’Italie. En France, l’expansion musulmane avait été arrêtée près de Poitiers par Charles Martel en 732.

Sur les mers du bassin méditerranéen sévissent les barbaresques.

De multiples migrations ont porté des foules ou des petits groupes d’Occidentaux vers Jérusalem, du XIe au XIIIe siècle.

Ces pérégrinations n’ont été qualifiées de croisades que tardivement. Les contemporains en effet ne distinguaient pas clairement pèlerinage et croisade. En 1095, le pape Urbain II lance ce qui a par la suite été appelé la première croisade, afin de reprendre les Lieux Saints à Jérusalem (dont le Saint-Sépulcre, tombeau de Christ) qui avaient été conquis par les musulmans au VIIe siècle.

En 1071 a lieu la bataille de Manzikert, qui oppose les Seldjoukides à l’empire byzantin, la victoire des Sedjoukides durant cette bataille va marquer le début de la fin de l’empire byzantin. 1099, Jérusalem tombe aux mains des croisés, mais en 1187, le calife égyptien Saladin reprend la ville.

En 1204, la quatrième croisade ravage Constantinople, mise à sac, brulée et pillée, ce qui prélude au schisme des Églises d’Orient et d’Occident. En dépit des conflits de pouvoir et d’intérêt qui ont souvent prévalu sur l’idéal spirituel, on ne peut cependant oublier les motivations, les souffrances et les élans mystiques des croisés qui s’engagèrent dans ces expéditions périlleuses.

Contacts commerciaux - Le commerce en Méditerranée est très actif :

  • d’Europe du Nord viennent du bois et des fourrures ;
  • d’Europe de l’Est viennent des esclaves. Les esclaves n’ont jamais la même religion que leurs maîtres (les musulmans ont des esclaves chrétiens pour le harem et les chrétiens ont des esclaves païens) — voir l’article traite orientale à ce sujet.
  • d’Europe de l’Ouest viennent des draps (lainages) fabriqués en Angleterre et en Flandre qui sont très appréciés en Méditerranée. Les armes sont également la spécialité des Européens de l’Ouest (chevaliers) ;
  • d’Orient viennent les épices, les bijoux, la soie, et des étoffes (produits de luxe).
    Les grands ports méditerranéens sont Venise, Gênes, Pise et Constantinople, républiques maritimes qui doivent leur fortune aux croisades qu’elles arment.

Ces contacts commerciaux sont favorisés par l’apparition et le développement de techniques concernant :

  • l’astrologie, la géographie comme l’astrolabe inventé par les musulmans.
  • de nouveaux bateaux à voile, les nefs.
  • la finance, notamment la naissance de compagnies commerciales. Le contrat de change voit le jour, système de change et de crédit qui permet d’éviter la circulation de grandes sommes d’argent.
    Le capitalisme marchand est né.

Contacts culturels

La coexistence de populations d’origines, de langues et de religions diverses permet une effervescence culturelle, comme en Sicile par exemple. À Tolède, ville conquise en 1085 par les Castillans, cohabitent chrétiens, musulmans, et juifs.

Ce sont les Occidentaux qui ont le plus profité des échanges culturels.

En effet, à travers le monde musulman et les marchands italiens (des républiques maritimes) et byzantins, ils ont découvert la xylographie (ancêtre de l’imprimerie), la porcelaine, la soie, le papier, les chiffres arabes, la médecine, l’algèbre, des plantes inconnues jusqu’alors telles l’abricotier, le cerisier, l’oranger… Ils ont pu redécouvrir les auteurs grecs et latins, les mathématiciens, les philosophes comme Aristote et Platon. Ils ont également découvert l’art byzantin (coupole…). Les techniques guerrières des occidentaux étaient cependant plus efficaces[réf. nécessaire].

Article complet avec notes et références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_m%C3%A9diterran%C3%A9en_au_XIIe_si%C3%A8cle

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  • Chrétiens, Juifs et musulmans en Méditerranée du XIème au XVème siècle - Questions d’histoire médiévale - Le lundi 10 décembre 2018 – Présentation d’ Emmanuelle Tixier du Mesni - Document ‘lhistoire.fr’
    Préparer la de l’agrégation interne 2019 avec des articles, des cartes, des chronologies et des mots-clés parus dans L’Histoire sélectionnés et présentés par Emmanuelle Tixier du Mesnil. Si vous n’êtes pas abonné au site de L’Histoire, vous pouvez acheter le webdossier’Chrétiens, Juifs et musulmans en Méditerranée, XIe-XVe siècle’.

Introduction
Par Juliette Sibon, Claire Soussen et Emmanuelle Tixier du Mesnil.

Espagne/Al-Andalus

Lexique : « Espagne »
Les Collections de L’Histoire n°31, avril-juin 2006, p.94.

Lexique : « Al Andalus »
L’Histoire n°364, mai 2011, p.44.

Cartes : « Conquête et reconquête de la péninsule Ibérique, 711-1492 »

La tolérance andalouse a-t-elle existé ?
Emmanuelle Tixier Du Mesnil, L’Histoire 457, p.64-71.

« Sept cents ans d’Espagne musulmane »
Gabriel Martinez-Gros, L’Histoire n°364, mai 2011, p.40-47.
En 711, les musulmans envahissent une partie de la péninsule Ibérique. A la civilisation andalouse qui s’épanouit alors se rattachent certaines réalisations majeures du Moyen Age, tandis qu’au nord les royaumes chrétiens rêvent de « Reconquête ».

« Être chrétien en terre d’Islam »
Cyrille Aillet, L’Histoire n°364, mai 2011, p.48-53.
On les appelle « mozarabes » : ce furent, pendant cinq cents ans, les minorités chrétiennes d’Al-Andalus. Mêlés à la population musulmane, ils parlent arabe et semblent plus férus de poésie arabo-andalouse que de psaumes.

« Le Cid, sans masque »
Patrick Henriet, Les Collections de L’Histoire n°79, avril-juin 2018, p. 18-19.
Des grands mythes littéraires espagnols, seul celui du Cid s’appuie sur un personnage historique. Mais Rodrigo Diaz de Vivar est assez loin d’un pur héros de la Reconquête.

« Las Navas de Tolosa : le grand choc »
Denis Menjot, juin 2006, Les Collections de L’Histoire n°31, p.30-33.
Juillet 1212 : dans la vallée de Tolosa, en Andalousie, les armées des cinq royaumes chrétiens coalisés affrontent les troupes musulmanes. La victoire des chrétiens sonne le glas de la présence de l’islam en Espagne.

« Heureux comme un juif andalou ? »
Au Moyen Age, c’est en Espagne que la culture juive, au contact de la civilisation arabe, connaît un âge d’or. Un « moment andalou » qui a longtemps fait figure de modèle.
Entretien avec Maurice Kriegel, L’Histoire n°364, mai 2011, p.56-59.

« Comment être non-musulman en terre d’Islam »
Esther Benbassa, Les Collection de L’Histoire n°30, p.40-41.
De fortes minorités juives et chrétiennes ont vécu dans les sociétés musulmanes après la conquête. Ces « peuples du Livre » bénéficiaient d’un statut particulier, tout à la fois de protection et d’infériorité.

« Isabelle et Ferdinand, deux rois, une foi, une loi »
Joseph Pérez, Les Collections de L’Histoire n°79, avril-juin 2018, p. 21-26.
Sous les Rois Catholiques Isabelle et Ferdinand, les royaumes espagnols sont pour la première fois rassemblés autour de la Castille. Avec l’expulsion des juifs et l’Inquisition naît une Espagne nouvelle, fondée sur l’unité de la foi.
+ Carte : « Du royaume de Leon à la Couronne de Castille »

« L’expulsion des juifs d’Espagne »
Esther Benbassa, L’Histoire n°154, avril 1992, p.24-31.
Espagne, 1492. L’expédition de Christophe Colomb prend place dans une année décisive. Le 31 mars, l’acte d’expulsion des juifs est signé. Comment expliquer pareille tragédie ?

« Limpieza de sangre »
Jean-Frédéric Schaub, Les Collections de L’Histoire n°79, avril-juin 2018, p.34-35. (encadré de « Le Monde à l’heure espagnole », Schaub, p.28-35.)
Le statut de pureté de sang devait protéger l’Espagne contre les descendants de juifs et de musulmans convertis. Une discrimination qui servira dans les colonies.

« La tolérance andalouse : une longue histoire »
Emmanuelle Tixier du Mesnil, lhistoire.fr, décembre 2018.
Emmanuelle Tixier du Mesnil explique les origines de l’idée de la présupposée tolérance andalouse à l’époque médiévale.

Maghreb

« Almoravides et Almohades. La splendeur des dynasties berbères »
Pascal Buresi, Les Collections de L’Histoire n°78, janvier-mars 2018, p. 44-49.
Entre le XIe et le XIIIe siècle, deux dynasties berbères, les Almoravides puis les Almohades, ont unifié le Maghreb et la péninsule Ibérique. Pour la première et dernière fois, un pouvoir maghrébin gouvernait les deux rives du détroit de Gibraltar.
+ Carte : « Des sables du Sahara à l’empire ».

« Là ou Saint Louis est venu mourir »
Mohamed Talbi, Les Collections de L’Histoire n°70, janvier 2016, p.57-60.
Qu’allait faire Saint Louis à Tunis en 1270 : mourir en martyr ou frapper l’Islam en son maillon le plus faible pour desserrer l’étau sur les Lieux-Saints ?

Occident latin

« 1096 : le massacre des juifs »
Évelyne Patlagean, Les Collections de L’Histoire n°4, février-avril 1999.
1096 : en route vers la Terre sainte, les croisés massacrent les communautés juives des villes qu’ils traversent. Un événement qui s’explique en premier lieu par des raisons religieuses.

« L’expulsion des juifs de France »
Noël Coulet, L’Histoire n°139, décembre 1990, p.9-14.
Le 17 septembre 1394, le roi Charles VI ordonne l’expulsion de tous les juifs du royaume de France et la confiscation de leurs biens. L’acte n’a rien d’exceptionnel : depuis deux siècles, les juifs sont sans cesse chassés de France...

« Les juifs du Pape »
Marie-Anne Matard-Bonucci, L’Histoire n°234, juillet-août 1999, p.74-77.
Après des siècles de marginalisation imposée par le pouvoir des papes, l’intégration des juifs se fit plus lentement à Rome que dans d’autres villes d’Italie. La présence d’un fort antisémitisme populaire devait perpétuer, au moins jusqu’au fascisme, la logique d’exclusion que l’Église avait institutionnalisée.

« Gênes, Amalfi, Venise : le triomphe des Républiques maritimes »
Michel Balard, L’Histoire n° 157, juillet-aout 1992, p.64-69.
Les « républiques maritimes » italiennes ont, à partir du XIIIe siècle, établi sur la Méditerranée un véritable empire commercial, points de passage obligé d’un trafic international qui reliait l’Extrême-Orient à l’Occident.

Gênes, Amalfi, Venise : le triomphe des républiques maritimes

Michel Balard dans mensuel 157 - daté juillet-août 1992 -

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Amalfi, Pise, mais surtout Venise et Gênes, les « républiques maritimes » italiennes, ont, à partir du XIIIe siècle, établi sur la Méditerranée un véritable empire commercial. Du Péloponnèse à la mer Noire, de l’Asie Mineure à l’Egypte, leurs colonies et leurs comptoirs ont été les points de passage obligé d’un trafic international qui reliait l’Extrême-Orient à l’Occident.

Mai 1082 : l’empereur de Constantinople, Alexis Ier Comnène, concède aux Vénitiens un quartier dans sa capitale et l’exemption totale des droits de douane dans tout l’Empire byzantin. Juillet 1098 : Bohémond Ier, prince d’Antioche, accorde aux Génois une donation semblable dans la ville qu’il vient de conquérir, avec leur aide, à la tête des troupes de la première Croisade. Ces deux « diplômes » sont l’acte de naissance des colonies italiennes d’outre-mer. Dans les décennies suivantes, grâce aux Croisades et à d’autres conquêtes, Gênes et Venise complètent leur emprise territoriale dans l’Orient méditerranéen.

Les artisans de cette expansion sont les quatre grandes « républiques maritimes » italiennes : Amalfi, Pise, Venise et Gênes. Brillant précurseur, Amalfi était présente dans l’Orient méditerranéen dès le Xe siècle, mais le réseau de ses relations dans le Proche-Orient a été réduit après la conquête normande de la ville, alors même que ...

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« Les Normands, rois de Sicile »
Jean-Yves Marin, L’Histoire n°226, novembre 1998, p.94-99.
A la fin du XIe siècle, les Normands conquièrent la Sicile. Ils vont régner pendant cent ans sur une terre qui fut successivement byzantine et arabe, y développant une civilisation unique.

+ Carte  : « La grande aventure des Normands (XIe siècle) »
+ Chronologie : « De la Sicile byzantine à la Sicile normande (535-1198) »

L’Orient des Croisades

Lexique  : « Le temps des croisades »
Les Collections de L’Histoire n°4, février-avril 1999, p.112.

Chronologie : « Chronologie des croisades »
Les Collections de L’Histoire n°4, février-avril 1999, p.110.

« Jérusalem, la ville sainte des trois religions »
Jean Flori, Les Collections de L’Histoire n°4, février-avril 1999, p.22-23.
Pour les hommes du Moyen Age, chrétiens, mais aussi juifs et musulmans, Jérusalem est d’abord un lieu saint.

« Vie et mort des États croisés »
Jean Richard, L’Histoire n°47, juillet-août 1982, p.88-93.
Nés au gré des aventures des chefs croisés, les États latins d’Orient semblaient vulnérables. Ils ont pourtant résisté pendant près de deux siècles aux assauts des musulmans. Jusqu’à la chute finale en 1291.

« États latins d’Orient : une installation faite pour durer »
Entretien avec Benjamin Kedar, L’Histoire n°435, mai 2017, p. 34-42.
Quelques Occidentaux, une population indigène majoritaire... le scénario semble bien connu : c’est celui des colonisations. Pourtant on parle là des États latins d’Orient, nés des croisades. Le modèle peut-il leur être appliqué ?
+ Carte : « Les États latins d’Orient »
+ Chronologie  : « 1095-1149 »

« Les colons francs de Terre sainte »
Michel Balard, Les Collection de L’Histoire n°4, avril 1999, p.58-60.
Quelle fut la nature de l’implantation franque en Terre sainte ? Les croisés ont bel et bien colonisé certaines zones rurales de Syrie-Palestine, où ils ont noué des relations étroites avec les chrétiens orientaux.

« La guerre sainte des musulmans »
Anne-Marie Eddé, Les Collections de L’Histoire n°4, février-avril 1999, p.92.
Qu’est-ce que le jihad ? Son réveil, à l’époque des croisades, fut, avant tout, une réponse défensive et tardive à l’assaut des croisés.

« Saladin le Syrien »
Anne-Marie Eddé, L’Histoire n° 375, mai 2012, p.54-57.
Le grand conquérant est aujourd’hui revendiqué par la Syrie, l’Égypte et l’Irak. Mais, dans son cœur au moins, la première garda une place toute particulière.
+ Carte : « Situation politique à l’avènement de Saladin »

« Jérusalem, le joyau des sultans »
Julien Loiseau, L’Histoire n°378, juillet-août 2012, p.48-53.
Après sa victoire sur les Latins à Hattin en 1187, le sultan Saladin décide de faire de Jérusalem une ville islamique. Cette métamorphose, accomplie sous le règne des Mamelouks, est couronnée au XVIe siècle par les travaux de Soliman le Magnifique.

« Le sac de Constantinople »
Michel Balard, L’Histoire n°268, septembre 2002, p.44-45.
Partis pour reprendre Jérusalem aux « infidèles », les croisés mettent à sac la capitale de l’Empire byzantin. Même le pape ne peut empêcher ce déchaînement de violence entre chrétiens.

« Croisades : la guerre des médecins »
François-Olivier Touati, L’Histoire n° 367, septembre 2011, p.76-80.
Au XIIe siècle, temps des croisades, une âpre concurrence professionnelle oppose en Terre sainte médecins arabes et latins. Qui échangent ainsi leurs savoirs : un creuset méconnu.

« Les tombes de Château-Pèlerin »
Yves Gleiz, L’Histoire n°435, mai 2017, p.52-53.
Au pied de l’une des plus fameuses forteresses latines en Orient, un cimetière de près de 2 000 tombes a été mis au jour. Que peut-il nous apprendre des populations qui vivaient là ?

« Du sucre et des châteaux »
Simon Dorso, L’Histoire n°435, mai 2017, p.48-51.
L’étude des installations franques en Palestine a trouvé, avec l’archéologie, un nouveau souffle. Des formes d’habitat, des exploitations agricoles et des industries inédites : les croisades ont changé le visage du Levant.

« La liquidation des États latins d’Orient »
Julien Loiseau, L’Histoire n°435, mai 2017, p. 54-58.
C’est le sultan mamelouk d’Égypte qui, parachevant l’oeuvre de Saladin et de Baybars, rejette définitivement les Latins à la mer en 1291.
+ Carte  : « Une disparition progressive »

Des livres et des savants

« La Bible, le Coran et le savant »
Entretien avec Alfred-Louis de Prémare, L’Histoire n°274, mars 2003, p. 68-78.
Qui a vraiment écrit le Coran ? Et quel est son contenu ? A quelle date a été établi le texte définitif ? Dans quelle mesure est-il l’héritier de la Bible hébraïque et chrétienne ? Remontée aux sources de l’islam.
+ Lexique : « La Bible et le Coran, mode d’emploi »
+ Chronologie  : « Le Coran en dix dates »

« Rashi, le maître de Troyes »
Gilbert Dahan, Les Collections de L’Histoire n°10, mars 2001, 12-14.
Au XIe siècle, Rashi de Troyes témoigne de l’ouverture au monde et de la modernité intellectuelle du judaïsme français. Ses commentaires de la Bible ont fait de lui un maître incontesté dans tout l’Occident.

« Le Talmud au bûcher »
Jacques Berlioz, L’Histoire n° 239, janvier 2000, p.19-20.
Au milieu du XIIIe siècle, sur ordre de Saint Louis, deux cents volumes du Talmud sont brûlés à Paris. Dans les rapports entre juifs et chrétiens, désormais, rien ne sera plus pareil.

« Ce que l’Occident doit à l’Islam »
Gabriel Martinez-Gros, L’Histoire n°342, mai 2009, p.8-15.
Quel est l’apport des Arabes dans la transmission de la pensée grecque à l’Occident ? Au-delà des polémiques, Gabriel Martinez-Gros nous délivre une belle leçon d’histoire culturelle.

+ Carte : « Foyers philosophiques et scientifiques VIIIe-XIIIe »

« Les plus grands savants du monde »
Ahmed Djebbar, L’Histoire n° 272, janvier 2003, p.48-51
L’Occident doit à la science arabe les chiffres et l’algèbre. Et aussi des connaissances renouvelées en médecine, en astronomie, en optique. Enfin, de grands savants comme Avicenne. Un âge d’or qui a duré cinq cents ans, du IXe au XIIIe siècle.

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Source : https://www.lhistoire.fr/webdossier/chr%C3%A9tiens-juifs-et-musulmans-en-m%C3%A9diterran%C3%A9e-xie-xve-si%C3%A8cles

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  • Le grand commerce du monde musulman en Méditerranée : produits de luxe et produits courants – Document BNF
    Le grand commerce en Méditerranée consiste surtout en produits de luxe : aromates, écaille, ambre, perles, pierres précieuses, étain de Malaisie, armes des Indes… Dans les comptoirs africains de la côte transitent des esclaves, l’or du Ghana, l’ivoire et des bois précieux exportés vers les grands relais caravaniers du Maghreb*. La Russie et l’Asie centrale fournissent aussi des esclaves et du bois, des fourrures et du miel. D’Extrême-Orient sont importées épices, soieries, pierres précieuses et porcelaines. Un petit commerce transporte d’une étape à l’autre des biens de consommation courants : huile, céréales, poisson salé, produits fabriqués ou exotiques en transit, comme le sel ou les dattes d’Afrique.

Dès le XIe siècle, une partie du trafic d’al-Andalus* et du Maghreb vers la Syrie et l’Égypte est effectuée par des navires étrangers, surtout italiens. Depuis l’Occident musulman ou chrétien, ces derniers exportent de la poix, du fer et d’autres métaux, du bois et des tissus solides comme les draps de laine. En retour, ils importent les produits orientaux de grand luxe si convoités en Europe, des tissus par exemple, nommés d’après leur lieu de production : ’damas’ de Damas, ’baldaquin’ de Bagdad, ’mousseline’ de Mossoul, ’gaze’ de Gaza.

Epices

Poivre, cannelle, clous de girofle, noix de muscade, safran, gingembre, sucre de canne, voire plantes médicinales et tinctoriales comme l’alun*…, les épices et les aromates sont très recherchés, autant en Orient qu’en Occident. Ils arrivent par caravanes depuis l’Arabie, l’Inde et l’Extrême-Orient vers les ports du Levant – les ’échelles’ – et sont convoyés en Occident par les marchands italiens. Faciles à acheminer, ces denrées de luxe procurent de gros bénéfices, malgré leur lourd prix d’achat.

Esclaves

Au Moyen Âge, les musulmans possèdent beaucoup d’esclaves. Ce sont des prisonniers de guerre et des enfants volés ou achetés sur des marchés spécialisés. Trois grandes zones alimentent le trafic : l’Afrique noire, l’Asie des steppes turques, l’Europe orientale slave. Selon leur origine, les esclaves sont affectés à des fonctions différentes. Les Noirs sont destinés aux travaux domestiques, les femmes comme concubines ou nourrices ; les Slaves occupent des emplois variés auprès de l’aristocratie, parmi eux sont choisis les eunuques ; les Turcs sont appréciés comme soldats.

Tissus

Comme en Occident chrétien, la fabrication des tissus occupe la première place dans l’activité industrielle et commerciale du monde musulman médiéval. Largement dispersés sur un territoire très étendu, les textiles conjuguent de multiples influences, de la Chine à Byzance*. Ils jouent un rôle primordial dans la vie de l’Orient musulman : nécessaires pour l’habillement et la demeure des pauvres comme des riches, ils constituent l’élément indispensable du luxe. En Sicile, l’atelier du Tiraz est directement rattaché au palais de Roger II*.

Le monde musulman utilise quatre grands textiles : la laine et le lin, connus depuis l’Antiquité, le coton et la soie, introduits plus tardivement.

Des tissus lourds et chauds, destinés à l’ameublement ou à l’habillement, sont fabriqués en laine. Les grandes régions de tissage correspondent aux zones d’élevage du mouton et sont liées au nomadisme. Dans le bassin méditerranéen, l’Afrique du Nord est de loin le plus gros producteur, suivie par al-Andalus* et l’Égypte. En Orient, l’Arménie tisse les fameux tapis et coussins exportés vers la Mésopotamie et Byzance. Toutes les grandes régions de steppes désertiques sont encore productrices et exportatrices.

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Souple et résistant, le lin est la plus ancienne plante textile employée. Cultivé dans les plaines alluviales, il est aussi utilisé pour son huile. L’Égypte, où le lin était planté dès l’époque pharaonique, est la plus grosse région productrice. Ses manufactures confectionnent des étoffes d’une grande variété, parfois mêlées de soie, commercialisées et imitées dans tout l’Islam. En Orient, la basse Mésopotamie domine le marché et fournit les célèbres manufactures du Fârs et du Khûzistân. La production restant insuffisante, le monde musulman importe du lin d’Italie, de Dalmatie et de l’Empire byzantin.

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Plante des régions chaudes et pluvieuses, le coton est originaire d’Inde. Il est introduit au VIIe siècle en Syrie et se répand en Afrique du Nord et en Espagne où il concurrence le lin. La Syrie est le plus grand fournisseur cotonnier de la Méditerranée en qualité et en quantité. En Orient, la Mésopotamie l’exporte vers Mossoul où sont fabriquées les fameuses mousselines. Elle produit des manteaux avec un coton écru ou teinté d’un jaune safran, des turbans et des châles exportés dans tout le Moyen-Orient. Néanmoins, du coton brut et tissé est importé d’Inde pendant tout le Moyen Âge.

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Tissu précieux par excellence, la soie est importée de Chine. Au VIe siècle, la sériciculture s’est répandue en Méditerranée à partir de la Syrie, important producteur exportateur. Elle est pratiquée massivement en Espagne qui joue un rôle important dans la confection et l’exportation en pays musulmans ou chrétiens de tissus de grand luxe. Brochée sur du coton, la soie donne de somptueux brocards brodés à Damas, Tyr, Antioche ou Tripoli, comparables à ceux de l’Empire byzantin. Byzance devient le principal fournisseur en soie du monde musulman, qu’elle importe en grande quantité.

Al-Idrîsî signale également d’autres fibres végétales ou animales, comme le chanvre, utilisé pour faire des toiles fortes ou des cordages, ou les joncs avec lesquels sont tissées des nattes. Les nomades fabriquent des manteaux, tentes ou tapis très épais et très chauds avec des poils de chèvre et de chameaux.

Source : http://classes.bnf.fr/idrisi/monde/produits.htm

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  • Les Contacts entre chrétiens et musulmans en Méditerranée du VIème-XIIIème siècles) : 3 vidéos et une synthèse rassemblées (cours classe 5ème de l’enseignement secondaire en France)
    A

Contacts entre Chrétiens et Musulmans en Mer Méditerranée (VIe - XIIIe siècles) – Cours de classe de 5èmeVidéo 9:25 +++ - Graines d’histoire - 28 août 2018

Source : https://www.youtube.com/watch?v=PdOG9z_ghVo

B

Contacts entre Chrétiens et Musulmans – Cours de classe de 5ème - Autre Vidéo 5:07 - Romain Malessan - 21 novembre 2021

Source : https://www.youtube.com/watch?v=NqkANFM-RCM

C

Chrétientés et islam : des mondes en contact – Remarquable Vidéo 5:02 +++ - La Classe d’Histoire - 13 septembre 2016 Cinquième (5°)

www.laclassedhistoire.fr

Source : https://www.youtube.com/watch?v=k67BOGYMoLQ

D

Contacts entre chrétiens et musulmans en Méditerranée – Synthèse pédagogique – PDF 3 pages

Source : http://www4.ac-nancy-metz.fr/clg-vautrin-lud-st-die/www/5eme/Histoire/hist5C2.pdf

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Annexe 1 – Trois documents sur les marins arabes et persans navigant en haute mer du début de l’islam à l’aube du XVIIe siècle

Des débuts de l’islam à l’aube du XVIIe siècle, A l’occasion d’une exposition de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris : « De Sindbad à Marco Polo, l’IMA surfe sur la vague » - 01 décembre 2016 – Document’ laquotidienne.fr’

https://www.laquotidienne.fr/wp-content/uploads/2016/12/marionnettes.jpg

« Guidés par Sindbad le marin de légende, al-Idrîsî le géographe, Ibn Battûta l’explorateur, et bien d’autres encore, embarquez au côté des Arabes, maîtres des mers, et des grands navigateurs européens qui empruntèrent leurs routes, pour un fabuleux périple en Méditerranée et jusqu’aux confins de l’océan Indien. Des débuts de l’islam à l’aube du XVIIe siècle, une aventure en mer à voir et à vivre, au fil d’un parcours immersif exceptionnel mêlant son, images et procédés optiques ».

À l’occasion de la grande exposition « Aventuriers des mers », l’Institut du monde arabe, avec le soutien du Sultanat d’Oman, présente un extraordinaire boutre omanais traditionnel, Nizwa, installé sur le parvis de l’IMA à Paris.

D’extraordinaires récits de voyages ont conté la richesse des échanges maritimes entre les mers de l’Ancien Monde. Les plus fameux des témoins-voyageurs partagent avec vous ces fabuleux récits, fils d’Ariane de l’exposition.

marin 2

ls vous emmènent à la croisée de l’or d’Afrique et de l’argent d’Occident, des monnaies grecques et des diamants de Golconde, des verreries d’Alexandrie, de Venise ou de Bohême et des porcelaines, des soieries et des épices venues de Chine et des Moluques.

Embarquons avec Sindbad, le marin des Mille et Une Nuits, à la découverte de la mer, étrange et redoutable. Sur elle plane l’inquiétant oiseau Rukhkh.

Des monstres marins la peuplent, que figurent les miniatures fabuleuses des ‘Ajâ’ib, les Merveilles de la Création du lettré persan al-Qazwînî. Statuettes, tableaux, ex-votos, miniatures latines et arabes sont ici présentés pour souligner la dimension mystique, dans les traditions religieuses, des dangers de la mer.

Une épreuve divine mais aussi bien réelle. Pour preuve, le témoignage du voyageur géographe andalousî Ibn Jubayr (1145-1217), qui nous fait le récit d’un effroyable naufrage, sur fond d’images de tempête…

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Pour prendre la mer, il aura fallu apprendre à la maîtriser.

Dans une ambiance apaisée, sous la conduite du navigateur et cartographe Ibn Mâjid (1432-1500), on se familiarisera avec les gestes du marin, on contemplera des merveilles d’instruments de navigation, et l’on découvrira l’évolution des embarcations, en un parcours – découverte étayé de nombreuses maquettes.

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Grâce aux progrès de la cartographie, on maîtrise mieux l’espace.

C’est ce que nous conte l’auteur d’un célèbre atlas du monde : le géographe al-Idrîsî (vers 1100-1165), dans un univers de cosmographies médiévales latines et arabes, cartes et portulans, mappemondes et autres traités astronomiques, et sous un ciel étoilé didactique et interactif.

Nos guides se nomment à présent Marco Polo (1254-1324), l’illustre marchand italien, et Ibn Battûta (1304-1377), l’un des plus grands voyageurs du Moyen Âge ; les aventures maritimes de ce dernier nous sont contées dans un théâtre d’ombres.

Tous trois nous font prendre la mesure de l’extraordinaire épopée des échanges maritimes, depuis le temps des califes jusqu’au règne des cités marchandes.

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Dès le début de l’Islam, les Arabes prennent le contrôle des routes maritimes, depuis le golfe Arabo-Persique jusqu’en Chine.

Matériel de l’épave du navire arabe de Belitung, un exceptionnel vestige du IXe siècle découvert en Indonésie, céramiques, objets d’art, manuscrits et autres monnaies illustrent ce pan d’histoire.

Viendra le temps de l’expansion européenne et l’esquisse d’une première globalisation du monde, évoquée par les derniers guides de notre voyage, le marin et diplomate chinois Zheng He (1371-1433) et le navigateur portugais Vasco de Gama (v.1460-1524).

Puis naîtront les grandes compagnies maritimes. Ici s’achève notre voyage…

Information et réservations :www.imarabe.org/fr/expositions/aventuriers-des-mers - Rédaction Aucun commentaire Voir  Aventuriers des mers, IMA, Institut du Monde Arabe, Marco Polo, Sindbab le marin

Source : https://www.laquotidienne.fr/de-sindbad-a-marco-polo-linstitut-du-monde-arabe-surfe-sur-la-vague/

Les Arabes et la navigation maritime en haute mer – Auteur : l’équipe de ‘Orientale.fr’ - Mis en ligne : Mardi 11 Janvier 2022

Document orientale.fr’

Un bateau ancien d’Oman, proche de l’ArabieUn bateau ancien d’Oman, proche de l’Arabie

Dans l’inconscient collectif, surtout en Occident, l’Arabe est vu comme un nomade avant tout, ’navigant’ dans le désert accompagné de son fidèle dromadaire. Mais saviez-vous que les Arabes ont aussi brillé dans la navigation maritime ? Les Arabes font partie des plus grands marins de l’humanité et ça ne date pas d’hier.

Attestée pendant l’Antiquité, la science de la navigation hauturière, où les navigateurs sont guidés par les étoiles, est née dans l’Orient arabe, en Irak et en Arabie. 13 sourates du Coran font allusion aux richesses de la mer, aux navires, et témoignent d’une préexistence de la navigation au long cours en un temps où l’Europe ignorait la haute mer...

Il est attesté désormais que les Arabes savaient naviguer dans l’Océan Indien. Ils n’avaient pas peur de naviguer dans les eaux profondes, là où d’autres peuples ne s’aventuraient guère. Des grands théoriciens de la navigation ont laissé leur nom depuis la fin du Xe siècle. Ils n’ont été répertoriés qu’au XVe siècle par le plus célèbre des maîtres arabes de la navigation, l’Omanais Ahmad bin Màajid Ass’ady. Son successeur fut Sulaymàn al-Mahri, natif de l’Arabie méridionale. Les Arabes avaient dès l’an 25 avant J.-C. créé des routes maritimes directes entre l’Arabie et les grandes villes de l’Inde, notamment Calicut et Madurai.

On citera également les premiers grands navigateurs méditerranéens en 1200 avant J.-C., que sont les Phéniciens ; Dans l’état actuel des connaissances, ces derniers sont le plus ancien peuple à avoir exploré la Méditerranée. Bons navigateurs mais avant tout commerçants, les Phéniciens étaient les logisticiens du monde arabe ; ils vendaient essentiellement, mais pas seulement, la pourpre issue du murex, une teinture rouge comme le rubis qui est la couleur de la gloire et des Princes : c’était en tout cas la croyance des Phéniciens. D’ailleurs, cette couleur rouge si particulière est encore de nos jours particulièrement célébrée dans les anciens grands comptoirs des Phéniciens comme dans la ville d’Annaba en Algérie, qui utilise cette couleur pour ses gandouras rouge grenat.

Peu d’Occidentaux le savent, mais en 1498, lorsque Vasco de Gama parvint dans l’Océan Indien alors que les Portugais s’y étaient essayés sans succès pendant plus de 80 ans, il eut la surprise d’être guidé vers Calicut (cette ville se nomme aujourd’hui Kozhikode), une grande ville située dans le sous-continent indien, par un mu’allim arabe plus érudit que ses compagnons.

Source : https://www. https://www.orientale.fr/page_1224_fr_12644_Les-Arabes-et-la-navigation-maritime-en-haute-mer.htm/page_1224_fr_12644_Les-Arabes-et-la-navigation-maritime-en-haute-mer.htm

« Le monde arabe et l’Océan à l’Institut du monde arabe » - Par Axelle Corty Journaliste – Le 29.12.2016 mis à jour le 19.11.2020 - Exposition à l’Institut du monde arabe – Information « Connaissance des Arts »

Le monde arabe et l’Océan à l’Institut du monde arabe

Jami al-tawarikh (Histoire universelle), Jonas et la baleine, Rashid al-Din, Tabriz, Iran, 1314-1315, The Nasser David Khalili Collection © Nour Foundation

On connaît bien mieux Marco Polo (vers 1254-1324) ou Vasco de Gama (v 1469-1524) que Nâsiri Khusraw (v. 1004-1060) ou Ibn Battûta (1304- 1377). Pourtant, le monde arabe a lui aussi une grande histoire d’exploration maritime.

Dès les débuts de l’Islam, les Arabes contrôlent l’océan Indien, du golfe Arabo-Persique à la Chine.

Cette exposition ambitieuse, organisée en partenariat avec le MuCEM de Marseille, révèle ces pans méconnus de la saga des grands navigateurs. Parmi les temps forts : la découverte des exceptionnels vestiges d’un navire arabe du IXe siècle, abîmé en Indonésie, dans la mer de Java. Il a livré des céramiques, des objets d’art, des monnaies et des manuscrits. L’influence littéraire des récits arabes d’aventures en mer est abordée, bien sûr par l’évocation des aventures de Simbad le Marin dans Les Mille et Une Nuits, mais aussi par celles, terribles, du bien réel géographe andalou Ibn Jubayr (1145-1217), qui a fait le récit de son effroyable naufrage. Les dangers de la mer nourrissent toute une iconographie et une tradition littéraire dans le monde arabe, que l’on découvre à travers les magnifiques miniatures du lettré persan al-Qaswînî, « Les Merveilles de la création ». Cartes anciennes et instruments de navigation sont présentés dans un souci d’interaction particulièrement orienté vers le jeune public. On en apprend aussi beaucoup sur la naissance des premières grandes compagnies maritimes au temps des croisades. Cette exposition convoque l’histoire autant que l’imaginaire. 

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Source : https://www.connaissancedesarts.com/musees/institut-monde-arabe/le-monde-arabe-et-locean-a-linstitut-du-monde-arabe-1159696/

Des marins arabes et persans dans l’océan Indien aux 9e et 10e siècles - Entretien avec Jean-Charles Ducène - - Par Florence Somer, Jean-Charles Ducène
Publié le 07/10/2021 • Modifié le 07/10/2021 – Document ‘lesclesdumoyenorient.com’

Ce nouvel entretien invite à voyager avec les marins arabes et persans qui accostaient aux 9ème et 10ème siècles dans les ports indiens et chinois en provenance de ports du Moyen-Orient tels que Bassora ou Sīrāf.

Les écrivains qui ont rencontré ces voyageurs des mers ont décrit tant leurs techniques que la vie à bord du bateau, le devenir des marchandises et les routes commerciales fluviales empruntées par ces marins qui ne possédaient que très peu d’outils pour acheminer leurs cargaisons.

Les dangers rencontrés ont également donné lieu à des récits merveilleux et fantastiques où les animaux sont dépeints dans des proportions monstrueuses et sont associés à des mythes qui traverseront la littérature pendant bien des siècles encore.

Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes où son enseignement et ses recherches portent sur la géographie et les sciences naturelles arabes médiévales, Jean-Charles Ducène s’est longuement intéressé aux rapports de ces voyages en mer qui décrivent aussi les modes de vie et l’imaginaire tant de ces marins que des habitants des contrées éloignées où ils se rendaient.

Comment connaît-on les navigations que les marins arabes et persans effectuaient dans l’océan Indien aux 9e et 10e siècles ?

Par une saine curiosité, des érudits arabes ont interrogé les marins et les commerçants qui les accompagnaient une fois rentrés au port, à Bassora ou à Sīrāf, sur le golfe Persique, et ces témoignages ont été réunis sous forme de recueils, en quelque sorte.

Nous en avons ainsi trois. Le premier porte le titre de « Relation de la Chine et de l’Inde » et était anciennement attribué au marchand Sulaymān, mais celui-ci n’est qu’un informateur. C’est une suite de 73 anecdotes brutes sur l’Inde et la Chine mises par écrit par un écrivain anonyme, qui a interrogé des marins mais surtout des marchands qui fréquentaient les ports de l’océan Indien et qui furent les témoins oculaires des renseignements relatés. Ce texte a connu une continuation par un certain Abū Zayd al-Sīrāfī au début du Xe siècle. Cet écrivain s’est d’ailleurs entretenu de son ouvrage, en 916 à Bassora, avec l’encyclopédiste arabe al-Mas‘ūdī qui relate cette entrevue. Dans ce complément, Abū Zayd ajoute une série d’anecdotes abordant plus de 45 thématiques différentes qu’il traite sur la base des témoignages recueillis.

Enfin, la troisième compilation est celle que l’on connaissait jusqu’il y a peu sous le nom des Merveilles de l’Inde, attribuée à un certain Buzurg ibn Šahriyār, inconnu par ailleurs, qui peut maintenant être considéré comme la première rédaction d’un recueil écrit par Abū ‘Imrān al-Awsī (m. 985), un littérateur ayant travaillé d’abord en Iraq et finalement en Egypte, où il dédie son ouvrage « La vérité des informations concernant la mer et ses merveilles » (aī min abār al-biār wa-‘aǧā’ibihā) au gouvernant du moment, Kāfūr (m. 968). C’est un ensemble reconstitué de 142 histoires mais compilées dans un esprit différent des premiers recueils, elles ont surtout la fonction d’impressionner le lecteur ; dans le meilleur des cas, elles sont la description d’un trait de mœurs exotique où l’altérité est mise en exergue, d’une réalité étrange issue de la faune ou de la flore ; l’imagination prend parfois le pas sur la réalité et le réalisme donne naissance à un récit extraordinaire qui confronte le lecteur au merveilleux. Les informateurs sont essentiellement des pilotes ou des armateurs.

Jusqu’où allaient ces hommes et avons-nous des informations sur l’aspect pratique de cette navigation ?

Lorsque ces témoignages écrits apparaissent, il est certain que la navigation dans l’océan Indien est pratiquée depuis longtemps, et certainement depuis le 2e siècle ap. J-C. car le Périple de la mer Erythrée relate que les marins du Yémen atteignent l’Afrique de l’Est et que la navigation dans l’océan Indien se pratique grâce au régime des moussons. Remarquez au passage que le terme français « mousson » provient justement de l’arabe mawsim, qui a pour sens « saison », comprenons « saison propice à la navigation ». Quant aux territoires atteints par ces navigateurs, il est acquis qu’au 10e siècle ils parvenaient à l’ouest jusqu’aux Comores et à l’extrémité septentrionale de Madagascar ainsi qu’au nord du Mozambique actuel, et ils atteignaient la Corée à l’est. Nous avons en effet le témoignage d’un commerçant arabe qui y est resté plusieurs années au début du Xe siècle. Evidemment, ces voyages ne se faisaient pas d’une traite, ni en une saison, de même qu’il leur était sans doute impossible de traverser l’océan longitudinalement à cette époque – quoique les Mélanésiens l’aient fait pour peupler Madagascar – mais ils préféraient longer les côtes.

Nous ignorons leur technique de navigation dans le détail mais ils pratiquaient la navigation aux étoiles et par les amers. Des guildes de pilotes existaient et ils se transmettaient de père en fils ces itinéraires maritimes sous forme de poèmes rimés, dont les plus célèbres exemplaires conservés sont ceux d’Ibn Majid, du 15e siècle. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’usage de l’astrolabe était inconnu en mer, à cause du mouvement du navire, l’astrolabe marin étant une invention portugaise ultérieure. Et la boussole n’apparaît qu’au 14e siècle. Par ailleurs, pour s’assurer une certaine protection contre les pirates ou en cas d’incident – tempête, voie d’eau –, les bateaux naviguaient en convoi, l’un pouvant ainsi aider l’autre si nécessaire.

En Inde et en Asie, existait une sorte de consul, le hunurman, qui avait pour fonction de représenter ces commerçants auprès de l’autorité locale, de trancher les querelles juridiques si nécessaire, de conserver et de renvoyer les biens d’un commerçant mort en cours de route, par exemple. Il en était de même à Canton, vers 850. Et ces commerçants faisaient souvent du commerce triangulaire, achetant ici des produits qu’ils revendaient ou échangeaient là-bas pour en acheter d’autres, qu’ils ramenaient finalement au Proche-Orient. Gardons en tête que toutes les épices comme la girofle, la noix muscade, la cannelle et la première d’entre elle, le poivre, proviennent d’Asie du sud-est et étaient l’objet de ces trafics.

Est-ce que l’épigraphie ou l’archéologie confirment cela ?

Oui, de manière ponctuelle mais certaine. Je prendrai trois exemples. Tout d’abord, a été conservé de manière exceptionnelle un acte de donation, sur cuivre, d’une terre à un riche marchand chrétien de Kollam, au sud de l’Inde, daté de 849. Ce sont les plaques de Kollam Tharisappali ; or, elles portent des signatures en arabe, en moyen perse et en judéo-persan, écrit en caractère hébreu. Ce qui démontre bien la présence de ces communautés sur place, pour des raisons commerciales évidentes. Et ce texte est contemporain de la Relation de la Chine et de l’Inde.

A Chandor (Candrapura), au sud de Goa, on a retrouvé une inscription du 12e siècle qui désigne un marchand musulman comme nakhuda, soit un riche propriétaire de bateau. Il avait fondé une mosquée à Goa, financée par les taxes perçues dans le port. Et au Sri Lanka, l’épigraphie atteste d’une présence islamique notable à partir du 10e siècle. Puis, la céramique arabo-persane a bien été mise en évidence sur les sites de plusieurs ports. Enfin, nous avons deux épaves de bateaux arabes découvertes en mer de Java, celle de Belitung, datée du 9e siècle et celle de Cirebon, remontant au dernier quart du 10e siècle. Elles étaient toutes deux essentiellement chargées de céramiques chinoises.

Ces observateurs sont-ils diserts sur les cultures différentes qu’ils observent dans ces territoires d’outre-mer ?

L’essentiel des textes se concentre sur l’énonciation de la différence, dans les us et coutumes et dans la nature, différence d’avec ce que le lecteur connaît. De sorte que les notations ethnographiques sont foisonnantes : citons la plus ancienne mention du thé – qui était une boisson inconnue en Orient musulman jusqu’au 13e siècle – préparé et bu par les Chinois, l’organisation de la prostitution en Chine, les funérailles en Inde avec mention du sati – le sacrifice de l’épouse sur le bûcher funéraire –, la description des Négritos aux Andaman, l’usage d’éléphants domestiqués pour des travaux. En Inde, on nous décrit les ordalies judiciaires au cours desquelles l’accusé devait tenir en main un morceau de fer chauffé et si trois jours après, il n’avait pas de trace de brûlure, il était considéré comme innocent. Les pratiques ascétiques des ermites indiens – les yogins – ont aussi impressionné les observateurs par leur sévérité. Parmi les histoires d’Abū Mūsā al-Awsī al-Sīrāfī, on trouve la description d’un prêtre-magicien à Java. On lit également la plus ancienne description des Batak de Java, avec la notation exacte de l’ethnonyme ainsi que la frayeur qu’ils inspiraient puisqu’ils étaient des coupeurs de têtes. Toujours à Java, nous est décrite, vers 960, pour la première fois la récolte du camphre avec sacrifice au pied de l’arbre. Pratique qui sera à nouveau enregistrée par Ibn Baṭṭūṭa (m. 1368) bien plus tard.

Mais ces marchands sont aussi des filous et ils n’hésitent pas à expliquer comment ils abusaient parfois de la naïveté de leurs hôtes pour les capturer et les amener en esclavage, notamment le long des côtes africaines.

La vie en mer nous est-elle décrite ?

De manière détournée ou indirectement lors d’incident ou de naufrage. Il apparaît ainsi que la vie en mer est dangereuse et livrée à beaucoup d’aléas, nombreux d’ailleurs sont les pilotes ou capitaines mentionnés comme perdus en mer et des récits de fortune de mer nous sont aussi relatés. Par exemple, un naufrage nous est rapporté par un survivant qui témoigne que lorsque le bateau commença à sombrer un matelot se rapprocha d’une belle esclave qui lui plaisait avec comme intention de la séduire. Alors que la situation de tout l’équipage devenait critique et que chacun pensait surtout à se sauver, le matelot viola la fille et le narrateur d’avouer que la panique et les conditions de la mer empêchaient quiconque d’intervenir. Et d’achever en disant que le lendemain matin, le matelot et la fille avaient disparus dans les flots.

Ces marins parlent-ils des animaux réels ou légendaires ?

Effectivement, on a l’impression que les rivages étrangers, éloignés des terres connues, sont les lieux où l’ordre « naturel » habituel et connu se dérègle, voire permet l’apparition de créatures hors normes. Les animaux marins comme les poissons ou les écrevisses prennent des proportions gigantesques, au point que les pinces du crustacé sont capables de saisir un bateau.

Les trombes marines sont décrites comme des monstres capables d’avaler un bateau avec ses passagers. Les animaux terrestres sont tout autant énormes à l’instar de ces serpents gros comme des troncs ou ces fourmis qui ressemblent à des chats ! Remarquez que des fourmis fouisseuses d’or de la taille d’un chat étaient connues en Inde par Hérodote ! Les scorpions deviennent volants et les lièvres peuvent changer de sexe ! Et l’oiseau samandal entre dans le feu sans se brûler.

Au sein de cette nature où les proportions ne semblent pas faites à l’aune de l’homme, on reconnaît tout de même le poisson-scie ou l’écrevisse qui se pétrifie. Les singes sous ces latitudes paraissent aussi très malins ou utiles à l’homme, mais cette intimité tourne au croisement des espèces quand un marin s’oublie avec une guenon et lui fait un petit ! C’est vrai qu’à Aden, des guenons étaient vendues à des marins qui n’étaient pas assez riches pour s’offrir une esclave.

Ceci dit, ces animaux marins, mi-hommes mi-poissons, que nos navigateurs disent avoir croisé dans ces mers devaient bien, dans leur imaginaire, être issus de ces unions. Les motifs folkloriques présents dans d’autres cultures se rencontrent bien entendu dans cette littérature. Ainsi, le recueil d’Abū Mūsā al-Sīrāfī fournit l’histoire d’une tortue qui est prise pour une île par des marins jusqu’au moment où ils y font du feu et que la bête se réveille, motif qui rappelle la baleine de Saint Brandan. Lorsque des commerçants jettent des morceaux de viande dans une vallée remplie de diamants mais inaccessible dans l’espoir que des aigles voraces y plongent et ramènent des gemmes en même temps que la barbaque, on a là un motif qui est aussi présent dans l’imaginaire chinois et que l’on retrouve chez Sindbad le Marin.

D’ailleurs, cette tendance à l’exagération pousse les auteurs savants à se méfier des récits rapportés par les marins, qu’ils considèrent comme hâbleurs ou trop imaginatifs !

Serait-il possible que le conte de Sindbad le Marin donne une version fictive de ce genre d’aventures ?

Vous ne pensez pas si bien dire, car après le 10e siècle, si nous n’avons plus de pareil recueil, l’inspiration et l’horizon géographique qu’ils ont ouverts se perpétuent par des récits de fiction, populaires et savants. Dans le premier cas, ce sont effectivement les aventures de Sindbad le Marin, qui a comme port d’attache la ville de Ṣuḥar en Oman, réelle plaque tournante du commerce dans l’océan Indien, d’où notre marin serait parti pour sept voyages. Et les belles lettres savantes ne sont pas en reste, ainsi Muḥammad al-Ḥarīrī (1054-1122) prend pour cadre de la 39ème aventure du héros de ses Séances un voyage dans l’océan Indien.

C’est d’ailleurs cet ouvrage qui est illustré par une série de miniature d’où provient celle qui illustre cet entretien. Enfin, à partir du 13e siècle, les faits extraordinaires rapportés dans ces textes viendront alimenter les cosmographies musulmanes comme celle d’al-Qazwīnī par exemple, où la « merveille » sera justement interprétée comme un signe de la toute-puissance de Dieu qui étonne la compréhension, somme toute limitée, de l’intelligence humaine. Comme la création est œuvre de Dieu, la merveille devient alors un signe que l’on contemple. Le récit de ces rencontres « merveilleuses » avec un animal extraordinaire ou une population réellement imaginaire est aussi l’occasion pour les peintres d’orner les manuscrits d’illustrations qui représentent ces merveilles.

Comment ces textes nous sont-ils parvenus ?

Figurez-vous que la Relation de la Chine et de l’Inde est connue en français depuis 1718, grâce à la traduction alors publiée par Eusèbe Renaudot (m. 1720) à partir d’un manuscrit unique conservé aujourd’hui à la Bnf (Arabe 2281) qui entra d’abord dans la bibliothèque de Colbert en 1673. Mais l’oratorien Renaudot ne publie pas cette traduction sans arrière-pensée, il veut faire pièce aux Jésuites de son époque qui donnent une image de la Chine trop élogieuse à son goût, et comme ces anecdotes sont parfois triviales, il tient par des témoins anciens à rétablir un certain équilibre ! Et dans les décennies qui suivent cette traduction est elle-même passée en anglais et en italien.

Quant aux « Merveilles de l’Inde », un manuscrit unique en est conservé à Istanbul (Aya Sofia 3306) qui fut édité en 1883-1886, mais bien plus récemment de longs passages très semblables en ont été découverts chez un encyclopédiste mamelouk, al-‘Umarī (m. 1349).

Pour en savoir plus :
 Buzurg ibn Šahriyār, Livre des merveilles de l’Inde, Leyde, 1883-1886.
 Ferrand, G., Voyage du marchand arabe Sulayman en Inde et en Chine rédigé en 851, Paris, 1922.
 Freeman-Grenville, G. S. P., The book of the wonders of India, London, 1981.
 Hourani, G. F., Arab Seafaring, Princeton, 1981.
 Shafiq, S., Seafarers of the Seven Seas, Berlin, 2013.
 Sauvaget, J., Relation de la Chine et de l’Inde, Paris, 1948.
Illustration : Maqāmat de Ḥarīrī, Paris, Bnf 5847, f. 119v.

Irak Iran Histoire

Florence Somer est docteure en anthropologie et histoire religieuse et chercheuse associée à l’IFEA (Istanbul). Ses domaines de recherche ont pour cadre les études iraniennes, ottomanes et arabes et portent principalement sur l’Histoire transversale des sciences, de la transmission scientifique, de l’astronomie et de l’astrologie. Voir toutes ses publications

Jean-Charles Ducène est directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes où son enseignement et ses recherches portent sur la géographie et les sciences naturelles arabes médiévales. Il a notamment publié L’Europe et les géographes arabes (éditions du CNRS, 2018). Voir toutes ses publications

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Source : https://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Jean-Charles-Ducene-Des-marins-arabes-et-persans-dans-l-ocean.html

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Annexe 2 - L’histoire des musulmans et de l’Islam en Chine

L’histoire de l’islam en Chine est des plus anciennes, remontant aux alentours de 650, lorsque Sad ibn Abi Waqqas est envoyé comme représentant auprès de l'empereur Tang Gaozong, durant le règne du calife Othmân ibn Affân. Le nombre de {{musulmans}} en RPC est estimé entre 30 et 80 millions suivant les sources… D’après Wikipédia > L'{{islam en Chine}} ([chinois->https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_chinoises] : 伊斯兰教 ; [pinyin->https://fr.wikipedia.org/wiki/Hanyu_pinyin] : {yīsīlán jiào} ; litt. « enseignement de l'islam ») est riche de son passé et de son héritage. L'[histoire de l'islam->https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27islam] en [Chine->https://fr.wikipedia.org/wiki/Chine] est des plus anciennes, remontant aux alentours de 650[1->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Chine#cite_note-bbc-1],[2->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Chine#cite_note-Pillsbury-2], lorsque [Sad ibn Abi Waqqas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%60d_ibn_Abi_Waqqas] est envoyé comme représentant auprès de l’empereur Tang Gaozong, durant le règne du calife Othmân ibn Affân. Le nombre de musulmans en RPC est estimé entre 30 et 80 millions suivant les sources3,4. L’État communiste commence par lutter contre toutes les religions pendant les années 1950, puis les interdit pendant la révolution culturelle (1966-1976) avant de graduellement mettre en place un système de liberté sous contrôle avec l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir5. L’islam est géré par l’Association islamique de Chine, une association étatique à laquelle doit s’affilier tout musulman.

Parmi les différents groupes ethniques musulmans de la RPC, les plus nombreux sont les Huis6. Les Huis sont implantés sur tout le territoire de la RPC et principalement dans le Nord-Ouest du pays ainsi que sur la côte, dans le Henan et le Yunnan7. Une autre partie de la population musulmane de Chine est située au Xinjiang. Dans leur majorité, ces musulmans ne sont pas Hans mais d’origine turque (Principalement des Ouïghours,mais aussi des Kazakhs, Kirghizes, Tatars…) ou mongole (Dongxiang). Conscient de l’importance stratégique du Xinjiang, le gouvernement chinois a doté la province d’un statut d’autonomie qui laisse une plus grande liberté à la pratique de l’islam (éducation religieuse encadrée, pèlerinage à La Mecque, construction de mosquées, etc) tant que cela passe par l’Association islamique de Chine. Dans son rapport pour 2008, l’organisation Human Rights Watch critique fortement la répression et le contrôle de l’État sur la pratique religieuse des Ouïghours8. On trouve également des communautés musulmanes moins nombreuses, mais non négligeables, dans les provinces du Ningxia, du Gansu et du Qinghai9. Sur les 55 minorités officiellement reconnus en Chine, dix sont majoritairement de confession musulmane sunnite9.

Divers groupes dissidents d’associations de musulmans chinois indiquent 132 millions de Musulmans en Chine, en considérant les Huis Musulmans dont on ignore le nombre total d’individus.

Histoire

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La Grande mosquée de Xi’an, une des plus anciennes mosquées en Chine

La route de la soie est un terme désignant une série de routes commerciales terrestres allant de la Mer Méditerranée a l’Extrême-Orient, dont les premières traces remontent a 1000 avant J.-C. et qui ont continué à être utilisées pendant des millénaires, jusqu’à la chute de la dynastie Yuan. Peu de temps après la naissance de l’Islam et l’extension rapide de l’empire des premiers Califes, les commerçants musulmans sont de plus en plus nombreux à arpenter cette route de la soie, jusqu’à représenter l’immense majorité de ceux qui l’utilisent. En se déplaçant vers l’Orient, ces commerçants apportent en Asie de l’est non seulement leurs marchandises, mais aussi leur culture et leurs croyances10. L’Islam est l’une des nombreuses religions qui se répandent progressivement sur la route de la soie entre le VIIe et le Xe siècle, par la guerre, le commerce et les échanges diplomatiques11.

Dynastie Tang - Article détaillé : Islam en Chine sous la dynastie Tang.

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La mosquée de Huaisheng est une des plus anciennes mosquées du monde. La tradition attribue sa construction a Sad ibn Abi Waqqas->https://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%60d_ibn_Abi_Waqqas], un cousin et compagnon de [Mahomet->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet] {{L'introduction de l'Islam en Chine se fait principalement par deux voies : une arrivant du sud-est et suivant un chemin passant par }}[{{Canton}}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Canton_(Chine)]{{ et une arrivant du nord-ouest via la }}[{{route de la soie}}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie][{{12}}->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Chine#cite_note-Exhibition:_Islam_in_Asia_-_Cornell_University-12]{{. }} Selon l'histoire traditionnelle musulmane, l'[islam->https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam] est introduit en [Chine->https://fr.wikipedia.org/wiki/Chine] par une délégation envoyée par le troisième [calife->https://fr.wikipedia.org/wiki/Calife], [Othmân ibn Affân->https://fr.wikipedia.org/wiki/Othm%C3%A2n_ibn_Aff%C3%A2n], en 651, moins de vingt ans après le décès du [prophète->https://fr.wikipedia.org/wiki/Proph%C3%A8tes_de_l%27islam] [Mahomet->https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet]. Cette délégation est dirigée par [Sad ibn Abi Waqqas, qui est à la fois l’oncle maternel et un des Sahaba (compagnons) du prophète. Elle comprend également Sayid, Wahab ibn Abu Kabcha et d’autres Sahaba13,14. Selon d’autres sources, Wahab Abu Kabcha serait arrivé seul, à Canton, par la voie maritime, en l’an 62915. Ils sont reçus par l’empereur Tang Gaozong, qui ordonne la construction de la mosquée Huaisheng à Canton, en mémoire de Mahomet1,16. Bien que les historiens modernes n’aient pas trouvé de preuves de la venue de Waqqās en personne en Chine16, ils pensent que des diplomates et marchands musulmans sont arrivés en Chine moins de quelques décennies après l’Hégire16.

La première partie de la période de la dynastie Tang est caractérisée par une culture cosmopolite, des contacts importants avec l’Asie centrale et ses grandes communautés (à l’origine non musulmans) de marchands d’Asie centrale et occidentale résidant dans les villes chinoises ; ce qui peut favoriser l’introduction de l’islam en Chine16. Les premières communautés musulmanes a s’établir en Chine sont constitués de marchands Arabes et Perses17. Sous les dynasties Tang et encore plus sous les Song, on trouve ces communautés de marchands relativement bien établies, bien que quelque peu isolées, dans les ports de Canton, Quanzhou (province du Fujian)1819 et Hangzhou (province du Zhejiang), mais également à l’intérieur des terres à Chang’an, Kaifeng et Yangzhou20. Ces échanges stimulent également la création de la céramique islamique dès le IXe siècle, influencée par les porcelaines chinoises importées19.

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Minaret Guang Ta de la mosquée de Huaisheng, Guangzhou, Chine.Photographie de Felice Beato, avril 1860.

Selon les chroniques chinoises, en 758, des pirates arabes et persans, qui ont probablement leur base dans un port de l’île de Hainan, saccagent Guangzhou, ce qui détourne une partie du commerce vers le nord du Vietnam et la région de Chaozhou, près de la frontière du Fujian. En l’an 760, lors du massacre de Yangzhou, des rebelles s’emparent de la ville et massacrent des étrangers, principalement des commerçants arabes et persans, qui sont ciblés pour leur richesse. De même, vers 879, lors du massacre de Guangzhou des rebelles sous les ordres de Huang Chao, tuent entre 120 000 à 200 000 étrangers, pour la plupart arabes et persans, après avoir pris le contrôle de la ville.

Ces deux massacres ont la particularité de viser les étrangers pour leur richesse supposée et non pour leur religion. En effet, l’Islam occupe alors une place très marginale en Chine, principalement parce que les marchands musulmans sont là surtout pour le commerce et ne font pas du tout de prosélytisme. C’est grâce à ce « profil bas » que l’édit anti bouddhiste de 845 ne dit absolument rien sur l’Islam, alors que, malgré son nom, il ne se limite pas au bouddhisme mais instaure une persécution d’État dirigée contre toutes les religions jugées d’origine étrangère et a provoqué la quasi disparition du zoroastrisme et du nestorianisme en Chine21,22,23.

Dynastie Song

Article détaillé : Islam en Chine sous la dynastie Song.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4a/Yangzhou-Minaret-3282.jpg/260px-Yangzhou-Minaret-3282.jpg

Mausolée Puhaddinà Yangzhou - Sous la dynastie Song… >>>

Lire l’article complet à partir de ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Chine

L’histoire des musulmans en Chine - 21 juillet 2020 17:05 – Document ‘ajib.fr’

L’histoire des musulmans en Chine

En Chine, on compte 21 millions de musulmans, ce qui représente 1,7% de la population totale (1,2 milliards d’habitants).

Le caractère universel de l’Islam a facilité son acceptation par des peuples de toutes races et nations, et le meilleur exemple en est la Chine, où la population indigène multiethnique et musulmane est plus importante que la population de bien des pays arabes.

Les premiers musulmans de Chine apparurent à la suite de mariages mixtes entre commerçants arabes et perses avec des habitants chinois. Les derniers musulmans ont émergé suite aux conquêtes des territoires musulmans d’Asie Centrale comme la Perse, l’Iraq et l’Afghanistan par les Mongols.

L’Islam a pénétré la Chine a partir de VII e siècle sous la dynastie Tong et la plupart des musulmans vivent dans les régions de l’Ouest, avec une grande majorité de pratiquants dans les régions autonomes du Ningxia et du Xinjiang.

La plupart d’entre eux s’appelaient « Qâdim » signifiant « les suiveurs de la tradition islamique ».

La présence de l’Islam en Chine a été bénéfique au pays et à sa culture de différentes manières. Elle permit à d’éminents musulmans de réaliser de grands progrès dans les domaines de la science, l’administration, la guerre, la politique et le commerce. Un des plus grands navigateurs de Chine était le musulman chinois répondant au nom de ‘Amrou Mouhammad Zhang Ho, et originaire de la famille Ma, musulmane, de la province du Yunnan.

Au cours de son dernier voyage, en 1433, ‘Amrou Zhang Ho atteignit la péninsule arabique pour accomplir son pèlerinage sur la terre sacrée de La Mecque.

Au Moyen Âge, les érudits du monde islamique excellaient en mathématiques, en algèbre et en trigonométrie. L’introduction de leurs connaissances en Chine facilita énormément l’étude de l’astronomie. C’est un célèbre astronome musulman du nom de Jamâl Ad-Dîn Mouhammad Ibnou Tâhir Ibnou Mouhammad Az-Zaydî qui inventa en 1267, de nombreux instruments d’astronomie en bronze : une sphère armillaire équatoriale, un « instrument pour observer et mesurer les rayons des étoiles de la voûte céleste », sans doute l’organon parallacticon de Ptolémée, un cadran solaire plan pour les heures inégales, un cadran solaire plan pour les heures égales, un globe céleste, un globe terrestre et un astrolabe.

Les deux minorités nationales les Ouïghours et les Kazakhs parlent la langue turque, mais la principale ethnie musulmane est les « Huis ».

Très mal considérés dans le pays, les « Huis » sont présentés comme une ethnie sur la seule base de leur confession. Les Huis sont un groupe composite issu de l’intermariage de Han et de musulmans : marchands installés dans les ports du Sud-Est pour une minorité ; populations d’Asie centrale, parfois nestoriens ou juifs reconvertis, fixées dans l’Ouest pour la majorité.

Au départ, le parti communiste chinois sans chercher à éradiquer les musulmans du pays, a souhaité encadrer cette communauté.
Malheureusement, dans la deuxième moitié du régime communiste (années 70), une grande campagne anti-Islam fut lancée.

Dans la province de Ganzu, les musulmans Dongxiang se sont révoltés pour défendre leur imâm et leur mosquée de la destruction.

Au printemps 1975, le régime communiste de Chine mobilisa deux divisions militaires qui se sont regroupées dans la province du Yunnan pour combattre les Huis.

En 1982 et 1993, le même scénario se répéta puisque des nouveaux massacres eurent lieu contre les musulmans qui luttaient pour la liberté religieuse.

Parmi les habitants de huit mille villages musulmans, seuls huit cents à mille femmes âgées et enfants ont survécu au massacre.

Comme les Rohingyas en Birmanie, les musulmans de Chine sont aujourd’hui la cible des autorités chinoises.

En effet, le gouvernement chinois a annoncé sa volonté de restreindre les possibilités d’observer le jeûne du ramadan dans le Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine, où vit une importante communauté musulmane ouïghoure. 99% des musulmans sont sunnites et suivent les écoles d’Aboû Hanîfa et de Mâlik.

Depuis 1990, les musulmans chinois sont les premiers à subir la politique de restriction des naissances. A cet égard, les gens qui appartiennent à ces groupes ethniques minoritaires (dont les musulmans) doivent demander la permission avant d’avoir un deuxième enfant.

En parallèle à cette oppression les musulmans chinois jouissent de la grande mosquée de Guangzhou, qui est également connue sous le nom de mosquée Huaisheng, qui signifie « souvenez-vous du sage » (une mosquée à la mémoire du Prophète sallAllahou ‘alayhi wa salam), et est aussi populairement appelée la mosquée Guangta, qui signifie « la mosquée de la tour du phare ».

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