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"Échappés de fermes piscicoles au Brésil, des poissons fluorescents génétiquement modifiés (OGM) prospèrent à l’état sauvage. Idem pour d’autres OGM ailleurs" par Claire Robinson et Jonathan Matthews

Traduction et compléments de Jacques Hallard

jeudi 24 février 2022, par Matthews Jonathan , Robinson Claire


Echappés de fermes piscicoles au Brésil, des poissons fluorescents génétiquement modifiés (OGM) prospèrent à l’état sauvage. Idem pour d’autres OGM ailleurs

Traduction du 23 février 2022 par Jacques Hallard d’un rapport de Claire Robinson et Jonathan Matthews publié le 15 février 2022 sous le titre « GM Glofish are thriving in the wild in Brazil » ; accessible sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/106-news/latest-news/19988-gm-glofish-are-thriving-in-the-wild-in-brazil

Poissons fluorescents OGM

Goldfish

Leur évasion [dans la nature] souligne une fois de plus l’insuffisance de la réglementation sur [la dissémination] des OGM dans le monde.

Des poissons génétiquement modifiés [OGM] pour briller, pour être vus dans le noir, se sont échappés de fermes piscicoles au Brésil et se multiplient dans des criques de la forêt atlantique, selon une nouvelle étude. Ces poissons fluorescents OGM sont conçus pour les aquariums et sont commercialisés sous le nom de ‘Glofish’.

Les biologistes craignent que ces poissons GM ne menacent la faune locale dans l’un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète. ’C’est grave’, a déclaré l’écologiste Jean Vitule, de l’université fédérale du Paraná, à Curitiba, au magazine ‘Science’. Selon Vitule, les impacts écologiques sont imprévisibles. Il craint que des gènes de fluorescence ne soient introduits dans des poissons indigènes avec des effets néfastes, en les rendant peut-être plus visibles pour les prédateurs. ’C’est comme un tir dans le noir’, dit-il.

Les avertissements ont été ignorés

Le Canada a été l’un des premiers pays à approuver le ‘Glofish’ génétiquement modifié. Mark Butler, conseiller principal de ‘Nature Canada’, a déclaré sur Twitter que l’évasion du poisson génétiquement modifié était ’l’un des scénarios sur lesquels nous avons mis en garde le gouvernement et qu’il a rejeté sans broncher avec ses modèles d’évaluation des risques.’

L’objection de ‘Nature Canada’ à la proposition d’approbation de ‘Glofish’ se lit comme suit : ’ GloFish LLC a modifié génétiquement des poissons que l’on trouve dans les systèmes d’eau douce en Amérique du Sud et en Asie. À mesure que ces poissons sont vendus dans un plus grand nombre de pays, y compris potentiellement dans des pays où ces poissons sont naturellement présents, la possibilité que ces poissons s’échappent ou soient relâchés et se reproduisent avec leurs homologues sauvages augmente. En approuvant [la dissémination de] ces poissons, le Canada encourage d’autres pays à faire de même, y compris des pays qui se trouvent dans le domaine vital du poisson zèbre, du poisson de combat siamois ou du tétra, ou qui leur sont adjacents’.

Mais le gouvernement canadien a répondu : ’Aucun environnement de ce type n’existe au Canada. Les effets des organismes génétiquement modifiés sur les environnements à l’extérieur du Canada ne relèvent pas de l’évaluation des risques menée en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement de 1999’.

Mark Butler commente que l’attitude ’Ce n’est pas notre affaire’ du gouvernement canadien concernant les impacts écologiques au-delà de ses propres frontières, et l’approbation du ‘Glofish’, ont contribué à créer un marché et à établir un précédent réglementaire.

Les possons envahisseurs OGM pourraient menacer la biodiversité locale

Aujourd’hui, le scénario contre lequel ‘Nature Canada’ avait mis en garde s’est déroulé au Brésil. Le poisson zèbre fluorescent OGM a été repéré pour la première fois en 2015 dans le bassin de la rivière Paraíba do Sul par André Magalhães, un biologiste de l’Université fédérale de São João del-Rei, auteur de la nouvelle étude. Les eaux bordent le plus grand centre d’aquaculture ornementale d’Amérique latine, à Muriaé, et Magalhães affirme que les poissons se sont probablement échappés de certains des 4.500 étangs du centre, qui rejettent de l’eau dans les cours d’eau.

Selon le magazine ‘Science’, les poissons se reproduisent toute l’année, avec un pic pendant la saison des pluies - tout comme les poissons zèbres indigènes en Asie. Mais les poissons transgéniques (ou OGM) semblent atteindre la maturité sexuelle plus tôt que leurs ancêtres, ce qui leur permet de se reproduire davantage et de se propager plus rapidement.

Selon Magalhães, ’ils en sont aux premiers stades de l’invasion et ils ont le potentiel pour continuer’. D’ici peu, dit-il, le poisson pourrait devenir suffisamment abondant pour affecter directement les espèces locales en leur faisant concurrence pour la nourriture ou en s’en prenant à elles.

Le Brésil a interdit la vente de ces poissons, rapporte le magazine ‘Science’, mais les fermes locales continuent de les élever et les magasins de tout le pays les vendent comme animaux de compagnie. Ils pourraient bientôt coloniser d’autres régions du pays : des individus isolés de ‘Glofish’ ont déjà été repérés dans des étangs et des cours d’eau du sud et du nord-est du Brésil en 2020.

En 2014, un seul ‘Glofish’ avait été repéré dans des canaux près de fermes piscicoles ornementales dans la région de la baie de Tampa en Floride, mais il ne semble pas s’y être multiplié, probablement parce que les prédateurs indigènes l’ont mangé. Mais là où le ‘Glofish’ s’est échappé au Brésil, il n’a pas de prédateurs locaux.

Le saumon OGM constitue également une menace

‘Nature Canada’ est également fortement opposé au saumon génétiquement modifié (OGM), que le Canada a été le premier pays au monde à approuver et qui est maintenant consommé dans le pays sans étiquette. Le groupe a mis en garde contre le fait que le saumon OGM, qui est élevé sur l’Île-du-Prince-Édouard, pourrait s’échapper et se croiser avec le saumon sauvage, ce qui aurait des conséquences irréversibles : à mesure que ces opérations se développent, la question n’est plus de savoir ’si’, mais ’quand’.

Pendant que le gouvernement canadien revoit sa réglementation sur les OGM, ‘Nature Canada’ a proposé un moratoire sur l’approbation de tout nouvel animal génétiquement modifié.

Autres évasions d’OGM

Par rapport à la plupart des créations génétiquement modifiées, les ‘Glofish’ sont très visibles et donc plus faciles à suivre, ce qui laisse penser qu’ils pourraient n’être, comme l’a souligné le neurobiologiste André Goffinet, que ’la partie visible de l’iceberg’.

Parmi les échappées les moins visibles, on trouve l’agrostide rampante génétiquement modifiée trouve (OGM), qui s’est échappée des essais en plein champ aux États-Unis. Les développeurs, Monsanto et Scotts, ont prétendu avoir résolu le problème, mais cinq ans plus tard, on a découvert des populations sauvages qui prospèrent dans la nature. Cette fois, malgré les promesses de Monsanto et Scotts, elles ont continué de se répandre de manière incontrôlée ... Pour ajouter aux problèmes, l’agrostide OGM peut aussi se croiser par fécondation croisée avec des espèces sauvages apparentées.

Le colza oléagineux OGM tolérant aux herbicides s’est également échappé des essais en plein champ, des champs cultivés et des importations de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux, établissant ainsi des populations sauvages tout autour des ports d’importation et le long des voies de transport. Il est désormais répandu dans le monde entier. Il peut se croiser aussi avec des espèces de moutarde sauvage apparentées, dont un certain nombre sont déjà considérées comme des mauvaises herbes nuisibles, même si elles ne présentent pas le problème supplémentaire des gènes de tolérance aux herbicides.

Est-ce important et grave ?

Les partisans des OGM affirment invariablement que la dispersion involontaire ne se produira pas, puis, lorsque cela se produit, que cela n’a pas d’importance. Mais dans le cas du coton sauvage au Mexique, la contamination par les OGM a déjà provoqué de graves effets qui n’ont été révélés que grâce à une étude de recherche spécialisée. Le coton sauvage semble être désavantagé sur le plan de l’évolution parce qu’il a acquis des gènes de tolérance aux insecticides Bt ou au glyphosate.

Le gène Bt a permis aux plantes de sécréter davantage de nectar lorsqu’elles étaient stressées, attirant ainsi les fourmis qui protègent normalement les plants de coton contre les herbivores affamés. Mais ces plantes ne se sont pas beaucoup reproduites, ce qui suggère que soit le gène insecticide GM, soit les fourmis, ont fait fuir ou tué les pollinisateurs.

Le gène de résistance au glyphosate a fait que les plantes ont sécrété moins de nectar en cas de stress, ce qui signifie que les fourmis ne sont pas venues se nourrir de ce nectar et n’ont pas protégé les plantes des herbivores.

Cette étude a également fait voler en éclats les évaluations de risque standard basées sur le nombre de mètres que le pollen peut parcourir depuis les champs. Les champs de coton génétiquement modifié les plus proches se trouvaient à près de 2.000 kilomètres ! La responsable de l’étude, Ana Wegier, généticienne végétale de l’Université nationale autonome du Mexique, a déclaré : ’Ce qui m’a le plus surprise, c’est la facilité avec laquelle on a pu trouver des changements là où on ne les attendait pas.’

Feu de joie de la réglementation sur les OGM

La prolifération du poisson fluorescent transgénique (OGM) montre l’inadéquation des réglementations sur les OGM dans le monde entier pour contenir et suivre le nombre croissant d’organismes génétiquement modifiés qui ont été libérés à titre expérimental et commercial.

Mark Butler, de ‘Nature Canada’, déclare à propos du ‘Glofish’ : ’C’était prévisible et prédit. C’est un échec de l’évaluation conventionnelle des risques. L’amusement des amateurs d’aquariophilie passe avant la nature et le bien-être des poissons sauvages et des écosystèmes. Et d’autres poissons d’aquarium artificiels dotés de ’caractéristiques cool’ sont proposés.’

Mais au lieu de renforcer et d’améliorer les réglementations, nous voyons l’industrie faire pression pour une déréglementation (concernant des OGM). Au Royaume-Uni, par exemple, le gouvernement de Westminster est occupé à démanteler les réglementations existantes qui régissent les OGM - en commençant par supprimer les protections environnementales autour des plantes génétiquement modifiées dans les essais en plein champ, mais avec l’objectif de donner finalement libre cours aux animaux génétiquement modifiés et aux OGM transgéniques de type plus ancien, tout au long de la chaîne de production alimentaire. S’ils parviennent à leurs fins, nous pouvons nous attendre à de nombreuses autres mauvaises surprises dues à la contamination par les OGM (de toutes natures).

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Traduction, [compléments] et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 22/02/2022

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